Moi, Mikko et Annikki – Tiitu Takalo

2873_couv Rue de l’Échiquier – janvier 2020 – 248 pages

traduit du finnois par Kirsi Kinnunen

Titre original : Minä, Mikko ja Annikki, 2014

Quatrième de couverture :
À Tampere, en Finlande, les habitants du quartier historique d’Annikki promis à la démolition unissent leurs forces face à la rapacité des promoteurs et de leurs complices politiques. Avec son compagnon Mikko, l’autrice Tiitu Takalo est aux avant-postes de cette lutte pacifique et nécessaire. Elle tient en images la chronique de sa communauté en résistance, au service d’une idée aussi vitale qu’universelle : et si la richesse et l’âme d’une ville résidaient d’abord dans son patrimoine, et que sa préservation était la clé de nos identités collectives comme de nos avenirs possibles ?

Auteure : Illustratrice et autrice finlandaise de bande dessinée, enseignante et féministe revendiquée, Tiitu Takalo vit et travaille à Tampere, dans un quartier ancien dont elle retrace ici l’histoire et le.sauvetage par ses habitants. 

Mon avis : (lu en avril 2020)
J’ai été attirée par cette BD, tout d’abord parce qu’elle est finlandaise et que c’est une première pour moi… Ensuite en la feuilletant, j’ai découvert la variété du style de dessin de l’auteure qui alterne l’aquarelle sur papier blanc et l’utilisation de pages de couleurs avec des dessins aux crayons noir et blanc…
Tampere est la deuxième ville de Finlande, coincée entre deux lacs, sa situation géographique lui a permis de devenir un centre industriel important dès le 19ème siècle. Au cours des années, la ville a grandi, s’est étendue, de nouveaux faubourgs sont apparus mais grâce au courage et la volonté de ses habitants Tampere n’a pas perdu son identité. 
Dans cette BD, l’auteure Tiitu Takalo et son compagnon Mikko racontent leur propre histoire avec le quartier historique d’Annikki. Ce quartier a été de nombreuses fois promis à la démolition, mais ses habitants ont toujours résisté pacifiquement aux promoteurs et politiques complices, pour préserver ce patrimoine témoin de l’histoire de la ville.
Tiitu raconte d’une part l’histoire de Tampere puis plus spécifiquement de son quartier, elle évoque la naissance de la ville, l’évolution de l’urbanisme, l’impact industriel, celui des guerres et des aléas géostratégiques et d’autre part les étapes de son installation dans le quartier avec son amoureux.
Tiitu aime récupérer de vieux objets et recycle dans la mesure du possible. A l’échelle de la ville, elle s’interroge sur ces problématiques liées à l’environnement et au développement durable. Pourquoi démolir des habitations alors qu’il est possible de les rénover ?
Graphiquement, la vie de Tiitu et Mikko est dessinée à l’aquarelle avec des teintes vives sur des feuilles blanches.
Les passages historiques sont dessinés sur du papier sombre brun, gris, rouge et ocre au crayon noir rehaussé de blanc.
La lutte pour la sauvegarde d’Annikki à partir des années 2000, entre l’Association du quartier et la municipalité est dessinée dans un style illustration médiévale… C’est surprenant mais s’intègre très bien à l’ensemble.
La partie historique peut paraître un peu longue et rébarbative pour quelqu’un comme moi qui connaît peu de choses sur l’histoire finlandaise… Je vous conseille donc de ne pas faire l’impasse sur « l’avis au lecteur » présent en introduction où l’auteure nous donne de nombreuses clés pour mieux comprendre sa bande dessinée.
Une belle découverte bien documentée, très intéressante et vraiment originale graphiquement.

Extrait : 
Pour montrer la grande variété des styles de Tiitu Takalo, j’ai choisi des planches non consécutives.

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(5) Prénom

Il fallait que je vous le dise – Aude Mermilliod

61TlDvTtXJL Casterman – mai 2019 – 160 pages

Quatrième de couverture : 
Si elle donne le choix, l’IVG ne reste pas moins un événement traumatique dans une vie de femme. Et d’autant plus douloureux qu’on le garde pour soi, qu’on ne sait pas dire l’ambivalence des sentiments et des représentations qui l’accompagnent. L’angoisse, la culpabilité, la solitude, la souffrance physique, l’impossibilité surtout de pouvoir partager son expérience. Avec ce livre, Aude Mermilliod rompt le silence, mêlant son témoignage de patiente à celui du médecin Martin Winckler. Leur deux parcours se rejoignent et se répondent dans un livre fort, nécessaire et apaisé.

