Grand Atlas de la France 2018

Masse Critique Babelio

81eJNh0dD7L Éditions Autrement – janvier 2018 – 127 pages

Quatrième de couverture :
Un outil indispensable pour comprendre la France : Plus de 150 cartes inédites et mises à jour ; Un tour d’horizon complet des grands enjeux du pays ; Une synthèse actualisée et l’analyse des plus grands spécialistes ; Un dossier spécial sur la place des immigrés et des réfugiés : quelle politique, pour quelle société ?

Auteur : Frank Tétart, directeur de la rédaction du Grand Atlas Autrement depuis 2014. Ancien co-auteur de l’émission Le Dessous des cartes (1994-2008) et ex-rédacteur en chef des revues Moyen-Orient et Carto (2009-2011), il est docteur en géopolitique de l’Institut français de géopolitique (Paris 8) et diplômé en relations internationales (Paris 1). Il a notamment enseigné à Sciences Po Paris, à l’université Paris 1, à l’Institut européen de l’université de Genève et à Paris Sorbonne Abu Dhabi aux Émirats arabes unis. Il est également l’auteur de La Péninsule Arabique, cœur géopolitique du Moyen-Orient (Armand Colin, 2017).

Mon avis : (feuilleté en février et mars 2018)
Comme l’annonce la couverture, ce livre est un Atlas qui résume l’actualité de la France à l’aube de 2018 à l’aide de 150 cartes, du point de vue économique, politique, environnemental et international.
Cet ouvrage documentaire est divisé en cinq grandes parties qui analysent les évolutions et les mutations de la France d’aujourd’hui.
Cela commence sur un état des lieux de la France : démographie, société postindustrielle, la religion, les 18 régions, les élections 2017, l’abstention, faire face au terrorisme, Paris JO 2024.
Puis ce sont les enjeux économiques et sociaux : reprise économique, agriculture, pôles de compétitivité, l’industrie du luxe, tourisme, l’insertion par l’école, la pauvreté, la santé, les jeunes et le monde travail, le vieillissement.
L’enjeu du développement durable : écologie, aménagement durable du territoire, agriculture durable, transition énergétique, prévention des risques
La France, l’Europe et le monde : La Nouvelle-Calédonie et l’autodétermination en 2018, la francophonie, la France et l’Afrique, la France et la construction européenne, France et Europe face à la crise migratoire, la politique agricole commune 
Enfin une France plurielle : Immigration, xénophobie et montée des extrêmes, la France entre accueil et fermeture, la part des immigrés dans l’économie, les sportifs comme reflet des vagues migratoires, pays du vivre-ensemble ?
Et en annexes : les chiffres clés des 18 nouvelles régions, la bibliographie et les sources.
Comme tout atlas, c’est un livre que l’on feuillète plutôt que de le lire dans sa continuité. Cet atlas s’adressent à un large public : lycéens et étudiants, enseignants et tous ceux qui s’intéressent à comprendre la France.
J’ai plus l’habitude des cartes topographiques ou routières, mais je reconnais qu’une carte bien faite est souvent plus parlante qu’un long discours…
Il est vraiment intéressant de visualiser des chiffres et des analyses économiques ou sociales avec des cartes !
Merci Babelio pour cet atlas instructif et utile.

 

Extrait : (début de l’atlas)
Combien sommes-nous ?

index

Alors que la population européenne connaît un déclin démographique depuis un peu plus d’une décennie, la population de la France se maintient, malgré depuis quelques années une baisse de la natalité et de la fécondité et un ralentissement de l’accroissement de l’espérance de vie.

