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Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – Léonie Bischoff
Malamute – Jean-Paul Didierlaurent

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Le Chœur des femmes – Aude Mermilliod (BD)
Olive Kitteridge – Katherine Strout

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Le cerf-volant – Laetitia Colombani
Dans la gueule du loup – Anne Nivat, Jean-Marc Thevenet, Horne (BD)
La 13ème maison des Bradley – Amber Lee Dodd (Masse Critique Babelio)


Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Malamute – Jean-Paul Didierlaurent

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

 Au Diable Vauvert – mars 2021 – 368 pages

Quatrième de couverture :
Le vieux Germain vit seul dans une ferme au cœur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l’hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d’engin de damage dans la station voisine. Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous ses collègues masculins, habite la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans auparavant. Mais bientôt, le village est isolé par une terrible tempête de neige qui, de jours en semaines puis en mois, semble ne pas vouloir s’achever. Alors l’ombre des Malamutes ressurgit dans la petite communauté coupée du monde… JPDL revient avec un grand roman situé dans un village de montagne au cœur d’une forêt omniprésente qui réunit tous les éléments du succès du Liseur du 6h27 : tendresse et humour, réalisme magique et incroyable inventivité, personnages hauts en couleur et machines broyeuses, jeunesse et relations intergénérationnelles, noirceur et rédemption…. Dépeignant la nature et des gens d’aujourd’hui dans une maîtrise narrative impeccable, Malamute est un conte moderne plein de mystère et de poésie qui enchante au moins autant que le Liseur du 6h27.

Auteur : Jean-Paul Didierlaurent vit dans les Vosges. Nouvelliste lauréat de nombreux concours de nouvelles, deux fois lauréat du Prix Hemingway, son premier roman, Le Liseur du 6h27, connaît un immense succès au Diable vauvert puis chez Folio (360.000 ex vendus). Il reçoit les prix du Roman d’Entreprise et du Travail, Michel Tournier, du Festival du Premier Roman de Chambéry, du CEZAM Inter CE, du Livre Pourpre, Complètement livres, ainsi que de nombreux prix de lecteurs en médiathèques, est traduit dans 34 pays et est en cours d’adaptation au cinéma. Jean-Paul Didierlaurent a depuis publié au Diable vauvert un recueil de nouvelles, Macadam, et les romans Le Reste de leur vie et La fissure, tous réédités chez Folio.

Mon avis : (lu en juin 2021)
Le livre commence en avril 1976, avec l’extrait du journal de Pavlina Radovic, avec son mari Dragan, depuis la Slovaquie, ils viennent d’arriver dans la station vosgienne de Voljoux pour s’installer dans une vieille ferme. Ils ont comme projet d’organiser des promenades à traineau tiré par leurs chiens Malamute.
En 2015, à Voljoux, Germain, octogénaire, vit seul dans sa ferme depuis le décès de sa femme. Françoise, sa fille qui vit en région parisienne, s’inquiète pour lui. Elle aimerait bien qu’il accepte d’aller en maison de retraite mais c’est hors de question pour Germain qui aime trop son indépendance et ses arbres de la forêt… Finalement, c’est Basile,
un petit-neveu de Germain, saisonnier comme dameur de piste à Voljoux qui va venir s’installer à la ferme pour surveiller le vieil homme. Il y a également Emmanuelle, voisine de Germain, la jeune femme est également la nouvelle collègue de Basile…
C’est au bout d’une centaine de pages que le lecteur va comprendre le lien entre 1976 et 2015… Et cette histoire étrange, angoissante va s’intensifier avec une terrible tempête de neige qui va isoler le village du reste du monde…
Je n’en raconte pas plus et malgré la tension présente à tout instant dans ce roman, j’ai bien aimé cette lecture et les personnages de Germain, d’Emmanuelle et de Basile. L’intrigue ne m’a pas complètement surprise, j’avais découvert certaines choses avant que le récit ne le dévoilent.
Merci Masse Critique Babelio et les éditions Au Diable Vauvert pour cette belle lecture.

