Et nos lendemains seront radieux – Hervé Bourhis

71RTHoc4aGL Gallimard Jeunesse – avril 2019 – 80 pages

Quatrième de couverture :
Jeunes conseillers politiques, Sylvain et Camille sont aussi frère et sœur. Un soir, alors que les éléments extérieurs se déchaînent, ils se retrouvent isolés avec la Présidente de la République au fort de Brégançon. Le moment idéal pour une prise d’otage… Les deux idéalistes décident d’imposer au pays entier une politique écologiste ! Peut-on sauver la planète le temps d’un orage ?

Auteur : Hervé Bourhis est l’auteur d’une dizaine de bandes dessinées depuis 2002, comme auteur complet ou scénariste. Il travaille également pour la presse (Spirou, Télérama, Jade,…) des revues numériques (La Revue dessinée, Professeur Cyclope,…) et pour l’audiovisuel. « Yeah yeah yeah yeah » est un court-métrage adapté du Petit livre rock. Il a scénarisé une dizaine d’épisodes de Copy-Cut (Normaal / Canal + Family, et trois épisodes d’OVNI d’après Trondheim & Parme (Blue Spirit / Canal +) Hervé Bourhis a reçu le prix Goscinny en 2002 et le prix Jacques Lob en 2010.

Mon avis : (lu en janvier 2021)
J’ai pris par hasard cette BD à la Bibliothèque.
Tout commence dans l’Aveyron, en 1999, Marion joue à la campagne avec un lucane lorsque ses parents lui demande d’aller voir comment est l’activité des abeilles. Elle constate alors qu’elles sont la plupart mortes…
Une vingtaine d’année plus tard, nous nous retrouvons au Fort de Brégançon, Madame la Présidente de la République aspire à quelques heures de repos après un mini-sommet sur le climat avec la Chancelière allemande. Elle propose à ces deux proches collaborateurs présents, Mademoiselle Linart et à son frère Sylvain, de rester pour la soirée, pour préparer le communiqué pour le lendemain. Le temps est caniculaire et les orages ne sont pas très loin…
Mais ce soir-là, le frère et la sœur, ont un autre plan : une prise d’otage pour obliger la présidente à s’engager dans politique écologique radicale…
Une ambiance sombre pour un huis clos avec des militants déterminés. L’auteur interroge et bouscule le lecteur avec une réflexion sur une écologie politique extrémiste.
Le titre est positif et pourtant, l’histoire est sombre, le dessin naïf est mis en valeur par le choix de couleurs contrastées.

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(1) Météo

Il faut sauver nos insectes ! – Denis Richard, Pierre-Olivier Maquart

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41R4RomHSnL Delachaux – octobre 2020 192 pages
Quatrième de couverture :

Les insectes disparaissent à une vitesse inquiétante ! Ce livre, en dressant le portrait de certains d’entre eux, emblématiques et menacés, est à la fois une alerte mais aussi une sensibilisation à leur préservation en France et en Europe. Il s’agit du groupe le plus important du monde animal. Et pourtant, ces papillons, ces libellules, ces coléoptères, ces abeilles, ces criquets et ces sauterelles sont victimes de la dégradation de leurs milieux. Modification des paysages agricoles, emploi massif et inadapté des pesticides et des engrais azotés, assèchement des zones humides, exploitation forestière intensive… Toutes ces agressions, et d’autres encore, on un point commun : l’action de l’homme. La diminution du nombre et de la diversité des insectes doit nous interroger car de très nombreuses espèces sont de précieux auxiliaires des activités humaines et toutes jouent un rôle essentiel dans le maintien des équilibres écologiques. Il est encore temps d’agir, tant sur le plan individuel que collectif, c’est le message que porte haut et fort ce livre magnifique.

