Le Droit chemin tome 1 : Les Enfants terribles – Lupano, Tanco, Lorien

71l7KxlvqpL Delcourt – mai 2011 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Dans un lycée agricole de l’entredeux- guerres qui abrite de la mauvaise graine, quatre ados, orphelins, vivent leurs derniers moments d’insouciance. Peu passionnés par les travaux aux champs, ils rêvent de devenir pilote d’avion ou d’épouser la fougueuse Jeanne, fille de Monsieur le Comte. Il n’en sera rien. Leur goût de la transgression les mènera sur d’autres chemins…

Auteurs : Wilfrid Lupano est né en 1971 à Nantes. Il réside à Pau.
Titulaire d’une licence d’anglais, Wilfrid Lupano a travaillé quinze ans dans le milieu des bars et des boites de nuit avant de se lancer dans l’écriture. Il signe son premier album en 2000 chez Delcourt et développe d’année en année ses qualités de scénariste de BD, au point de délaisser son premier métier. En 2012, il publie son premier roman graphique, Le Singe de Hartlepool, dessiné par Jérémie Moreau, qui obtient le prix des Libraires de bande dessinée et le prix du Château de Cheverny de la bande dessinée historique. C’est avec un polar, Ma révérence, dessiné par Rodguen, qu’il remporte en 2014 le Fauve Polar SNCF au festival d’Angoulême. Suivent la série des Vieux Fourneaux, Un océan d’amour, prix Fnac de la Meilleure Bande Dessinée 2015 et Traquemage, une bande dessinée de rural fantasy (2015). La qualité du travail de Wilfrid Lupano ne cesse de s’imposer dans le monde de la bande dessinée et chacune de ses histoires est attendue avec impatience par les lecteurs.
Né un 14 septembre 1982 à Toulouse dans une famille d’artistes, Morgann Tanco décide de devenir dessinateur de BD en lisant Astérix, Tintin, Spirou et autres Rahan. En 1999, il rencontre Wilfrid Lupano, qui lui donne de précieux conseils pour devenir auteur et, quatre ans plus tard, il lui propose une collaboration qui ne portera ses fruits que l’année suivante, où tous deux signent chez Delcourt. Morgann réside désormais à Nantes, ville qui a inspiré, en très grande partie, les décors de « L’Ivresse des Fantômes ».

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai pris cette BD et sa suite un peu par hasard à la Bibliothèque lors de la phase « juste après confinement » de celle-ci. Je devais réserver mes livres par internet, un peu à l’aveugle car le site ne donnait pas une liste exhaustive du catalogue des livres en rayons et donc à partir d’un moteur de recherche un peu bancale, j’ai emprunté cette série (de 2 bandes dessinées) à partir du tag « Lupano »…
Juin 1929, au cœur de la campagne bordelaise, quatre orphelins se retrouvent dans un lycée agricole mais ils n’ont aucunement la vocation pour le travail des champs et ils rêvent d’un autre avenir, l’un sera pilote d’avion, l’autre se mariera avec Jeanne, la fille du Comte, celle-là même qui les distrait en installant son chevalet à proximité du champ où ils travaillent… Marcel, Jules, Félix et Camille, sont insouciants, liés par une amitié sans faille, intrépides et inventifs ils ne sont pas les derniers à faire tourner en bourrique les éducateurs… Autour d’eux quelques personnages hauts en couleurs comme La Goule, le surveillant, Violette Norris, la grande athlète, et la mystérieuse Jeanne…
Une BD rythmée qui donne envie de découvrir la suite…

Extrait : (début de la BD)

droit-chemin-1-les-enfants-terribles_1 droit-chemin-1-les-enfants-terribles_2

droit-chemin-1-les-enfants-terribles_3 droit-chemin-1-les-enfants-terribles_4

Petit bac 2020a
(6) Mot au pluriel

Saison des Roses – Chloé Wary

71+anIuzGHL FLBLB – mai 2019 – 264 pages

Quatrième de couverture :
– On nous prend pas au sérieux nous les meufs. Des fois je me dis que ce serait plus simple si j’avais des couilles.
– C’est pour ça que tu t’habilles comme un mec.
– Arrête on dirait ma mère?!
– T’façon même en talons tu serais pas plus féminine…
– Une gazelle, ça court pas en talons.

