Soixante printemps en hiver – Aimée de Jongh, Ingrid Chabbert

814MPr8ATwL Dupuis – mai 2022 – 120 pages

Quatrième de couverture :
Le jour de son 60e anniversaire, Josy refuse de souffler les bougies de son gâteau. Sa valise est prête. Elle a pris une décision : celle de quitter mari et maison pour reconquérir sa liberté en partant avec son vieux van VW ! Sa famille, d’abord sous le choc, n’aura dès lors de cesse de la culpabiliser face à ce choix que tous considèrent égoïste. Josy va heureusement tenir bon, trouvant dans le CVL (« Club des Vilaines Libérées ») des amies au destin analogue et confrontées à la même incompréhension sociétale… Mais cela suffira-t-il pour qu’elle assume sa soif d’un nouveau départ ?

Auteures : Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l’âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d’édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd’hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d’animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d’animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc’ en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l’ont fait connaître.  En 2014, Aimée s’est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l’international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l’écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L’obsolescence programmée de nos sentiments. En 2020, elle publie un nouveau roman graphique en solo chez Dargaud, Jours de sable, qui est salué par la critique et qui remporte notamment le Prix des Libraires de BD.
Ingrid Chabbert est une auteure d’ouvrages pour la jeunesse et scénariste de BD. Elle écrit depuis qu’elle est enfant mais c’est seulement en 2010 qu’elle publie son premier album jeunesse, « La fête des deux mamans ». Aujourd’hui, elle est l’auteure de plus de 50 albums. Ingrid a été l’une des fondatrices (avec sa compagne) des Petits pas de Ioannis, une maison d’édition jeunesse (2010-2013). Elle vit aujourd’hui à Carcassonne.

Mon avis : (lu en juin 2022)
C’est le jour de ses 60 ans et Josy a décidé de partir. Sa valise est faite, tout est prêt pour quitter son mari et sa maison et partir libre avec le vieux combi Volkswagen. A l’occasion de son anniversaire, sa fille, son fils, leurs conjoints et ses petits-enfants sont venus déjeuner pour la fêter… L’annonce de son départ au moment du dessert est un choc pour tous…
Elle n’a rien de particulier à reprocher à son mari sauf l’usure du temps après 35 ans de mariage. Elle ressent seulement l’urgence de retrouver de la liberté.
Pour son premier soir et pour faire le point, Josy s ‘installe sur un parking où se trouve la caravane où vit Camélia avec son bébé, car elle a fuit un mari violent. Quelques temps plus tard, Josy va faire la rencontre des filles du CVL (le Club des Vilaines Libérées) où elle fera connaissance de Christine… En parallèle l’attitude très égoïste de ses enfants est pesante avec sans cesse leurs appels téléphoniques culpabilisants. Ils ne cherchent à aucun moment à comprendre leur mère.
Le dessin de cette bande dessinée est expressif, les couleurs pastel, harmonieuses et douces sont en accord avec le ressenti de Josy, personnage très attachant tout comme Camélia et Christine.
Voilà une bande dessinée pleine de tendresse et de belles émotions.

Extrait : (début de la BD)

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81d5Lfp0ZrL Jours de sable – Aimée de Jongh

Petit bac 2022
(4) Chiffre

Nowhere girl – Magali Le Huche

91I+79Mo7BL Dargaud – mars 2021 – 120 pages

Quatrième de couverture :
Magali a 11 ans. Elle aime les Beatles, dans la catégorie « passionnément » ou « à la folie ». Ce qu’elle aime moins, c’est l’école, surtout depuis qu’elle est au collège. Elle qui pensait être une élève comme les autres éprouve soudainement une peur panique à l’idée d’aller au collège. Telle une « Alice au pays des merveilles », elle se réfugie alors dans l’univers parallèle des Beatles nourri de leur musique et de couleurs éclatantes. Une bande dessinée autobiographique, sensible et drôle, en dépit de la gravité du sujet, la phobie scolaire.

