C’est lundi, que lisez-vous ? [50]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard
Husbands – Rebecca Lighieri
Dancers – Jean-Philippe Blondel

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Les bracassées – Marie-Sabine Roger
Qui décide tous les soirs d’allumer les étoiles – Carine Bausière (Masse Critique)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Lucky Luke : Un cow-boy à Paris – Achdé et Jul d’après Morris
La vraie vie – Adeline Dieudonné
Les vieux fourneaux – tome 5 : Bons pour l’asile – Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

Bonnes lectures et bonne semaine

 

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Dancers – Jean-Philippe Blondel

41wfjmxTEwL Actes Sud Junior – août 2018 – 176 pages

Quatrième de couverture :
Un triangle amoureux. Une fille et deux garçons. Amour, amitié, séparation. Mais ce qui les relie irréductiblement l’un à l’autre est la danse, le hip-hop. La seule passion du mouvement, de la circulation dans et entre les corps, d’un art vécu comme une sérénité. Anais, Adrien et Sanjeewa : l’ancienne gymnaste à la carrière contrariée, le garçon en colère contre l’injustice familiale et le fils d’immigrés Tamoul que l’on ne sait pas trop où caser. Le trio réinvente les lois de l’attraction dans la vie comme sur un plateau. Nourri de culture musicale, Jean-Philippe Blondel n’a pas son pareil pour mettre en scène l’adolescence avec énergie, sensualité et confiance.

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964. Marié, deux enfants, il enseigne l’anglais en lycée et vit près de Troyes, en Champagne-Ardennes. Il publie en littérature générale et en littérature jeunesse depuis 2003. Le Baby-sitter, G229 (prix Virgin – Version femina), Et rester vivant et 06H41 ont rencontré un réel succès.

Mon avis : (lu en décembre 2018)
Jean-Philippe Blondel nous plonge dans le quotidien de trois adolescents qui ont comme passion commune la danse.
Anaïs est une ancienne gymnaste qui a perdu toute confiance en elle après un échec au sein de l’équipe nationale. Elle a trouvé dans la danse le moyen d’exprimer ses émotions. Elle cache ses fêlures sous un aspect rigide et distante.
Adrien est un danseur instinctif, inné. Très créatif, il invente des mouvements, la danse est naturellement en lui. Il est poussé par une colère qu’il cache en lui depuis longtemps et dont vous découvrirez la raison dans l’histoire…
Anaïs et Adrien vont se rapprocher et d’amis devenir amoureux… jusqu’au jour où un événement va les séparer, et Sanjeewa entre dans la danse.
Sanjeewa est un fils d’immigrés Sri Lankais, arrivé en France à l’âge de 7 ans, il a souffert de l’arrachement à sa terre natale. Il a grandi bien plus vite que les enfants de son âge. Il est lumineux et solaire, il ne vit que pour le plaisir de vibrer, de danser, de mettre en scène ses ressentis. Il mêlant la danse traditionnelle des Tamouls et le hip hop.
L’histoire commence par un petit triangle amoureux, puis des amitiés sincères vont se construire peu et à peu… En dévoilant aux autres, chacun leurs failles, Anaïs, Adrien et Sanjeewa vont pouvoir se retrouver à travers une ultime danse !
Une belle leçon de vie, d’espoir et de tolérance.

