Mon père ce poivrot – Louis et Daviet

815+741E27L Bamboo – janvier 2019 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Lucien Basset est alcoolique. Au dernier degré. Celui qui vous pousse à boire même de l’éther. Tout le reste a fini par passer après le bistrot. Sa femme l’a quitté, mais il est aussi sans nouvelles de son fils depuis trois ans. Un soir, pourtant, il décide que cette fois, c’est la bonne ! Il arrête de picoler parce qu’il a un truc important à faire ! Il a rendez-vous avec quelqu’un pour lui sauver la vie !

Auteur : Stéphane Louis alias Louis est un dessinateur et scénariste de bande dessinée. 
Autodidacte, il a fait ses premiers pas dans le monde des bulles grâce aux fanzines. Professeur pendant huit années dans le 93, il démissionne de l’Éducation Nationale pour vivre de sa passion et travaille aussi dans des agences de communication, le web et la publicité. 

Mon avis : (lu en juin 2019)
Une BD sur l’alcoolisme et ses ravages. Le personnage principal, Lulu, est un poivrot. Un homme seul, qui noie son mal être dans l’alcool, un vrai pilier de bistrot… Un soir au bar, Lulu voit quelque chose à la TV qui l’interpelle. Il déclare alors au barman : « j’arrête de boire, je dois sauver quelqu’un ». Lulu a-t-il perdu la tête ? Est-il sérieux ? Et s’il voulait plutôt se racheter et renouer avec sa femme et son fils dont il s’est éloigné…
L’alcoolisme est une maladie. Voilà une histoire est touchante, où l’auteur ne porte aucun jugement sur l’alcoolisme, il tente d’expliquer la descente aux enfers de cet homme, et les conséquences sur sa vie de famille, en effet sa femme et son fils sont des victimes de cet alcoolisme.
L’auteur s’est librement inspiré du réel et de sa vie.
Un bémol pour le dessin et les couleurs vives de l’album que je trouve en contradiction avec l’émotion que dégage le sujet.

Extrait : (début de la BD)

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Apprenti : Mémoires d’avant-guerre – Bruno Loth

81SGHvgYrSL La boîte à bulles – janvier 2011 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Lundi 25 Mars 1935, 8 heures du matin. Je me présente, accompagné comme il se doit par mon père, aux Chantiers du Sud-Ouest. Un contrat d’apprentissage en bonne et due forme est conclu entre la direction et nous. Papa signe et moi aussi. C’est la première fois que j’appose ma signature au bas d’un acte officiel, un acte qui me liera pour des années. Je suis pris dans l’engrenage…

Auteur : Bruno Loth travailla plusieurs années dans la publicité avant de se lancer dans l’aventure totale, puisque il décide de tout laisser tomber pour se consacrer à la BD.
Il élabore plusieurs projets, mais ne trouvant pas assez vite d’éditeur, il crée Libre d’images pour publier et diffuser lui même une de ses BD, « Ermo », inspiré des récits de la guerre d’Espagne que lui raconta son beau père, Francisco Ferrer. Ses bandes dessinées comme Ermo, Apprenti ou Ouvrier racontent à travers des personnages souvent fictifs l’histoire d’un des membres de sa famille lors d’évènements qui ont marqué l’Histoire comme la Guerre d’Espagne ou encore la Seconde Guerre Mondiale.

Mon avis : (lu en juin 2019)
1936, avec la victoire du Front Populaire aux élections, un vent d’espoir souffle sur le monde ouvrier. Même s’il est doué à l’école, le jeune Jacques préfère devenir apprenti dans les imposants ateliers de construction navale, à Bordeaux. Jacques souhaite devenir autonome mais également aider ses parents avec son salaire. Jacques apprend son travail dans l’atelier des moteurs, au traçage, puis sur la coque du navire « L’Indochinois ». Il apprend également à se faire respecter car les apprentis sont souvent des souffre-douleurs pour quelques ouvriers mal attentionnés. Jacques vit aussi son adolescence, en dessinant, en lisant, en sortant au cinéma… Il a comme complice son frère et ensemble ils font leurs premières expériences de l’amitié et des filles.
Un récit tout à la fois intime et historique…

Extrait : (début de la BD)

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petit bac 2019(6) Métier

L’extraordinaire voyage du fakir qui etait resté coincé dans une armoire Ikéa – Zidrou, Falzar, KyungEun

d’après le roman de Romain Puertolas

51biYcblr1L Jungle – octobre 2017 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye post-Kadhafiste.
Une histoire d’amour plus pétillante que le champagne, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d’une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres.
Les tribulations d’un fakir devenu culte.

