Dust – Sonja Delzongle

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Lu en partenariat avec Folio

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Folio – avril 2016 – 560 pages

Denoël – avril 2015 – 528 pages

Quatrième de couverture :
Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

Auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

Mon avis : (lu en août 2018)
Hanah Baxter est une psycho-criminologue ou profileuse française, vivant à New-York. Elle est sollicitée par Collins, le chef de la Crim kenyane, pour une enquête sur laquelle son équipe bute depuis deux ans. Un mystérieux tueur en série assassine, en faisant disparaître les corps de ses victimes, il laisse seulement sur place une grande croix tracée avec du sang. Le tandem Hanah et Collins est vraiment sympathiques, ils se connaissaient déjà d’une enquête précédente. Le lecteur comprend vite que Collins a fait appel à Hanah également pour une autre enquête plus officieuse, concernant les disparitions et le massacre d’africains albinos…
La beauté des paysages contraste avec la cruauté des meurtres et le sordide des trafics, de certains rites et traditions. On découvre le Kenya sous toutes ses coutures : safaris pour touristes, bidonvilles, corruption, on ressent que Sonja Delzongle aime l’Afrique.
J’ai trouvé cette histoire un peu trop noire à mon goût même si les problématiques évoquées dans ce thriller sont malheureusement réelles.
Le style est direct, percutant comme son héroïne Hanah, femme originale et atypique que j’aurai envie de mieux connaître…

Merci Folio pour la découverte de cette auteure

Extrait :
Nairobi, 7 h 29
Le jeune Salim avait déjà vu du sang dans sa courte vie. À commencer par le sien, qui coulait d’une plaie après qu’il se fut entaillé un doigt ou écorché les genoux. Il savait même que les filles, à la puberté, en perdaient tous les mois et que c’était le signe qu’elles étaient devenues des femmes. Il en avait vu aussi à la télévision et dans la rue. Des images gluantes, le bitume ou la terre, rougis du sang versé lors de combats fratricides. Des crimes, des guerres sans fin.
Le sang était la vie et la mort.
Ce matin de juin, debout sur son vélocross, à évaluer les aspérités exploitables du sol à des fins acrobatiques, il fit une découverte singulière.

Sur le terrain vague des faubourgs de Nairobi où il avait l’habitude de se retrouver avec ses copains, un miroir pourpre réfléchissait les rayons du soleil naissant.

Il donna quelques coups de pédale et s’approcha, tel un animal curieux. La chose se révéla plus précisément. C’était la surface lisse et luisante d’une grande flaque de sang encore frais, dont l’odeur métallique avait dû alerter les deux hyènes qui venaient de s’enfuir, dérangées dans leur festin par le petit d’homme et sa monture.

Les charognards se risquaient rarement aux abords des villes. Mais le sang sur la terre desséchée avait attiré les animaux nécrophages à plusieurs kilomètres.

Salim regarda partout autour. Il manquait quelque chose à cette scène. Un corps, un cadavre. Le garçon émit un petit sifflement. Il avait dû être sacrément amoché, le type. Un homme, ou une femme. Peut-être un enfant. Salim grimaça.

Où était-il passé, le mort ? Enterré quelque part ? Dévoré ? Le plus étrange dans tout ça, c’était la forme de cette traînée de sang. Celle d’une croix.

 

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Qaanaak – Mo Malø

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

515gGZkWBiL Editions de La Martinière – mai 2018 – 496 pages

Quatrième de couverture : 
Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecœur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?
Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

Auteur : Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Je viens à peine de commencer la lecture de ce roman policier et je suis déçue et en colère de découvrir que Mo Malø est le pseudo d’un auteur français… Tout d’abord car je pensais lire un auteur danois (pour mon Challenge Voisins Voisines autour des auteurs européens sauf français). J’ai été abusée par le bandeau du livre « Le polar qui vient du Groenland » est vraiment trompeur… Encore de la publicité mensongère !
Heureusement, après lecture, je reconnais qu’à travers une intrigue bien construite et passionnante l’auteur m’a embarqué au Groenland et j’y ai découvert beaucoup d’informations, sur la vie dans le Grand Nord, « dans ce pays constitutif du royaume de Danemark et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne »,  dans la deuxième plus grande île du globe avec une superficie équivalente à environ 3,5 fois la France. Le contexte politique avec le statut particulier d’autonomie, le contexte économique avec les enjeux pétrolier et écologique sont parties prenantes de cette histoire. La culture inuit est également présente avec les esprits de Sila, Nanook, Nuna, les « kaffemik » (pauses cafés), leur attachement pour leurs chiens… Et bien sûr, les paysages sont à couper le souffle…
L’enquête, plutôt complexe, est bien mené par le capitaine Qaanaaq Adriensen venu de Copenhague et l’inspecteur inuit Apputiku. Ce qui vient du Danemark, n’est pas vraiment le bienvenue…
Qaanaaq Adriensen porte un prénom inuit, car originaire du Groenland, il est le seul rescapé d’un massacre qui a détruit sa famille. Il avait 3 ans lorsqu’il a été envoyé au Danemark pour être recueilli par une famille adoptive. En arrivant pour son enquête sur la terre de ses ancêtres, il ne ressent rien et aucune attirance pour cette contrée hostile.
Qaanaaq est également le nom de la localité la plus septentrionale du Groenland, situé au nord-ouest, elle a été créée en 1953 avec l’aide des États-Unis pour loger les Inuits qui y ont été exilés de force, lors de la construction de la base aérienne de Thulé sur leurs terres ancestrales.
Apputiku, toujours souriant, accueille avec beaucoup de chaleur et de bienveillance ce collègue venue de Copenhague, aussi bien dans le cadre professionnel, que personnel car il invite Qaanaaq à habiter chez lui.
J’ai finalement beaucoup aimé ce roman policier, son cadre, ses enquêteurs attachants et professionnels et l’intrigue efficace et passionnante.

Merci Arnaud et les éditions de La Martinière pour cette belle découverte et ce  dépaysement dans l’immensité arctique.

