C’est lundi, que lisez-vous ? [91]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Miguetsh ! – Michel Noël
Anne… La Maison aux pignons verts – Lucy Maud Montgomery
Violence à l’origine – Martin Michaud

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Les roses de la nuit – Arnaldur Indridason (Masse Critique Babelio)
Les fous de bassan – Anne Hébert

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Formica – Fabcaro
Astérix n°38 : La Fille de Vercingétorix – Jean-Yves Ferri, Didier Conrad

 

 

Bonnes lectures et bonne semaine !

Violence à l’origine – Martin Michaud

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Kennes Éditions – – 456 pages

Coup d’œil Édition – juin 2016 –

Goélette Édition – août 2019 – 400 pages

Quatrième de couverture :
Responsable de la section des crimes majeurs en l’absence de son supérieur, le sergent-détective Victor Lessard se voit confier la mission d’enquêter sur la mort d’un haut gradé du SPVM dont on a retrouvé la tête dans un conteneur à déchets. Formé du jeune Loïc Blouin-Dubois, de l’inimitable Jacinthe Taillon et de Nadja Fernandez, avec qui Victor partage sa vie, le groupe d’enquête qu’il dirige doit faire vite, car l’assassin a laissé un message qui annonce de nouvelles victimes. Confronté à un tueur particulièrement retors, qui peint de lugubres graffitis sur le lieu de ses meurtres et évoque un curieux personnage surnommé le « père Noël », pressé d’obtenir des résultats rapides par sa hiérarchie sans pour autant recevoir l’appui nécessaire, Victor Lessard s’entête envers et contre tout à ­résoudre « l’affaire du Graffiteur », dédale inextricable d’une noirceur absolue qui ravivera les meurtrissures de son âme, ébranlera ses convictions les plus profondes et le mènera au bord du gouffre.

Auteur : « Le maitre du polar québecois ». Né en 1970, établi à Montréal depuis plus de vingt ans, Martin Michaud a longuement pratiqué le métier d’avocat d’affaires avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Reconnu par la critique comme le chef de file des écrivains de romans policiers québécois, il a obtenu un succès sans cesse grandissant avec ses sept thrillers, qui lui ont valu la reconnaissance du public et de nombreux prix littéraires. Il scénarise en outre d’après son oeuvre une série télé intitulée Victor Lessard qui connaît un succès retentissant au Québec.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
« Violence à ‘origine » est le quatrième volet des enquêtes de Victor Lessard,
J’ai retrouvé avec plaisir le sergent détective Victor Lessard, un policier au profil atypique ainsi que son équipe avec Jacinthe Taillon, sa fidèle coéquipière haute en couleur et au langage fleuri (en québécois), Loïc et Nadja.
Le livre s’ouvre avec les chapitres 48 et 49, au début, j’ai cru qu’il y avait une erreur dans mon livre numérique mais après vérification sur une version papier de la bibliothèque, j’ai compris que c’était normal et que l’auteur nous plongeait au cœur de l’enquête avant des flashbacks et différents points de vue…
La tête d’un commandant de police est découvert dans un conteneur à ordures, un vieil homme recherche désespérément sa fille Myriam, âgée de 20 ans, disparue depuis plusieurs mois, un petit garçon est enlevé puis séquestré par un homme qui se fait passer pour le Père Noël…
En l’absence de son supérieur, Victor Lessart est responsable de la section des crimes majeurs par intérim. Il enquête sur la mort violente du policier haut gradé du SPVM, puis sur une succession de meurtres tous plus horribles les uns que les autres, et sur chaque scène de crimes, un graffiti du meurtrier annonce son prochain crime.
Une construction originale d’une intrigue complexe et truffée de fausses pistes.
Je ne suis pas fan des thrillers sanglants, mais cette série québécoise fait partie des exceptions, les expressions québécoises et les traits d’humour des personnages atténuent efficacement le côté sombre de cette histoire.

Extrait : (début du livre)
La neige tombait dru depuis le milieu de l’après-midi. Marchant sur le trottoir enneigé de la rue Rachel, Maxime Rousseau rentrait chez lui. Il n’avait que deux cents mètres à franchir entre la porte de l’école et celle de la maison. Pour lui faire comprendre qu’il ne fallait jamais parler aux étrangers, sa maman lui avait raconté plusieurs fois une histoire effrayante : celle d’un petit garçon qui avait aperçu le visage du diable en montant dans la voiture d’un inconnu. Pourtant, lorsque l’homme en costume rouge et à la longue barbe blanche l’interpella, l’expression du garçon s’illumina. Le père Noël ! Il saisit la main qui lui était tendue sans se douter un seul instant qu’il venait d’apercevoir le visage du diable. Happées par la bourrasque, les deux silhouettes disparurent au bout du trottoir. On était le 18 décembre 1981. Maxime avait six ans. Sa maman ne le revit jamais.

