Première dame – Caroline Lunoir

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Actes Sud – janvier 2019 – 183 pages

Quatrième de couverture :
Un beau dimanche d’avril, c’est dans l’euphorie et la fierté qu’est accueillie l’annonce de Paul : il sera candidat aux primaires de son parti en vue de l’élection présidentielle. Épouse dévouée, mère exemplaire, Marie inaugure pour l’occasion un journal, avide de tenir la chronique des deux années à venir qui s’annoncent pleines de suspense, de promesses et d’accomplissements. Leurs quatre enfants, jeunes adultes, se réjouissent du sens que ce projet paternel donne à une vie d’engagement et le soutiennent avec chaleur. Personne ne semble mesurer les conséquences d’une telle mise en lumière, ni ne pressent le souffle des scandales qui s’apprêtent à ébranler la cellule conjugale et le cocon familial… Que faut-il d’abnégation, de cynisme, d’amour ou d’ambition pour accompagner un homme jusqu’aux portes du palais ? Analyse intime d’une femme qui ne vivait que pour ses proches et qui se découvre un pouvoir ambigu, critique sociale d’un milieu privilégié coupé de la réalité, satire dénonçant les compromissions de la classe politique avec les experts en communication, ce roman enlevé mêle l’ironie d’une fausse résignation à un féminisme ambivalent.

Auteur : Caroline Lunoir est née en 1981. Elle a grandi à Castres puis à Toulouse. La Faute de goût est son premier roman, écrit à Boston en 2009. Avocate pénaliste, elle vit et travaille à Paris.

Mon avis : (lu en septembre 2019)
Paul annonce à son épouse Marie puis à ses quatre enfants Violaine, Clothilde, Solenn et Victor qu’il va se présenter aux primaires de son parti pour l’élection présidentielle.. Toute la famille est naturellement fière, excitée et confiante.
Pour garder une trace historique de ces presque deux ans de campagne électorale, Marie décide de tenir un journal secret, pour y noter ses impressions, ses sentiments du moment. Évidemment ces deux années ne seront pas un fleuve tranquille… C’est ce journal que, nous lecteurs, avons le privilège de découvrir ainsi que les coulisses du pouvoir et les jeux politiques…
L’auteur s’est inspirée d’événements réels de la dernière campagne présidentielle et d’autres faits politiques, en mélangeant les acteurs pour brouiller les pistes, rendant les péripéties du candidat vraiment crédibles.
C’est plutôt amusant à lire, l’intrigue est construite sous forme de suspens pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin…

Extrait : (début du livre)
Lundi 24 avril
Paul m’a annoncé hier qu’il serait candidat à la primaire du parti pour l’élection présidentielle.
Je le savais déjà. Des nuits passées à le sentir se retourner, compter ses soutiens, préparer des phrases, se rappeler les propos des uns, les piques des autres. Des nuits de sueur, d’excitation et d’insomnie. Des nuits à caler son angoisse dans l’étau de mes bras. Des heures à l’emmailloter de ma tendresse pour qu’il s’apaise.
Je savais qu’il ne pourrait pas renoncer. Chaque fois qu’il s’est frotté à une ambition, il a relevé le défi, de peur de refuser un combat, de ne pas être celui qu’il veut. Et il était revenu surexcité de son déjeuner avec Marc T., jeudi dernier.
Il a posé ses mains sur mes épaules. Alors j’ai su. Je suis restée silencieuse pour le laisser goûter ce moment comme il l’avait imaginé.
— Trésor, je… j’ai décidé d’y aller. Je me présente à la primaire…
Son souffle, ses mains sur mon cou, la chaleur de son exaltation.
— Si, bien sûr, tu me soutiens.
J’ai posé mes mains sur les siennes et il m’a serrée dans ses bras. Sans un mot. Nous étions heureux, soudés, confiants, prêts à monter ensemble au front. Notre étreinte de lutteurs.
Plus tard, alors qu’il répondait à ses messages, j’ai posé ma tête sur son oreiller, ajusté ses lunettes qui tombent toujours sur son nez et je lui ai demandé :
— Quand est-ce que tu vas le dire aux enfants ? Il a souri.
— Je pensais ce week-end, à C., quand ils viendront pour le pont du 1er Mai.
Son téléphone a encore vibré. J’ai éteint ma lampe de chevet et essayé d’imaginer la tête que vous feriez.
Mardi 25 avril
J’ai compté : il nous reste un an, onze mois et vingt-six jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, soit sept cent vingt-six jours de campagne.
Le compte à rebours est lancé : J – 726 ! Paul sera encore un peu moins à nous et un peu plus aux autres. Mais il a l’air si sûr, si heureux.
J’aimerais tenir le journal du fil tendu de notre vie jusqu’à cette cible. Je me suis dit qu’un jour, quelqu’un, le biographe de Paul ou les enfants, voudrait savoir comment j’ai vécu tout ça. J’ai également pensé que plus tard, peut-être, à l’heure du repos et de notre vieillesse, je voudrais me contempler dans le miroir de ces années, retrouver la femme que j’étais, me piquer à l’émotion de ces moments.
J’ai trouvé ce cahier dans la bibliothèque. Un de ces articles de papeterie avec une belle couverture de cuir que l’on caresse avec plaisir lorsqu’il vous est offert à l’occasion d’une inauguration, que l’on destine à de multiples projets mais qui finalement, souvent, reste vierge. À moi de jouer !

