L’homme qui savait la langue des serpents – Andrus Kivirähk

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Audiolib – juillet 2019 – 13h57 – Lu par Emmanuel Dekoninck

Le Tripode – mai 2015 – 480 pages

traduit de l’estonien par Jean-Pierre Minaudier

Titre original : Mees, kes teadis ussisõnu, 2007

Quatrième de couverture :
Voici l’histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu’il aimait tant, d’une jeune fille qui croyait en l’amour, d’un sage qui ne l’était pas tant que ça, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu épouvantés par tout ce qui précède.
Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas scandinaves, L’Homme qui savait la langue des serpents révèle l’humour et l’imagination franchement délirante d’Andrus Kivirähk. Le roman retrace dans une époque médiévale réinventée la vie peu banale d’un jeune homme qui, vivant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l’emporter.

Auteur : Andrus Kivirähk est un écrivain estonien né en 1970 à Tallinn. Véritable phénomène littéraire dans son pays, romancier, journaliste et essayiste, il est l’auteur d’une oeuvre déjà importante qui suscite l’enthousiasme tant de la critique que d’un très large public, qui raffole de ses histoires. Andrus Kivirähk écrit des romans et des nouvelles, des pièces de théâtre, des textes et des scénarios de films d’animation pour enfants.

Lecteur : Interprète de théâtre de grand talent, apprécié à Bruxelles et à Paris, metteur en scène et également compositeur, Emmanuel Dekoninck vit en Belgique.

Mon avis : (écouté en février 2020)
Je ne savais pas à quoi m’attendre avant de commencer cette lecture et je n’ai pas été déçue… C’est un ovni littéraire qui mélange histoire, mythologie, fantastique, quête initiatique, saga familiale et histoire d’amour…
Ce roman se situe dans une Estonie imaginaire à une époque inspirée du Moyen Âge, lors de la colonisation de terres du nord de l’Europe par les Chevaliers Teutoniques, sous couvert de croisade.
Le jeune Leemet vit avec sa famille et sa tribu dans une immense forêt. Ils sont les derniers témoins d’une civilisation et d’une culture qui vont disparaître… La principale caractéristique est la maîtrise de la langue des serpents, une langue magique qui permet de se faire comprendre des serpents et de se faire obéir de la plupart des animaux. En forêt, la vie est paisible, il est facile chasser le gibier. Les hommes élèvent des louves dans leurs étables, pour les traire et boire leur lait. Les ours comme les serpents sont amis des hommes.
Avec l’arrivée des «hommes de fer», peu à peu les gens quittent la forêt pour s’installer dans le village situé proche de là. Ils découvrent l’agriculture, le christianisme, abandonnent leur prénom pour un prénom chrétien, se nourrissent de pain plutôt que de gibier… Peu à peu, ils oublient leurs origines et également la langue des serpents.
Ce récit offre à réfléchir sur la notion d’identité, et aborde également des thèmes d’actualité, comme l’évolution des civilisations, la place de la religion et les dangers de l’extrémisme.
Tout cela semble très sérieux mais détrompez-vous, l’humour est bien présent avec une galerie de personnages hauts en couleur, aussi surprenants qu’attachants, qu’Andrus Kivirähk propose au lecteur. Du serpent royal Ints, à la Maman de Leemet qui régalent ses enfants d’œufs de chouette et de ragoût d’élan, en passant par des ours particulièrement dragueurs et amateurs de femmes ou Ülgas, le Sage du Bois Sacré, extrémisme religieux qui tyrannisent les gens au nom des esprits de la forêt que personne n’a jamais vus ou Pirre et Rääk, deux anthropopithèques qui refusent tout progrès et qui élèvent et dressent des poux, et sans oublier la Salamandre, l’animal protecteur de la forêt, qui vole dans le ciel mais qui n’a pas été vue depuis longtemps…
J’ai eu un peu de mal entrer dans ce livre, les nombreux personnages mélange d’animaux et d’humains aux noms difficiles à retenir… Je ne suis pas non plus une habituée de littérature de l’imaginaire…
Après l’écoute d’une dizaine de chapitres, j’ai sauté jusqu’à la post-face du traducteur (dernière plage audio) ce qui m’a permis de mieux comprendre ce roman et ses références estoniennes. Ensuite, j’ai repris la lecture depuis le début, sans aucune difficulté et j’ai même bien apprécié cette histoire pleine de surprises, de rebondissements et d’enseignements…
Bravo au lecteur, Emmanuel Dekoninck, toujours très expressif et posé que j’avais déjà beaucoup apprécié dans la série Millenium.