CHAPITRE 48
Sous terre

Pistolet au poing, Victor Lessard braqua sa lampe de poche dans l’obscurité et se mit à avancer avec prudence dans la canalisation. Devant lui, le faisceau lumineux lécha la paroi de béton couverte de sédiments, puis éclaira l’eau boueuse qui coulait dans le conduit. Une odeur nauséabonde le prit aux narines ; il mordit en grimaçant dans le quartier de citron qu’il tenait coincé entre ses dents. C’était la première fois qu’il descendait dans les égouts et il redoutait d’y croiser des rats.
La voix bourrue de Jacinthe Taillon crépita dans son oreillette.
– Pis ? Vois-tu quelque chose ?
Il entendit le tonnerre gronder en arrière-fond et ne put s’empêcher d’y voir un mauvais présage. Le ciel s’était couvert et un orage se préparait.
Victor recracha le morceau de citron avant de répondre :
– Pas pour l’instant.
Là-haut, Jacinthe supervisait l’opération en attendant l’arrivée des renforts ainsi que des cols bleus chargés de l’entretien des égouts.
– Eille, Lessard… fais attention de pas salir tes runnings neufs. Si y avait juste une crotte dans le désert, tu trouverais le moyen de piler dedans.
Le rire crispé de sa coéquipière vrilla dans son oreillette. Pour détendre l’atmosphère, elle faisait allusion à la paire de Converse de cuir rouge qu’il avait reçue en cadeau pour son anniversaire, dix jours plus tôt. Victor n’eut pas besoin de regarder ses chaussures : l’eau souillée lui montait aux chevilles.
Dès le moment où il avait armé son pistolet, son pouls s’était accéléré, une boule avait grossi dans le creux de son estomac. Il éprouvait le même sentiment chaque fois qu’il dégainait son arme. Et il en connaissait la raison. La peur. Une peur qui, combinée à l’adrénaline giclant dans ses veines, risquait de devenir un cocktail explosif. Il éclaira le haut de la paroi : des concrétions calcaires avaient formé des stalactites. Au fur et à mesure qu’il avançait, la même vision défilait dans le halo de lumière : outre le liquide brunâtre qui s’écoulait dans le cylindre de béton, Victor ne voyait que du vide. Il s’arrêta, prit une grande goulée d’air et bloqua sa respiration. Il savait que l’on finit toujours par extraire quelque chose du vide. Et que lorsqu’on ferme les paupières et que les images se mettent à défiler, des ombres peuvent surgir des ténèbres, se matérialiser. Il réalisait surtout que si on leur ouvrait la porte, ces illusions devenaient des gouffres capables de nous avaler.

Déjà lu du même auteur :

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur Il ne faut pas parler dans l’ascenseur

La-chorale-du-diable La chorale du diable 41XmwAq16zL Je me souviens

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Anniversaire : 11 ans !

Je viens de réaliser que c’était aujourd’hui, l’anniversaire de mon blog…

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2 années en ce lieu + les 9 années de l’ancien blog

En commençant en 2008, je n’imaginais pas toutes les découvertes que je ferai :
De nombreux livres grâce aux autres blogs, aux partenariats, aux Challenges…
Les salons : Festival Rue des Livres à Rennes, Festival America à Vincennes…
Les échanges entre blogueuses et blogueurs virtuels et réels…
Les rencontres avec les auteurs, grâce à Babelio
Participation au jury du Prix Audiolib…

Que de belles choses !

et je poursuis l’aventure, au rythme de mes envies,
pour une nouvelle année avec vous tous…
Merci !

