Agatha Raisin, tome 11 : L’enfer de l’amour – M.C. Beaton

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Audible – juillet 2018 – 6h48 – Lu par Françoise Carrière

Albin Michel – juin 2018 – 360 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Agatha Raisin and the Love from Hell, 2001

Quatrième de couverture :
Qui a dit que l’amour c’était le paradis ? Plutôt l’enfer, même pavé de bonnes intentions ! À peine mariés, Agatha et James Lacey font cottage à part et s’accusent mutuellement d’infidélités. Jusqu’à ce que James disparaisse pour de bon, laissant derrière lui sa maison saccagée… Les soupçons se portent aussitôt sur l’épouse du disparu : Agatha. Décidée à se défendre et à remettre la main sur son mari, notre détective part à sa recherche, à ses risques et périls…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
Depuis le début de la série, le lecteur attend le mariage d’Agatha et James… Et voilà,

Agatha Raisin est enfin mariée à James Lacey, mais tout n’est pas rose… célibataire endurci, James a du mal à se faire à la vie à deux. Ils continuent donc à faire maison à part. Et voilà que subitement, James disparaît et l’on retrouve sa maison saccagée. Dans le même temps, Melissa Sheppard, une voisine et ancienne maîtresse de James est assassinée… Agatha est suspectée, tout comme James, très vite, avec l’aide de son vieil ami sir Charles, elle décide de partir à la recherche de James et de mener l’enquête pour trouver le vrai coupable !
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante dans une ambiance toute britannique !

81939829_763003267542662_6978963471043919872_oM.C Beaton est décédée le 30 décembre 2019.

Extrait : (début du livre)
Le mariage idéal – comme un rêve devenu réalité. Agatha Raisin avait enfin convolé avec l’objet de tous ses fantasmes, son voisin James Lacey, et pourtant le bonheur n’était pas au rendez-vous.
La première ombre au tableau était apparue deux semaines après leur retour de voyage de noces, qui les avait menés à Vienne et à Prague. Leur séjour s’étant partagé entre visites touristiques et ébats sexuels, ils avaient été dispensés d’affronter les écueils du quotidien. De retour à Carsely, dans les Cotswolds, ils habitaient toujours leurs deux cottages voisins, bien décidés à se conduire en couple moderne et à se ménager un espace privé.
Tout en sirotant un café dans sa cuisine, Agatha revint sur l’incident qui avait tout fait dérailler. Tout à son désir de jouer les épouses modèles, elle avait embarqué pêle-mêle leur linge sale pour le passer à la machine, alors que James avait sa propre corbeille et préférait se charger lui-même de sa lessive. C’était une fraîche journée de la fin du printemps, et des nuages cotonneux voguaient dans le ciel comme de majestueux vaisseaux, poussés par un vent vif. Pendant qu’elle remplissait en fredonnant gaiement son volumineux lave-linge, une petite sonnette d’alarme, dans un coin de sa tête, lui signala que les bonnes ménagères prenaient soin de séparer le blanc et la couleur. Elle versa de la poudre et de l’assouplissant dans les bacs, puis alla s’asseoir au jardin et regarda batifoler ses deux chats pendant que la machine tournait. Lorsqu’un grondement annonça la fin du cycle, elle rentra décharger le tambour et fourra le tas de vêtements dans une grande corbeille pour aller l’étendre à l’extérieur. Las, le linge qu’elle avait sous les yeux était devenu intégralement rose – pas un discret pastel mais un fuchsia éclatant. Consternée, elle chercha dans la pile le responsable du gâchis : un pull rose qu’elle avait acheté sur un marché de Prague. Résultat, toutes les affaires de James, chemises et sous-vêtements, avaient viré au rose vif.
Agatha, qui flottait encore dans sa bulle de bonheur post-nuptial, était bien convaincue qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle pensait même qu’ils en riraient ensemble.
Grossière erreur. James, en réalité, piqua une colère carabinée. Comment avait-elle osé toucher à ses affaires ? Elle n’était qu’une idiote et une incapable. L’ancienne Agatha lui aurait sans nul doute asséné une réplique bien sentie, mais la nouvelle jugea bon de lui présenter de plates excuses, le moral au plus bas. En plus, elle ne lui en garda même pas rancune, persuadée qu’un long célibat favorisait les petites manies.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 

71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

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Écosse

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(1) Prénom

Les victorieuses – Laetitia Colombani

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – novembre 2019 – 5h28 – Lu par l’autrice

Grasset – mai 2019 – 224 pages

Quatrième de couverture :
Brillante avocate, Solène tente de se reconstruire après un burn-out. Acceptant une mission bénévole d’écrivain public, elle est envoyée au Palais de la Femme, vaste foyer au coeur de Paris. Les résidentes s’appellent Binta, Sumeya, Cvetana, Salma ou la Renée et viennent du monde entier. Lorsqu’elles voient arriver Solène, elles se montrent méfiantes. Solène vacille mais s’acharne, bien décidée à trouver sa place auprès de ces femmes aux destins tourmentés.
Un siècle plus tôt, Blanche Peyron oeuvre en faveur des démunis. Elle a voué sa vie à l’Armée du Salut et rêve d’offrir un refuge à toutes les exclues de la société. Le chemin est ardu, mais Blanche ne renonce jamais.
Laetitia Colombani donne vie à ces Victorieuses anonymes, à Blanche l’oubliée, et  toutes celles qui refusent de se résigner. Un hymne à la solidarité prodigieusement romanesque, porté par la lecture délicate de l’autrice elle-même.

Auteur : Laetitia Colombani est romancière, cinéaste et comédienne. Son premier roman, La Tresse, s’est vendu à un million d’exemplaires en France et a été traduit en 33 langues. Il est en cours d’adaptation au cinéma par l’autrice. Il a également été décliné en album jeunesse, La Tresse ou le voyage de Lalita.

