La Guerre des Lulus, Tome 6 : Lucien – Régis Hautière & Hardoc

81lt6xsQZmL Casterman – novembre 2019 – 64 pages

Quatrième de couverture :
Novembre 1918 : Les armes se sont tues mais le combat des Laina pour leur propre survie continue. Hospitalisé à Troyes, Lucien se souvient de son arrivée à l’orphelinat de Valencourt et de sa rencontre avec ceux qui allaient devenir ses meilleurs amis. A cette époque, la Grande Guerre n’avait pas encore ravagé l’Europe et les moments de joie et d’insouciance étaient fréquents. Pourtant, la douleur, le danger et les vexations fraisaient déjà partie du quotidien des Lulus..

Auteurs : Depuis 2004, le scénariste d’origine bretonne Régis Hautière, pilier des éditions Paquet a signé une vingtaine d’albums en seulement cinq ans dont le Dernier Envol avec Romain Hugault. Il multiplie aujourd’hui les projets chez d’autres éditeurs comme Soleil, Kstr, Glénat, Delcourt ou Dargaud. Après des études supérieures de philosophie et d’histoire et un troisième cycle en ingénierie de la connaissance, Régis Hautière a travaillé une dizaine d’années pour le festival BD d’Amiens.
Diplômé en génie électro-technique et licencié en Arts Plastiques, Hardoc démarre précocement sa carrière comme illustrateur pour une émission jeunesse de France 2, à 15 ans. Il gagne l’Écureuil d’Or qui récompense le meilleur jeune espoir au festival BD d’Angoulême en 1996. Hardoc rencontre ensuite Régis Hautière dans une association bédéesque d’Amiens (!!) et ils décident de travailler ensemble sur la série Le Loup, l’Agneau et les Chiens de guerre (éd. Paquet). Il participe, en mars 2005, au collectif des Nouvelles de Jules Verne en bandes dessinées des éditions Petit à Petit. En 2009, il publie, toujours avec Régis au scénario, l’histoire des Lulus, Jeux de guerre, dans le collectif Cicatrices de guerre(s). Et c’est avec impatience que l’on attendait leurs aventures complètes chez Casterman, La Guerre des lulus est arrivée, en janvier 2013.

Mon avis : (lu en février 2019)
Dans ce premier tome d’après-guerre, nous retrouvons Lucien. Alors que l’armistice vient d’être signé, Lucien est à l’hôpital après avoir perdu une jambe. C’est à l’occasion de sa rééducation qu’il rencontre et se rapproche d’Adélaïde, une jeune infirmière. Il va lui raconter son arrivée à l’orphelinat et comment il s’est rapproché des trois autres Lulus.
Dans ce tome, il n’y a  ni action, ni aventure mais plutôt une introspection de Lucien, blessé et seul, il se sent un peu perdu…
C’est l’occasion pour le lecteur d’en découvrir plus sur l’enfance de Lucien et sur l’avant-guerre des Lulus à l’orphelinat.
À la fin de ce tome, Lucien a la visite à l’hôpital d’un de la bande… Le lecteur apprend ainsi qu’un prochain tome est prévu…
Un album avec beaucoup de sensibilité et des personnages attachants. J’apprécie toujours autant cette série.

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

la_guerre_des_lulus_1914 La Guerre des Lulus, Tome 1 : 1914 : La maison des enfants trouvés

la_guerre_des_lulus_1915 La Guerre des Lulus, Tome 2 : 1915 : Hans

la guerre des lulus_3 La Guerre des Lulus, Tome 3 : 1916 : Le tas de briques

114664162 La Guerre des Lulus, Tome 4 : 1917 : La déchirure

91Gr1Gv91rL La Guerre des Lulus, Tome 5 : 1918 : La ders des ders

Petit bac 2020a(3) Crime et justice

 

Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu – Mathieu Sapin

91CA1O3-dJL Dargaud – mars 2017 – 160 pages

Quatrième de couverture :
Mathieu Sapin rencontre Gérard Depardieu en 2012. Il l’accompagne en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule, que ce soit lors de tournages, au Portugal ou aux quatre coins de l’Europe, d’un voyage exceptionnel en Russie ou, tout simplement, d’un repas dans la cuisine de son hôtel particulier parisien.

