Bakhita – Véronique Olmi

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Audiolib – mars 2018 – 13h11 – Lu par Véronique Olmi

Albin Michel – août 2017 – 464 pages

Quatrième de couverture :
Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.  Bakhita  est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

Auteur : Dramaturge, comédienne, nouvelliste et romancière, Véronique Olmi est l’auteure de nombreux succès, dont Bord de mer, Le Premier amour ou Cet été-là. Les Éditions Albin Michel ont publié trois de ses romans, Nous étions faits pour être heureuxLa nuit en vérité, J’aimais mieux quand c’était toi et deux pièces de théâtre, Une séparation et Un autre que moi. 

Mon avis : (écouté et lu en avril 2018)
Quelle histoire poignante que celle de Bakhita, esclave soudanaise devenue religieuse, et qui a été canonisée par le pape Jean-Paul II en 2000.
Bakhita est née au Darfour vers 1869. Elle avait alors un autre prénom dont elle n’a pas gardé le souvenir. A cinq ans, elle est confrontée pour la première fois à la violence lorsque sa sœur aînée est enlevée dans son village. Quelques années plus tard, c’est elle-même qui subit le même sort. Elle a sept ans, alors qu’elle s’est écartée de son village, elle est enlevée par deux hommes qui la vendront à des négriers, elle découvre alors la violence, les coups, les humiliations du monde des esclaves… Les premiers jours, elle espère que son père viendra la sauver, puis elle se raccroche à ses souvenirs de la vie d’avant pour résister et espérer un avenir meilleur. Il lui faudra attendre six années avant d’être acheté par Calisto Legnani, un Italien, consul à Khartoum. Elle arrivera à le convaincre de l’emmener en Italie où une nouvelle vie va s’ouvrir à elle.
L’histoire de Bakhita est une histoire vraie, l’auteur a su nous la raconter avec simplicité et beaucoup de sensibilité. Bakhita est admirable de bonté et d’amour. Dans sa simplicité d’âme, et malgré les horreurs qu’elle a du subir et traverser, elle a toujours gardé espoir et fait le bien autour d’elle. Son histoire a encore une résonance avec ce qui se passe de nos jours, migrants, esclavage moderne…
J’ai écouté ce livre en parti en version audio et en version papier. J’ai eu un peu de mal au départ avec le ton pris par l’auteur dans la version audio et en même temps j’étais captivé par le texte et l’histoire de Bakhita que je ne voulais pas lâcher.
J’ai beaucoup aimé l’entretien avec l’auteur en bonus du livre audio, c’est un complément formidable à la lecture du livre.

 

Extrait : (début du livre)
Elle ne sait pas comment elle s’appelle. Elle ne sait pas en quelle langue sont ses rêves. Elle se souvient de mots en arabe, en turc, en italien, et elle parle quelques dialectes. Plusieurs viennent du Soudan et un autre, de Vénétie. Les gens disent : « un mélange ». Elle parle un mélange et on la comprend mal. On doit tout redire avec d’autres mots. Qu’elle ne connaît pas. Elle lit avec une lenteur passionnée l’italien, et elle signe d’une écriture tremblante, presque enfantine. Elle connaît trois prières en latin. Des chants religieux qu’elle chante d’une voix basse et forte.

On lui a demandé souvent de raconter sa vie, et elle l’a racontée encore et encore, depuis le début. C’est le début qui les intéressait, si terrible. Avec son mélange, elle leur a raconté, et c’est comme ça que sa mémoire est revenue. En disant, dans l’ordre chronologique, ce qui était si lointain et si douloureux. Storia meravigliosa. C’est le titre de la brochure sur sa vie. Un feuilleton dans le journal, et plus tard, un livre. Elle ne l’a jamais lue. Sa vie, à eux racontée. Elle en a été fière et honteuse. Elle a craint les réactions et elle a aimé qu’on l’aime, pour cette histoire, avec ce qu’elle a osé et ce qu’elle a tu, qu’ils n’auraient pas voulu entendre, qu’ils n’auraient pas compris, et qu’elle n’a de toute façon jamais dit à personne. Une histoire merveilleuse. Pour ce récit, sa mémoire est revenue. Mais son nom, elle ne l’a jamais retrouvé. Elle n’a jamais su comment elle s’appelait. Mais le plus important n’est pas là. Car qui elle était, enfant, quand elle portait le nom donné par son père, elle ne l’a pas oublié. Elle garde en elle, comme un hommage à l’enfance, la petite qu’elle fut. Cette enfant qui aurait dû mourir dans l’esclavage a survécu, cette enfant était et reste ce que personne jamais n’a réussi à lui prendre.