Auteurs : Aude Mermilliod est une illustratrice, graphiste, rédactrice et auteure de bandes dessinées. Originaire de Lyon, cette véritable autodidacte quitte sa ville d’origine après le lycée pour poursuivre des études aux Beaux-Arts de Toulouse. Vivant à côté d’une librairie/galerie,elle découvre le 9e Art en se plongeant dans une incommensurable quantité d’albums divers et variés. En 2014, elle passe une année à Montréal dans un atelier où sont présentes les maisons d’éditions indépendantes québécoises Pow Pow et La Mauvaise Tête. Cela lui permet de travailler sur son projet Les Reflets Changeants, avec lequel elle gagne le Prix Raymond Leblanc de la jeune création en 2015.
Martin Winckler, de son vrai nom Marc Zaffran, est né en 1955 à Alger. Après son adolescence à Pithiviers (Loiret) et une année à Bloomington (Minnesota), il fait des études de médecine à Tours entre 1973 et 1982. Ses premiers textes paraissent dans Nouvelles Nouvelles et la revue Prescrire au milieu des années 80 et son premier roman, La Vacation en 1989. Entre La Maladie de Sachs (Livre Inter adapté au cinéma en 1999 par Michel Deville) et En souvenir d’André (2012), il a publié une quarantaine de romans et d’essais, consacrés au soin et aux arts populaires. Il vit à Montréal depuis 2009 et anime le Winckler’s Webzine, un site personnel très fréquenté (www.martinwinckler.com) et un blog littéraire, « Chevaliers des touches » (http://wincklersblog.blogspot.ca/)

Mon avis : (lu en mars 2020)
Cette BD est un beau témoignage sur l’avortement, un sujet souvent considéré comme tabou dans notre société. Il a fallu six année pour Aude Mermilliod pour écrire et dessiner cette bande dessinée.
En 2011, alors qu’elle porte un stérilet, Aude tombe enceinte et décide de ne pas poursuivre sa grossesse, elle nous raconte son parcours avant et après son IVG. Elle va rencontrer des médecins lui offrant écoute et soutiens mais également d’autres culpabilisants et donneurs de leçons…
La deuxième partie du livre donne la parole à Martin Winckler médecin et romancier qui évoque l’histoire de l’avortement depuis les années soixante-dix. Bien sûr, il est question de la loi Veil du 17 janvier 1975 qui encadre la dépénalisation de l’avortement en France. Martin Winckler donne son regard de médecin ayant pratiqué l’IVG mais aussi son regard d’homme face à la violence psychologique subit par la femme.
Voilà une partage d’expérience de vie, engagée, informative, authentique mais sans jugement.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu de Martin Winckler :

la_maladie_de_sachs_p La maladie de Sachs  le_choeur_des_femmes Le Chœur des femmes

les_trois_m_decins_p Les Trois médecins en_souvenir_d_Andr_ En souvenir d’André

Demain, demain – tome 2 : Genevilliers, cité de transit. 1973 – Laurent Maffre

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Lu en partenariat avec Masse Critique

71iwfxVBZ9L Actes Sud – mai 2019 – 180 pages

Quatrième de couverture :
En relatant l’histoire d’une famille algérienne installée dans un bidonville de Nanterre, puis relogée dans une cité de transit à Gennevilliers, Laurent Maffre retrace une page peu glorieuse de notre histoire contemporaine : celle de l’exclusion sociale des immigrés d’Afrique du Nord, dont les conséquences se font sentir aujourd’hui encore.