 

Extrait : (début du livre)
Il n’y a plus personne dans la forêt. Sauf des scarabées et autres petites bestioles, bien entendu. Eux, c’est comme si rien ne leur faisait de l’effet, ils persistent à bourdonner ou à striduler comme avant. Ils volent, ils mordent, ils sucent le sang, ils me grimpent toujours aussi absurdement sur la jambe quand je me trouve sur leur chemin, ils courent dans tous les sens jusqu’à ce que je les fasse tomber par terre ou que je les écrase. Leur monde est toujours le même — mais même cela, il n’y en a plus pour longtemps. Leur heure viendra ! Bien sûr, je ne serai plus là pour le voir, nul ne sera plus là. Mais leur heure viendra, j’en suis sûr et certain.
À vrai dire, je ne sors plus très souvent, je fais surface une fois par semaine peut-être, pour aller prendre de l’eau à la source. Je me lave et je lave ma protégée, elle est toute
chaude. Il faut beaucoup d’eau, plusieurs allées et venues ; mais il est bien rare qu’en chemin je rencontre quelqu’un avec qui échanger quelques mots. La plupart du temps il
n’y a pas âme qui vive, une ou deux fois je suis tombé sur un chevreuil ou sur un sanglier ; mais ils se sont faits froussards, ils me craignent rien qu’à l’odeur. Quand je siffle, ils se
figent sur place, ils me fixent d’un air borné, les yeux ronds, sans s’approcher. En voilà un prodige : un homme qui sait la langue des serpents ! Cela les effraye encore plus : ils sauteraient volontiers tête première dans les fourrés, ils prendraient leurs pattes à leur cou pour mettre toute la distance possible entre eux et cette monstruosité — mais pas moyen : les mots, les mots des serpents, les en empêchent. Je siffle encore, plus fort ; sévèrement, je leur ordonne de venir auprès de moi. Ils brament désespérément, ils se traînent vers moi à contrecœur. Je pourrais prendre pitié d’eux et les laisser s’en aller, mais à quoi bon ? Il y a en moi une étrange colère envers ces créatures qui ont tout oublié des anciennes coutumes et bondissent dans les sous-bois comme si, de toute éternité, ceux-ci n’avaient été créés que pour qu’elles s’y ébattent librement. Alors je siffle encore, et cette fois les mots que je siffle sont comme une fondrière dont il est impossible de s’extraire. Perdant toute volonté, les bêtes se ruent sur moi comme des flèches tandis que leurs entrailles explosent sous l’effet de cette tension insupportable. Les ventres se déchirent comme des pantalons trop serrés et les intestins se répandent sur l’herbe. C’est un spectacle répugnant, et je n’en ai guère de joie, mais jamais je ne m’abstiens d’éprouver mon pouvoir.
Est-ce ma faute si ces brutes ne savent plus la langue des serpents que mes ancêtres leur ont enseignée jadis ?

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Estonie

Petit bac 2020a
(2) Animal

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Prix Audiolib : un nouveau livre audio est arrivé !

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Nouvel Audiolib de la sélection 2020 est arrivé dans ma boîte aux lettres !

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Dans la forêt – Jean Hegland (10h02)
Né d’aucune femme – Franck Bouysse
(9h09)
Ici n’est plus ici – Tommy Orange
(8h44)
Miroir de nos peines – Pierre Lemaitre
(14h01)
L’homme qui savait la langue des serpents – Andrus Kiviräkh
(13h57)
Le Bal des folles  Victoria Mas (6h45)

 

C’est parti !