Petit bac 2018Mot unique (3)

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Prix Audiolib : les deux nouveaux livres audios sont arrivés !

logoprixaudiolib2018J’ai trouvé les deux derniers livres audios de la sélection dans ma boîte aux lettres !
J’ai déjà lu en version papier « La ferme du bout du monde »,
j’ai très envie de découvrir « En sacrifice à Moloch »P1040269_x

J’ai déjà lu audio :
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson
La Tresse de Laetitia Colombani
Quand sort la recluse – Fred Vargas
Underground Railroad – Colson Whitehead
La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben
Le jour d’avant – Sorj Chalandon
Bakhita – Véronique Olmi (billet en cours d’écriture)

en cours de lecture :
Ma reine – Jean-Baptiste Andrea

A suivre…

 

Le jour d’avant – Sorj Chalandon

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Audiolib – novembre 2017 – 7h59 – Lu par Stéphane Boucher

Grasset – août 2017 – 336 pages

Quatrième de couverture :
« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Auteur : Après trente-quatre ans à Libération, Sorj Chalandon est aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est aussi l’auteur de sept romans, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006 – prix Médicis), Mon traître (2008), La Légende de nos pères (2009), Retour à Killybegs (2011 – Grand Prix du roman de l’Académie française), Le Quatrième Mur (2013 – prix Goncourt des lycéens) et Profession du père (2015).

Lecteur : Stéphane Boucher est un comédien présent à la fois au cinéma, au théâtre et à la télévision. Il a notamment tourné avec Jacques Rivette, Jim Jarmush, Francis Veber… Au théâtre, il a travaillé entre autres avec Didier Long et John Malkovich.

Mon avis : (écouté en 2018)
Cette écoute est une relecture, en effet j’ai déjà lu en version papier le dernier roman de Sorj Chalandon.
Dans ce roman, l’auteur a voulu rendre hommage aux victimes de la catastrophe minière de Liévin dans le Pas de Calais en décembre 1974 où 42 mineurs ont trouvé la mort. Ils ne sont pas morts à cause de la fatalité mais à cause du profit.
Le narrateur, Michel, est frère de mineur, quarante ans après il veut venger les 42 morts et toutes les victimes de la mine. Il a vécu sa vie tout en gardant en lui cette colère et cette haine. Aussi, après la mort de sa femme, plus rien ne le retient, il va quitter son travail, vendre son logement et il revient chez lui, près de Lens et il se met à chercher l’homme dont il est persuadé qu’il est responsable de la mort de son frère. Un certain Lucien Dravel, responsable de la sécurité dans la mine et dont il a gardé une photo découpée dans le journal.
Michel est bien décidé à venger son frère et à punir cet homme. Et tant pis s’il a 80 ans, s’il est impotent et s’il est malade de silicose, il faut que justice soit faite.
Michel va surprendre le lecteur, le décevoir aussi… Il nous raconte une belle histoire, mais les belles histoires peuvent être trompeuses, car il y a également des parts d’ombres dans une belle histoire.
Vu la construction du roman et le retournement inattendu de la mi-roman, j’ai fait cette relecture avec un nouveau point de vue… J’ai cherché les indices annonciateurs, les détails que je n’avais pas vu à la première lecture…
J’ai autant aimé ce roman qu’à ma première lecture.
J’ai regretté l’absence d’entretien avec l’auteur en bonus du livre audio.

Extrait : (début du livre)
(Liévin, jeudi 26 décembre 1974)
Joseph, serré tout contre moi. Lui sur le porte-bagages, jambes écartées par les sacoches comme un cow-boy de rodéo. Moi penché sur le guidon, main droite agaçant la poignée d’accélération. Il était bras en l’air. Il chantait fort. Des chansons à lui, sans paroles ni musique, des mots de travers que la bière lui soufflait.
Les hurlements de notre moteur réveillaient la ville endormie.
Mon frère a crié.
— C’est comme ça la vie !
Jamais je n’avais été aussi fier.

*

J’avais conduit la mobylette de Jojo une seule fois avant cette nuit-là. En rond dans notre cour de ferme, comme un cheval de manège empêché par sa longe. Il avait acheté cette Motobécane pour remplacer la vieille Renault qu’il n’utilisait plus. Il ne réparait pas sa voiture, il la ranimait. Et la laissait vieillir le long du trottoir.
— On s’en servira le dimanche.

