De l’autre côté – Stefan Casta

51dhuuvbnul Thierry Magnier – avril 2017 – 385 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Titre original : På andra sidan Fågelsången, 2015

Quatrième de couverture :
Une maison isolée pleine de charme, ce sera le refuge idéal pour Elina et son père meurtris par la mort accidentelle de Vanessa. Mais la maison est aussi mystérieuse, on la dit maudite. Au fil des saisons, Elina apprivoisera le lieu, et nous racontera une année capitale de son existence. Mais qui est ce garçon brun qui semble si bien connaître la maison et s’y installe avec eux ? Et ce renard qui rôde autour de la maison a-t-il joué un rôle dans l’accident où Vanessa a trouvé la mort… Avec son écriture faussement simple, Stefan Casta parle de l’absurdité de la vie avec gravité, poésie et douceur.

Auteur : Stefan Casta écrit des livres pour la jeunesse et pour les adultes. Il a été producteur à la radio et à la télévision ainsi que journaliste. Il a reçu le prestigieux prix August en 1999 ainsi que le prix Astrid Lindgren en 2002 pour l’ensemble de son oeuvre. Née en Suède, Agneta Ségol vit depuis de nombreuses années en Normandie. Longtemps enseignante en Français langue étrangère, elle se consacre maintenant à la traduction de romans.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Voilà un roman « ados » que j’ai pris un peu par hasard à la Bibliothèque.
Cela commence par un accident de voiture qui n’a comme seul témoin, un renard. Il est décrit au ralenti de l’intérieur de la voiture par Elina, la narratrice. Son père, Jurgen, est le conducteur et elle et Vanessa, sa belle-mère, sont à ses côtés.
La première phrase du livre est : « Quelqu’un meurt », ce quelqu’un c’est Vanessa, une belle-mère avec qui Elina a une relation bien plus forte qu’avec sa mère biologique.
Au fil des quatre saisons, le lecteur suit le deuil et la reconstruction de Jurgen et Elina.
Jurgen se lance dans de nombreux projets farfelus pour gagner sa vie, jusqu’à que par hasard, la découverte d’une vieille maison isolée, en pleine nature, leurs redonne un sens à la vie. Et peu à peu, la nouvelle maison devient un personnage, à propre parler, de cette histoire. Elle se transforme comme la nature autour d’elle.
Le souvenir de la morte est très présent, ainsi, souvent, Elina sent sa présence et la voit à ses côtés.
J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire qui mêle le réel et l’imaginaire, où la nature est très présente. Il y a de la poésie, du mystère et beaucoup d’humanité. Le côté suédois transparaît essentiellement, dans la présence importante de la nature et dans « l’exotisme » des menus avalés par nos personnages… comme par exemple, un petit-déjeuner composé d’une tartine fromage-poisson !

Extrait : (début du livre)
Quelqu’un meurt. C’est comme ça que cette histoire commence. Quelqu’un meurt et quelqu’un gagne à un jeu de grattage. Ça va changer beaucoup de choses. Tout, en fait.
C’est un vendredi.
Le 21 juin. Une date que je n’oublierai jamais. Pas parce que c’est la Saint-Jean, mais à cause de ce qui arrive.
C’est donc l’été.
Enfin… l’été si on veut. Le temps est tellement pourri qu’il faut une bonne dose d’optimisme pour déceler le moindre signe de son arrivée. En somme, il faut être comme Jörgen qui, lui, en voit partout. Des signes, je veux dire.
Jörgen c’est mon père. Un fait qu’il a souvent tendance à oublier. En ce moment il est au volant. Il fait de grands discours en conduisant. Personne ne l’écoute. On a déjà tout entendu. Ce qui ne l’empêche pas de débiter imperturbablement son monologue enthousiaste et interminable. De temps en temps, il souligne ses propos par de grands gestes emphatiques qui l’obligent à lâcher le volant. Les voitures autour de nous klaxonnent et nous font des appels de phares mais Jörgen s’en fiche royalement. Rien ne peut arrêter le flot de paroles qui se déverse de sa bouche. Il parle comme s’il se trouvait en face d’un public. Et le public c’est nous, Vanessa et moi.

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petit bac 2019(1) Partie du corps

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Mentine Tome 5 – On divorce ! – Jo Witek

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

9782081449398 Flammarion Jeunesse – janvier 2019 – 315 pages

Quatrième de couverture :
Mentine adore dépasser les limites, surtout celles de ses parents !
Cette fois ce sont les parents qui font n’importe quoi ! Et impossible de les arrêter. Jeudi, 17 h 45, la nouvelle tombe. Froide, sèche, définitive : à la poubelle, la famille unie! Heureusement quand les parents nous lâchent, « l’ union des filles » fait la force !
« Ménage partagé, courses collectives, apérocoloc… Les amies de ma mère étaient intarissables sur la colocation. J’allais passer un casting pour habiter chez des inconnus! Pas banal. Même en pleine crise, ma famille demeurait telle qu’elle avait toujours été : complètement foldingue. »

