Marx et la poupée – Maryam Madjidi

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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Audiolib – octobre 2018 – 4h46 – Lu par l’auteure

J’ai Lu – septembre 2018 – 220 pages

Le nouvel Attila – janvier 2017 – 202 pages

Quatrième de couverture : 
Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes, l’effacement progressif du persan au profit du français, qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale. Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

Auteur : Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l’Iran à l’âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd’hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l’avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

Mon avis : (écouté en octobre 2018)
Déjà dans le ventre de sa mère, Maryam, vit en direct les troubles de la Révolution Iranienne… Puis à peine née, elle sert d’alibi à ses parents et à leurs amis communistes, pour transporter les tracts… Jusqu’à six ans, elle grandit dans une belle maison à Téhéran avec tout l’amour de ses parents et de sa grand-mère qui lui offre de nombreuses poupées. Opposants au nouveau régime politique de l’ayatollah Khomeyni, ses parents sont contraints à l’exil. Avant le départ, Maryam va devoir donner ses jouets et ses poupées aux enfants du quartier… Maryam préfère les enterrer dans le jardin pour pouvoir les retrouver à son retour… 
A six ans, Maryam découvre une nouvelle vie à Paris, dans un nouveau pays dont elle ne connaît ni la langue, ni les coutumes… Avec ses parents, elle vit dans une chambre de bonne avec les WC sur le palier, la nourriture est différente de celle de l’Iran, sa grand-mère lui manque. Maryam va aller à l’école et apprendre le français. 
A travers de souvenirs d’enfance, de contes persans, d’anecdotes et de moments de poésie, nous voilà avec un très beau roman sur l’exil. Maryam Madjidi s’interroge sur sa double culture, car enfant, elle a d’abord rejeté la langue persane de ses parents avant de renouer avec ses origines lorsqu’elle est devenue adulte.
La version audio de ce livre est un plus puisqu’elle est lue par l’auteur elle-même. 
Il y a même en bonus, à la fin du roman, un entretien avec l’auteur toujours très intéressant !
Merci Babelio et Masse Critique pour cette belle découverte !

Extrait : (début du livre)
La pierre
Un homme est assis, seul, dans une cellule.
Il tient dans une main une pierre, dans l’autre une aiguille à coudre.
Il creuse la pierre avec la pointe de l’aiguille.
Il grave un nom.

Chaque jour, il taille, il sculpte ce nom dans la pierre. Ça lui évite de perdre la raison dans sa prison.
Ce nom, c’est Maryam. Elle vient de naître et pour tenter de combler son absence auprès d’elle, il lui fabrique un cadeau qu’il espère lui donner un jour.
Il a trouvé cette pierre dans la cour de la prison et en cachette, il a réussi à dérober une petite aiguille à coudre.
Une manière de dire qu’il pense à elle, à ce bébé qui n’a que quelques jours et la vie devant soi.

Il était une fois le ventre de la mère
Une fille pousse dans le ventre d’une femme.
— Non, tu n’iras pas manifester, t’es une femme et c’est dangereux.

Son frère aîné vient de lui flanquer une grosse gifle. Elle ne dit rien mais elle plante son regard noir de femme obstinée dans ses yeux et elle part lever fièrement le poing dans la rue et mêler sa voix à la voix de la foule en colère. Elle recevra bien des gifles encore et des insultes aussi mais rien ne peut l’arrêter à vingt ans, ni les gifles du frère ni sa grossesse ni même la peur d’être tuée.

