Agatha Raisin, tome 12 : Crime et déluge – M.C. Beaton

81cUoHp2mUL Albin Michel – juin 2018 – 324 pages

traduit de l’anglais par Sophie Alibert

Titre original : Agatha Raisin and the day the floods came, 2002

Quatrième de couverture :
Le bonheur conjugal est de courte durée pour Agatha, une fois de plus délaissée par son mari. Punition divine, un véritable déluge s’abat sur la région, plongeant le petit village de Carsley sous les eaux. C’est le moral dans les chaussettes et sous une pluie torrentielle qu’Agatha aperçoit le corps sans vie d’une jeune femme en robe de mariée, un bouquet à la main, flottant dans la rivière. Pour noyer son chagrin, Agatha n’a qu’une solution : se jeter à corps perdu dans une nouvelle enquête…
Avec plus de 450 000 exemplaires vendus, Agatha Raisin, l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock, a imposé sa personnalité loufoque et irrésistible. Vous reprendrez bien un peu de Worcestershire sauce dans votre thé ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en mai 2020)
Pour tourner la page avec son mariage avec James Lacey, ce dernier parti dans un monastère en France, Agatha part se ressourcer à l’autre bout du monde au Chili, sur l’île Robinson Crusoé.
A son retour, un déluge s’abat sur la région, et le village de Carsley est inondé. Agatha est témoin d’une scène irréelle, celle d’un corps sans vie d’une mariée, un bouquet à la main, flottant dans la rivière… Évidemment, Agatha va se lancer dans une enquête à sa façon… Ni James, ni Charles ne sont là pour la seconder. Elle pourra compter sur l’aide de Roy, son ami londonien, puis celle de son nouveau voisin, John Armitage, auteur de romans policiers à succès, venu chercher le calme dans ce pittoresque village anglais. Les pistes sont nombreuses tout comme les potentiel.le.s coupables…
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante dans une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
C’était l’une de ces journées de grisaille où la bruine colle aux pare-brise et où l’eau, comme autant de larmes versées sur l’été enfui, ruisselle tristement sur les branches des arbres dénudés par l’hiver pour finir en flaques sur la route.

Agatha Raisin activa le désembuage de la vitre avant de sa voiture. Cette lugubre journée comptait un allié de poids : le gouffre noir qui emplissait son âme. Tandis qu’elle filait sur la route droit vers l’agence de voyages d’Evesham, une idée fixe tournoyait dans son esprit : ficher le camp… ficher le camp… ficher le camp.
La pauvre Agatha se sentait rejetée par la terre entière. Son époux l’avait laissée tomber, et pas pour une autre femme, mais pour Dieu. Résolu à entrer dans les ordres, James Lacey était en effet parti en France, dans un monastère, pour se préparer à sa nouvelle existence. Sir Charles Fraith, le fidèle ami qui l’avait aidée lorsque James avait disparu, venait tout juste de se marier à Paris, et il ne l’avait même pas conviée. Il avait fallu qu’elle tombe sur une brève dans le magazine Hello pour apprendre la nouvelle. Cerise sur le gâteau : une photo accompagnait l’article, montrant Charles avec sa nouvelle épouse, une Française du nom d’Anne-Marie Duchenne, petite, menue et jeune. L’air sombre, Agatha la quinquagénaire dévala à toute allure Fish Hill en direction d’Evesham, déterminée à laisser derrière elle à la fois l’hiver, les Cotswolds, le village de Carsely où elle vivait, cet insupportable sentiment de rejet et son cœur brisé. Non, pas son cœur. Car c’était aux tripes que la douleur s’attaquait, et non au cœur contrairement au cliché.


Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 

71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir 

51Vi5M8c4FL._SL500_ tome 11 : L’enfer de l’amour

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

81gvCw2nhKL tome 3 : Qui s’y frotte s’y pique

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Écosse

Petit bac 2020a
(4) Crime et justice

Papa clown – Alan Durant

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

612hbBwqLyL Flammarion jeunesse – février 2020 – 272 pages

traduit de l’anglais par Marie Hermet

Titre original : Clownfish, 2018

Quatrième de couverture :
– Papa ? Ça fait quoi, d’être un poisson ?
Mon père a sursauté, puis il a relevé la tête et s’est mis à nager vers moi. Sa petite bouche s’ouvrait et se fermait, comme s’il réfléchissait sérieusement à ma question. Finalement, il s’est décidé.
– C’est mouillé.
« Voilà comment tout a commencé : quelques jours après la mort de mon père, j’ai découvert qu’il était réapparu sous la forme d’un poisson-clown. C’est extraordinaire ! Mais je ne pense pas que maman soit prête à l’entendre. Tant pis ! Ce sera notre petit secret pour l’instant… »

Auteur : Alan Durant est l’auteur anglais de 40 livres pour enfants, des tout-petits aux adolescents. Ses livres ont été récompensés de plusieurs prix.
Alan Durant propose des ateliers d’écriture créative en prose et en poésie.
Alan a étudié la littérature anglaise à Oxford, Keble College.
Il a commencé par être journaliste, rédacteur pour une revue londonienne, avant d’être écrivain. Il teste ses nouveaux livres sur ses trois enfants.

Mon avis : (lu en février 2020)
Ce roman est une histoire émouvante sur le chagrin et l’amitié

Le père de Dak est mort depuis sept jours, quand soudain il réapparaît, réincarné en poisson-clown dans l’Aquarium de la ville. Dak est le seul à connaître ce secret… Il va donc se rendre tous les jours à l’Aquarium pour discuter et blaguer avec son « Papa-clown ». Dark va même travailler à l’Aquarium et y rencontrer Violet, la nièce du propriétaire. Violet a un caractère bien trempé et sa première rencontre avec Dark n’est pas des plus cordiale… Mais lorsque l’Aquarium sera en danger, Dark et Violet uniront leurs forces, leur énergie et leurs idées pour le sauver !
L’auteur a pris beaucoup de soin pour définir la psychologie et les personnalités des personnages que sont Dak et Violet. Ils sont tout les deux très différents mais aussi très attachants et avec un grand cœur.
Une belle histoire sur l’amour d’un garçon pour son père, sur le deuil mais aussi sur la famille et l’amitié.

