Tant pis pour l’amour. Ou comment j’ai survécu à un manipulateur – Sophie Lambda

Tant.Pis.pour.l'amour Delcourt – septembre 2019 – 248 pages

Quatrième de couverture :
Quand Sophie rencontre Marcus, elle tombe amoureuse en 48h. Elle qui était si cynique en amour, cette fois, elle y croit. Sauf qu’il se révèle vite étrange. Sophie a alors besoin de comprendre ce qui ne va pas. Confronté à ses mensonges et ses incohérences, il a des réactions violentes, des excuses pour tout et arrive à se sortir de chaque impasse. Mais jusqu’à quand ? Sophie aime un manipulateur narcissique.

Auteur : Sophie Lambda est une illustratrice française, blogueuse et autrice de bande dessinée née en 1986 à Besançon.

Mon avis : (lu en août 2020)
Traiter un sujet comme la manipulation en amour n’est pas simple. Sophie Lambda a su le faire avec humour, recul et précision. Victime elle-même d’un homme manipulateur narcissique, elle nous raconte comment elle a pu tomber amoureuse, elle décrit les signes qui auraient du l’alerter et qu’elle n’a pas voulu voir lorsque la relation a commencé à mal tourner.
Elle raconte son mal-être, l’emprise
importante que son conjoint avait pris sur elle et comment elle a fini par réussir à sortir de ses griffes.
Voilà une BD très intéressante et très instructive à lire par tous pour ce prémunir de ce type de personne et fuir dès la première alerte avant que cela soit trop tard !

En fin de l’album, l’auteur nous donne de nombreuses informations utiles sur le sujet : un « violentomètre » (échelle de 1 à 24 qui mesure le degré des comportements de l’autre de « 1 – respecte tes décisions et tes goûts » à « 23 – T’oblige à avoir des relations sexuelles » en passant par « 10 – Te manipule », « 15 – T’isole de ta famille et de tes ami.e.s »), des adresses et numéros de téléphones pour des victimes de violence, les coordonnées d’associations et une bibliographie d’ouvrages ou vidéos.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a(8) Amour

L’odyssée d’Hakim tome 3 : de la Macédoine à la France – Fabien Toulmé

l'odyssée.d'Hakim Delcourt – juin 2020 – 280 pages

Quatrième de couverture :
– Je suis Syrien et j’arrive de Turquie.
– Wouaaah ! C’est un long voyage, ça.
– Oui, on peut le dire. Je suis parti de chez moi il y a presque 3 ans.
Après leur sauvetage en mer Méditerranée, Hakim et son fils arrivent sur le territoire européen avec beaucoup d’espoir. Pourtant, pour rejoindre la France, le tandem va devoir affronter une nouvelle série d’épreuves faite de centres de rétention, de police frontalière et de xénophobie. Leur courage et la solidarité d’inconnus providentiels suffiront-ils à leur permettre d’atteindre leur destination pour enfin retrouver les leurs ?
Suite et fin de la trilogie de L’Odyssée d’Hakim acclamée par les lecteurs et par la critique qui la décrit comme « captivante », « bouleversante », « intelligente » et même « salutaire ». Fabien Toulmé raconte l’histoire vraie du parcours d’un homme, un réfugié, et de sa famille, arrivés jusqu’à nous parce que la guerre leur avait tout pris.

Auteur : Fabien Toulmé voit le jour en 1980 à Orléans. Passionné de bande dessinée, il décide de suivre de longues et pénibles études d’ingénieur Civil et d’urbanisme afin d’acquérir les bases essentielles de la construction d’une BD. En 2001, il part pour plusieurs mois sous les tropiques (Bénin, Guyane, Brésil, Guadeloupe). Enfin, lassé par l’eau bleue cocotiers, il revient s’installer en France en 2009 à Aix-en-Provence. Depuis il publie castrations et BD dans divers magazines (Lanfeust Mag, Psikopat, Spirou…) ou dans ouvrages collectifs (Alimentation générale, Editions Vide Cocagne, Vivre dessous, Editions Monolosanctis, Les autres gens…). Avec Ce n’est pas toi que j’attendais, il réalise son premier album.

