{ Je chemine avec… } Nancy Huston

Lu en partenariat avec les éditions Seuil et Babelio

MasseCritique_JeChemineAvec

Entretiens menés par Sophie Lhuillier

146127_couverture_Hres_0 Seuil – septembre 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
« Je pourrais naturellement dire “je suis écrivaine”, ou “canadienne”, ou “française” ou “femme”, ou “vieille femme”, “du XXe siècle”, “athée”, je peux dégoter plein d’adjectifs ou de substantifs qui correspondent à ce que les gens considèrent comme une “identité”, mais je suis quelqu’un de très circonspect à l’égard de l’Identité. Alors j’aime répondre : “je suis mon chemin”, à la fois suivre et être, bien sûr. En fait nous sommes tous notre chemin, bien plus que nous ne le croyons ! Il se trouve que le mien a été multiple, avec des bifurcations, des tournants, des zigzags et des imprévus ; il m’a menée dans des endroits très différents. Par conséquent je suis plusieurs, et quand on est plusieurs ça ajoute un “mais” à toutes les identités. »
Nancy Huston ne serait peut-être jamais devenue l’écrivaine prolifique que nous connaissons si elle n’avait pas vécu ce « cadeau en mal » de la vie, à 6 ans, lorsque sa mère a quitté le foyer en laissant derrière elle ses trois enfants. À dater de cette rupture, la petite Nancy s’est réfugiée dans la compagnie de voix que l’on retrouve dans les personnages de ses romans. Née au Canada, elle s’installe en France à l’âge de 20 ans, côtoie de grands intellectuels et publie ses premiers textes dans les revues féministes des années 1970, avant de s’ouvrir à toutes formes d’écriture : romans et essais, théâtre et livres jeunesse. Régulièrement primés, ses livres explorent avec finesse l’exil, la famille, le nihilisme, l’identité multiple et, surtout, les liens complexes qui unissent drames intimes et grande histoire.

Auteur : Née à Calgary au Canada, elle s’installe en France lors de ses études, où elle côtoie rapidement les intellectuels, dont Roland Barthes (qui supervise son mémoire sur les jurons à l’EHESS) et Tzvetan Todorov (à qui elle sera mariée pendant plus de trente ans). Elle collabore avec bonheur et frénésie aux revues féministes des années 1970, publie un premier essai avant-gardiste, Jouer au papa et à l’amant, en 1979, avant de devenir romancière. Régulièrement primés, ses romans explorent les liens unissant histoires individuelles et grande histoire, notamment les drames transmis entre générations.

Mon avis : (lu en septembre 2021)
Fin août, j’ai accepté de recevoir 3 livres de la nouvelle collection { Je chemine avec… }, c’est l’occasion de découvrir des parcours de vie de personnalités très variées afin d’inspirer au plus grand nombre de jeunes ou de moins jeunes l’envie de croire à son avenir.
Voici le premier livre autour de la femme de lettre franco-canadienne Nancy Huston. J’ai eu l’occasion de la rencontrer lors d’un salon du livre et de lire son roman
Lignes de faille et L’empreinte de l’ange.
Ce livre m’a permis de mieux connaître Nancy Huston et de comprendre pourquoi elle est devenue écrivain. Elle revient sur son enfance à Calgary au Canada, avec le départ de sa maman alors que Nancy avait six ans. Ensuite, le lecteur découvre son « parcours sinueux » avec ses études aux États-Unis, puis son année d’études en France et finalement son installation à Paris. Elle est très tôt
féministe puis poussée par ses enfants elle s’intéresse à l’écologie. Durant toute sa vie, Nancy Huston aura été une humaniste.
Pour ses romans, elle utilise la technique de double écriture : elle écrit en français ou en anglais puis traduit son manuscrit dans l’autre langue pour corriger l’original. Ses essais et articles sont écrits uniquement en français.
Un petit livre très intéressant et plutôt facile à lire.
Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour cette découverte (multipliée par 3, car j’ai encore à lire 2 autres livres de la même collection…)

Extrait : (début du livre)
Chère Nancy, qui es-tu ?

