Résultat du Prix Audiolib 2018

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Hier soir, on fêtait les 10 ans d’Audiolib et c’était la remise du Prix Audiolib 2018
dans le cadre du « Le Grand Bréguet » (Paris 11ème).

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Accueil avec une flûte de Champagne pour les nombreux invités : auteures et auteurs, comédiennes et comédiens, éditeurs, partenaires, journalistes, blogueurs…

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19h30 : Valérie Lévy Soussan lance la soirée des 10 ans d’Audiolib, elle rappelle en chiffres le bilan de ces 10 ans, et le succès du développement de la lecture audio pour preuve, son équipe est passée de 2 personnes à 8 aujourd’hui. Remerciements aux auteurs, lecteurs, éditeurs, partenaires…

Pour fêter cela, 3 comédiens lecteurs sont invités à nous faire une lecture en direct…

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Cela commence avec Thibault de Montalembert, qui nous lit un extrait
de « Le meilleur des mondes » de Aldous Huxley.
Une lecture très expressive.

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Puis c’est Marie-Christine Barrault, qui nous lit un extrait
de « Joseph » de Marie-Hélène Lafon

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C’est grâce à Audiolib que Marie-Christine Barrault a découvert
l’auteure Marie-Hélène Lafon et depuis elle suit tout ce qu’elle fait…

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Enfin, c’est Feodor Akine qui nous lit un extrait
de « L’Archipel du chien » de Philippe Claudel.
Une lecture, non seulement avec la voix, mais également avec des gestes !

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Et c’est le moment tant attendu et la révélation du résultat du vainqueur du 6ème Prix Audiolib : « Quand sort la recluse » de Fred Vargas, lu par Thierry JanssenP1040582
Fred Vargas n’a pas là pour recevoir son prix, elle fuit la notoriété.

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Le Prix est donné conjointement à l’auteure et au lecteur, l’absence de Fred Vargas permet à Thierry Janssen d’être au premier rang et de nous faire un discours plein d’humour. Puis il nous fait le plaisir de nous lire un extrait de « Quand sort la recluse » Une lecture très expressive, il interprète tour à tour les voix du commissaire Adamsberg, celle d’une vieille dame et celle d’un prestigieux arachnologue… Bravo !

***

Je suis très contente pour le résultat du Prix Audiolib 2018, c’était mon premier choix !
Et comme lectrice inconditionnelle de Fred Vargas,  dans ce roman policier, j’ai retrouvé l’esprit et le rythme des premières enquêtes du commissaire Adamsberg !

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Remise du Prix Audiolib 2018

C’est ce soir… et j’y serai…

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Voilà les 5 finalistes :

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Qui sera l’heureuse lauréate ou l’heureux lauréat

 ?

Édit 21h48 : C’est une gagnante…

Elle n’étais pas présente…

Fred Vargas – Quand sort la recluse

Lu par Thierry Janssen, ce dernier était présent, très sympathique.

A demain pour un compte rendu plus complet et détaillé…

 

Sélection des 5 finalistes Prix Audiolib 2018

Voilà la sélection des 5 finalistes du Prix Audiolib 2018
choisis par le jury de blogueurs

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(les finalistes sont affichés par ordre alphabétique, ils ne sont pas classés)

J’ai dans mon classement 4 livres finalistes sur 5…

Rappel de mon classement :

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1 – Quand sort la recluse – Fred Vargas
2 – Bakhita – Véronique Olmi
( 3 – La ferme du bout du monde – Sarah Vaughan )
4 – Underground Railroad – Colson Whitehead
5 – Le jour d’avant – Sorj Chalandon

8 – Arrête avec tes mensonges – Philippe Besson

Vous êtes invités à choisir votre favori
et à voter pour celui que vous préférez  ! 

(du 13 juin au 23 août 2018)

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(en cliquant sur le logo)

En sacrifice à Moloch – Åsa Larsson

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Audiolib – avril 2018 – 10h58 – Lu par Odile Cohen

Albin Michel – août 2017 – 448 pages

traduit du suédois par Caroline Berg

Titre original : Till offer åt Moloch, 2012

Quatrième de couverture :
Au terme d’une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d’un homme…
Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l’assassinat d’une femme à coups de fourche. Chargée de l’enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille…
Åsa Larsson, star du polar scandinave, part sur les traces d’un terrible et lointain secret, dans les paysages crépusculaires et inquiétants du Grand Nord suédois.