Merci et les éditions Flammarion jeunesse pour ce beau roman poignant.

Extrait : (début du livre)
— Papa ? Ça fait quoi d’être un poisson ?
C’était une chose que j’avais envie de lui demander depuis longtemps ; pour une fois il se tenait tranquille, et l’aquarium était silencieux, alors ça semblait être le bon moment.
Mon père a sursauté, puis il a relevé la tête et s’est mis à nager vers moi. Sa petite bouche s’ouvrait et se fermait, comme s’il réfléchissait sérieusement à ma question. Finalement, il s’est décidé.
— C’est mouillé.
— Ah. Mais… C’est amusant ? Est-ce que tu es heureux ?
— Heureux ? Amusant ? Eh bien, c’est sûrement plus amusant que de s’occuper des poubelles de tout le monde, j’imagine. Et on est très occupé.
Avant de devenir un poisson, mon père travaillait au centre de tri des déchets.
— Très occupé ? Comment ? Qu’est-ce que tu fais toute la journée ?
Il a eu un mouvement de nageoire qui évoquait vrai-ment un haussement d’épaules.
— Oh, je nage tout autour de l’aquarium, je pour-suis la demoiselle bleue, je mange, je fais des bulles, je me repose au milieu de mon anémone de mer, je nage tout autour de l’aquarium…
— Oui, ça, tu l’as déjà dit.
Mon père a fait la moue.
— Ah bon ? Ma mémoire n’est plus ce qu’elle était…
— C’est parce que maintenant, tu es un poisson, papa, j’ai expliqué en riant. Ça doit être génial de vivre ici,dans l’aquarium, au milieu de toutes ces espèces fabuleuses. Et tous les matins, quand tu te réveilles, tu peux voir les raies.
Les raies, c’étaient nos préférées, avant. Elles ont cette manière bien à elles de nager à la surface en relevant leurs étranges têtes plates comme pour demander des caresses, avant de se retourner d’un bond. Certaines ont la peau rugueuse, d’autres sont visqueuses au toucher, et on peut pianoter sur les petites bosses de leur dos comme sur un instrument de musique.
— Oh, les raies ! s’est exclamé mon père d’un air dédaigneux. Des frimeuses, rien de plus. Ne perds pas ton temps avec elles.

 

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Petit bac 2020a(3) Animal (Titre original : Clownfish)

Le cœur de l’Angleterre – Jonathan Coe

81I0Gc0to8L Gallimard –  août 2019 – 560 pages

traduit de l’anglais par Josée Kamoun

Titre original : Middle England, 2018

Quatrième de couverture :
Comment en est-on arrivé là ? C’est la question que se pose Jonathan Coe dans ce roman brillant qui chronique avec une ironie mordante l’histoire politique de l’Angleterre des années 2010. Du premier gouvernement de coalition en Grande-Bretagne aux émeutes de Londres en 2011, de la fièvre joyeuse et collective des jeux Olympiques de 2012 au couperet du référendum sur le Brexit, Le cœur de l’Angleterre explore avec humour et mélancolie les désillusions publiques et privées d’une nation en crise.
Dans cette période trouble où les destins individuels et collectifs basculent, les membres de la famille Trotter reprennent du service. Benjamin a maintenant cinquante ans et s’engage dans une improbable carrière littéraire, sa sœur Lois voit ses anciens démons revenir la hanter, son vieux père Colin n’aspire qu’à voter en faveur d’une sortie de l’Europe et sa nièce Sophie se demande si le Brexit est une cause valable de divorce.
Au fil de cette méditation douce-amère sur les relations humaines, la perte et le passage inexorable du temps, le chantre incontesté de l’Angleterre questionne avec malice les grandes sources de crispation contemporaines : le nationalisme, l’austérité, le politiquement correct et les identités.
Dans la lignée de Bienvenue au club et du Cercle fermé, Le cœur de l’Angleterre est le remède tout trouvé à notre époque tourmentée.

Auteur : Jonathan Coe est né en 1961 à Birmingham. Après des études à Trinity College (Cambridge) et un doctorat à l’université de Warwick, il devient professeur de littérature. Son roman, « Testament à l’anglaise », le propulse sur la scène internationale. En 1998, il reçoit le prix Médicis étranger pour « La Maison du sommeil ». « Le miroir brisé » est son premier ouvrage pour la jeunesse. C’est confesse-t-il, »l’un de mes livres les plus politiques même si je lui ai donné la forme d’un conte de fées ».

Mon avis : (lu en janvier 2020)
Cette lecture est complètement d’actualité car dans ce roman, Jonathan Coe explore avec humour et mélancolie l’histoire politique de l’Angleterre de l’année 2010 à 2018… L’auteur retrouve ses personnages de « Bienvenue au Club » et « le Cercle Fermé » (personnellement je n’ai lu aucun de ces deux livres) pour dresser le panorama des dix dernières années qui ont mené au Brexit.
Avec ses personnages diverses et des mises en situations pertinentes, Jonathan Coe réussit à évoquer avec justesse les tensions et les rancœurs entre les camps « Leave » ou « Remain ».
Dans sa maison de campagne, loin de la folie de Londres, Benjamin, cinquante ans, divorcé, comptable retraité, travaille sur un projet de livre. Il est le spectateur de ce qui se passe autour de lui.

Colin, son père veuf, incarne l’Angleterre d’autrefois, il est nostalgique de l’« empire », d’une économie basée sur l’industrialisation, il est pro-Brexit.
Sophie, la nièce de Benjamin, est universitaire, intellectuelle, Londonienne. Elle tombe amoureuse de Ian, instructeur d’auto-école. Ils ne sont pas du même monde. Sophie incarne cette élite qu’on dit déconnectée du « vrai peuple ». Elle craint la dérive populiste de Ian.
Helena, la mère de Ian, est une veuve, fière, méfiante à l’encontre des étrangers, c’est la voix de ceux qui ne sont pas politically correct.