Auteur : Mathieu Sapin est un auteur-dessinateur de bande dessinée. Il a suivi l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, section illustration en 1992. De 1996 à 1998, il illustre 8 mensuels jeunesse « Je Bouquine », et travaille également au musée de la BD d’Angoulême. Il est l’auteur de Supermurgeman. Il sera nominé à Angoulême et pour le prix René Goscinny. En 2000, il contribuera à l’anthologie Comix 2000 et publiera L’Oreille Gauche. Illustrateur pour la jeunesse, il travaille pour Bayard, Nathan, Bréal.
En 2012, il publie Campagne présidentielle, dans laquelle il raconte la campagne de François Hollande à la suite de son investiture aux primaires socialistes. Un an après l’élection, Mathieu Sapin obtient une accréditation à l’Élysée pour dessiner les coulisses du palais présidentiel. De juillet 2013 à juillet 2014, il passe donc régulièrement dans les services de l’Élysée pour l’album Le Château. Ce livre se termine sur quelques pages en épilogue suite aux attentats de janvier 2015.
En 2017, il publie l’album « Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu ».
Il est fait Chevalier des arts et des lettres en 2016.

Mon avis : (lu en mars 2020)
Un reportage en immersion au côté de Gérard Depardieu. En 2012, Mathieu Sapin rencontre Gérard Depardieu à l’occasion d’un voyage en Azerbaïdjan pour un projet documentaire d’Arte, sur les traces d’Alexandre Dumas.
Le courant passe si bien entre les deux hommes que Mathieu prolonge l’expérience en le suivant dans ses voyages en Russie, en Espagne ou au Portugal.
Le dessinateur discret, fluet, timide et naïf surnommé « Tintin » par l’acteur est l’opposé de ce dernier qui en impose avec sa carcasse de colosse et son verbe fleuri…
Toutes les portes lui sont ouvertes et Mathieu Sapin dresse un portrait de Depardieu le plus fidèle possible, avec ses qualités et ses défauts...
De nombreuses colères, des bonnes bouffes avec des amis, une séance de selfies avec ses fans, une séance de sauna épique… Depardieu est un homme libre.
C’est tour à tour, drôle, touchant et bien souvent surréaliste.

Extrait :

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Petit bac 2020a(3) Personnage Célèbre

Couleurs de l’incendie – Christian de Metter

91b1a+RPHbL Rue de Sèvres – décembre 2019 – 164 pages

Quatrième de couverture :
Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie.

Auteurs : Né en 1968, Christian de Metter est auteur de bandes dessinées. Il a notamment reçu, en 2004, le Prix du public au Festival d’Angoulême pour l’album Le Sang des Valentines, dessiné avec Catel, puis, en 2009, le Prix des Libraires de Bande Dessinée pour Shutter Island.
Né à Paris, Pierre Lemaitre a longtemps enseigné la littérature avant d’embrasser la carrière littéraire. Ses trois premiers romans, Travail soigné (prix du Premier roman de Cognac 2006), Robe de marié (prix du Meilleur polar francophone 2009) et Cadres Noirs (prix du Polar européen du Point 2010), lui ont valu un succès critique et public exceptionnel et l’ont révélé comme un maître du roman noir et du thriller. Ses romans sont traduits dans une quinzaine de langues et plusieurs sont en cours d’adaptation cinématographique.