Mon avis : (écouté en décembre 2019)
C’est grâce au Café Lecture que j’ai eu envie de découvrir ce livre dont la couverture ne me donnait pas du tout envie de m’y plonger…
Dans ce roman, Laetitia Colombani nous raconte une histoire, ou plutôt deux, autour des femmes marginalisées, exclues de la société et du bénévolat.
La première se passe de nos jours, Solène est une jeune avocate qui tente de se reconstruire après un burn out. Son psychiatre l’encourage à sortir de chez elle et à faire une activité tournée vers les autres… Sans grande conviction, elle accepte de tenir une permanence hebdomadaire comme écrivain public au « Palais de la Femme », rue de Charonne à Paris, dans un centre d’accueil pour femmes. Une expérience enrichissante et bouleversante pour Solène, son regard et ses valeurs vont évoluer au côté de ses femmes cabossées de la vie, venues chercher refuge dans cette Maison. Des femmes du bout du monde comme d’à côté, venue de la rue, victimes de leur mari, des coutumes de leur pays, de maltraitances… Solène est venue donner du temps, elle va recevoir beaucoup plus de toutes ses femmes qui n’ont rien.
Dans la seconde, Laetitia Colombani nous raconte la naissance de l’Armée du Salut en France et en particulier, rend hommage à Blanche Peyron qui créa le « Palais de la Femme » à Paris.
1925, engagés dans l’Armée du Salut, Blanche Peyron et son mari Albin ont déjà ouvert des refuges pour les sans abris à Paris et en Province. Ils ne ménagent pas leur peine. Combattante, engagés et tenace, Blanche Peyron a consacré sa vie aux autres et particulièrement aux femmes les plus démunies.
Le « Palais de la Femme », au si beau nom, est une vraie Tour de Babel, un lieu vivant, un lieu d’espoir où se côtoie le magnifique et le tragique, le drôle et l’insolite, le lecteur est ému et touché.
Dans cette version audio, il y a en bonus un entretien avec l’auteure, toujours très intéressant. Elle revient sur le succès de son premier roman « La tresse » et raconte la genèse de ce roman.

Merci Pauline et Audiolib pour cette lecture pleine d’humanité.

Extrait : (début du livre)
Tout s’est passé en un éclair. Solène sortait de la salle d’audience avec Arthur Saint-Clair. Elle s’apprêtait à lui dire qu’elle ne comprenait pas la décision du juge à son encontre, ni la sévérité dont il venait de témoigner. Elle n’en a pas eu le temps.
Saint-Clair s’est élancé vers le garde-corps en verre et l’a enjambé.
Il a sauté de la coursive du sixième étage du palais.
Durant quelques instants qui ont duré une éternité, son corps est resté suspendu dans le vide. Puis il est allé s’écraser vingt-cinq mètres plus bas.
La suite, Solène ne s’en souvient pas. Des images lui apparaissent dans le désordre, comme au ralenti. Elle a dû crier, certainement, avant de s’effondrer.
Elle s’est réveillée dans une chambre aux murs blancs.
Le médecin a prononcé ces mots : burn out. Au début, Solène s’est demandé s’il parlait d’elle ou de son client. Et le fil de l’histoire s’est reconstitué.
Elle connaissait depuis longtemps Arthur Saint-Clair, un homme d’affaires influent mis en examen pour fraude fiscale. Elle savait tout de sa vie, les mariages, les divorces, les petites amies, les pensions alimentaires versées à ses ex-femmes et ses enfants, les cadeaux qu’il leur rapportait de ses voyages à l’étranger. Elle avait visité sa villa à Sainte-Maxime, ses somptueux bureaux, son superbe appartement du VIIe arrondissement de Paris. Elle avait reçu ses confidences et ses secrets. Solène avait passé des mois à préparer l’audience, ne laissant rien au hasard, sacrifiant ses soirées, ses vacances, ses jours fériés. Elle était une excellente avocate, travailleuse, perfectionniste, consciencieuse. Ses qualités étaient unanimement appréciées dans le cabinet réputé où elle exerçait. L’aléa judiciaire existe, tout le monde le sait. Pourtant, Solène ne s’attendait pas à une telle sentence. Pour son client, le juge a retenu la prison ferme, des millions d’euros de dommages et intérêts.

Police – Hugo Boris

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – août 2019 – 3h30 – Lu par Axelle Lafont

Grasset – août 2016 – 198 pages

Pocket – septembre 2017 – 176 pages

Quatrième de couverture :
Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme.
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer.
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

Auteur : Hugo Boris est l’auteur de quatre romans très remarqués, Le Baiser dans la nuque (2005), La Délégation norvégienne (2007), Je n’ai pas dansé depuis longtemps (2010) et Trois grands fauves (2013). Ce dernier a reçu un excellent accueil médiatique (prix Thyde Monnier 2013, prix Millepages 2013, finaliste du prix du roman Fnac).

Lecteur : Actrice, autrice et réalisatrice, Axelle Laffont a commencé à se faire connaitre sur la chaîne Comédie dans La Grosse Émission suivie de Nulle Part ailleurs sur Canal +. Elle tourne en parallèle dans des comédies 3 Zéros, Je déteste les enfants des autres ou encore Paulette. Plus tard, elle écrit et joue ses deux one-woman-show La folie du spectacle et Hypersensible. Elle a également réalisé une mini-série, Addict, pour Canal + et un long métrage Milf, sorti en 2018.

Mon avis : (écouté en octobre 2019)
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce livre n’est pas un roman policier, mais un roman sur des policiers… Le lecteur va accompagner durant une soirée d’été une brigade de trois policiers, Virginie, Aristide et Erik qui ont une mission inhabituelle, celle de prendre en charge un réfugié Tadjike en situation irrégulière et de le convoyer jusqu’à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle.
Le lecteur assiste à un huis clos dans cette voiture de police, Virginie va ouvrir le dossier du réfugié et apprendre que l’expulsion de ce dernier vers son pays le condamne à mort. Que faire ? Obéir et faire docilement le travail ? Laisser une chance de s’échapper au  réfugié ? Le Tadjike est mutique, résigné…
J’ai écouté ce roman coup de poing d’une traite, en une après-midi. La rudesse du quotidien et la complexité du rôle de la police sont mises en évidence à travers les états d’âme de Virginie et de ses deux collègues. Les descriptions sont très réalistes, la tension augmente inexorablement et malgré la noirceur de la situation, les personnages sont emprunts d’une rare humanité.