Doug, l’ami d’enfance de Benjamin, journaliste politique a une fille adolescente militante d’extrême gauche qui le pousse dans ses retranchements… Il est devenu un chroniqueur politique réputé.
Charlie, ancien camarade de collège de Benjamin, est clown pour enfants.

Dans cette satire sociale, l’auteur tente de comprendre l’origine de la fracture qui divise son pays. Immigration, paupérisation des classes populaires, méfiance des régions à l’égard des élites londoniennes…
Une lecture à la fois divertissante et instructive pour mieux comprendre la crise politique de l’Angleterre aujourd’hui.

Extrait : (début du livre)
Avril 2010

L’enterrement était achevé. La réception se dispersait. Benjamin décida qu’il était l’heure de partir. « Papa, je crois que je vais bouger. — Très bien, je viens avec toi », répondit Colin. Ils se dirigèrent vers la porte du pub et s’éclipsèrent sans dire au revoir à personne. La rue du village était déserte, silencieuse au soleil tardif. « On ne devrait pas s’en aller comme ça, tout de même, dit Benjamin en se retournant vers le pub d’un air perplexe. — Et pourquoi ? J’ai parlé avec tous ceux avec qui je voulais parler. Allez, viens, conduis-moi à la voiture. » Benjamin tendit le bras à son père qui s’y accrocha d’une poigne incertaine. Il tenait mieux sur ses jambes, de cette façon. Avec une lenteur indescriptible, ils prirent la direction du parking. « Je ne veux pas rentrer chez moi, dit Colin. C’est au-dessus de mes forces, sans elle. Emmène-moi chez toi. — Bien sûr », répondit Benjamin, le cœur sombrant dans sa poitrine. Le moment de quiétude qu’il s’était promis, solitude, méditation avec verre de cidre à la vieille table en fer forgé, murmure de la rivière qui ondulait son cours hors du temps, tout cela disparut en fumée dans le ciel de l’après-midi. Tant pis. Son devoir était auprès de son père aujourd’hui. « Tu veux passer la nuit chez moi ? — Ah oui, je veux bien », acquiesça Colin, mais sans lui dire merci. C’était un mot qu’il ne disait guère, ces temps-ci.
                                                                                  *
La route était encombrée et ils mirent plus d’une heure et demie à arriver chez Benjamin. Au cœur même des Midlands, ils suivaient à peu près le cours de la Severn et traversèrent ainsi les villes de Bridgnorth, Alveley, Quatt, Much Wenlock et Cressage, itinéraire paisible et sans rien de saillant, uniquement ponctué par des stations-service, des pubs et des jardineries, avec des panneaux patrimoniaux marron qui trompaient la lassitude du voyageur en lui faisant miroiter des réserves naturelles, des gîtes historiques et des arboretums. L’entrée de chaque village était signalée par un panneau à son nom accompagné d’un feu clignotant qui indiquait à Benjamin la vitesse à laquelle il roulait et l’invitait à ralentir. « Quel cauchemar, hein, ces radars qui te piègent ! dit Colin. Tu peux plus faire un mètre sans qu’ils t’extorquent de l’argent, ces enfoirés. — Ça limite les accidents, il faut croire. » Son père émit un grognement dubitatif. Benjamin alluma le poste qui était comme d’habitude sur Radio 3. Coup de chance, il tomba sur le mouvement lent du trio pour piano de Fauré. Les contours mélancoliques et sans grandiloquence de la mélodie lui parurent non seulement accompagner parfaitement les souvenirs de sa mère qui se bousculaient dans sa tête, et sans doute dans celle de son père, mais aussi constituer un écho sonore aux virages amples de la route, et même aux verts éteints du paysage qu’elle traversait. Que cette musique soit typiquement française n’y changeait rien ; il y entendait un fond commun, un esprit partagé : il s’y sentait parfaitement chez lui. « Éteins-moi ce boucan, tu veux bien, dit Colin. On pourrait pas écouter les infos ? »

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Angleterre

Petit bac 2020a
(2) Lieu

Déjà lu du même auteur :

la_pluie_avant_qu_elle_tombe La pluie, avant qu’elle tombe

Agatha Raisin, tome 11 : L’enfer de l’amour – M.C. Beaton

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Audible – juillet 2018 – 6h48 – Lu par Françoise Carrière

Albin Michel – juin 2018 – 360 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Agatha Raisin and the Love from Hell, 2001

Quatrième de couverture :
Qui a dit que l’amour c’était le paradis ? Plutôt l’enfer, même pavé de bonnes intentions ! À peine mariés, Agatha et James Lacey font cottage à part et s’accusent mutuellement d’infidélités. Jusqu’à ce que James disparaisse pour de bon, laissant derrière lui sa maison saccagée… Les soupçons se portent aussitôt sur l’épouse du disparu : Agatha. Décidée à se défendre et à remettre la main sur son mari, notre détective part à sa recherche, à ses risques et périls…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
Depuis le début de la série, le lecteur attend le mariage d’Agatha et James… Et voilà,

Agatha Raisin est enfin mariée à James Lacey, mais tout n’est pas rose… célibataire endurci, James a du mal à se faire à la vie à deux. Ils continuent donc à faire maison à part. Et voilà que subitement, James disparaît et l’on retrouve sa maison saccagée. Dans le même temps, Melissa Sheppard, une voisine et ancienne maîtresse de James est assassinée… Agatha est suspectée, tout comme James, très vite, avec l’aide de son vieil ami sir Charles, elle décide de partir à la recherche de James et de mener l’enquête pour trouver le vrai coupable !
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante dans une ambiance toute britannique !

81939829_763003267542662_6978963471043919872_oM.C Beaton est décédée le 30 décembre 2019.

