L’adoption, cycle 2 – tome 1 : Wajdi – Zidrou et Monin

81ciQ7T2MbL Bamboo – septembre 2021 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Originaire du Yémen, Wajdi a grandi dans l’horreur de la guerre. Une enfance brisée par les combats, les privations, les souffrances. Après de longs mois d’attente, Gaëlle et Romain accueillent enfin Wajdi chez eux. Méfiant, endurci par la force des choses et ne parlant pas un mot de français, l’enfant de 10 ans s’effraie des moindres bruits du quotidien et interprète mal les gestes les plus simples.
Les heureux parents adoptifs vont être très vite confrontés aux premiers « non », aux premiers troubles de l’adolescence et aux premières rébellions. Wajdi a connu le pire, il va lui falloir du temps avant d’en accepter le meilleur.

Auteurs : Né en 1962 à Bruxelles, Zidrou est d’abord instituteur, puis en 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Élève Ducobu. Il signe alors de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, puis imagine des histoires pour adultes comme ProTECTO, Lydie, ou encore Tourne Disque. En février 2012, il signe Boule à Zéro et en octobre 2014, Merci. En 2017 il sort L’adoption avec Arno Monin.
Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l’art, Arno Monin intègre une école d’arts appliqués qui proposait la formation dessin, animation, bande dessinée. En cours de formation, un projet BD commence à le démanger. Il s’y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs. Il signe les dessins du très remarqué L’Envolée sauvage, suivi de L’Enfant maudit.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
Dans cette série de BD autour de l’adoption, voici un nouveau cycle avec Wajdi, un petit garçon de 10 ans, originaire du Yémen qui a grandi dans un pays en guerre. Gaëlle et Romain accueillent Wajdi avec plein de bonne volonté dans leur belle maison. La communication est difficile entre le jeune garçon et sa famille adoptive : ils ne parlent pas la même langue, tout est étranger dans cette maison, les coutumes, la nourriture, la salle de bain… Wajdi est craintif, il refuse tout contact tactile, les bruits inconnus le terrifient. La nuit, seul dans cette grande chambre est souvent cauchemardesque pour cet enfant brisé par son passé. Et la famille ? Elle ne fait rien pour chercher à comprendre les réactions de Wajdi. Elle est déstabilisée par « l’ingratitude » du jeune garçon… Aucun n’est vraiment à l’écoute de Wajdi qui a besoin d’être apprivoisé. Personne ne comprend qu’après avoir connu les horreurs de la guerre, se retrouver sans aucun repère, dans un pays inconnu, sans comprendre la langue est un choc pour ce petit garçon qui n’a rien oublié de sa vie au Yémen.
Ce premier tome de cette histoire a une conclusion poignante et terrible, il nous fait réfléchir sur le sujet de l’adoption. Le dessin de cette bande dessinée est doux et coloré.
J’attends avec impatience la suite et fin de l’histoire de Wajdi.

Extrait :

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Petit bac 2022
(1) Famille

 

Déjà lu des mêmes auteurs :

l'adoption L’adoption cycle 1 – Qinaya

117523615 L’adoption cycle 1 – tome 2 – La Garùa

Celle qui nous colle aux bottes – Marine de Francqueville

Masse Critique
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71Y-jCdQBnL Rue de l’échiquier – avril 2021 – 200 pages

Quatrième de couverture :
– J’aimerais bien que tu me racontes ton histoire, pourquoi t’es devenu agriculture et tout ça… !
– Oh là là… mais c’est l’agriculture ton sujet, pas moi !
– Oui… enfin, c’est un peu les deux !