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D’abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l’écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l’auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l’ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l’Australie, « Crime qui est le tien ». Pour 2016, l’auteur continue d’écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans « Les Beaux Étés » et proclame la fin de Venise dans « Marina ».
Kyung Eun Park
est un auteur coréen de bandes dessinées. Après des études universitaires d’arts plastiques, il travaille un temps comme animateur dans un studio de dessin animé. Il décide ensuite de venir en France pour suivre la formation d’illustrateur à Lyon, qu’il complète par un cursus aux Arts déco de Strasbourg.
Falzar
est scénariste coloriste. Né 15 avril 1961 à Mons, François d’Hont, pseudonyme Falzar a une double formation d’instituteur et de criminologue, mais il exerce deux professions assez éloignées de cette base. Il est à la fois animateur dans le cadre d’un hôpital psychiatrique et scénariste de bandes dessinées humoristiques. 

Mon avis : (lu en mai 2019)
Je n’ai pas lu le livre original de Romain Puertolas avant d’emprunter cette BD à la Bibliothèque mais je connaissais déjà le début de l’histoire… Le héros Ajatashatru Lavash Patel ou Aja est un fakir un peu escroc et très débrouillard qui vient d’arriver à Paris pour y acheter un lit à clous repéré en soldes sur le catalogue Ikea. Malheureusement, le produit n’est plus en stock et Aja va devoir revenir le lendemain. N’ayant nulle part où dormir, il décide de se cacher dans le magasin pour y passer la nuit. Il s’enferme dans une armoire mais celle-ci fait partie d’un lot à déstocker et Aja se retrouve, malgré lui, en route vers l’Angleterre… C’est le début d’une aventure rocambolesque à travers l’Europe et au-delà… le fakir va découvrir le quotidien des migrants, renvoyés de frontières en frontières. Il sera poursuivi par les polices des frontières mais aussi par le taxi qu’il a entourloupé lors de son arrivée à Paris…
Une lecture sympathique mais l’intrigue pas toujours facile à suivre, cette adaptation ne m’a pas spécialement donnée envie de lire le roman.

Extrait : (début de la BD)

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petit bac 2019(5) Objet

Une aventure rocambolesque du Soldat inconnu : Crevaisons – Manu Larcenet et Daniel Casanave

61uaIgo2bbL Dargaud – mars 2009 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Dans un immense cimetière, perdu au bout du monde, un vieil homme attend. Ses seuls liens avec le monde semblent être les rares pneumatiques qu’il reçoit et les vieux disques de Punk Rock qu’il écoute sur un antique gramophone. Et pourtant, un matin, surgit un homme ; il vient de sortir d’une tombe, c’est le soldat inconnu. Bouleversante comédie noire, Crevaisons voit le retour du tandem Larcenet-Casanave dans une farce tragique qui ausculte au scalpel la folie guerrière.

Auteurs : Manu Larcenet est né en 1969. Il se lance dans la BD vers l’âge de dix ans et n’arrête plus jamais. Ayant intégré Fluide glacial en 1994, il devient à la mode dans les cocktails, mais il en a vite marre et quitte les lumières de Juvisy pour la campagne. Vers la fin du xxe siècle (il est nul sur les dates), il rencontre Guy Vidal et entre à Poisson Pilote avec Lewis Trondheim et Les Cosmonautes du futur. Travaillant en duo ou en solo (Le Combat ordinaire), il est devenu l’un des auteurs les plus inventifs de la BD actuelle. De 2009 à 2014, il se consacre à Blast (avec un “B”, donc), oeuvre magistrale en noir et blanc. S’ensuit l’adaptation du roman de Philippe Claudel Le Rapport de Brodeck, avant ce “retour à la terre”. 
Daniel Casanave est un auteur de bande dessinée, écrivain et scénographe français.
Il fait des études graphiques à l’école des Beaux arts de Reims. Il travaille ensuite pour le théâtre, en tant que scénographe et dans les décors, les affiches et la conception graphique. Il fait également des dessins de presse, ainsi que des illustrations de livres pour enfant.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
J’ai pris cette BD un peu par hasard à la bibliothèque, parce qu’il y avait le nom de Manu Larcenet, je venais de lire le tome 6 du « Retour à la Terre ».
Une histoire rocambolesque… Le héros est un vieil home, gardien d’un cimetière, où il vit seul, et écoute de vieux disques de punk rock sur un antique gramophone… Un beau jour, il se rend compte qu’il n’a presque plus rien à manger, cela fait des mois qu’il n’a pas été ravitaillé… Il a été abandonné à son triste sort. Il décide donc de sortir du cimetière et de partir explorer les alentours…
Il va rencontrer alors le soldat inconnu sorti de sa tombe et c’est à deux qu’ils vont partir à la découverte… Une histoire
d’anticipation, avec de l’humour noir.
Je ne suis pas friande de ce genre d’histoire mais la BD se laisse lire sans déplaisir… Manu Larcenet dénonce en filigrane l’absurdité de la guerre, mais cela reste un message juste suggéré.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu des mêmes auteurs :

