Le voyage de Marcel Grob – Philippe Collin et Sébastien Goethals

9782754822480 Futuropolis – octobre 2018 – 192 pages

Quatrième de couverture :
Le destin tragique de Marcel Grob, jeune Alsacien de 18 ans, enrôlé de force en juin 1944, dans la Waffen SS. Philippe Collin et Sébastien Goethals se basent sur l’histoire vraie d’un de ces « malgré nous » pour raconter comment et dans quelles conditions ces jeunes Alsaciens furent incorporés et durent combattre dans la SS.

Auteurs : Philippe Collin est un producteur de radio, auteur et journaliste, né à Brest le 6 avril 1975. Il effectue des études d’histoire à l’Université de Bretagne occidentale, à Brest. Il est titulaire d’une maîtrise d’histoire contemporaine consacrée à l’épuration des collaborateurs à la Libération.  En 2018, il est l’auteur avec Sébastien Goethals de la bande dessinée « Le voyage de Marcel Grob ». Il raconte l’histoire de Marcel Grob, un malgré-nous, un jeune alsacien de 17 ans qui doit intégrer la Waffen-SS en 1944. La bande dessinée est inspirée d’une histoire vraie, celle du grand oncle de Philippe Collin.
Né en 1970, Sébastien Goethals est un spécialiste du thriller en bande dessinée. De 2000 à 2002, il met en images les trois albums de Tower sur un scénario de l’écrivain bicéphale Ange. En 2004 et 2005, il met son sens de l’action et de l’efficacité graphique au service du premier épisode d’Angeline écrit par la comédienne Adeline Blondieau et le réalisateur Éric Summer. Il prend alors un certain recul par rapport à la bande dessinée. Par ailleurs il a réalisé les couleurs du premier épisode de Spoon & White, polar humoristique signé Yann et Jean Léturgie. Mais l’autre domaine de prédilection de Sébastien est l’animation et notamment la création de personnage. Il a ainsi travaillé sur le long métrage Kong et les séries Lost Continent, Stargate et Les Copains de la forêt. C’est avec grand plaisir qu’on le voit de retour en BD avec Ceci est mon corps.

Mon avis : (lu en février 2019)
Cette BD raconte l’histoire peu connue des « Malgré-nous », à travers le destin tragique de Marcel Grob, jeune Alsacien de 18 ans, enrôlé de force dans la Waffen SS, en juin 1944 .
En octobre 2009, Marcel Grob est un vieil homme de 83 ans qui se retrouve devant un juge qui l’interroge sur sa vie. Plus particulièrement sur le 28 juin 1944, jour où ce jeune Alsacien est intégré dans la 16e division Reichsführer, de la Waffen SS.
Pour le juge qui instruit son affaire, il va falloir convaincre le tribunal qu’il n’a pas été un criminel nazi. Marcel Grob doit se replonger dans ses douloureux souvenirs d’un « Malgré-nous », forcé d’aller combattre en Italie dans l’une des plus sinistres divisions SS.
Il n’est pas facile de différencier les jeunes Alsaciens enrôlés de force et les Volontaires venus combattre de leur plein gré…
Cette BD est l’occasion de découvrir un pan de l’Histoire, de la Seconde Guerre Mondiale et de l’Alsace à cette époque.
A la fin de l’album, il y a un cahier historique intéressant et rappelle l’horreur absolue des massacres systématiques de villages entiers durant tout le conflit aussi bien par les SS que par l’armée allemande.

Extrait :

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Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux – Martha Hall Kelly

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Charleston éditions – janvier 2018 – 576 pages

Pocket – janvier 2019 – 672 pages

traduit de l’américain par Géraldine d’Amicot

Titre original : Lilac girls, 2016

Quatrième de couverture :
Septembre 1939 : les hordes nazies déferlent sur la Pologne. Commence alors, pour trois femmes que tout oppose, un terrible et rigoureux hiver…
Il y a Caroline, d’abord. L’ancienne actrice américaine vit dans l’opulence, mais la guerre en Europe va bouleverser tout son quotidien… Kasia ensuite, cette jeune Polonaise qui rentre en Résistance, au péril de sa vie et de celles des siens. Herta, enfin, que son ambition dévorante jettera parmi les monstres – au point de s’y conformer.
Toutes trois l’ignorent encore mais elles ont rendez-vous, au plus noir de l’hiver : au camp de Ravensbrück…
Un premier roman remarquable sur le pouvoir méconnu des femmes à changer l’Histoire à travers la quête de l’amour, de la liberté et des deuxièmes chances.