Auteur : Au départ comédienne et conteuse, Jo Witek se dirige assez vite vers l’écriture. D’abord pour le cinéma, en tant que scénariste et lectrice, puis pour la presse écrite et la littérature. Depuis 2009 elle écrit particulièrement pour les ados, des documentaires et des romans – En un tour de main et Récit intégral (ou presque) d’une coupe de cheveux ratée. Elle est l’auteur de Peur ExpressRêves en noirUn hiver en enferMa vie en chantier et Un jour j’irai chercher mon prince en skate. Elle réside aujourd’hui à Pézenas.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
C’est le cinquième tome de la série et ma deuxième pour moi.
Pour Mentine, c’est la catastrophe, ses parents ont décidé de divorcer ! Sa mère est dévastée car son père est parti avec une autre femme. Mentine en veut à son père d’avoir cassé l’harmonie de la famille et refuse de le voir. Elle se voit obligée de s’occuper de sa mère qui déprime, puis qui se comporte comme une vraie adolescente… Mentine ne sait plus quoi faire… Pour une fois, elle n’est plus celle, au centre de toutes les attentions. Elle va même réussir à sécher les cours pendant près de 15 jours sans que ces parents s’en aperçoive… Heureusement elle et sa mère peuvent compter sur le soutien de leurs amies respectives.

La mère de Mentine va finir par réagir et reprendre sa vie en main en décidant de quitter l’appartement familial, devenu trop cher, pour une colocation. La recherche de cette colocation puis la vie en colocation seront hautes en couleurs… Pour ma part, c’est la partie de l’histoire qui m’a plu le plus.
Mentine, cette adolescente un peu hors norme est toujours aussi attachante et l’auteure arrive à traiter le sujet difficile du divorce des parents avec un ton léger et humoristique.

Merci Brigitte et Flammarion Jeunesse pour le plaisir d’avoir retrouvé Mentine et son univers.

Extrait : (début du livre)
Ils avaient tout pour réussir. Tout le monde avait parié sur eux, même moi. Comment ont-ils pu flancher à deux petites années de la ligne d’arrivée ? Attention, je vous parle de grands champions. Je vous parle de deux personnes super entraînées et bien au-dessus de la norme au niveau de l’amour. Ils avaient tout pour réussir. Une histoire qui avait commencé par un coup de foudre, des parents sympas, compréhensifs, des copains fidèles, des emplois stables, un chouette appartement duplex situé dans un quartier dynamique de Paris, à deux pas du parc des Buttes-Chaumont. En pleine santé, ils avaient passé la quarantaine avec brio, sachant prendre tous les deux des décisions drastiques pour vivre vieux et en pleine forme. Monsieur s’était mis au jogging, madame pratiquait le yoga deux fois par semaine. Ils ne fumaient pas, buvaient de l’alcool uniquement lorsqu’ils faisaient la fête, mangeaient six fruits et légumes bio chaque jour et n’hésitaient pas à s’hydrater tout au long de la journée, voire à s’octroyer des petits week-ends de jeûne avec des tisanes infectes pour prendre soin de ce qu’ils nommaient leur « capital santé ». De vrais champions, je vous dis. Seize ans qu’ils tenaient bon, ces deux-là. Et presque quinze ans qu’ils jouaient des coudes pour offrir un foyer stable et une éducation solide à leur fille diagnostiquée intellectuellement précoce.

Déjà lu du même auteur :

un jour j'irai chercher Un jour j’irai chercher mon prince en skate

106555489 Mentine T 02 : Cette fois c’est l’internat !

petit bac 2019(2) Prénom

Ueno Park – Antoine Dole

51bfifayjul Actes Sud Jeunesse – août 2018 – 119 pages

Quatrième de couverture :
Huit adolescents. Huit voix. Ils ne se connaissent pas mais ont en commun de rejeter les codes traditionnels de la société japonaise. Tous laissent entrevoir un furieux besoin d’imposer leur trace dans ce monde. A Ueno Park, ils vont se trouver réunis pour Hanami, le spectacle de l’éclosion des cerisiers.

Auteur : Né en 1981, Antoine Dole vit entre Chambéry et Paris. Après un premier roman remarqué en 2008, Je reviens de mourir, il publie Laisse brûler (2010), K-Cendres (2011), A copier cent fois (2013) et Ce qui ne nous tue pas (2014). Il crée en parallèle le personnage de bande dessinée Mortelle Adèle ainsi que différentes sagas pour la presse jeunesse (Zoé Super, Karen 2.0). 

Mon avis : (lu en décembre 2018)
A l’occasion d’Hanami, ce grand rassemblement annuel où les Japonais célèbrent la floraison des cerisiers, huit adolescents qui ne se connaissent pas se retrouvent à Ueno Park. Huit histoires indépendantes qui donnent la parole à Ayumi, Sora, Fuko, Natsuki, Haruto, Daïsuké , Aïri et Nozomu. Ils nous raconte le Japon d’aujourd’hui et en particulier de ceux qui rejettent les codes traditionnels de la société japonaise et qui préfèrent, dans un désir de liberté, affirmer un style de vie différent.
Ayumi, une hikikomori, pour la première fois depuis deux ans, elle sort enfin de sa chambre.
Malgré les insultes, Sora, affiche son look extrême et asexué de genderless kei.
Fuko, atteinte de leucémie, profite de son dernier Hanami avec sa jeune sœur Kazué.
Natsuki pratique le Enjo Kosai : une sorte d’escorte girl destinée à recevoir les pleurs et les lamentations de ses clients.
Haruto, tente de se reconstruire l’expérience traumatisante du tsunami de 2011.

Pour subvenir au besoin de sa famille, Daïsuké confectionne toute la journée des pancakes dans une petite échoppe proche d’Ueno Park. Il est devenu invisible.
Airi, fan obsessionnelle, fantasme encore et encore sur son idole.
Nozomu a dû abandonner le domicile familial et devenir SDF.
Avec son écriture poétique, Antoine Dole exprime avec justesse et humanité, les difficultés, les peines et les émotions profondes de ses personnages attachants et surprenants.