Je pourrais naturellement répondre « je suis écrivaine », ou « canadienne », ou « française » ou « femme », ou « vieille femme », etc., « du XXe siècle », « athée », je peux dégoter plein d’adjectifs ou de substantifs qui correspondent à ce que les gens considèrent comme une « identité », mais je suis quelqu’un de très circonspect à l’égard de l’Identité.
Alors j’aime répondre : « je suis mon chemin », à la fois suivre etêtre, bien sûr. En fait nous sommes tous notre chemin, bien plus que nous ne le croyons ! Il se trouve que le mien a été multiple, avec des bifurcations, des tournants, des zigzags et des imprévus ; il m’a amenée dans des endroits très différents. Par conséquent je suis plusieurs, et quand on est plusieurs ça ajoute un « mais » à toutes les identités.
Par mes origines je suis une cow-girl. Je suis à l’aise dans les santiags et dans cette attitude d’insolence à la Calamity Jane, le genre de fille qui saute a cru sur un mustang en poussant un grand cri [elle crie] Yip-yip-yippee ! avant de partir galoper à travers champs. Le « mais », c’est que je suis allergique aux chevaux. Mais il est certain que j’ai un côté westerneuse, un côté « pas peur, pas froid aux yeux » qui me vient, sans aucun doute possible, de mes origines dans l’ouest du Canada. Les femmes des pionniers se retroussaient les manches ; elles ne rechignaient pas à faire des travaux durs. Je suis très musclée ! J’ai peut-être l’air frêle, comme ça, mais c’est une illusion : en fait je suis forte.
On ne sait pas forcément que les chansons country sont proches des chants irlandais ; je me sens profondément irlandaise aussi. Le nom Huston vient de la côte ouest de l’Irlande du Sud, c’est de là qu’a immigré mon arrière-grand-père paternel au milieu du XIXe siècle. Je raffole de la musique et de la poésie irlandaises, et revendique volontiers l’identité culturelle de ce pays… Le « mais » : c’est largement reconstruit par mon imaginaire.
Dernière identité forte, très importante pour moi, la Berrichonne – nous en parlerons sûrement : je me sens berrichonne. Le « mais », c’est que c’est un pays que j’ai découvert à l’âge de 20 ans, et où je n’ai jamais réellement habité.
Les gens ont besoin de fierté. Ils disent : « Être français (ou américain, ou catholique, ou juif, ou musulman, etc.), c’est bien, or il se trouve que c’est ce que je suis ! » C’est d’une naïveté touchante. « Je suis française, et c’est bien d’être français ! » Moi je n’ai jamais pu construire ce type de fierté car, depuis l’enfance, mes différentes identités ont toutes été remises en doute ou fracassées. Pas toujours de façon violente ni désagréable, d’ailleurs, mais cela explique ma circonspection à l’égard de l’Identité ! C’est une des raisons pour lesquelles je suis romancière. Écrire des romans me permet de me glisser dans la peau des autres. Je crois que c’est ce qui me caractérise le plus profondément : je suis désireuse (et capable) de voir le monde de plusieurs points de vue, et de relativiser l’un par l’autre.
Pour commencer, je suis née dans un pays neuf. Le Canada n’a que quelques petits siècles d’âge. Au début du XXe siècle, mon Alberta natal n’était même pas encore une province, il faisait partie des Territoires du Nord-Ouest. Ayant vécu en Europe, ce « Vieux Monde » qui se perçoit comme un ensemble depuis mille ans, ayant voyagé en Inde ou en Chine, dont la culture remonte à plus de trois millénaires, je suis consciente de l’identité canadienne comme d’une fiction récemment concoctée, qui s’est « durcie » en identité à travers des actes de violence coloniale.

Déjà lu du même auteur :

37294559_p  Lignes de faille

Transitions, Journal d’Anne Marbot – Élodie Durand

71xXfO5LScL Delcourt – avril 2021 – 176 pages

Quatrième de couverture :
 » Vous savez, les genres féminin et masculin sont les deux extrêmes d’un état. Chacun est libre de mettre le curseur où il veut, où il peut. » Les mots de la psychologue du planning familial bousculent Anne. Elle n’a rien vu venir. Sa fille est un garçon… Anne bataille, se déconstruit, apprend, s’ajuste à son enfant, pour se fabriquer un autre regard, un nouveau paradigme.

Auteur : Diplômée en 2003 de l’école des Arts décoratifs de Strasbourg et d’une Licence d’Arts Plastiques à Paris VIII, Élodie travaille son art sous différentes formes : images, bandes dessinées, scénarios, interventions dans les lieux culturels et écoles, réalisations de grandes fresques murales, ses images s’adressent selon les projets aux enfants ou aux adultes. Elle travaille également pour la presse et pour l’édition. Elle aime découvrir, apprendre, dessiner les sentiments, le mouvement, le dessin d’idée, raconter des histoires de vies et illustrer des histoires drôles et fantastiques… le moment où tout se décide…
Pour réaliser ses images, elle utilise plusieurs vecteurs : l’informatique mais aussi le papier, les encres, les crayons de couleurs, les feutres, la peinture. Élodie a reçu en 2011 le Fauve d’Angoulême-Prix Révélation pour La Parenthèse.