 

Miroir de nos peines – Pierre Lemaitre

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Audiolib – janvier 2020 – 14h01 – Lu par l’auteur

Albin Michel – janvier 2020 – 544 pages

Quatrième de couverture :
Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire, où la France tout entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.
Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances. Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique… Le talent de Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, est à son sommet dans ce dernier volet de la trilogie Les Enfants du désastre.
Une fois encore, Pierre Lemaitre donne par sa voix vie à ses personnages, avec un talent qui lui a valu déjà deux Coups de Cœur de l’Académie Charles Cros.

Auteur : De Travail soigné à Sacrifices, ses cinq romans noirs couronnés par de nombreux prix ont valu à Pierre Lemaitre un succès critique et public exceptionnel. Avec Au revoir là-haut, Prix Goncourt 2013, Couleurs de l’incendie, et Trois jours et une vie, il continue une oeuvre littéraire qui confirme un grand écrivain. Il maîtrise l’art de construire des intrigues tenues par d’invisibles fils et des retournements spectaculaires.

Mon avis : (lu et écouté en janvier 2020)
Après  « Au revoir là-haut » puis « Couleurs de l’incendie » voici la fin de cette trilogie romanesque et humaniste « Les enfants du désastre » qui couvre la période de l’entre-deux-guerres.
Dans le premier épisode, Louise Belmont avait onze ans. Nous la retrouvons vingt ans plus tard, elle devenue institutrice et occasionnellement, elle est serveuse dans le restaurant de Mr Jules.
Dans cette France du printemps 1940 qui passe en quelques jours de la Drôle de guerre à la panique de la débâcle face à l’armée allemande, le lecteur découvre les aventures de femmes et d’hommes ordinaires comme Louise, attachante et courageuse,  mais aussi de Raoul et Gabriel, deux soldats intrépides et débrouillards, et bien sûr Désiré, usurpateur de génie, jamais à court d’idées… Une galerie de personnages courageux ou lâches, salauds ou héros qui se trouvent entraînés malgré eux dans des évènements qui les dépassent… Une fresque réjouissante, pleine de rebondissements, qui fait passer le lecteur du rire au larmes, de l’émotion à la colère.
Il est question de fake news, de secrets de famille et d’autres surprises…
La lecture faite par Pierre Lemaitre est vraiment savoureuse, l’auditeur sent l’auteur jubiler à chaque instant et c’est vraiment jouissif. J’ai trouvé Pierre Lemaitre beaucoup plus expressif que dans « Au revoir là-haut » version audio.
Et je n’oublie pas en bonus, l’entretien avec l’auteur qui complète parfaitement cette lecture que j’ai beaucoup aimé.