À vingt-sept ans, mon frère avait aussi abandonné son vieux vélo pour le cyclomoteur.
— La Rolls des gens honnêtes, disait-il aussi.
Contre une pièce de monnaie, je frottais les chromes, j’enlevais la boue qui piquetait les fourches, j’essuyais les phares, je graissais le pédalier. J’avais le droit de ranger les outils sous la selle. Tout le monde l’appelait « la Bleue ». Mon frère l’avait baptisée la Gulf, comme la Porsche 917 conduite par Steve McQueen dans Le Mans, un film que Jojo m’avait emmené voir en français au Majestic.
Steve McQueen jouait le pilote automobile Michael Delaney.
— Chez nous, Michael Delaney se dit Michel Delanet, m’avait expliqué mon frère.
J’étais sidéré. Delanet et moi avions le même prénom.
Steve McQueen était le héros américain de mon enfance. Je l’avais vu dans Les Sept Mercenaires, La Grande Évasion, Bullitt. J’imitais son sourire dans la glace, sa façon de froncer les sourcils. Au collège, lorsque quelqu’un me provoquait, je fermais les lèvres, comme lui. Je lui empruntais un peu de sa moue. Mon frère jurait que Steve McQueen et moi avions la même ombre sur le visage. Et que mon silence ressemblait au sien.
— C’est fou, il a tes yeux, avait-il encore murmuré.

Le Mans était un film étrange. Aucun scénario, une musique énervée. Cela ne ressemblait pas à du cinéma. Sauf le début. Une minute de silence, juste avant la course.

Déjà lu du même auteur :

Retour___Killybegs  Retour à Killybegs  mon_traitre_p Mon traître  le_petit_bonzi_p Le petit Bonzi  

la_l_gende_de_nos_p_res_p La légende de nos pères  sorj_chalandon_le_quatrieme_mur Le quatrième mur 

95082944 Le quatrième mur (audio) profession du père Profession du père

71vO6XPK27L Le jour d’avant (version papier)

Petit bac 2018Passage du temps (3)

La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben

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Audiolib – novembre 2017 – 7h06 – Lu par Thibault de Montalembert

Les Arènes – mars 2017 – 260 pages

Les Arènes – octobre 2017 – 366 pages (édition illustrée)

Quatrième de couverture :
Dans ce livre plein de grâce, acclamé dans le monde entier, le forestier Peter Wohlleben nous apprend comment s’organise la société des arbres. Les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les parents vivent avec leurs enfants, et les aident à grandir. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Et leurs racines peuvent perdurer plus de dix mille ans… Prodigieux conteur, Wohlleben s’appuie sur les dernières connaissances scientifiques et multiplie les anecdotes fascinantes pour nous faire partager sa passion des arbres.
Après avoir découvert les secrets de ces géants terrestres, par bien des côtés plus résistants et plus inventifs que les humains, votre promenade dans les bois ne sera plus jamais la même.

Auteur : Peter Wohlleben a passé plus de vingt ans comme forestier en Allemagne. Il dirige maintenant une forêt écologique. Son livre a été numéro un des ventes en Allemagne avec plus de 650 000 exemplaires vendus et est devenu un étonnant best-seller aux États-Unis, et maintenant en France. Il est traduit en 32 langues.

Lecteur : L’acteur Thibault de Montalembert, s’est illustré au cinéma dans des réalisations de B. Bonello, A. Desplechin, R. Bouchareb ou R. Warnier, au théâtre sous la direction de metteurs en scène tels que P. Chereau, L. Bondy et R. Planchon, ainsi qu’à la télévision, notamment dans la série Dix pour cent. Grand lecteur il a enregistré de nombreux titres pour Audiolib, dont Le Meilleur des mondes, Canada, Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants (Grand Prix du livre audio Plume de Paon 2012) ou encore La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, Prix Audiolib 2013, Le Livre des Baltimore et Le Meurtre de Roger Ackroyd.

Mon avis : (écouté de février à mars 2018)
J’ai vraiment eu du mal à écouter dans la continuité ce livre audio. Les premières tentatives dans le train le matin ou dans mon lit le week-end ont eu pour résultats de me plonger dans le sommeil assez rapidement…
J’ai voulu persévérer car j’étais convaincue que le sujet du livre était intéressant. J’ai donc décidé de l’écouter de temps en temps pendant de courtes périodes, car si je ne suis pas dans les bonnes conditions (avec une attention maximum), je décroche très rapidement…
L’auteur nous transmet avec passion toutes ses connaissances sur la forêt et les arbres. Un monde très surprenant, on apprend que les arbres communiquent entre eux par les racines, ils s’entraident, ils se défendent contre les prédateurs en émettant des substances désagréables ou toxiques… « Les forêts ressemblent à des communautés humaines ».
Le contenu de ce livre est très intéressant, mais je ne conseillerai pas la version audio pour le découvrir…
J’aurai voulu faire tester ce livre audio à mon fils aîné passionné de nature, mais à ce jour, il n’a pas encore eu le temps de l’écouter…

