La Chambre des merveilles – Julien Sandrel

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – mai 2018 – 5h13 – Lu par Sophie Duez

Calmann-Levy – mars 2018 – 272 pages

Quatrième de couverture :
Bouleversant et drôle, le pari un peu fou d’une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves.
Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante
ans.

Auteur : Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France, est marié et père de deux enfants. Aujourd’hui il réalise son rêve d’enfant en publiant son premier roman, La Chambre des merveilles.

Lecteur : Après des études littéraires, Sophie Duez débute sa carrière au cinéma dans le film Marche à l’ombre de Michel Blanc. Elle alterne ensuite les tournages (Quai numéro 1) et le théâtre (Ruy BlasLes monologues du vagin). En 2002 elle devient sociétaire du Théâtre National de Nice : du théâtre classique au plus contemporain elle est dirigée notamment par Daniel Mesguich, Krzysztof Warlikowski, Daniel Benoin, Alfredo Arias ou encore Jérôme Savary, et fait ses premières mises en scène. Elle sera ensuite chargée de mission par la Ville de Nice sur de grands projets culturels et, depuis 2017, mène de front ses activités de comédienne et de conseil en ingénierie culturelle.

Mon avis : (écouté en juillet 2018)
Un très jolie titre pour cette histoire forte et émouvante. Thelma est une mère célibataire très occupée par son travail et par son fils Louis âgé de 12 ans. Ce matin de ce samedi 7 janvier, Louis voudrait confier à sa mère qu’il est amoureux pour la première fois, mais celle-ci est trop préoccupée par son travail… Déçu et furieux, il accélère sur son skate et descend la rue trop vite, il est 10 h 32  et c’est l’accident ! Louis se retrouve dans le coma et Thelma se sent coupable et impuissante face à son fils accidenté.
Quelques jour plus tard, alors que l’état de Louis ne s’améliore pas, Thelma trouve dans la chambre de son fils un petit carnet où Louis a dressé une liste des expériences qu’il voudrait vivre pendant sa vie.
Pour rester auprès de son fils et l’aider à se réveiller, Thelma décide de quitter son travail et de réaliser, par procuration, les rêves de son fils… Elle filmera ses exploits pour les diffuser dans la chambre d’hôpital n°405 qui va devenir « la chambre des merveilles ». C’est un récit à deux voix, car Louis intervient ponctuellement pour raconter ce qu’il ressent, il donne ainsi l’espoir qu’un jour il pourra se réveiller et cela confirme l’intuition de Thelma. Ainsi, même s’il ne réagit pas, il entend ce qui se passe autour de lui.
Un roman à la fois, triste, drôle, pleine d’espoir et d’amour. J’aime également beaucoup la couverture du livre !
La lectrice est très agréable à écouter. A découvrir !

Merci Pauline et Audiolib pour ce livre émouvant et fort.

Extrait : (début du livre)
— Louis, c’est l’heure ! Allez, je ne le répète plus, s’il te plaît lève-toi et habille-toi, on va être à la bourre, il est déjà 9 h 20.
C’est à peu près comme ça qu’a commencé ce qui allait devenir la pire journée de toute mon existence. Je ne le savais pas encore, mais il y aurait un avant et un après ce samedi 7 janvier 2017, 10 h 32. Pour toujours il y aurait cet avant, cette minute précédente que je désirerais figer pour l’éternité, ces sourires, ces bonheurs fugaces, ces photographies gravées à jamais dans les replis sombres de mon cerveau. Pour toujours il y aurait cet après, ces “ pourquoi ”, ces “ si seulement ”, ces larmes, ces cris, ce mascara hors de prix sur mes joues, ces sirènes hurlantes, ces regards remplis d’une compassion dégueulasse, ces soubresauts incontrôlables de mon abdomen refusant d’accepter. Tout ça, bien sûr, m’était alors inaccessible, un secret que seuls les dieux – s’il en existait, ce dont je doutais fort – pouvaient connaître. Que se disaient-elles alors, à 9 h 20, ces divinités ? Un de plus, un de moins, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Tu es sûr de toi ? Pas forcément, mais pourquoi pas ? C’est vrai après tout pourquoi pas, ça ne changera pas la face du monde. J’étais loin de tout ça, loin des dieux, loin de mon cœur. J’étais juste moi, à cet instant précis si proche du point de basculement, de rupture, de non-retour. J’étais moi, et je pestais contre Louis qui décidément ne faisait aucun effort.