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Voilà la fin de cette formidable trilogie en BD sur l’histoire d’Hakim obligé de fuir son pays, la Syrie, pour garder sa liberté.
Dernière étape du voyage pour Hakim, nous le retrouvons en Macédoine avec son jeune fils Hadi et son périple est loin d’être terminé. Il va devoir traverser la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et la Suisse avant de pouvoir rejoindre sa femme en France. A chaque étape, les obstacles seront nombreux et éprouvants, la faim, le froid, le camp de réfugiés en Hongrie, et toujours la difficulté de trouver de l’eau et des couches pour Hadi, il y a également des rencontres, des belles et des plus difficiles…
Une histoire captivante, émouvante et pleine d’humanité racontée avec honnêteté et simplicité qui nous interpelle et nous donne un autre regard sur les migrants. Un vrai coup de cœur !

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

9782756035505_1_75 Ce n’est pas toi que j’attendais

81qDioikdmL L’Odyssée d’Hakim tome 1 : De la Syrie à la Turquie

71XWBwljfuL L’Odyssée d’Hakim tome 2 : De la Turquie à la Grèce

Petit bac 2020a
(7) Lieu

Le Droit chemin tome 1 : Les Enfants terribles – Lupano, Tanco, Lorien

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Quatrième de couverture :
Dans un lycée agricole de l’entredeux- guerres qui abrite de la mauvaise graine, quatre ados, orphelins, vivent leurs derniers moments d’insouciance. Peu passionnés par les travaux aux champs, ils rêvent de devenir pilote d’avion ou d’épouser la fougueuse Jeanne, fille de Monsieur le Comte. Il n’en sera rien. Leur goût de la transgression les mènera sur d’autres chemins…

Auteurs : Wilfrid Lupano est né en 1971 à Nantes. Il réside à Pau.
Titulaire d’une licence d’anglais, Wilfrid Lupano a travaillé quinze ans dans le milieu des bars et des boites de nuit avant de se lancer dans l’écriture. Il signe son premier album en 2000 chez Delcourt et développe d’année en année ses qualités de scénariste de BD, au point de délaisser son premier métier. En 2012, il publie son premier roman graphique, Le Singe de Hartlepool, dessiné par Jérémie Moreau, qui obtient le prix des Libraires de bande dessinée et le prix du Château de Cheverny de la bande dessinée historique. C’est avec un polar, Ma révérence, dessiné par Rodguen, qu’il remporte en 2014 le Fauve Polar SNCF au festival d’Angoulême. Suivent la série des Vieux Fourneaux, Un océan d’amour, prix Fnac de la Meilleure Bande Dessinée 2015 et Traquemage, une bande dessinée de rural fantasy (2015). La qualité du travail de Wilfrid Lupano ne cesse de s’imposer dans le monde de la bande dessinée et chacune de ses histoires est attendue avec impatience par les lecteurs.
Né un 14 septembre 1982 à Toulouse dans une famille d’artistes, Morgann Tanco décide de devenir dessinateur de BD en lisant Astérix, Tintin, Spirou et autres Rahan. En 1999, il rencontre Wilfrid Lupano, qui lui donne de précieux conseils pour devenir auteur et, quatre ans plus tard, il lui propose une collaboration qui ne portera ses fruits que l’année suivante, où tous deux signent chez Delcourt. Morgann réside désormais à Nantes, ville qui a inspiré, en très grande partie, les décors de « L’Ivresse des Fantômes ».

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai pris cette BD et sa suite un peu par hasard à la Bibliothèque lors de la phase « juste après confinement » de celle-ci. Je devais réserver mes livres par internet, un peu à l’aveugle car le site ne donnait pas une liste exhaustive du catalogue des livres en rayons et donc à partir d’un moteur de recherche un peu bancale, j’ai emprunté cette série (de 2 bandes dessinées) à partir du tag « Lupano »…
Juin 1929, au cœur de la campagne bordelaise, quatre orphelins se retrouvent dans un lycée agricole mais ils n’ont aucunement la vocation pour le travail des champs et ils rêvent d’un autre avenir, l’un sera pilote d’avion, l’autre se mariera avec Jeanne, la fille du Comte, celle-là même qui les distrait en installant son chevalet à proximité du champ où ils travaillent… Marcel, Jules, Félix et Camille, sont insouciants, liés par une amitié sans faille, intrépides et inventifs ils ne sont pas les derniers à faire tourner en bourrique les éducateurs… Autour d’eux quelques personnages hauts en couleurs comme La Goule, le surveillant, Violette Norris, la grande athlète, et la mystérieuse Jeanne…
Une BD rythmée qui donne envie de découvrir la suite…

