Une aventure rocambolesque du Soldat inconnu : Crevaisons – Manu Larcenet et Daniel Casanave

61uaIgo2bbL Dargaud – mars 2009 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Dans un immense cimetière, perdu au bout du monde, un vieil homme attend. Ses seuls liens avec le monde semblent être les rares pneumatiques qu’il reçoit et les vieux disques de Punk Rock qu’il écoute sur un antique gramophone. Et pourtant, un matin, surgit un homme ; il vient de sortir d’une tombe, c’est le soldat inconnu. Bouleversante comédie noire, Crevaisons voit le retour du tandem Larcenet-Casanave dans une farce tragique qui ausculte au scalpel la folie guerrière.

Auteurs : Manu Larcenet est né en 1969. Il se lance dans la BD vers l’âge de dix ans et n’arrête plus jamais. Ayant intégré Fluide glacial en 1994, il devient à la mode dans les cocktails, mais il en a vite marre et quitte les lumières de Juvisy pour la campagne. Vers la fin du xxe siècle (il est nul sur les dates), il rencontre Guy Vidal et entre à Poisson Pilote avec Lewis Trondheim et Les Cosmonautes du futur. Travaillant en duo ou en solo (Le Combat ordinaire), il est devenu l’un des auteurs les plus inventifs de la BD actuelle. De 2009 à 2014, il se consacre à Blast (avec un “B”, donc), oeuvre magistrale en noir et blanc. S’ensuit l’adaptation du roman de Philippe Claudel Le Rapport de Brodeck, avant ce “retour à la terre”. 
Daniel Casanave est un auteur de bande dessinée, écrivain et scénographe français.
Il fait des études graphiques à l’école des Beaux arts de Reims. Il travaille ensuite pour le théâtre, en tant que scénographe et dans les décors, les affiches et la conception graphique. Il fait également des dessins de presse, ainsi que des illustrations de livres pour enfant.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
J’ai pris cette BD un peu par hasard à la bibliothèque, parce qu’il y avait le nom de Manu Larcenet, je venais de lire le tome 6 du « Retour à la Terre ».
Une histoire rocambolesque… Le héros est un vieil home, gardien d’un cimetière, où il vit seul, et écoute de vieux disques de punk rock sur un antique gramophone… Un beau jour, il se rend compte qu’il n’a presque plus rien à manger, cela fait des mois qu’il n’a pas été ravitaillé… Il a été abandonné à son triste sort. Il décide donc de sortir du cimetière et de partir explorer les alentours…
Il va rencontrer alors le soldat inconnu sorti de sa tombe et c’est à deux qu’ils vont partir à la découverte… Une histoire
d’anticipation, avec de l’humour noir.
Je ne suis pas friande de ce genre d’histoire mais la BD se laisse lire sans déplaisir… Manu Larcenet dénonce en filigrane l’absurdité de la guerre, mais cela reste un message juste suggéré.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu des mêmes auteurs :

RetourALaTerreLe1a_21012005 le_retour___la_terre_2 RetourALaTerreLe3_11012005 RetourALaTerreLe4_31082006 le_retour___la_terre_5
Le retour à la terre – tomes 1 à 5

blast Blast : 1 – Grasse carcasse
blast2  Blast : 2 – L’Apocalypse selon saint Jacky
le_combat_ordinaire_1 Le combat ordinaire : tome 1

le_combat_ordinaire_2
Le combat ordinaire : tome 2

89516661_p Blast : 3 – La tête la première
Couv_209638 Blast : 4 – Pourvu que les Bouddhistes se trompent
81ltVezI+uL Le retour à la terre – tome 6

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C’est lundi, que lisez-vous ? [78]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Octobre – Søren Sveistrup
Dans l’ombre du Paradis – Viveca Sten

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Le Monde selon Guirec et Monique – Guirec Soudée (Masse Critique Babelio)
A bord de l’Aquarius – Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Comment je ne suis pas devenu moine – Jean-Sébastien Bérubé (BD)
Agatha Raisin, tome 9 : Sale temps pour les sorcières – M.C. Beaton
Quand vient la vague – Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier
L’Hôte – Albert Camus et Jacques Ferrandez (BD)
Sauvages – Nathalie Bernard
Direct du cœur – Florence Medina
Miguetsh ! – Michel Noël
Le milieu du monde – Andreas Steinhöfel

Bonnes lectures et bonnes vacances !