Extrait : (début du livre)
À la sortie de la gare, Ueno Park n’est qu’à quelques minutes. Un cerisier immense accueille les visiteurs. Un éclatement de douceur contre le paysage de béton froid. Vu d’ici, Tokyo n’est plus cette capitale immense qui mâche les corps et les recrache. Cette ville qui m’a tant fait peur ces derniers mois semble retenir son souffle. Tout au long du trajet qui m’a menée ici, j’ai la sensation d’avoir marché sur la pointe des pieds, en effleurant à peine le sol. À chaque pas, mon cœur sur le point de lâcher.

Déjà lu du même auteur :

a_copier_100_fois A copier 100 fois 95103899 Ce qui ne nous tue pas

106019616 Tout foutre en l’air

petit bac 2019(1) Lieu

Miss Crampon – Claire Castillon

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

9782081436572 Flammarion Jeunesse – janvier 2019 – 203 pages

Quatrième de couverture :
Souvent, Suzine se chut. Les cheveux plaqués sur les oreilles, elle se coupe du monde pour ne pas affronter les autres et pour cacher sa différence. Un jour, ses meilleures amies se disputent et lui demandent de choisir un camp. Suzine se chut, ses amies l’abandonnent. Elle va alors devoir faire preuve de courage pour retrouver confiance en elle.
Pendant ce temps, le concours de Miss France du club de foot se prépare…

Auteur : Après des études de lettres, Claire Castillon fait son entrée en littérature en 2000. Elle a publié son premier roman, Le Grenier, à vingt-cinq ans. Très vite, un lectorat fidèle et une reconnaissance critique ont entouré son travail. Elle a publié sept autres romans et trois recueils de nouvelles, dont Insecte qui a marqué le début d’une carrière internationale. Son œuvre est à présent traduite en de nombreuses langues.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Voilà un roman jeunesse intelligent sur la différence.
Suzine se chut fréquemment, elle a inventé ce mot pour dire qu’elle se tait ou qu’elle répond à son interlocuteur ce qu’il veut entendre et pas ce qu’elle pense vraiment. 
Suzine est une adolescente qui vit en alternance chez sa mère et chez son père et Camélia, sa jeune compagne. Elle est en 3ème et lorsque l’histoire commence, ses deux amies Violetta et Romane lui en veulent de ne pas avoir pris partie pour l’une ou l’autre au sujet de Tom, un garçon qui a brouillé les deux amies. 
Suzine a eu « petit problème » et cela ne l’aide pas à avoir confiance en elle.
Elle part donc en vacances avec son père et Camélia en espérant qu’à la rentrée l’état d’esprit de Violetta et Romane aura changé… Mais aux sports d’hiver, elle retrouve le fameux Tom…
J’ai beaucoup aimé les caractères bien décrits des différents personnages, parfois à la limite de la caricature. Il y a beaucoup d’humour dans le ton de ce livre et en même temps l’auteure aborde des sujets profonds comme la différence, le harcèlement scolaire…
Un seul regret, le parti pris de l’auteure de ne pas expliciter le « petit problème » de Suzine avant le tiers du livre. Pour ma part, je n’ai pas eu la patience d’attendre et après 30 pages de lecture, je n’ai pas résisté à aller lire le dernier chapitre pour m’aider à comprendre… Même si la demoiselle fait tout pour cacher son « petit problème », j’ai trouvé difficile de rester si longtemps dans l’ignorance.
L’histoire complète du « petit problème » est racontée dans les derniers chapitres…

Merci  Brigitte et Flammarion Jeunesse pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Je me chut : c’est la règle. Ne jamais dire ce que je pense est un principe que j’ai adopté à l’âge de cinq ans quand Camélia, ma belle-mère, m’a demandé si je préférais ses blagues au regard de galgos de ma mère, son mètre dix-huit de jambes au ventre de sharpei de ma mère, ses jurons de boxeur à la poésie vieux rose de ma mère. Et pour conclure, du moins pour ce jour fondateur de notre relation à venir : ses tenues de zumba à la raquette de tennis en bois de ma mère. Raquette vintage, objecterait Camélia, mais elle ferait fausse route. La raquette de ma mère est juste une vieille raquette en bois comme on n’en fait plus, portée par une mère ringarde comme on en fait peu (mais que j’aime plus que tout). Nous nous rencontrions pour la première fois, Camélia et moi, et j’ai senti, malgré le sourire ravi de mon père qui se félicitait que le courant circule entre nous, qu’il y avait un petit piège dans ses questions. Pas méchant mais posé là, sous ma langue. J’ai poussé un tel oui en réponse à sa demande de réassurance que depuis neuf ans, Camélia, gonflée d’orgueil par mon élan pour elle, se vante auprès de ses amies d’être, loin devant sa mère, la chouchoute de Suz’, sa belle-fille. Bien entendu, ma mère n’est pas au courant de ma trahison. D’ailleurs, elle continue de m’aimer tellement qu’à chaque retour de chez mon père, ma mère me fait l’offrande de quelques vers qu’elle a pondus en mon absence : « Ma Suzine, petite usine, toi le bateau qui vogue droit, tu resteras toujours à moi » ou « Suzine, si fine, sois heureuse même à Villetaneuse ».