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L’Odyssée d’Hakim tome 2 : De la Turquie à la Grèce – Fabien Toulmé

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Quatrième de couverture :
En exil loin de son pays natal, Hakim trouve un peu d’espoir dans la naissance d’un fils. Mais de petits boulots en difficultés, la complexité du monde le rattrape une nouvelle fois et sépare sa famille. Livré à lui-même avec son enfant, Hakim va tenter de survivre, malgré les obstacles et la précarité, jusqu’à envisager le pire : monter sur un canot de fortune pour trouver un salut…

Auteur : Fabien Toulmé voit le jour en 1980 à Orléans. Passionné de bande dessinée, il décide de suivre de longues et pénibles études d’ingénieur Civil et d’urbanisme afin d’acquérir les bases essentielles de la construction d’une BD. En 2001, il part pour plusieurs mois sous les tropiques (Bénin, Guyane, Brésil, Guadeloupe). Enfin, lassé par l’eau bleue cocotiers, il revient s’installer en France en 2009 à Aix-en-Provence. Depuis il publie castrations et BD dans divers magazines (Lanfeust Mag, Psikopat, Spirou…) ou dans ouvrages collectifs (Alimentation générale, Editions Vide Cocagne, Vivre dessous, Editions Monolosanctis, Les autres gens…). Avec Ce n’est pas toi que j’attendais, il réalise son premier album.

Mon avis : (lu en août 2019)
Ce deuxième tome est toujours aussi intéressant, poignant et plein d’humanité.
En 2011, lorsque la guerre éclate en Syrie, Hakim, jardinier, est forcé de quitter ses parents et son pays pour le Liban puis la Jordanie et la Turquie. Pendant cet exil, il va rencontrer Najmeh, qui devient sa femme. L’espoir renaît avec la joie de devenir parents avec la naissance d’un petit garçon, Hadi. Dans le tome 2, les parents de Najmeh obtiennent des papiers pour partir en France pour eux et leur fille Najmeh, encore mineure. Doit-elle partir avec eux ou rester avec Hakim et Hadi ? Le plus sage est que Najmeh parte et Hakim va tout tenter auprès du consulat pour obtenir à son tour un visa pour lui et son jeune fils. Après d’interminables procédures administratives et alors que la situation politique en Turquie se durcit, Hakim décide de traverser la Méditerranée comme un clandestin… 
Comme un documentaire, le lecteur suit les démarches et les difficultés d’Hakim au quotidien. Son isolement avec son fils, mais aussi la solidarité d’amis ou de voisins, et sa folle aventure de vouloir prendre la mer pour un voyage particulièrement périlleux…
Avec cette série témoignage, Fabien Toulmé voulait faire changer notre regard sur le drame des migrants, c’est déjà réussi et bien sûr, j’attends avec impatience la parution du dernier tome.
A lire et à faire lire !

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

9782756035505_1_75 Ce n’est pas toi que j’attendais

81qDioikdmL L’Odyssée d’Hakim tome 1 : De la Syrie à la Turquie

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – septembre 2019 – 9h09 – Lu par Cachou Kirsch et Simon Duprez

La Manufacture de livres – janvier 2019 – 334 pages

Quatrième de couverture :
Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l’asile voisin, sous la jupe d’une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C’est ainsi que sortent de l’ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Auteur : Franck Bouysse, né en 1965 à Brive-la-Gaillarde, a été enseignant en biologie et se lance dans l’écriture en 2004. Ses romans Grossir le ciel en 2014, puis Plateau en 2016 et Glaise en 2017 rencontrent un large succès public et remportent de nombreux prix littéraires. Son roman Né d’aucune femme achève d’imposer Franck Bouysse comme un auteur français de premier plan. Il partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

