L’arbre à pain – Célestine Hitiura Vaitée

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10/18 – mai 2021 – 402 pages

Au Vent des Iles – juin 2020 – 334 pages

Au vent des iles – avril 2006 – 442 pages

Au Vent des Iles – janvier 2004 – 344 pages

traduit de l’anglais par Henri Theureau

Titre original : Breadfruit, 2002

Quatrième de couverture :
Vivez le quotidien d’une famille tahitienne drôle, attachante et haute en couleurs.
Chronique d’une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti, L’Arbre à pain nous plonge dans le quotidien de Materena, mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, au franc-parler  » local  » et aux rêves simples. Dans ce premier volet de la trilogie, la succession des récits, authentiques et tendrement drôles, est cousue de fil blanc… celui de la robe de mariée de Materena qui rêve d’une bague au doigt et d’un certificat de mariage encadré au mur. Son tane, Pito, en mâle primaire, entre bière et copains, ne veut rien entendre et résiste. Au risque de se voir réclamer à tout moment de rentrer chez sa mère… Un roman truculent, délicieux de vérité et d’émotion, qui décrit l’art de vivre au fenua et l’amour à la tahitienne dans un style vif et plein d’humour.

Auteur : Célestine Hitiura Vaite, originaire de Tahiti, vit actuellement en Australie. Depuis le succès international de la trilogie – dont la version originale anglaise a été traduite et publiée dans dix-sept pays –, l’auteure pour qui  » les histoires sont universelles ; comme les poèmes  » continue d’œuvrer dans le domaine  » libérateur  » de l’écriture. Enseignante, Célestine travaille particulièrement avec un public jeune du Pacifique (australien, français, polynésien ou aborigène) et a collaboré à plusieurs productions littéraires (pièce de théâtre, livres pour enfants). À la redécouverte de sa langue, elle s’est lancée dans une étude du premier Dictionnaire tahitien-anglais (1851) de John Davies. Elle contribue par ailleurs à l’écriture d’un opéra sur Tupaia, Purea et le capitaine Cook, Star Navigator, en collaboration avec Tim Finn.

Mon avis : (lu en août 2021)
Voilà un livre dépaysant qui nous envoie découvrir le quotidien de la famille de Materena dans un quartier populaire de Papeete à Tahiti. L’auteure est une Tahitienne qui vit en Australie et donc elle a écrit ce livre en anglais, le traducteur a fait un très beau travail en traduisant ce texte en français avec les expressions tahitiennes. En lisant, j’avais vraiment l’impression d’entendre parler local. (Un glossaire avec tout ce vocabulaire autochtone est présent au début du livre)
Materena est mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, elle rêve que Pito, son compagnon, lui propose le mariage… Dans un style vif et plein d’humour, le lecteur découvre l’art de vivre à la tahitienne.
Je compte bien me procurer les deux autres livres de cette trilogie : Frangipanier et Tiare

Extrait : (début du livre)
Materena aime bien les films d’amour.
Quand il y a un film d’amour à la télévision, Materena s’installe sur le canapé, croise les mains, et ne quitte pas l’écran des yeux. Elle ne balaye pas, elle ne repasse pas, elle ne coupe pas les ongles de ses pieds, elle ne range pas ses linges. Elle ne fait rien d’autre : elle regarde son film.
Les films d’amour chavirent le cœur de Materena et il lui arrive même d’imaginer qu’elle est l’héroïne.
Le film d’amour de ce soir raconte l’histoire d’une femme qui aime un homme passionnément mais, malheureusement, elle doit en épouser un autre — c’est ses parents qui ont décidé comme ça. Son futur mari n’est pas affreux, et il n’est pas méchant, mais elle n’éprouve rien pour lui. Quand elle le regarde, c’est comme si elle regarde un arbre — alors que quand elle regarde l’homme qu’elle aime, son cœur fait boum, boum, elle a envie de l’embrasser, elle a envie de le serrer fort contre elle.
La femme, dans le film, rencontre l’homme qu’elle aime une dernière fois — ça se passe la veille de son mariage, un grand mariage — et lui, il s’en va dans un pays lointain, pour ne jamais revenir, parce qu’il ne peut pas supporter de rester dans le quartier. Il pense comme ça que c’est plus facile pour lui de disparaître définitivement.
Les amoureux se retrouvent derrière une haie touffue. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, ils s’embrassent, et puis l’homme tombe à genoux et déclare : « Je t’aimerai jusqu’à ma mort, jusqu’à ma mort je le jure devant Dieu, tu es le centre de mon univers, tu es ma lumière dans la nuit, tu seras toujours la seule. »
La femme cache son visage dans ses mains gantées et éclate en sanglots. Il y a des violons, et une larme roule au coin de l’œil de Materena. Elle a pitié de la femme. Elle souffre pour elle.
« La pauvre » soupire Materena.
« C’est nul, ce film ! C’est que des conneries ! » Ça, c’est le commentaire de Pito. À son avis à lui, il y a trop de larmes dans ce film, trop de blabla, pas d’action. Et l’acteur, quel māhū  — regarde-le un peu !
« Eh ben, va lire ton Akim dans la cuisine » lui dit Materena en s’essuyant les yeux avec son pāreu.

