Entre les lignes – Dominique Mermoux, Baptiste Beaulieu

71--1auU0LS Rue de Sèvres – mai 2021 – 169 pages

Quatrième de couverture :
Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Baptiste sombre dans une profonde mélancolie. Baptiste, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte toute l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt. Naviguant entre les grands drames du XXe siècle et des témoignages d’aujourd’hui glanés dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Baptiste devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Auteurs : Ancien interne à l’hôpital d’Auch, Baptiste Beaulieu est aujourd’hui médecin généraliste et romancier. En novembre 2012, il lance son blog « Alors voilà », qui décrit avec humour, ironie et humanité, mais aussi parfois avec dépit, le quotidien des internes aux urgences. Devant le succès de son blog (6 millions de visiteurs), la plupart des anecdotes des urgences d’Auch paraissent en 2013 dans le récit Alors voilà, les 1001 vies des urgences, adapté en bande dessinée.
Né en 1980 en Haute-Savoie, Dominique Mermoux se lance dans la bande dessinée après des études aux arts décoratifs de Strasbourg, un BTS en communication visuelle et un diplôme en illustration aux Arts décoratifs de Strasbourg. Récompensé à plusieurs reprises par des prix « Jeunes talents » (Angoulême, Lausanne, Sierre), il débute sa carrière dans la presse, puis décide de travailler sur des albums en collaboration avec des scénaristes. Il travaille principalement en tant que dessinateur BD, et continue d’affuter son stylo-bille dans les carnets de croquis qu’il réalise. Les Mille et une vies des Urgences est son premier titre chez Rue de Sèvres.

Mon avis : (lu en août 2022)
Ce roman graphique est l’adaptation en bande dessinée du roman « Toutes les histoires d’amour du monde » de Baptiste Beaulieu, un roman que je n’ai pas lu.
Moïse, le grand-père de Baptiste, le narrateur, était un taiseux, un père froid et distant. Dix ans après son décès, Denis, le fils de Moïse et le père de Baptiste, découvre dans les affaires de son père trois carnets écrits par Moïse et c’est un bouleversement pour lui. Ce sont des centaines de lettres touchantes adressées à une certaine Anne-Lise Schmidt qui racontent la vie de Moïse depuis son enfance… Il est question de la Seconde Guerre Mondiale et de la vie d’après. Ce qui bouleverse Denis, c’est la différence entre la froideur du père qu’il a connu et la tendresse et la sensibilité qui se dégage de ces lettres.
Affaibli par des soucis cardiaques, Denis vient demander de l’aide à Baptiste pour tenter de retrouver la mystérieuse Anne-Lise.
Baptiste part donc sur les traces de son grand-père…
Le lecteur va découvrir en alternance le récit de la vie de Moïse à travers ses lettres et la quête de Baptiste.
Une histoire de famille tendre et palpitante qui permettra à Baptiste de renouer des liens plus étroit avec son père.

Extrait :

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Déjà lu des mêmes auteurs :

914YFGC7khL Les mille et une vies des urgences

Petit bac 2023(1) Bâtiment

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Les dames de Kimoto – Cyril Bonin

61o3sg-fBuL Sarbacane – mars 2022 – 112 pages

Quatrième de couverture :
D’après le roman de Sawako Ariyoshi.
« Le mont Kudo était encore voilé par les brumes matinales de ce début de printemps. La main serrée dans celle de sa grand-mère, Hana franchissait les dernières marches de pierre menant au temple Jison. L’étreinte de la main autour de la sienne lui rappelait que, maintenant qu’elle allait être admise comme bru dans une nouvelle famille, elle cesserait d’appartenir à celle où elle avait vécu les vingt années de son existence. »
À travers le récit des amours, des passions et des drames vécus par trois femmes de générations différentes, Les dames de Kimoto dresse un tableau subtil et saisissant de la condition féminine au Japon depuis la fin du XIXᵉ siècle.

