Simone Veil : L’Immortelle – Pascal Besson et Hervé Duphot

9782501117821_1_75_1 Marabulles – juin 2018 – 184 pages

Quatrième de couverture :
Cet album est un vibrant hommage à Simone Veil, figure féministe populaire et discrète. Le récit s’attache aux temps forts de sa vie, de la loi pour l’IVG défendue à l’assemblée nationale, à son enfance à Nice avant d’être déportée avec sa famille.
Simone Jacob est née en 1927 à Nice. À 17 ans elle est déportée à Auschwitz, avec toute sa famille. Ses sœurs et elle reviendront du camp de concentration. Cette période l’a marquée à jamais. En 1946, elle épouse Antoine Veil. Magistrat, elle devient en 1974, ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing, chargée de défendre la loi sur l’IVG. En 1993, elle occupe à nouveau la fonction de ministre des Affaires sociales et de la Santé dans le gouvernement d’Édouard Balladur. Simone Veil a également été députée européenne et membre du Conseil constitutionnel. Elle était présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Cette femme de conviction s’est très peu confiée. Le grand public ne connaissait que sommairement son parcours de déportée. Elle a attendu d’avoir 80 ans pour écrire ses mémoires (Une Vie, Ed. Stock). Elle raconte que c’est une kapo, sans doute une prostituée Polonaise, qui lui a sauvé la vie en lui disant : «Tu es trop belle pour mourir ici…».
Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort

Auteurs : Hervé Duphot est né à Créteil en 1972. Après des études en communication visuelle, il travaille comme graphiste dans la publicité. Aujourd’hui, il partage son temps entre l’enseignement des arts graphiques et la bande dessinée. Il vit à Paris, mais conserve des attaches creusoises.
Pascal Bresson, dessinateur et scénariste, est né à Reims en 1969. Depuis 25 ans, il habite à Saint-Malo. Pascal a appris le métier dès l’âge de 12 ans auprès de deux maîtres du 9e art : Tibet et René Follet. Il a publié plus de 40 bandes dessinées et livres pour la jeunesse et a été récompensé pour son travail par plus de 15 prix, dont le « Grand Prix Public BD Européenne des médias 2015 » pour Plus fort que la haine (Glénat). Sa citation préférée : « Un stylo peut transformer une tragédie en espoir et victoire. » Nelson Mandela

Mon avis : (lu en décembre 2018)
Cette BD est un bel hommage à Simone Veil. Elle retrace des moments importants de la vie de cette grande Dame.
La BD s’ouvre sur le 26 novembre 1974, Simone Veil est Ministre de la Santé, c’est la veille du jour où elle doit présenter à l’Assemblée Nationale la loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse. La tâche ne sera pas facile, d’abord car les députés sont en majorité des hommes, mais il y a également des oppositions religieuses…
En flashback, nous découvrons l’enfance de Simone à Nice, sa déportation et celle de sa famille à Auschwitz, son retour, ses études de magistrate, rencontre avec Antoine Veil… Son combat pour l’Europe, pour la mémoire de la Shoah, son entrée à l’Académie Française sont également évoqués…
La lecture de cette BD est fluide, et l’idée d’utiliser différentes couleurs pour illustrer les différentes périodes de sa vie est originale et très bonne. Le bleu concerne les années de politique, le jaune sa vie joyeuse, son enfance, sa vie privée, le brun pour son passage dans les camps.
Une bonne entrée en matière pour découvrir Simone Veil, la vie d’une femme d’exception, altruiste, dont le courage et la détermination étaient exceptionnels.
Simone Veil est Immortelle à plusieurs titres, d’abord comme Académicienne Française, mais également dans nos mémoires et enfin en entrant le 3 juillet dernier en compagnie de son mari, Antoine Veil, au Panthéon.
Il faut absolument que je prenne le temps de lire son autobiographie « Une Vie ».

Extrait : (début de la BD)

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petit bac 2019(1) Prénom

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Ueno Park – Antoine Dole

51bfifayjul Actes Sud Jeunesse – août 2018 – 119 pages

Quatrième de couverture :
Huit adolescents. Huit voix. Ils ne se connaissent pas mais ont en commun de rejeter les codes traditionnels de la société japonaise. Tous laissent entrevoir un furieux besoin d’imposer leur trace dans ce monde. A Ueno Park, ils vont se trouver réunis pour Hanami, le spectacle de l’éclosion des cerisiers.