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a
(6) Son
Les Enfants terribles est un groupe de chansons créé en 1966

Saison des Roses – Chloé Wary

71+anIuzGHL FLBLB – mai 2019 – 264 pages

Quatrième de couverture :
– On nous prend pas au sérieux nous les meufs. Des fois je me dis que ce serait plus simple si j’avais des couilles.
– C’est pour ça que tu t’habilles comme un mec.
– Arrête on dirait ma mère?!
– T’façon même en talons tu serais pas plus féminine…
– Une gazelle, ça court pas en talons.

Auteure : Chloé Wary a été étudiante au lycée d’art appliqué Auguste Renoir.
Elle publie avec Conduite Interdite sa première bande dessinée en 2017. Elle obtient en 2020 le Fauve prix du public France Télévisions au Festival de la BD d’Angoulême pour Saison des Roses (2019).

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’avais entendu parler de cette BD après son Fauve Prix du public 2020 lors du dernier Festival d’Angoulême.
Une bande dessinée dynamique aux couleurs vives, dessinée aux feutres, autour du football féminin.
Barbara est une attaquante talentueuse et capitaine de l’équipe des Roses de Rosigny. Mais la saison commence mal avec l’annonce de leur forfait pour les compétitions de l’année faute de budget. Les dirigeants du club préfèrent financer l’équipe masculine. Face à cette injustice, les filles ne vont pas se laisser faire et réagir pour dénoncer cette injustice !
Cette histoire réaliste n’est pas seulement une chronique sur le football mais sur l’adolescence, la banlieue, l’amitié. Barbara est une jeune femme volontaire, sensible et très attachante. Elle est motivée pour s’entraîner, mener son équipe et ensemble défendre le droit à participer au championnat…
Le combat de ces jeunes footballeuse devient une lutte féministe.
Lorsque Chloé Wary a eu l’idée de faire cette BD après une rencontre avec l’entraîneuse de l’équipe féminine de football de Longjumeau, elle s’est elle-même inscrite dans un club de football. Le lecteur ressent parfaitement son expérience dans le réalisme et la justesse de ses personnages et de Rosigny-sous-Bois, ville de banlieue imaginaire.
Une très belle découverte !

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a
(5) Couleur

Tyler Cross – tome 3 : Miami – Fabien Nury et Brüno

61ptfbgS8eL Dargaud – mars 2018 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Nous avions quitté un Tyler Cross fatigué mais libre après son évasion du centre pénitentiaire d’Angola. Nous le retrouvons fringuant et en chemisette à fleurs sous le soleil de Floride. Entraîné malgré lui par son avocat véreux, Tyler s’immerge dans le monde poisseux de la promotion immobilière. Et se concentre sur un objectif alléchant : un braquage de 700 000 dollars. Dans cette nouvelle affaire criminelle, Tyler Cross rencontre une alliée surprenante en la personne de Shirley Axelrod, apparemment normale, mais qui apprend vite. Très vite.

Auteurs : Né en 1975, Brüno commence ses études à l’école Estienne, à Paris, avant d’obtenir une maîtrise d’arts plastiques à Rennes. En 2001, il publie le premier tome de Nemo, libre adaptation de vingt mille lieux sous les mers. À partir de 2003, il publie avec Fatima Ammari-B une série policière, Inner City Blues, puis anime sur Internet de 2003 à 2006 avec Pascal Jousselin un feuilleton à quatre mains, les aventures de Michel Swing. En 2007, il publie avec Appollo chez Dargaud biotope et la série commando colonial, puis en 2011 avec Fabien Nury Atar Cull ou le destin d’un esclave modèle.
Fabien Nury est né en 1976. Il se lance dans la bande dessinée en 2003, encouragé par le scénariste Xavier Dorison, avec lequel il travaille sur w.e.s.t. De 2004 à 2007, il signe la série fantastique je suis légion, avec le dessinateur John Cassaday, avant d’écrire le scénario d’il était une fois en France, dessiné par Sylvain Vallée (prix de la meilleure série à Angoulême en 2011). Chez Dargaud, il publie deux séries, le maître de Benson Gate (avec Renaud Carreta) et la mort de Staline (avec Thierry Robin), avant de travailler avec le dessinateur Brüno sur Atar Cull.