Auteur : Cyril Bonin est diplômé des Beaux-Arts de Macon, puis des Arts décoratifs de Strasbourg. Il se lance dans la bande dessinée chez Casterman en dessinant, de 1999 à 2007, les huit volumes de Fog sur un scénario de Roger Seiter, puis Quintett, série écrite par Frank Giroud. Après le one shot Quand souffle le vent réalisé avec Laurent Galandon, Cyril Bonin se lance en tant qu’auteur complet : La Belle image, La Délicatesse, Amorastasia… The Time Before, Presque maintenant (2018), Stella (2020).

Mon avis : (lu en novembre 2022)
Cette bande dessinée est l’adaptation du roman de Sawako Ariyoshi, auteur japonais que je ne connaissais pas. C’est l’histoire de quatre générations de femmes au Japon de l’ère Meiji (c’est à dire, entre 1868 et 1912). L’auteur s’intéresse essentiellement à Hana et sa fille Fumio, mais on n’oubliera pas Toyono, la grand-mère d’Hana qui représente le passé et Hanako, la petite-fille d’Hana qui sera le futur…  Hana est une épouse et une mère de famille dévouée qui respecte toutes les traditions japonaises contrairement à Fumio plus rebelle, elle a envie d’indépendance, de liberté, de la modernité !
La tradition c’est apprendre l’art de faire des bouquets, le rituel de la cérémonie du thé ou la calligraphie, mais Fumio souhaite autre chose : faire des études à l’université, choisir elle-même son futur mari…
Cette bande dessinée est l’occasion de découvrir la condition de la femme à cette époque, avec ses codes, ses traditions, ses superstitions… Ces femmes sont touchantes, fortes et courageuses.
Le dessin de Cyril Bonin est magnifique, le trait est délicat, précis et les couleurs pastel donne une ambiance pleine de douceur et de nostalgie totalement en adéquation avec le Japon.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2023(1) Lieu

Autobiographie d’une courgette – Camille K., Ingrid Chabbert

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Quatrième de couverture :
Courgette vit seul avec sa mère alcoolique depuis le jour où son père est parti  » faire le tour du monde avec une poule « . Un jour où sa mère s’en prend au ciel, il trouve un revolver et essaie de  » tuer le ciel « . Sa mère tente de lui enlever l’arme, mais le coup part et la tue. Cet accident dramatique place Courgette aux Fontaines, un foyer pour enfants.
Sa vie change radicalement, entre les  » zéduc’  » et les copains… mais surtout Raymond, le  » gentil gendarme  » et Camille, son amoureuse.
Elle ressemble à une poupée de chiffon toute molle et ses yeux sont grands ouverts. Je pense aux films policiers où des tas de femmes se font tuer et après elles ressemblent à des tas de chiffons toutes molles et je me dis « c’est ça, j’ai tué maman » – Courgette, 9 ans.

Auteures : Ingrid Chabbert est autrice d’ouvrages pour la jeunesse et scénariste de BD. Elle publie son premier album jeunesse,  » La fête des deux mamans  » et a depuis écrit dans ce secteur plus de 100 livres.
Depuis 2014, elle ajoute la Bande Dessinée à sa bibliographie : une vingtaine d’albums dont l’adaptation aux éditions Steinkis de  » En attendant Bojangles  » d’après Olivier Bourdeaut,  » Elma, une vie d’ours  » sélectionné pour un Eisner Award en 2020 ou encore  » Écumes « , sélection pour le Prix Artémisia 2018, qui lui apporte d’outre-Atlantique un prestigieux Harvey Award dans la catégorie  » Best European Book  » en 2019.
 » Autobiographie d’une courgette  » est le second livre de Camille K. Diplômée de l’Académie Brassart Delcourt en 2018, elle entame sa carrière avec  » Les Enfants trinquent « , premier récit publié en 2020 aux éditions Albin Michel, nommé dans la sélection Prix Région Centre-Val de Loire 2020 du festival BDBoum de Blois qui récompense un livre pour sa portée citoyenne.

Mon avis : (lu en septembre 2022)
Cette bande dessinée est l’adaptation du roman de Gilles Paris, « Autobiographie d’une courgette ».
Livre que je m’aperçois ne pas avoir lu… j’ai découvert cette histoire grâce au film d’animation « Ma vie de Courgette » sortie en 2015.