Lecteurs : Comédienne et musicienne bruxelloise, sociologue de formation, Cachou Kirsch jongle depuis 2003, avec un plaisir non dissimulé, entre grosses productions théâtrales et « petits » projets passionnants, entre la vivacité du jeune public et les studios d’enregistrement.
Après avoir étudié à l’École Nationale Supérieur d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, Simon Duprez débute sa carrière de comédien sur les planches. Il rencontre Isabelle Pousseur en 2000 pour la création de Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès et la retrouvera en 2006 pour Electre au Théâtre National de Bruxelles. Depuis, il poursuit sa carrière en Belgique en collaborant avec Rémi Pons, Judith Ribardière, Guillemette Laurent ou encore Sarah Siré.

Mon avis : (écouté en septembre 2019)
J’avais beaucoup aimé le livre « Grossir le ciel », mais la couverture de ce nouveau livre ne me donnait pas spécialement envie de le découvrir… Après de nombreux billets admiratifs, de nombreux Prix gagnés et une présentation enthousiaste au Café Lecture, j’ai fini par m’y intéresser et accepter d’écouter la version audio. 
Le père Gabriel est appelé pour bénir le corps d’une femme décédée à l’asile voisin. Il a pour mission de récupérer les cahiers où cette femme a raconté sa terrible vie. Elle s’appelait Rose, aînée de quatre filles d’un couple de paysans pauvres. A 14 ans, elle est vendue par son père au maître des Forges. Ainsi commence ce roman chorale autour du père Gabriel, de Rose, d’Onésime, son père, d’Elle, sa mère, d’Edmond, le palefrenier, de l’Enfant qui brosse le portrait bouleversant de Rose, une jeune femme réduite au rôle d’esclave.
Mon avis est mitigé, car cette histoire est très sombre, violente, cruelle et même perverse. J’ai vite été mal à l’aise par ce trop plein de scènes dérangeantes et insupportables.

Merci Pauline et Audiolib pour cette histoire de femme.

Extrait : (début du livre)
Il se trouvait quelque part plus loin que les aiguilles de ma montre.
Cela n’a pas encore eu lieu. Il ne sait rien du trouble. Ce sont des odeurs de printemps suspendues dans l’air frais du matin, des odeurs d’abord, toujours, des odeurs maculées de couleurs, en dégradé de vert, en anarchie florale confinant à l’explosion. Puis il y a les sons, les bruits, les cris, qui expriment, divulguent, agitent, déglinguent. Il y a du bleu dans le ciel et des ombres au sol, qui étirent la forêt et étendent l’horizon. Et ce n’est pas grand-chose, parce qu’il y a aussi tout ce qui ne peut se nommer, s’exprimer, sans risquer de laisser en route la substance d’une émotion, la grâce d’un sentiment. Les mots ne sont rien face à cela ils sont des habits de tous les jours, qui s’endimanchent parfois, afin de masquer la géographie profonde et intime des peaux ; les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde.
À l’époque, je m’attendais à plus rien dans ma vie.
Taire les mots. Laisser venir. Il ne resterait alors rien que la peau nue, les odeurs, les couleurs, les bruits et les silences.
Ça faisait longtemps que je me racontais plus d’histoires.
Les histoires qu’on raconte, celles qu’on se raconte. Les histoires sont des maisons aux murs de papier, et le loup rôde.
J’avais renoncé à partir… Pour aller où, d’abord ?
Les retours ne sont jamais sereins, toujours nourris des causes du départ. Que l’on s’en aille ou que l’on revienne, de gré ou bien de force, on est lourd des deux.
Le soleil était en train de chasser la gelée blanche.
Le soleil-monstre suinte, duplique les formes qu’il frappe en traître, traçant les contours de grandes cathédrales d’ombre sans matière. C’est la saison qui veut ça.
Je le voyais pas. Comment j’aurais pu deviner ?
Il connaît cet endroit autrement qu’en souvenir. Quelque chose parle dans sa chair, une langue qu’il ne comprend pas encore.
Comment j’aurais pu imaginer qui il était ?
Il est grand temps que les ombres passent aux aveux.

Déjà lu du même auteur :

81LN3r3XCrL Grossir le ciel

 

Un petit goût de noisette 2 – Vanyda

un-petit-gout-de-noisette-tome-2-sans-titre Dargaud – avril 2019 – 208 pages

Quatrième de couverture :
Le prince charmant existe-t-il ?
Faut-il absolument aimer un homme quand on est une femme ?
Une histoire peut-elle s’écrire à l’encre bleue ?
Le bonheur peut-il avoir un goût de noisette et de fruits rouges ?