Petit Bac 2021
(6) Aliment / Boisson

Facteur pour femmes, livre 2 – Didier Quella-Guyot, Manu Cassier

 Bamboo – mars 2021 – 112 pages

Quatrième de couverture :
À son retour d’Australie, en 1958, Linette est loin d’avoir tout appris… et tout compris ! Elle sait désormais qui est son vrai père et ce qu’il a obtenu des femmes jusqu’à sa mort « accidentelle ». Mais ce qui s’est passé sur l’île après la guerre et ce que sont devenues les « femmes du facteur » présentes au cimetière, évidemment elle l’ignore ! Pourtant, peu après la guerre, un autre drame, encore plus inavouable, a « plombé » la vie de ces iliennes, un drame cruel dont il vaudrait mieux qu’il ne revienne jamais à la surface…

Auteur : Didier Quella-Guyot est né le 7 juillet 1955 à Rochefort-sur-Mer. Il habite désormais Saint-Julien L’Ars. Ses différentes activités : professeur de lettres au lycée professionnel, critique littéraire spécialisé en bande dessinée et littérature pour jeunesse, directeur de la collection « La BD de case en Classe », formateur BD depuis 1990, il anime des stages pour enseignants. Il est aussi scénariste et organisateur d’expositions sur la BD et auteur de nombreux romans et articles biographiques.
Né à Paris en 1972, Manu Cassier grandit en Seine Saint Denis, le temps de devenir titulaire d’un baccalauréat A3 et d’un Deug d’Arts plastiques. En 2000, il devient facteur et, deux ans plus tard, peu après la naissance de sa première fille, une mutation permet à la petite famille d’emménager dans le Lot, à  Figeac. Ce changement de vie géographique s’accompagne d’une remise en question personnelle, et marque un retour au dessin. Depuis, après avoir multiplié les expériences, tant au niveau créations graphiques (affiches, logos, storyboard…) que lors de divers ateliers en milieu scolaire ou avec des adultes, « le » Manu voit son rêve de devenir auteur de BD se réaliser.. En 2007 il dessine Le Disparu de Saint Cirq Lapopie, puis en 2012 Gueules cassées T1, en 2016 il sort L’héritage du chaos. Sa 1ère collaboration avec Didier Quella Guyot est Esclaves de l’île de Pâques. Ils sortent en 2021 ensemble le T2 de la série Facteur pour femmes.

Mon avis : (lu en juillet 2021)
Au départ, Facteur pour femmes devait être un album unique et puis six ans après le scénariste décide de raconter ce que sont devenues les « femmes du facteur »… Le dessinateur initial étant déjà occupé par d’autres projets, c’est un nouveau dessinateur dans cet album : le dessin est assez proche, mais les couleurs sont, à mon regret, moins lumineuses, il est vrai également que l’histoire est plus sombre.
Quelques femmes rassemblées devant la tombe de Maël, le facteur et c’est bientôt la fin de la Guerre et le retour des hommes sur l’île… Après quatre années à gérer la vie de l’île entre femmes, ce n’est pas facile pour celles-ci de rentrer dans le rang et de laisser les hommes reprendre les rênes… Sans oublier les grands et petits secrets qui les lient plus ou moins toutes… Germaine est devenue la garde-champêtre et après avoir récupéré le vélo accidenté de Maël et l’avoir réparé, vêtue d’un pantalon d’homme, elle l’utilise malgré la désapprobation de certains…
Rose est partie travailler à Concarneau, dans une conserverie de sardines. Gaud se heurte à Konan, son bon-à-rien de fils, qui est l’héritier de la ferme et qui voudrait donc la diriger. Marie et Nolwenn sont toutes à leur chagrin et Solange préfère ne plus fréquenter les autres « filles du facteur » et éviter les commérages…
Un deuxième tome plus sombre et moins enjoué que le premier, malgré tout j’ai pris du plaisir à retrouver l’île et ses secrets.