Extrait : (début du livre)
L’enfant ouvre les yeux sur la nuit polaire.
Sous sa couverture de phoque, ce n’est pas de froid que grelotte la petite créature – elle a l’habitude. Elle vit déjà son troisième hiver interminable. Elle connaît tous les trucs, toutes les règles : les trois couches pour commencer, une en coton, une en laine, puis la peau tannée. Les tonnes de graisse animale à avaler chaque jour, comme une cuirasse calorique. Ça la dégoûte un peu. Mais il faut s’y faire.
Non, c’est autre chose qui l’a saisie. L’a arrachée au repos. Une autre évidence échappée des immensités blanches, bleutées de lune, qui a pris le pas sur son rêve.
Tous les Inuits le savent : rien de bon ne naît dans les songes.

Au-dehors, la violence des rafales cogne contre les pans de cuir tendus comme sur un tambour. Les esprits de la banquise hurlent la colère obstinée de leur vent fou – le pitaraq venu du désert de l’inlandsis. Ils n’annoncent que malheur. Ils parlent de peur, de larmes, de désolation. Ils répètent les visions funestes de l’angakkuq du village – mais qui écoute encore les élucubrations du chamane, de nos jours ?
Les coups rythment les battements sourds du cœur de l’enfant. Pourtant, sous la tente, tout est paisible. Dans un coin, un minuscule poêle à huile dispense son faible halo. Sila, l’âme de la famille, est en parfaite harmonie avec Nuna, leur terre nourricière. Sans cela, ils n’auraient pas mangé à leur faim avant le coucher. Sans cela, ils n’auraient jamais tenu jusqu’ici, tous les quatre. Son père n’est peut-être pas le meilleur chasseur de la région, ce n’en est pas moins un fier pisteur de narvals et d’ours. Les sens affûtés et l’instinct clair. S’il y avait un danger quelconque, il serait déjà debout. Le fusil épaulé. Aux aguets. Sa mère et Aka n’ont pas bougé non plus, amas de corps familiers, chaud et rassurant.
Mina perçoit l’odeur de mort qui rôde autour des peaux de rennes. Remparts dérisoires. La veille, une épaisseur de neige fraîche a recouvert la glace. Des bruits de pas ne seraient guère plus audibles que sur un tapis.
Mina écoute.
Le silence profond est parfois plus effrayant que les plus lugubres des plaintes.
– Anaana ! Anaana ! souffle l’enfant vers sa maman.
C’est peine perdue. Sa mère dort, prisonnière des qivitoq, les esprits malins qui accaparent son sommeil.

Petit bac 2018Lieu (6)

Hunter – Roy Braverman

Lu en partenariat avec Babelio et Hugo & Cie

CVT_Hunter_3805 Hugo & Cie – mai 2018 – 352 pages

Quatrième de couverture :
Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?
Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues. Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Auteur : Plus connu sous le pseudo Ian Manook, Roy Braverman est l’auteur de la série à succès Yeruldelgger. Le premier opus de la série a été récompensé en 2014 par : le Prix des lectrices Elle, le Prix SNCF du Polar et le Prix Quais du Polar. Hunter est le premier titre d’une nouvelle série de trois sous le pseudo Roy Braverman.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Roy Braverman, alias Ian Manook, alias Patrick Manoukian (son vrai nom) a écrit ce thriller comme un film ! C’est le premier d’une trilogie, celui-ci se passe dans les Appalaches, le numéro 2 se passera en Alaska et le dernier en Louisiane. Il nous explique l’origine de son nouveau pseudo dans la préface de ce livre…
A Pilgrim’s Rest, petite ville isolée des Appalaches, plusieurs couples ont été victimes d’un tueur en série. Les hommes ont été retrouvés assassinés et les femmes ont disparu sans laisser de traces. Hunter a été condamné à mort pour ces crimes et après douze années de prison, il s’évade. Freeman, ancien policier et père de l’une des victimes, s’est lancé à ses trousses, obsédé par l’affaire et ayant étudié les différents crimes et son auteur, il sait que ce dernier va retourner sur les lieux de ses crimes et il compte bien le faire avouer où il a caché ses victimes féminines…
L’intrigue est posée mais bien sûr elle sera bien plus complexe que cela et des rebondissements inattendus vont se succéder avec beaucoup de rythme…
L’écriture est très cinématographique et lors de la première rencontre entre Freeman et Hunter, il s’en suit une scène cataclysmique, inoubliable pour le lecteur…
C’est un vrai roman noir, dans le ton, dans les thèmes abordés et heureusement l’auteur n’a pas oublié quelques touches d’humour pour permettre au lecteur de souffler un peu dans toute cette noirceur.
L’auteur prend beaucoup de soins à décrire la psychologie de chacun de ses personnages, le lecteur ne peut donc pas être indifférent, certains le touchent, il en déteste d’autres, il a très envie de connaître leur sort…
J’ai regretté que dans cette histoire l’environnement et la nature soient moins présents que dans la série Yeruldelgger…