1980 – Université de Téhéran

Un nuage de fumée au loin, des coups de feu, des cris.
J’ai peur, je sens le danger et je me recroqueville un peu plus au fond du ventre mais ce ventre va vers la mort, poussé par une force irrépressible.
La jeune mère court dans les couloirs d’une université. Elle manque de tomber: elle a failli glisser sur une flaque de sang dont la trace mène jusqu’à une salle de cours d’où sortent des hurlements déchirants.
Elle s’approche et regarde. À travers la porte entrouverte, elle voit une jeune fille allongée sur une table, un homme tente de la violer. À côté d’elle, par terre, un jeune homme à qui on brise le crâne à coups de bâton. Elle met la main sur sa bouche pour étouffer un cri d’épouvanté.
Elle est affolée et ses jambes tremblent.
Des feuilles volent partout, des feuilles de cours, des fiches d’inscription, des dossiers. Les pages des livres sont déchirées ; des étagères entières sont renversées ; des mains fouillent dans les tiroirs; des bouches hurlent. Les voiles des femmes sont piétinés ; des mains arrachent leurs cheveux. Les femmes sont traînées par terre, elles se débattent comme elles peuvent et les hommes qui les traînent les traitent de sales putes. Ces hommes ont les yeux injectés de sang et brandissent des bâtons plantés de clous. Ils hurlent « Allah Akbar ».
Le bruit d’un crâne qu’on brise.
Elle court toujours mais ne parvient pas à trouver la sortie. Elle voit des jeunes tomber par terre ; elle entend des cris, ses oreilles saignent ; elle voudrait disparaître – devenir aussi petite qu’une fourmi – et se faufiler dans un coin avec son bébé.
Son bébé. Soudain, elle prend conscience qu’elle est enceinte.
Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant, le dos courbé ; ses longs bras squelettiques veulent lui arracher son enfant ; sa bouche édentée s’approche de la jeune femme enceinte pour l’engloutir.
Deux hommes l’ont vue, au bout de leurs bras pendent des bâtons cloutés, ils avancent vers elle. Une fenêtre est ouverte.
Enceinte d’un bébé de sept mois, elle doit sauter du second étage, hésite, se retourne et son regard se fixe sur ces bâtons ; elle sent déjà les clous s’enfoncer dans sa chair.
Elle saute.

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Les Grands Peintres : Van Gogh – Michel Durand

VanGogh Glénat – janvier 2016 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Van Gogh est déjà installé à Auvers-sur-Oise depuis plusieurs mois quand Johanna, la femme de son frère Théo, atteint de la syphilis à un stade très avancé, s’apprête à venir le rejoindre. Avant son départ, elle s’entretient avec le célèbre peintre Gauguin, qui revient sur sa cohabitation avec Van Gogh à Arles : ses crises d’épilepsie, ses tentatives de suicide, l’épisode de l’oreille tranchée, sa folie présumée… tout cela ne serait que supercherie, mise en scène…

Auteur : Michel Durand a dessiné Opération Chisteras en 1985 sur un scénario de René Durand, Cliff Burton sur un scénario de Rodolphe, Polar Extrême, une BD scénarisée par Jodorowsky, mais aussi la série Cuervos scénarisée par Marazano. De 2005 à 2007, il signe sous le pseudonyme Durandur trois albums éponymes aux éditions Carabas. En 2009, il dessine en tant que Michelle Génial chez 12bis (sur un scénario de Jean-Paul Krassinsky). En 2010, c’est lui qui ouvre la série Destins au dessin en compagnie de Frank Giroud, et c’est également lui qui la clôturera en 2012 avec le tome 13. Il a depuis signé Ambre Gris, un audacieux diptyque à la dimension littéraire et tragique, inspiré par l’oeuvre d’Herman Melville. Réside dans le Languedoc-Roussillon.

Mon avis : (lu en octobre 2018)
Attirée par la couverture représentant une multitude de tournesols, j’ai eu envie de découvrir cette bande-dessinée. Il ne s’agit pas d’une biographie de Van Gogh, mais d’une fiction imaginée par l’auteur.
1890. Vincent Van Gogh est installé à Auvers-sur-Oise depuis plusieurs mois et sa belle sœur, la femme de Théo, vient le rejoindre. Le lecteur est confronté à la folie de Vincent Van Gogh dont les répercussions sont dévastatrices sur lui-même et sur ses proches. L’auteur suppose que Van Gogh est un simulateur et que sa folie est feinte…
Je n’ai pas été convaincu par cette BD, j’ai aimé les couleurs vives et multiples qui représentent parfaitement les teintes de l’œuvre de Vincent Van Gogh. Par contre je n’ai aimé le dessin des personnages déformés et l’intrigue mélangeant fiction et faits réels m’a dérangée…

