Surface – Olivier Norek

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Lizzie – mai 2019 – 8h26 – Lu par Léovanie Raud

Robert Lafon – avril 2019 – 424 pages

Quatrième de couverture :
Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

Auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Mon avis : (écouté en août 2019)
Tout commence avec une intervention policière qui tourne mal avec Noémie Chastain, capitaine de police, qui se fait tirer en plein visage. Après plusieurs semaines de soins à l’hôpital puis de repos chez elle, Noémie est prête à retourner à sa vie de capitaine. Mais sa hiérarchie va en décider autrement… Pour ne pas démoraliser son ancienne équipe avec sa nouvelle tête, balafrée, ses chefs l’envoient en province, dans l’Aveyron, à Decazeville. Elle pourra se ressourcer tout en auditant ce calme commissariat en vue de justifier sa  fermeture…
Évidemment, rien ne se passera comme prévu… Une vieille histoire autour d’enfants disparus et de village englouti va resurgir  du passé. Noémie va prendre en main l’enquête, prouver toute sa valeur professionnelle et reprendre confiance en elle.

Un roman policier prenant, efficace et rythmé.
Toute la psychologie du personnage de Noémie est très intéressante. C’est une femme qui va devoir se battre pour prouver qu’elle peut reprendre son poste à la tête de son groupe de Paris et accepter malgré la douleur la nouvelle Noémie qu’elle est devenue.

Extrait : (début du livre)
Lancés à tombeau ouvert dans les rues de Paris, les deux types bringuebalés à l’arrière du véhicule s’acharnaient à lui faire lâcher son arme.
Du sang partout. Beaucoup trop de sang. Et son visage. Dieu, ce visage ! Un massacre… Çà et là, des veines apparentes et sectionnées ne menaient plus nulle part, crachant rouge en continu. Et sa joue droite, déchirée presque entièrement, révélait un rictus de souffrance.
– J’veux pas prendre une balle perdue, putain ! s’écria le chauffeur. Arrachez-lui son flingue !
Feu rouge grillé. La berline qui surgit à leur droite ne réussit pas à freiner complètement et leur arracha une partie de l’aile dans un crissement de pneus désespéré.
Ils forcèrent sur les doigts de plus belle. Tirant, écartant. En vain. La main s’était contractée en une crampe autour de la crosse du pistolet. Le doigt, enroulé autour de la détente, menaçait à chaque virage ou cahot de balancer une cartouche de 9 mm au hasard de sa trajectoire.
– Impossible, c’est de la pierre !
Derrière le volant, le chauffeur regardait par intermittence le trafic routier devant lui et la scène de chaos qui se jouait dans son dos. Éviter un accident. Éviter de se faire trouer la peau.
– Elle est tétanisée. Déboîtez-lui le pouce !
Le premier se saisit du canon du pistolet pour le maintenir stable, le deuxième tira le pouce en arrière, de toutes ses forces jusqu’à le luxer.
Enfin, l’arme chuta au sol dans un choc métallique.
Pendant cette tempête de douleur et de terreur, elle ne les avait pas quittés du regard. Paralysée mais consciente. Son œil gauche était fixé sur eux, l’autre était aveuglé par le sang.
Le calme revint et les trois ambulanciers se concentrèrent de nouveau sur leur mission.
Sauver un flic.

Déjà lu du même auteur :

516JqzfGETL Entre deux mondes 51M-o5d3HyL Code 93

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Hamish Macbeth, tome 2 : Qui va à la chasse – M.C. Beaton

81UeE6xHi-L Albin Michel – avril 2019 – 252 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Death of a Cad, 1987

Quatrième de couverture :
Lorsque Priscilla Halburton-Smythe ramène à Lochdubh son nouveau fiancé, un dramaturge londonien, tout le monde est enchanté… sauf Hamish Macbeth, amoureux transi de la jeune femme. Mais ses affaires de cœur devront attendre un peu : un des invités aux fiançailles de Priscilla, l’affreux goujat Peter Bartlett, est retrouvé assassiné pendant une partie de chasse à la grouse.
Chargé des premières investigations, Hamish Macbeth fait face à une brochette de suspects huppés, qui avaient tous une bonne raison d’attenter à la vie de l’ignoble capitaine Bartlett.

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton, après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir auteur à succès figurant parmi les plus lus de Grande Bretagne. Elle a notamment écrit deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.  

Mon avis : (lu en juin 2019)
Voici le deuxième tome des aventures d’Hamish MacBeth, le policier écossais. Après l’univers de la pêche dans le tome 1, c’est dans l’univers de la chasse que le lecteur va découvrir.
Priscilla Halburton-Smythe revient à à Lochdubh avec son nouveau fiancé, Henry Withering, un dramaturge londonien en vue. Lors d’une partie de chasse organisée lors des fiançailles de Priscilla, un invité, Peter Bartlett, est retrouvé assassiné. La victime n’est pas vraiment sympathique, et Hamish MacBeth va devoir mener l’enquête même s’il n’est pas le bienvenu chez les parents de Priscilla qui le trouve trop rustre… Hamish est également au supplice car il est toujours secrètement amoureux de Priscilla, son amie d’enfance. C’est difficile pour lui de la voir fiancée
C’est un vrai plaisir de retrouver Hamish dans cette nouvelle enquête, c’est un personnage attachant et plein de gentillesse, il est perspicace et de son sens d’observation et d’analyse lui seront bien utile pour découvrir le ou la coupable.
L’intrigue assez classique mais les descriptions des paysages et de la campagne des Highlands sont toujours très évocatrices et fait voyager le lecteur.