Auteur : Åsa Larsson a grandi à Kiruna, au-dessus du cercle polaire arctique, où se déroulent tous ses romans. Avocate comme son héroïne Rebecka Martinsson, elle se consacre désormais à l’écriture. Devenue l’auteure de romans policiers la plus aimée des Scandinaves, elle compte désormais des millions de lecteurs à travers le monde. Déjà publiés en France : En sacrifice à Moloch, Le sang versé, La piste noire et Tant que dure ta colère.

Lecteur : Odile Cohen a commencé sa carrière au théâtre sous la direction de Robert Hossein et Daniel Mesguich. Elle est la voix française attitrée de Renée Zellweger, qui a incarné Bridget Jones au cinéma.

Mon avis : (écouté en mai 2018)
C’est le cinquième roman de la série avec la procureur Rebecka Martinsson qui se situe dans le Grand Nord suédois dans la région de Kiruna en Laponie. C’est une série que je suis depuis quelques années (j’ai déjà lu les tomes 2 à 4), donc j’étais ravie de découvrir ce nouvel épisode. Tout commence par une chasse à l’ours et la découverte des restes d’un homme dans sa panse… Quelques mois après, une femme, Sol-Britt, est sauvagement assassinée à coups de fourche. Ces deux morts ont un lien de parenté, ils sont père et fille… Rebecka Martinsson va vite découvrir qu’ils ne sont pas les seuls victimes d’une malédiction familiale. En effet, trois ans plus tôt, le fils de Sol-Britt a été renversé par une voiture avec un délit de fuite et le coupable n’a jamais été retrouvé. Et à travers un récit parallèle à l’enquête, le lecteur va découvrir l’histoire d’Elena, la grand-mère de Sol-Britt, Elena, qui a été elle aussi assassinée, presque un siècle plus tôt…
Le meurtre de Sol-Britt ayant lieu dans le village où habite Rebecka Martinsson, elle va être dessaisie de l’affaire au profit de l’affreux magistrat von Post, un collègue envieux et incompétent… Rebecka mènera cependant sa propre enquête avec l’aide de Krister, le maître chien, et leurs chiens à tous deux : Vera, le Morveux, Tintin ou Roy…
Une enquête passionnante et rythmée que j’ai beaucoup aimé découvrir.

Avec ce livre audio, s’achève mes écoutes pour le Prix Audiolib 2018 et dès la fin du mois, je publierai mon classement pour cette sélection qui m’a beaucoup plu.

Extrait : (début du livre)
Qu’est-ce qui peut bien faire hurler un chien de la sorte ? Samuel Johansson n’a encore jamais entendu son chien donner de la voix de cette façon.
Il est là, dans sa cuisine, en train de beurrer tranquillement une tartine. Son chien d’élan norvégien est attaché à sa chaîne dans la cour. Le calme règne alentour.
Le chien se met à aboyer. Un aboiement sonore et furieux, pour commencer.
Qu’est-ce qui le fait aboyer comme ça ? Pas un écureuil, en tout cas. Le fermier connaît sa manière d’aboyer quand il voit un écureuil. Un élan ? Non, sa voix est plus grave et plus pleine quand il a senti la piste d’un élan.
Soudain, il doit se passer quelque chose parce que le chien pousse un hurlement. Il hurle comme si les portes de l’Enfer venaient de s’ouvrir sous son nez. Le bruit réveille chez Samuel Johansson une terreur ancestrale.
Puis c’est le silence.
Samuel sort de chez lui en courant. Sans veste. Sans souliers. Sans réfléchir.
Il trébuche dans l’obscurité de l’automne vers le garage et le chenil.
L’ours est là, debout dans le halo de l’éclairage extérieur. Il tire sur le chien pour l’emporter, mais le corps sans vie de l’animal est toujours accroché à la chaîne. L’ours tourne sa gueule ensanglantée vers Samuel et rugit.
Samuel recule, manque de tomber. Mais tout à coup, il sent grandir en lui une force surnaturelle et il court, plus vite qu’il n’a jamais couru, retournant vers la maison pour aller chercher la carabine. L’ours ne le suit pas et pourtant Johansson a l’impression de sentir sur sa nuque le souffle chaud de l’énorme bête.
Il charge l’arme, les mains moites, avant de rouvrir sa porte avec précaution. Il doit garder son calme et viser juste. S’il le manque, tout peut aller très vite. L’ours blessé pourrait bondir sur lui en quelques secondes.
Il avance dans le noir. Un pas à la fois. Les poils dressés sur sa nuque comme de petites épingles.
L’ours est toujours là. Occupé à dévorer ce qui reste du chien. Il lève la tête quand Samuel retire la sécurité de la carabine.
Samuel n’a jamais autant tremblé qu’à présent. Il faut faire vite. Il essaye de garder son calme sans y parvenir.
L’ours balance la tête, menaçant. Grogne. Respire comme un soufflet de forge. Il fait démonstrativement un pas en avant. Samuel tire. Touche. L’ours tombe. Mais il se relève aussitôt. Et disparaît dans l’obscurité de la forêt.

