L’Écart – Amy Liptrot

Lu en partenariat avec les Éditions Globe

Liptrot_Amy-LECART Éditions Globe – août 2018 – 336 pages

traduit de l’anglais par Karine Reignier-Guerre

Titre original : The Outrun, 2016

Quatrième de couverture :
Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins : se laisser emporter vers le sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque.
Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur.
Elle l’ignore encore mais il existe une troisième voie : écouter résonner l’appel qui la hante, qui vient toucher cette part d’elle assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté. Non pas rester mais revenir. Choisir.
Troquer la bouteille assassine contre une thermos de café fort, troquer l’observation narquoise et éperdue de la faune des nuits de fêtes tristes pour la contemplation des étoiles et des nuages, et l’inventaire des derniers spécimens de râle des genêts, un oiseau nocturne comme elle, menacé comme elle, farouche comme elle.
Sa voie s’appelle l’Écart. C’est l’humble nom d’une bande côtière où les animaux sauvages et domestiques peuvent se côtoyer loin des regards, où folâtrent des elfes ivres d’embruns.
C’est le nom fier de son premier roman.

Auteur : Surnommée « la femme du Roi caille » par les soixante-dix autres résidents de la petite île de Papay, Amy Liptrot est retournée à Orkney pour travailler avec la Société Royale de protection des oiseaux. Elle y enregistre et documente des informations sur le Roi caille – un oiseau rare et secret qui construit son nid dans les hautes herbes et fait le bruit d’une cuillère traînée contre un égouttoir à vaisselle. Elle est la lauréate du PEN Ackerley Prize 2017 et du Wainwright Prize 2016. L’Écart est son premier roman.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est à la fois la superbe couverture du livre et la destination annoncée « l’archipel des Orcades » par la quatrième de couverture qui m’ont encouragé à découvrir ce premier roman. Des îles que je ne connaissais pas et qui se trouvent tout au Nord-Est de l’Écosse.
Amy a grandi dans l’archipel des Orcades, et dès l’adolescence elle souhaite en partir. A 18 ans, elle quitte ces îles rudes, battus par la mer et les vents et part à Londres, trouver la foule et la ville. Elle se trouve du travail, fait des rencontres et surtout beaucoup de fêtes… Et petit à petit, elle se perd dans l’alcool, la drogue et c’est la descente aux enfers, plus de travail, plus de logement, plus d’amis… Elle a perdu le fil de sa vie.
Dix ans plus tard, lorsqu’elle se rend compte de tout ce qu’elle a perdu, elle décide pour de bon de se reprendre en main et de faire une cure de désintoxication à Londres puis après ses premières victoires de sobriété, elle choisit de revenir dans les Orcades.
Elle a maintenant trente ans et tout à reprendre à zéro. Pour ne pas replonger, elle commence par travailler dans la ferme de son père, à réparer les murs de pierre, à l’aider lors des agnelages… Puis elle obtient un job d’été pour recenser « le roi caille », un oiseau migrateur rare et secret qui construit son nid dans les hautes herbes. Elle se sent bien dans les Iles et l’hiver suivant, elle s’installe sur la petite île de Papay. Pour canaliser son envie de boire, Amy marche et arpente de long en large l’Ile, elle se baigne également en toutes saisons.  Ce livre est l’histoire d’une renaissance et un regard magnifique sur la nature, la mer, les tempêtes, les oiseaux, le ciel…
J’ai beaucoup aimé, en particulier la partie du retour sur les Îles Orcades.
Merci Anne et les Éditions Globe pour ce livre témoignage touchant et dépaysant.

Extrait : (début du livre)
Sous les pales vrombissantes d’un hélicoptère prêt à décoller, une jeune femme en chaise roulante serre son nouveau-né dans ses bras tandis qu’un infirmier la conduit vers un homme également en fauteuil, entravé dans une camisole de force, qui arrive en sens inverse sur l’unique piste de l’aéroport.
Tous deux âgés de vingt-huit ans, ils sortent du petit hôpital local, le seul de l’archipel, où ils ont été pris en charge quelques heures auparavant. La femme vient de donner naissance à son premier enfant. L’homme, qui criait et gesticulait de manière incontrôlable, a dû être ligoté et mis sous calmants.
Situées au nord de l’Écosse, entre la mer du Nord et l’océan Atlantique, les îles Orcades sont constamment battues par les vents et frappées par les flots. Quoique très isolées, elles sont dotées de bonnes infrastructures : on y trouve un hôpital, un aéroport, un cinéma, deux établissements d’enseignement secondaire, un supermarché. On n’y trouve pas, en revanche, d’unité psychiatrique spécialisée dans l’accueil des patients atteints de lourdes pathologies mentales et susceptibles de représenter un danger pour autrui et pour eux-mêmes. Conformément à la loi sur la santé mentale des citoyens britanniques, tout résident des îles Orcades nécessitant une prise en charge de ce type doit être transféré à l’hôpital d’Aberdeen, en Écosse continentale.
Vue d’avion, qu’il s’agisse d’un appareil transportant les employés d’une plate-forme pétrolière ou d’une navette postale arrivant de l’île principale, la piste d’atterrissage apparaît comme une longue ligne droite coupant une vaste étendue plate et dénuée d’arbres. Lorsqu’elle n’est pas fermée des jours durant pour cause de brouillard ou de vents violents, c’est sur cette piste que se joue l’éternelle cérémonie des arrivées et des départs, menus drames humains se jouant sous le regard des contrôleurs aériens, parmi l’immensité des cieux et des mers.
Ce soir de mai, tandis que les marguerites referment leurs pétales pour la nuit, tandis que les guillemots et les mouettes tridactyles ramènent des lançons à leurs petits nichés sur les hauteurs des falaises, tandis que les brebis se blottissent contre les murets de pierre sèche pour se protéger du vent, mon histoire commence. Car le bébé sur le tarmac, c’est moi. Ma naissance, trois semaines avant terme, a déclenché chez mon père un épisode maniaque.
Ma mère se charge des présentations. Elle me pose brièvement sur ses genoux avant qu’il soit emmené dans l’hélicoptère. Nous ne saurons pas ce qu’elle lui dit : ses propos sont couverts par le vrombissement des pales et le mugissement du vent.

