C’est lundi, que lisez-vous ? [46]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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La vie comme une image – Jocelyne Saucier
Raif Badawi, rêver de liberté – Radio-Canada Estrie
Taqawan – Eric Plamondon
Le pensionnat – Michel Noël

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Écorces vives – Alexandre Lénot (Masse Critique Babelio)
Nos richesses – Kaouther Adimi (partenariat Audiolib)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Dancers – Jean-Philippe Blondel
Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard (BD)
Dent d’ours – tome 6 – Silbervogel – Yann et Henriet (BD)
Le jour où elle n’a pas fait Compostelle – Marko et Beka (BD)
600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster
Passage des ombres – Arnaldur Indridason (partenariat Audiolib)

Bonnes lectures et bonne semaine

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Résultat Concours : Film – Un homme pressé

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Bravo à ceux qui ont participé, ils sont gagnants  !

Les noms et adresses de chacun et chacune ont été transmis à Morgane de l’Agence Okarina.
Vous recevrez prochainement places de cinéma ou livre.

***

Les réponses aux questions :

1) Quel est l’auteur du livre dont le film est une adaptation ?
Christian Streiff

2) Quelle actrice joue le rôle de Jeanne  ?
Leïla Bekhti

3) Quel est le nom du réalisateur de ce film ?
Hervé Mimran

Le pensionnat – Michel Noël

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Dominique et compagnie – janvier 2018 – 260 pages

Michel Quintin – 1998 – (Dompter l’enfant sauvage – tome 2 : Le pensionnat)

Quatrième de couverture :
Voici une histoire tragique inscrite dans le passé de notre pays. Celle de Nipishish et de ses amis, qui sont transplantés contre leur gré dans un pensionnat indien. Pour le privilège d’apprendre à lire et à compter, les jeunes Amérindiens auront un prix horrible à payer…
Une aventure vécue, écrite dans une langue magnifique, qui restera gravée dans le cœur des lecteurs.

Auteur : Né au Québec, Michel Noël se définit lui-même comme étant « un québécois d’origine amérindienne », car il a vécu les 14 premières années de sa vie en milieu algonquin.
Après des études pédagogiques, il entame une licence en lettres et poursuit ses études en obtenant une maîtrise en Arts, puis un doctorat en 1983.
En plus d’être un universitaire, il est aussi un homme de terrain : il passe la majeure partie de son temps dans les réserves ou sur les territoires ancestraux. Compte tenu de son imposante production littéraire, Michel Noël prend le temps d’écrire. A son actif, plus de cinquante livres comprenant des albums et ouvrages pour enfants. Il a été récompensé par plusieurs prix dont celui du Gouverneur général du Canada en 1997, pour l’excellence de son œuvre et sa contribution à l’harmonisation des relations entre les peuples.
À ce sujet, il se dit un « conteur » comme l’étaient ses ancêtres. Excellent médiateur, il croit en son rôle de transmettre aux autres, particulièrement aux jeunes, toutes les connaissances, la sagesse et le savoir dont il a hérité de ses parents et grands-parents. Pour son implication, Michel Noël a été nommé Citoyen du monde par l’Association canadienne pour les Nations Unies. En 2002, il a reçu la médaille de reconnaissance du Sénat pour son apport à la promotion de la langue et de la culture française.

Illustration de la couverture : Réal Binette
Illustrations de l’intérieur : Jacques Néwashish

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Une histoire vécue par plus de 150 000 jeunes autochtones qui met en lumière un épisode cruel de l’Histoire du Canada et des peuples autochtones.
L’auteur est « un québécois d’origine amérindienne », il nous raconte l’histoire de Nipishish et de ses amis, qui ont été forcés de quitter leur communauté pour aller dans un pensionnat indien tenu par des religieux. Par la voix de Nipishish, le lecteur découvre le quotidien de ces pensionnats surtout destinés à évangéliser et assimiler les jeunes indiens plutôt qu’à les instruire. Les enfants sont humiliés, maltraités et il leur est interdit de parler leur langue. Tout est fait pour qu’ils soient éloignés de leurs proches et qu’ils oublient leur culture…
Avant chaque début de chapitre, on retrouve une sagesse amérindienne, pleine de poésie, illustrée par Jacques Néwashish.
Le mot de l’auteur à la fin du livre est très instructive, il explique ses sources d’inspiration, en particulier le témoignage d’un de ses amis ayant fréquenté ce type de pensionnat. Il fait le constat désastreux de cette politique d’assimilation massive qui a encore aujourd’hui des conséquences désastreuses.
Un livre poignant et fort.