Extrait : (début du livre)
Ceux qui pensaient que la guerre commencerait bientôt s’étaient lassés depuis longtemps, M. Jules le premier. Plus de six mois après la mobilisation générale, le patron de La Petite Bohème, découragé, avait cessé d’y croire. À longueur de service, Louise l’avait même entendu professer qu’en réalité « cette guerre, personne n’y avait jamais vraiment cru ». Selon lui, ce conflit n’était rien d’autre qu’une immense tractation diplomatique à l’échelle de l’Europe, avec des discours patriotiques spectaculaires, des annonces tonitruantes, une gigantesque partie d’échecs dans laquelle la mobilisation générale n’avait été qu’un effet de manches supplémentaire. Il y avait bien eu quelques morts ici et là – « Davantage, sans doute, qu’on ne nous le dit ! » –, cette agitation dans la Sarre, en septembre, qui avait coûté la vie à deux ou trois cents bonshommes, mais enfin, « c’est pas ça, une guerre ! » disait-il en passant la tête par la porte de la cuisine. Les masques à gaz reçus à l’automne, qu’on oubliait aujourd’hui sur le coin du buffet, étaient devenus des sujets de dérision dans les dessins humoristiques. On descendait aux abris avec fatalisme, comme pour satisfaire à un rituel assez stérile, c’étaient des alertes sans avions, une guerre sans combats qui traînait en longueur. La seule chose tangible était l’ennemi, toujours le même, celui avec qui on se promettait de s’étriper pour la troisième fois en un demi-siècle, mais qui ne semblait pas disposé, lui non plus, à se jeter à corps perdu dans la bagarre. Au point que l’état-major, au printemps, avait permis aux soldats du front… (là, M. Jules passait son torchon dans l’autre main et pointait son index vers le ciel pour souligner l’énormité de la situation)… de cultiver des jardins potagers ! « Je te jure… », soupirait-il.
Aussi, l’ouverture effective des hostilités, bien qu’elle eût lieu dans le nord de l’Europe, trop loin à son goût, lui avait-elle redonné du cœur à l’ouvrage. Il clamait à qui voulait l’entendre, « avec la pile que les Alliés sont en train de mettre à Hitler du côté de Narvik, ça ne va pas durer longtemps », et comme il estimait que cette affaire était close, il pouvait se concentrer de nouveau sur ses sujets favoris de mécontentement : l’inflation, la censure des quotidiens, les jours sans apéritif, la planque des affectés spéciaux, l’autoritarisme des chefs d’îlot (et principalement de cette baderne de Froberville), les horaires du couvre-feu, le prix du charbon, rien ne trouvait grâce à ses yeux, à l’exception de la stratégie du général Gamelin qu’il jugeait imparable.
– S’ils viennent, ce sera par la Belgique, c’est prévu. Et là, je peux vous dire qu’on les attend !
Louise, qui portait des assiettes de poireaux vinaigrette et de pieds paquets, aperçut la moue dubitative d’un consommateur qui murmurait :
– Prévu, prévu…
– M’enfin ! hurla M. Jules en revenant vers le zinc. Par où tu veux qu’ils arrivent ?
D’une main, il rassembla les présentoirs d’œufs durs.
– Là, t’as les Ardennes : infranchissables !
Avec son torchon humide, il traça un grand arc de cercle.
– Là, t’as la ligne Maginot : infranchissable ! Alors, d’où tu veux qu’ils viennent ? Reste que la Belgique !
Sa démonstration achevée, il se replia vers la cuisine en bougonnant.
– Pas nécessaire d’être général pour comprendre ça, merde alors…
Louise n’écouta pas la suite de la conversation parce que son souci, ça n’était pas les gesticulations stratégiques de M. Jules, mais le docteur.

Petit bac 2020a
(2) Objet

Prix Audiolib : les cinq premiers livres audios sont arrivés !

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Quelques jours après après avoir découvert la liste de présélection, je viens de recevoir
les trois premiers livres audio sélectionnés pour le Prix Audiolib 2020

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Dans la forêt – Jean Hegland (10h02)
Né d’aucune femme – Franck Bouysse
(9h09)
Ici n’est plus ici – Tommy Orange
(8h44)
Miroir de nos peines – Pierre Lemaitre
(14h01)
L’homme qui savait la langue des serpents – Andrus Kiviräkh
(13h57)

C’est parti !

 

La Présélection Audiolib 2020

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Hier soir, j’ai eu la très bonne surprise d’apprendre que
j’étais sélectionnée pour le jury Prix Audiolib 2020 !

et de découvrir,

la liste des titres sélectionnés pour le Prix Audiolib 2020 !

Sélection Prix Audiolib 2020 avec couvertures_visuel réseaux sociaux

  • Beloved de Toni Morrison lu par Anne Alvaro
  • Dans la forêt de Jean Hegland lu par Maia Baran
  • Girl d’Edna O’Brien lu par Claire Cahen
  • Ici n’est plus ici de Tommy Orange lu par Sylvain Agaësse, Benjamin Jungers et Audrey Sourdive
  • L’homme qui savait la langue des serpents d’Andrus Kiviräkh lu par Emmanuel Dekoninck
  • Le Bal des folles de Victoria Mas lu par Audrey Sourdive
  • La Femme révélée de Gaëlle Nohant lu par Claudia Poulsen
  • Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre lu par l’auteur
  • Né d’aucune femme de Franck Bouysse lu par Cachou Kirsch et Simon Duprez
  • Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz lu par Dominique Pinon

