Papa clown – Alan Durant

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

612hbBwqLyL Flammarion jeunesse – février 2020 – 272 pages

traduit de l’anglais par Marie Hermet

Titre original : Clownfish, 2018

Quatrième de couverture :
– Papa ? Ça fait quoi, d’être un poisson ?
Mon père a sursauté, puis il a relevé la tête et s’est mis à nager vers moi. Sa petite bouche s’ouvrait et se fermait, comme s’il réfléchissait sérieusement à ma question. Finalement, il s’est décidé.
– C’est mouillé.
« Voilà comment tout a commencé : quelques jours après la mort de mon père, j’ai découvert qu’il était réapparu sous la forme d’un poisson-clown. C’est extraordinaire ! Mais je ne pense pas que maman soit prête à l’entendre. Tant pis ! Ce sera notre petit secret pour l’instant… »

Auteur : Alan Durant est l’auteur anglais de 40 livres pour enfants, des tout-petits aux adolescents. Ses livres ont été récompensés de plusieurs prix.
Alan Durant propose des ateliers d’écriture créative en prose et en poésie.
Alan a étudié la littérature anglaise à Oxford, Keble College.
Il a commencé par être journaliste, rédacteur pour une revue londonienne, avant d’être écrivain. Il teste ses nouveaux livres sur ses trois enfants.

Mon avis : (lu en février 2020)
Ce roman est une histoire émouvante sur le chagrin et l’amitié

Le père de Dak est mort depuis sept jours, quand soudain il réapparaît, réincarné en poisson-clown dans l’Aquarium de la ville. Dak est le seul à connaître ce secret… Il va donc se rendre tous les jours à l’Aquarium pour discuter et blaguer avec son « Papa-clown ». Dark va même travailler à l’Aquarium et y rencontrer Violet, la nièce du propriétaire. Violet a un caractère bien trempé et sa première rencontre avec Dark n’est pas des plus cordiale… Mais lorsque l’Aquarium sera en danger, Dark et Violet uniront leurs forces, leur énergie et leurs idées pour le sauver !
L’auteur a pris beaucoup de soin pour définir la psychologie et les personnalités des personnages que sont Dak et Violet. Ils sont tout les deux très différents mais aussi très attachants et avec un grand cœur.
Une belle histoire sur l’amour d’un garçon pour son père, sur le deuil mais aussi sur la famille et l’amitié.

Merci et les éditions Flammarion jeunesse pour ce beau roman poignant.

Extrait : (début du livre)
— Papa ? Ça fait quoi d’être un poisson ?
C’était une chose que j’avais envie de lui demander depuis longtemps ; pour une fois il se tenait tranquille, et l’aquarium était silencieux, alors ça semblait être le bon moment.
Mon père a sursauté, puis il a relevé la tête et s’est mis à nager vers moi. Sa petite bouche s’ouvrait et se fermait, comme s’il réfléchissait sérieusement à ma question. Finalement, il s’est décidé.
— C’est mouillé.
— Ah. Mais… C’est amusant ? Est-ce que tu es heureux ?
— Heureux ? Amusant ? Eh bien, c’est sûrement plus amusant que de s’occuper des poubelles de tout le monde, j’imagine. Et on est très occupé.
Avant de devenir un poisson, mon père travaillait au centre de tri des déchets.
— Très occupé ? Comment ? Qu’est-ce que tu fais toute la journée ?
Il a eu un mouvement de nageoire qui évoquait vrai-ment un haussement d’épaules.
— Oh, je nage tout autour de l’aquarium, je pour-suis la demoiselle bleue, je mange, je fais des bulles, je me repose au milieu de mon anémone de mer, je nage tout autour de l’aquarium…
— Oui, ça, tu l’as déjà dit.
Mon père a fait la moue.
— Ah bon ? Ma mémoire n’est plus ce qu’elle était…
— C’est parce que maintenant, tu es un poisson, papa, j’ai expliqué en riant. Ça doit être génial de vivre ici,dans l’aquarium, au milieu de toutes ces espèces fabuleuses. Et tous les matins, quand tu te réveilles, tu peux voir les raies.
Les raies, c’étaient nos préférées, avant. Elles ont cette manière bien à elles de nager à la surface en relevant leurs étranges têtes plates comme pour demander des caresses, avant de se retourner d’un bond. Certaines ont la peau rugueuse, d’autres sont visqueuses au toucher, et on peut pianoter sur les petites bosses de leur dos comme sur un instrument de musique.
— Oh, les raies ! s’est exclamé mon père d’un air dédaigneux. Des frimeuses, rien de plus. Ne perds pas ton temps avec elles.

 

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Petit bac 2020a(3) Animal (Titre original : Clownfish)

Combien de pas jusqu’à la lune – Carole Trébor

Lu en partenariat avec Babelio

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81KpY+5B8+L Albin Michel – septembre 2019 – 448 pages

Quatrième de couverture :
Dans les années 1920, en Virginie occidentale, Joshua et Joylette habitent une modeste ferme avec leurs quatre enfants, à qui ils transmettent leur curiosité du monde et une dignité teintée de modestie. « Vous êtes aussi bons que n’importe qui dans cette ville, mais vous n’êtes pas meilleurs. », ne cesse de répéter le père. Katherine, la benjamine, passe ses journées à compter. Elle calcule le nombre de pas pour aller à l’école, mesure la hauteur des arbres, se questionne sur la distance qui sépare la Terre de la Lune… Grâce à ses capacités exceptionnelles, elle entre au lycée à 10 ans, puis obtient ses diplômes universitaires à 18. Elle commence ensuite une carrière de professeure, mais c’est un autre avenir qui l’attire… Dans une Amérique où les droits des Noirs et des femmes restent encore à conquérir, elle trace consciencieusement sa route dans l’ingénierie aérospatiale à la NACA puis à la NASA. Et au fil des ans, malgré les réticences d’un milieu masculin marqué par la ségrégation et une forme de misogynie, elle prouve sa légitimité par l’exactitude de ses équations et l’ingéniosité de ses raisonnements. Et c’est à elle qu’en 1962, l’astronaute John Glenn demande de vérifier la justesse des calculs de sa trajectoire avant de partir en orbite autour de la Terre. Sept ans plus tard, on lui confie le calcul de la trajectoire d’Apollo 11. Objectif visé : la Lune. Dans l’ombre des hommes, Katherine fait, à sa manière, également décoller les droits des femmes et des Noirs.