Petit bac 2018Mot positif (5)

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En septembre : Festival AMERICA 2018

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La 9ème édition du Festival AMERICA se déroulera à Vincennes du 20 au 23 septembre.

Les littératures du Canada seront mises à l’honneur avec une trentaine d’écrivains invités, anglophones et francophones, soit la plus importante délégation d’auteurs de ce pays à venir en France ces dernières années, le festival accueillera aussi des invités venus du Mexique, de Cuba, d’Haïti et des États-Unis. Soit soixante-dix auteurs venus de toute l’Amérique du Nord qui écrivent en français, en espagnol ou en anglais, et qui disent le monde à travers la fiction. Ils prendront part à la centaine de rencontres qui composeront la programmation du festival, dans une dizaine de lieux à travers la ville de Vincennes.

Un hommage particulier sera rendu à John Irving et à son œuvre, à l’occasion du quarantième anniversaire de la parution du Monde selon Garp. À travers l’œuvre de ce grand romancier, se dessinera le portrait de son Amérique personnelle.

Plusieurs expositions photographiques investiront les différents lieux, des concerts seront aussi proposés en soirée.

Le festival jeunesse offrira au jeune public des rencontres avec des auteurs de littérature jeunesse et de bandes dessinées de même que des activités ludiques.

C’est lundi, que lisez-vous ? [32]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai lu la semaine dernière ?

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Les cosmonautes ne font que passer – Elitza Gueorguieva

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

La Chambre des merveilles – Julien Sandrel (partenariat Audiolib)
Bluebird – Tristan Koëgel

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Dust – Sonja Delzongle (partenariat Folio)
Les Beaux Étés – tome 4 – Le repos des guerriers

Bonnes lectures et bonne semaine

Date limite du Concours : vendredi 20/07 midi

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Les cosmonautes ne font que passer – Elitza Gueorguieva

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – juin 2018 – 192 pages

Verticales – août 2016 – 184 pages

Quatrième de couverture :
«Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont Fausses. Les Barbie, tu t’en fous, sauf que Constantza en a une vraie et ça te rend un peu furieuse. Constantza a un autre grand avantage : elle a une mère en Grèce alors que la tienne reste à la maison. De ce fait découlent quelques autres, de plus en plus déplaisants : a) elle peut voyager à l’étranger, b) elle a un éléphant doré et surtout c) une vraie Barbie. Une chose te rassure dans ces moments de tristes constats : à l’âge de sept ans, elle n’a aucun idéal précis ni aucune vocation noble comme toi. Iouri Gagarine, elle s’en fout, elle se contente de jouer avec sa vraie Barbie et son faux grand-père qui n’est même pas communiste.»