Extrait : (début du livre)
Mon grand-père s’appelle Wawaté. C’est ainsi que les Anishnabés nomment les aurores boréales. Ma grand-mère s’appelle Kokum. C’est le nom que nous donnons à la lune lorsqu’elle est ronde. Ma mère, que j’ai peu connue, porte un beau nom et un beau prénom. Elle s’appelle Flore St-Amour. Flore comme une fleur sauvage et Amour pour la plus belle création de l’humanité. Mon père s’appelle Shipu, ce qui signifie Grande Rivière. Et moi, il m’a baptisé Nipishish, Petite Rivière. Je suis le fils d’une  Grande Rivière et d’une Fleur Sauvage et le petit-fils des aurores boréales et de la pleine lune.

J’ai des doutes sur la sincérité de notre missionnaire, le révérend père Beauchêne. Je n’aime pas son odeur ; il pue la mousse humide et les champignons écrasés. C’est un rusé, ça se voit dans ses petits yeux vitreux de belette. Mon père ne l’aime pas non plus, mais il n’a pas le choix. Il lui faut le tolérer sans maugréer. Les Indiens n’ont pas le droit de parole. Comme s’ils n’existaient pas.

En forêt, nous avons des maîtres absolus et omniprésents : la CIP (Canadian International Paper, la plus grande entreprise forestière de la région), la HBC (Hudson’s Bay Compagny, magasin général et commerce de fourrures), la Police montée et le clergé. Ceux sont eux qui contrôlent tout, qui prennent toutes les décisions. Ils disent que cela vaut mieux puisque nous agissons comme des enfants et que, de toute façon, ils ne veulent que notre bien.

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Taqawan – Eric Plamondon

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Le Quartanier – avril 2017 – 224 pages

Quidam éditeur – janvier 2018 – 220 pages

Prix France-Québec de littérature 2018

Quatrième de couverture :
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Emeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Auteur : Eric Plamondon est né à Québec en 1969 et vit dans la région de Bordeaux depuis une vingtaine d’années. Il est l’auteur de la trilogie 1984 : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise, Pomme S.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Taqawan, c’est le nom donné par les indiens Mi’gmaq au saumon qui fraye son chemin de la mer à la rivière.
En 1981, a lieu au Québec « la guerre du saumon ». Il s’agit d’un conflit autour du droit de pêche dans lequel sont impliqués le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial, les clubs de pêche et les Indiens Mig’maq. Ces derniers pêchent traditionnellement le saumon au filet dans la rivière Restigouche, sur leur réserve, et ils se voient interdire ce droit ancestral par les autorités québécoises. Le 11 juin 1981, les autochtones refusent de céder et trois cents hommes de la Sûreté du Québec sont envoyés sur place pour mater la rébellion des Mig’maq. Un second raid aura lieu quelques jours plus tard. C’est à partir de ces événements qu’Éric Plamondon a imaginé son roman.
Il met également en parallèle la bataille de la Restigouche qui a eu lieu en 1760, au même endroit, entre les Anglais, les Français et les Mi’gmaq.
Océane, adolescente Mig’maq de quinze ans assiste aux raids et à la violente arrestation de son père. Lors du second raid, elle rencontre des agents de la Sûreté, elle est frappée, violée et abandonnée dans les bois. C’est là qu’Yves Leclerc, agent de conservation de la faune la trouve le lendemain matin. Il va la secourir et la soigner avec l’aide de William, un « Indien » solitaire et Caroline, une Française venue enseigner au Québec.
Ce roman construit de courts chapitres est l’occasion de découvrir un territoire, son histoire, ses habitants. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour ce livre.