Auteur : Martha Hall Kelly vit à Atlanta, en Géorgie. Son premier roman, Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, a paru en 2018. Comparé à Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, inspiré de faits réels, ce roman est devenu dès sa parution un best-seller du New York Times.  

Mon avis : (lu en décembre 2018)
C’est grâce au Café Lecture de la Bibliothèque que j’ai découvert ce livre. Martha Hall Kelly s’est inspirée de faits réels pour raconter l’histoire de trois femmes durant la Seconde Guerre mondiale : l’américaine Caroline Ferriday , l’allemande Herta Oberheuser et l’adolescente polonaise Kasia Kuzmerick. Les deux premières ont réellement existé, la dernière est un personnage de fiction inspiré de personnes réelles. 
Caroline Ferriday est une philanthrope américaine qui travaille bénévolement au consulat de France de New-York  avec l’Association des Déportés et Internées Résistantes (ADIR) afin de venir en aide aux orphelins français.
Kasia est une jeune résistante Polonaise envoyée à Ravensbruck, camp de concentration pour femmes, où elle croisera la route de l’ambitieuse médecin allemand Herta Oberheuser qui lui fera subir de cruelles expérimentations médicales.
Cette histoire dénonce la lâcheté et la cruauté de ces années mais montre également le courage et la force de Kasia et Caroline pour que l’Histoire n’oublie jamais.

Extrait : (début du livre)
Caroline
Si j’avais su que j’allais rencontrer l’homme qui me fracasserait comme le pot de terre contre le pot de fer, j’aurais fait la grasse matinée plutôt que de tirer de son lit notre fleuriste, M. Sitwell, pour qu’il me prépare une boutonnière. C’était mon premier gala au consulat et je n’allais pas me gêner.
Je me fondis dans la marée humaine qui remontait la cinquième avenue. Des hommes coiffés de feutre gris me dépassaient. Les journaux du matin, fichés dans leurs mallettes, arboraient les derniers titres anodins de la décennie. Aucun orage ne menaçait à l’est ce jour-là, aucun mauvais présage de ce qui nous attendait. Rien de mauvais ne nous venait de l’Europe, si ce n’est l’odeur d’eau stagnante qui montait de l’East River.
À l’approche de notre immeuble, au coin de la cinquième avenue et de la 49e rue, je sentis le regard de Roger qui me guettait de sa fenêtre à l’étage. Il avait licencié des employés pour bien moins que vingt minutes de retard. Mais je n’allais quand même pas me contenter d’une boutonnière minable, le seul jour de l’année où l’élite new-yorkaise ouvrait son portefeuille et prétendait se soucier de la France.
Je passai le coin et vis les lettres d’or gravées sur la pierre angulaire briller au soleil : LA MAISON FRANÇAISE. Le bâtiment français où se trouvait le consulat de France se dressait à côté de celui de l’Empire britannique. Tous les deux donnaient sur la cinquième avenue et faisaient partie du Rockefeller Center, le nouvel ensemble de granit et de calcaire construit par Rockefeller Junior. De nombreux consulats étrangers y avaient leurs bureaux, ce qui favorisait les échanges diplomatiques internationaux.
— Avancez jusqu’au fond et tournez-vous vers la porte, ordonna Cuddy, notre garçon d’ascenseur.
M. Rockefeller avait lui-même trié tous ses employés sur le volet, selon des critères esthétiques et en fonction de leurs bonnes manières. Cuddy était particulièrement beau même si ses cheveux étaient déjà poivre et sel, comme si son corps se hâtait de vieillir.
Cuddy fixa les chiffres illuminés au-dessus des portes.
— Il y a foule dans vos bureaux aujourd’hui, mademoiselle Ferriday. Pia a dit que deux nouveaux bateaux étaient arrivés.
— Merveilleux.
Cuddy épousseta une poussière invisible sur la manche de sa veste d’uniforme bleu marine.
— Est-ce que vous finirez encore tard ce soir ?
Si nos ascenseurs étaient censés être les plus rapides du monde, ils prenaient quand même une éternité.
— Je partirai à cinq heures ce soir. Nous avons un gala.
J’adorais mon travail. C’était ma grand-mère Woolsey qui avait instauré la tradition du bénévolat dans ma famille en soignant des soldats sur le champ de bataille de Gettysburg. J’étais responsable de l’aide aux familles pour le consulat de France, mais ce n’était pas vraiment du travail à mes yeux, plutôt une passion héréditaire pour tout ce qui était français. Mon père avait beau être à demi irlandais, son cœur battait pour la France. De plus, Mère avait hérité d’un appartement à Paris, où nous passions tous les mois d’août, aussi m’y sentais-je chez moi.
L’ascenseur s’arrêta. La terrible cacophonie qui me parvint, même à travers les portes fermées, me fit trembler.
— Troisième étage, annonça Cuddy. Consulat de France. Attention à…

