Sauveur et Fils saison 3 – Marie-Aude Murail

51dQo72i0DL Ecole des Loisirs – juin 2017 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Au numéro 12 de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1,90 mètre pour 80 kg. Dans son cabinet de thérapeute, Sauveur reçoit des cas étranges comme ce monsieur Kermartin qui pense que ses voisins du dessus ont installé une caméra de vidéosurveillance dans le plafond de sa chambre à coucher ou comme Gervaise Germain qui s’interdit de prononcer le son « mal » par crainte qu il ne lui arrive un MALheur. Mais Sauveur reçoit surtout la souffrance ordinaire des enfants et des adolescents : Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête contre les murs pour attirer l attention de ses parents, Ella, 13 ans, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin, 17 ans, qui ne va plus au lycée depuis qu il passe ses nuits dans World of Warcraft, Margaux, 15 ans, qui en est à sa deuxième tentative de suicide ou sa sœur, Blandine, 12 ans, que son père aimerait mettre sous Ritaline pour la « calmer »… Sauveur peut-il les sauver ? Il n a que le pouvoir de la parole. Il ne croit pas au Père Noël, mais il croit en l’être humain.

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s’est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l’émotion et de l’amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t’aime (2013).

Mon avis : (lu en janvier 2018)
Je suis devenue une inconditionnelle de cette série de Marie-Aude Murail. Sauveur, son fils Lazare, Louise son amoureuse et ses enfants Paul et Alice sont attachants tout comme les amis et les patients de Sauveur.
C’est toujours un plaisir de retrouver Gervaise Germain, au prise aux superstitions,  Ella, cyberharcelée par ses camarades de classe, Gabin et Jovo le SDF qui vivent toujours chez Sauveur, Samuel qui avait retrouvé son papa en saison 2, Margaux et Blandine sa petite sœur…
Nous avons également faire la connaissance de nouveaux patients comme monsieur Kermartin, qui se sent surveillé par ses voisin, comme Maïlys, 4 ans, qui se tape la tête pour attirer l’attention de ses parent, de Wiener…
Mais Sauveur est tellement pris par ses patients qu’il laisse peu de place à Louise…
Et pour mon bonheur et celui des fans, la série continue ! La saison 4 sort le 17 janvier c’est à dire demain !

Extrait : (début du livre)
Du dimanche 18 au dimanche 25 octobre 2015

Il y a des périodes dans l’année où les enfants ont pris la mauvaise habitude de ne pas aller en classe, ce que monsieur Kuypens déplorait chaque fois.
— Encore des vacances ! 
— C’est la Toussaint, lui répondit sa femme. Ella est crevée, ça lui fera le plus grand bien. 
Tout en se déshabillant, monsieur Kuypens grommela : « J’en prends, moi, des vacances ? », puis porta le conflit sur un autre terrain.
— Et c’est quoi, cette gastro qui a duré toute la semaine dernière ? Ce ne serait pas sa phobie-truc qui recommence par hasard ? 
Sans répondre, madame Kuypens, Virginie de son prénom, prit son oreiller sous le bras et s’éloigna vers la porte de la chambre à coucher.
— Qu’est-ce que tu fais ? s’étonna Camille Kuypens. 
— Je vais dormir au salon.
— Mais on peut parler, non ? Il faut tout de suite que tu montes sur tes grands chevaux ! Ça a recommencé, ou pas ? 
Virginie acquiesça en silence. Durant la dernière semaine de cours, Ella s’était de nouveau invitée à l’infirmerie du collège, prise de nausées et de maux de tête.
— Et qu’est-ce qu’il en dit, l’autre chariot ? reprit monsieur Kuypens. 
— De qui tu parles ? 
— Mais de votre grand homme, Sauveur ! Tu parles d’un sauveur. Il n’a pas été fichu de soigner Ella ! 
— Elle allait mieux, protesta Virginie. C’est une rechute. Ça arrive dans les maladies. 
Monsieur Kuypens fit entre haut et bas : « Une maladie… On appelait ça de la fainéantise de mon temps. » Puis voyant que sa femme faisait de nouveau un pas vers la sortie :
— Mais arrête avec cet oreiller ! On discute. C’est possible ? 
Il s’assit, jetant un regard au passage sur ses mains qui tremblotaient. Sa femme suivit son regard.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin

92806891 3000 façons de dire je t’aime 

114911377 Sauveur et fils – saison 1 117081217 Sauveur & Fils – saison 2

Petit bac 2018
Passage du Temps (1)

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Tu sais ce qu’on raconte… – Gilles Rochier et Daniel Casanave

Lu en partenariat avec le Prix SNCF du Polar

bd_TU SAIS grande Warum – janvier 2017 – 88 pages

Quatrième de couverture :
Tu sais ce qu’on raconte…
Il paraît que…
Le fils Gabory…
Vous n’êtes pas au courant ?
Toute la ville ne parle que de ça.
Il est revenu.
Le môme qui… ?
Celui-là même.
Ben, il manque pas de culot !
Attends, c’est pas clair cette histoire.
Mais il veut quoi ?
Ah ça !
Les gendarmes le savent ?
Il faut faire quelque chose !