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Capture d_écran 2018-04-30 à 11.32.48Carte du Royaume-Uni et des Orcades (ou Orkney)

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La Daronne – Hannelore Cayre

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – juillet 2018 – 4h43 – Lu par Isabelle de Botton

Métailié – mars 2017 – 176 pages

Points – mars 2018 – 192 pages

Quatrième de couverture :
« Alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e DPJ.
— Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.
J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une simple traductrice-interprète judiciaire et je n’avais pas encore une tonne deux de shit dans ma cave. »
Comment, lorsqu’on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l’existence… qu’on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l’eau… qu’on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir… on en arrive à franchir la ligne jaune ? Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d’un Go Fast et on le fait l’âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt… disons… un détachement joyeux. Et on devient la Daronne.

Auteur : Hannelore Cayre est avocate pénaliste, elle est née en 1963 et vit à Paris. Elle est l’auteure, entre autres, de Commis d’office, Toiles de maître et Comme au cinéma. Elle a réalisé plusieurs courts métrages, et l’adaptation de Commis d’office est son premier long métrage.

Lecteur : Comédienne, révélée au grand public par le Théâtre de Bouvard, Isabelle de Botton a débuté au café-théâtre. Au théâtre on a pu la voir dans L’Intoxe, C’est encore mieux l’après-midi, Existe en trois tailles ou Le Gros n’Avion. Elle a également interprété Maupassant, Jules Renard, ou des textes contemporains comme Brèves de Comptoir, Après la Pluie, Les Monologues du Vagin, ou La Parisienne d’Alexandrie, relatant son enfance égyptienne sous Nasser. Au cinéma, elle a notamment tourné dans L’An 01, Les Bronzés font du ski et Merci la Vie de Bertrand Blier. Elle a aussi écrit pour le théâtre, la radio et a été scénariste de plusieurs téléfilms.

Mon avis : (lu en août 2018)
Patience Portefeux, 53 ans, est veuve, ses deux filles sont adultes mais elle doit assumer financièrement sa mère qui vit en EPHAD .
Patience est une employée modèle auprès du ministère de la justice, elle est traductrice-interprète judiciaire en langue arabe pour les prévenus ou pour des écoutes téléphoniques. Mal payée et surtout sans être déclarée, Patience réalise qu’elle n’aura pas de retraite et grâce à ses écoutes, lorsque l’occasion se présente de pouvoir récupérer un stock de cannabis, elle va devenir « la Daronne »…
Voilà un polar social, très original et plein d’humour. C’est vraiment jubilatoire à écouter car souvent politiquement incorrect, la Daronne réussit à se trouver dans des situations impossibles mais la chance est souvent avec elle ! Personnage attachant, le lecteur suit ses aventures en espérant qu’elle ne se fasse pas attraper ni par les gendarmes ou la police, ni par les trafiquants de drogues…

Merci Pauline et Audiolib pour cette écoute savoureuse et pleine de surprises.

Extrait : (début du livre)
Mes fraudeurs de parents aimaient viscéralement l’argent. Pas comme une chose inerte qu’on planque dans un coffre ou que l’on possède inscrit sur un compte. Non. Comme un être vivant et intelligent qui peut créer et tuer, qui est doué de la faculté de se reproduire. Comme quelque chose de formidable qui forge les destins. Qui distingue le beau du laid, le loser de celui qui a réussi. L’argent est le Tout ; le condensé de tout ce qui s’achète dans un monde où tout est à vendre. Il est la réponse à toutes les questions. Il est la langue d’avant Babel qui réunit tous les hommes.
Il faut dire qu’ils avaient tout perdu, y compris leur pays. Il ne restait plus rien de la Tunisie française de mon père, rien de la Vienne juive de ma mère. Personne avec qui parler le pataouète ou le yiddish. Pas même des morts dans un cimetière. Rien. Gommé de la carte, comme l’Atlantide. Ainsi avaient-ils uni leur solitude pour aller s’enraciner dans un espace interstitiel entre une autoroute et une forêt afin d’y bâtir la maison dans laquelle j’ai grandi, nommée pompeusement La Propriété. Un nom qui conférait à ce bout de terre sinistre le caractère inviolable et sacré du Droit ; une sorte de réassurance constitutionnelle qu’on ne les foutrait plus jamais dehors. Leur Israël.
Mes parents étaient des métèques, des rastaquouères, des étrangers. Raus. Une main devant, une main derrière. Comme tous ceux de leur espèce, ils n’avaient pas eu beaucoup le choix. Se précipiter sur n’importe quel argent, accepter n’importe quelles conditions de travail ou alors magouiller à outrance en s’appuyant sur une communauté de gens comme eux ; ils n’avaient pas réfléchi longtemps.