Auteur : Marine de Francqueville est une jeune illustratrice fraîchement diplômée de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (EnsAD), section cinéma d’animation. Elle réalise des courts-métrages, des clips, des scénographies, des sculptures en argile ou en céramique, et prépare un festival artistique dans le village de son enfance, Trigny. Celle qui nous colle aux bottes est sa première bande dessinée publiée.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Une bande dessinée très documentée et très instructive sur l’agriculture d’aujourd’hui.
Marine est étudiante aux Arts Déco à Paris, son père est agriculteur dans la Marne. Pour son mémoire de fin d’études, elle décide de parler de l’agriculture et de l’environnement. Ainsi commence un dialogue entre le père et la fille. Elle a des convictions écologiques, elle vit maintenant à Paris, donc à la ville… Son père défend l’agriculture conventionnelle même s’il en connaît les défauts… Les échanges sont riches, parfois passionnés mais toujours affectueux… Marine et son père s’interrogent mutuellement, ils restent ouverts aux arguments de l’un et de l’autre, ils font progresser leur réflexion. Ce débat très actuel met en lumière les enjeux décisifs de l’agriculture de demain.
Au cours de son enquête, Marine rencontre de nombreux agriculteurs ayant des manières différentes de produire. Les mentalités changent avec la nouvelle génération. Il est question de bio, d’agroforesterie, d’ogm…  Avec elle, le lecteur découvre l’évolution de l’agriculture depuis ses origines et surtout depuis l’après Seconde Guerre Mondiale avec le remembrement du territoire, le productivisme… Les contraintes imposés aux agriculteurs pour voir toujours plus gros et les conséquences sur l’environnement.
Comme le montre la couverture, « Celle qui nous colle aux bottes » est aussi bien la boue que Marine !
Avec un dessin noir et blanc assez simple, cette bande dessinée, très complète sur le fond, nous fait nous interroger sur le futur de notre planète.

Extrait :

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Petit bac 2022
(1) Objet

Moon river – Fabcaro

41JolfSf+sL 6 pieds sous terre – septembre 2021 – 80 pages

Quatrième de couverture :
J’en ai vu d’autres, et des bien pires…
L’affaire de la coupe mulet ?
Je préfère ne pas en reparler si ça ne vous dérange pas…

Auteur : Fabrice Caro, dit Fabcaro, dessine depuis l’enfance et décide de s’y consacrer pleinement à partir de 1996. Il travaille pour la presse ou l’édition, pour différentes revues de bande dessinée telles : Fluide Glacial, FLBLB, Psikopat, Jade, Tchô !, L’Echo des Savanes, Zoo, Mauvais esprit et CQFD. Il a publié chez des petits éditeurs (comme La Cafetière ou 6 Pieds sous terre) comme chez des gros (Audie, Lombard avec la reprise d’Achille Talon). Fabcaro multiplie les collaborations où il officie en tant que scénariste, avec James, Boris Mirroir (Amour, Passion et CX diesel) ou encore Fabrice Erre (Z comme Don Diego, Mars). Son dernier ouvrage chez 6 Pieds sous terre, Carnet du Pérou fut l’un des livres d’humour marquant de 2013, sélectionné pour les prix d’Angoulême en 2014.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
La nouvelle BD de Fabcaro est arrivé ! Un album avec une couverture noire très chic,
présenté sous film plastique… parce qu’il n’est pas à mettre entre toute les mains ?
Comme d’habitude, Fabcaro a imaginé une intrigue saugrenue dans le genre du polar : 
Hollywood, années 50, l’immense actrice Betty Pennyway est victime d’un crime sans précédent et particulièrement abominable. L’Amérique entière est en émoi. L’événement fait la une de la presse.
L’affaire est prise très au sérieux et c’est le lieutenant Baxter qui mène cette délicate enquête
: interrogation de l’équipe de tournage, de la rivale de la victime, de ses anciens amants… La police investigue dans les moindres détails pour tenter de percer ce sombre mystère.
En parallèle à cette intrigue policière, nous suivons Fabcaro dans sa vie quotidienne, à sa table à dessin dans la cuisine familiale, au café avec un ami ou en face à face avec son éditeur, il doit répondre à cette interrogation récurrente : « Tu vas vraiment faire tout un album sur cette histoire ? »
Deux histoires en parallèle, donc deux styles de dessins :

La partie Hollywood est dessinée avec un trait réaliste en noir et blanc plus des aplats de bleu.
Dans la partie autobiographique le trait
est plus brouillon, les visages très expressifs et les teintes plus ternes.
Comme d’habitude, Fabcaro part d’une intrigue simple et banale et avec l’idée d’un crime improbable (qui n’emballe pas vraiment ses proches), l’histoire vrille vers de l’inattendu… Et le lecteur se laisse surprendre !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