En vacances !

Direction la Bretagne pour quelques semaines…

Au programme : retrouvailles en famille, repos, balades, bains de mer…

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Sans internet, mais bien sûr avec de la lecture dans mes bagages…

Le blog continue à vivre au ralenti, quelques billets ont été programmés durant mon absence…

A très bientôt !

Dans l’ombre du paradis – Viveca Sten

81ff9zlGX-L Albin Michel – mai 2019 – 432 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I maktens skugga, 2014

Quatrième de couverture :
Nora Linde, désormais en poste à l’Agence de Lutte contre la Criminalité Financière,  profite de ses vacances à Sandhamn avec son compagnon Jonas et leur fille de quatre ans Julia. Mais l’idylle estivale est vite troublée par l’arrivée de Carsten Larsson, un requin de la finance engagé dans des affaires troubles en Russie. Larsson a acheté la belle et grande plage au sud de l’île, et la villa de luxe qu’il y a fait bâtir éveille les rancœurs des insulaires. Le soir de la pendaison de crémaillère, une partie de la villa prend feu et on découvre un cadavre dans les décombres. Nora Linde n’a d’autre choix que de solliciter son meilleur ami et collaborateur,  Thomas Andreasson, pourtant en plein doute après vingt ans de métier. Incapable de lui refuser son aide, Thomas s’attaque à une nouvelle affaire…

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture. Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans une douzaine de langues à travers 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
J’ai toujours plaisir à retrouver l’île de Sandhamn, et le duo formé par Nora Linde et l’inspecteur Thomas Andreasson. Pour « cet épisode », contrairement à d’habitude, j’ai vu sa version télévisée début avril sur Arte avant de me plonger dans le livre…
Carsten Jonsson, homme d’affaires suédois vivant à l’étranger, vient de construire une magnifique maison au bord de l’eau, sans respecter les règles ancestrales de l’île de Sandhamn et ses voisins. Riche et sans scrupule, il organise une grosse fête bien arrosée pour la pendaison de crémaillère et il invite plus de 150 personnes, ceux qui comptent sur Sandham. Dans la nuit suivant la fête, une dépendance de la villa part en fumée et l’on découvre sur les lieux du sinistre un corps carbonisé… Thomas Andreasson et Aram sont appelés pour l’enquête. Nora qui a participé à la fête avec Jonas, son compagnon, va être d’une grande aide pour faire avancer l’enquête. Mais après vingt ans de métier, Thomas est en plein doute qu’en à son avenir dans la police.
L’arrogance de Carsten Jonsson n’est pas du goût de tout le monde, certains voisins souhaiteraient vraiment qu’il quitte l’Île avec sa famille… Sans compter les affaires, Carsten Jonsson n’a-t-il pas été imprudent de faire appel à des Russes ?
L’enquête bien construite va permettre au lecteur de découvrir les différents protagonistes et d’avancer vers sa résolution. L’ambiance insulaire est toujours très plaisante, je suis devenue une inconditionnelle de cette série !