Extrait : (début du livre)
Adrien
D’abord, les poignets. C’est ce qu’il y a de plus fragile, les poignets. Je ferme les yeux tandis que je les assouplis. Quand je les ouvre à nouveau, je suis face au miroir. J’ai le regard dur.
Anaïs me le reprochait souvent. Je répondais que j’étais comme ça, un point c’est tout, j’ajoutais que je ne changerais pas, mais elle rétorquait que c’était idiot, comme position. Elle souriait, elle tournait légèrement la tête et elle disait que tout le monde change, tout le temps, et que vouloir lutter contre les avis extérieurs, c’était ridicule. Il fallait les accueillir et les filtrer, au contraire.
– On est la somme de tout ce qui nous influence, a-t-elle remarqué une fois, et tu sais quoi ? J’adore cette idée.
Ne pas penser à Anaïs. Se concentrer sur les articulations, d’abord. Les chevilles. Si la cheville cède, le corps s’effondre – et avec lui, l’avenir et le monde, tout simplement. La cheville porte et supporte tout. Mes pouces et mes index massent la gauche, d’abord. Je sens le frisson de plaisir monter du bas de mon dos à ma nuque, mais je ne bronche pas. J’ai eu du mal à accepter que oui, toucher son propre corps pouvait rassurer et permettre d’atteindre un état second, mais maintenant, j’en suis conscient. Je l’assume pleinement.
Il y a tellement de choses que j’ai eu du mal à accepter. La première d’entre elles : être un garçon qui danse. Les deux termes semblaient totalement opposés. J’habite dans un village du Grand Est depuis sept ans maintenant. Avant, nous logions dans un appartement en ville, mais je n’en ai presque aucun souvenir. Dans la campagne où je vis, les garçons jouent au foot ou au handball, pratiquent les arts martiaux, organisent des parties de paintball dans la forêt, se déplacent à moto ou en quad. Ils vont à la chasse aussi. Pendant les soirées, ils restent ensemble, descendent des bières ou du coca, lancent des vannes grasses sur les filles présentes en se donnant des coups d’épaule. Ils ne dansent pas. Partout, sur internet, à la télé, dans les magazines, on entend dire que la société s’est modifiée en profondeur et que les stéréotypes sont dépassés. Aujourd’hui, tout le monde serait apparemment prêt à accepter que sa fille soit gardienne de foot ou boxeuse, et que son fils entre dans la haute couture ou se passionne pour le maquillage. Ou la danse. Laissez-moi en douter.
La première chose que tu apprends quand tu es un garçon et que tu ne vis pas dans une capitale, c’est omettre. Passer sous silence. C’est exactement ce que j’ai fait pour la danse. Je n’ai jamais parlé des cours que je suivais en ville. Ni de l’option pour laquelle je me suis inscrit dans ce lycée dont mon collège ne dépend pas. Motus. Les autres, ceux qui me côtoient au village, je suis sûr qu’ils sont tous au courant et qu’ils se moquent derrière mon dos, mais devant moi, rien, pas un mot plus haut que l’autre. Tant qu’on ne nomme pas la réalité, elle a encore une chance de ne pas exister.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

double jeu Double jeu un hiver à paris Un hiver à Paris  9782330048204 La coloc

109646121 Mariages de saison 9782330075521 Le groupe  41dFUwhC8vL La Mise à Nu

Petit bac 2018Art (7)

Husbands – Rebecca Lighieri

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – octobre 2018 – 448 pages

P.O.L – avril 2013 – 448 pages

Quatrième de couverture :
Trois hommes au bord de la crise de nerfs se rencontrent à Marseille. Laurent, agent immobilier cynique et séducteur, n’ose pas annoncer son licenciement à son épouse, et encore moins à sa belle-famille bourgeoise. Farouk, père de famille et professeur dévoué, voit son monde voler en éclats après une découverte macabre dans son congélateur. Reynald, producteur de musique vieillissant, redoute de perdre sa femme, dont il gère la carrière et le corps avec un soin paranoïaque. Sur un forum échangiste, les trois maris se lient. Dans le déballage des humiliations et des fantasmes de ces mâles blessés, quelque chose se libère. Et l’irréparable se produit…

Auteur : Rebecca Lighieri est écrivain. Elle a reçu le Prix Littéraire de la ville d’Arcachon en 2017 pour son livre Les Garçons de l’été. Rebecca Lighieri écrit aussi sous le nom d’Emmanuelle Bayamack-Tam

Mon avis : (lu en décembre 2018)
Voilà un roman policier surprenant et très original qui met en scène trois hommes, trois maris.
Il y a Farouk, père de famille amoureux de sa femme comme au premier jour mais qui découvre sa trahison. Puis Laurent, enfant des cités, qui a épousé Delphine issue d’une famille bourgeoise et qui vit au-dessus de ses moyens depuis qu’il a été licencié et qu’il n’a pas osé le dire à sa famille. Enfin, le vieux beau Reynal, quinquagénaire, consacre sa vie à la réussite de Lauriane, sa trop jeune et trop voluptueuse épouse qui est sur le point de le quitter…
Tous les trois traversent une crise au sein de leur couple et c’est par intermédiaire d’un forum internet qu’ils vont se rencontrer, d’abord virtuellement puis dans la vraie vie.
Une rencontre qui va déraper… sinon cela ne serait pas un thriller…
Au début j’ai trouvé ma lecture dérangeante car il était question de candaulisme (je vous laisse aller voir la définition de ce mot), mais peu à peu je me suis attachée aux différents personnages et lorsque tout bascule, le suspens est à son comble. L’intrigue est vraiment bien construite…
Merci Folio pour ce thriller surprenant.