Capture-d’cran-2015-06-23-11 Zaï Zaï Zaï Zaï  71Uaq7bWeCL Open BAR, 1ère tournée

61985PN5lJL Formica : Une tragédie en trois actes 

 91LoZIUwWRL Le discours – Fabrice Caro openbar2 Open Bar 2

Petit bac 2022
(1) Art ( chanson )

 

 

Mon rond-point dans ta gueule, portraits de gilets jaunes – Sandrine Kerion

81DqsNwQFZL La Boîte à Bulles – octobre 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
Le 17 novembre 2018, un mouvement non structuré ébranle la France et son gouvernement, l’émanation d’un ras-le-bol collectif qui pousse des centaines de milliers de personnes à protester ensemble contre la vie chère, les inégalités grandissantes, le manque de démocratie… Des groupes de Gilets jaunes campent durablement sur des ronds-points stratégiques, bloquant le pays pour faire entendre leur colère.
Sandrine Kerion était l’une d’entre eux. Afin de mieux rendre la réalité et la complexité de ce mouvement, elle a interrogé plusieurs de ses compagnons de lutte  afin de retranscrire leurs témoignages en BD. Sans émettre de jugement sur leur discours, elle les écoute et les laisse s’exprimer, eux qui considèrent s’être tus trop longtemps et ont vu dans ce mouvement de «  la France d’en bas  » l’occasion de faire bouger les choses. Avec espoir puis, souvent, avec désillusion.
Le projet de l’autrice vise notamment à contrer les représentations – trop souvent caricaturales – des Gilets jaunes dans les média. Ces portraits rendent compte la de diversité des profils de ces personnes mais aussi des combats chers à chacun de ces Gilets jaunes. Une diversité qui faisait sa richesse mais qui a également causé son incapacité à se structurer…

Auteur : Née en 1979, et résidant en Bretagne, Sandrine Kerion est dessinatrice et scénariste de bande dessinée autodidacte. Ces dernières années, elle s’est orientée vers la BD documentaire et de reportage, avec une sensibilité particulière pour les sujets liés à l’actualité sociale. En 2020, elle a élaboré une BD reportage sur l’accès à l’IVG durant le confinement, en collaboration avec la journaliste Isabelle Halliez, parue dans la revue rennaise La Vilaine. En 2021, paraît ses deux premiers ouvrages édités : J’ai Vu les Soucoupes et Mon rond-point dans ta gueule, un portrait de militants gilets jaunes, qu’elle réalise depuis 2018 et publié dans un premier temps via un blog sur le site de Mediapart.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
En novembre 2018, Sandrine Kérion se reconnaissait pour la première fois dans un mouvement social, et elle a enfilé son gilet jaune. Sandrine a participé à des rassemblements sur les ronds-points des Côtes d’Armor, elle y a rencontré des gens et discuté avec eux.
« En novembre 2018, il y avait une forme d’enthousiasme. On se disait que quelque chose était possible, que les choses allaient pouvoir changer.   Je me suis aperçue que c’était des gens, comme moi, dont on ne parlait jamais, des gens qui n’intéressaient personne. Alors qu’en fait, ils représentent la majorité des habitants. Ceux que pendant la crise du Covid, on a appelé les premières lignes, les aides-soignantes, les salariés de l’agroalimentaire, les routiers, les agents de sécurité.  C’est eux qui font tourner le pays.  » 
Sandrine s’est rendue compte que dans les reportages dans les journaux ou à la télé, les gilets jaunes n’avaient pas vraiment la parole, pas le temps de s’exprimer ou alors que leurs actions étaient mal interprétées… Elle a donc décidé d’aller interviewer longuement et à plusieurs reprises une dizaine de gilets jaunes rencontrés sur les ronds-points costarmoricains, et elle en a fait les portraits.
« C’était important de comprendre leurs parcours, leurs valeurs, leurs revendications. Je voulais faire un état des lieux de la situation. Il fallait pour cela prendre du recul. « 
Elles et ils sont : Dany 47 ans ambulancière, Alexandre 34 ans magasinier, Benjamin 38 ans employé de la fonction public, Barbara 69 ans retraitée de la fonction publique, Michel 63 ans retraité, Gilles 59 ans chauffeur routier en invalidité, Bris 81 ans retraité, Mathieu 40 ans plombier électricien autoentrepreneur, écologiste solidaire et Céline 58 ans femme au foyer.
« Sur les ronds-points, les gens ont pris conscience de beaucoup de choses. Ils ont eu l’impression de grandir, d’apprendre beaucoup de choses. C’étaient des espaces d’échanges, de parole. Chacun faisait part de ses difficultés mais réfléchissait aussi à trouver des solutions. »
« Un an après, les gens étaient dans un état d’esprit différent. Il y avait beaucoup de désillusions, d’interrogations sur l’avenir. Ils avaient surtout l’impression que rien n’avait changé. »
A l’automne 2021, des gilets jaunes sont revenus sur les ronds-points car « Rien n’a été résolu. Le prix de l’essence flambe à nouveau, comme celui des matières premières. Pour les gilets jaunes de 2018, la situation est encore pire maintenant. »  « Pourtant, ils avaient vu juste. Les moyens pour l’hôpital, les services publics, c’étaient les revendications des ronds-points. On a vu avec le coronavirus combien c’est important. »
Pour le titre, Sandrine a repris un slogan affiché sur le gilet d’un anonyme.  Elle a dessiné cette aventure humaine et sociale en blanc, gris et en jaune pour frapper le regard du lecteur.
Un roman graphique intéressant et très instructif à lire et à faire lire.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