Merci Pauline et les éditions Audiolib pour cette lecture coup de poing.

Extrait : (début du livre)
Le sang sur son treillis n’est pas le sien. Elle est intervenue sur une bagarre plus tôt dans la journée, se sera salie à cette occasion. Elle est seule dans le vestiaire, debout à côté du lavabo, jambes nues sur le carrelage, à fouiller parmi les pantalons de son casier. Elle en passe un premier qui lui arrive à mi-ventre. Elle sait que le poids du ceinturon, de l’arme, du chargeur, des menottes et de la matraque fera redescendre le treillis au niveau des hanches. L’entrejambe traînera à mi-cuisse, si bas qu’elle aura l’air de porter un baggy, alors elle le laisse glisser à ses pieds, en pioche un autre dans la pile. La fourche du deuxième est plus haute, mais les jambes sont trop longues, pochent aux genoux. Elle en attrape un troisième qui la serre à la taille. Assise, elle aura du mal à respirer, alors elle essaye maintenant un modèle d’homme, coupe hiver, bien qu’elle soit une femme en été, et voilà qu’elle ressent un sentiment proche de la peur, une accélération du sang, un frémissement qui dirait la présence d’un danger alors qu’elle est seule devant une rangée d’armoires métalliques. Elle pourrait essayer en vain tous les pantalons de la police nationale, en commander dans toutes les tailles, tous les tissus, tester tous les patrons, français ou italiens, y épuiser ses huit cents points de capital annuel, aucun ne lui ira jamais.
Par terre, son gilet pare-balles tient tout seul, donne l’illusion qu’elle a arraché sa cage thoracique pour la poser là un instant. Elle s’est voûtée sous son poids au cours de la journée. Elle redresse la tête, son visage est le même dans le miroir du lavabo. Il ne trahit pas sa pensée, celle d’être une femme qui avorte demain. La permanence de ses traits ne cesse de l’étonner. Elle n’arrive pas à réconcilier ce qu’elle vit depuis plusieurs semaines et l’image inchangée dans le miroir, cette bouche, ce nez, ces yeux familiers. Au lieu d’une figure affaissée, de tissus qui feraient ventre, il y a toujours ce petit visage aigu et ces yeux gris, ce léger strabisme accentué seulement par la fatigue, qui lui vaut de n’être pas jolie mais piquante, cet air indocile qui fait son charme à la fin.
Une collègue entrebâille la porte, passe la tête.
— Virginie, les autres sont d’accord.
Ce soir, son équipage a accepté une mission hors circonscription qui va déborder l’horaire de fin de service. C’est elle qui a dit oui la première, sans savoir de quoi il s’agissait exactement. Elle a embauché en début d’après-midi. Elle ferait une double vacation sans dételer si on le lui permettait.
— Vous avez rendez-vous au Centre de rétention administrative de Vincennes, avenue de Joinville, pour assistance dans le cadre d’une mission d’escorte.

Déjà lu du même auteur :

je_n_ai_pas_dans__depuis_longtemps Je n’ai pas dansé depuis longtemps

 

Anne… La Maison aux pignons verts – Lucy Maud Montgomery

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Ici Radio Canada – 10h45 – Lu par Catherine Proulx Lemay

Livre audio créé à partir de l’édition de 2001 | Éditions Québec Amérique | 374 pages
Publication originale : 1964, Hachette, sous le titre Anne et le bonheur

Présentation :
Parue en anglais en 1908, l’histoire de cette orpheline de l’Île-du-Prince-Édouard est connue dans le monde entier et a été traduite en 40 langues. Anne, une jeune rouquine, se présente chez Marilla et Matthew, qui attendaient un orphelin pour les aider dans les travaux de la ferme. Avec son imagination débordante, son optimisme contagieux et son amour de la magie des mots, Anne bouleversera la vie de ce couple, qui choisit de la garder malgré ses maladresses et ses débordements. Vendu à plus de 60 millions d’exemplaires et adapté plusieurs fois au cinéma et à la télévision, ce roman jeunesse qui charme aussi les adultes est considéré comme le plus grand classique canadien-anglais de tous les temps. Anne… La maison aux pignons verts constitue le premier livre d’une série qui en compte huit.

Auteur : Lucy Maud Montgomery est une romancière canadienne de nouvelles et romans pour la jeunesse se déroulant généralement sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada, dont le plus célèbre est Anne… la maison aux pignons verts.
Elle suit une formation à Charlottetown pour devenir enseignante et, de 1895 à 1896, elle étudie la littérature à l’Université Dalhousie à Halifax, Nouvelle-Écosse. À dix-sept ans, elle rédige pour les journaux locaux d’Halifax, Chronicle et Echo. Peu après, elle rejoint son père en Saskatchewan pendant un moment et retourne finalement sur l’île-du-Prince-Édouard. Elle connaît un succès international avec Anne… la maison aux pignons verts, paru en 1908, et qui a été traduit en seize langues. De ce roman qui s’adresse à toute la famille, ont été tirées plusieurs adaptations audiovisuelles. Celles-ci, très populaires dans le monde anglo-saxon, ont permis à Montgomery d’écrire d’autres livres sans soucis financiers.