Extrait : (début du livre)
Farouk 
11 mai

Mes mains tremblent, mon coeur cogne, une main aussi immatérielle qu’implacable enserre ma nuque. Je ne sais pas comment je trouve la force de monter au premier et de m’asseoir devant l’ordinateur, mais j’ai cette force. Je dois absolument me soustraire à la rumeur paisible du rez-de-chaussée, à tous ces bruits familiers et rassurants : la radio en sourdine dans la chambre de Lila, les voix de Farès et Chloé dans la cuisine, les miaulements insistants du chat, la porte du frigo, ouverte puis refermée. Je me sens brusquement indigne de tout ce bonheur domestique. Indigne alors même que je suis la victime et non l’auteur de la trahison. Mais voilà, on ne se refait pas, on ne passe pas trente-huit ans à éprouver un sentiment d’illégitimité et d’imposture sans que ça laisse des traces.
Je me connecte, machinalement. Mes doigts effleurent les touches sans idée préconçue. Je cherche l’apaisement, l’échappatoire, l’arrêt de la souffrance, l’amnésie momentanée – car je sais bien que je ne pourrai jamais oublier. Je pourrais tout aussi bien prendre une douche, enfiler des baskets et sortir courir, ou boire jusqu’au coma éthylique, mais finalement, je cherche refuge dans ma routine : ouvrir ma boîte e-mail où aucun message intéressant ne m’attend, naviguer de site en site, la page du Monde, le site de Darty…
Car il n’y a pas si longtemps, j’étais un homme normal, un père de famille qui envisageait l’achat d’une nouvelle plaque de cuisson pour remplacer nos brûleurs traditionnels, que Chloé trouvait dépassés, peu pratiques, encrassés, impossibles à nettoyer. Chloé, mon amour, ma jeunesse… Chloé, mon beau souci… Chloé, tu vois, quand je te parle, ce sont les mots des autres qui me viennent à l’esprit, les mots les plus beaux, ceux des poètes. Chloé, comment as-tu pu me faire ça ?
Je finis par taper «maris». Je ne sais pas ce que j’espère exactement. Tomber sur mes frères, peut-être, sur une communauté d’hommes se définissant d’abord et avant tout par leur statut d’époux, par leur appartenance, voire leur allégeance à une femme, l’engagement total de tout leur être dans cette grande affaire : le mariage. Les larmes brouillent ma vue tandis que je fais défiler les sites. Suis-je ridicule d’avoir cru que mon union avec Chloé était d’une autre nature que le mariage des autres, ces petits arrangements aussi pitoyables que provisoires ? Suis-je ridicule d’avoir cherché à rendre ma femme heureuse, d’avoir employé toute mon énergie et tous mes efforts à lui rendre la vie plus douce et plus facile ? Suis-je ridicule de l’avoir aimée aussi éperdument et aussi exclusivement ?

Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard

Prendrerefuge Casterman – septembre 2018 – 344 pages

Quatrième de couverture :
1939, Afghanistan. Autour d’un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d’une archéologue. Cette nuit là, les deux femmes l’apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate. 2016, Berlin. Karsten, jeune allemand qui se passionne pour l’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s’éprend, malgré leurs différences. A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d’amour atypiques, comme un écho à deux époques complexes, se tissent au fil des pages. Alliant les contraires, rapprochant des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser, l’album propose une réflexion sur la difficulté d aimer aujourd’hui comme hier. Entre Kaboul et Berlin, hier et aujourd’hui, l’amour comme la plus belle des aventures.