Mon avis : (lu en mars 2020)
Quel plaisir de découvrir en BD la suite de la très belle adaptation du livre de Pierre Lemaitre « Au revoir là-haut ».
Madeleine Péricourt est le personnage principale de cette histoire qui commence en février 1927, lors des obsèques de Marcel Péricourt avec le geste spectaculaire de Paul, le fils de Madeleine âgé de sept ans… Madeleine se retrouve seule à la tête des affaires de son père, mais en tant que femme, elle n’a même pas le droit de signer un chèque. Elle est doit faire confiance aux banquiers proche de son père. Malheureusement, ceux-ci vont profiter de sa naïveté et rapidement elle sera trahie et perdra toute sa fortune. Lorsqu’elle va comprendre comment et par qui elle a été bernée, elle n’aura plus qu’une idée, se venger…
Une galerie de personnages des plus originaux et variés comme Joubert, le fondé de pouvoir et directeur de la banque, Léonce, l’employée de maison proche de Madeleine,  oncle Charles, le frère de Monsieur Péricourt, Vlady, la nurse polonaise, Solange, la diva italienne gravite autour de Madeleine et Paul.
Sur fond de krach boursier, de montée du fascisme, des débuts de l’aviation, d’évasion fiscale, de la condition de la femme dans les années 30, cette BD se lit comme un suspens avec des histoires parallèles et des rebondissements…

Les dessins et les couleurs sont très réussis, la BD restitue très bien l’atmosphère du roman.
J’ai beaucoup aimé me replonger dans cette histoire, juste après avoir découvert Miroir de nos peines, le nouveau roman de Pierre Lemaitre et conclusion de la trilogie.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :
107646979 Au revoir là-haut
81CwwZlg2xL Couleurs de l’incendie

Petit bac 2020a(3) Couleur

Embarqué : Carnets marins dans le jardin du commandant – Christian Cailleaux

A10Xfta5LAL Futuropolis – avril 2015 – 176 pages

Quatrième de couverture :
« Durant des mois, j’ai accompagné des marins sur leurs navires. Je me suis interrogé sur les raisons justifiant une telle mobilisation d’hommes et de moyens. Il est évident que les intérêts des autorités françaises, civiles et militaires, sont économiques et stratégiques, à l’heure où l’espace maritime apparaît de plus en plus comme le prochain territoire à conquérir. Mais qui sont les jeunes gens, filles ou garçons, qui s’embarquent sur ces bateaux ? Qui en sont les ouvriers ? Qui sont les marins du XXIᵉ siècle qui se dirigent vers les falaises sombres des antipodes battues par les vents ? Que reste-il de « La Royale » et, dans son sillage, de la découverte du monde et d’escales exotiques censées donner un sens à la vie ? Bienvenue à bord ! » Christian Cailleaux.

Auteur : Né en 1967, Christian Cailleaux suit des études de lettres et de philosophie, puis est élève à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy. Il travaille brièvement comme graphiste et illustrateur dans une agence de publicité, puis comme directeur artistique1. A 20 ans, il part pour faire son service militaire au Congo à Brazzaville, puis y monte un agence de publicité avec un jeune Congolais. La guerre civile l’oblige à rentrer en France. Son expérience en Afrique sert de matière à sa première publication professionnelle en bande dessinée, en 1993 : les aventures d’Arthur Blanc-Nègre, sur un scénario de Bernard Sallé. Il assure ensuite seul le scénario et le dessin de ses créations  Haëllifa et Harmattan : Le Vent des fous, puis Le Café du voyageur et Le Troisième thé.
Par ailleurs, il mène une carrière d’illustrateur pour la presse enfantine, des périodiques de voyage ou généralistes, et continue de voyager, en particulier en Afrique, tout en animant des ateliers de dessin dans les centres culturels ou les Alliances françaises d’une quinzaine de pays du continent. Les Imposteurs (2004), en 2006, il adapte avec Michel Piquemal le roman de Marie Shelley Frankenstein ou Le Prométhée moderne, puis l’année suivante, après deux voyages en Inde, Tchaï Masala : Monologue hindi.
Grâce au comédien et écrivain Bernard Giraudeau qu’il a rencontré en 2005, il embarque sur le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc pour un reportage dessiné. En 2008, paraît R97 : Les Hommes à terre, une libre adaptation du récit Le Marin à l’ancre qu’a publié Bernard Giraudeau en 2001. Cette bande dessinée raconte le tour du monde d’un jeune matelot à bord du Jeanne d’Arc.