Extrait : (début du livre)
Maria Svedin attendait dans le spacieux vestibule, tandis que Celia Jonsson aidait Oliver à enfiler la veste de l’uniforme bleu marine de l’école. Maria dansait d’un pied sur l’autre, inquiète. Fallait-il aller chercher le cartable d’Oliver, resté dans sa chambre ? Difficile de savoir ce que voulait Celia.
Celia vint à bout du dernier bouton luisant de la veste d’Oliver et chassa une mèche sombre de son visage avant de se redresser.
« Maria, dit-elle avec son fort accent. Tu conduiras Oliver à l’école ? J’ai autre chose à faire aujourd’hui. Tu peux prendre la voiture de Carsten, il est allé à pied au bureau. »
Cette demande surprit Maria. D’habitude, Celia déposait toujours son fils à l’école le matin, mais on voyait qu’elle était tendue, des poches sombres cernaient ses yeux et sa bouche était crispée.
Hier soir, Maria avait entendu des éclats de voix. L’appartement avait beau être vaste et sa chambre à l’opposé de celles de la famille, elle n’avait pas pu éviter d’entendre leur colère à travers les cloisons. La dispute semblait porter sur le projet de Carsten d’avoir une maison de vacances en Suède.
« Maria ? » fit à nouveau Celia.
La jeune fille hocha la tête et se dirigea vers l’entrée de l’appartement. L’ascenseur montait jusqu’à l’étage de la famille. Elle appuya plusieurs fois sur le bouton pour montrer à Celia qu’elle s’activait.
Elle aurait préféré être dispensée de conduire Oliver, pas encore très à l’aise avec la conduite à gauche dans Londres. Et les ronds-points la rendaient nerveuse.
Celia ne remarqua pas ses hésitations. Ou ne s’en soucia pas.
« Si tu vas chercher la voiture au garage, je descends avec Oliver d’ici quelques minutes, continua-t-elle. Je veux chercher ses nouveaux gants. »
On dit : « Je vais chercher », pas : « Je veux chercher », pensa Maria, sans rien faire pour la corriger.
Elle enfila son blouson et se tourna vers l’entrée.

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Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l’île
116631134 Au cœur de l’été 51zvmU31TnL Retour sur l’île

 

Octobre – Søren Sveistrup

71hvONnWQ3L Albin Michel – février 2019 – 640 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Kastanjemanden, 2018

Quatrième de couverture :
Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes. Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte.
Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révéleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu’une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer…

Auteur : Né en 1968, Søren Sveistrup est le créateur, scénariste et producteur de plusieurs séries, dont la série culte The Killing qui a notamment reçu le BAFTA 2011 de la meilleure série internationale et qui a réuni près de 600 000 téléspectateurs français lors de sa diffusion.Il a plus récemment écrit des scripts pour des longs métrages, par exemple pour l’adaptation de Le Bonhomme de neige de Jo Nesbø.

Mon avis : (lu en juin 2019)
« Octobre » est le premier roman de Søren Sveistrup, le créateur de la série « The Killing » que j’avais beaucoup aimé.
Un corps amputé d’une main est découvert avec à côté la présence d’un petit bonhomme en marrons et allumettes. La police scientifique découvre sur le bonhomme en marron les empreintes digitales de Kristin Hartung, la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte. Linus Bekker a été arrêté et a avoué le meurtre, mais le corps de la fillette n’a jamais été retrouvé. L’enquête a pourtant été close.
La nouvelle enquête est donnée à Naia Thulin et Mark Hess, un duo qui se trouvent associés malgré eux.  Naia Thulin est une jeune inspectrice ambitieuse, qui rêve d’intégrer le NC3, service d’élite spécialisé dans la cybercriminalité. Mark Hess travaille pour Europol à La Haye, il se trouve sous le coup d’une suspension, il est donc « puni » dans ce commissariat de la banlieue de Copenhague. Ils sont sous l’autorité de Nylander, qui a « résolu » l’affaire Kristin Hartung et qui n’a aucune envie que cette précédente enquête soit ré-ouverte…
Une intrigue construite avec beaucoup d’intelligence et de précision, ancrée dans l’actualité politique et sociale du Danemark.
Une enquête captivante avec de nombreux rebondissements, plusieurs autres meurtres, peut-être un peu trop sanguinolent à mon goût mais le duo d’inspecteurs est attachant et j’espère les retrouver dans de nouvelles enquêtes…

