La Chambre des merveilles – Julien Sandrel

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – mai 2018 – 5h13 – Lu par Sophie Duez

Calmann-Levy – mars 2018 – 272 pages

Quatrième de couverture :
Bouleversant et drôle, le pari un peu fou d’une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves.
Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante
ans.

Auteur : Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France, est marié et père de deux enfants. Aujourd’hui il réalise son rêve d’enfant en publiant son premier roman, La Chambre des merveilles.

Lecteur : Après des études littéraires, Sophie Duez débute sa carrière au cinéma dans le film Marche à l’ombre de Michel Blanc. Elle alterne ensuite les tournages (Quai numéro 1) et le théâtre (Ruy BlasLes monologues du vagin). En 2002 elle devient sociétaire du Théâtre National de Nice : du théâtre classique au plus contemporain elle est dirigée notamment par Daniel Mesguich, Krzysztof Warlikowski, Daniel Benoin, Alfredo Arias ou encore Jérôme Savary, et fait ses premières mises en scène. Elle sera ensuite chargée de mission par la Ville de Nice sur de grands projets culturels et, depuis 2017, mène de front ses activités de comédienne et de conseil en ingénierie culturelle.

Mon avis : (écouté en juillet 2018)
Un très jolie titre pour cette histoire forte et émouvante. Thelma est une mère célibataire très occupée par son travail et par son fils Louis âgé de 12 ans. Ce matin de ce samedi 7 janvier, Louis voudrait confier à sa mère qu’il est amoureux pour la première fois, mais celle-ci est trop préoccupée par son travail… Déçu et furieux, il accélère sur son skate et descend la rue trop vite, il est 10 h 32  et c’est l’accident ! Louis se retrouve dans le coma et Thelma se sent coupable et impuissante face à son fils accidenté.
Quelques jour plus tard, alors que l’état de Louis ne s’améliore pas, Thelma trouve dans la chambre de son fils un petit carnet où Louis a dressé une liste des expériences qu’il voudrait vivre pendant sa vie.
Pour rester auprès de son fils et l’aider à se réveiller, Thelma décide de quitter son travail et de réaliser, par procuration, les rêves de son fils… Elle filmera ses exploits pour les diffuser dans la chambre d’hôpital n°405 qui va devenir « la chambre des merveilles ». C’est un récit à deux voix, car Louis intervient ponctuellement pour raconter ce qu’il ressent, il donne ainsi l’espoir qu’un jour il pourra se réveiller et cela confirme l’intuition de Thelma. Ainsi, même s’il ne réagit pas, il entend ce qui se passe autour de lui.
Un roman à la fois, triste, drôle, pleine d’espoir et d’amour. J’aime également beaucoup la couverture du livre !
La lectrice est très agréable à écouter. A découvrir !

Merci Pauline et Audiolib pour ce livre émouvant et fort.

Extrait : (début du livre)
— Louis, c’est l’heure ! Allez, je ne le répète plus, s’il te plaît lève-toi et habille-toi, on va être à la bourre, il est déjà 9 h 20.
C’est à peu près comme ça qu’a commencé ce qui allait devenir la pire journée de toute mon existence. Je ne le savais pas encore, mais il y aurait un avant et un après ce samedi 7 janvier 2017, 10 h 32. Pour toujours il y aurait cet avant, cette minute précédente que je désirerais figer pour l’éternité, ces sourires, ces bonheurs fugaces, ces photographies gravées à jamais dans les replis sombres de mon cerveau. Pour toujours il y aurait cet après, ces “ pourquoi ”, ces “ si seulement ”, ces larmes, ces cris, ce mascara hors de prix sur mes joues, ces sirènes hurlantes, ces regards remplis d’une compassion dégueulasse, ces soubresauts incontrôlables de mon abdomen refusant d’accepter. Tout ça, bien sûr, m’était alors inaccessible, un secret que seuls les dieux – s’il en existait, ce dont je doutais fort – pouvaient connaître. Que se disaient-elles alors, à 9 h 20, ces divinités ? Un de plus, un de moins, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Tu es sûr de toi ? Pas forcément, mais pourquoi pas ? C’est vrai après tout pourquoi pas, ça ne changera pas la face du monde. J’étais loin de tout ça, loin des dieux, loin de mon cœur. J’étais juste moi, à cet instant précis si proche du point de basculement, de rupture, de non-retour. J’étais moi, et je pestais contre Louis qui décidément ne faisait aucun effort.

Petit bac 2018Mot positif (5)

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Visitons les phares de France – Clémentine Le Moigne

Lu en partenariat avec Babelio et Locus Solus éditions

CVT_Visitons-les-Phares-de-France_6462 Locus Solus éditions – juin 2018 – 128 pages

Quatrième de couverture :
Les joyaux du patrimoine maritime.
Une cinquantaine de phares sont visitables en France, offrant le plus souvent la montée à la tour et la vue imprenable, mais aussi un voyage dans la glorieuse histoire de la signalisation maritime.
Ils s’égrènent le long du littoral de l’Hexagone et en Outre-Mer. S’ils sont l’héritage d’un service public national, ils n’en affichent pas moins des contours qui donnent à chacun son identité.
Après un aperçu général des Phares et Balises et des précisions techniques, entrez dans ces sites uniques, de la maison du gardien jusqu’à la lentille de Fresnel, tout là-haut, après quelques dizaines (voire centaines) de marches !
Laissez-vous gagner par la beauté des sentinelles de la mer.

