L’année des pierres – Rachel Corenblit

61Tn7kiUzgL Casterman – août 2019 – 412 pages

Quatrième de couverture :
Ce n’est pas parce qu’on est tous paumés et loin de chez nous qu’on se ressemble.
Ce n’est pas parce qu’on devient amis que les choses seront plus simples.
Ce n’est pas parce qu’ils nous prennent pour cibles qu’ils sont nos ennemis.
Ce n’est pas parce qu’on est montés dans ce bus qu’on en redescendra indemnes.

Auteur : Après des études de philosophie, Rachel Corenblit se tourne vers l’enseignement en 1997. Elle exerce aujourd’hui à Toulouse en tant que professeur des écoles. Elle est l’auteur de plusieurs romans.

Mon avis : (lu en mai 2021)
En empruntant ce livre à la bibliothèque début avril, je n’imaginais pas qu’il serait malheureusement d’actualité…
Daniel, Christophe, les jumelles Anna et Anaïs, Jérémy et Sonia, cousin et cousine, Amir, Benjamin, Rose, Lucille sont pensionnaires au lycée français de Jérusalem. En décembre 1987, ils sont en excursion dans un autobus en direction du mur de Jéricho et soudain ils deviennent la cible de Palestiniens en colère, le bus est attaqué à coup de pierres…
Mon avis sur ce livre est mitigé car j’ai peiné à le lire… Cela commence fort avec le cœur de l’histoire soit l’attaque. Ensuite, Daniel est le narrateur et il raconte l’histoire des dix adolescents et comment ils se sont retrouvés là, ensemble ce jour-là. La plupart n’a pas choisi de passer cette année en Israël. Ils ont 16 ans et des préoccupations de leur âge. Ils sont très loin du conflit israélo-palestinien qui se passe autour d’eux… Il y aura un avant plutôt insouciant et un après cette attaque brutale où les jeunes vont s’interroger sur leur avenir…
Je suis contente d’avoir pu terminer cette lecture mais j’ai trouvé qu’elle manquait de rythme et que les nombreuses histoires des dix protagonistes brouillaient le message de l’absurdité de cette guerre et des multiples impacts qu’il en découle.

 

Extrait : (début du livre)
Décembre1987
La terre est rouge. Diluée dans les roches, le sable, et des palmiers encadrent la route qui longe la ville, comme au garde-à-vous.
La terre est rouge et absorbe la chaleur du soleil. Elle l’incorpore. Elle la digère. On pourrait presque la voir bouillir, cette terre qui forme sur le bas-côté des tas inégaux, des ondulations que le vent défait.
C’est Jéricho, quoi, quand même, avec ses trompettes et ses murs, son folklore. Les bus de touristes passent devant avec les guides à bord, qui doivent raconter toujours la même histoire, la légende, la Bible. Les textes saints. Au micro, ça décrit l’effondrement des murailles et certains se penchent derrière les vitres teintées pour les apercevoir. Ça blablate, ça brode, ça enjolive un passé de massacres et d’apocalypse.
Mais ils sont où, ces murs que Dieu a fait s’écrouler ?
Est-ce qu’on peut les contempler ?
Ils sont déçus, un peu, les gens, avec leurs appareils photo en bandoulière, leurs casquettes vissées sur le haut du crâne, leur Coca frais dans la glacière, de ne rien voir, que les façades des maisons récentes qui ressemblent à des ruines à force d’être toujours en construction, jamais achevées. Les toits plats, les minarets, les falaises derrière, d’un rouge plus pâle, presque roses dans leur élancement vers le ciel.
Bleu, le ciel. Il n’a pas beaucoup plu, cette année, à se demander comment le Jourdain trouve la force de couler, où il puise son eau, ce brave ruisseau, ce ruban silencieux qui va s’abandonner dans la mer Morte, un filet, essoufflé et si courageux.
Il en faut du courage pour traverser cette terre.
Verte aussi par endroits. Des champs. Des plantations que les touristes n’identifient pas forcément et de toute façon, ils s’en fichent. Ils veulent du divin, du passé, de l’émotion archéologique. Et pourtant, ces carrés, ces rectangles, toute cette géométrie, vue du ciel, doit être belle. Esthétique. Un vert passé, usé, qui résiste au goutte-à-goutte des cieux, que les hommes cultivent et parfois, abandonnent. Alors la route se parsème, sur les bas-côtés, d’un jaune fané, brûlé, rogné comme des regrets. Comme si plus rien ne valait la peine. Comme si ce pays achevait l’espoir de ceux qui tentaient de le faire croître et multiplier.
C’est Jéricho, donc.
À deux cents mètres sous le niveau de la mer. On peut s’imaginer qu’un beau jour, prise de folie, celle-ci déborde : des plages de Tel-Aviv, la voilà qui remonte vers Jérusalem, dépasse les collines, suit les traces de la route qui s’élance vers les hauteurs. Emportée par son élan, elle engloutit tout sur son passage. Le mur des Lamentations et l’esplanade des Mosquées et le Saint-Sépulcre. Elle plonge vers la vallée du Jourdain pour la recouvrir. Au nord, Jéricho et plus loin, la Galilée. Au sud, la mer Morte, ses boues noires, ses eaux trop salées. Elle comble le trou, elle rétablit l’équilibre et remet les niveaux à zéro.
Ce serait peut-être une solution.
Que la mer se révolte et qu’elle emporte sur son passage les hommes, leurs monuments, leurs querelles, leurs empreintes, leurs mensonges et leurs dieux. Qu’il ne reste rien d’eux.