Extrait : (début du livre)
Journal de Pavlina Radovic (traduit du slovaque) Avril 1976

Deux jours, nous avons mis deux jours pour franchir les mille trois cents kilomètres qui nous séparaient de notre nouveau domicile. Dragan avait espéré boucler le parcours en moins de vingt-quatre heures, le temps qu’il lui avait fallu les fois précédentes pour atteindre sa destination. C’était sans compter la remorque et les chiens. Pendant ces deux jours de route, les bêtes n’ont pas cessé d’aboyer et de grogner d’excitation, les babines écumantes de rage, comme pressées d’en découdre avec un ennemi invisible. Nous avons traversé plusieurs pays, franchi des fleuves larges comme deux autoroutes, longé des villes immenses, des champs infinis, des collines couvertes de vignobles, des plaines verdoyantes parsemées de villages au nom imprononçable. À mi-parcours, l’un des pneus de la remorque a éclaté et nous avons failli verser dans le fossé. Je frissonne encore à l’idée que notre aventure aurait pu s’achever au milieu de nulle part dans un bas-côté rempli d’eau croupissante, coincés entre le rêve vers lequel nous roulions et la vie que nous venions de laisser dans notre dos. L’idée d’échouer si près du but, de devoir rebrousser chemin pour retourner au pays me faisait horreur. Retrouver cette vie étroite dans laquelle je me trouvais confinée, à barboter tel un poisson dans une mare devenue trop petite, m’aurait été insupportable. Avant de changer la roue, Dragan a dû calmer les chiens qui hurlaient à la mort. Plus loin, le voyant de surchauffe moteur nous a contraints à un nouvel arrêt sur la première aire venue pour remettre du liquide de refroidissement. Les passages en douane nous ont beaucoup ralentis. Un temps précieux perdu pour des douaniers méticuleux, qui ont épluché un à un les carnets de vaccination des quatre malamutes et contrôlé leurs tatouages. Et à chaque fois l’obligation pour moi d’apaiser Dragan, de le raisonner, de lui dire que tout cela n’était rien, que l’arrivée à la maison, notre maison, n’en serait que plus belle. De la ferme, je ne connaissais que les rares photos qu’il m’en avait montrées. Plus que les clichés, c’est son enthousiasme contagieux qui m’a convertie à son projet.
 

Déjà lu du même auteur :

96496883 Le liseur du 6h27 105625583 Macadam

Petit Bac 2021
(5) Animal

Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – Léonie Bischoff

71obyfaCCyL Casterman – août 2020 – 192 pages

Fauve Prix du public du Festival d’Angoulême 2021

Quatrième de couverture :
Début des années 30. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l’angoisse de sa vie d’épouse de banquier. Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s’est inventé, depuis l’enfance, une échappatoire : son journal. Il est sa drogue, son compagnon, son double, celui qui lui permet d’explorer la complexité de ses sentiments et de percevoir la sensualité qui couve en elle. C’est alors qu’elle rencontre Henry Miller, une révélation qui s’avère la 1ère étape vers de grands bouleversements.

Auteure : Après l’obtention d’un diplôme en bande dessinée de l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, Léonie Bischoff est libraire et travaille pour Manolosanctis : en 2010 sort Princesse Suplex, l’histoire d’une femme employée de bureau la semaine et catcheuse le week-end. Léonie Bischoff publie ensuite Hoodoo Darlin’ ainsi que trois adaptations de polars suédois de Camilla Läckberg, cosignées avec Olivier Bocquet. En 2018, elle signe, avec Thomas Römer, le numéro de « La petite Bédéthèque des Savoirs » consacré à la Bible. En 2020 paraît un one-shot inspiré de la vie de la diariste et romancière Anaïs Nin.

Mon avis : (lu en mai 2021)
C’est parce que cet album a eu le Fauve Prix du public du Festival d’Angoulême 2021 que j’ai eu envie de découvrir cette BD. Auparavant, je n’avais jamais entendu parler d’Anaïs Nin, une écrivaine et diariste en avance sur son temps.
Anaïs Nin est une femme complexe des années trente, à la fois une femme libre, épicurienne, féministe, avant-gardiste, écrivaine de génie et une épouse trop sage, dépendante, immature, névrosée…
J’ai trouvé cette BD très dérangeante, j’ai beaucoup aimé le dessin, magnifique, élégant, poétique, inventif mais je n’ai pas du tout adhéré au personnage d’Anaïs Nin, je l’ai trouvé trop excessive, et vite cette lecture m’a d’abord dérangée puis assez vite ennuyée… Je suis passée à côté de cette BD.