Auteur : Carole Trébor est historienne, réalisatrice et écrivaine. Elle a enseigné à l’Université avant de se tourner vers le théâtre, le cinéma, les documentaires, la BD et la littérature. Elle est notamment l’auteure du roman Révoltées, de la série Nina Volkovitch, et de Jules et Contagion dans U4. Elle vit près de Paris.

Mon avis : (lu en décembre 2019)
J’ai choisi de découvrir ce livre après avoir vu, il y a peu de temps, et beaucoup aimé le film « Les Figures de l’Ombre ». Ce roman biographique très documenté complète parfaitement ce film. Il raconte l’histoire de Katherine Johnson, mathématicienne noire américaine qui a travaillé à la NACA ancêtre de la NASA. Depuis toute petite Katherine aime compter et joue avec les chiffres avec son père. Elle a la chance d’être dans une famille aimante qui fait tout pour pousser les quatre enfants à faire des études même si le quotidien est difficile et que l’argent manque souvent. Très vite, l’exceptionnelle intelligence de Katherine est remarquée, mais à l’époque, la condition des Noirs et celles des femmes lui interdisent de devenir ingénieure, elle n’abdiquera jamais et peu à peu, avec dignité, intelligence et discrétion, elle arrivera à franchir des interdits et à réaliser son rêve de devenir une mathématicienne reconnue.
La vie de Katherine Coleman, Afro-Américaine née en 1918, est passionnante et j’ai été étonnée d’apprendre qu’elle est toujours en vie.
(Édit 25/02/2020 : Elle est décédée le 24 février 2020, à l’âge de 101 ans)

Cette biographie romancée d’une des héroïnes de l’exploration spatiale est bien documentée (une bibliographie très complète se trouve également en annexe) et se lit facilement, presque d’une traite.
Elle est destinée à des lecteurs et lectrices à partir de 13 ans mais peut parfaitement être lu par des adultes. Une très belle découverte !

Extrait : (début du livre)
Été 2018
Les muscles de l’épaule bandés, Joshua Coleman brandit sa hache et l’abattit une fois encore sur l’arbre imposant. Le manche commençait à chauffer dans ses mains. Heureusement, le tronc émit un craquement sinistre : c’était le signe que Joshua attendait. Il recula vivement. Le cèdre fendit le paysage et s’effondra. Joshua refusait de s’habituer à ce bruit, la plainte d’un adversaire respecté.
Il essuya la sueur de son front et regarda l’arbre immense désormais à terre, vaincu.
Le silence était revenu.
Joshua estima le diamètre du tronc. Sans avoir besoin de la règle de Doyle[1] qu’ils utilisaient à la scierie, il sut exactement combien de pieds-planches[2] il en débiterait. Il était ainsi fait. Il avait un compas dans l’œil et une calculatrice dans le cerveau.

Combien de pâte à papier serait tirée d’un tel volume ?
Combien de papier était nécessaire pour alimenter la ville de Washington en journaux ?
Combien d’arbres faudrait-il pour fabriquer la quantité de papier correspondante ?
Combien d’arpents de bois la ville lisait-elle ?

Son cerveau se mit en branle, véritable horlogerie mécanique.
Il calculait comme d’autres chantent, pour supporter le labeur.
Il calculait comme d’autres prient, pour se donner du courage.

[1] Formule de calcul du bois rond, l’échelle de Doyle est utilisée en Amérique du Nord depuis 1825.
[2] Unité de mesure de volume utilisée pour le bois brut de sciage en Amérique du Nord et au Canada : 1 pied-planche = 1 pied x 1 pied x 1 pouce. 

petit bac 2019(7) Partie du corps

Sauvages – Nathalie Bernard

41q-8FaKseL Thierry Magnier – août 2018 – 282 pages

Quatrième de couverture :
Jonas vient d’avoir 16 ans, ce qui signifie qu’il n’a plus que deux mois à tenir avant de retrouver sa liberté. Deux mois, soixante jours, mille quatre cent quarante heures. D’ici là, surtout, ne pas craquer. Continuer à être exactement ce qu’ils lui demandent d’être. Un simple numéro, obéissant, productif et discipliné. En un mot, leur faire croire qu’ils sont parvenus à accomplir leur mission : tuer l’Indien dans l’enfant qu’il était en arrivant dans ce lieu de malheur, six années plus tôt. A travers ce destin, Nathalie Bernard nous parle de ces pensionnats autochtones qui ont existé au Québec jusque dans les années 1990 et qui ont « accueilli » des milliers d’enfants brutalement arrachés à leur culture indienne. Entre roman historique et thriller, l’auteur nous entraîne dans une course effrénée au cœur des immenses forêts québécoises. Une chasse à l’homme qui ne possède que deux issues : la liberté ou la mort.

Auteur : Nathalie Bernard est romancière, auteur d’une vingtaine de romans publiés depuis plus de quinze ans. Éclectique, elle s’est aventurée dans les genres fantastique, thriller historique, polar, nouvelles. Elle écrit pour la jeunesse depuis plusieurs années.
Par ailleurs chanteuse et parolière, elle construit à partir de ses livres des spectacles et des mises en voix. Elle anime également des rencontres et des ateliers d’écriture pour les 7-18 ans.