Extrait : (début du livre)
Leur putain de mère s’est tirée. Leur putain de mère à tous les deux. Un père et un nom pour lui, un autre père et un autre nom pour son frère. Tous les deux de passage, les pères. Un à seize ans, l’autre à dix-huit ans, et à vingt et un ans elle se tire avec un courtier de New York en vacances qui abandonne femme et mômes dans son chalet de location pour le petit cul de leur maman moulé dans un short en vichy rose trop court. Ce fumier d’assureur leur a piqué le peu de mère qu’ils avaient encore avec ses taloches à tout va, ses repas de conserves, ses coucheries hurlantes et ses gueules de bois à la semaine. Elle se laissait prendre devant eux, tous les deux debout au garde-à-vous au pied du lit quand ses amants tordus l’exigeaient, en la baffant à grands revers de chevalières. Il sent encore la main de son frère serrer la sienne jusqu’à s’en blanchir les articulations, pour qu’il arrête de pleurer et ne se prenne pas la gifle de trop qu’il ne pourrait pas encaisser dans sa petite gueule de simplet. Et quand ces types en rut étaient partis, elle les attrapait et les serrait fort contre elle, contre son corps nu et chaud sur le lit défait, encore tout visqueux de tous ces cons.
Il enfouit son visage dans ses poings blanchis par la rage et se frappe le front pour chasser le goût amer de la peau de sa maman, quand il chialait dessus en reniflant. La sensation du grain de ses tétons marron encore bandés dans la paume de sa petite main de môme. L’odeur aigre de son sexe ouvert comme une blessure. Sa maman, sa petite maman ! Il s’en veut d’en bander encore quand il y repense. Il s’en frappe la tête tous les soirs à cinquante ans passés. Il se donne des coups comme ceux qu’elle prenait quand ces types s’énervaient contre elle, avec leurs braquemarts bringuebalant dans la bagarre. Comme des armes dont ils réussissaient toujours à la pénétrer. À la clouer quelque part. Dans des rugissements qui finissaient en borborygmes. C’est là qu’il avait appris que l’amour se donne et se prend dans les pleurs et la douleur. Dans la haine, dans la hargne, dans les coups. Dans ces hurlements injurieux qui se terminaient toujours en supplique. Et soudain Lyvia, la petite Lily, leur petite maman, jeune comme une grande sœur, finissait debout, pantelante, écartelée, transpercée, clouée au mur par le sexe de ces gros dégueulasses. Comme morte, les pieds à trente centimètres du sol.

Petit bac 2018Mot unique (4)

Prix SNCF du Polar 2018

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La 18ème Cérémonie de remise des PRIX SNCF DU POLAR,
qui a eu lieu le 18 juin au soir, a été l’occasion de découvrir
les Lauréats 2018 des catégories Roman, BD et Court Métrage :

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Roman : Toutes les vagues de l’océan – de Víctor del Árbol (Actes Sud)

BD : Bâtard – Max de Radiguès (Casterman)

Court Métrage : Speed/Dating – Daniel Brunet et Nicolas Douste (AS&M Prod)

Bravo aux 3 lauréats !

 

Entre deux mondes – Olivier Norek

516JqzfGETL Michel Lafon – octobre 2017 – 413 pages

Quatrième de couverture :
Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Je voulais depuis quelques temps découvrir l’auteur de roman policier Olivier Norek. Après l’avoir vu à la Grande Librairie à l’automne dernier, mon envie s’est confirmée pour lire son dernier livre qui n’est pas vraiment un roman policier… C’est un livre  » coup de poing  » où il y a une réflexion sur notre société, de l’émotion, du suspens.
Avant d’écrire ce livre, Olivier Norek est parti à Calais pendant 3 semaines, le jour il s’installait dans la jungle et sans poser de questions, il observait, il écoutait les histoires des migrants qui voulaient se confier. La nuit, il était en observateur aux côtés des policiers qui doivent gérer l’ingérable. L’Etat leur demande de ne pas arrêter les migrants pour éviter qu’ils entrent dans le système judiciaire français, mais aussi de pas les aider. Tous les soirs, les policiers sont en action pour empêcher les migrants d’approcher les camions qui veulent traverser la Manche. Ils protègent le port et défendent les intérêts économiques de la région.
L’auteur a également rencontré les habitants de Calais. C’est une ville sinistrée, les habitants sont partagés, certains aident les migrants, d’autres les combattent. La présence de la jungle bouleverse toute l’économie de la ville, l’immobilier a fortement baissé, les touristes ont désertés, les commerces ferment…
Le premier chapitre est déjà un choc, nous sommes au beau milieu de la Méditerranée sur une embarcation avec « deux cent soixante-treize migrants. Âges, sexes, provenances, couleurs confondus. Ballottés, trempés, frigorifiés, terrorisés » et l’une des enfants tousse, menaçant le convoi d’être repéré…
Ensuite, le lecteur découvre Calais et sa « Jungle », le dernier jour du démantèlement.
Puis le lecteur va découvrir les personnages : Adam, policier à Damas en Syrie, se sent menacé. Il décide de faire partir du pays, sa femme Nora et sa fille de 5 ans, Maya, il organise leur départ vers la France et leur donne rendez-vous à Calais. 
Bastien, est policier français, il vient d’arriver à Calais pour se rapprocher de la famille de sa femme. Il découvre une police sans moyens, avec des hommes et femmes fatigués, usés, obligés de rester en poste car les mutations sont interdites. 
Adam a réussi à arriver à Calais où il pense retrouver sa femme et sa fille. Mais elles ne sont pas là. Il va découvrir la réalité de la jungle, le plus grand bidonville d’Europe, une ville dans la ville, avec ses quartiers en fonction des ethnies, ses commerces, sa loi du plus fort, sa violence… Une nuit, Adam intervient pour le sauver un enfant qui est en train de se faire agresser par plusieurs hommes. Comment dénoncer les coupable ? Comment ne pas devenir un cible à abattre ? Adam va chercher du soutien auprès de Bastien. Or pour la police, il est impossible d’enquêter dans un camp de réfugiés. 
On ne peut pas être insensible ce qui se passe à Calais, pour les migrants, pour les policiers et pour les habitants de Calais qui sont tous dans des situations humainement difficiles.
Cette histoire bouleversante et passionnante invite le lecteur à réfléchir.
Après cette première lecture coup cœur d’Olivier Norek, j’ai très envie de poursuivre ma découverte de l’auteur avec ses romans policiers…

Extrait : (début du livre)
Quelque part en mer Méditerranée.

La main sur la poignée d’accélération, il profita du bruit du vieux moteur pour y cacher sa phrase sans créer d’incident ou de panique.
– Jette-la par-dessus bord.
– Maintenant ?
– On s’en débarrassera plus facilement au milieu de la mer que sur une aire de parking. Elle tousse depuis le départ. Pas question de se faire repérer une fois qu’on les aura collés dans les camions en Italie.
Dans l’embarcation, deux cent soixante-treize migrants. Âges, sexes, provenances, couleurs confondus. Ballottés, trempés, frigorifiés, terrorisés.
– Je crois pas que je peux y arriver. Fais-le, toi.
Un soupir d’agacement. Pas plus. L’autre abandonna la barre pour se diriger, résolu, vers la femme qui se cachait au fond. Il bouscula les passagers sans considération. À son approche, la femme resserra son étreinte sur le corps qu’elle protégeait entre ses bras, posa fermement la main sur la petite bouche froide, pria pour qu’elle cesse de tousser. Apeurée, l’enfant laissa échapper son lapin violet en peluche élimée que l’homme écrasa sous le poids de son pied sans même le remarquer. Il s’adressa à la mère.
– Ta petite. Tu dois la jeter.