Anne… La Maison aux pignons verts – Lucy Maud Montgomery

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Ici Radio Canada – 10h45 – Lu par Catherine Proulx Lemay

Livre audio créé à partir de l’édition de 2001 | Éditions Québec Amérique | 374 pages
Publication originale : 1964, Hachette, sous le titre Anne et le bonheur

Présentation :
Parue en anglais en 1908, l’histoire de cette orpheline de l’Île-du-Prince-Édouard est connue dans le monde entier et a été traduite en 40 langues. Anne, une jeune rouquine, se présente chez Marilla et Matthew, qui attendaient un orphelin pour les aider dans les travaux de la ferme. Avec son imagination débordante, son optimisme contagieux et son amour de la magie des mots, Anne bouleversera la vie de ce couple, qui choisit de la garder malgré ses maladresses et ses débordements. Vendu à plus de 60 millions d’exemplaires et adapté plusieurs fois au cinéma et à la télévision, ce roman jeunesse qui charme aussi les adultes est considéré comme le plus grand classique canadien-anglais de tous les temps. Anne… La maison aux pignons verts constitue le premier livre d’une série qui en compte huit.

Auteur : Lucy Maud Montgomery est une romancière canadienne de nouvelles et romans pour la jeunesse se déroulant généralement sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada, dont le plus célèbre est Anne… la maison aux pignons verts.
Elle suit une formation à Charlottetown pour devenir enseignante et, de 1895 à 1896, elle étudie la littérature à l’Université Dalhousie à Halifax, Nouvelle-Écosse. À dix-sept ans, elle rédige pour les journaux locaux d’Halifax, Chronicle et Echo. Peu après, elle rejoint son père en Saskatchewan pendant un moment et retourne finalement sur l’île-du-Prince-Édouard. Elle connaît un succès international avec Anne… la maison aux pignons verts, paru en 1908, et qui a été traduit en seize langues. De ce roman qui s’adresse à toute la famille, ont été tirées plusieurs adaptations audiovisuelles. Celles-ci, très populaires dans le monde anglo-saxon, ont permis à Montgomery d’écrire d’autres livres sans soucis financiers.

Mon avis : (écouté en juillet 2019)
Ce livre est un classique jeunesse anglo-saxon. J’ai découvert Anne Shirley, grâce à un téléfilm, « Anne, la maison aux pignons verts » de John Kent Harrison datant de 2016 et que j’ai vu l’hiver dernier à la télévision.
Matthew et Marilla Cuthbert sont frère et sœur, ils exploitent ensemble une ferme sur l’Île-du-Prince-Edouard en Nouvelle-Ecosse. N’étant plus très jeunes, ils ont décidé d’accueillir chez eux un orphelin pour aider aux travaux à la ferme. Mais lorsque Matthew se rend a la gare de Bright River chercher le petit orphelin… il trouve une fillette aux cheveux roux, pétillante et très bavarde ! Ne pouvant la renvoyer, Matthew décide de rentrer aux Pignons Verts avec Anne et, pendant le trajet, tombe peu à peu sous le charme de la petite fille. Anne Shirley a une énergie et une imagination débordante, elle aime lire des romans et de la poésie, elle croque la vie avec optimisme, elle est curieuse de tout et pleine de générosité mais elle est également têtue et susceptible… Avec toute sa fantaisie et sa jeunesse, elle va bousculer la vie rangée des Cuthbert. Anne, de même que la communauté d’Avonlea sont attachantes, les descriptions de l’Île-du-Prince-Edouard sont dépaysantes et pleines de couleurs.
Anne m’a fait penser à la fois à Fifi Brindacier, Sophie (des
Malheurs de Sophie), Rémi (de Sans famille), Tom Sawyer… les héros de mon enfance et j’aurais adoré connaître bien plus tôt Anne et ses proches mais je suis ravie de savoir qu’il y a une suite avec une dizaine de livres à découvrir…
L
a série télévisée canadienne « Anne with an E » est également une libre adaptation de ce livre.

Extrait : (début du livre)
Madame Rachel Lynde habitait à l’endroit précis où la grand-route d’Avonlea plongeait brusquement dans le creux d’un vallon bordé d’aunes et de fuchsias et traversé d’un ruisseau qui prenait sa source dans le bois, en arrière de la vieille maison Cuthbert. On disait que ce ruisseau impétueux serpentait à travers le bois par un mystérieux dédale de méandres, de cuvettes et de cascades, mais, une fois arrivé à Lynde’s Hollow, il se transformait en un ruisselet paisible parfaitement discipliné, car même un ruisseau n’aurait pu passer devant la porte de Mme Rachel Lynde sans soigner son apparence et ses bonnes manières. Il était sans doute fort conscient, ce ruisseau, que Mme Rachel, assise derrière sa fenêtre, prenait bonne note de tout ce qu’elle apercevait, à commencer par les enfants et les cours d’eau. Il savait bien que, pour peu qu’elle remarquât quelque chose d’étrange ou de déplacé, elle ne serait en paix qu’après en avoir compris le pourquoi et le comment.