Auteurs : Gilles Rochier est né en 1968 à Ermont.
Daniel Casanave est né à Charleville-Mézières et vit à Reims. Il dessine pour le journal de France Télévision de Champagne-Ardenne et participe, tous les deux ans, à L’Almanach des Ardennes.

Mon avis : (lu en janvier 2018)
Lorsque l’on ouvre cette BD, on ne la lâche pas…
Cette histoire est autour d’une rumeur… Il paraît que le fils Gabory est revenu. Tout le monde en parle, les éboueurs, le bistrotier, le couvreur, l’infirmière, le boucher… Dans le bus, au café, dans la rue, à la boucherie la rumeur se répand. Mais pourquoi ? Que vient-il faire ? Et que fait la police ? Toute la ville se souvient d’une vieille histoire qui n’est toujours pas claire : un accident de la route et la mort d’une jeune fille… Était-il coupable ? Chacun a son avis, la rumeur enfle au fil de la journée… 
Je n’ai pas aimé le dessin de cette BD, mais la construction est très réussie, le personnage principal ne sera jamais représenté, à chaque case, un personnage différent qui raconte ce qu’il a entendu, la source principale n’est jamais entendue, les faits rapportés ne sont jamais vérifiés… C’est la démonstration comment, dans un village, peut se répandre une rumeur comme une traînée de poudre !
Merci Anaïs et le Prix SNCF du Polar pour cette découverte.

 

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Dakota Song – Ariane Bois

51pYcl8UMHL Belfond – mars 2017 – 439 pages

Quatrième de couverture :
New York, 1970. Shawn Pepperdine, jeune de Harlem, assiste, horrifié, au meurtre de son meilleur ami. Pour échapper aux assassins, il trouve refuge dans les sous-sols du Dakota, l’immeuble le plus mythique de Manhattan.
Au cœur d’une ville en pleine ébullition, le Dakota reste, lui, immuable : un club très fermé, un château médiéval sur Central Park, un havre de paix des  » rich and famous « . S’y côtoient Lauren Bacall, Leonard Bernstein et Rudolf Noureev. Ici, Polanski tournera les images du film Rosemary’s Baby.
Devenu le premier portier noir du Dakota, Shawn côtoie ses résidents : Nigel, Abigail, Nathan, Cherie, Becky, Andrew, Tyler et les autres.
Quand la plus grande star du monde, John Lennon, emménage à son tour, l’immeuble et sa communauté s’enflamment…
Dakota Song est le portrait survolté d’une Amérique en pleine révolution artistique, intellectuelle et sexuelle, celle de la Beatlemania et du disco, du Studio 54 de Warhol et du Chelsea Hotel, du scandale du Watergate et d’une décennie de violences.

Auteur : Ariane Bois est romancière. Elle a été récompensée de sept prix littéraires et est traduite dans plusieurs pays. Elle est l’auteur de Et le jour pour eux sera comme la nuit (2009), Le Monde d’Hannah (2011) et Sans oublier (2014). Pour Le Gardien de nos frères (2016), elle a notamment reçu le Prix Wizo 2016. Dakota song est son cinquième roman.

Mon avis : (lu en janvier 2018)
J’ai emprunté ce roman à la Bibliothèque plus pour l’auteure que pour le sujet traité. Et finalement, j’ai beaucoup aimé ce livre qui raconte l’Amérique des années 70 en s’intéressant aux habitants d’un immeuble mythique de New-York, le Dakota.
A l’époque, c’est l’immeuble le plus célèbre et le plus luxueux de la ville.
Pour échapper à la violences des gangs de Harlem où il vivait avec sa mère et ses sœurs, et grâce à son oncle qui y travaille, Shawn, un jeune noir de 20 ans va se réfugier au Dakota. Il va commencer par être « homme à tout faire » puis grâce à sa disponibilité, sa gentillesse et son honnêteté, on lui proposera de devenir portier, le premier portier noir du Dakota. En suivant l’histoire des différents personnages de 1970 à 1980 au Dakota, le lecteur découvre New-York à cette époque… Il est question de violence, de drogue, de racisme…
Ariane Bois mélange réel et fiction puisque ses personnages : Shawn, Niguel, Andrew, Becky, Tyler, Nathan, Cherie, Abigaïl… vont côtoyer des célébrités comme Lauren Bacall, John Lennon, Rudolf Noureev, Leonard Bernstein…
Je ne connaissais pas cet immeuble et j’ai dévoré ce livre envoûtant et prenant. 