Extrait : (début du livre)
Le mariage idéal – comme un rêve devenu réalité. Agatha Raisin avait enfin convolé avec l’objet de tous ses fantasmes, son voisin James Lacey, et pourtant le bonheur n’était pas au rendez-vous.
La première ombre au tableau était apparue deux semaines après leur retour de voyage de noces, qui les avait menés à Vienne et à Prague. Leur séjour s’étant partagé entre visites touristiques et ébats sexuels, ils avaient été dispensés d’affronter les écueils du quotidien. De retour à Carsely, dans les Cotswolds, ils habitaient toujours leurs deux cottages voisins, bien décidés à se conduire en couple moderne et à se ménager un espace privé.
Tout en sirotant un café dans sa cuisine, Agatha revint sur l’incident qui avait tout fait dérailler. Tout à son désir de jouer les épouses modèles, elle avait embarqué pêle-mêle leur linge sale pour le passer à la machine, alors que James avait sa propre corbeille et préférait se charger lui-même de sa lessive. C’était une fraîche journée de la fin du printemps, et des nuages cotonneux voguaient dans le ciel comme de majestueux vaisseaux, poussés par un vent vif. Pendant qu’elle remplissait en fredonnant gaiement son volumineux lave-linge, une petite sonnette d’alarme, dans un coin de sa tête, lui signala que les bonnes ménagères prenaient soin de séparer le blanc et la couleur. Elle versa de la poudre et de l’assouplissant dans les bacs, puis alla s’asseoir au jardin et regarda batifoler ses deux chats pendant que la machine tournait. Lorsqu’un grondement annonça la fin du cycle, elle rentra décharger le tambour et fourra le tas de vêtements dans une grande corbeille pour aller l’étendre à l’extérieur. Las, le linge qu’elle avait sous les yeux était devenu intégralement rose – pas un discret pastel mais un fuchsia éclatant. Consternée, elle chercha dans la pile le responsable du gâchis : un pull rose qu’elle avait acheté sur un marché de Prague. Résultat, toutes les affaires de James, chemises et sous-vêtements, avaient viré au rose vif.
Agatha, qui flottait encore dans sa bulle de bonheur post-nuptial, était bien convaincue qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle pensait même qu’ils en riraient ensemble.
Grossière erreur. James, en réalité, piqua une colère carabinée. Comment avait-elle osé toucher à ses affaires ? Elle n’était qu’une idiote et une incapable. L’ancienne Agatha lui aurait sans nul doute asséné une réplique bien sentie, mais la nouvelle jugea bon de lui présenter de plates excuses, le moral au plus bas. En plus, elle ne lui en garda même pas rancune, persuadée qu’un long célibat favorisait les petites manies.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 

71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

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Écosse

Petit bac 2020a
(1) Prénom

Agatha Raisin, tome 10 : Panique au manoir – M.C. Beaton

71noJFQhAiL Albin Michel – mars 2018 – 288 pages

traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the Fairies of Fryfam, 2000

Quatrième de couverture :
Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk. Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où  elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir. Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent tout naturellement sur Agatha, dont le conte de fées vire au cauchemar…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Parce que dans le tome 9, une voyante qui lui avait prédit de rencontrer le grand amour dans le Norfolk, Agatha décide d’aller faire un séjour à Fryfam pour tenter d’oublier James. Pour s’occuper, Agatha décide de se lancer dans l’écriture d’un roman policier mais elle est témoin de drôles de phénomènes comme des objets qui disparaissent ou des lumières qui dansent dans le ciel… Évidemment, Agatha va plutôt mener son enquête et bien sûr, s’attirer de multiples ennuis…
L’enquête est prenante et l’intrigue plutôt bien menée !

Extrait : (début du livre)
Agatha Raisin vendait sa maison et quittait Carsely pour de bon.
Ou plutôt, tel avait été son projet.
Elle avait déjà loué un cottage dans un village du Norfolk : Fryfam. Elle l’avait choisi à l’aveugle, ne connaissant ni le village, ni le Norfolk. Mais c’est là qu’une voyante lui avait prédit que son destin s’accomplirait. Son voisin immédiat, le grand amour de sa vie, James Lacey, avait déserté Carsely sans lui dire au revoir, aussi avait-elle décidé de s’installer là-bas et choisi un village en piquant une aiguille au hasard sur la carte. Un coup de téléphone au poste de police de la ville lui avait permis d’obtenir les coordonnées d’un agent immobilier, elle avait trouvé un cottage à louer, et il ne lui restait plus qu’à vendre le sien et à quitter les lieux.
Mais les acheteurs potentiels ne lui plaisaient pas. Soit les femmes étaient trop jolies – et Agatha ne voulait pas qu’une séduisante créature habite à côté de chez James –, soit elles étaient revêches et désagréables, et elle ne tenait pas à infliger leur présence aux villageois.
Elle devait emménager dans sa maison du Norfolk au début du mois d’octobre, et la fin septembre approchait. Les feuilles aux couleurs bigarrées de l’automne tourbillonnaient sur les petites routes des Cotswolds. C’était un été indien aux journées moelleuses et ensoleillées et aux soirées brumeuses. Jamais Carsely n’avait été aussi beau. Mais Agatha était bien décidée à se débarrasser de son obsession pour James Lacey. Fryfam était sans doute très beau également.
Elle s’efforçait de consolider sa détermination chancelante quand elle entendit sonner. Elle découvrit un petit couple rondouillard sur le pas de sa porte. « Bonjour », lança allègrement la femme. « Nous sommes Mr et Mrs Baxter-Semper. Nous souhaiterions visiter la maison.
– Il fallait prendre rendez-vous avec l’agent immobilier, grommela Agatha.
– Mais on a vu l’écriteau À VENDRE en passant.
– Entrez. Vous pouvez faire le tour de la maison. Vous me trouverez dans la cuisine si vous avez des questions à me poser. »
Agatha but une tasse de café noir debout et alluma une cigarette. Par la fenêtre, elle apercevait ses chats, Hodge et Boswell, en train de jouer dans le jardin. Ce que ça devait être chouette d’être un chat, se dit-elle amèrement. Pas d’amours malheureuses, pas de responsabilités, pas de factures à payer, et rien d’autre à faire que se prélasser au soleil et attendre qu’on vous donne à manger.
Le couple circulait à l’étage. Un bruit de tiroirs qu’on ouvrait et fermait lui parvint aux oreilles. Elle alla se poster en bas de l’escalier et cria : « Vous êtes censés regarder la maison, pas fouiller dans mes culottes. » Un silence scandalisé lui répondit. Puis le couple redescendit.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