Auteurs : Docteur en pharmacie, Denis Richard a également suivi un double cursus en botanique et chimie des substances naturelles. Depuis toujours passionné par l’entomologie, il fut fondateur du  » Jardin aux Insectes  » de Poitiers en 1998. Journaliste scientifique, traducteur de nombreux ouvrages traitant de la nature ou du jardinage, il est auteur d’une vingtaine de livres dont, aux éditions Delachaux et Niestlé La Vie des coléoptères d’Europe (2020, en collaboration avec Pierre-Olivier Maquart).
Pierre-Olivier Maquart est doctorant à l’université de Stirling (Écosse). Coléoptériste né, il se consacre à l’observation et à la photographie de ces insectes qu’il a observés à l’occasion de voyages en Afrique et en Asie. De ses périples, il a pu rapporter et décrire plusieurs espèces nouvelles. Il travaille actuellement pour l’institut Pasteur de Phnom Penh.

Mon avis : (lu en janvier 2021)
Merci à Babelio et aux éditions Delachaux et Niestlé pour l’envoi de ce livre lors de Masse Critique.
C’est un très beau livre documenté, instructif et très agréable à feuilleter pour s’émerveiller devant de nombreuses photographies d’insectes de toute beauté.
Je me suis toujours intéressée aux insectes que je croisais dans les jardins, les prairies, les potagers, la forêt… A l’époque pas d’internet ou d’appareil numérique pour les collectionner… Nous les observions, les dessinions avant d’aller enquêter dans un dictionnaire ou auprès d’adultes connaisseurs. Nous en capturions également parfois dans des pots de confitures au couvercle percée pour les observer plus longtemps… Je me rappelle de grillons capturés en Normandie puis libérés à Paris dans le Jardin des Poètes, un jardin public proche de l’appartement où j’habitais avec ma famille.

Plus tard, c’est mon fils aîné, passionné par les animaux dont les insectes, que j’ai accompagné dans ses découvertes et il est devenu bien plus savant que moi ! Il peut passer des heures dans un jardin à observer plantes par plantes les insectes qui s’y cachent… et ensuite de regarder des vidéos pour en apprendre encore plus… Papillons, abeilles, coccinelles, criquets et sauterelles, libellules, scarabées, coléoptères… n’ont plus beaucoup de secrets pour lui…
Dans ce livre, les auteurs nous parlent du drame qui couve : les insectes représentent 70% de la biodiversité animale connue et depuis des années de nombreuses espèces disparaissent ou déclinent dangereusement. L’Homme en est la cause, avec l’artificialisation des milieux, la fragmentation des habitats et l’épandage de produits chimique.
Le premier chapitre décrit l’étendu du problème et ses causes. Le deuxième chapitre nous rappelle que les insectes sont irremplaçables dans les écosystèmes et donc indispensables à l’Homme.
Puis en passant en revue milieux par milieux (prairies, milieux humides, bois et forêts, littoraux) de très nombreux insectes, le lecteur découvre ses caractéristiques et des photos, les menaces qu’il pèse sur lui et enfin comment le préserver ou le sauvegarder.
Le livre s’achève sur un cours chapitre sur les collectionneurs qui autrefois ont pu menacer quelques spécimens… Aujourd’hui, ils sont beaucoup moins nombreux et peuvent utiliser un appareil photo pour capturer un espèce rare et protégée !
Puis un chapitre important avec des actions à mener individuellement ou collectivement pour préserver et protéger les insectes.
Enfin, en annexes, index, bibliographie et listes d’associations européennes de conservation des insectes.
Un très beau livre à explorer et à partager en famille.

Extrait :

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Petit Bac 2021
(1) Animal

Un peu de tarte aux épinards : 2. Les épinards sont éternels – Casado et Pelaez

81gwLcGq+0L Casterman – février 2020 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Après avoir mis hors d’état de nuire une bande de trafiquants de drogue, Marie-Madeleine Madac-Miremont se voit recrutée par les services de renseignement français pour une opération délicate à Londres. Sans savoir parler un mot d’anglais, la fougueuse Française doit s’infiltrer dans un restaurant géorgien afin de surveiller un gang particulièrement dangereux. Elle sera aidée dans sa mission par un chauffeur de taxi belge azimuté et fan de Death Metal, et rejointe par sa fille Sarah qui devient l’objet d’un odieux chantage… Sur fond de coupe du monde de rugby, ce deuxième tome de la série persiste dans la veine de la comédie contemporaine, menée au rythme de situations cocasses et de jeux de mots désopilants…

Auteurs : Professeur d’anglais sur l’île de la Réunion, Philippe Pelaez, né en 1970, se lance dans l’écriture de scénarios un peu par hasard, et publie sa première bande dessinée en 2015, dans la maison d’édition réunionnaise Des Bulles dans l’Océan.
Javi S. Casado est né en 1979 à Barcelone. Après avoir travaillé en tant que graphiste, illustrateur et directeur artistique, il se consacre aujourd’hui pleinement à la bande dessinée. 