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(5) Prénom

C’est lundi, que lisez-vous ? [156]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Palais Bourbon – Kokopello
La recomposition des mondes – Alessandro Pignocchi
Rotterdam, un séjour à fleur d’eau – Emmanuel Lemaire

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Malamute – Jean-Paul Didierlaurent (Masse Critique Babelio)
Le Chœur des femmes – Aude Mermilliod (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – Léonie Bischoff (BD)
Dans la gueule du loup – Anne Nivat, Jean-Marc Thevenet, Horne (BD)
La 13ème maison des Bradley – Amber Lee Dodd (Masse Critique Babelio)


Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Rotterdam, un séjour à fleur d’eau – Emmanuel Lemaire

  Delcourt – mars 2016 – 128 pages

Quatrième de couverture :
Échoué à Rotterdam pour un an. Emmanuel Lemaire prend son mal en patience et sa bicyclette pour découvrir cette ville en perpétuelle extension.

Auteur : Emmanuel Lemaire vit à Rouen, où il est bibliothécaire le jour et dessinateur la nuit. Il a écrit un premier album autobiographique, Rotterdam, une ville au fil de l’eau ainsi que des œuvres consacrées à la Normandie et Si j’avais rencontré les Frères Lumières.

Mon avis : (lu en juin 2021)
Après avoir découvert Emmanuel Lemaire avec sa BD : Ma voisine est indonésienne, j’ai voulu lire une de ses BD précédente : Rotterdam, un séjour à fleur d’eau. L’auteur est venu habiter à Rotterdam pour quelques mois, pour rejoindre sa « chérie » en mission de huit mois dans un projet d’extension d’une raffinerie.
Dans un carnet de voyage, Emmanuel Lemaire nous raconte son quotidien et la découverte de cette ville ultramoderne, en perpétuelle extension à l’occasion de ses escapades en vélo.
Le couple habite un appartement dans un quartier neuf de Rotterdam, au pied de l’immeuble, une école et sa cour de récréation très bruyante rythme ses journées de travail à sa table de dessin… Nous découvrons le Jour de la Reine, Keukenhof ou le royaume de la tulipe, le vélo hollandais, le port avec ses grues et ses conteneurs, les frites avec double couche de mayonnaise, le Carnaval caribéen, la ville géométrique, toute plate avec ses canaux, ses ponts et ses buildings…

Même si cette ville est ultra-moderne et froide, cette balade au bord de l’eau est instructive, pleine de poésie et d’humour…

Extrait : (début de la BD)

 

Déjà lu du même auteur :

Ma voisine est indonésienne

Petit Bac 2021
(5) Lieu

La recomposition des mondes – Alessandro Pignocchi

71QN3iX+IuL Seuil – avril 2019 – 128 pages

Quatrième de couverture :
Que se trame-t-il exactement sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes ?
Notre anthropologue dessinateur mène l’enquête : s’agit-il d’un kyste peuplé de hippies violents ? Trop drogués pour comprendre qu’il faut partir puisque le projet d’aéroport est abandonné ? Ou de l’avant-poste, en Occident, d’un nouveau rapport au monde, affranchi de la distinction entre Nature et Culture ?
L’enquête emprunte des chemins imprévisibles sur ce bocage qui, d’emblée, nous absorbe, nous transforme et recompose les liens que nous entretenons avec les plantes, les animaux et le territoire.

Auteur : Ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie, Alessandro Pignocchi s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique, Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola. Dans les deux suivants, Petit traité d’écologie sauvage et La Cosmologie du futur, il décrit un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante, et où un anthropologue jivaro tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale.