Bien des gens, à Avonlea comme ailleurs, s’occupent des affaires de leurs voisins et négligent les leurs. Pour sa part, Mme Rachel Lynde était de ces créatures particulièrement douées qui peuvent à la fois s’occuper de leurs affaires personnelles et mettre le nez dans celles des autres. C’était une maîtresse de maison hors pair ; elle s’acquittait toujours à la perfection de ses tâches domestiques ; elle dirigeait le cercle de couture, aidait à organiser les cours de catéchisme pour l’école du dimanche, et s’était instituée pilier de la société de bienfaisance de son église et auxiliaire des missions pour l’étranger.

Pourtant, en dépit de toute cette activité, Mme Rachel trouvait le temps de rester assise des heures durant à la fenêtre de sa cuisine pour tricoter des courtepointes à chaîne de coton – elle en avait tricoté seize, c’est ce que racontaient avec admiration les femmes d’Avonlea – tout en parcourant de son regard perçant la route principale qui, ayant traversé le vallon, montait, en s’essoufflant, la butte rouge que l’on voyait au loin. Comme Avonlea occupait une petite presqu’île triangulaire qui faisait saillie dans le golfe du Saint-Laurent, on n’avait pas d’autre choix, pour en sortir ou y rentrer, que de passer par la route de la colline ; on n’échappait donc jamais à l’œil inquisiteur de Mme Rachel.

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Miguetsh ! – Michel Noël

51Rzf6IjMiL Dominique et compagnie – janvier 2017 – 176 pages

Quatrième de couverture :
« Moi, Pien, je suis un Métis dont l’histoire est vieille comme ce continent. J’ai trouvé, grâce à Wawaté, à Kokum, aux Arbres, et à bien d’autres à qui je suis redevable, ma place dans l’univers, dans le monde contemporain. Je porte en moi la mémoire de mes ancêtres, comme s’ils m’avaient choisi pour les prolonger dans le monde d’aujourd’hui et de demain. »

Auteur : Métis d’origine algonquine, Michel Noël a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans dans la forêt canadienne, en milieu amérindien. Il a connu la vie sous la tente, les lignes de trappe, les soirées au tambour, les danses et les chants traditionnels. Sa création littéraire est riche de plus de 90 œuvres, toutes tournées vers le partage de l’héritage culturel qui l’habite. Dans ce roman qui a reçu le prix White Ravens 2015, Michel Noël invite le lecteur à plonger dans une aventure envoûtante, au cœur de sa jeunesse.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Dans ce livre destiné aux adolescents, l’auteur s’inspire de sa propre jeunesse de métis d’origine algonquine pour nous livrer un très beau roman d’apprentissage.
Pien (Pierre) est élevé à l’amérindienne par son père et ses grands-parents paternels.

Son père est le gérant du poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson, il fait le lien entre leur communauté autochtone et les hommes blancs qui font du commerce avec eux.
Son grand-père, Wawaté, lui apprend tout, les légendes, les chansons, les prières, l’art de la chasse et sa vision du monde dans le respect de la nature.
Un jour, le territoire de chasse est envahi par des compagnies forestières, Pien prend alors la décision d’aller à l’école, loin de chez lui, dans le Sud, pour ne pas rester dans l’ignorance et se donner les moyens de mieux défendre son peuple.
Le texte est plein de poésie, c’est une ode à la nature, à la faune sauvage, à la beauté de la forêt, des saisons, du ciel…
Miguetsh ! signifie « Merci ! », un merci destiné à son grand-père, à ses ancêtres, à son peuple, à ta terre. Un témoignage fort et instructif.