petit bac 2019(1) Gros mot

Qui décide tous les soirs, d’allumer les étoiles ? – Carine Bausière

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51v-xV71DuL Ravet-Anceau – août 2016 – 198 pages

Quatrième de couverture :
Moi, c’est Camille. Je ne peux pas dire que je nage dans le bonheur. Mon père n’y comprend rien aux trucs de filles, mon petit frère Babar me colle constamment et je n’ai toujours pas de chéri. Mais surtout, surtout, je n’ai plus de maman. Elle est morte brutalement et nous a tous laissés complètement déboussolés. Heureusement, je peux compter sur Benjamin pour me remonter le moral avec ses blagues presque drôles. Benjamin, c’est mon meilleur ami. Ce serait aussi mon amoureux idéal s’il ne préférait pas les garçons. J’ai un grand rêve : quitter Roubaix pour découvrir New York, ses buildings et son effervescence permanente. Mais avant de le réaliser, je dois régler mes problèmes. Ça, ce n’est pas une mince affaire !

Auteur : Carine Bausière est née à Roubaix et y a suivi toute sa scolarité avant de poursuivre des études d’histoire à Lille 3. Passionnée de sport et plus particulièrement de football, elle a signé ses premières piges dans La Voix du Nord en 1994, avant d’en rejoindre la rédaction en tant que journaliste quelques années plus tard. Un rêve devenu réalité, tout comme désormais celui de publier son premier roman.

Mon avis : (lu en décembre 2018)
Ce livre correspond à moitié à ce que j’attendais du Masse Critique Jeunesse et Jeune Adulte… D’abord, il a mis plus de temps à arriver que prévu et ensuite j’attendais un livre audio et j’ai reçu un livre papier…
Camille, 13 ans, vient de perdre brutalement sa maman. Depuis à la maison, tout va à vau-l’eau, Babar, son petit frère de six ans est inconsolable, son père ne va pas mieux et ne sait pas gérer les trucs de filles et Camille est déboussolée entre sa rage et sa tristesse… Heureusement, elle peut compter sur Benjamin son meilleur ami et sur Zénobie et Adrien, leurs voisins.
Après le choc de la perte et de l’absence d’une mère et d’une épouse, la famille est effondrée, mais peu à peu au fil des mois de cette année scolaire, elle va se rassembler et affronter le quotidien, et se reconstruire pour continuer à vivre et à grandir.
Camille voudrait rencontrer un amoureux et à le grand rêve de partir à New York.
Benjamin est toujours présent pour lui redonner le sourire grâce à ces blagues.
Zénobie est une originale qui dit pleins de gros mots, conduit à sa façon une vieille 2 CV et déteste les supermarché, elle est attentive aux besoins de Babar et Camille et sait y faire pour les consoler et les faire rire !
Une histoire belle et émouvante, qui évoque avec beaucoup de justesse et de tact la perte d’un parent.
Merci Babelio pour cette belle et touchante découverte.

Extrait : (début du livre)
8 heures du mat’, j’ai le bourdon. Ça ressemble à un début de chanson sur la radio pour vieux de Maman. Le gars qui chante a des frissons. Moi aussi. Et je ne peux plus bouger. C’est la rentrée, ça fait un quart d’heure que je suis plantée sur le trottoir. Les portes du collège sont grandes ouvertes, je n’ai qu’à traverser pour rejoindre la cour, ce n’est pas que je ne veux pas, je ne peux pas. Mes jambes refusent de bouger, je suis raide comme un piquet, j’ai une énorme boule dans la gorge et je sens mes yeux s’embuer comme les hublots d’un paquebot en plein naufrage.
Sale journée.
Sur mon bout de trottoir, je ne peux pas m’empêcher de penser au même jour il y a deux ans. Je rentrais en sixième et si ce n’était pas franchement un événement pour moi, ça l’était pour Maman, remontée comme un coucou, comme si c’était elle qui allait découvrir le collège. Alors elle s’était levée bien plus tôt que d’habitude pour me préparer un copieux petit déjeuner avant de venir me réveiller en me sifflotant doucement à l’oreille. Puis elle m’avait aidée à choisir mes vêtements, « pas trop sérieux, pas pétasse non plus s’il te plaît ! », et elle m’avait conduite en voiture jusqu’à la grande porte pour m’observer une dernière fois, en m’enveloppant de son doux regard un peu plus brillant que d’habitude. « Ma Camille… » Cette fois-là, c’était elle le Titanic. Et il tanguait drôlement de l’intérieur.
Je me souviens avoir trouvé ça curieux. Les adultes, quand même… De mon côté, je n’étais pas émue du tout. Au contraire, c’est limite s’il ne fallait pas me retenir de sauter de la voiture en marche tellement j’étais impatiente. À 11 ans, je n’étais plus une gamine depuis longtemps. D’ailleurs, Maman me l’a souvent dit, j’ai toujours été en avance, plus mature que les enfants de mon âge. Là, c’était vraiment concret. En arrivant dans ce collège dont on m’avait tant parlé, j’ai eu l’impression d’avoir grandi d’un coup. Mais pas au point d’être blasée de retrouver ma mère plantée au même endroit sur le trottoir le midi, comme si elle n’avait pas bougé de la matinée pour être sûre de ne pas me rater.
Journée exceptionnelle oblige, nous avions mangé « entre filles » dans un restaurant italien sur la Grand-Place. Je lui avais raconté cette première matinée d’un air assuré, comme si le collège était déjà une vieille habitude et elle m’avait écoutée, avide de détails. « Ton prof principal, il est comment ? » Un vieux. Barbu. « Vieux ? » Ouais, au moins 40 ans. « Âge canonique en effet… Et ta classe ? » Bah, une classe, quoi. « Et les autres élèves, ils sont sympas ? » J’ai pas trop eu le temps de leur parler encore. « Même à ton voisin de table ? Tu es assise à côté de qui ? Une fille ? Un garçon ! Il est mignon ? » Mamaaaan ! Finie la belle assurance, j’étais rouge comme une pivoine et pas uniquement à cause de l’huile pimentée sur ma pizza. Oui, il était mignon, plus que ça même : si je n’avais pas discuté avec le reste de la classe, j’avais quand même jeté un œil sur les autres tables, genre distrait-mais-en-fait-très-affûté, pour me rendre compte que « M. le professeur principal » avait eu la main heureuse dans le placement. J’avais hérité du « SBG », le super beau gosse. Sauf qu’il m’intimidait tellement que je n’arrivais pas à le regarder en face. Et encore moins à en parler.
Évidemment, ça avait fait rire Maman de me voir comme ça. Mais elle n’avait pas insisté, domptant difficilement sa curiosité jusqu’au soir où j’avais eu droit au même rituel, sans la pizza. Des questions, encore des questions, dans la voiture, la cuisine, la salle de bains, avant la dernière salve au bord de mon lit. Assise sur une fesse, elle m’avait regardée d’un air grave. « Bon alors, il est vraiment mignon ce garçon ? » Comme je recommençais à virer au rouge, elle a pouffé de rire, passé sa main dans mes cheveux avant de m’embrasser. « Je te taquine, fleur bleue. » Mouais, elle avait plutôt une tronche de coquelicot, la fleur bleue…