@@@

J’ai déjà lu audio 2 livres de la sélections, Dans la forêt et Né d’aucune femme, je suis en train de lire papier Miroir de nos peines, le Café Lecture de la Bibliothèque m’a donné envie de lire Le Bal des folles, j’avais noté sur ma LAL Beloved, Girl, La Femme révélée et Ici n’est plus ici… Jean Echenoz est un auteur que j’aime lire et c’est l’inconnu total pour L’homme qui savait la langue des serpents, l’auteur étant Estonien, ce sera parfait pour mon challenge européen Challenge Voisins Voisines 2020

Voilà de belles lectures en prévision !
Reste maintenant à attendre l’arrivée dans ma boîte aux lettres des premiers livres-audio…

Sélection des 5 finalistes Prix Audiolib 2019

Voilà la sélection des 5 finalistes du Prix Audiolib 2019
choisis par le jury de blogueurs

5finalistes2019
(les finalistes sont affichés sans ordre, ils ne sont pas classés)

J’ai dans mon classement 4 livres finalistes sur 5, le manquant étant n°6…

Rappel de mon classement :

9782367627632-001-t 9782367628363-001-t 9782367626789-001-t 9782367628424-001-t 9782367628516-001-T

1 – My Absolute Darling – Gabriel Tallent
( 2 – Un Gentleman à Moscou – Amor Towles )
3 – La Daronne – Hannelore Cayre
4 – Avec toutes mes sympathies – Olivia de Lamberterie
5 – Frère d’âme – David Diop

6 – Martin Eden – Jack London

Vous êtes invités à choisir votre favori
et à voter pour celui que vous préférez  ! 

(du 13 juin au 23 août 2019)

Visuel appels aux votes_FB

(en cliquant sur le logo)

Mon classement des dix livres Audiolib 2019

logo prix audiolib 2019

Après l’écoute des 10 livres audio sélectionnés depuis mi-février,
il est l’heure de donner son classement.
Voici le mien :

1

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My Absolute Darling – Gabriel Tallent

2

9782367628363-001-tUn Gentleman à Moscou – Amor Towles

3

9782367626789-001-t
La Daronne – Hannelore Cayre

4

9782367628424-001-t
Avec toutes mes sympathies – Olivia de Lamberterie

5

9782367628516-001-T
Frère d’âme – David Diop

6 MartinEdenMartin Eden – Jack London

7 9782367628301-001-tFief – David Lopez

8 9782367628318-001-t
L’Art de la joie – Goliarda Sapienza

99782367628257-001-tLa Toile du monde – Antonin Varenne

10 9782367628400-001-TÇa raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

Prochaine étape : 13 JUIN 2019

Pour découvrir la Sélection Finale des Blogueurs de 5 Audiolib

Vous pourrez alors voter pour votre préféré !

L’Art de la joie – Goliarda Sapienza

logo prix audiolib 2019

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Audiolib – février 2019 – 23h10 – Lu par Valérie Muzzi

Le Tripode – octobre 2016 – 800 pages

traduit Nathalie Castagné

Titre original : L’Arte della gioia, 1998

Quatrième de couverture :
« Comment pouvais-je le savoir si la vie ne me le disait pas ? Comment pouvais-je savoir que le bonheur le plus grand était caché dans les années apparemment les plus sombres de mon existence ? S’abandonner à la vie sans peur, toujours… Et maintenant encore, entre sifflements de trains et portes claquées, la vie m’appelle et je dois y aller. »
L’Art de la joie est le roman d’une vie, celle de Modesta. Née le 1er janvier 1900 dans une famille miséreuse de Sicile, farouche et insoumise, la jeune femme nous entraîne sur le chemin d’une liberté qui gagne irrésistiblement le lecteur.
L’édition définitive de ce texte, devenu un classique de la littérature italienne, a été établie par Angelo Maria Pellegrino, qui fut le dernier compagnon de l’autrice et sauva ce roman culte de l’oubli.