Petit bac 2018Gros mot (2)

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens – Becky Albertalli

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – juin 2018 – 5h51 – Lu par Gauthier Battoue

Hachette – avril 2015 – 320 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Tamae-Bouhon

Titre original : Simon vs. the Homo Sapiens Agenda, 2015

Quatrième de couverture :
Moi, c’est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d’Atlanta (traduisez : un trou paumé). J’ai deux soeurs, un chien et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oréos, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue.
Blue, c’est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. On se dit tout, sauf notre nom. Je le croise peut-être tous les jours dans le couloir, mais je ne sais pas qui c’est. En fait, ça me plaît bien : je ne suis pas du tout pressé d’annoncer à tout le monde que je suis gay. Personne n’est au courant, à part Blue… et maintenant cette fouine de Martin Addison, qui a lu mes e-mails et menace de tout révéler…
Un héros irrésistible, un style plein d’humour et une histoire d’amour captivante : voilà le roman inoubliable qui a inspiré le film Love, Simon. Lu par la voix française de Simon au cinéma.

Auteur : Becky Albertali est née dans la banlieue d’Atlanta. L’écriture et la lecture ont toujours été importantes pour elle. Elle suit des études de psychologie dans une université du Connecticut et passe un an en Écosse, à l’université de Saint Andrews. Elle déménage ensuite à Washington pour y passer son doctorat. Après avoir été psychologue, elle se consacre désormais à l’écriture.

Lecteur : Comédien depuis ses 16 ans, Gauthier Battoue a joué pour le théâtre (Chère Elena, mis en scène par Didier Long), la télévision et le cinéma (Bonne Pomme avec Gérard Depardieu). Il est le doubleur de Zach Efron, Ezra Miller et Dylan Minette (Clay dans la série).

Mon avis : (écouté en juillet 2018)
Simon vit dans une petite ville de banlieue d’Atlanta. Il a seize ans et se sait homosexuel depuis plusieurs années mais n’a encore jamais osé en parler avec ses amis ou sa famille. Une seule personne le sait : Blue. Blue est un garçon du lycée que Simon a rencontré sur le réseau social Tumblr. Tous deux s’échangent des mails où ils se racontent tout mais sans s’être donné leur vraie identité : ils sont l’un pour l’autre Jack et Blue.
Et voilà que Martin Addison, un camarade de classe, a lu les mails de Simon et le menace de tout révéler.
Simon est un garçon attachant et touchant.
 Le lecteur pris par l’histoire, cherche à reconnaître parmi les garçons du lycée qui pourrait bien être Blue et espère que Simon va pouvoir surmonter ses peurs et s’accepter tel qu’il est.
Le livre est construit avec le récit de Simon et en alternance les mails que s’échangent Blue et Jack (Simon). En audio, ce n’est pas toujours facile de suivre la lecture des mails, si on n’est pas spécialement attentif,  on perd vite le fil, surtout on ne sait plus qui écrit…

Une adaptation de ce livre a été faite au cinéma par le réalisateur Greg Berlanti, avec le film « Love, Simon » .
Merci Pauline et Audiolib pour m’avoir permis de découvrir cette histoire d’adolescents originale et touchante.

Extrait : (début du livre)
C’est une conversation étrangement subtile. Tout juste si je m’aperçois du chantage.
Nous sommes dans les coulisses, assis sur des chaises pliantes en métal, quand Martin Addison m’annonce :
— J’ai lu tes mails.
— Quoi ?
Je lève la tête.
— Tout à l’heure. À la bibliothèque. Sans le faire exprès, bien sûr.
— Tu as lu mes mails ?
— Disons que j’ai utilisé l’ordi juste après toi, et quand je suis allé sur Gmail, ton compte s’est ouvert. Tu aurais dû te déconnecter.
Je le dévisage, médusé.
— Pourquoi ce pseudo ? demande-t-il en martelant le pied de sa chaise.
Merde, excellente question. À quoi bon utiliser un pseudonyme si le premier clown venu perce à jour mon identité secrète ?
Il a dû me voir devant l’ordinateur, je suppose.
Et je suppose que je suis le roi des crétins.
C’est qu’il sourit, en plus.
— Enfin bref, ça t’intéressera sans doute de savoir que mon frère est gay.
— Euh, pas particulièrement.
Il me fixe. Je demande :
— Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?
— Rien. Écoute, Spier, ça ne me pose aucun problème, à moi. Disons que je m’en contrefiche.
Sauf que c’est quand même une petite catastrophe. Voire un foutu cataclysme, suivant la capacité de Martin à la fermer.
— C’est vraiment gênant, dit-il.
Je ne sais même pas quoi répondre.
— Enfin, reprend-il, tu n’as clairement pas envie que ça se sache.
Franchement… Je suppose que non. Même si le coming out ne me fait pas peur. Oui, bien sûr, plus gênant tu meurs, et on ne va pas se leurrer, je ne suis pas pressé d’y être. Mais ça ne sera pas la fin du monde. Pas pour moi.
Le problème, c’est que ça serait délicat pour Blue. Si jamais Martin venait à parler.
Martin Addison. Il fallait que ce soit lui qui se connecte à Gmail après moi ! Comprenez : jamais je n’aurais utilisé l’ordi de la bibliothèque si j’avais pu me connecter au Wi-Fi depuis mon portable. Or c’était un de ces jours où je n’avais pas la patience d’attendre d’être rentré pour lire mes messages. Je ne pouvais même pas attendre de sortir sur le parking pour consulter mon téléphone.
Parce que j’avais écrit à Blue depuis ma boîte secrète le matin même. Un mail plutôt important.
Je voulais simplement voir s’il m’avait répondu.
— Perso, je pense que tout le monde réagirait plutôt bien, poursuit Martin. Tu devrais être toi-même.
Que voulez-vous répondre à ça ? Un gamin hétéro, qui me connaît à peine et qui me conseille de sortir du placard. Je lève les yeux au ciel, obligé.
— Okay, enfin, comme tu voudras. Je garderai tout ça pour moi, dit-il.
L’espace d’une minute, je me sens bêtement soulagé. Avant de saisir.
— Garder quoi pour toi ?
Il rougit, triture l’ourlet de sa manche. Quelque chose dans son expression me tord l’estomac.
— Est-ce que… tu aurais fait une capture d’écran, par hasard ?
— Ben, dit-il, j’allais justement t’en parler.
— Minute – tu as fait une putain de capture d’écran ?