 

 

Extrait : (début du livre)
Il y a longtemps de cela, alors que je parcourais l’une des anciennes réserves de hêtres de ma forêt, de curieuses pierres moussues ont attiré mon attention. J’étais assurément passé maintes fois à côté sans les remarquer, jusqu’à ce jour où je me suis arrêté et accroupi. Leur forme, en léger arc de cercle, était peu ordinaire. En soulevant un peu la mousse, je mis au jour de l’écorce. Ce que je croyais être des pierres était en fait du vieux bois. Le bois de hêtre pourrissant habituellement en l’espace de quelques années sur un sol humide, la dureté du morceau que j’examinais m’étonna. Surtout, je ne pouvais pas le soulever, il était solidement ancré dans le sol. Je grattai alors un petit morceau de cette écorce avec un canif et découvris une couche verte. Verte ? Cette couleur n’apparaît que lorsqu’il y a présence de chlorophylle, soit dans les feuilles fraîches, soit stockée sous forme de réserve dans les troncs des arbres vivants. Une seule explication était possible : ce morceau de bois n’était pas mort ! À y regarder de plus près, les autres « pierres » n’étaient pas disposées au hasard, mais formaient un cercle de 1,50 mètre de diamètre. Je me trouvais en présence des très anciens vestiges d’une immense souche d’arbre. Il ne subsistait que quelques fragments de ce qui avait jadis été l’écorce tandis que l’intérieur s’était depuis longtemps décomposé et transformé en humus, deux indices qui permettaient de conclure que l’arbre avait dû être coupé entre 400 et 500 ans auparavant. Mais comment était-il possible que des vestiges survivent aussi longtemps ? Les cellules se nourrissent de sucres, elles doivent respirer, se développer, ne serait-ce qu’un minimum. Or, sans feuilles, donc sans photosynthèse, c’est impossible. Aucun des êtres vivants de notre planète ne résiste à une privation de nourriture de plusieurs centaines d’années, et cela vaut aussi pour les vestiges d’arbres, du moins pour les souches qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes. À l’évidence, ce n’était pas le cas de celle-ci.

Petit bac 2018Passage du Temps (2)

Prix Audiolib : deux nouveaux livres audios sont arrivés !

logoprixaudiolib2018J’ai trouvé deux nouveaux livres audios dans ma boîte aux lettres !
Deux livres que je n’ai pas encore lu, j’ai très envie de découvrir Bakhita…

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J’ai déjà lu audio :
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson
La Tresse de Laetitia Colombani
Quand sort la recluse – Fred Vargas
Underground Railroad – Colson Whitehead

en cours de lecture :
La Vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

A suivre…

Underground Railroad – Colson Whitehead

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Audiolib – novembre 2017 – 10h45 – Lu par Aïssa Maïga

Albin Michel – août 2017 – 416 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Serge Chauvin

Titre original : The Underground Railroad, 2016

Quatrième de couverture :
Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire.

Auteur : Né à New York en 1969, Colson Whitehead a été découvert en France avec la traduction de son premier roman, L’Intuitionniste. Ont suivi notamment Ballades pour John HenryLe Colosse de New York ou encore Apex ou le cache-blessure (publiés aux Éditions Gallimard), qui tous ont confirmé l’exceptionnel talent de Colson Whitehead à inventer de véritables machines romanesques, irriguées par une méditation sur les mythologies américaines, ainsi que par une réflexion très politique sur la question raciale. Avant d’être distingué par le prix Pulitzer, Underground Railroad avait déjà été récompensé par le National Book Award et élu « Meilleur roman de l’année 2016 » par la presse américaine. Salué par Barack Obama, le livre connaît depuis sa parution un succès phénoménal dans le monde entier comme en France.

Lecteur : Née à Dakar, Aïssa Maïga arrive en France à l’âge de quatre ans et demi. Elle s’intéresse très jeune au cinéma et fait ses premiers pas sur les planches à quinze ans. Après une formation théâtrale elle se distingue dans de nombreux films tels que Les Poupées russes de Cédric Klapisch, L’un reste, l’autre part de Claude Berri, ou Je vais bien, ne t’en fais pas. Son rôle dans Bamako d’Abderrahmane Sissako, lui permet de décrocher une nomination pour le Meilleur Espoir Féminin aux Césars 2007. Récemment, on a pu la voir dans des films d’auteurs (L’Écume des jours, de Michel Gondry ; Code inconnu de Michael Haneke) ou dans des comédies (Prêt à tout, Il a déjà tes yeux).