Mon avis : (écouté en juillet 2019)
Ce livre est un classique jeunesse anglo-saxon. J’ai découvert Anne Shirley, grâce à un téléfilm, « Anne, la maison aux pignons verts » de John Kent Harrison datant de 2016 et que j’ai vu l’hiver dernier à la télévision.
Matthew et Marilla Cuthbert sont frère et sœur, ils exploitent ensemble une ferme sur l’Île-du-Prince-Edouard en Nouvelle-Ecosse. N’étant plus très jeunes, ils ont décidé d’accueillir chez eux un orphelin pour aider aux travaux à la ferme. Mais lorsque Matthew se rend a la gare de Bright River chercher le petit orphelin… il trouve une fillette aux cheveux roux, pétillante et très bavarde ! Ne pouvant la renvoyer, Matthew décide de rentrer aux Pignons Verts avec Anne et, pendant le trajet, tombe peu à peu sous le charme de la petite fille. Anne Shirley a une énergie et une imagination débordante, elle aime lire des romans et de la poésie, elle croque la vie avec optimisme, elle est curieuse de tout et pleine de générosité mais elle est également têtue et susceptible… Avec toute sa fantaisie et sa jeunesse, elle va bousculer la vie rangée des Cuthbert. Anne, de même que la communauté d’Avonlea sont attachantes, les descriptions de l’Île-du-Prince-Edouard sont dépaysantes et pleines de couleurs.
Anne m’a fait penser à la fois à Fifi Brindacier, Sophie (des
Malheurs de Sophie), Rémi (de Sans famille), Tom Sawyer… les héros de mon enfance et j’aurais adoré connaître bien plus tôt Anne et ses proches mais je suis ravie de savoir qu’il y a une suite avec une dizaine de livres à découvrir…
L
a série télévisée canadienne « Anne with an E » est également une libre adaptation de ce livre.

Extrait : (début du livre)
Madame Rachel Lynde habitait à l’endroit précis où la grand-route d’Avonlea plongeait brusquement dans le creux d’un vallon bordé d’aunes et de fuchsias et traversé d’un ruisseau qui prenait sa source dans le bois, en arrière de la vieille maison Cuthbert. On disait que ce ruisseau impétueux serpentait à travers le bois par un mystérieux dédale de méandres, de cuvettes et de cascades, mais, une fois arrivé à Lynde’s Hollow, il se transformait en un ruisselet paisible parfaitement discipliné, car même un ruisseau n’aurait pu passer devant la porte de Mme Rachel Lynde sans soigner son apparence et ses bonnes manières. Il était sans doute fort conscient, ce ruisseau, que Mme Rachel, assise derrière sa fenêtre, prenait bonne note de tout ce qu’elle apercevait, à commencer par les enfants et les cours d’eau. Il savait bien que, pour peu qu’elle remarquât quelque chose d’étrange ou de déplacé, elle ne serait en paix qu’après en avoir compris le pourquoi et le comment.

Bien des gens, à Avonlea comme ailleurs, s’occupent des affaires de leurs voisins et négligent les leurs. Pour sa part, Mme Rachel Lynde était de ces créatures particulièrement douées qui peuvent à la fois s’occuper de leurs affaires personnelles et mettre le nez dans celles des autres. C’était une maîtresse de maison hors pair ; elle s’acquittait toujours à la perfection de ses tâches domestiques ; elle dirigeait le cercle de couture, aidait à organiser les cours de catéchisme pour l’école du dimanche, et s’était instituée pilier de la société de bienfaisance de son église et auxiliaire des missions pour l’étranger.

Pourtant, en dépit de toute cette activité, Mme Rachel trouvait le temps de rester assise des heures durant à la fenêtre de sa cuisine pour tricoter des courtepointes à chaîne de coton – elle en avait tricoté seize, c’est ce que racontaient avec admiration les femmes d’Avonlea – tout en parcourant de son regard perçant la route principale qui, ayant traversé le vallon, montait, en s’essoufflant, la butte rouge que l’on voyait au loin. Comme Avonlea occupait une petite presqu’île triangulaire qui faisait saillie dans le golfe du Saint-Laurent, on n’avait pas d’autre choix, pour en sortir ou y rentrer, que de passer par la route de la colline ; on n’échappait donc jamais à l’œil inquisiteur de Mme Rachel.

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Sauvage – Jamey Bradbury

Lu en partenariat avec Babelio

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Lizzie – août 2019 – 11h17 – Lu par Karl-Line Heller

Editions Gallmeister – mars 2019 – 313 pages

traduit de l’américain par Jacques Mailhos

Titre original : The Wild Inside, 2018

Quatrième de couverture :
A dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Immuablement, elle respecte les trois règles que sa mère, trop tôt disparue, lui a dictées : « ne jamais perdre la maison de vue », « ne jamais rentrer avec les mains sales » et surtout « ne jamais faire saigner un humain ». Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur. Elle s’interdit de l’avouer à son père, et ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.

Auteur : Jamey Bradbury est originaire du Midwest et vit depuis quinze ans en Alaska. Elle a été réceptionniste, actrice, secouriste et bénévole à la Croix- Rouge. Elle partage aujourd’hui son temps entre l’écriture et l’engagement auprès des services sociaux qui soutiennent les peuples natifs de l’Alaska. Sauvage est son premier roman.

Lecteur : Formée au conservatoire d’arts dramatiques d’Orléans, Karl-Line Heller a participé à plusieurs courts-métrages, publicités, téléfilms et pièces de théâtre. Très active en studio, elle double de nombreux personnages de séries (Esprits criminels, Black Mirror…), de dessin animés et de jeux vidéo et s’est lancée dans la direction artistique.

Mon avis : (écouté en octobre 2019)
J’ai accepté de recevoir ce livre audio, en premier lieu pour la toute beauté de la couverture du livre et ensuite pour la destination.