Mon avis : (lu en mai 2021)
Cette BD est comme un reportage complet sur la ZAD de Notre-Dame des Landes vu de l’intérieur. Nous découvrons que la ZAD n’est pas seulement un combat entre les pour et les opposants au nouvel aéroport, mais également une zone d’intérêt écologique et des militants qui essayent d’inventer un nouveau monde et un avenir meilleur. L’auteur donne la parole à chacun des protagonistes : zadistes, policiers, paysans…
C’est bien documenté, complet et très intéressant.
C’est très différent de ce que les médias ont voulu montrer.
Le dessin est également très réussi avec de très belles aquarelles.

Extrait :

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Petit Bac 2021(4) Lieu

Palais Bourbon – Kokopello

 Dargaud – janvier 2021 – 136 pages

Quatrième de couverture :
L’Assemblée Nationale, comment ça marche ? C’est à cette question que répond Kokopello après une vaste enquête au Palais Bourbon, qui consista aussi à suivre des députés dans leur réalité quotidienne. L’auteur décrypte et montre le fonctionnement de l’institution que tout le monde pense connaître. Travail en commission, en circonscription, débat, coulisses, organisation, équipements, rien n’a échappé à l’œil et au crayon acérés de Kokopello.

Auteur : Né le 2 décembre 1991, Kokopello entreprend des études de cinéma à l’université Paris VIII avant d’entrer comme éditeur vidéo chez Lobster films, une société de restauration de films anciens. Éditeur de films le jour, il devient dessinateur politique de nuit. Durant la campagne présidentielle, il se fait passer pour un militant lambda et parvient à infiltrer les cinq principales équipes de campagne. Pendant plusieurs mois, il croque la course à l’Élysée vue du côté des militants et dessine pour la presse. La campagne terminée, Kokopello se lance un nouveau défi : infiltrer l’Assemblée nationale. Il se rend aux séances publiques le soir et caricature les députés. Son travail est remarqué par quelques élus et après de nombreuses semaines sur les bancs de l’hémicycle, il obtient un badge qui lui permet de circuler librement dans le palais Bourbon. Une nouvelle aventure est née. 

Mon avis : (lu en mai 2021)
Dans cette BD, l’auteur a voulu nous faire découvrir les coulisses de l’Assemblée nationale ou du Palais Bourbon, avec ses codes, ses traditions, le travail des députés… L’auteur se met en scène lors de son enquête aussi bien au Palais Bourbon qu’aux côtés de plusieurs députés dans leurs différents travaux et déplacements.
Clémentine Autain posant la première pierre symbolique d’un pôle universitaire à Sevran, puis parcourant sa circonscription de Seine-Saint-Denis où elle est à l’écoute des problèmes du quotidien de ses administrés.
Cédric Villani recevant dans sa permanence parlementaire à Orsay dans l’Essonne.
François Rufin recevant une association d’agriculteurs dans son bureau de l’Assemblée, et quelques jours plus tard rencontrant des gilets jaunes entre Amiens et Abbeville.
Charles de Courson, député expert, élu depuis 26 ans siégeant à la commission des finances.
La permanence de Jean Lassalle à Oloron-Sainte-Marie est presque un musée dédié au député le plus fantasque… Avant de le rencontrer sur sa terre natale, notre reporter va rencontrer sa mère qui est également un sacré personnage ! Bien nourri, Kokopello va aider à rentrer les poules puis Marie l’envoie chercher les brebis… Ensuite il accompagnera

Jean Lassalle dans sa circonscription qui compte 219 communes auxquelles on accède par des petites routes de montagnes. Il lui faut compter 2h30 en voiture, pieds nus, pour aller d’un bout à l’autre de sa circonscription…
Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire, raconte l’invitation de Greta Thunberg à l’Assemblée et son intervention devant les députés français.

Nous découvrons également les commissions, les groupes d’étude, les rencontres avec les lobbys et les associations, missions d’information, le travail parlementaire dans tout son ensemble. Nous comprenons également le fonctionnement d’un ensemble complexe, et les conditions de travail des collaborateurs, des agents de l’Assemblée.
Avec Kokopello, nous visitons également l’envers du décor de l’Assemblée nationale, avec sa salle de sport, la cafétéria, le salon de coiffure, la buvette, en passant par les chambres à coucher, la bibliothèque, le bureau de poste mais aussi la buvette des journalistes
Une BD très intéressante, très complète et également très amusante qui m’a permis de vraiment découvrir les coulisses du Palais Bourbon.