Extrait : (début du livre)

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La ballade de l’enfant gris – Baptiste Beaulieu

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Fayard/Mazarine – septembre 2016 – 416 pages

Livre de Poche – février 2018 – 384 pages

Quatrième de couverture :
C’est l’histoire de Jo’, un jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C’est l’histoire de No’, un garçon de sept ans, attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas le voir plus souvent à l’hôpital.
C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin survient un drame qui lie pour toujours le destin de ces trois êtres.
Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur nous offre un troisième roman poignant qui nous entraîne dans une quête initiatique bouleversante.

Auteur : Jeune médecin généraliste, Baptiste Beaulieu est l’auteur d’un premier livre remarqué, Alors voilà, les 1001 vies des Urgences. Son blog « Alors voilà » compte plus de 5 millions de visiteurs.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Jo est un jeune interne au service pédiatrique de l’hôpital, il fait la connaissance de No, un petit malade de 7 ans, solitaire, il attend patiemment les visites trop rare de sa maman… Jo se rapproche de No, pour le distraire et le sortir de cette attente…
Cette histoire est touchante et pleine d’amour et de tendresse, mais je suis vraiment passée à côté de ce roman… C’est certainement dû à la forme, l’histoire commence par le jour de la déchirure puis ensuite la lecture alterne entre le passé par un compte à rebours et le présent, soit l’après déchirure, avec la quête de Jo pour retrouver Maria et comprendre son attitude. Cette alternance m’a complètement embrouillée et j’ai fini le livre en lisant dans la continuité d’une part les chapitres « passé » et de l’autre les chapitres « présent » pour tenter de comprendre le fond de l’histoire…

Extrait : (début du livre)
Le nombre total d’étoiles dans l’univers tombe-t-il pair ou impair ? Jonas ne savait pas, mais la question lui paraissait importante.
Dimanche, 9 h 54, grande banlieue de Paris. Le brillant étudiant en médecine de vingt-quatre ans observait le ciel nocturne peint dans la cabine d’ascenseur quand une secousse le sortit de sa rêverie. Il y était. Septième étage. Pédiatrie. Ça sentait toujours pareil, ici : antiseptique répandu sur le sol et urine froide. Il aimait ça, Jo’, c’était comme si l’odeur avait une vieille voix – une de ces voix à mâchonner des clopes plutôt qu’à les fumer – et qu’elle lui chuchotait : « Hey, hey, gamin ! Ici on sauve des vies ! »
À 9 h 58, Jo’ poussa mollement la porte du service quand son téléphone vibra. Sa mère lui annonça la nouvelle qui le fit vaciller. Il promit d’arriver au plus tôt, puis raccrocha. Il tremblait.
Il était alors 10 h 02. À quelques mètres de la chambre 33, il se baissa pour boire à la fontaine à eau dans le couloir, heurta le robinet.
« Fais pas ta chochotte ! » se gronda-t-il, une main posée sur son front qui saignait, l’autre sur la poignée de porte.
Chambre 33…
Aurait-il su ce qui l’attendait dans cette pièce que Jo’ aurait immédiatement fait demi-tour et pris ses jambes à son cou. Car le destin avait décidé qu’il n’arriverait pas à temps pour soutenir sa mère : il resterait dans cet hôpital toute une journée et toute une nuit, et ne le quitterait que le lendemain matin, deux heures avant les lueurs de l’aube, éreinté, l’âme vieillie.
À 10 h 04, Jo’ entra dans la chambre 33, vit Maria Tulith et son enfant de sept ans, allongé sur le lit.
À 10 h 10, il se produisit entre eux ce que Jonas appellerait la « Déchirure ». Toute sa vie, il y aurait un avant et un après cette Déchirure.
À cause d’elle, il partit en voyage, par-dessus les montagnes puis au-delà des mers, jusqu’au bout du monde, pour réinventer sa vie et trouver la vérité.
Avec le fantôme de l’enfant.