Cette histoire se déroule en Alaska. L’héroïne, Tracy âgée de 17 ans, vit depuis toujours entourée d’arbres et de chiens, avec Scott, son petit frère et Bill, son père qui a été l’un des plus célèbres mushers de la région. Tracy est également très adroite pour conduire un traîneau tiré par un attelage de chiens, elle rêve de pouvoir participer à la grande course annuelle de l’Iditarod. Elle est aussi très douée pour la chasse et les pièges, très souvent elle ressent le besoin de courir et de partir chasser en forêt…
Suite à un accident de voiture, sa mère est morte depuis deux années. Mais lorsque  Tracy était toute petite, elle lui a appris à suivre les règles suivantes : « ne jamais perdre la maison de vue », « ne jamais rentrer avec les mains sales » et la plus importante, « ne jamais faire saigner un humain ». Tracy a également hérité de sa mère un don particulier qui lui permet de rester en contact avec ses souvenirs avec elle.
Un jour en forêt, Tracy est agressée et lorsqu’elle reprend ses esprits, elle est seule, des larges taches de sang sur ses vêtements et elle tient son couteau à la main. Elle est persuadée d’avoir tué un homme. Elle ne dit rien à son père et devient mal à l’aise lorsqu’un homme blessé se présente dans la cour de leur maison en demandant de l’aide… Quelques temps plus tard, Tracy trouve en forêt un sac avec quelques affaires, dont un livre annoté et une belle somme d’argent. Puis, ayant besoin d’argent, son père loue une chambre à Jesse, un mystérieux jeune homme plein de contradictions qui intrigue beaucoup Tracy.
Un roman original et intense, entre conte initiatique et thriller psychologique dans des paysages grandioses et  sauvages. Une pointe de fantastique s’invite également à mi-roman. En écoutant cette histoire, j’ai souvent pensé aux héroïnes des livres My Absolute darling et Dans la forêt… Tracy est un personnage vraiment fascinant et attachant. 

Extrait : (début du livre)
J’AI toujours su lire dans les pensées des chiens. Mon père dit que c’est dû à la manière dont je suis venue au monde, née sur le seuil de la porte ouverte du chenil, avec vingt-deux paires d’yeux canins qui me regardaient et les aboiements et hurlements de nos chiens qui furent les premiers sons que j’aie entendus.
Le village n’avait pas de dispensaire, dans le temps, alors l’aide-soignante municipale venait chez nous une fois par mois. Quand Maman est arrivée à la moitié de sa grossesse, l’aide-soignante lui a dit de rester au lit et de ne pas se fatiguer. Maman a suivi ce conseil diligemment jusqu’à la nuit de ma naissance. Un premier mars, si froid que les pointes de ses cheveux avaient gelé. Elle est sortie, a traversé la cour des chiens, est allée jusqu’à la porte du chenil. Là, une douleur l’a saisie. Elle s’est accroupie, serrant son ventre, et a hurlé pour appeler mon père à l’aide. J’ai glissé toute seule, d’un coup. Je suis venue au monde avant qu’elle s’en rende compte, presque sans aucune aide de sa part. Elle disait que c’était le seul côté facile que j’avais jamais eu.
Qu’est-ce que tu allais faire dans le chenil ? lui ai-je un jour demandé.
Elle a haussé les épaules. A dit, J’imagine que les chiens me manquaient.
Je suis sortie grosse et lourde et toujours affamée. Maman m’a dit qu’y a des femmes qu’ont du mal à faire prendre le sein à leur bébé, et j’ai vu ça chez certains chiots, j’en ai vu qui se détournent de ce que l’instinct leur dit de faire et qui refusent de téter, alors faut traire la mère et nourrir le petit au biberon. Mais moi non. Je me suis accrochée dès que j’ai pu, et je n’ai plus voulu lâcher prise. Maman n’avait jamais vu un bébé comme moi, elle disait que j’étais vorace. Elle me donnait le sein jusqu’à ce qu’elle croie être tarie, et puis ensuite elle continuait.
Il y a des photos dans l’album de famille, nous quatre travaillant tous ensemble dans la cour ou réunis autour d’un traîneau à chiens avant le départ d’une course. Scott et moi tous les deux avec les cheveux noirs de Maman, les yeux bruns de Papa. J’ai appris à l’école que le sang a une mémoire. Il porte les informations qui font ce que vous êtes. C’est comme ça que mon frère et moi on s’est retrouvés avec tant de trucs en commun, on portait en nous les choses dont le sang de nos parents se souvenait. Partager ce qu’il y a dans le sang, y a pas moyen d’être plus proche d’une autre personne.

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Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – septembre 2019 – 9h09 – Lu par Cachou Kirsch et Simon Duprez

La Manufacture de livres – janvier 2019 – 334 pages

Quatrième de couverture :
Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l’asile voisin, sous la jupe d’une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C’est ainsi que sortent de l’ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Auteur : Franck Bouysse, né en 1965 à Brive-la-Gaillarde, a été enseignant en biologie et se lance dans l’écriture en 2004. Ses romans Grossir le ciel en 2014, puis Plateau en 2016 et Glaise en 2017 rencontrent un large succès public et remportent de nombreux prix littéraires. Son roman Né d’aucune femme achève d’imposer Franck Bouysse comme un auteur français de premier plan. Il partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

Lecteurs : Comédienne et musicienne bruxelloise, sociologue de formation, Cachou Kirsch jongle depuis 2003, avec un plaisir non dissimulé, entre grosses productions théâtrales et « petits » projets passionnants, entre la vivacité du jeune public et les studios d’enregistrement.
Après avoir étudié à l’École Nationale Supérieur d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, Simon Duprez débute sa carrière de comédien sur les planches. Il rencontre Isabelle Pousseur en 2000 pour la création de Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès et la retrouvera en 2006 pour Electre au Théâtre National de Bruxelles. Depuis, il poursuit sa carrière en Belgique en collaborant avec Rémi Pons, Judith Ribardière, Guillemette Laurent ou encore Sarah Siré.

Mon avis : (écouté en septembre 2019)
J’avais beaucoup aimé le livre « Grossir le ciel », mais la couverture de ce nouveau livre ne me donnait pas spécialement envie de le découvrir… Après de nombreux billets admiratifs, de nombreux Prix gagnés et une présentation enthousiaste au Café Lecture, j’ai fini par m’y intéresser et accepter d’écouter la version audio. 
Le père Gabriel est appelé pour bénir le corps d’une femme décédée à l’asile voisin. Il a pour mission de récupérer les cahiers où cette femme a raconté sa terrible vie. Elle s’appelait Rose, aînée de quatre filles d’un couple de paysans pauvres. A 14 ans, elle est vendue par son père au maître des Forges. Ainsi commence ce roman chorale autour du père Gabriel, de Rose, d’Onésime, son père, d’Elle, sa mère, d’Edmond, le palefrenier, de l’Enfant qui brosse le portrait bouleversant de Rose, une jeune femme réduite au rôle d’esclave.
Mon avis est mitigé, car cette histoire est très sombre, violente, cruelle et même perverse. J’ai vite été mal à l’aise par ce trop plein de scènes dérangeantes et insupportables.