Mon avis : (lu en décembre 2020)
Une nouvelle aventure rocambolesque pour Marie-Madeleine Madac Miremont, cette fois ci, de l’autre côté de la Manche… Elle a été recrutée par les services secrets français pour infiltrer la mafia géorgienne londonienne. Elle a décidé d’accepter la mission car elle est victime d’un maître chanteur à propos des origines de Sarah, sa fille dont elle est la plus proche… Laissant en France, toute sa famille haute en couleur, Marie-Madeleine part comme cuisinière à Londres sans savoir parler un mot d’anglais ! Elle va trouver une aide précieuse auprès de , un chauffeur de taxi belge, très original et fan de Death Metal…
Sur fond de Coupe du Monde de rugby, l’intrigue entraîne le lecteur dans une aventure jubilatoire, pleines de surprises et au rythme est effréné
Le dessin est expressif, le ton est plein d’humour et j’ai passé un aussi bon moment de lecture avec ce second tome de cette série !

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(1) Couleur

 

Espérance – Résistance – Juliette Keating

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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81nHrD1e9sL Thierry Magnard – septembre 2020 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Wassim vit à la cité de l’Espérance, avec son grand terre-plein vide, ses copains… Et quand un soir son père lui annonce que les jardins ouvriers au pied de leurs tours vont être vendus à un promoteur immobilier pour construire des bureaux, son sang ne fait qu’un tour.
Lorsqu’il découvre les mots si puissants de Greta Thunberg à la télévision criant « How dare you? », il entend l’urgence d’agir pour sauver les jardins. Qu’est-ce qu’il doit faire ? Qu’est-ce qu’il peut faire ? Avec Mia, qui le fait fondre et qui ressemble tellement à Greta, Bouba, Alice, Fatou, Saïd, ils s’organisent. Lui et ses copains sont jeunes, et alors ? Quand les vieux deviennent fous, n’est-ce pas aux jeunes d’être sages ?

Auteure : Née dans la région parisienne, Juliette Keating publie depuis 2011, des billets de littérature politique, des chroniques, des nouvelles et de la poésie sur son blog hébergé par Mediapart. Elle collabore au magazine culturel en ligne Délibéré. Elle a publié Demain, j’ai quinze ans. 

Mon avis : (lu en décembre 2020)
Le titre de ce roman « Espérance Résistance » est tout un programme !
Espérance c’est le nom de la cité où Wassim, quatorze ans, vit avec sa famille et ses copains. Au pied des immeubles, le long de la voie ferrée, il y a les jardins familiaux laissés en partie à l’abandon où seuls Bakary, un jeune malien, et le père d’Alice continuent à cultiver des légumes et des fleurs. Un promoteur et son 4×4 noir rôde à proximité des jardins, la mairie étant bien décidée à céder les terrains pour y construire un immeuble de bureaux et un fast-food…
Après avoir vu et entendu Greta Thunberg sur une video, Wassim se sent concerné et veut faire quelque chose contre la destruction des jardins, grands-parents, parents et enfants y on tous de beaux souvenirs dans ses « jardins ouvriers » devenus « jardins familiaux »… Avec ses copains Bouba, Mia, Alice, Lorenzo, Fatou, Saïd, Wassim va créer le groupe « Espérance Résistance » et mobiliser le quartier pour sauver les jardins. Quand les vieux deviennent fous, n’est ce pas aux jeunes d’être sages ?
Voilà un roman très court (96 pages) pour les Ados, facile à lire, sur un sujet d’actualité et qui met en scène des adolescents qui s’engagent contre la bétonisation de leur quartier. Idéal pour éveiller leur conscience.
La première moitié du roman lue par l’auteure est disponible gratuitement sur le site de l’éditeur, Thierry Magnard