Son prénom c’est Icare, mais il se fait appeler Courgette… Il a 9 ans et sa vie n’est pas facile. Son père est partie, il vit seul avec sa Maman qui est alcoolique. Or un jour, Courgette tue par accident sa mère avec un révolver. Il est alors envoyé dans un foyer où il va rencontrer d’autres enfants à la vie cabossée comme lui et se faire pleins d’amis…
Cette histoire touchante est racontée du point de vue de Courgette, lui qui était délaissée par ses parents découvre grâce au foyer des adultes aimants et qui veulent son bien comme la directrice et les éducateurs, des camarades de jeux et même une amoureuse…
Il y a un message d’optimiste et d’espoir dans cette histoire pleine de tendresse et de solidarité.
Les thèmes abordés sérieux et parfois violents, sont contrastés avec le dessin simple, sobre et les couleurs douces.
J’ai beaucoup aimé.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2023(1) Végétal

Déjà lu du même auteur :
814MPr8ATwL Soixante printemps en hiver

Le Petit Frère – JeanLouis Tripp

LePetitFrere Casterman – mai 2022 – 344 pages

Quatrième de couverture :
Un soir d’août 1976. JeanLouis a 18 ans. C’est le temps des vacances en famille, des grandes chaleurs et de l’insouciance… Mais un événement brutal va tout interrompre : Gilles, le frère de JeanLouis, est fauché par une voiture. Transporté à l’hôpital, le garçon succombe à ses blessures quelques heures plus tard. Pour JeanLouis, hanté par la culpabilité, un difficile parcours de deuil commence… 45 ans plus tard, l’auteur choisit de revenir sur cet épisode et de retraverser chaque moment du drame. Avec franchise et sensibilité, il sonde sa mémoire et celle de ses proches pour raconter les suites immédiates et plus lointaines de l’accident, luttant pour dessiner la perte tragique d’un petit frère de 11 ans qui continue d’exister dans l’histoire familiale…

Auteur : Né en 1958, JeanLouis Tripp publie ses premières histoires courtes à la fin des années 1970, avant de bifurquer vers la peinture, la sculpture et l’enseignement. En 2006, il publie avec Régis Loisel la série à succès Magasin Général, puis en 2017 et 2020 les deux volumes d’Extases, un récit autobiographique sincère et intime.

Mon avis : (lu en juillet 2022)
Une bande dessinée poignante sur un drame familiale vécu par l’auteur.
Le 5 août 1976, JeanLouis et sa famille étaient en vacances itinérantes en roulottes en Bretagne. Lors d’un déplacement, Gilles, le petit frère de 11 ans, souhaitait rejoindre sa mère qui faisait du vélo derrière la calèche. Alors qu’il venait de descendre sur le marchepied, il est percuté par un chauffard arrivant à vive allure. L’accident est violent, le chauffeur fuit, laissant le corps inanimé de Gilles se vider de son sang sur la route.
Quarante-cinq ans après les faits, JeanLouis Tripp retrace pas à pas les événements de ce jour funeste : l’avant et l’après accident.
Il y a la main de Gilles qu’il lâche, le bruit du choc, la fuite du chauffard, le sang sur le bitume, l’ambulance, l’hôpital, les gendarmes, l’annonce brutale de la mort de Gilles…  Puis il y aura l’attente de l’arrivée des proches, la veillée funèbre, les condoléances, l’enterrement. Puis le deuil trop difficile à faire, l’enquête, le procès, mais aussi le souvenir, la difficulté de continuer à vivre après la perte… La douleur indicible, la culpabilité, le jeune âge du petit frère, cet évènement a bouleversé à jamais toute la famille… JeanLouis Tripp nous narre également comment chaque membre de sa famille a réagit depuis le décès de Gilles et jusqu’à aujourd’hui.
Difficile de ne pas être bouleversé par cette lecture et ce dessin si réaliste, précis et pudique, qui nous renvoie vers nos proches et des situations dramatiques déjà vécues…
Un récit universel haletant et émouvant.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

