Eliza est féministe – Michelle Quach

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71qz24BroIL Gallimard – juin 2022 – 368 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Troin

Titre original : Not Here to Be Liked, 2021

Quatrième de couverture :
Eliza n’a pas été élue rédac chef du journal du lycée. Pourtant, elle était la plus expérimentée et la plus qualifiée. C’est Len DiMartile qui a décroché le job -un sportif blessé qui vient tout juste de rejoindre le journal pour passer le temps et se trouve, accessoirement bien sûr, être un garçon.Alors Eliza écrit un pamphlet pour dénoncer le sexisme dont elle s’estime victime… et les choses s’emballent d’une façon inattendue !

Auteure : Michelle Quach est une graphiste et écrivaine vivant à Los Angeles. Elle est sino-vietnamienne-étasunienne et diplômée de l’Université Harvard, où elle a étudié l’histoire et la littérature.

Mon avis : (lu en décembre 2022)
Eliza est une adolescente intelligente et très sérieuse qui espère depuis des années accéder au poste de rédactrice en chef du journal du lycée. Elle est la plus expérimentée et la plus qualifiée pour le job, mais c’est après un vote que sera désigné le lauréat.
Eliza pensait être la seule candidate, mais voilà qu’au dernier moment Len DiMartile, sportif blessé qui a seulement rejoint le journal depuis moins d’un an, a décidé d’être également candidat. Eliza est très compétente mais l’attitude de Len est plus cool et c’est finalement lui qui est élu pour être le futur rédacteur en chef.
Se sentant victime d’une injustice, Eliza écrit à chaud un article féministe et cinglant pour dénoncer le sexisme de cette nomination. Un pamphlet qui n’est pas destiné à être publié, mais qui permet à Eliza de vider son sac…
Mais le lendemain, l’article est en ligne et malgré elle Eliza se retrouve à la tête d’un mouvement qui dénonce « le patriarcat bien présent » dans le lycée.
Ce premier roman de l’Américaine Michelle Quach, est bien plus profond qu’on pourrait le penser. Il invite le lecteur à se poser des questions autour du féminisme, mais aussi autour de la diversité ethnique et culturelle des États-Unis. Eliza, tout comme son auteure, est sino-vietnamo-américaine.
Cette lecture m’a également permis de découvrir le bubble tea… boisson dont je n’avais jamais entendu parler !

Merci Masse Critique Babelio et Gallimard pour cette belle découverte

Extrait : (début du livre)
Je partage une chambre avec ma grande sœur, Kim, ce qui ne serait pas un problème si elle n’avait pas la fâcheuse habitude de grimacer chaque fois que je passe la porte.
– Tu comptes sortir comme ça ? me demande-t-elle en pointant sa brosse à mascara vers moi avec une incrédulité aussi épaisse que son fond de teint.
– Ça ira très bien, dis-je en relevant mes manches, qui retombent aussitôt. Ne t’en fais pas pour moi.
Pour être honnête, j’avoue que mon gilet en polyester trop grand, du même gris que le bitume, n’avantagerait personne. Mais je m’en fiche. Je m’habille comme ça presque tous les jours. J’ai lu quelque part que des tas de gens haut placés ont une espèce d’uniforme qui leur permet d’économiser leur énergie mentale pour les choses importantes, et j’ai décidé de faire pareil. Kim trouve que c’est une horrible façon de vivre.
– Je croyais qu’aujourd’hui était un grand jour pour toi.
Je me laisse tomber sur mon lit avec un livre, un roman d’Eileen Chang que j’ai emprunté au hasard à la bibliothèque. J’aime bien, parce que l’héroïne est une fille chinoise maligne et pas commode du tout. Le monde a besoin de plus de gens comme elle. Bien sûr, ce n’est que mon avis.
– Alors ? insiste Kim après que j’ai tourné une page.
Je mords dans mon sachima cantonais à la fois sucré et collant, un peu comme des Rice Krispies mais sans les Chamallows. Puis, parce que l’impatience de Kim fait pratiquement de la buée à la surface de mon silence, je bois une longue gorgée de thé et tourne une autre page.
– Si, c’est un grand jour.
Aujourd’hui, l’équipe du Clairon de Willoughby, le journal de mon lycée, doit choisir son prochain rédacteur en chef. C’est un rituel sacré qui a toujours lieu au printemps et, cette année, comme je suis en première, je peux enfin être candidate.
– Donc, tu devrais te rendre présentable, affirme Kim en redessinant ses sourcils en forme de deux épaisses barres horizontales, dans le style des héroïnes de séries dramatiques coréennes. Tu ne veux pas que les gens votent pour toi ?Je n’ai jamais été du genre à enjoliver les apparences – la mienne y compris. En journalisme comme dans la vie, la seule chose qui compte, ce sont les faits purs et durs.

 

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Homère in the city – Cécile Alix

Masse Critique Spéciale

71dUUYJPMFL Casterman – octobre 2022 – 336 pages

Quatrième de couverture :
Sol a une passion secrète depuis l’enfance : les chevaux. Quatre soirs par semaine, il quitte l’EHPAD où il est apprenti et tourne le dos aux tours de sa cité pour aller espionner des cours d’équitation qu’il ne peut pas se payer. Perché dans un arbre à l’orée de cet autre monde, il s’imagine cavalier, franchissant tous les obstacles de sa vie. Mais un jour la routine de Sol est bouleversée par une rencontre, Melissa, et un accident, celui de son meilleur pote Tatepa. Deux événements qui vont tout changer et mener Sol vers Homère, le cheval de ses rêves.

Auteur : Cécile Alix enseigne le théâtre et la relaxation aux jeunes enfants, et elle est formatrice auprès des futurs enseignants. En tant qu’autrice elle s’adresse principalement aux lecteurs 8-12 ans, mais également aux lecteurs adolescents, avec notamment A(ni)mal, paru aux éditions Slalom. Chez Casterman Jeunesse, elle est également l’autrice de la série Raoul Pigeon détective.