Extrait : (début du livre)
Elle monte dans le bus et s’assoit, colle son front chaud contre la vitre fraîche. Dans son silence, elle ignore les cris, les rires et la bousculade de ceux qui s’engouffrent dans l’allée pour se caler sur les bancs deux par deux jusqu’au fond. Le moteur tourne, c’est un autobus jaune Blue Bird. Il roule vers le pont. C’est jeudi. C’est bientôt la fin de l’année scolaire. On est le 11 juin. C’est son anniversaire. Elle a quinze ans aujourd’hui. Elle n’en a parlé à personne. Sa mère s’en souviendra peut-être ce soir à table si elle n’a pas trop bu. Y aura-t-il un gâteau? Se souviendra-t-elle de la naissance de sa fille un jour de juin comme aujourd’hui, en 1966? L’autobus approche du pont Van Horne, qui relie le Nouveau-Brunswick et le Québec au-dessus de ce qui n’est déjà plus la rivière Ristigouche, mais pas encore la baie des Chaleurs. Ce pont marque une frontière à l’intérieur d’un même pays, davantage juridique que géographique. Le transport scolaire vient chercher les enfants de la réserve indienne le matin pour les amener à l’école anglaise et les reconduit chez eux le soir. Il y a le Québec et le reste du Canada, la réserve et le reste du monde. Dix générations plus tôt, ils étaient partout dans la péninsule gaspésienne. Dix mille ans plus tôt, ils s’étaient installés ici, à la fin des terres, Gespeg. Ce sont les Mi’gmaq. Les premiers Français les appelaient les Souriquois. Puis on a écrit leur nom de différentes manières : Miquemaques, Mi’kmaqs, Micmacs.
Au moment où le bus quitte le centre-ville pour s’engager sur la voie d’accès du pont, Océane perd le fil de ses idées. Elle ouvre la bouche, fronce les sourcils. Il y a un problème. Tous les enfants du bus ont la même réaction : moment de silence. Le chauffeur décélère, s’arrête rapidement. À quelques mètres, trois voitures de la Gendarmerie royale du Canada bloquent l’accès au pont. Une dizaine d’agents de la GRC se tiennent en travers de la route, fusil en main. Le chauffeur coupe le contact. Ça remue dans le bus. Il tire sur la manivelle et descend par les portes battantes.
Sur l’autre rive, au-dessus de Pointe-à-la-Croix, un hélicoptère. Il lance une onde qui agite le pont et gagne les enfants qui sortent la tête par les vitres. Au loin, des bateaux tournent en rond près des berges de la réserve. L’hélicoptère est maintenant au milieu de la baie. Le chauffeur discute avec deux policiers. Océane frissonne, comme piquée par un danger inconnu. Elle a quinze ans aujourd’hui et sent quelque chose couler entre ses cuisses. Son jeans se mouille, une tache brunâtre apparaît entre ses jambes. Elle plisse les yeux pour y croire, mais elle n’a pas le temps de paniquer. Quand elle relève la tête, trois garçons poussent la porte de secours à l’arrière. Certains les encouragent, d’autres leur crient de ne pas sortir. Les garçons s’échappent vers le bas-côté de la route. Ils dévalent le talus qui mène sous le pont. Une jeune fille les imite qui file derrière eux, les rattrape. Ils s’arrêtent devant la porte grillagée. Verrouillée par une lourde chaîne, elle bloque l’accès à l’escalier qui mène à la passerelle. Les trois garçons connaissent l’endroit. Ils savent comment escalader le grillage pour se rendre sous le ventre de l’ouvrage. Alors ils grimpent, s’accrochent, passent avec précaution et s’abattent de l’autre côté sur la plateforme. Quand elle atteint le haut de la grille, Océane pense à son pantalon taché. Mais les trois garçons sont déjà devant. Elle saute à son tour. Elle recolle à leurs pas qui résonnent sur la structure métallique. Le premier des garçons dépasse le second pilier. Leur rythme est lourd sur la pente légère. La travée est encore large ici, au-dessus de la terre ferme. Quand les quatre enfants atteignent le troisième pilier, une voix d’adulte claque dans leur dos, appelle et ordonne.

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10 ans de coups de cœur

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Aujourd’hui, ce sont les 10 ans de ce blog, comme c’est également le rendez-vous Québec en novembre, pour l’occasion je vais mettre en avant  les coups de cœur Québécois ou Canadiens dont j’ai parlé sur le blog depuis 2008.