Auteure : Chloé Wary a été étudiante au lycée d’art appliqué Auguste Renoir.
Elle publie avec Conduite Interdite sa première bande dessinée en 2017. Elle obtient en 2020 le Fauve prix du public France Télévisions au Festival de la BD d’Angoulême pour Saison des Roses (2019).

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’avais entendu parler de cette BD après son Fauve Prix du public 2020 lors du dernier Festival d’Angoulême.
Une bande dessinée dynamique aux couleurs vives, dessinée aux feutres, autour du football féminin.
Barbara est une attaquante talentueuse et capitaine de l’équipe des Roses de Rosigny. Mais la saison commence mal avec l’annonce de leur forfait pour les compétitions de l’année faute de budget. Les dirigeants du club préfèrent financer l’équipe masculine. Face à cette injustice, les filles ne vont pas se laisser faire et réagir pour dénoncer cette injustice !
Cette histoire réaliste n’est pas seulement une chronique sur le football mais sur l’adolescence, la banlieue, l’amitié. Barbara est une jeune femme volontaire, sensible et très attachante. Elle est motivée pour s’entraîner, mener son équipe et ensemble défendre le droit à participer au championnat…
Le combat de ces jeunes footballeuse devient une lutte féministe.
Lorsque Chloé Wary a eu l’idée de faire cette BD après une rencontre avec l’entraîneuse de l’équipe féminine de football de Longjumeau, elle s’est elle-même inscrite dans un club de football. Le lecteur ressent parfaitement son expérience dans le réalisme et la justesse de ses personnages et de Rosigny-sous-Bois, ville de banlieue imaginaire.
Une très belle découverte !

Extrait : (début de la BD)

SaisonDesRoses_p3 SaisonDesRoses_p4 SaisonDesRoses_p5SaisonDesRoses_p6 SaisonDesRoses_p7 SaisonDesRoses_p8SaisonDesRoses_p9 SaisonDesRoses_p10

Petit bac 2020a
(5) Couleur

Tyler Cross – tome 3 : Miami – Fabien Nury et Brüno

61ptfbgS8eL Dargaud – mars 2018 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Nous avions quitté un Tyler Cross fatigué mais libre après son évasion du centre pénitentiaire d’Angola. Nous le retrouvons fringuant et en chemisette à fleurs sous le soleil de Floride. Entraîné malgré lui par son avocat véreux, Tyler s’immerge dans le monde poisseux de la promotion immobilière. Et se concentre sur un objectif alléchant : un braquage de 700 000 dollars. Dans cette nouvelle affaire criminelle, Tyler Cross rencontre une alliée surprenante en la personne de Shirley Axelrod, apparemment normale, mais qui apprend vite. Très vite.

Auteurs : Né en 1975, Brüno commence ses études à l’école Estienne, à Paris, avant d’obtenir une maîtrise d’arts plastiques à Rennes. En 2001, il publie le premier tome de Nemo, libre adaptation de vingt mille lieux sous les mers. À partir de 2003, il publie avec Fatima Ammari-B une série policière, Inner City Blues, puis anime sur Internet de 2003 à 2006 avec Pascal Jousselin un feuilleton à quatre mains, les aventures de Michel Swing. En 2007, il publie avec Appollo chez Dargaud biotope et la série commando colonial, puis en 2011 avec Fabien Nury Atar Cull ou le destin d’un esclave modèle.
Fabien Nury est né en 1976. Il se lance dans la bande dessinée en 2003, encouragé par le scénariste Xavier Dorison, avec lequel il travaille sur w.e.s.t. De 2004 à 2007, il signe la série fantastique je suis légion, avec le dessinateur John Cassaday, avant d’écrire le scénario d’il était une fois en France, dessiné par Sylvain Vallée (prix de la meilleure série à Angoulême en 2011). Chez Dargaud, il publie deux séries, le maître de Benson Gate (avec Renaud Carreta) et la mort de Staline (avec Thierry Robin), avant de travailler avec le dessinateur Brüno sur Atar Cull.