Auteur : Née à Sofia, en Bulgarie, en 1982, Elitza Gueorguieva vit depuis quinze ans à Paris où elle se consacre à des projets artistiques multiples entre le documentaire de création, l’écriture littéraire et les performances. Les cosmonautes ne font que passer est son premier roman.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Dans ce premier roman, Elitza Gueorguieva offre au lecteur, avec tendresse et humanité, une vision sans concession sur la fin du communisme bulgare.
A travers le regard naïf d’une petite fille de 7 ans,  le lecteur découvre la Bulgarie avant et après la chute du Mur de Berlin.
La petite fille est fière de son grand-père qui est un « communiste émérite », elle boit du Coop Cola. Elle rêve de devenir un jour cosmonaute comme Iouri Gagarine ou Valentina Tereshkova…
Et c’est la chute du Mur de Berlin et la petite fille découvre le Père Noël, le Coca Cola… Son grand-père reste plus que jamais communiste mais commence à perdre la tête, sa grand-mère emmène la petite fille à l’église orthodoxe et la fait baptiser… La Démocratie Bulgare perd son adjectif « populaire » et la petite fille devenue adolescente découvre Kurt Cobain et Nirvana sur MTV…
Ce petit roman est l’occasion de faire un voyage dans le temps en Bulgarie.
Le style est original car écrit à la deuxième personne du singulier.

Merci Julie et les éditions Folio pour m’avoir permis de découvrir ce livre original plein de charme et d’humour…

Extrait : (début du livre)
Vous êtes devant une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout, mais comme ta mère a l’air ému, tu comprends qu’on n’est pas là pour rigoler. Elle t’annonce que ça, c’est lui, c’est Iouri Gagarine et quand elle avait ton âge, il y a quelques siècles au moins, elle l’a personnellement vu planter des sapins, ici, dans l’allée de ce bâtiment : il s’agit de ta future école, et vous y êtes pour t’y inscrire, te dit ta mère en allumant sa dix-neuvième cigarette de la journée. Tu tournes la tête et tu constates que des enfants farouches de tout âge et de tout genre, collés à leur mère, d’énormes cartables sur le dos, marchent çà et là, dans l’immense cour d’école inondée par une lumière orange. Tu t’agrippes mécaniquement à ta mère et tu adoptes une expression menaçante au cas où quelqu’un oserait te regarder : tu ouvres grand tes narines, tu gonfles tes joues jusqu’à ce qu’elles deviennent complètement violettes, et tu remues tes oreilles dans le sens des aiguilles d’une montre. Ta mère poursuit ses explications, comme si de rien n’était : il est question à présent de la conquête spatiale. Tu n’es pas sûre de connaître ce dernier mot, et tu présumes qu’il s’agit de quelque chose de spécial, de glorieux, et de bien tout compte fait, et qui a un lien étroit avec la plantation des sapins mais comme tu ne sais pas encore lequel, tu préfères – afin d’éviter de te forger une représentation éloignée de la définition exacte du mot spatial – t’en tenir à ce que tes yeux voient à ce moment précis, c’est-à-dire une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout.

Le malentendu se dissipe une heure plus tard lorsqu’une fois sortie de la cour tu te retournes et tu aperçois la même image de loin : la multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout est dotée d’une forme, et représente ce que ta mère appelle une mosaïque, un peu comme dans votre salle de bains mais pas exactement la même ; celle de la salle de bains ressemble à une omelette de particules vertes, grises, noires, sans prétention figurative – ici se joue autre chose : un homme, jeune, beau, bon et courageux, la bouche entrouverte, les yeux levés vers l’horizon, sur un fond entièrement noir, mais rouge et jaune aussi, au style fantastique dans l’ensemble mais réaliste dans les détails. En fait, c’est Iouri Gagarine en plein milieu d’une conquête spéciale. Tu voudrais t’arrêter et le contempler encore un peu, mais il est trop tard et ça suffit, te dit ta mère.

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A l’occasion des 20 ans de la collection Folio POLICIER,
20 titres de ces dernières années sont proposés à prix réduits

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Je viens de commencer le titre « Dust » de Sonja Delzongle, je vous en parlerai plus tard.