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Le retour à la terre – tomes 1 à 5

blast Blast : 1 – Grasse carcasse
blast2  Blast : 2 – L’Apocalypse selon saint Jacky
le_combat_ordinaire_1 Le combat ordinaire : tome 1

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Le combat ordinaire : tome 2

89516661_p Blast : 3 – La tête la première
Couv_209638 Blast : 4 – Pourvu que les Bouddhistes se trompent
81ltVezI+uL Le retour à la terre – tome 6

Elle s’appelait Sarah – Pascal Bresson et Horne

71Xlq7-DsnL Marabulles – novembre 2018 – 208 pages

Quatrième de couverture :
Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, en pleine nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais.

Auteurs : Pascal Bresson scénariste et dessinateur, est né à Reims en 1969. Depuis 25 ans, il habite à Saint-Malo. Pascal a appris le métier dès l’âge de 12 ans auprès de deux maîtres du 9e art : Tibet et René Follet. Il a publié plus de 40 bandes dessinées et livres pour la jeunesse et a été récompensé pour son travail par plus de 15 prix, dont le « Grand Prix Public BD Européenne des Médias 2015 » pour Plus fort que la Haine (Glénat). Scénariste de Simone Veil. L’Immortelle (Marabout), Elle s’appelait Sarah est sa seconde collaboration avec les éditions Marabout. Sa citation préférée : « Un stylo peut transformer une tragédie en espoir et victoire. » Nelson Mandela.
Né en 1978 à Saint-Jean-Albert dans les Pyrénées Orientales, Horne est dessinateur et graphiste. Il se forme à la bande dessinée avec Sternis qui signe avec lui plusieurs albums chez Vents d’Ouest. Il travaille ensuite avec Corbeyran pour Bayard Presse. Ils réaliseront ensemble La Métamorphose de Franz Kafka (Delcourt), Le Quatrième mur de Sorj Chalandon, Lennon de David Foenkinos (Marabulles), Watchdogs, tome 1 & 2 Les deux royaumes ; Malpasset, L’Homme de l’année 1421, La Métamorphose (Delcourt) ; Le Port de la lune, tome 1 & 2 (Vent d’ouest), Tête de vache, le conquérant nu (Marabulles).

Mon avis : (lu en juin 2019)
Cette BD est l’adaptation très réussie du roman : Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay. Deux histoires se déroulent en parallèle, celle de Sarah, en 1942, déportée avec son père et sa mère, lors de la rafle du Vel’ D’Hiv’ et celle de Julia, américaine vivant à Paris en 2000 avec son mari Bertrand et sa fille Zoë.
En juillet 1942, Sarah a 10 ans, elle porte l’étoile jaune et elle est arrêtée, au milieu de la nuit, avec ses parents par la police française. Elle met à l’abri son petit frère et lui promet de revenir le chercher très vite. 
Paris, mai 2002, Julia Jarmond, journaliste américaine mariée à un Français, doit écrire un article pour la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Un peu par hasard, soixante après, Julia va retrouver la trace de Sarah et s’intéresser à son histoire…
Le dessin est en noir et blanc pour évoquer le présent et l’enquête de Julia, pour l’histoire vue par les yeux de Sarah, quelques touches de couleurs donnent du relief à la hauteur de la gravité de l’époque.
Une histoire poignante qu’il est bon de lire ou relire pour ne pas oublier la tragédie de la rafle du Vel’ d’Hiv’ du 16 août 1942.