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai un peu oublié les deux précédents tomes de la série, mais cela n’a aucune importance pour découvrir ce troisième tome.
Tyler Cross est recherché dans cinq États américains et la mafia a mis sa tête à prix… Le voilà sous le soleil de Floride, à Miami, venu rechercher la somme de 720000 dollars qu’il avait confié à son avocat. Ce dernier, Sid Kabikoff, ex-bagnard devenu un avocat véreux, pensant son client mort dans un incendie, a investi la somme dans un projet immobilier. Tyler Cross est bien décidé à récupérer son dû… Une ambiance de polar des années 50, un style cinématographique, une sombre affaire immobilière, des assassinats, de la mafia cubaine, des trahisons, des magouilles financières… Une intrigue rythmée, efficace avec des rebondissements. J’ai passé un très bon moment en compagnie de cette BD.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

tyler-cross-tome-1-tyler-cross Tyler Cross Couv_251488 Tyler Cross – tome 2 : Angola

L’obsolescence programmée de nos sentiments – Zidrou et Aimée de Jongh

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Dargaud – juin 2018 – 144 pages 

Quatrième de couverture :
« Le corps se résigne plus vite que l’âme.
Le temps le ride. L’injurie. L’humilie.
Il fait avec, le corps, beau joueur.

L’esprit, lui, est mauvais perdant.
Il ne conçoit que par à-coups,
par révélations douloureuses,
par effrois successifs. »

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D’abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l’écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l’auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, « Le Montreur d’histoires », « Tourne-Disque », « Lydie », « Folies Bergères », « La Mondaine », « Les 3 Fruits » ou encore « Les Promeneurs sous la Lune ». On lui doit aussi, plus récemment, la reprise du classique autant qu’indémodable « Ric Hochet ». En 2015, il signe Le Bouffon avec Francis Porcel, Le Crime qui est le tien avec Philippe Berthet pour la collection Ligne Noire, et entame la série Les Beaux Etés avec Jordi Lafebre. Zidrou reviendra en 2017 avec quatre sorties aux teintes très différentes : Shi en janvier, une nouvelle série avec Homs au dessin, le one shot Natures Mortes en mars, le troisième tome des Beaux Etés en juin et enfin Hadiya, avec son complice Francis Porcel, au mois de septembre.
Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l’âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d’édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd’hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d’animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d’animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc’ en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l’ont fait connaître. En 2014, Aimée s’est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l’international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l’écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L’obsolescence programmée de nos sentiments.

Mon avis : (lu en juin 2020)
Elle s’appelle Méditerranée, elle a 62 ans, elle ne s’est jamais mariée. Sa mère vient de mourir après une longue agonie. Méditerranée est désormais l’aînée de la famille.
Ulysse vient de perdre son boulot de déménageur après 40 ans de bons et loyaux services. A 58 ans, contre son gré, il a été mis à la retraite.
Pour tous les deux, les jours sont gris, la solitude est là et la vieillesse n’est pas loin, c’est plutôt déprimant…
Jusqu’au jour où Ulysse et Méditerranée se rencontrent dans une salle d’attente…
Peut-on recommencer une vie à plus de soixante ans ?
Ce joli roman graphique dessine la rencontre inattendue de deux solitudes avec tendresse et humour. Et une conclusion inattendue et surprenante…

Le dessin évolue avec l’histoire, sombre et brut, accentuant les traits au début de l’histoire, il prend des couleurs et de la douceur au fil des pages tout en restant réaliste et esthétique.