le_magasin_g_n_ral_Marie le_magasin_g_n_ral_Serge le_magasin_g_n_ral_les_hommes le_magasin_g_n_ral_confession Magasin Générale tomes 1 à 4
magasin_general5 tome 5 : Montréal magasin_general_6 tome 6 : Ernest Latulippe

magasin_g_n_ral_7 tome 7 : Charleston magasin_g_n_ral tome 8 : Les femmes

100084704 tome 9 : Notre-Dame-des-Lacs

Petit bac 2022
(6) Famille

520 km – Max de Radiguès

81WoCJbtypL Sarbacane – août 2012 – 60 pages

Quatrième de couverture :
Simon a 14 ans, il est en vacances à Arcachon avec sa mère. Il découvre sur Facebook que sa petite amie, Louise, a changé son statut de « en couple » à « célibataire ». C’est à cause du père de Louise: il trouve qu’elle est trop jeune pour être amoureuse. Simon ne peut pas l’accepter et décide de fuguer – en stop – pour rejoindre Louise, sa Louise, à Montpellier où elle est en vacances.
Le voyage ne sera pas aussi simple que Simon l’avait imaginé.

Auteur : Né en Belgique en 1982, Max de Radiguès est auteur de bande dessinée et éditeur à l’employé du Moi. Il écrit et dessine pour la jeunesse et les adultes. Ses livres chez Sarbacane, Frangins et 520km, lui valent plusieurs sélections et récompenses .
En septembre 2009, il était invité pour un an de résidence au prestigieux Center for Cartoon Studies, à White River Junction – Vermont, au côté notamment de James Sturm et Jason Lutes. Il a raconté son année de résidence dans son livre Pendant ce temps à White River Junction paru chez Six Pieds sous Terre qui faisait partie de la sélection officielle du festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2012.
Il a depuis multiplié les résidences à Montréal et à Bordeaux entre autres.
En plus de ses livres, il multiplie les expériences par la publication en ligne et le fanzinat. Ses projets comme l’âge dur et Moose, paraissent en fanzines mensuels envoyés par la poste aux lecteurs avant de devenir des livres.
En 2018, il reçoit le Prix Polar SNCF et le Prix des Lycéens du Festival d’Angoulême pour son livre Bâtard.

Mon avis : (lu en septembre 2022)
Voilà une BD trouvée à la Bibliothèque et lue cette été. 
Simon a 14 ans, il est en vacances d’été à Arcachon avec sa mère et quelle est sa surprise lorsqu’il découvre sur les réseaux sociaux que le statut de sa copine Louise est passé  de « en couple » à « célibataire »… Il décide donc de partir la rejoindre à Montpellier… en faisant de l’autostop. Entre Arcachon et Montpellier, il y a « 520 km » de route, à parcourir et c’est cette road-story que nous raconte cette bande dessinée. Simon part sans informer sa mère, il va faire des rencontres plus ou moins sympathiques et après deux jours de voyage, Simon arrivera à Montpellier…
A travers les yeux d’un adolescent, ce périple sur les routes françaises, fait découvrir au lecteur le monde de l’auto-stop, et des rencontres qui font grandir. Le dessin est simple mais efficace.
Il y a une suite publiée en 2014 : « Un été en apnée » et un album regroupant les albums « 520 km » et « Un été en apnée »  disponible dans la version intégrale « Simon et Louise ».

Extrait :

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Petit bac 2022
(6) Chiffre

Déjà lu du même auteur :

Orignal Orignal 9782203141414 Bâtard

Joséphine Baker – Catel, Bocquet

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Casterman – septembre 2021 – 568 pages

Casterman – (édition de luxe) – novembre 2017 – 504 pages

Quatrième de couverture :
Joséphine Baker a 20 ans quand elle débarque à Paris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l’idole des années folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d’Alexandrie à Londres. Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale. La preuve par l’exemple : au cours des années 1950, dans son château des Milandes, elle adopte douze orphelins d’origines différentes, « la tribu arc-en-ciel ». Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle.