Concours : Film – Fleuve Noir

A l’occasion de ce week-end festif, 14 juillet et Finale de la Coupe du Monde
je propose un Concours du 14/07 au 20/07 midi

Date de sortie : 18 juillet 2018

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Synopsis : 

Au sein de la famille Arnault, Dany, le fils aîné, disparaît. François Visconti, commandant de police usé par son métier, est mis sur l’affaire. L’homme part à la recherche de l’adolescent alors qu’il rechigne à s’occuper de son propre fils, Denis, seize ans, qui semble mêlé à un trafic de drogue. Yan Bellaile, professeur particulier de Dany, apprend la disparition de son ancien élève et propose ses services au commandant. Il s’intéresse de très près à l’enquête. De trop près peut-être…

Les règles du concours :

 Date du concours du 14/07 au 20/07/2018 midi
Limité à la France Métropolitaine
Pour répondre au Concours

A gagner

5 x 2 places de cinéma 

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 2 romans

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Répondre au concours en utilisant le formulaire Contactez l’auteur

Ne pas oublier de me donner vos coordonnées nom et adresse pour l’envoi
Vous pouvez également me dire votre préférence pour l’un ou l’autre lot.

Un petit commentaire sur le blog est également apprécié…

Un tirage au sort sera effectué le 20/07/2018 après-midi sur les bonnes réponses
pour déterminer les 7 gagnants qui recevront leur gain par la poste.

Les questions :

1) Quel est la nationalité de l’auteur du livre dont le film est une adaptation ?

2) Quel est le nom de l’actrice qui joue le rôle de la mère de Dany ?

3) Quel est le nom du réalisateur de ce film ?

Pour répondre au Concours

 

En septembre : SALON FNAC LIVRES 2018

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De nombreux auteurs incontournables de la rentrée littéraire, de la bande dessinée, des sciences humaines, du bien-être ou de la littérature jeunesse, participeront, le temps d’un week-end à ce grand événement gratuit et ouvert à tous.

Pour cette troisième édition, Daniel Pennac sera l’invité d’honneur du Salon Fnac Livres. Il remettra le 17ème Prix du Roman Fnac lors de la cérémonie d’ouverture, vendredi 14 septembre à 17h00.

Le Salon ouvrira ses portes au public à 19h00 avec une lecture de Daniel Pennac, suivie d’un Grand entretien croisé avec Olivia de Lamberterie autour de leurs romans respectifs, Mon frère  aux Éditions Gallimard et Avec toutes mes sympathies aux Éditions Stock.

Quelques auteurs dévoilés en avant-première :
Daniel Pennac (invité d’honneur), Maylis de Kérangal, Alain Mabanckou, Amélie Nothomb, Riad Sattouf, Nancy Huston, David Foenkinos, Olivia de Lamberterie, Donna Leon…

Imaginé autour d’une grande librairie éphémère de plusieurs milliers de titres, comptant les ouvrages incontournables de cette rentrée littéraire, le Salon Fnac Livres proposera, sur 3 jours, une trentaine d’entretiens en public animés par des journalistes ainsi qu’une soixantaine de séances de dédicaces.

Rendez-vous le 27 août prochain pour découvrir la programmation complète 

C’est lundi, que lisez-vous ? [31]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai lu la semaine dernière ?

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Je vais rester – Hubert Chevillard et Lewis Trondheim
Qaanaak – Mo Malø
Visitons les phares de France – Clémentine Le Moigne

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

La Chambre des merveilles – Julien Sandrel (partenariat Audiolib)
Bluebird – Tristan Koëgel

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Les cosmonautes ne font que passer – Elitza Gueorguieva (partenariat Folio)
Dust – Sonja Delzongle (partenariat Folio)
Les Beaux Étés – tome 4 – Le repos des guerriers

Bonnes lectures et bonne semaine

Visitons les phares de France – Clémentine Le Moigne

Lu en partenariat avec Babelio et Locus Solus éditions

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Quatrième de couverture :
Les joyaux du patrimoine maritime.
Une cinquantaine de phares sont visitables en France, offrant le plus souvent la montée à la tour et la vue imprenable, mais aussi un voyage dans la glorieuse histoire de la signalisation maritime.
Ils s’égrènent le long du littoral de l’Hexagone et en Outre-Mer. S’ils sont l’héritage d’un service public national, ils n’en affichent pas moins des contours qui donnent à chacun son identité.
Après un aperçu général des Phares et Balises et des précisions techniques, entrez dans ces sites uniques, de la maison du gardien jusqu’à la lentille de Fresnel, tout là-haut, après quelques dizaines (voire centaines) de marches !
Laissez-vous gagner par la beauté des sentinelles de la mer.