Mon avis : (lu en août 2019)
Même si l’auteur est française, je trouve que ce roman a sa place dans le « Challenge Québec en Novembre ».  Nathalie Bernard a été inspirée par les terribles témoignages sur les pensionnats autochtones qui ont existé dans tout le Canada, entre 1827 et 1996. Leur but étant d’assimiler des milliers d’enfants pour qu’ils oublient leur culture amérindienne.
En décembre 2015, au nom de l’État fédéral du Canada, le Premier ministre Justin Trudeau a demandé solennellement pardon aux Autochtones du pays .
L’auteur précise bien que son roman met en scène des personnages et des lieux fictifs.
Jonas a été enlevé à sa mère alors qu’il avait 10 ans, maintenant âgé de 16 ans, il attend avec impatience le jour où sera enfin libre. Encore deux mois à supporter ce que l’on exige de lui et les mauvais traitements, ensuite, il pourra retrouver celui qu’il est vraiment et qu’il n’a jamais cessé d’être malgré les apparences. En effet, pour supporter les brimades et les humiliations de la part des prêtres et des bonnes sœurs qui les éduquent, il fait profil bas, se soumet mais mentalement il s’évade dans ses souvenirs les plus heureux, il n’oublie rien de sa fierté et de sa vie d’Indien.
Le sujet est aussi intéressant que révoltant, et le récit est poignant et émouvant, Jonas l’Indien et Gabriel l’Inuit sont terriblement attachants et le lecteur souffre avec eux.

Extrait : (début du livre)
Au pensionnat du Bois Vert, l’hiver s’étalait du mois d’octobre au mois de mai avec une température moyenne de moins vingt degrés, autant dire qu’un mur de glace s’élevait entre nous et le reste du monde. Nous étions fin mars. Il faisait toujours froid, mais l’hiver tirait à sa fin et mon temps obligatoire aussi. Je venais d’avoir seize ans, ce qui voulait dire qu’il ne me restait plus que deux mois à tenir avant de retrouver ma liberté.

Deux mois.
Soixante jours.
Mille quatre cent quarante heures.

Oui, ils m’avaient parfaitement bien appris à compter ici… Mais en attendant que ces jours se soient écoulés, je ne devais pas me relâcher. Il fallait que je continue à être
exactement ce qu’ils me demandaient d’être. Je ne parlais pas algonquin, mais français. Je n’étais plus un Indien, mais je n’étais pas encore un Blanc. Je n’étais plus Jonas, mais un numéro.

Un simple numéro.
Obéissant, productif et discipliné.

Il faisait encore nuit, mais mon horloge interne me réveillait toujours un peu avant que sœur Clotilde n’allume le plafonnier de notre chambre en hurlant : « Debout ! »
J’aimais bien ce temps paisible avant le lever. J’avais l’illusion d’une petite parenthèse qui m’appartenait.
– Qui c’est qui mâche ? demanda une voix dans le noir.
– Je parie que c’est encore le numéro quarante-deux qu’a piqué des biscuits aux sœurs ! fit une autre voix plus enfantine.
– Alors ? Qui c’est, merde ? insista la première voix.
– Il va pas te répondre… et il t’en donnera pas non plus…
Le débat fut clos par l’apparition éclair de la sœur.
– Debout ! hurla-t-elle en déversant un flot de lumière sur nous.
Papillonnant des yeux, nos regards se tournèrent en direction du lit du numéro quarante-deux. Ce dernier s’essuyait la bouche avec un air satisfait.
– Quoi ? Vous voulez ma photo ? demanda-t-il à la ronde.
Personne ne lui répondit. Mais les messes basses continuèrent.

Je jetai un coup d’œil à ma montre. Six heures huit. Je m’accordai une minute pour observer ma chambrée. Le mur, d’un blanc sale, percé de deux fenêtres striées de barreaux de métal. Le plancher grossier qui accueillait une vingtaine de lits identiques et recouverts de vilaines couvertures marron foncé. Le plafond, de plus en plus lézardé,
comme si nos rêves de fuite finissaient par le ronger. Après six années passées au pensionnat, j’étais obligé de constater que ce décor me glaçait toujours autant. Pour la centième fois au moins, je me promis que je vivrais tout l’été à la belle étoile…

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Miguetsh ! – Michel Noël

51Rzf6IjMiL Dominique et compagnie – janvier 2017 – 176 pages

Quatrième de couverture :
« Moi, Pien, je suis un Métis dont l’histoire est vieille comme ce continent. J’ai trouvé, grâce à Wawaté, à Kokum, aux Arbres, et à bien d’autres à qui je suis redevable, ma place dans l’univers, dans le monde contemporain. Je porte en moi la mémoire de mes ancêtres, comme s’ils m’avaient choisi pour les prolonger dans le monde d’aujourd’hui et de demain. »

Auteur : Métis d’origine algonquine, Michel Noël a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans dans la forêt canadienne, en milieu amérindien. Il a connu la vie sous la tente, les lignes de trappe, les soirées au tambour, les danses et les chants traditionnels. Sa création littéraire est riche de plus de 90 œuvres, toutes tournées vers le partage de l’héritage culturel qui l’habite. Dans ce roman qui a reçu le prix White Ravens 2015, Michel Noël invite le lecteur à plonger dans une aventure envoûtante, au cœur de sa jeunesse.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Dans ce livre destiné aux adolescents, l’auteur s’inspire de sa propre jeunesse de métis d’origine algonquine pour nous livrer un très beau roman d’apprentissage.
Pien (Pierre) est élevé à l’amérindienne par son père et ses grands-parents paternels.