Extrait : (début du livre)
Les feuilles mortes tombent doucement dans la lumière du soleil, sur la route humide qui coule au milieu de la forêt comme un fleuve à la surface noire et lisse. Elles s’élèvent en un bref tourbillon au passage de l’éclair blanc de la voiture de police, puis se posent sur les tas agglutinés de part et d’autre de la route.
Marius Larsen lève le pied dans le virage, notant au passage qu’il va devoir rappeler au service de la voirie d’envoyer la balayeuse jusqu’ici. Quand les feuilles restent trop longtemps sur la chaussée, elles réduisent l’adhérence des véhicules et cela peut coûter des vies. Marius le leur a dit et répété. Il est dans la police depuis quarante et un ans, à la tête du commissariat depuis dix-sept, et tous les ans, quand l’automne arrive, il est obligé de le leur redire. Mais ce ne sera pas pour aujourd’hui, parce que aujourd’hui, il doit se concentrer sur la conversation.
Marius Larsen tripote, agacé, les boutons du poste de radio sans parvenir à trouver la station qu’il cherche. Il tombe uniquement sur des émissions d’information, dans lesquelles on ne parle que de Gorbatchev, de Reagan et de la potentielle chute du mur de Berlin. Il paraît que c’est imminent et que l’événement marquera peut-être le commencement d’une nouvelle ère.
Il y a longtemps qu’il aurait dû lu parler, mais il ne pouvait pas s’y résoudre. Sa femme pense qu’il va prendre sa retraite dans une semaine. Il est temps qu’il lui dise la vérité. À savoir qu’il ne peut pas se passer de son travail. Il a réglé toutes les questions administratives, mais reporté la date. Il n’est pas encore prêt à prendre racine sur le canapé d’angle devant La Roue de la fortune, à ratisser le jardin avec elle et à jouer à la bataille avec leurs petits-enfants.
Marius n’est pas inquiet à l’idée de lui avouer sa décision, mais il sait qu’elle aura de la peine. Elle se sentira trahie et se lèvera de table pour aller récurer les fourneaux dans la cuisine, puis elle lui tournera le dos pour lui dire qu’elle comprend. Alors que ce n’est pas vrai. C’est pour différer un peu cette conversation avec sa femme que, lorsqu’il a entendu l’appel sur le canal de la police, il y a dix minutes, il a dit qu’il s’en chargerait. En temps normal, il aurait fait à contrecœur ce long trajet dans les bois jusqu’à la ferme d’Ørum pour lui demander de tenir ses bêtes. Ce n’est pas la première fois que ses vaches et ses porcs défoncent les clôtures et s’égaillent dans les champs du voisin jusqu’à ce que Marius ou l’un de ses collègues vienne lui remonter les bretelles. Mais cette fois, il était plutôt content de la diversion. Il a bien sûr commencé par demander au poste de garde qu’on prévienne Ørum chez lui ainsi que sur son deuxième lieu de travail, au débarcadère du ferry-boat, mais comme le fermier ne répondait ni à un endroit ni à l’autre, il a pris la route.

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C’est lundi, que lisez-vous ? [77]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Elle s’appelait Sarah – Pascal Bresson et Horne
La cage dorée – Camilla Läckberg
N’oublie pas de penser à demain – Siobhan Curham

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Dans l’ombre du Paradis – Viveca Sten
Le Monde selon Guirec et Monique – Guirec Soudée (Masse Critique Babelio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Comment je ne suis pas devenu moine – Jean-Sébastien Bérubé (BD)
Agatha Raisin, tome 9 : Sale temps pour les sorcières – M.C. Beaton
Quand vient la vague – Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier
L’Hôte – Albert Camus et Jacques Ferrandez (BD)
A bord de l’Aquarius – Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso (BD)

Bonnes lectures et bonne semaine !

N’oublie pas de penser à demain – Siobhan Curham

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

9782081449169 Flammarion jeunesse – mai 2019 – 420 pages

traduit de l’anglais par Marie Hermet

Titre original : Don’t stop thinking about tomorrow, 2018

Quatrième de couverture :
Stevie : « Je jette un coup d’œil vers Hafiz. Il se marre sans bruit. Des fossettes apparaissent de chaque côté de sa bouche et ses yeux turquoise brillent. Il me donne envie de rire, moi aussi.» Hafiz : « Je l’ai remarquée à la seconde où je l’ai vue assise toute seule, les sourcils froncés. S’il y avait eu une bulle de bande dessinée au-dessus de sa tête, on aurait pu lire : Je voudrais être ailleurs. » Stevie doit faire face à la dépression de sa mère. Hafiz a fui son pays déchiré par la guerre. Ensemble, ils vont retrouver l’insouciance qui manquait à leur vie.