Extrait :

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Petit bac 2020a
(5) Crime et Justice

Khalat – Giulia Pex

71li5LAWYlL Éditions Presque lune – janvier 2020 – 116 pages

Quatrième de couverture :
Qu’emporteriez-vous si, une nuit, vous étiez contraints de quitter votre maison pour toujours ? A quels compromis seriez-vous disposés à vous résoudre et où finiraient vos ambitions, les rêves et l’amour ? Inspiré d’une histoire vraie, Khalat raconte ce qui se cache derrière l’un des nombreux visages qui peuplent nos villes, celui d’une femme et de sa marche forcée, de la naïveté au désenchantement, de la Syrie à l’Europe.

Auteur : Giulia Pex est née en 1992 dans la province de Milan. Après avoir fréquenté l’Istituto Italiano di Fotografia, où elle expérimente le mélange des genres, mêlant ses clichés au dessin, elle décide de se consacrer entièrement à l’illustration et s’inscrit à la Scuola del Fumetto. Les lignes nettes au crayon et aquarelles légères contribuent à donner vie à son imaginaire, dans lequel trouble et tranquillité trouvent leur place et coexistent pacifiquement. L’art romantique, les lumières de Hopper, le cinéma indépendant et la musique post-rock sont ses influences.

Mon avis : (lu en mai 2020)
Ce témoignage est tiré d’une histoire vraie, évoqué par Davide Coltri dans son recueil de différentes histoires Dov’è casa mia est raconté par Khalat elle-même dans un journal intime à partir de mars 2011, au début du printemps arabe, jusqu’à 2015, année du début de l’exode massif des migrants vers l’Allemagne.
En 2011, Khalat, jeune femme kurde syrienne, n’a pas vingt ans, vient d’intégrer l’université de Damas et elle rêve de devenir écrivaine, journaliste ou enseignante, de vivre loin de sa Syrie natale et d’y revenir de temps à temps pour voir ses parents et   Muhsen, son frère aîné adoré.
Mais quelques mois plus tard, la guerre civile détruit ses rêves d’émancipation et Khalat retourne auprès des siens, à ­Qamichli, la « capitale » du Kurdistan ­syrien. Puis Muhsen, devenu militant Kurde, disparaît… Avec ses parents et Kawa, son neveu âgé de moins de deux ans, ils doivent fuir la Syrie et partir à travers l’Irak, la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et plusieurs camps de migrants pour trouver finalement refuge en Allemagne.
Une bande dessinée d’une grande subtilité, le dessin d’une grande beauté donne à ce récit poignant toute sa profondeur. Les regards, les gestes sont dessinés avec une délicatesse qui sublime toute la sensibilité des mots.

Extrait : (quelques dessins)

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Petit bac 2020a
(6) Prénom

Une saison à l’ONU, Au cœur de la diplomatie mondiale – Karim Lebhour, Aude Massot

71dgt7TZBuL Steinkis – octobre 2018 – 207 pages

Quatrième de couverture :
En 1945, l’Organisation des Nations unies est créée pour maintenir la paix et la sécurité dans le monde. Ce « machin », comme l’appelait le général de Gaulle, tout le monde en a entendu parler, mais combien savent exactement ce que fait l’ONU et comment elle fonctionne ? Karim Lebhour a été correspondant de presse au siège de New York pendant quatre ans. Dessinées par Aude Massot, ses chroniques parfois décalées, souvent drôles, toujours édifiantes font vivre les coulisses de la seule instance internationale dans laquelle tous les pays peuvent faire entendre leur voix.

Auteurs : Karim Lebhour a été correspondant à l’ONU de 2010 à 2014, après cinq ans au Proche-Orient où il a écrit Jours tranquilles à Gaza (récit préfacé par Stéphane Hessel). De son expérience à l’ONU, il avait tiré un premier reportage pour La Revue Dessinée avec James et Thierry Martin, publié au printemps 2014. Karim doit son éducation à la BD à la bienveillance du personnel de la Fnac de Grenoble qui le laissaient lire dans les rayons. II travaille aujourd’hui pour International Crisis Group Washington.
Sortie des ateliers BD de l’école bruxelloise Saint-Luc en 2006, Aude Massot entame à Paris une carrière de storyboarder dans le dessin animé, et s’installe stratégiquement entre une librairie BD et son bistrot préféré. Après un séjour à Montréal, elle devient l’auteur de Québec Land, un journal dessiné sur le quotidien d’un couple d’expatriés français au Québec (Sarbacane). En 2015, elle réalise une enquête sur le Samu social de Paris, Chronique du 115 (2017).