Extrait :

Déjà lu du même auteur :

9782818934135_1_75 Facteur pour femmes

Petit Bac 2021
(6) Être Humain

La Vallée des ténèbres – Peter Robinson

81QIoEgB1SL Livre de Poche – juin 2005 – 448 pages

traduit de l’anglais par Henri Yvinec

Titre original : The Hanging Valley, 1989

Quatrième de couverture :
« Comme il s’approchait de la fleur – un sabot de Vénus, à n’en pas douter -, Neil Fellowes perçut une odeur écoeurante et faillit suffoquer. Des branches obstruaient le passage. Il commença à les dégager mais n’avança pas davantage. Là, sous un camouflage improvisé, se trouvait l’origine de l’odeur : un corps humain… Neil remarqua deux choses : il semblait animé, la chair ondulait littéralement – et il n’avait pas de visage. »
Pour les habitants de Swainshead, un paisible village du Yorkshire, cette macabre découverte ressemblait étrangement au meurtre, jamais élucidé, qui avait, cinq ans plus tôt, plongé la région dans la terreur.
Pour l’inspecteur Banks, les suspects ne manquaient pas – avec une prédilection, toutefois, pour l’amie d’un notable local, qui s’était évanouie dans la nature après le premier meurtre, puis avait refait surface au Canada où elle avait fréquenté la nouvelle victime.
Quelqu’un, dans l’ombre, faisait tout pour brouiller les pistes et ralentir l’enquête.
Crimes passionnels ? Affaire de chantage ? Suicide assisté ?… Cette fois-ci, l’inspecteur Banks n’est pas près de sortir du labyrinthe.
Peter Robinson a créé, avec l’inspecteur Alan Banks, un personnage que l’on a justement comparé à Maigret et qui lui a valu de prestigieuses distinctions, comme l’Anthony Award et le Grand Prix de littérature policière.

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2021)
C’est la quatrième enquête de l’inspecteur Banks. Et tout commence
dans le petit village très rural de Swainshead, avec la découverte d’un cadavre par un randonneur… Or dans ce même petit village, il y a quelques années, un meurtre et une disparition ont déjà eu lieu… Une enquête typiquement anglaise avec, en bonus, un petit tour à Toronto, au Canada.
Une intrigue plutôt bien pensée avec de nombreux rebondissements, de belles descriptions de paysages, des personnages très bien décrits, aux caractères précis et intéressants… Mais également, beaucoup de bières et de cigarettes…

Extrait : (début du livre)
Il éprouvait le sentiment le plus exaltant qui soit. Ses cuisses lui faisaient mal, ses mollets étaient parcourus de tremblements et il respirait à petits coups brefs et saccadés, mais il y était parvenu. Neil Fellowes, petit employé au maigre salaire, originaire de Pontefract, se tenait au sommet de Swainshead Fell.
Non pas que ce fût un exploit comparable à celui de Sir Hilary ; après tout, le mont ne s’élevait qu’à 497 mètres. Mais Neil ne se faisait pas jeune et les collègues de la fabrique de machines-outils Baxwell où il travaillait s’étaient moqués de lui méchamment quand il leur avait dit qu’il partait en vacances dans les Yorkshire Dales pour faire de la randonnée pédestre.
— De la randonnée dans les Fells ? avait interrogé d’un ton railleur Dick Blatchley, l’un des farceurs du service courrier. Tu vas tomber à la renverse avant même de commencer, Neil.
Et là-dessus ils s’étaient tous mis à rire.
Mais à présent, alors qu’il se tenait là, le souffle court, le cœur battant, tels les pistons de son usine actionnés par la vapeur, c’était à son tour de rire. Il remonta ses lunettes cerclées de métal sur l’arête de son nez et essuya la sueur qui les avait fait glisser. Puis il rajusta les sangles de son sac à dos, qui lui sciaient les épaules.
Il gravissait la pente depuis une bonne heure. Rien de bien dangereux. Point de hauteurs abruptes. Rien qui nécessitât un équipement spécial. La randonnée en moyenne montagne était un passe-temps à la portée de tous – un effort exigeant, rien de plus. Et c’était une journée idéale pour la marche. Le soleil apparaissait et disparaissait, dansant entre de gros nuages blancs, et une brise fraîche empêchait la température de monter. Un temps parfait de mois de mai finissant.