Auteur : Siobhan Curham est auteure pour la jeunesse. Elle anime également des ateliers d’écriture et elle est coach de vie. Chez Flammarion Jeunesse, elle a publié la série Les Filles de Brick Lane (2 tomes).

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Stevie est une fille sans histoire à l’école, sans amis car peu encline à laisser quelqu’un entrer dans sa vie. Son père est décédé brutalement deux ans auparavant et depuis sa mère est tombée dans une profonde dépression, incapable de s’occuper d’elle-même et de sa fille.
Le seul plaisir de Stevie, c’est la musique avec les disques et la guitare que lui a laissé son père. 
Hafiz a dû fuir la Syrie déchirée par la guerre pour se rendre au Royaume-Uni et vivre avec sa tante et son oncle. Il a laissé là-bas ses parents dont il n’a pas de nouvelles depuis longtemps et il s’inquiète pour eux.  Sa passion, c’est le football, lorsqu’il y joue, il s’évade de la vie réelle.
Tour à tour Stevie et Hafiz sont les narrateurs de cette histoire, ils se retrouvent à la même table de classe et Stevie est chargée de présenter l’école à Hafiz. Rapidement, ils deviennent inséparables et grâce à leur amitié, ils vont apprendre à rire, à sourire et à écrire leur propre histoire.
Ce livre est un coup cœur ! Stevie et Hafiz sont deux héros émouvants et touchants, leurs histoires personnelles sont réalistes et totalement dans l’actualité.
Un livre jeunesse destiné aux plus de 13 ans, que j’encourage à lire pour les adultes aussi…

Merci aux éditions  Flammarion jeunesse pour cette belle et poignante découverte.

Extrait : (début du livre)
  Anne Frank. Malala. Stevie Nicks. Je me répète ces noms tout bas dans mon lit, les yeux rivés sur une fissure du plafond. Je voudrais pouvoir y disparaître comme le génie dans sa bouteille. Anne Frank. Malala. Stevie Nicks. Je fais ça chaque fois que le trac menace de me rendre malade –avant un examen de maths, ou une séance de sport, ou un rendez-vous chez le dentiste, quand je sais qu’il va falloir passer sous la roulette. Je récite le nom de mes héroïnes pour me rappeler que les pires épreuves sont faites pour être surmontées. Si Anne Frank n’a pas perdu espoir malgré les nazis, si Malala a pu défier les talibans et Stevie Nicks se libérer de son addiction à la cocaïne avant d’écrire la plus magnifique chanson qui soit sur le sujet, je dois pouvoir affronter le jour de la rentrée.Quand j’entends Brayanne commencer son chant matinal, je me lève pour aller à la fenêtre. Brayanne, c’est le nom que j’ai donné au goéland qui s’installe chaque matin sur le toit de la maison en face de la mienne: il braille comme un malade jusqu’à ce qu’il ait réveillé tout le quartier. Ou qu’il m’ait réveillée, moi, en tout cas. Brayanne est perché à son poste favori, en haut de la cheminée; son bec jaune vif s’ouvre et se ferme comme un piège. Je pousse la fenêtre pour me pencher dehors. L’air est humide, avec un arrière-goût de sel. Ma mère et moi habitons un cottage ancien dans une ville ancienne, Lewes, à une douzaine de kilomètres de la côte. Ma chambre est nichée sous le toit. Quand nous avons emménagé ici, il y a deux ans, le plafond bas et mansardé me rendait claustrophobe. C’est un peu comme vivre dans une caverne. Maintenant, j’adore.