Mon avis : (lu en octobre 2022)
Sol est un adolescent silencieux et introverti. Il vit dans une cité, seul avec son père mais la communication avec ce dernier est difficile. Il est apprenti dans un EHPAD pour préparer un CAP d’agent d’entretien. Les relations avec les autres sont compliquées.
Depuis son enfance, Sol a une passion secrète, les chevaux et pour s’évader, il grimpe dans un arbre d’où il suit en cachette les entraînements du centre équestre, à califourchon sur une branche…
Il a heureusement un meilleur ami surnommé Tatepa. Mais voilà que Tatepa est victime d’un grave accident de moto et Sol se retrouve seul. Mais grâce à plusieurs rencontres à l’EHPAD et surtout celle de Mélissa, Sol va peu à peu s’ouvrir aux autres et croire en lui et à son avenir…
Sol et Tapeta ont une amitié est très touchante, ces deux garçons sont très différents mais complémentaires. Malgré leur éloignement, ils vont continuer à échanger et à se soutenir mutuellement en s’écrivant des lettres pleines de sincérité et d’humour. Et à distance, Tapeta va aider Sol à accéder à son rêve.
Ce roman jeunesse est très réussi, il est destiné aux plus de 13 ans mais tout peut aussi bien être lu par des adultes.
C
’est un très beau roman, émouvant mais aussi plein d’humour.

Merci Babelio et les éditions Casterman pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Quand tu chantes, quand tu chantes…
Il s’appelle Sol.
Mmmm mm…
Dans sa tête, ça ressemble à un nuage d’orage. Ou à un buisson d’épines. À un buisson d’orage en nuage d’épines, gribouillé par un enfant. Il a le cerveau rempli de taches d’encre et de gros pâtés. Les traits s’enchevêtrent, les lignes se mélangent, il aimerait
trouver le point de départ, l’endroit où le crayon a commencé à tracer, attraper le fil, tirer patiemment et tout démêler. Par moments, ce fouillis dans sa tête le panique, il a envie de hurler : « Je fais comment, hein ? Je fais comment pour sortir de là ? »
Quand tu chantes, quand tu chantes…
Lorsqu’il avait cinq ou six ans, Sol aimait lâcher la main de son père dans la rue pour piquer un sprint. Son père criait : « Sol ! c’est dangereux, fais attention aux voitures, attends-moi ! » Il se lançait à sa poursuite et l’enfant redoublait de vitesse, se prenait pour Spirit, l’étalon des plaines. Il galopait en jetant des coups d’œil par-dessus son épaule et le trouvait beau, son père, avec ses mains tendues et son corps qui bondissait derrière en faisant le grand écart dans les airs. « Tu serais un danseur ! hurlait-il. Et moi je serais un cheval ! »
Quand tu chantes, quand tu chantes… Mmmm mm…
Au-dessus de sa tête, les merles sifflent leur rap. Becs jaunes, plumes noires. Sol accélère. Il a dix-sept ans. Derrière lui, son père ne cavale plus avec ses bras en l’air, mais il continue à se faire des films, imagine qu’à chaque foulée ses pieds ne touchent pas terre. Je serais un cheval qui danserait sur le bitume du trottoir.
Quand tu chantes, quand tu chantes…
Il aime le flow du matin, surtout au printemps. Un matin de printemps, ça nettoie les buissons d’orage, ça laisse de la place aux courants d’air. Les branches des peupliers se prennent pour des danseuses orientales, le ciel se reflète dans les vitres, il y a du pollen en suspension, tout est jaune, vert et bleu… il en oublie presque le béton crasseux des immeubles. Presque.
— Eh, Sol !
Tatepa le rattrape, pétarade à son niveau. Sa monture s’appelle 125YZ, c’est une Yamaha bleue, la prunelle de ses yeux.
Ils se connaissent depuis toujours. Sont nés dans le même hôpital à trois jours d’écart, habitent le même immeuble et sont devenus inséparables à partir du CP.

 

 

 

Nos éclats de miroir – Florence Hinckel

61cLExtvDQL Nathan – janvier 2019 – 176 pages

Quatrième de couverture :
Une tranche de vie d’une ado de 15 ans, qui s’ouvre au monde grâce à l’écriture
Je m’appelle Cléo, et j’aurai bientôt 15 ans, 1 mois et 20 jours. Cette date est importante pour moi, car c’est à cet âge-là que tu es morte, Anne Frank. Tu es mon écrivaine préférée ! Alors j’ai décidé de m’adresser à toi dans ce nouveau carnet. Je vais te raconter ce qui m’interroge, me fait rire ou me bouleverse. Toutes ces choses que je n’oserais jamais dire à voix haute : le voile devant les yeux de ma mère ; ma meilleure et parfois cruelle amie Bérénice ; ma grande sœur, si forte et déterminée ; Dimitri, mon amour d’enfance perdu de vue ; la complexité du monde. Mais aussi mon reflet, si mouvant qu’il m’échappe… ou parfois se brise.
Je vais te parler de nos éclats de miroirs.
Les tiens, les miens, les leurs.

Auteure : Florence Hinckel : née en 1973, elle découvre le plaisir de l’écriture en 1984, publie son premier roman en 2003, décide de se consacrer entièrement au métier d’écrivain en 2016, et ne cesse de s’émerveiller des joies que lui a apportées sa passion jusque-là. 

Mon avis : (lu en septembre 2021)
Livre emprunté à la Bibliothèque un peu par hasard, l’allusion à Anne Franck sur la quatrième de couverture, m’a encouragée à découvrir ce roman.

Un roman épistolaire jeunesse plutôt original. Cléo a 14 ans et 11 mois, elle écrit depuis longtemps son journal intime. Admiratrice d’Anne Franck, Cléo décide de lui écrire comme Anne écrivait à son amie imaginaire Kitty. Elle lui raconte sa vie, son quotidien avec sa meilleure amie, Bérénice, sa sœur aînée Mélodie, sa mère ou Dimitri… Cléo fait des parallèles entre la vie de son héroïne et sa propre vie, entre réflexions, interrogations, émotions et ressentis le lecteur découvre le quotidien d’une adolescente d’aujourd’hui et son évolution au fil des pages. Dans ce journal Cléo peut tout dire, tout raconter même ses souffrances les plus profondes, elle met à nue toute sa sensibilité.