Extrait : (début du livre)
Johnny le clodo déboule sur la dalle. Il titube devant le magasin. Crishhhh… Il ouvre une canette. Il l’a piquée et glissée dans sa poche. Mais il voit tout sur son écran, le Chinois ! Il a installé des caméras. Faut être un dieu pour lui chourer un truc. Et voilà Johnny qui lève sa canette volée vers le ciel gris. Il chantonne : « À vot’ santéééé les jeunes ! »
Il boit d’une traite, heureux. Une nuée d’oiseaux criaillent en se posant sur l’arbre. Il fait lourd. On s’ennuie. J’écoute la balle de Lorenzo frapper le sol : tap tap tap tap. Mia aspire les dernières gouttes d’un multivitamines. Tap tap tap tap tap. Personne d’autre sur la dalle. Depuis combien de temps on est là, Lorenzo, Mia et moi ? À attendre quoi, assis sur le muret devant le magasin du Chinois, nos nuques courbées sur Snapchat ? Tap tap tap jusqu’au bout du dimanche, répond la balle de Lorenzo.
Johnny est bourré. Il ricane dans son coin. Les oiseaux s’envolent. Mia se lève et va jeter sa gourde dans la poubelle qui déborde. Elle s’avance vers Johnny en mordillant la paille orange. Qu’est-ce qu’il lui prend ? Elle crie : « Eh, l’alcoolo, cache tes chicots ! »
Lorenzo éclate d’un rire qui rebondit sur les tours. Le ballon lui échappe et va rouler dans les jambes de Johnny. Il vacille, devient plus rouge encore. Il lance sa canette, qui explose en crachant la bière. Attention à la colère de Johnny !
– Raaah ! Raaah !
Il s’approche, l’air féroce. On se dresse en hurlant.

Extrait audio lu par l’auteure (voir onglet « Ressources »)

Le voyage d’Abel – Isabelle Sivan et Bruno Duhamel

81qvJzN4uJL Bamboo – mars 2020 – 72 pages

Quatrième de couverture :
À Reclesme, dans un petit village au cœur de la France, Abel vit seul avec son chien, ses deux vaches et ses brebis. Il n’a jamais quitté son village. Pourtant, toute sa vie, il a rêvé de parcourir le monde, et imaginé de lointains voyages. En ce mois de septembre, et ce malgré son âge, Abel a décidé de partir en Éthiopie.

Auteurs : Né en 1975 en Seine-Maritime, après des années de lycée laborieuses et une année de Faculté d’Arts Plastiques, Bruno Duhamel entre aux Beaux-Arts d’Angoulême, hésite deux ans entre la 3D et le design Internet, et choisi finalement la bande dessinée. Après plusieurs collaborations avec divers scénaristes, Kochka, Harlem, Butch Cassidy,  Je suis PAS petite !!!, Le Père Goriot, Les Brigades du temps, Le Voyage d’Abel… Il signe, avec  Le Retour, son premier album en solo.
Isabelle Sivan, née à Marseille, a passé plusieurs années de son enfance en Afrique. Elle est aujourd’hui avocate en propriété intellectuelle. Elle a signé sous le nom de Lisa Belvent le scénario de la bande dessinée Le Voyage d’Abel (2014). Dankala est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
Abel est un vieux paysan qui n’a jamais quitté son village. Il vit seul avec son chien, ses deux vaches et ses brebis dans la ferme familiale. C’est une vie qu’il n’a pas choisi, en effet, ses frères tous partis, il a du rester. Pourtant, il aurait voulu être marin, et toute sa vie, il a rêvé de parcourir le monde, et imaginé des voyages. Abel passe donc son temps libre à lire et relire de nombreux guides touristiques. Le lecteur découvre Abel dans sa routine quotidienne, la traite de ses deux vaches, mener ses chèvres aux champs avec son fidèle compagnon, puis son petit tour au village pour faire ses courses, retour à la ferme jusqu’au soir et il finit sa journée au comptoir du bar… Au fil des saisons, Abel supporte cette vie qu’il n’a pas choisi grâce à ses rêves et à l’espoir de partir un jour…
Une histoire émouvante, pleine de tendresse et de poésie.