Mon avis : (lu en mai 2020)
Karim Lebhour a été correspondant de presse pour RFI au siège de l’ONU à New York pendant quatre ans, de 2011 à 2013. Dans l’esprit des chroniques de Guy Delisle ( ), l’auteur nous raconte son quotidien à l’ONU.
Tout d’abord, il nous explique « comment ça marche » avec l’Assemblée Générale et ses 193 États membres, le Conseil de Sécurité composé de cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume Uni et Russie) et dix membres élus pour deux ans, puis la galaxie ONU avec les Casques Bleus, le Secrétaire Général, le Conseil économique et social, la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale de La Haye…
L’ONU a également créé plusieurs agences et programmes pour soutenir son action (OMS : organisation mondiale de la santé, UNESCO : organisation pour l’éducation, la science et la culture, UNICEF : fonds pour l’enfance, UNHCR : agence pour les réfugiés…).
Entre du purement documentaire et des anecdotes personnelles et amusantes, cette BD nous permet de comprendre le fonctionnement et les enjeux de cette institution.
L’ONU est une véritable usine à gaz, où chaque État membre y défend ses intérêts nationaux, en particulier les cinq membres permanents du conseil de sécurité et leur fameux droit de veto, ces grandes puissances votent plus pour leurs intérêts que pour l’intérêt commun… C’est un lieu où les états peuvent se rencontrer mais décident rarement de quelque chose, une tribune devant le monde où des dictateurs peuvent se  montrer et où les ennemis se serrent les mains devant les caméras pour mieux se déchirer mutuellement après…
Côté anecdotes, il y a l
e discours du ministre indien qui ne se rend compte qu’au bout de longues minutes qu’il est en train de lire le texte de son homologue portugais et non le sien… Ou l’interview 100% langue de bois de Ban-Ki-Moon, le Secrétaire Général, qui prend soin de ne fâcher personne en utilisant les mêmes éléments de langage pour chacune des questions posées…
Un témoignage instructif et passionnant à lire sur la diplomatie mondiale.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a
(5) Amour

Moi, Mikko et Annikki – Tiitu Takalo

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traduit du finnois par Kirsi Kinnunen

Titre original : Minä, Mikko ja Annikki, 2014

Quatrième de couverture :
À Tampere, en Finlande, les habitants du quartier historique d’Annikki promis à la démolition unissent leurs forces face à la rapacité des promoteurs et de leurs complices politiques. Avec son compagnon Mikko, l’autrice Tiitu Takalo est aux avant-postes de cette lutte pacifique et nécessaire. Elle tient en images la chronique de sa communauté en résistance, au service d’une idée aussi vitale qu’universelle : et si la richesse et l’âme d’une ville résidaient d’abord dans son patrimoine, et que sa préservation était la clé de nos identités collectives comme de nos avenirs possibles ?

Auteure : Illustratrice et autrice finlandaise de bande dessinée, enseignante et féministe revendiquée, Tiitu Takalo vit et travaille à Tampere, dans un quartier ancien dont elle retrace ici l’histoire et le.sauvetage par ses habitants. 