2008 : Lignes de faille – Nancy Huston
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2009 : La série « Magasin Général » Loisel & Tripp, les auteurs sont français mais l’histoire et le texte est québécois… (BD)

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tome 1 à 4 de la série ici
tome 5 : Montréal
tome 6 : Ernest Latulippe
tome 7 : Charleston
tome 8 : Les femmes
tome 9 : Notre-Dame-des-Lacs

2009 : 1918, un père part à la recherche du corps de son fils, un soldat canadien disparu sur un champs de bataille en Flandre
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Un siècle de novembre – Walter D. Wetherell

2009 : Le poids des secrets – Aki Shimazaki

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2010 : Ru – Kim Thúy
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2010 : Mon vieux et moi – Pierre Gagnon

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2012 : Guy Desisle et ses voyages… (BD)

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Chroniques de Jérusalem
Shenzhen
Pyongyang  
Chroniques Birmanes

2014 : Jocelyne Saucier –  Il pleuvait des oiseaux

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2015 : Le journal malgré lui de Henry K. Larsen – Susin Nielsen
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2015 : Cet été-là – Jillian Tamaki et Mariko Tamaki (BD)
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2015 : la série « Paul » de Michel Rabagliati (lu dans le désordre…) (BD)

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Paul en appartement
Paul au parc 
Paul dans le Nord
Paul à Québec
Paul à la campagne
Paul dans le métro
Paul a un travail d’été 
Paul à la pêche

2015 : « Un bonheur si fragile » de Michel David,
mes premiers romans québécois en VO…

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Un bonheur si fragile – tome 1 : L’engagement 
Un bonheur si fragile – tome 2 : Le drame
Un bonheur si fragile – tome 3 : Les épreuves
Un bonheur si fragile – tome 4 : Les amours

2017 : La série « Victor Lessard » de Martin Michaud

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Il ne faut pas parler dans l’ascenseur
La chorale du diable

2018 : Le Poids de la neige – Christian Guay-Poliquin et
une rencontre savoureuse avec l’auteur

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Raif Badawi, rêver de liberté – Radio-Canada Estrie

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Radio-Canada – octobre 2017 – 127 pages

Présentation :
Raif Badawi est l’un des prisonniers d’opinion les plus connus de la planète. Même si le blogueur ne milite plus, ses idées, elles, continuent de voyager.
En le fouettant à 50 reprises devant une mosquée de Djeddah, le 9 janvier 2015, les autorités saoudiennes ne se doutaient probablement pas des conséquences de ce geste sur l’opinion publique. Depuis, partout à travers le monde, Raif Badawi est devenu un symbole de la liberté d’expression opprimée.
Mais qui est cet activiste? Que réclamait-il ? Pourquoi l’a-t-on condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans de prison?

Présentation Radio Canada

Texte : Geneviève Proulx
Dessin : Marie Eve Lacas et Myriam Roy

Mon avis : (lu en novembre 2018)
J’ai découvert l’existence de cette BD, vraiment par hasard… Il y a deux jours en allant prendre mon train du soir, Gare de Lyon à Paris, sur un panneau publicitaire numérique, mon œil a été attiré par le logo « Radio Canada » d’une publicité et j’ai retenu le nom de Raif Badawi… ensuite sur internet j’ai trouvé le lien gratuit pour découvrir cette BD et je me suis empressée de la lire…
La BD commence le le 9 janvier 2015, devant une mosquée de Djeddah, Raif Badawi, un blogueur emprisonné pour avoir défendu des idées progressistes en Arabie Saoudite, vient de recevoir les 50 premiers de coups de fouet de sa peine. Quelques jours plus tard, à l’autre bout du monde, à Sherbrooke au Québec, sa femme Ensaf explique à ses trois enfants qui est vraiment leur père et ce qu’il a du subir…
Eté 2000, Ensaf et Raif se rencontrent par hasard, suite à un faux numéro de téléphone…
En Arabie Saoudite, les lois entourant les relations entre un homme et une femme sont très strictes. Une conversation, même téléphonique, entre un homme et une femme qui ne se connaissent pas est interdite. C’est un acte criminel.
Pourtant, malgré les interdits, Ensaf et Raif vont discuter puis se dire des mots d’amour au téléphone, toutes les nuits en cachette. Ils souhaitent ensuite se marier mais la famille d’Ensaf ne le veut pas et il va falloir beaucoup de persévérance pour les amoureux pour pouvoir enfin en 2002 se dirent oui pour la vie ! 
Mais la pression de la famille d’Ensaf est toujours grande et rapidement, Raïf et Ensaf décident de quitter Jizan, petite ville de 100000 habitants, pour s’installer à Djeddah, la 2ème ville du pays. Raif ouvre une école de langues et d’informatique pour les femmes. Ensaf s’ennuie obligé de rester à la maison pour s’occuper des enfants. A partir de 2005, Raif se met à s’intéresser aux idées progressistes et en août 2006, il lance Le Réseau libéral saoudien, un forum internet où les gens peuvent discuter sur ce qu’ils souhaitent pour l’Arabie Saoudite. Avec ses idées libérales, Raif se fait des ennemis… Il est accusé d’apostasie (renoncement à une religion), il est interrogé plusieurs fois par la police religieuse, sa maison est fouillée… Son propre père est l’un de ses principaux opposants. En mars 2008, Raif est contraint de fermer son forum et il espère en avoir fini avec les problèmes. Mais en mai, il est accusé de complot, crime passible de 5 ans de prison. Finalement, il reste libre et décide de s’éloigner quelques temps du pays en voyageant Bahreïn, Koweït, Liban, sa famille le rejoint en Malaisie et leur périple s’achève en Égypte. Après réflexion, Raif décide de rentrer en Arabie Saoudite et de poursuivre l’activité de son blog et la défense de ses idées.
Les événements du printemps arabe en 2011, rendent méfiants les autorités et une fatwa est lancée contre Raif en mars 2012 et il est envoyé en prison en juin 2012. Entre temps, sa femme et ses enfants ont quitté l’Arabie Saoudite pour l’Égypte puis le Liban. Après l’arrestation de Raif, Ensaf fait une demande d’asile, pour elle et ses trois enfants, auprès du Haut-Commissariat des Nations Unis, un an après, le Canada accepte de les accueillir. 