Camp de migrants de Calais. Octobre 2016.
Dernier jour du démantèlement de la « Jungle ».

Insatiables, les pelleteuses dévoraient les cabanes et les tentes, les réduisant à l’état de débris pour en faire, un peu plus loin, des montagnes de plastiques, de tissus et de vêtements qui seraient anéantis par le feu lorsque le vent se serait calmé.
Il ne restait plus rien sur cette lande de ce que l’espoir y avait construit.
La pelle mécanique releva sa mâchoire et s’apprêta à traverser ce no man’s land de destructions. Le moteur s’emballa, l’engin cahota sur le sol irrégulier durci par le froid puis fit ligne droite vers sa prochaine cible, une vieille cabane en palettes de bois et au toit de carton. Une des dernières.
Quelques années auparavant, une déchetterie et un cimetière se partageaient l’endroit. Puis l’État y parqua les migrants aux rêves d’Angleterre. Ce matin, la déchetterie avait repris forme. 
Mais lorsque les dents puissantes de la pelle mécanique s’enfoncèrent dans la terre, c’est le cimetière qui ressuscita.
Comme il y avait trois bras visibles, à moitié déterrés par la pelleteuse, les ouvriers en déduisirent qu’il y avait au moins deux corps, là, dans ce trou, à la périphérie immédiate du camp. Dont celui d’un enfant, assurément, vu la taille d’un des bras. D’un coup de talkie, le chef d’équipe fut averti.
Dissimulée à une vingtaine de mètres de là, une ombre longea l’orée des premiers arbres qui entouraient la Jungle, sans jamais perdre de vue le manège des engins. De leur côté, les ouvriers se placèrent en couronne autour de la scène, bêtement hypnotisés par l’horreur.
L’un d’eux leva les yeux et vit une silhouette sortir des bois. Guenilles, cheveux longs et poisseux, peau noire, marron ou tout simplement sale. Et une machette, tachetée de rouille, tenue par la poignée le long de la jambe. L’homme s’approcha doucement, fixant chacun comme une menace, faisant taper la lame contre sa cuisse alors qu’il avançait. Il n’y eut personne d’assez valeureux pour se mettre en travers de son chemin et ils firent tous plusieurs pas en arrière.

Petit bac 2018Lieu (5)

En sacrifice à Moloch – Åsa Larsson

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Audiolib – avril 2018 – 10h58 – Lu par Odile Cohen

Albin Michel – août 2017 – 448 pages

traduit du suédois par Caroline Berg

Titre original : Till offer åt Moloch, 2012

Quatrième de couverture :
Au terme d’une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d’un homme…
Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l’assassinat d’une femme à coups de fourche. Chargée de l’enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille…
Åsa Larsson, star du polar scandinave, part sur les traces d’un terrible et lointain secret, dans les paysages crépusculaires et inquiétants du Grand Nord suédois.

Auteur : Åsa Larsson a grandi à Kiruna, au-dessus du cercle polaire arctique, où se déroulent tous ses romans. Avocate comme son héroïne Rebecka Martinsson, elle se consacre désormais à l’écriture. Devenue l’auteure de romans policiers la plus aimée des Scandinaves, elle compte désormais des millions de lecteurs à travers le monde. Déjà publiés en France : En sacrifice à Moloch, Le sang versé, La piste noire et Tant que dure ta colère.

Lecteur : Odile Cohen a commencé sa carrière au théâtre sous la direction de Robert Hossein et Daniel Mesguich. Elle est la voix française attitrée de Renée Zellweger, qui a incarné Bridget Jones au cinéma.

Mon avis : (écouté en mai 2018)
C’est le cinquième roman de la série avec la procureur Rebecka Martinsson qui se situe dans le Grand Nord suédois dans la région de Kiruna en Laponie. C’est une série que je suis depuis quelques années (j’ai déjà lu les tomes 2 à 4), donc j’étais ravie de découvrir ce nouvel épisode. Tout commence par une chasse à l’ours et la découverte des restes d’un homme dans sa panse… Quelques mois après, une femme, Sol-Britt, est sauvagement assassinée à coups de fourche. Ces deux morts ont un lien de parenté, ils sont père et fille… Rebecka Martinsson va vite découvrir qu’ils ne sont pas les seuls victimes d’une malédiction familiale. En effet, trois ans plus tôt, le fils de Sol-Britt a été renversé par une voiture avec un délit de fuite et le coupable n’a jamais été retrouvé. Et à travers un récit parallèle à l’enquête, le lecteur va découvrir l’histoire d’Elena, la grand-mère de Sol-Britt, Elena, qui a été elle aussi assassinée, presque un siècle plus tôt…
Le meurtre de Sol-Britt ayant lieu dans le village où habite Rebecka Martinsson, elle va être dessaisie de l’affaire au profit de l’affreux magistrat von Post, un collègue envieux et incompétent… Rebecka mènera cependant sa propre enquête avec l’aide de Krister, le maître chien, et leurs chiens à tous deux : Vera, le Morveux, Tintin ou Roy…
Une enquête passionnante et rythmée que j’ai beaucoup aimé découvrir.

Avec ce livre audio, s’achève mes écoutes pour le Prix Audiolib 2018 et dès la fin du mois, je publierai mon classement pour cette sélection qui m’a beaucoup plu.