Auteur : Vanyda Savatier (plus connue sous son seul prénom) est une auteur d’origine franco-laotienne de bande dessinée apparentée à La Nouvelle Manga. Élève des Beaux Arts de Tournai (Belgique). Elle forge son style grâce à l’influence des dessins animés japonais. Elle fusionne ainsi le style mangas – BD franco-belge. Elle vit actuellement à Lille.
Son blog: http://vanyda.fr/

Mon avis : (lu en août 2019)
Comme pour le tome 1, le lecteur découvre des histoires d’amour entre personnages variés, certains ont déjà été croisé dans le tome 1 et quelques uns sont  nouveaux…
Une vieille dame se remarie après 40 ans de veuvage, des rencontres sur internet, un premier baiser échangé sur un banc, deux enfants jouant dans un parc, des rencontres inattendues, des retrouvailles… Les histoires se mêlent et se croisent.
C’est léger, tendre parfois drôle ou plus douloureux… C’est plein d’humanité, de poésie et de délicatesse…

C’est toujours aussi savoureux… et sur la quatrième de couverture, un tome 3 est prévu…

Extrait : (début de la BD)

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petit bac 2019(8) Végétal

Déjà lu du même auteur :

un-petit-gout-de-noisette-tome-1-sans-titre Un petit goût de noisette 1

 

Surface – Olivier Norek

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Lizzie – mai 2019 – 8h26 – Lu par Léovanie Raud

Robert Lafon – avril 2019 – 424 pages

Quatrième de couverture :
Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

Auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Mon avis : (écouté en août 2019)
Tout commence avec une intervention policière qui tourne mal avec Noémie Chastain, capitaine de police, qui se fait tirer en plein visage. Après plusieurs semaines de soins à l’hôpital puis de repos chez elle, Noémie est prête à retourner à sa vie de capitaine. Mais sa hiérarchie va en décider autrement… Pour ne pas démoraliser son ancienne équipe avec sa nouvelle tête, balafrée, ses chefs l’envoient en province, dans l’Aveyron, à Decazeville. Elle pourra se ressourcer tout en auditant ce calme commissariat en vue de justifier sa  fermeture…
Évidemment, rien ne se passera comme prévu… Une vieille histoire autour d’enfants disparus et de village englouti va resurgir  du passé. Noémie va prendre en main l’enquête, prouver toute sa valeur professionnelle et reprendre confiance en elle.

Un roman policier prenant, efficace et rythmé.
Toute la psychologie du personnage de Noémie est très intéressante. C’est une femme qui va devoir se battre pour prouver qu’elle peut reprendre son poste à la tête de son groupe de Paris et accepter malgré la douleur la nouvelle Noémie qu’elle est devenue.

Extrait : (début du livre)
Lancés à tombeau ouvert dans les rues de Paris, les deux types bringuebalés à l’arrière du véhicule s’acharnaient à lui faire lâcher son arme.
Du sang partout. Beaucoup trop de sang. Et son visage. Dieu, ce visage ! Un massacre… Çà et là, des veines apparentes et sectionnées ne menaient plus nulle part, crachant rouge en continu. Et sa joue droite, déchirée presque entièrement, révélait un rictus de souffrance.
– J’veux pas prendre une balle perdue, putain ! s’écria le chauffeur. Arrachez-lui son flingue !
Feu rouge grillé. La berline qui surgit à leur droite ne réussit pas à freiner complètement et leur arracha une partie de l’aile dans un crissement de pneus désespéré.
Ils forcèrent sur les doigts de plus belle. Tirant, écartant. En vain. La main s’était contractée en une crampe autour de la crosse du pistolet. Le doigt, enroulé autour de la détente, menaçait à chaque virage ou cahot de balancer une cartouche de 9 mm au hasard de sa trajectoire.
– Impossible, c’est de la pierre !
Derrière le volant, le chauffeur regardait par intermittence le trafic routier devant lui et la scène de chaos qui se jouait dans son dos. Éviter un accident. Éviter de se faire trouer la peau.
– Elle est tétanisée. Déboîtez-lui le pouce !
Le premier se saisit du canon du pistolet pour le maintenir stable, le deuxième tira le pouce en arrière, de toutes ses forces jusqu’à le luxer.
Enfin, l’arme chuta au sol dans un choc métallique.
Pendant cette tempête de douleur et de terreur, elle ne les avait pas quittés du regard. Paralysée mais consciente. Son œil gauche était fixé sur eux, l’autre était aveuglé par le sang.
Le calme revint et les trois ambulanciers se concentrèrent de nouveau sur leur mission.
Sauver un flic.