Auteur : Après un voyage à Djibouti, où il traverse les bidonvilles, Laurent Maffre se penche sur la France postcoloniale et les conditions de logement des immigrés dans la banlieue parisienne des années 1960. Il en tire une série de romans graphiques, Demain, demain, docufiction composé à partir des témoignages d’Algériens et de Marocains qui ont vécu des années dans ces habitats précaires. Il s’est appuyé sur les photos, les plans et autres documents inédits collectés à l’époque par Monique Hervo, auteur de Nanterre en guerre d’Algérie (Actes Sud) qui inaugure cette série. Les enregistrements de Monique Hervo ont fait l’objet d’un web-doc, 127, rue de la Garenne (prix Scam), produit par Arte et réalisé par Laurent Maffre (dessins) et Fabrice Osinski (sons).

Mon avis : (lu en décembre 2019)
Dans le tome 1 de Demain, demain, publié en 2012, Laurent Maffre racontait le quotidien des Saïfi, une famille d’immigrés algériens, installés dans le vaste bidonville de La Folie, à Nanterre, dans les années 60. Ce tome 2 commence en 1973, le bidonville a été rasé et les familles ont été relogées dans des cités de transit…
La famille
Saïfi a été installée rue du Port à Gennevilliers, dans un no man’s land situé loin de la ville, proche de l’autoroute et de chantiers de constructions. La cité de transit est clôturée, surveillée par un gardien raciste qui peut faire expulser du jour au lendemain les occupants de baraquements insalubres. Kader et sa femme espéraient rapidement pouvoir enfin habiter dans un vrai appartement. Et pourtant, ce qui devait être provisoire dure…
Kader travaille à l’usine, sur une chaine automobile. C’est dur, les cadences augmentent tout le temps et des accidents se multiplient. Et si Kader voudrait faire la grève avec ses camarades, il est menacé de perdre son emploi et donc son logement.
Les enfants ont grandi, Ali a une bande de copains inventifs et turbulents, ils vont parfois zoner à Paris, c’est là, qu’Ali assiste au tournage d’un film et s’imagine un avenir.
C’est un témoignage important sur cette époque et les conditions de vie subies par ces immigrés dont la France avait besoin pour faire tourner son économie. Déjà les parents et les enfants ont des comportements différents, les parents subissent et acceptent ses conditions difficiles, au contraire, les enfants n’acceptent pas ce traitement et cette injustice, ils comptent bien ne pas se laisser faire en trouvant leur place et un avenir…

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a
(1) Son
(chanson de HK & Les Saltimbanks, album Les Déserteurs)

 

Déjà lu du même auteur :

Hors les murs, journal d’un voyage immobile – Cendrine Borzycki

hors_les_murs Réunion des Musées Nationaux – octobre 2013 – 47 pages

Quatrième de couverture :
Suivre des commissaires en prison… C’est dans cette aventure peu banale que s’est engagée Cendrine Borzycki, illustratrice. Elle accompagne un groupe de personnes détenues tout au long de leur travail de conception d’une exposition sur le thème du « Voyage », qui sera présentée dans l’enceinte du Centre Pénitentiaire Sud-Francilien.

Auteur : Cendrine Borzycki est illustratrice.

Mon avis : (lu en décembre 2019)
Cette BD reportage, nous ouvre les portes d’une prison…
En effet, en 2013, la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais s’est associée au centre pénitentiaire Sud Francilien, implanté en Seine-et-Marne, à Réau, au nord de Melun, pour monter une exposition au sein même de l’établissement pénitentiaire. Les commissaires de l’exposition sont des personnes détenues et volontaires.
Pendant une année, Yacine, Selhim, Marc, Jean-Claude et les autres vont se retrouver chaque semaine pour préparer cette exposition dont ils ont choisi comme thème : « Le voyage », choisir les œuvres, la scénographie…
Cendrine Borzycki, l’auteure de cette BD, va assister aux séances hebdomadaires durant lesquelles le projet s’élabore, avec le concours de professionnels venus partager leurs savoir-faire. Elle visite les musées qui ont accepté de prêter des œuvres pour l’exposition. Elle raconte également des instants de la vie du Centre Pénitentiaire dont elle est témoin lors de ses visites. C’est très intéressant et instructif de découvrir cette expérience autour de l’art en prison à travers cette BD.
L’exposition a eu lieu durant deux mois, mais seuls les détenus, le personnel et les familles ont eu le privilège de la visiter…

Extrait :