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Agatha Raisin, tome 9 : Sale temps pour les sorcières – M.C. Beaton

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Audible – avril 2018 – 6h06 – Lu par Françoise Carrière

Albin Michel – mars 2018 – 288 pages

traduit de l’anglais par Amélie Juste-Thomas

Titre original : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham, 1999

Quatrième de couverture :
Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse. N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée… Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Après sa mésaventure finale avec une coiffeuse lors de l’enquête précédente, et sa chevelure « massacrée », Agatha Raisin décide de fuir Carsely et se réfugier à Wyckhadden, une petite ville de bord de mer pour attendre la repousse de ses cheveux. Elle loge dans un hôtel vieillot où résident également de vieux habitués friands de nombreuses parties de scrabble… Pour accélérer la repousse de ses cheveux, on lui conseille d’aller voir la « Sorcière » du coin, qui concocte des potions nombreuses et variées, qui tire les cartes et entre en contact avec l’au-delà. Peu de temps après la visite d’Agatha, la Sorcière est retrouvée assassinée…
Evidemment Agatha décide de mener son enquête et fait la connaissance de l’inspecteur Jimmy Jessop, le policier du village, et elle n’est pas insensible à son charme…  Va-t-elle oublier James Lacey ?
Un épisode très amusant, Agatha se retrouve toujours dans des situations cocasses… L’intrigue est rythmée et les résidents du Garden Hotel sont hauts en couleurs.
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante et une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
Quoi de plus déprimant, pour une femme d’âge mûr à moitié chauve qui se languit d’amour, que de se retrouver dans une station balnéaire anglaise hors saison ? Le vent soufflait en rafales le long de la promenade, faisant claquer des lambeaux d’affiches vantant les réjouissances estivales, et d’énormes vagues projetaient des embruns haut dans le ciel.

Agatha avait perdu ses cheveux lorsqu’une coiffeuse rancunière l’avait shampouinée à la crème dépilatoire. Ils repoussaient par touffes, laissant le cuir chevelu désespérément nu par endroits. Afin d’éviter que James Lacey, l’amour de sa vie, ne la voie dans cet état lorsqu’il rentrerait de voyage, Agatha avait fui Carsely pour se réfugier à Wyckhadden, petite ville de bord de mer, en attendant qu’ils repoussent.
Elle était descendue au Garden Hotel, « petit mais luxueux », selon la brochure. Elle regrettait maintenant de ne pas avoir choisi un lieu plus design, moderne et clair. Le Garden Hotel ne semblait pas avoir tellement changé depuis l’époque victorienne. De hauts plafonds, une moquette épaisse et des murs très solides : le lieu était aussi silencieux qu’une tombe. Les autres résidents n’étaient plus tout jeunes. Rien de plus pénible pour une femme d’âge mûr, consciente du temps qui passe et de l’inexorabilité de sa propre vieillesse. Agatha avait brusquement compris pourquoi les hommes d’une cinquantaine d’années s’épanouissaient en jean, boots et blouson de cuir à la recherche d’une minette à exhiber. Elle marchait beaucoup, bien décidée à perdre du poids et à rester en forme.
Dans la salle à manger du Garden, il lui avait suffi d’un regard sur les autres clients pour envisager un lifting.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche

voisinsvoisines2019_2Écosse

petit bac 2019(5) Végétal

Raison et sentiments – Jane Austen

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10×18 – janvier 2018 – 384 pages

traduit de l’anglais par Jean Privat

Titre original : Sense and Sensibility, 1811

Quatrième de couverture :
En amour, comme en tout, rien n’a changé depuis le 19eme siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s’abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l’amour à force de tempérance. Raison et sentiments : impossible équation ? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.

Auteur : Jane Austen, dernière d’une famille de huit enfants, est née le 16 décembre 1775 à Stevenson dans le Hampshire (Angleterre). Entre sa vingtième et sa vingt-cinquième année, Jane Austen écrit trois récits de jeunesse qui deviennent des pièces maîtresses de son œuvre : Elinor et Mariane, Raison et Sentiments (1795), First Impression, ébauche d’Orgueil et Préjugés, et enfin, en 1798, Northanger Abbey. Après la mort de son père, Jane Austen s’installe avec sa mère et sa sœur à Chatown, où elle va écrire l’essentiel de son œuvre. En 1811, un éditeur londonien soumet pour la première fois au grand public, sous couvert d’anonymat, Raison et Sentiments. Elle publie ensuite Mansfield Park, mais c’est avec Emma que Jane Austen s’impose véritablement sur la scène littéraire. Son œuvre compte aujourd’hui parmi les classiques de la littérature anglaise et a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques : Emma, réalisé par Douglas McGrath, Raison et Sentiments sorti en 1996 et mis en scène par Ang Lee avec Hugh Grant, Emma Thompson et Kate Winslet dans les rôles principaux, et Orgueil et préjugés, adapté au cinéma en 2005 par Joe Wright.

