Une fille au manteau bleu – Monica Hesse

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Gallimard Jeunesse – octobre 2016 – 349 pages

Gallimard Jeunesse – février 2019 – 368 pages

traduit de l’anglais par Anne Krief

Titre original : Girl in the Blue Coat, 2015

Quatrième de couverture :
« La jeune fille qui a disparu est juive. Il faut que tu la retrouves avant les nazis. »
Amsterdam, 1943. Hanneke sillonne à vélo les rues de la ville afin de se procurer au marché noir des marchandises qu’on lui commande. Ses parents ignorent tout de ses activités clandestines. Un jour, l’une de ses clients lui fait une requête particulière. Il s’agit de retrouver une jeune fille qu’elle cachait chez elle et qui a disparu. Elle s’appelle Mijam Roodvelt. Elle est juive.Un écho vibrant au «Journal d’Anne Frank». Monica Hesse, journaliste au «Washington Post», retrace de façon saisissante la vie, ordinaire et extraordinaire, des jeunes d’Amsterdam sous l’occupation.

Auteur : Monica Hesse est journaliste au Washington Post. En 2015, elle publie « Une fille au manteau bleu » (Girl in the Blue Coat). Elle vit à Washington avec son mari.

Mon avis : (lu en avril 2019)
A travers cette histoire, le lecteur découvre l’histoire des Pays-Bas sous l’occupation. En 1943, à Amsterdam, alors qu’Anne Frank, cachée dans un grenier, rédige son fameux Journal, Hanneke travaille dans un magasin de pompes funèbres. Pour faire vivre sa famille, avec la complicité de son employeur, elle fait du marché noir en utilisant les tickets de rationnement trouvés sur les morts. Hanneke est ingénieuse et débrouillarde, elle se joue du danger pour contenter ses clients… Un jour, l’une d’elle, lui demande un service, retrouver Mirjam Roodvelt, une juive de 15 ans qui se cachait chez elle, et qui a disparu. Comme seul indice, Mirjam portait un manteau bleu… Hanneke hésite mais touchée par la détresse de sa cliente, elle décide de se renseigner. Elle va croiser la route d’Ollie, le frère de Bas, son amoureux mort à la guerre quelques mois plus tôt. Ce dernier est engagé dans un mouvement étudiant de résistance et Hanneke découvre avec stupeur la réalité des traitements subis par les juifs à cette époque aux Pays-Bas…

Ce livre, très documenté, est émouvant et captivant, il raconte une histoire profondément humaine où il est question d’amitié et de solidarité durant l’occupation allemande.

Extrait : (début du livre)
Un jour, longtemps avant la mort de Bas, nous avons fait semblant de nous disputer pour savoir qui de nous deux était tombé amoureux le premier. « C’est ta faute, m’a-t-il dit, parce que tu es adorable. » Je lui ai répondu qu’il se trompait. Que c’était un peu facile de m’accuser. C’était même irresponsable.
Je me rappelle toute cette conversation. Ça se passait chez ses parents, dans le salon, et nous étions réunis autour du nouveau poste de radio familial pendant que je lui posais des questions sur un devoir de géométrie qui ne nous intéressait ni l’un ni l’autre. L’Américaine Judy Garland chantait You Made Me Love You. C’est comme ça que la discussion avait commencé. Bas a dit que c’était moi la responsable s’il m’aimait. Je me suis moquée de lui parce que je ne voulais pas qu’il sache combien mon cœur s’emballait en l’entendant prononcer les mots « aimer » et « toi » dans la même phrase.
Et puis il a dit que c’était aussi ma faute s’il avait envie de m’embrasser. Après quoi je lui ai dit que c’était sa faute si je le laissais faire. Là-dessus, son frère aîné est entré dans la pièce et nous a dit que c’était notre faute si notre discussion lui donnait mal au cœur.
Ce n’est que bien plus tard ce même jour, en rentrant à la maison – à l’époque où je pouvais encore rentrer à la maison sans m’inquiéter d’être contrôlée par les soldats ou de rater l’heure du couvre-feu ou d’être arrêtée – que j’ai réalisé que je ne le lui avais pas dit en retour. La première fois qu’il m’avait dit qu’il m’aimait, j’avais oublié de le lui dire aussi.
J’aurais dû. Si j’avais su ce qui allait arriver et ce que j’allais découvrir sur l’amour et la guerre, je me serais arrangée pour le lui dire à ce moment-là.
C’est bien ma faute.

petit bac 2019(2) Couleur

 

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Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

logo prix audiolib 2019

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Audiolib – mars 2019 – 4h40 – Lu par Clara Brajtman

Les Éditions de Minuit – septembre 2018 – 188 pages

Quatrième de couverture :
Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.