Extrait :

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Petit bac 2020a
(8) Personnage Célèbre

Déjà lu du même auteur : 

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Lucky Luke : Un cow-boy dans le coton – Achdé et Jul d’après Morris

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Quatrième de couverture :
Lucky Luke se retrouve bien malgré lui propriétaire d’une immense plantation de coton en Louisiane. Accueilli par les grands planteurs blancs comme l’un des leurs, Lucky Luke va devoir se battre pour redistribuer cet héritage aux fermiers noirs. Le héros du far-west réussira-t-il à rétablir la justice dans les terrains mouvants des marais de Louisiane ? Dans cette lutte, il sera contre toute attente épaulé par les Dalton venus pour l’éliminer, par les Cajuns du bayou, ces blancs laissés-pour-compte de la prospérité du Sud, et par Bass Reeves, premier marshall noir des États-Unis

Auteurs :  Achdé, de son vrai nom Hervé Darmenton, né le 30 juillet 1961 à Lyon, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français. Son pseudonyme vient de ses initiales, H-D. Depuis le décès de Morris en 2001, il dessine la série Lucky Luke.
Jul (de son vrai nom Julien Berjeaut) est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d’histoire chinoise à l’université avant de s’orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l’Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L’ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s’amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l’année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
Bloquée par le confinement, je n’ai pas pu aller récupérer cet album à la Bibliothèque, je me le suis donc offert auprès de la Maison de Presse – Librairie proche de mon domicile… (qui avait le droit d’être ouverte).
Après un héritage inattendu, Lucky Luke se retrouve à la tête d’une importante plantation de coton du sud des États Unis.
La guerre de sécession est finie depuis cinq années, l’esclavage a été aboli et les Noirs sont libres… Officiellement libres, mais sous la menace du Ku-klux-klan, de leurs persécutions et des lynchages.
Mais Lucky Luke, qui n’a pas prévu de se fixer en Louisiane, est bien décidé à céder la propriété aux 1200 employés de celle-ci… Ce qui n’est pas vraiment du goût de tous les riches propriétaires « blancs » des plantations voisines…
Lucky Luke aura l’appui précieux de Bass Reeves, le premier Marshall noir américain, qui connait bien la sud et le bayou. Les Dalton sont également présents et pour une fois, ils ne seront pas les méchants de l’histoire !
Même si cet album était en gestation depuis plusieurs années, il est tout à fait dans l’actualité.
Jul s’est beaucoup documenté pour écrire cet album autant distrayant qu’instructif.

Extrait : (début de la BD)

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113734884 Lucky Luke : La Terre promise

cavalier_seul Cavalier seul – Achdé , Daniel Pennac, Tonino Benacquista

luckyluke Lucky Luke : Un cow-boy à Paris

 

« Si je reviens un jour » – Les Lettres retrouvées de Louise Pikovsky – Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert

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Quatrième de couverture :
En 2010, lors d’un déménagement au sein du lycée Jean de La Fontaine, dans le 16e arrondissement de Paris, des lettres et des photographies ont été trouvées dans une vieille armoire. Enfouis là depuis des dizaines d’années, ces documents appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky. Plusieurs mois durant, cette jeune lycéenne juive a correspondu avec sa professeure de lettres. Son dernier courrier date du 22 janvier 1944, jour où elle est arrêtée avec sa famille.