Extrait : (début du livre)
Qu’est-ce qui peut bien faire hurler un chien de la sorte ? Samuel Johansson n’a encore jamais entendu son chien donner de la voix de cette façon.
Il est là, dans sa cuisine, en train de beurrer tranquillement une tartine. Son chien d’élan norvégien est attaché à sa chaîne dans la cour. Le calme règne alentour.
Le chien se met à aboyer. Un aboiement sonore et furieux, pour commencer.
Qu’est-ce qui le fait aboyer comme ça ? Pas un écureuil, en tout cas. Le fermier connaît sa manière d’aboyer quand il voit un écureuil. Un élan ? Non, sa voix est plus grave et plus pleine quand il a senti la piste d’un élan.
Soudain, il doit se passer quelque chose parce que le chien pousse un hurlement. Il hurle comme si les portes de l’Enfer venaient de s’ouvrir sous son nez. Le bruit réveille chez Samuel Johansson une terreur ancestrale.
Puis c’est le silence.
Samuel sort de chez lui en courant. Sans veste. Sans souliers. Sans réfléchir.
Il trébuche dans l’obscurité de l’automne vers le garage et le chenil.
L’ours est là, debout dans le halo de l’éclairage extérieur. Il tire sur le chien pour l’emporter, mais le corps sans vie de l’animal est toujours accroché à la chaîne. L’ours tourne sa gueule ensanglantée vers Samuel et rugit.
Samuel recule, manque de tomber. Mais tout à coup, il sent grandir en lui une force surnaturelle et il court, plus vite qu’il n’a jamais couru, retournant vers la maison pour aller chercher la carabine. L’ours ne le suit pas et pourtant Johansson a l’impression de sentir sur sa nuque le souffle chaud de l’énorme bête.
Il charge l’arme, les mains moites, avant de rouvrir sa porte avec précaution. Il doit garder son calme et viser juste. S’il le manque, tout peut aller très vite. L’ours blessé pourrait bondir sur lui en quelques secondes.
Il avance dans le noir. Un pas à la fois. Les poils dressés sur sa nuque comme de petites épingles.
L’ours est toujours là. Occupé à dévorer ce qui reste du chien. Il lève la tête quand Samuel retire la sécurité de la carabine.
Samuel n’a jamais autant tremblé qu’à présent. Il faut faire vite. Il essaye de garder son calme sans y parvenir.
L’ours balance la tête, menaçant. Grogne. Respire comme un soufflet de forge. Il fait démonstrativement un pas en avant. Samuel tire. Touche. L’ours tombe. Mais il se relève aussitôt. Et disparaît dans l’obscurité de la forêt.

À présent, il est introuvable. La lumière du garage n’éclaire pas assez loin.
Samuel rentre chez lui à reculons, pointant la carabine ici et là. L’oreille tendue vers les arbres. Il s’attend à chaque instant à voir l’ours revenir pour l’attaquer. Il n’y voit qu’à quelques mètres.
Encore vingt pas pour atteindre la porte. Son cœur bat fort. Cinq mètres. Trois. Ouf !
Il tremble à présent de tous ses membres. Il doit poser le téléphone portable sur la table et le tenir fermement de la main gauche pour pouvoir taper le numéro. Le président de la chasse décroche à la première sonnerie. Ils conviennent de lancer une battue dès le lever du jour. Ils ne peuvent rien faire dans le noir.

Déjà lu du même auteur :

9782226256096g Le sang versé 9782226318176m La piste noire

tant que dure ta colère Tant que dure ta colère

voisinsvoisines2_2018Suède

 

Agatha Raisin enquête, Tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M. C. Beaton

Agatha_5 Albin Michel – mai 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Françoise Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the murderous marriage, 1996

Quatrième de couverture :
Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin !
Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire « oui », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.
Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en avril 2018)
Le mariage d’Agatha Raisin et de James Lacey doit avoir lieu.
Le mariage n’aura pas à l’église du village, mais seulement à la mairie de Mircester.
En effet, Agatha est la seule à savoir qu’elle n’a jamais divorcé de son premier mari qu’elle pense mort. Mais elle n’a aucune preuve… Et bien sûr Jimmy, l’ex-mari, débarque en cours de cérémonie et James se sentant trahi abandonne Agatha. Et quelques heures plus tard Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé…
Agatha et James sont considérés comme les suspects numéro 1 et ils vont devoir s’unir pour mener l’enquête et se disculper…
Cette série est toujours aussi amusante, facile à lire, pleine d’humour et son côté british est savoureux et distrayant. 

Extrait : (début du livre)
Le mariage d’Agatha Raisin et de James Lacey devait avoir lieu dans une semaine. Les habitants de Carsely, village des Cotswolds, étaient déçus qu’Agatha ne se marie pas à l’église du village, mais à la mairie de Mircester, et Mrs Bloxby, la femme du pasteur, était perplexe et meurtrie.
Agatha était seule à savoir qu’elle n’avait aucune preuve de la mort de son premier mari. Seule à savoir aussi qu’elle s’apprêtait peut-être à devenir bigame. Mais elle était follement amoureuse de son séduisant voisin, le beau James Lacey, et terrifiée à l’idée de le perdre si elle remettait le mariage à plus tard pour trouver la preuve désirée. Elle n’avait pas vu son ivrogne de mari, Jimmy Raisin, depuis des années. Il avait bien dû finir par mourir.
Elle avait choisi la mairie de Mircester parce que le préposé au bureau de l’état civil y était vieux, sourd et totalement dépourvu de curiosité. Les seules démarches exigées étaient des déclarations à faire et des formulaires à remplir, mais on ne lui demandait de fournir aucune preuve à l’appui, hormis son passeport, qui était toujours à son nom de jeune fille, Agatha Styles. La réception du mariage devait avoir lieu dans la salle des fêtes et presque tout le village y avait été invité.
Mais à l’insu d’Agatha, des forces hostiles conspiraient déjà contre elle. Dans un moment de rancœur vindicative, son ex-ami, le jeune Roy Silver, estimant qu’elle lui avait coupé l’herbe sous le pied lors d’une occasion en or de se mettre en avant, avait engagé un détective privé pour tenter de retrouver le mari de son ex-patronne. Roy avait jadis travaillé pour l’agence de relations publiques d’Agatha et était passé dans la société qui en avait racheté les parts quand elle avait pris une retraite anticipée. Roy aimait sans doute autant Agatha qu’il lui était possible d’aimer quelqu’un, mais quand elle avait résolu sa dernière affaire criminelle, il espérait en retirer une certaine publicité – après tout, il y avait été associé. Or elle l’avait ignoré ; les gens comme Roy éprouvent toujours le besoin de se venger.