Extrait : (début du livre)
Henry Withering, dramaturge de son état, se tassa sur le siège passager après un nouveau regard maussade au paysage menaçant. D’un ton plaintif, il demanda à la conductrice du break :
– Dis-moi, ma chérie, on est encore loin ?
– Il nous reste pas mal de chemin, lui répliqua gaiement sa fiancée, Priscilla Halburton-Smythe, mais on devrait quand même arriver avant la nuit.
Henry n’osa pas répondre qu’après leur interminable et fastidieux périple, ils auraient déjà dû atteindre le pôle Nord, et qu’il désespérait de les voir parvenir à destination. Soudain, il se sentit accablé par le paysage, et si déprimé par le changement qu’il semblait produire sur Priscilla qu’il ne trouva plus rien à dire et préféra somnoler un moment. Pourtant, il eut beau fermer les yeux, attentif au bruissement hypnotique des essuie-glaces, il ne réussit pas à s’endormir. L’Écosse avait assassiné le sommeil.
Henry, anglais de souche, avait déjà visité l’Écosse, mais jamais encore il ne s’était aventuré aussi loin dans le Nord.
– Le temps se dégage, fit sa compagne d’un ton détaché et amusé. Tu devrais regarder, le panorama est splendide.
Henry rouvrit les yeux à contrecœur. Un soleil pâle baignait les parois abruptes et austères des gigantesques montagnes qui se dressaient de chaque côté de la voie. Les nuages se retirèrent et lui révélèrent des sommets imposants, et, plus près de lui, la lande désolée et ses troupeaux de moutons détrempés.
Le vent se leva tandis que le soleil gagnait en force. Au bord de la route courait une rivière sinueuse dont la surface scintillante se moirait de lueurs pourpres et argentées. Lorsque la voiture bifurqua sur une route encaissée, la perspective se déroba d’un seul coup, ne laissant que le fracas d’une cascade qui dégringolait sans repos à quelques pas de la vitre, assourdissant Henry au passage.

 

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre 

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

51SoADXo3OL._SX342_ tome 9 : Sale temps pour les sorcières

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche

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Agatha Raisin, tome 9 : Sale temps pour les sorcières – M.C. Beaton

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Audible – avril 2018 – 6h06 – Lu par Françoise Carrière

Albin Michel – mars 2018 – 288 pages

traduit de l’anglais par Amélie Juste-Thomas

Titre original : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham, 1999

Quatrième de couverture :
Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse. N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée… Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Après sa mésaventure finale avec une coiffeuse lors de l’enquête précédente, et sa chevelure « massacrée », Agatha Raisin décide de fuir Carsely et se réfugier à Wyckhadden, une petite ville de bord de mer pour attendre la repousse de ses cheveux. Elle loge dans un hôtel vieillot où résident également de vieux habitués friands de nombreuses parties de scrabble… Pour accélérer la repousse de ses cheveux, on lui conseille d’aller voir la « Sorcière » du coin, qui concocte des potions nombreuses et variées, qui tire les cartes et entre en contact avec l’au-delà. Peu de temps après la visite d’Agatha, la Sorcière est retrouvée assassinée…
Evidemment Agatha décide de mener son enquête et fait la connaissance de l’inspecteur Jimmy Jessop, le policier du village, et elle n’est pas insensible à son charme…  Va-t-elle oublier James Lacey ?
Un épisode très amusant, Agatha se retrouve toujours dans des situations cocasses… L’intrigue est rythmée et les résidents du Garden Hotel sont hauts en couleurs.
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante et une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
Quoi de plus déprimant, pour une femme d’âge mûr à moitié chauve qui se languit d’amour, que de se retrouver dans une station balnéaire anglaise hors saison ? Le vent soufflait en rafales le long de la promenade, faisant claquer des lambeaux d’affiches vantant les réjouissances estivales, et d’énormes vagues projetaient des embruns haut dans le ciel.

Agatha avait perdu ses cheveux lorsqu’une coiffeuse rancunière l’avait shampouinée à la crème dépilatoire. Ils repoussaient par touffes, laissant le cuir chevelu désespérément nu par endroits. Afin d’éviter que James Lacey, l’amour de sa vie, ne la voie dans cet état lorsqu’il rentrerait de voyage, Agatha avait fui Carsely pour se réfugier à Wyckhadden, petite ville de bord de mer, en attendant qu’ils repoussent.
Elle était descendue au Garden Hotel, « petit mais luxueux », selon la brochure. Elle regrettait maintenant de ne pas avoir choisi un lieu plus design, moderne et clair. Le Garden Hotel ne semblait pas avoir tellement changé depuis l’époque victorienne. De hauts plafonds, une moquette épaisse et des murs très solides : le lieu était aussi silencieux qu’une tombe. Les autres résidents n’étaient plus tout jeunes. Rien de plus pénible pour une femme d’âge mûr, consciente du temps qui passe et de l’inexorabilité de sa propre vieillesse. Agatha avait brusquement compris pourquoi les hommes d’une cinquantaine d’années s’épanouissaient en jean, boots et blouson de cuir à la recherche d’une minette à exhiber. Elle marchait beaucoup, bien décidée à perdre du poids et à rester en forme.
Dans la salle à manger du Garden, il lui avait suffi d’un regard sur les autres clients pour envisager un lifting.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche

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petit bac 2019(5) Végétal

Dans l’ombre du paradis – Viveca Sten

81ff9zlGX-L Albin Michel – mai 2019 – 432 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I maktens skugga, 2014