Auteurs : José-Louis Bocquet mène de front les activités d’écrivain et de scénariste. Pour Catel, il a aussi écrit les biographies sur Kiki de Montparnasse et Joséphine Baker. Leur quatrième ouvrage en commun est consacré à Alice Guy, pionnière du cinéma.
Catel Muller, diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, se spécialise dans le portrait en bandes dessinées de femmes remarquables. Son album Ainsi soit Benoîte Groult chez Grasset obtient le prix Artémisia de la bande dessinée féminine. Chez Casterman, ses biographiques consacrées aux clandestines de l’Histoire Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges et Joséphine Baker, sont multiprimées et traduites dans le monde entier. Couronnée en 2018 du Grand prix belge Diagonale-Rossel pour l’ensemble de son œuvre, Catel s’est imposée comme une autrice majeure de la bande dessinée.

Mon avis : (lu en mai 2022)
Je connaissais très superficiellement l’histoire de Joséphine Baker à travers quelques chansons redécouvertent dans le film Odette Toulemonde d’Éric-Emmanuel Schmitt avec Catherine Frot et Albert Dupontel. Dans les années 80, ayant une tante habitant la commune de Castelnaud-La-Chapelle, j’ai eu l’occasion d’aller à la piscine dans les jardins du Château des Milandes…
Mais en lisant cette biographie en bande dessinée, j’ai vraiment découvert la richesse de la vie pleine de péripéties de Joséphine Baker et son destin exceptionnel.
Joséphine Baker n’était pas uniquement la fantasque danseuse à la ceinture de bananes, mais une femme émancipée, une farouche adversaire des discriminations raciales et une militante antiségrégationniste. J’ai découvert son action d’espionne pour le compte de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est également une femme de cœur qui adopte douze orphelins d’origines, de couleurs et de religions différentes, sa « tribu arc-en-ciel ».
Ce roman graphique très documentée, avec en annexe des fiches biographiques des différents personnages rencontrés dans ce livre, est une belle réussite et une lecture passionnante.

Extrait :

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Petit bac 2022
(6) Art

Amalia – Aude Picault

91aQtIk37+L Dargaud – janvier 2022 – 148 pages

Quatrième de couverture :
Amalia est au bord du burn-out. Dans sa famille, où elle s’occupe de sa fille Lili, 4 ans et subit sa belle-fille Nora, 17 ans, ça crie et ça claque les portes, sans répit. Dans l’entreprise où elle est coach, on parle rentabilité, process’, elle perd le sens de ce qu’elle fait. Dans les campagnes alentours, elle voit la terre épuisée par la pollution et à la radio, les nouvelles du monde sont loin d’être rassérénantes. Alors Amalia fatigue et s’épuise, Amalia craque.

Auteure : Née en 1979, Aude Picault a obtenu le diplôme en communication visuelle des Arts déco de Paris. Elle autoédite « MoiJe » en 2004, ce qui lui permet de poser un pied dans la bande dessinée. Depuis, elle n’arrête pas, et publie notamment « Papa » (2006), « Les mélo maniaks » (2008), « Transat » (2009), « Comtesse » (2010), avant de se lancer avec Fabrice Parme dans l’adaptation en bande dessinée du magnifique dessin animé « Famille Pirate » (2 tomes, 2012 et 2014). En 2015 elle sort « Parenthèse Patagone », récit de son voyage autour de la Patagonie en voilier. En 2017, paraît « Idéal standard ». Un roman graphique qui décrit le quotidien d’une trentenaire au-delà des clichés habituels sur les relations amoureuses. La même année sort « L’air de rien », un album consacré aux relations sociales dans le cadre de la vie urbaine. Elle publie en 2019 « Déesse ». En 2022 « Amalia ».