Petit bac 2018Animal (4)

Dust – Sonja Delzongle

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Lu en partenariat avec Folio

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Folio – avril 2016 – 560 pages

Denoël – avril 2015 – 528 pages

Quatrième de couverture :
Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

Auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

Mon avis : (lu en août 2018)
Hanah Baxter est une psycho-criminologue ou profileuse française, vivant à New-York. Elle est sollicitée par Collins, le chef de la Crim kenyane, pour une enquête sur laquelle son équipe bute depuis deux ans. Un mystérieux tueur en série assassine, en faisant disparaître les corps de ses victimes, il laisse seulement sur place une grande croix tracée avec du sang. Le tandem Hanah et Collins est vraiment sympathiques, ils se connaissaient déjà d’une enquête précédente. Le lecteur comprend vite que Collins a fait appel à Hanah également pour une autre enquête plus officieuse, concernant les disparitions et le massacre d’africains albinos…
La beauté des paysages contraste avec la cruauté des meurtres et le sordide des trafics, de certains rites et traditions. On découvre le Kenya sous toutes ses coutures : safaris pour touristes, bidonvilles, corruption, on ressent que Sonja Delzongle aime l’Afrique.
J’ai trouvé cette histoire un peu trop noire à mon goût même si les problématiques évoquées dans ce thriller sont malheureusement réelles.
Le style est direct, percutant comme son héroïne Hanah, femme originale et atypique que j’aurai envie de mieux connaître…

Merci Folio pour la découverte de cette auteure

Extrait :
Nairobi, 7 h 29
Le jeune Salim avait déjà vu du sang dans sa courte vie. À commencer par le sien, qui coulait d’une plaie après qu’il se fut entaillé un doigt ou écorché les genoux. Il savait même que les filles, à la puberté, en perdaient tous les mois et que c’était le signe qu’elles étaient devenues des femmes. Il en avait vu aussi à la télévision et dans la rue. Des images gluantes, le bitume ou la terre, rougis du sang versé lors de combats fratricides. Des crimes, des guerres sans fin.
Le sang était la vie et la mort.
Ce matin de juin, debout sur son vélocross, à évaluer les aspérités exploitables du sol à des fins acrobatiques, il fit une découverte singulière.

Sur le terrain vague des faubourgs de Nairobi où il avait l’habitude de se retrouver avec ses copains, un miroir pourpre réfléchissait les rayons du soleil naissant.

Il donna quelques coups de pédale et s’approcha, tel un animal curieux. La chose se révéla plus précisément. C’était la surface lisse et luisante d’une grande flaque de sang encore frais, dont l’odeur métallique avait dû alerter les deux hyènes qui venaient de s’enfuir, dérangées dans leur festin par le petit d’homme et sa monture.

Les charognards se risquaient rarement aux abords des villes. Mais le sang sur la terre desséchée avait attiré les animaux nécrophages à plusieurs kilomètres.

Salim regarda partout autour. Il manquait quelque chose à cette scène. Un corps, un cadavre. Le garçon émit un petit sifflement. Il avait dû être sacrément amoché, le type. Un homme, ou une femme. Peut-être un enfant. Salim grimaça.

Où était-il passé, le mort ? Enterré quelque part ? Dévoré ? Le plus étrange dans tout ça, c’était la forme de cette traînée de sang. Celle d’une croix.

Petit bac 2018Mot unique (5)

La Chambre des merveilles – Julien Sandrel

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – mai 2018 – 5h13 – Lu par Sophie Duez

Calmann-Levy – mars 2018 – 272 pages

Quatrième de couverture :
Bouleversant et drôle, le pari un peu fou d’une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves.
Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante
ans.

Auteur : Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France, est marié et père de deux enfants. Aujourd’hui il réalise son rêve d’enfant en publiant son premier roman, La Chambre des merveilles.

Lecteur : Après des études littéraires, Sophie Duez débute sa carrière au cinéma dans le film Marche à l’ombre de Michel Blanc. Elle alterne ensuite les tournages (Quai numéro 1) et le théâtre (Ruy BlasLes monologues du vagin). En 2002 elle devient sociétaire du Théâtre National de Nice : du théâtre classique au plus contemporain elle est dirigée notamment par Daniel Mesguich, Krzysztof Warlikowski, Daniel Benoin, Alfredo Arias ou encore Jérôme Savary, et fait ses premières mises en scène. Elle sera ensuite chargée de mission par la Ville de Nice sur de grands projets culturels et, depuis 2017, mène de front ses activités de comédienne et de conseil en ingénierie culturelle.