Extrait : (début du livre)
Mon grand-père s’appelait Wawaté, un nom algonquin qui signifie «Aurores Boréales ». Il s’appelait ainsi car c’était un homme d’intelligence et de lumière. Cela éclatait dans ses petits yeux d’ours, ronds et foncés comme des bleuets dans la rosée du matin. Cela chantait dans sa voix grave comme le mugissement du vent dans la cime des grands arbres. Cela se voyait dans ses gestes qui, lorsqu’il nous parlait le soir autour du feu, montaient vers le ciel comme autant d’ombres mystérieuses parmi les étincelles étoilées.
Ma grand-mère s’appelait Kokum, ce qui se traduit par «Lune ». Elle s’appelait Lune car elle était généreuse et féconde.
Et moi, qui vous parle aujourd’hui, je suis Pien, ou Pierre. Je suis le petit-fils et l’héritier de la Lune et des Aurores Boréales.
Si vous regardez le ciel, l’hiver, un soir de lune, vous entendrez les aurores boréales vous chanter à l’oreille en harmonie avec les battements de votre cœur: «Wawaté, Wawaté, Wawaté. » Les aurores boréales danseront pour vous, dans le firmament embrasé, la folle farandole du Nord.
Wawaté connaissait comme le fond de son sac non seulement l’immense forêt boréale, mais aussi les surprenantes toundra et taïga, de même que leurs valeureux habitants
nomades, comme lui, jusque dans l’âme.
Ce vieil homme, qui avait toujours bon pied, bon œil, avait foulé de ses mocassins en peau d’orignal tous les sentiers et tous les portages. De son canot d’écorce, il avait
manœuvré l’aviron sur tous les lacs et toutes les rivières, battu les neiges les plus épaisses, chaussé de ses larges raquettes en babiche d’orignal.
Wawaté, en grand Anishnabé (1) qu’il était, marchait sa vie en toute liberté. Non seulement la marchait-il, mais il la chantait, la dansait, la priait et la contait au rythme de son tambour qu’il accordait aux battements de son cœur et de l’univers. Il était entier. Un tout. Un tout-puissant.
C’était un guérisseur car il avait appris dans la forêt, son immense territoire intérieur, à regarder comme pas un avec ses yeux, à sentir avec ses narines, à toucher avec ses mains, à écouter avec ses oreilles, et à aimer avec tout son être.

(1) Anishnabé : premier homme, humain originel

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Déjà lu du même auteur :

51GnIhY74vL Le pensionnat

 

C’est lundi, que lisez-vous ? [90]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

 

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La soif – Jo Nesbø
Agatha Raisin, tome 10 : Panique au manoir – M.C. Beaton
Le Guide du Mauvais Père tome 3 – Guy Desisle
Bondrée – Andrée-A. Michaud

 

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Police – Hugo Boris (partenariat Audiolib)
A crier dans les ruines – Alexandra Koszelyk

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Les roses de la nuit – Arnaldur Indridason (Masse Critique Babelio)
Formica – Fabcaro
Violence à l’origine – Martin Michaud

Bonnes lectures et bonne semaine !

Bondrée – Andrée-A. Michaud

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Éditions Rivages – septembre 2016 – 362 pages

Éditions Rivages – octobre 2017 – 379 pages

Quatrième de couverture :
A l’été 1967, une jeune fille nommée Zaza Mulligan disparaît dans les bois entourant Boundary Pond, un lac situé à la frontière entre le Québec et le Maine, rebaptisé « Bondrée » par un trappeur qui y avait vécu une tragique histoire d’amour. Les recherches s’organisent et Zaza est bientôt retrouvée morte, la jambe prise dans un piège à ours rouillé. L’enquête conclut à un accident. Mais lorsqu’une deuxième jeune fille disparaît à son tour, l’inspecteur Michaud se dit que les profondeurs silencieuses de la forêt recèlent d’autres pièges…

Auteur : Andrée A. Michaud, romancière québécoise de premier plan, est l’auteure de dix ouvrages, dont Le Ravissement (2001, Prix du Gouverneur général du Canada) et Mirror Lake (2007, Prix Ringuet).

