Sauveur & Fils saison 4 – Marie-Aude Murail

41mFka+jzUL.jpg École des Loisirs – juin 2017 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Comment résoudre tous nos problèmes ?
On peut, comme Jean-Jacques, s’enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s’enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l’avenir, ou bien, comme Jérôme, s’enfuir en abandonnant femme et enfants.
Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face.
Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s’est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l’émotion et de l’amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t’aime (2013).

Mon avis : (lu en août 2018)
J’ai toujours autant de plaisir à suivre les différents épisodes de la série « Sauveur & Fils », nous voilà à la 4ème saison qui semble-t-il est également (à mon grand regret) la dernière.
Sauveur est psychologue clinicien à Orléans, d’origine martiniquaise, veuf, il élève seul son fils Lazare.
Côté professionnel, le lecteur découvre les différents patients du psychologue et leurs questionnements, problèmes et évolutions… Des adultes, des enfants, ils sont souvent très attachants et qui nous fait réfléchir sur des sujets très actuels et variés. Ella voudrait être un garçon, son père, Camille, est un alcoolique en désintoxication, Maïlys, quatre ans, cherche à attirer l’attention de ses parents, il y a Margaux et Blandine, deux sœurs, ou Samuel, qui ne supporte plus sa mère très envahissante. Solo le gardien prison et Jean-Jacques, qui refuse de quitter sa chambre, sont de nouveaux patients…

Côté personnel, Sauveur s’est créé une famille recomposée en accueillant chez lui, Gabin, l’adolescent dont la mère est malade, Jovo, l’ancien légionnaire SDF, qui fait office de grand-père. Il y a également Louise, son amoureuse, et ses deux enfants : Paul, copain inséparable de Lazare, et Alice, sa grande sœur. Ils ont du mal à se faire une place à plein temps dans la petite maison de Sauveur… Et enfin, il ne faut pas oublier la grande famille des hamsters qui n’en finit pas de s’agrandir…
Je vous encourage à découvrir cette série formidable, intelligente et réaliste. Une série qui fait du bien, avec beaucoup d’humanité, d’empathie, de bienveillance et également de l’humour !

Extrait : (début du livre)
Semaine du 4 au 10 janvier 2016
– Pourquoi on est là, au fait ?

– Mais tu sais bien, c’est le docteur qui t’a dit de voir ce psy.
– Mais j’ai rien à lui dire. Comment il s’appelle déjà ?
– Sauveur Saint-Yves.
Le jeune homme passa la main sur la barbe mousseuse et clairsemée qui lui envahissait les joues et le cou comme de la mauvaise herbe.
– Je lui dis quoi ?
– Mais tu sais bien, dit sa mère. Que tu dors pas. Que tu sors pas. Que tu es toujours sur tes jeux.
– Il va me répondre : achète-toi une vie.
Tous les deux parlaient à voix basse, avec les précautions qu’on prend dans la chambre d’un grand malade qui s’est endormi malgré la souffrance.
– Monsieur Luciani ?
Le jeune homme tressaillit. Comme il ne sortait plus de sa chambre, personne ne l’interpellait de cette façon. Il tourna la tête vers la porte qui venait de s’ouvrir et eut un regard d’ébahissement qui le fit paraître très enfantin, très démuni. Il s’attendait à voir un docteur dans le style de Dubois-Guérin, son médecin généraliste, un petit moustachu ratatiné derrière son bureau. Mais ce psychologue de quartier était un grand Noir décontracté dans un costard avec chemise blanche au col ouvert.
– Si vous voulez bien me suivre ? dit-il avec un discret signe de tête pour saluer la femme.
Il leur fit traverser le couloir qui séparait la salle d’attente de son cabinet de consultation. D’ordinaire, les nouveaux patients jetaient autour d’eux un bref regard d’inspection. Mais le jeune homme se tint immobile près d’un fauteuil, les yeux dans le vide.
– Asseyez-vous, l’invita Sauveur. Vous aussi, madame.
Madame Luciani posa son sac et son manteau sur le canapé et s’assit. C’était une petite femme au teint olivâtre, des cernes noirs lui creusant les yeux. Ses cheveux mal coupés, qui avaient été d’un noir de jais, grisonnaient à la racine.
– C’est moi qui vous ai appelé la semaine dernière pour prendre un rendez-vous pour mon fils.
– Mm, mm.
– Sur le conseil de mon généraliste.
– D’accord.
Silence. Lourde respiration du jeune homme. Il déplaça son corps dans le fauteuil comme un dormeur se retourne sur son matelas.
– Et vous, monsieur ? le sollicita Sauveur.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin

92806891 3000 façons de dire je t’aime 

114911377 Sauveur et fils – saison 1 117081217 Sauveur & Fils – saison 2 

51dQo72i0DL Sauveur et Fils saison 3

Petit bac 2018
Mot positif (6)

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Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 11 ans – Riad Sattouf

51ZNjb2mdML Allary éditions – janvier 2017 – 54 pages

Quatrième de couverture :
Je m’appelle Esther et j’ai 11 ans. Dans ce livre, vous trouverez 52 histoires qui me sont réellement arrivées (sujets : amours, école, attentats, famille, vraie vie des jeunes) et que Riad Sattouf a transformées en bandes dessinées (c’est le meilleur dessinateur du monde en ce moment apparemment).
Note sur la couverture : j’ai jamais fait ça en vrai, c’est juste un délire. Comment réagiraient les gens si je le faisais vraiment ? Ça me fait trop rire de l’imaginer (oui je suis un peu folle parfois).