Auteur : Clémentine Le Moigne est depuis 2009 chargée du patrimoine culturel immatériel à la Fédération Régionale pour la Culture et le Patrimoine Maritime (FRCPM Bretagne). Ethnologue de formation, c’est une passionnée du patrimoine maritime qui œuvre à la sauvegarde et sa mise en valeur.

Photographe : Alain Roupie est photographe professionnel depuis une vingtaine d’années. Dans la lanterne d’un phare ou sur un navire, il sait saisir la beauté des paysages, le geste du professionnel ou un détail insolite. Amoureux de la Bretagne et de l’île de Groix où il a posé son sac, il expose dans son atelier Pixels de mer à Port-Tudy.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Depuis très longtemps, je suis fascinée par les phares. Chacun a son histoire, lors de sa construction, mais également lors de son exploitation, ses gardiens (seulement de passage depuis l’automatisation), ses bateaux sauvés ou échoués… chacun a ses caractéristiques, couleurs, nombre d’éclats ou fixe…
Architecturalement, tous les phares sont différents, il faut bien que les marins puissent les distinguer facilement pour se repérer…
Dans ce guide très complet sont recensés les phares de France (essentiellement en Métropole, il y a également deux phares ultramarins) que l’on peut visiter.
Une longue introduction présente la mission des phares, le service des Phares et Balises, un peu d’histoire, l’évolution technologique, le classement des phares selon leur portée et leur type d’éclairage…
Puis on passe en revue 47 phares, bateau-feu, feux et maisons-phares de France du nord au sud depuis Dunkerque jusqu’à Sartène en Corse, sans oublier le phare Amédée en Nouvelle-Calédonie et le phare de Bel-Air à La Réunion pour l’Outre-Mer. Pour chacun, une double page où l’on trouve sa localisation, un peu d’histoire sur le phare, des photos, une carte d’identité (date de construction, de mise en service, la hauteur, l’élévation (càd la hauteur au-dessus de la mer), la portée, la signature lumineuse, le type d’optique, la date d’automatisation et s’il est classé), les coordonnées géographiques, le site internet et numéro de téléphone où l’on pourra trouver les informations plus précises pour notre visite et une description succinct de ce qu’il y a à voir lors de la visite.
Et pour conclure, quelques pages avec la recette « du far au four du phare du Four », deux jeux de reconnaissance autour de l’architecture des phares ou des superlatifs et un lexique avec des mots du vocabulaire maritime.

Merci à Babelio et Locus Solus éditions , petite maison d’éditions bretonne, pour ce guide qui donne vraiment envie de faire une tour de France des phares !

 

Extrait :

couv2(c) Didier Grimberg : le phare de Biarritz

couv1(c) CRT Bretagne, Donatienne Guillaudeau : le phare d’Eckmühl
(c) Alain Roupie : la lanterne du phare de Cordouan, l’escalier du phare de la Coubre

Qaanaak – Mo Malø

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

515gGZkWBiL Editions de La Martinière – mai 2018 – 496 pages

Quatrième de couverture : 
Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecœur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?
Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

Auteur : Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Je viens à peine de commencer la lecture de ce roman policier et je suis déçue et en colère de découvrir que Mo Malø est le pseudo d’un auteur français… Tout d’abord car je pensais lire un auteur danois (pour mon Challenge Voisins Voisines autour des auteurs européens sauf français). J’ai été abusée par le bandeau du livre « Le polar qui vient du Groenland » est vraiment trompeur… Encore de la publicité mensongère !
Heureusement, après lecture, je reconnais qu’à travers une intrigue bien construite et passionnante l’auteur m’a embarqué au Groenland et j’y ai découvert beaucoup d’informations, sur la vie dans le Grand Nord, « dans ce pays constitutif du royaume de Danemark et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne »,  dans la deuxième plus grande île du globe avec une superficie équivalente à environ 3,5 fois la France. Le contexte politique avec le statut particulier d’autonomie, le contexte économique avec les enjeux pétrolier et écologique sont parties prenantes de cette histoire. La culture inuit est également présente avec les esprits de Sila, Nanook, Nuna, les « kaffemik » (pauses cafés), leur attachement pour leurs chiens… Et bien sûr, les paysages sont à couper le souffle…
L’enquête, plutôt complexe, est bien mené par le capitaine Qaanaaq Adriensen venu de Copenhague et l’inspecteur inuit Apputiku. Ce qui vient du Danemark, n’est pas vraiment le bienvenue…
Qaanaaq Adriensen porte un prénom inuit, car originaire du Groenland, il est le seul rescapé d’un massacre qui a détruit sa famille. Il avait 3 ans lorsqu’il a été envoyé au Danemark pour être recueilli par une famille adoptive. En arrivant pour son enquête sur la terre de ses ancêtres, il ne ressent rien et aucune attirance pour cette contrée hostile.
Qaanaaq est également le nom de la localité la plus septentrionale du Groenland, situé au nord-ouest, elle a été créée en 1953 avec l’aide des États-Unis pour loger les Inuits qui y ont été exilés de force, lors de la construction de la base aérienne de Thulé sur leurs terres ancestrales.
Apputiku, toujours souriant, accueille avec beaucoup de chaleur et de bienveillance ce collègue venue de Copenhague, aussi bien dans le cadre professionnel, que personnel car il invite Qaanaaq à habiter chez lui.
J’ai finalement beaucoup aimé ce roman policier, son cadre, ses enquêteurs attachants et professionnels et l’intrigue efficace et passionnante.