Autrice : Magali Le Huche est née en Région parisienne en 1979. Elle passe cinq ans aux Arts décoratifs de Strasbourg, dont trois années dans l’atelier d’illustration. Elle sort de l’école en 2004 et retourne à Paris avec, sous le bras, « Les Sirènes de Belpêchao » (2005) et « Bertille Bonnepoire » (2006), ses deux premiers albums pour les enfants. Depuis, elle travaille régulièrement, comme auteure et comme illustratrice, pour la presse et l’édition jeunesse. « À la recherche du nouveau père » (2015) est sa deuxième bande dessinée en duo avec Gwendoline Raisson. Avec « Nowhere Girl » (2021), Magali signe une bande dessinée autobiographique, sensible et drôle, en dépit de la gravité du sujet, la phobie scolaire.

Mon avis : (lu en mars 2022)
Paris, durant les années 90, Magali entre en sixième, elle est à la fois contente et pleine de bonnes résolutions. Mais très rapidement, cette première année de collège ne se passe pas comme elle l’espérait. Certains professeurs terrorisent les élèves, Magali ne trouve pas de solidarité avec ses camarades de classe… Et au fil des jours, elle va en cours avec la boule au ventre, puis l’angoisse l’envahie à s’en rendre malade physiquement avec des vomissements et des évanouissements. Le diagnostic tombe : phobie scolaire. Magali finit par quitter son collège et poursuit sa scolarité à distance, en étant inscrite au Cned.
En parallèle, Magali découvre les Beatles et se réfugie dans leur musique, elle devient intarissable sur le sujet…
Voilà une BD très intéressante, sincère, lumineuse et pleine d’humour sur le sujet sérieux qu’est la phobie scolaire dont l’auteure a été victime lors de sa pré-adolescence. Elle a su passer le cap grâce à l’écoute de ses parents,  à sa passion pour la musique des Beatles et le dessin qui lui a permis d’exprimer son mal-être..

Extrait : (début du livre)

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Petit bac 2022(4) Art (chanson)

Seul le silence – Fabrice Colin, Richard Guérineau, RJ Ellory

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Quatrième de couverture :
Joseph Vaughan, devenu écrivain à succès, revient sur des événements qui ont bouleversé son enfance et qui vont le hanter, le poursuivre toute sa vie d’adulte : des meurtres de jeunes filles perpétrés sur plusieurs décennies, dont il a été le témoin involontaire.
Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps horriblement mutilé d’une fillette assassinée. La première victime d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante. Des années plus tard, lorsque l’affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Lorsqu’il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre, il n’a d’autre solution pour échapper à ses démons, alors que les cadavres d’enfants se multiplient, que de reprendre une enquête qui le hante afin de démasquer le vrai coupable…
Joseph Vaughan, devenu écrivain à succès, tient en joue le tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis bientôt trente ans.
Plus encore qu’un récit de serial killer à la mécanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence a marqué une date dans l’histoire du thriller. Avec ce roman crépusculaire à la noirceur absolue, sans concession aucune, R. J. Ellory révèle la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