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La cage dorée – Camilla Läckberg

81I8cUUwywL Actes Sud – avril 2019 – 343 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : En bur av guld, 2019

Quatrième de couverture :
Un mari parfait, une fille adorable et un appartement de luxe dans l’un des quartiers les plus chics de Stockholm, Faye semble tout avoir. Mais de sombres souvenirs de son enfance à Fjällbacka la hantent et elle se sent chaque jour un peu plus prisonnière d’une cage dorée. La femme forte et ambitieuse qu’elle était autrefois a tout abandonné pour Jack. Lorsqu’il la trahit, son univers s’effondre. Du jour au lendemain, elle se retrouve sans rien. D’abord complètement anéantie, elle décide de rendre coup pour coup et se met à échafauder une vengeance impitoyable. Retraçant le destin poignant d’une femme trompée et exploitée qui prend sa vie en main, La Cage dorée est un cocktail palpitant de trahison, de rédemption et de vengeance.

Auteur : Camilla Läckberg est l’une des auteures les plus lues au monde. Les dix livres de la série Fjällbacka se sont vendus à plus de vingt-trois millions d’exemplaires dans soixante pays. C’est également une femme d’affaires et l’une des fondatrices de la société d’investissement Invest in Her qui lutte contre les écarts de salaires entre hommes et femmes et s’engage auprès de femmes entrepreneuses. Avec La Cage dorée, Camilla Läckberg franchit un nouveau palier dans sa carrière d’écrivaine en menant en scène une protagoniste inoubliable et en délivrant un message ouvertement féministe.

Mon avis : (lu en juin 2019)
J’ai été déçue par cette lecture car j’avais l’impression d’avoir déjà lu cette histoire ou d’autres très proches…
Faye vit avec Jack, un mari parfait et son adorable petite fille à Stockholm dans l’un des quartiers les plus chics. Jeune femme intelligente et ambitieuse, elle s’est sacrifiée pour Jack, elle a abandonné ses études pour travailler et permettre à son mari de créer son entreprise, elle s’y ait également investie. Puis, à la naissance de leur fille, elle s’est totalement consacrée à élever son enfant et à tenir son foyer. Faye commence à se sentir à l’étroit dans sa « cage dorée », totalement dépendante de son mari…  Et voilà, que Faye découvre que Jack la trompe et Jack demande alors le divorce et abandonne son épouse sans aucune ressource. Après une profonde dépression, Faye réagit et reprend sa vie en main, bien décidée à  se venger… 
Cette lecture n’a pas été désagréable, mais je n’ai pas été surprise par cette intrigue caricaturale et le personnage de Faye ne m’a pas touché… Je regrette Erica Falk et Fjällbacka. 

Extrait : (début du livre)
Julienne dormait enfin. Ses cheveux étalés sur l’oreiller rose. La respiration calme. Faye lui caressa la joue doucement pour ne pas la réveiller.
Jack devait rentrer ce soir de son voyage d’affaires à Londres. Ou Hambourg ? Faye ne se souvenait plus. Il rentrerait fatigué et stressé, mais elle veillerait à ce qu’il se détende comme il faut.
Elle referma précautionneusement la porte de la chambre de Julienne, se glissa dans l’entrée pour vérifier si la porte était verrouillée. Dans la cuisine, elle passa la main sur la surface du plan de travail. Trois mètres de marbre veiné de vert. Carrare, bien sûr. Malheureusement très peu pratique : la surface poreuse du marbre absorbait tout comme une éponge, et présentait déjà quelques vilaines taches. Mais pour Jack, il n’avait pas été question de choisir plus fonctionnel. La cuisine de l’appartement de Narvavägen avait coûté presque un million, et on n’avait mégoté sur rien.
Faye attrapa une bouteille d’amarone et posa un verre sur le plan de travail. Bruit du verre sur le marbre, glouglou du vin – un concentré de ses soirées à la maison, quand Jack n’était pas là. Elle versa le vin précautionneusement, pour qu’il n’y ait pas de nouvelles taches à la surface blanche du marbre, et ferma les yeux en portant le verre à sa bouche.
Elle baissa la lumière et gagna l’entrée, où trônaient les portraits en noir et blanc de Jack, Julienne et elle. Pris par Kate Gabor, la photographe officieuse de la cour, qui, chaque année, faisait de fabuleuses images des enfants de la famille royale jouant dans les feuilles mortes en habits blancs amidonnés. Jack et elle avaient choisi des photos estivales. Ils étaient gais et détendus, au bord de l’eau. Julienne entre eux, ses cheveux blonds au vent. Vêtements blancs, bien sûr. Elle une simple robe en coton Armani, Jack chemise et pantalon retroussé Hugo Boss, Julienne une robe en dentelle de la collection enfants de Stella McCartney. Ils s’étaient disputés juste avant de prendre ces photos. Elle ne se rappelait pas à quel sujet, juste que c’était sa faute. Mais rien de leur mésentente ne transparaissait sur le portrait.
Faye monta l’escalier. Hésita devant la porte du bureau de Jack, puis l’ouvrit. La pièce était située dans une tour, avec vue panoramique. Un agencement unique pour un bien unique, comme l’avait dit l’agent immobilier en leur faisant visiter l’appartement, cinq ans plus tôt. Elle avait alors Julienne dans le ventre et la tête pleine d’espoirs lumineux pour l’avenir.