Auteur : Riad Sattouf est l’auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l’un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d’Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L’Arabe du futuren 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Après Esther et l’histoire de ses 10 ans, voilà l’histoire de ses 11 ans ! Elle est maintenant en CM2 dans la même école privée. Il y a eu des fraudes lors des élections des élèves délégués. Esther étudie Arthur Rimbaud et Paul Verlaine. Elle vient d’avoir un petit frère, Gaëtan. Il a de nombreux cheveux tout blond. Son avis sur les garçons a évolué, « Pour la première fois, il m’a fait un sourire TROP TROP MIGNON »
A l’école, Esther a 3 amoureux « on se parle jamais mais on se sourit et on sait que l’amour nous lie. » Après le vendredi 13 novembre et les nouveaux attentats, les élèves ont peur dans la cours de récréation. Plus tard, Esther veut devenir éditrice. Elle aime faire des listes comme des choses qu’elle trouve belles, des choses qui la rend joyeuse…
Pour tenter d’aller l’année prochaine dans un collège public très prestigieux du centre de Paris, Esther doit passer un test. Sinon, elle devra aller dans le même collège que son frère, « C’est une ZPEP, ça veut dire que c’est un endroit dangereux où la violence est de rigueur. »
Authentique et drôle, Esther est pleine de vie, de naïveté et de bon sens sur le monde qui l’entoure. A suivre…

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

100708942 L’Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

106163512 L’Arabe du futur – Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

114098671 L’Arabe du futur – Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987

61Xcfw864ML Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 10 ans

Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 10 ans – Riad Sattouf

61Xcfw864ML Allary – février 2016 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Je m’appelle Esther et j’ai 10 ans. J’ai raconté 52 histoires vraies extrêmement intéressantes sur moi (ma famille, mes amis, ma vie etc.) à Riad Sattouf et il en a fait ce livre très réaliste avec des gros mots (merde – con – putain) parce qu’on parle comme ça nous les jeunes.

Auteur : Riad Sattouf est l’auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l’un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d’Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L’Arabe du futur en 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Esther a 10 ans, elle habite dans le 17ème arrondissement à Paris. Son père est coach sportif dans une salle de sport, sa mère dans une banque. Esther a un grand frère, Antoine, âgé de 14 ans avec qui elle partage la chambre. « Il est assez con, mais c’est normal pour un garçon ». Esther est en CM1 dans une école privé, Antoine va dans un collège normal. Eugénie est sa meilleure amie, elle aime également Cassandre. Esther aimerait beaucoup avoir un Iphone comme Eugénie, mais son père refuse qu’elle est un téléphone avant son entrée au collège. Il préfère qu’Esther lise des livres…
Esther nous raconte son quotidien, elle parle de sa famille, de l’école, des amoureux à la récré, des vacances chez mamie en Bretagne… Elle donne son avis sur le racisme, sur Dieu, sur les attentats de Charlie, sur le futur… Elle parle de son film préféré, de la musique qu’elle écoute et qu’elle aime…
Esther est pleine de fraîcheur, drôle et parfois sans pitié. Voilà une BD touchante et pleine d’humour !
J’ai continué à découvrir la série avec les tomes : 11 ans et 12 ans (billets à venir), et Riad Sattouf a prévu de suivre Esther jusqu’à ses 18 ans…

Edit 3/09/2018 : « Les Cahiers d’Esther, histoires de mes 10 ans » arrivent en dessins animés à la télé : 50 épisodes seront diffusés en CLAIR sur CANAL+ à 20h55 !

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

100708942 L’Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

106163512 L’Arabe du futur – Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

114098671 L’Arabe du futur – Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987

Petit bac 2018Objet (5)

Coupée en deux – Charlotte Erlih

51Z-CQO9HIL Actes Sud – janvier 2018 – 96 pages

Quatrième de couverture :
« — Qu’est-ce que tu voudrais, toi, dans un monde
idéal ? reprend la juge après un silence.
Ce que je voudrais, moi, dans un monde idéal ?!…
Je voudrais que mes parents soient ensemble et que Laure et Nina existent aussi.
Je voudrais ne vivre qu’avec Maman et ne vivre qu’avec Papa.
Je voudrais arrêter d’être trimballée d’un endroit à un autre et en même temps vivre des deux côtés.
Je voudrais partir en Australie avec Maman et que Papa y vienne aussi.
Je voudrais que la question ne se pose pas. »

Auteur : Normalienne, agrégée de lettres modernes et cinéaste, Charlotte Erlih a enseigné les arts du spectacle à l’université de Nanterre, avant de se consacrer à l’écriture et à la réalisation. Elle est l’auteur de Bacha Posh (récompensé par de nombreux prix dont le prix NRP et le prix Sésame), 20 pieds sous terre (prix des lycéens allemands) et Highline (prix Jean-Claude Izzo).