Merci Pauline et Audiolib pour cette histoire de femme.

Extrait : (début du livre)
Il se trouvait quelque part plus loin que les aiguilles de ma montre.
Cela n’a pas encore eu lieu. Il ne sait rien du trouble. Ce sont des odeurs de printemps suspendues dans l’air frais du matin, des odeurs d’abord, toujours, des odeurs maculées de couleurs, en dégradé de vert, en anarchie florale confinant à l’explosion. Puis il y a les sons, les bruits, les cris, qui expriment, divulguent, agitent, déglinguent. Il y a du bleu dans le ciel et des ombres au sol, qui étirent la forêt et étendent l’horizon. Et ce n’est pas grand-chose, parce qu’il y a aussi tout ce qui ne peut se nommer, s’exprimer, sans risquer de laisser en route la substance d’une émotion, la grâce d’un sentiment. Les mots ne sont rien face à cela ils sont des habits de tous les jours, qui s’endimanchent parfois, afin de masquer la géographie profonde et intime des peaux ; les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde.
À l’époque, je m’attendais à plus rien dans ma vie.
Taire les mots. Laisser venir. Il ne resterait alors rien que la peau nue, les odeurs, les couleurs, les bruits et les silences.
Ça faisait longtemps que je me racontais plus d’histoires.
Les histoires qu’on raconte, celles qu’on se raconte. Les histoires sont des maisons aux murs de papier, et le loup rôde.
J’avais renoncé à partir… Pour aller où, d’abord ?
Les retours ne sont jamais sereins, toujours nourris des causes du départ. Que l’on s’en aille ou que l’on revienne, de gré ou bien de force, on est lourd des deux.
Le soleil était en train de chasser la gelée blanche.
Le soleil-monstre suinte, duplique les formes qu’il frappe en traître, traçant les contours de grandes cathédrales d’ombre sans matière. C’est la saison qui veut ça.
Je le voyais pas. Comment j’aurais pu deviner ?
Il connaît cet endroit autrement qu’en souvenir. Quelque chose parle dans sa chair, une langue qu’il ne comprend pas encore.
Comment j’aurais pu imaginer qui il était ?
Il est grand temps que les ombres passent aux aveux.

Déjà lu du même auteur :

81LN3r3XCrL Grossir le ciel

 

Surface – Olivier Norek

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Lizzie – mai 2019 – 8h26 – Lu par Léovanie Raud

Robert Lafon – avril 2019 – 424 pages

Quatrième de couverture :
Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

Auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Mon avis : (écouté en août 2019)
Tout commence avec une intervention policière qui tourne mal avec Noémie Chastain, capitaine de police, qui se fait tirer en plein visage. Après plusieurs semaines de soins à l’hôpital puis de repos chez elle, Noémie est prête à retourner à sa vie de capitaine. Mais sa hiérarchie va en décider autrement… Pour ne pas démoraliser son ancienne équipe avec sa nouvelle tête, balafrée, ses chefs l’envoient en province, dans l’Aveyron, à Decazeville. Elle pourra se ressourcer tout en auditant ce calme commissariat en vue de justifier sa  fermeture…
Évidemment, rien ne se passera comme prévu… Une vieille histoire autour d’enfants disparus et de village englouti va resurgir  du passé. Noémie va prendre en main l’enquête, prouver toute sa valeur professionnelle et reprendre confiance en elle.

Un roman policier prenant, efficace et rythmé.
Toute la psychologie du personnage de Noémie est très intéressante. C’est une femme qui va devoir se battre pour prouver qu’elle peut reprendre son poste à la tête de son groupe de Paris et accepter malgré la douleur la nouvelle Noémie qu’elle est devenue.

Extrait : (début du livre)
Lancés à tombeau ouvert dans les rues de Paris, les deux types bringuebalés à l’arrière du véhicule s’acharnaient à lui faire lâcher son arme.
Du sang partout. Beaucoup trop de sang. Et son visage. Dieu, ce visage ! Un massacre… Çà et là, des veines apparentes et sectionnées ne menaient plus nulle part, crachant rouge en continu. Et sa joue droite, déchirée presque entièrement, révélait un rictus de souffrance.
– J’veux pas prendre une balle perdue, putain ! s’écria le chauffeur. Arrachez-lui son flingue !
Feu rouge grillé. La berline qui surgit à leur droite ne réussit pas à freiner complètement et leur arracha une partie de l’aile dans un crissement de pneus désespéré.
Ils forcèrent sur les doigts de plus belle. Tirant, écartant. En vain. La main s’était contractée en une crampe autour de la crosse du pistolet. Le doigt, enroulé autour de la détente, menaçait à chaque virage ou cahot de balancer une cartouche de 9 mm au hasard de sa trajectoire.
– Impossible, c’est de la pierre !
Derrière le volant, le chauffeur regardait par intermittence le trafic routier devant lui et la scène de chaos qui se jouait dans son dos. Éviter un accident. Éviter de se faire trouer la peau.
– Elle est tétanisée. Déboîtez-lui le pouce !
Le premier se saisit du canon du pistolet pour le maintenir stable, le deuxième tira le pouce en arrière, de toutes ses forces jusqu’à le luxer.
Enfin, l’arme chuta au sol dans un choc métallique.
Pendant cette tempête de douleur et de terreur, elle ne les avait pas quittés du regard. Paralysée mais consciente. Son œil gauche était fixé sur eux, l’autre était aveuglé par le sang.
Le calme revint et les trois ambulanciers se concentrèrent de nouveau sur leur mission.
Sauver un flic.