Son père est le gérant du poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson, il fait le lien entre leur communauté autochtone et les hommes blancs qui font du commerce avec eux.
Son grand-père, Wawaté, lui apprend tout, les légendes, les chansons, les prières, l’art de la chasse et sa vision du monde dans le respect de la nature.
Un jour, le territoire de chasse est envahi par des compagnies forestières, Pien prend alors la décision d’aller à l’école, loin de chez lui, dans le Sud, pour ne pas rester dans l’ignorance et se donner les moyens de mieux défendre son peuple.
Le texte est plein de poésie, c’est une ode à la nature, à la faune sauvage, à la beauté de la forêt, des saisons, du ciel…
Miguetsh ! signifie « Merci ! », un merci destiné à son grand-père, à ses ancêtres, à son peuple, à ta terre. Un témoignage fort et instructif.

Extrait : (début du livre)
Mon grand-père s’appelait Wawaté, un nom algonquin qui signifie «Aurores Boréales ». Il s’appelait ainsi car c’était un homme d’intelligence et de lumière. Cela éclatait dans ses petits yeux d’ours, ronds et foncés comme des bleuets dans la rosée du matin. Cela chantait dans sa voix grave comme le mugissement du vent dans la cime des grands arbres. Cela se voyait dans ses gestes qui, lorsqu’il nous parlait le soir autour du feu, montaient vers le ciel comme autant d’ombres mystérieuses parmi les étincelles étoilées.
Ma grand-mère s’appelait Kokum, ce qui se traduit par «Lune ». Elle s’appelait Lune car elle était généreuse et féconde.
Et moi, qui vous parle aujourd’hui, je suis Pien, ou Pierre. Je suis le petit-fils et l’héritier de la Lune et des Aurores Boréales.
Si vous regardez le ciel, l’hiver, un soir de lune, vous entendrez les aurores boréales vous chanter à l’oreille en harmonie avec les battements de votre cœur: «Wawaté, Wawaté, Wawaté. » Les aurores boréales danseront pour vous, dans le firmament embrasé, la folle farandole du Nord.
Wawaté connaissait comme le fond de son sac non seulement l’immense forêt boréale, mais aussi les surprenantes toundra et taïga, de même que leurs valeureux habitants
nomades, comme lui, jusque dans l’âme.
Ce vieil homme, qui avait toujours bon pied, bon œil, avait foulé de ses mocassins en peau d’orignal tous les sentiers et tous les portages. De son canot d’écorce, il avait
manœuvré l’aviron sur tous les lacs et toutes les rivières, battu les neiges les plus épaisses, chaussé de ses larges raquettes en babiche d’orignal.
Wawaté, en grand Anishnabé (1) qu’il était, marchait sa vie en toute liberté. Non seulement la marchait-il, mais il la chantait, la dansait, la priait et la contait au rythme de son tambour qu’il accordait aux battements de son cœur et de l’univers. Il était entier. Un tout. Un tout-puissant.
C’était un guérisseur car il avait appris dans la forêt, son immense territoire intérieur, à regarder comme pas un avec ses yeux, à sentir avec ses narines, à toucher avec ses mains, à écouter avec ses oreilles, et à aimer avec tout son être.

(1) Anishnabé : premier homme, humain originel

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Déjà lu du même auteur :

51GnIhY74vL Le pensionnat

 

[Direct du cœur] – Florence Medina

71Xc7xFSuxL Magnard jeunesse – août 2018 – 224 pages

Quatrième de couverture :
Ma mère m’a mis le deal entre les mains dès la fin du premier trimestre de seconde : soit je remontais ma moyenne générale de deux points, soit j’étais inscrit d’office à une option cette année. Il aurait suffi que je bosse un peu… Mais ça ! Faut croire que mes profs ont raison, je suis partisan du moindre effort. Le seul truc auquel j’ai échappé, c’est d’aller faire du russe ou du badminton dans un lycée à l’autre bout de Paris. Quitte à me taper une option, je voulais pas me faire des transports en plus. Résultat des courses : LSF. – Quoi ? j’ai dit la première fois que ma mère m’a parlé de ça. – LSF, langue des signes française. – Mais pour quoi faire ? C’est pour les sourds, la langue avec les mains. Je suis pas sourd. Franchement, j’ai même jamais croisé un sourd de ma vie. A quoi ça va me servir d’apprendre la LSF ? – A avoir des points au bac ! – Mais maman…!

Auteur : Florence Médina est née en 1968. Après avoir été comédienne, serveuse (comme toutes les comédiennes, ou presque…), hôtesse d’accueil, adjointe aux relations publiques, adjointe à tout dans une compagnie théâtrale, poseuse d’enduit mural…, elle s’est décidée à mettre sa manie de bouger les mains au service d’une noble profession : interprète français/LSF. À part ça, dès qu’elle le peut, elle écrit.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Parce que Timothée n’a pas remonté sa moyenne générale en fin de 3ème, sa mère l’oblige à prendre une option en Seconde, en prévision du Bac. N’ayant pas choisi cette option assez tôt, il n’a pas eu le choix et il se trouve en LSF (langue des signes française), le vendredi de 16h30 à 18h30… Quelle tuile !
Un cours très différent des autres, on n’écrit pas, on ne parle pas avec sa bouche…
La professeur, Sarah est « native », c’est à dire qu’elle est elle-même sourde, la LSF est donc sa première langue. Ils sont un groupe de 6 élèves, 4 filles très motivées et 2 garçons présents par défaut…
Avec ce cours, Timothée va découvrir le monde des Sourds, toute sa richesse et toute sa diversité.
Et nous lecteurs, également, les Sourds ne se considèrent comme étant handicapés, mais comme une communauté qui voudrait que l’on prenne en compte leurs spécificités et que l’on considère la LSF comme une langue à part entière.