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai un peu oublié les deux précédents tomes de la série, mais cela n’a aucune importance pour découvrir ce troisième tome.
Tyler Cross est recherché dans cinq États américains et la mafia a mis sa tête à prix… Le voilà sous le soleil de Floride, à Miami, venu rechercher la somme de 720000 dollars qu’il avait confié à son avocat. Ce dernier, Sid Kabikoff, ex-bagnard devenu un avocat véreux, pensant son client mort dans un incendie, a investi la somme dans un projet immobilier. Tyler Cross est bien décidé à récupérer son dû… Une ambiance de polar des années 50, un style cinématographique, une sombre affaire immobilière, des assassinats, de la mafia cubaine, des trahisons, des magouilles financières… Une intrigue rythmée, efficace avec des rebondissements. J’ai passé un très bon moment en compagnie de cette BD.

Extrait :

Page-3-555x731 Page-4-555x731

Déjà lu du même auteur :

tyler-cross-tome-1-tyler-cross Tyler Cross Couv_251488 Tyler Cross – tome 2 : Angola

L’obsolescence programmée de nos sentiments – Zidrou et Aimée de Jongh

9782505067566-couv 51GGzYRpNhL._SX195_ 

Dargaud – juin 2018 – 144 pages 

Quatrième de couverture :
« Le corps se résigne plus vite que l’âme.
Le temps le ride. L’injurie. L’humilie.
Il fait avec, le corps, beau joueur.

L’esprit, lui, est mauvais perdant.
Il ne conçoit que par à-coups,
par révélations douloureuses,
par effrois successifs. »

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D’abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l’écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l’auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, « Le Montreur d’histoires », « Tourne-Disque », « Lydie », « Folies Bergères », « La Mondaine », « Les 3 Fruits » ou encore « Les Promeneurs sous la Lune ». On lui doit aussi, plus récemment, la reprise du classique autant qu’indémodable « Ric Hochet ». En 2015, il signe Le Bouffon avec Francis Porcel, Le Crime qui est le tien avec Philippe Berthet pour la collection Ligne Noire, et entame la série Les Beaux Etés avec Jordi Lafebre. Zidrou reviendra en 2017 avec quatre sorties aux teintes très différentes : Shi en janvier, une nouvelle série avec Homs au dessin, le one shot Natures Mortes en mars, le troisième tome des Beaux Etés en juin et enfin Hadiya, avec son complice Francis Porcel, au mois de septembre.
Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l’âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d’édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd’hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d’animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d’animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc’ en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l’ont fait connaître. En 2014, Aimée s’est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l’international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l’écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L’obsolescence programmée de nos sentiments.

Mon avis : (lu en juin 2020)
Elle s’appelle Méditerranée, elle a 62 ans, elle ne s’est jamais mariée. Sa mère vient de mourir après une longue agonie. Méditerranée est désormais l’aînée de la famille.
Ulysse vient de perdre son boulot de déménageur après 40 ans de bons et loyaux services. A 58 ans, contre son gré, il a été mis à la retraite.
Pour tous les deux, les jours sont gris, la solitude est là et la vieillesse n’est pas loin, c’est plutôt déprimant…
Jusqu’au jour où Ulysse et Méditerranée se rencontrent dans une salle d’attente…
Peut-on recommencer une vie à plus de soixante ans ?
Ce joli roman graphique dessine la rencontre inattendue de deux solitudes avec tendresse et humour. Et une conclusion inattendue et surprenante…

Le dessin évolue avec l’histoire, sombre et brut, accentuant les traits au début de l’histoire, il prend des couleurs et de la douceur au fil des pages tout en restant réaliste et esthétique.

Extrait :

8655_p lobsolescence11 PlancheS_60724lobsolescence13 lobsolescence20 lobsolescenceattente62obsolescence96

Petit bac 2020a
(5) Crime et Justice

Khalat – Giulia Pex

71li5LAWYlL Éditions Presque lune – janvier 2020 – 116 pages

Quatrième de couverture :
Qu’emporteriez-vous si, une nuit, vous étiez contraints de quitter votre maison pour toujours ? A quels compromis seriez-vous disposés à vous résoudre et où finiraient vos ambitions, les rêves et l’amour ? Inspiré d’une histoire vraie, Khalat raconte ce qui se cache derrière l’un des nombreux visages qui peuplent nos villes, celui d’une femme et de sa marche forcée, de la naïveté au désenchantement, de la Syrie à l’Europe.