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Orphelins 88 – Sarah Cohen Scali

orphelins88 R jeunes adultes – septembre 2018 – 432 pages

Quatrième de couverture :
Munich, juillet 1945.
Un garçon erre parmi les décombres…
Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D’où vient-il ? Il n’en sait rien. Il a oublié jusqu’à son nom. Les Alliés le baptisent  » Josh  » et l’envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l’aider à lever le voile de son amnésie.
Dans une Europe libérée mais toujours à feu et à sang, Josh et les nombreux autres orphelins de la guerre devront panser leurs blessures tout en empruntant le douloureux chemin des migrants.
Si ces adolescents sont des survivants, ils sont avant tout vivants, animés d’un espoir farouche et d’une intense rage de vivre.
Un roman saisissant qui éclaire un pan méconnu de l’après- Seconde Guerre mondiale et les drames liés au programme eugéniste des nazis, le Lebensborn.

Auteurs : Sarah Cohen-Scali est née en 1958 à Fès, au Maroc. Licenciée en philosophie, elle a aussi suivi des études d’art dramatique. Elle écrit des romans policiers et fantastiques pour les petits, les adolescents et les adultes, ainsi que des romans noirs. Elle a publié une cinquantaine de livres.

Mon avis : (lu en octobre 2018)
Après Max dont l’histoire se terminait dans les ruines de Berlin et dans un orphelinat… Sarah Cohen-Scali poursuit la découverte du sujet avec, en juillet 1945, la découverte de Josh dans les ruines de Munich par les Alliées. Il a entre 10 et 12 ans et il a tout oublié. Il est confié à un orphelinat où Ida, la directrice très dévouée, va l’aider à sortir de son amnésie.
Le titre « Orphelins 88 » évoque la réalité historique du code 88 : un code de reconnaissance pour les nazis se reconnaissent entre eux. Il correspond à l’abréviation HH (la 8ème lettre de l’alphabet, pour « Heil Hitler »). Ce code reste aujourd’hui un signe de reconnaissance néonazi…
Pour écrire cette histoire, Sarah Cohen-Scali s’est beaucoup documentée sur la guerre et l’après-guerre. Ida a réellement existé, elle s’appelait Greta Fisher. Pour créer son héros, Josh, elle s’est inspirée de deux enfants qui ont existé et d’un personnage de fiction. Un enfant de 10 ans recueilli par Greta Fisher, il est arrivé complètement amnésique, il était bourré de réflexes conditionnés, il ne pouvait pas s’empêcher de tendre le bras et crier « heil hitler », il chantait des chants nazis, il récitait des poèmes à la gloire d’hitler. Cet enfant avait été détenu dans un camp de concentration et était devenu la mascotte d’un nazi. Un enfant qui apparaît dans le livre de Primo Levy « La trêve » et qui lui aussi donnait des ordres en allemand, et qui voulait devenir Kapo, il avait été lui-même l’esclave d’un Kapo du camp. Et le personnage de fiction est issu du le livre « Le Choix de Sophie » de William Styron, c’est le fils de Sophie, pour le sauver, elle va supplier le commandant allemand d’intégrer son petit garçon dans un Lebensborn.
Sarah Cohen-Scali évoque également un sujet méconnu de cette période : celui du racisme. Ainsi, les soldats Noirs Américains se sont sentis mieux accueillis en Allemagne qu’aux États-Unis où le racisme était omniprésent. L’auteure a trouvé beaucoup de témoignages sur la ségrégation raciale au sein de l’armée, les Noirs étaient relégués aux postes inférieurs, à ceux les plus pénibles : cuisine, transports, déminage…
Cette histoire a également une grande résonance avec notre époque : de nombreux enfants se retrouvent sur les routes ou dans des camps de réfugiés, ils recherchent des pays d’accueil. Mais ils font peur, qu’ils soient enfants issus des Lebensborn ou survivants des camps, vont-ils pourvoir s’adapter dans un nouveau pays ? Ne risquent-ils pas, plus tard, de poser des problèmes ?
J’ai beaucoup aimé ce roman, ses personnages attachants et émouvants et j’ai également
historiquement beaucoup appris.