Extrait :
Mardi 5 septembre. Dix heures. Lycée Rodin.
Nous y revoilà.
Tout le monde est là, tout est en place pour le premier acte de cette comédie qui s’appelle la « rentrée » et qu’on rejoue chaque année : les élèves, les potes et les autres, les petits nouveaux de seconde qui vont mettre au moins un trimestre à trouver leurs marques dans ce bahut immense, les profs, les CPE, le proviseur, la statue, la pendule qui orne la façade… A se demander si ses aiguilles ont bougé depuis qu’on est partis ou si elles sont restées, fidèles à elles-mêmes, figées sur un horaire de matin de rentrée !
J’ai l’impression d’être passé de juin à septembre en un dixième de seconde. Les vacances, ce bug spatio-temporel ! Franchement, si j’avais pas la marque des lunettes de soleil sur l’arête du nez, je jurerais qu’on n’a jamais bougé d’ici. Je prendrais bien du rab de grasses matinées et de plage, d’après-midis entiers à faire du roller, même en pleine canicule.
Je me sens floué.

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Quand vient la vague – Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier

81E4YA33zGL.jpg Rageot – janvier 2018 – 288 pages

Quatrième de couverture :
Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout… Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces «  vagues  » qui l’ont submergée, l’obligeant à tout quitter.

Auteurs : Ancien enseignant et formateur, Jean-Christophe Tixier vit à Pau. Pendant vingt ans, il a enseigné l’économie dans un lycée. Un poste à temps partiel qui lui a permis de mener maintes autres activités en parallèle. Ainsi, il a été directeur de collège, a créé et dirigé un centre de formation pour jeunes en grandes difficultés, a créé une société de communication aux débuts d’Internet et créé des sites Internet…
Lorsqu’il ne se consacre pas à l’écriture (de romans, mais aussi d’audio-guides pour la jeunesse), ce passionné de littérature organise le salon du polar de Pau, Un Aller-Retour dans le Noir, ou dirige la Collection « Quelqu’un m’a dit » aux éditions In8.
Manon Fargetton est une romancière française. Elle a grandi à Saint-Malo. Son bac S en poche, elle passe deux ans à Nantes pour préparer un diplôme des métiers d’arts en régie de spectacle, puis débarque à Paris et poursuit ses études de théâtre à la fois à l’université et en conservatoire. Diplômée d’un master en études théâtrales, elle est aujourd’hui régisseuse lumière au théâtre et écrit ses livres en parallèle.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Voilà 10 mois que Nina, alors âgée de 17 ans, s’est enfuie de chez elle, laissant ses parents et Clément, son petit frère, désemparés et plein d’inquiétude… L’enquête n’a pas abouti et Clément décide de mener lui-même son enquête, il redoute que Nina soit morte et bientôt, Nina aura 18 ans et pourrait ne plus jamais donner de ses nouvelles à sa famille.
Il va relire plus précisément, la lettre que Nina lui avait laissé avant de partir, et essayer de comprendre pourquoi sa sœur s’est enfuie et pourquoi ses parents ont l’air d’avoir arrêté de la chercher.
Le lecteur suit en parallèle la fuite de Nina il y a 1 an et les recherches de Clément aujourd’hui. Le lecteur reçoit tour à tour les points de vues des sœur et frère ce qui donne des éclairages différents sur l’histoire qui se complètent et la fait progresser. Le lecteur suit cette histoire comme une enquête avec du rythme et du suspense.
Il est question d’adolescence, de mensonges, de secret de famille…
Le personnage de Clément est sympathique et attachant contrairement à celui de Nina que je trouve plutôt égoïste, elle en veut à ses parents et elle disparaît sans laisser de trace, sans se préoccuper de l’angoisse dans laquelle elle laisse son frère et ses ami.e.s !
Une lecture captivante et sensible.

Extrait : (début du livre)
Prologue
Je claque la porte derrière moi, me laisse surprendre par la température extérieure. Il fait un froid glacial. A chaque expiration, un nuage de buée s’échappe de ma bouche, puis se dissipe comme s’il n’avait jamais existé.
Je pose mon sac à mes pieds, ferme les yeux, les rouvre. Comment imaginer que je ne reverrai jamais plus cet endroit ?
Alors que je remonte l’allée qui mène au portail, j’ai l’impression de traverser un décor de carton-pâte. Tout, autour de moi, est parfaitement à sa place. Les pins. La balançoire sur laquelle on jouait, mon frère et moi, il y a encore quatre ou cinq ans. Le tas de bûches sous l’appentis. Rien n’a bougé, pourtant, ça sonne faux désormais.  
Sans me retourner, je quitte le jardin pour la rue déserte.
En me réveillant ce matin, j’avais peur que des larmes mouillent mes yeux au moment de partir. J’ai lu quelque part qu’un amputé peut ressentir le membre absent, voire éprouver de la douleur là où il n’y a plus que le vide. Ce n’est pas mon cas. Je laisse derrière moi le lieu où j’ai grandi, sans que cela provoque la moindre souffrance, et ça me soulage.

petit bac 2019(5) Lecture

N’oublie pas de penser à demain – Siobhan Curham

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

9782081449169 Flammarion jeunesse – mai 2019 – 420 pages

traduit de l’anglais par Marie Hermet

Titre original : Don’t stop thinking about tomorrow, 2018

Quatrième de couverture :
Stevie : « Je jette un coup d’œil vers Hafiz. Il se marre sans bruit. Des fossettes apparaissent de chaque côté de sa bouche et ses yeux turquoise brillent. Il me donne envie de rire, moi aussi.» Hafiz : « Je l’ai remarquée à la seconde où je l’ai vue assise toute seule, les sourcils froncés. S’il y avait eu une bulle de bande dessinée au-dessus de sa tête, on aurait pu lire : Je voudrais être ailleurs. » Stevie doit faire face à la dépression de sa mère. Hafiz a fui son pays déchiré par la guerre. Ensemble, ils vont retrouver l’insouciance qui manquait à leur vie.