 

Déjà lu du même auteure :

9782330053758 (1) 146298

 

La force de l’ordre – Frédéric Debomy, Didier Fassin, Jack Raynal

 Delcourt – octobre 2020 – 104 pages

Quatrième de couverture :
Une saisissante enquête anthropologique auprès de policiers en banlieue parisienne. L’engrenage terrible de l’ennui, de la pression du chiffre et des éruptions de violence… adapté d’un essai qui fit date.
D. Fassin a partagé pendant deux ans le quotidien d’une brigade anti-criminalité. Loin des imaginaires du cinéma ou des séries, il raconte l’ennui des patrouilles, la pression du chiffre, les formes invisibles de violence et les discriminations. Cette enquête « ethno-graphique » montre à quel point les habitants de ces quartiers restent soumis à une forme d’exception sécuritaire.

Auteurs : Frédéric Debomy est né en 1975. Il réside à Montpellier. Membre fondateur de l’association Khiasma (un projet initié par Olivier Marboeuf), il est également le responsable de l’association Info Birmanie et le directeur artistique du festival international du film des droits de l’homme de Paris. Scénariste de bande-dessinée, il marie avec sensibilité et intelligence son travail d’auteur et son engagement pour le respect de la personne humaine. Après deux ouvrages avec le dessinateur belge Louis Joos, Suite bleue (2001) puis Une vie silencieuse (2016), il signe avec Olivier Bramanti un bouleversant carnet dessiné sur le génocide rwandais intitulé Turquoise (2012).
Didier Fassin est né en 1955 et réside à Paris. C’est un anthropologue, sociologue et médecin français. Il est professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Fin 2019, il est élu au Collège de France sur une chaire annuelle consacrée à la santé publique. Didier Fassin est l’auteur de l’enquête originelle La Force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, paru au Seuil en 2011. Il a consacré nombres de travaux aux inégalités sociales, raciales, sanitaires, ainsi que celles liées la justice. 
Jake Raynal Réside en Ile-de-France. Il publie dans le magazine Fluide Glacial depuis 1994, dans un premier temps des histoires courtes indépendantes. Ces planches qu’il scénarise et dessine se caractérisent par des thèmes souvent fantastiques, et un humour absurde qui contraste avec l’apparence très sombre et sérieuse des dessins. Ces histoires ont été réunies dans deux albums aux éditions Fluide Glacial et Les Rêveurs. En 2003, il lance dans le magazine la série Melody Bondage qu’il scénarise, le dessin étant assuré par Claire Bouilhac. Il réalise également avec cette dessinatrice la série de comic strip Francis. Aujourd’hui, il s’illustre dans un tout autre genre, en réalisant le dessin de La Force de l’ordre (2020).