Auteurs : Stéphanie Trouillard, journaliste de France 24, a réalisé en 2017 un webdocumentaire en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, sur l’histoire de Louise Pikovsky. À partir des documents de Louise, elle a pu retrouver des témoins, des cousins éloignés et des anciens élèves. Ce travail a rencontré un vif succès et a obtenu de nombreux prix en France et à l’étranger. Il est lauréat 2018 du prix Philippe Chaffanjon. En 2020, elle scénarise et réalise avec Thibaut Lambert aux dessins une adaptation en bande dessinée, « Si je reviens un jour… Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky ».
Influencé par son pays natal la Belgique, Thibaut Lambert est comme né dans une bulle. Tout l’inspire, l’amour, les voyages, la maladie, les rencontres, … Après un passage à l’atelier BD de l’institut-Saint Luc à Bruxelles, il enchaine les petits boulots et réalise son premièr album BD : Al Zimmeur, un album pour enfant sur la maladie d’Alzheimer. Début 2008, lassé par la vie en ville, il lâche boulot et logement pour partir, avec sa compagne, un an sur les routes d’Amérique du Sud. Après de nombreuses péripéties, ils reviennent en Europe et posent leurs sacs à dos en Poitou-Charentes. Depuis, Thibaut participe à différents fanzines tout en continuant des projets plus personnels comme un carnet de voyage qu’il publie via le site Bibliocratie. Avec « Au coin d’une ride », il revient à la maladie d’Alzheimer dans une histoire pour adulte mettant en avant le rôle de l’aidant, membre de la famille ou proche, accompagnant un malade.

Mon avis : (lu en octobre 2020)
J’ai entendu parler de cette BD à la radio lors du printemps dernier, une BD devoir de mémoire qui raconte l’histoire de Louise, lycéenne au lycée Jean de La Fontaine de Paris pendant la Seconde Guerre Mondiale. Sa photo de classe ne le montre pas, mais elle porte l’étoile jaune sur sa veste. A partir de l’été 1942 et durant plusieurs mois, Louise échange des lettres avec sa professeure de lettres, Mademoiselle Malingrey. Elle parle de son quotidien et la précarité de sa situation, elle se questionne sur la disparition de plusieurs camarades de classe, elle raconte son père détenu à Drancy… Sa dernière lettre date du 22 janvier 1944, le jour de son arrestation avec sa famille. Mademoiselle Malingrey n’oubliera jamais son élève et gardera toute sa vie des photos et quelques lettres que Louise voulait retrouver si elle revenait… Toujours, elle continuera à évoquer la mémoire de la jeune fille auprès de ses élèves.
En 2010, c’est un peu par hasard que les lettres et photos de Louise Pikovsky sont retrouvées dans une vieille armoire du lycée.

A la fin de l’album, un dossier pédagogique avec les documents d’archives lettres et photos permet au lecteur de voir le vrai visage de Louise, de sa famille disparue et de Mademoiselle Malingrey.

La lecture de la BD pourra être complétée par le webdocumentaire :
http://webdoc.france24.com/si-je-reviens-un-jour-louise-pikovsky/

Extrait : (début du livre)

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Petit bac 2020a
(6) Objet

Meurtres aux Kerguelen – Olivier Montin et Sophie Laurent

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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Quatrième de couverture :
Maël, commissaire de police expert en criminologie, est en vacances à La Réunion lorsqu’il est soudain missionné pour se rendre sur l’île de Kerguelen – en plein cœur du sud de l’océan Indien – à la suite d’un horrible homicide. L’histoire se déroule à bord du navire La Curieuse, sur les « bases vie » des 3 îles de Kerguelen, d’Amsterdam et de Crozet ou encore sur le navire-ravitailleur des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises), le célèbre Marion-Dufresne. Sur ces terres exceptionnelles, paradis pour quantité d’animaux polaires, les morts suspectes s’accumulent. Maël parviendra-t-il à résoudre ces mystères ?