Quatrième de couverture :
Nora Linde, désormais en poste à l’Agence de Lutte contre la Criminalité Financière,  profite de ses vacances à Sandhamn avec son compagnon Jonas et leur fille de quatre ans Julia. Mais l’idylle estivale est vite troublée par l’arrivée de Carsten Larsson, un requin de la finance engagé dans des affaires troubles en Russie. Larsson a acheté la belle et grande plage au sud de l’île, et la villa de luxe qu’il y a fait bâtir éveille les rancœurs des insulaires. Le soir de la pendaison de crémaillère, une partie de la villa prend feu et on découvre un cadavre dans les décombres. Nora Linde n’a d’autre choix que de solliciter son meilleur ami et collaborateur,  Thomas Andreasson, pourtant en plein doute après vingt ans de métier. Incapable de lui refuser son aide, Thomas s’attaque à une nouvelle affaire…

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture. Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans une douzaine de langues à travers 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
J’ai toujours plaisir à retrouver l’île de Sandhamn, et le duo formé par Nora Linde et l’inspecteur Thomas Andreasson. Pour « cet épisode », contrairement à d’habitude, j’ai vu sa version télévisée début avril sur Arte avant de me plonger dans le livre…
Carsten Jonsson, homme d’affaires suédois vivant à l’étranger, vient de construire une magnifique maison au bord de l’eau, sans respecter les règles ancestrales de l’île de Sandhamn et ses voisins. Riche et sans scrupule, il organise une grosse fête bien arrosée pour la pendaison de crémaillère et il invite plus de 150 personnes, ceux qui comptent sur Sandham. Dans la nuit suivant la fête, une dépendance de la villa part en fumée et l’on découvre sur les lieux du sinistre un corps carbonisé… Thomas Andreasson et Aram sont appelés pour l’enquête. Nora qui a participé à la fête avec Jonas, son compagnon, va être d’une grande aide pour faire avancer l’enquête. Mais après vingt ans de métier, Thomas est en plein doute qu’en à son avenir dans la police.
L’arrogance de Carsten Jonsson n’est pas du goût de tout le monde, certains voisins souhaiteraient vraiment qu’il quitte l’Île avec sa famille… Sans compter les affaires, Carsten Jonsson n’a-t-il pas été imprudent de faire appel à des Russes ?
L’enquête bien construite va permettre au lecteur de découvrir les différents protagonistes et d’avancer vers sa résolution. L’ambiance insulaire est toujours très plaisante, je suis devenue une inconditionnelle de cette série !

Extrait : (début du livre)
Maria Svedin attendait dans le spacieux vestibule, tandis que Celia Jonsson aidait Oliver à enfiler la veste de l’uniforme bleu marine de l’école. Maria dansait d’un pied sur l’autre, inquiète. Fallait-il aller chercher le cartable d’Oliver, resté dans sa chambre ? Difficile de savoir ce que voulait Celia.
Celia vint à bout du dernier bouton luisant de la veste d’Oliver et chassa une mèche sombre de son visage avant de se redresser.
« Maria, dit-elle avec son fort accent. Tu conduiras Oliver à l’école ? J’ai autre chose à faire aujourd’hui. Tu peux prendre la voiture de Carsten, il est allé à pied au bureau. »
Cette demande surprit Maria. D’habitude, Celia déposait toujours son fils à l’école le matin, mais on voyait qu’elle était tendue, des poches sombres cernaient ses yeux et sa bouche était crispée.
Hier soir, Maria avait entendu des éclats de voix. L’appartement avait beau être vaste et sa chambre à l’opposé de celles de la famille, elle n’avait pas pu éviter d’entendre leur colère à travers les cloisons. La dispute semblait porter sur le projet de Carsten d’avoir une maison de vacances en Suède.
« Maria ? » fit à nouveau Celia.
La jeune fille hocha la tête et se dirigea vers l’entrée de l’appartement. L’ascenseur montait jusqu’à l’étage de la famille. Elle appuya plusieurs fois sur le bouton pour montrer à Celia qu’elle s’activait.
Elle aurait préféré être dispensée de conduire Oliver, pas encore très à l’aise avec la conduite à gauche dans Londres. Et les ronds-points la rendaient nerveuse.
Celia ne remarqua pas ses hésitations. Ou ne s’en soucia pas.
« Si tu vas chercher la voiture au garage, je descends avec Oliver d’ici quelques minutes, continua-t-elle. Je veux chercher ses nouveaux gants. »
On dit : « Je vais chercher », pas : « Je veux chercher », pensa Maria, sans rien faire pour la corriger.
Elle enfila son blouson et se tourna vers l’entrée.

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Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l’île
116631134 Au cœur de l’été 51zvmU31TnL Retour sur l’île

 

Octobre – Søren Sveistrup

71hvONnWQ3L Albin Michel – février 2019 – 640 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Kastanjemanden, 2018

Quatrième de couverture :
Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes. Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte.
Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révéleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu’une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer…

Auteur : Né en 1968, Søren Sveistrup est le créateur, scénariste et producteur de plusieurs séries, dont la série culte The Killing qui a notamment reçu le BAFTA 2011 de la meilleure série internationale et qui a réuni près de 600 000 téléspectateurs français lors de sa diffusion.Il a plus récemment écrit des scripts pour des longs métrages, par exemple pour l’adaptation de Le Bonhomme de neige de Jo Nesbø.