Merci Arnaud et les éditions de La Martinière pour cette belle découverte et ce  dépaysement dans l’immensité arctique.

Extrait : (début du livre)
L’enfant ouvre les yeux sur la nuit polaire.
Sous sa couverture de phoque, ce n’est pas de froid que grelotte la petite créature – elle a l’habitude. Elle vit déjà son troisième hiver interminable. Elle connaît tous les trucs, toutes les règles : les trois couches pour commencer, une en coton, une en laine, puis la peau tannée. Les tonnes de graisse animale à avaler chaque jour, comme une cuirasse calorique. Ça la dégoûte un peu. Mais il faut s’y faire.
Non, c’est autre chose qui l’a saisie. L’a arrachée au repos. Une autre évidence échappée des immensités blanches, bleutées de lune, qui a pris le pas sur son rêve.
Tous les Inuits le savent : rien de bon ne naît dans les songes.

Au-dehors, la violence des rafales cogne contre les pans de cuir tendus comme sur un tambour. Les esprits de la banquise hurlent la colère obstinée de leur vent fou – le pitaraq venu du désert de l’inlandsis. Ils n’annoncent que malheur. Ils parlent de peur, de larmes, de désolation. Ils répètent les visions funestes de l’angakkuq du village – mais qui écoute encore les élucubrations du chamane, de nos jours ?
Les coups rythment les battements sourds du cœur de l’enfant. Pourtant, sous la tente, tout est paisible. Dans un coin, un minuscule poêle à huile dispense son faible halo. Sila, l’âme de la famille, est en parfaite harmonie avec Nuna, leur terre nourricière. Sans cela, ils n’auraient pas mangé à leur faim avant le coucher. Sans cela, ils n’auraient jamais tenu jusqu’ici, tous les quatre. Son père n’est peut-être pas le meilleur chasseur de la région, ce n’en est pas moins un fier pisteur de narvals et d’ours. Les sens affûtés et l’instinct clair. S’il y avait un danger quelconque, il serait déjà debout. Le fusil épaulé. Aux aguets. Sa mère et Aka n’ont pas bougé non plus, amas de corps familiers, chaud et rassurant.
Mina perçoit l’odeur de mort qui rôde autour des peaux de rennes. Remparts dérisoires. La veille, une épaisseur de neige fraîche a recouvert la glace. Des bruits de pas ne seraient guère plus audibles que sur un tapis.
Mina écoute.
Le silence profond est parfois plus effrayant que les plus lugubres des plaintes.
– Anaana ! Anaana ! souffle l’enfant vers sa maman.
C’est peine perdue. Sa mère dort, prisonnière des qivitoq, les esprits malins qui accaparent son sommeil.

Petit bac 2018Lieu (6)

Je vais rester – Hubert Chevillard et Lewis Trondheim

A1I7PXo-XwL Rue de Sèvres – mai 2018 – 125 pages

Quatrième de couverture :
Fabienne et Roland débarquent à Palavas pour passer la semaine. Roland a tout payé, tout organisé et scrupuleusement consigné chaque étape du séjour dans un carnet. Ils s’apprêtent à déposer leurs bagages à l’appartement. Soudain, elle se retrouve seule. Stupeur, déni… Contre toute attente, elle décide de rester.

Auteurs : Né en 1962 à Angers, Hubert Chevillard dessine des histoires depuis l’enfance. Il fait ses classes à l’école des Beaux-Arts d’Angoulême puis travaille dans l’animation. Il publie ses premières planches dans le magazine Pilote avec Conjoint avant de dessiner les 4 tomes de la série Le Pont dans la vase, scénarisée par Sylvain Chomet. Puis, Les archives de la planète une série de récits courts dans Fluide Glacial avec Corcal. Je vais rester écrit par Lewis Trondheim est son premier album chez Rue de Sèvres. Il vit actuellement à Montpellier.
Né à Fontainebleau en 1964, Lewis Trondheim attrape le virus du livre grâce à ses parents libraires. Après un CAP de dessin industriel, il entre dans une école de graphisme publicitaire. En 1990, il fonde l’Association avec, entre autres, Jean-Christophe Menu, Mattt Konture et Mokeït. Suite à la publication de plusieurs fanzines, il se lance le défit de créer un bande dessinée de 500 pages, sans crayonnés, sans scénario, et en respectant un format gaufrier de trois cases sur quatre. De ce défit nait Lapinot et les carottes de Patagonie, que beaucoup qualifient d’« ouvrage clé de l’œuvre de Trondheim ». En 1993, il participe à la création de l’OuBaPo (Ouvroir de bande dessinée potentielle), un pendant de l’OuLiPo. Par la suite, il s’essaie à l’animation avec « Les aventures d’une mouche ». Il reçoit en 2006 le Grand Prix d’Angoûleme. Il vit actuellement à Montpellier.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Cela commence comme un séjour d’une semaine de vacances, en amoureux au bord de la mer : Fabienne et Roland arrivent à Palavas, Roland est très organisé, il a tout prévu, tout est noté sur son petit carnet… Et à peine quelques heures après leur arrivée, Fabienne se retrouve seule (à vous de découvrir pourquoi, en lisant la bd…) 
Elle décide malgré tout de rester et de suivre le programme concocté par Roland pour ces quelques jours de vacances…
Une BD surprenante, touchante où il est question de la vie, de la mort , de l’amitié, de rencontres… On suit Fabienne qui est dans un entre-deux, elle ne réalise pas encore ce qui vient de se passer, elle est dans une certaine errance, une pause dans sa vie… Elle va faire la rencontre de Paco, un homme original et bienveillant. Il a compris que Fabienne est dans le désarroi, il va avec discrétion et justesse savoir être, par moment, une présence qui l’accompagne…
Le dessin est léger et lumineux, contrairement au sujet… 