Extrait : Lire un extrait

 

Déjà lu du même auteur : 

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Art (2)

Où les eaux se partagent – Dominique Fernandez

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

9782848766508 Philippe Rey – janvier 2018 – 266 pages

Quatrième de couverture :
Un peintre français, Lucien, et sa compagne Maria, en vacances en Sicile, arrivent dans un port à l’écart des circuits touristiques. La beauté du lieu et leur rencontre d’un vieux prince désargenté les amènent à acheter une maison rudimentaire, au bord de la falaise, malgré les réticences de Maria.
Lucien est fasciné par les Siciliens, leur pays, leurs coutumes, leurs superstitions, leur personnalité pittoresque et surprenante… Tandis que Maria, tout empreinte des préjugés des Italiens du Nord, les considère comme une population barbare. Elle est révulsée par l’éducation sévère infligée aux filles contrastant avec le laxisme de celle des garçons, les « crimes d’honneur », l’absence de femmes sur les plages, cause d’un intérêt malsain des hommes, appâtés par la blondeur de Maria…
En face de la maison se trouve une ligne de partage entre deux mers. Et si là, devant l’un des plus beaux paysages du monde, une autre ligne, celle de la séparation, se dessinait au sein d’un couple, pourtant arrivé enjoué et uni ?
Un roman subtil sur le lien amoureux, les mouvements souterrains de la personnalité, mais aussi une peinture foisonnante de la Sicile et de ses habitants.

Auteur : Romancier et essayiste, membre de l’Académie française, Dominique Fernandez est l’auteur de plus de soixante ouvrages dont Dans la main de l’ange (prix Goncourt 1982), Porporino ou les mystères de Naples (prix Médicis 1974), Ramon et Le Piéton de Rome. Il a publié plusieurs beaux-livres à la suite de nombreux voyages : Rome, Saint-Pétersbourg, Palerme et la Sicile, Prague, Syrie, L’Âme russe, etc.

Mon avis : (lu en décembre 2017)
J’ai accepté de recevoir ce roman pour découvrir la Sicile à travers ce roman.
Lucien et Maria ont acheté, un peu par hasard, une maison sans prétention dans le petit village de Marzapalo, à la pointe sud-est de la Sicile. Lucien est un peintre français et il a été éblouie par le paysage et les habitants de cet endroit. Maria, Italienne du Nord, est plus réticente, elle préfère la ville et considère les Siciliens comme peu intéressants…  
Lucien et Maria n’étant sur la même longueur d’onde, des tensions vont se créer dans le couple…
J’ai aimé découvrir cette région de Sicile et les Siciliens dans le roman mais j’ai vite été lassée par cette histoire de couple… J’ai également été gênée par les nombreuses inclusions de locutions en italien non traduites en français qui émaillent le roman.

Merci Anaïs et éditions Philippe Rey pour cette lecture mitigée.

Extrait : ici

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Positif (1)

Ar-Men – Emmanuel Lepage

ar-men Futuropolis – novembre 2017 – 96 pages

La nouvelle bande dessinée d’Emmanuel Lepage : une plongée fantastique dans le plus mythique des phares, Ar-Men !
Ar-Men est le phare le plus exposé et le plus difficile d’accès de Bretagne, c’est-à-dire du monde. On le surnomme « l’enfer des enfers ». Mêlant fiction, documentaire et légendes, épopée autant que récit intimiste, Emmanuel Lepage livre un récit de forte intensité. Couleurs somptueuses, images à couper le souffle : Emmanuel Lepage au sommet de son art !

Auteur : Emmanuel Lepage est un dessinateur, scénariste et coloriste de bande dessinée, né en 1966 à Saint-Brieuc.

Mon avis : (lu en décembre 2017)
Je suis une inconditionnelle des bandes dessinées d’Emmanuel Lepage et j’aime également beaucoup les phares et bien sûr la Bretagne. C’est donc naturellement que je me suis procurée cette bande dessinée !
Ar-Men est situé au large de l’île de Sein, c’est le phare le plus exposé et le plus difficile d’accès de Bretagne. On le surnomme « l’Enfer des enfers ».
Dans cette BD, Emmanuel Lepage nous raconte ce phare mythique en mêlant fiction et réalité… Il nous raconte sa construction qui fût un exploit, en effet il a fallu 14 années pour parvenir à terminer le bâtiment. L’endroit choisit pour édifier ce phare à l’extrême ouest de la Bretagne ne se découvre que quelques heures par an et est battu par les tempêtes… Germain est l’un des derniers gardiens, il nous permet de découvrir son quotidien et son travail de veille et d’entretien sur Ar-Men. L’auteur évoque également les légendes de la ville d’Ys engloutie, du Bag Noz ou bateau fantôme…
Concernant le graphisme, c’est magnifique ! Le dessin est précis, les couleurs à l’aquarelle sont splendides, le ciel, la mer sont dans tous leurs états…
Une BD qui fait rêver, vibrer, s’émerveiller et voyager ! Un vrai coup de cœur !