Petit bac 2018Couleur (6)

Un sac de billes – Kris et Vincent Bailly

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Futuropolis – février 2017 – 128 pages

Futuropolis – avril 2011 – 64 pages  (tome 1 : Partie 1)

Futuropolis – novembre 2012 – 64 pages  (tome 2 : Partie 2)

Quatrième de couverture :
Traduit dans le monde entier, dont récemment en Chine, avec quelque 25 millions d’exemplaires vendus, Un Sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joffo y raconte ses souvenirs de jeune Juif durant l’Occupation allemande. La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Auteurs : Kris est né en 1972, vit en Bretagne.
Il se lance dans la BD en 2002: Toussaint 66, puis Le Déserteur.
2006: Un Homme est mort et Le Monde de Lucie.
2008: Coupures Irlandaises et Les Ensembles contraires.
2009: Les Ensembles contraires, tome 2 et Notre Mère la Guerre.
Vincent Bailly, qui naît à Nancy en 1967 et fait ses études à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg, réside à présent à Chalons-en-Champagne avec sa famille. Ses deux premières années professionnelles sont consacrées aux dessins de presse et à l’illustration de livres pour enfants, mais c’est une période difficile car son trait est plutôt dur, rêche et brut. Il rencontre Roger Seiter et Isabelle Mercier, tous deux scénaristes de bandes dessinées, qui lui proposent une collaboration. À la veille d’une signature de contrat pour son premier album, un poste de professeur de dessin lui est proposé, mais il décline l’offre, délaissant la perspective d’un travail plus stable au profit d’une aventure, celle de Coeur de Sang. Amateur de bandes dessinées depuis longtemps, il aime beaucoup Druillet, Corben et Loisel, qu’il compte d’ailleurs dans ses principales influences, tout comme Miller, Mignola et Thierry Robin.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est l’adaptation en BD du roman « Un sac de billes» de Joseph Joffo, un classique de la littérature jeunesse. En septembre 1941, Jo a 10 ans, c’est un gamin parisien, joyeux, farceur et dégourdi du 18e arrondissement. C’est le petit dernier d’une fratrie de six, complice de Maurice est son aîné de deux ans. Les Allemands occupent Paris et le port de l’étoile jaune devient obligatoire pour tous les Juifs. Leurs parents décident que leurs deux cadets doivent fuir et gagner la zone libre pour rejoindre leurs frères aînés installés à Menton. Avec un peu d’argent et l’importante consigne : « Ne dis jamais que tu es juif ! », Joseph et Maurice partent pour un long voyage vers la liberté. Grâce à leur débrouillardise, à leur bon sens, à leur courage, à l’aide d’hommes justes et à la chance, ils vont réussir cette entreprise un peu folle…
Cette bande dessinée fidèle au récit d’origine est un bon moyen de découvrir le témoignage autobiographique de l’auteur du haut de ses dix ans.

Extrait :

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Petit bac 2018Objet (6)

Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 12 ans – Riad Sattouf

51IwS05hfNL Allary éditions – janvier 2018 – 54 pages

Quatrième de couverture :
Dans ce troisième tome, Esther entre en sixième ! L’élection présidentielle, son premier téléphone portable, Manuela son hamster, l’arrivée de l’acné, son frère complotiste, son père mélenchoniste, sa mamy lepéniste, le président Macron l’Illuminati ou son amour pour la galette saucisson-abricot… Esther grandit, c’est l’année de ses 12 ans !