Déjà lu du même auteur :

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière

voisinsvoisines2_2018Écosse

Petit bac 2018Mot positif (4)

 

La chorale du diable – Martin Michaud

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Kennes – mai 2017 – 405 pages

Kennes Editions – mai 2015 – 507 pages

Québec loisirs – 2011 – 512 pages

Quatrième de couverture :
Dans ce qui a tout l’air d’être un drame familial, une femme et ses trois enfants sont sauvagement tués à coups de hache. L’auteur présumé du carnage, le mari, s’est suicidé après s’être tranché la langue. Mais est-ce bien ce qui s’est passé ? Deux jours après, une alerte enlèvement est déclenchée à l échelle de la province de Québec: une jeune fille dévoilant ses charmes sur Internet a été kidnappée. Par qui? Pourquoi? Deux énigmes que vont s’attacher à résoudre en parallèle deux policiers au style rentre-dedans: Victor Lessard qui, sans compter les cadavres laissés derrière lui, en voit d’autres surgir de son passé, enlaidis par le temps; et Jacinthe Taillon, son ancienne coéquipière à la Section des crimes majeurs, qui lui voue une haine infernale. Naviguant à travers le fanatisme religieux et la perversité de démons ordinaires, ils vont s’engager dans une valse à quatre temps diabolique entre Montréal, Sherbrooke, Val-d Or et… le Vatican. Jusqu’à découvrir le secret terrifiant de la chorale du diable.

Auteur : Né en 1970, établi à Montréal depuis plus de vingt ans, Martin Michaud a longuement pratiqué le métier d’avocat d’affaires avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Reconnu par la critique comme le chef de file des écrivains de romans policiers québécois, il a obtenu un succès sans cesse grandissant avec ses sept thrillers, qui lui ont valu la reconnaissance du public et de nombreux prix littéraires. Outre ses activités de romancier, il scénarise d’après son œuvre une série intitulée Victor Lessard diffusée en février 2017.

Mon avis : (lu en mars 2018)
Ce livre est la deuxième enquête du sergent-détective Victor Lessard. Tout commence avec un drame familiale, une femme et ses trois enfants sont sauvagement tués et l’on soupçonne le mari, trouvé également mort, d’être le coupable avant de s’être suicidé.
Cette enquête est douloureuse pour Victor Lessard, elle le renvoie à son passé et à un drame familial qui remonte à son enfance.
En parallèle, il y a le kidnapping d’une jeune femme, des hommes d’Eglise qui ont des comportements surprenants…
Victor Lessard va également se trouver directement impliqué dans un assassinat et poursuivit par des meurtriers. Pour se protéger, il va devoir s’isoler et faire cavalier seul, sans rendre des comptes à sa hiérarchie…
Voilà une intrigue sanglante, très bien construite et bien complexe, un policier attachant qui va se dévoiler un peu plus et bien sûr le charme des expressions québécoises !
Belle découverte québécoise !

Extrait : (début du livre)
1.

Montréal
Une semaine plus tôt, le 5 mai

Simone Fortin pose la tête sur l’épaule de Victor Lessard.
Le policier tient le parapluie en biais, pour essayer de la protéger de la pluie torrentielle. Après un moment, il baisse le parapluie, puis il le laisse carrément tomber sur le sol.
C’est peine perdue, ils sont trempés.
Le sergent-détective resserre l’étreinte du bras qu’il a passé autour des épaules de la jeune femme. Celle-ci le tient par la taille.
Simone pleure, Lessard aussi…
Bien que la pluie lui offre le couvert de son camouflage, il ne cherche aucunement à cacher ses émotions.
A quelques semaines près, ils célèbrent, cette année encore, un triste anniversaire.
Au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, le temps s’est arrêté pour permettre à Simone Fortin de se souvenir d’une presque soeur et rappeler à Victor Lessard les prémices d’une passion naissante.
L’horloge s’est figée à trente tours de cadran pour Ariane Bélanger, fauchée en plein élan par la lame d’un tueur dément.

Du cimetière, ils marchent bras dessus, bras dessous dans Côte-des-Neiges, jusqu’au café où le policier avait rencontré Ariane pour la première fois.
Une seule phrase a été prononcée.
Simone n’a pu s’empêcher de le reluquer des pieds à la tête. Il porte un jean Diesel, un t-shirt noir, un veston bien coupé et une paire d’espadrilles.
– Tu es beau, Victor. Et c’est fou comme tu as maigri ! Pris de court par le compliment, Lessard rougit et grommelle quelque chose d’inintelligible. Cela dit, Simone a raison : c’est près de quarante livres qu’il a gommées depuis leur rencontre précédente. Ils entrent.
Outre quelques travailleurs autonomes qui étirent leur café et profitent de la connexion Wi-Fi pour procrastiner sur Internet, l’endroit est presque vide. La serveuse, une barrique sur deux pattes avec une tête de crevette, vient prendre leur commande.
– Un double allongé déca avec un peu de lait chaud, dit le sergent-détective.
Simone fait une moue admirative.
– Mais comment arrives-tu à te souvenir de tout ça ? Un café régulier pour moi. Noir.
Lessard se tortille sur sa chaise.
Il se demande comment la jeune femme peut paraître si légère alors que lui se sent engourdi par ses sentiments. Chaque fois qu’ils se revoient, le spectre d’Ariane Bélanger plane sur leur rencontre et le plonge dans un cauchemar éveillé où il se remémore les événements qui ont entraîné sa mort tragique et celle de l’agent Nguyen. Ils n’en ont jamais parlé, mais il suppose que Simone est tout simplement plus forte que lui.
– Comment ça va, à l’hôpital ? commence-t-il pour briser la glace. Toujours aux urgences de Trois-Pistoles ?
– Toujours. Mais je suis en train de compléter une spécialité en gastro-entérologie.
– Palpitant ! lance-t-il avec dégoût. Mais comment fais-tu pour aller jouer dans le c… Enfin, je veux dire… Bref, tu comprends ?
Simone saisit très bien et elle ne peut s’empêcher de pouffer de rire.