À présent, il est introuvable. La lumière du garage n’éclaire pas assez loin.
Samuel rentre chez lui à reculons, pointant la carabine ici et là. L’oreille tendue vers les arbres. Il s’attend à chaque instant à voir l’ours revenir pour l’attaquer. Il n’y voit qu’à quelques mètres.
Encore vingt pas pour atteindre la porte. Son cœur bat fort. Cinq mètres. Trois. Ouf !
Il tremble à présent de tous ses membres. Il doit poser le téléphone portable sur la table et le tenir fermement de la main gauche pour pouvoir taper le numéro. Le président de la chasse décroche à la première sonnerie. Ils conviennent de lancer une battue dès le lever du jour. Ils ne peuvent rien faire dans le noir.

Déjà lu du même auteur :

9782226256096g Le sang versé 9782226318176m La piste noire

tant que dure ta colère Tant que dure ta colère

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La ferme du bout du monde – Sarah Vaughan

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Audiolib – avril 2018 – 12h43 – Lu par Julie Pouillon

Préludes – avril 2017 – 448 pages

traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Alice Delarbre

Titre original : The farm at the edge of the world, 2016

Quatrième de couverture :
Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.
1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin.
Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle va y découvrir.
Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix
ans plus tard ?

Auteur : Après des études d’anglais à Oxford, Sarah Vaughan s’est consacrée au journalisme. Elle a travaillé pendant onze ans au Guardian avant de publier La Meilleure d’entre nous. Elle vit près de Cambridge avec son époux et leurs deux enfants. La Ferme du bout du monde, son deuxième roman, est dans tous les classements de meilleures ventes en France depuis sa sortie.

Lecteur : Après des études littéraires, Julie Pouillon s’est formée à l’École du Théâtre d’Art de Moscou et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. Elle a notamment travaillé sous la direction de Bernard Sobel, Stanislas Nordey, Georges Lavaudant et David Lescot. Au cinéma, elle tourne dans La frontière de l’aube de Philippe Garrel et Une fois comme jamais de Céline Pouillon. Lectrice pour Le train des écrivains – Blaise Cendrars, Julie Pouillon est aussi l’interprète de fictions et nombreuses lectures radiophoniques pour France Culture.