Auteur : Goliarda Sapienza (1924-1996) est née à Catane (Sicile) dans une famille anarcho-socialiste. Elle connaît le succès au théâtre avant de se consacrer à l’écriture. Son œuvre flamboyante laisse les éditeurs italiens perplexes. Elle meurt dans l’anonymat en 1996. Elle sera reconnue grâce notamment, en 2005, à la traduction en France de L’Art de la joie. Les Éditions Le Tripode entreprennent la publication de ses œuvres complètes.

Lecteur : Diplômée de l’Insas et de la section cinéma de l’université de Bruxelles, Valérie Muzzi partage son temps entre les studios, les tournages, l’écriture et la réalisation.

Mon avis : (écouté partiellement en mai 2019)
Je n’ai pas réussi à terminer dans les temps ce dernier livre audio de la sélection du Prix Audiolib 2019. J’ai sous-estimé la durée du livre audio et mes capacités d’écoute… J’écris donc ce billet après seulement 50% de lecture.
La narratrice, Modesta, est née, en Italie, le 1er janvier 1900. Elle nous raconte l’histoire extraordinaire de sa vie, celle d’une femme libre et indépendante. Petite fille pauvre élevée avec une sœur handicapée par une mère seule, après une agression, Modesta est recueillit dans un monastère, où elle a l’occasion d’apprendre à lire, à écrire… Sa curiosité est sans limite, mais pour les sœurs sont avenir est tout tracé, elle sera des leurs. Mais Modesta ambitionne autre chose ! Elle a un caractère hors du commun, qui lui permettre de résister au pire. Grâce à son esprit curieux et son envie de connaissances, elle développe son intelligence et sa réflexion.
Dans cette histoire, il est question de la vie, de la mort, de l’amour, d’être femme, de sensualité, de sexualité féminine, de sentiments, de liberté…
C’est un roman exigeant, dense avec également des longueurs… Pour l’instant, je vais le laisser de côté, mais je compte le terminer lorsque j’aurais plus de temps, sans doute lors de prochaines vacances.

Extrait : (début du livre)
Et voyez, me voici à quatre, cinq ans traînant un bout de bois immense dans un terrain boueux. Il n’y a pas d’arbres ni de maisons autour, il n’y a que la sueur due à l’effort de traîner ce corps dur et la brûlure aiguë des paumes blessées par le bois. Je m’enfonce dans la boue jusqu’aux chevilles, mais je dois tirer, je ne sais pas pourquoi, mais je dois le faire. Laissons ce premier souvenir tel qu’il est : ça ne me convient pas de faire des suppositions ou d’inventer. Je veux vous dire ce qui a été sans rien altérer.
Donc, je traînais ce bout de bois ; et après l’avoir caché ou abandonné, j’entrai dans le grand trou du mur, que ne fermait qu’un voile noir couvert de mouches. Je me trouve à présent dans l’obscurité de la chambre où l’on dormait, où l’on mangeait pain et olives, pain et oignon. On ne cuisinait que le dimanche. Ma mère, les yeux dilatés par le silence, coud dans un coin. Elle ne parle jamais, ma mère. Ou elle hurle, ou elle se tait. Ses cheveux de lourd voile noir sont couverts de mouches. Ma sœur assise par terre la fixe de deux fentes sombres ensevelies dans la graisse. Toute la vie, du moins ce que dura leur vie, elle la suivit toujours en la fixant de cette façon. Et si ma mère – chose rare – sortait, il fallait l’enfermer dans les cabinets, parce qu’elle refusait de se détacher d’elle. Et dans ces cabinets elle hurlait, elle s’arrachait les cheveux, elle se tapait la tête contre les murs jusqu’à ce qu’elle, ma mère, revienne, la prenne dans ses bras et la caresse sans rien dire.
Pendant des années je l’avais entendue hurler ainsi sans y faire attention, jusqu’au jour où, fatiguée de traîner ce bois, m’étant jetée par terre, je ressentis à l’entendre crier comme une douceur dans tout le corps. Douceur qui bientôt se transforma en frissons de plaisir, si bien que peu à peu, tous les jours je commençai à espérer que ma mère sorte pour pouvoir écouter, l’oreille à la porte des cabinets, et jouir de ces hurlements.

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