Déjà lu du même auteur :

516JqzfGETL Entre deux mondes 51M-o5d3HyL Code 93

Dans la forêt – Jean Hegland

Lu en partenariat avec Audiolib

9782367628561-001-T 41COrEvBzbL 51AadU5UPvL

Audiolib – juillet 2019 – 10h02 – Lu par Maia Baran

Gallmeister – janvier 2017 – 304 pages

Gallmeister poche – juin 2018 – 308 pages

traduit de l’américain par Josette Chicheportiche

Titre original : Into the Forest, 1996

Quatrième de couverture :
Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.
Considéré depuis sa sortie comme un véritable choc littéraire, Dans la forêt, roman sensuel et puissant, met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Auteur : Jean Hegland est née en 1956 dans l’État de Washington. Après avoir accumulé les petits boulots, elle devient professeur en Californie. À vingt-cinq ans, elle se plonge dans l’écriture, influencée par ses auteurs favoris, William Shakespeare, Alice Munro et Marilynne Robinson. Son premier roman Dans la forêt paraît en 1996 et rencontre un succès éblouissant. Elle vit aujourd’hui au coeur des forêts de Californie du Nord et partage son temps entre l’apiculture et l’écriture.

Lecteur : D’origine russo-polonaise, Maia Baran vit en Belgique. Elle partage son métier entre le théâtre et des doublages francophones de films.

Mon avis : (écouté en août 2019)
C’est un récit d’anticipation dans un futur proche.
Nell et Eva sont deux jeunes femmes de dix-sept et dix-huit ans, elles sont sœurs et vivent seules dans une maison isolée dans la forêt. Les ressources se sont peu à peu épuisées, plus de téléphone, d’internet, d’électricité, de gaz, d’essence, d’eau courante…
Nell, la narratrice, à travers son journal, nous raconte son quotidien. Au début, elle espère un retour à la normale mais peu à peu, Nell et Eva prennent leur vie en main et se préparent à la survie. Elles s’organisent avec tout ce qu’elles trouvent dans la maison familiale, conserves, outils du père, livres de la mère…
Les deux sœurs sont très différentes, Eva rêve de devenir danseuse et va être obligée de danser sans musique, Nell est l’intellectuelle, elle lit beaucoup pour savoir et apprendre et rêve d’intégrer une université prestigieuse. Mais les circonstances les obligent à rester bloquées au milieu de la forêt…
C’est un roman écrit il y a plus de vingt ans, et seulement traduit en français en 2017, qui est toujours d’actualité, il aborde les problématiques réalistes comme la fin des énergies fossiles, et celle d’une société de consommation, dépendante de l’électricité, de l’informatique…

Le lecteur est plongé dans ce huis clos et découvre peu à peu, au fil du journal de Nell ce qui se passe, les raisons de cet isolement et comment les deux sœurs vont s’organiser, grandir et faire confiance à cette forêt et à ces richesses insoupçonnées…
La lecture de ce roman est hypnotisante, le temps s’est arrêté et malgré tout, la vie est plus forte, elle oblige Nell et Eva à créer un nouvel avenir.
Ce livre m’a fait penser au livre québécois Le Poids de la neige – Christian Guay-Poliquin 

Merci Pauline et Audiolib pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
C’EST étrange, d’écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d’un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l’eau – tout petit et se présentant sous un angle si inhabituel que je suis surprise de constater qu’il s’agit de mon reflet. Après tout ce temps, un stylo a quelque chose de raide et d’encombrant dans ma main. Et je dois avouer que ce cahier, avec ces pages blanches pareilles à une immense étendue vierge, m’apparaît presque plus comme une menace que comme un cadeau – car que pourrais-je y relater dont le souvenir ne sera pas douloureux ?
   Tu pourrais écrire sur maintenant, a dit Eva, sur l’époque actuelle. J’étais tellement persuadée ce matin que le cahier me servirait à étudier que j’ai dû faire un effort pour ne pas me moquer de sa suggestion. Mais je me rends compte à présent qu’elle a peut-être raison. Tous les sujets auxquels je pense – de l’économie à la météorologie, de l’anatomie à la géographie et à l’histoire – semblent tourner en rond et me ramener inévitablement à maintenant, à ici et aujourd’hui.
   Aujourd’hui, c’est Noël. Je ne peux pas l’éviter. Nous avons barré les jours sur le calendrier bien trop consciencieusement pour confondre les dates, même si nous aurions aimé nous tromper. Aujourd’hui, c’est le jour de Noël, et le jour de Noël est une nouvelle journée à passer, une nouvelle journée à endurer afin qu’un jour, bientôt, cette époque soit derrière nous.
   À Noël prochain, tout ceci sera terminé, et ma sœur et moi aurons retrouvé les vies que nous sommes censées vivre. L’électricité sera rétablie, les téléphones fonctionneront. Des avions survoleront à nouveau notre clairière. En ville, il y aura à manger dans les magasins et de l’essence dans les stations-service. Bien avant Noël prochain, nous nous serons permis tout ce qui nous manque maintenant et dont nous avons terriblement envie – du savon et du shampoing, du papier toilette et du lait, des fruits et de la viande. Mon ordinateur marchera, le lecteur CD d’Eva tournera. Nous écouterons la radio, lirons le journal, consulterons Internet. Les banques et les écoles et les bibliothèques auront rouvert, et Eva et moi aurons quitté cette maison où nous vivons en ce moment comme des orphelines qui ont fait naufrage. Ma sœur dansera avec le corps de ballet de San Francisco, j’aurai fini mon premier semestre à Harvard, et ce jour humide et sombre que le calendrier persiste à appeler Noël sera passé depuis très, très longtemps.

petit bac 2019(6) Végétal

Grégoire et le vieux libraire – Marc Roger

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – juillet 2019 – 6h16 – Lu par l’auteur

Albin Michel – janvier 2019 – 240 pages

Quatrième de couverture :
Grégoire et le vieux libraire
, c’est la rencontre inattendue et merveilleuse entre un adolescent et un vieux libraire. L’un n’a jamais aimé lire, l’autre a pour seule richesse sa passion des livres. Ce trésor enfoui, Grégoire va peu à peu le découvrir en faisant, chaque jour, la lecture au vieil homme atteint de la maladie de Parkinson. Et tandis qu’à la musique des mots celui-ci renaît, Grégoire s’éveille à leur pouvoir mystérieux.
Dans cet hommage à la littérature et à l’amitié, on assiste émerveillé à la naissance d’un lecteur, à l’émancipation d’un jeune homme, et au bonheur retrouvé d’un passeur d’histoires.