81qpXcBE-wL J’ai vu les soucoupes

Petit bac 2022
(1) Couleur

Quelqu’un à qui parler – Grégory Panaccione

91Su2SVpf5S Lombard – août 2021 – 256 pages

Quatrième de couverture :
Samuel broie du noir. Et il y a de quoi ! Il est célibataire, vit dans un petit appartement sous un toit de Paris et se morfond dans un travail qui ne le passionne pas… Seul chez lui le soir de son anniversaire, Samuel s’amuse à appeler le seul numéro qu’il connait par cœur, celui de sa maison d’enfance. À sa grande surprise, quelqu’un décroche : lui-même. Le petit Samuel, 10 ans, qui rêve d’être footballeur, de voyager et d’écrire des romans pour impressionner les filles… Comment garder la tête haute quand on doit avouer à l’enfant qu’on était qu’on n’a réalisé aucun de ses rêves ? Il est temps pour Samuel de reprendre sa vie en main…

Auteur : Grégory Panaccione est un animateur, illustrateur, dessinateur et coloriste de bande dessinée français. À 14 ans, il entre à l’école Estienne de Paris, où il apprend les bases du dessin, du graphisme et de la gravure sur cuivre classique. Il poursuit ensuite ses études artistiques aux Beaux-arts de Paris où il expérimente le dessin de nus et l’étude de morphologie. Après une expérience frustrante dans le monde de la publicité, il décide de se lancer dans la bande dessinée.
Il publie sa première bande dessinée muette, « Toby mon ami », en 2012, puis « Âme perdue » en 2013.
« Un océan d’amour », scénario de Wilfrid Lupano, en 2014 – Sélection officielle du Festival d’Angoulême 2015, Prix de la BD Fnac 2015. En 2016, il publie « Chronosquad » sur un scénario de Giorgio Albertini.
Il vit à Milan depuis plus de dix ans et continue d’expérimenter différentes techniques de dessins animés en changeant souvent de rôle (designer de personnages, designer de décors, lay-out et aussi un peu d’animation, pour finir comme réalisateur pour plusieurs séries TV).