Mon avis : (lu en avril 2021)
Cette BD est l’adaptation d’un livre de sciences sociales paru en 2011, une anthropologie de la police des quartiers. Entre 2005 et 2007, Didier Fassin a partagé le quotidien d’une brigade anti-criminalité (BAC). La “BAC”, c’est une police banalisée, spécialisée dans le flagrant délit, mais qui est surtout connue pour ses méthodes musclées…
Faire de longues rondes en voiture pour espérer tomber sur un flagrant délit est loin d’être aussi palpitant que ce que l’on voit dans les séries policières. C’est surtout pour les patrouilles des heures d’ennui pour peu de résultat…
La frustration et l’ennui engendrent des déviances multiples. Ainsi lorsqu’il y a enfin de l’action, les policiers font souvent preuve d’excès de zèle et d’abus de pouvoir.
Pour ajouter à la banalité du quotidien, la politique du chiffre instaurée dès le début par le Ministère pousse les policiers à provoquer eux-mêmes les problèmes pour se créer des motifs d’interpellations. Ils utilisent le harcèlement, l’humiliation et la violence… Les comportements agressifs des policiers la BAC en banlieue sont également dus au recrutement : ce sont de jeunes policiers blancs venant de la province loin de la mixité sociale du milieu dans lequel ils doivent intervenir. Les policiers ont peur des gens de la banlieue comme les habitants de la cité ont peur de la BAC. Ainsi, au lieu d’apprendre à se connaître en bonne intelligence et à se respecter, ils finissent par s’opposer et s’affronter. Finis les gardiens de la paix, la BAC est crainte et elle fait la loi ! Le racisme ordinaire est très présent et les policiers affichent ouvertement leur sympathie pour l’Extrême Droite. Les différentes représentations des écussons des diverses BACs sont également édifiantes quant à la violence et les clichés que cela symbolise…
Une BD d’actualité qui décrit les comportements excessifs de certains policiers et qui, sans les excuser, tente d’expliquer pourquoi et comment la police en est arrivée là. Cette BD permet de diffuser largement ce travail d’enquête anthropologique très intéressant et facile à lire.

Extrait :

Petit Bac 2021
(3) Météo

C’est lundi, que lisez-vous ? [152]

cestlundi


C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

Les enfants sont rois – Delphine de Vigan
Valentine, tome 6 – Vanyda

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

L’année des pierres – Rachel Corenblit
La force de l’ordre – Frédéric Debomy, Didier Fassin, Jack Raynal (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Agatha Raisin, tome 14 : Gare aux fantômes – M.C. Beaton
Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – Léonie Bischoff (BD)
La recomposition des mondes – Alessandro Pignocchi (BD)


Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Valentine, tome 6 – Vanyda

 Dargaud – octobre 2014 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Sixième et dernier tome de Valentine : Vanyda nous mène au bout de l’adolescence de son personnage. Après de grands moments de solitude et de grandes interrogations, Valentine parvient enfin à être vraiment elle-même. Elle a grandi et décide de choisir à présent la société dans laquelle elle évolue : ses amis, ses activités, ses choix politiques, le rapport à sa famille. Le retour de Charles, ce beau garçon très attentionné, n’est pas pour rien dans ce passage à l’âge adulte ! Le retour de Charles, le beau garçon attentionné, n’est pas pour rien dans ce passage à l’âge adulte !