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Depuis 5 ans et le divorce de ces parents, Camille a fini par apprivoiser le rythme de la garde partagée, malgré tout, les dimanches et les lundis matin sont toujours difficiles à passer. Camille se sent déchirée.
La mère de Camille a choisi de partir travailler en Australie et Camille vit un vrai dilemme. Camille a rendez-vous avec une juge, elle doit choisir entrer rester à Paris avec son père, sa nouvelle compagne et sa petite sœur Nina, encore un bébé, ou partir à l’autre bout du monde avec sa mère.
Dans cette histoire d’une réalité devenue assez banale, c’est Camille la narratrice : elle va exprimer ses interrogations, ses peurs, ses doutes à propos d’une situation qu’elle n’a pas choisie et qui doit être tranchée…
Ce court roman est vraiment réussi, les mots sont simples, pleins de pudeur et de justesse. Il est destiné aux adolescents à partir de 13 ans et également aux adultes !

Extrait : (début du livre)
Métro Cité. Sur l’escalator qui remonte vers la rue, Maman pose sa main sur mon épaule. Elle a un toucher spécial, ma mère. Elle n’appuie pas, on l’a sent à peine, pourtant c’est comme un courant tiède qui me traverse. Je peux être n’importe où, dans un hall de gare ou sur la table d’examen du médecin, dès qu’elle me pose la main dessus, je me sens chez moi.
Je monte à pied les dernières marches de l’escalier roulant. Maman n’anticipe pas mon mouvement. Sa main retombe le long de son buste. A l’endroit où elle me touchait, aujourd’hui, ça me brûle.
Le soleil m’éblouit. Je baisse la tête. J’aurais préféré qu’il pleuve. Ou au moins qu’il fasse gris.
– C’est là, dit ma mère en désignant l’autre côté du boulevard.
– Dans une église ? !
– Non ! La Sainte-Chapelle se trouve dans le Palais de Justice mais les deux n’ont rien à voir.
Bizarre…

Déjà lu du même auteur :

C_Bacha-Posh_1965 Bacha Posh 20 pieds sous terre 20 pieds sous terre

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens – Becky Albertalli

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – juin 2018 – 5h51 – Lu par Gauthier Battoue

Hachette – avril 2015 – 320 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Tamae-Bouhon

Titre original : Simon vs. the Homo Sapiens Agenda, 2015

Quatrième de couverture :
Moi, c’est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d’Atlanta (traduisez : un trou paumé). J’ai deux soeurs, un chien et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oréos, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue.
Blue, c’est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. On se dit tout, sauf notre nom. Je le croise peut-être tous les jours dans le couloir, mais je ne sais pas qui c’est. En fait, ça me plaît bien : je ne suis pas du tout pressé d’annoncer à tout le monde que je suis gay. Personne n’est au courant, à part Blue… et maintenant cette fouine de Martin Addison, qui a lu mes e-mails et menace de tout révéler…
Un héros irrésistible, un style plein d’humour et une histoire d’amour captivante : voilà le roman inoubliable qui a inspiré le film Love, Simon. Lu par la voix française de Simon au cinéma.

Auteur : Becky Albertali est née dans la banlieue d’Atlanta. L’écriture et la lecture ont toujours été importantes pour elle. Elle suit des études de psychologie dans une université du Connecticut et passe un an en Écosse, à l’université de Saint Andrews. Elle déménage ensuite à Washington pour y passer son doctorat. Après avoir été psychologue, elle se consacre désormais à l’écriture.

Lecteur : Comédien depuis ses 16 ans, Gauthier Battoue a joué pour le théâtre (Chère Elena, mis en scène par Didier Long), la télévision et le cinéma (Bonne Pomme avec Gérard Depardieu). Il est le doubleur de Zach Efron, Ezra Miller et Dylan Minette (Clay dans la série).

Mon avis : (écouté en juillet 2018)
Simon vit dans une petite ville de banlieue d’Atlanta. Il a seize ans et se sait homosexuel depuis plusieurs années mais n’a encore jamais osé en parler avec ses amis ou sa famille. Une seule personne le sait : Blue. Blue est un garçon du lycée que Simon a rencontré sur le réseau social Tumblr. Tous deux s’échangent des mails où ils se racontent tout mais sans s’être donné leur vraie identité : ils sont l’un pour l’autre Jack et Blue.
Et voilà que Martin Addison, un camarade de classe, a lu les mails de Simon et le menace de tout révéler.
Simon est un garçon attachant et touchant.
 Le lecteur pris par l’histoire, cherche à reconnaître parmi les garçons du lycée qui pourrait bien être Blue et espère que Simon va pouvoir surmonter ses peurs et s’accepter tel qu’il est.
Le livre est construit avec le récit de Simon et en alternance les mails que s’échangent Blue et Jack (Simon). En audio, ce n’est pas toujours facile de suivre la lecture des mails, si on n’est pas spécialement attentif,  on perd vite le fil, surtout on ne sait plus qui écrit…

Une adaptation de ce livre a été faite au cinéma par le réalisateur Greg Berlanti, avec le film « Love, Simon » .
Merci Pauline et Audiolib pour m’avoir permis de découvrir cette histoire d’adolescents originale et touchante.