Mon avis : (lu en novembre 2021)
Cette BD est l’adaptation d’un roman de Cyril Massarotto, roman que je n’avais pas lu.
Samuel fête ses 35 ans avec un gâteau, des bougies, du champagne… mais il est tout seul… Personne n’est présent pour partager ce jour de fête avec lui. Après avoir bu toute la bouteille, il téléphone à son ex-épouse qui l’a quitté depuis huit ans. Celle-ci est lassée que Samuel l’appelle tous les ans le soir de son anniversaire. Elle lui demande fermement d’arrêter de l’appeler pour toujours.
N’ayant plus personne à qui parler, il compose au hasard le seul numéro de téléphone qu’il connaît par cœur, celui de la maison de son enfance. A sa grande surprise, un enfant décroche… il s’appelle lui aussi Samuel…
Ces conversations avec Samuel-enfant, va faire resurgir de la mémoire de Samuel-adulte les souvenirs du passé, ses rêves

L’histoire est belle et prête à réfléchir sur sa propre vie et s’interroger si l’enfant que nous étions serait fier ou non de l’adulte que nous sommes devenus ? Mais je n’aime pas du tout le dessin.

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2022
(1) Verbe

Le jeune acteur, tome 1 – Riad Sattouf

61qAEnYOvOL Les livres du futur – novembre 2021 – 140 pages

Quatrième de couverture :
En 2008, Riad Sattouf réalise son premier film, Les Beaux Gosses.
Il choisit comme premier rôle le jeune Vincent Lacoste, timide et complexé, qui n’avait jamais imaginé être acteur. Le collégien de 14 ans se retrouve alors propulsé dans le monde secret, fascinant et parfois flippant du cinéma !
L’histoire vraie d’un adolescent anonyme devenu l’un des acteurs les plus talentueux de sa génération.

Auteur : Riad Sattouf est auteur de bandes dessinées et réalisateur. Né en 1978, il passe son enfance entre la Libye, la Syrie et la Bretagne. Il étudie les arts appliqués à Nantes et le cinéma d’animation à Paris, à l’école des Gobelins. Il a publié de nombreux livres, parmi lesquels la série L’Arabe du futur (2.5 millions d’exemplaires vendus), Les Cahiers d’Esther (950 000 exemplaires vendus, 3 premiers tomes adaptés en série d’animation pour Canal+), Pascal Brutal, Retour au collège ou La Vie secrète des jeunes.
Lauréat de nombreux prix internationaux (Los Angeles Times Graphic Novel Prize, prix de l’excellence au Japan Media Arts Festival, Max und Moritz Prize), il est l’un des rares auteurs à avoir gagné à deux reprises le Fauve d’Or du meilleur album de l’année au festival d’Angoulême ( Pascal Brutal volume 3 en 2010 et L’Arabe du futur volume 1 en 2015). La BPI du Centre Pompidou lui a consacré une exposition en 2018 : Riad Sattouf, l’écriture dessinée.
Riad Sattouf est également cinéaste, il a réalisé Les Beaux Gosses en 2009 (César du meilleur premier film et 900.000 entrées en France) et Jacky au royaume des filles en 2014.
Vincent Lacoste est un acteur français né à Paris en 1993. Découvert par Riad Sattouf en 2008, sa filmographie compte maintenant 35 films. Les Beaux Gosses de Riad Sattouf (2009), Astérix et Obélix : au service de sa Majesté de Laurent Tirard (2012), Hippocrate (2014) et Première Année (2018) de Thomas Lilti
Lauréat du Prix Patrick Dewaere en 2016, prix décerné chaque année à un espoir du cinéma français, il a été nommé aux Césars à quatre reprises.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
Nouvelle BD pour Riad Sattouf avec « Le Jeune Acteur 1, Aventures de Vincent Lacoste au cinéma », premier tome d’une série de trois. Elle raconte le parcours de comédien de Vincent Lacoste. En effet ce dernier est apparu pour la première fois à l’écran dans « Les Beaux Gosses », le premier film réalisé par Riad Sattouf…
A 14 ans, Vincent Lacoste n’avait pas spécialement envie de devenir acteur, il est sélectionné lors d’un casting sauvage fait dans son lycée de la banlieue parisienne. Il ne savait pas que le réalisateur cherchait de jeunes comédiens « avec des gros nez, des dents tordues, des têtes zarbies »… Pour Riad, Vincent est encore trop beau pour le personnage. Il n’hésite pas à l’enlaidir avec un appareil dentaire, une coiffure improbable avec des cheveux gras et plaqués. Après s’être vanté au lycée d’avoir été sélectionné, après le tournage Vincent fait profil bas… Dans la salle de cinéma, il sera même vexé d’entendre les rires à chacune de ses apparitions sur l’écran… Ce premier film va lancer la carrière d’acteur de Vincent Lacoste, pour Riad après la réussite de « Les Beaux Gosses », son second long-métrage « Jacky au royaume des filles » sera un échec en salle et sa carrière de réalisateur sera freiné.
Le lecteur découvre les coulisses du tournage et un Riad très protecteur pour Vincent. Ne voulant pas que ce dernier prenne la grosse tête, et se brûle les ailes. Riad prend se rôle très à cœur et comme un « tonton » , il demande à Vincent de continuer ses études en parallèle de ses projets au cinéma. Au fil des années, la relation s’équilibre et ils sont devenus des amis…
Une BD coup cœur, très intéressante et pleine d’humour.