Mon avis : (lu en août 2021)
Ce roman graphique est un récit très touchant entre une mère et son enfant en pleine transition.
Lorsque la fille d’Anne Marbot lui avoue qu’elle se sent garçon, c’est un véritable choc pour cette maman ! Elle ne s’attendait pas à une telle annonce, jamais elle n’avait imaginé cela… Accompagner son enfant pour cette transition est un long chemin à parcourir. Même pour une maman qui se pensait tolérante et ouverte, ce n’est pas simple.

Dans ce journal parfaitement illustrée, Anne Marbot partage avec nous, lecteur, tout cela, le choc de l’annonce, ses questionnements, ses inquiétudes face à l’inconnu… Son cheminement est lent et progressif pour découvrir le monde de la pluralité des genres, pour comprendre et accepter qui est son enfant.
Ce sujet difficile est traité avec intelligence et bienveillance, très documentée et informative cette BD est un témoignage à vraiment découvrir par tous.

Extrait :

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Petit Bac 2021
(7) Prénom

Déjà lu du même auteur :

la_parenth_se La Parenthèse

C’est lundi, que lisez-vous ? [165]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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L’arbre à pain – Célestine Hitiura Vaitée
Un coin de ciel bleu T01 : L’odeur du foin – Jarry, Deplano, Fabris

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Enfant de salaud – Sorj Chalandon
{ Je chemine avec… } Nancy Huston (Masse Critique)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

L’enfant, la taupe, le renard et le cheval – Charlie Mackesy
Nomadland – Jessica Bruder
Sur la route de West – Tillie Walden (BD)
Vann Nath : Le peintre des Khmers rouges – Matteo Mastragostino et Paolo Castaldi (BD)
Transitions, Journal d’Anne Marbot – Élodie Durand (BD)
La fille dans l’écran – Manon Desveaux et Lou Lubie (BD)


Bonnes lectures et bonne semaine !

Un coin de ciel bleu T01 : L’odeur du foin – Jarry, Deplano, Fabris

 Delcourt – janvier 2010 – 48 pages

Quatrième de couverture :
J’en peux plus de cette ville, Eric !
Fais tes valises, prends ta fille sous le bras, on part vivre à la campagne !
– Chiche !…

Auteurs : Nicolas Jarry est né en 1976 à Rosny-sous-bois. Il réside en Dordogne.
Lors de sa participation au Festival du Film Fantastique, Nicolas fait la connaissance de Jean-Luc Istin. Cette rencontre aboutit à son premier scénario de bande dessinée, Les Brumes d’Asceltis. Paraissent ensuite Maxime Murène, Les Contes de Brocéliande et La Rose et la Croix. En 2006, il complète la collection « Soleil Levant » avec Tokyo Ghost , dessiné par Djief, et la collection « Celtic » avec Les Chemins d’Avalon, dessiné par Achile. En 2007, il co-scénarise, avec Jean-Luc Istin, Les Exilés D’Asceltis et scénarise Le Crépuscule des Dieux. Intarissable, en 2010, tout en poursuivant ses précédentes séries, il revient avec trois projets : Les Princes d’Ambre, Nains et Durandal. En 2017, il travaille sur une nouvelle série de la collection « Celtic », Breizh – Histoire de la Bretagne. Dans la même collection, on le retrouve au scénario de Brocéliande 3 et 7. Il participe toujours au développement des Terres d’Arran avec Orcs & Gobelins 3, 4 et 6  ou encore Nains 15. Et, dans un autre registre, au scénario de Conquête 3, avec Stéphane Créty au dessin et 7, avec Zivorad Radivojevic au dessin…
Paolo Deplano, illustrateur italien. A 21 ans, il entre à l’école Internationale de la Bande Dessinée de Firenze où il enseigne désormais. Il termine ses études en 2004 et collabore à la réalisation du tome 0 de My earth.