Auteur : Né en 1981, Antoine Dole vit entre Chambéry et Paris. Après un premier roman remarqué en 2008, Je reviens de mourir, il publie Laisse brûler (2010), K-Cendres (2011), A copier cent fois (2013) et Ce qui ne nous tue pas (2014). Il crée en parallèle le personnage de bande dessinée Mortelle Adèle ainsi que différentes sagas pour la presse jeunesse (Zoé Super, Karen 2.0). 

Mon avis : (lu en décembre 2018)
A l’occasion d’Hanami, ce grand rassemblement annuel où les Japonais célèbrent la floraison des cerisiers, huit adolescents qui ne se connaissent pas se retrouvent à Ueno Park. Huit histoires indépendantes qui donnent la parole à Ayumi, Sora, Fuko, Natsuki, Haruto, Daïsuké , Aïri et Nozomu. Ils nous raconte le Japon d’aujourd’hui et en particulier de ceux qui rejettent les codes traditionnels de la société japonaise et qui préfèrent, dans un désir de liberté, affirmer un style de vie différent.
Ayumi, une hikikomori, pour la première fois depuis deux ans, elle sort enfin de sa chambre.
Malgré les insultes, Sora, affiche son look extrême et asexué de genderless kei.
Fuko, atteinte de leucémie, profite de son dernier Hanami avec sa jeune sœur Kazué.
Natsuki pratique le Enjo Kosai : une sorte d’escorte girl destinée à recevoir les pleurs et les lamentations de ses clients.
Haruto, tente de se reconstruire l’expérience traumatisante du tsunami de 2011.

Pour subvenir au besoin de sa famille, Daïsuké confectionne toute la journée des pancakes dans une petite échoppe proche d’Ueno Park. Il est devenu invisible.
Airi, fan obsessionnelle, fantasme encore et encore sur son idole.
Nozomu a dû abandonner le domicile familial et devenir SDF.
Avec son écriture poétique, Antoine Dole exprime avec justesse et humanité, les difficultés, les peines et les émotions profondes de ses personnages attachants et surprenants.

Extrait : (début du livre)
À la sortie de la gare, Ueno Park n’est qu’à quelques minutes. Un cerisier immense accueille les visiteurs. Un éclatement de douceur contre le paysage de béton froid. Vu d’ici, Tokyo n’est plus cette capitale immense qui mâche les corps et les recrache. Cette ville qui m’a tant fait peur ces derniers mois semble retenir son souffle. Tout au long du trajet qui m’a menée ici, j’ai la sensation d’avoir marché sur la pointe des pieds, en effleurant à peine le sol. À chaque pas, mon cœur sur le point de lâcher.

Déjà lu du même auteur :

a_copier_100_fois A copier 100 fois 95103899 Ce qui ne nous tue pas

106019616 Tout foutre en l’air

petit bac 2019(1) Lieu

La Présélection Audiolib 2019

Hier soir, j’ai eu la très bonne surprise d’apprendre que
j’étais sélectionnée pour le jury Prix Audiolib 2019 !

et de découvrir,

la liste des titres sélectionnés pour le Prix Audiolib 2019 !

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Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie lu par l’autrice

Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard lu par Clara Brajtman

Fief de David Lopez lu par l’auteur

Frère d’âme de David Diop lu par Babacar M’baye FALL

L’art de la joie de Goliarda Sapienza lu par Valérie Muzzi

La Daronne d’Hannelore Cayre lu par Isabelle de Botton

La Toile du monde d’Antonin Varenne lu par Julien Defaye

Martin Eden de Jack London lu par Denis Podalydès

My Absolute Darling de Gabriel Tallent lu par Marie Bouvet

Un Gentleman à Moscou d’Amor Towles lu par Thibault de Montalembert

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Voilà de belles lectures en prévision !
Reste maintenant à attendre l’arrivée dans ma boîte aux lettres des premiers livres-audio …

 

Concours : Film – Holy Lands

en partenariat avec MENSCH Agency

#HolyLandsLeFilm

Date de sortie : 16 janvier 2019

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Film réalisé par Amanda Sthers, adapté de son livre
avec James Caan, Jonathan Rhys Meyers, Rosanna Arquette, Patrick Bruel

Synopsis : 

Harry, juif apostat et cardiologue à la retraite, originaire de New York, décide soudainement d’aller s’établir comme éleveur de porcs à Nazareth, en Israël. Une décision mal vécue par les locaux comme par sa propre famille. Restée à New York, après s’être découvert un cancer, son ex-femme Monica tente de gérer la vie de leurs grands enfants Annabelle et David, et revisite son histoire d’amour avec Harry. Contre toute attente, c’est auprès du Rabbin Moshe Cattan, qu’Harry va accepter d’affronter la vie et son issue.