En bonus, voilà une carte pour situer ce phare du bout de la terre…

carte_ar_men(cliquer sur la carte pour accéder au Geoportail et voir la carte en grand)

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Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur : 

1151_couv  Un Printemps à Tchernobyl 

 97888941 Voyage aux îles de la Désolation 

100314841 La Lune est blanche

Petit bac 2018
Lieu (1)

Bien des choses – François Morel et Rabaté

biendeschoses Futuropolis – août 2009 – 104 pages

Quatrième de couverture :
Quand Pascal Rabaté décide d’illustrer le texte du dernier spectacle de François Morel, il y a comme une forme d’évidence. Il faut dire que ces deux auteurs partagent le même goût de la chronique familiale, observant avec malice, mais sans moquerie, les gens ordinaires. À travers les cartes postales que s’envoient consciencieusement les Rouchon et les Brochon de leurs vacances, se tisse une vie qui se rêve idéale mais où se dévoile, entre les lignes, tous les rituels minuscules qui font le sel de la vie…
Au départ, il y a un spectacle, écrit et joué par François Morel en compagnie de son vieux complice Olivier Saladin et qui connaît un beau succès depuis plusieurs mois. À l’occasion de la sortie en DVD du dit spectacle, Futuropolis vous propose le texte original de François Morel illustré par Pascal Rabaté. Un autre regard, pour une belle complicité !

Auteurs : Après un passage à l’École de la Rue Blanche, François Morel entame une carrière de comédien et entre dans la troupe des Deschamps dirigée par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff. Après de nombreuses pièces, il est Monsieur Morel dans les Deschiens sur Canal + de 1993 à 2000. Il écrit et interprète Les Habits du dimanche mis en scène par Michel Cerda. Il est acteur dans les films de Etienne Chatiliez, Lucas Belvaux, Jacques Otmezguine, Christophe Barratier, Michel Munz et Gérard Bitton, Guy Jacques et Pascal Thomas. François Morel a écrit en 2006 ses propres textes de chansons pour le spectacle Collection Particulière mis en scène par Jean-Michel Ribes au Théâtre du Rond-Point. Entre novembre 2007 et avril 2009, il joue Les Diablogues de Roland Dubillard avec Jacques Gamblin. Il a créé le spectacle Bien des Choses en juillet 2006 avec Olivier Saladin et le joue depuis régulièrement. Le spectacle sera au Théâtre de La Pépinière à Paris entre septembre et décembre 2009.
Pascal Rabaté est né en 1961. En 1989 et 1990, il publie ses premiers albums (Exode, Les Amants de Lucie et Vacances, vacances) aux Éd. Futuropolis. 1992-1995, Les Pieds dedans, Éd. Vents d’Ouest (3 volumes parus). 1997, Un ver dans le fruit et Ex voto, Éd.Vents d’Ouest. 1998-2001, Ibicus, éd. Vents d’Ouest, Alph Art du meilleur album à Angoulême et prix Canal BD des libraires de bande dessinée. 2006, Les Petits Ruisseaux et La Marie en plastique, avec David Prudhomme au dessin, qui obtient un Essentiel au festival d’Angoulême. 2007, adaptation d’Harry est fou, D.King Smith, éd. Gallimard Jeunesse. 2009, parution simultanée du Petit rien tout neuf avec un ventre jaune, aux éditions Futuropolis et Bien des choses, où il illustre les textes de François Morel. Il réalise en ce moment l’adaptation cinématographique des Petits Ruisseaux.

Mon avis : (lu en décembre 2017)
Ce livre est le texte original d’un spectacle écrit et joué par François Morel en 2006, il est illustré par Rabaté.
Ce sont des cartes postales que s’échangent le couple Rouchon, Robert et Janine et le couple Brochon, Roger et Madeleine. Les deux couples s’envoient de nombreuses cartes postales lors de leurs vacances respectives.  En provenance de Bulgarie, de Grèce, de Louxor, de Caracas, d’Angleterre, de Rome, de l’Île de Ré, de Biarritz, ses cartes postales racontent aussi bien les préoccupations du quotidien que l’étonnement des lieux découverts.
On a tous subit la corvée des cartes postales à écrire, de même que l’on a tous reçu des cartes postales où le texte est rarement intéressant… Les vacances sont toujours réussies, formidables et le temps magnifique !
Entre clichés, poésie et humour ces échanges épistolaires parfois improbables ou naïfs sont vraiment savoureux. On retrouve le ton unique et décalé de François Morel qui dresse un portrait tendre de ses deux couples.
J’ai surtout aimé les textes, je suis moins fan des dessins.

Extrait :

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Les cancres de Rousseau – Insa Sané

Lu en partenariat avec Babelio et Sarbacane

51JeH-xd2dL._SX312_BO1,204,203,200_ Sarbacane – octobre 2017 – 400 pages

Quatrième de couverture :
C’est l’année ou jamais pour Djiraël. Il est en terminale et il a la chance de se retrouver dans la même classe que ses potes de toujours : Armand, Sacha, Rania, Doumam et Jazz. En plus, le prof principal, c est Monsieur Fèvre le seul prof à s’intéresser à eux…
Il ne manque au bonheur de Djiraël qu un baiser de Tatiana, qu’il convoite depuis la Seconde.
En tout cas, Djiraël a décidé que cette année serait inoubliable. Aussi, quitte à se mettre l’administration à dos, il fera en sorte que l’éclate passe avant le baccalauréat. Le bonheur ne se conjugue pas au futur… Sauf que Monsieur Fèvre va avoir besoin d’aide. Et qu’il faudra donc, pour Djiraël, faire le choix entre sa quête d’amour, son intérêt personnel, les promesses faites à ses amis, et la nécessité d’agir selon son devoir.
Parfois, on a décidé d’un truc et finalement on fait tout l’inverse.