En lisant cette BD documentaire, ce témoignage, le lecteur comprend les conditions de vie en Arabie Saoudite et le combat de Ensaf pour témoigner de l’histoire de son mari et la diffuser dans le monde entier. Car à ce jour, la famille est toujours séparée et ils espèrent toujours que Raif sorte de prison et puisse rejoindre les siens au Canada.

Extrait : (début de la BD)

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lien gratuit pour découvrir cette BD

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La vie comme une image – Jocelyne Saucier

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Bibliothèque Québécoise – octobre 2014 – 93 pages

XYZ éditions – janvier 1996 – 104 pages

Quatrième de couverture :
La vie comme une image: une mère parfaite, une petite fille modèle, un père gentil, l’observance stricte des règles de la bienséance. Rien, en apparence, pour donner matière à un roman. Et pourtant… De cette vie réglée comme du papier à musique s’échappent de désagréables et persistantes odeurs. Le mur du silence qui l’enveloppe se lézarde et laisse entrevoir que ce soi-disant éden, tout entier édifié sur le mensonge, engendre une souffrance qui conduira au meurtre.

Auteur : Jocelyne Saucier est romancière. Son domaine est l’imaginaire. Son premier roman, La vie comme une image, finaliste au Prix du Gouverneur général, raconte un meurtre invisible sur un ton intimiste. Les héritiers de la mine, finaliste au prix France-Québec Philippe-Rossillon, est un suspense psychologique. Jeanne sur les routes, finaliste au Prix du Gouverneur général et au prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec, est une histoire d’amour impossible sur fond de Babel communiste. Dans ce quatrième roman, la romancière se fait conteuse.

Mon avis : (lu en novembre 2018)
Voilà un court roman surprenant dès les premières pages et dont je ne sais quoi penser…
Je l’avais acheté, il y a deux ans au Festival America de Vincennes, au stand de La Librairie du Québec, et je ne l’avais pas encore lu… Les premières pages sont plutôt déstabilisantes et peu engageantes… Il est question de souvenirs d’enfance et en particulier d’odeur de menstruations… (contrairement à mon habitude, je me suis refusée à mettre ces premières pages comme extrait du livre…) La narratrice a alors quatre ans, elle évoque ainsi, le comportement de sa mère et la complicité mère-fille qui va naître autour du sujet. L’histoire se passe dans les années 50, la famille semble parfaite : un mari attentionné auprès de sa femme et de sa fille, une petite fille modèle, sage et bien élevée, une mère parfaite épouse. Une vie bien rangée pour chacun. Le couple parentale se sépare et à force de non-dits, de mensonges, de faire attention aux apparences, la fille officialise la séparation de ses parents seulement trois ans après… La révélation de cette vérité connue de tous met en colère la mère qui pendant quelques temps en voudra à sa fille…
J’ai eu du mal à lire cette histoire, parce que cela parle d’une autre époque, ces histoires de non-dits dans les familles me dérangent… parce que j’avais tellement aimé « Il pleuvait des oiseaux ».