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Jamais – Bruno Duhamel

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Quatrième de couverture :
Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. Grignotée par la mer et par le vent, la falaise recule inexorablement chaque année, emportant avec elle le paysage et ses habitations. Le maire du village a réussi à protéger ses habitants les plus menacés. Tous sauf une nonagénaire, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine veut continuer à vivre avec son chat et le souvenir de son mari, dans SA maison. Madeleine refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

Auteur : Né en 1975 en Seine-Maritime, après des années de lycée laborieuses et une année de Faculté d’Arts Plastiques, il entre aux Beaux-Arts d’Angoulême, hésite deux ans entre la 3D et le design Internet, et choisi finalement la bande dessinée. Après plusieurs collaborations avec divers scénaristes, Kochka, Harlem, Butch Cassidy,  Je suis PAS petite !!!, Le Père Goriot, Les Brigades du temps, Le Voyage d’Abel… Il signe, avec  Le Retour, son premier album en solo.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Madeleine est une vieille dame rebelle, aveugle de naissance, vivant seule avec son chat depuis la disparition de son mari en mer. Elle refuse de quitter la petite maison qu’elle habite en haut de la falaise. Une falaise érodée par la mer et le vent, une falaise qui recule et où la maison de Madeleine est de plus en plus proche de s’effondrer…
Madeleine est têtue, elle ne veux pas quitter sa maison, où sont tous ses souvenirs, en particulier ceux avec son mari avec qui elle continue à discuter comme s’il était toujours vivant…
Cette bande dessinée est pleine de fraîcheur et d’humour et pourtant le sujet est grave, il est question de liberté de choisir et du temps qui passe.
Le lecteur est ému par Madeleine et admiratif par son obstination à résister…

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Petit bac 2018Mot unique (5)

Hunter – Roy Braverman

Lu en partenariat avec Babelio et Hugo & Cie

CVT_Hunter_3805 Hugo & Cie – mai 2018 – 352 pages

Quatrième de couverture :
Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?
Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues. Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Auteur : Plus connu sous le pseudo Ian Manook, Roy Braverman est l’auteur de la série à succès Yeruldelgger. Le premier opus de la série a été récompensé en 2014 par : le Prix des lectrices Elle, le Prix SNCF du Polar et le Prix Quais du Polar. Hunter est le premier titre d’une nouvelle série de trois sous le pseudo Roy Braverman.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Roy Braverman, alias Ian Manook, alias Patrick Manoukian (son vrai nom) a écrit ce thriller comme un film ! C’est le premier d’une trilogie, celui-ci se passe dans les Appalaches, le numéro 2 se passera en Alaska et le dernier en Louisiane. Il nous explique l’origine de son nouveau pseudo dans la préface de ce livre…
A Pilgrim’s Rest, petite ville isolée des Appalaches, plusieurs couples ont été victimes d’un tueur en série. Les hommes ont été retrouvés assassinés et les femmes ont disparu sans laisser de traces. Hunter a été condamné à mort pour ces crimes et après douze années de prison, il s’évade. Freeman, ancien policier et père de l’une des victimes, s’est lancé à ses trousses, obsédé par l’affaire et ayant étudié les différents crimes et son auteur, il sait que ce dernier va retourner sur les lieux de ses crimes et il compte bien le faire avouer où il a caché ses victimes féminines…
L’intrigue est posée mais bien sûr elle sera bien plus complexe que cela et des rebondissements inattendus vont se succéder avec beaucoup de rythme…
L’écriture est très cinématographique et lors de la première rencontre entre Freeman et Hunter, il s’en suit une scène cataclysmique, inoubliable pour le lecteur…
C’est un vrai roman noir, dans le ton, dans les thèmes abordés et heureusement l’auteur n’a pas oublié quelques touches d’humour pour permettre au lecteur de souffler un peu dans toute cette noirceur.
L’auteur prend beaucoup de soins à décrire la psychologie de chacun de ses personnages, le lecteur ne peut donc pas être indifférent, certains le touchent, il en déteste d’autres, il a très envie de connaître leur sort…
J’ai regretté que dans cette histoire l’environnement et la nature soient moins présents que dans la série Yeruldelgger…