Auteur : Giulia Pex est née en 1992 dans la province de Milan. Après avoir fréquenté l’Istituto Italiano di Fotografia, où elle expérimente le mélange des genres, mêlant ses clichés au dessin, elle décide de se consacrer entièrement à l’illustration et s’inscrit à la Scuola del Fumetto. Les lignes nettes au crayon et aquarelles légères contribuent à donner vie à son imaginaire, dans lequel trouble et tranquillité trouvent leur place et coexistent pacifiquement. L’art romantique, les lumières de Hopper, le cinéma indépendant et la musique post-rock sont ses influences.

Mon avis : (lu en mai 2020)
Ce témoignage est tiré d’une histoire vraie, évoqué par Davide Coltri dans son recueil de différentes histoires Dov’è casa mia est raconté par Khalat elle-même dans un journal intime à partir de mars 2011, au début du printemps arabe, jusqu’à 2015, année du début de l’exode massif des migrants vers l’Allemagne.
En 2011, Khalat, jeune femme kurde syrienne, n’a pas vingt ans, vient d’intégrer l’université de Damas et elle rêve de devenir écrivaine, journaliste ou enseignante, de vivre loin de sa Syrie natale et d’y revenir de temps à temps pour voir ses parents et   Muhsen, son frère aîné adoré.
Mais quelques mois plus tard, la guerre civile détruit ses rêves d’émancipation et Khalat retourne auprès des siens, à ­Qamichli, la « capitale » du Kurdistan ­syrien. Puis Muhsen, devenu militant Kurde, disparaît… Avec ses parents et Kawa, son neveu âgé de moins de deux ans, ils doivent fuir la Syrie et partir à travers l’Irak, la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et plusieurs camps de migrants pour trouver finalement refuge en Allemagne.
Une bande dessinée d’une grande subtilité, le dessin d’une grande beauté donne à ce récit poignant toute sa profondeur. Les regards, les gestes sont dessinés avec une délicatesse qui sublime toute la sensibilité des mots.

Extrait : (quelques dessins)

15et12 18-135 et 95 37-1 et 4678

Petit bac 2020a
(6) Prénom

Une saison à l’ONU, Au cœur de la diplomatie mondiale – Karim Lebhour, Aude Massot

71dgt7TZBuL Steinkis – octobre 2018 – 207 pages

Quatrième de couverture :
En 1945, l’Organisation des Nations unies est créée pour maintenir la paix et la sécurité dans le monde. Ce « machin », comme l’appelait le général de Gaulle, tout le monde en a entendu parler, mais combien savent exactement ce que fait l’ONU et comment elle fonctionne ? Karim Lebhour a été correspondant de presse au siège de New York pendant quatre ans. Dessinées par Aude Massot, ses chroniques parfois décalées, souvent drôles, toujours édifiantes font vivre les coulisses de la seule instance internationale dans laquelle tous les pays peuvent faire entendre leur voix.

Auteurs : Karim Lebhour a été correspondant à l’ONU de 2010 à 2014, après cinq ans au Proche-Orient où il a écrit Jours tranquilles à Gaza (récit préfacé par Stéphane Hessel). De son expérience à l’ONU, il avait tiré un premier reportage pour La Revue Dessinée avec James et Thierry Martin, publié au printemps 2014. Karim doit son éducation à la BD à la bienveillance du personnel de la Fnac de Grenoble qui le laissaient lire dans les rayons. II travaille aujourd’hui pour International Crisis Group Washington.
Sortie des ateliers BD de l’école bruxelloise Saint-Luc en 2006, Aude Massot entame à Paris une carrière de storyboarder dans le dessin animé, et s’installe stratégiquement entre une librairie BD et son bistrot préféré. Après un séjour à Montréal, elle devient l’auteur de Québec Land, un journal dessiné sur le quotidien d’un couple d’expatriés français au Québec (Sarbacane). En 2015, elle réalise une enquête sur le Samu social de Paris, Chronique du 115 (2017).