Auteurs : R.J. Ellory est né en 1965. Après avoir connu l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Seul le silence est son premier roman publié en France.
Fabrice Colin : Quatre fois lauréat du Grand prix de l’Imaginaire, Fabrice Colin s’est d’abord fait connaître par ses textes relevant des littératures de l’imaginaire, fantasy et science-fiction, avant de se tourner vers le polar et la littérature générale.
Il est l’auteur de nombreux romans pour adultes, pour la jeunesse, nouvelles et scénarios de BD, ainsi que de dramatiques radiophoniques pour Radio France.
Il collabore au Canard enchaîné et au Nouveau Magazine littéraire.
Richard Guérineau rencontre Eric Corbeyran en 1991 : le duo crée, en 1994, L’As de Pique, puis, en 1997, Le Chant des Stryges. Pour cette série, il adapte son style graphique : son trait nerveux et ses cadrages serrés servent brillamment ce récit mené tambour battant. En 2008, il s’associe avec Henri Meunier pour le western Après la nuit, puis en 2010 sur le deuxième tome de la série Le Casse, Le Troisième jour. En 2012, il réalise un opus de la série XIII Mystery  avec Fabien Nury. Il enchaine l’adaptation du roman de Jean Teulé, Charly 9, où il est à la fois scénariste, dessinateur et coloriste, suivi de Henriquet, l’homme reine, puis Croke Park qui aborde la lutte sans merci que se livrent espions anglais et révolutionnaires irlandais à Dublin, dans les années de guerre civile irlandaise.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Cette BD est une adaptation très réussie du thriller « Seul le silence de RJ Ellory ».
C’est l’histoire de la vie de Joseph Vaughan, il perd son père à l’âge de 12 ans, il est donc élevé seul par sa mère à Augusta Falls, une petite ville de Géorgie. Son institutrice, Alexandra Webber, décèle chez lui le potentiel d’un futur écrivain. Tout bascule le jour où une petite fille est sauvagement assassinée. C’est la première victime d’une série de meurtres de petites filles. Avec ses copains, Joseph crée le groupe des Anges gardiens, ils se promettent de toujours veiller sur leurs petites voisines. Mais les meurtres continuent à se perpétuer.

Des années plus tard, Joseph est devenu écrivain et il vit à New York, il va malheureusement croiser à nouveau la route de l’assassin. Il va vouloir alors venger les petites filles qu’il n’a pas su protéger et retrouver cet assassin insaisissable depuis trente ans…
Tout est dans l’ambiance et l’atmosphère de cette histoire, et le dessin met en valeur l’Amérique rurale, mais également New York.
L’intrigue efficace nous incite à garder le livre en mains et l’on découvre seulement à la fin qui est ce terrible meurtrier. L’essentiel n’est pas l’intrigue policière, mais l’histoire de Joseph, ce jeune héros, écrivain en devenir, meurtri par la vie et bouleversé par les morts de ces petites filles. Aussi bien enfant qu’adulte, Joseph est terriblement attachant.
Avec cette bande dessinée, j’ai aimé me souvenir de la très belle découverte de ce grand roman.

Extrait : (début de la BD)

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Le droit du sol – Étienne Davodeau

915JTiXsDGL Futuropolis – octobre 2021 – 216 pages

Quatrième de couverture :
En juin 2019, Étienne Davodeau entreprend, à pied et sac au dos, un périple de 800km, entre la grotte de Pech Merle et Bure. Des peintures rupestres, trésors de l’humanité encore protégés aux déchets nucléaires enfouis dans le sous-sol, malheur annoncé pour les espèces vivantes. Étienne Davodeau, sapiens parmi les sapiens, interroge notre rapport au sol. Marcheur-observateur, il lance l’alerte d’un vertige collectif imminent et invite à un voyage dans le temps et dans l’espace.De quelle planète les générations futures hériteront-elles ? Qu’allons-nous laisser à celles et ceux qui naîtront après nous ? Comment les alerter de ce terrible et réel danger pour leur survie ? Il est de notre responsabilité collective d’avancer sur les questions énergétiques pour protéger la « peau du monde ». Dans cette marche à travers la France, il est parfois accompagné d’amis, de sa compagne, mais aussi de spécialistes, qu’il convoque sur ces sentiers pour qu’ils nous racontent l’histoire unique du sol de notre planète, ou encore celle du nucléaire et de ses déchets, dangereux pendant plusieurs centaines de milliers d’années. À la marge du témoignage et du journalisme augmenté, le Droit du sol marque le grand retour d’Étienne Davodeau à la bande dessinée de reportage.