Déjà lu du même auteur :

516JqzfGETL Entre deux mondes 51M-o5d3HyL Code 93

Un chemin de tables – Maylis de Kerangal

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – août 2019 – 106 pages

Seuil – mars 2016 – 112 pages

Quatrième de couverture :
« La plus grande violence de ce métier, tu sais, c’est que la cuisine exige qu’on lui sacrifie tout, qu’on lui donne sa vie. » Brasserie parisienne, restaurant étoilé, auberge gourmande, bistrot gastronomique : les tables défilent dans la vie de Mauro. Aux côtés de ce jeune chef en vogue, gardien d’un certain héritage, Maylis de Kerangal nous plonge dans l’univers méconnu de la restauration. Un monde fait de passion, de solidarité, mais aussi de violence et de fatigue. Un monde dans lequel la cuisine devient un langage qui s’invente, réunit et se partage, croqué avec brio par l’auteur de Réparer les vivants.

Auteur : Maylis de Kerangal est l’auteure de nombreux romans, notamment Corniche Kennedy (2008), Naissance d’un pont (prix Médicis 2010, prix Franz-Hessel) et Réparer les vivants (2014, dix prix littéraires), ainsi que de trois récits dans la collection « Minimales »: Ni fleurs ni couronnes (2006), Tangente vers l’est (2012, prix Landerneau) et A ce stade de la nuit (2015), Un chemin de tables (2016), Un monde à portée de main (2018)

Mon avis : (lu en septembre 2019)
Dans ce court texte, qui ressemble plus à un documentaire qu’à un roman, Maylis de Kerangal raconte le parcours de Mauro. Même si enfant il aimait faire des gâteaux ou plus tard préparer des repas pour ses amis, rien ne destinait Mauro à devenir un cuisinier professionnel. Étudiant en sciences éco, il alterne entre études et petits boulots dans la restauration, il voyage également à l’étranger grâce à Erasmus. Après des expériences variés dans une brasserie, un restaurant étoilé, il décide d’apprendre le métier dans les règles de l’art et de passer son CAP… Maylis de Kerangal est le témoin de son parcours atypique. Avec une écriture précise, technique et évocatrice, elle brosse un portrait attachant et sensible d’un jeune chef. Un témoignage intéressant et gourmand…

Merci Julie et les éditions Folio pour cette découverte

Extrait : (début du livre)
Un train roule vers Berlin. Il traverse à bonne vitesse des étendues rases, des champs qui fument, des rivières, c’est l’automne. Assis contre la vitre dans un wagon de seconde, il y a ce jeune homme, vingt ans, délié, maigre bagage, un livre entre les mains – je suis assise sur la banquette d’en face, je déchiffre le titre sur la couverture, La Cuisine de référence, Techniques et préparations de base, Fiches techniques de fabrication, repère trois toques stylisées sur fond bleu blanc rouge, puis je soulève les fesses et me penche en avant, bascule tête la première dans le livre, à l’intérieur des planches où s’alignent des vignettes légendées en italique, pas-à-pas photographiques où il n’est nul visage humain, nulle bouche humaine, mais des torses et des mains oui, des mains précises aux ongles propres, et ras, des mains maniant des ustensiles de métal, de verre ou de plastique, des mains plongées dans des récipients, des mains que prolongent des lames, toutes mains saisies dans un geste.

Déjà lu du même auteur : 

naissance_d_un_pont_folio Naissance d’un pont Reparer-les-vivants-de-Maylis-de-Kerangal_298_393 Réparer les vivants

kerangal Un monde à portée de main

petit bac 2019(6) Objet

L’Odyssée d’Hakim tome 1 : De la Syrie à la Turquie – Fabien Toulmé

81qDioikdmL Delcourt – août 2018 – 272 pages

Quatrième de couverture :
L’histoire vraie d’un homme qui a dû tout quitter : sa famille, ses amis, sa propre entreprise… parce que la guerre éclatait, parce qu’on l’avait torturé, parce que le pays voisin semblait pouvoir lui offrir un avenir et la sécurité. Un récit du réel, entre espoir et violence, qui raconte comment la guerre vous force à abandonner votre terre, ceux que vous aimez et fait de vous un réfugié.