Mon avis : (lu en mai 2020)
Karim Lebhour a été correspondant de presse pour RFI au siège de l’ONU à New York pendant quatre ans, de 2011 à 2013. Dans l’esprit des chroniques de Guy Delisle ( ), l’auteur nous raconte son quotidien à l’ONU.
Tout d’abord, il nous explique « comment ça marche » avec l’Assemblée Générale et ses 193 États membres, le Conseil de Sécurité composé de cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume Uni et Russie) et dix membres élus pour deux ans, puis la galaxie ONU avec les Casques Bleus, le Secrétaire Général, le Conseil économique et social, la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale de La Haye…
L’ONU a également créé plusieurs agences et programmes pour soutenir son action (OMS : organisation mondiale de la santé, UNESCO : organisation pour l’éducation, la science et la culture, UNICEF : fonds pour l’enfance, UNHCR : agence pour les réfugiés…).
Entre du purement documentaire et des anecdotes personnelles et amusantes, cette BD nous permet de comprendre le fonctionnement et les enjeux de cette institution.
L’ONU est une véritable usine à gaz, où chaque État membre y défend ses intérêts nationaux, en particulier les cinq membres permanents du conseil de sécurité et leur fameux droit de veto, ces grandes puissances votent plus pour leurs intérêts que pour l’intérêt commun… C’est un lieu où les états peuvent se rencontrer mais décident rarement de quelque chose, une tribune devant le monde où des dictateurs peuvent se  montrer et où les ennemis se serrent les mains devant les caméras pour mieux se déchirer mutuellement après…
Côté anecdotes, il y a l
e discours du ministre indien qui ne se rend compte qu’au bout de longues minutes qu’il est en train de lire le texte de son homologue portugais et non le sien… Ou l’interview 100% langue de bois de Ban-Ki-Moon, le Secrétaire Général, qui prend soin de ne fâcher personne en utilisant les mêmes éléments de langage pour chacune des questions posées…
Un témoignage instructif et passionnant à lire sur la diplomatie mondiale.

Extrait : (début de la BD)

71nP7YJy1yL 81AJLLhbgbL81fJ2QefLxL  81c5E6cPMFL  71BbaMFk4CL

Petit bac 2020a
(5) Amour

Moi, Mikko et Annikki – Tiitu Takalo

2873_couv Rue de l’Échiquier – janvier 2020 – 248 pages

traduit du finnois par Kirsi Kinnunen

Titre original : Minä, Mikko ja Annikki, 2014

Quatrième de couverture :
À Tampere, en Finlande, les habitants du quartier historique d’Annikki promis à la démolition unissent leurs forces face à la rapacité des promoteurs et de leurs complices politiques. Avec son compagnon Mikko, l’autrice Tiitu Takalo est aux avant-postes de cette lutte pacifique et nécessaire. Elle tient en images la chronique de sa communauté en résistance, au service d’une idée aussi vitale qu’universelle : et si la richesse et l’âme d’une ville résidaient d’abord dans son patrimoine, et que sa préservation était la clé de nos identités collectives comme de nos avenirs possibles ?

Auteure : Illustratrice et autrice finlandaise de bande dessinée, enseignante et féministe revendiquée, Tiitu Takalo vit et travaille à Tampere, dans un quartier ancien dont elle retrace ici l’histoire et le.sauvetage par ses habitants. 