Auteur : Étienne Davodeau est né en 1965 et vit en Anjou. En 1985, après des études d’arts plastiques à Rennes, et la création du studio BD Psurde, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel, puis Le Constat. Puis Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d’Albert, Anticyclone et Ceux qui t’aiment. En 2001 il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix — peu fréquent en bande dessinée — d’inscrire le monde réel au cœur de son travail. Il s’intéresse aussi à la bande dessinée pour enfants (il scénarise Les Aventures de Max & Zoé, dessin de Joub). Il réalise, avec David Prudhomme au dessin, l’adaptation en bande dessinée de l’unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo (Prix des libraires spécialisés 2005), il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand prix 2005 de la critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. Enfin, avec Kris, il met en images dans Un homme est mort les manifestations ouvrières à Brest en 1950, qui obtient le Prix France Info. 2011, parution des Ignorants. Grand prix de la ville de Saint-Denis, festival Cyclone BD de l’Île de la Réunion. 2013, Grand Boum, festival BD Boum de Blois. 2014, Lulu femme nue est adapté au cinéma par Solveig Anspach, avec Karine Viard dans le rôle titre. 2015, Grand prix du jury Diagonale-Le Soir pour l’ensemble de son œuvre.

Mon avis : (lu en mars 2022)
Cette BD est le journal de la randonnée de 800 km qu’Étienne Davodeau a effectué en juin 2019 entre Pech Merle dans le Lot et Bure dans la Meuse. Depuis une grotte où les hommes du paléolithique nous ont laissé les chefs-d’œuvre de l’art rupestre, jusqu’au lieu où les hommes d’aujourd’hui ont décidé de construire un « Laboratoire de Recherche Souterrain » pour y enfouir des déchets nucléaires… Sac sur le dos, sans oublier son carnet de croquis, Étienne Davodeau entraîne le lecteur avec lui durant son long périple sur les sentiers de randonnées. Tout en racontant son quotidien de marcheur, les paysages rencontrés, ses diverses sensations durant les journées, les nuits, au gré de la météo changeante, il invite avec lui des témoins particuliers historiens, chercheurs, militants qu’il a interviewé avant ou après sa marche… Il prend le parti de la Terre et avec cette BD, il veut nous faire prendre conscience que nous jouons notre avenir en protégeant notre sol et nos territoires.
Un roman graphique passionnant à découvrir aussi bien pour le côté documentaire que pour la belle randonnée qu’il nous fait faire.

Pour en savoir plus sur Bure : Cent mille ans – Pierre Bonneau, Gaspard D’Allens et Cécile Guillard

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d’une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur 
Quelques jours avec un menteur

les_ignorants Les ignorants 93767685 Le chien qui louche 

116346808 Le Réflexe de survie 51kdlYcRPgL La gloire d’Albert

cd4371b931af1875182e99e4c49fb512 Anticyclone 116631554 Ceux qui t’aiment


Jours de sable – Aimée de Jongh

81d5Lfp0ZrL Dargaud – mai 2021 – 288 pages

Quatrième de couverture :
États-Unis, 1937. John Clark, journaliste photo-reporter de 22 ans, est engagé par la Farm Security Administration, un organisme gouvernemental chargé d’aider les fermiers victimes de la Grande Dépression. Sa mission : témoigner, grâce à la puissance d’évocation de la photographie, de la situation dramatique des agriculteurs du Dust Bowl. Située à cheval sur l’Oklahoma, le Kansas et le Texas, cette région est frappée par la sécheresse et par des tempêtes de sable spectaculaires qui plongent les habitants dans la misère, poussant bon nombre d’entre eux à migrer vers la Californie. Mais au fil du temps, John comprend que, pour accomplir sa tâche, il devra surmonter un obstacle bien plus grand qu’un climat hostile…

Autrice : Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l’âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d’édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd’hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d’animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d’animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc’ en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l’ont fait connaître.  En 2014, Aimée s’est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l’international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l’écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L’obsolescence programmée de nos sentiments. En 2020, elle publie un nouveau roman graphique en solo chez Dargaud, Jours de sable, qui est salué par la critique et qui remporte notamment le Prix des Libraires de BD.