Auteur : Fabien Toulmé voit le jour en 1980 à Orléans. Passionné de bande dessinée, il décide de suivre de longues et pénibles études d’ingénieur Civil et d’urbanisme afin d’acquérir les bases essentielles de la construction d’une BD. En 2001, il part pour plusieurs mois sous les tropiques (Bénin, Guyane, Brésil, Guadeloupe). Enfin, lassé par l’eau bleue cocotiers, il revient s’installer en France en 2009 à Aix-en-Provence. Depuis il publie castrations et BD dans divers magazines (Lanfeust Mag, Psikopat, Spirou…) ou dans ouvrages collectifs (Alimentation générale, Editions Vide Cocagne, Vivre dessous, Editions Monolosanctis, Les autres gens…). Avec Ce n’est pas toi que j’attendais, il réalise son premier album.

Mon avis : (lu en août 2019)
En prologue, Fabien Toulmé raconte la genèse de cette BD. Bizarrement, cela commence par le crash d’un avion en mars 2015 qui devient le sujet principal des journaux TV et radio pendant de nombreux jours et la brève en fin de journal du présentateur « drame de l’immigration toujours, 400 migrants décèdent noyés lors de leur traversée de la Méditerranée ». Rien de plus… C’est choquant de réaliser que nous sommes plus émus pour un drame aérien que pour la mort de ces très nombreux migrants obligés de fuir. Mais il est vrai que l’on s’imagine plus facilement partir en vacances dans un avion que de fuir son propre pays et d’embarquer dans un rafiot pour traverser la mer…
Fabien Toulmé part donc à la recherche d’un réfugié acceptant de témoigner, et décide de raconter qui il est, pourquoi il a dû quitter son pays, la Syrie, et son long et dangereux périple pour arriver jusqu’en France.
Dans ce premier tome (il y en aura 3), l’auteur raconte comment la vie d’Hakim bascule en 2011 lorsque la guerre éclate en Syrie. A l’époque, c’était un jardinier sans histoire et il se fait exproprier, il fait un séjour en prison où il sera torturé… Il est alors obligé de quitter son pays et ses parents, il passe au Liban puis en Jordanie et enfin en Turquie. C’est au cours de cet exil forcé qu’il va rencontrer Najmeh, qui deviendra sa femme.
Avec cette BD, le lecteur découvre l’histoire proche de la Syrie à travers le parcours d’un homme ordinaire, simple. C’est important de savoir et de comprendre ce que ces hommes et ses femmes ont vécu. Pourquoi ils ont été obligés de tout quitter, pays, entreprise, famille et les toutes difficultés qu’ils ont rencontré…
Hakim et sa famille sont attachants et j’ai hâte de connaître la suite de son parcours.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

9782756035505_1_75 Ce n’est pas toi que j’attendais

petit bac 2019(7) Prénom

Un petit goût de noisette 1 – Vanyda

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Quatrième de couverture :
Un petit goût de noisette à savourer. Dans ce recueil d’histoires courtes, Vanyda explore l’amour, évoque le moment parfait qui nous échappe parfois, les occasions manquées aussi… Usant des dialogues avec justesse et parcimonie, offrant à chaque tranche de vie sa couleur propre, Vanyda fait se croiser ses personnages. En quelques pages, en quelques jours, Benoît, Corentin, Manon, Aymeric et les autres se rencontrent, s’enthousiasment, pleurent.

Auteur : Vanyda Savatier (plus connue sous son seul prénom) est une auteur d’origine franco-laotienne de bande dessinée apparentée à La Nouvelle Manga. Élève des Beaux Arts de Tournai (Belgique). Elle forge son style grâce à l’influence des dessins animés japonais. Elle fusionne ainsi le style mangas – BD franco-belge. Elle vit actuellement à Lille.
Son blog: http://vanyda.fr/

Mon avis : (lu en août 2019)
Les dessins sont magnifiques, c’est mélange de styles manga et aquarelle. Cette BD nous raconte plusieurs courtes histoires autour de 12 personnages, des histoires de rencontres, des histoires d’amour en tout genre.
Corentin jongle dans la rue. Lorsque sa balle tombe, Éléonore, sa jeune voisine la lui rend. Un regard tendre s’échange entre eux. Ils se recroiseront et passeront du temps ensemble… Grâce à Erasmus et ses voyages autour du monde, Manon a fait de très belles rencontres comme Luisito ou Esteban. Une soirée complice entre eux et c’est l’occasion de revenir sur leurs souvenirs…