Extrait :

     

 

Petit Bac 2021
(4) Aliment/Boisson

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

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Prends bien soin de toi ! – Rudo
Les attachants – Rachel Corenblit

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

La recomposition des mondes – Alessandro Pignocchi (BD)
Malamute – Jean-Paul Didierlaurent (Masse Critique Babelio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?


Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – Léonie Bischoff (BD)
Le Chœur des femmes – Aude Mermilliod (BD)
Palais Bourbon – Kokopello (BD)




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Les attachants – Rachel Corenblit

 Le Rouergue – août 2017 – 192 pages

Quatrième de couverture :
Durant une année, le quotidien d’une jeune enseignante de primaire, Emma, nommée dans un quartier populaire, confrontée à des enfants en grandes difficultés scolaire, affective, sociale. Elle s’attache notamment à Ryan, un garçon dont on va progressivement découvrir la maltraitance. Un roman d’une grande force, à la fois émouvant et politique, dans le meilleur sens du terme : quelle école et quelle société voulons-nous pour nos enfants ? Rachel Corenblit a été enseignante en primaire puis formatrice d’enseignants pendant dix-huit ans. Elle s’est inspirée de son expérience professionnelle pour écrire ce roman.

Auteure : Rachel Corenblit vit à Toulouse avec son mari et ses deux enfants. Professeur de lettres en collège, elle est l’auteur de nombreux romans pour la jeunesse, publiés au Rouergue et chez Actes Sud Junior, ainsi que de deux romans dans la brune, Quarante tentatives pour trouver l’homme de sa vie (2015) et Les attachants (2017).

Mon avis : (relu en mai 2021)
Lorsque j’ai emprunté le livre L’année des pierres, je me rappelais avoir déjà lu un livre de Rachel Corenblit, celui-ci, mais impossible de retrouver le billet fait à l’occasion de cette lecture… Un oubli que j’ai voulu rattraper en le relisant.
Après plusieurs mois de vacations dans différentes écoles, Emma, jeune enseignante, vient d’être
nommée à son premier poste fixe à l’école des Acacias, dans un quartier défavorisé de Toulouse. Durant une année scolaire, elle raconte son quotidien avec ses élèves : Ryan, Michel, Caïn, Dimitri, Karima, Molly, Myriam, Yaël, Emir, Lola, Allan…
Des enfants en difficultés, à la fois attachants et « attachiants » qui vivent chez eux des choses difficiles voir dramatiques et pour qui l’école est un havre de paix…
Un récit touchant, authentique qui ne laisse pas indifférent. Un coup de cœur.

Extrait : (début du livre)
Le gamin se tenait devant la porte, qu’elle avait laissée entrebâillée.
Emma. Elle s’appelle Emma. Elle trouve son prénom trop simple. Elle aurait adoré se nommer Iphigénie ou Cassandre. Un prénom qui résonne, qui a une histoire. Élisabeth, ou même Athéna. On ne prononce pas Athéna de façon anodine. Les références collées au nom que l’on porte, c’est comme si on avait déjà vécu une vie.
Elle enseigne depuis quelques années, pas trop longtemps mais suffisamment pour avoir des réflexes. Elle sait qu’il vaut mieux, pour certaines familles, qu’elles trouvent une porte ouverte. Tout l’art de la première rencontre. Gérer les imprévus. Frapper à une porte, c’était comme demander une autorisation et pour ces familles-là, demander une autorisation, n’importe laquelle, c’était délicat.
Il la fixait, silencieux, avec son cartable dans le dos, ses cheveux ébouriffés et sa grande bouche aux lèvres gercées. Il était immense, pour son âge, sa veste trop courte laissait apparaître des poignets fins de fille et ses bras étaient des brindilles fragiles, tout comme ses longues jambes.
Il a attendu, sans se signaler, qu’Emma lui fasse signe d’entrer et il s’est avancé lentement, comme s’il se méfiait. Une drôle de démarche, un peu bancale, pas rassurée. Sa mère s’était imposée à ses côtés, avec deux autres petits enfants. À vue de nez, deux, trois ans, pas plus. Incapables de rester immobiles. La femme les tenait par la main, un à gauche et l’autre à droite, et ils l’écartelaient en grognant, sans paroles, en reniflant, débraillés et hirsutes.
Emma s’est levée et s’est approchée, sans faire de grands gestes, sans les effrayer. Pas de brusquerie, de maladresse. Songer aux animaux craintifs qu’on essaie de ne pas faire fuir. Mais il était huit heures vingt-cinq. Elle devait protester, pour le principe. Elle était contrariée. Ce n’était pas sérieux, pas correct, totalement malpoli. Ils avaient rendez-vous une bonne quarantaine de minutes avant, afin qu’elle ait le temps de présenter à Ryan sa nouvelle école, sa classe, les cahiers, les manuels. Un bon moment qu’elle attendait, assise derrière son bureau, à aligner des feuilles photocopiées. À tenter de relativiser ce retard. On ne fait pas exprès de rater la première journée de son enfant. Ce n’est pas un acte qu’on prémédite.