Extrait :

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Le roman adapté :

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A travers – Tom Haugomat

31-utOZYhyL Thierry Magnier – septembre 2018 – 184 pages

Quatrième de couverture :
Mars 1956, Mud Bay, Ketchikan, Alaska. Un enfant vient au monde. Fenêtres, lucarnes, écrans, focales : à travers ces ouvertures, une vie défile, toute une vie. Une vie qui traverse le temps et accomplit sa boucle, pour grandir, s’étonner, partir, connaître, s’émerveiller, souffrir, partir encore, aimer, élever un enfant, transmettre, se séparer, revenir. Une vie qui traverse l’espace, se lie peu à peu à l’infiniment petit et à l’infiniment grand, à l’insecte qui remue sous la loupe, à la galaxie déployée dans la lunette astronomique ; à la maison natale au bord de la baie, et au cosmos métaphysique. Une vie d’homme, à la fois simple et grandiose. Avril 2026, Mud Bay, Ketchikan, Alaska. Un verre se brise.

Auteur : Tom Haugomat s’est vite intéressé au dessin et à son potentiel narratif. Après une année d’études en histoire de l’art et archéologie, Il s’oriente vers une préparation artistique. C’est à l’école des Gobelins en section “Conception et réalisation de films d’animation” qu’il se découvre une passion pour l’image en mouvement.
Il continue la réalisation de films d’animation et entretient sa carrière d’illustrateur, où il officie pèle-mêle dans la presse et l’édition pour enfant.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Voilà un livre, un album, une BD très originale et intrigante…
Tout d’abord la couverture, épaisse, cartonnée et découpée en forme de jumelles qui laisse passer un paysage avec un lac et des montagnes.
Tom Haugomat raconte l’histoire de la vie d’un homme durant 70 ans, de sa naissance à sa mort, et toutes les grandes étapes de sa vie sont évoquées.
Sur la page de gauche, le bébé (puis l’enfant, puis l’homme adulte) observe quelque chose. Sur la page de droite, on peut voir ce qu’il regarde, « à travers » les barreaux d’un lit d’enfant, « à travers » une paire de jumelles, « à travers » une fenêtre, « à travers » une loupe, « à travers » un hublot, « à travers » une lunette astronomique, « à travers » le trou d’une serrure, « à travers » un écran…
Il n’y a aucune parole, seulement une date et une indication géographique pour chaque double page. L’auteur fait appel à notre imagination, à tous nos sens et à notre curiosité, pour accompagner le héros de cette histoire, dans ses découvertes, ses explorations, ses rêves… Il y a des références historiques, cinématographiques qui parlent à tous.
Le dessin de Tom Haugomat a un style minimaliste et délicat, avec seulement quatre couleurs et des réserves de blanc, utilisant la technique de la sérigraphie. Un style que j’aime beaucoup.
De l’infiniment petit à l’immensité de l’univers, tout est source d’émerveillement si l’on prend le temps de regarder !

Extrait : 

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Illustré par Tom Haugomat :

1507-1 Frères d’exil – Kochka

Intelligences Artificielles : Miroirs de nos vies – FibreTigre, Arnold Zéphir, Héloïse Chochois

91KctrBeteL Delcourt – mars 2019 – 192 pages

Quatrième de couverture :
Dans un futur très proche se tient un show télévisé d’improvisation poétique. Un des concurrents fait sensation : c’est Yurie, une intelligence artificielle. Ses deux programmeurs reviennent sur l’histoire et les balbutiements de leur création, questionnent nos fantasmes et nos craintes, démêlent les idées approximatives pour mieux comprendre les enjeux de cette technologie qui nous fascine tant.

Auteurs : FibreTigre est designer et auteur de jeux vidéo (game designer), spécialisé dans les fictions interactives et le serious gaming.
Il a signé les textes et le game design d’Out There et le scénario du Ruban Bleu. Il est chroniqueur technologique pour Studio 404.
Concepteur de live escape, il est titulaire de plusieurs prix internationaux. Il a été nommé parmi les « 100 personnes réinventant la culture en France » en 2015 par le magazine les Inrockuptibles.
Arnold Zéphir réside en région parisienne. Il est développeur. En 1999, alors étudiant en école d’ingénieur, il code sa première IA, capable de distinguer les gens ivres sur une photo. C’est en 2016 qu’il conçoit et code Yurie pour être chroniqueuse à sa place dans le nouveau podcast de FibreTigre.
Heloïse Chochois est une jeune illustratrice issue des Arts-appliqués. Elle est diplômée de l’École Estienne, d’abord d’illustration, puis d’illustration scientifique. Elle adore la Bande dessinée et se donne pour mission d’en caser dans tous ses projets. Coûte que coûte. Elle conçoit la BD ‘Infiltrée chez les physiciens‘ relatant ses 4 mois passés dans un labo de physique.