Mon avis : (écouté en février 2017)
J’ai trouvé cette lecture passionnante et palpitante. Elle raconte l’histoire de Cora, une jeune esclave que 16 ans, qui vit depuis sa naissance dans une plantation de coton propriété des frères Randall, des maître blancs cruels et brutaux. Alors qu’elle n’avait que 10 ans, sa mère, Mabel, s’est enfuie du domaine en la laissant seule. Mabel n’a jamais été retrouvée. Cora a la rage de vivre et finit par accepter de s’évader avec un autre esclave Caesar pour emprunter « l’Underground Railroad », espoir de liberté.
Le lecteur suit le périple de Cora de la Georgie en Caroline du Sud, puis en Caroline du Nord, puis le Tennessee et l’Indiana, fuyant un chasseur d’esclaves lancé à ses trousses…
L’auteur est très bien documenté : il est question des mauvais traitements fait aux esclaves, les divers châtiments et humiliations, le racisme, les campagnes de stérilisation ou expérimentations médicales sur la population noire, des chasseurs d’esclaves, des affranchis…
C’est avec l’écriture de ce billet et en allant me documenter sur internet à propos du « chemin de fer clandestin », que j’ai découvert que l’auteur m’avait mystifiée en imaginant dans son histoire un vrai réseau ferrée souterrain et ses trains…
En réalité, le « chemin de fer clandestin » est mis sur pied au début du XIXe siècle par une communauté d’abolitionnistes établis surtout à Philadelphie. En quelques décennies, il devient un réseau dynamique bien organisé. C’est un réseau clandestin complexe de personnes et de refuges visant à aider les esclaves des plantations du Sud à recouvrer leur liberté au Nord.
Encore une fois, j’aurai dû mieux lire la quatrième de couverture pour comprendre que ce réseau ferrée souterrain était comme une parabole sortie de l’imagination de l’auteur…
La lectrice a une voix douce et très agréable qui contraste avec la violence de cette histoire. Une belle histoire bien documentée qui donne à réfléchir et à ne pas oublier. Malheureusement, il y a également une résonance avec l’actualité puisque encore aujourd’hui il existe des esclaves…

Extrait : (début du livre)
La première fois que Caesar proposa à Cora de s’enfuir vers le Nord, elle dit non.

C’était sa grand-mère qui parlait à travers elle. La grand-mère de Cora n’avait jamais vu l’océan jusqu’à ce jour lumineux, dans le port de Ouidah, où l’eau l’avait éblouie après son séjour dans les cachots du fort. C’est là qu’ils avaient été parqués en attendant les navires. Des razzieurs dahoméens avaient d’abord kidnappé les hommes, puis étaient revenus au village à la lune suivante rafler les femmes et les enfants, qu’ils avaient fait marcher de force jusqu’à la mer, enchaînés deux par deux. En fixant le seuil noir, Ajarry crut qu’elle allait retrouver son père dans ce puits de ténèbres. Les survivants de son village lui expliquèrent que lorsque son père n’était plus parvenu à tenir le rythme, les marchands d’esclaves lui avaient défoncé la tête et avaient abandonné son corps sur le bord de la piste. Sa mère était morte bien des années plus tôt.
La grand-mère de Cora fut revendue plusieurs fois sur le chemin du fort, passant d’un marchand à un autre, troquée contre des cauris et de la verroterie. Impossible de dire combien on paya pour elle à Ouidah, car elle fit partie d’une vente en gros, quatre-vingt-huit âmes contre soixante caisses de rhum et de poudre, un prix arrêté après les marchandages habituels en sabir d’anglais. Les hommes valides et les femmes fertiles rapportaient plus que les juvéniles, ce qui rendait difficile une estimation individuelle.
La Nanny, en provenance de Liverpool, avait déjà fait deux escales sur la Côte-de-l’Or. Le capitaine échelonnait ses achats pour ne pas se retrouver confronté à une cargaison d’origine et de mentalité identiques. Dieu sait quelle mutinerie ses captifs risqueraient de concocter s’ils partageaient une langue commune. C’était la dernière escale du navire avant sa traversée de l’Atlantique. Les marins aux cheveux jaunes y conduisirent Ajarry à la rame en fredonnant. La peau blanche comme de l’os.