Auteur : Vanyda Savatier (plus connue sous son seul prénom) est une auteur d’origine franco-laotienne de bande dessinée apparentée à La Nouvelle Manga. Élève des Beaux Arts de Tournai (Belgique). Elle forge son style grâce à l’influence des dessins animés japonais. Elle fusionne ainsi le style mangas – BD franco-belge. Elle vit actuellement à Lille. Son blog: http://vanyda.fr/
Elle est l’auteure de deux autres trilogies : « L’immeuble d’en face » (La Boîte à bulles) et « Celle que… » (Dargaud). Cette dernière série paraît en intégrale en 2015 ; elle a également été reprise, en couleurs et en six volumes cartonnés, sous le titre de « Valentine » (Dargaud) entre 2012 et 2014. En janvier 2014, Vanyda crée le magnifique « Un petit goût de noisette » (Dargaud), roman graphique en noir et blanc, relevé par quelques touches de couleur, qui met en scène des histoires d’amour… Deux ans plus tard, Vanyda revient avec un nouveau one shot, « Entre ici et ailleurs » (Dargaud). Toujours chez le même éditeur, elle publie avec Nicolas Hitori De le premier tome de « Mia & Co » en 2016. Primée dans de très nombreux festivals de BD et plusieurs fois sélectionnée à Angoulême, Vanyda a été récompensée par le très sérieux ?Publishers Weekly’ pour la version anglaise de « L’immeuble d’en face », sacré manga de l’année. En 2019, elle revient avec « Un petit goût de noisette et de fruits rouges », proposant des nouveaux fragments d’histoires de cœur.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Voilà le sixième et dernier album de la série Valentine (six tomes) , l’équivalent de la deuxième moitié du tome « Celle que je suis » dans la série « Celle que… ».
C’est un album autour du sentiment amoureux, Valentine a mûri, elle s’est affirmé, elle fait ses propres choix dans ses amitiés. Elle est plus sereine par rapport à son passé et elle est prête pour construire son avenir !
Valentine découvre son premier amour, c’est raconté avec sensibilité, tendresse et pudeur.

Cette série est une très belle manière de raconter l’adolescence, cet âge entre collège et lycée, entre l’insouciance et les premiers questionnements sur son avenir… 
J’aime beaucoup le style du dessin épuré dans l’esprit manga, comme la construction des planches, avec une même scène vue sous plusieurs angles, avec des zooms, de nombreuses planches muettes…

Extrait : (début de la BD)

      

 

Déjà lu du même auteur :

un-petit-gout-de-noisette-tome-1-sans-titre Un petit goût de noisette 1 un-petit-gout-de-noisette-tome-2-sans-titre Un petit goût de noisette 2

91qgXNmpNsL Valentine, tome 1   Valentine, tome 2

81GAYCfhIzL Valentine, tome 3  Valentine, tome 4

Valentine, tome 5 

 

 

Les enfants sont rois – Delphine de Vigan

 Gallimard – mars 2021 – 352 pages

Quatrième de couverture :
« La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s’étonna de l’autorité qui émanait d’une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l’obscurité. “ On dirait une enfant ”, pensa la première, “elle ressemble à une poupée”, songea la seconde.Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire. »À travers l’histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d’une époque où l’on ne vit que pour être vu. Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s’expose et se vend, jusqu’au bonheur familial.

Auteure : Delphine de Vigan a publié en 2001 Jours sans faim, son premier roman, sous pseudonyme. Elle est l’auteur des Jolis garçons, d’Un soir de décembre, de No et moi (prix des Libraires 2008) et des Heures souterraines. Jours sans faim apparaît aujourd’hui comme un chapitre en creux de Rien ne s’oppose à la nuit, immense succès de la rentrée 2011.