Déjà lu du même auteur :

81-pkeXoGWL Le Voyeur du Yorkshire PeterRobinson2 Le Rocher aux corbeaux

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Angleterre

La 13e maison des Bradley – Amber Lee Dodd

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9782733889343 Auzou – mars 2021 – 336 pages

traduit de l’anglais par Peggy Rolland

Titre original : The Thirteenth Home of Noah Bradley, 2020

Quatrième de couverture :
Les trois règles de la famille Bradley :
Ne jamais parler de la malédiction à qui que ce soit.
Ne jamais oublier l’existence de la malédiction.
Ne jamais, JAMAIS, s’attacher à l’endroit où l’on vit.
Noah connaît ces règles. Noah a grandi avec ces règles. Il sait que sa famille est maudite et il a fini par accepter qu’il ne pourrait jamais rester plus d’un an au même endroit. Seulement voilà : pour la première fois, il aime sa vie. Ses copains, son école, son quartier. Sa maison. Noah ne veut plus partir. Il ne veut plus s’enfuir. Alors Noah va briser chacune des règles de la famille Bradley, même si pour cela il doit risquer sa vie.

Auteur : Amber Lee Dodd est une écrivaine et dramaturge britannique. Elle étudie actuellement une maîtrise en création littéraire à l’Université de Chichester.

Mon avis : (lu en juin 2021)
La famille Bradley subit une malédiction depuis de nombreuses générations, et donc régulièrement ils sont obligés de quitter la maison et la ville où ils habitent pour fuir… Noah, 12 ans, en a assez de déménager et rêve de rester vivre dans cette dernière maison. Il est heureux au collège, il s’est fait des amis qu’il ne voudrait pas quitter…
Et pourtant des signes annonciateurs de la malédiction se sont manifestés, Noah a négligé d’en faire part à sa mère et voilà la famille victime d’un tremblement de terre… Avec l’aide de son petit frère, Benjamin et de Neena, sa petite voisine, Noah va tenter de briser la malédiction.
Ce livre est une erreur de choix de ma part… Je ne m’attendais pas à une histoire avec du fantastique, du paranormal… Je n’aime vraiment pas ce genre de littérature ! J’ai donc eu beaucoup de mal à lire ce livre et surtout à m’y intéresser… Il m’est donc très difficile pour moi d’écrire ce billet car je me suis ennuyée à lire cette histoire trop invraisemblable pour moi…

Extrait : (début du livre)
Il était une fois une famille qui avait pris la mer afin de suivre l’étoile Polaire. Son halo brillant avait conduit ses membres loin de leurs contrées ravagées par les guerres et formait la promesse de nouvelles terres et de forêts qu’ils pourraient faire leurs. Mais la famille s’aventura trop loin. Jusqu’à une île perdue au milieu du nord glacé, bien loin de la lumière du soleil.
Là-bas ne luisait plus que la lune. Là-bas soufflait sans cesse le vent, sans cesse tourbillonnaient les flots. Sans cesse tombait la neige sur le sol verglacé. Seul le peuple des collines avait appris à survivre à cet endroit. Il était craint de tous à cause de sa magie ancienne et de sa rancune tenace.

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Angleterre

Le Chœur des femmes – Aude Mermilliod

81UnGM3A4ML Lombard – avril 2021 – 240 pages

Quatrième de couverture :
Jean, major de promo et interne à l’hôpital, doit faire un stage en soins gynécologiques aux côtés du docteur Karma. Mais elle veut faire de la chirurgie, et non écouter des femmes parler d’elles-mêmes et de leur corps ! Elle se désespère de passer son temps auprès de ce médecin qui privilégie l’écoute à la technique. Contraception, maternité, violences conjugales, avortements… de consultations en témoignages, Jean pourrait bien pourtant changer sa vision de la médecine. Une adaptation sensible et puissante du roman culte de Martin Winckler.