Mon avis : (écouté en juillet 2018)
Un très jolie titre pour cette histoire forte et émouvante. Thelma est une mère célibataire très occupée par son travail et par son fils Louis âgé de 12 ans. Ce matin de ce samedi 7 janvier, Louis voudrait confier à sa mère qu’il est amoureux pour la première fois, mais celle-ci est trop préoccupée par son travail… Déçu et furieux, il accélère sur son skate et descend la rue trop vite, il est 10 h 32  et c’est l’accident ! Louis se retrouve dans le coma et Thelma se sent coupable et impuissante face à son fils accidenté.
Quelques jour plus tard, alors que l’état de Louis ne s’améliore pas, Thelma trouve dans la chambre de son fils un petit carnet où Louis a dressé une liste des expériences qu’il voudrait vivre pendant sa vie.
Pour rester auprès de son fils et l’aider à se réveiller, Thelma décide de quitter son travail et de réaliser, par procuration, les rêves de son fils… Elle filmera ses exploits pour les diffuser dans la chambre d’hôpital n°405 qui va devenir « la chambre des merveilles ». C’est un récit à deux voix, car Louis intervient ponctuellement pour raconter ce qu’il ressent, il donne ainsi l’espoir qu’un jour il pourra se réveiller et cela confirme l’intuition de Thelma. Ainsi, même s’il ne réagit pas, il entend ce qui se passe autour de lui.
Un roman à la fois, triste, drôle, pleine d’espoir et d’amour. J’aime également beaucoup la couverture du livre !
La lectrice est très agréable à écouter. A découvrir !

Merci Pauline et Audiolib pour ce livre émouvant et fort.

Extrait : (début du livre)
— Louis, c’est l’heure ! Allez, je ne le répète plus, s’il te plaît lève-toi et habille-toi, on va être à la bourre, il est déjà 9 h 20.
C’est à peu près comme ça qu’a commencé ce qui allait devenir la pire journée de toute mon existence. Je ne le savais pas encore, mais il y aurait un avant et un après ce samedi 7 janvier 2017, 10 h 32. Pour toujours il y aurait cet avant, cette minute précédente que je désirerais figer pour l’éternité, ces sourires, ces bonheurs fugaces, ces photographies gravées à jamais dans les replis sombres de mon cerveau. Pour toujours il y aurait cet après, ces “ pourquoi ”, ces “ si seulement ”, ces larmes, ces cris, ce mascara hors de prix sur mes joues, ces sirènes hurlantes, ces regards remplis d’une compassion dégueulasse, ces soubresauts incontrôlables de mon abdomen refusant d’accepter. Tout ça, bien sûr, m’était alors inaccessible, un secret que seuls les dieux – s’il en existait, ce dont je doutais fort – pouvaient connaître. Que se disaient-elles alors, à 9 h 20, ces divinités ? Un de plus, un de moins, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Tu es sûr de toi ? Pas forcément, mais pourquoi pas ? C’est vrai après tout pourquoi pas, ça ne changera pas la face du monde. J’étais loin de tout ça, loin des dieux, loin de mon cœur. J’étais juste moi, à cet instant précis si proche du point de basculement, de rupture, de non-retour. J’étais moi, et je pestais contre Louis qui décidément ne faisait aucun effort.

Petit bac 2018Mot positif (5)

Les cosmonautes ne font que passer – Elitza Gueorguieva

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – juin 2018 – 192 pages

Verticales – août 2016 – 184 pages

Quatrième de couverture :
«Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont Fausses. Les Barbie, tu t’en fous, sauf que Constantza en a une vraie et ça te rend un peu furieuse. Constantza a un autre grand avantage : elle a une mère en Grèce alors que la tienne reste à la maison. De ce fait découlent quelques autres, de plus en plus déplaisants : a) elle peut voyager à l’étranger, b) elle a un éléphant doré et surtout c) une vraie Barbie. Une chose te rassure dans ces moments de tristes constats : à l’âge de sept ans, elle n’a aucun idéal précis ni aucune vocation noble comme toi. Iouri Gagarine, elle s’en fout, elle se contente de jouer avec sa vraie Barbie et son faux grand-père qui n’est même pas communiste.»

Auteur : Née à Sofia, en Bulgarie, en 1982, Elitza Gueorguieva vit depuis quinze ans à Paris où elle se consacre à des projets artistiques multiples entre le documentaire de création, l’écriture littéraire et les performances. Les cosmonautes ne font que passer est son premier roman.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Dans ce premier roman, Elitza Gueorguieva offre au lecteur, avec tendresse et humanité, une vision sans concession sur la fin du communisme bulgare.
A travers le regard naïf d’une petite fille de 7 ans,  le lecteur découvre la Bulgarie avant et après la chute du Mur de Berlin.
La petite fille est fière de son grand-père qui est un « communiste émérite », elle boit du Coop Cola. Elle rêve de devenir un jour cosmonaute comme Iouri Gagarine ou Valentina Tereshkova…
Et c’est la chute du Mur de Berlin et la petite fille découvre le Père Noël, le Coca Cola… Son grand-père reste plus que jamais communiste mais commence à perdre la tête, sa grand-mère emmène la petite fille à l’église orthodoxe et la fait baptiser… La Démocratie Bulgare perd son adjectif « populaire » et la petite fille devenue adolescente découvre Kurt Cobain et Nirvana sur MTV…
Ce petit roman est l’occasion de faire un voyage dans le temps en Bulgarie.
Le style est original car écrit à la deuxième personne du singulier.