Article Libération : Taule de maîtres

Petit bac 2020a(1) Pluriel

Algues vertes, l’histoire interdite – Ines Leraud, Pierre Van Hove

81QpkUxp-CL Delcourt – juin 2019 – 160 pages

Quatrième de couverture : Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d’être autopsiés, des jeux d’influence, des pressions et un silence de plomb. L’intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d’années. Inès Léraud et Pierre van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d’alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

Auteurs : Inès Léraud s’est formée au documentaire à la Fémis et à l’école Louis Lumière. Dès 2008, elle réalise des reportages axés sur des enjeux écologiques (métaux lourds, amiante, nucléaire, pesticides…). En 2015, elle quitte Paris et s’installe en Centre-Bretagne pour approfondir ses enquêtes sur l’agriculture. Son « Journal breton », diffusé sur France Culture de 2016 à 2018, relate son quotidien dans l’une des premières régions agro-alimentaires d’Europe. Il connaît une belle notoriété et des mobilisations naîtront en Bretagne suite à ses révélations. Elle est membre du média d’investigation Disclose. Pierre Van Hove est né à Angoulême au milieu des années 70. Dessinateur autodidacte, il se consacre depuis quelques années à l’activité d’illustrateur pour la presse, l’édition jeunesse et la bande dessinée. Intéressé par une approche collaborative et critique avec des auteurs venant ou non du champ de la bande dessinée, il a publié avec Alessandro Iota Le Voleur de livres en 2015. Il vit et travaille à Paris. 

Mon avis : (lu en novembre 2019)
Pratiquant depuis ma plus tendre enfance les bords de mer breton, j’ai souvent entendu parler du problème des algues vertes… Cette BD documentaire vraiment très bien faite et très documentée m’appris beaucoup de choses sur le sujet. Cet album est le résultat de trois années d’enquête en immersion de la journaliste Inès Léraud. Ce travail sur les marées vertes a d’abord été présentée sous la forme d’un documentaire radiophonique sur France Inter.
Avec l’adoption de l’agriculture intensive, sur le modèle américain à la fin de guerre, arrive en 1971, la première marée verte et depuis la fin des années 80, au moins trois hommes et quarante animaux sont morts… Quand les algues vertes s’accumulent et se décomposent, elles émettent un gaz toxique et les vapeurs nocives peuvent entraîner un malaise, voire un arrêt cardiaque.
Depuis de nombreuses années, des professionnels de santé ont alerté les services sanitaires pour signaler les algues tueuses. Mais la DDASS ne répond pas.
En effet, pour préserver le tourisme et surtout les grands groupes agro-alimentaires qui pratiquent les élevages de masse, beaucoup d’hommes politiques n’écoutent que les puissants lobbies, ils sont dans le déni et mentent.
Et les lanceurs d’alerte, les écologistes, les scientifiques, les témoins subissent pressions, menaces et intimidations. Voilà un scandale sanitaire et environnemental que beaucoup veulent taire.
Cette enquête admirable, courageuse mais surtout révoltante est à lire et à partager sans modération !

Extrait :

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Petit bac 2020a
(1) Couleur

Les vrais chiffres de la start-up nation – DataYolo

Lu en partenariat avec Les Liens qui Libèrent

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Les Liens qui Libèrent – novembre 2019 – 109 pages

Quatrième de couverture :
Du dessin de presse qui aurait mangé un rapport de l’Insee (ou l’inverse). Quel meilleur format pourrait-on imaginer pour analyser la naissance de la start-up nation ? La Macronie regorge depuis ses débuts de déclarations et situations sur lesquelles les meilleurs analystes de DataYolo se sont penchés avec gourmandise. Mais les graphiques présentés dans ce livre, dont les ingrédients sont avant tout l’ironie et les jeux de mots, ambitionnent aussi de pointer une certaine part de vérité…

Auteur : Journaliste depuis plus de 10 ans, Sophie Gindensperger, alias DataYolo, a notamment travaillé pour Arrêt sur images et Libération. Passionnée par le dessin et l’illustration, elle a lancé DataYolo comme un défi amusant, et s’est rapidement prise au jeu, encouragée par son addiction à l’actualité et aux réseaux sociaux.