Mon avis : (lu en juin 2019)
« Octobre » est le premier roman de Søren Sveistrup, le créateur de la série « The Killing » que j’avais beaucoup aimé.
Un corps amputé d’une main est découvert avec à côté la présence d’un petit bonhomme en marrons et allumettes. La police scientifique découvre sur le bonhomme en marron les empreintes digitales de Kristin Hartung, la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte. Linus Bekker a été arrêté et a avoué le meurtre, mais le corps de la fillette n’a jamais été retrouvé. L’enquête a pourtant été close.
La nouvelle enquête est donnée à Naia Thulin et Mark Hess, un duo qui se trouvent associés malgré eux.  Naia Thulin est une jeune inspectrice ambitieuse, qui rêve d’intégrer le NC3, service d’élite spécialisé dans la cybercriminalité. Mark Hess travaille pour Europol à La Haye, il se trouve sous le coup d’une suspension, il est donc « puni » dans ce commissariat de la banlieue de Copenhague. Ils sont sous l’autorité de Nylander, qui a « résolu » l’affaire Kristin Hartung et qui n’a aucune envie que cette précédente enquête soit ré-ouverte…
Une intrigue construite avec beaucoup d’intelligence et de précision, ancrée dans l’actualité politique et sociale du Danemark.
Une enquête captivante avec de nombreux rebondissements, plusieurs autres meurtres, peut-être un peu trop sanguinolent à mon goût mais le duo d’inspecteurs est attachant et j’espère les retrouver dans de nouvelles enquêtes…

Extrait : (début du livre)
Les feuilles mortes tombent doucement dans la lumière du soleil, sur la route humide qui coule au milieu de la forêt comme un fleuve à la surface noire et lisse. Elles s’élèvent en un bref tourbillon au passage de l’éclair blanc de la voiture de police, puis se posent sur les tas agglutinés de part et d’autre de la route.
Marius Larsen lève le pied dans le virage, notant au passage qu’il va devoir rappeler au service de la voirie d’envoyer la balayeuse jusqu’ici. Quand les feuilles restent trop longtemps sur la chaussée, elles réduisent l’adhérence des véhicules et cela peut coûter des vies. Marius le leur a dit et répété. Il est dans la police depuis quarante et un ans, à la tête du commissariat depuis dix-sept, et tous les ans, quand l’automne arrive, il est obligé de le leur redire. Mais ce ne sera pas pour aujourd’hui, parce que aujourd’hui, il doit se concentrer sur la conversation.
Marius Larsen tripote, agacé, les boutons du poste de radio sans parvenir à trouver la station qu’il cherche. Il tombe uniquement sur des émissions d’information, dans lesquelles on ne parle que de Gorbatchev, de Reagan et de la potentielle chute du mur de Berlin. Il paraît que c’est imminent et que l’événement marquera peut-être le commencement d’une nouvelle ère.
Il y a longtemps qu’il aurait dû lu parler, mais il ne pouvait pas s’y résoudre. Sa femme pense qu’il va prendre sa retraite dans une semaine. Il est temps qu’il lui dise la vérité. À savoir qu’il ne peut pas se passer de son travail. Il a réglé toutes les questions administratives, mais reporté la date. Il n’est pas encore prêt à prendre racine sur le canapé d’angle devant La Roue de la fortune, à ratisser le jardin avec elle et à jouer à la bataille avec leurs petits-enfants.
Marius n’est pas inquiet à l’idée de lui avouer sa décision, mais il sait qu’elle aura de la peine. Elle se sentira trahie et se lèvera de table pour aller récurer les fourneaux dans la cuisine, puis elle lui tournera le dos pour lui dire qu’elle comprend. Alors que ce n’est pas vrai. C’est pour différer un peu cette conversation avec sa femme que, lorsqu’il a entendu l’appel sur le canal de la police, il y a dix minutes, il a dit qu’il s’en chargerait. En temps normal, il aurait fait à contrecœur ce long trajet dans les bois jusqu’à la ferme d’Ørum pour lui demander de tenir ses bêtes. Ce n’est pas la première fois que ses vaches et ses porcs défoncent les clôtures et s’égaillent dans les champs du voisin jusqu’à ce que Marius ou l’un de ses collègues vienne lui remonter les bretelles. Mais cette fois, il était plutôt content de la diversion. Il a bien sûr commencé par demander au poste de garde qu’on prévienne Ørum chez lui ainsi que sur son deuxième lieu de travail, au débarcadère du ferry-boat, mais comme le fermier ne répondait ni à un endroit ni à l’autre, il a pris la route.

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La cage dorée – Camilla Läckberg

81I8cUUwywL Actes Sud – avril 2019 – 343 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : En bur av guld, 2019

Quatrième de couverture :
Un mari parfait, une fille adorable et un appartement de luxe dans l’un des quartiers les plus chics de Stockholm, Faye semble tout avoir. Mais de sombres souvenirs de son enfance à Fjällbacka la hantent et elle se sent chaque jour un peu plus prisonnière d’une cage dorée. La femme forte et ambitieuse qu’elle était autrefois a tout abandonné pour Jack. Lorsqu’il la trahit, son univers s’effondre. Du jour au lendemain, elle se retrouve sans rien. D’abord complètement anéantie, elle décide de rendre coup pour coup et se met à échafauder une vengeance impitoyable. Retraçant le destin poignant d’une femme trompée et exploitée qui prend sa vie en main, La Cage dorée est un cocktail palpitant de trahison, de rédemption et de vengeance.

Auteur : Camilla Läckberg est l’une des auteures les plus lues au monde. Les dix livres de la série Fjällbacka se sont vendus à plus de vingt-trois millions d’exemplaires dans soixante pays. C’est également une femme d’affaires et l’une des fondatrices de la société d’investissement Invest in Her qui lutte contre les écarts de salaires entre hommes et femmes et s’engage auprès de femmes entrepreneuses. Avec La Cage dorée, Camilla Läckberg franchit un nouveau palier dans sa carrière d’écrivaine en menant en scène une protagoniste inoubliable et en délivrant un message ouvertement féministe.