Petit bac 2018Moyen de Transport (2)

 

Arrête avec tes mensonges – Philippe Besson

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Audiolib – juin 2017 – 4h45 – Lu par Antoine Leiris

Julliard – janvier 2017 – 198 pages

Quatrième de couverture :
Quand j’étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J’inventais si bien les histoires, paraît-il, qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.
Aujourd’hui, voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.
Autant prévenir d’emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
Mais un amour, quand même.
Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

Auteur : Né en Charente, Philippe Besson a fait des études de droit et est diplômé de l’École supérieure de commerce de Rouen. C’est en 2001 qu’il publie son premier roman, En l’absence des hommes, qui reçoit le prix Emmanuel-Roblès. Dès lors, la plupart de ses livres est saluée par l’obtention d’un prix littéraire, une nomination, ou fait l’objet d’une adaptation cinématographique, comme Son frère, réalisé par Patrice Chéreau. Il est également, à la télévision, la radio et la presse écrite, un critique littéraire subtil et talentueux.

Lecteur : Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Il est l’auteur d’un premier livre très remarqué, Vous n’aurez pas ma haine, Grand Prix du livre audio France Culture – Lire dans le Noir en 2017, lu par André Dussollier.

Mon avis : (écouté en juin 2017 et réécouté partiellement en février 2018)
Barbezieux en Charente, c’est la rencontre improbable entre deux garçons dans un lycée de province. Thomas est fils de paysan destiné à reprendre la ferme familiale, Philippe, l’auteur du livre, est fils d’instituteur, il aime les livres et après son Bac, il poursuivra ses études à Bordeaux. Cet hiver 1984, ils tombent amoureux l’un de l’autre, une histoire clandestine et secrète, c’est la condition obligatoire pour pouvoir vivre cette passion réciproque. Même s’ils se côtoient au lycée, rien ne doit paraître sur leur complicité, sur leur élan amoureux… Thomas ne veut pas et ne peut pas avouer ce qu’il est, il craint trop les conséquences d’un tel aveux.
Dans ce roman l’auteur se dévoile enfin en racontant ce premier grand amour qui est certainement à l’origine de sa vocation d’écrivain et qui a inspiré son oeuvre. Il ose enfin raconter cette histoire autobiographique longtemps gardée secrète.
Un roman juste et poignant. Une lecture émouvante et sincère.
La lecture faite par Antoine Leiris est juste et très agréable.
L’entretien « bonus » avec Philippe Besson est également très intéressante.

Extrait : (début du livre)
Un jour, je peux dire quand exactement, je connais la date, avec précision, un jour je me trouve dans le hall d’un hôtel, dans une ville de province, un hall qui fait office de bar également, je suis assis dans un fauteuil, je discute avec une journaliste, entre nous une table basse, ronde, la journaliste m’interroge au sujet de mon roman, Se résoudre aux adieux, qui vient de sortir, elle me pose des questions sur la séparation, sur écrire des lettres, sur l’exil qui répare ou non, je réponds, je sais les réponses à ces questions-là, je réponds sans faire attention presque, les mots viennent facilement, machinalement, si bien que mon regard se promène sur les gens qui traversent le hall, les allées et venues, les arrivées et les départs, j’invente des vies à ces gens qui s’en vont, qui s’en viennent, je tâche d’imaginer d’où ils arrivent, où ils repartent, j’ai toujours aimé faire ça, inventer des vies à des inconnus à peine croisés, m’intéresser à des silhouettes, c’est presque une manie, il me semble que ça a commencé dès l’enfance, oui c’était là dans le plus jeune âge, maintenant je me souviens, cela inquiétait ma mère, elle disait : arrête avec tes mensonges, elle disait mensonges à la place d’histoires, ça m’est resté, donc des années après je continue, je forme des hypothèses tout en répondant aux questions, en parlant de la douleur des femmes quittées, ce sont deux choses que je sais dissocier, que je peux faire au même moment, quand j’aperçois un homme de dos, traînant derrière lui une valise à roulettes, un homme jeune se préparant à sortir de l’hôtel, la jeunesse elle émane de son allure, de sa tenue, et je suis aussitôt écrasé par cette image, parce que c’est une image impossible,une image qui ne peut pas exister, je pourrais me tromper bien sûr, après tout je ne vois pas le visage, je suis dans l’incapacité de le voir là où je suis assis, mais c’est comme si j’étais certain de ce visage, comme si je savais à quoi l’homme ressemble, et je le redis : c’est impossible, littéralement impossible, et pourtant je lance un prénom, Thomas, je le crie plutôt, Thomas, et la journaliste en face de moi en est effrayée, elle était penchée sur son carnet, occupée à griffonner des notes, à recopier mes paroles, et voilà qu’elle relève la tête, ses épaules se contractent, comme si j’avais crié sur elle, je devrais m’en excuser mais je ne le fais pas, happé par l’image en mouvement, et attendant que le prénom crié produise son effet, mais l’homme ne se retourne pas, il poursuit son chemin, je devrais en déduire que je me suis trompé, cette fois pour de bon, que tout n’a été que mirage, que le va-et-vient a provoqué ce mirage, cette illusion, mais non, je me lève, d’un bond, je pars à la poursuite du fuyant, je ne suis pas mû par le besoin de vérifier, car à cet instant-là je suis encore convaincu d’avoir raison, d’avoir raison contre la raison, contre l’évidence, je rattrape l’homme sur le trottoir, je pose ma main sur son épaule, il se retourne et.