Mon avis : (lu en février 2022)
Entre fiction et récit historique, Jours de sable est une BD magnifique et émouvante qui raconte durant les années trente, les difficiles conditions de vie des habitants du Dust Bowl (bassin de poussières), situé entre Oklahoma et Texas, subissant de terribles tempêtes de poussière.
L’organisme gouvernemental américain Farm Security Administration chargé d’aider les fermiers durant la Grande Dépression, décide d’embaucher John Clark, un jeune photo-reporter pour photographier les terribles conditions de vie des agriculteurs du Dust Bowl. Son arrivée dans ses territoires de misère et inhospitaliers ne passe pas inaperçue et il va lui falloir l’aide précieuse de Betty, une jeune fille téméraire et pleine de vie, pour se faire accepter et comprendre l’ampleur de cette catastrophe qui pousse de nombreux fermiers à l’exode en direction de la Californie.
Le lecteur découvre que ces tempêtes de poussière et de sable sont la conséquence de l’hyper-exploitation agricole de la région lors de l’arrivée de nombreux migrants. Les terres ont été défrichées et labourées avec une telle intensité que cela a favorisé des phénomènes venteux extraordinaires sur des parcelles devenues dénudées. Les terres fertiles sont parties aux quatre vents laissant derrière elles, poussière et sable…
L’autrice de la BD, nous invite également à réfléchir sur le pouvoir de la photographie : photo spontanée ou photo posée, angle de prise de vue, gros plan, grand angle…
A la fin de l’album, le lecteur découvre un dossier explicatif très intéressant sur la genèse du programme de la Farm Security Administration et son projet photographique destiné à présenter « l’Amérique aux Américains ».
Une BD coup de cœur qui inclut quelques photos de l’époque aux scènes dessinées.

Extrait :

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Petit bac 2022
(3) Couleur

Les grands cerfs – Gaétan Nocq

51R1W-HYwrL Daniel Maghen – septembre 2021 – 223 pages

Quatrième de couverture :
C’est dans les montagnes des Vosges, dans une ancienne métairie au cœur de la forêt, que Pamina a choisi de vivre isolée du monde avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par un clan de cerfs dont elle ne perçoit que les traces. Jusqu’au jour où un inconnu, Léo, photographe animalier, construit une cabane d’affût et l’initie à l’observation des grands cerfs. Au fil des saisons, par tous les temps et souvent de nuit, Pamina guette l’apparition des cerfs. Elle apprend à les distinguer, les nommer et découvre aussi toute une vie sauvage. Au fil de cette initiation, elle va découvrir d’autres clans plus cruels –; les hommes qui gèrent la forêt et les chasseurs –; et s’engager dans le combat pour la préservation de la nature et de ses espèces sauvages.

Auteur : Gaétan NOCQ est dessinateur, peintre, carnettiste et auteur de romans graphiques. Il s’est formé à l’expérience du carnet de voyage et de reportage en France et à travers le monde. Cette démarche de dessin sur le vif, propre au carnet de voyage, alimente réciproquement son travail en atelier. Il s’engage dorénavant sur les chemins de la narration et donne au roman graphique une valeur de témoignage. Il a publié plusieurs romans graphiques : Soleil brûlant en Algérie (2016), Capitaine Tikhomiroff (2017), Le Rapport W (2019), dans lequel Gaétan Nocq, passionné d’Histoire, relate comme dans un reportage le parcours de Witold Pilecki alias Tomasz, infiltré dans le camp d’Auschwitz pour une mission de résistance. Cet album a reçu le prix de la meilleure BD historique 2019.