Extrait :

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Petit Bac 2021
(9) Adjectif

Idiss – Richard Malka, Robert Badinter, Bernard Fred

A1ASSrhQ-pL Rue de Sèvres – mars 2021 – 128 pages

Quatrième de couverture :
« J’ai écrit ce livre en hommage à ma grand-mère maternelle, Idiss. Il ne prétend être ni une biographie, ni une étude de la condition des immigrés juifs de l’Empire russe venus à Paris avant 1914. Il est simplement le récit d’une destinée singulière à laquelle j’ai souvent rêvé. Puisse-t-il être aussi, au-delà du temps écoulé, un témoignage d’amour de son petit-fils. » Robert Badinter. Richard Malka et Fred Bernard s’emparent de ce récit poignant et intime pour en livrer une interprétation lumineuse tout en pudeur et à l’émotion intacte.

Auteurs : Richard Malka, né le 6 juin 1968 à Paris, est avocat au barreau de Paris, scénariste de bandes dessinées (L’Ordre de CicéronLa face kärchée de Sarkozy), et romancier français (Tyrannie et  Éloge de l’irrévérence) Il est spécialiste des questions de liberté d’expression et de laïcité, et connu pour être l’avocat du journal satirique Charlie Hebdo depuis sa création en 1992.
Né à Paris en 1928, Robert Badinter fut avocat au barreau de Paris et professeur de droit. Nommé ministre de la Justice en juin 1981 par François Mitterrand, il fit voter l’abolition de la peine de mort en France et prit de nombreuses mesures en faveur des libertés individuelles, des droits des victimes et de l’amélioration de la condition des détenus. Robert Badinter a présidé le Conseil constitutionnel de 1986 à 1995 et fut sénateur des Hauts-de-Seine de 1995 à 2011. Il est l’auteur de nombreux ouvrages juridiques et littéraires.
Fred Bernard est né en 1969, il illustre de nombreux albums réalisés en tandem avec François Roca, des romans jeunesse et sait être un auteur complet en BD adulte quand il écrit et dessine la série Jeanne Picquigny ou Les Chroniques de la vigne et les Chroniques de la fruitière et plus récemment, Carnet d’un voyageur immobile.

Mon avis : (lu en novembre 2021)
Cette bande dessinée est l’adaptation du livre de Robert Badinter Idiss (2018), hommage à sa grand-mère maternelle.

Idiss est née en 1863, quelque part entre la Roumanie et l’Ukraine, dans un village juif de Bessarabie. Son mari est un soldat du tsar toujours au front. Elle doit travailler dur pour subvenir aux besoins de ses enfants et de ses beaux-parents. Bientôt c’est le retour du mari et la naissance du troisième enfant : la petite Chifra et un peu de joie dans le foyer. Mais les premiers pogroms contre la communauté juive et la passion du jeu de l’ancien soldat poussent la famille à émigrer en direction de la France.
La famille s’installe à Paris et développe un commerce de confection dans le Marais. Devenue adulte, Chifra se marie avec Simon Badinter, originaire lui aussi de Bessarabie et de cette union naîtront Claude et Robert. Le bonheur est enfin là, malheureusement pour une courte durée car l’antisémitisme gagne la France puis ce sera l’arrivée de la dictature nazie, la Seconde Guerre mondiale, l’Occupation, les lois antijuives et le génocide programmé…
A travers l’histoire de sa grand-mère, Robert Badinter raconte le parcours d’une femme simple originaire d’Europe de l’Est qui a fuit l’empire tsariste pour découvrir une république laïque qui sera, elle aussi, bouleversée par la xénophobie et l’antisémitisme.