Auteur : Né à Dakar en 1974, vivant à Sarcelles et à Saint-Denis, Insa Sané est auteur, slameur, chanteur et comédien. Sa « Comédie Urbaine » l’a imposé comme un auteur phare de la collection Exprim , capable de marier rythmique hip-hop et poésie lyrique.
Insa Sané est aussi une bête de scène, un activiste du livre constamment lancé par monts et par vaux pour présenter son univers aux jeunes et aux professionnels toujours en faisant du bruit !
Il produit des ateliers d’écriture stimulants et a sillonné les salons de la France entière, mais aussi les librairies, les bibliothèques, les collèges et lycées, les maisons d’arrêt…

Mon avis : (lu en décembre 2017)
Sarcelles, en 1994, cette année sera exceptionnelle pour Djiraël, car il entre en Terminale et il se retrouve dans la même classe que tous ses copains : Sacha, Jazz, Rania, Armand, Doumam et avec leur professeur préféré comme prof principal : Monsieur Fèvre, le seul qui s’intéresse d’abord aux élèves avant de s’intéresser à leurs résultats !
Djiraël est un élève intelligent, mais il en fait le strict minimum. Il a du cœur et il promet à ces potes une année inoubliable.
Sous prétexte que Djiraël fréquente la bande des cancres du lycée Rousseau, il ne serait pas légitime qu’il devienne le délégué des délégué… Grâce à sa tchatche, lors de la campagne, il va faire un beau discours en ne faisant pas de promesse irréalisable, mais en parlant avec son cœur et il réussira l’impossible en se faisant élire contre tous les pronostics…
Lors de cette dernière année qu’ils vont passer tous ensemble, Djiraël va devoir prouver qu’il est devenu un garçon responsable, il organisera avec la bande une grande fête pour le lycée, mais pas seulement…
Le lecteur pourrait être gêné par le langage assez cru et le style parlé du livre, mais les nombreux personnages sont si attachants qu’on oublie le vocabulaire parfois fleuri…

Merci Babelio et les éditions Sarbacane pour cette très belle découverte.

Extrait :
– Putain, Djiraël… t’as foutu que de la merde !
Sacha, comme une grande tornade blonde en colère, tirait la tronche. On venait de perdre un 2 contre 2 : seul face au panier, j’avais loupé les deux points de la victoire en même temps que le double pas le plus facile de l’histoire des playgrounds.
– Ca arrive même aux meilleurs, j’ai répondu, philosophe.
– Sérieux, Djiraël ?! C’était un shoot de gonzesse.
Y avait pas plus mauvaise perdante que Sacha. N’empêche, je n’ai pas apprécié son attaque sur le contenu de mon caleçon :
– Hé ! Mes pecs sont p’têt plus gros que tes seins, mais ça fait pas de moi une meuf.
Sacha était faite tout en muscles et elle culminait à plus de 1m80. Un tank, silhouette Canderel : petits seins, grosses fesses.
– Ah, c’est ça en fait ! ? T’était trop concentré sur mes nichons. 

La tresse – Laëtitia Colombani

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – novembre 2017 – 5h02 – Lu par Laetitia Colombani, Rebecca Marder, Estelle Vincent
Grasset – mai 2017 – 224 pages

Quatrième de couverture :
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Auteur : Diplômée de l’École Nationale Supérieure Louis Lumière, Laetitia Colombani est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé deux longs-métrages, À la folie. pas du tout et Mes stars et moi. Elle écrit aussi pour le théâtre et joue pour le cinéma et la télévision. La Tresse est son premier roman, il est en cours de traduction dans le monde entier.

Lecteurs : Née en 1995, Rebecca Marder se forme au Conservatoire de Paris 13 puis au Théâtre National de Strasbourg. Elle entre à la Comédie-Française en juin 2015, elle y interprète son premier rôle dans Les Rustres de Carlo Goldoni mis en scène par Jean-Louis Benoit. On la retrouve également à la télévision et au cinéma dans La Rafle, Ceci est mon corps ou encore Emma
Dès l’âge de 8 ans, Estelle Vincent, commence à tourner pour la télévision et le cinéma. Passionnée par l’art dramatique, elle intègre le cours Florent. Elle est pré-nominée aux Césars 2006 pour son rôle dans Une aventure, puis devient en 2010 l’héroïne de la série Marion Mazzano. Elle prête également sa voix pour des documentaires ou des émissions radio. Elle est l’auteure de trois pièces de théâtre et co-auteur d’un long-métrage.