Mon avis : (lu en juillet 2017 et écouté en mai 2018)
J’ai découvert ce livre en version papier l’été dernier, le titre et la couverture de ce roman m’avait fait très envie, d’autant que j’avais beaucoup aimé le premier livre de Sarah Vaughan.
La ferme du bout du monde est située dans les Cornouailles, au sommet d’une falaise et les premières phrases du livre nous plante un superbe décor propice au dépaysement. Dans cette ferme, il y a Maggy, sa fille Judith et Tom, le fils de Judith, qui tentent tant bien que mal de vivre des revenus de la ferme. C’est difficile, ils ont de nombreuses dettes et ils commencent sérieusement à envisager de vendre. 
Lucy, la fille de Judith, vient les rejoindre à la ferme. Elle a besoin de se ressourcer après avoir été trompée par son mari et, dans son travail d’infirmière, avoir failli tuer un bébé en lui administrant une mauvaise dose d’un médicament. Elle est effondrée et en revenant à la ferme, elle espère se reconstruire.
L’histoire ne se situe pas simplement de nos jours… il y a également des retours dans le passé, dans les années 40, avec Maguy jeune, et le lecteur va petit à petit découvrir un secret de famille enfouit dans le passé…
J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette histoire touchante et palpitante avec des personnages attachants dans de merveilleux paysages.

Extrait : (début du livre)
La ferme tourne le dos à l’océan et aux vents violents qui en montent par bourrasques : une longue bâtisse de granit tapie sur sa falaise. Depuis plus de trois cents ans elle est là, surveillant les champs d’orge et les troupeaux de vaches Ayrshire, qui paissent lentement, déplacent avec langueur leur masse d’un brun-roux tranchant sur le vert luxuriant.
Elle monte la garde, cette ferme, aussi immuable que les rochers, bien plus que les dunes mouvantes, elle regarde la haie débordant sur la route et prenant au piège les rares automobilistes – car peu s’aventurent jusqu’à ce lieu, qui surplombe, de très haut, la mer. Les détails changent avec les saisons – l’aubépine qui fleurit puis se dépouille, le ciel meurtri par la pluie qui s’illumine ensuite, la récolte rassemblée en meules hirsutes qui seront entreposées dans la grange… La vue, elle, reste la même : un ruban de route, s’éloignant de cette portion isolée de la côte, montant vers la tapisserie de champs pour rejoindre le cœur de la Cornouailles et le reste de la Grande-Bretagne. Et, au-delà, toujours, la lande domine la région, tout en tourbe menaçante, ocre et grise.
Au soleil, ce décor paraît idyllique. C’est une ferme qu’un enfant pourrait dessiner : un toit d’ardoises, un porche blanchi à la chaux, des fenêtres disposées avec une rigueur presque mathématique : une de chaque côté de la porte, et une troisième ajoutée au XVIIIe siècle, lors de l’agrandissement de la maison. Les proportions sont bonnes. Une construction sûre d’elle, bâtie pour résister au vent qui incline les arbres à angle droit, qui fouette les carreaux à coups de grosses gerbes de pluie, pour supporter hiver sur hiver. Deux cheminées la coiffent et, d’octobre à mai, l’odeur âcre du feu de bois se mêle aux relents puissants de la cour et aux parfums plus délicats de la côte : la puanteur fruitée du fourrage, l’odeur miellée des ajoncs et celle, salée, de l’eau, herbe humide et bouses de vaches, camomille et vesce pour le bétail.
Les jours de beau temps, les murs de granit de la maison, des granges et des dépendances brillent d’une douce lueur chaleureuse, la pierre scintillante ressort sur le bleu de l’eau. Des marcheurs, à la recherche d’un salon de thé, se délectent du spectacle qu’offre le jardin à l’arrière – les champs de céréales touffues, les vaches au ventre bien rond, les surfeurs chevauchant des moutons dans la baie. Puis ils entendent le chant. Une mélodie sublime, si constante et si irrépressible qu’elle a donné au lieu son surnom. Ce n’est plus Polblazey, mais Skylark Farm, la « ferme de l’alouette ».

Déjà lu du même auteur :

la meilleure d'entre nous La meilleure d’entre nous

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Ma Reine – Jean-Baptiste Andrea

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Audiolib – mars 2018 – 3h48 – Lu par Guillaume Jacquemont

L’Iconoclaste – août 2017 – 230 pages

Quatrième de couverture :
Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui : Viviane, la reine. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.

Auteur : Jean-Baptiste Andrea est né en 1971. Il est réalisateur et scénariste. Ma reine, publié chez L’Iconoclaste, est son premier roman.