Mon avis : (lu en août 2019)
Été 1967, à la frontière entre les États-Unis et le Canada, le lac Boundary, ou Bondrée, fait le bonheur des vacanciers. Un lac entouré d’une forêt profonde où les familles profitent du soleil, de la nature, de la chasse, de la pêche, des apéros et des barbecues…
Parmi eux, il y a Zaza et Sissy, deux jeunes filles insouciantes et libres qui fascinent les plus jeunes comme Andrée et ne laissent pas indifférents les garçons…
Un soir, Zaza disparaît avant d’être retrouvée morte. La victime est américaine et l’enquête est confiée à la police du Maine, en la personne de Stanley Michaud et de Jim Cusack son adjoint. Ils vont vite conclure à une mort accidentelle. Mais l’ambiance a changée autour du lac, angoisse, soupçons, rumeurs, de vieilles histoires ressortent… Et voilà que trois semaines plus tard, une deuxième jeune fille disparaît, le doute n’est plus permis, il s’agit de meurtres…
C’est un roman à plusieurs voix, celle de la petite Andrée, jeune fille de 12 ans qui laisse traîner partout ses yeux et ses oreilles et qui pose des questions naïves qui dérangent, mais aussi celle de l’enquêteur bien décidé à percer le mystère et même celles des victimes et du meurtrier…
Au fil des pages, l’ambiance devient de plus en plus lourde, l’air devient irrespirable dans cet été caniculaire, une sourde anxiété fait place à l’angoisse, l’atmosphère est envoûtante, hypnotique autour du lac, tout est hostile et oppressant.
Le style d’Andrée A. Michaud est particulier, il mêle le français, l’anglais et le québécois, au début, c’est déstabilisant puis je me suis habituée et j’ai beaucoup apprécié.
Les descriptions sont très évocatrices et le personnage d’Andrée tellement attachante !
Une très belle découverte !

Extrait : (début du livre)
Bondrée est un territoire où les ombres résistent aux lumières les plus crues, une enclave dont l’abondante végétation conserve le souvenir des forêts intouchées qui couvraient le continent nord-américain il y a de cela trois ou quatre siècles. Son nom provient d’une déformation de « boundary », frontière. Aucune ligne de démarcation, pourtant, ne signale l’appartenance de ce lieu à un pays autre que celui des forêts tempérées s’étalant du Maine, aux États-Unis, jusqu’au sud-est de la Beauce, au Québec. Boundary est une terre apatride, un no man’s land englobant un lac, Boundary Pond, et une montagne que les chasseurs ont rebaptisée Moose Trap, le Piège de l’orignal, après avoir constaté que les orignaux s’aventurant sur la rive ouest du lac étaient vite piégés au flanc de cette masse de roc escarpée avalant avec la même indifférence les soleils couchants. Bondrée comprend aussi plusieurs hectares de forêt appelés Peter’s Woods, du nom de Pierre Landry, un trappeur canuck installé dans la région au début des années 40 pour fuir la guerre, pour fuir la mort en la donnant. C’est dans cet éden qu’une dizaine d’années plus tard, quelques citadins en mal de silence ont choisi d’ériger des chalets, forçant Landry à se réfugier au fond des bois, jusqu’à ce que la beauté d’une femme nommée Maggie Harrison l’incite à revenir rôder près du lac et que l’engrenage qui allait transformer son paradis en enfer se mette en branle.

Les enfants étaient depuis longtemps couchés quand Zaza Mulligan, le vendredi 21 juillet, s’était engagée dans l’allée menant au chalet de ses parents en fredonnant A Whiter Shade of Pale, propulsé par Procol Harum aux côtés de Lucy in the Sky with Diamonds dans les feux étincelants de l’été 67. Elle avait trop bu, mais elle s’en fichait. Elle aimait voir les objets danser avec elle et les arbres onduler dans la nuit. Elle aimait la langueur de l’alcool, les étranges inclinaisons du sol instable, qui l’obligeaient à lever les bras comme un oiseau déploie ses ailes pour suivre les vents ascendants. Bird, bird, sweet bird, chantait-elle sur un air qui n’avait aucun sens, un air de jeune fille soûle, ses longs bras mimant l’albatros, les oiseaux d’autres cieux tanguant au-dessus des mers déferlantes. Tout bougeait autour d’elle, tout s’animait d’une vie molle, jusqu’à la serrure de la porte d’entrée, dans laquelle elle ne parvenait pas à introduire sa clé. Never mind, car elle n’avait pas vraiment envie de rentrer. La nuit était trop belle, les étoiles trop lumineuses. Elle avait donc rebroussé chemin, retraversé l’allée bordée de cèdres, puis elle avait marché sans autre but que de s’enivrer de son ivresse.

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Le Guide du Mauvais Père tome 3 – Guy Desisle

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Quatrième de couverture :
Transformer la lecture du soir en cours de grammaire ou en usine à cauchemars, rivaliser de puérilité avec ses enfants, leur apprendre les pires bêtises, gagner en trichant, et les mettre au défi de faire pire Guy Delisle, un mauvais père ? Non, un auteur de bande dessinée qui sait puiser l’imagination là où elle se trouve, avec un sens aigu de l’observation et une bonne dose d’autodérision.