Mon avis : (lu en décembre 2019)
En mars 2016, Sophie Gindensperger lançait DataYolo sur les réseaux sociaux. L’idée était de commenter l’actualité avec un dessin de presse représentant une courbe, un camembert ou un histogramme illustrant des statistiques plus ou moins sérieuses…
Ce livre, sur le même modèle, analyse avec humour ou pas, l’avènement de la Macronie à travers ses actions et ses petites phrases…
Ce livre est en cinq parties, aux titres plutôt évocateurs…
– Et en même temps
– Des gaulois réfractaires au changement
– Au lieu de foutre le bordel
– Les gens qui réussissent
– Make our planet great again

Sur la page de gauche, une déclaration du Président ou d’un homme politique ou une citation de presse et sur la page de droite, celle-ci est traduite en un graphique expressif et efficace.
« 
Mieux vaut un bon dessin qu’un long discours » !

Merci Anne et les éditions Les Liens qui Libèrent pour cette découverte qui donne à réfléchir tout en nous amusant !

Extrait :

«Whirlpool à Amiens : itinéraire d’un sauvetage devenu fiasco», Libération, 31 mai 2019.

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« C’est quoi ce “président jupitérien” que Macron entend incarner ? »,
Ouest-France, 18 mai 2017.

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« Ce que vous proposez, comme d’habitude, c’est de la poudre de perlimpinpin », Emmanuel Macron lors du débat d’entre-deux-tours face à Marine Le Pen, 3 mai 2017.

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« Gilets jaunes : les irréductibles des ronds-points », France Info, 16 décembre 2018.

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« Nous rebâtirons la cathédrale Notre-Dame plus belle encore, d’ici cinq années », Emmanuel Macron, 16 avril 2019.

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Comment je ne suis pas devenu moine – Jean-Sébastien Bérubé

790554_01 Futuropolis – février 2017 – 226 pages

Quatrième de couverture :
Passé 25 ans, Jean-Sébastien Bérubé débarque à Katmandou au Népal pour devenir moine bouddhiste. Pour lui, le Bouddhisme est la religion la plus paisible du monde, et il espère qu’il pourra grâce à ce voyage enfin régler ses problèmes, échapper à la société occidentale de surconsommation aux valeurs superficielles et accéder au bonheur en suivant sa quête spirituelle. Il va découvrir que la réalité est assez éloignée de ses attentes. Un récit à rebours de l’image d’Épinal communément émise. En racontant sa propre histoire, Jean-Sébastien Bérubé nous fait découvrir une autre facette du Népal et du Tibet !

Auteur : Jean-Sébastien Bérubé est originaire de Rimouski au Québec. Son talent est découvert et récompensé au concours BD Hachette 2008 et c’est Glénat Québec qui publie sa première nouvelle dans Contes et Légendes du Québec en janvier 2009. S’ensuit son premier album au scénario et au dessin, sur le personnage historique Radisson, publié chez Glénat Québec. Le tome 1 a eu un très bon accueil public, d’excellentes critiques, et Bérubé a reçu le prix Bédéis Causa 2010 de l’auteur s’étant le plus illustré avec son premier album professionnel.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Cette histoire débute à Montréal dans un centre bouddhiste tibétain, car Jean-Sébastien Bérubé a décidé de devenir moine bouddhiste. Pour éprouver sa vocation et poursuivre sa quête spirituelle, rien de mieux que partir sac au dos sur les routes du Népal et du Tibet à la rencontre des sages et des sagesses. Il va vite découvrir que la réalité est différente de ses attentes. 
A son arrivée, il est hébergé par une famille de réfugiés politiques tibétains, avec des problèmes d’alcool, de corruptions, de vol…
Pour Jean-Sébastien Bérubé, les enseignements de Bouddha sont une philosophie profonde, il rencontre des pratiquants qui vénèrent Bouddha comme s’il était un dieu avec des pouvoirs surnaturels et qui croient en la magie et aux superstitions… 
Son voyage au Tibet, lui permet de découvrir les lieux sacrés et de témoigner sur les conséquences de l’occupation chinoise. La réalité de cette situation géopolitique n’est également pas celle qu’il pensait…
« Je croyais trouver la plénitude dans ce pays, dit l’auteur. J’y ai trouvé la pauvreté qui n’est pas que matérielle. Elle est aussi intellectuelle » 
Pour Jean-Sébastien Bérubé, c’est un choc de découvrir l’opportunisme des institutions religieuses, l’exploitation des touristes et surtout des personnes qui viennent chercher la paix et à qui l’on vend l’illumination spirituelle, en trahissant sans aucune vergogne les enseignements de Bouddha.
Le dessin sait mettre en valeur la toute beauté des paysages et des temples ouvragés.
Voilà une BD documentaire, très intéressante et instructive sur l’expérience d’un voyage spirituel.