Déjà lu du même auteur :

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur Il ne faut pas parler dans l’ascenseur

Petit bac 2018Art (4)

Nátt – Ragnar Jónasson

51JJg1VQLwL La Martinière – mars 2018 – 352 pages

traduit de la version anglaise, d’après l’islandais par Philippe Reilly

Titre original : Myrknætti, 2011

Quatrième de couverture :
En Islande, les fjords et les volcans dissimulent des secrets macabres. Une seule règle : ne pas se fier aux apparences.
C’est l’été à Siglufjördur. Le climat de ce village du nord de l’Islande est si rude que le jeune policier Ari Thór voit arriver avec soulagement cette saison où le soleil brille à toute heure du jour et de la nuit. Mais le répit est de courte durée. Un homme battu à mort est découvert sur les bords d’un fjord tranquille. Une jeune journaliste vient fouiner d’un peu trop près. Que cherche-t-elle à découvrir ? Ou à étouffer ?
Surtout, l’éruption spectaculaire de l’Eyjafjallajökull recouvre peu à peu toute l’Islande d’un épais nuage de cendres. Cette étrange  » nuit  » – nátt, en islandais – fait remonter les secrets les plus enfouis. Personne ne sera épargné. Pas même Ari Thór, qui doit pourtant boucler son enquête au plus vite, s’il veut éviter de nouveaux crimes.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers « Iceland Noir « .

Mon avis : (lu en mars 2018)
En préambule, l’éditeur nous précise que les événements de Nátt se situent un peu après Snjór, premier volume de la série des enquêtes d’Ari Thór, et un peu avant Mörk, le deuxième volume. C’est vrai en France, car en regardant les dates de parutions en Islande de cette série, les trois histoires sont parus chronologiquement : Snjór (2010), Nátt (2011) et Mörk (2015)… Encore une bizarrerie d’éditeur de nous traduire les livres dans l’ordre 1, 3 et 2 !
Le titre de l’édition française, Nátt signifie nuit en islandais, le titre original islandais est Myrknætti, c’est à dire nuit noire.
L’histoire se passe en été, et à cette saison, à Siglufjördur, dans le nord de l’Islande, le soleil brille jour et nuit, alors que l’été arctique sur Reykajvik est perturbée par une récente éruption volcanique.
Un homme sauvagement battu à mort est découvert par un touriste américain.
Une jeune journaliste quitte Reykajvik pour venir enquêter par elle-même sur ce meurtre.
Dans le commissariat de Siglufjördur, Tómas est triste car sa femme est partie à Reykjavík, Ari Thór est célibataire depuis qu’il a avoué à Kristín qu’il l’avait trompé avec Ugla, sa voisine prof de piano et pour compléter le tableau Hlynur est perturbé par la réception d’e-mails plutôt inquiétants… Hésitant à quitter le métier, Tómas fait confiance à Ari Thór pour mener l’enquête.
Une enquête qui va s’avérer plus complexe qu’elle en a l’air, ainsi il est questions de non-dits et d’histoires du passé… Fausses pistes, rebondissements peu à peu le lecteur reconstitue le puzzle de l’intrigue.
J’ai toujours plaisir à retrouver cette série (même dans le désordre…) et les beaux espaces du nord de l’Islande !

Extrait : (début du livre)
Ça vous plaît, l’Islande ?
Depuis son arrivée dans l’île, tout le monde lui posait cette question.

La belle aurore de juin annonçait une journée prometteuse. Non qu’il y ait une différence très nette entre le matin et le soir : à cette période de l’année, le soleil brillait pratiquement sans interruption, jetant sa lumière aveuglante partout où Evan Fein portait le regard.
Étudiant en histoire de l’art, originaire de l’Ohio, il se préparait depuis longtemps à découvrir cette île aux confins du monde habitable. Et il s’y trouvait enfin. Peu avant son arrivée, les Islandais avaient eu droit à deux éruptions volcaniques consécutives, comme si la Nature avait concentré toute son énergie pour ajouter au désastre du crash financier. L’activité du volcan s’était, depuis, quelque peu apaisée ; Evan n’avait pas assisté au plus fort du spectacle.
Il avait commencé par quelques jours à Reykjavík et dans ses environs pour admirer les sites touristiques incontournables, puis loué une voiture et pris la route du Nord. Après une nuit passée dans un camping de Blönduós, il partit de bonne heure en direction de Skagafjördur. La voiture était équipée d’un lecteur CD, il y glissa l’album de vieilles ballades islandaises qu’il venait d’acheter. Cette musique lui plaisait, même s’il ne comprenait pas les paroles. Il se sentait heureux, ainsi immergé dans la culture du pays qu’il explorait comme un vrai baroudeur.
Il s’engagea sur la route sinueuse de Thverárfall qu’il quitta juste avant la ville de Saudárkrókur, sur le versant le plus lointain de la péninsule. Il avait envie de jeter un coup d’œil à la source de Grettir, ce bain chaud ancestral entouré d’un muret de pierre, censée, se situer dans les environs, non loin de la côte. Roulant au pas sur la piste cahoteuse, il se demanda s’il ne perdait pas son temps à essayer de le localiser. Toutefois, l’idée de se détendre un peu dans l’eau fumante tout en savourant la beauté du paysage et la tranquillité du matin était séduisante. Il continua d’avancer lentement, dispersant sur son passage les troupeaux de moutons, mais les sources demeuraient introuvables. Il avait dû rater un embranchement. Chaque fois qu’il passait devant une ferme, il scrutait le paysage pour repérer l’accès aux sources – au fond d’un champ, en contrebas d’un virage, le long d’un chemin de terre… Avait-il roulé trop longtemps ?
Enfin, il avisa une jolie maison en bordure de route qui, vue de plus près, paraissait inachevée. Une camionnette grise était garée juste devant. Evan se rangea le long du chemin. Et sursauta.