Extrait : (début du livre)
Leur putain de mère s’est tirée. Leur putain de mère à tous les deux. Un père et un nom pour lui, un autre père et un autre nom pour son frère. Tous les deux de passage, les pères. Un à seize ans, l’autre à dix-huit ans, et à vingt et un ans elle se tire avec un courtier de New York en vacances qui abandonne femme et mômes dans son chalet de location pour le petit cul de leur maman moulé dans un short en vichy rose trop court. Ce fumier d’assureur leur a piqué le peu de mère qu’ils avaient encore avec ses taloches à tout va, ses repas de conserves, ses coucheries hurlantes et ses gueules de bois à la semaine. Elle se laissait prendre devant eux, tous les deux debout au garde-à-vous au pied du lit quand ses amants tordus l’exigeaient, en la baffant à grands revers de chevalières. Il sent encore la main de son frère serrer la sienne jusqu’à s’en blanchir les articulations, pour qu’il arrête de pleurer et ne se prenne pas la gifle de trop qu’il ne pourrait pas encaisser dans sa petite gueule de simplet. Et quand ces types en rut étaient partis, elle les attrapait et les serrait fort contre elle, contre son corps nu et chaud sur le lit défait, encore tout visqueux de tous ces cons.
Il enfouit son visage dans ses poings blanchis par la rage et se frappe le front pour chasser le goût amer de la peau de sa maman, quand il chialait dessus en reniflant. La sensation du grain de ses tétons marron encore bandés dans la paume de sa petite main de môme. L’odeur aigre de son sexe ouvert comme une blessure. Sa maman, sa petite maman ! Il s’en veut d’en bander encore quand il y repense. Il s’en frappe la tête tous les soirs à cinquante ans passés. Il se donne des coups comme ceux qu’elle prenait quand ces types s’énervaient contre elle, avec leurs braquemarts bringuebalant dans la bagarre. Comme des armes dont ils réussissaient toujours à la pénétrer. À la clouer quelque part. Dans des rugissements qui finissaient en borborygmes. C’est là qu’il avait appris que l’amour se donne et se prend dans les pleurs et la douleur. Dans la haine, dans la hargne, dans les coups. Dans ces hurlements injurieux qui se terminaient toujours en supplique. Et soudain Lyvia, la petite Lily, leur petite maman, jeune comme une grande sœur, finissait debout, pantelante, écartelée, transpercée, clouée au mur par le sexe de ces gros dégueulasses. Comme morte, les pieds à trente centimètres du sol.

Petit bac 2018Mot unique (4)

Mille soleils – Nicolas Delesalle

81ZRVZdmMhL Prélude – janvier 2018 – 256 pages

Quatrième de couverture :
Ils sont quatre, réunis en Argentine par le travail et des passions communes. Vadim le taiseux aime la physique des particules, et le bel Alexandre a installé des panneaux solaires sur les 1 600 cuves de l’observatoire astronomique de Malargüe. Avec ses yeux clairs, Wolfgang est un astrophysicien rêveur, spécialiste des rayons cosmiques d’ultra haute énergie. Quant au jeune Simon (qui consulte toujours Clint Eastwood avant de se décider), il doit écrire un article sur ces rayons pour le CNRS. Ils ont quelques heures pour parcourir 200 kilomètres de piste et prendre leur avion à Mendoza. Pourtant, en une seconde, leur existence va basculer.
Que faire quand le drame survient et que, du haut d’un volcan, seul le ciel immense de la pampa vous contemple ?
Avec ce huis clos à ciel ouvert, Nicolas Delesalle signe une histoire d’une intense émotion parcourue de paysages sublimes, d’instants tragiques mais aussi d’humour et de poésie. Un roman envoûtant, qui reste longtemps en tête une fois le livre refermé.

Auteur : Né en 1972, grand reporter à Télérama pendant quinze ans, directeur de l’ouvrage Télérama 60 ans publié aux Arènes, Nicolas Delesalle est l’auteur d’Un parfum d’herbe coupée et du Goût du largeMille soleils est son troisième roman. 

Mon avis : (lu en juin 2018)

Ils sont quatre hommes dans une voiture, parcourant une piste en direction de Mendoza pour aller prendre leur avion de retour après quelques jours en Argentine en mission pour des travaux d’astrophysique.
Ils vont croiser une femme qui voyage seule sur une bicyclette.
Vadim, chercheur en physique des particules, le conducteur de la voiture est un taiseux.
Wolfgang, un astrophysicien, « spécialiste des noyaux actifs des galaxies et des rayons cosmiques », c’est un malchanceux de naissance, il a l’habitude et finalement prend ses coups durs avec philosophie…
Alexandre est le beau gosse, il y a un an, il est tombé amoureux, pour la première fois, de Léna, une jolie Russe. Mais six mois plus tard, elle est partie avec un autre homme. Alexandre ne s’en ai pas remis.
Simon, journaliste, est chargé de rédiger un article sur les rayons cosmiques pour le CNRS. C’est un hypocondriaque, pour se donner du courage, il prend pour modèle Clint Eastwood.