Auteurs : Née à Beyrouth en 1981, Zeina Abirached a fait des études de graphisme au Liban puis à Paris, aux Arts Décoratifs. Après Beyrouth Catharsis et 38 rue Youssef Semaani, son roman graphique Mourir Partir Revenir, Le jeu des hirondelles connaît un large succès public et critique (sélection Angoulême 2008, traduction dans une dizaine de pays).
Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié La Perfection du tir (2003), Remonter l’Orénoque (2005) et Zone (2008). Ses romans ont reçu de nombreux prix – notamment le prix Goncourt 2015 pour Boussole.

Mon avis : (lu en novembre 2018)
Ayant beaucoup aimé les précédentes BDs de Zeina Abirached, je me réjouissais de découvrir ce nouvel ouvrage.
A travers deux histoires qui se répondent, le lecteur découvre deux histoires d’amour, à deux époques différentes.
En 2016, à Berlin, Karsten, un jeune Allemand, passionné d’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne. Tous deux sympathisent puis s’aiment malgré leurs différences.
En 1939, en Afghanistan. Au pied des Bouddhas de Bâmiyân, c’est la nuit où l’on apprend par la radio que la Seconde Guerre mondiale vient d’éclater. Anne-Marie Schwarzenbach, une voyageuse européenne, tombe amoureuse de Ria, une archéologue française.
La présence des Bouddhas de Bâmiyân, classés au patrimoine de l’Unesco et détruits par les Talibans en 2001 est un symbole fort.
C’est beau, c’est mélancolique, il est question d’amour et de guerre… C’est une BD à lire plusieurs fois, ma première lecture ne m’a pas convaincue, il m’a fallu le lire plusieurs fois pour apprécier cet ouvrage. J’aime beaucoup le style du dessin en noir et blanc de Zeina, qui remplie toute la page avec ces motifs géométriques.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

109131079 Je me souviens Beyrouth – Zeina Abirached

109657358 Le piano oriental – Zeina Abirached

Parle_leur_des_batailles Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

C’est lundi, que lisez-vous ? [49]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster
Nos richesses – Kaouther Adimi

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Passage des ombres – Arnaldur Indridason (partenariat Audiolib)
Husbands – Rebecca Lighieri (partenariat Folio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Qui décide tous les soirs d’allumer les étoiles – Carine Bausière (Masse Critique)
Lucky Luke : Un cow-boy à Paris – Achdé et Jul d’après Morris
La vraie vie – Adeline Dieudonné
Les vieux fourneaux – tome 5 : Bons pour l’asile – Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

Bonnes lectures et bonne semaine

 

Bientôt Challenge Voisins Voisines 2019 (inscription)

Le mois de décembre est déjà entamé, le Challenge Voisins Voisines 2018 est sur sa fin…

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 Il est temps d’annoncer le Challenge Voisins Voisines 2019 pour l’année prochaine !

Le but : Lire des romans européens (hors France), de découvrir la littérature contemporaine de nos « voisins et voisines ».

Voici une liste des pays d’Europe (cf. Wikipedia) moins la France :

Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas,Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Vatican.

Je rappelle les règles pour ce challenge créé par Kathel (Lettres Exprès) et poursuivi par Anne (Des mots et des notes) :

– Nous lisons bien des romans, jeunesse ou adultes ou polars… et rien que des romans.

– Nous considérons que la littérature contemporaine implique des livres publiés à partir de 1960. L’auteur peut être décédé ou non.

– Seuls les traductions participent au challenge, le but étant de mettre ces romans européens à la portée de tous, tout le monde ne peut pas lire en V.O. et il existe d’autres challenges qui permettent de lire en V.O.

Un billet récapitulatif 2019, sur lequel vous pourrez déposer les liens vers vos billets, sera mis en ligne dès le 1er janvier,

mais vous pouvez déjà vous inscrire ici, dans les commentaires !

Participants pour 2019 :

Manika, Aproposdelivres

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et… le logo mis à jour

Nos richesses – Kaouther Adimi

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – octobre 2018 – 3h49 – Lu par Jean-Paul Bordes

Seuil – août 2017 – 224 pages

Points – septembre 2018 – 192 pages

Prix Renaudot des Lycéens 2017

Quatrième de couverture :
En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête : ouvrir une librairie. Placée sous l’égide de Giono, sa minuscule boutique est baptisée Les Vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu : Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres, c’est aussi la sacrifier aux aléas de l’infortune et de l’Histoire. Car la révolte gronde en Algérie en cette veille de Seconde Guerre mondiale.
En 2017, Ryad n’éprouve qu’indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il arrive à Alger avec la charge de repeindre une librairie poussiéreuse, où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant, vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple.