Mon avis : (lu en mars 2019)
Jane Austen est une auteure classique britannique que je connaissais de nom depuis longtemps, mais que je n’avais encore jamais lu. C’est après avoir vu le film Raison et Sentiments sorti en 1996 et mis en scène par Ang Lee avec Emma Thompson, Kate Winslet, Hugh Grant et Alan Rickman dans les rôles principaux que j’ai eu envie de lire le livre original.
C’est l’histoire de deux sœurs, Elinor et Marianne, l’une est sage et réfléchie, l’autre est passionnée et spontanée. Elles sont toutes deux en âge de se marier, mais issues d’une seconde noce, à la mort de leur père, c’est leur demi-frère aîné qui hérite de tout et leur mère et elles se retrouvent sans fortune. Elinor a des sentiments pour un jeune homme mais elle n’ose l’avouer par peur de ne pas être digne de son rang et d’être repoussée. Alors que contrairement aux us de l’époque, Marianne n’hésite pas à afficher fougueusement ses sentiments pour un beau jeune homme qui multiplie les conquêtes… Elinor et Marianne sont deux sœurs fascinantes et attachantes, les personnages secondaires sont nombreux et aux caractères variés.
C’est le premier roman écrit par Jane Austen, et c’est une description minutieuse de la société bourgeoise anglaise de la fin du 18ème siècle. L’auteure a le don de pointer les défauts de ses compatriotes et de les décrire avec un ton très vivant et délicieusement ironique… C’est du romantisme à l’anglaise.

Extrait : (début du livre)
La famille Dashwood était établie depuis longtemps dans le Sussex. Son domaine était vaste, et sa résidence était à Norland Park, au centre de la propriété, où, depuis de nombreuses générations, elle avait vécu d’une façon si bienséante qu’elle s’était acquis d’une façon générale la bonne opinion de ses connaissances à la ronde. Le défunt propriétaire de ce domaine était un célibataire, qui vécut jusqu’à un âge fort avancé, et qui, pendant de nombreuses années de sa vie, eut en la personne de sa sœur une compagne et une maîtresse de maison constante. Mais la mort de celle-ci, qui eut lieu dix ans avant la sienne, produisit un grand changement dans son intérieur ; car, pour suppléer à la perte de sa sœur, il invita et reçut chez lui la famille de son neveu, Mr. Henry Dashwood, l’héritier légal du domaine de Norland, et la personne à qui il se proposait de le léguer. Dans la compagnie de son neveu et de sa nièce, et de leurs enfants, les jours du vieux gentleman s’écoulèrent agréablement. Son attachement envers eux tous s’accrut. L’attention constante de Mr. et de Mrs. Henry Dashwood à ses désirs, laquelle procédait non pas simplement de l’intérêt, mais de la bonté du cœur, lui donna la pleine mesure de réconfort solide que pouvait recevoir son âge ; et la gaieté des enfants ajouta de la saveur à son existence.

D’un mariage antérieur, Mr. Henry Dashwood avait un fils ; de sa femme actuelle, trois filles. Le fils, jeune homme sérieux et respectable, était amplement pourvu par la fortune de sa mère, qui avait été considérable, et dont la moitié lui était revenue lors de sa majorité. Par son propre mariage, également, qui eut lieu peu après, il ajouta à sa richesse. Pour lui, en conséquence, le droit de succession au domaine de Norland n’était pas véritablement aussi important que pour ses sœurs ; car leur fortune, abstraction faite de ce qui pourrait leur revenir du fait que leur père héritât de cette propriété, ne pouvait être que petite. Leur mère ne possédait rien, et leur père n’avait que sept mille livres en propre, car la moitié restante de la fortune de sa première femme était également assurée à l’enfant de celle-ci, et il n’en possédait que l’usufruit viager.

 

Agatha Raisin, tome 8 : Coiffeur pour dames – M.C. Beaton

A1pFloaMoOL Albin Michel – novembre 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham, 1999

Quatrième de couverture :
Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent ! Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective. Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Je continue toujours avec plaisir à suivre les aventures et enquêtes rocambolesques d’Agatha Raisin, au rythme de 2 à 3 par an…
Les relations entre Agatha et James Lacey sont toujours au point mort. Dans cet épisode, James a quitté Carsely pour une destination qu’Agatha ignore…
Parce qu’Agatha Raisin découvre avec horreur ses premiers cheveux blancs, sur les conseils de Mrs Blobxy, elle se rend à Evesham chez Mr John, un jeune coiffeur à la mode. Elle tombe sous le charme de ce magicien des ciseaux… et accepte même de dîner avec lui. Mais quelques jours plus tard, Mr John meurt empoisonné dans son salon de coiffure, sous les yeux d’Agatha… Il est victime d’un empoisonnement à la ricine. Il n’en fallait pas plus pour qu’Agatha se lance dans une enquête ! Elle aura l’appui de Sir Charles…
Et comme le résumait assez bien James  : Agatha « résolvait une affaire en faisant boulette sur boulette, jusqu’au jour où le coupable se trahissait tout seul. » Ignorant le danger, Agatha n’hésite pas à donner de sa personne… Elle est toujours autant imprévisible et gaffeuse malgré elle !
Le hasard fait, que ce dimanche 23 juin, à la télévision, France 3, diffuse le 1er épisode de la saison 2 de la série Agatha Raisin : « le magicien des ciseaux », l’adaptation de ce tome 8 !

Extrait : (début du livre)
On se serait cru sous les Tropiques. Pourtant ce n’était qu’Evesham en Angleterre, dans la région des Cotswolds. Agatha Raisin alla se garer sur le parking de Merstow Green, éteignit la climatisation et se prépara à affronter l’épais rempart de chaleur moite qui ne manquerait pas de l’accueillir dès qu’elle descendrait de voiture.