petit bac 2019
(1) Animal

Dancers – Jean-Philippe Blondel

41wfjmxTEwL Actes Sud Junior – août 2018 – 176 pages

Quatrième de couverture :
Un triangle amoureux. Une fille et deux garçons. Amour, amitié, séparation. Mais ce qui les relie irréductiblement l’un à l’autre est la danse, le hip-hop. La seule passion du mouvement, de la circulation dans et entre les corps, d’un art vécu comme une sérénité. Anais, Adrien et Sanjeewa : l’ancienne gymnaste à la carrière contrariée, le garçon en colère contre l’injustice familiale et le fils d’immigrés Tamoul que l’on ne sait pas trop où caser. Le trio réinvente les lois de l’attraction dans la vie comme sur un plateau. Nourri de culture musicale, Jean-Philippe Blondel n’a pas son pareil pour mettre en scène l’adolescence avec énergie, sensualité et confiance.

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964. Marié, deux enfants, il enseigne l’anglais en lycée et vit près de Troyes, en Champagne-Ardennes. Il publie en littérature générale et en littérature jeunesse depuis 2003. Le Baby-sitter, G229 (prix Virgin – Version femina), Et rester vivant et 06H41 ont rencontré un réel succès.

Mon avis : (lu en décembre 2018)
Jean-Philippe Blondel nous plonge dans le quotidien de trois adolescents qui ont comme passion commune la danse.
Anaïs est une ancienne gymnaste qui a perdu toute confiance en elle après un échec au sein de l’équipe nationale. Elle a trouvé dans la danse le moyen d’exprimer ses émotions. Elle cache ses fêlures sous un aspect rigide et distante.
Adrien est un danseur instinctif, inné. Très créatif, il invente des mouvements, la danse est naturellement en lui. Il est poussé par une colère qu’il cache en lui depuis longtemps et dont vous découvrirez la raison dans l’histoire…
Anaïs et Adrien vont se rapprocher et d’amis devenir amoureux… jusqu’au jour où un événement va les séparer, et Sanjeewa entre dans la danse.
Sanjeewa est un fils d’immigrés Sri Lankais, arrivé en France à l’âge de 7 ans, il a souffert de l’arrachement à sa terre natale. Il a grandi bien plus vite que les enfants de son âge. Il est lumineux et solaire, il ne vit que pour le plaisir de vibrer, de danser, de mettre en scène ses ressentis. Il mêlant la danse traditionnelle des Tamouls et le hip hop.
L’histoire commence par un petit triangle amoureux, puis des amitiés sincères vont se construire peu et à peu… En dévoilant aux autres, chacun leurs failles, Anaïs, Adrien et Sanjeewa vont pouvoir se retrouver à travers une ultime danse !
Une belle leçon de vie, d’espoir et de tolérance.