Mon avis : (lu en avril 2021)
Un livre pour réveiller nos consciences sur les dérives des réseaux sociaux et en particulier des chaînes créées par des parents pour mettre en scène leurs enfants. Dans cette histoire, il y a d’un côté Mélanie qui a toujours rêvé de participer à une émission de téléréalité, pour être célèbre et aimée du public… de l’autre côté, il y a Clara, une jeune femme au look adolescent, célibataire, travaillant comme procédurière à la PJ (police judiciaire), elle est là pour collecter tous les éléments d’une enquête pour constituer le dossier le plus complet possible transmis à la justice. 
A travers de nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, Mélanie met en scène au quotidien Sammy et Kimmy, ses deux enfants de 11 et 6 ans. Jusqu’au jour où la petite Kimmy disparaît… Clara Roussel, l’enquêtrice, va éplucher toutes les éléments publiés par la famille sur internet pour comprendre ce qui s’est passé. Elle va découvrir l’univers effroyable des influenceurs. Un roman implacable et dérangeant, l’auteure s’est très bien documenté et tout ce qu’elle raconte est malheureusement vrai. 

Extrait : (début du livre)
BRIGADE CRIMINELLE – 2019
DISPARITION DE LENFANT KIMMY DIORE
Objet : Transcription et exploitation des dernières stories Instagram postées par Mélanie Claux (épouse Diore).

STORY 1

Diffusée le 10 novembre, à 16 h 35.

Durée : 65 secondes.

La vidéo est filmée dans un magasin de chaussures.

Voix de Mélanie : « Mes chéris, nous sommes arrivés chez Run-Shop pour acheter les nouvelles baskets de Kimmy ! Hein, mon petit chat, tu as besoin de nouvelles baskets car les autres commencent à être un peu serrées ? (La caméra du téléphone portable se tourne vers la petite fille qui met quelques secondes avant d’acquiescer, sans grande conviction.) Alors, voici les trois paires que Kimmy a sélectionnées en 32 (À l’image, les trois paires sont alignées.) Je vous les partage de plus près : une paire de Nike Air dorées de la nouvelle collection, une paire d’Adidas trois bandes et une paire sans marque avec un renfort rouge… Il va bien falloir qu’on se décide et, comme vous le savez, Kimmy déteste choisir. Alors mes chéris, on compte vraiment sur vous ! »

À l’écran un mini-sondage Instagram apparaît en surimpression :
« Que doit prendre Kimmy ?
A- Les Nike Air
B- Les Adidas
C- Les baskets premier prix. »

Mélanie retourne le portable vers elle pour conclure : « Mes chéris, heureusement, vous êtes là et c’est vous qui décidez ! »

Petit Bac 2021
(5) Être Humain

C’est lundi, que lisez-vous ? [151]

cestlundi


C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

Ama : Le souffle des femmes – Franck Manguin, Cécile Becq
Toute la violence des hommes – Paul Colize

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

L’année des pierres – Rachel Corenblit
Les enfants sont rois – Delphine de Vigan
La force de l’ordre – Frédéric Debomy, Didier Fassin, Jack Raynal (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Valentine, tome 6 – Vanyda (BD)
Agatha Raisin, tome 14 : Gare aux fantômes – M.C. Beaton
Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – Léonie Bischoff (BD)
La recomposition des mondes – Alessandro Pignocchi (BD)


Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Toute la violence des hommes – Paul Colize

 HC éditions – mars 2020 – 317 pages

Prix Polar Michel Lebrun 2020
Prix des lecteurs 2020 du Festival du polar de Villeneuve-Lez-Avignon

Quatrième de  couverture :
L’histoire de Nikola Stankovic et celle de tout un pays détruit par la guerre.
Dans la banlieue de Bruxelles, une jeune femme est retrouvée sans vie dans son appartement, criblée de coups de couteau. Tout accuse Nikola Stankovic, dernière personne que la victime
a appelée avant sa mort. Il apparaît sur les caméras de surveillance juste après le meurtre, la police retrouve ses vêtements maculés de sang et découvre des croquis de la scène de crime dans son atelier d’artiste. Malgré ses airs d’enfant perdu, Niko est un graffeur de génie, que l’on surnomme
le Funambule et qui émaille les rues de Bruxelles de fresques ultra-violentes.
Muré dans le silence, le jeune homme nie tout en bloc et ne répète plus qu’une seule phrase :
c’est pas moi.
Si la force de Niko réside dans son mystère, les personnages clés de ce roman sont incarnés par Philippe Larivière, l’avocat de Nikola et Pauline Derval, la directrice de l’Établissement de défense sociale, qui va garder le jeune homme en observation pour quelques semaines. Ces deux professionnels rompus à l’exercice ont beau voir que tout accuse Niko, aucun des deux ne peut y croire. Ils vont devoir suivre leur instinct et laisser venir l’histoire. La vraie, celle de Niko et celle de tout un pays détruit par la guerre.