En 2009, il publie Piscine Molitor, sur un scénario d’Hervé Bourhis, puis en 2011 Les Longues Traversées, sur un scénario de Bernard Giraudeau.
En février 2018, il embarque au Vietnam pour une résidence artistique sur la goélette d’exploration Tara. Il en tire un carnet de voyage intitulé Cahiers de la mer de Chine.

Mon avis : (lu en janvier 2020)
Attirée par le dessin de la couverture de cette BD, un marin regardant l’horizon, j’ai pris un peu par hasard cet album à la Bibliothèque.
C’est un documentaire reportage pour mieux comprendre les marins, leur vie et leur engagement. Tout commence avec des jeunes de 16 ans venus s’engager au Centre d’instruction Naval de Brest comme mousses et rêvant de devenir fusiliers, puis des élèves-officiers de l’école navale qui sont un peu plus âgés…
L’auteur nous raconte également son rapport à la mer, à la Marine à travers les films comme Escale à New-York, le Crabe-Tambour, Remorques, les BD de Hugo Pratt et son héros Corto Maltèse. Il évoque sa rencontre avec Bernard Giraudeau.
Reportage dans les Terres Australes sur une frégate de surveillance, quelques jours à bord d’un sous-marin nucléaire…
C’est une BD patchwork comme des carnets de voyages, avec des styles différents dans le dessin, comme la plume, le crayon, l’aquarelle, le lavis…
Cet auteur de BD, grand voyageur, offre au lecteur : un voyage au bout de la mer, dépaysant, varié et instructif.

Extrait :

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Petit bac 2020a(3) Objet

 

Paul à la maison – Michel Rabagliati

2363cd_408e53f0a7654f8e9bc3d1c31adb5d4d~mv2 La Pastèque – janvier 2020 – pages

Quatrième de couverture :
Paul à la maison est le 9e tome de la série. Cette fois-ci, l’action de déroule en 2012, Paul est auteur de bande dessinée à temps plein et lance un nouvel ouvrage au Salon du livre de Montréal. Entretemps, sa fille part travailler en Angleterre, Lucie n’habite plus avec lui et sa mère ne va pas bien… Paul à la maison traite du deuil, sous de multiples formes. Un album émouvant.

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s’être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l’illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l’auteur s’est vu décerner une Mention spéciale pour l’ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d’Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en février 2020)
Paul à la maison est le tome 9 de la série.
Paul vit avec son petit chien dans un petit pavillon de banlieue, avec un jardin.
Lucie est partie, Rose vit chez sa mère et ne vient pas voir souvent son père. Et elle veut partir vivre en Angleterre.

Régulièrement Paul rend visite à sa mère qui vit dans une résidence pour personnes âgés, vieillissante elle n’est pas au mieux de sa forme.
A l’image de la couverture grise de cet album, tout cela n’est pas très gai… Solitude, dépression, le lecteur se trouve plongé au cœur de la détresse urbaine…
Malgré ce quotidien peu engageant, l’humour est toujours présent dans cet album !
Il y a Tonio l’agricoltore, le voisin italien de Paul, qui ne parle qu’anglais et dont le jardin, dont il s’occupe à longueur d’année, est sa raison de vivre. Depuis 50 ans, sa vie est immuablement synchronisée sur le calendrier agricole. En comparaison le jardin de Paul est une forêt vierge, son pommier est à moitié mort et l’eau de la piscine n’arrive pas à rester claire…
Paul ne supporte plus les gens hypnotisés par les téléphones portables et s’imagine les leur confisquer…
Il y a quelques pages sur Paul au Salon du Livre de Montréal ou sur Paul, ancien typographe, qui s’agace sur le changement de la police de caractère (Highway en Clearview) sur les panneaux de signalisation de l’autoroute…
Je suis une inconditionnelle des aventures de Paul, cet album émouvant est celui du temps qui passe et cela parle à tous !