Extrait : (début du livre)
« You ! ARE NOW ENTERING Germany DON’T FRATERNIZE »
Ces panneaux, dans les zones frontalières. Plantés au milieu des ruines comme des épouvantails. Certains se tiennent bien droit, fiers, arrogants, d’autres sont de guingois et semblent vous regarder d’un œil torve, comme des bonhommes ivres, l’air de dire essaie un peu de me déraciner ! La première fois que j’en ai vu un, j’ai été pris de panique. Je me suis caché, terré au fond d’une cave pendant toute une journée.
Mes yeux, affolés, aveuglés, n’avaient enregistré qu’une partie du message.
You ! … German ! … Don’t ! …
Toi ! L’Allemand ! Interdiction !
J’ai cru voir un doigt accusateur pointé sur moi. Qui me désignait, me dénonçait, moi et moi seul. Puis je me suis efforcé de réfléchir, de me rappeler les cours d’anglais de la Napola (1). J’étais bon en anglais, c’était une de mes matières préférées, j’avais le meilleur accent de la classe, ce qui n’était pas toujours bien vu. Certains instructeurs me disaient que j’en faisais trop, qu’il ne fallait pas à ce point s’assimiler à l’ennemi, d’autres au contraire m’encourageaient. « Continue ! Tu ferais un bon espion ! »

(1) École d’élite du Reich

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Rencontre Babelio avec Sarah Cohen Scali

Déjà lu du même auteur :

Max_gallimard Max

 

Un sac de billes – Kris et Vincent Bailly

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Futuropolis – février 2017 – 128 pages

Futuropolis – avril 2011 – 64 pages  (tome 1 : Partie 1)

Futuropolis – novembre 2012 – 64 pages  (tome 2 : Partie 2)

Quatrième de couverture :
Traduit dans le monde entier, dont récemment en Chine, avec quelque 25 millions d’exemplaires vendus, Un Sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joffo y raconte ses souvenirs de jeune Juif durant l’Occupation allemande. La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Auteurs : Kris est né en 1972, vit en Bretagne.
Il se lance dans la BD en 2002: Toussaint 66, puis Le Déserteur.
2006: Un Homme est mort et Le Monde de Lucie.
2008: Coupures Irlandaises et Les Ensembles contraires.
2009: Les Ensembles contraires, tome 2 et Notre Mère la Guerre.
Vincent Bailly, qui naît à Nancy en 1967 et fait ses études à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg, réside à présent à Chalons-en-Champagne avec sa famille. Ses deux premières années professionnelles sont consacrées aux dessins de presse et à l’illustration de livres pour enfants, mais c’est une période difficile car son trait est plutôt dur, rêche et brut. Il rencontre Roger Seiter et Isabelle Mercier, tous deux scénaristes de bandes dessinées, qui lui proposent une collaboration. À la veille d’une signature de contrat pour son premier album, un poste de professeur de dessin lui est proposé, mais il décline l’offre, délaissant la perspective d’un travail plus stable au profit d’une aventure, celle de Coeur de Sang. Amateur de bandes dessinées depuis longtemps, il aime beaucoup Druillet, Corben et Loisel, qu’il compte d’ailleurs dans ses principales influences, tout comme Miller, Mignola et Thierry Robin.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est l’adaptation en BD du roman « Un sac de billes» de Joseph Joffo, un classique de la littérature jeunesse. En septembre 1941, Jo a 10 ans, c’est un gamin parisien, joyeux, farceur et dégourdi du 18e arrondissement. C’est le petit dernier d’une fratrie de six, complice de Maurice est son aîné de deux ans. Les Allemands occupent Paris et le port de l’étoile jaune devient obligatoire pour tous les Juifs. Leurs parents décident que leurs deux cadets doivent fuir et gagner la zone libre pour rejoindre leurs frères aînés installés à Menton. Avec un peu d’argent et l’importante consigne : « Ne dis jamais que tu es juif ! », Joseph et Maurice partent pour un long voyage vers la liberté. Grâce à leur débrouillardise, à leur bon sens, à leur courage, à l’aide d’hommes justes et à la chance, ils vont réussir cette entreprise un peu folle…
Cette bande dessinée fidèle au récit d’origine est un bon moyen de découvrir le témoignage autobiographique de l’auteur du haut de ses dix ans.