Extrait : (début du livre)
Chère Anne,
Ma vie n’est vieille que de quatorze ans et onze mois, pourtant je peux dire qu’écrire en fait partie intégrante. J’écris tout le temps. Même quand je n’écris pas pour de vrai, j’écris tout de même. Dans ma tête. Je forme des phrases que je destine à être couchées sur le papier. Au bout du compte, elles le sont rarement, parce que je les oublie. Ma pensée serait une forme d’écriture très éphémère.
J’ai commencé à écrire vers dix ans, et je lis énormément.
Mon écrivaine préférée, c’est toi, Anne. Hélas, tu n’es plus là. Je ne pourrai jamais discuter avec toi. Tu étais une petite fille, et puis tu es morte dans un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’âge de quinze ans. Tu écrivais à une amie imaginaire nommée Kitty. Tu commençais toujours tes lettres par « Chère Kitty », puis tu les terminais par « À toi, Anne ». Tu voulais peut-être dire « À toi de m’écrire, maintenant ». Bien entendu, personne ne t’a jamais répondu. Pourtant, des milliers de gens ont lu tes lettres. Et parmi ces gens, des milliers de petites et jeunes filles. En écrivant « À toi », tu t’adressais sans le savoir à tous tes lecteurs et à toutes tes lectrices.
Je tiens un journal depuis déjà trois ans, et je commence ce nouveau cahier à couverture rouge aujourd’hui. Les pages sont striées de lignes bleues. Mais elles sont trop espacées. Si je les suivais, je le terminerais en à peine un mois. Alors je trace au fur et à mesure une autre ligne entre chacune d’elles. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai besoin que mon écriture soit bien serrée. J’ai longtemps réfléchi avant de commencer à écrire dans ce cahier. Il était si beau, le plus beau que j’aie jamais eu, qu’il fallait qu’il soit spécial. Et que je ne me trompe pas. Soudain une ampoule s’est éclairée au-dessus de ma tête, et l’idée que j’ai eue m’a paru tellement évidente que je me suis demandé pourquoi je ne l’avais pas eue plus tôt. Voilà comment j’ai décidé d’écrire dans ce cahier tous les jours en commençant par « Chère Anne »… Et je finirai par « À toi, Kitty ». Pourtant, je m’appelle Cléo.

Petit Bac 2021
(8) Objet

 

Il est encore temps ! – Jean-Philippe Blondel

41PTaFOCLhL Actes Sud Junior – mai 2020 – 176 pages

Quatrième de couverture :
« J’imaginais bien qu’un jour je trouverais un mentor ou un modèle, un ou une artiste, quelqu’un qui exprime ses émotions et les fait partager à un public. Jamais je n’aurais cru que mon existence puisse être bouleversée par une espèce de gamine rouquine qui ressemble à toutes les petites sœurs chiantes du monde et qui s’exprime bizarrement parce qu’elle est autiste tendance Asperger.
Je la regarde et je suis fascinée. La vidéo se termine avec un nouveau hashtag ClimateStrike. La grève pour le climat. Tout ce que je parviens à prononcer, c’est « Waow ». »
À quoi bon étudier pour un futur incertain, quand on nous promet l’apocalypse, sécheresses catastrophiques, ouragans dévastateurs et extinction des espèces ? La peur des périls climatiques à venir plonge Lou dans le plus profond abattement. Tout est foutu, alors ? Un jour, c’est le déclic, une vidéo devient virale sur internet. Au lieu de se morfondre et d’attendre le pire, il est encore temps d’alerter, d’agir !

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964. Marié, deux enfants, il enseigne l’anglais dans un lycée près de Troyes. En parallèle de son œuvre jeunesse, il est auteur en littérature générale. Il signe Blog, Un endroit pour vivre, Au rebond, (Re)play ! Brise glace, Double jeu, La Coloc, Le Groupe et Dancers, Le Baby-sitter, G229 (prix Virgin – Version femina), Et rester vivant et 06H41.

Mon avis : (lu en août 2021)
Depuis quelque temps, Lou a perdu le goût d’étudier, de vivre… Son désespoir est profond et son anxiété grandit de jour en jour. Elle ne comprend pas l’insouciance et l’incompréhension de ses parents. Lou a l’impression que le monde va tellement mal qu’aucun avenir n’est envisageable pour elle, à quoi bon étudier ? Pourquoi parler de développement durable et d’écologie si personne ne fait rien pour changer la situation… Mais heureusement, Lou découvre les actions et les discours de la jeune militante suédoise Greta Thunberg. Avec deux camarades, Lou va pouvoir agir en alertant autour d’elle et en mobilisant ses camarades, des professeurs et des parents lors d’une manifestation pour la climat.
Voilà un roman ancré dans l’actualité, engagé, plein d’optimisme et de foi dans la jeunesse.

Extrait : (début du livre)
– Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Je fronce les sourcils. Je suis consciente de l’agitation autour, du bruit, des corps qui passent à gauche et à droite, de la sirène des pompiers un peu plus loin. Quelqu’un me bouscule et s’excuse. Nous restons immobiles tandis que la foule défile. Je fixe le journaliste en face de moi. La cinquantaine, rondouillard, plutôt sympathique. Il doit aimer les repas de famille, les week-ends où ses enfants étudiants reviennent au bercail, les romans policiers et ses chats, oui, il a sans doute plusieurs chats, et allez, il doit y en avoir un qui s’appelle Mistigri. Non, le nom d’un président. Nixon. Voilà. Nixon. Celui qui a été obligé de démissionner suite à l’enquête menée par deux reporters de ce canard américain dont je ne me rappelle plus le nom.
– Je ne comprends pas le sens de votre question.
– Satisfaite ? Heureuse ? Après tout, c’est un vrai succès, non ?