Auteur : Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi vit et travaille à Paris. Son premier roman, L’Envers des autres (Actes Sud, 2011) a obtenu le prix de la Vocation ; le suivant, Des pierres dans ma poche, publié au Seuil en 2016, a bénéficié d’un succès critique et de sélections sur de nombreuses listes de prix.

Lecteur : Comédien, acteur, auteur, metteur en scène, Jean-Paul Bordes est à l’aise dans tous les registres ; on a pu le voir dans des pièces traditionnelles, mais aussi à l’opéra et dans des productions musicales. Pensionnaire à la Comédie-Française, il a été nommé à de nombreuses reprises aux Molières : en 1997 dans la catégorie Meilleur Comédien dans un second rôle, pour La puce à l’oreille de Feydeau mis en scène par Bernard Murat, ou en 2017 pour Vient de paraître, d’Édouard Bourdet. En 2018 il reçoit également 3 nominations aux Molières pour sa pièce Michel-Ange et les fesses de Dieu.

Mon avis : (écouté en novembre 2018)
Cette lecture a été une très belle découverte. Ce roman nous raconte l’histoire d’une librairie « Les vraies richesses » créée à Alger, dans les années 30, par Edmond Charlot.
Pour partager sa passion pour les livres, Edmond Charlot était à la fois libraire, imprimeur et éditeur. Dans les années 90, la librairie est devenue une bibliothèque de quartier tenue par Abdallah, un vieil homme veillant jalousement sur les livres comme sur un trésor.
Lorsque le livre commence, nous sommes en 2017 et Ryad, venu de Paris pour un stage « ouvrier », a été missionné pour vider la bibliothèque et la repeindre pour l’installation prochaine d’une boutique de beignets…
Le lecteur va découvrir l’histoire de ce lieu à travers ces trois personnages, Ryad, Abdallah et Edmond.
Ryad est étudiant mais complètement indifférent à la littérature et aux livres.
Abdallah est très respectueux des livres et du passé de « Les Vraies Richesses » et pourtant, il ne sait pas lire…
Edmond Charlot est un personnage ayant réellement existé et qui a traversé l’Histoire et la Littérature, nous découvrons son œuvre, sa vie et ses combats à travers ses carnets intimes.
La lecture de Jean-Paul Bordes est très agréable, son rythme et la chaleur de la voix sont en harmonie avec Alger.

Merci Pauline et Audiolib pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Alger, 2017
Dès votre arrivée à Alger, il vous faudra prendre les rues en pente, les monter puis les descendre. Vous tomberez sur Didouche-Mourad, traversée par de nombreuses ruelles comme par une centaine d’histoires, à quelques pas d’un pont que se partagent suicidés et amoureux.
Descendre encore, s’éloigner des cafés et bistrots, boutiques de vêtements, marchés aux légumes, vite, continuer, sans s’arrêter, tourner à gauche, sourire au vieux fleuriste, s’adosser quelques instants contre un palmier centenaire, ne pas croire le policier qui prétendra que c’est interdit, courir derrière un chardonneret avec des gosses, et déboucher sur la place de l’Émir-Abdelkader. Vous raterez peut-être le Milk Bar tant les lettres de la façade rénovée récemment sont peu visibles en plein jour : le bleu presque blanc du ciel et le soleil aveuglant brouillent les lettres. Vous observerez des enfants qui escaladent le socle de la statue de l’émir Abdelkader, souriant à pleines dents, posant pour leurs parents qui les photographient avant de s’empresser de poster les photos sur les réseaux sociaux. Un homme fumera sur le pas d’une porte en lisant le journal. Il faudra le saluer et échanger quelques politesses avant de rebrousser chemin, sans oublier de jeter un coup d’œil sur le côté : la mer argentée qui pétille, le cri des mouettes, le bleu toujours, presque blanc. Il vous faudra suivre le ciel, oublier les immeubles haussmanniens et passer à côté de l’Aéro-habitat, barre de béton au-dessus de la ville.
Vous serez seul, car il faut être seul pour se perdre et tout voir. Il y a des villes, et celle-ci en fait partie, où toute compagnie est un poids. On s’y balade comme on divague, les mains dans les poches, le cœur serré.
Vous grimperez les rues, pousserez les lourdes portes en bois qui ne sont jamais fermées à clé, caresserez l’impact laissé sur les murs par des balles qui ont fauché syndicalistes, artistes, militaires, enseignants, anonymes, enfants. Des siècles que le soleil se lève au-dessus des terrasses d’Alger et des siècles que nous assassinons sur ces mêmes terrasses.
Prenez le temps de vous asseoir sur une des marches de la Casbah. Écoutez les jeunes musiciens jouer du banjo, devinez les vieilles femmes derrière les fenêtres fermées, regardez les enfants s’amuser avec un chat à la queue coupée. Et le bleu au-dessus des têtes et à vos pieds, le bleu ciel qui plonge dans le bleu marine, tache huileuse s’étirant à l’infini. Que nous ne voyons plus, malgré les poètes qui veulent nous convaincre que le ciel et la mer sont une palette de couleurs, prêts à se parer de rose, de jaune, de noir.