Les règles du concours :

Date du concours du 14/01 au 20/01/2019 minuit
Limité à la France Métropolitaine
Pour répondre au Concours

A gagner

5 x 2 places de cinéma 

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5 romans
(Livre de Poche)
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Répondre au concours en utilisant le formulaire spécial

On vous demandera vos coordonnées nom et adresse pour l’envoi
Vous pouvez également me dire votre préférence pour l’un ou l’autre lot.

Un petit commentaire sur le blog est également apprécié…

Un tirage au sort sera effectué le 21/01/2019 sur les bonnes réponses
pour déterminer les 10 gagnants qui recevront leur gain par la poste.

Les questions :

1) Quel est le titre original du livre d’Amanda Sthers dont le film est l’adaptation ?

2) Quelle est le nom du personnage joué par Rosanna Arquette  ?

3) Combien de films Amanda Sthers a-t-elle réalisé (en comptant Holy Lands)   ?

Pour répondre au Concours

C’est lundi, que lisez-vous ? [53]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Lucky Luke : Un cow-boy à Paris – Achdé et Jul d’après Morris
Miss Crampon – Claire Castillon
L’intérêt de l’enfant – Ian McEwan

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Sótt – Ragnar Jónasson
Valentine – Anne-Laure Bondoux (Rencontre Babelio à venir)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Ueno Park – Antoine Dole
Mentine tome 5 : On divorce ! – Jo Witek (partenariat Flammarion Jeunesse)
De l’autre côté – Stefan Casta
Simone Veil : L’Immortelle – Pascal Besson et Hervé Duphot (BD)
Millénium saga – tome 3 – La fille qui ne lâchait jamais prise – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega (BD)

Bonne Année 2019, bonnes lectures et bonne semaine !

 

L’intérêt de l’enfant – Ian McEwan

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Gallimard – octobre 2015 – 240 pages

Folio – avril 2017 – 240 pages

Gallimard – décembre 2018 – 6h05 – Lu par Marie-Christine Barrault

traduit de l’anglais par France Camus-Pichon

Titre original : The Children Act, 2014

Quatrième de couverture :
À l’âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort. Les croyances religieuses de ses parents interdisant la transfusion sanguine qui pourrait le sauver, les médecins s’en remettent à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona décide soudainement de se rendre à l’hôpital, auprès du garçon. Mais cette brève rencontre s’avère troublante et, indécise, la magistrate doit pourtant rendre son jugement. Dans ce court roman, Ian McEwan allie avec justesse la froideur de la justice à la poésie et à la musicalité qui imprègnent la vie des personnages. Dans un style limpide, il crée une ambiance oppressante et fait preuve d’une complexité thématique impressionnante. Les certitudes se dérobent : où s’arrête et où commence l’intérêt de l’enfant ?

Auteur : Ian McEwan a passé une grande partie de sa jeunesse en Extrême-Orient, en Afrique du Nord (en Libye), et en Allemagne, où son père, officier dans l’armée britannique, était envoyé. Il a fait ses études à l’université du Sussex et l’université d’East Anglia, où il a été le premier diplômé du cours d’écriture créative créé par Malcolm Bradbury. Insolite et insolente, provocatrice, hautement originale, l’œuvre de Ian McEwan surprend par ses tours de force de concision et d’humour. L’auteur joue avec les énigmes qui sont l’essence de la narration. Tous ses romans affichent une parenté lointaine, sous forme de simulacre, avec l’énigme policière. Il a publié plusieurs nouvelles et romans pour adultes et, en 1994, «Le Rêveur», un recueil de nouvelles pour la jeunesse.

Lecteur : En quarante ans d’une brillante carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision, Marie-Christine Barrault a combiné tous les genres, de la comédie au drame. C’est d’abord le cinéma qui la fait connaître avec Ma nuit chez Maud de Rohmer. Au théâtre, elle incarne les héroïnes de Tchékov, Claudel ou Duras et la télévision fait d’elle une inoubliable Marie Curie. Elle a brillé sur scène avec L’Allée du Roi de Françoise Chandernagor, ou Opening Night de John Cromwell.