Auteur : Pauline Delabroy-Allard est née en 1988. Ça raconte Sarah est son premier roman.

Lecteur : Clara Brajtman s’est formée au Conservatoire du XXe arrondissement de Paris. Elle a travaillé au théâtre en France et en Italie avec notamment Luca Giacomoni, Nick Millet ou Fanny Zeller. Passionnée par le travail de la voix, elle est également chanteuse et se spécialise dans le répertoire français des années 20 aux années 40, et dans le répertoire swing des standards américains. Elle a monté un récital autour de l’œuvre de Boris Vian pour faire résonner sa production littéraire et son œuvre musicale.

Mon avis : (écouté en avril 2019)
Je n’ai pas du tout aimé cette lecture.
Ce livre raconte une histoire d’amour dévorante, destructrice entre deux femmes. Une première partie est consacrée à la rencontre, à l’éveil des sens, à la passion amoureuse. Dans la seconde partie, c’est la fin de l’histoire, dans la violence et la douleur.
Je n’ai pas été touchée par ces deux femmes, Sarah et la narratrice. J’en ai eu vite assez de ses plaintes répétitives et monotones… Tout cet étalage de sentiments poussés à l’extrême m’a vraiment ennuyé et absolument pas intéressé !

Extrait : (début du livre)
Dans la pénombre de trois heures du matin, j’ouvre les yeux. Je meurs de chaud, mais je n’ose pas me lever pour ouvrir la fenêtre un peu plus grand. Je suis couchée dans son lit, dans cette chambre que je connais si bien, près de son corps enfin endormi après une longue lutte contre les angoisses qui mangent tout, la tête, le ventre, le cœur. Nous avions beaucoup parlé, pour les éloigner, les repousser aux frontières de la nuit, nous avions fait l’amour, j’avais caressé son corps pour l’apaiser. J’avais laissé glisser ma main le long de ses épaules, puis le long de ses bras, je m’étais pelotonnée contre son dos et j’avais longuement pétri la chair tendre de ses fesses. J’avais guetté sa respiration, en attendant que le souffle court devienne léger, que les hoquets de larmes s’espacent, que la paix trouve enfin le chemin.

Il fait si chaud, dans cette pièce. Je voudrais bouger, un peu, sentir l’air sur mon visage. Mais son corps touche le mien, sa main est posée sur mon bras, et bouger risquerait de faire vaciller l’édifice que j’ai mis tant de temps à construire. Son sommeil est comme un château de sable. Un mouvement et ça se casse la gueule. Un mouvement et ses yeux s’ouvrent grand. Un mouvement et il faut tout recommencer. J’écoute le ronronnement de son souffle plein de sommeil, il me donne envie de rire de plaisir, d’une gaieté enfin retrouvée pour un instant. Je voudrais suspendre la nuit et écouter ce bourdonnement pendant des heures et des heures, des jours et des jours, puisqu’un bourdonnement ça veut dire je vis, ça veut dire j’existe, ça veut dire je suis là. Et moi je suis là aussi, à côté.

Mon corps brûlant reste parfaitement immobile. Si ne pas renverser le château de sable de son sommeil signifie mourir de chaud alors je veux bien mourir de chaud. Dehors, dans cette nuit grisâtre que je perçois par la fenêtre, les oiseaux chantent. On dirait qu’ils sont mille, gazouillant à qui mieux mieux, fendant l’air dans tous les sens, comme les plus habiles des pilotes. Cette nuit de chaleur écrasante, c’est leur 14 Juillet à eux, ils font de la voltige aérienne et ils s’en donnent à cœur joie, inventant des figures toujours plus périlleuses. Dans les arbres lointains, des tourterelles banlieusardes saluent de leurs trilles stridents le tout petit matin qui pointe. Je regarde leurs ombres filer contre le ciel sale. Je crève de chaud. J’attends.

Retour à Killybegs – Pierre Alary et Sorj Chalandon

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Présentation éditeur :
Tyrone Meehan figure mythique de l’IRA et traître à la cause nationaliste irlandaise pendant une vingtaine d’années a été dénoncé par les Anglais. « Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L’IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n’ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j’en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j’enrage. N’écoutez rien de ce qu’ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m’avoir connu. Personne n’a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd’hui, c’est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu’après moi, j’espère le silence ». Tyrone Meehan raconte sa vie gâchée, la violence familiale, sa confusion jusqu’à sa trahison. Retour à Killybegs respire la passion et le désespoir d’un homme qui, un jour, n’a pas eu le choix et s’est enfoncé dans la nuit et dans la honte.