Mon avis : (lu en mars 2022)
Cette BD est une livre adaptation du roman du même nom de Claudie Hunziger. Elle nous entraîne dans les Vosges à la rencontre des grands cerfs. Pamina vit dans une maison au cœur de la forêt des Vosges où vivent des cerfs. Elle ne les voit jamais, car ils sont craintifs, mais elle entend leurs brames sonores. Un soir, alors que Pamina rejoint Nils, son compagnon, dans la métairie, dans la pénombre sur la route surgit un grand cerf, celui qu’on appelle Wow. Grâce à Léo, un photographe qui connaît bien la forêt, comment et où trouver les cerfs et comment se dissimuler pour les observer, Pamina va s’intéresser à eux. Ils vont construire une cabane d’affut. Et Pamina va y venir souvent et malgré la neige ou le givre, elle va apprendre à les guetter seule dans la nuit. Et lors de l’apparition des cerfs, son plaisir est tellement grand.
Cette BD est très belle, très intéressante et instructive. J’ai appris beaucoup de choses sur les cerfs, sur les rapports ambigus entre l’Office National des Forêts, les chasseurs et les écologistes défenseurs de la nature. Les paysages sont magnifiques quelque que soit la saison ou la météo.
Une très belle découverte.

Extrait :

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Petit bac 2022
(3) Animal

Une maternité rouge – Christian Lax

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Quatrième de couverture :
Au Mali, une Maternité rouge, sculpture datant du XIVᵉ siècle, est sauvée de la folie destructrice des islamistes par Alou, un jeune chasseur de miel. En compagnie d’autres migrants, sœurs et frères d’infortune, Alou prend tous les risques pour rejoindre l’Europe. Son but et son obsession : confier la précieuse statuette au musée du Louvre…

Auteur : Christian Lacroix dit Lax est né en 1949. Il vit près de Lyon. Il intègre alors L’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne et en 1975 se lance dans l’aventure professionnelle. Il faudra attendre 1981 pour que soit publié son premier album, Ennui Mortel. En 1987, avec Des Maux pour le dire, il raconte l’histoire magnifique, tout en pudeur, d’un handicapé, inspirée de la vie de son propre frère. En 1999, il crée la série Le Choucas, dont il signe scénario et dessin. C’est dans la collection Aire Libre qu’il livre, seul ou avec Frank Giroud, quelques-uns des fleurons de la bande dessinée contemporaine : Les Oubliés d’Annam (1990 et 1991), La Fille aux Ibis (1993), Azrayen’ (1998 et 1999) ou encore L’Aigle sans orteils (2005). Christian Lax est nommé Grand Boum 2011 au festival de bande dessinée de Blois. Il arrive en 2009 chez Futuropolis avec Pain d’alouette puis L’Écureuil du Vel’d’Hiv qui conclue sa trilogie sur le vélo.
Il intègre en 2019 la collection Louvre avec Une maternité rouge.

Mon avis : (lu en février 2022)
En septembre 1960, des colons s’apprêtent à quitter le le Soudan français avec un camion chargé d’œuvres d’art volés aux locaux. Et parmi elles, une Maternité rouge (petite statuette représentant une femme enceinte) arrivera au Louvre. A cette époque, un jeune garçon récupérera l’une des statuettes et ira la cacher.
La statuette cachée est retrouvée au printemps 2014 par Alou, un chasseur de miel. Mais le Mali est occupé par les islamistes et ceux-ci interdisent l’art et la Maternité rouge est menacée. Hogan, un sage érudit de son village, ne voit qu’une solution pour protéger la statuette, la confier au Louvre à Paris.
Pour sauver son patrimoine et l’art Dogon, Alou va devoir entreprendre le voyage des migrants et affronter tous les dangers.
Un magnifique album en bichromie, où le lecteur découvre le Mali et l’art Dogon, un peuple persécuté de tous les temps, le long voyage semé d’embûches des migrants et bien sûr Le Louvre et son Pavillon des Sessions.
Cette bande dessinée offre un récit engagé, superbement illustré qui fait réfléchir.