Mon avis : (lu en décembre 2018)
C’est après avoir vu le film My Lady, que j’ai beaucoup aimé que j’ai eu envie de découvrir le livre dont c’est l’adaptation. Le scénario a également été écrit par l’auteur.
Le titre du livre, fait référence à une loi datant de 1989, The Children Act, qui définit les modalités de protection des enfants.
Fiona Maye, juge des affaires familiales à la Haute Cour de Londres. Sa charge aussi passionnante lui demande beaucoup de travail et d’énormes responsabilités.
Toute à son travail, Fiona délaisse peu à peu sa vie personnelle et son mari.
Lorsque l’histoire commence, Jack, son mari, pour la faire réagir, provoque une crise conjugale en lui annonçant qu’il va avoir une liaison…
Elle n’a pas le temps de s’effondrer car au même moment, elle est appelée pour une urgence, le cas complexe d’un jeune garçon, mineur, âgé de 17 ans et 9 mois, atteint de leucémie. Pour son traitement, il aurait besoin d’une transfusion sanguine mais lui et ses parents le refusent car ils sont témoins de Jéhovah. Fiona doit prendre une décision juste et rapide car la vie d’Adam est en jeu. Après avoir entendus les différentes parties au tribunal, fait exceptionnel, Fiona décide de rendre visite à Adam à l’hôpital.
Fiona découvre un adolescent intelligent, malicieux, plein de fraîcheur et enthousiaste. Elle est touchée par sa poésie, ses projets de musique.
Adam a grandi dans un environnement fermé et strict, il est reconnaissant d’être consulté, écouté par cette juge qui connaît tellement de choses. Elle lui ouvre une porte vers la liberté, vers des perspectives d’avenir…
La visite se conclue par une mélodie mélancolique irlandaise jouée au violon par Adam et chantée par Fiona avec les paroles du poème de Yeats, « Down by the Salley Gardens ».
Cette rencontre va les lier à jamais.
Adam voudra garder contact avec Fiona, pour la remercier. Il voit en elle un exemple, un modèle, une personne qui pourrait répondre aux nombreuses questions qu’il se pose sur la vie…

Fiona est un très beau personnage de juge, forte dans son travail, qui cache aux autres toute sa sensibilité. Elle exprime ses sentiments profonds, toute sa fragilité, en jouant du piano et lorsqu’elle se retrouve seule avec elle-même.
J’ai autant aimé les deux personnages de Fiona et Adam dans le film comme dans le livre, leur humanité authentique. La fine description psychologique de cette juge aux affaires familiales qui doit prendre et argumenter des décisions aux enjeux importants, sans se laisser influencer par sa vie personnelle. Et le portrait magnifique de cet adolescent honnête, vulnérable, pleins de questionnements.
J’ai retrouvé beaucoup d’images du film dans les descriptions précises de Ian McEwan, une exception, il pleut beaucoup à Londres dans le livre contrairement au film !

Dans la version audio, Marie-Christine Barrault incarne avec justesse et sensibilité Fiona.

Film : sortie en août 2018
réalisé par Richard Eyre avec Emma Thompson, Stanley Tucci, Fionn Whitehead
avec un scénario de Ian McEwan