Auteur : Paul Colize est né en 1953 à Bruxelles, d’un père belge et d’une mère polonaise. Ses polars, à l’écriture aiguisée et au rythme singulier, sont toujours ancrés dans le réel et flirtent habilement avec la littérature générale.
Son œuvre a été récompensée par de nombreuses distinctions littéraires dont le prix Landerneau, le prix Polar pourpres, le prix Arsène Lupin, le prix Plume de Cristal et le prix Sang d’Encre des lecteurs.
Toute la violence des hommes est son quatorzième roman.

Mon avis : (lu en avril 2021)
A la recherche d’un livre d’un auteur belge pour espérer participer au challenge « Le Mois Belge », j’ai choisi la facilité en choisissant un livre d’un auteur que je connaissais déjà et que j’avais aimé ! Le livre a été terminé le 30/04 et grâce au prolongement jusqu’à ce soir du challenge, je suis tout juste dans les clous !

Ce livre est un thriller psychologique captivant. Une jeune femme est retrouvée morte baignant dans son sang dans son appartement en banlieue de Bruxelles. Le coupable idéal, c’est Nikola Stankovic un artiste de street art anonyme surnommé le Funambule car il peint des fresques murales en hauteur sur des murs aveugles pratiquement inaccessibles. Il reproduit des scènes violentes souvent issues de tableaux célèbres. Mutique, il ne sait que dire : « C’est pas moi ». Pour déterminer s’il est oui ou non responsable de ses actes, il est mis en observation dans hôpital psychiatrique. Il pourra compter sur l’aide de Philippe Larivière, son avocat et de Pauline Derval, la directrice de l’hôpital psychiatrique  qui tous deux tenteront de le comprendre et de le disculper…
Paul Colize alterne les chapitres du présent et du passé, ces derniers reviennent sur des évènements des années 90, lorsque le conflit serbo-croate faisait rage à Vukovar. Petit à petit, le lecteur va découvrir des parties de la vie de Nikola qui avait huit ans à l’époque et qui a été le témoin d’événements atroces ce qui explique la violence des œuvres qu’il réalise.
Une lecture rythmée grâce à des chapitres courts et Nikola est un personnage à la fois mystérieux et attachant.
En bonus, à la fin du livre une interview très intéressante d’un artiste de street-art qui complète parfaitement ce que l’on comprend dans le roman policier…