Mon avis : (lu en juin 2019)
J’ai découvert cette BD grâce à l’un de mes fils, étudiant qui a suivi quelques cours de IA durant son cursus. Dans cette BD documentaire, les auteurs nous expliquent comment concevoir une Intelligence Artificielle (IA), les précautions à prendre, les écueils qui peuvent survenir et surtout les enjeux d’une IA.
Une IA peut servir à surveiller et à censurer mais peut également aider à « libérer l’homme » . On peut imaginer un monde où les machines se chargent de toutes les tâches répétitives et rébarbatives, laissant à l’homme le temps de profiter de sa vie et se concentrer sur des activités intellectuelles bien plus gratifiantes.
Le lecteur apprend à connaître Yurie, prénom choisie par l’IA créée par les auteurs et suit ses apprentissages, ses aventures : Yurie participe à un télé-crochet, Yurie débat avec des politiciens… Yurie n’est pas seulement un personnage de fiction. En effet, FibreTigre et Arnold Zephir l’ont réellement créée il y a plus de deux ans pour qu’elle devienne, un temps, co-animatrice d’un podcast sur les mathématiques. Dans cette BD, les auteurs imaginent l’influence qu’elle pourrait avoir sur la société. 
Dans cette BD, il y a certains passages très techniques qui peuvent perdre le lecteur néophyte mais on peut facilement les survoler sans perdre le fil de la BD. C’est une BD qu’il faut pas hésiter à lire et relire…

Extrait :

 

Profession du père – Sébastien Gnaedig

91FkeU4WZML Futuropolis – mars 2018 – 232 pages

Quatrième de couverture :
Profession du père ? Footballeur, chanteur, ou encore parachutiste. Agent secret, surtout. Dont la mission est de tuer le général de Gaulle. Rien de moins. Le père oblige son fils, Émile, douze ans, à l’aider… Bannissant les récitatifs, évitant ainsi les redondances, faisant la part belle au dialogue, jouant habilement des silences, Sébastien Gnaedig a su capter la violence d’un père et la souffrance d’un enfant avec tact et intelligence.

Auteur : Diplômé de l’IUT de Bordeaux en métiers du livre et de l’école Estienne de Paris en Arts Appliqués, Sébastien Gnaedig se révèle un petit surdoué du média BD.
Il a été maquettiste, chef de fabrication, directeur de collection puis directeur éditorial puis directeur général des Humanoïdes Associés entre 1996 et 2000, directeur de collections chez Dupuis pour les collections Aire Libre et Repérages! de 2000 à 2004. 
En 2004, il relance les éditions Futuropolis. En parallèle, il est dessinateur de bande dessinée.

Mon avis : (lu en mai 2019)
Cette BD est une adaptation très fidèle du roman de Sorj Chalandon. Une histoire terrible et dérangeante d’un père mythomane qui manipule son fils de 12 ans et l’entraîne dans ses délires les plus fous. Il lui fait croire qu’il est agent secret, camarade de de Gaule, parachutiste, un ami d’un membre de CIA…
Ce père est fou, il n’arrête pas de mentir et cette mère est passive, résignée et ferme les yeux sur les lubies de son mari. C’est de la maltraitance psychologique vis à vis d’un enfant. Sans compter qu’Émile va associer l’un de ses camarades de classe à ce délire et reproduire vis à vis de lui la même intransigeance et la même violence que son père. De victime, il va devenir bourreau. Comme dans le roman, cette histoire est extrêmement dérangeante… 
Je ne suis pas fan du dessin, mais son côté sobre, épuré et ces couleurs noir, blanc et gris laissent toute son importance à l’histoire.