A 59 ans, sur un coup de tête, Mathilda a quitté l’Afrique du Sud et sa famille pour partir traverser l’Amérique du nord au sud à vélo.
9h 23 min 58 s, c’est l’accident au cœur de l’immensité désertique de l’Argentine.
Le lecteur va découvrir cette journée particulière (entre 7h35 et 22h10), pour chacun de nos cinq personnages. 
Confrontés à l’immensité de la nature, à la solitude, à l’adversité, à l’urgence chacun des protagonistes réagira différemment… Tout est décuplé, le lecteur est confronté au ressentie des personnages, à leurs émotions, à leurs pensées, à leurs angoisses, à leurs histoires, à leurs vies…
Le lecteur s’émerveille, pleure, rit, voyage, s’interroge… 

Extrait : (début du livre)
7h35
Réveil, douche, serviette, caleçon, jean, tee-shirt, chaussures, lacets, petit déjeuner. Une tartine, un café. Quelques mots échangés du bout des lèvres. Il est trop tôt. L’homme est une esquisse au réveil, un brouillon. Brossage de dents face au miroir. Observation de la mise. Se regarder sans se voir. La valise est prête : trois chemises sales, deux tee-shirts sales, cinq caleçons et paires de chaussettes sales, un jean louche, un pull propre, deux bouteilles de vin argentin, une trousse de toilette, un rasoir mécanique, de la mousse fraîcheur mentholée, une brosse à dents souple, profilée comme la coque d’un voilier de course, un tube de dentifrice, un flacon de parfum, un déodorant, un coupe-ongles. Les draps sont froissés, roulés en boule. Laisser la chambre d’hôtel sans espoir de la revoir. Oublier un livre dans les toilettes. Un dernier regard pour dire mentalement adieu aux objets, le lit deux places en bois sombre, la lampe de chevet à l’abat-jour jaunâtre, le parquet qui craque, le faux tapis persan bon marché, la grande armoire massive en bois de peuplier, le plafond bleu indigo. Sortir. Un couloir, deux bibelots : un vase en laiton et une statuette de femme accroupie et lasse. La porte blanche de la maison est déjà entrouverte. Le chemin est dallé. Les sacs sont lourds. Chargement dans le coffre, en bon ordre. Monter en voiture. S’asseoir confortablement. Étendre ses jambes. Le voyage sera long. Les portières claquent. Une clé s’enfonce dans la fente prévue à cet effet. Compression, essence, étincelle, explosion. Le moteur démarre. Des gens dehors disent au revoir. Ils sourient. Les mains se dandinent de gauche à droite, de droite à gauche. La voiture s’ébroue, tousse comme un fumeur à l’aube, puis trouve sa voix et traverse la ville endormie. Ici ou là, une insomnie éclaire la fenêtre d’une maison basse sans toit. Grande ligne droite, vieil asphalte des années 1960 ou 1970, granuleux, couvert de rustines de bitume plus foncé. De moins en moins de maisons et de lampadaires. Ça y est. La ville est loin derrière, petit éclat qui s’estompe peu à peu. Les phares fendent la nuit en deux blocs d’encre noire. Dans le ciel, les galaxies des Nuages de Magellan ont disparu depuis longtemps. La route tire de longs segments au milieu d’un désert de terre craquelée, de crottin de cheval et de broussailles. Lentement, une lueur pâle et violacée se hisse à l’est, elle gonfle, elle gomme les étoiles une par une, et elle embrase l’horizon. Et puis, après quelques minutes de vide, il se passe quelque chose. La journée change de nature. À partir de cet instant-là, chaque seconde compte, celle d’avant, celle d’après et toutes les autres.

Les Princesses aussi vont au petit coin – Chabouté

91abQsNrVBL Vents d’Ouest – mai 2011 – 112 pages

Ce type étrange, sorti de nulle part, qu’ils prennent en auto-stop… cet individu, inquiet, agité et armé, qui leur indique maladroitement la route à l’aide du canon de son pistolet… Ce vieil alcoolique qui veut jouer aux Lego… Les autoroutes truffées de caméras, les cigarettes, toujours ces satanées cigarettes, un soi-disant pouvoir occulte, Merlin l’enchanteur, un chauve qui court à tort et à travers, cette manie de toujours vouloir éviter la foule, ce paquebot garé là, en plein milieu du chemin… Et les princesses dans tout ça ? Chabouté nous livre ici une histoire où, non content de le tenir en haleine, il prend un malin plaisir à désorienter, égarer et embrouiller le lecteur. Un récit déconcertant où tout est sens dessus-dessous et rien n’est à sa place… 112 pages d’un bazar réglé comme du papier à musique, un grand n’importe quoi raconté avec une rigueur et une précision implacables…

Auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté suit les cours des Beaux-Arts d’Angoulême, puis de Strasbourg. Vents d’Ouest publie ses premières planches en 1993 dans « les Récits », un album collectif sur Arthur Rimbaud. Mais il faut attendre 1998 pour que ce graphiste free-lance se fasse un nom dans la bande dessinée en publiant coup sur coup « Sorcières » aux Editions du Téméraire et « Quelques jours d’été » aux Editions Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au Festival d’Illzach, le second à Angoulême où Christophe Chabouté décroche l’Alph’Art Coup de Coeur. Avec « Zoé » paru en 1999, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité, ce qu’il démontre avec encore plus d’évidence dans « Pleine Lune ». « Tout seul« (2008), « Terres Neuvas« (2009), « Un peu de bois et d’acier« (2012).

Mon avis : (lu en juin 2018)
Jorn vient de s’échapper d’un hôpital psychiatrique, en assommant le médecin. Sur sa route, il force un couple à le prendre en stop. Ce couple, Marco et Suzanne, roulent tranquillement sur les routes sans vrai but… Jorn, sous la menace d’une arme, exige d’être conduit vers un lieu secret. Il est persuadé de détenir des informations prouvant l’existence d’un complot. Et par curiosité,  Marco et Suzanne acceptent de faire un bout de route avec Jorn. 