Déjà lu du même auteur :

 La Trahison de Thomas Spencer

Prix Audiolib : les premiers livres audio sont arrivés !

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Dix jours après après avoir découvert la liste de présélection, je viens de recevoir
les six premiers livres audio sélectionnés pour le Prix Audiolib 2018

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J’ai déjà lu audio :
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson
La Tresse de Laetitia Colombani
Quand sort la recluse – Fred Vargas

Je pense commencer par :
Underground Railroad – Colson Whitehead
lu par Aïssa Maïga (10h45)

 C’est parti !

Quand sort la recluse – Fred Vargas

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Audiolib – novembre 2017 – 11h54 – Lu par Thierry Jansen

Quatrième de couverture :
– Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ?

Auteur : Fred Vargas est née en 1957. Médiéviste et titulaire d’un doctorat d’Histoire, elle est chercheur en Histoire et Archéologie au CNRS. La quasi-totalité de son œuvre – les « rompols » comme elle appelle ses textes policiers – est publiée aux Éditions Viviane Hamy. Primés à plusieurs reprises, adaptés au cinéma – Pars vite et reviens tard – et à la télévision, traduits dans plus de 40 langues, ses livres sont des best-sellers en France comme en Allemagne et en Italie.
Lecteur : Comédien, auteur et metteur en scène formé au clown et à la commedia dell’arte, Thierry Janssen a travaillé entre autres avec Carlo Boso et Franco Dragone. Il a déjà enregistré pour Audiolib, notamment, Pars vite et reviens tard, Dans les bois éternels, Temps glaciaires de Fred Vargas, pour lequel il a obtenu prix du livre audio France Culture / Lire dans le noir.

Mon avis : (relu en audio en janvier 2018)
J’ai beaucoup aimé cette nouvelle enquête du commissaire Adamsberg où j’ai retrouvé l’esprit et le rythme de ses premières enquêtes !
J’ai découvert l’existence de cette araignée : la Loxosceles reclusa, « recluse brune » ou « araignée violoniste » dont la morsure peut provoquer la nécrose des tissus touchés et des infections. Une arme vraiment originale !
Adamsberg est intrigué par la mort de plusieurs hommes, dans le sud-est de la France, mordus par cette petite araignée. Dès le  début, il a l’intuition que ces morts sont suspects, car cette araignée n’est pas de nature agressive et un spécialiste du Muséum National d’Histoire Naturelle confirmera que pour injecter une dose de poison suffisant pour tuer, il faudrait vingt-deux recluses, très énervées et qui déchargent en même temps leur venin sur leur proie, c’est donc hautement improbable !
Danglard, le fidèle second du commissaire, a dans cette enquête un comportement bizarre, il fait tout pour dissuader Adamsberg de se lancer dans l’enquête, il cherche même à diviser l’équipe… C’est donc Veyrenc, le Béarnais, qui jouera le rôle de second et sans oublier l’aide de la fidèle Retancourt, de Froissy, de Voisenet que le commissaire mènera cette enquête jusqu’au bout…
L’intrigue est vraiment bien construite, on ne lâche pas son livre et c’est également un vrai plaisir de retrouver tous les personnages emblématiques de l’équipe d’Adamsberg ! J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à écouter ce roman policier et le coup de cœur s’est confirmé !
Je regrette une seule chose sur ce livre audio, c’est l’absence d’un entretien avec l’auteure, sa parole est si rare ! Dommage.
Merci Pauline et les éditions Audiolib pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Adamsberg, assis sur un rocher de la jetée du port, regardait les marins de Grimsey rentrer de la pêche quotidienne, amarrer, soulever les filets. Ici, sur cette petite île islandaise, on l’appelait « Berg ». Vent du large, onze degrés, soleil brouillé et puanteur des déchets de poisson. Il avait oublié qu’il y a un temps, il était commissaire, à la tête des vingt-sept agents de la Brigade criminelle de Paris, 13e arrondissement. Son téléphone était tombé dans les excréments d’une brebis et la bête l’y avait enfoncé d’un coup de sabot précis, sans agressivité. Ce qui était une manière inédite de perdre son portable, et Adamsberg l’avait appréciée à sa juste valeur.
Gunnlaugur, le propriétaire de la petite auberge, arrivait lui aussi au port, prêt à choisir les meilleures pièces pour le repas du soir. Souriant, Adamsberg lui adressa un signe. Mais Gunnlaugur n’avait pas sa tête des bons jours. Il vint droit vers lui, négligeant le début de la criée, sourcils blonds froncés, et lui tendit un message.
— Fyrir þig, dit-il en le montrant du doigt. [Pour toi.]
— Ég ? [Moi ?]
Adamsberg, incapable de mémoriser les rudiments les plus enfantins d’une langue étrangère, avait acquis ici, inexplicablement, un bagage d’environ soixante-dix mots, le tout en dix-sept jours. On s’exprimait avec lui le plus simplement possible, avec force gestes.
De Paris, ce papier venait de Paris, forcément. On le rappelait là-bas, forcément. Il ressentit une triste rage et secoua la tête en signe de refus, tournant son visage vers la mer. Gunnlaugur insista en dépliant le feuillet puis en le lui glissant entre les doigts.