Déjà lu du même auteur :

131349_couverture_Hres_0 Snjór 114926779 Mörk

Petit bac 2018Mot unique (2)

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Condor – Caryl Férey

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – février 2018 – 512 pages

Gallimard – mars 2016 – 416 pages

Quatrième de couverture :
Dans le quartier brûlant de La Victoria, à Santiago, quatre cadavres d’adolescents sont retrouvés au cours de la même semaine. Face à l’indifférence des pouvoirs publics, Gabriela, jeune vidéaste mapuche habitée par sa destinée chamanique et les souffrances de son peuple, s’empare de l’affaire. Avec l’aide de son ami Stefano, militant rentré au Chili après plusieurs décennies d’exil, et de l’avocat Esteban Roz-Tagle, dandy abonné aux causes perdues qui convertit sa fortune familiale en litres de pisco sour, elle tente de percer le mystère. Dans un pays encore gangrené par l’héritage politique et économique de Pinochet, où les puissances de l’argent règnent en toute impunité, l’enquête dérange, les plaies se rouvrent, l’amour devient mystique et les cadavres s’accumulent…

Auteur : Écrivain, voyageur et scénariste, Caryl Férey s’est imposé comme l’un des meilleurs auteurs de thrillers français en 2008 avec Zulu, Grand Prix de littérature policière 2008 et Grand Prix des lectrices de Elle Policier 2009, et Mapuche, prix Landerneau polar 2012 et Meilleur Polar français 2012 du magazine Lire.

Mon avis : (lu en mars 2018)
Tout commence avec la découverte d’un gamin mort d’overdose dans un quartier pauvre de Santiago. Gabriela, une jeune mapuche rebelle, venue en ville pour étudier et vidéaste amateur, n’accepte pas que la police ne fasse aucune enquête après ce drame, d’autant plus que trois autres jeunes sont morts également les jours précédents. Gabriela décide donc de contacter un avocat, Esteban Roz-Tagle, le spécialiste des causes perdues…
Au début, il se passe beaucoup d’événements, on ne comprend pas encore les liens qui pourraient exister entre eux… Puis peu à peu les morceaux du puzzle s’assemblent et le lecteur se laisse entraîner dans ce thriller palpitant et haletant qui nous fait découvrir le Chili d’aujourd’hui,  qui a également des comptes à régler avec le passé.

Il est question de drogue, de politique, de corruption, de violence… mais également d’amour, de cinéma et de poésie… Caryl Férey a fait grand travail de documentation et a décrit ses personnages avec beaucoup de soins, certains sont très attachants, d’autres vraiment méchants. Les paysages sont également dépaysants, de Santiago au désert d’Atacama, le voyage a été réussi !

Merci les éditions Folio pour cette lecture haletante et palpitante.

Extrait : (début du livre)
L’ambiance était électrique Plaza Italia. Fumigènes, musique, chars bariolés, les hélicoptères de la police vrombissaient dans le ciel, surveillant d’un œil panoptique les vagues étudiantes qui affluaient sur l’artère centrale de Santiago.
Gabriela se fraya un chemin parmi la foule agglutinée le long des barrières de sécurité. Elle avait revêtu un jean noir, une cape de plastique transparent pour protéger sa caméra des canons à eau, de vieilles rangers trouvées aux puces, le tee-shirt noir où l’on pouvait lire « Yo quiero estudiar para no ser fuerza especial 1 » : sa tenue de combat.
C’était la première manifestation postélectorale mais, sous ses airs de militante urbaine, Gabriela appréhendait moins de se frotter aux pacos – les flics – que de revoir Camila.
Elles s’étaient rencontrées quelques années plus tôt sous l’ère Piñera, le président milliardaire, lors de la révolte de 2011 qui avait marqué les premières contestations massives depuis la fin de la dictature. Ici l’éducation était considérée comme un bien marchand. Chaque mensualité d’université équivalait au salaire d’un ouvrier, soixante-dix pour cent des étudiants étaient endettés, autant contraints d’abandonner en route sauf à taxer leurs parents, parfois à vie et sans garantie de résultats. À chaque esquisse de réforme, économistes et experts dissertaient sans convoquer aucun membre du corps enseignant, avant de laisser les banques gérer l’affaire – les fameux prêts étudiants, qui rapportaient gros.
Si après quarante années de néolibéralisme ce type de scandale n’étonnait plus personne, leur génération n’en voulait plus. Ils avaient lu Bourdieu, Chomsky, Foucault, le sous-commandant Marcos, Laclau, ces livres qu’on avait tant de mal à trouver dans les rares librairies de Santiago ou d’ailleurs. Ils n’avaient pas connu la dictature et la raillaient comme une breloque fasciste pour nostalgiques de l’ordre et du bâton ; ils vivaient à l’heure d’Internet, des Indignés et des réseaux sociaux, revendiquaient le droit à une « éducation gratuite et de qualité ». Les étudiants avaient fait grève presque toute l’année, bloqué les universités, manifesté en inventant de nouvelles formes, comme ces zombi walks géants où deux mille jeunes grimés en morts-vivants dansaient, synchrones, un véritable show médiatique devant des bataillons casqués qui n’y comprenaient rien. Piñera avait limogé quelques ministres pour calmer la fronde mais les enseignants, les ouvriers, les employés, même des retraités s’étaient ralliés aux contestataires.
Les forces antiémeutes ne tiraient plus à balles réelles sur la foule, comme au temps de Pinochet : elles se contentaient de repousser les manifestants au canon à eau depuis les blindés avant de les matraquer. Des dizaines de blessés, huit cents arrestations, passages à tabac, menaces, Gabriela avait tout filmé, parfois à ses risques et périls.

 1 : « Je veux étudier pour ne pas faire partie des Forces spéciales. »

Déjà lu du même auteur :

zulu Zulu haka_p Haka mapuche Mapuche

Petit bac 2018Animal (2)