Mon avis : (lu en juillet 2022)
Amalia est la mère d’une petite Lili et belle-mère de Nora, la fille de Karim, son conjoint. Amalia est chaque jour, à tout instant confrontée au risque d’épuisement…
Avec humour, Aude Picault raconte le quotidien d’Amalia avec les pressions et la charge mentale qu’elle subit en permanence.
Elle doit tout gérer : au travail où on lui en demande toujours plus, sous prétexte d’agilité et de flexibilité. A la maison où elle doit s’occuper de l’éducation de sa fille, de la crise d’adolescence de sa belle-fille, des tâches domestiques… Karim, boulanger dans une usine de pain industriel, est là pour l’aider et gère mieux la pression du quotidien. Amalia est également préoccupée par la crise environnementale et n’hésite pas re-trier les poubelles de ses voisins peu soucieux du recyclage… C’est une perfectionniste.

Amalia passe sa vie à courir, jusqu’au jour où elle va craquer et réaliser qu’elle va devoir changer sa façon de vivre… Avec cette comédie tendre et pleine de réalité, Aude Picault dénonce à la fois : l’industrie agro-alimentaire, le modèle des influenceuses, le management absurde, le harcèlement. Mais tout n’est pas sombre car un autre monde est possible !

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2022
(6) Prénom

Ulysse Nobody – Sébastien Gnaedig, Gérard Mordillat

81J-gRWkqdL Futuropolis – février 2022 – 144 pages

Quatrième de couverture :
Acteur dévalué, réduit à faire le « zouzou » à la radio, Ulysse Nobody vient de se faire jeter de Radio Plus, après une prestation désastreuse en direct. Rejeté de partout, Ulysse se retrouve sans travail, sans droits au chômage, sans le sou. Sans rien. Le voici aux abois. Une rencontre va changer son destin. Pour le meilleur, momentanément, et le pire, durablement.Fabio, un ancien collègue de Radio Plus, travaillant désormais « dans la communication », souhaite aider Ulysse : il l’a toujours trouvé « génial » et il estime de la plus grande injustice qu’un talent comme le sien ne soit pas reconnu. En fait de « communication », Fabio milite pour le PFF, le Parti fasciste français, dirigé par Maréchal, candidat à l’élection présidentielle. Fabio propose à l’acteur de prendre la parole sur la scène du Zénith de Lille où se tient le grand meeting fasciste : « Il y aura 10000 personnes pour t’applaudir. » De fait, Nobody fait un tabac : « Vive le PFF, vive la France ! », conclut-il sous une avalanche de vivats enthousiastes. Maréchal, ravi de son « show », lui propose alors d’être un candidat du Parti fasciste aux législatives… Le début de la fin pour Nobody.
Un récit impitoyable et jubilatoire signé par Gérard Mordillat (Le Suaire, Corpus Christi) et mis en scène par Sébastien Gnaedig (Profession du père). Évidemment, toute ressemblance avec la réalité ne saurait être fortuite.

Auteur : Écrivain et cinéaste, Gérard Mordillat a été responsable des pages littéraires de Libération dans les années 1970. Il a publié de nombreux livres dont Vive la Sociale ! (1981), Les Vivants et les Morts (2005), Le miroir voilé et autres écrits sur l’image (2014), La Brigade du rire (2015) et Moi, présidente (2016).
Diplômé de l’IUT de Bordeaux en métiers du livre et de l’école Estienne de Paris en Arts Appliqués, Sébastien Gnaedig se révèle un petit surdoué du média BD.
Il a été maquettiste, chef de fabrication, directeur de collection puis directeur éditorial puis directeur général des Humanoïdes Associés entre 1996 et 2000, directeur de collections chez Dupuis pour les collections Aire Libre et Repérages! de 2000 à 2004. 
En 2004, il relance les éditions Futuropolis. En parallèle, il est dessinateur de bande dessinée.