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

double jeu Double jeu un hiver à paris Un hiver à Paris  9782330048204 La coloc

109646121 Mariages de saison 9782330075521 Le groupe  41dFUwhC8vL La Mise à Nu

41wfjmxTEwL  Dancers

Petit Bac 2021
(6) Météo

L’année des pierres – Rachel Corenblit

61Tn7kiUzgL Casterman – août 2019 – 412 pages

Quatrième de couverture :
Ce n’est pas parce qu’on est tous paumés et loin de chez nous qu’on se ressemble.
Ce n’est pas parce qu’on devient amis que les choses seront plus simples.
Ce n’est pas parce qu’ils nous prennent pour cibles qu’ils sont nos ennemis.
Ce n’est pas parce qu’on est montés dans ce bus qu’on en redescendra indemnes.

Auteur : Après des études de philosophie, Rachel Corenblit se tourne vers l’enseignement en 1997. Elle exerce aujourd’hui à Toulouse en tant que professeur des écoles. Elle est l’auteur de plusieurs romans.

Mon avis : (lu en mai 2021)
En empruntant ce livre à la bibliothèque début avril, je n’imaginais pas qu’il serait malheureusement d’actualité…
Daniel, Christophe, les jumelles Anna et Anaïs, Jérémy et Sonia, cousin et cousine, Amir, Benjamin, Rose, Lucille sont pensionnaires au lycée français de Jérusalem. En décembre 1987, ils sont en excursion dans un autobus en direction du mur de Jéricho et soudain ils deviennent la cible de Palestiniens en colère, le bus est attaqué à coup de pierres…
Mon avis sur ce livre est mitigé car j’ai peiné à le lire… Cela commence fort avec le cœur de l’histoire soit l’attaque. Ensuite, Daniel est le narrateur et il raconte l’histoire des dix adolescents et comment ils se sont retrouvés là, ensemble ce jour-là. La plupart n’a pas choisi de passer cette année en Israël. Ils ont 16 ans et des préoccupations de leur âge. Ils sont très loin du conflit israélo-palestinien qui se passe autour d’eux… Il y aura un avant plutôt insouciant et un après cette attaque brutale où les jeunes vont s’interroger sur leur avenir…
Je suis contente d’avoir pu terminer cette lecture mais j’ai trouvé qu’elle manquait de rythme et que les nombreuses histoires des dix protagonistes brouillaient le message de l’absurdité de cette guerre et des multiples impacts qu’il en découle.

 

Extrait : (début du livre)
Décembre1987
La terre est rouge. Diluée dans les roches, le sable, et des palmiers encadrent la route qui longe la ville, comme au garde-à-vous.
La terre est rouge et absorbe la chaleur du soleil. Elle l’incorpore. Elle la digère. On pourrait presque la voir bouillir, cette terre qui forme sur le bas-côté des tas inégaux, des ondulations que le vent défait.
C’est Jéricho, quoi, quand même, avec ses trompettes et ses murs, son folklore. Les bus de touristes passent devant avec les guides à bord, qui doivent raconter toujours la même histoire, la légende, la Bible. Les textes saints. Au micro, ça décrit l’effondrement des murailles et certains se penchent derrière les vitres teintées pour les apercevoir. Ça blablate, ça brode, ça enjolive un passé de massacres et d’apocalypse.
Mais ils sont où, ces murs que Dieu a fait s’écrouler ?
Est-ce qu’on peut les contempler ?
Ils sont déçus, un peu, les gens, avec leurs appareils photo en bandoulière, leurs casquettes vissées sur le haut du crâne, leur Coca frais dans la glacière, de ne rien voir, que les façades des maisons récentes qui ressemblent à des ruines à force d’être toujours en construction, jamais achevées. Les toits plats, les minarets, les falaises derrière, d’un rouge plus pâle, presque roses dans leur élancement vers le ciel.
Bleu, le ciel. Il n’a pas beaucoup plu, cette année, à se demander comment le Jourdain trouve la force de couler, où il puise son eau, ce brave ruisseau, ce ruban silencieux qui va s’abandonner dans la mer Morte, un filet, essoufflé et si courageux.
Il en faut du courage pour traverser cette terre.
Verte aussi par endroits. Des champs. Des plantations que les touristes n’identifient pas forcément et de toute façon, ils s’en fichent. Ils veulent du divin, du passé, de l’émotion archéologique. Et pourtant, ces carrés, ces rectangles, toute cette géométrie, vue du ciel, doit être belle. Esthétique. Un vert passé, usé, qui résiste au goutte-à-goutte des cieux, que les hommes cultivent et parfois, abandonnent. Alors la route se parsème, sur les bas-côtés, d’un jaune fané, brûlé, rogné comme des regrets. Comme si plus rien ne valait la peine. Comme si ce pays achevait l’espoir de ceux qui tentaient de le faire croître et multiplier.
C’est Jéricho, donc.
À deux cents mètres sous le niveau de la mer. On peut s’imaginer qu’un beau jour, prise de folie, celle-ci déborde : des plages de Tel-Aviv, la voilà qui remonte vers Jérusalem, dépasse les collines, suit les traces de la route qui s’élance vers les hauteurs. Emportée par son élan, elle engloutit tout sur son passage. Le mur des Lamentations et l’esplanade des Mosquées et le Saint-Sépulcre. Elle plonge vers la vallée du Jourdain pour la recouvrir. Au nord, Jéricho et plus loin, la Galilée. Au sud, la mer Morte, ses boues noires, ses eaux trop salées. Elle comble le trou, elle rétablit l’équilibre et remet les niveaux à zéro.
Ce serait peut-être une solution.
Que la mer se révolte et qu’elle emporte sur son passage les hommes, leurs monuments, leurs querelles, leurs empreintes, leurs mensonges et leurs dieux. Qu’il ne reste rien d’eux.

Petit Bac 2021
(4) Objet

 

Déjà lu du même auteure :

9782330053758 (1) 146298

 

Bande de poètes – Alexandre Chardin

Lu en partenariat avec Babelio et Casterman

711C6D2sggL Casterman – mars 2021 – 216 pages

Quatrième de couverture :
Julien craint le pire pour la rentrée. Son père l’a inscrit au collège Rostand où vont les jeunes les plus défavorisés de la cité. Premier défi pour Julien : s’intégrer en étant le fils du maire, le blanc-bec de service qui préfère le groove d’une trompette au flow du rap. Deuxième défi : briller aux yeux de la fière Nour, et survivre au regard-mitraillette de son frère. Les choses semblent mal parties et pourtant…
il se pourrait que Julien rencontre ses meilleurs alliés durant cette année, et même qu’ils montent ensemble un projet musical unique (rap, piano et trompette) pour faire entendre leurs voix !

