La dernière tempête – Ragnar Jónasson

 

61vr1ntPaLL La Martinière – février 2021 – 336 pages

traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün

Titre original : Mistur, 2017

Quatrième de couverture :
A Reykjavík, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir, la quarantaine, fuit sa famille dysfonctionnelle en se jetant à corps perdu dans le travail. Sa fille Dimma est en perpétuelle crise, et les relations avec son mari, Jón, se sont terriblement dégradées. A l’autre bout du pays, dans une ferme d’une vallée reculée de l’est de l’Islande, un couple est l’otage d’une terrible tempête de neige quand un homme vient frapper à leur porte et réclame l’asile pour la nuit. Son discours est décousu, son regard, indéchiffrable. Les rafales reprennent de plus belle, l’électricité est soudain coupée : le couple se retrouve coincé avec l’inconnu. Pour tous, à Reykjavík ou dans la vallée perdue, ces quelques jours avant Noël vont tout faire basculer. La famille de Hulda explose. Et dans la petite ferme, deux mois après les faits, on a retrouvé deux cadavres. Un double meurtre sur lequel Hulda va se jeter pour tenter d’oublier son chagrin et sa colère.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavík en 1976. Grand lecteur d’Agatha Christie, il entreprend, à dix-sept ans, la traduction de ses romans en islandais. Découvert par l’agent d’Henning Mankell, Ragnar a accédé en quelques années au rang des plus grands auteurs de polars internationaux. La Dernière Tempête clôt la trilogie  » La Dame de Reykjavík « , mettant en scène l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir à plusieurs âges de sa vie, en remontant le temps. Ce dernier volet se déroule 25 ans avant La Dame de Reykjavík et 10 ans avant L’Île au secret. Les œuvres de Ragnar sont traduites dans une trentaine de pays.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Au début ce livre devait être un partenariat promis en janvier… début février je préviens l’agence de presse que je n’ai pas reçu le livre, on me répond que c’est normal car il n’est pas encore arrivé chez eux et que je devrais le recevoir d’ici une semaine. Trois semaines plus tard, je n’ai toujours rien reçu et je le signale une nouvelle fois… les envois ne sont plus gérés par l’agence mais par la maison d’édition qui est en copie de la réponse à mon mail… Depuis aucune nouvelle du livre ou de la maison d’édition… J’ai malgré tout pu le lire…
Ce roman, dernier volet de la trilogie « La Dame de Reykjavik », relate des évènements survenus dix ans avant « L’Île au secret », le second volet de la trilogie, et vingt-cinq ans avant « La Dame de Reykjavík », le premier volet.
Dans ce livre, l’enquêtrice Hulda Hermannsdóttir a quarante ans.
C’est une série de Ragnar Jónasson que je n’ai pas encore lu, et finalement chronologiquement, ce tome là est le premier…
Février 1988, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir a repris le travail après quelques semaines d’arrêt. Elle n’a pas le cœur à travailler mais c’est toujours mieux que broyer du noir chez elle… Elle est envoyée sur une scène de crime ou un couple, dans une ferme isolée, vient d’être retrouvé assassiné.
Puis c’est un flashback quelques jours avant Noël, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir enquête sur la disparition d’une jeune fille. L’ambiance dans le cercle familiale d’Helda est tendue, Dimma, sa fille est une adolescente en crise qui s’isole et refuse le dialogue… Au même moment, dans une ferme d’une vallée reculée de l’est de l’Islande, Erla et Einar se prépare à leur isolement annuel pour l’hiver : approvisionnement en vivres, en livres de la bibliothèque pour passer les longues journées sombres, les tempêtes de neige… La veille de Noël, Leó un homme perdu dans la tempête de neige se présente chez eux. Il a perdu son groupe d’amis avec qui il était à la chasse. Einar et Erla vont l’héberger pour la nuit. Dans la soirée, l’électricité est coupée, de même que le téléphone. La ferme est isolée plus que jamais… Erla n’est pas tranquille, elle ressent la présence de Leó comme une menace…
Comme c’est le premier livre de la trilogie que je découvre, le suspens a été total pour moi. Aussi bien concernant l’enquête que pour la vie privée de l’enquêtrice. Mais ce roman policier est surtout un roman psychologique dont l’ambiance tendue monte peu à peu… L’isolement, la mauvaise météo et l’obscurité amplifie ce sentiment de malaise…
Cette première lecture m’a donné envie de retrouver Hulda Hermansdóttir dans les autres épisodes de la trilogie. Et moi qui reprochait aux éditeurs français de nous publier la série Dark Iceland dans le désordre, je compte lire cette trilogie dans l’ordre chronologique et donc dans l’ordre inverse de publication…

Extrait : (début du livre)
Hulda Hermannsdóttir ouvrit les yeux.
La fichue torpeur qui l’enveloppait refusait de se dissiper. Elle aurait voulu dormir toute la journée, même ici, au commissariat, sur cette chaise inconfortable. Heureusement, elle avait son propre bureau où elle pouvait s’isoler, se perdre dans ses pensées ou fermer les paupières un instant. Les dossiers s’empilaient ; elle n’était pas parvenue à se replonger dans une seule affaire depuis son retour de congé, deux semaines auparavant.
Snorri, son supérieur, avait bien remarqué son changement d’attitude, mais il se montrait compréhensif. Elle avait tenu à revenir au travail, ne supportant plus de rester enfermée à la maison avec Jón. Même le paysage extraordinaire de la péninsule d’Álftanes, où ils habitaient, n’avait plus d’effet sur elle. Elle n’entendait plus le murmure du ressac, ne distinguait plus les étoiles ou les aurores boréales qui illuminaient le ciel. Et c’est à peine si Jón et elle s’adressaient encore la parole. Elle répondait à ses questions occasionnelles mais avait cessé d’amorcer le moindre échange.
Évidemment, les ténèbres hivernales n’arrangeaient rien. C’était la saison la plus froide, la plus sombre. Chaque jour semblait plus sinistre que le précédent et la neige n’avait cessé de tomber durant tout le mois de février. À intervalles réguliers, on apercevait sur la route des voitures abandonnées, et Hulda devait faire preuve d’une prudence accrue pour rejoindre Kópavogur au volant de sa Skoda, malgré les solides pneus cloutés dont le véhicule était équipé.
Pendant quelque temps, elle avait douté de retourner un jour au travail. De sortir à nouveau de la maison, quitter son lit, quitter sa couette. Mais dans la situation actuelle les choix étaient limités : c’était soit rester chez elle avec Jón, soit travailler du matin au soir, malgré ses difficultés à se concentrer.
Elle passait donc ses journées dans son bureau à ranger documents et rapports, à prétendre les consulter sans réussir à s’en convaincre. La situation s’arrangerait, tôt ou tard. Certes, elle ne surmonterait jamais complètement la culpabilité qui la rongeait, mais avec un peu de chance, celle-ci finirait par diminuer. En revanche, sa colère ne faisait que s’intensifier. Jour après jour, elle sentait la fureur et la haine grandir en elle et la dévorer de l’intérieur, sans parvenir à lutter contre. Il fallait qu’elle trouve un moyen d’expulser ces émotions négatives, d’une manière ou d’une autre…

Déjà lu du même auteur :

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