Extrait : (début du livre)
C’est une conversation étrangement subtile. Tout juste si je m’aperçois du chantage.
Nous sommes dans les coulisses, assis sur des chaises pliantes en métal, quand Martin Addison m’annonce :
— J’ai lu tes mails.
— Quoi ?
Je lève la tête.
— Tout à l’heure. À la bibliothèque. Sans le faire exprès, bien sûr.
— Tu as lu mes mails ?
— Disons que j’ai utilisé l’ordi juste après toi, et quand je suis allé sur Gmail, ton compte s’est ouvert. Tu aurais dû te déconnecter.
Je le dévisage, médusé.
— Pourquoi ce pseudo ? demande-t-il en martelant le pied de sa chaise.
Merde, excellente question. À quoi bon utiliser un pseudonyme si le premier clown venu perce à jour mon identité secrète ?
Il a dû me voir devant l’ordinateur, je suppose.
Et je suppose que je suis le roi des crétins.
C’est qu’il sourit, en plus.
— Enfin bref, ça t’intéressera sans doute de savoir que mon frère est gay.
— Euh, pas particulièrement.
Il me fixe. Je demande :
— Qu’est-ce que tu essaies de me dire ?
— Rien. Écoute, Spier, ça ne me pose aucun problème, à moi. Disons que je m’en contrefiche.
Sauf que c’est quand même une petite catastrophe. Voire un foutu cataclysme, suivant la capacité de Martin à la fermer.
— C’est vraiment gênant, dit-il.
Je ne sais même pas quoi répondre.
— Enfin, reprend-il, tu n’as clairement pas envie que ça se sache.
Franchement… Je suppose que non. Même si le coming out ne me fait pas peur. Oui, bien sûr, plus gênant tu meurs, et on ne va pas se leurrer, je ne suis pas pressé d’y être. Mais ça ne sera pas la fin du monde. Pas pour moi.
Le problème, c’est que ça serait délicat pour Blue. Si jamais Martin venait à parler.
Martin Addison. Il fallait que ce soit lui qui se connecte à Gmail après moi ! Comprenez : jamais je n’aurais utilisé l’ordi de la bibliothèque si j’avais pu me connecter au Wi-Fi depuis mon portable. Or c’était un de ces jours où je n’avais pas la patience d’attendre d’être rentré pour lire mes messages. Je ne pouvais même pas attendre de sortir sur le parking pour consulter mon téléphone.
Parce que j’avais écrit à Blue depuis ma boîte secrète le matin même. Un mail plutôt important.
Je voulais simplement voir s’il m’avait répondu.
— Perso, je pense que tout le monde réagirait plutôt bien, poursuit Martin. Tu devrais être toi-même.
Que voulez-vous répondre à ça ? Un gamin hétéro, qui me connaît à peine et qui me conseille de sortir du placard. Je lève les yeux au ciel, obligé.
— Okay, enfin, comme tu voudras. Je garderai tout ça pour moi, dit-il.
L’espace d’une minute, je me sens bêtement soulagé. Avant de saisir.
— Garder quoi pour toi ?
Il rougit, triture l’ourlet de sa manche. Quelque chose dans son expression me tord l’estomac.
— Est-ce que… tu aurais fait une capture d’écran, par hasard ?
— Ben, dit-il, j’allais justement t’en parler.
— Minute – tu as fait une putain de capture d’écran ?

Petit bac 2018Animal (4)

Bluebird – Tristan Koëgel

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Didier Jeunesse – septembre 2015 – 320 pages

Livre de poche jeunesse – novembre 2017 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Elwyn est fils d’immigrés irlandais, Minnie, fille d’un chanteur itinérant noir. Ils se rencontrent dans une plantation, et tombent amoureux. Ils ont treize ans, et ne savent pas que leur vie est sur le point de basculer. Quelques jours plus tard, en effet, Minnie assiste au passage à tabac de son père par des hommes du Ku Klux Klan. Effondrée, elle saute dans le premier train, en partance pour Chicago.