Mon avis : (lu en avril 2020)
J’ai été attirée par cette BD, tout d’abord parce qu’elle est finlandaise et que c’est une première pour moi… Ensuite en la feuilletant, j’ai découvert la variété du style de dessin de l’auteure qui alterne l’aquarelle sur papier blanc et l’utilisation de pages de couleurs avec des dessins aux crayons noir et blanc…
Tampere est la deuxième ville de Finlande, coincée entre deux lacs, sa situation géographique lui a permis de devenir un centre industriel important dès le 19ème siècle. Au cours des années, la ville a grandi, s’est étendue, de nouveaux faubourgs sont apparus mais grâce au courage et la volonté de ses habitants Tampere n’a pas perdu son identité. 
Dans cette BD, l’auteure Tiitu Takalo et son compagnon Mikko racontent leur propre histoire avec le quartier historique d’Annikki. Ce quartier a été de nombreuses fois promis à la démolition, mais ses habitants ont toujours résisté pacifiquement aux promoteurs et politiques complices, pour préserver ce patrimoine témoin de l’histoire de la ville.
Tiitu raconte d’une part l’histoire de Tampere puis plus spécifiquement de son quartier, elle évoque la naissance de la ville, l’évolution de l’urbanisme, l’impact industriel, celui des guerres et des aléas géostratégiques et d’autre part les étapes de son installation dans le quartier avec son amoureux.
Tiitu aime récupérer de vieux objets et recycle dans la mesure du possible. A l’échelle de la ville, elle s’interroge sur ces problématiques liées à l’environnement et au développement durable. Pourquoi démolir des habitations alors qu’il est possible de les rénover ?
Graphiquement, la vie de Tiitu et Mikko est dessinée à l’aquarelle avec des teintes vives sur des feuilles blanches.
Les passages historiques sont dessinés sur du papier sombre brun, gris, rouge et ocre au crayon noir rehaussé de blanc.
La lutte pour la sauvegarde d’Annikki à partir des années 2000, entre l’Association du quartier et la municipalité est dessinée dans un style illustration médiévale… C’est surprenant mais s’intègre très bien à l’ensemble.
La partie historique peut paraître un peu longue et rébarbative pour quelqu’un comme moi qui connaît peu de choses sur l’histoire finlandaise… Je vous conseille donc de ne pas faire l’impasse sur « l’avis au lecteur » présent en introduction où l’auteure nous donne de nombreuses clés pour mieux comprendre sa bande dessinée.
Une belle découverte bien documentée, très intéressante et vraiment originale graphiquement.

Extrait : 
Pour montrer la grande variété des styles de Tiitu Takalo, j’ai choisi des planches non consécutives.

2873_P1 2873_P22873_P3 2873_P42873_P5 2873_P62873_P7 2873_P82873_P18 2873_P20

 

Petit bac 2020a
(5) Prénom

A la vie ! – L’Homme Étoilé

71O+5b52GiL Calmann Levy Graphic – janvier 2020 – 192 pages

Quatrième de couverture :
Avec Roger, l’Homme étoilé met une claque à la maladie sur les sons endiablés des tubes de Queen. Avec Mathilde, il apprend à parler le suédois, Edmond lui lance un véritable défi gastronomique et Nanie finit par l’adopter, en parfaite nouvelle grand-mère.
Dans ce roman graphique plein d’humanité, émouvant et drôle, l’Homme étoilé raconte la vie aux soins palliatifs avec douceur, pudeur, amour et humour.

Auteur : Xavier, alias LHomme étoilé, est l’infirmier aux plus de 1OO OOO abonnés sur Instagram, qui raconte la vie aux soins palliatifs avec douceur, pudeur, amour et humour.

Mon avis : (lu en mai 2020)
Avant le début du confinement, j’ai pris quelques livres et BDs pour passer les premières semaines (officiellement 2 mais je me doutais bien que cela allait durer un peu plus…)
Parmi les BDs, il y avait celle-ci. Mais vu les circonstances et un peu par superstition, je repoussais jour après jour le moment où j’allais m’y plonger. Et j’avais tort car comme l’annonce le bandeau publicitaire de la bande dessinée,  Xavier, alias l’Homme étoilé sur Instagram, est « l’infirmier qui transforme les soins palliatifs en bulles d’amour ».
Avec un coup de crayon épuré et plein de rondeurs, l’Homme étoilé raconte des moments de vie dans le service de soins palliatifs où il travaille.
A travers ses rencontres avec les personnages touchants de Roger, Mathilde, Marie, Nanie, Edmond, Christine et Blanche, l’Homme étoilé raconte avec une grande tendresse le quotidien de ce service qui fait peur et nous renvoie à nos propres angoisses car associé à la fin de vie… Au chevet de ses patients, ce grand costaud de 1,93 m au look atypique avec ses cheveux longs, sa barbichette et ses tatouages est un soignant toujours à l’écoute pour « … ajouter de la vie aux jours à défaut d’ajouter des jours à la vie… ».
Avec Roger, ils écoutent et chantent à fond du rock’n roll, avec Mathilde, il apprend le suédois, Nanie sera une grand-mère d’adoption, ce sera des expériences culinaires avec Edmond…
Cette lecture apaisante nous renvoie de l’empathie, de la musique, de la sensibilité, de l’humour, de la joie et beaucoup d’humanité. Une très belle découverte !