Mon avis : (écouté en novembre 2017)
Voilà un roman profondément humain et touchant. Ce sont trois histoires de trois femmes courageuses. Trois beaux portraits de femmes dont le destin se croisent, une mère, une femme amoureuse, une femme dans le monde du travail. Trois femmes si différentes mais trois femmes combatives.
Smita vit en Inde, c’est une Intouchable. Elle n’a jamais pu aller à l’école car dès six ans, elle a dû accompagner sa mère et apprendre le misérable métier « d’extracteur » qui se transmet de mère en fille, depuis des générations. Elle refuse que sa fille Lalita ait la même vie qu’elle. Smita se bat pour que son mari accepte d’envoyer Lalita à l’école afin que leur fille puisse avoir un avenir meilleur.

Giulia est sicilienne, elle travaille dans l’atelier familiale de traitement de cheveux. Lorsque son père se retrouve à l’hôpital, dans le coma après un accident, Giulia découvre que ce dernier est endetté. Il va falloir prendre des décisions pour l’avenir de l’entreprise et de ses employés. 
Sarah vit au Canada, mère de 3 enfants, elle est également une brillante avocat à 
Montréal.  C’est une femme épanouie qui réussit à concilier sa vie de maman et sa vie professionnelle. Mais après avoir fait un malaise en pleine audience, elle va devoir prouver qu’elle est toujours la meilleure.
L’auteur à construit ce livre comme une tresse, le lecteur suit à tour de rôle l’histoire de Smita, Giulia et Sarah, brins d’histoire de l’une, puis de l’autre et peu à peu la tresse se construit de tous les combats de chacune contre l’injustice sociale, contre la faillite et contre la maladie.
La version audio est très agréable, lecture à trois voix, trois petites musiques en introduction de chaque chapitre indiquent où le lecteur doit se projeter : en Inde, en Sicile ou au Québec.
En bonus, il y a également un entretien avec l’auteur, c’est toujours très intéressant à écouter pour compléter la lecture du roman.

Merci Pauline et Audiolib pour cette lecture qui fait du bien.

Extrait : (début du livre)
Smita
Village de Badlapur, Uttar Pradesh, Inde.

Smita s’éveille avec un sentiment étrange, une urgence douce, un papillon inédit dans le ventre. Aujourd’hui est une journée dont elle se souviendra toute sa vie. Aujourd’hui, sa fille va entrer à l’école.
À l’école, Smita n’y a jamais mis les pieds. Ici à Badlapur, les gens comme elle n’y vont pas. Smita est une Dalit. Intouchable. De ceux que Gandhi appelait les enfants de Dieu. Hors caste, hors système, hors tout. Une espèce à part, jugée trop impure pour se mêler aux autres, un rebut indigne qu’on prend soin d’écarter, comme on sépare le bon grain de l’ivraie. Comme Smita, ils sont des millions à vivre en dehors des villages, de la société, à la périphérie de l’humanité.
Tous les matins, c’est le même rituel. À la manière d’un disque rayé rejouant à l’infini une symphonie infernale, Smita s’éveille dans la cahute qui lui sert de maison, près des champs cultivés par les Jatts. Elle lave son visage et ses pieds à l’eau rapportée la veille du puits, celui qui leur est réservé. Pas question de toucher à l’autre, celui des castes supérieures, pourtant proche et plus accessible. Certains sont morts pour moins que ça. Elle se prépare, coiffe Lalita, embrasse Nagarajan. Puis elle prend son panier de jonc tressé, ce panier que sa mère portait avant elle et qui lui donne des haut-le-cœur rien qu’à le regarder, ce panier à l’odeur tenace, âcre et indélébile, qu’elle porte toute la journée comme on porte une croix, un fardeau honteux. Ce panier, c’est son calvaire. Une malédiction. Une punition. Quelque chose qu’elle a dû faire dans une vie antérieure, il faut payer, expier, après tout cette vie n’a pas plus d’importance que les précédentes, ni les suivantes, c’est juste une vie parmi les autres, disait sa mère. C’est ainsi, c’est la sienne.

Les vieux fourneaux – tome 4 : La magicienne – Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

81BNEqPj63L Dargaud – novembre 2017 – 56 pages
Quatrième de couverture :
Sus à la Magicienne ! Les Vieux Fourneaux reviennent plus jeunes que jamais ! Après une tournée d’été du théâtre du ‘Loup en slip’, Sophie et Antoine rentrent au bercail… pour découvrir leur charmant village en pleine effervescence ! Le projet d’extension de l’entreprise Garan-Servier, qui relancerait l’économie de la région, est menacé… par une mystérieuse ‘magicienne dentelée’ occupant le terrain. Branle-bas de combat pour les zadistes ! Cela dit, c’est un coup de bol pour les vieux fourneaux, qui peuvent enfin partir à la recherche de leur trésor oublié… Quant à Sophie, elle apprend une délicate vérité au sujet de son père…Confidence pour confidence, révélera-t-elle enfin l’identité du père de sa fille, Juliette ?