Mon avis : (lu en juin 2019)
J’ai été déçue par cette lecture car j’avais l’impression d’avoir déjà lu cette histoire ou d’autres très proches…
Faye vit avec Jack, un mari parfait et son adorable petite fille à Stockholm dans l’un des quartiers les plus chics. Jeune femme intelligente et ambitieuse, elle s’est sacrifiée pour Jack, elle a abandonné ses études pour travailler et permettre à son mari de créer son entreprise, elle s’y ait également investie. Puis, à la naissance de leur fille, elle s’est totalement consacrée à élever son enfant et à tenir son foyer. Faye commence à se sentir à l’étroit dans sa « cage dorée », totalement dépendante de son mari…  Et voilà, que Faye découvre que Jack la trompe et Jack demande alors le divorce et abandonne son épouse sans aucune ressource. Après une profonde dépression, Faye réagit et reprend sa vie en main, bien décidée à  se venger… 
Cette lecture n’a pas été désagréable, mais je n’ai pas été surprise par cette intrigue caricaturale et le personnage de Faye ne m’a pas touché… Je regrette Erica Falk et Fjällbacka. 

Extrait : (début du livre)
Julienne dormait enfin. Ses cheveux étalés sur l’oreiller rose. La respiration calme. Faye lui caressa la joue doucement pour ne pas la réveiller.
Jack devait rentrer ce soir de son voyage d’affaires à Londres. Ou Hambourg ? Faye ne se souvenait plus. Il rentrerait fatigué et stressé, mais elle veillerait à ce qu’il se détende comme il faut.
Elle referma précautionneusement la porte de la chambre de Julienne, se glissa dans l’entrée pour vérifier si la porte était verrouillée. Dans la cuisine, elle passa la main sur la surface du plan de travail. Trois mètres de marbre veiné de vert. Carrare, bien sûr. Malheureusement très peu pratique : la surface poreuse du marbre absorbait tout comme une éponge, et présentait déjà quelques vilaines taches. Mais pour Jack, il n’avait pas été question de choisir plus fonctionnel. La cuisine de l’appartement de Narvavägen avait coûté presque un million, et on n’avait mégoté sur rien.
Faye attrapa une bouteille d’amarone et posa un verre sur le plan de travail. Bruit du verre sur le marbre, glouglou du vin – un concentré de ses soirées à la maison, quand Jack n’était pas là. Elle versa le vin précautionneusement, pour qu’il n’y ait pas de nouvelles taches à la surface blanche du marbre, et ferma les yeux en portant le verre à sa bouche.
Elle baissa la lumière et gagna l’entrée, où trônaient les portraits en noir et blanc de Jack, Julienne et elle. Pris par Kate Gabor, la photographe officieuse de la cour, qui, chaque année, faisait de fabuleuses images des enfants de la famille royale jouant dans les feuilles mortes en habits blancs amidonnés. Jack et elle avaient choisi des photos estivales. Ils étaient gais et détendus, au bord de l’eau. Julienne entre eux, ses cheveux blonds au vent. Vêtements blancs, bien sûr. Elle une simple robe en coton Armani, Jack chemise et pantalon retroussé Hugo Boss, Julienne une robe en dentelle de la collection enfants de Stella McCartney. Ils s’étaient disputés juste avant de prendre ces photos. Elle ne se rappelait pas à quel sujet, juste que c’était sa faute. Mais rien de leur mésentente ne transparaissait sur le portrait.
Faye monta l’escalier. Hésita devant la porte du bureau de Jack, puis l’ouvrit. La pièce était située dans une tour, avec vue panoramique. Un agencement unique pour un bien unique, comme l’avait dit l’agent immobilier en leur faisant visiter l’appartement, cinq ans plus tôt. Elle avait alors Julienne dans le ventre et la tête pleine d’espoirs lumineux pour l’avenir.

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petit bac 2019(5) Couleur

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le dompteur des lions Le dompteur de lions  La_sorciere La sorcière

Derniers mètres jusqu’au cimetière – Antti Tuomainen

71Sg3yS3UVL Fleuve éditions – février 2019 – 320 pages

traduit du finnois par Alexandre André

Titre original : Mies joka kuoli, 2016

Quatrième de couverture :
À 37 ans, Jaakko a tout pour être heureux.
Jusqu’au jour où, lors d’une simple visite médicale, il apprend qu’il va bientôt mourir. La raison de ce triste verdict : quelqu’un l’empoisonne depuis longtemps à son insu.
Alors que cette annonce aurait suffi pour faire de cette journée la pire de sa vie, Jaakko n’est pas au bout de ses surprises.
En rentrant chez lui, il découvre sa femme sur la chaise longue du jardin en plein ébat avec le livreur de leur entreprise. Trop, c’est trop !
Jaakko décide d’utiliser les derniers jours qui lui restent pour enquêter lui-même sur son empoisonnement. Et nombreux sont ceux à avoir un mobile pour tuer celui qui est l’heureux propriétaire d’une société hautement rentable et spécialisée dans la culture d’un champignon : le matsutake. Une espèce particulière qui pousse en Finlande et dont les Japonais raffolent au point de l’acheter à des prix déraisonnables !
Le chemin de la vérité sera parsemé de morts, qui n’empêcheront pas Jaakko de garder en tête le plus important : c’est surtout dans les derniers mètres jusqu’au cimetière qu’il faut profiter de chaque instant.

Auteur : Antti Tuomainen, né en 1971, est l’un des auteurs les plus lus en Finlande. Ses romans ont été traduits dans plus de 25 langues. Couronné « Le Roi d’Helsinki Noir », il a gagné le cœur des lecteurs et des critiques avec ce dernier roman, au style perçant et évocateur.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Digne compatriote d’Arto Paasilinna, Antti Tuomainen nous entraîne dans une intrigue originale, palpitante et déjantée…
Jaakko, le narrateur de cette histoire, le propriétaire d’une société spécialisée dans la culture d’un champignon : le matsutake. Une espèce qui pousse en Finlande et dont les Japonais sont très friands et qui l’achètent à des prix déraisonnables !
Jakko vient d’apprendre qu’il va bientôt mourir, car il est empoisonné à son insu depuis quelques temps. Jakko est sonné par cette mauvaise nouvelle et doit l’annoncer au plus vite à sa femme. Mais lorsqu’il arrive chez lui, il surprend sa femme dans les bras de son employé. Qui donc a intérêt à le voir mourir ? Jakko est bien décidé à découvrir qui cherche à l’assassiner et il va profiter de ces derniers jours pour mener l’enquête… En polar et humour noir, le lecteur n’est pas au bout de ses surprises et même si certaines situations sont parfois un peu exagérées et pas toujours crédibles, j’ai passé un très bon moment de lecture !