Extrait : (début du livre)
L’homme posa les mains sur la table et le dévisagea.
— J’ai l’impression de parler à un mur.
Il ferma les yeux.
Un mur. Un mur lézardé, dont chaque brique était moulée dans les larmes, le sang, la violence et la haine. Les rares moments de répit n’en étaient que le ciment précaire.
L’homme tira une chaise à lui et s’assit.
— Bien. Reprenons depuis le début.
Il rouvrit les yeux, fixa un point devant lui.
De quel début parlait-il ?
Toute fin ramène au début. La mort ne survient que s’il y a eu naissance. Elle boucle la boucle. Einstein a dit que le temps n’est pas une ligne droite, Gaudi que rien n’est droit dans la nature. Ni l’eau, ni l’air, ni la terre, ni le feu. Pas même la ligne de l’horizon. Tout n’est que courbes et arabesques.
Un atoll volcanique dans l’immensité de l’océan ? Tout est dans le détail, pour ceux qui savent les observer.
L’homme reprit d’une voix monocorde.
— Vous vous appelez Nikola Stankovic, vous avez 35 ans, vous n’êtes pas marié, vous n’avez pas d’enfants.
Nikola ?
Ce prénom lui parut étranger.
Son père l’appelait Niko. Sa mère Dušo. Mon âme.
Elle lui ébouriffait les cheveux quand il passait à sa portée.Želim da te zagrlim. J’ai envie de te prendre dans mes bras.
Les parents dictent la norme. À ce moment, il croyait encore en leur pouvoir. À présent, il savait que le pouvoir appartient aux plus forts. La force permet d’imposer.
L’homme poursuivit.
— Vous êtes domicilié à Saint-Gilles, rue de la perche. Vous êtes artiste-peintre, vous n’avez pas de revenus fixes. Est-ce exact ?
Des revenus fixes ?
Les artistes n’ont pas de revenus fixes, sans quoi ils ne seraient pas des artistes. L’argent ne permet pas de réécrire le passé.
Une boule de feu parcourant le ciel ?
L’homme monta le ton.
— Est-ce exact, monsieur Stankovic ?
Il décela de l’impatience dans sa voix, une volonté d’en finir.
Le silence était son allié.
L’art ne dévoile ses secrets que dans le silence absolu. On devrait interdire aux gens de parler dans les musées. Le silence peut aussi être une arme. Il masque les mensonges, les aveux et les trahisons.
L’homme secoua la tête avec dépit.
— Vous ne m’aidez pas beaucoup, monsieur Stankovic.
Il se tut.
L’homme s’emporta.
— Vous pourriez au moins me regarder quand je vous parle.
Une coccinelle sur une toile de tente ?
Il releva la tête.
— Vous avez une tache sur votre chemise.

 

Petit Bac 2021
(4) Être humain

voisinsvoisines2021_1
Belgique

Déjà lu du même auteur :

97110746 Un long moment de silence

Ama : Le souffle des femmes – Franck Manguin, Cécile Becq

 Sarbacane – mai 2020 – 112 pages

Quatrième de couverture :
Japon, fin des années 1960. Nagisa, jeune citadine tokyoïte aux manières policées et pudiques, débarque avec son paquetage sur Hegura, petite île de pêcheurs reculée. Là, elle est adoptée par Isoé, la cheffe de la communauté des « Ama » qui gouverne l’île. Les Ama, ces « femmes de la mer » brutes, fortes et sauvages qui plongent en apnée, nues, pour pêcher des coquillages…

Auteurs : Après une enfance entre la Méditerranée et les Alpes. Franck Manguin entreprend des études de Japonais après avoir lu « pays de neige » de Yasunari Kawabata. Diplôme de langues, littérature et civilisations Japonaises en poche, il s’exile durant trois ans au pays du soleil levant. Il y écrit un mémoire sur l’art traditionnel d’Okinawa, fabrique des animations pour machines « pachinko » et enseigne l’anglais. Franck est actuellement bibliothécaire et traducteur/interprète de japonais dans le milieu culturel.
Après une licence d’arts plastiques, Cécile Becq sort diplômée de l’école Emile Cohl à Lyon. Son univers est tendre, sensible, poétique et coloré. Dans son travail, elle aime aussi bien réaliser des illustrations numériques que des illustrations peintes à la gouache ou à l’acrylique. Avec Ama, elle dessine ici sa première BD.