Mon avis : (lu en avril 2020)
J’ai été attirée par cette BD, tout d’abord parce qu’elle est finlandaise et que c’est une première pour moi… Ensuite en la feuilletant, j’ai découvert la variété du style de dessin de l’auteure qui alterne l’aquarelle sur papier blanc et l’utilisation de pages de couleurs avec des dessins aux crayons noir et blanc…
Tampere est la deuxième ville de Finlande, coincée entre deux lacs, sa situation géographique lui a permis de devenir un centre industriel important dès le 19ème siècle. Au cours des années, la ville a grandi, s’est étendue, de nouveaux faubourgs sont apparus mais grâce au courage et la volonté de ses habitants Tampere n’a pas perdu son identité. 
Dans cette BD, l’auteure Tiitu Takalo et son compagnon Mikko racontent leur propre histoire avec le quartier historique d’Annikki. Ce quartier a été de nombreuses fois promis à la démolition, mais ses habitants ont toujours résisté pacifiquement aux promoteurs et politiques complices, pour préserver ce patrimoine témoin de l’histoire de la ville.
Tiitu raconte d’une part l’histoire de Tampere puis plus spécifiquement de son quartier, elle évoque la naissance de la ville, l’évolution de l’urbanisme, l’impact industriel, celui des guerres et des aléas géostratégiques et d’autre part les étapes de son installation dans le quartier avec son amoureux.
Tiitu aime récupérer de vieux objets et recycle dans la mesure du possible. A l’échelle de la ville, elle s’interroge sur ces problématiques liées à l’environnement et au développement durable. Pourquoi démolir des habitations alors qu’il est possible de les rénover ?
Graphiquement, la vie de Tiitu et Mikko est dessinée à l’aquarelle avec des teintes vives sur des feuilles blanches.
Les passages historiques sont dessinés sur du papier sombre brun, gris, rouge et ocre au crayon noir rehaussé de blanc.
La lutte pour la sauvegarde d’Annikki à partir des années 2000, entre l’Association du quartier et la municipalité est dessinée dans un style illustration médiévale… C’est surprenant mais s’intègre très bien à l’ensemble.
La partie historique peut paraître un peu longue et rébarbative pour quelqu’un comme moi qui connaît peu de choses sur l’histoire finlandaise… Je vous conseille donc de ne pas faire l’impasse sur « l’avis au lecteur » présent en introduction où l’auteure nous donne de nombreuses clés pour mieux comprendre sa bande dessinée.
Une belle découverte bien documentée, très intéressante et vraiment originale graphiquement.

Extrait : 
Pour montrer la grande variété des styles de Tiitu Takalo, j’ai choisi des planches non consécutives.

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Petit bac 2020a
(5) Prénom

A la vie ! – L’Homme Étoilé

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Quatrième de couverture :
Avec Roger, l’Homme étoilé met une claque à la maladie sur les sons endiablés des tubes de Queen. Avec Mathilde, il apprend à parler le suédois, Edmond lui lance un véritable défi gastronomique et Nanie finit par l’adopter, en parfaite nouvelle grand-mère.
Dans ce roman graphique plein d’humanité, émouvant et drôle, l’Homme étoilé raconte la vie aux soins palliatifs avec douceur, pudeur, amour et humour.

Auteur : Xavier, alias LHomme étoilé, est l’infirmier aux plus de 1OO OOO abonnés sur Instagram, qui raconte la vie aux soins palliatifs avec douceur, pudeur, amour et humour.

Mon avis : (lu en mai 2020)
Avant le début du confinement, j’ai pris quelques livres et BDs pour passer les premières semaines (officiellement 2 mais je me doutais bien que cela allait durer un peu plus…)
Parmi les BDs, il y avait celle-ci. Mais vu les circonstances et un peu par superstition, je repoussais jour après jour le moment où j’allais m’y plonger. Et j’avais tort car comme l’annonce le bandeau publicitaire de la bande dessinée,  Xavier, alias l’Homme étoilé sur Instagram, est « l’infirmier qui transforme les soins palliatifs en bulles d’amour ».
Avec un coup de crayon épuré et plein de rondeurs, l’Homme étoilé raconte des moments de vie dans le service de soins palliatifs où il travaille.
A travers ses rencontres avec les personnages touchants de Roger, Mathilde, Marie, Nanie, Edmond, Christine et Blanche, l’Homme étoilé raconte avec une grande tendresse le quotidien de ce service qui fait peur et nous renvoie à nos propres angoisses car associé à la fin de vie… Au chevet de ses patients, ce grand costaud de 1,93 m au look atypique avec ses cheveux longs, sa barbichette et ses tatouages est un soignant toujours à l’écoute pour « … ajouter de la vie aux jours à défaut d’ajouter des jours à la vie… ».
Avec Roger, ils écoutent et chantent à fond du rock’n roll, avec Mathilde, il apprend le suédois, Nanie sera une grand-mère d’adoption, ce sera des expériences culinaires avec Edmond…
Cette lecture apaisante nous renvoie de l’empathie, de la musique, de la sensibilité, de l’humour, de la joie et beaucoup d’humanité. Une très belle découverte !

Extrait : (début de la BD)

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