Auteur : Riad Sattouf est l’auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l’un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d’Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L’Arabe du futuren 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en août 2018)
Voici l’histoire des 12 ans d’Esther. Elle fait sa rentrée en 6ème dans le collège de prestige du centre de Paris. En cours d’Histoire, elle étudie la période des Grecs et cela l’intéresse beaucoup. Elle imagine même des déesses plus modernes…
C’est la catastrophe, Trump a été élu président d’Amérique.
Au collège, certains garçons de 4ème bousculent les « petits » de 6ème. Esther a voulu s’interposer et défendre une victime et elle s’est pris une gifle !
L’utilisation du portable est interdite au collège. Esther a honte du Nokia que lui a offert son père. Il faut avoir un Iphone. Elle va finalement réussir à obtenir le vieux Iphone3 de son père…
Mise en abîme, Esther donne son avis sur l’album BD « Les cahiers d’Esther » !
Esther s’intéresse aux candidats à l’élection Présidentielle. Elle s’imagine elle-même candidate… Elle s’intéresse également aux « dictateurs » comme Trump, Poutine, le président Turc et Marine Le Pen qui « aimerait trop être dictatrice ».
Faire un exercice « Alerte attentat » au collège, cela traumatise les élèves et les professeurs !
Esther aime toujours observer Gaëtan, son petit frère, qui aura 2 ans en novembre. Il adore les camions poubelles. A son âge, Esther adorait plutôt les poupées et les baigneurs. « Nous naissons fille ou garçon avec nos points communs et nos immenses différences »
Et si « Les cahiers d’Esther » devenait un film ? Esther a déjà des idées de castings…
Une BD toujours aussi fraîche et passionnante à lire pour découvrir les préoccupations des jeunes d’aujourd’hui… J’attend le suite avec impatience !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

100708942 L’Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

106163512 L’Arabe du futur – Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

114098671 L’Arabe du futur – Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987

61Xcfw864ML Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 10 ans

51ZNjb2mdML Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 11 ans

 

Max – Sarah Cohen-Scali

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Gallimard jeunesse – mai 2012 – 480 pages

Gallimard jeunesse – avril 2015 – 480 pages

Quatrième de couverture :
« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »
Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Auteur : Sarah Cohen-Scali est née en 1958. Après des études de lettres, de philosophie et d’art dramatique, elle s’est finalement consacrée à la littérature, sa grande passion. Elle a écrit une quarantaine de romans et nouvelles, son domaine de prédilection étant le roman noir. Sarah vit à Paris avec sa famille.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Début septembre, j’ai été retenue par Babelio pour la rencontre avec Sarah Cohen-Scali pour son nouveau livre « Orphelins 88 ». En attendant la réception du livre, c’était la bonne occasion  de lire « Max » le premier livre de l’auteur sur la même thématique. 
1936, en Bavière, le roman commence dans dans le premier foyer du programme « Lebensborn » organisé par Himmler. Il s’agit de sélectionner des femmes aryennes qui seront accouplées à des officiers SS pour donner naissance à des bébés parfaitement aryens afin de créer une jeunesse parfaite.
Le narrateur, Max, est un bébé prêt à naître, déjà empreint de l’idéologie nazi depuis le ventre de sa mère, il veut absolument à voir le jour le 20 avril, date anniversaire du Führer. Il sera le premier à naître de ce terrifiant programme eugénique, il passera l’ épreuve de sélection. Max est le prénom que lui a donné secrètement sa mère, dont il sera rapidement séparé. Il est rebaptisé Konrad et grandit, sans maman, sans tendresse, éduqué dans la doctrine nazie. Il devient rapidement la mascotte du foyer et échappe à l’adoption. Max nous raconte tout ce qui se passe dans le foyer, ce qu’il voit, ce qu’il comprend par lui-même… Dès l’âge de quatre ans, il est utilisé pour kidnapper des enfants polonais ayant les caractéristiques aryennes… Max est de plus en plus un petit « robot » nazi, sans cœur et sans scrupule. C’est sa rencontre avec Lukas, un jeune polonais, qui va le faire évoluer. Pour la première fois de sa vie, il ressent un sentiment envers quelqu’un, Max voudrait que Lukas devienne son ami… Le lecteur va suivre le duo évoluer jusqu’en 1945…