Mon avis : (lu en août 2021)
Eric, Lou et leur petite Annaëlle ont quitté la ville pour s’installer dans un petit village à la campagne… Évidement, cela fait penser à « Retour à la Terre ». Vivre au plus proche de la nature n’est pas aussi idyllique que prévu. La famille Etxcheveri est attachante et la petite Annaëlle saura se faire adopter par les vieux voisins. Les habitants du village sont hauts en couleurs, sans être trop caricaturaux, comme la voisine d’en face toujours à sa fenêtre, la vieille Lanvieuse, le vieux Gilbert, les chasseurs…
Une BD pleine d’humour, d’une grande sensibilité et très sympathique à lire.

Extrait :

   

Petit Bac 2021
(6) Couleur

L’arbre à pain – Célestine Hitiura Vaitée

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10/18 – mai 2021 – 402 pages

Au Vent des Iles – juin 2020 – 334 pages

Au vent des iles – avril 2006 – 442 pages

Au Vent des Iles – janvier 2004 – 344 pages

traduit de l’anglais par Henri Theureau

Titre original : Breadfruit, 2002

Quatrième de couverture :
Vivez le quotidien d’une famille tahitienne drôle, attachante et haute en couleurs.
Chronique d’une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti, L’Arbre à pain nous plonge dans le quotidien de Materena, mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, au franc-parler  » local  » et aux rêves simples. Dans ce premier volet de la trilogie, la succession des récits, authentiques et tendrement drôles, est cousue de fil blanc… celui de la robe de mariée de Materena qui rêve d’une bague au doigt et d’un certificat de mariage encadré au mur. Son tane, Pito, en mâle primaire, entre bière et copains, ne veut rien entendre et résiste. Au risque de se voir réclamer à tout moment de rentrer chez sa mère… Un roman truculent, délicieux de vérité et d’émotion, qui décrit l’art de vivre au fenua et l’amour à la tahitienne dans un style vif et plein d’humour.

Auteur : Célestine Hitiura Vaite, originaire de Tahiti, vit actuellement en Australie. Depuis le succès international de la trilogie – dont la version originale anglaise a été traduite et publiée dans dix-sept pays –, l’auteure pour qui  » les histoires sont universelles ; comme les poèmes  » continue d’œuvrer dans le domaine  » libérateur  » de l’écriture. Enseignante, Célestine travaille particulièrement avec un public jeune du Pacifique (australien, français, polynésien ou aborigène) et a collaboré à plusieurs productions littéraires (pièce de théâtre, livres pour enfants). À la redécouverte de sa langue, elle s’est lancée dans une étude du premier Dictionnaire tahitien-anglais (1851) de John Davies. Elle contribue par ailleurs à l’écriture d’un opéra sur Tupaia, Purea et le capitaine Cook, Star Navigator, en collaboration avec Tim Finn.

Mon avis : (lu en août 2021)
Voilà un livre dépaysant qui nous envoie découvrir le quotidien de la famille de Materena dans un quartier populaire de Papeete à Tahiti. L’auteure est une Tahitienne qui vit en Australie et donc elle a écrit ce livre en anglais, le traducteur a fait un très beau travail en traduisant ce texte en français avec les expressions tahitiennes. En lisant, j’avais vraiment l’impression d’entendre parler local. (Un glossaire avec tout ce vocabulaire autochtone est présent au début du livre)
Materena est mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, elle rêve que Pito, son compagnon, lui propose le mariage… Dans un style vif et plein d’humour, le lecteur découvre l’art de vivre à la tahitienne.
Je compte bien me procurer les deux autres livres de cette trilogie : Frangipanier et Tiare

Extrait : (début du livre)
Materena aime bien les films d’amour.
Quand il y a un film d’amour à la télévision, Materena s’installe sur le canapé, croise les mains, et ne quitte pas l’écran des yeux. Elle ne balaye pas, elle ne repasse pas, elle ne coupe pas les ongles de ses pieds, elle ne range pas ses linges. Elle ne fait rien d’autre : elle regarde son film.
Les films d’amour chavirent le cœur de Materena et il lui arrive même d’imaginer qu’elle est l’héroïne.
Le film d’amour de ce soir raconte l’histoire d’une femme qui aime un homme passionnément mais, malheureusement, elle doit en épouser un autre — c’est ses parents qui ont décidé comme ça. Son futur mari n’est pas affreux, et il n’est pas méchant, mais elle n’éprouve rien pour lui. Quand elle le regarde, c’est comme si elle regarde un arbre — alors que quand elle regarde l’homme qu’elle aime, son cœur fait boum, boum, elle a envie de l’embrasser, elle a envie de le serrer fort contre elle.
La femme, dans le film, rencontre l’homme qu’elle aime une dernière fois — ça se passe la veille de son mariage, un grand mariage — et lui, il s’en va dans un pays lointain, pour ne jamais revenir, parce qu’il ne peut pas supporter de rester dans le quartier. Il pense comme ça que c’est plus facile pour lui de disparaître définitivement.
Les amoureux se retrouvent derrière une haie touffue. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, ils s’embrassent, et puis l’homme tombe à genoux et déclare : « Je t’aimerai jusqu’à ma mort, jusqu’à ma mort je le jure devant Dieu, tu es le centre de mon univers, tu es ma lumière dans la nuit, tu seras toujours la seule. »
La femme cache son visage dans ses mains gantées et éclate en sanglots. Il y a des violons, et une larme roule au coin de l’œil de Materena. Elle a pitié de la femme. Elle souffre pour elle.
« La pauvre » soupire Materena.
« C’est nul, ce film ! C’est que des conneries ! » Ça, c’est le commentaire de Pito. À son avis à lui, il y a trop de larmes dans ce film, trop de blabla, pas d’action. Et l’acteur, quel māhū  — regarde-le un peu !
« Eh ben, va lire ton Akim dans la cuisine » lui dit Materena en s’essuyant les yeux avec son pāreu.