Extrait :

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Petit Bac 2021
(8) Prénom

Pico Bogue – tome 13 – Sur le chemin – Alexis Dormal et Dominique Roques

91p5yfyBx0L Dargaud – septembre 2021 – 48 pages

Présentation :
Pico et ses copains vont devoir réfléchir à la question de la violence. Comment l’éviter, lui faire face, et finir par en rire… Le treizième album de notre petit héros, toujours aussi drôle, tendre et malin !

Auteurs : Alexis Dormal est né en 1977 à Bruxelles. Après des études de réalisation cinématographique, il s’oriente vers le dessin et l’écriture. Dominique Roques, sa mère scénariste, et lui-même créent les personnages Pico Bogue et d’Ana Ana.
Dominique Roques est née en 1948 à Casablanca. Quelques années plus tard, en Belgique, elle a deux fils qui partagent son goût pour la bande dessinée humoristique. L’aîné de ses fils, Alexis Dormal, dessine depuis toujours des personnages pleins de vie. Si pleins de vie qu’il est vite devenu insupportable à Dominique de les abandonner à peine nés. Elle décide donc de leur faire des « transfusions » d’histoires, trouvant les donneurs… en elle et tout autour d’elle. Ainsi tchatchent, galopent et dévorent Pico, Ana Ana et les autres.

Mon avis : (lu en octobre 2021)
J’ai toujours beaucoup de plaisir à
retrouver Pico Bogue, ses copains et sa sœur Ana Ana.  La thématique principale de cet album, c’est la violence. C’est Barnabé qui veut faire un exposé sur la violence, voilà pour la bande de copains l’occasion de réfléchir à la question : quelles sont les différentes violences, comment y faire face, comment l’éviter… Grâce aux mots, à l’humour Pico Bogue nous invite à maitriser nos pulsions violentes…
Les dialogues sont toujours aussi savoureux et l’humour rafraîchissant.
Le dessin aquarelle est très expressif et plein de poésie.
Je suis une inconditionnelle !

Extrait :

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Petit Bac 2021
(9) Voyage

Déjà lu des même auteurs :

picobogue  Pico Bogue tome 1 : La vie et moi

pico_bogue_T2  Pico Bogue tome 2 : Situations critiques

pico_bogue_T3 Pico Bogue tome 3 : Question d’équilibre

5468  Pico Bogue, Tome 4 : Pico love

9782205068153_150 Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété

92114288 Pico Bogue, Tome 6 : Restons calme

100514223 Pico Bogue – tome 7 – Cadence infernale

113716430 Pico Bogue – tome 9 – Carnet de bord

91ZOJyIEOcL Pico Bogue, Tome 10 : L’amour de l’art

91F8+-gZMYL Pico Bogue, tome 11 : L’heure est grave

Chez toi Athènes 2016 – Sandrine Martin

71TYZZGwSGL Casterman – avril 2021 – 208 pages

Quatrième de couverture :
En 2016, Sandrine Martin s’est rendue en Grèce avec le projet EU Border Care et a suivi les sages-femmes et les médecins qui prennent en charge les réfugiées pendant leur grossesse. Cette expérience humaine marquante lui a inspiré un récit bouleversant qui entremêle le parcours de deux femmes que les grandes crises contemporaines vont confronter à l’exil : une sage-femme grecque et une jeune syrienne. Un roman graphique d’une grande acuité, qui témoigne autant de l’enlisement de la société grecque que de l’espoir et de l’énergie déployés dans l’expérience de déracinement.