Extrait : (début du livre)
Adrien
D’abord, les poignets. C’est ce qu’il y a de plus fragile, les poignets. Je ferme les yeux tandis que je les assouplis. Quand je les ouvre à nouveau, je suis face au miroir. J’ai le regard dur.
Anaïs me le reprochait souvent. Je répondais que j’étais comme ça, un point c’est tout, j’ajoutais que je ne changerais pas, mais elle rétorquait que c’était idiot, comme position. Elle souriait, elle tournait légèrement la tête et elle disait que tout le monde change, tout le temps, et que vouloir lutter contre les avis extérieurs, c’était ridicule. Il fallait les accueillir et les filtrer, au contraire.
– On est la somme de tout ce qui nous influence, a-t-elle remarqué une fois, et tu sais quoi ? J’adore cette idée.
Ne pas penser à Anaïs. Se concentrer sur les articulations, d’abord. Les chevilles. Si la cheville cède, le corps s’effondre – et avec lui, l’avenir et le monde, tout simplement. La cheville porte et supporte tout. Mes pouces et mes index massent la gauche, d’abord. Je sens le frisson de plaisir monter du bas de mon dos à ma nuque, mais je ne bronche pas. J’ai eu du mal à accepter que oui, toucher son propre corps pouvait rassurer et permettre d’atteindre un état second, mais maintenant, j’en suis conscient. Je l’assume pleinement.
Il y a tellement de choses que j’ai eu du mal à accepter. La première d’entre elles : être un garçon qui danse. Les deux termes semblaient totalement opposés. J’habite dans un village du Grand Est depuis sept ans maintenant. Avant, nous logions dans un appartement en ville, mais je n’en ai presque aucun souvenir. Dans la campagne où je vis, les garçons jouent au foot ou au handball, pratiquent les arts martiaux, organisent des parties de paintball dans la forêt, se déplacent à moto ou en quad. Ils vont à la chasse aussi. Pendant les soirées, ils restent ensemble, descendent des bières ou du coca, lancent des vannes grasses sur les filles présentes en se donnant des coups d’épaule. Ils ne dansent pas. Partout, sur internet, à la télé, dans les magazines, on entend dire que la société s’est modifiée en profondeur et que les stéréotypes sont dépassés. Aujourd’hui, tout le monde serait apparemment prêt à accepter que sa fille soit gardienne de foot ou boxeuse, et que son fils entre dans la haute couture ou se passionne pour le maquillage. Ou la danse. Laissez-moi en douter.
La première chose que tu apprends quand tu es un garçon et que tu ne vis pas dans une capitale, c’est omettre. Passer sous silence. C’est exactement ce que j’ai fait pour la danse. Je n’ai jamais parlé des cours que je suivais en ville. Ni de l’option pour laquelle je me suis inscrit dans ce lycée dont mon collège ne dépend pas. Motus. Les autres, ceux qui me côtoient au village, je suis sûr qu’ils sont tous au courant et qu’ils se moquent derrière mon dos, mais devant moi, rien, pas un mot plus haut que l’autre. Tant qu’on ne nomme pas la réalité, elle a encore une chance de ne pas exister.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

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Le pensionnat – Michel Noël

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Dominique et compagnie – janvier 2018 – 260 pages

Michel Quintin – 1998 – (Dompter l’enfant sauvage – tome 2 : Le pensionnat)

Quatrième de couverture :
Voici une histoire tragique inscrite dans le passé de notre pays. Celle de Nipishish et de ses amis, qui sont transplantés contre leur gré dans un pensionnat indien. Pour le privilège d’apprendre à lire et à compter, les jeunes Amérindiens auront un prix horrible à payer…
Une aventure vécue, écrite dans une langue magnifique, qui restera gravée dans le cœur des lecteurs.

Auteur : Né au Québec, Michel Noël se définit lui-même comme étant « un québécois d’origine amérindienne », car il a vécu les 14 premières années de sa vie en milieu algonquin.
Après des études pédagogiques, il entame une licence en lettres et poursuit ses études en obtenant une maîtrise en Arts, puis un doctorat en 1983.
En plus d’être un universitaire, il est aussi un homme de terrain : il passe la majeure partie de son temps dans les réserves ou sur les territoires ancestraux. Compte tenu de son imposante production littéraire, Michel Noël prend le temps d’écrire. A son actif, plus de cinquante livres comprenant des albums et ouvrages pour enfants. Il a été récompensé par plusieurs prix dont celui du Gouverneur général du Canada en 1997, pour l’excellence de son œuvre et sa contribution à l’harmonisation des relations entre les peuples.
À ce sujet, il se dit un « conteur » comme l’étaient ses ancêtres. Excellent médiateur, il croit en son rôle de transmettre aux autres, particulièrement aux jeunes, toutes les connaissances, la sagesse et le savoir dont il a hérité de ses parents et grands-parents. Pour son implication, Michel Noël a été nommé Citoyen du monde par l’Association canadienne pour les Nations Unies. En 2002, il a reçu la médaille de reconnaissance du Sénat pour son apport à la promotion de la langue et de la culture française.

Illustration de la couverture : Réal Binette
Illustrations de l’intérieur : Jacques Néwashish

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Une histoire vécue par plus de 150 000 jeunes autochtones qui met en lumière un épisode cruel de l’Histoire du Canada et des peuples autochtones.
L’auteur est « un québécois d’origine amérindienne », il nous raconte l’histoire de Nipishish et de ses amis, qui ont été forcés de quitter leur communauté pour aller dans un pensionnat indien tenu par des religieux. Par la voix de Nipishish, le lecteur découvre le quotidien de ces pensionnats surtout destinés à évangéliser et assimiler les jeunes indiens plutôt qu’à les instruire. Les enfants sont humiliés, maltraités et il leur est interdit de parler leur langue. Tout est fait pour qu’ils soient éloignés de leurs proches et qu’ils oublient leur culture…
Avant chaque début de chapitre, on retrouve une sagesse amérindienne, pleine de poésie, illustrée par Jacques Néwashish.
Le mot de l’auteur à la fin du livre est très instructive, il explique ses sources d’inspiration, en particulier le témoignage d’un de ses amis ayant fréquenté ce type de pensionnat. Il fait le constat désastreux de cette politique d’assimilation massive qui a encore aujourd’hui des conséquences désastreuses.
Un livre poignant et fort.