Extrait :

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Max – Sarah Cohen-Scali

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Gallimard jeunesse – mai 2012 – 480 pages

Gallimard jeunesse – avril 2015 – 480 pages

Quatrième de couverture :
« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »
Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Auteur : Sarah Cohen-Scali est née en 1958. Après des études de lettres, de philosophie et d’art dramatique, elle s’est finalement consacrée à la littérature, sa grande passion. Elle a écrit une quarantaine de romans et nouvelles, son domaine de prédilection étant le roman noir. Sarah vit à Paris avec sa famille.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Début septembre, j’ai été retenue par Babelio pour la rencontre avec Sarah Cohen-Scali pour son nouveau livre « Orphelins 88 ». En attendant la réception du livre, c’était la bonne occasion  de lire « Max » le premier livre de l’auteur sur la même thématique. 
1936, en Bavière, le roman commence dans dans le premier foyer du programme « Lebensborn » organisé par Himmler. Il s’agit de sélectionner des femmes aryennes qui seront accouplées à des officiers SS pour donner naissance à des bébés parfaitement aryens afin de créer une jeunesse parfaite.
Le narrateur, Max, est un bébé prêt à naître, déjà empreint de l’idéologie nazi depuis le ventre de sa mère, il veut absolument à voir le jour le 20 avril, date anniversaire du Führer. Il sera le premier à naître de ce terrifiant programme eugénique, il passera l’ épreuve de sélection. Max est le prénom que lui a donné secrètement sa mère, dont il sera rapidement séparé. Il est rebaptisé Konrad et grandit, sans maman, sans tendresse, éduqué dans la doctrine nazie. Il devient rapidement la mascotte du foyer et échappe à l’adoption. Max nous raconte tout ce qui se passe dans le foyer, ce qu’il voit, ce qu’il comprend par lui-même… Dès l’âge de quatre ans, il est utilisé pour kidnapper des enfants polonais ayant les caractéristiques aryennes… Max est de plus en plus un petit « robot » nazi, sans cœur et sans scrupule. C’est sa rencontre avec Lukas, un jeune polonais, qui va le faire évoluer. Pour la première fois de sa vie, il ressent un sentiment envers quelqu’un, Max voudrait que Lukas devienne son ami… Le lecteur va suivre le duo évoluer jusqu’en 1945…

Évidement, c’est un roman, mais tout ce qui est arrivé dans le traitement des futurs mères, des bébés, des enfants est historiquement vrai. Sarah Cohen-Scali a fait un immense travail de documentation autour des Lebensborn et programmes nazis autour de la jeunesse. C’est incroyable, terrifiant, et immensément dérangeant. 
Roman coup de poing et inoubliable !
Cependant, je suis très surprise que ce livre ait été édité dans une collection jeunesse… A ne pas lire avant 14 ans !