Chabouté brouille les pistes du lecteur qui est embarqué dans une histoire qui part dans tous les sens, et ce dernier suit le dessinateur avec plaisir et curiosité dans ce road-movie…
Les dessins noir et blanc sont toujours magnifiques, le texte est sobre mais juste et ce n’est qu’à la dernière page que l’on comprendra le pourquoi de ce titre si poétique et si bizarre… Ce n’est l’album que je préfère de Chabouté, il est assez déstabilisant… Il m’a manqué quelque chose pour que je l’apprécie autant que d’autres BD.

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)
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Déjà lu du même auteur :

tout_seul Tout Seul  Terres_neuvas Terres Neuvas  

construireunfeu Construire un feu

quelques_jours_d_ete  Quelques jours d’été / Un îlot de bonheur 

landru Henri Désiré Landru un_peu_de_bois_et_d_acier Un peu de bois et d’acier 

purgatoire1 Purgatoire, livre 1 purgatoire2 Purgatoire, livre 2 

purgatoire3 Purgatoire, livre 3 92198484 Fables amères : De tout petits riens

pleine lune Pleine lune

Dans le murmure des feuilles qui dansent – Agnès Ledig

81V1yO3lTDL Albin Michel – mars 2018 – 400 pages

Quatrième de couverture :
Anaëlle, une jeune femme dont la vie a été bouleversée par un accident, se reconstruit doucement, entre son travail et sa passion pour l’écriture.
Thomas raconte des histoires merveilleuses d’arbres et de forêt pour mettre un peu de couleur dans la chambre d’hôpital de Simon, un garçon lumineux et tendre.
Chacun se bat à sa manière contre la fatalité. Mais est-ce vraiment le hasard qui va sceller leur destin ?
Dans ce nouveau roman, Agnès Ledig noue une histoire simple et poignante où des âmes blessées donnent le meilleur d’elles-mêmes et nous rappellent, dans une nature à la fois poétique et puissante, que la vie est plus forte que tout.

Auteur : Découverte en 2011 avec Marie d’en haut, coup de cœur des lectrices du Prix Femme Actuelle, Agnès Ledig s’est imposée comme une des romancières françaises les plus aimées du grand public. Ses deux best-sellers, Juste avant le bonheur, Prix Maison de la Presse 2013 (460 000 ex vendus en France, grand format et poche), et Pars avec lui (2014) sont aujourd’hui traduits en 12 langues. L’auteur vit actuellement en Alsace.

Mon avis : (lu en mai 2018)
J’ai beaucoup aimé la lecture de ce roman qui est un hymne à la vie. Nous découvrons deux histoires en parallèle qui se rejoindrons par moment…
D’un côté, il y a Anaëlle, une jeune femme dont la vie a été chamboulée à la suite d’un accident de voiture. Elle s’est mise à écrire un roman policier, et pour vérifier la cohérence de son intrigue, elle a osé écrire l’un de ses professeurs à la fac de droit, Hervé, qui est aussi procureur. Ce dernier est ravi d’avoir un peu de fantaisie dans sa vie bien rangée. Cette échange épistolaire l’amuse, surtout lorsqu’il s’aperçoit que sa secrétaire un peu stricte, se met à le surveiller et à imaginer des scénarios d’infidélité le concernant…
De l’autre côté, il y a Thomas, un jeune menuisier, amoureux de la forêt qui passe le plus de temps possible à l’hôpital auprès de Simon, son petit frère âgé de 8 ans. Il a une leucémie. Thomas vient lui donner de l’amour, de la présence, lui raconter la forêt, sa faune, sa flore, ses arbres pour lui donner de la force de guérir.
Le lecteur, tour à tour, rit, est ému, verse quelques larmes… On aime tous ses différents personnages dont la vie est cabossée, car malgré les drames, il y a aussi de la beauté dans la vie ! Il est question de tolérance, de solidarité, d’humanité et d’espoir…

Extrait : (début du livre)
Il était né avec l’âme d’un arbre.
L’homme qui veillait sur lui en avait la certitude depuis leur toute première promenade en forêt, alors qu’il était encore minuscule, à peine un mois et quelques journées. Le soleil se faufilait entre les branches, l’air était doux et le vent léger. Il s’était allongé dans les feuillages et avait posé le nourrisson emmitouflé sur son ventre, le visage vers le ciel. Tous deux regardaient les feuilles danser au-dessus d’eux.
Le bébé, de ses grands yeux ronds et bleu foncé, se nourrit du spectacle près d’une heure durant. Et s’il n’avait fallu rentrer pour rassurer la mère, le grand aurait pu prolonger ce savoureux partage longtemps encore. À l’observer d’un regard qui, portant loin, dédouble la réalité, il a vu en ce petit comme un mélange de sève et de sang, d’écorce et de peau, de tronc et de torse, de nœuds et d’yeux, de feuilles et de mèches. Ce premier contact au pied d’un chêne deux fois centenaire fut un des plus beaux moments de la vie du jeune homme, spectateur ému de cet échange silencieux, comme si l’arbre et l’enfant s’étaient parlé. Peut-être s’étaient-ils reconnus. Ou retrouvés ?
Les années suivantes ne firent que confirmer l’attachement de l’enfant à la nature et plus particulièrement aux chênes. De jour, de nuit, à l’ombre de la canicule ou dans le froid polaire, dans le brouillard ou sous la pluie, à l’aube ou au crépuscule, ils arpentaient longuement les sentiers et rentraient chaque jour plus riches de quelques trouvailles et secrets levés à propos du sous-bois qui leur délivrait ses mystères.
Ils revenaient surtout plus paisibles.