Lecteur : Après une formation de comédien à l’E.S.C.A. du studio d’Asnières de 2014 à 2017, Guillaume Jacquemont joue dans Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare mis en scène par Hervé Van der Meulen. En 2017, il reprend le rôle de Chérubin dans Le Mariage de Figaro, mis en scène par Jean-Paul Tribout, et joue dans Palestro mis en scène par Bruno Boulzaguet.

Mon avis : (écouté en avril 2018)

Shell est un garçon de 12 ans, « différent ». Il ne va plus à l’école et il vit avec ses parents qui tiennent une station service. Après avoir fait une grosse bêtise et faillit mettre le feu, il comprend que ses parents veulent l’éloigner. Aussi, pour prouver sa bravoure et qu’il est un homme, Shell décide de partir de chez lui vers les hauts plateaux situés autour de chez ses parents, pour aller faire la guerre. Mais nous sommes en 1965, en Provence, et derrière la montagne, il n’y a ni guerre, ni ennemi… Il fait seulement la rencontre de Viviane, une jeune fille mystérieuse, qui sera sa reine… Entre conte et poésie, cette histoire m’a laissée sur ma faim… Shell est un personnage attachant, mais j’ai fréquemment perdu le fil de l’histoire et j’étais perdue par certains passages que je ne reliais pas à l’histoire…
Cette lecture a donc été mitigée…

Extrait : (début du livre)
C’est le soleil qui m’a réveillé, il appuyait sur mes paupières avec ses pouces chauffés à blanc. J’ai mis un bras en travers de mes yeux pour continuer à dormir. Il y avait un grand calme autour de moi, juste le bruit de l’air qui poussait sur la terre, mais au milieu de ce calme, il y avait quelque chose d’autre, une forme sculptée par le vent, et j’ai fini par ouvrir les yeux.
Elle me regardait, assise sur le rocher, le menton sur les genoux et les bras autour. J’ai sursauté et elle aussi. On s’est regardés sans trop savoir quoi faire.
– J’ai cru que t’étais mort, elle a fini par dire.
Elle avait une drôle de voix rauque, une voix de femme qui n’allait pas avec son corps de fille. Elle était très mince, tellement qu’elle avait l’air de pouvoir se glisser entre deux rafales de vent sans déranger personne. Ses cheveux étaient courts et blonds avec une longue mèche sur le front, un genre de coupe de garçon. Mais ce sont ses yeux qui m’ont frappé, et quand je dis frappé j’ai vraiment eu l’impression de recevoir un coup, parce qu’ils avaient l’air en colère et que je n’avais rien fait.
J’ai répondu que non, je n’étais pas mort. Je voulais qu’elle me laisse tranquille, j’avais besoin de penser, c’était la première fois de ma vie que j’avais dormi loin de mes parents et il fallait que je réfléchisse pour comprendre ce que ça voulait dire, j’étais sûr que c’était important. Au lieu de me laisser tranquille, elle m’a regardé en fronçant les sourcils mais pas tout à fait comme le font les gens à qui je parle pour la première fois et qui ont toujours l’air étonné. Ça m’a énervé parce que c’était nouveau et que je n’aime pas trop ce qui est nouveau.
Elle m’a dit son nom alors que je ne lui avais rien demandé. Viviane. Quand j’ai voulu lui dire le mien, elle ne m’a pas laissé parler.