Extrait :

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Petit bac 2020a(3) Son

Déjà lu du même auteur :

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109131365 Paul dans le Nord 110034991 Paul à Québec

paul à la campagne Paul à la campagne 110765699 Paul dans le métro

paul02 Paul a un travail d’été 116590218 Paul à la pêche

Dans le même bateau – Zelba

51vTkxhy2mL Futuropolis – novembre 2019 – 168 pages

Quatrième de couverture :
En novembre 1989, le mur de Berlin tombe. Wiebke Petersen a 16 ans et pratique l’aviron à haut niveau. En 1991, elle intègre la première équipe d’Allemagne réunifiée pour les championnats du monde et va devoir apprendre à connaître ses anciennes adversaires pour former une équipe unie malgré les bouleversements qui secouent encore leur pays. Un récit autobiographique où la petite histoire se mêle à la grande.

Auteur : Née en 1973, Zelba est une illustratrice allemande, née sous le doux nom guttural de Wiebke Petersen.

Mon avis : (lu en février 2020)
Un roman graphique autobiographique passionnant et plein d’humour.
En 1989, Wiebke a 16 ans et elle pratique, avec sa sœur, l’aviron à haut niveau en Allemagne de l’Ouest. Elle est bien occupée par ses séances intensives d’entraînement, ses études au lycée et par sa vie dans sa famille, sans oublier la découverte des garçons…
Au moment de la Chute du Mur de Berlin, elle ne réalise pas que cela va modifier son avenir… En effet, dès 1991, l’Allemagne réunifiée se présentera aux Championnats du monde junior d’aviron avec une seule équipe où seront présentes des athlètes de l’ancienne RFA et de l’ancienne RDA.
Avec beaucoup de pédagogie Zelba nous présente aussi bien son sport que le contexte géopolitique de l’époque, de même elle raconte son quotidien d’Allemagne de l’Ouest et ses rencontres avec les Ossis, ces sportifs est-allemands si proches et pourtant si différents.
Cette BD est passionnante et drôle même si on ne connaît rien à l’aviron, c’est une façon originale de se replonger dans cette époque.

Extrait :

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Mon voisin Raymond – Troubs

91ubKcoExfL Futuropolis – mars 2018 – 96 pages

Quatrième de couverture :
« Je vais chez Raymond, mon voisin d’à côté. Il n’y a qu’un bout de bois à traverser, et on arrive dans un petit hameau où n’habitent plus que son frère et lui maintenant. La petite maison où il vit, c’est celle où était son père les dernières années. Un sacré gaillard celui-là, qui ne voulait voir personne. Il y a deux pièces, une petite grange, un jardin et un verger derrière, où Raymond mettait des poules, mais comme avec les maladies nouvelles, il faut les enfermer, il a arrêté les poules. C’est comme ça. C’est assez pour vivre. »

Auteur : Jean-Marc Troubet, dit Troub’s est né en 1969, à Pessac.
Il a fait des études aux beaux-arts de Toulouse, puis d’Angoulême. à l’atelier bande dessinée où il obtient son diplôme en 1994. Depuis, il vit en Dordogne, et, est devenu dessinateur-voyageur. Ses voyages en Chine, en Australie ou à Madagascar ont donné l’objet de plusieurs livres d’illustration ou de bande dessinée.
Dessinateur contemplatif, amoureux de la nature et des animaux, il a également consacré un livre aux vaches.

Mon avis : (lu en février 2020)
Ce roman graphique raconte la relation qui s’est tissé, durant 20 ans, entre un jeune dessinateur et Raymond, son voisin âgé de 85 ans.
Dans un hameau isolé, Raymond vit seul dans une petite maison sans confort.