Auteur : Siobhan Curham est auteure pour la jeunesse. Elle anime également des ateliers d’écriture et elle est coach de vie. Chez Flammarion Jeunesse, elle a publié la série Les Filles de Brick Lane (2 tomes).

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Stevie est une fille sans histoire à l’école, sans amis car peu encline à laisser quelqu’un entrer dans sa vie. Son père est décédé brutalement deux ans auparavant et depuis sa mère est tombée dans une profonde dépression, incapable de s’occuper d’elle-même et de sa fille.
Le seul plaisir de Stevie, c’est la musique avec les disques et la guitare que lui a laissé son père. 
Hafiz a dû fuir la Syrie déchirée par la guerre pour se rendre au Royaume-Uni et vivre avec sa tante et son oncle. Il a laissé là-bas ses parents dont il n’a pas de nouvelles depuis longtemps et il s’inquiète pour eux.  Sa passion, c’est le football, lorsqu’il y joue, il s’évade de la vie réelle.
Tour à tour Stevie et Hafiz sont les narrateurs de cette histoire, ils se retrouvent à la même table de classe et Stevie est chargée de présenter l’école à Hafiz. Rapidement, ils deviennent inséparables et grâce à leur amitié, ils vont apprendre à rire, à sourire et à écrire leur propre histoire.
Ce livre est un coup cœur ! Stevie et Hafiz sont deux héros émouvants et touchants, leurs histoires personnelles sont réalistes et totalement dans l’actualité.
Un livre jeunesse destiné aux plus de 13 ans, que j’encourage à lire pour les adultes aussi…

Merci aux éditions  Flammarion jeunesse pour cette belle et poignante découverte.

Extrait : (début du livre)
  Anne Frank. Malala. Stevie Nicks. Je me répète ces noms tout bas dans mon lit, les yeux rivés sur une fissure du plafond. Je voudrais pouvoir y disparaître comme le génie dans sa bouteille. Anne Frank. Malala. Stevie Nicks. Je fais ça chaque fois que le trac menace de me rendre malade –avant un examen de maths, ou une séance de sport, ou un rendez-vous chez le dentiste, quand je sais qu’il va falloir passer sous la roulette. Je récite le nom de mes héroïnes pour me rappeler que les pires épreuves sont faites pour être surmontées. Si Anne Frank n’a pas perdu espoir malgré les nazis, si Malala a pu défier les talibans et Stevie Nicks se libérer de son addiction à la cocaïne avant d’écrire la plus magnifique chanson qui soit sur le sujet, je dois pouvoir affronter le jour de la rentrée.Quand j’entends Brayanne commencer son chant matinal, je me lève pour aller à la fenêtre. Brayanne, c’est le nom que j’ai donné au goéland qui s’installe chaque matin sur le toit de la maison en face de la mienne: il braille comme un malade jusqu’à ce qu’il ait réveillé tout le quartier. Ou qu’il m’ait réveillée, moi, en tout cas. Brayanne est perché à son poste favori, en haut de la cheminée; son bec jaune vif s’ouvre et se ferme comme un piège. Je pousse la fenêtre pour me pencher dehors. L’air est humide, avec un arrière-goût de sel. Ma mère et moi habitons un cottage ancien dans une ville ancienne, Lewes, à une douzaine de kilomètres de la côte. Ma chambre est nichée sous le toit. Quand nous avons emménagé ici, il y a deux ans, le plafond bas et mansardé me rendait claustrophobe. C’est un peu comme vivre dans une caverne. Maintenant, j’adore.

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Une fille au manteau bleu – Monica Hesse

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Gallimard Jeunesse – octobre 2016 – 349 pages

Gallimard Jeunesse – février 2019 – 368 pages

traduit de l’anglais par Anne Krief

Titre original : Girl in the Blue Coat, 2015

Quatrième de couverture :
« La jeune fille qui a disparu est juive. Il faut que tu la retrouves avant les nazis. »
Amsterdam, 1943. Hanneke sillonne à vélo les rues de la ville afin de se procurer au marché noir des marchandises qu’on lui commande. Ses parents ignorent tout de ses activités clandestines. Un jour, l’une de ses clients lui fait une requête particulière. Il s’agit de retrouver une jeune fille qu’elle cachait chez elle et qui a disparu. Elle s’appelle Mijam Roodvelt. Elle est juive.Un écho vibrant au «Journal d’Anne Frank». Monica Hesse, journaliste au «Washington Post», retrace de façon saisissante la vie, ordinaire et extraordinaire, des jeunes d’Amsterdam sous l’occupation.

Auteur : Monica Hesse est journaliste au Washington Post. En 2015, elle publie « Une fille au manteau bleu » (Girl in the Blue Coat). Elle vit à Washington avec son mari.

Mon avis : (lu en avril 2019)
A travers cette histoire, le lecteur découvre l’histoire des Pays-Bas sous l’occupation. En 1943, à Amsterdam, alors qu’Anne Frank, cachée dans un grenier, rédige son fameux Journal, Hanneke travaille dans un magasin de pompes funèbres. Pour faire vivre sa famille, avec la complicité de son employeur, elle fait du marché noir en utilisant les tickets de rationnement trouvés sur les morts. Hanneke est ingénieuse et débrouillarde, elle se joue du danger pour contenter ses clients… Un jour, l’une d’elle, lui demande un service, retrouver Mirjam Roodvelt, une juive de 15 ans qui se cachait chez elle, et qui a disparu. Comme seul indice, Mirjam portait un manteau bleu… Hanneke hésite mais touchée par la détresse de sa cliente, elle décide de se renseigner. Elle va croiser la route d’Ollie, le frère de Bas, son amoureux mort à la guerre quelques mois plus tôt. Ce dernier est engagé dans un mouvement étudiant de résistance et Hanneke découvre avec stupeur la réalité des traitements subis par les juifs à cette époque aux Pays-Bas…

Ce livre, très documenté, est émouvant et captivant, il raconte une histoire profondément humaine où il est question d’amitié et de solidarité durant l’occupation allemande.