Petit Bac 2021
(6) Aliment / Boisson

C’est lundi, que lisez-vous ? [164]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Les indésirables – Kiku Hughes
Les Beaux Étés – tome 6 : Les Genêts – Zidrou et Jordi Lafebre

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Nos éclats de miroir – Florence Hinckel
Enfant de salaud – Sorj Chalandon

Que lirai-je les semaines prochaines ?

L’enfant, la taupe, le renard et le cheval – Charlie Mackesy
Nomadland – Jessica Bruder
L’arbre à pain – Célestine Hitiura Vaitée
Sur la route de West – Tillie Walden (BD)
Un coin de ciel bleu T01 : L’odeur du foin – Jarry, Deplano, Fabris (BD)
Vann Nath : Le peintre des Khmers rouges – Matteo Mastragostino et Paolo Castaldi (BD)
Transitions, Journal d’Anne Marbot – Élodie Durand (BD)
La fille dans l’écran – Manon Desveaux et Lou Lubie (BD)


Bonnes lectures et bonne semaine !

Les Beaux Étés – tome 6 : Les Genêts – Zidrou et Jordi Lafebre

91LVbgJ-aeL Dargaud – juin 2021 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Youpi, c’est les vacances ! Adieu Mons, bonjour le soleil ! Comme tous les ans, la tribu des Faldérault prend la direction du Sud à bord de Mam’Zelle Estérel, la 4L familiale. Pierre n’a pas terminé son album ? Pas grave, il bouclera les dernières planches au bord de la Méditerranée. Les voilà tous les cinq partis pour ne rien faire. Enfin, cinq et demi plutôt, puisque Mado est enceinte. Mais sur la route, patatras. Un camion les double, il perd son chargement et voilà le pare-brise d’Estérel qui vole en éclats. Plus de peur que de mal, mais impossible de continuer. Pendant que le garagiste répare la 4L, la famille est hébergée par Esther et Estelle, deux femmes charmantes qui tiennent la ferme « Les Genêts ». Tandis que Pierre se prend pour Cézanne et que Mado regarde le bébé pousser, les enfants aident à sortir les chèvres et découvrent les charmes de la campagne. Mais ils apprennent aussi les secrets de la vie… Sixième tome d’une série « feel good » qui nous embarque pour un voyage dans le temps, à la découverte du bonheur des vacances d’été en famille, des petites joies du quotidien et des plaisirs tout simples de la vie qui va.

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D’abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l’écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l’auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l’ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l’Australie, « Crime qui est le tien ». Pour 2016, l’auteur continue d’écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans « Les Beaux Étés » et proclame la fin de Venise dans « Marina ».

Jordi Lafebre est né en 1979 à Barcelone, où il étudie la bande dessinée et les beaux-arts avant d’effectuer ses premiers pas de dessinateur en 2001. Il est publié dans plusieurs magazines espagnols, notamment dans la revue pour la jeunesse Mister K, dans laquelle il signe El munda de judy (« le monde de Judy») en collaboration avec le scénariste Toni Front. Sa rencontre avec Zidrou est décisive: après quelques dessins dans l’hebdomadaire Spirou, il participe à un ouvrage collectif écrit par le scénariste de Ducobu, La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, puis en 2010, il cosigne avec lui un album remarqué, Lydie. En 2014, toujours avec Zidrou, il sort La Mondaine, et continue sur sa lancée, en 2015, avec une nouvelle série Les Beaux Étés qui sortira en septembre. En 2016, le tome 2 des Beaux Étés sortira en juin 2016.