Auteur : Je suis né trop tard pour être Rahan, le fils des âges farouches, Davy Crocket ou même Charles Bronson. J’aurais dû naître en Alaska, vaincre mon premier grizzly au canif à 4 ans, devenir éleveur de colibris en Islande et surfeur de vagues géantes pour épater les otaries. Mais je suis né à Strasbourg, ce qui n’est déjà pas si mal. J’ai élevé des chenilles urticantes, des orvets, des larves de moustiques et des têtards sous l’œil confiant de mes parents. A 8 ans, j’ai voulu sauter du grand tremplin de saut à ski en Autriche, papa a hésité, maman a dit non, je lui en veux encore. Et puis un jour mon cœur fait boum car je découvre le Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline. Et hop, ce sera la fac de lettres de Strasbourg. J’ai beaucoup appris, voyagé et j’ai rencontré la femme de ma vie à la « cafet » de la fac de lettres, romantisme absolu ! J’ai eu une 2CV qui avait 16 trous dans le toit, une moquette rose au sol et une moumoute assortie sur le volant. J’ai ensuite déménagé à Mulhouse dans un immeuble plein de yorkshires et de sorciers. Mais aujourd’hui, la gloire est proche car j’ai une petite fille merveilleuse, un petit garçon-soleil et une voiture dans laquelle ma 2CV aurait pu rentrer. Pour les 243 prochaines années, je compte apprendre à jouer de la batterie, pulvériser le record d’Usain Bolt sur 200 m, retourner au Kirghistan, relire l’Histoire de Tönle de Mario Rigoni Stern, construire 14 cabanes dans les arbres dans la forêt de mon papa, voir une aurore boréale, manger un waterzoi, écrire un roman traduit en estonien et assister à la disparition de la bêtise arrogante. Mais je suis confiant, il y a de beaux enfants, curieux aux yeux rieurs qui me donnent toujours envie d’enseigner.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Lorsque j’ai accepté de recevoir ce livre dans le cadre d’un Masse Critique spécial, je ne m’attendais pas à recevoir un livre écrit en vers ! C’est surprenant mais finalement la lecture se fait très bien. En avant-propos, l’auteur nous conseille d’entendre ce texte plutôt que de le lire…
Le père de Julien est le Maire de la ville, il a inscrit son fils au collège où vont les adolescents les plus défavorisés de la ville… Non seulement Julien se retrouve sans ses copains, mais il va devoir s’intégrer dans une classe qui ne lui ressemble pas du tout. En arrivant au collège, il a une bonne surprise en découvrant Nour, une splendide fille qu’il a vraiment envie de mieux connaître…
Nour a un frère plutôt protecteur, Amir, qui dès le début prend en grippe Julien… Abou se tient dans l’ombre d’Amir, c’est garçon assez mystérieux qui préfère discuter avec Julien que de l’affronter comme Amir… Je n’en raconterai pas plus mais tout ce petit groupe, en se fréquentant et en échangeant va se trouver des points communs et construire ensemble un beau projet.
Une très belle histoire que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.
Merci Babelio etles éditions Casterman pour cette lecture positive.

Extrait : (début du livre)
Cher lecteur, permets-moi, avant de commencer,
De t’expliquer dans quoi tu viens de te lancer.
Tu reconnais des rimes et des vers… « Oh, misère ! »
Tu te dis: « Non, pitié ! Je vais vivre l’enfer !

Il est fou cet auteur ? Il nous fait un caprice,
C’est pas pour moi, ce truc ! Non merci, le supplice ! »
Sans doute connais-tu le beau récit d’Homère,
Ulysse aux mille ruses méritait des vers…

Dix ans de guerre à Troie, puis monstres et tempêtes,
Cyclopes, dieux, sirènes, une terrible quête.
Si j’ai choisi les vers, c’est que mes personnages
Sont des aventuriers : écoute leur courage.

Les rimes et les vers pour des actes héroïques,
Une histoire d’enfants passionnés de musique.
Amir, Abou, Julien, la valeureuse Nour,
N’attendent que ta voix pour voir vraiment le jour.

Car ce texte, lecteur, ne doit pas qu’être lu !
N’hésite pas, dis-le ! Il veut être entendu.
Mais tu t’impatientes: « Quel bavard, on enrage !
Raconte-nous l’histoire, on voudrait des images ! »

Voici donc, mon ami, le début du récit,
Personnages et lecteur, un dernier mot : merci !

Petit Bac 2021
(3) Objet

Sauveur & Fils saison 6 – Marie-Aude Murail

81ddqapXT2L École des Loisirs – août 2020 – 332 pages

Quatrième de couverture :
Jamais une psychothérapie n’a autant ressemblé à une enquête policière que dans cette saison 6. Qui est cet homme qui veut être reçu à 7 heures du matin au 12, rue des Murlins et qui a l’air de connaître la maison de Sauveur comme s’il y avait déjà vécu ? D’où vient Gilbert le Démon qui persécute la jeune Sarah en lui criant à l’oreille des insanités ? Pour-quoi Ghazil Naciri a-t-elle volé une clé dans le sac de sa prof de SVT ? Qu’est-ce que Kimi va faire de ce revolver qui lui est tombé entre les mains ? Et Jovo, mythomane ou psychopathe ? Va-t-on enfin connaître son passé ? Si vous n’avez pas toutes les réponses en saison 6, c’est qu’il y aura une saison 7.

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s’est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l’émotion et de l’amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t’aime (2013).