Auteurs : Paul Cauuet est né le 11 juin 1980 à Toulouse. Dès l’enfance, le dessin est une véritable passion pour lui, grâce à l’encouragement et aux conseils de sa famille, ainsi qu’à la plongée dans la bande dessinée, d’abord avec Tintin, Astérix, puis avec Blake et Mortimer, Jeremiah, L’Incal … Le dessin ayant toujours accompagné sa scolarité, il prolonge sa passion dans ses études d’Arts Appliqués à l’Université Toulouse Le Mirail. C’est durant cette période qu’il rencontre Guillaume Clavery, scénariste. Leur premier projet de BD est publié en 2003 aux Editions Delcourt : « Aster » une série en 4 tomes, mêlant aventure, quête initiatique, paysages oniriques et mythologie orientale. En 2010, il collabore avec le scénariste Wilfrid Lupano, qu’il connaît depuis quelques temps déjà, pour « L’Honneur des Tzarom » aux Editions Delcourt, une série en 2 tomes, une comédie spatiale narrant les aventures loufoques et déjantées d’une famille de gitans du futur. Humour débridé, action rocambolesque, décors fantastiques et aliens en tout genre font de cette série une véritable récréation à grand spectacle. La fusion improbable entre l’univers de Georges Lucas et l’ambiance des films d’Emir Kusturica. Depuis 2012, il travaille au sein de l’atelier « La Mine », à Toulouse. A la fois, atelier de travail et lieu associatif qui propose des cours et stages de BD, ateliers de modèles vivants, et autres rencontres mêlant les différents acteurs du monde du 9ème art de la Ville Rose et de sa région. En 2014, Paul Cauuet et Wilfrid Lupano se retrouvent pour une nouvelle série « Les Vieux Fourneaux » éditée aux Editions Dargaud. C’est une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations qui met en scène trois septuagénaires, amis d’enfance, bien décidés à profiter du peu de temps qu’il leur reste. C’est une histoire qui mêle humour, tendresse, nostalgie, sujets de société (travail, écologie, politique,…) et une certaine vision du monde actuel.
Wilfrid Lupano est né à Nantes en 1971, mais c’est à Pau qu’il passe la plus grande partie de son enfance. Une enfance entourée des BD de ses parents, même si c’est surtout à une pratique assidue du jeu de rôle qu’il doit son imaginaire débridé et son goût pour l’écriture. Plus tard, il travaille dans les bars pour financer ses études – un peu de philo et une licence d’anglais –, il y rencontre deux futurs amis et associés, Roland Pignault et Fred Campoy. Ensemble, ils réalisent un western humoristique, Little Big Joe (Delcourt), dont le premier tome paraît en 2001. Il récidive avec Virginie Augustin et Alim le tanneur, un récit fantastique en quatre tomes, qu’il termine en 2009. Entre-temps, sa carrière est lancée, et il enchaîne les titres : L’assassin qu’elle mérite, L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, Le Singe de Hartlepool, Azimut… En 2014, Wilfrid Lupano obtient le Fauve du meilleur polar avec Ma Révérence.

Mon avis : (lu en novembre 2017)
Quelle plaisir de retrouver les Vieux Fourneaux !
Cet été, Antoine a accompagné sur les routes, Sophie pour la tournée de son spectacle de marionnettes. Antoine a pu passer du temps avec Juliette 
(son arrière-petite-fille) mais impossible d’obtenir la moindre information sur l’identité du père de Juliette… A leur retour, le village est en ébullition car le projet d’extension de l’usine est bloqué par la présence d’un insecte rare : une magicienne dentelée, sur le terrain. Et voilà que vont s’affronter ceux qui veulent protéger l’environnement contre ceux qui veulent des emplois pour relancer l’économie de la région… Et voilà que débarquent des Zadistes pour empêcher les travaux de commencer…
On retrouve tout à fait l’esprit des premiers épisodes des Vieux Fourneaux, mais l’histoire s’essouffle un peu, on s’intéresse plus à Sophie et Juliette qu’aux Vieux Fourneaux eux-même…
J’ai cependant bien aimé cette lecture et comme les auteurs concluent ce tome en laissant le lecteur en plein suspens ! Il est donc évident que j’attends la suite avec impatience !

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

Seules les femmes sont éternelles – Frédéric Lenormand

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

716CymSqm0L La Martinière – novembre 2017 – 288 pages

Quatrième de couverture :
Au début de la guerre de 1914, un policier décide de revêtir une identité féminine pour échapper à la mobilisation. Ray Février devient  » Loulou Chandeleur « , détective privé en bas de soie et chapeau à voilette. Ray-Loulou se rend compte qu’il est aussi bon flic en robe qu’en pantalon, et peut-être meilleur homme qu’auparavant.
Aux côtés de la patronne de l’agence de détectives, la charmante Miss Barnett – qui ne connaît pas son secret –, Loulou enquête sur une intrigante affaire de lettres de menaces. Quand le maître chanteur commence à mettre son plan à exécution et que les meurtres se multiplient, notre étonnant duo plonge dans une succession de surprises et de pièges périlleux.
Entre 1914 et 1918, ce sont les Françaises qui ont fait vivre le pays. Ce roman raconte leur émancipation et la difficulté d’être une femme en temps de guerre… surtout quand on n’en est pas une.