image2

Une population assez stable
Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), la population française est estimée au 1er janvier 2017 à 67 millions d’habitants, dont 2,1 millions dans les départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion et Mayotte). Toutefois, le solde naturel, c’est-à-dire l’excédent des naissances par rapport au décès, ne cesse de diminuer : il est passé au cours des dix dernières années de 280 000 à 173 000. En cause la diminution du nombre de femmes en âge de procréer et la baisse de la fécondité. Alors que les femmes avaient encore en moyenne 2 enfants en 2010, ce qui correspond au seuil de renouvellement des générations, ce taux est en baisse et atteint 1,89 en 2016. La baisse de la fécondité est imputable aux femmes de moins de trente ans, la tendance à avoir des enfants de plus en plus tard se poursuivant. Les Françaises accouchent en moyenne en 2017 à 30,5 ans, alors qu’elles avaient en moyenne leur premier enfant à 26,5 ans, il y a quarante ans. Malgré la baisse récente de la fécondité, la France reste le pays le plus fécond de l’Union européenne. Comme ailleurs, cette diminution s’explique par les effets de la crise économique et la hausse du chômage et de l’incertitude qu’elles impliquent, même si elle reste plus modérée qu’ailleurs et est apparue plus tardivement en raison des politiques sociales et atteint 1,89 en 2016. La baisse de la fécondité est imputable aux femmes de moins de trente ans, la tendance à avoir des enfants de plus en plus tard se poursuivant. Les Françaises accouchent en moyenne en 2017 à 30,5 ans, alors qu’elles avaient en moyenne leur premier enfant à 26,5 ans, il y a quarante ans. Malgré la baisse récente de la fécondité, la France reste le pays le plus fécond de l’Union européenne. Comme ailleurs, cette diminution s’explique par les effets de la crise économique et la hausse du chômage et de l’incertitude qu’elles impliquent, même si elle reste plus modérée qu’ailleurs et est apparue plus tardivement en raison des politiques sociales et familiales qui en ont amorti l’impact.

La population française vieillit
En termes de groupes d’âge, la part des moins de 20 ans (24,2 %) est en recul. Elle représente un quart de la population depuis le début des années 2000, alors qu’elle correspondait encore à un tiers de la population dans les années 1980. La part des adultes âgés de 20 à 64 ans reste assez stable et compte pour plus de la moitié de la population (56,4 %). Quant aux seniors, leur part ne cesse de croître. En 2017, presque un Français sur cinq a plus de 65 ans (19,4 % de la population), alors que les séniors ne représentaient qu’un français sur six il y a 10 ans. Cette tendance s’est accélérée depuis 2012 en particulier avec l’arrivée des premiers baby-boomers dans le groupe des seniors.
Le solde migratoire (excédent des arrivées sur les sorties du territoire), bien que positif (+ 82 000 personnes) et en régulière augmentation (il a dépassé 107 000 en 2013), participe moins à la croissance démographique que dans la plupart des autres pays d’Europe. C’est une particularité de la démographie française, puisqu’ailleurs en Europe l’apport du solde migratoire est en effet supérieur à celui du solde naturel.

La durée de vie s’allonge
Depuis 1950, la mortalité en France n’a cessé de diminuer passant de 12,7 pour mille à moins de 9 depuis le début des années 2000, et ce, bien que la population ait continué d’augmenter. La durée de vie s’allonge. En 2016, l’espérance de vie à la naissance atteint 85,4 ans pour les Françaises et 79,4 ans pour les Français, contre respectivement 82,8 et 75,3 ans en l’an 2000, soit un gain de deux ans et demi pour les femmes et de plus de quatre ans pour les hommes. Mais l’espérance de vie progresse moins vite depuis 2012, en raison de fluctuations liées aux épidémies de grippes saisonnières comme celle de 2015.

Le nombre de centenaires continue aussi de progresser. Au 1er janvier 2016, on comptait, selon l’INSEE, 21 000 centenaires en France : c’est près de vingt fois plus qu’en 1970. Selon les prévisions démographiques, la France pourrait en compter 270 000 en 2070 : neuf femmes sur dix et huit hommes sur dix nés en 1990 deviendraient octogénaires, tandis que 13 % des femmes et 5 % des hommes nés en 1970 atteindraient leur centième anniversaire. 

image3

Petit bac 2018Objet (2)