Mon avis : (lu en janvier 2021)
J’ai toujours autant de plaisir à suivre les différents épisodes de la série « Sauveur & Fils », nous voilà déjà à la 6ème saison.
Sauveur est psychologue clinicien à Orléans, d’origine martiniquaise, veuf, après avoir élevé seul son fils Lazare, il a créé une famille recomposée avec Louise, son amoureuse, et ses deux enfants : Paul, copain inséparable de Lazare, et Alice, sa grande sœur. Sans oublier, Jovo, l’ancien légionnaire SDF, qui fait office de grand-père et Gabin parti s’engager dans la Marine… Lazare et Paul sont moins complices qu’avant, le premier est sérieux, sage et serviable mais désolé d’être obligé de couvrir son copain qui file un mauvais coton… car Paul fréquente des camarades peu recommandables, rechigne à faire ses devoirs et collectionne les mauvaises notes…
Côté professionnel, le lecteur découvre les différents patients du psychologue et leurs questionnements, problèmes et évolutions… Des adultes, des enfants, ils sont souvent très attachants et qui nous fait réfléchir sur des sujets très actuels et variés. Nous retrouvons les sœurs Margaux et Blandine et leur demi-frère Maxime, diagnostiqué autiste, Samuel, Solo le gardien prison, Ella-Elliot et son ami Kimi, Frédérique Jovanovic, la petite-fille de Jovo, et bien sûr de nouveaux patients… Les hamsters ainsi que le chat Miou sont toujours présents dans la maison et dans le cabinet de Sauveur auprès de ses patients. Jovo s’essaye à la psychologie et détourne quelques clients de Sauveur…
U
ne lecture facile qui fait du bien, avec beaucoup d’humanité, d’empathie, de bienveillance et également de l’humour !
Et la quatrième de couverture annonce déjà un tome 7, mais sans nous donner de date !

Extrait : (début du livre)
Du lundi 26 novembre au dimanche 2 décembre 2018
Il faisait encore nuit. L’homme ne s’était pas attendu à trouver beaucoup d’animation dans une ville de province au petit matin, mais il eut la sensation angoissante d’être le seul vivant sur terre. À cette heure-ci, à Paris, les cafés allumaient leurs néons et les percolateurs faisaient entendre les premiers gargouillis.

Il descendit de voiture et son regard se porta sur le trottoir opposé. Les trois marches qui menaient au seuil de cette maison lui serrèrent le cœur. L’enfant était là, assis sur l’une de ces marches, accablé de remords, l’enfant qu’il avait été. Il traversa, invinciblement aimanté. Pourquoi avait-il eu besoin de revenir au numéro 12 de la rue des Murlins ? Cela n’avait aucun intérêt, cela ne pouvait l’aider en rien. C’est alors qu’il vit à côté de la porte une plaque dont un lampadaire faisait étinceler les lettres dorées. Sauveur ! « Que notre Sauveur vous soutienne dans cette épreuve ! » C’était la phrase qu’avait dite le prêtre au cimetière le 26 novembre 1976. Quarante-deux ans s’étaient écoulés, mais il n’avait pas oublié cette phrase, parce qu’à l’époque personne ne l’avait soutenu.
Sauveur Saint-Yves
Psychologue clinicien
L’homme aperçut la lumière qui filtrait à travers les rideaux. Quelqu’un était derrière cette fenêtre du rez-de-chaussée, quelqu’un qui ne dormait pas. Sans réfléchir à ce qu’il faisait, l’homme posa la main sur le heurtoir en forme de poing et l’abaissa trois fois. Allait-on entendre les trois coups de l’autre côté ? Il eut la tentation de s’asseoir sur les marches comme avait fait l’enfant au retour de l’enterrement. Mais un crachin désagréable s’était mis à tomber. Il se disposait à actionner de nouveau le heurtoir quand la porte s’ouvrit. Un homme grand et maigre se tenait dans l’embrasure.

– Monsieur Sauveur… Monsieur Saint-Yves ?
– C’est ici, fit une voix qui semblait sortir des profondeurs de la terre.
– Il est très tôt, je sais, et je n’ai pas pris de rendez-vous… Est-ce que vous pouvez me recevoir ?

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin

92806891 3000 façons de dire je t’aime 

114911377 Sauveur et fils – saison 1 117081217 Sauveur & Fils – saison 2 

51dQo72i0DL Sauveur et Fils saison 3 41mFka+jzUL Sauveur & Fils saison 4

91id2wkWgOL Sauveur & Fils saison 5

Petit Bac 2021(2) Être humain

 

 

Espérance – Résistance – Juliette Keating

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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81nHrD1e9sL Thierry Magnard – septembre 2020 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Wassim vit à la cité de l’Espérance, avec son grand terre-plein vide, ses copains… Et quand un soir son père lui annonce que les jardins ouvriers au pied de leurs tours vont être vendus à un promoteur immobilier pour construire des bureaux, son sang ne fait qu’un tour.
Lorsqu’il découvre les mots si puissants de Greta Thunberg à la télévision criant « How dare you? », il entend l’urgence d’agir pour sauver les jardins. Qu’est-ce qu’il doit faire ? Qu’est-ce qu’il peut faire ? Avec Mia, qui le fait fondre et qui ressemble tellement à Greta, Bouba, Alice, Fatou, Saïd, ils s’organisent. Lui et ses copains sont jeunes, et alors ? Quand les vieux deviennent fous, n’est-ce pas aux jeunes d’être sages ?

Auteure : Née dans la région parisienne, Juliette Keating publie depuis 2011, des billets de littérature politique, des chroniques, des nouvelles et de la poésie sur son blog hébergé par Mediapart. Elle collabore au magazine culturel en ligne Délibéré. Elle a publié Demain, j’ai quinze ans. 