 

Extrait : (début de la BD)

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20 histoires pour vivre ensemble – Pierre Gemme

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

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Père Castor / Flammarion Jeunesse – septembre 2019 – 144 pages

Illustrations Jules

Quatrième de couverture :
Dans la classe de Madame Angèle, ils sont vingt. Vingt enfants aux origines et caractères divers.
Racisme, harcèlement, handicap, égalité filles-garçons, défense de l’environnement… Vingt thèmes sont abordés et encouragent la tolérance, la solidarité, l’empathie… pour grandir heureux, ensemble  !

Auteur : Pierre Gemme est écrivain, membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse, et membre de la Société des Gens de Lettres. Auteur chez Flammarion jeunesse de la collection «L’école des dinos», il anime des ateliers d’écriture et participe à de nombreux salons. 

Illustratrice : Jules a été graphiste dans l’édition jeunesse avant de devenir illustratrice. Son dernier ouvrage publié « Les Princesses ont les cheveux jusqu’aux fesses ».

Mon avis : (lu en septembre 2019)
Voilà un livre qui raconte 20 histoires pour apprendre à bien vivre ensemble, à l’école et dans la vie. Ils sont 20 élèves dans la classe de Madame Angèle, vingt enfants d’origines différentes, garçons et filles, de caractères divers… Louane a un fauteuil roulant, Fatou est originaire du Cameroun, Brenda aime commander, Eric est en surpoids…
Les enfants se disputent, discutent et s’interrogent sur beaucoup de sujets : le sexisme, environnement, le racisme, le handicap, la solidarité, le harcèlement, la religion, les préjugés…
Les 20 histoires sont l’occasion d’aborder 20 thématiques, sans stigmatiser ou dramatiser une situation. Elles encouragent plutôt à la solidarité, à la tolérance et à l’empathie.
C’est tellement mieux d’apprendre à vivre et à grandir ensemble !
Cet ouvrage est à lire comme un grand roman ou alors en piochant histoire par histoire pour aborder un sujet particulier avec des enfants à partir de 8 ans.
En bonus, à la fin de chacune des histoires, il y a des informations documentaires, des quizz, des questions pour encourager réflexions et débats…

Merci Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour ce roman documentaire pédagogique et positif autour du vivre ensemble.

Extrait : (quelques pages)

 

Mes 150 pourquoi : La Terre – Anne-Claire Lévêque

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

71IcPd+ABbL Père Castor / Flammarion Jeunesse – août 2019 – 64 pages

Illustrations Stéphane Nicolet

Quatrième de couverture :
Le monde qui nous entoure est d’une grande complexité !
Pourquoi Internet a-t-il été une révolution planétaire ?
Pourquoi parle-t-on d’un « Continent de plastique » ?
Pourquoi un être humain sur dix n’a-t-il pas accès à l’eau potable ?
Pourquoi les Japonais célèbrent-ils la déesse du Fuji-Yama ?
Ouvre vite ton livre pour le savoir !

Auteur : Anne-Claire Lévêque vit à Paris. Anne-Claire Lévêque écrit des albums jeunesse pour le plaisir de s’envoler loin le temps d’une histoire, de jouer avec tous les mots… Elle est l’autrice de l’Archidoc, Les Pompiers chez Flammarion Jeunesse.

Illustrateur : Stéphane Nicolet est graphiste et illustrateur pour l’édition jeunesse et la presse. Il a déjà illustré deux textes de Muriel Zürcher : Youpi, oups, beurk (2016) et A quoi on joue ? (2016). Il vit en Dordogne.