Extrait : (début du livre)
Je ne sais pas encore comment je vais m’appeler. Dehors, ils hésitent entre Max et Heinrich. Max, comme Max Sollmann, le directeur administratif du foyer qui va bientôt m’accueillir. Ou Heinrich, en hommage à Heinrich Himmler qui, le premier, a eu l’idée de ma conception et celle de mes camarades à venir.
Personnellement, j’aurais une préférence pour Heinrich. J’ai beaucoup de respect pour Herr Sollmann, mais il faut toujours viser haut dans la hiérarchie. Herr Himmler est plus important que Herr Sollmann. Il n’est ni plus ni moins que le bras droit du Führer.
Peu importe de toute façon, on ne me demandera pas mon avis.
Nous sommes le 19 avril 1936. Bientôt minuit.
J’aurais dû naître hier déjà, mais je n’ai pas voulu. La date ne me convenait pas. Alors je suis resté en place. Immobile. Figé. Oh ! Ça fait souffrir ma mère, bien sûr, mais c’est une femme courageuse et elle supporte ce retard sans se plaindre. D’ailleurs, je suis certain qu’elle m’approuve.
Mon vœu, le premier de ma vie à venir, est de voir le jour le 20 avril. Parce que c’est la date anniversaire de notre Führer. Si je nais le 20 avril, je serai béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde.
À l’heure où je vous parle, je suis donc dans le ventre de ma mère et ma naissance est imminente. Plus que quelques minutes à tenir. Mais en attendant, vous n’avez pas idée du trac qui me noue les tripes ! Je suis si inquiet ! Bien que je n’aie aucune raison d’en douter, je crains que le duvet de mon petit crâne de bébé, et plus tard lorsqu’ils pousseront, mes cheveux, ne soient pas assez blonds. Or il faut absolument qu’ils soient blonds ! Un blond platine. Le plus clair possible, sans la moindre nuance de châtain qui pourrait les ternir. Mes yeux, je les veux bleus. Un bleu transparent, comme une eau pure qu’on ne pourrait contempler sans avoir l’impression de s’y noyer. Je veux être grand et fort…

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Irena – tome 3 : Varso-Vie – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël

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Quatrième de couverture :
1947. Bien que l’Allemagne nazie soit tombée, le cauchemar pour les Juifs d’Europe n’est pas terminé. Persécutés par les communistes, abandonnés par les Alliés, leur route vers la terre promise d’Israël a encore des allures de long calvaire… Cette réalité, la jeune Oliwka la découvre brutalement lorsqu’on lui apprend qu’elle avait été confiée, encore bébé, à une famille adoptive pendant la guerre. Que sa véritable identité avait été changée pour échapper aux nazis. En réalité, elle s’appelle Astar Berkenbaum. Elle est juive. Et comme des milliers d’enfants, elle ne doit la vie sauve qu’à une femme : Irena Sendlerowa.
Série poignante et d’utilité publique, Irena nous raconte le destin hors-norme de l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre mondiale. Ce troisième et dernier volume nous raconte la fin de son enfer en prison, mais aussi le début d’un autre combat : celui pour le salut de ses enfants au sortir de la guerre.

Auteur : Né  en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna. En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage, commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte. En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya.
En 2013, chez Glénat, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, toujours chez Glénat, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès.

Mon avis : (lu en mars 2018)
Ce troisième épisode se commence sur la rencontre d’une des 2500 enfants sauvés par Irina. Elle a été confiée à une famille catholique sous le prénom d’Oliuka et en 1947, le jour où elle devait faire sa communion, elle apprend la vérité. Son vrai nom est Astar Berkenbaum et que ceux qu’elle pensait être ses parents, ne le sont pas. Pour sa sécurité, elle doit être retirée à sa famille d’adoption catholique pour partir en Palestine, vers ses racines juives.
En 1965, Irena Sendlerowa est déclarée « Juste parmi les nations ». Elle a survécue à la guerre.
Bien des années plus tard, Astar raconte son histoire à sa fille et lui présente Irena. Une rencontre touchante qui achève une série indispensable à découvrir.
Mais finalement, ma grande surprise, un quatrième épisode est annoncée à cette série… J’aurai certainement la curiosité de le découvrir.

 

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

91sYNAhtwWL Irena – tome 1 : Le ghetto  91dLnOPDZ-L Irena – tome 2 : Les justes

 

La Chorale des dames de Chilbury – Jennifer Ryan

Lu en partenariat avec Albin Michel

91Netsp2frL Albin Michel – mars 2018 – 460 pages

traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier

Titre original : The Chilbury ladies’ choir, 2018

Quatrième de couverture :
1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. Autour de Miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide ; Venetia, la « tombeuse » du village ; Silvie, une jeune réfugiée juive; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes… Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s’inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde les âmes de ce chœur que vous n’êtes pas près d’oublier.