Extrait : (début du livre)
— Vous avez bien fait de nous fournir un échantillon d’urine.
Le visage allongé du médecin assis derrière le bureau respire le sérieux et la gravité. La monture sombre de ses lunettes souligne le bleu de ses yeux et sa manière de fixer son interlocuteur.
— Cela…, commence-t-il, cela requiert quelques explications. J’ai été en contact avec mes collègues de Kotka et de Helsinki. Ce qu’ils disent correspond sur toute la ligne à ce que nous pouvons déjà en conclure. Nous n’aurions rien pu faire, même si nous l’avions décelé lors de votre visite précédente. Comment vous sentez-vous ?
Je hausse les épaules. Je répète les mêmes informations que la fois précédente, en y ajoutant les derniers symptômes. Tout a commencé subitement avec de fortes nausées qui m’ont littéralement fauché. Mon état s’est ensuite amélioré, mais pour un instant seulement. Par moments, je me sens si faible que je crains de m’évanouir. Je suis pris de quintes de toux. La nuit, le stress me tient éveillé. Quand je m’endors enfin, je fais des cauchemars. J’ai souvent mal à la tête, comme si je me prenais des coups de couteau derrière les yeux. J’ai la gorge sèche en permanence. Les vomissements ont repris et surgissent sans crier gare.
Et ce, au moment précis où notre entreprise se prépare à la période la plus cruciale de l’année, au plus grand défi et à l’effort le plus important de son existence.
— En effet, dit le praticien en hochant la tête. En effet.
Je ne relève pas. Il marque une pause avant de poursuivre.
— Il ne s’agit pas des symptômes d’une méchante grippe qui se serait éternisée, comme nous l’avions supposé au début. Sans l’échantillon urinaire, nous n’aurions rien pu élucider. Il nous a beaucoup appris et nous a poussés à faire une IRM. Le résultat nous a permis d’avoir une vision d’ensemble. Il se trouve que vos reins, votre foie et votre pancréas, autrement dit, vos organes vitaux, sont gravement endommagés. D’après ce que vous me dites, j’en conclus aussi que votre système nerveux central est déjà atteint. Il se peut que vous souffriez de lésions cérébrales. Tout cela est la conséquence directe de l’empoisonnement que nous avons décelé grâce à l’analyse d’urine. La toxicité, à savoir, la quantité de poison, est telle qu’elle rendrait malade même un hippopotame.

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Hamish Macbeth, tome 1 : Qui prend la mouche – M.C. Beaton

81OT4JnMMqL Albin Michel – avril 2019 – 252 pages

traduit de l’anglais par Karine Guerre

Titre original : Death of a Gossip, 1985

Quatrième de couverture :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes. Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.
Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton, après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir auteur à succès figurant parmi les plus lus de Grande Bretagne. Elle a notamment écrit deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.  

Mon avis : (lu en juin 2019)
Une nouvelle série de M.C. Beaton avec Hamish MacBeth, une série antérieure à la série Agatha Raisin. Hamish Macbeth est l’unique policier du petit village de Lochdubh situé à l’extrême nord-ouest de l’Écosse, dans les Highlands. Un policier qui n’a pas beaucoup de travail, en général, le braconnage et les beuveries du week-end. Et avec diplomatie, Hamish règle la plupart des conflits à l’amiable. Physiquement Hamish MacBeth est grand, maigre, son uniforme est trop court et ses cheveux roux flamboyant dépassent de son képi… C’est l’aîné d’une fratrie de sept enfants, et Hamish était devenu policier non pas par vocation, mais pour aider financièrement ses parents agriculteurs.
Ce premier tome nous fait découvrir la pêche à la mouche lors du stage organisé John Cartwright et son épouse Heather. Pour cette cession les participants sont très variés, un couple de New-Yorkais, Mr et Mrs Roth, une jeune fille londonienne, Alice Wilson, lady Winters, veuve, Charlie Baxter, un garçon de douze ans, hébergé chez sa tante pendant la durée du stage, Jeremy Blyth venant de Londres, Daphné Gore d’Oxford et un commandant à la retraite, le major Peter Frame. Nous allons suivre avec eux les différents apprentissages et les relations qui se nouent entre les stagiaires… En particulier, le caractère fort et désagréable de lady Winters avec à peu près tout le monde… Chacun à ses petits secrets et lorsqu’un beau matin, le corps sans vie de Lady Jane Winters est découvert dans un étang, de nombreux présumés coupables sont possibles…
Hamish n’est pas dépourvu d’intuition et son sens de l’observation va l’aider à découvrir le coupable.
Cette nouvelle série est très amusante, Hamish MacBeth est un personnage attachant et j’ai très envie de continuer à le découvrir un peu plus dans les futurs tomes de la série…