Mon avis : (lu en août 2019)
Un livre destiné aux enfants à partir de 7 ans, un âge où l’on se pose pleins de questions, dans beaucoup de domaine…
Ici ont été regroupées environ 150 questions autour de la Terre. Elles sont présentées par thèmes : en introduction, sous forme de cartes pour présenter la Terre dans le système solaire, puis les plaques tectoniques, les continents et les océans, les différents climats et les saisons et enfin les pays du monde. Puis quatre parties où il est question des paysages (grandes prairies, montagnes, déserts…), de la population (villes, transports, drapeaux…), des ressources de la Terre (eau, agriculture, énergie…) et des cultures du monde (habitats, spécialités culinaires, jeux…).
C’est un livre intelligent, joliment illustré qui donne envie de comprendre et d’apprendre tout en se divertissant.
Même les + de 7 ans découvriront des réponses à des questions que l’on se pose à tout âge.
C’est un livre que l’on a envie de lire plusieurs fois, que l’on peut ouvrir au hasard et sans se lasser pour en découvrir un peu chaque jour…

Dans cette même collection, il existe déjà « Mes 150 pourquoi : les animaux » et « Mes 150 pourquoi : le corps humain »

Merci Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour cet album divertissant et intelligent.

Extrait : (quelques pages)

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« Merveilles de l’architecture »

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A bord de l’Aquarius – Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso

914E4BPV1wL Futuropolis – janvier 2019 – 128 pages

traduit de l’italien par Hélène Dauniol – Remaud

Titre original : Salvezza, 2018

Quatrième de couverture :
Un récit documentaire à bord de l’Aquarius, un bateau humanitaire qui parcourt la Méditerranée pour secourir des migrants. En juin 2018, l’Italie et la France lui refusaient d’accoster condamnant le navire à une errance de 9 jours, mettant ainsi en lumière les ambigüités des gouvernements européens sur la politique d’accueil des réfugiés.

Auteurs : Né en 1983, Marco Rizzo  est un scénariste de bande dessinée et journaliste italien, surtout connu pour ses reportages en bande dessinée.
Lelio Bonaccorso est dessinateur et enseignant de BD sicilien. Après plusieurs collaborations avec DC Comics et Marvel, le dessinateur fétiche de l’écrivain Marco Rizzo sera son binôme sur de nombreuses bandes dessinées politico-sociales italiennes 

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Cette BD documentaire signée par deux Italiens, un journaliste et un dessinateur, est un témoignage très fort et pédagogique sur la réalité de ce qui se passe à bord de l’Aquarius, un bateau affrété par l’ONG SOS Méditerranée pour sauver des migrants en mer. 
En novembre 2017, les auteurs embarquent sur l’Aquarius. Il y a à bord, une trentaine de personnes, marins, membres de l’association et médecins. En 2017, grâce à cette action citoyenne, c’est plus de 15 000 personnes, de 40 nationalités différentes, qui ont pu être sauvées. Les deux auteurs racontent le quotidien de la mission, les sauvetages, ils donnent la parole à l’équipage mais aussi aux migrants recueillis. Les témoignages sont poignants, parfois insoutenables, les migrants fuient leurs pays, la violence, la guerre, la misère… Avant de partir, ils n’imaginent pas les difficultés qu’ils vont rencontrer : la longue route avant la traversée, le viol des femmes, la cupidité des passeurs, les séquestrations arbitraires en Libye contre rançon et la traversée au péril de leurs vies, sur des rafiots en mauvais état et surchargés… Lorsqu’ils ont la chance d’être sauvés par un bateau d’une ONG, ils ne savent pas encore dans quel pays ils vont être débarqués.
Un livre courageux et instructif qui est malheureusement complètement dans l’actualité.
Aux prises avec la justice italiennes, l’Aquarius a arrêté ses missions en décembre 2018.
SOS Méditerranée a repris depuis juillet 2019 une nouvelle campagne de sauvetage au large des côtes libyennes, à l’aide d’un navire norvégien, l’Ocean Viking. Vendredi dernier, après douze jours d’attente en mer, 356 personnes secourues ont été débarqués à Malte.
A découvrir sans tarder !

Extrait : (début de la BD)

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