Auteur : Née dans un petit village du Kent, Jennifer Ryan a été éditrice à Londres avant de partir à Washington avec sa famille. Plusieurs de ses nouvelles ont été publiées dans des revues littéraires. La Chorale des dames de Chilbury est son premier roman.

Mon avis : (lu en mars 2018)
J’ai dévoré ce livre lors du dernier week-end pluvieux… Ce livre m’a fait penser à un autre roman : Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates.
L’auteure s’est inspirée des histoires de sa propre grand-mère ainsi que d’extraits de journaux intimes tenus par des femmes de l’époque pour écrire ce beau roman plein de vie et de tendresse.
C’est une histoire typiquement britannique à propos d’une communauté de femmes qui contribuent à l’effort de guerre, essayant de survivre et de vivre leur vie pendant que le monde s’effondre autour d’elles. L’histoire est racontée au lecteur à travers de lettres échangées et d’extraits de journaux intimes de plusieurs personnages du petit village anglais de Chilbury de mars 1940 à août 1940.
Tout commence avec la décision du pasteur de dissoudre la chorale du village puisque tous les hommes ou presque sont partis à la guerre. Mais l’arrivée à Chilbury de miss Primerose Trent, dite Prim, professeur de chant, va permettre à la chorale de renaître avec uniquement des voix féminines. La chorale va fédérer les femmes. C’est l’occasion de se réunir pour se soutenir, pour rendre hommage aux disparus, pour se sentir vivantes, pour défier cette guerre et ses horreurs…
Avec les voix de Mrs Tilling, des sœurs Venetia et Kitty, de Silvie et d’Edwina, le quotidien de Chilbury est raconté avec ses joies et ses peines, ses  bombardements et ses morts, ses naissances et ses amours… Selon leur âge, leur vie et leurs rêves elles partagent avec nous leurs préoccupations et leurs doutes durant cette période troublée. Les personnages sont le plus souvent attachants et j’ai passé un très bon moment en compagnie des Dames de la chorale de Chilbury !
Merci Claire et Albin Michel pour m’avoir permis de savourer ce premier roman choral.

Extrait : (début du livre)
Premier enterrement de la guerre, et notre petite chorale de village ne pouvait tout simplement pas chanter juste. « Saint, saint, saint » boitait comme si nous étions un brouhaha de moineaux bavards. Mais ce n’était pas à cause de la guerre, ou le jeune scélérat Edmund Winthrop torpillé dans son sous-marin, ou même la conduite abyssale du Vicaire. Non, c’était parce que c’était la dernière performance du Chilbury Choir. Notre chanson de cygne. 
« Je ne vois pas pourquoi on devrait arrêter », a lancé sèchement Mrs. B. quand nous nous sommes assemblées ensuite dans le cimetière brumeux. « Ce n’est pas comme si nous étions une menace pour la sécurité nationale. »
– Tous les hommes sont partis, ai-je soufflé en retour, consciente que nos voix portaient de façon gênante dans la foule réunie pour l’enterrement. « Le pasteur dit qu’il ne peut pas y avoir de chœur sans hommes.
– Et pourquoi, sous prétexte que les hommes sont partis à la guerre, devrions-nous dissoudre la chorale ? Au moment précis où nous en avons le plus besoin ! Non mais, qu’est-ce qu’il va supprimer ensuite ? Ses carillonneurs bien-aimés ? Le culte du dimanche ? Noël ? Il y a des limites ! » Elle a croisé les bras exaspérée. « D’abord, on nous confisque nos hommes pour les envoyer combattre, ensuite on nous force à travailler, nous autres femmes, puis on rationne la nourriture et maintenant, on dissout notre chorale. D’ici à ce que les nazis arrivent, il ne restera plus rien, sauf une poignée de malheureuses prêtes à se rendre.
– Mais c’est la guerre, ai-je répliqué, essayant de tempérer ses récriminations. Nous autres femmes devons assumer une charge de travail supplémentaire pour la bonne cause. Cela ne me dérange pas de faire l’infirmière à l’hôpital, même si c’est assez lourd, en plus de mes tâches au dispensaire du village qu’il faut maintenir ouvert.
– La chorale fait partie de la vie de Chilbury depuis l’aube des temps. Il y a quelque chose de réconfortant à chanter ensemble. » Elle a bombé le torse, sa haute silhouette carrée évoquant celle d’un maréchal corpulent.
Le cortège a pris la direction du manoir de Chilbury pour le verre de sherry et le sandwich au concombre de rigueur.