Auteur : Marc Roger est lecteur public. Il organise des lectures partout en France et principalement dans des librairies. En 2014, il a été le coup de coeur du jury du Grand prix Livres Hebdo (présidé par Amélie Nothomb) pour son extraordinaire rôle de passeur entre les livres et le grand public. Grégoire et le vieux libraire est son premier roman.

Mon avis : (écouté en août 2019)
Après avoir raté son bac, Grégoire trouve un travail à la Résidence des Bleuets, une maison de retraite. Il travaille à la cuisine et apporte également les repas aux pensionnaires. Un jour, il fera la rencontre d’un vieux monsieur original et cultivé : Monsieur Picquier, appelé également le Vieux Libraire. Lorsqu’il est venu s’installer à la Résidence des Bleuets, il a dû choisir, parmi tous les livres de son ancienne librairie, ses trois mille titres préférés pour pouvoir les garder autour de lui  dans sa chambre. Mais maintenant, ses mains tremblantes l’empêchent de tenir un livre et ses yeux sont fatigués. Il va donc demander à Grégoire de venir lui faire la lecture une heure par jour.
Pour Grégoire qui n’avait jamais aimé lire et les livres, c’est une corvée qui va vite devenir un vrai plaisir ! Sa rencontre avec Monsieur Picquier sera décisive pour toute sa vie.
La vie dans une maison de retraite est souvent triste et morose, Grégoire et le Vieux Libraire vont donner un peu de joie et parfois de folie auprès des résidents et de ceux qui travaillent…
L’auteur étant également lecteur public, il était évident qu’il serait le lecteur de son propre livre ! D’autant que dans ce roman, Marc Roger nous explique l’importance de la lecture à voix haute, qui doit éveiller tous les sens du lecteur. Monsieur Picquier donne de nombreux conseils techniques à Grégoire. Conseils que bien entendu, Marc Roger applique lors de sa lecture. Une parfaite démonstration de ce que j’ai pu ressentir en écoutant cette belle histoire, émouvante, captivante, pleine de surprises et d’humanité.

Merci Pauline et Audiolib pour cette belle et émouvante découverte.

Extrait : (début du livre)
Avant de monter, on m’a bien expliqué. Pas de familiarité. Pas de tutoiement. Tu les vouvoies et tu leur donnes du madame ou du monsieur toujours suivi du nom de famille. Sur leur boîte de médocs, tu verras, c’est marqué. Nom, prénom, numéro de chambre, et d’autres renseignements plus cryptés pour le personnel soignant, mais ça, tu laisses tomber.
Depuis un mois que je travaille en cuisine, c’est mon premier service à la personne. 11 h 17. Chambre 28. Joël Picquier. Résidence Les Bleuets. Deuxième étage d’un bâtiment tout en longueur sur les bords du canal. La porte est close. Une inscription. Lettres cursives. En italique. Pauca meæ. J’ignore ce qu’elle veut dire. Je range mon chariot contre le mur et clique du pied sur les deux freins. Je frappe à la porte. Trois coups. Bien nets. Tout de suite, une voix bien qu’abîmée pleine de surprise, presque guillerette :
– Ah, déjà ? Une minute, s’il te plaît.
J’attends quelques secondes. Quatre plateaux-repas sur le chariot attendent aussi. Une légère condensation se forme sur chaque cloche transparente qui couvre les plats chauds. L’oreille aux aguets, j’écoute des bruits de papiers que l’on range à la hâte.
– Voilà ! Voilà ! Voilà ! Voilà ! Voilà ! Entre…
J’ouvre la porte. Quand il me voit, il plisse les yeux, hésite, puis certain que je ne suis pas l’auxiliaire habituel :
– Ah, un p’tit nouveau ! Béatrice serait-elle malade ?
– Non, mais j’ai cru comprendre que sa petite fille n’allait pas bien. Elle a pris sa journée. Enchanté de faire votre connaissance, monsieur Picquier. Je m’appelle Grégoire.
– Tiens, pose ça là, me dit-il en m’indiquant le coin d’une table partiellement encombrée de papiers et de livres. Ne t’étonne pas si je te tutoie, je tutoie tout le monde ici.
– Ça ne me dérange pas.
Et disant cela, plateau en mains j’entre dans sa chambre.
Une boîte. Un antre. Quatre murs, de haut en bas couverts de livres. Huit mètres carrés au sol. Entre la table, le lit, la chaise, le fauteuil, la commode, la penderie encastrée et la table de nuit, un seul couloir de déplacement, très étroit, d’une largeur de deux cannes à trépied. Dans l’entrée, derrière moi à présent, un fauteuil roulant, rangé, plié, contre le mur juste à côté d’une porte à soufflet ouvrant sur le coin douche et lavabo-WC. La fenêtre, pour moitié occultée de Post-it et de coupures de journaux illisibles d’où je suis, laisse passer au compte-gouttes la lumière du jardin en bordure de canal. Le début d’un cercueil pour ce vieil homme, là, debout devant moi, comme cousu sur mesure à l’espace. Un châtelain au milieu de son domaine, habillé impeccable. Ni suffisance ni fatuité, « tout simplement de la dignité à l’égard de soi-même », dit-il à ceux qui s’en étonnent. Il porte aux pieds des chaussettes fines de coton couleur sombre et des mocassins de cuir noir. Il préfère les chaussures à lacets, seulement ses mains ne peuvent plus.

petit bac 2019(5) Lecture

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