Auteur : Tristan Koëgel est né en 1980 et vit à Aix-en-Provence. Après avoir été tour à tour distributeur de prospectus, garçon de café, pizzaïolo, animateur radio, écrivain public, il obtient une maîtrise de Lettres et enseigne la littérature et la langue française. Parallèlement à son activité d’enseignant, il écrit des poésies et collabore à plusieurs revues. Il a aussi l’ambition folle de visiter tous les pays du monde en ramenant à chaque fois une histoire à raconter.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
J’ai d’abord été attirée par la beauté de la couverture de ce livre. En lisant, la quatrième de couverture, j’ai compris que l’histoire m’intéresserait également beaucoup.
Mississippi dans les années 40, Minnie, 13 ans, et son père vont de ferme en ferme et partagent leur musique avec ceux qu’ils rencontrent. Curtis joue de la guitare, Minnie de l’harmonica. Parce que Minnie s’est blessée à un pied, elle va devoir se reposer quelques temps dans une ferme et Curtis va aider ses hôtes à ramasser le coton. A cette occasion, Minnie va faire la rencontre d’Elwyn, un garçon de son âge, d’origine irlandaise, c’est le fils des gardiens du domaine Manu et Abbie Dalley. Ils sont attirés l’un par l’autre, mais ce n’est pas possible qu’une fille noire fréquente un garçon blanc… Pour faire régner l’ordre dans la plantation, Manu et Abbie Dalley sont secondés par l’Indien Nashoba qu’ils ont accueilli dans leur famille et qui est comme un grand frère pour Elwyn.
La musique est importante dans la vie de Minnie, de son père et des employés de la plantation, mais la réalité c’est également la violence à l’égard des noirs, la ségrégation et les actions du Ku Klux Klan… A la suite d’une attaque du Ku Klux Klan dans l’église lors d’un office, Minnie fuit laissant son père qu’elle croit mort. Elle se retrouve à la gare où elle monte dans un train en direction de Chicago, là-bas une nouvelle vie l’attend.
Tour à tour différents personnages sont les narrateurs, Minnie, Elwyn et Nashoba et leurs différents points de vue donnent du relief à cette histoire pleine de surprises…
J’ai découvert vers la fin de ma lecture, qu’une playlist regroupant les titres joués tout au long du roman est présente sur la 3ème de couverture (http://bit.ly/Bluebird-playlist), n’ayant pas internet sur mon lieu de vacances, je n’ai pas eu l’occasion de les découvrir.
Voilà un roman, intéressant, captivant et émouvant à découvrir sans hésiter !

Extrait : (début du livre)
Minnie
Le Sud m’avait tout pris : ma mère, mon père et mes rêves de petite fille.
Je m’étais juré de ne jamais y retourner. De ne jamais plus respirer l’air épais du Delta, qui vous serre la gorge comme les serpents étouffent leurs proies dans ses marais. De ne jamais plus poser le pied sur les terres boueuses des rives de son fleuve. J’étais née dans le Sud, j’y avais grandi et j’avais tout perdu dans cet enfer où on volait la vie des hommes pour les changer en bêtes. Seulement, voilà : assise dans mon compartiment, sur un siège confortable, entraînée par une locomotive qui sifflait comme un vieil harmonica malade, je laissais ce chemin de fer m’y reconduire sans vraiment protester.
Par la fenêtre s’étalait sous mon nez la vallée du Mississippi. Vaste. Verte. Elle n’était pas vilaine, cette vallée. Les hauts arbres de ses forêts où nichaient des milliers d’oiseaux la rendaient presque réconfortante quand on venait de la ville. Et ses champs, ses champs si grands, on s’y voyait courir, le parfum de leurs fleurs nous faisait déjà tourner la tête. Mais si on tendait l’oreille, au plus près de ces champs, on entendait monter une drôle de voix, par- dessus les forêts, plus haut que les nuages. La voix de ceux qui ont sculpté le Delta. La voix de ces hommes, et de ces femmes, qu’on disait libres et qui travaillaient pourtant comme des chiens, là où leurs ancêtres avaient déjà creusé leur tombe en raclant contre la terre les chaînes qui leur rongeaient les pieds. Ces voix ne gémissaient pas, ces voix chantaient. Des chansons où les chevaux s’évadent, où les lapins échappent aux renards, où les corbeaux sont plumés, et où les femmes finissent par s’en aller.
Voilà vers quoi je retournais, six ans plus tard, installée dans ce compartiment, comme une princesse dans son carrosse.

Petit bac 2018Animal (5)

Ma chère sœur – Alf Kjetil Walgermo

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

81WxckjmHlL Bayard Jeunesse – avril 2018 – 192 pages

Quatrième de couverture :
« Si un jour on se retrouve, de l’autre côté, je ne veux pas qu’il y ait de choses à régler entre nous. »
Eli Anne a 16 ans et vient de perdre sa sœur, Amalie, d’un an sa cadette. Folle de chagrin, elle se rend régulièrement sur sa page Facebook, qu’elle refuse de supprimer. Un jour, elle se met à lui écrire. En parcourant les statuts et les photos postées par Amalie, Eli Anne revient sur sa relation avec sa sœur. Leur enfance, leur complicité, leurs désaccords, leurs rêves d’adolescentes. Et surtout, leur passion commune pour la musique : Eli Anne joue du piano, Amalie, fan de Patti Smith, chantait dans un groupe.
Au fil des messages, Eli Anne ouvre son cœur et avoue à sa sœur ce qu’elle n’a jamais osé lui dire…

Auteur : Alf Kjetil Walgermo est un auteur norvégien, journaliste et critique littéraire.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Voilà un livre sur un sujet difficile, le deuil d’une sœur. Amalie, 15 ans, vient de mourir et Eli Anne, sa sœur âgée d’un an de plus, est désespérée de chagrin. Chaque jour Eli Anne va sur la page Facebook de sa sœur et lui écrit. Elle lui dit ce qu’elle a sur le cœur, elle évoque leurs souvenirs communs, elle parle du présent, du passé. Elle parle des amis, des parents, de la famille, du lycée… Elle lui avoue même des secrets qu’elle n’avait jamais partagé avec elle de son vivant…
Le livre se lit très rapidement, peut-être trop rapidement pour que je réussisse à vraiment m’attacher à Eli Anne et Amalie. L’histoire est émouvante mais elle manque de profondeur.
J’ai également un reproche à faire sur la forme du livre : l’absence de numéro de page, c’est vrai que l’on peut s’y retrouver avec les dates de chaque message, mais ce n’est quand même pas difficile de créer une pagination !