Auteurs : Olivier Montin a travaillé en début de carrière cinq années aux TAAF et y a séjourné de nombreux mois comme ingénieur géomètre-topographe. Il a beaucoup parcouru ces îles et effectué de nombreux voyages à bord du Marion-Dufresne I.
Sophie Laurent, originaire de l’île aux Moines dans le golfe du Morbihan, est issue d’une famille de marins. Expatriée quelques années à l’île Maurice, elle a eu la chance d’être reçue plusieurs fois sur le Marion-Dufresne II, de travailler pour La Curieuse et de côtoyer ces marins du bout monde.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
J’ai choisi de découvrir ce roman policier surtout pour sa destination mythique : les îles Kerguelen et je n’ai pas été déçue.
Ce livre est plus un livre documentaire sur les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qu’un roman policier… Il y a bien une intrigue plutôt bien construite mais même s’il y a un mort assez rapidement et que Maël, commissaire de police expert en criminologie, en vacances à La Réunion est réquisitionné pour mener l’enquête, rejoindre la scène de crime va prendre presque la moitié du roman !
Moi qui suis fascinée par ces terres lointaines du  bout du monde, ce roman est très bien documenté. Les auteurs ont eux l’occasion de faire des séjours là-bas aux Îles Kerguelen, îles Crozet, île Amsterdam, île Saint-Paul et d’embarquer sur le Marion-Dufresne et/ou sur La Curieuse.
Le Marion Dufresne, surnommé aussi Le MARDUF, est le navire océanique français qui  assure le ravitaillement mensuel des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien. La Curieuse est un navire océanique français attaché à l’archipel des Kerguelen. Les TAAF sont la plus grande réserve naturelle de France et l’une des plus grandes aires marines protégées du monde.
C’est passionnant de découvrir la vie à bord des navires océaniques et celle des différents scientifiques et militaires dans les îles pour étudier et surveiller le paradis des oiseaux et des animaux marins en tout genre : albatros, sternes, manchots, éléphants de mer…
Côté négatif du livre, la relecture a été un peu rapide car il reste quelques fautes d’orthographe, en particulier d’accent et parfois des phrases aux tournures un peu compliquées obligeant le lecteur à s’y reprendre à plusieurs fois…
Dans le livre quelques cartes en noir et blanc sont présentes, mais peu lisibles…
Pour ma part, j’ai complété ma lecture avec les cartes en ligne présentes sur le Géoportail
(cliquer sur l’image pour accéder directement à la Carte-Géoportail en ligne)

Iles Kerguelen :
Kerguelen

Iles Crozet :
Iles.Crozet

Ile Amsterdam :

Amsterdam

Ile Saint-Paul :
Saint-Paul

Petit bac 2020a(8) Lieu

Open Bar 2 – Fabcaro

Delcourt – juin 2020 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Eddy Mitchell et la raclette sont-ils compatibles avec une vie intime amoureuse ? Peut-on assumer le fait d’avoir un père manager conseil ? Comment s’assurer que les parents resteront bien jusqu’à la fin de la kermesse de l’école ? Qui gagnera la compétition d’enfilage de housse de couette ? Des questions fondamentales auxquelles Fabcaro apporte une réponse implacable, surprenante et finalement évidente.

Auteur : Fabrice Caro, dit Fabcaro, dessine depuis l’enfance et décide de s’y consacrer pleinement à partir de 1996. Il travaille pour la presse ou l’édition, pour différentes revues de bande dessinée telles : Fluide Glacial, FLBLB, Psikopat, Jade, Tchô !, L’Echo des Savanes, Zoo, Mauvais esprit et CQFD. Il a publié chez des petits éditeurs (comme La Cafetière ou 6 Pieds sous terre) comme chez des gros (Audie, Lombard avec la reprise d’Achille Talon). Fabcaro multiplie les collaborations où il officie en tant que scénariste, avec James, Boris Mirroir (Amour, Passion et CX diesel) ou encore Fabrice Erre (Z comme Don Diego, Mars). Son dernier ouvrage chez 6 Pieds sous terre, Carnet du Pérou fut l’un des livres d’humour marquant de 2013, sélectionné pour les prix d’Angoulême en 2014.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
Une deuxième tournée dans le monde de l’absurde, de l’humour décalé, noir et percutant de Fabcaro. C’est toujours aussi jouissif et inattendu…
Des situations banales du quotidien ou de l’actualité qui dégénèrent : un dîner à deux, une discussion en mère et fille à propos d’une soirée chez une amie, un championnat d’enfilage de couette dans sa housse, des documents improbables à fournir pour un dossier de location d’appartement, une conférence de presse après l’accident d’une usine chimique… Des embarcations de migrants qui sont partout, l’histoire du soir traumatisante… Une peine inattendue donnée lors d’un procès, un cadeau de Noël un peu spécial, un devoir d’arithmétique, un éloge funèbre 2.0, un dialogue mère-fils au retour d’une manif…
Le sens de l’observation et les bons mots de Fabcaro sont implacables et j’en redemande !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