Auteurs : Pierre Alary est né en 1970. En 1991, il intègre la prestigieuse école graphique des Gobelins à Paris. Il y reçoit un enseignement principalement tourné vers l’animation puis il est embauché aux studios Disney de Montreuil. Il y passera dix ans comme animateur sur TarzanKuzcole Bossu de notre Dame, et divers courts-métrages avant de se consacrer essentiellement à la bande dessinée. En 2001, paraît le premier tome de la série Les Échaudeurs des Ténèbres. L’aventure BD continue avec la série  Belladone scénarisée par Ange.  Suivront 3 tomes de Sinbad avec Arleston, puis l’adaptation de Moby Dick avec Olivier Jouvray. En 2013, commence la série Silas Corey scénarisée par Fabien Nury. En 2018, Mon Traître, adapté du roman de Sorj Chalandon.
Après trente-quatre ans à LibérationSorj Chalandon est aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est aussi l’auteur de sept romans, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006 – prix Médicis), Mon traître (2008), La Légende de nos pères (2009), Retour à Killybegs (2011 – Grand Prix du roman de l’Académie française), Le Quatrième Mur (2013 – prix Goncourt des lycéens) et Profession du père (2015).

Mon avis : (lu en avril 2019)
Après « Mon traître » en BD, voici « Retour à Killybegs » en BD, qui donne la parole à Tyrone, celui qui a trahi les siens.
Tyrone, figure emblématique de l’IRA, vit maintenant isolé dans un coin d’Irlande, il est de retour dans le village de son enfance… Et il prend la plume pour expliquer…
Il revient sur l’histoire de sa vie : son enfance difficile, la violence, ses idées, ses choix, l’IRA, et surtout ce qui l’a amené à trahir. Il n’a pas eu le choix et il est désespéré.
Il ne veut pas que les autres parlent à sa place… que ce soient les journalistes, les membres de l’IRA, les Britanniques, ses proches…
Il veut donner sa version des faits.
Cette BD est une adaptation très réussie du livre de Sorj Chalandon, qui nous permet de mieux comprendre et connaître cette période obscure et pas si lointaine de la guerre en Irlande.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur : 

Retour___Killybegs  Retour à Killybegs  mon_traitre_p Mon traître 

51WxWBnZd1L Mon traître 

C’est lundi, que lisez-vous ? [66]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Appelez-moi Nathan – Catherine Castro et Quentin Zuttion
La Toile du monde – Antonin Varenne

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Tous, sauf moi – Francesca Melandri (partenariat Babelio)
Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard (Prix Audiolib 2019)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

L’art de la joie – Goliarda Sapienza (Prix Audiolib 2019)
Martin Eden – Jack London (Prix Audiolib 2019)
Le Magicien – Magdalena Parys (Masse Critique Babelio)
Boréal – Sonja Delzongle (partenariat Folio)
Un dieu dans la poitrine – Philippe Krhajac (partenariat Folio)

Bonnes lectures et bonne semaine !

La Toile du monde – Antonin Varenne

logo prix audiolib 2019

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Audiolib – février 2019 – 9h46 – Lu par Julien Defaye

Albin Michel – août 2018 – 352 pages

Quatrième de couverture :
1900, Exposition Universelle de Paris. Aileen Bowman, trente-cinq ans, journaliste,
célibataire, est venue couvrir l’événement pour le New York Tribune. Née d’un
baroudeur anglais et d’une française utopiste, élevée dans le décor sauvage des
plaines du Nevada, Aileen est une femme affranchie de tout lien et de toute
morale, mue par sa passion et ses idéaux humanistes. Au fil d’un récit qui nous
immerge au coeur de la ville en chantier, du métropolitain naissant aux quartiers
des bordels chers aux peintres, la personnalité singulière d’Aileen se confond
avec la ville lumière. Un portrait en miroir qui dessine la toile du monde, de
l’Europe à l’Amérique, du XIXe et au XXe siècle, du passé d’Aileen à un destin qu’elle n’imagine pas.
La Toile du monde possède le souffle sensuel et l’énergie des grands romans
qui plient la réalité aux dimensions du rêve. Après Trois mille chevaux-vapeur et
Équateur, Antonin Varenne signe une oeuvre saisissante et confirme la singularité
de son talent.