Extrait : (début du livre)
Eli Anne Storfjord >> Amalie Storfjord
5 octobre
Ma chère sœur,

Aujourd’hui, tu aurais eu 15 ans. Papa dit qu’on va s’en sortir. Que la vie vaut toujours la peine d’être vécue. Mais je n’ai même pas pu te dire au revoir. Ni te prendre dans mes bras une dernière fois. Je pensais qu’avec le temps, ce serait plus facile. Que les bons souvenirs atténueraient le chagrin. Mais c’est le contraire. Tu me manques de plus en plus. Je ressens ton absence toujours plus fort. Je n’ai pas réussi à t’écrire avant, mais aujourd’hui les parents ont dit qu’ils voulaient supprimer ton profil. J’ai décidé de t’écrire chaque jour jusqu’à ce que ça arrive. C’est mon seul moyen de te joindre.

Eli Anne Storfjord >> Amalie Storfjord
6 octobre
Ma chère sœur,

Quand je fais défiler ta page, j’ai presque l’impression que tu es en vie. Il y a tellement de gens qui t’ont écrit. Qui ont posté des photos, des poèmes et des mots en souvenir de toi. Après ta mort, presque tous tes amis ont écrit sur ton mur. Je regarde tous les jours s’il y a quelque chose de nouveau. Beaucoup ont dit que ton sourire leur manquait. Que tu étais la meilleure. Que tu les avais marqués. Mais maintenant plusieurs jours s’écoulent entre les messages. Tu es la seule qui puisse lire ce que j’écris. Je me suis connectée à ton compte pour changer les paramètres. Si un jour on se retrouve, de l’autre côté, je ne veux pas qu’il y ait des choses à régler entre nous.

Eli Anne Storfjord >> Amalie Storfjord
7 octobre
Ma chère sœur,

On a grandi dans cette maison. Le matin, on se préparait ensemble dans la salle de bains, on prenait ensemble le petit-déjeuner dans la cuisine, et on allait ensemble à l’école à vélo. Je savais que, quoi qu’il arrive, j’aurais toujours une amie. On ne pourra plus jamais s’asseoir sur le muret pour regarder les garçons pendant la récré. Plus jamais on ne restera dans nos lits à discuter jusqu’à ce que la lumière du jour se faufile derrière les rideaux. Plus jamais je ne sourirai en te voyant t’endormir avant moi, étendue sur le dos, les mains jointes sur la couette. Tu étais belle, on aurait dit que tu priais dans ton sommeil. Je t’entendais respirer. Ton souffle était si tranquille.

Eli Anne Storfjord >> Amalie Storfjord
8 octobre
Ma chère sœur,

Dans la classe, personne ne me demande pourquoi j’ai arrêté l’école de musique. Ils savent que tu es morte, et que je ne veux pas faire seule les allers-retours à Trondheim. Ils savent que je n’en ai pas la force. Pendant la récré, j’ai du mal à parler aux autres et, quand je souris, je sens que c’est faux. Mon sourire n’arrive pas jusqu’à mon regard. Hier, j’ai pris le bus mais je ne suis pas descendue à l’arrêt devant le lycée. J’ai préféré passer par les grands escaliers. Compter les marches, pour voir s’il y en avait toujours le même nombre. En ce moment, j’ai du mal à me concentrer. Mes pensées m’échappent. Pendant les cours, je n’entends pas ce que disent les profs. Je regarde la lampe verte accrochée au mur de la classe, elle me fait penser à une gerbe de fleurs.

voisinsvoisines2_2018Norvège

Les belles vies – Benoît Minville

71UUNJh7RmL Éditions Sarbacane – octobre 2016 – 231 pages

Quatrième de couverture :
Vasco et Djib, deux banlieusards inséparables, sont envoyés pour un été en pension au coeur de la Nièvre… Un choc des cultures, des personnages flamboyants : la vie belle, les belles vies.

Auteur : Benoît Minville est né en 1978 à Paris et vit à Sartrouville (Yvelines). Il doit à sa mère libraire de lui avoir inoculé le doux virus : il est entré en librairie pour un été et y est toujours, treize ans plus tard. Il publie trois romans jeunesses, Je suis sa fille (2013), Les Géants (2014), Les belles vies (2016) et un roman noir adultes Rural noir (2016).