Mon avis : (lu en décembre 2020)
Le titre de ce roman « Espérance Résistance » est tout un programme !
Espérance c’est le nom de la cité où Wassim, quatorze ans, vit avec sa famille et ses copains. Au pied des immeubles, le long de la voie ferrée, il y a les jardins familiaux laissés en partie à l’abandon où seuls Bakary, un jeune malien, et le père d’Alice continuent à cultiver des légumes et des fleurs. Un promoteur et son 4×4 noir rôde à proximité des jardins, la mairie étant bien décidée à céder les terrains pour y construire un immeuble de bureaux et un fast-food…
Après avoir vu et entendu Greta Thunberg sur une video, Wassim se sent concerné et veut faire quelque chose contre la destruction des jardins, grands-parents, parents et enfants y on tous de beaux souvenirs dans ses « jardins ouvriers » devenus « jardins familiaux »… Avec ses copains Bouba, Mia, Alice, Lorenzo, Fatou, Saïd, Wassim va créer le groupe « Espérance Résistance » et mobiliser le quartier pour sauver les jardins. Quand les vieux deviennent fous, n’est ce pas aux jeunes d’être sages ?
Voilà un roman très court (96 pages) pour les Ados, facile à lire, sur un sujet d’actualité et qui met en scène des adolescents qui s’engagent contre la bétonisation de leur quartier. Idéal pour éveiller leur conscience.
La première moitié du roman lue par l’auteure est disponible gratuitement sur le site de l’éditeur, Thierry Magnard

Extrait : (début du livre)
Johnny le clodo déboule sur la dalle. Il titube devant le magasin. Crishhhh… Il ouvre une canette. Il l’a piquée et glissée dans sa poche. Mais il voit tout sur son écran, le Chinois ! Il a installé des caméras. Faut être un dieu pour lui chourer un truc. Et voilà Johnny qui lève sa canette volée vers le ciel gris. Il chantonne : « À vot’ santéééé les jeunes ! »
Il boit d’une traite, heureux. Une nuée d’oiseaux criaillent en se posant sur l’arbre. Il fait lourd. On s’ennuie. J’écoute la balle de Lorenzo frapper le sol : tap tap tap tap. Mia aspire les dernières gouttes d’un multivitamines. Tap tap tap tap tap. Personne d’autre sur la dalle. Depuis combien de temps on est là, Lorenzo, Mia et moi ? À attendre quoi, assis sur le muret devant le magasin du Chinois, nos nuques courbées sur Snapchat ? Tap tap tap jusqu’au bout du dimanche, répond la balle de Lorenzo.
Johnny est bourré. Il ricane dans son coin. Les oiseaux s’envolent. Mia se lève et va jeter sa gourde dans la poubelle qui déborde. Elle s’avance vers Johnny en mordillant la paille orange. Qu’est-ce qu’il lui prend ? Elle crie : « Eh, l’alcoolo, cache tes chicots ! »
Lorenzo éclate d’un rire qui rebondit sur les tours. Le ballon lui échappe et va rouler dans les jambes de Johnny. Il vacille, devient plus rouge encore. Il lance sa canette, qui explose en crachant la bière. Attention à la colère de Johnny !
– Raaah ! Raaah !
Il s’approche, l’air féroce. On se dresse en hurlant.

Extrait audio lu par l’auteure (voir onglet « Ressources »)

Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery

 Québec Amérique – avril 2007 – 330 pages

traduit de l’anglais par Hélène Rioux

Titre original : Anna of Avonlea, 1996

Quatrième de couverture :
Quand Matthew Cuthbert, son père adoptif, meurt subitement, Anne renonce à ses études et choisit de rester aux Pignons verts, aux côtés de Marilla. C’est ainsi qu’à seize ans et demi, elle se retrouve institutrice à l’école d’Avonlea. Au cours des deux années qui suivent, Anne se dévoue corps et âme à l’enseignement, et fait partager ses connaissances aux enfants avec la fougue et la passion qui la caractérisent. Et quand les jumeaux Dora et Davy, orphelins eux aussi, arrivent aux Pignons verts, Anne et Marilla voient leur belle sérénité s’évanouir, car les deux garnements vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Anne d’Avonlea, c’est le portrait inoubliable d’une jeune fille du début du siècle, impétueuse et espiègle, d’une charmante naïveté, convaincue qu’un jour elle parviendra à changer le monde.

Auteur : Lucy Maud Montgomery est une romancière canadienne de nouvelles et romans pour la jeunesse se déroulant généralement sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada, dont le plus célèbre est Anne… la maison aux pignons verts.
Elle suit une formation à Charlottetown pour devenir enseignante et, de 1895 à 1896, elle étudie la littérature à l’Université Dalhousie à Halifax, Nouvelle-Écosse. À dix-sept ans, elle rédige pour les journaux locaux d’Halifax, Chronicle et Echo. Peu après, elle rejoint son père en Saskatchewan pendant un moment et retourne finalement sur l’île-du-Prince-Édouard. Elle connaît un succès international avec Anne… la maison aux pignons verts, paru en 1908, et qui a été traduit en seize langues. De ce roman qui s’adresse à toute la famille, ont été tirées plusieurs adaptations audiovisuelles. Celles-ci, très populaires dans le monde anglo-saxon, ont permis à Montgomery d’écrire d’autres livres sans soucis financiers.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
C’est le tome 2 de la série « Anne, la maison aux pignons verts ».

Après le décès Matthew Cuthbert, Anne décide de rester à Avonlea, sur l’Île-du-Prince-Édouard, pour ne pas laisser Marilla seule. A seize ans, Anne est donc devenue la maîtresse de l’école du village. Elle est toujours pétillante, pleine d’entrain et d’idées pour aider les autres. Son imagination est toujours immense et la nature autour d’elle lui évoque des sentiments pleins de poésie… Bientôt deux jumeaux orphelins arrivent aux Pignons Verts, Dora et Davy sont âgés de sept ans et leur éducation va bien occuper Marilla et Anne. Si Dora est une petite fille sage, obéissante, Davy est plein d’imagination pour faire des bêtises et il a toujours mille questions à poser…
J’ai lu avec beaucoup de plaisir ce tome 2 des aventures d’Anne où le lecteur va faire connaissance avec de nouveaux personnages comme Monsieur Harrison, Paul Irving ou Miss Lavander… L’ambiance est bienveillante et il y a également quelques situations qui m’ont bien fait rire. Et bien sûr, je continuerai à découvrir la série !