Évidement, c’est un roman, mais tout ce qui est arrivé dans le traitement des futurs mères, des bébés, des enfants est historiquement vrai. Sarah Cohen-Scali a fait un immense travail de documentation autour des Lebensborn et programmes nazis autour de la jeunesse. C’est incroyable, terrifiant, et immensément dérangeant. 
Roman coup de poing et inoubliable !
Cependant, je suis très surprise que ce livre ait été édité dans une collection jeunesse… A ne pas lire avant 14 ans !

Extrait : (début du livre)
Je ne sais pas encore comment je vais m’appeler. Dehors, ils hésitent entre Max et Heinrich. Max, comme Max Sollmann, le directeur administratif du foyer qui va bientôt m’accueillir. Ou Heinrich, en hommage à Heinrich Himmler qui, le premier, a eu l’idée de ma conception et celle de mes camarades à venir.
Personnellement, j’aurais une préférence pour Heinrich. J’ai beaucoup de respect pour Herr Sollmann, mais il faut toujours viser haut dans la hiérarchie. Herr Himmler est plus important que Herr Sollmann. Il n’est ni plus ni moins que le bras droit du Führer.
Peu importe de toute façon, on ne me demandera pas mon avis.
Nous sommes le 19 avril 1936. Bientôt minuit.
J’aurais dû naître hier déjà, mais je n’ai pas voulu. La date ne me convenait pas. Alors je suis resté en place. Immobile. Figé. Oh ! Ça fait souffrir ma mère, bien sûr, mais c’est une femme courageuse et elle supporte ce retard sans se plaindre. D’ailleurs, je suis certain qu’elle m’approuve.
Mon vœu, le premier de ma vie à venir, est de voir le jour le 20 avril. Parce que c’est la date anniversaire de notre Führer. Si je nais le 20 avril, je serai béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde.
À l’heure où je vous parle, je suis donc dans le ventre de ma mère et ma naissance est imminente. Plus que quelques minutes à tenir. Mais en attendant, vous n’avez pas idée du trac qui me noue les tripes ! Je suis si inquiet ! Bien que je n’aie aucune raison d’en douter, je crains que le duvet de mon petit crâne de bébé, et plus tard lorsqu’ils pousseront, mes cheveux, ne soient pas assez blonds. Or il faut absolument qu’ils soient blonds ! Un blond platine. Le plus clair possible, sans la moindre nuance de châtain qui pourrait les ternir. Mes yeux, je les veux bleus. Un bleu transparent, comme une eau pure qu’on ne pourrait contempler sans avoir l’impression de s’y noyer. Je veux être grand et fort…

Petit bac 2018Mot Unique (7)

Code 93 – Olivier Norek

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Michel Lafon – avril 2013 – 363 pages

Pocket – octobre 2014 – 360 pages

Quatrième de couverture :
Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.
Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le  » Code 93  » ?
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison…

Auteur : Olivier Norek est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quatorze ans. Code 93 est son premier livre.

Mon avis : (lu en août 2018)
C’est le premier roman policier d’Olivier Norek qui est lui-même lieutenant de police dans le 93.
Un premier roman qui n’hésite pas à évoquer les difficultés des policiers dans leur travail : le manque de moyens matériels, les sous effectifs, les réactions négatives d’une partie de la population… Olivier Norek décrit avec beaucoup de justesse la réalité du 93, un département coupé de ses voisins, notamment de Paris, qui est laissé dans une grande précarité. Il nous entraîne dans une enquête sordide où la misère sociale se confronte aux hautes sphères du pouvoir, il est question de sexe, de drogues, de règlements de compte. L’intrigue est convaincante et rythmée. Le capitaine Victor Costes et son équipe de policiers haut en couleurs sont attachants et soudés. Et je n’hésiterai pas à découvrir les autres enquêtes de Costes !