Mon avis : (lu en mai 2018)
Vasco et Djib sont deux adolescents turbulents qui vivent en banlieue parisienne. Ils se connaissent depuis toujours. Après une bagarre qui a fini au poste de police, pour les punir et les faire réfléchir, leurs parents décident de les envoyer passer l’été à la campagne, au cœur de la Nièvre chez Tonton et Tata. Tonton et Tata (Albert et Marie Favre) ont 80 et 60 ans, ils consacrent leur temps à huit enfants de 6 à 17 ans que leur a confié la Ddass.
Le temps d’un été, Vasco et Djib vont être dépaysés, découvrir la vie en communauté, la nature et ses plaisirs simples, les balades en vélo, les baignades dans le lac, les parties de foot, ramasser les œufs du poulaillers, fabriquer le pain quotidien… Les deux ados vont découvrir la tolérance, l’entraide, et leurs premiers émois amoureux.
Cette histoire est écrite avec humour et beaucoup d’émotions, les enfants de Tata et Tonton : Dylan, Chloé, Jessica, Gaëtan, Gwen, Kamel, Farah et Sirine  sont attachants et Vasco et Djib comprennent très vite la chance qu’ils ont d’avoir des parents aimants…
Un été inoubliable, dans une grande maison remplie de bonne humeur qui aura fait grandir nos deux grands adolescents.
Un très beau roman sur la fin de l’adolescence, l’amitié, les premiers amours. Un livre qui fait du bien.

Extrait : (début du livre)
Vasco et Djib se demandent si ça ne va pas être plus grave qu’ils ne le pensaient.

Fesses vissées sur son banc, les mains dans les poches de son jean, Vasco tente de se vider la tête en suivant le parcours d’une araignée sur le mur blanc blindé d’affiches de prévention. Djib a la trouille au ventre ; il n’a qu’à fermer les yeux et ceux de sa mère apparaissent, la nausée n’est pas loin.
Un policier passe devant eux. Les bras chargés de paperasse, il rentre dans le bureau d’à côté.
Le commissariat est calme. Vasco glisse ses mains dans ses cheveux gavés au Pento et tente un coup d’œil à son meilleur pote, son frère de cœur… Djib se contente de hausser les épaules. Le silence est interminable, interrompu parfois par des bruits de doigts sur des claviers, des éclats de voix, une machine à café qui vrombit.
Un autre agent arrive — il marche d’un pas décidé, suivi d’une vieille dame qui peine à tenir la distance. Vasco s’attarde sur le bandage qu’elle porte au front, soupire et se penche vers Djib.
— Tu vas la rappeler, Samia ?
— Je t’ai dit d’oublier mon nom.
— Putain, je t’ai dit que j’étais désolé !… Tu crois que je m’en veux pas ?
— Me soûle pas, Vasco.
Du fond de sa colère, Djib ne comprend toujours pas comment tout ça a pu déraper si vite.

Oublier Camille – Gaël Aymon

41p0JwYWzaL Actes Sud Junior – août 2014 – 76 pages

Quatrième de couverture :
« Elle est là. Elle a sûrement dû sécher les cours pour arriver à l’heure devant mon lycée. Je sais qu’elle sait que je l’ai vue mais je ne lui accorderai pas un regard. Elle, elle n’est même pas capable d’essayer de me retenir. Je ne veux même pas savoir si elle est triste ou bouleversée. C’est fini, tu peux crever ! Tu m’aimes encore ? Alors, j’espère que ça te fera mal. J’ai décidé de t’oublier. » Yanis est fou amoureux de Camille. Mais « assurer » avec une fille, prendre l’initiative, agir, c’est plus facile à dire qu’à faire. Devenir un homme, oui, mais quel homme ? Paralysé par le doute, Yanis est tenté d’esquiver, puis de fuir… pour oublier Camille. Au risque d’être rattrapé par ses sentiments.

Auteur : Depuis 2010, Gaël Aymon s’est tourné vers la littérature jeunesse après une expérience de comédien, scénariste, réalisateur et producteur. Auteur de contes, d’albums et de romans, dont trois romans « ado » Ma réputation, Oublier Camille et Les Héros oubliés (Tome 1 – Aux portes de l’oubli et Tome 2 – Les Maîtres) publiés aux éditions Actes Sud Junior. Il enseigne également le théâtre aux enfants et aux adolescents.

Mon avis : (lu en mars 2018)
Yanis a 16 ans et il aime Camille depuis trois ans. Mais maladroit, il ne sait pas et n’arrive pas, par timidité à déclarer son amour. Il a peur de ne pas être à la hauteur…
Camille est partie en voyage scolaire aux États-Unis en lui laissant une lettre où elle lui avoue être sortie avec plusieurs garçons.
Pour Yanis, c’est un choc, c’est impardonnable et il décide d’oublier Camille.
Mais c’est impossible d’oublier quelqu’un qu’on aime depuis des années, les souvenirs sont si nombreux… Yanis ne va pas bien, il accumule les bêtises au lycée… Et si les infidélités de Camille étaient un peu de sa faute ? Pourquoi n’a-t-il jamais pu dire à Camille qu’il était amoureux d’elle ?

Cette histoire raconte le parcours d’un adolescent mal dans sa peau, pas encore prêt à « assurer » avec une fille, un récit d’introspection fait avec justesse.

Extrait : (début du livre)
Elle est là. Elle a sûrement dû sécher les cours pour arriver à l’heure devant mon lycée. Je sais qu’elle sait que je l’ai vue mais je ne lui accorderai pas un regard. Je passe en mode « t’existes plus ». Je la dépasse et je m’éloigne. Elle, elle n’est même pas capable d’essayer de me retenir. Je ne veux pas savoir si elle est triste ou bouleversée. Je ne vais pas lui donner une chance. C’est fini, tu peux crever ! Tu m’aimes encore ? Alors, j’espère que ça te fera mal. J’ai décidé de t’oublier.