Mon avis : (lu en avril 2021)
Ce roman graphique rend hommage à un métier et à une communauté très surprenante et pourtant en voie de disparition, « les Amas » (les femmes de la mer).
C’est l’histoire d’une femme, d’une famille et d’une communauté. Nagisa, une jeune tokyoïte, arrive sur l’île d’Hegura, à l’Ouest du Japon, auprès d’Isoé, sa tante, pour apprendre le métier d’Ama. Chitosé, la mère de Nagisa, est partie de son île vingt ans auparavant sans jamais donner de nouvelles à ses proches.
Chaque jours les « Amas » plongent en apnée à la recherche d’ormeaux pour les vendre ensuite au marché. « L’isobué » (souffle des femmes) est une méthode de respiration pratiquée par les pêcheuses : en hyperventilant elles arrivent à plonger sans risquer l’accident respiratoire. En même temps que Nagisa, le lecteur découvre les us et coutumes de cette communauté de femmes, leur tenue presque nue, un petit pagne appelé « fundoshi » et un bandana blanc « le tenugui ». Elles sont attachées à une simple corde autour de la taille, reliées à leur « tomaé » (mari, frère ou ami de confiance) qui attend dans une barque, prêt à les remonter au moindre signal.
Ces femmes sont à la fois fortes et natures, elles n’ont pas leur langue dans leurs poches et à la criée, elle savent défendre leurs pêches face au revendeur qui voudrait les voler. Ce sont elles qui choisissent leurs partenaires pour un soir ou pour la vie et elles en parlent librement entre elles…
La citadine Nagisa va devoir faire ses preuves et s’intégrer dans cette communauté si particulière si elle rester sur l’île…
Le dessin de la couverture est particulièrement beau et j’ai beaucoup aimé le côté documentaire de l’histoire. C’est très intéressant et passionnant. Le côté roman de cette BD m’a moins touchée.
C’est cependant une belle découverte.

 

Extrait :

Petit Bac 2021
(3) Météo

C’est lundi, que lisez-vous ? [150]

cestlundi


C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

L’enfant étoile – Katrine Engberg
Je serai là ! : Comment je suis devenu l’Homme étoilé – L’Homme étoilé

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

L’année des pierres – Rachel Corenblit
Toute la violence des hommes – Paul Colize

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Valentine, tome 6 – Vanyda (BD)
Les enfants sont rois – Delphine de Vigan
La force de l’ordre – Frédéric Debomy, Didier Fassin, Jack Raynal (BD)
Ama : Le souffle des femmes – Franck Manguin, Cécile Becq (BD)


Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Je serai là ! : Comment je suis devenu l’Homme étoilé – L’Homme étoilé

Avec la participation d’Alma

 Calmann Lévy – janvier 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
En remontant le fil de ses souvenirs professionnels et personnels, l’Homme étoilé raconte la naissance de sa vocation de soignant.
Ce nouvel opus bouleversant confirme son talent et sa profonde humanité : il achève de nous convaincre qu’on peut aussi soigner avec ses mots et sa présence.

Auteur : Infirmier en soins palliatifs et auteur-dessinateur, l’Homme étoilé s’est fait connaître sur Instagram, où il raconte dans des dessins poignants son quotidien et celui de ses patients à ses abonnés toujours plus nombreux. Son premier roman graphique A la vie ! a connu un véritable succès. 

Mon avis : (lu en avril 2021)
L’Homme étoilé, c’est Xavier, un infirmier en soins palliatifs dans un hôpital de l’Est de la France. Je l’ai découvert en mai dernier dans sa BD « A là vie » pleine de sensibilité, d’humour, de joie et d’humanité.
Cette nouvelle bande dessinée est plus personnel, L’Homme étoilé revient sur les débuts de sa vocation. Il raconte des souvenirs d’enfance avec son grand-père, avec sa mère, ses premiers stages d’infirmier d’abord en hématologie, puis en psychiatrie. Il revient sur son cheminement qui lui a fait découvrir puis choisir les soins palliatifs.
Il apprend à écouter ses patients, la patience, la vie et la mort. Il prend conscience que les patients dont il a la charge ne se réduisent pas à leur maladie. L’Homme Étoilé est plein d’empathie, d’humanité mais aussi d’humour.
Un dessin simple, épuré, aux formes tout en rondeur en bleu et blanc ou en noir et blanc.
L’épilogue est un dialogue à deux mains entre l’Homme Étoilé et Alma. Ils se partagent les dessins et les bulles avec chacun son style et ses couleurs.

Cette phrase résume bien ce qu’est son métier : « Tu sais, mon rôle, ce n’est pas de les empêcher de partir, mais de veiller à ce qu’ils partent bien. »

Extrait :

Déjà lu du même auteur :

71O+5b52GiL A la vie !

Revenir en haut