Barnabé est un peu solitaire, il trouve dans sa boîte aux lettres un colis destiné à Éléonore, sa voisine. C’est l’occasion de l’inviter à prendre un verre !
Il est question d’amour caché, d’amour raté, d’amour retrouvé… de rencontres inattendus, d’instants suspendus, de regards tendres…
Au fil des pages, le lecteur découvre que ces personnages ont tous des liens entre eux, des liens de parenté, de voisinage ou amicaux… les destins se mêlent et s’entrecroisent.
Cet album, tout en poésie, en subtilité et en douceur, raconte toutes les couleurs de la vie. Les histoires sont émouvantes, touchantes et parfois surprenantes.
Il y a une suite que j’ai lu également cet été, à suivre…

Extrait : (début de la BD)

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petit bac 2019(7) Couleur

L’Île aux enfants – Ariane Bois

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Quatrième de couverture :
Pauline, six ans, et sa petite sœur Clémence coulent des jours heureux sur l’île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la Creuse, elles sont séparées.
1998 : quelques phrases à la radio rouvrent de vieilles blessures. Frappée par le silence dans lequel est murée sa mère, Caroline, jeune journaliste, décide d’enquêter et s’envole pour la Réunion, où elle découvre peu à peu les détails d’un mensonge d’État.
À travers l’évocation de l’enlèvement méconnu d’au moins deux mille enfants réunionnais entre 1963 et 1982, dans le but de repeupler des départements sinistrés de la métropole, Ariane Bois raconte le destin de deux générations de femmes victimes de l’arbitraire et du secret. L’histoire d’une quête des origines et d’une résilience, portée par un grand souffle romanesque.

Auteur : Ariane Bois est romancière, grand reporter et critique littéraire. Elle est l’auteur récompensée par sept prix littéraires de : Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay, 2009), Le Monde d’Hannah (Robert Laffont, 2011), Sans oublier (Belfond, 2014), Le Gardien de nos frères (Belfond, 2015). Après Dakota song (Belfond, 2017) ,L’île aux enfants est son sixième roman. 

Mon avis : (lu en août 2019)
C’est autour d’une tragédie historique qu’Ariane Bois écrit son roman. En 1963, ,Michel Debré , premier ministre de Charles de Gaulle et député de la Réunion décide d’organiser la migration d’enfants réunionnais en Métropole, dans des départements souffrants de l’exode rurale comme la Creuse, la Lozère ou le Gers… Les enfants sont choisis dans les familles les plus fragiles, les parents sont souvent analphabètes et ils se laissent berner par la promesse d’un avenir meilleur et ils ne reverront jamais leurs enfants.
Dans cette histoire, Pauline et Clémence Rivière, deux sœurs de 6 et 4 ans, sont enlevées et embarquées de force dans un avion pour la Métropole. Là-bas, elles seront séparées et le lecteur suivra la nouvelle vie de Pauline : d’abord hébergée dans une famille d’agriculteurs, elle sera ensuite adoptée par une famille aisée et aimante. Après un choc et une méningite, elle oublie et occulte ses souvenirs de La Réunion et de sa famille d’origine. C’est donc plus de trente ans plus tard, que sa propre fille, Caroline, découvre ce secret et décide de mener l’enquête sur les origines de sa mère et de sa famille.
À travers le destin de ces deux fillettes, Ariane Bois met en lumière ce scandale de l’Histoire trop méconnu : l’exil forcé de plus de deux milles enfants réunionnais vers la Métropole entre 1960 et 1980. Un déportement organisé par l’Etat français qui arrachait et enlevait ces enfants à des parents démunis. Certains enfants ont été adoptés dans des familles aimantes et ont pu aller à l’école, mais malheureusement d’autres ont été exploités et maltraités.
Voilà une lecture bouleversante et nécessaire sur ce sujet fort et poignant.