Auteur : Clémentine Le Moigne est depuis 2009 chargée du patrimoine culturel immatériel à la Fédération Régionale pour la Culture et le Patrimoine Maritime (FRCPM Bretagne). Ethnologue de formation, c’est une passionnée du patrimoine maritime qui œuvre à la sauvegarde et sa mise en valeur.

Photographe : Alain Roupie est photographe professionnel depuis une vingtaine d’années. Dans la lanterne d’un phare ou sur un navire, il sait saisir la beauté des paysages, le geste du professionnel ou un détail insolite. Amoureux de la Bretagne et de l’île de Groix où il a posé son sac, il expose dans son atelier Pixels de mer à Port-Tudy.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Depuis très longtemps, je suis fascinée par les phares. Chacun a son histoire, lors de sa construction, mais également lors de son exploitation, ses gardiens (seulement de passage depuis l’automatisation), ses bateaux sauvés ou échoués… chacun a ses caractéristiques, couleurs, nombre d’éclats ou fixe…
Architecturalement, tous les phares sont différents, il faut bien que les marins puissent les distinguer facilement pour se repérer…
Dans ce guide très complet sont recensés les phares de France (essentiellement en Métropole, il y a également deux phares ultramarins) que l’on peut visiter.
Une longue introduction présente la mission des phares, le service des Phares et Balises, un peu d’histoire, l’évolution technologique, le classement des phares selon leur portée et leur type d’éclairage…
Puis on passe en revue 47 phares, bateau-feu, feux et maisons-phares de France du nord au sud depuis Dunkerque jusqu’à Sartène en Corse, sans oublier le phare Amédée en Nouvelle-Calédonie et le phare de Bel-Air à La Réunion pour l’Outre-Mer. Pour chacun, une double page où l’on trouve sa localisation, un peu d’histoire sur le phare, des photos, une carte d’identité (date de construction, de mise en service, la hauteur, l’élévation (càd la hauteur au-dessus de la mer), la portée, la signature lumineuse, le type d’optique, la date d’automatisation et s’il est classé), les coordonnées géographiques, le site internet et numéro de téléphone où l’on pourra trouver les informations plus précises pour notre visite et une description succinct de ce qu’il y a à voir lors de la visite.
Et pour conclure, quelques pages avec la recette « du far au four du phare du Four », deux jeux de reconnaissance autour de l’architecture des phares ou des superlatifs et un lexique avec des mots du vocabulaire maritime.

Merci à Babelio et Locus Solus éditions , petite maison d’éditions bretonne, pour ce guide qui donne vraiment envie de faire une tour de France des phares !

 

Extrait :

couv2(c) Didier Grimberg : le phare de Biarritz

couv1(c) CRT Bretagne, Donatienne Guillaudeau : le phare d’Eckmühl
(c) Alain Roupie : la lanterne du phare de Cordouan, l’escalier du phare de la Coubre

Qaanaak – Mo Malø

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

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Quatrième de couverture : 
Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecœur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?
Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