Mon avis : (lu en juin 2022)
C’est Noël et Ulysse Nobody, un petit acteur sans envergure, doit raconter un conte de Noël sur Radio Plus. Il a l’idée saugrenu de son « Noël triste » et dès le lendemain, il est viré de la radio… Et Ulysse Nobody est grillé dans toute la sphère artistique : audiovisuel, théâtres, cinémas… Il se retrouve seul et sans plus aucune ressource. Il est alors approché par Fabio qui flatteur, le voit comme un artiste de grand talent et l’encourage à devenir député… Un député du PFF, c’est à dire du Parti fasciste français.
Gérard Mordillat a voulu dénoncer la manipulation, les fausses informations d’un parti d’extrême droite qui se construit sur la frustration et le rejet de toute partie de la population devenue bouc émissaire.
J’ai trouvé cette BD décevante et dérangeante à lire : Ulysse Nobody est un personnage de plus en plus antipathique. Il m’a fallu du temps pour la terminer, j’y ai trouvé beaucoup de clichés faciles.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2022
(5) Prénom

Un général, des généraux – Boucq François, Juncker Nicolas

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édition spéciale (noir et blanc)  édition  normale (couleur)

Lombard – février 2022 – 144 pages

Quatrième de couverture :
Mai 1958. Alger s’embrase contre un nouveau gouvernement qui, à Paris, semble prêt à dialoguer avec les indépendantistes. Des milliers de colons se soulèvent, obligeant l’armée et ses généraux à choisir leur camp : rester loyaux à l’état ou à l’Algérie française, dernier vestige du grand empire colonial Français. Dépassés et galvanisés par la situation, les généraux s’embarquent dans un coup d’état qui devient rapidement incontrôlable… Et si seul un vieil homme à la retraite, le « dernier héros français », était capable d’arrêter cette machine folle et éviter une guerre civile ? Ce vaudeville politico-militaire donnera les clés du pouvoir à de Gaulle et sa Ve République… car juré-craché, « le Général » l’a promis à toutes et à tous : cette fois, il les a compris.

Auteurs : Boucq, de son vrai nom François Boucq, est un auteur de bande dessinée français né à Lille en 1954. Il a reçu en 1998 le grand prix de la ville d’Angoulême, qui récompense l’ensemble de sa carrière. 
Nicolas Juncker est né en 1973. Après des études d’histoire, il devient dessinateur de presse puis professeur de bande dessinée au conservatoire des Arts de Saint-Quentin en Yvelines et d’Ivry-sur-Seine. Il signe en 2003 chez Treize Étrange sa première bande dessinée, Le Front, puis Malet en 2005, et D’Artagnan, Journal d’un Cadet, en 2008. Plus récemment, il a écrit le scénario du triptyque Fouché (Les Arènes) et de la série Un jour sans Jésus (Vents d’ouest). 

Mon avis : (lu en juin 2022)
Tous les faits racontés dans cette bande-dessinée sont vrais.
Alger, le 13 mai 1958. Une manifestation de pieds-noirs tourne à l’insurrection. L’annonce de la nomination d’un énième président du Conseil, Pierre Pflimlin, qui a évoqué l’éventualité de négocier avec le FLN, a mis le feu aux poudres. Un comité de salut public prend le pouvoir et défie le gouvernement.
Cette BD raconte comme une comédie satirique cet engrenage d’événements plus ou moins hasardeux à l’origine de la Ve République et du retour du Général de Gaulle à la tête de la France.
Historiquement, c’est très intéressant pour moi, dont les programmes d’Histoire n’ont jamais été au-delà de 1945. Mais, j’ai lu cette BD en version spéciale, noir et blanc et je l’ai donc trouvé plutôt austère et pas facile à lire. J’ai découvert plus tard la version couleur qui semble plus abordable à lire. 

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2022
(6) Ponctuation
(la virgule)

Déjà lu des mêmes auteurs :