Auteur : De nombreuses fois couronné pour ses romans noirs (Fakirs ; Le Mur, le Kabyle et le Marin…), Antonin Varenne, dans la lignée des grands noms du genre, livre avec La Toile du monde une oeuvre romanesque remarquable. Il est également l’auteur, chez Albin Michel, de deux romans d’aventures : Trois mille chevaux-vapeur (2014) et Équateur (2017). Né à Paris en 1973, il vit actuellement dans la Creuse.

Lecteur : Julien Defaye est comédien et photographe. Il se forme à l’école Nationale d’Arts Décoratifs de Limoges puis à l’École régionale des beaux-arts de Nantes. Il étudie ensuite le cinéma à l’Université de Québec de Montréal et investit le champ théâtral sous divers angles : jeu, scénographie, création vidéo, lectures, atelier. Il travaille ainsi avec plusieurs metteurs en scène, en tant que plasticien ou réalise la création vidéo de spectacles ainsi que la scénographie.

Mon avis : (écouté en avril 2019)
Cette lecture m’a laissée sur ma faim et m’a déçue.
1900, Paris. A l’occasion de l’Exposition Universelle, Aileen Bowman, jeune journaliste américaine, débarque sur le vieux continent pour couvrir l’événement. Avec ses pantalons, son chapeau, sa grande chevelure rousse et ses grandes idées, elle ne passe pas inaperçue…  Aileen est un personnage haut en couleur. Progressiste, féministe, elle aime l’aventure. Élevée dans un ranch dans le Nevada, parmi les indiens et les bêtes, elle n’a peur de rien. Elle parle parfaitement le français car sa mère venait d’Alsace et ce voyage est l’occasion de découvrir ses origines.
Au début de ma lecture, j’étais enthousiaste par les descriptions de Paris en pleine mutation, par l’effervescence autour de l’Exposition Universelle, par la rencontre d’Aileen avec le peintre Julius LeBlanc Stewart (personnage réel).
De même, les articles d’Aileen pour le journal La Fronde sont audacieux et très réussis.
Mais au fil de ma lecture, j’ai peu à peu décroché car beaucoup de sujets sont abordés, cela manque de cohérence et cela reste en surface et manque de profondeur.
Rien à reprocher au lecteur qui raconte parfaitement cette histoire foisonnante, mais cela ne rattrape pas les défauts de ce roman.

Extrait : (début du livre)
New York Tribune, mars 1900
De notre envoyée spéciale Aileen Bowman

LE VENT DE L’AVENIR

C’est à bord d’un paquebot français que nous avons embarqué, avec mille autres passagers, à destination de Paris bientôt illuminée de millions de lumières.
Le Touraine, par un hasard curieux, est le dernier vaisseau de la Compagnie générale transatlantique à être encore gréé. Ajoutées à la vapeur, ses voiles jettent leurs ombres rondes sur le pont métallique. Le coton des toiles, alors que nous voguons vers la plus grande Exposition universelle jamais imaginée, fait figure de vieille tradition, d’hommage à une ancienne marine et un ancien temps. Le blanc coton de notre Sud, richesse des empires, sur lequel roule le panache noir des cheminées à charbon. Le bruit du vent est couvert par le sifflement de la chaudière. Mais aussi différentes que soient les forces propulsant le Touraine, elles nous mènent ensemble. L’étrave du navire, sans faiblir, tranche les vagues de l’Atlantique.
Un vieil oncle – rude pionnier d’une époque disparue – avait coutume de me raconter l’héroïque conquête du continent américain. Il concluait ses récits, un sourire aux lèvres, par cette phrase devenue formule magique pour l’enfant que j’étais : « L’Amérique ne connaît qu’une seule direction, l’ouest ». Pourtant, durant les six prochains mois, les boussoles de la planète ne connaîtront plus qu’un pôle, un nord éphémère et brillant : Paris.
Cette traversée vers l’Europe, pour nous, citoyens de la jeune nation américaine, est un voyage vers les origines. De telles idées – ou peut-être les voiles du navire ? – font naître à bord un sentiment surprenant, en route vers cette gigantesque exhibition de nouvelles technologies : la nostalgie. Particulière émotion, attachée à un objet qui lui échappe, le passé déjà consumé. Si la mémoire était une pomme, la nostalgie serait le ver qui s’en nourrit et dévore sa demeure.
L’évidence est là : en célébrant un siècle neuf, nous refermerons la porte de celui dans lequel nous sommes nés. Une menace plane sur nos souvenirs : le progrès, dans son empressement, balayera-t-il notre mémoire ? Parmi les passagers du Touraine, tout le monde ne s’encombre pas de tels doutes.