Auteur : Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Je viens à peine de commencer la lecture de ce roman policier et je suis déçue et en colère de découvrir que Mo Malø est le pseudo d’un auteur français… Tout d’abord car je pensais lire un auteur danois (pour mon Challenge Voisins Voisines autour des auteurs européens sauf français). J’ai été abusée par le bandeau du livre « Le polar qui vient du Groenland » est vraiment trompeur… Encore de la publicité mensongère !
Heureusement, après lecture, je reconnais qu’à travers une intrigue bien construite et passionnante l’auteur m’a embarqué au Groenland et j’y ai découvert beaucoup d’informations, sur la vie dans le Grand Nord, « dans ce pays constitutif du royaume de Danemark et territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne »,  dans la deuxième plus grande île du globe avec une superficie équivalente à environ 3,5 fois la France. Le contexte politique avec le statut particulier d’autonomie, le contexte économique avec les enjeux pétrolier et écologique sont parties prenantes de cette histoire. La culture inuit est également présente avec les esprits de Sila, Nanook, Nuna, les « kaffemik » (pauses cafés), leur attachement pour leurs chiens… Et bien sûr, les paysages sont à couper le souffle…
L’enquête, plutôt complexe, est bien mené par le capitaine Qaanaaq Adriensen venu de Copenhague et l’inspecteur inuit Apputiku. Ce qui vient du Danemark, n’est pas vraiment le bienvenue…
Qaanaaq Adriensen porte un prénom inuit, car originaire du Groenland, il est le seul rescapé d’un massacre qui a détruit sa famille. Il avait 3 ans lorsqu’il a été envoyé au Danemark pour être recueilli par une famille adoptive. En arrivant pour son enquête sur la terre de ses ancêtres, il ne ressent rien et aucune attirance pour cette contrée hostile.
Qaanaaq est également le nom de la localité la plus septentrionale du Groenland, situé au nord-ouest, elle a été créée en 1953 avec l’aide des États-Unis pour loger les Inuits qui y ont été exilés de force, lors de la construction de la base aérienne de Thulé sur leurs terres ancestrales.
Apputiku, toujours souriant, accueille avec beaucoup de chaleur et de bienveillance ce collègue venue de Copenhague, aussi bien dans le cadre professionnel, que personnel car il invite Qaanaaq à habiter chez lui.
J’ai finalement beaucoup aimé ce roman policier, son cadre, ses enquêteurs attachants et professionnels et l’intrigue efficace et passionnante.

Merci Arnaud et les éditions de La Martinière pour cette belle découverte et ce  dépaysement dans l’immensité arctique.

Extrait : (début du livre)
L’enfant ouvre les yeux sur la nuit polaire.
Sous sa couverture de phoque, ce n’est pas de froid que grelotte la petite créature – elle a l’habitude. Elle vit déjà son troisième hiver interminable. Elle connaît tous les trucs, toutes les règles : les trois couches pour commencer, une en coton, une en laine, puis la peau tannée. Les tonnes de graisse animale à avaler chaque jour, comme une cuirasse calorique. Ça la dégoûte un peu. Mais il faut s’y faire.
Non, c’est autre chose qui l’a saisie. L’a arrachée au repos. Une autre évidence échappée des immensités blanches, bleutées de lune, qui a pris le pas sur son rêve.
Tous les Inuits le savent : rien de bon ne naît dans les songes.

Au-dehors, la violence des rafales cogne contre les pans de cuir tendus comme sur un tambour. Les esprits de la banquise hurlent la colère obstinée de leur vent fou – le pitaraq venu du désert de l’inlandsis. Ils n’annoncent que malheur. Ils parlent de peur, de larmes, de désolation. Ils répètent les visions funestes de l’angakkuq du village – mais qui écoute encore les élucubrations du chamane, de nos jours ?
Les coups rythment les battements sourds du cœur de l’enfant. Pourtant, sous la tente, tout est paisible. Dans un coin, un minuscule poêle à huile dispense son faible halo. Sila, l’âme de la famille, est en parfaite harmonie avec Nuna, leur terre nourricière. Sans cela, ils n’auraient pas mangé à leur faim avant le coucher. Sans cela, ils n’auraient jamais tenu jusqu’ici, tous les quatre. Son père n’est peut-être pas le meilleur chasseur de la région, ce n’en est pas moins un fier pisteur de narvals et d’ours. Les sens affûtés et l’instinct clair. S’il y avait un danger quelconque, il serait déjà debout. Le fusil épaulé. Aux aguets. Sa mère et Aka n’ont pas bougé non plus, amas de corps familiers, chaud et rassurant.
Mina perçoit l’odeur de mort qui rôde autour des peaux de rennes. Remparts dérisoires. La veille, une épaisseur de neige fraîche a recouvert la glace. Des bruits de pas ne seraient guère plus audibles que sur un tapis.
Mina écoute.
Le silence profond est parfois plus effrayant que les plus lugubres des plaintes.
– Anaana ! Anaana ! souffle l’enfant vers sa maman.
C’est peine perdue. Sa mère dort, prisonnière des qivitoq, les esprits malins qui accaparent son sommeil.