Extrait : 

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Le roman adapté :

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Irena – tome 4 : Je suis fier de toi – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël

81zW7nPj1WL Glénat – mars 2019 – 72 pages

Présentation :
Nous sommes en 1983 à Yad Vashem, au mémorial de la Shoah à Jérusalem. Irena a enfin été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l’allée des Justes parmi les nations. 18 ans après avoir été honorée. C’est ici qu’elle rencontre une jeune femme qu’elle a sauvée, et sa petite fille. Irena leur raconte son histoire, son retour de l’enfer de la torture en 1944, à Varsovie, la fin de la guerre… et le début d’un autre combat.

Auteur :  Né  en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna. En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage, commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte. En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya.
En 2013, chez Glénat, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, toujours chez Glénat, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès.

Mon avis : (lu en mai 2019)
En 1983, au mémorial de la Shoah à Jérusalem, Irena a été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l’allée des Justes parmi les nations. A cette occasion, Irena raconte son histoire : comment elle a pu s’en sortir après son arrestation et après avoir été torturée en 1944, son retour à Varsovie jusqu’à la fin de la fin de la guerre où elle est obligée de se cacher et le début d’un nouveau combat.
Une BD toujours aussi poignante qui nous fait découvrir le destin hors-norme de cette grande héroïne polonaise de la Seconde Guerre mondiale.
Une suite (et fin ?) est prévue avec cinquième tome « La vie, après ».

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

91sYNAhtwWL Irena – tome 1 : Le ghetto  91dLnOPDZ-L Irena – tome 2 : Les justes

51RBT9XNMpL  Irena – tome 3 : Varso-Vie

Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 13 ans – Riad Sattouf

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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Quatrième de couverture :
Chaque semaine, la jeune fille anonyme qui se cache derrière Esther se confie à Riad Sattouf. Elle lui raconte son quotidien, ses états d’âme, sa vision du monde. Riad Sattouf les met ensuite en mots et en images pour composer une planche de bande dessinée, prépubliée dans L’Obs.
Les planches correspondantes à une année scolaire sont réunies en albums. Le premier tome, consacré à l’année de CM1 et aux 10 ans d’Esther, est sorti en 2016.
La série se poursuit avec la sortie du quatrième tome : Esther est en 5e, c’est l’année de ses 13 ans, elle quitte l’enfance et entre dans l’adolescence… Le dernier tome sortira en 2024, l’année de ses 18 ans.
Histoires d’enfants pas forcément pour les enfants, témoignage sur notre époque : le lecteur suit, pendant neuf ans, les métamorphoses d’une enfant en adulte.
Prix Max und Moritz 2018, prix de bande dessinée le plus ancien et le plus prestigieux du monde germanophone.

Auteur : Riad Sattouf est auteur de bandes dessinées et réalisateur. 
Né en 1978, il passe son enfance entre la Libye, la Syrie et la Bretagne. Depuis 2014, il dessine chaque semaine Les Cahiers d’Esther dans L’ Obs, d’après les histoires vraies d’Esther A. 
Le premier recueil des histoires de cette petite fille ( Les Cahiers d’Esther, Histoires de mes 10 ans) a paru en janvier 2016, chez Allary Éditions. L’adaptation en dessin animé du premier recueil a été diffusée à partir de septembre 2018 sur Canal +. 
La série L’ Arabe du futur, vendue à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde, est traduite en 22 langues.

Mon avis : (lu en mai 2019)
Témoignage d’une époque, cette série est très intéressante mais bien sûr très amusante.
Esther est maintenant en 5ème, c’est l’année de ces 13 ans. C’est une pré-adolescente attachiante, le lecteur la voit grandir, ses opinions évoluent et son caractère s’affirme, parfois dans l’excès. Les rapports avec les parents changent, son père n’est plus le Super Héros de son enfance, il est moins cool, mais Esther l’aime toujours beaucoup. Et avec sa maman, Esther devient plus complice.
Elle dénonce la misogynie des garçons envers les filles de son collège, le look prend une grande importance et le téléphone portable est omniprésent… Mais Esther commence petit à petit à s’intéresser au monde dans lequel elle vit. Elle prend conscience des inégalités, de l’environnement, des différences… 

C’est un vrai plaisir de la voir grandir et mûrir et de suivre ses nouvelles réflexions, ses ambitions et ses rêves. Esther nous émue, nous agace et nous fait rire…
Et bien sûr, j’attends avec impatience le tome suivant et les 14 ans d’Esther !

Merci Masse Critique Babelio et les éditions Allary pour ce partenariat !

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

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