Extrait : (début de la BD)

9782702167267-6 9782702167267-7 9782702167267-8 9782702167267-9
9782702167267-10  9782702167267-11 9782702167267-12 9782702167267-13

Agrippine – Claire Bretécher

51LdaPxfBbL Dargaud – 1988 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Il fallait un caractère bien trempé pour succéder aux célébrissimes Frustrés dans les pages du Nouvel Obs. Ça tombe bien car du caractère, Agrippine, n’en manque pas. Coincée entre ses parents trop tolérants, ses crises existentielles, ses copines et son petit frère, Agrippine traverse l’âge ingrat d’une adolescente d’aujourd’hui avec un humour féroce et une mauvaise fois absolument réjouissante.

Auteure : Claire Bretécher (1940 – 2020) est une dessinatrice et une scénariste de bandes dessinées.
Elle débute dans la bande dessinée avec une collaboration avec René Goscinny en 1963. Sa carrière prend son envol quand elle travaille pour Tintin de 1965 à 1966.
En 1969, elle collabore au journal Pilote avec son personnage “Cellulite”. Dans cette série, elle y stigmatise les excès du féminisme tout en défendant la cause des femmes.
De 1969 à 1971, elle s’impose ensuite au journal Spirou par des satires de ses contemporaines (“Salades de saisons”).
En 1972, elle crée avec Marcel Gotlib et Mandryka l’Écho des savanes. Collaborant aussi au mensuel écologique Le Sauvage à partir de 1973, elle entre au Nouvel Observateur la même année avec sa série Les Frustrés (15 octobre 1973), intégrée dans la rubrique sociétale “Notre Epoque”.
Elle obtient le Prix du scénariste français au festival d’Angoulême en 1996 et l’Alph-Art humour au festival d’Angoulême pour « Agrippine et l’ancêtre » en 1999.
Ces dernières années, elle s’est surtout consacrée à la peinture.

Mon avis : (relu en mars 2020)
J’ai découvert cette BD quelques années après sa sortie et l’époque de l’adolescence d’Agrippine était également celle de mon adolescence… Je n’avais pas de petit frère mais deux petites sœurs et un caractère bien moins tranchée que notre héroïne…
J’avoue que je ne gardais pas grand souvenir de cette BD et le décès de Claire Bretécher et le Challenge Petit Bac m’ont incité à cette relecture.

Agrippine est l’adolescente en crise dans toute sa splendeur : boudeuse, sarcastique, paresseuse, en révolte contre ses parents, et toujours en conflit avec son petit frère. Avec ses copines, dont elle est inséparable, Agrippine parle une langue inventée qui mélange verlan et autres expressions créées par l’auteur. Le sujet des garçons est bien sûr au centre de leurs bavardages interminables, elle ne songe pas un instant à se projeter vers l’avenir…
Même si certaines problématiques de l’adolescente n’ont pas changé, j’ai trouvé que cette BD avait plutôt vieillie.

Les deux adaptations suivantes sont plus vivantes et amusantes pour découvrir cette adolescente malgré tout attachante.
En 2001, Agrippine est adaptée en série télévisée d’animation par Frank Viber pour Arte.
En 2012, la bande dessinée est adaptée à la radio sur France Culture pour une série de cinq épisodes de 23 minutes.

Extrait :

agrippine1  5199EniTkML

Petit bac 2020a
(4) Personnage Célèbre

Irena, tome 5 : La vie, après – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël, Walter

81mxFi0ucQL Glénat – janvier 2020 – 72 pages

Quatrième de couverture :
1983, Jérusalem. Voilà 18 ans qu’Irena a été reconnue Juste parmi les nations par le peuple d’Israël. Pour autant, ce n’est qu’aujourd’hui qu’un arbre est planté en son honneur à Yad Vashem… Une reconnaissance tardive qui vient permettre à cette femme humble de continuer le récit de sa vie héroïque. Les derniers mots de son histoire sont dédiés au docteur Janusz Korczak qu’elle a connu, médecin et écrivain polonais qui a délibérément choisi d’accompagner les enfants de son orphelinat au camp de Treblinka…
Découvrez la conclusion émouvante de cette série poignante et d’utilité publique : le destin hors-norme de l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre mondiale. Ce cinquième volume est préfacé par Marek Halter.