Extrait : (début du livre)
Mon grand-père s’appelle Wawaté. C’est ainsi que les Anishnabés nomment les aurores boréales. Ma grand-mère s’appelle Kokum. C’est le nom que nous donnons à la lune lorsqu’elle est ronde. Ma mère, que j’ai peu connue, porte un beau nom et un beau prénom. Elle s’appelle Flore St-Amour. Flore comme une fleur sauvage et Amour pour la plus belle création de l’humanité. Mon père s’appelle Shipu, ce qui signifie Grande Rivière. Et moi, il m’a baptisé Nipishish, Petite Rivière. Je suis le fils d’une  Grande Rivière et d’une Fleur Sauvage et le petit-fils des aurores boréales et de la pleine lune.

J’ai des doutes sur la sincérité de notre missionnaire, le révérend père Beauchêne. Je n’aime pas son odeur ; il pue la mousse humide et les champignons écrasés. C’est un rusé, ça se voit dans ses petits yeux vitreux de belette. Mon père ne l’aime pas non plus, mais il n’a pas le choix. Il lui faut le tolérer sans maugréer. Les Indiens n’ont pas le droit de parole. Comme s’ils n’existaient pas.

En forêt, nous avons des maîtres absolus et omniprésents : la CIP (Canadian International Paper, la plus grande entreprise forestière de la région), la HBC (Hudson’s Bay Compagny, magasin général et commerce de fourrures), la Police montée et le clergé. Ceux sont eux qui contrôlent tout, qui prennent toutes les décisions. Ils disent que cela vaut mieux puisque nous agissons comme des enfants et que, de toute façon, ils ne veulent que notre bien.

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Sauveur & Fils saison 4 – Marie-Aude Murail

41mFka+jzUL.jpg École des Loisirs – juin 2017 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Comment résoudre tous nos problèmes ?
On peut, comme Jean-Jacques, s’enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s’enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l’avenir, ou bien, comme Jérôme, s’enfuir en abandonnant femme et enfants.
Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face.
Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s’est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l’émotion et de l’amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t’aime (2013).

Mon avis : (lu en août 2018)
J’ai toujours autant de plaisir à suivre les différents épisodes de la série « Sauveur & Fils », nous voilà à la 4ème saison qui semble-t-il est également (à mon grand regret) la dernière.
Sauveur est psychologue clinicien à Orléans, d’origine martiniquaise, veuf, il élève seul son fils Lazare.
Côté professionnel, le lecteur découvre les différents patients du psychologue et leurs questionnements, problèmes et évolutions… Des adultes, des enfants, ils sont souvent très attachants et qui nous fait réfléchir sur des sujets très actuels et variés. Ella voudrait être un garçon, son père, Camille, est un alcoolique en désintoxication, Maïlys, quatre ans, cherche à attirer l’attention de ses parents, il y a Margaux et Blandine, deux sœurs, ou Samuel, qui ne supporte plus sa mère très envahissante. Solo le gardien prison et Jean-Jacques, qui refuse de quitter sa chambre, sont de nouveaux patients…

Côté personnel, Sauveur s’est créé une famille recomposée en accueillant chez lui, Gabin, l’adolescent dont la mère est malade, Jovo, l’ancien légionnaire SDF, qui fait office de grand-père. Il y a également Louise, son amoureuse, et ses deux enfants : Paul, copain inséparable de Lazare, et Alice, sa grande sœur. Ils ont du mal à se faire une place à plein temps dans la petite maison de Sauveur… Et enfin, il ne faut pas oublier la grande famille des hamsters qui n’en finit pas de s’agrandir…
Je vous encourage à découvrir cette série formidable, intelligente et réaliste. Une série qui fait du bien, avec beaucoup d’humanité, d’empathie, de bienveillance et également de l’humour !

Extrait : (début du livre)
Semaine du 4 au 10 janvier 2016
– Pourquoi on est là, au fait ?

– Mais tu sais bien, c’est le docteur qui t’a dit de voir ce psy.
– Mais j’ai rien à lui dire. Comment il s’appelle déjà ?
– Sauveur Saint-Yves.
Le jeune homme passa la main sur la barbe mousseuse et clairsemée qui lui envahissait les joues et le cou comme de la mauvaise herbe.
– Je lui dis quoi ?
– Mais tu sais bien, dit sa mère. Que tu dors pas. Que tu sors pas. Que tu es toujours sur tes jeux.
– Il va me répondre : achète-toi une vie.
Tous les deux parlaient à voix basse, avec les précautions qu’on prend dans la chambre d’un grand malade qui s’est endormi malgré la souffrance.
– Monsieur Luciani ?
Le jeune homme tressaillit. Comme il ne sortait plus de sa chambre, personne ne l’interpellait de cette façon. Il tourna la tête vers la porte qui venait de s’ouvrir et eut un regard d’ébahissement qui le fit paraître très enfantin, très démuni. Il s’attendait à voir un docteur dans le style de Dubois-Guérin, son médecin généraliste, un petit moustachu ratatiné derrière son bureau. Mais ce psychologue de quartier était un grand Noir décontracté dans un costard avec chemise blanche au col ouvert.
– Si vous voulez bien me suivre ? dit-il avec un discret signe de tête pour saluer la femme.
Il leur fit traverser le couloir qui séparait la salle d’attente de son cabinet de consultation. D’ordinaire, les nouveaux patients jetaient autour d’eux un bref regard d’inspection. Mais le jeune homme se tint immobile près d’un fauteuil, les yeux dans le vide.
– Asseyez-vous, l’invita Sauveur. Vous aussi, madame.
Madame Luciani posa son sac et son manteau sur le canapé et s’assit. C’était une petite femme au teint olivâtre, des cernes noirs lui creusant les yeux. Ses cheveux mal coupés, qui avaient été d’un noir de jais, grisonnaient à la racine.
– C’est moi qui vous ai appelé la semaine dernière pour prendre un rendez-vous pour mon fils.
– Mm, mm.
– Sur le conseil de mon généraliste.
– D’accord.
Silence. Lourde respiration du jeune homme. Il déplaça son corps dans le fauteuil comme un dormeur se retourne sur son matelas.
– Et vous, monsieur ? le sollicita Sauveur.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin

92806891 3000 façons de dire je t’aime 

114911377 Sauveur et fils – saison 1 117081217 Sauveur & Fils – saison 2 

51dQo72i0DL Sauveur et Fils saison 3

Petit bac 2018
Mot positif (6)

Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 11 ans – Riad Sattouf

51ZNjb2mdML Allary éditions – janvier 2017 – 54 pages

Quatrième de couverture :
Je m’appelle Esther et j’ai 11 ans. Dans ce livre, vous trouverez 52 histoires qui me sont réellement arrivées (sujets : amours, école, attentats, famille, vraie vie des jeunes) et que Riad Sattouf a transformées en bandes dessinées (c’est le meilleur dessinateur du monde en ce moment apparemment).
Note sur la couverture : j’ai jamais fait ça en vrai, c’est juste un délire. Comment réagiraient les gens si je le faisais vraiment ? Ça me fait trop rire de l’imaginer (oui je suis un peu folle parfois).

Auteur : Riad Sattouf est l’auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l’un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d’Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L’Arabe du futuren 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Après Esther et l’histoire de ses 10 ans, voilà l’histoire de ses 11 ans ! Elle est maintenant en CM2 dans la même école privée. Il y a eu des fraudes lors des élections des élèves délégués. Esther étudie Arthur Rimbaud et Paul Verlaine. Elle vient d’avoir un petit frère, Gaëtan. Il a de nombreux cheveux tout blond. Son avis sur les garçons a évolué, « Pour la première fois, il m’a fait un sourire TROP TROP MIGNON »
A l’école, Esther a 3 amoureux « on se parle jamais mais on se sourit et on sait que l’amour nous lie. » Après le vendredi 13 novembre et les nouveaux attentats, les élèves ont peur dans la cours de récréation. Plus tard, Esther veut devenir éditrice. Elle aime faire des listes comme des choses qu’elle trouve belles, des choses qui la rend joyeuse…
Pour tenter d’aller l’année prochaine dans un collège public très prestigieux du centre de Paris, Esther doit passer un test. Sinon, elle devra aller dans le même collège que son frère, « C’est une ZPEP, ça veut dire que c’est un endroit dangereux où la violence est de rigueur. »
Authentique et drôle, Esther est pleine de vie, de naïveté et de bon sens sur le monde qui l’entoure. A suivre…

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

100708942 L’Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

106163512 L’Arabe du futur – Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

114098671 L’Arabe du futur – Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987

61Xcfw864ML Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 10 ans

Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 10 ans – Riad Sattouf

61Xcfw864ML Allary – février 2016 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Je m’appelle Esther et j’ai 10 ans. J’ai raconté 52 histoires vraies extrêmement intéressantes sur moi (ma famille, mes amis, ma vie etc.) à Riad Sattouf et il en a fait ce livre très réaliste avec des gros mots (merde – con – putain) parce qu’on parle comme ça nous les jeunes.

Auteur : Riad Sattouf est l’auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l’un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d’Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L’Arabe du futur en 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en juillet 2018)
Esther a 10 ans, elle habite dans le 17ème arrondissement à Paris. Son père est coach sportif dans une salle de sport, sa mère dans une banque. Esther a un grand frère, Antoine, âgé de 14 ans avec qui elle partage la chambre. « Il est assez con, mais c’est normal pour un garçon ». Esther est en CM1 dans une école privé, Antoine va dans un collège normal. Eugénie est sa meilleure amie, elle aime également Cassandre. Esther aimerait beaucoup avoir un Iphone comme Eugénie, mais son père refuse qu’elle est un téléphone avant son entrée au collège. Il préfère qu’Esther lise des livres…
Esther nous raconte son quotidien, elle parle de sa famille, de l’école, des amoureux à la récré, des vacances chez mamie en Bretagne… Elle donne son avis sur le racisme, sur Dieu, sur les attentats de Charlie, sur le futur… Elle parle de son film préféré, de la musique qu’elle écoute et qu’elle aime…
Esther est pleine de fraîcheur, drôle et parfois sans pitié. Voilà une BD touchante et pleine d’humour !
J’ai continué à découvrir la série avec les tomes : 11 ans et 12 ans (billets à venir), et Riad Sattouf a prévu de suivre Esther jusqu’à ses 18 ans…

Edit 3/09/2018 : « Les Cahiers d’Esther, histoires de mes 10 ans » arrivent en dessins animés à la télé : 50 épisodes seront diffusés en CLAIR sur CANAL+ à 20h55 !

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu du même auteur :

100708942 L’Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

106163512 L’Arabe du futur – Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 – 1985)

114098671 L’Arabe du futur – Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987

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