Extrait : (début du livre)
Par un chaud après-midi du mois d’août, une grande et mince jeune fille de seize ans et demi, aux yeux gris sérieux et aux cheveux que ses amis qualifiaient d’auburn, était assise sur le large seuil de grès rouge d’une ferme de l’Île-du-Prince-Édouard, déterminée à analyser un passage d’un livre de Virgile.
Mais un après-midi du mois d’août, alors que des vapeurs bleues serpentent dans les champs en pente, que des brises chuchotent comme des elfes dans les peupliers et que, dans un coin de la cerisaie, des coquelicots improvisent un ballet flamboyant contre un taillis sombre de jeunes sapins, n’est-il pas plus propice à la rêverie qu’à l’étude des langues mortes ? Le Virgile glissa bientôt sur le sol sans qu’Anne y prête attention ; le menton posé sur ses mains jointes et le regard fixé sur la masse de floconneux nuages s’amoncelant en une montagne blanche juste au-dessus de la maison de M. Harrison, elle était rendue très loin, dans un monde délicieux où une certaine institutrice accomplissait un travail magnifique, formant la destinée de futurs hommes d’État et insufflant dans le cœur et l’esprit des jeunes des idéaux nobles et élevés.
Bien sûr, si on regardait les choses en face et, il faut bien l’avouer, Anne ne s’y résolvait que lorsqu’elle y était contrainte, il semblait peu probable que beaucoup de célébrités émergent de l’école d’Avonlea ; mais on ne sait jamais ce qui peut se produire lorsqu’une institutrice exerce une influence salutaire. Anne était convaincue qu’un professeur peut accomplir de grandes choses à condition de prendre les bons moyens pour y parvenir ; elle se trouvait donc au beau milieu d’une scène idyllique, quarante années plus tard, avec un personnage célèbre – Anne ne savait pas encore exactement ce qui ferait sa renommée, mais elle se disait qu’un recteur d’université ou un premier ministre du Canada serait tout à fait approprié – s’inclinant sur sa main ridée et l’assurant que c’était à elle, en premier lieu, qu’il devait son ambition et que toute la réussite de sa vie reposait sur les leçons qu’elle lui avait inculquées jadis, à l’école d’Avonlea. Cette vision enchanteresse fut soudain interrompue de façon très désagréable.

Déjà lu du même auteur :
anne-la-maison-aux-pignons-verts-lucy-maud-montgomery Anne… La Maison aux pignons verts

 

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Balade à Toronto – Jean Leloup 
Un livre d’un auteur canadien, mais pas québécois

 


Rose Rage – Illana Cantin

Lu en partenariat avec Babelio

71IftGC9ZkL Hachette – septembre 2020 – 288 pages

Quatrième de couverture :
—  T’as entendu parler de cette fille qui a été renvoyée parce qu’elle avait tabassé un mec dans la file de la cantine  ? Il lui avait touché les fesses…
— C’est pas juste. C’est pas elle qui devrait être renvoyée, c’est lui. Et si j’avais un moyen de faire éclater la vérité au grand jour  ? 
Pour Rachèle, à la tête du journal du lycée,il est impossible de laisser passer une nouvelle injustice.Ça fait trop longtemps que ça dure.  Que tout le monde ferme les yeux.Elle décide donc d’appeler toutes les filles, toutes les femmesde l’établissement à faire grève.Il est temps pour elles de se faire entendre.Il faut que  certaines choses changent enfin.

Auteur : Illana Cantin a commencé à écrire à l’âge de onze ans, sur le vieil ordinateur familial, et ne s’est pas arrêtée depuis. En 2016, son premier roman est sorti en version numérique aux Éditions Arrow. Pendant ce temps, en parallèle de ses études d’anthropologie, elle publie ses textes sur Wattpad. L’histoire de Georges et de Priam est son premier roman édité en format papier.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
Parce qu’une fille du lycée a été victime d’une injustice, Rachèle décide subitement de lancer une grève des femmes dans l’établissement. Ameline est victime de harcèlement sexuel de la part de Paul Müller, un élève de terminale, elle se révolte et gifle l’importun. Et c’est Ameline qui est exclue du lycée Olympe de Gouges pour violence !
La narratrice, Rachèle, s’occupe du journal du lycée avec son ami Martin et veulent tout deux faire éclater la vérité. Rachèle va commencer par mobiliser les filles : Manon, Carla, Inès, Imane, Kayla, Astrid sont prêtes à la rejoindre mais certaines ne voient pas d’un bon œil la présence de Martin, pourtant plein de bonne volonté, à leur côté. C’est un combat de filles et elles seules doivent décider des actions à mener…
Avec ce roman, l’auteure décrit tous les obstacles que les filles ou les femmes doivent affronter pour enfin être reconnues à égalité avec les hommes.

Un roman très actuelle qui aborde avec beaucoup de justesse et sans culpabilisation le féminisme et la notion de l’acceptation de soi.
A faire lire à nos adolescents filles et garçons !

Merci Babelio et les éditions Hachette pour cette lecture instructive et inspirante.

Extrait : (début du livre)
Le climat de ras-le-bol s’était installé bien avant l’épisode Ameline Brillant. Être renvoyées chez nous pour des jeans troués et des tee-shirts trop courts nous hérissait depuis un bon moment, mais s’il n’y avait que ça… Ça nous faisait criser quand les surveillants d’internat empêchaient les filles de visiter leurs amies après 21 heures sous prétexte qu’elles étaient trop bruyantes, alors que les garçons avaient la permission de 23 heures. Ça nous énervait de voir qu’on dépensait des sommes astronomiques pour que l’équipe masculine de handball fasse la tournée des championnats, quand les coureuses, pourtant plus nombreuses et bien mieux classées, devaient vendre des croissants tous les matins pour financer le voyage jusqu’à Londres.
Ça nous mettait en rogne d’apprendre qu’un prof de maths avait mis une retenue à une seconde qui avait éclaté en sanglots en plein cours à cause de ses règles douloureuses – elle faisait son cinéma, prétendait-il.
C’était donc loin d’être un secret : au lycée Olympe de Gouges, les femmes étaient moins bien loties que les hommes. Constat ironique quand on réalisait que l’établissement portait le nom d’une grande figure des droits des femmes, une qui aurait été du genre à balancer son porc. On ne s’y faisait pas, à cette ambiance misogyne, néanmoins on vivait avec ; l’établissement était renommé, et l’avoir fréquenté passait bien sur un dossier. Mais avec Ameline Brillant, tout avait éclaté.

Petit bac 2020a 
(8) Couleur


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