Petit bac 2018Mot Positif (7)

600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster

81NsdRWIk9L Milady – août 2018 – 412 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Cédric Degottex

Titre original : 600 Hours of Edward, 2009

Quatrième de couverture :
Edward Stanton, trente-neuf ans, vit seul dans une petite ville tranquille du Montana. Atteint du syndrome d’Asperger et de trouble obsessionnel compulsif, il suit une routine méticuleusement établie : tous les matins, il note l’heure à laquelle il se réveille (7 h 38), refuse de commencer sa séance de thérapie avant l’heure exacte du rendez-vous (10 heures) et, le soir (à 22 heures), il regarde un épisode de Dragnet, série policière des années soixante.
Lorsqu’une mère et son fils de neuf ans emménagent en face de chez lui, le quotidien bien réglé d’Edward est bouleversé. En l’espace de 600 heures, il s’ouvre à ses nouveaux voisins et tente de se réconcilier avec son père. Découvrant les joies et les peines de l’amitié, Edward devra décider : est-il prêt à quitter sa vie solitaire pour embrasser le monde ?

Auteur : Journaliste, Craig Lancaster a travaillé dans diverses rédactions aux Etats-Unis. En 2008, dans le cadre du National Novel Writing Month, il écrit en moins de six cents heures 600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton, roman qui remportera la mention honorable au Montana Book Award, ainsi qu’un High Plains Book Award. Il est également l’auteur du roman Une si longue absence. Il vit avec son épouse à Billings, dans le Montana.

Mon avis : (lu en octobre 2018)
Edward Stanton, trente-neuf ans, vit seul dans sa petite maison. Edward note tout, calcule tout. Température extérieure, heure de réveil… Il fait des statistiques sur toutes ces données. Sa vie est parfaitement réglée, rendez-vous hebdomadaire chez sa thérapeute, chaque soir, il regarde un épisode d’une série policière des années soixante et lorsqu’il est contrarié, il écrit des lettres de plaintes qu’il ne poste jamais…
L’arrivée de Donna et Kyle comme voisins, va bouleverser le quotidien d’Edward. Kyle va proposer d’aider Edward à repeindre son garage. Edward va intervenir pour défendre Donna lorsque son ex-mari va venir l’intimider… Edward va peu à peu s’ouvrir aux autres et laisser de côté ses rituels.
C’est Edward qui raconte, et le lecteur est embarqué dans son esprit, c’est tour à tour bouleversant ou amusant.
Je suis passée du sourire aux larmes, ces 600 heures sont passées beaucoup trop vite et je quitte Edward à regret ! 
Craig Lancaster a écrit deux autres romans avec Edward comme personnage principal, ils ne sont pas encore traduits en français, à suivre…