Extrait : (début du livre)
« Je déteste les lundis, déclara John Cartwright d’un ton plaintif. Accueillir un nouveau groupe de stagiaires me fait l’effet de monter sur scène. Et puis, j’ai toujours l’impression de devoir m’excuser d’être anglais. Les gens qui viennent jusqu’au fin fond des Highlands s’attendent forcément à ce que l’animateur du stage de pêche à la mouche soit un grand roux en kilt avec un accent écossais à couper au couteau et des formules poétiques plein la bouche, tu ne crois pas ?
– Calme-toi, répliqua Heather, son épouse, avec placidité. Tout se passe toujours à merveille. Depuis trois ans que nous dirigeons cette école, aucun client n’a jamais été déçu. »
Elle couva son mari d’un regard affectueux. Petit, sec et nerveux, John Cartwright avait de grands yeux bleu pâle assez proéminents, et des cheveux fins d’un blond tirant sur le roux. Avant de l’épouser, Heather avait été l’une de ses premières stagiaires à la Lochdubh School of Casting, l’école de pêche à la truite et au saumon qu’il avait fondée à Lochdubh, au nord de l’Écosse.
Séduit par la beauté de son lancer arrière, John avait néanmoins dû attendre qu’ils soient mariés pour profiter des autres attraits de son anatomie.
Sensiblement plus douée que lui, Heather dissimulait avec tact ses compétences sous des manières affables et maternelles. En dépit d’un tempérament très différent, ils se vouaient tous deux à l’art de la pêche à la mouche avec une égale ferveur. C’était leur hobby, leur métier, leur obsession.
Durant la saison estivale, un nouveau groupe de stagiaires arrivait chaque lundi au Lochdubh Hotel. Il était rare que le groupe soit uniquement constitué de débutants : l’école attirait également des moucheurs expérimentés, ravis de pouvoir pêcher dans d’excellentes eaux à des tarifs raisonnables. John s’occupait des experts, Heather maternait les amateurs.
Les groupes n’excédaient jamais dix participants. Cette semaine-là, suite à deux annulations de dernière minute, John et Heather n’en attendaient que huit.
« Voyons voir, murmura John en se penchant sur la liste des stagiaires. J’imagine qu’ils sont tous à l’hôtel depuis hier soir. Nous avons Mr et Mrs Roth, un couple de New-Yorkais ; une certaine lady Winters, veuve d’un pair du parti travailliste ; un Londonien du nom de Jeremy Blythe ; Alice Wilson, de Londres, également ; Charlie Baxter, un gamin de douze ans, originaire de Manchester, hébergé chez sa tante pendant la durée du stage ; un commandant à la retraite, le major Peter Frame… Oh, non ! Il a déjà fait un stage chez nous, celui-là. Incontrôlable, si je me souviens bien. Ces types qui s’accrochent à leurs titres militaires semblent incapables de s’adapter à la vie civile. La dernière de la liste s’appelle Daphné Gore et nous arrive d’Oxford. Je tâcherai de me débarrasser du major au plus vite : il est parfaitement capable d’aller pêcher tout seul. Le gamin, en revanche, aura sans doute besoin d’attention. Tu voudras bien t’en charger ? »

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre 

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

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Les Mafieuses – Pascale Dietrich

41ZXkEHBzpL Liana Levi – février 2019 – 160 pages

Quatrième de couverture :
Il y a toujours moyen de s’arranger avec la réalité chez les gangsters. A condition de respecter le code d’honneur, on peut même mener une vie formidable ! C’est en tout cas ce que Leone Acampora, vieux mafioso grenoblois, a enseigné à sa famille. Michèle et ses deux filles ont donc appris à fermer les yeux lorsqu’elles trébuchaient sur un cadavre ou une valise de cocaïne dans leur joli salon en marbre. Et si, aujourd’hui, Dina a parfois mauvaise conscience, elle espère se racheter en travaillant dans l’humanitaire. Quant à Alessia, pharmacienne inspirée, elle a pas mal d’idées pour moderniser le business paternel. Ainsi va la vie chez les femmes Acampora, entre coups de fusil à pompe et séances de tai-chi. Jusqu’à ce que le vieux Leone perde les pédales. Car avant de mourir, il a laissé une dernière instruction : lancer un tueur à gages aux trousses de sa femme… L’occasion pour les mafieuses de déboulonner un vieux monde machiste et ringard.

Auteur : Pascale Dietrich est née à Tours en 1980. Sociologue à l’Ined à Paris, ses travaux portent sur les populations précaires et les inégalités. Côté écriture, elle est l’auteur de nouvelles et de courts romans flirtant avec le polar, dont Le Homard (2013) et Une île bien tranquille (2016).

Mon avis : (lu en mai 2019)
Ce roman policier, où les femmes prennent le pouvoir, est inattendu et plein d’humour…
Leone Acampora est un vieux mafioso grenoblois, dont la fin est proche et qui se trouve à l’hôpital dans le coma. Il a deux filles très différentes, Dina, qui travaille dans l’humanitaire et Alessia, qui est pharmacienne, parfaite couverture pour s’adonner au trafic de drogues…
Avant de mourir, Leone a laissé une lettre à sa femme avec ces mots : « Michèle, nous sommes inséparables, dans la vie comme dans la mort. J’ai décidé que nous partirions ensemble. J’ai trouvé quelqu’un qui va s’occuper de tout. J’ai l’assurance que tu ne souffriras pas. »
Michèle est bien décidée à ne pas se laisser tuer et avec ses filles, elle va tenter de retrouver celui qui doit l’exécuter avant qu’il soit trop tard…
Un roman noir rythmé, très amusant et original où les femmes malignes et subtiles prennent les meilleurs rôles !