Auteur : Guy Delisle est né en 1966 à Québec. Il suit des études d’arts plastiques et d’animation et embarque pour l’Europe en 1988. Il entame alors une carrière d’animateur, métier qu’il exercera pendant dix ans, avant de réaliser son propre court-métrage, Trois Petits Chats. Il publie ses premiers albums à l’Association : outre Shenzhen, un récit de voyage lié à son métier d’animateur, citons Aline et les autres, remarquable exercice de style, proche de son travail en animation, suivi en 2001 par Albert et les autres. Par ailleurs, Guy Delisle n’hésite pas à s’aventurer dans d’autres univers avec la série humoristique Inspecteur Moroni ou Louis à la plage et Louis au ski, deux récits autobiographiques pleins de charme et sans parole. Par son regard, à la fois acéré et bienveillant, sur une culture étrangère, Chroniques birmanes constitue le prolongement de la démarche initiée avec Shenzhen et Pyongyang et poursuit la série d’ouvrages que Guy Delisle a consacrés à ses voyages en Asie.

Mon avis : (lu en octobre 2019)
Cette BD est la troisième tome d’une série légère de Guy Delisle. Avec humour, il raconte son rôle de père avec ses deux enfants. Il y a une certaine autodérision dans cette BD car le père est parfois plus insupportable que ces deux enfants, il fait tourner en bourrique ces derniers… Il raconte aussi, comment il donne des idées de bêtises à ses enfants…
Cela se lit facilement mais je préfère de beaucoup ses BDs documentaires comme Chroniques de JérusalemPyongyang ou S’enfuir, récit d’un otage.

Extrait :
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Déjà lu du même auteur : 

chroniques_de_J_rusalem Chroniques de Jérusalem shenzhen  Shenzhen

pyongyang Pyongyang le_guide_du_mauvais_p_re Le Guide du Mauvais Père tome 1

71bYqARivUL Chroniques Birmanes louis au ski Louis au ski

 guide du mauvais père_t2 Le Guide du mauvais père tome 2

113165080 S’enfuir, récit d’un otage

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Autour de la popote…

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Pour participer à ce rendez-vous de « Québec en Novembre », j’ai cherché sur internet une recette de cuisine québécoise rapide à faire car je pars bientôt en vacances et mon temps est compté…

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J’avais prévu de faire des biscuits pour le voyage…
Je vais donc tester une version québécoise !

Pour les ingrédients, je vais faire quelques adaptations avec ce qui se trouve dans mes placards.

Pour la recette, une petite traduction s’impose pour la température en °F et pour les quantités en tasse et en cuillère à thé…
(un outil de conversions bien utile existe sur le même site !)

Ingrédients :
230 g de beurre
3/4 cuillère à café sel
110 g de sucre
170 g de cassonade
1 cuillère à café de levure chimique
1 cuillère à café de bicarbonate de soude
2 œufs
450 g de pépites de chocolat
2,5 cuillères à café d’essence de vanille (ou 2 sachets de sucre vanillée)
570 g de farine

Étape 1 : Préchauffer le four à 180°C (thermostat 6)

Étape 2 :
Mélanger le beurre, le sucre, la cassonade, les œufs et la vanille dans un grand bol

Étape 3 :
Dans un autre bol, mélanger la farine, le sel, le bicarbonate de soude et la levure. Ajouter les ingrédients au premier bol. Mélanger et ajouter les pépites de chocolat.

Étape 4 :
Façonner des boules de pâte de la grosseur d’une balle de ping-pong. Les déposer sur une plaque, puis les écraser un peu. Cuire 9 minutes à 180°C. Attention, les biscuits ne sembleront pas cuits à la sortie du four.

Résultat : 

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Plutôt appétissant ?
et gustativement, c’est pas mal aussi…
Ce n’est pas un vrai dépaysement car ces biscuits sont
très proches de ma recette de cookies !
Pour l’année prochaine, je tâcherai de prévoir la recette un peu en avance et d’en choisir une plus typiquement québécoise…

 

 

Mes variantes : Sachant que je suis rarement une recette à la lettre…
J’ai d’abord divisé la recette par deux car 48 biscuits, c’était trop.
Par goût, j’ai diminué la quantité de sucre et cassonade de 30% et la quantité de chocolat de 50%.