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Extrait : (début du livre)
Londres. Une semaine après la Pentecôte. Pluie implacable de juin. Fiona Maye, juge aux affaires familiales, un dimanche soir, chez elle, allongée sur une méridienne, regardant fixement, au-delà de ses pieds gainés par un collant, le fond de la pièce, un pan de la bibliothèque installée en retrait de la cheminée, et de l’autre côté, près d’une haute fenêtre, la minuscule lithographie de Renoir représentant une baigneuse, achetée trente ans plus tôt pour cinquante livres. Sans doute un faux. Dessous, au centre d’une table ronde en noyer, un vase bleu. Aucun souvenir des circonstances de son acquisition. Ni de la dernière fois où elle y a mis des fleurs. Pas de feu dans la cheminée depuis un an. Le tic-tac irrégulier des gouttes de pluie noirâtres tombant dans l’âtre sur des feuilles de papier journal jauni roulées en boule. Un tapis de Boukhara sur le parquet ciré à larges lames. En lisière de son champ de vision, un piano demi-queue avec plusieurs photos de famille à cadre d’argent posées sur sa laque d’un noir profond. Par terre, au pied de la méridienne et à portée de main, la copie d’un jugement. Et Fiona couchée sur le dos, rêvant de tout envoyer par dix mètres de fond.
Dans sa main droite, son deuxième scotch coupé d’eau. Elle était encore sous le choc, mal remise d’un moment difficile avec son mari. Elle buvait rarement, mais le Talisker à l’eau du robinet l’apaisait, et elle n’excluait pas de retraverser la pièce pour s’en servir un troisième. Moins de whisky, plus d’eau, car elle siégeait au tribunal le lendemain, et là elle était d’astreinte, à disposition en cas de requête urgente, alors même qu’elle essayait de récupérer. Il avait tenu des propos choquants et placé un fardeau insupportable sur ses épaules. Pour la première fois depuis des années, elle avait crié, et un vague écho résonnait encore à ses oreilles. « Quel con ! Quel pauvre con ! » Elle n’avait pas juré à voix haute depuis ses virées d’adolescente à Newcastle, même si un gros mot lui venait parfois à l’esprit lorsqu’elle entendait un témoignage complaisant ou un argument irrecevable.

Déjà lu du même auteur :

35457286_p Sur la plage de Chesil

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Miss Crampon – Claire Castillon

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

9782081436572 Flammarion Jeunesse – janvier 2019 – 203 pages

Quatrième de couverture :
Souvent, Suzine se chut. Les cheveux plaqués sur les oreilles, elle se coupe du monde pour ne pas affronter les autres et pour cacher sa différence. Un jour, ses meilleures amies se disputent et lui demandent de choisir un camp. Suzine se chut, ses amies l’abandonnent. Elle va alors devoir faire preuve de courage pour retrouver confiance en elle.
Pendant ce temps, le concours de Miss France du club de foot se prépare…

Auteur : Après des études de lettres, Claire Castillon fait son entrée en littérature en 2000. Elle a publié son premier roman, Le Grenier, à vingt-cinq ans. Très vite, un lectorat fidèle et une reconnaissance critique ont entouré son travail. Elle a publié sept autres romans et trois recueils de nouvelles, dont Insecte qui a marqué le début d’une carrière internationale. Son œuvre est à présent traduite en de nombreuses langues.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Voilà un roman jeunesse intelligent sur la différence.
Suzine se chut fréquemment, elle a inventé ce mot pour dire qu’elle se tait ou qu’elle répond à son interlocuteur ce qu’il veut entendre et pas ce qu’elle pense vraiment. 
Suzine est une adolescente qui vit en alternance chez sa mère et chez son père et Camélia, sa jeune compagne. Elle est en 3ème et lorsque l’histoire commence, ses deux amies Violetta et Romane lui en veulent de ne pas avoir pris partie pour l’une ou l’autre au sujet de Tom, un garçon qui a brouillé les deux amies. 
Suzine a eu « petit problème » et cela ne l’aide pas à avoir confiance en elle.
Elle part donc en vacances avec son père et Camélia en espérant qu’à la rentrée l’état d’esprit de Violetta et Romane aura changé… Mais aux sports d’hiver, elle retrouve le fameux Tom…
J’ai beaucoup aimé les caractères bien décrits des différents personnages, parfois à la limite de la caricature. Il y a beaucoup d’humour dans le ton de ce livre et en même temps l’auteure aborde des sujets profonds comme la différence, le harcèlement scolaire…
Un seul regret, le parti pris de l’auteure de ne pas expliciter le « petit problème » de Suzine avant le tiers du livre. Pour ma part, je n’ai pas eu la patience d’attendre et après 30 pages de lecture, je n’ai pas résisté à aller lire le dernier chapitre pour m’aider à comprendre… Même si la demoiselle fait tout pour cacher son « petit problème », j’ai trouvé difficile de rester si longtemps dans l’ignorance.
L’histoire complète du « petit problème » est racontée dans les derniers chapitres…