Au rythme des saisons, Raymond et son jeune voisin aiment passer du temps ensemble et s’entraider. L’auteur assiste son voisin pour les travaux devenus au-dessus de ses forces, comme couper du bois, tailler la vigne… En échange, Raymond lui transmet son savoir sur la terre, les champignons, la vigne, la culture des légumes, la nature et le temps de demain. 
Les grues passent dans le ciel, les mésanges volettent, les forêts changent de couleur au fil des saisons et Raymond passe dans sa voiturette bleue…
Le dessin est lumineux, les couleurs varient avec les saison.
Mon voisin Raymond est un récit simple, sincère, empreint de nostalgie, une ode à la campagne, à la lenteur, simplement à la vie qui passe.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a(3) Prénom

Touchées – Quentin Zuttion

7151CI+HsnL Payot Graphic – septembre 2019 – 206 pages

Quatrième de couverture :
Je ne veux pas être forte. Je ne veux pas être courageuse. Je veux retrouver ma légèreté. Lucie dort avec un couteau. Tamara se bat, se débat, s’anesthésie. Nicole, elle, choisit de s’effacer. Ces trois femmes ont été victimes de violences sexuelles. En réaction, elles s’inscrivent dans un atelier d’escrime thérapeutique. Un programme d’un an pour se libérer et reprendre la maîtrise de sa vie. Attaquer, se protéger, toucher. Sous les masques, la réparation peut s’amorcer.

Auteur : Quentin Zuttion est auteur et dessinateur de bandes dessinées : Sous le lit, Chromatopsie (Editions Lapin), Appelez-moi Nathan, (avec Catherine Castro, Payot Graphic). Dans son travail, il explore les corps, les histoires d’amour contemporaines et les quêtes identitaires.

Mon avis : (lu en février 2020)
« Touchées » est un roman graphique qui raconte le combat de trois femmes, victimes de violences sexuelles, pour se reconstruire à travers leur amitié et l’escrime.
Lucie, Tamara et Nicole participent à un atelier d’escrime thérapeutique pour reprendre le contrôle de leur vie.
Lucie est une jeune maman qui a été agressée par son ex-conjoint, le père de son enfant. Depuis, pour se sentir en sécurité, toutes les nuits, Lucie avec un couteau dans son lit.
Agressée par son frère, pendant son enfance, Tamara joue la provocation, va à la confrontation et fait la fête à l’excès…
Depuis l’agression dont elle a été victime par des garçons de son lycée, Nicole s’est effacée du monde, et vit seule avec son chien.
Comment se remettre de cette épreuve ? Cesser d’avoir peur, cesser de se morfondre ou de s’oublier ?
L’escrime va leurs permettent de relever la tête, extérioriser leurs souffrances, de lâcher prise.  Ensemble, elles vont se reconstruire.
« Touchées » met en lumière les victimes mais également les personnes qui vont leur tendre la main et les accompagner vers la délivrance, le maître d’arme, mais également les psychologues et l’amitié qui va naître de la rencontre entre ses femmes.
Un roman graphique fort et poignant, le récit est sensible, le dessin toute en délicatesse et les mots bien choisis.

Extrait :

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 Petit bac 2020a
(2) Pluriel

Penss et les plis du monde – Jérémie Moreau

81SjmH7yimL Delcourt – septembre 2019 – 232 pages

Quatrième de couverture :
À l’aube des temps, Penss, piètre chasseur, passe ses journées à contempler la beauté de la nature. Rejeté par son clan, il est contraint à la survie en solitaire et promis à une mort certaine. Mais au printemps, il arrache à la terre son plus grand secret : tout dans le monde se déplie inéluctablement. Une nouvelle vie commence pour Penss et, il en est certain, un nouvel avenir pour l’humanité…

Auteur : Jérémie Moreau est né en 1987 en région parisienne. Il vit à Valence.
Dès l’âge de 8 ans, il participe chaque année au concours de la BD scolaire d’Angoulême et obtient le Prix à 16 ans, en 2005. Il poursuit des études aux Gobelins, dans la conception de films d’animation. Auteur prometteur, il reçoit le Prix Jeunes Talents au Festival d’Angoulême en 2012 et est contacté par Wilfrid Lupano. En parallèle, il travaille dans le cinéma d’animation, comme “character designer” (Moi, moche et méchant 2 et Le Lorax). Pour Max Winson, son premier récit solo, on admire son talent, trait d’union entre l’ingéniosité de Winsor McCay et la virtuosité de Bastien Vivès. Ce récit sera publié en deux albums de 160 pages. Avec La Saga de Grimr, il obtient en 2018 le Fauve d’Or, Prix du Meilleur Album du Festival d’Angoulême.