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Je vais rester – Hubert Chevillard et Lewis Trondheim

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Quatrième de couverture :
Fabienne et Roland débarquent à Palavas pour passer la semaine. Roland a tout payé, tout organisé et scrupuleusement consigné chaque étape du séjour dans un carnet. Ils s’apprêtent à déposer leurs bagages à l’appartement. Soudain, elle se retrouve seule. Stupeur, déni… Contre toute attente, elle décide de rester.

Auteurs : Né en 1962 à Angers, Hubert Chevillard dessine des histoires depuis l’enfance. Il fait ses classes à l’école des Beaux-Arts d’Angoulême puis travaille dans l’animation. Il publie ses premières planches dans le magazine Pilote avec Conjoint avant de dessiner les 4 tomes de la série Le Pont dans la vase, scénarisée par Sylvain Chomet. Puis, Les archives de la planète une série de récits courts dans Fluide Glacial avec Corcal. Je vais rester écrit par Lewis Trondheim est son premier album chez Rue de Sèvres. Il vit actuellement à Montpellier.
Né à Fontainebleau en 1964, Lewis Trondheim attrape le virus du livre grâce à ses parents libraires. Après un CAP de dessin industriel, il entre dans une école de graphisme publicitaire. En 1990, il fonde l’Association avec, entre autres, Jean-Christophe Menu, Mattt Konture et Mokeït. Suite à la publication de plusieurs fanzines, il se lance le défit de créer un bande dessinée de 500 pages, sans crayonnés, sans scénario, et en respectant un format gaufrier de trois cases sur quatre. De ce défit nait Lapinot et les carottes de Patagonie, que beaucoup qualifient d’« ouvrage clé de l’œuvre de Trondheim ». En 1993, il participe à la création de l’OuBaPo (Ouvroir de bande dessinée potentielle), un pendant de l’OuLiPo. Par la suite, il s’essaie à l’animation avec « Les aventures d’une mouche ». Il reçoit en 2006 le Grand Prix d’Angoûleme. Il vit actuellement à Montpellier.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Cela commence comme un séjour d’une semaine de vacances, en amoureux au bord de la mer : Fabienne et Roland arrivent à Palavas, Roland est très organisé, il a tout prévu, tout est noté sur son petit carnet… Et à peine quelques heures après leur arrivée, Fabienne se retrouve seule (à vous de découvrir pourquoi, en lisant la bd…) 
Elle décide malgré tout de rester et de suivre le programme concocté par Roland pour ces quelques jours de vacances…
Une BD surprenante, touchante où il est question de la vie, de la mort , de l’amitié, de rencontres… On suit Fabienne qui est dans un entre-deux, elle ne réalise pas encore ce qui vient de se passer, elle est dans une certaine errance, une pause dans sa vie… Elle va faire la rencontre de Paco, un homme original et bienveillant. Il a compris que Fabienne est dans le désarroi, il va avec discrétion et justesse savoir être, par moment, une présence qui l’accompagne…
Le dessin est léger et lumineux, contrairement au sujet… 

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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