Merci Julie et les éditions Folio pour m’avoir permis de découvrir ce livre original plein de charme et d’humour…

Extrait : (début du livre)
Vous êtes devant une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout, mais comme ta mère a l’air ému, tu comprends qu’on n’est pas là pour rigoler. Elle t’annonce que ça, c’est lui, c’est Iouri Gagarine et quand elle avait ton âge, il y a quelques siècles au moins, elle l’a personnellement vu planter des sapins, ici, dans l’allée de ce bâtiment : il s’agit de ta future école, et vous y êtes pour t’y inscrire, te dit ta mère en allumant sa dix-neuvième cigarette de la journée. Tu tournes la tête et tu constates que des enfants farouches de tout âge et de tout genre, collés à leur mère, d’énormes cartables sur le dos, marchent çà et là, dans l’immense cour d’école inondée par une lumière orange. Tu t’agrippes mécaniquement à ta mère et tu adoptes une expression menaçante au cas où quelqu’un oserait te regarder : tu ouvres grand tes narines, tu gonfles tes joues jusqu’à ce qu’elles deviennent complètement violettes, et tu remues tes oreilles dans le sens des aiguilles d’une montre. Ta mère poursuit ses explications, comme si de rien n’était : il est question à présent de la conquête spatiale. Tu n’es pas sûre de connaître ce dernier mot, et tu présumes qu’il s’agit de quelque chose de spécial, de glorieux, et de bien tout compte fait, et qui a un lien étroit avec la plantation des sapins mais comme tu ne sais pas encore lequel, tu préfères – afin d’éviter de te forger une représentation éloignée de la définition exacte du mot spatial – t’en tenir à ce que tes yeux voient à ce moment précis, c’est-à-dire une multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout.

Le malentendu se dissipe une heure plus tard lorsqu’une fois sortie de la cour tu te retournes et tu aperçois la même image de loin : la multitude de petits cailloux brillants de toutes les couleurs ne ressemblant à rien du tout est dotée d’une forme, et représente ce que ta mère appelle une mosaïque, un peu comme dans votre salle de bains mais pas exactement la même ; celle de la salle de bains ressemble à une omelette de particules vertes, grises, noires, sans prétention figurative – ici se joue autre chose : un homme, jeune, beau, bon et courageux, la bouche entrouverte, les yeux levés vers l’horizon, sur un fond entièrement noir, mais rouge et jaune aussi, au style fantastique dans l’ensemble mais réaliste dans les détails. En fait, c’est Iouri Gagarine en plein milieu d’une conquête spéciale. Tu voudrais t’arrêter et le contempler encore un peu, mais il est trop tard et ça suffit, te dit ta mère.

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A l’occasion des 20 ans de la collection Folio POLICIER,
20 titres de ces dernières années sont proposés à prix réduits

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Je viens de commencer le titre « Dust » de Sonja Delzongle, je vous en parlerai plus tard.

Visitons les phares de France – Clémentine Le Moigne

Lu en partenariat avec Babelio et Locus Solus éditions

CVT_Visitons-les-Phares-de-France_6462 Locus Solus éditions – juin 2018 – 128 pages

Quatrième de couverture :
Les joyaux du patrimoine maritime.
Une cinquantaine de phares sont visitables en France, offrant le plus souvent la montée à la tour et la vue imprenable, mais aussi un voyage dans la glorieuse histoire de la signalisation maritime.
Ils s’égrènent le long du littoral de l’Hexagone et en Outre-Mer. S’ils sont l’héritage d’un service public national, ils n’en affichent pas moins des contours qui donnent à chacun son identité.
Après un aperçu général des Phares et Balises et des précisions techniques, entrez dans ces sites uniques, de la maison du gardien jusqu’à la lentille de Fresnel, tout là-haut, après quelques dizaines (voire centaines) de marches !
Laissez-vous gagner par la beauté des sentinelles de la mer.

Auteur : Clémentine Le Moigne est depuis 2009 chargée du patrimoine culturel immatériel à la Fédération Régionale pour la Culture et le Patrimoine Maritime (FRCPM Bretagne). Ethnologue de formation, c’est une passionnée du patrimoine maritime qui œuvre à la sauvegarde et sa mise en valeur.

Photographe : Alain Roupie est photographe professionnel depuis une vingtaine d’années. Dans la lanterne d’un phare ou sur un navire, il sait saisir la beauté des paysages, le geste du professionnel ou un détail insolite. Amoureux de la Bretagne et de l’île de Groix où il a posé son sac, il expose dans son atelier Pixels de mer à Port-Tudy.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Depuis très longtemps, je suis fascinée par les phares. Chacun a son histoire, lors de sa construction, mais également lors de son exploitation, ses gardiens (seulement de passage depuis l’automatisation), ses bateaux sauvés ou échoués… chacun a ses caractéristiques, couleurs, nombre d’éclats ou fixe…
Architecturalement, tous les phares sont différents, il faut bien que les marins puissent les distinguer facilement pour se repérer…
Dans ce guide très complet sont recensés les phares de France (essentiellement en Métropole, il y a également deux phares ultramarins) que l’on peut visiter.
Une longue introduction présente la mission des phares, le service des Phares et Balises, un peu d’histoire, l’évolution technologique, le classement des phares selon leur portée et leur type d’éclairage…
Puis on passe en revue 47 phares, bateau-feu, feux et maisons-phares de France du nord au sud depuis Dunkerque jusqu’à Sartène en Corse, sans oublier le phare Amédée en Nouvelle-Calédonie et le phare de Bel-Air à La Réunion pour l’Outre-Mer. Pour chacun, une double page où l’on trouve sa localisation, un peu d’histoire sur le phare, des photos, une carte d’identité (date de construction, de mise en service, la hauteur, l’élévation (càd la hauteur au-dessus de la mer), la portée, la signature lumineuse, le type d’optique, la date d’automatisation et s’il est classé), les coordonnées géographiques, le site internet et numéro de téléphone où l’on pourra trouver les informations plus précises pour notre visite et une description succinct de ce qu’il y a à voir lors de la visite.
Et pour conclure, quelques pages avec la recette « du far au four du phare du Four », deux jeux de reconnaissance autour de l’architecture des phares ou des superlatifs et un lexique avec des mots du vocabulaire maritime.