Extrait : (début du livre)
Un jour, longtemps avant la mort de Bas, nous avons fait semblant de nous disputer pour savoir qui de nous deux était tombé amoureux le premier. « C’est ta faute, m’a-t-il dit, parce que tu es adorable. » Je lui ai répondu qu’il se trompait. Que c’était un peu facile de m’accuser. C’était même irresponsable.
Je me rappelle toute cette conversation. Ça se passait chez ses parents, dans le salon, et nous étions réunis autour du nouveau poste de radio familial pendant que je lui posais des questions sur un devoir de géométrie qui ne nous intéressait ni l’un ni l’autre. L’Américaine Judy Garland chantait You Made Me Love You. C’est comme ça que la discussion avait commencé. Bas a dit que c’était moi la responsable s’il m’aimait. Je me suis moquée de lui parce que je ne voulais pas qu’il sache combien mon cœur s’emballait en l’entendant prononcer les mots « aimer » et « toi » dans la même phrase.
Et puis il a dit que c’était aussi ma faute s’il avait envie de m’embrasser. Après quoi je lui ai dit que c’était sa faute si je le laissais faire. Là-dessus, son frère aîné est entré dans la pièce et nous a dit que c’était notre faute si notre discussion lui donnait mal au cœur.
Ce n’est que bien plus tard ce même jour, en rentrant à la maison – à l’époque où je pouvais encore rentrer à la maison sans m’inquiéter d’être contrôlée par les soldats ou de rater l’heure du couvre-feu ou d’être arrêtée – que j’ai réalisé que je ne le lui avais pas dit en retour. La première fois qu’il m’avait dit qu’il m’aimait, j’avais oublié de le lui dire aussi.
J’aurais dû. Si j’avais su ce qui allait arriver et ce que j’allais découvrir sur l’amour et la guerre, je me serais arrangée pour le lui dire à ce moment-là.
C’est bien ma faute.

petit bac 2019(3) Objet

 

Face nord – Jean-Marie Defossez

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

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Flammarion Jeunesse – mars 2019 – 157 pages

Flammarion – août 2010 – 160 pages

Flammarion – mars 2005 – 167 pages

Quatrième de couverture :
Pour fêter leur baccalauréat, ils décident de gravir la mythique face nord des Grandes Jorasses, dans les Alpes. A 4300 mètres d’altitude, c’est le drame : ils sont surpris par un orage qui déclenche une avalanche. Ils réussissent à se réfugier dans une grotte, mais sans téléphone portable ni matériel, comment vont-ils s’en sortir ? D’autant plus que Stéphane est grièvement blessé. Réussiront-ils à ressortir indemnes de cette expédition ?

Auteur : Jean-Marie Defossez est un écrivain belge. Il est titulaire d’un doctorat en sciences zoologiques, spécialisé en physiologie. Il a exercé différents métiers avant de trouver son véritable créneau : l’écriture de romans pour la jeunesse. Marié, père de deux garçons, Jean-Marie Defossez réside aujourd’hui dans la Sarthe.

Mon avis : (lu en avril 2019)
Il s’agit d’une réédition et je trouve particulièrement réussi la nouvelle couverture, très évocatrice et très moderne.
Éric, Julie et Stéphane sont amis depuis plus de 7 ans, ils se sont rencontrés lors d’un stage d’escalade lorsqu’ils avaient 10 ans.
A dix-sept ans, ils viennent de réussir leur bac et ils se sont promis de vaincre ensemble la face nord des Grandes Jorasses, une des faces mythiques des Alpes. Ce 14 juillet, après trois jours d’escalade difficile, avec une météo capricieuse, ils leur restent encore trente mètres d’ascension, la victoire est proche…
Le lecteur va suivre la fin de cette course en montagne qui va être contrariée par un orage et en parallèle, découvrir les relations qui se sont tissées entre Éric, Julie et Stéphane depuis leur rencontre à l’âge de dix ans où ils s’étaient dits : « On se jure de grimper toujours ensemble ! A la vie, à la mort ! »
Une belle histoire d’amitié, d’amour pour un trio attachant qui aiment par dessus tout la montagne et l’escalade !
Cette lecture est pleine d’émotions et de suspens.

Merci Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
ÉPERON WALKER (MASSIF DU MONT-BLANC),LUNDI 14 JUILLET, 17H30

— Trente mètres ! Plus que trente mètres, et on le tient !
Éric le diable finit sa phrase en plongeant son regard dans celui de ses deux compagnons de cordée. Ses yeux marron, subitement énormes, brillent de la gourmandise de ceux qui sentent l’exploit et la revanche à portée de main. Une revanche et surtout sa revanche.