Extrait : (début du livre)
Voici le récit des événements qui ont changé ma vie. On pourrait reprocher à la formule son côté hyperbolique, certes : c’est un peu comme ces gens qui annoncent avoir trouvé Dieu. Vous savez, ceux que l’on entend dire : « J’ai trouvé Dieu, et ça a changé ma vie. » Je n’ai pas trouvé Dieu. Entre nous, je doute que cela puisse arriver à qui que ce soit. M’est avis que lorsqu’une personne déclare avoir trouvé Dieu, elle n’entend pas nous faire croire qu’elle l’a trouvé comme on découvre une pièce sur le trottoir ou quelque autre objet tangible, non : je pense qu’elle cherche surtout à nous faire comprendre qu’elle a trouvé une sorte de paix intérieure, quelque chose dans ce goût-là… Enfin, je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est que, d’une part, je n’ai pas trouvé Dieu, et que d’autre part, je n’aime pas les suppositions : je préfère les faits.
Quoi qu’il en soit, même sans Dieu, ma vie a changé, et le docteur Buckley m’a suggéré d’écrire le récit de ce changement. D’après elle, le projet me serait particulièrement bénéfique, en cela, notamment, qu’il m’aiderait à comprendre pourquoi et comment ce changement a eu lieu. Le docteur Buckley est une femme d’un pragmatisme éclairé et, de fait, j’ai toujours besoin de nouveaux projets.
Si je regarde en arrière, je pense que l’intégralité des événements a dû se dérouler sur une période de vingt-cinq jours. Six cents heures. Je préfère l’exprimer en heures, personnellement, en cela que nos réveils et horloges ne régissent pas moins mes journées que notre calendrier. Je vais vous conter le récit de ces événements comme ils se sont déroulés : de mon point de vue. D’autres les ont peut-être perçus autrement : s’ils le souhaitent, ils sont libres de raconter leur propre version.
Je vais commencer par ma dernière journée normale… Selon mes croyances en matière de normalité, en tout cas ? Non, parce que, voyez-vous, c’est tout le problème des croyances : lorsqu’elles structurent trop votre vie, le jour où vous vous rendez compte que vous vous êtes trompés, la convalescence est un peu longue. C’est pour ça que je préfère les faits.

Cordialement,

Edward Stanton

Lundi 13 octobre

J’ouvre subitement les yeux. J’attends quelques secondes que se dissipe le flou provoqué par la lumière matinale qui baigne la pièce, puis tourne la tête de quatre-vingt-dix degrés vers la gauche pour regarder l’heure sur mon réveil : 7 h 38. Cela fait trois jours que je me réveille à cette heure-là ; dix-huit sur les vingt derniers. Comme je me couche tous les jours à minuit pile, j’ai l’habitude de me réveiller à 7 h 38, mais il m’arrive parfois de me réveiller un peu plus tôt ou un peu plus tard. La fourchette n’est pas bien large : parfois, c’est à 7 h 37, parfois, à 7 h 40, et parfois, même, à 7 h 39 – d’ailleurs, cette année, je me suis réveillé précisément vingt-deux fois à 7 h 39 –, mais je m’attends tout de même à me réveiller à 7 h 38, car, cette année, cela m’est déjà arrivé deux cent vingt et une fois. Si vos réveils étaient assujettis à pareille régularité, je suppose que vous vous attendriez, vous aussi, à vous réveiller le plus souvent à cette heure-là, non ? Or, comme vous vous demandez sûrement combien de fois je me suis réveillé aux autres heures, eh bien, je vais vous le dire : quinze fois à 7 h 37 et vingt-neuf à 7 h 40. Vu que je fais mon possible pour respecter cet horaire, notamment en me couchant très exactement à minuit, ces variations s’expliquent par la survenue d’événements sur lesquels je n’ai aucune emprise, comme le bruit que font les voisins, les voitures dans la rue ou d’éventuelles sirènes. Ce genre de choses m’agacent, mais je ne peux rien y changer.

Petit bac 2018Mot positif (6)

 

 

C’est lundi, que lisez-vous ? [48]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Je me souviens – Martin Michaud
L’habitude des bêtes – Lise Tremblay
Le jour où elle n’a pas fait Compostelle – Marko et Beka

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Passage des ombres – Arnaldur Indridason (partenariat Audiolib)
Dancers – Jean-Philippe Blondel

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard (BD)
Dent d’ours – tome 6 – Silbervogel – Yann et Henriet (BD)
Le jour où elle n’a pas fait Compostelle – Marko et Beka (BD)
600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster

Bonnes lectures et bonne semaine

 

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