Auteure : Auteure de bande dessinée et illustratrice, Sandrine Martin a signé de nombreuses images pour l’édition jeunesse et la presse, des récits courts publiés notamment dans les revues Lapin et Dopottuto, ainsi que trois albums, Le Souterrain, L’œil lumineux (L’An 2 et Actes sud / L’An 2) et La Montagne de sucre (L’Apocalypse). Elle rejoint le catalogue Casterman en 2015, avec Niki de Saint-Phalle le jardin des secrets, signé avec Dominique Osuch. Elle vit à Paris. 

Mon avis : (lu en octobre 2021)
Ce roman graphique fait suite à reportage réalisé par Sandrine Martin en Grèce en 2016 et s’inspire également d’une étude anthropologique autour des relations entre les femmes migrantes enceintes et le personnel médicale. Le lecteur découvre le quotidien d’un côté, de Monika, sage femme avec Médecins du Monde, qui travaille auprès des réfugiées. Elle vit avec sa fille et son mari au chômage chez ses beaux-parents. En 2016, en Grèce la situation économique est catastrophique. Et de Mona, une syrienne enceinte, qui fuit la guerre avec son mari et se retrouve dans différents camps de migrants. La route a été longue et difficile pour arriver jusqu’à Athènes, mais le voyage n’est pas terminé puisque leur but ultime est l’Allemagne…
Mona la Syrienne et Monika la Grecque se croisent durant cette grossesse et une amitié se tissent entre les deux femmes.
Pour Monika, les conditions de travail ne sont pas facile, son supérieur gynécologue cherchant à imposer aux futures mères des césariennes non nécessaires…
Le bébé de Mona devrait naître dans sept mois. Avec son mari, elle doit quitter Athènes et atteindre l’Allemagne avant la naissance. Sept mois de formalités, de files d’attente, de refus, de passeurs, de promiscuité et de malnutrition…
Ce
roman graphique est plein d’humanité.
En bonus, on trouve en fin d’ouvrage, des documents et des photographies complétant l’histoire et en disant un peu plus sur cette
étude anthropologique.

Extrait :

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Petit Bac 2021
(8) Lieu

Ne m’oublie pas – Alix Garin

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Lombard – janvier 2021 – 224 pages

Quatrième de couverture :
La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d’Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l’enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l’hypothétique maison d’enfance de sa mamie. Une fuite, une quête, un égarement, l’occasion de se retrouver ? À moins que ce ne soit plutôt des adieux…

Auteure : Alix Garin est née en 1997 en Belgique. Sa vocation pour la bande-dessinée se révèle très jeune, et c’est sans hésitation qu’après son bac elle entame des études de BD à l’école supérieure de Arts Saint Luc à Liège. En 2017, elle est la lauréate du prix Jeunes Talents du festival Quai des Bulles, à Saint Malo. En 2018, fraîchement diplômée, elle déménage à Bruxelles, est embauchée par l’agence Cartoonbase et entame en parallèle l’écriture de Ne M’oublie pas, un récit très personnel. Elle vit et travaille actuellement à Bruxelles. 

Mon avis : (lu en octobre 2021)
Une BD pleine de sensibilité et de sincérité
Marie-Louise, la grand-mère de Clémence, est atteinte d’Alzheimer, elle a été placée en maison de retraite. Mais régulièrement, Marie-Louise fugue… La seule solution proposée par les médecins, c’est de « droguer » la vieille dame pour son bien et pour la protéger.
Clémence refuse d’abandonner sa grand-mère et sur un coup de tête décide de la kidnapper pour prendre la route vers la maison d’enfance de Marie-Louise puisque les souvenirs qui lui restent sont ceux de quand elle était une petite fille…
Dès le début de la BD, le lecteur comprend que l’escapade aura une conclusion différente de ce que Clémence souhaitait. En effet, nous sommes témoins de son interrogatoire au poste de police. L’idée d’enlever sa grand-mère était puérile, mais ce voyage aura été riche en émotions, en rires, en larmes, en péripéties et surtout en souvenirs… Un voyage inoubliable qui permettra à Clémence d’en apprendre beaucoup sur sa grand-mère, sur sa mère et également sur elle-même. 
Un album touchant et plein de poésie sur le sujet difficile du grand âge et sur les relations inter-générationnelles avec un dessin tout en douceur et des couleurs pastels. Une très belle découverte !

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(9) Voyage