Publicités

B.A.-BA. La vie sans savoir lire – Bertrand Guillot

51u6VHoFogL Rue Fromentin – janvier 2011 – 224 pages

Quatrième de couverture :
En 2008, Bertrand Guillot pousse la porte d’un cours d’alphabétisation pour adultes, dans le 20e arrondissement de Paris. Il s’apprête à donner son premier cours. Sa motivation est la même que celle de milliers de bénévoles en France : se rendre utile et abandonner les oeillères du quotidien. Ecrit à la première personne, rythmé par des chapitres courts, B a-ba a tout d’un récit d’aventure. Celle d’un « professeur » débutant, tout d’abord. L’auteur est poussé dans le grand bain sans méthode, ni conseils. Après tout, il sait lire, non ? B + A = ba ? Pas si simple. Le costume de « professeur » taille soudain grand face à des « élèves » qui ont bien souvent vécu mille vies et Guillot prend soudain conscience de l’ampleur de la tâche. Le plus sage serait sans doute d’abandonner sur le champ. Il y pense. Pourtant… Sans vraiment se l’expliquer, il va poursuivre ses cours (il en donne toujours aujourd’hui) et vivre un an avec ses élèves, au rythme des joies et des désillusions. Une année dont il a tiré un livre : B a -ba.
Cette force de volonté anime le livre. B a-ba n’est jamais larmoyant ou accusateur. Les cours sont l’occasion de dialogues drôles. Les situations sont vues avec un regard réaliste, jamais simplificateur, qui évoque parfois Entre les murs.
Car B a-ba est avant tout le récit d’une aventure humaine. La majorité des élèves travaillent, sans papiers, en France. Au fil des cours, l’auteur découvre leurs destins. Chômage, identité nationale, intégration… c’est l’actualité du pays qui défile avec un éclairage nouveau : celui d’hommes et de femmes qui pensent que tout peut changer s’ils apprennent à lire et à écrire.

Auteur : Bertrand Guillot, 35 ans, s’est retrouvé un beau jour avec le diplôme d’HEC en poche. Il en fut le premier surpris, décida de laisser le prestigieux papier prendre la poussière et se détourna de la voie tracée. Devenu journaliste, il publie son premier roman en 2007, Hors jeu (Le Dilettante), qui est sorti en poche cet été chez J’ai Lu. Après l’écriture de plusieurs scénarios, Bertrand Guillot a écrit aujourd’hui B.a- ba, consacré à son expérience dans l’alphabétisation pour adulte, aux éditions rue Fromentin. Il poursuit son activité de journaliste tout en continuant à donner des cours d’alphabétisation dans le 19e arrondissement de Paris.

Mon avis : (lu en octobre 2017)
Comme notre langue est difficile à apprendre pour un étranger !
L’auteur nous raconte son expérience de professeur bénévole d’alphabétisation dans une association. Il donne un cours un soir par semaine, il n’a pas été formé, on lui a donné quelques conseils, quelques exercices à faire faire. Nous suivons au jour le jour les progrès ou les désillusions des élèves et du professeur qui s’adapte à son public, aux difficultés rencontrées…
Il nous raconte la vie de ses élèves qui ont des histoires plus émouvantes les unes que les autres. Il critique les méthodes et teste par lui même la syllabique et la globale… Il y a l’apprentissage de la lecture mais également de l’écriture… Et ce n’est pas simple pour des élèves qui n’ont jamais été à l’école même enfant…
Voilà un livre d’une grande sensibilité, les pages sont à la fois pleines d’humour et d’humanité. A lire sans hésiter !

Extrait : (page 50)
Ladi se lance d’un ton hésitant : « J’aime le café. » Hamdoulillah. Qu’il essaie donc de l’écrire, maintenant.
– Mais… Je peux pas.
– Pourquoi ?
Il dit qu’il n’y arrivera jamais, les deux autres opinent, « On n’a que un mois de cours », dit Nabil. Bien sûr, je suis conscient de la difficulté extrême de l’exercice – comme un élève de latin qui passerait soudain de la version au thème. Mais mon petit doigt est sûr de lui. Le Grand Pédagogue est en retrait, il attend de voir. Je les rassure, leur dis qu’on se fout de l’orthographe (de quoi ?), qu’il s’agit simplement d’écrire les sons qu’ils entendent – au moins d’essayer, je suis avec eux pour y arriver.
Je ne sais pas lequel de ces mots a résonné dans l’esprit de Ladi, mais le voilà finalement qui jette son stylo sur la feuille.
Gm le kf
Yo ! Je renvoie à plus tard l’explication du « J’ », puis lettre après lettre nous faisons naître la phrase. Nabil a assisté à l’événement, il est prêt maintenant, en équipe avec Cheikhou.
G ve di t
Me voici de nouveau en prise avec le cerveau de chacun. Découverte étonnante : Nabil ne sait pas plus lire que Ladi, et pourtant tous deux semblent avoir la pensée structurés en arabe : ils voient les consonnes, oublient les voyelles.
Je tente une autre phrase avec Ladi, heureux de voir qu’il s’accroche, les traits fatigués mais l’œil rallumé, comme s’il venait de prendre soudain conscience d’une lointaine possibilité.
Pendant ce temps, sur la table d’à côté, Nabil et Cheikhou sont en plein débat sur la manière d’écrire « Bonjour ».
BNOGOU.
Certes.