– Ça fait mal, ta figure ?
J’ai touché ma joue, c’était dur et râpeux là où j’avais frotté la falaise, ça piquait juste un peu. J’ai grogné. Ensuite elle a désigné mon blouson, mon beau blouson jaune avec les lettres rouges dans le dos.
– Shell, c’est un drôle de nom.
Et elle a éclaté de rire. C’était quelque chose de chouette, son rire, c’était frais et c’était agréable. Mais bon, je ne m’appelais pas Shell. Shell, c’est une marque d’essence et je lui ai dit. Elle s’en fichait, elle aimait Shell, n’importe quel autre nom m’irait moins bien, ce serait moche. Après ça je me voyais mal lui dire comment je m’appelais.
– C’est toi qui es moche, j’ai répondu à la place.
Sur le coup je n’ai pas trouvé mieux, et franchement c’était déjà bien envoyé. Tellement bien envoyé que Viviane a serré les dents, elle est descendue du rocher. J’ai cru qu’elle allait me sauter dessus. Je suis fort mais elle avait l’air vraiment en colère. Je n’étais pas très rassuré. Quand elle a parlé, sa voix m’a fait penser au vent.
– Je t’ai pas autorisé à parler, elle a dit.
– Je parle si je veux.
– Je te déteste.
– Moi aussi.
Elle a eu l’air de réfléchir, elle a regardé le ciel, puis la terre. Du bout du pied, elle a fait un petit trou dans la poussière.
– Tu fais quoi ?
J’ai respiré de toutes mes forces pour me faire plus gros.
– Je vais à la guerre.
– Quelle guerre ?
J’ai ricané. Quelle guerre? Elle ne regardait jamais la télé ?
– Celle de la télé.
– Pourquoi ?
Toutes ces questions, ça me fatiguait, j’avais l’impression de prendre une raclée sans qu’elle me touche.
– C’est comme ça, je lui ai répondu. Les hommes, ça va à la guerre.
Elle a craché par terre, et là non plus ça n’allait pas avec son corps de fille, mais ça allait avec la rage dans ses yeux. Elle m’a encore demandé :
– Pourquoi ?
– Pourquoi quoi ?
– Tu veux être un homme.
Je n’ai pas su quoi répondre. Ça n’a pas dérangé Viviane, elle a répondu pour moi.
– T’es un grand échalas d’imbécile. Voilà pourquoi.
Je ne connaissais pas échalas mais je connaissais imbécile, et ça ne m’a pas fait plaisir. J’ai serré les poings.
J’ai vu tout de suite que je lui avais fait peur. Autrefois j’allais à la chasse avec mon père, jusqu’au jour où le fils Martel avait été tué d’un mauvais coup de fusil parce qu’on l’avait pris pour un sanglier, et ma mère avait dit qu’elle ne voulait plus que j’y aille. Mais je me rappelais la tête d’un renard que les chiens avaient acculé, et Viviane faisait la même. J’ai tout de suite défait mes poings. Elle avait les larmes aux yeux. C’est idiot, mais ça m’a donné envie de pleurer aussi.
– Je te déteste, elle a répété.
– Je te déteste encore plus.
Elle a tourné le dos et elle est partie, et ça m’a presque soulagé de ne plus voir ses yeux. Plus loin, elle s’est retournée.
– Je reviendrai demain.
Je me suis mis à rire, des fois ça effrayait les gens quand je riais comme ça tellement c’était fort. Qu’est-ce qu’elle croyait ? Demain, je serais loin d’ici, je serais de l’autre côté du plateau, peut-être même déjà à la guerre. J’ai ouvert la bouche pour me moquer d’elle et j’ai dit :
– D’accord.