Extrait : (début du livre)
Mars 2011
La taille pouvait correspondre. L’âge certainement. Quant au physique, il était difficile d’être affirmatif. Le vieux Simon décrocha son téléphone et, avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas faire naître trop d’espoir, annonça :
– J’ai peut-être une piste.
À l’autre bout du fil, la voix de la vieille dame ne se fit pas plus forte qu’un souffle.
– Camille ?
– Sans certitude, madame.
Avant de raccrocher, Simon indiqua à son interlocutrice l’heure et l’adresse du rendez-vous, à la morgue de l’Institut médico-légal de Paris.
Découverte à moitié nue, sans vie et sans identité dans un squat de la commune des Lilas, en Seine-Saint-Denis, elle devait avoir vingt ans. Au maximum. À l’autopsie, le docteur Léa Marquant l’avait entaillée de la base du cou au pubis, d’un trait de scalpel, sans forcer plus qu’une caresse. Dans son corps ouvert se lisaient les effets d’une consommation abusive de drogues et d’alcool ainsi que le résultat de relations sexuelles si violentes qu’on ne pouvait les imaginer consenties. Jamais auparavant dans sa carrière de médecin légiste elle n’avait utilisé l’expression de « délabrement périnéal massif ». Comment en était-on arrivé là ? Quelles barbaries avait-elle dû subir pour qu’il n’y ait littéralement plus de paroi entre le vagin et l’anus ?
Dans les siennes elle avait pris ses mains salies, frôlé ses cheveux puis passé le bout des doigts sur les blessures de son visage. Elle avait regardé alentour, car ces choses-là ne se font pas. Elle avait ôté ses gants en latex et recommencé les mêmes gestes. Elle s’était laissée aller au pire des maux de son métier, l’empathie.
Alors quand, au hasard de sa lecture, elle avait vu quelques jours plus tard sur l’agenda de l’IML(1) qu’une reconnaissance par un membre de la famille était prévue, Léa Marquant avait voulu en assurer le déroulement. Rien n’obligeait la légiste mais elle y tenait. Pour elle. Et pour Elle aussi.

(1) Institut médico-légal

Déjà lu du même auteur :

516JqzfGETL Entre deux mondes

 

Les petites marées : Rose – Séverine Vidal et Victor Pinel

2053_couv Les Enfants Rouges – octobre 2014 – 60 pages

Quatrième de couverture :
 » Maman est folle. Je crois que je le sais depuis toujours. ça ne m’a jamais fait peur ou honte ou quoi que ce soit de ce style. Elle est folle, démente, tarée, ouf, guedin, crazy, dingue, dingo, à la ramasse, psycho-quelque chose, tout ce que vous voulez. C’est pour cela que je suis partie, pour remettre un peu d’ordre dans ma tête « .

Auteurs :  Séverine Vidal née en 1969, est une auteure jeunesse française. Après avoir été professeur des écoles, elle se consacre à l’écriture à temps plein depuis la rentrée 2011. Son premier livre à destination de la jeunesse a paru en mars 2010 aux éditions Talents Hauts. Elle écrit des romans pour adolescents, des albums Frimousse, des BD ou des séries. Son livre numérique « Conte du haut de mon crâne »a été particulièrement remarqué. Elle anime des ateliers d’écriture (écoles, collèges, lycée, centres sociaux, centres d’alphabétisation…).
Víctor L. Pinel est né en 1988 à Madrid. Amateur de bande-dessinée depuis l’enfance, il décide de commencer une formation artistique à ESDIP à Madrid, à la sortie du lycée. Une fois ses études terminées, il effectue quelques commandes d’illustrations pour enfants et commence à travailler comme animateur, storyboarder et coloriste pour des films d’animation. Il dirige son première court-métrage “Closed” qui sortira en 2015. Dans le même temps, il travaille sur « Les petites marées-Rose », troisième histoire de la collection créée par Séverine Vidal.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Rose est le troisième tome de la série « Les petites marées », ici, Séverine Vidal adapte  son roman « Lâcher sa main » publié en 2011.
Rose  est lycéenne, elle vit seule avec sa mère qui est très malade. Cette dernière est en train de perdre peu à peu la mémoire  et doit bientôt être hospitalisée. Heureusement, Rose est entourée de nombreux amis qui l’aide à s’évader et à se détacher de sa mère avec laquelle le lien est très fort.
Tristan est l’amoureux de Rose, il lui présente sa bande Vampire, Fredo, Matthieu et Marie, Fran et son père Alfredo qui vivent sur un bateau.
Un an après leur rencontre, Rose décide de les accompagner pour un demi-tour du monde sur le voilier. A chaque escale, elle écrit une carte postale pour sa mère et elle se souvient de son enfance avec cette maman originale…