Agatha, à l’instar de beaucoup d’autres, avait décrété que l’effet de serre et son cortège de menaces n’étaient qu’un tissu de mensonges propagé par les écolo-terroristes. Pourtant, les journées étouffantes et poisseuses s’étaient succédé pendant ce mois d’août, ponctuées de violents orages nocturnes qui ressemblaient à un temps de mousson. C’était décidément bizarre.
Agatha s’éloigna de la voiture en maugréant pour prendre un ticket à la machine. Franchement, elle avait bien choisi son jour pour aller se faire faire une couleur !
En allant coller son ticket sur le pare-brise, elle se pencha pour inspecter rapidement son reflet dans le rétroviseur. Ses cheveux avaient toujours une teinte sombre, mais il s’y mêlait des mèches violettes.
Suite à sa dernière « affaire », Agatha avait plongé dans une légère dépression. Mrs Agatha Raisin caressait le rêve de rivaliser avec les plus fameux détectives de roman, de l’envergure d’Hercule Poirot et de lord Peter Wimsey. C’était une femme entre deux âges, avec une silhouette trapue mais de jolies jambes, un visage rond et de petits yeux d’ourse qui posaient sur le monde un regard soupçonneux. Jusque-là, elle avait tiré une grande fierté de sa chevelure châtain foncé, épaisse et brillante.
Malheureusement, elle y avait repéré au cours de la semaine de vilains fils gris qui s’installaient un peu partout. Elle avait aussitôt acheté une teinture, mais le produit n’avait réussi qu’à changer le gris en violet. « Allez donc chez Mr John », lui conseilla alors Mrs Bloxby, l’épouse du pasteur. « Son salon se trouve à Evesham, dans la grand-rue. Il passe pour un vrai magicien de la coloration. »

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

voisinsvoisines2019_2Écosse

petit bac 2019(4) Métier

Agatha Raisin, tome 7 : A la claire fontaine – M.C. Beaton

91fUANd3KcL Albin Michel – novembre 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Jacques Bosser

Titre original : Agatha Raisin and the Wellspring of Death, 1998

Quatrième de couverture :
Ancombe, paisible petit village, possède une source d’eau douce réputée pour ses bienfaits. Mais l’arrivée d’une société qui veut l’exploiter échauffe les esprits et divise les habitants : s’enrichir ou renoncer à la paix ? Lorsque Robert Struthers, le président du conseil municipal, est retrouvé assassiné, l’affaire prend une sale tournure. Pour y voir plus clair, Agatha Raisin décide d’aller à la source et se fait embaucher par la société…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en février 2019)
Une lecture facile… je prends toujours autant de plaisir à suivre les aventures et enquêtes rocambolesques d’Agatha Raisin, au rythme de 2 à 3 par an…
Les relations entre Agatha et James Lacey sont au point mort. Le voyage à Chypre d’Agatha n’a pas eu le résultat escompté et tous les deux font routes séparées.
Retour en Angleterre, dans un village voisin de Carsely, à Ancombe, où une source naturelle divise la population. Et alors que le conseil municipal s’apprête à voter pour ou contre l’exploitation de sa source par une compagnie privée, son président est assassiné. Agatha avait accepté de s’occuper de la communication pour lancement de l’évènement. Elle donc va sauter sur l’occasion pour faire sa propre enquête… Quelques jours plus tard, c’est la propriétaire du terrain où se trouve la source qui est assassinée.
Comment Agatha va-t-elle pouvoir vanter les mérites d’une source saine alors que la mort rôde  ? Agatha Raisin semble également plaire à Guy Freemont, l’un des directeurs de la société… Rien de tel pour rendre James Lacey jaloux…
L’intrigue n’est pas inoubliable, mais c’est toujours sympathique de retrouver les personnages récurrents comme Roy, l’ancien employé londonien d’Agatha, la gentille Mrs Blomsby, la femme du pasteur, et Bill Wong, le policier, à la recherche de l’âme sœur.

Extrait : (début du livre)
Agatha Raisin broyait du noir. James Lacey avait enfin regagné le cottage voisin du sien à Carsely, village des Cotswolds. Elle essayait de se convaincre : non, elle n’était plus amoureuse de lui et se moquait de sa froideur.
Elle avait failli l’épouser, mais son mari, encore bien vivant à l’époque, avait surgi lors de la cérémonie et James ne lui avait jamais vraiment pardonné de lui avoir menti.
Un beau soir de printemps où les couleurs éclatantes des jonquilles, forsythias, magnolias et crocus explosaient dans le village, Agatha se rendit mollement au presbytère pour une réunion de la Société des dames de Carsely, avec l’espoir d’y apprendre quelque potin qui romprait la monotonie de son existence.
Mais les dernières nouvelles ne l’intéressèrent guère : car elles concernaient une source située dans le village voisin d’Ancombe.
Agatha la connaissait, cette source. Au XVIIIe siècle, une certaine miss Jakes l’avait captée et déviée à l’aide d’un tuyau passant à travers le mur du fond de son jardin pour en faire une fontaine à usage public. L’eau coulait par la bouche d’une tête de mort – une fantaisie qui, malgré certains goûts morbides de l’époque, avait provoqué alors d’innombrables critiques – et était recueillie dans une vasque peu profonde encastrée dans le sol. Elle en débordait pour se déverser sur une grille, passait sous la route et finissait par se transformer en un petit ruisseau qui serpentait à travers d’autres jardins avant de se jeter dans l’Ancombe, la rivière arrosant Carsely.
Quelques vers d’un poème composé par miss Jakes avaient été gravés au-dessus de la tête de mort :
               Voyageur fatigué, arrête-toi et vois
               La source vivifiante qui jaillit sur ta voie.
               Oublions que la vie est une vallée de larmes :
               Quiconque boit cette eau se porte comme un charme.
Deux siècles plus tôt, l’eau était réputée pour ses propriétés magiques et revigorantes, mais aujourd’hui, seuls les randonneurs s’arrêtaient à la fontaine pour y remplir leur gourde, et à l’occasion, des gens du coin tels qu’Agatha y venaient avec une bouteille qu’ils remportaient chez eux pour préparer le thé, l’eau de la source étant plus douce que celle du robinet.