Femme écrasée. Un mari, un amant. Pas si simple. Présence souhaitée. Informations suivent.

Adamsberg baissa la tête, sa main s’ouvrit et laissa filer la feuille au vent. Paris ? Comment cela, Paris ? Où était-ce, Paris ?
— Dauður maður ? demanda Gunnlaugur. [Un mort ?]
— . [Oui.]
— Ertu að fara, Berg ? Ertu að fara ? [Tu pars, Berg ? Tu pars ?]
Adamsberg se redressa pesamment, leva le regard vers le soleil blanc.
— Nei, dit-il. [Non.]
— , Berg, soupira Gunnlaugur. [Si, Berg.]
— , admit Adamsberg. [Oui.]
Gunnlaugur lui secoua l’épaule, l’entraînant avec lui.
— Drekka, borða, dit-il. [Boire, manger.]
— Já. [Oui.]

Le choc des roues de l’avion sur le tarmac de Roissy-Charles de Gaulle lui déclencha une migraine subite, telle qu’il n’en avait pas connu depuis des années, en même temps qu’il lui semblait qu’on le rouait de coups. C’était le retour, l’attaque de Paris, la grande ville de pierre. À moins que ce ne fussent les verres avalés la veille pour honorer son départ, là-bas, à l’auberge. Ils étaient pourtant bien petits, ces verres. Mais nombreux. Et c’était le dernier soir. Et c’était du brennívin.
Un regard furtif par le hublot. Ne pas descendre, ne pas y aller.
Il y était déjà. Présence souhaitée.

Déjà lu du même auteur :

Ceux_qui_vont_mourir_te_saluent Ceux qui vont mourir te saluent l_homme_aux_cercles_bleus L’Homme aux cercles bleus

Debout_les_mort Debout les morts Un_peu_plus_loin_sur_la_droite Un peu plus loin sur la droite

sans_feu_ni_lieu Sans feu ni lieu l_homme___l_envers L’Homme à l’envers

Pars_vite_et_reviens_tard Pars vite et reviens tard sous_les_vents_de_neptune  Sous les vents de Neptune

Dans_les_bois__ternels Dans les bois éternels un_lieu_incertain Un lieu incertain

les_quatre_fleuves Les Quatre fleuves (BD) vargas L’Armée furieuse 

temps glacières Temps glaciaires 116246279 Quand sort la recluse (papier)

Petit bac 2018Animal (1)

La Présélection Audiolib 2018

La liste des titres sélectionnés pour le Prix Audiolib 2018 est arrivée !

Sélection Prix Audiolib 2018 (2)

J’ai déjà lu audio :
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson et
La Tresse de Laetitia Colombani

J’ai déjà lu « papier » :
Le Jour d’avant de Sorj Chalandon 
La Ferme du bout du monde de Sarah Vaughan

Je suis en train de lire audio après l’avoir déjà lu « papier » :
Quand sort la recluse de Fred Vargas

Lors de la Rentrée Littéraire 2017, j’avais noté sur ma LAL :
Bakhita
de Véronique Olmi
Underground Railroad de Colson Whitehead

J’ai déjà lu plusieurs épisodes de la série suédoise, dont
En sacrifice à Moloch
de Asa Larsson est le sixième épisode.

Pour les deux derniers livres, ce sera la surprise…
La Vie secrète des arbres
de Peter Wohlleben
Ma reine de Jean-Baptiste Andrea

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Voilà de belles lectures en prévision !
Reste maintenant à attendre l’arrivée dans ma boîte aux lettres des premiers livres-audio …