Il n’y a plus un seul poster sur les murs de ma chambre. J’ai tout mis par terre en faisant bien exprès de les déchirer au cas où un remords me prenne plus tard. Je me jette sur le lit et je contemple avec une sale joie le résultat de mon saccage. Je regarde défiler les minutes. 20 heures. Elle doit déjà être dans l’avion. Elle n’appellera plus. Elle n’a même pas tenté ! Ça y est, je chiale ! Pour la première fois depuis des années, je pleure pour de vrai, avec des larmes qui coulent. Un flot de larmes ! Je suis surpris qu’elles soient chaudes sur mes joues. J’avais oublié. Je pensais que je ne pleurerais plus, maintenant que j’ai quitté l’enfance. Que la douleur resterait toujours invisible, à l’intérieur. Mais je ne suis pas encore vraiment un homme. Dans ma tête, je suis toujours un enfant. Sauf que j’aime !

Petit bac 2018Prénom (4)

Ma dernière chance s’appelle Billy D. – Erin Lange

Ma derniere chance  École des Loisirs – juin 2017 – 468 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Dayre

Titre original : Dead Ends, 2013

Quatrième de couverture :
Dans la vie, il faut se battre. Dane Washington ne le sait que trop bien. A la moindre occasion, ses poings le démangent et ils parlent pour lui. Jusqu’à présent, ses bons résultats au lycée lui ont évité les plus gros ennuis. Seulement, il n’a plus droit à l’erreur : encore une bagarre et ce sera l’exclusion. Mais la violence, Dane ne parvient pas à la contrôler. Sa dernière chance s’appelle Billy D., un garçon qui vient de s’installer à côté de chez lui avec sa mère.Billy D. est trisomique, il n’a pas les moyens de se défendre, et certains en profitent. Si Dane acceptait d’être son ambassadeur au lycée, cela pourrait lui offrir le salut. Billy D. a une autre mission pour Dane : il voudrait qu’il l’aide à retrouver son père. Leur seul indice : un atlas des États-Unis, et des énigmes à toutes les pages ou presque.

Auteur : Jeune journaliste américaine écrit des livres qui parlent du réel. Elle confronte ses héros adolescents à des difficultés qui les abîment: pauvreté, harcèlement, absence de père… Mais elle nous rappelle que les rencontres peuvent changer le cours des choses.

Mon avis : (lu en janvier 2018)
C’est l’histoire de la rencontre de deux garçons que tout oppose. Dane Washington est un garçon en colère, il réagit facilement et la plupart du temps avec ses poings. Il a de bons résultats au lycée, mais à cause de ses bagarres incessantes, il est menacé d’exclusion. Billy D. est trisomique, il est souvent la cible d’autres élèves.
Dane a des principes, il ne frappe ni avec les filles, ni avec les handicapés. Billy D. est sa dernière chance, celle d’éviter l’exclusion. Dane a pour mission de protéger Billy D. et de faire les trajets avec lui pour aller et revenir du lycée.
Au début, Dan s’occupe de Billy D. par obligation mais peu à peu il apprend à connaître sa naïveté, son franc parler et un début d’amitié s’installe entre eux. Ils ont quelques points en communs : ils habitent la même rue, leurs mamans sont seules pour les élever, leurs papas sont absents. Billy D. a une seul obsession : retrouver son père, il se balade avec un vieil atlas des États-Unis dans lequel son père a laissé des indices. Il va tout faire pour que Dan l’aide à le retrouver…
Dane et Billy D. sont attachants et touchants dans leurs fêlures, leur rencontre va les faire grandir l’un et l’autre. Dane va s’ouvrir aux autres et apaiser sa colère, Billy D. va prendre confiance en lui et être moins têtu. Et je n’oublie pas un troisième personnage, Seely, une jeune fille, qui va s’associer au duo.
Voilà une histoire bouleversante et une amitié incroyable et forte. A découvrir !

Extrait : (début du livre)
La première fois que j’ai vu Billy D., j’avais un pied sur la gorge d’un type et une main dans ma poche. Il était debout de l’autre côté de la rue et il regardait – même pas par en dessous -, il regardait fixement sans prononcer un mot, sans ciller.
– Qu’est-ce que tu reluques ? lui ai-je lancé.
Sa bouche s’est ouverte en un O muet, mais il n’a pas répondu. Il n’est pas parti non plus, il est resté à regarder.
Quelque chose a gargouillé dans le gosier qui se trouvait sous mon pied, j’ai baissé les yeux. Le type avait l’air d’avoir du mal à respirer, mais son visage n’était pas encore rouge, alors j’ai reporté mon attention sur l’autre.
– Casse-toi de là ! Ou t’es le suivant !
C’était plutôt une menace en l’air. Même depuis l’autre côté de la rue, je pouvais voir à son expression stupide, à sa mâchoire mollasse et à sa façon étrange de rentrer les épaules qu’il était différent – probablement en éducation spécialisée. Et ceux-là, je ne les cognais pas.
Question de principes.

Petit bac 2018Prénom (1)