Extrait : (début du livre)
3 novembre 1963
— Ah non ! À mon tour de jouer avec la toupie, proteste Clémence.
La petite tend une main impérieuse vers le jouet que sa sœur a fabriqué avec une graine de litchi et une allumette.
— Avance, plutôt : cette fois, je ne te porterai pas, répond celle-ci d’un air faussement sévère.
Pauline ne peut rien refuser à Clémence, c’est ainsi depuis sa naissance.
Comme chaque jour, les fillettes cheminent vers la rivière du Mât avec leurs seaux vides. Aller chercher l’eau, la rapporter sans renverser une goutte, voilà leur tâche. À la case, tout le monde travaille. Leur père coupe la canne à sucre à grands coups de sabre partout dans l’île, ne revenant que le dimanche, et en pleine saison seulement une fois par mois. À chacun de ses retours, ses mains calleuses chatouillent les filles en guise de bonjour ; et le soir, à la lueur de la lampe à pétrole, leur mère veille tard à ôter les échardes et les dards qui s’y sont nichés. Papa parle fort, aime son « rhum arrangé[1] » et dévore son assiette avant d’en réclamer une autre. C’est en tout cas l’impression des filles, qui adorent jouer sur ses genoux ou grimper sur son dos en le suppliant de « faire le cheval ».
Leur mère s’emploie comme blanchisseuse chez les riches, quand sa santé le lui permet. « Monmon », comme on l’appelle, respire mal, reste souvent couchée dans le noir, si frêle que son corps bosselle à peine la nasse lui servant de lit. Même ici, dans les Hauts, où l’air est plus frais, plus sain, elle cherche l’oxygène tel un poisson échoué au bord de la rivière. Elle se trouve à l’hôpital depuis deux semaines. Quand elle s’était plainte de maux de ventre, Pauline et Clémence avaient espéré qu’elle reviendrait avec un bébé, comme les voisines, mais le médecin avait tordu le nez, prononcé un drôle de mot, « péritonite », avant d’aller chercher une ambulance. Depuis, les filles attendent leur mère.
Par chance, il y a Gramoune, leur grand-mère, avec son visage altier raviné de rides, sa tête auréolée d’une opale noueuse qu’elle relève sur son cou, et l’odeur de beignets dont elle semble se parfumer. En cette heure, elle doit trier le riz, composer les marmites du repas du soir dans la cour, le cœur de la maison. Ce cœur s’étend au potager, où des poules et des chèvres vivent en gentils serviteurs. Aux rares moments où leur Gramoune ne s’affaire pas, elle emmène les gamines prier saint Expédit. La Réunion fourmille de petits oratoires rouges édifiés en son honneur, garnis de fleurs artificielles et d’ex-voto. On vient demander au saint un mari, un travail, un bébé ou qu’une mère époumonée retrouve la santé et revienne à la maison.

Déjà lu du même auteur : 

Silex and the city – tome 7 : Poulpe Fiction – Jul

81sZow1jInL Dargaud – novembre 2016 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Drame des migrants, victoire du Front Néanderthal, angélisme bobo-sapiens, menace terroriste suivie en direct sur les chaînes d’évolution en continu : ce nouvel album de Silex and the City attaque frontalement tous les thèmes les plus brûlants de notre époque. Pour respirer plus librement, et continuer à clamer haut et fort notre liberté d’hominidés supérieur, découvrez ce tome 7 plein de bruit, de rires, et de fureur. #JeSuisSapiens !

Auteur : Jul est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d’histoire chinoise à l’université avant de s’orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l’Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L’ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s’amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l’année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en septembre 2019)
J’ai choisi cette BD, en premier lieu pour le Challenge Petit Bac et sa catégorie « Lecture »… 
En vacances interglaciaires à Iguana Beach (une plage de rêve sur une île grecque) sur une magnifique plage, Blog et Spam Dotcom assistent au naufrage de migrants invertébrés, demandeurs d’asile paléolithique. La famille décide d’accueillir chez eux un petit migrant, un jeune poulpe très intelligent nommé Paul. Chassé par l’État jurassique en Irak et au Levant, Paul cherche à s’intégrer en tentant de réussir le test qui lui permettra d’obtenir le statut de réfugié. Mais les résultats électoraux du Front Neandertal incite notre sympathique poulpe à quitter la famille Dotcom, pour rejoindre l’Angleterre en pleine dérive des continents…
Avec humour et de la dérision, Jul aborde des sujets de l’actualité et invite le lecteur à réfléchir sur notre société. Dans cet album, il est question de la guerre en Syrie, des migrants, du terrorisme, de la montée du nationalisme, du racisme, de la différence…
En interlude plus léger, la présence d’un pastiche de Tintin (avec Bouquetin, le petit reporter, le capitaine Auroch, Séraphin Plancton, Bianca Carnivore, les Dupoulpe…) est plutôt surprenante…

Je suis toujours dubitative sur le dessin de Jul qui n’est pas à mon goût mais ici les jeux de mots et la réflexion autour des comportements de notre société sont l’essentiel !

Extrait : (début de la BD)

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 Déjà lu du même auteur : 

9782756038070FS La Grande Librairie – Les 400 meilleurs dessins

71BGZjwKsvL Silex and the city – tome 1 mod_article1529675_2 Silex and the city – tome 2

platon-gaffe-survivre-travail-philosophes-1458325-616x0 Platon La gaffe, Survivre au travail avec les philosophes

la croisade s'amuse La croisade s’amuse

petit bac 2019(6) Lecture