Extrait : (page 43)
Il y avait déjà trois ans que mon père était parti quand j’ai appris qu’il nous avait quittées. J’admire le courage de ma mère, j’admire sa force morale et tout ce qu’il a fallu de cran et d’ingéniosité pour continuer à mener la maison et à entretenir la présence de mon père comme si elle croyait vraiment ce qu’elle me disait, qu’il avait été muté à un autre poste et puis à un autre, dans une autre ville, toujours plus loin, qu’on n’y pouvait rien, le travail d’un homme exige parfois des sacrifices de la part de sa famille. Je me demande combien de temps elle aurait tenu si je ne lui avais pas dit un jour que je savais.
Mes parents ont toujours eu des relations harmonieuses. Je n’avais aucune raison de m’inquiéter lorsqu’elle m’annonça, à mon retour de l’école, qu’on l’avait envoyé dans le Nord pour remplacer un employé qui avait eu un grave accident d’automobile. « Tu connais papa, toujours prêt à aider, et puis c’est une promotion, il sera l’assistant du maître de poste là-bas. » Il en avait pour trois mois dans le Nord, le pauvre homme ayant eu un poumon perforé par une côte.

Déjà lu du même auteur :

il pleuvait des oiseaux - Copie Il pleuvait des oiseaux  les-héritiers-de-la-mine Les Héritiers de la mine

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C’est lundi, que lisez-vous ? [45]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal
Tout bouge autour de moi – Dany Laferrière

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Écorces vives – Alexandre Lénot (Masse Critique Babelio)
Nos richesses – Kaouther Adimi (partenariat Audiolib)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Dancers – Jean-Philippe Blondel
Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard (BD)
Dent d’ours – tome 6 – Silbervogel – Yann et Henriet (BD)
Le jour où elle n’a pas fait Compostelle – Marko et Beka (BD)
600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster
Passage des ombres – Arnaldur Indridason (partenariat Audiolib)

Bonnes lectures et bonne semaine

unhommepressecine Concours : Film – Un homme pressé (du 10/11 au 16/11 midi)

Concours : Film – Un homme pressé

A quelques jours de l’anniversaire de ce blog,
je propose un Concours du 10/11 au 16/11 midi

Date de sortie : 7 novembre 2018

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Synopsis : 

Alain est un homme d’affaires respecté et un orateur brillant. Il court après le temps. Dans sa vie, il n’y a aucune place pour les loisirs ou la famille. Un jour, il est victime d’un accident cérébral qui le stoppe dans sa course et entraîne chez lui de profonds troubles de la parole et de la mémoire. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne, une jeune orthophoniste. À force de travail et de patience, Jeanne et Alain vont apprendre à se connaître et chacun, à sa manière, va enfin tenter de se reconstruire et prendre le temps de vivre.

Les règles du concours :

Date du concours du 10/11 au 16/11/2018 midi
Limité à la France Métropolitaine
Pour répondre au Concours

A gagner

5 x 2 places de cinéma 

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5 romans
(éditions du Cherche Midi)

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Répondre au concours en utilisant le formulaire Contactez l’auteur

Ne pas oublier de me donner vos coordonnées nom et adresse pour l’envoi
Vous pouvez également me dire votre préférence pour l’un ou l’autre lot.

Un petit commentaire sur le blog est également apprécié…

Un tirage au sort sera effectué le 16/11/2018 après-midi sur les bonnes réponses
pour déterminer les 10 gagnants qui recevront leur gain par la poste.

Un homme pressé Bande-annonce VF

Les questions :

1) Quel est l’auteur du livre dont le film est une adaptation ?

2) Quelle actrice joue le rôle de Jeanne  ?

3) Quel est le nom du réalisateur de ce film ?

Pour répondre au Concours

Tout bouge autour de moi – Dany Laferrière

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Grasset – janvier 2011 – 192 pages

Livre de Poche – août 2012 – 192 pages

Quatrième de couverture :
Le 12 janvier 2010, Dany Laferrière se trouvait à Port-au-Prince. Un an après, il décide de témoigner de ce qu’il a vu et écrit Tout bouge autour de moi. Sans pathos, sans lyrisme. Des « choses vues » qui disent l’horreur, mais aussi le sang-froid des Haïtiens. Que reste-t-il quand tout tombe ? La culture. Et l’énergie d’une forêt de gens remarquables.