Merci  Brigitte et Flammarion Jeunesse pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Je me chut : c’est la règle. Ne jamais dire ce que je pense est un principe que j’ai adopté à l’âge de cinq ans quand Camélia, ma belle-mère, m’a demandé si je préférais ses blagues au regard de galgos de ma mère, son mètre dix-huit de jambes au ventre de sharpei de ma mère, ses jurons de boxeur à la poésie vieux rose de ma mère. Et pour conclure, du moins pour ce jour fondateur de notre relation à venir : ses tenues de zumba à la raquette de tennis en bois de ma mère. Raquette vintage, objecterait Camélia, mais elle ferait fausse route. La raquette de ma mère est juste une vieille raquette en bois comme on n’en fait plus, portée par une mère ringarde comme on en fait peu (mais que j’aime plus que tout). Nous nous rencontrions pour la première fois, Camélia et moi, et j’ai senti, malgré le sourire ravi de mon père qui se félicitait que le courant circule entre nous, qu’il y avait un petit piège dans ses questions. Pas méchant mais posé là, sous ma langue. J’ai poussé un tel oui en réponse à sa demande de réassurance que depuis neuf ans, Camélia, gonflée d’orgueil par mon élan pour elle, se vante auprès de ses amies d’être, loin devant sa mère, la chouchoute de Suz’, sa belle-fille. Bien entendu, ma mère n’est pas au courant de ma trahison. D’ailleurs, elle continue de m’aimer tellement qu’à chaque retour de chez mon père, ma mère me fait l’offrande de quelques vers qu’elle a pondus en mon absence : « Ma Suzine, petite usine, toi le bateau qui vogue droit, tu resteras toujours à moi » ou « Suzine, si fine, sois heureuse même à Villetaneuse ».

petit bac 2019(1) Gros mot

Lucky Luke : Un cow-boy à Paris – Achdé et Jul d’après Morris

luckyluke Lucky Comics – novembre 2018 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Le sculpteur français Auguste Bartholdi fait une tournée spectaculaire aux États-Unis pour lever des fonds qui lui permettront d’achever la future Statue de la liberté. Mais plusieurs incidents visent la statue et même directement Bartholdi. Lucky Luke est missionné pour escorter le Français, et ce, jusqu’à Paris. C’est un choc culturel pour le cowboy qui, non content de traverser l’Atlantique pour la première fois, découvre la splendeur de la ville lumière, et le mode de vie de ses autochtones, les parisiens.

Auteurs :  Achdé, de son vrai nom Hervé Darmenton, né le 30 juillet 1961 à Lyon, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français. Son pseudonyme vient de ses initiales, H-D. Depuis le décès de Morris en 2001, il dessine la série Lucky Luke.
Jul (de son vrai nom Julien Berjeaut) est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d’histoire chinoise à l’université avant de s’orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l’Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L’ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s’amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l’année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en décembre 2018)
Pour la première fois depuis la création de Lucky Luke, notre cow-boy préféré traverse l’Atlantique pour ce rendre à Paris !
Tout commence avec Lucky Luke raccompagnant les Daltons en prison. En plein désert, il fait alors une drôle de rencontre : un sculpteur français promenant une gigantesque main armée d’une torche…
C’est bien sûr Auguste Bartholdi (1834-1904), le créateur de la statue de la Liberté, elle sera offerte par la France aux Américains à la fin du XIXe siècle. L’artiste est en une tournée de promotion à travers l’Ouest. Car il manque de l’argent pour financer son gigantesque socle et Bartholdi cherche à en récolter auprès des populations indigènes. Toujours prêt à défendre le plus faible, Lucky Luke va prendre le Français sous sa protection. Après la tournée, Lucky Luke va même accepter d’escorter Bartholdi jusqu’à Paris !
Un scénario réussi, avec de nombreux rebondissements, des références à l’histoire, de l’humour et de la bonne humeur, un très bon moment de lecture et de détente !

Extrait :

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petit bac 2019(1) Métier

C’est lundi, que lisez-vous ? [52]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Qui décide tous les soirs, d’allumer les étoiles ? – Carine Bausière
Les vieux fourneaux – tome 5 : Bons pour l’asile – Wilfrid Lupano et Paul Cauuet
Summits of my life – Kilian Jornet

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

L’intérêt de l’enfant – Ian McEwan
Miss Crampon – Claire Castillon (partenariat Flammarion Jeunesse)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Lucky Luke : Un cow-boy à Paris – Achdé et Jul d’après Morris
Ueno Park – Antoine Dole
Mentine tome 5 : On divorce ! – Jo Witek (partenariat Flammarion Jeunesse)
Sótt – Ragnar Jónasson

Bonne Année 2019, bonnes lectures et bonne semaine !

 

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