Extrait : (début du livre)
La sonnerie du téléphone l’arracha brutalement à ses rêves. Les trois bips résonnaient dans le silence, marquaient une pause, puis reprenaient. Michèle resta quelques secondes immobile, une joue enfoncée dans l’oreiller. Le reflet clair du miroir se détachait dans l’obscurité et, sur la table de nuit, les chiffres lumineux du réveil indiquaient six heures cinquante-trois. Elle tâta la place vide à côté d’elle et son estomac se noua. Qui pouvait appeler si tôt, en dehors des médecins ? Saisie d’un mauvais pressentiment, elle se leva, tremblante dans sa chemise de nuit. Elle avait un furieux mal de crâne à cause du vin de la veille. Lorsqu’elle aperçut le téléphone sur la commode au bout du couloir, elle eut tout à coup la certitude que la personne à l’autre bout du fil allait lui annoncer la mort de son mari. Elle s’avança vers le combiné et, retenant son souffle, le porta à son oreille.
– Allô ?
– Madame Acampora, ici le docteur Samuel. J’espère que je ne vous réveille pas.
– Non, mentit-elle.
– J’ai pensé que vous voudriez être tenue au courant sans tarder. Votre mari est tombé dans le coma.
Le cœur de Michèle se serra dans sa poitrine. Pas mort, mais presque.
– Vu sa maladie, c’est ce qui pouvait lui arriver de mieux, enchaîna le médecin. Il partira sans souffrir.
Pour qui se prenait-il pour juger de ce qui était bien ou mal pour Leone ? Ses doigts se crispèrent autour du plastique chaud. Elle avait la sensation étrange que ses jambes se réduisaient à deux bâtons osseux aussi secs que des pattes de flamant rose.
– Je peux le voir ? murmura-t-elle.
– Bien entendu. Il a été placé en soins intensifs.
Michèle raccrocha, puis, tel un automate, s’avança vers la cuisine et se laissa tomber sur la première chaise venue. Dehors, le jour commençait à se lever, perçant une lueur rosâtre derrière les Alpes. On entendait au loin le discret roulis d’un train de marchandises qui passait sur la voie ferrée, le premier de la journée.
Elle vida dans un verre le fond de vin qui restait dans la bouteille. Depuis l’hospitalisation de Leone, elle s’était mise à boire, se promettant d’arrêter s’il revenait à la maison.

Agatha Raisin, tome 8 : Coiffeur pour dames – M.C. Beaton

A1pFloaMoOL Albin Michel – novembre 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham, 1999

Quatrième de couverture :
Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent ! Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective. Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Je continue toujours avec plaisir à suivre les aventures et enquêtes rocambolesques d’Agatha Raisin, au rythme de 2 à 3 par an…
Les relations entre Agatha et James Lacey sont toujours au point mort. Dans cet épisode, James a quitté Carsely pour une destination qu’Agatha ignore…
Parce qu’Agatha Raisin découvre avec horreur ses premiers cheveux blancs, sur les conseils de Mrs Blobxy, elle se rend à Evesham chez Mr John, un jeune coiffeur à la mode. Elle tombe sous le charme de ce magicien des ciseaux… et accepte même de dîner avec lui. Mais quelques jours plus tard, Mr John meurt empoisonné dans son salon de coiffure, sous les yeux d’Agatha… Il est victime d’un empoisonnement à la ricine. Il n’en fallait pas plus pour qu’Agatha se lance dans une enquête ! Elle aura l’appui de Sir Charles…
Et comme le résumait assez bien James  : Agatha « résolvait une affaire en faisant boulette sur boulette, jusqu’au jour où le coupable se trahissait tout seul. » Ignorant le danger, Agatha n’hésite pas à donner de sa personne… Elle est toujours autant imprévisible et gaffeuse malgré elle !
Le hasard fait, que ce dimanche 23 juin, à la télévision, France 3, diffuse le 1er épisode de la saison 2 de la série Agatha Raisin : « le magicien des ciseaux », l’adaptation de ce tome 8 !

Extrait : (début du livre)
On se serait cru sous les Tropiques. Pourtant ce n’était qu’Evesham en Angleterre, dans la région des Cotswolds. Agatha Raisin alla se garer sur le parking de Merstow Green, éteignit la climatisation et se prépara à affronter l’épais rempart de chaleur moite qui ne manquerait pas de l’accueillir dès qu’elle descendrait de voiture.

Agatha, à l’instar de beaucoup d’autres, avait décrété que l’effet de serre et son cortège de menaces n’étaient qu’un tissu de mensonges propagé par les écolo-terroristes. Pourtant, les journées étouffantes et poisseuses s’étaient succédé pendant ce mois d’août, ponctuées de violents orages nocturnes qui ressemblaient à un temps de mousson. C’était décidément bizarre.
Agatha s’éloigna de la voiture en maugréant pour prendre un ticket à la machine. Franchement, elle avait bien choisi son jour pour aller se faire faire une couleur !
En allant coller son ticket sur le pare-brise, elle se pencha pour inspecter rapidement son reflet dans le rétroviseur. Ses cheveux avaient toujours une teinte sombre, mais il s’y mêlait des mèches violettes.
Suite à sa dernière « affaire », Agatha avait plongé dans une légère dépression. Mrs Agatha Raisin caressait le rêve de rivaliser avec les plus fameux détectives de roman, de l’envergure d’Hercule Poirot et de lord Peter Wimsey. C’était une femme entre deux âges, avec une silhouette trapue mais de jolies jambes, un visage rond et de petits yeux d’ourse qui posaient sur le monde un regard soupçonneux. Jusque-là, elle avait tiré une grande fierté de sa chevelure châtain foncé, épaisse et brillante.
Malheureusement, elle y avait repéré au cours de la semaine de vilains fils gris qui s’installaient un peu partout. Elle avait aussitôt acheté une teinture, mais le produit n’avait réussi qu’à changer le gris en violet. « Allez donc chez Mr John », lui conseilla alors Mrs Bloxby, l’épouse du pasteur. « Son salon se trouve à Evesham, dans la grand-rue. Il passe pour un vrai magicien de la coloration. »

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

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