Auteur : Frédéric Lenormand, romancier à succès de la série Voltaire mène l’enquête (Lattès) et des Nouvelles enquêtes du juge Ti (Fayard), s’est inspiré pour Seules les femmes sont éternelles de l’histoire vraie de Paul Grappe, soldat déserteur qui s’est travesti en femme pour ne pas être envoyé dans les tranchées, et dont la vie a également été adaptée à l’écran par André Téchiné (Nos Années folles).

Mon avis : (lu en novembre 2017)
Pour échapper à la mobilisation en 1914, Ray Février, policier, décide de se travestir en femme. Il devient « Loulou Chandeleur » et trouve un travail de détective privé dans l’agence de détectives dirigée par Miss Cecily Barnett. Cette dernière ayant repris la direction de l’agence de son père parti à la guerre. Loulou Chandeleur va secouer le train train de l’Agence et apporter une enquête rémunératrice autour d’un maître chanteur.
C’est grâce à la bande dessinée Mauvais Genre – Chloé Cruchaudet que j’avais découvert ce fait réel, d’un homme qui s’était travesti pour échapper à la guerre. 
Dans ce roman policier, outre l’enquête à suivre autour du maître chanteur, le lecteur découvre la vie de Paris et des parisiens (surtout des parisiennes) durant la Première Guerre Mondiale. En effet, la plupart des hommes sont partis sur le front, les femmes s’émancipent et font vivre le pays.
Le personnage de Loulou est attachant, dans son costume de femme, Ray évolue et devient de plus en plus féministe… Il comprend mieux le sexisme que doit subir les femmes au quotidien. Cecily est également un personnage réussi, au contact de Loulou, elle prend de plus en plus confiance en elle et elle va revendiquer l’égalité de traitement entre femme et homme.

Merci Anaïs et les éditions de La Martinière pour cette lecture passionnante et originale.

Extrait : (début du livre)
La rue avait beaucoup changé depuis la déclaration de guerre d’août 1914. Aujourd’hui, le temps était clair, on pouvait espérer une belle journée sans pluie ni bombes. Les premières files d’attente commençaient à s’étirer devant les épiceries où s’affichaient des livraisons. Un fichu sur la tête, une balayeuse remplissait de gravats sa brouette à deux roues. Ray s’arrêta devant la vitrine d’un chausseur de luxe reconverti dans le matériel d’appoint, lampes à pétrole et masques à gaz. Il surprit son reflet au milieu de ce fourbi : un petit bonhomme à moustaches, pareil à des tas de petits moustachus que l’on coiffait d’un casque pour les envoyer charger, baïonnette en avant, d’autres bonshommes à moustaches. Sa qualité d’inspecteur de police lui avait épargné cela jusqu’à présent. Il priait chaque jour saint Joseph Fouché, patron des cyniques et des policiers, de prolonger ce miracle.
Dans le kiosque, le buraliste habituel avait été remplacé par une femme, peut-être la sienne. Ray lui acheta le dernier numéro de Charivari, et aussi Le Gaulois pour empêcher les collègues de voir qu’il lisait des parutions séditieuses. Le marchand prenait soin d’envelopper le méchant journal dans le gentil, sa remplaçante n’en fit rien, elle ne maîtrisait pas encore les ficelles du métier.
Ray se hissa à la volée sur la plateforme du tramway 24 qui brinquebalait vers l’île de la Cité. Cramponnée à un volant deux fois large comme un plat à tarte, la conductrice était si menue qu’il ne l’aurait jamais crue capable de maîtriser ce mastodonte.
Il tendit trois sous à la receveuse, une grande brune munie de la casquette et de la planche à tickets du fantôme qui effectuait ce travail la veille encore. Il fallait se rendre à l’évidence : chaque jour l’humanité féminine abordait de nouveaux domaines d’activité par un mouvement exactement proportionnel à la disparition
des hommes.
Il s’assit et déploya l’un des journaux. La qualité de l’encre avait encore baissé, certains mots étaient à deviner, surtout ceux qui auraient pu déplaire au gouvernement. Le vilain papier trop fin et mal blanchi se dépiautait, il comptait moins de feuilles, on avait perdu les pages « loisirs » jadis remplies de dessins, de billets d’humeur et de devinettes impertinentes. Le rire était subversif, il avait été jeté par-dessus bord le premier.
À force de vouloir remonter le moral des patriotes, la presse devenait déprimante. La consigne était de prétendre que la guerre allait être courte et victorieuse, alors qu’elle s’étirait et que nous étions en train de la perdre.
Sur la place de la Concorde, la statue monumentale en marbre de l’Alsace était ornée d’étendards flambant neufs et d’un macaron où l’on pouvait lire : « Française toujours ! » On apercevait, du côté de la tour Eiffel, la grande roue d’une fête populaire interrompue.

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