Déjà lu du même auteur :

9782356417251-T Trois mille chevaux-vapeur

petit bac 2019(2) Objet

A la télé…

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Ce soir et mercredi prochain, le nouveau téléfilm de Josée Dayan,
Quand sort la recluse, adaptation du roman de Fred Vargas.
Diffusion :les mercredis 10 et 17 avril, à 21 heures sur France 2.

avec Jean-Hugues Anglade, Jacques Spiesser, Sylvie Testud, Elisabeth Depardieu, Corinne Masiero, Jérôme Kircher, Christian Vadim, Aymeric Demarigny, Pierre Arditi, Julia Duchaussoy, Bernard Verley, Jacques Bonnaffé, Michel Sidobre

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9782367625454-001-T Quand sort la recluse (audio)

Appelez-moi Nathan – Catherine Castro et Quentin Zuttion

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Quatrième de couverture :
Lila coule une enfance parfaite jusqu’au jour
où son corps fait des siennes et crie
à tout le monde qu’elle est une fille.
Lila est seule à savoir qu’elle est un garçon.
Ce corps étranger, cette identité féminine,
ça ne va pas être possible.
Devenir « il » aux yeux de tous, corriger les résultats de la loterie génétique pour être enfin lui-même, va être son combat. On n’imagine pas, comment l’imaginer, ce qu’une telle décision représente ; ce qu’il faut de bravoure, de ténacité, pour y parvenir.
Appelez-moi Nathan est la fiction d’une très belle histoire vraie.

Auteurs : Catherine Castro est journaliste, grand reporter et auteure. Titulaire d’un master d’histoire à l’Université Panthéon-Sorbonne, elle travaille pour le célèbre magazine « Marie-Claire » depuis 1998.  Elle a également suivi une formation en réalisation documentaire aux Ateliers Varan en 2016.
Quentin Zuttion (anciennement surnommé Mr. Q) est un scénariste et dessinateur de bande dessinée. Il a fait de la photo, de la vidéo, de la performance. Il est diplômé à l’École nationale supérieure d’art de Dijon. Après avoir obtenu son diplôme, il fait de l’illustration puis propose ses projets. Très présent sur les réseaux sociaux et connu notamment pour son blog illustré « Les petits mensonges de Mr. Q », il trouve un premier éditeur. En 2016, Il publie « Sous le lit », sous le nom de Mr.Q. « Chromatopsie » (2018) est son deuxième livre autour des corps, des sentiments et des couleurs. 
En 2018, il est le dessinateur de « Appelez-moi Nathan », écrit par Catherine Castro. 

Mon avis : (lu en mars 2019)
Cette BD est inspirée de faits réels, elle raconte le parcours d’un adolescent pour devenir celui qu’il est vraiment.
Lila a tout pour être heureuse, une famille aimante, des amis. Mais son corps d’adolescente n’est pas le sien, il lui fait horreur. Dans son enfance, ces proches la voyait comme un garçon manqué, mais à l’heure de l’adolescence, lorsque sa féminité commence à paraître, Lila réalise qu’elle est née dans le mauvais corps. Courageuse et déterminée, avec le soutien indéfectible de ses parents,  la jeune fille va tout mettre en œuvre pour vivre « heureux », en s’engageant dans une transition médicale qui lui permettra de renaître sous sa nouvelle identité de Nathan.
Une bande dessinée pleine de justesse, de sensibilité et d’humanité sur un sujet difficile.

Une histoire positive et exemplaire qui nous interroge sur la tolérance.

Extrait :

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petit bac 2019(2) Lecture

C’est lundi, que lisez-vous ? [65]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Les promeneurs sous la lune – Zidrou et Mai Erguza
Face nord – Jean-Marie Defossez
Chambre 128 – Cathy Bonidan

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Tous, sauf moi – Francesca Melandri (partenariat Babelio)
Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard (Prix Audiolib 2019)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

L’art de la joie – Goliarda Sapienza (Prix Audiolib 2019)
Martin Eden – Jack London (Prix Audiolib 2019)
Une fille au manteau bleu – Monica Hesse

Bonnes lectures et bonne semaine !

Prix Audiolib : le dernier livre audio est arrivé !

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Le dernier livre-audio de la sélection 2019 est arrivé dans ma boîte aux lettres !

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J’ai déjà lu audio :

Un Gentleman à Moscou – Amor Towles
My Absolute Darling – Gabriel Tallent
Avec toutes mes sympathies – Olivia de Lamberterie
Fief – David Lopez
Frère d’âme – David Diop

La toile du monde – Antonin Varenne (billet en cours)

Ça raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard (lecture en cours)