Petit bac 2018Animal (3)

Bakhita – Véronique Olmi

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Audiolib – mars 2018 – 13h11 – Lu par Véronique Olmi

Albin Michel – août 2017 – 464 pages

Quatrième de couverture :
Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.  Bakhita  est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

Auteur : Dramaturge, comédienne, nouvelliste et romancière, Véronique Olmi est l’auteure de nombreux succès, dont Bord de mer, Le Premier amour ou Cet été-là. Les Éditions Albin Michel ont publié trois de ses romans, Nous étions faits pour être heureuxLa nuit en vérité, J’aimais mieux quand c’était toi et deux pièces de théâtre, Une séparation et Un autre que moi. 

Mon avis : (écouté et lu en avril 2018)
Quelle histoire poignante que celle de Bakhita, esclave soudanaise devenue religieuse, et qui a été canonisée par le pape Jean-Paul II en 2000.
Bakhita est née au Darfour vers 1869. Elle avait alors un autre prénom dont elle n’a pas gardé le souvenir. A cinq ans, elle est confrontée pour la première fois à la violence lorsque sa sœur aînée est enlevée dans son village. Quelques années plus tard, c’est elle-même qui subit le même sort. Elle a sept ans, alors qu’elle s’est écartée de son village, elle est enlevée par deux hommes qui la vendront à des négriers, elle découvre alors la violence, les coups, les humiliations du monde des esclaves… Les premiers jours, elle espère que son père viendra la sauver, puis elle se raccroche à ses souvenirs de la vie d’avant pour résister et espérer un avenir meilleur. Il lui faudra attendre six années avant d’être acheté par Calisto Legnani, un Italien, consul à Khartoum. Elle arrivera à le convaincre de l’emmener en Italie où une nouvelle vie va s’ouvrir à elle.
L’histoire de Bakhita est une histoire vraie, l’auteur a su nous la raconter avec simplicité et beaucoup de sensibilité. Bakhita est admirable de bonté et d’amour. Dans sa simplicité d’âme, et malgré les horreurs qu’elle a du subir et traverser, elle a toujours gardé espoir et fait le bien autour d’elle. Son histoire a encore une résonance avec ce qui se passe de nos jours, migrants, esclavage moderne…
J’ai écouté ce livre en parti en version audio et en version papier. J’ai eu un peu de mal au départ avec le ton pris par l’auteur dans la version audio et en même temps j’étais captivé par le texte et l’histoire de Bakhita que je ne voulais pas lâcher.
J’ai beaucoup aimé l’entretien avec l’auteur en bonus du livre audio, c’est un complément formidable à la lecture du livre.

 

Extrait : (début du livre)
Elle ne sait pas comment elle s’appelle. Elle ne sait pas en quelle langue sont ses rêves. Elle se souvient de mots en arabe, en turc, en italien, et elle parle quelques dialectes. Plusieurs viennent du Soudan et un autre, de Vénétie. Les gens disent : « un mélange ». Elle parle un mélange et on la comprend mal. On doit tout redire avec d’autres mots. Qu’elle ne connaît pas. Elle lit avec une lenteur passionnée l’italien, et elle signe d’une écriture tremblante, presque enfantine. Elle connaît trois prières en latin. Des chants religieux qu’elle chante d’une voix basse et forte.

On lui a demandé souvent de raconter sa vie, et elle l’a racontée encore et encore, depuis le début. C’est le début qui les intéressait, si terrible. Avec son mélange, elle leur a raconté, et c’est comme ça que sa mémoire est revenue. En disant, dans l’ordre chronologique, ce qui était si lointain et si douloureux. Storia meravigliosa. C’est le titre de la brochure sur sa vie. Un feuilleton dans le journal, et plus tard, un livre. Elle ne l’a jamais lue. Sa vie, à eux racontée. Elle en a été fière et honteuse. Elle a craint les réactions et elle a aimé qu’on l’aime, pour cette histoire, avec ce qu’elle a osé et ce qu’elle a tu, qu’ils n’auraient pas voulu entendre, qu’ils n’auraient pas compris, et qu’elle n’a de toute façon jamais dit à personne. Une histoire merveilleuse. Pour ce récit, sa mémoire est revenue. Mais son nom, elle ne l’a jamais retrouvé. Elle n’a jamais su comment elle s’appelait. Mais le plus important n’est pas là. Car qui elle était, enfant, quand elle portait le nom donné par son père, elle ne l’a pas oublié. Elle garde en elle, comme un hommage à l’enfance, la petite qu’elle fut. Cette enfant qui aurait dû mourir dans l’esclavage a survécu, cette enfant était et reste ce que personne jamais n’a réussi à lui prendre.

Petit bac 2018Mot unique (3)

Prix Audiolib : les deux nouveaux livres audios sont arrivés !

logoprixaudiolib2018J’ai trouvé les deux derniers livres audios de la sélection dans ma boîte aux lettres !
J’ai déjà lu en version papier « La ferme du bout du monde »,
j’ai très envie de découvrir « En sacrifice à Moloch »P1040269_x

J’ai déjà lu audio :
Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson
La Tresse de Laetitia Colombani
Quand sort la recluse – Fred Vargas
Underground Railroad – Colson Whitehead
La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben
Le jour d’avant – Sorj Chalandon
Bakhita – Véronique Olmi (billet en cours d’écriture)

en cours de lecture :
Ma reine – Jean-Baptiste Andrea

A suivre…