Merci à Babelio et Locus Solus éditions , petite maison d’éditions bretonne, pour ce guide qui donne vraiment envie de faire une tour de France des phares !

 

Extrait :

couv2(c) Didier Grimberg : le phare de Biarritz

couv1(c) CRT Bretagne, Donatienne Guillaudeau : le phare d’Eckmühl
(c) Alain Roupie : la lanterne du phare de Cordouan, l’escalier du phare de la Coubre

Le bruit des choses qui commencent – Evita Greco

Lu en partenariat avec Albin Michel

51fvJqBmR7L Albin Michel – mai 2018 – 368 pages

traduit de l’italien par Marie Causse

Titre original : Il rumore delle cose che iniziano, 2016

Quatrième de couverture :
Lorsque Ada était petite, sa grand-mère avait inventé un jeu : il suffisait à la fillette de tendre l’oreille. Une tasse de café, des rires d’enfants, un oiseau… Le bruit des choses qui commencent, c’est une belle musique pour oublier les moments tristes.
Ada y pense souvent depuis que Teresa sa grand-mère, est malade. Dans les couloirs de l’hôpital, étreinte par l’angoisse et le sentiment d’abandon, la jeune femme guette cette petite musique. Et quand elle entend pour la première fois la voix débordante d’optimisme de Matteo, ou le rire de Giulia, une infirmière pleine de bienveillance, elle se dit que Teresa avait raison : chaque fois qu’une chose finit, une autre naît…
La ton, tout en douceur et en délicatesse, d’Evita Greco évoque, à travers le personnage de Ada, les étapes fondatrices de la vie. Un premier roman bouleversant qui transmet un grand feu de vie.

Auteur : Evita Greco a été sauveteur, caissière de supermarché, guide touristique et secrétaire avant de prendre la plume. Le bruit des choses qui commencent est son premier roman.

Mon avis : (lu en juin 2018)
Voilà une très belle histoire pleine de poésie et de douceur. J’ai choisi ce livre, pour son auteure italienne et pour son titre à la fois énigmatique et plein de promesse. Theresa invite Ada sa petite-fille à prendre le temps d’écouter le bruit des « premières fois », c’est une façon de la détourner de ses peurs, de ses moments de tristesse.
Ada, a été abandonnée toute petite par sa mère, et a été élevée par sa grand-mère Teresa.
Teresa est maintenant âgée est très malade et elle est hospitalisée. Ada passe donc beaucoup de temps à l’hôpital pour rester auprès d’elle. Toutes deux font la connaissance de Giulia, une infirmière attentive et bienveillante qui s’occupe bien de Teresa et qui remonte le moral d’Ada qui comprend que sa grand-mère va bientôt mourir…
Dans les couloirs de l’hôpital, Ada fait la connaissance de Matteo, visiteur médical, dont elle tombe amoureuse…
Je n’en raconterai pas plus pour vous laisser découvrir par vous même cette histoire pleine de tendresse et de sensibilité où il est question de vie, d’amour, de relations humaines…

Merci Claire et Albin Michel pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Il y a des bruits qui méritent qu’on s’y attarde, pense Ada : celui de l’orchestre quand les instruments s’accordent, juste avant le début d’un concert. Celui des feuilles lorsque le vent se lève. Des tasses que l’on pose sur le percolateur à la cafétéria.
Quand elles commencent, certaines choses ont une petite musique à elles. Ada s’arrête pour l’écouter.
C’est Teresa, sa grand-mère, qui lui a appris à reconnaître l’étonnement des débuts.
Ada avait trois ans quand sa mère avait décrété que son rôle ne l’intéressait pas. Un soir, elle l’avait mise au lit chez sa grand-mère. Le lendemain matin, elle était partie en disant qu’elle avait autre chose à faire. Et elle n’avait plus jamais donné signe de vie. Ada aurait préféré qu’il y ait une excuse plus sérieuse. Faute de quoi, elle avait fini par penser qu’elle n’était pas une petite fille qui valait la peine qu’on prenne du temps pour elle. Sa grand-mère avait beau lui répéter qu’elle était la prunelle de ses yeux, Ada avait continué à craindre qu’elle ne l’abandonne, elle aussi.

Un soir, elle demanda à Teresa si c’était la dernière fois qu’elle la mettait au lit. La vieille dame répondit que non, certainement pas, et pourtant, le lendemain matin, Ada lui demanda si c’était la dernière fois qu’elles prenaient le petit-déjeuner ensemble. Sa grand-mère lui répéta que non, certainement pas. Elle ne se lassait jamais de la rassurer.
Les choses se corsèrent quand le matin Ada refusa d’aller à l’école : et si c’était là, devant le portail de la maternelle, qu’elle voyait sa grand-mère pour la dernière fois ?
Teresa la réveillait puis l’aidait à s’habiller. Elle préparait son petit-déjeuner et lui mettait la blouse où elle avait brodé son prénom – et une petite abeille, car l’enfant adorait les abeilles ; elle lui avait cousu des yeux bleus « grands comme les tiens ». Malgré tous ses efforts, le résultat n’était pas aussi parfait qu’elle l’avait espéré : l’abeille avait un œil à demi fermé et ses pattes étaient trop longues ; en fait, elle n’était pas très jolie.
Pendant les préparatifs, Ada ne pleurait pas, ne protestait pas. Mais dès qu’elles partaient pour l’école, elle commençait à avoir mal partout. Une fois, c’était au ventre, une autre fois aux côtes, dont Ada croyait, de toute façon, qu’elles faisaient partie du ventre. Parfois, elle avait envie de vomir. Alors, elle disait à sa grand-mère qu’elle avait envie de vormir et sa grand-mère n’insistait pas. Dès que ces douleurs la prenaient, Teresa ramenait la petite fille à la maison.