Extrait :

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Petit bac 2022
(3) Famille

La traversée du Louvre – David Prudhomme

81oVQiESGIL Futuropolis – juin 2012 – 80 pages

Quatrième de couverture :
Au Louvre, c’est 7 000 visiteurs et 35 000 œuvres qui se côtoient par jour, dans 210 000 m2, dont 60 000 m2 de galeries. 5 000 ans d’histoire de l’art, qui suscitent autant de comportements, de situations amusantes, touchantes ou tendres, que David Prudhomme croque avec légèreté et brio. C’est le regard humoristique d’un artiste sur l’Art.

Auteur : David Prudhomme est né en 1969. Alors qu’il est encore étudiant à la section bande dessinée de l’école d’Angoulême, David Prudhomme démarre Ninon secrète en 1992 sur un scénario de Patrick Cothias. Il poursuit cette série jusqu’en 2004, le temps de six albums. Il réalise avec Etienne Davodeau en 2003, l’adaptation du roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. En 2006, il publie également la première partie de La Marie en Plastique avec Pascal Rabaté. A sa sortie en 2010, Rebetiko remporte un succès critique et public immédiat et récolte de nombreux prix :  Prix Regards sur le monde au festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2010, Prix Lire 2010 de la meilleure bande dessinée de l’année Prix Ouest-France/Quai des Bulles au festival de la bande dessinée et de l’image projetée de Saint-Malo 2010. En 2011, sous sa direction paraît Rupestres!, un ouvrage collectif sur l’art pariétal, en collaboration avec Etienne Davodeau, Emmanuel Guibert, Pascal Rabaté, Marc-Antoine Mathieu et Troub’s. En 2012, David Prudhomme est récompensé par le Prix International de la ville de Genève, pour son ouvrage La Traversée du Louvre (publié en coédition avec le musée du Louvre).

Mon avis : (lu en février 2022)
Dans cette bande-dessinée consacrée au musée du Louvre, David Prudhomme s’intéresse au comportement des visiteurs… Il se met lui-même en scène, déambulant dans les couloirs du Musée du Louvre avec son amie Jeanne. Il est là pour préparer une bande dessinée sur ce mythique musée. Lors de son cheminement, distrait par les coups de téléphone de ses éditeurs, absorbé par les œuvres, il perd son amie. Il continue donc sa promenade, partagé entre l’envie de poursuivre sa découverte du musée et celle de retrouver Jeanne… C’est l’occasion pour David Prudhomme de dessiner aussi bien les œuvres que les gens : amateurs d’art, touristes, badauds, gardiens… Rapprochant les modèles et les paysages de ceux qui les observent. Montrant une expression, une posture qui se répondent entre un visiteur et une statue ou un tableau. Mais qui regarde qui ? Finalement, ce musée du Louvre semble terriblement vivant !
Le dessin et les techniques utilisés sont très variés : crayons de couleur, graphite, fusain, mines de plomb, crayons à la cire…
J’ai bien aimé cette traversée du Louvre, humoristique et si bien observée.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

107460560 Vive la marée 81dUSNPkahL Du bruit dans le ciel

Petit bac 2022
(3) Art

Vivian Maier à la surface d’un miroir – Paulina Spucches

61lAnB0MttL Steinkis – novembre 2021 – 151 pages

Quatrième de couverture :
Plongez dans l’œil même du photographe !
New York, 1953. Joanna et Lawrence Ward engagent une nouvelle nourrice pour leur fille Gwen.
Très secrète, un peu étrange et parfois sévère, Vivian Maier trouve pourtant les faveurs de la petite fille qui la suit dans ses pérégrinations urbaines et l’observe capturer le monde qui l’entoure à travers l’objectif de son Rolleiflex.
À mi-chemin entre fiction et biographie, Paulina Spucches nous entraîne de Brooklyn au Champsaur, imaginant le contexte que pourrait renfermer chaque cliché de Vivian Maier, génie de la photographie de rue.