Mon avis : (lu en août 2021)
Quelle plaisir de retrouver la famille Faldérault ! Été 1970 et comme chaque année, au moment de partir en vacances, Pierre, le père de famille et dessinateur de BD, doit terminer un travail tandis que Mado, la mère, et les trois enfants, Julie, Nicole et Louis sont impatients de monter à bord de « Mam’zelle Estérel », la 4L familiale, pour quitter la Belgique en direction du sud, du soleil et de la Méditerranée.
Mais durant le voyage, la voiture se fait doubler par un camion qui perd une partie de son chargement et fait exploser le pare-brise de « Mam’zelle Estérel »… La famille doit stopper son voyage et elle est gentiment hébergée dans la ferme « Les Genêts » tenue par deux charmantes femmes : Esther et Estelle.
De nouvelles vacances imprévues et inoubliables où les enfants découvrent
la vie à la campagne avec les animaux, la naissance des bébés de la chèvre…
Une série de BD attachante pleine d’humour, de bonne humeur, de tolérance que je prends toujours plaisir à lire !

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(8) Météo

Déjà lu dans la série  :

108883254 Les beaux étés – 1 – Cap au Sud !

111573241  Les beaux étés – 2 – La Calanque

117361825 Les Beaux Étés – tome 3 – Mam’zelle Estérel

les beaux étés Les Beaux Étés – tome 4 – Le repos des guerriers

91mGsfjHXDL Les Beaux Étés – tome 5 : La Fugue

Les indésirables – Kiku Hughes

81dQpGCbXNL Rue de Sèvres – janvier 2021 – 288 pages

Quatrième de couverture :
Kiku a 16 ans. Americano-japonaise, elle se sent déconnectée de son héritage japonais et en sait peu sur l’histoire de sa famille qui cultive le secret. Alors qu’elle est en vacances avec sa mère à San Francisco, elle se retrouve brusquement dans les années 1940, propulsée dans un des camps qui a fleuri sur le territoire américain au lendemain de Pearl Harbor. Parquée, Kiku partage le quotidien de sa jeune grand-mère et de 120 000 citoyens nippo-américains déchus de tous leurs droits civiques par leur propre gouvernement, car accusés d’être des ennemis de la nation…

Auteur : Kiku Hughes est une jeune auteure américano-japonaise qui vit dans la région de Seattle où elle crée des histoires de romance et de science-fiction sur le thème de l’identité. Les indésirables est son premier album. 

Mon avis : (lu en août 2021)
Cette BD revient sur un fait historique peu connu : l’internement des citoyens japonais vivant aux États-Unis pendant la Seconde Guerre Mondiale. En effet, après l’attaque de Pearl Harbor et la déclaration de guerre au Japon, les nippo-américains sont déchus de tous leurs droits civiques et sont accusés d’être des ennemis de la nation.
Kiku Hughes part à la recherche de son histoire familiale, de l’histoire de sa grand-mère Ernestina qui enfant, a connu ces camps. L’auteure a imaginé un voyage dans le temps et Kiku se retrouve donc transporté en 1940, dans un camp et elle se retrouve à vivre le quotidien de plusieurs familles japonaises.
La forme du récit est très originale et le fond très bien documenté. Un devoir de mémoire très intéressant.

Extrait :

   

Petit Bac 2021
(6) Adjectif

C’est lundi, que lisez-vous ? [163]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

Le chœur des femmes – Martin Winckler
Dans la gueule du loup – Anne Nivat,

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Janvier 2015 : Le procès – Yannick Haenel et François Boucq
Nos éclats de miroir – Florence Hinckel

Que lirai-je les semaines prochaines ?

L’enfant, la taupe, le renard et le cheval – Charlie Mackesy
Nomadland – Jessica Bruder
L’arbre à pain – Célestine Hitiura Vaitée
Sur la route de West – Tillie Walden (BD)
Un coin de ciel bleu T01 : L’odeur du foin – Jarry, Deplano, Fabris (BD)
Vann Nath : Le peintre des Khmers rouges – Matteo Mastragostino et Paolo Castaldi (BD)
Transitions, Journal d’Anne Marbot – Élodie Durand (BD)
Les indésirables – Kiku Hughes (BD)
La fille dans l’écran – Manon Desveaux et Lou Lubie (BD)


Bonnes lectures et bonne semaine !

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