Auteurs : Né en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna. En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage, commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte. En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya.
En 2013, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès.
Née en 1981, Séverine Tréfouël a attrapé le virus de la BD toute jeune en dévorant les albums de la bibliothèque municipale. Après des études brillamment réussies mais déconnectées de sa passion, elle renoue avec l’univers de la Bande Dessinée en acceptant un poste de libraire BD chez Bédérama, la librairie spécialisée de Reims. En 2004,  elle crée son entreprise BD Cube, où elle confectionne des cadres en 3D à partir d’images de BD. Après avoir travaillé avec plusieurs grands noms de la BD dont notamment Didier Crisse, Jean-Luc Masbou, Sylvain Vallée, et de nombreux autres, Séverine met fin à cette belle aventure pour se consacrer plus entièrement au scénario.
E411 (David Evrard) est né à Cologne en Allemagne, le 6 juillet 1971. Ses premiers dessins sont édités par l’O.N.E. (Office de la Naissance et de l’Enfance, en Belgique). Ils sont suivis par d’autres pour la revue Bonjour pour lesquelles il créera la BD jeunesse Max et Bouzouki avec Falzar au scénario. Max et Bouzouki ont leur propre mensuel éponyme depuis 2004. À partir de 1995, sur des scénarii de Fauche et Adam, E411 a réalisé de nombreuses BD de communication pour, entre autres le groupe Accor (Alph-art de la communication à Angoulême en 1996), Hewlett Packard, Laroche-Posay, etc. Parallèlement, il participe activement à l’animation du journal Spirou avec « Les Couvertures que vous ne deviez pas voir ». En 2009, les éditions Vents d’Ouest éditent sa série Edwin et les Twins (2 tomes parus, scénario de Falzar). En octobre 2009, Edwin et les Twins reçoit le Grand Prix des Lecteurs du Journal de Mickey. En 2011, les éditions Sandawe éditent Maître Corbaque (scénario de Zidrou), qui a la particularité d´être la première BD mondiale financée par des internautes. Également avec Zidrou, il crée la série Schumi (Prix Escapade 2013), bientôt adaptée en dessin animé sous le nom Will sur France TV (2016). Avec Morvan et Tréfouël, il publie en 2017 le poignant Irena ayant pour toile de fond le ghetto de Varsovie qui s’achève après 5 tomes. Réside en Belgique.

Mon avis : (lu en avril 2020)
C’est le cinquième et dernier tome de cette série qui raconte l’histoire d’Irena Sendlerowa, une travailleuse sociale polonaise qui n’a pas hésité à prendre des gros risques pour sauver de nombreux enfant du ghetto de Varsovie lors de la seconde guerre mondiale.
1983, Irena a pu enfin venir en Israël pour planter un olivier dans l’allée des Justes de Yad Vashem, dix-huit ans après avoir été déclarée « Juste ».
Dans ce dernier tome, Irena revient sur l’insurrection puis la libération de Varsovie par l’Armée Rouge, puis le retour des camps des enfants hantés par les cauchemars…
En 1949, Irena a été soupçonnée de cacher des résistants polonais. Finalement, elle échappera aux purges staliniennes.
Cette femme exceptionnelle, pleine d’humilité et qui toute sa vie a regretté de ne pas avoir pu sauver plus d’enfants, est décédée en mai 2008, à l’âge de 98 ans.
A la fin de l’album, on retrouve un frise historique et quelques photos de la vie d’Irina. Cela permet au lecteur d’avoir une vue globale des 5 tomes de la série.
Ce cinquième volume est préfacé par Marek Halter qui a eu l’occasion de rencontrer cette grande dame.

Extrait : (début de la BD)

A15i+aTLcgLA1KNF85Rt0L91KDS-XPzPL

Déjà lu du même auteur :

91sYNAhtwWL Irena – tome 1 : Le ghetto  91dLnOPDZ-L Irena – tome 2 : Les justes

51RBT9XNMpL  Irena – tome 3 : Varso-Vie

81zW7nPj1WL Irena – tome 4 : Je suis fier de toi

Petit bac 2020a
(4) Prénom