Mon avis : (lu en février 2020)
J’ai été attirée par cette BD pour le dessin plus que pour le sujet… Une histoire de préhistoire ne me tentait pas plus que cela.
Penss est un mauvais chasseur, c’est un jeune homme contemplatif, qui préfère observer des heures durant la nature autour de lui pour tenter de la comprendre plutôt que courir après un gibier pour le tuer. Son clan a décidé de le rejeter et il est condamné à survivre tout seul… Penss fasciné par la beauté du monde, par les saisons qui le change, il tente de prendre un autre chemin, en quittant le nomadisme et en tentant d’apprivoiser les éléments, en créant, non sans mal un jardin potager…
C’est une aventure à valeurs écologiques…
La mise en page est originale avec un agencement des cadres varié et peu habituel. Le dessin à l’aquarelle des paysages et de la flore est particulièrement soigné et coloré.
Esthétiquement, je trouve magnifique cette BD. 

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a
(2) Lieu

Ceux qui construisent des ponts – Alfonso Zapico

51rjF1HSmGL Futuropolis – avril 2019 – 200 pages

Quatrième de couverture :
En mai 2018, l’organisation armée indépendantiste basque ETA (pour Euskadi Ta Askatasuna) annonçait sa dissolution. Alfonso Zapico a proposé à deux personnalités politiques et culturelles basques, qui furent dans des camps opposés, de se rencontrer pour parler des sources de l’histoire et pour envisager l’avenir, ensemble… Publié au printemps dernier en Espagne, Ceux qui construisent des ponts a connu un excellent accueil médiatique et politique, réunissant des salles entières pour débattre de ce livre. C’est un véritable document de travail sur les luttes d’indépendances régionales et les enjeux humains qu’elles véhiculent.

Auteur : Alfonso Zapico est né à Blimea (Asturies) en 1981 et il habite à Angoulême.

Mon avis : (lu en janvier 2020)
Durant mon enfance et mon adolescence, je passais tous les ans des vacances chez mes grands-parents à proximité de Bayonne et j’entendais parler d’ETA
(Euskadi Ta Askatasuna) et du mouvement indépendantiste basque français Iparretarrak et leurs attentats. En découvrant par hasard cette BD à la Bibliothèque, je me suis dit que j’allais en apprendre un peu plus sur les aspirations de ces combattants.
Après l’annonce de la dissolution de l’armée indépendantiste basque espagnol ETA  en 2018, Alfonso Zapico a proposé à deux personnalités politiques et culturelles, venant des camps opposés, de se rencontrer. Ils sont basques, et tous deux, fiers de l’être. L’un est l’ancien député socialiste espagnol Eduardo Madina, victime d’un attentat à la voiture piégée de l’ETA où il perdit la moitié d’une jambe et l’autre l’artiste punk Fermin Muguruza, indépendantiste et internationaliste. Alfonso Zapico va être le témoin de cette rencontre et dessinera ces instants dans son carnet de croquis.
Il revient sur la vie depuis leur enfance de chacun des protagonistes et en profite pour évoquer l’histoire du Pays Basque et la violence associée… Tous les trois rendent hommage à ceux qui ont lutté contre la violence des armes et en faveur de la paix.
Une BD très documentée, extrêmement précise et détaillée, presque trop une lectrice néophyte comme moi… j’avoue avoir lu en diagonale la deuxième moitié de l’ouvrage  étant un peu perdue et devant rendre sans tarder la BD à la Bibliothèque…
Une BD pour mieux comprendre le Pays Basque et les Basques et une ode à la tolérance.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a(2) Son
En musique, un PONT désigne une transition entre un couplet et un refrain