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Irena – tome 2 : Les justes – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël

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Quatrième de couverture : 
Irena Sendlerowa a réellement existé. Membre du centre citoyen d’aide sociale pendant la seconde guerre mondiale, elle s’engagea dans la résistance et sauva 2500 enfants de l’enfer du ghetto de Varsovie. Voici l’histoire de cette femme exceptionnelle.

Auteur : Né  en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna. En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage, commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte. En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya.
En 2013, chez Glénat, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, toujours chez Glénat, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès.

Mon avis : (lu en mars 2018)
Dans ce deuxième tome de cette trilogie, Irina a décidé de s’engager dans la résistance et nous suivons son travail formidable avec d’autres volontaires comme Antoni et le docteur Janusz Korczak, pour organiser l’évasion des enfants et les mettre à l’abri des nazis. Avec beaucoup d’imagination, de nombreux enfants vont pouvoir sortir du camp, avoir une nouvelle identité et être envoyés dans une famille d’accueil…
En parallèle, nous suivons également l’arrestation d’Irena et les interrogatoires qu’elle subira sous la torture. Son courage et sa volonté l’aidera à ne jamais elle parler.
Tout est raconté avec justesse et retenue, le pathos est évité. Le lecteur ne peut être qu’admiratif devant l’œuvre d’Irina et ses amis qui permettra de sauver 2500 enfants du ghetto de Varsovie. 

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

91sYNAhtwWL Irena – tome 1 : Le ghetto

Irena – tome 1 : Le ghetto – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël

91sYNAhtwWL Glénat – janvier 2017 – 72 pages

Quatrième de couverture :
1940, l’armée nazie a envahi la Pologne. À Varsovie, les Juifs de la ville ont été parqués dans le ghetto : un quartier entier entouré de murs. Quiconque tente de s’en échapper est abattu sans sommation ; les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena vient tous les jours apporter vivres et soutien à ceux qui sont enfermés dans cet enfer et qui souffrent de maladies et de malnutrition. Ici, tout le monde la connait, les enfants l’adorent. Car Irena est un modèle de courage : elle n’hésite pas à tenir tête aux gardiens, à faire toujours plus que ce qu’autorise l’occupant nazi.

Auteur : Né  en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna. En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage, commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte. En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya.
En 2013, chez Glénat, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, toujours chez Glénat, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès.

Mon avis : (lu en février 2018)
Cet album est le premier tome d’une trilogie qui rend hommage à Irena Sendlerowa. Cette femme est une authentique résistante polonaise qui a sauvé plus de 2 000 juifs d’une mort certaine. En 1965, elle a été reconnue comme Juste parmi les Justes.
En mars 1941, Irena est infirmière sociale à Varsovie, elle se rend quotidiennement dans le ghetto de Varsovie pour tenter de soulager le sort des nombreux Juifs qui y ont été parqués. Elle distribue de la soupe, des vieux vêtements, elle soigne comme elle le peut les malades. C’est une femme courageuse qui n’hésite pas à tenir tête aux gardiens nazis si ceux-ci abusent de leur pouvoir. Lorsqu’un jour, une jeune mère, sur son lit de mort, lui confie la vie de son fils, Irena hésite à accepter… A-t-elle le droit de mettre en danger ses collègues de travail en acceptant ? Pourquoi sauver cet enfant et pas un autre ?
Ce premier tome est celui de la prise de conscience d’Irena.
Le dessin au trait arrondi, plein de douceur et les couleurs franches s’équilibrent avec la gravité de l’histoire. Cette BD est bouleversante et fait intelligemment œuvre de mémoire.

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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