Auteur : Autrice et illustratrice Franco-Argentine, Paulina Spucches publie un premier roman graphique dédié à la figure de Vivian Maier, photographe découverte après sa mort.

Mon avis : (lu en février 2022)
J’ai vraiment découvert Vivian Maier assez récemment en voyant le film documentaire « À la recherche de Vivian Maier ». J’avais déjà entendu parler de cette « photographe de rues » autodidacte découverte après sa mort mais je ne m’y étais pas spécialement intéressée.
Dans cette BD, l’autrice est partie d’une vingtaine de  photographies noir et blanc réalisées par Vivian Maier, pour raconter sa vie de 1952 à 1960, Paulina les a dessinée dans un style très coloré et elle a imaginé les circonstances de la photo. Sa démarche est très originale.
Vivian Maier est un vrai mystère puisqu’elle est toujours restée dans l’ombre, très secrète. Nourrice, elle emmenait les enfants en promenade tout en exerçant son art de la photographie. De son vivant, elle n’a jamais montré ou exposé ses clichés. Des dizaines de milliers de photographies ont été retrouvées après sa mort, dont une majorité de négatifs non développés et parmi eux, de très nombreux autoportraits de l’artiste.
Cette bande dessinée est un hommage à l’œuvre de Vivian Maier à la portée de tous et cela donne envie au lecteur de mieux la découvrir.
Je vous encourage à aller voir le site des photographies originales de Vivian Maier et à la fin de ce billet, je me suis amusée à mettre en parallèle la quatrième de couverture de la BD et quelques uns des clichés de Vivian Maier correspondant.

Kermesse au paradis – Birgit Weyhe

61OrpnhsNqL Cambourakis – octobre 2013 – 280 pages

Traduit de l’allemand par Elisabeth Willenz

Titre original : Im Himmel ist Jahrmarkt, 2013

Quatrième de couverture :
Lorsque sa fille revient de l’école et lui demande de l’aider à dresser son arbre généalogique, Birgit Weyhe s’aperçoit qu’elle ne sait que bien peu de choses au sujet de sa famille. De Munich à Berlin, l’auteur entreprend alors de reconstituer le parcours de ses grands-parents à travers l’Allemagne tourmentée du XXe siècle. Une chronique familiale tantôt intimiste, tantôt épique, où destins personnels et événements historiques s’entremêlent.

Auteur : Née à Munich en 1969, Birgit Weyhe a passé son enfance en Afrique de l’Est, puis a suivi à Hambourg des études de littérature, d’histoire, d’illustration et de graphisme. Son premier album, Ich Weiss, a paru en 2008, suivi par La Ronde et Kermesse au Paradis. Pour Madgermanes, elle obtient le Max und Moritz Preis de la meilleure bande dessinée, le prix le plus prestigieux du monde germanophone. 

Mon avis : (lu en janvier 2022)
J’ai pris cette bande dessinée, par hasard à la Bibliothèque pour les vacances.
Pour répondre à un devoir d’une de ses filles sur son arbre généalogique, Birgit Weyhe commence à s’interroger sur l’histoire de sa famille. En retraçant le destin de ses grands-parents, elle revient sur les évènements historiques du XXème siècles et sur les personnalités pleines de surprises de ses aïeuls. A l’aide de photos de famille, de ses souvenirs d’enfance, elle reconstitue l’histoire familiale avec ses secrets de famille… Ce travail de généalogie passionnant m’a donné envie d’en faire de même, et de consigner par écrit l’histoire de mes ancêtres aujourd’hui disparus pour la transmettre à mes enfants…

Extrait :

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Petit bac 2022
(2) Art
( Paradis, dernier étage d’un théâtre)

 

 

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