Extrait :

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Petit bac 2018Couleur (5)

Festival America – vendredi 21/09

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Comme prévu, j’ai passée mon vendredi après-midi dans la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville, pour commencer, il y a eu la remise du Prix Page / America 2018.

P1040499_25_75 P1040504_25_75.jpgPascal Thuot (co-organisteur du Festival)                      Hernán Díaz et son éditrice
Claire Gardet (rédactrice en chef de la revue Page des Libraires)

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Puis il était temps du premier Café des Libraires,
Animé par Maëtte Chantrel, autour d’un thème, les auteurs sont interrogés
par un ou une libraire pour présenter leurs derniers livres parus en France.
Au cours de chacune de ces rencontres, la première page de chaque livre présenté est lue par des étudiants du Conservatoire d’Art Dramatique de Vincennes.

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Le premier Café des Libraires sur le thème « Une société corrompue » 
animé par Simon Payen (Librairie Millepages, Vincennes)
avec et Martín Solares, Yanick Lahens, et Wendy Guerra.
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Yanick Lahens (Haïti)                              Wendy Guerra (Cuba)
(et sa traductrice Marianne Millon)

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Martín Solares (Mexique)

J’ai beaucoup aimé le discours de Yanick Lahens, j’ai envie de découvrir ces livres.
Wendy Guerra a une parole plus directe pour dénoncer ce qui se passe à Cuba.
Martín Solares qui parle le français avec un fort accent hispanique évoque la corruption au Mexique et dans son livre, le mot justice est banni, elle n’existe plus…
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Le deuxième Café des Libraires sur le thème « Une jeunesse tronquée »
animé par Christophe Daniel (Librairie La 25ème heure, Paris 14ème)
avec Kristopher Jansma, Jacqueline Woodson et Karla Suárez

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Kristopher Jansma (États-Unis)                 Jacqueline Woodson (États-Unis)

P1040528_25_75Karla Suárez (Cuba)

Jacqueline Woodson et Karla Suárez (qui parlait très bien le français) m’ont donné envie de découvrir leurs deux livres. Il est question de Brooklyn dans les années 70 à 90, quartier populaire, pour la première. Et du rapport de Cuba avec la guerre d’indépendance de l’Angola de 1975 à 1990, pour la seconde.

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Le troisième Café des Libraires est un spécial John Irving
animé par Pascal Thuot (Librairie Millepages, Vincennes)
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A l’occasion du 40ème anniversaire de la parution son livre « Le Monde selon Garp »,
John Irving est l’invité d’honneur du Festival America et une édition collector sort chez Seuil. Au grand regret de John Irving, le sujet de son livre est toujours d’actualité en 2018. Il est question de féminisme, de l’acceptation des minorités sexuelles…
L’échange a été très intéressant et plein d’humour…

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Avant de repartir, je fais un petit tour du Salon du Livre pour une récolte de quelques marque-pages, je craque pour le tote bag du Festival…
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Comme à chaque édition, j’ai passé une très bonne après-midi,
dépaysante et enrichissante…

Site du Festival America 2018

Catalogue du Festival America 2018

Videos du Festival America 2018