Mais un jour la tempête s’abattit sur la forêt. Et les deux garçons y étaient.

Déjà lu du même auteur : 

JUSTE_AVANT_LE_BONHEUR Juste avant le bonheur 9782226259929-j Pars avec lui 

9782226320933m On regrettera plus tard de tes nouvelles De tes nouvelles

Petit bac 2018Objet (3)

L’Écossais – Anna Briac

91XXaskjbpL Editions Charleston – novembre 2017 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Alicia a vingt-six ans, un enfant (Samuel), des diplômes par-dessus la tête, pas de mec, un joli minois et une vie d’octogénaire. Elle travaille pour Lexitrad, une agence de traduction. Sur un coup de tête, elle décide de partir avec son fils en Écosse pour quelque temps. Mais l’aventure risque fort de tourner au vinaigre, entre pannes de voitures, client insupportable, Écossais à la tête dure et voisins qui décident de se mêler de ses affaires…
Une romance sur fond de cornemuse et de pluie fine !

Auteur : Anna Briac est professeur de français. Elle vit dans une région sans cesse enneigée avec amoureux, enfants, chien et chat ! L’Écossais est sa première romance.

Mon avis : (lu en mai 2018)
J’ai emprunté ce roman à la Bibliothèque en pensant étoffer mon Challenge Voisins Voisines avec une lecture écossaise ou britannique… mais finalement l’auteur est française… Je ne regrette pas cette lecture qui m’a permis de découvrir l’Écosse avec l’Île de Skye battu par les vents, son petit village et ses habitants charmants et haut en couleurs comme l’a découvert Alicia, mère célibataire d’un petit Samuel de 4 ans…
Engluée dans un quotidien sans saveur en France, Alicia décide, sur un coup de tête et avec la bénédiction d’Emilie sa meilleure amie, de partir quelques jours en Ecosse pour changer d’air. Mais à peine arrivée, elle regrette presque ce voyage : sous la pluie battante, elle tombe en panne d’essuies glace et le bel Écossais qui tente de la dépanner est maladroit et inquiétant… Mais au fil des jours, elle va de plus en plus apprécier le charmant cottage où elle habite, les habitants de ce petit village très accueillant et le bel Écossais attendrissant…
Une lecture sans prétention, agréable et qui fait du bien !

Extrait : (début du livre)
La pluie s’abattait si fort sur le pare-brise de la voiture de location, qu’Alicia crut que jamais les essuie-glaces ne parviendraient à contenir le déluge. Ils luttaient en braves
petits soldats, mais les trombes d’eau risquaient d’avoir bientôt raison de leur détermination. Un long frisson glacé remonta le long de l’épine dorsale de la jeune femme, qui rajusta sa grosse écharpe de laine pour tenter de conserver un peu de chaleur. Évidemment, le chauffage fonctionnait mal, ne soufflant qu’un air tiède qui peinait à chasser la buée des vitres et accentuait la sensation de froid dans le véhicule. Alicia se retourna pour vérifier que Sam dormait toujours, bien sanglé dans son siège auto. Une bouffée d’amour inconditionnel la submergea. Bert, le doudou-ours polaire aux oreilles grises à force d’être mâchouillées, pressé contre sa poitrine, son fils dormait.
— Petit veinard, songea Alicia en souriant, toujours émerveillée de cet abandon confiant qui s’emparait des enfants dans leur sommeil.
Qu’est-ce qu’elle aurait aimé sombrer dans l’oubli total, elle aussi… Quelques jours sans rien ressentir. L’anéantissement des émotions. Plus de remords, de tristesse, de colère, de peur. Le bonheur !
Un violent coup de klaxon la ramena au réel et la fit sursauter. Elle donna un brusque coup de volant à gauche pour rajuster sa trajectoire tandis que l’automobiliste agacé la doublait en faisant de grands signes du bras. Pas aimables, les signes.
— Ça va, calme-toi, mon grand ! Je me suis juste décalée un peu à droite.
Un peu à droite… Elle se trouvait au milieu de la chaussée, oui ! Ceci dit, elle n’était pas totalement coupable : les Écossais auraient dû faire preuve de bon sens et choisir le bon côté de la route au lieu de s’aligner sans réfléchir sur le modèle anglais.
D’ailleurs, la route… Un ruban gris qui serpentait entre des collines d’un vert aveuglant et rejoignait plus loin l’horizon ardoise. Un désert détrempé et déprimant. Alicia soupira, jeta un œil à Samuel, hésitant pendant quinze longues secondes à effectuer un savant demi-tour pour foncer vers l’avion qui les ramènerait chez eux, au sec et au chaud. 
— Un peu de courage, Al’ ! s’exhorta-t-elle à mi-voix. Il te reste au moins quelques lambeaux de dignité, non ?