Déjà lu du même auteur :

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

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Les Vestiges du jour – Kazuo Ishiguro

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Calmann-Lévy – août 2001 – 266 pages

Folio – mars 2010 – 352 pages

traduit de l’anglais par Sophie Mayoux

Titre original : The Remains of the Day, 1989

Quatrième de couverture :
 » Les grands majordomes sont grands parce qu’ils ont la capacité d’habiter leur rôle professionnel, et de l’habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants. Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume. C’est, je l’ai dit, une question de « dignité ».  » Stevens a passé sa vie à servir les autres, majordome pendant les années 1930 de l’influent Lord Darlington puis d’un riche Américain. Les temps ont changé et il n’est plus certain de satisfaire son employeur. Jusqu’à ce qu’il parte en voyage vers Miss Kenton, l’ancienne gouvernante qu’il aurait pu aimer, et songe face à la campagne anglaise au sens de sa loyauté et de ses choix passés…

Auteur : Kazuo Ishiguro, né à Nagasaki en 1954, vit en Grande-Bretagne depuis l’âge de cinq ans. En 1995, Kazuo Ishiguro a reçu le titre d’officier de l’Ordre de l’Empire britannique et en 1998 la France l’a fait Chevalier des Arts et des Lettres. Il habite Londres avec sa femme et sa fille. Il est l’auteur de : « Lumière pâle sur les collines » qui a remporté le Royal society of literature prize, « Un artiste du monde flottant » lauréat du Whitebread Book of the year en 1986. « Les Vestiges du jour » fut couronné par le Booker prize en 1989 et adapté par James Ivory avec Anthony Hopkins et Emma Thompson. Avec « L’Inconsolé », il remporta le Cheltenham prize en 1995.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
J’avais déjà vu plusieurs fois le film adapté de ce livre en 1993 par James Ivory avec Anthony Hopkins et Emma Thompson avant de lire le roman de Kazuo Ishiguro. Mr Stevens est un majordome anglais qui a toujours dédié sa vie à son travail, en particulier auprès de Lord Darlington. Il s’est complètement oublié, en particulier lorsqu’il a travaillé longtemps auprès de la gouvernante Miss Kenton. Celle-ci avait manifestement des sentiments pour lui, et lui n’était pas indifférent à la jeune femme mais au nom de la « dignité » de son rôle de majordome et de son éducation, il n’avait jamais laissé paraître ses sentiments. 
Vingt ans plus tard, Darlington Hall appartient à un millionnaire américain, les positions de Lord Darlington durant l’entre-deux-guerres sont désormais mal vues. Mr Stevens, toujours majordome à Darlington Hall, a l’occasion de revoir Miss Kenton, devenue Mrs Benne à la suite d’un mariage décevant. Le lecteur va suivre le voyage en automobile dans la campagne anglaise de Mr Stevens, il revient sur ses souvenirs à la grande époque de Darlington Hall, sur des réflexions concernant sa fonction, et bien sûr sur ses retrouvailles avec Miss Kenton.
C’est un roman mélancolique, le bilan d’une vie, d’une époque révolue…
J’ai adoré le film et le jeu subtile des deux acteurs principaux. J’ai aimé découvrir le livre qui donne une part plus importante au personnage de Mr Stevens, celui-ci étant le narrateur, que dans le film.

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Extrait : (début du livre)
Il semble de plus en plus probable que je vais réellement entreprendre l’expédition qui tient depuis quelques jours une place importante dans mon imagination. Une expédition, je dois le préciser, que j’entreprendrai seul, dans le confort de la Ford de Mr. Farraday ; une expédition qui, telle que je l’envisage, me conduira à travers une des plus belles campagnes d’Angleterre jusqu’au West Country, et pourrait bien me tenir éloigné de Darlington Hall pendant cinq ou six jours. L’idée de ce voyage, je dois le souligner, est née d’une suggestion fort aimable émise à mon intention par Mr. Farraday lui-même voici presque quinze jours, tandis que j’époussetais les portraits dans la bibliothèque. En fait, si je me souviens bien, j’époussetais, monté sur l’escabeau, le portrait du vicomte Wetherby lorsque mon employeur entra, chargé de quelques volumes dont il désirait sans doute qu’on les remît en rayon. Remarquant ma présence, il profita de cette occasion pour m’informer qu’il venait précisément de parachever le projet de retourner aux États-Unis pour une période de cinq semaines, entre août et septembre. Cela annoncé, mon employeur posa ses volumes sur une table, s’assit sur la chaise longue et allongea les jambes. Ce fut alors que, levant les yeux vers moi, il déclara : « Vous vous doutez, Stevens, que je ne vous demande pas de rester enfermé dans cette maison pendant toute la durée de mon absence. Si vous preniez la voiture pour aller vous balader pendant quelques jours ? À en juger par votre mine, un petit congé ne vous ferait pas de mal. »
Devant une proposition aussi imprévue, je ne savais trop comment réagir. Je me rappelle l’avoir remercié de sa sollicitude, mais sans doute ne dis-je rien de très précis car mon employeur poursuivit :
« Je parle sérieusement, Stevens. Vous devriez vraiment prendre un petit congé. Je paierai la note d’essence. Vous autres, vous passez votre vie enfermés dans ces grandes maisons à vous rendre utiles, et quand est-ce que vous arrivez à voir ce beau pays qui est le vôtre ? »
Ce n’était pas la première fois que mon employeur soulevait cette question ; en fait, il semble sincèrement préoccupé par ce problème. Ce jour, cependant, il me vint une sorte de repartie tandis que j’étais juché là-haut sur l’escabeau ; repartie visant à souligner que dans notre profession, si nous ne voyons pas à proprement parler le pays en sillonnant la campagne et en visitant des sites pittoresques, nous « voyons » en fait une part d’Angleterre plus grande que bien des gens, placés comme nous le sommes dans des demeures où se rassemblent les personnes les plus importantes du pays. Certes, je ne pouvais exprimer ce point de vue à l’intention de Mr. Farraday sans me lancer dans un discours qui aurait pu paraître présomptueux. Je me contentai donc de dire simplement :
« J’ai eu le privilège, monsieur, de voir entre ces mêmes murs, au fil des années, ce que l’Angleterre a de meilleur. »
Mr. Farraday ne sembla pas comprendre cette remarque, car il continua sur sa lancée : « J’insiste, Stevens. Ce n’est pas bien qu’un gars ne puisse pas visiter son propre pays. Suivez mon conseil, sortez de la maison pendant quelques jours. »

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