Auteur : Né à Haïti en 1953 et vivant au Canada depuis plus de trente ans, Dany Laferrière est l’auteur de romans salués par la critique : Le Goût des jeunes filles (2005), Vers le Sud (2006), Je suis un écrivain japonais (2008). Il pose d’une manière toute personnelle la question de l’identité et de l’exil.

Mon avis : (lu en novembre 2018)
Avec un jour de retard pour le rendez-vous Dany Laferrière, je me suis lancée dans la lecture de ce livre témoignage dimanche dernier. Je croyais avoir déjà lu des livres de Dany Laferrière… et bien non, c’est une première !
Ce livre est le témoignage de Dany Laferrière sur Haïti et le séisme du 12 janvier 2010.  Vivant à Montréal depuis plus de trente ans, le 12 janvier à 16h53, Dany Ferrière était présent à Port-au-Prince avec Rodney Saint-Eloi et d’autres écrivains venus à l’occasion du Festival Étonnants Voyageurs.
Quand il est en voyage, Dany Laferrière a toujours sur lui son passeport et un calepin noir « où je note tout ce qui traverse mon champ de vision ou qui me passe par l’esprit ». A travers de courts chapitres, il nous raconte dès la première minute après la secousse ce qu’il a vécu, ce qu’il a vu, ce qu’il a ressenti…
Quelques jours plus tard, après être rentré à Montréal que l’auteur prend conscience de l’ampleur de la catastrophe. Sur place à Haïti, sans moyens de communication ou presque, il n’avait qu’une vue partielle du drame. Il est ému par l’empathie des gens qui le croisent, par la générosité du monde entier.

Quelques mois plus tard, le décès de sa tante l’invite à revenir à Haïti et à poursuivre son témoignage sur l’après séisme.
Il rend hommage au peuple haïtien digne et courageux : « Ces gens habitués à chercher la vie dans les conditions difficiles porteront l’espérance jusqu’en enfer », à leur fraternité, leur solidarité face aux difficultés et leur résilience « On a peur une minute et on danse la minute d’après », aux nombreux artistes issus de pays bousculé par les éléments ou par les dictateurs.

C’est un témoignage poignant, bouleversant, authentique et plein d’humanité.

Extrait : (début du livre)
La minute
Me voilà au restaurant de l’hôtel Karibe avec mon ami Rodney Saint-Eloi, éditeur de Mémoire d’encrier, qui vient d’arriver de Montréal. Au pied de la table, deux grosses valises remplies de ses dernières parutions. J’attendais cette langouste (sur la carte, c’était écrit homard) et Saint-Eloi, un poisson gros sel. J’avais déjà entamé le pain quand j’ai entendu une terrible explosion. Au début j’ai cru percevoir le bruit d’une mitrailleuse (certains diront un train), juste dans mon dos. En voyant passer les cuisiniers en trombe, j’ai pensé qu’une chaudière venait d’exploser. Tout cela a duré moins d’une minute. On a eu huit à dix secondes pour prendre une décision. Quitter l’endroit ou rester. Très rares sont ceux qui ont fait un bon départ. Même les plus vifs ont perdu trois ou quatre précieuses secondes avant de comprendre ce qui se passait. Moi, j’étais dans le restaurant de l’hôtel avec des amis, l’éditeur Rodney Saint-Eloi et le critique Thomas Spear. Spear a perdu trois précieuses secondes parce qu’il voulait terminer sa bière. On ne réagit pas tous de la même manière. De toute façon, personne ne peut prévoir où la mort l’attend. On s’est tous les trois retrouvés à plat ventre, au centre de la cour. Sous les arbres. La terre s’est mise à onduler comme une feuille de papier que le vent emporte. Bruits sourds des immeubles en train de s’agenouiller. Ils n’explosent pas. Ils implosent, emprisonnant les gens dans leur ventre. Soudain, on voit s’élever dans le ciel d’après-midi un nuage de poussière. Comme si un dynamiteur professionnel avait reçu la commande expresse de détruire une ville entière sans encombrer les rues afin que les grues puissent circuler.