Petit Bac 2021
(4) Adjectif

Déjà lu du même auteur :

9782330053758 (1) 146298 61Tn7kiUzgL L’année des pierres

Prends bien soin de toi ! – Rudo

Masse Critique Babelio

71N8vtCMwzL Bamboo – mai 2021 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Après vingt ans de carrière dans le dessin et l’illustration, Geoffroy doit changer de profession. Sans argent, au bord de la séparation, pour vivre, on lui conseille de trouver un « vrai » métier. Mais quoi faire quand on a 42 ans et qu’on a tenu un crayon toute sa vie ? De déconvenue en refus pur et simple, Geoffroy saisit la chance qui se présente quand on lui propose un remplacement dans un EHPAD. Lui qui passait ses journées seul à sa table à dessin, se retrouve à faire la toilette à des malades d’Alzheimer, à aider des employés débordés et à faire face à une direction qui n’a pour objectif que de réaliser des profits pour le bien-être des actionnaires aux dépens de celui des pensionnaires.

Auteur : Dessinateur et illustrateur de presse depuis la fin de années 90, c’est à Fluide Glacial qu’il fait ses premiers pas. Son trait humoristique l’amène à collaborer avec différents magazines ( Spirou, Le Journal de Mickey, Science et vie Junior…). C’est en 2005, aux éditions Bamboo, qu’il publie Wesh Wesh Crew ,sa première série sur le graffiti, qu’il pratique en parallèle du dessin. Depuis, il a publié 15 albums d’humour chez différents éditeurs (Soleil, Delcourt, Vents d’Ouest, Jungle). Depuis 2017, Geoffroy n’avait pas retouché un crayon pour se réorienter vers le métier d’aide-soignant. Prends soin de toi  est donc un retour aux sources à la bande dessinée et le témoignage de cette période de silence.

Mon avis : (lu en mai 2021)
Le narrateur, Geoffroy est dessinateur et illustrateur depuis une vingtaine d’années lorsqu’il doit trouver un « vrai métier »… En effet, à cours de contrat et ayant expressément besoin d’argent, à 42 ans, il doit se résoudre à trouver un nouvel emploi… Durant deux années, il va travailler dans un EHPAD comme adjoint de soins. Dans un premier temps, il est affecté dans une unité spécialisée pour les malades d’Alzheimer, le travail est ingrat, mais Geoffroy se sent utile, il est là pour chouchouter les patients. Ensuite, il est employé dans un service classique où les conditions de travail sont très différentes, c’est la rentabilité de l’établissement exigée par les actionnaires, au détriment du temps passé et la qualité du service auprès de chaque résident.
En racontant une expérience très personnelle, Geoffroy montre l’humanité, l’engagement et la générosité des équipes soignantes qui, tant bien que mal, tentent d’assurer des soins de qualité et d’être attentif aux plus faibles. Il livre un témoignage juste et sensible sur la situation des pensionnaires comme du personnel de cet EHPAD.
En filigrane, Geoffroy évoque également la précarité du métier de dessinateur et illustrateur. Un métier de passion qui ne permet pas toujours de faire vivre correctement une famille…

Merci à Babelio pour ce Masse Critique spéciale qui m’a permis de découvrir cette bande dessinée.

Extrait : (début de la BD)

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