Capture-d’cran-2015-06-23-11 Zaï Zaï Zaï Zaï  71Uaq7bWeCL Open BAR, 1ère tournée

61985PN5lJL Formica : Une tragédie en trois actes 

 91LoZIUwWRL Le discours – Fabrice Caro

Petit bac 2020a(7) Animal

 

Le discours – Fabrice Caro

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Gallimard – octobre 2018 – 208 pages

Folio – février 2020 – 224 pages

Quatrième de couverture :
« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques. Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion.

Auteur : Fabrice Caro est né en 1973. Il a écrit et dessiné une trentaine de bandes dessinées, dont le fameux Zaï Zaï Zaï Zaï. Il est aussi l’auteur d’un roman paru chez Gallimard en 2006, Figurec.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
Ce livre m’a été fortement conseillé par mon fils, grand fan de Fabcaro !

Lors d’un dîner de famille chez ses parents, Adrien est sollicité par son beau-frère pour faire un discours lors de leur futur mariage… Adrien n’a jamais osé froisser ses congénères et encore une fois, il n’ose pas refuser et pourtant il n’a pas la tête à faire un discours de mariage pour sa sœur et son beau-frère !
A quarante ans, Adrien a l’impression que sa vie est ratée, il est en « pause » avec Sonia depuis plus d’un mois, et voilà qu’il vient de lui envoyer un petit texto dont il attend désespérément une réponse, un signe de vie de sa part…
C’est un roman doux-amer qui plonge le lecteur dans une ambiance à la fois drôle et mélancolique… Tout au long de ce repas de famille, aux discussions lisses, au menu toujours identique : gratin dauphinois et son gâteau au yaourt, Adrien va imaginer différents discours et surtout se poser de nombreuses questions sur Sonia qui ne répond toujours pas à son texto…
Un regard décalé et grinçant sur l’amour et sur la famille.
J’ai beaucoup aimé le début, en particulier la description du « chef-d’œuvre d’ébénisterie », réalisé en 6ème par Adrien et offert à ses parents pour Noël, qui trente ans plus tard est toujours présent dans le cuisine familiale. Au fil des pages, j’ai trouvé quelques passages redondants et même si j’ai globalement aimé ce roman atypique, je commençai à trouver que ce repas de famille traînait un peu trop en longueur…

Extrait : (début du livre)
Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. Il laisse tomber ces quelques mots, comme ça, sans plus d’ornements, sans même me regarder, appliqué à se servir un verre de vin rouge qu’il vide dans la foulée. Le détachement, l’absence totale de solennité qu’il imprime à cette phrase empêchent toute négociation. Débattre d’une telle proposition relève du superflu, voire du grotesque. J’ai beau chercher, je n’y décèle pas l’ombre d’une intonation interrogative. Son autorité naturelle ne s’encombre d’aucune question, de volume sonore, de regard droit. Rien de très élaboré, hein, quelques mots, ça la toucherait beaucoup. Oui oui, bien sûr, avec plaisir. C’est tout ce que je trouve à répondre.
Ma sœur et ma mère reviennent de la cuisine à ce moment-là, il ne manquait plus que ça pour me pourrir la soirée, un discours.
De ma place, je peux apercevoir le porte-serviettes au mur de la cuisine et m’étonne d’être encore traumatisé, trente ans après, par ce chef-d’œuvre d’ébénisterie initié par notre professeur de technologie de sixième en guise de cadeau de Noël pour nos parents. Il s’agissait d’élaborer un porte-serviettes en forme de sapin à partir d’une planchette rectangulaire, l’exercice avait pour but de nous familiariser avec le tour, la meuleuse, la fraiseuse et autres outils aux noms barbares dont l’utilité nous échappait et m’échappe encore aujourd’hui pour tout dire.

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(8) Son