À dix-sept ans, ses amis et lui sont sur le point de vaincre l’une des faces mythiques des Alpes : la face nord des Grandes Jorasses. Depuis trois jours, ils se hissent sur cette paroi de roc, de neige et de glace à la force des bras. Trois jours qu’ils ouvrent une nouvelle voie dans des conditions extrêmes et une météo obstinément capricieuse, passant du soleil à la grêle en l’espace de quelques minutes. Trois jours de lutte qui n’ont pourtant en rien entamé leur appétit de victoire. Ces derniers mètres d’ailleurs, Éric est résolu à n’en faire qu’une bouchée. Stéphane et Julie peuvent s’accrocher. Il va les épater. Surtout elle.
Julie… La fille aux iris mauves, de la même couleur lumineuse que les cordes d’escalade. Julie qui n’ose pas se croire jolie, (peut-être) parce que personne ne lui a jamais glissé à l’oreille combien elle était craquante, avec ses lèvres fines, son sourire espiègle et fragile, qui dévoile juste un peu les dents du haut, et fait rosir le bandeau de taches de rousseur couvrant son nez et ses pommettes. Des taches de rousseur qu’elle déteste pour ces mêmes raisons.
Stéphane... Surnommé Samson à cause de son mètre quatre-vingt-dix, de ses cheveux longs et de sa barbe intégrale, un dérèglement hormonal spectaculaire mais bénin. Un véritable heaume de poils noirs derrière lequel il dissimulait il y a deux semaines encore son visage, sa timidité et sa peur des autres – à l’exception bien sûr d’Éric et de Julie.
Stéphane-Éric-Julie, un trio que tout unit. Au sens propre, par la corde en Kevlar qui relie leur baudrier comme un cordon ombilical. Et au figuré, par cette passion de l’escalade et par cette amitié qui les sou-dent depuis qu’ils sont gosses. Sept ans qu’ils se connaissent, et pas une fois ils n’ont grimpé autre-ment qu’ensemble. Pas une fois ils n’ont douté qu’entre eux ce serait à la vie, à la mort. Sauf peut-être Éric… une fois il y a très longtemps, et plus récemment depuis deux semaines, depuis que Stéphane s’est rasé la barbe et que les taches de rousseur de Julie rosissent plus que d’ordinaire quand elle pose les yeux sur lui.

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petit bac 2019(3) Partie du corps

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De l’autre côté – Stefan Casta

51dhuuvbnul Thierry Magnier – avril 2017 – 385 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Titre original : På andra sidan Fågelsången, 2015

Quatrième de couverture :
Une maison isolée pleine de charme, ce sera le refuge idéal pour Elina et son père meurtris par la mort accidentelle de Vanessa. Mais la maison est aussi mystérieuse, on la dit maudite. Au fil des saisons, Elina apprivoisera le lieu, et nous racontera une année capitale de son existence. Mais qui est ce garçon brun qui semble si bien connaître la maison et s’y installe avec eux ? Et ce renard qui rôde autour de la maison a-t-il joué un rôle dans l’accident où Vanessa a trouvé la mort… Avec son écriture faussement simple, Stefan Casta parle de l’absurdité de la vie avec gravité, poésie et douceur.

Auteur : Stefan Casta écrit des livres pour la jeunesse et pour les adultes. Il a été producteur à la radio et à la télévision ainsi que journaliste. Il a reçu le prestigieux prix August en 1999 ainsi que le prix Astrid Lindgren en 2002 pour l’ensemble de son oeuvre. Née en Suède, Agneta Ségol vit depuis de nombreuses années en Normandie. Longtemps enseignante en Français langue étrangère, elle se consacre maintenant à la traduction de romans.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Voilà un roman « ados » que j’ai pris un peu par hasard à la Bibliothèque.
Cela commence par un accident de voiture qui n’a comme seul témoin, un renard. Il est décrit au ralenti de l’intérieur de la voiture par Elina, la narratrice. Son père, Jurgen, est le conducteur et elle et Vanessa, sa belle-mère, sont à ses côtés.
La première phrase du livre est : « Quelqu’un meurt », ce quelqu’un c’est Vanessa, une belle-mère avec qui Elina a une relation bien plus forte qu’avec sa mère biologique.
Au fil des quatre saisons, le lecteur suit le deuil et la reconstruction de Jurgen et Elina.
Jurgen se lance dans de nombreux projets farfelus pour gagner sa vie, jusqu’à que par hasard, la découverte d’une vieille maison isolée, en pleine nature, leurs redonne un sens à la vie. Et peu à peu, la nouvelle maison devient un personnage, à propre parler, de cette histoire. Elle se transforme comme la nature autour d’elle.
Le souvenir de la morte est très présent, ainsi, souvent, Elina sent sa présence et la voit à ses côtés.
J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire qui mêle le réel et l’imaginaire, où la nature est très présente. Il y a de la poésie, du mystère et beaucoup d’humanité. Le côté suédois transparaît essentiellement, dans la présence importante de la nature et dans « l’exotisme » des menus avalés par nos personnages… comme par exemple, un petit-déjeuner composé d’une tartine fromage-poisson !

Extrait : (début du livre)
Quelqu’un meurt. C’est comme ça que cette histoire commence. Quelqu’un meurt et quelqu’un gagne à un jeu de grattage. Ça va changer beaucoup de choses. Tout, en fait.
C’est un vendredi.
Le 21 juin. Une date que je n’oublierai jamais. Pas parce que c’est la Saint-Jean, mais à cause de ce qui arrive.
C’est donc l’été.
Enfin… l’été si on veut. Le temps est tellement pourri qu’il faut une bonne dose d’optimisme pour déceler le moindre signe de son arrivée. En somme, il faut être comme Jörgen qui, lui, en voit partout. Des signes, je veux dire.
Jörgen c’est mon père. Un fait qu’il a souvent tendance à oublier. En ce moment il est au volant. Il fait de grands discours en conduisant. Personne ne l’écoute. On a déjà tout entendu. Ce qui ne l’empêche pas de débiter imperturbablement son monologue enthousiaste et interminable. De temps en temps, il souligne ses propos par de grands gestes emphatiques qui l’obligent à lâcher le volant. Les voitures autour de nous klaxonnent et nous font des appels de phares mais Jörgen s’en fiche royalement. Rien ne peut arrêter le flot de paroles qui se déverse de sa bouche. Il parle comme s’il se trouvait en face d’un public. Et le public c’est nous, Vanessa et moi.

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petit bac 2019(1) Partie du corps