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Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L’Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L’Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène

9782330018962  Le gardien de phare  la faiseuse d'ange La faiseuse d’anges

le dompteur des lions Le dompteur de lions  La_sorciere La sorcière

Elle s’appelait Sarah – Pascal Bresson et Horne

71Xlq7-DsnL Marabulles – novembre 2018 – 208 pages

Quatrième de couverture :
Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, en pleine nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais.

Auteurs : Pascal Bresson scénariste et dessinateur, est né à Reims en 1969. Depuis 25 ans, il habite à Saint-Malo. Pascal a appris le métier dès l’âge de 12 ans auprès de deux maîtres du 9e art : Tibet et René Follet. Il a publié plus de 40 bandes dessinées et livres pour la jeunesse et a été récompensé pour son travail par plus de 15 prix, dont le « Grand Prix Public BD Européenne des Médias 2015 » pour Plus fort que la Haine (Glénat). Scénariste de Simone Veil. L’Immortelle (Marabout), Elle s’appelait Sarah est sa seconde collaboration avec les éditions Marabout. Sa citation préférée : « Un stylo peut transformer une tragédie en espoir et victoire. » Nelson Mandela.
Né en 1978 à Saint-Jean-Albert dans les Pyrénées Orientales, Horne est dessinateur et graphiste. Il se forme à la bande dessinée avec Sternis qui signe avec lui plusieurs albums chez Vents d’Ouest. Il travaille ensuite avec Corbeyran pour Bayard Presse. Ils réaliseront ensemble La Métamorphose de Franz Kafka (Delcourt), Le Quatrième mur de Sorj Chalandon, Lennon de David Foenkinos (Marabulles), Watchdogs, tome 1 & 2 Les deux royaumes ; Malpasset, L’Homme de l’année 1421, La Métamorphose (Delcourt) ; Le Port de la lune, tome 1 & 2 (Vent d’ouest), Tête de vache, le conquérant nu (Marabulles).

Mon avis : (lu en juin 2019)
Cette BD est l’adaptation très réussie du roman : Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay. Deux histoires se déroulent en parallèle, celle de Sarah, en 1942, déportée avec son père et sa mère, lors de la rafle du Vel’ D’Hiv’ et celle de Julia, américaine vivant à Paris en 2000 avec son mari Bertrand et sa fille Zoë.
En juillet 1942, Sarah a 10 ans, elle porte l’étoile jaune et elle est arrêtée, au milieu de la nuit, avec ses parents par la police française. Elle met à l’abri son petit frère et lui promet de revenir le chercher très vite. 
Paris, mai 2002, Julia Jarmond, journaliste américaine mariée à un Français, doit écrire un article pour la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Un peu par hasard, soixante après, Julia va retrouver la trace de Sarah et s’intéresser à son histoire…
Le dessin est en noir et blanc pour évoquer le présent et l’enquête de Julia, pour l’histoire vue par les yeux de Sarah, quelques touches de couleurs donnent du relief à la hauteur de la gravité de l’époque.
Une histoire poignante qu’il est bon de lire ou relire pour ne pas oublier la tragédie de la rafle du Vel’ d’Hiv’ du 16 août 1942.

Extrait :

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Le roman adapté :

elle_s_appelait_sarah_p Elle s’appelait Sarah