7107hv78xWL Seules à Berlin – Nicolas Juncker

61ctMY08fQL Janvier 2015 : Le procès – Yannick Haenel et François Boucq

Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 16 ans – Riad Sattouf

61+aX7HBSpL Allary – juin 2022 – 54 pages

Quatrième de couverture :
Eh oui, Esther est en seconde. Les cours sont souvent en demi-jauge, covid oblige.
Les garçons sont de plus en plus intrigants, certains  » fument de la drogue  » et d’autres même sont  » dealers « , c’est à dire qu’ils en revendent… Mais ils sont toujours très cons, ça c’est sûr.
Esther se pose de plus en plus de questions. Pourquoi les garçons sont-ils autant fascinés par l’attitude criminelle? Pourquoi les insultes dégradantes sont féminines? Pourquoi y a-t-il des racailles même dans les petits patelins bretons? Qui s’occupe du problème majeur que représentent les garçons pour les filles, en fait?
Et puis un jour, le vaccin contre le covid finit par arriver, mais est-il bien sûr ? Ses copines en doutent… Et si tout cela n’était qu’un grand complot ? Comment savoir ce qui est vrai ou pas ?
Esther doit choisir ses  » spécialités  » pour la première. Il faut penser à son orientation, à son futur métier. Mais euh, on est vraiment obligé de travailler plus tard en fait? Et pourquoi il faut se décider maintenant ?
Esther grandit, elle va traverser la France seule en train, et c’est toute une odyssée, un chemin initiatique qui s’ouvre à elle, une métaphore de la vie adulte qui l’attend. Ou alors, peut-être que c’est juste une grosse galère?
C’est ça, avoir 16 ans !

Auteur : Riad Sattouf est auteur de bandes dessinées et réalisateur.
Né en 1978, il passe son enfance entre la Libye, la Syrie et la Bretagne. Depuis 2014, il dessine chaque semaine Les Cahiers d’Esther dans L’ Obs, d’après les histoires vraies d’Esther A.
Le premier recueil des histoires de cette petite fille ( Les Cahiers d’Esther, Histoires de mes 10 ans) a paru en janvier 2016, chez Allary Éditions. L’adaptation en dessin animé du premier recueil a été diffusée à partir de septembre 2018 sur Canal +.
La série L’ Arabe du futur, vendue à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde, est traduite en 22 langues.

Mon avis : (lu en juin 2021)
Septième album de cette série, Esther a 15 ans, elle est en Seconde dans un lycée parisien pour l’année scolaire 2020-2021. Covid oblige, les cours sont encore en demi-jauge. Mais les élèves ont beaucoup plus de liberté dans l’établissement, ils peuvent y entrer et en sortir plus librement. Ainsi les fumeurs sortent dès que possible entre les cours. Esther est choquée par la facilité avec laquelle les fumeurs peuvent se procurer de la drogue car un lycéen deale en toute impunité devant le lycée. Alors que pour avoir gentiment voulu aider un élève de sa classe, Esther va se retrouver accusée de faits gravissimes. Sérieuse et bonne élève, elle sera pourtant exclue pour quelques jours et collée !
Elle est fan de Timothée Chalamet, de la chanteuse Angèle qui, sur les réseaux sociaux, déclare aimer les Cahiers d’Esther. Esther reproche à Riad Sattouf de la dessiner toujours comme une petite fille, alors qu’elle a pris des formes depuis ses 10 ans !
Pour se faire de l’argent poche, Esther fait du baby-sitting. Mais lorsqu’elle se retrouve à garder à une adolescente et une pré-ado de quelques années de moins qu’elle, la soirée sera cauchemardesque…
Esther sait également se rebeller face aux interdits de ses parents… Elle a du mal à accepter que son père refuse de la voir grandir. Elle découvre l’indépendance.
Esther grandit et s’interroge beaucoup sur sa vie, sur son « avenir », sur son orientation et ce n’est pas toujours facile.
Ancrée dans notre réalité et la crise du Covid, Esther a des débats avec ses amis sur le passe sanitaire, la vaccination, certains d’entre eux croient à une théorie du complot.
Cette bande dessinée est un condensé de l’actualité vu par une adolescence d’aujourd’hui qui aborde les questions d’inégalité, d’injustice, de rapports sociaux.

Extrait :

Cahiers-d-Esther-T7-extraitCahiers-d-Esther-T7-image

Déjà lu du même auteur :

100708942 L’Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

106163512 L’Arabe du futur – Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

114098671 L’Arabe du futur – Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987

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L’arabe du futur – Tome 5 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1992-1994

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