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Hunter – Roy Braverman

Lu en partenariat avec Babelio et Hugo & Cie

CVT_Hunter_3805 Hugo & Cie – mai 2018 – 352 pages

Quatrième de couverture :
Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?
Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues. Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Auteur : Plus connu sous le pseudo Ian Manook, Roy Braverman est l’auteur de la série à succès Yeruldelgger. Le premier opus de la série a été récompensé en 2014 par : le Prix des lectrices Elle, le Prix SNCF du Polar et le Prix Quais du Polar. Hunter est le premier titre d’une nouvelle série de trois sous le pseudo Roy Braverman.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Roy Braverman, alias Ian Manook, alias Patrick Manoukian (son vrai nom) a écrit ce thriller comme un film ! C’est le premier d’une trilogie, celui-ci se passe dans les Appalaches, le numéro 2 se passera en Alaska et le dernier en Louisiane. Il nous explique l’origine de son nouveau pseudo dans la préface de ce livre…
A Pilgrim’s Rest, petite ville isolée des Appalaches, plusieurs couples ont été victimes d’un tueur en série. Les hommes ont été retrouvés assassinés et les femmes ont disparu sans laisser de traces. Hunter a été condamné à mort pour ces crimes et après douze années de prison, il s’évade. Freeman, ancien policier et père de l’une des victimes, s’est lancé à ses trousses, obsédé par l’affaire et ayant étudié les différents crimes et son auteur, il sait que ce dernier va retourner sur les lieux de ses crimes et il compte bien le faire avouer où il a caché ses victimes féminines…
L’intrigue est posée mais bien sûr elle sera bien plus complexe que cela et des rebondissements inattendus vont se succéder avec beaucoup de rythme…
L’écriture est très cinématographique et lors de la première rencontre entre Freeman et Hunter, il s’en suit une scène cataclysmique, inoubliable pour le lecteur…
C’est un vrai roman noir, dans le ton, dans les thèmes abordés et heureusement l’auteur n’a pas oublié quelques touches d’humour pour permettre au lecteur de souffler un peu dans toute cette noirceur.
L’auteur prend beaucoup de soins à décrire la psychologie de chacun de ses personnages, le lecteur ne peut donc pas être indifférent, certains le touchent, il en déteste d’autres, il a très envie de connaître leur sort…
J’ai regretté que dans cette histoire l’environnement et la nature soient moins présents que dans la série Yeruldelgger…

Extrait : (début du livre)
Leur putain de mère s’est tirée. Leur putain de mère à tous les deux. Un père et un nom pour lui, un autre père et un autre nom pour son frère. Tous les deux de passage, les pères. Un à seize ans, l’autre à dix-huit ans, et à vingt et un ans elle se tire avec un courtier de New York en vacances qui abandonne femme et mômes dans son chalet de location pour le petit cul de leur maman moulé dans un short en vichy rose trop court. Ce fumier d’assureur leur a piqué le peu de mère qu’ils avaient encore avec ses taloches à tout va, ses repas de conserves, ses coucheries hurlantes et ses gueules de bois à la semaine. Elle se laissait prendre devant eux, tous les deux debout au garde-à-vous au pied du lit quand ses amants tordus l’exigeaient, en la baffant à grands revers de chevalières. Il sent encore la main de son frère serrer la sienne jusqu’à s’en blanchir les articulations, pour qu’il arrête de pleurer et ne se prenne pas la gifle de trop qu’il ne pourrait pas encaisser dans sa petite gueule de simplet. Et quand ces types en rut étaient partis, elle les attrapait et les serrait fort contre elle, contre son corps nu et chaud sur le lit défait, encore tout visqueux de tous ces cons.
Il enfouit son visage dans ses poings blanchis par la rage et se frappe le front pour chasser le goût amer de la peau de sa maman, quand il chialait dessus en reniflant. La sensation du grain de ses tétons marron encore bandés dans la paume de sa petite main de môme. L’odeur aigre de son sexe ouvert comme une blessure. Sa maman, sa petite maman ! Il s’en veut d’en bander encore quand il y repense. Il s’en frappe la tête tous les soirs à cinquante ans passés. Il se donne des coups comme ceux qu’elle prenait quand ces types s’énervaient contre elle, avec leurs braquemarts bringuebalant dans la bagarre. Comme des armes dont ils réussissaient toujours à la pénétrer. À la clouer quelque part. Dans des rugissements qui finissaient en borborygmes. C’est là qu’il avait appris que l’amour se donne et se prend dans les pleurs et la douleur. Dans la haine, dans la hargne, dans les coups. Dans ces hurlements injurieux qui se terminaient toujours en supplique. Et soudain Lyvia, la petite Lily, leur petite maman, jeune comme une grande sœur, finissait debout, pantelante, écartelée, transpercée, clouée au mur par le sexe de ces gros dégueulasses. Comme morte, les pieds à trente centimètres du sol.

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