Auteur : Aude Mermilliod ne peut pas rester en place ! Originaire de Lyon, cette véritable autodidacte quitte sa ville d’origine après le lycée pour poursuivre des études aux Beaux-Arts de Toulouse. Vivant à côté d’une librairie/galerie, elle découvre le 9ème Art en se plongeant dans une incommensurable quantité d’albums divers et variés et en faisant des rencontres de toutes sortes. Elle participe alors à « Bagarre « et à deux numéros de « Jukebox », ouvrages collectifs. La vie l’emmène ensuite vers Bruxelles, où elle affine son dessin et ses techniques narratives. En 2014, elle passe une année à Montréal dans un atelier où sont présentes les maisons d’éditions indépendantes québécoises Pow Pow et La Mauvaise Tête. Cela lui permet de travailler sur son projet « Les Reflets changeants », avec lequel elle gagne le Prix Raymond Leblanc de la jeune création en 2015. S’en suit « Il fallait que je vous le dise » pour Casterman. Elle revient aux Éditions du Lombard avec « Le Chœur des femmes », l’adaptation du roman éponyme de Martin Winckler. 

Mon avis : (lu en mai 2021)
Cette BD est l’adaptation du formidable livre « Le Chœur des femmes » de Martin Winckler que j’ai lu en 2009. Un  bouleversant roman sur le soin gynécologique et sur les questions liées au corps et à l’intimité des femmes.
Jean Atwood, major de promo, qui se destine à la chirurgie doit pourtant passer les six derniers mois de son internat en soins gynécologiques avec Franz Karma, un médecin dont la réputation n’est pas fameuse au sein des étudiants de médecine… C’est donc sans enthousiasme que Jean va devoir écouter « des bonnes femmes se plaindre à propos de leur pilule ». Après une journée d’observation, son avis est implacable : ce médecin est fou, ses consultations traînent en longueur et il n’ausculte pas toujours ses patientes…
Rien à voir avec ce que Jean a appris depuis le début de ses études… Entre Jean et Franz Karma, deux visions de la médecine s’opposent : d’un côté la science et la technique et de l’autre l’humain et revenir à la source du sens de soigner, « s’occuper avec attention de, avoir soin de ».
L’histoire est racontée à la première personne par Jean, entrecoupé de pleines pages consacrées à des patientes, composées chaque fois d’un portrait de la femme et de son témoignage. Lors de ce stage avec Franz Karma, Jean va apprendre à écouter les femmes qui viennent se confier sur le plus intime d’elles-même et découvrir les qualités et les ressources insoupçonnées qui lui sont propres. Avec cette expérience, Jean va découvrir également des secrets entourant sa naissance…
Le dessin d’Aude Mermilliod est touchant, émouvant,  à la hauteur du roman et cette lecture m’a vraiment donnée envie de relire le livre de Martin Winckler.
En complément de la BD, les éditions Le Lombard met gratuitement à disposition un Guide illustré sur leur santé intime.

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(6) Être humain

Olive Kitteridge – Elizabeth Strout

Olive-Kitteridge 71lfdrHxd2L Livre de Poche – février 2012 – 408 pages

Prix Pulitzer 2009

traduit de l’américain par Pierre Brévignon

Titre original : Olive Kitteridge, 2008

Quatrième de couverture :
Olive est l’épouse du pharmacien de Crosby, une petite ville côtière du Maine. Elle a un fils, Christopher, qu’elle étouffe. Et c’est aussi un professeur de mathématiques brutal et tyrannique, capable, pourtant, d’élans de bonté. Personnalité hors normes, a priori peu aimable, mais ô combien attachante, Olive traverse cette fresque polyphonique où les destins des habitants de Crosby – héros ordinaires – s’entremêlent sur une période de trente ans. Salué outre-Atlantique pour la virtuosité de sa construction et la finesse de son ton, Olive Kitteridge s’inscrit dans la lignée de romans comme Le cœur est un chasseur solitaire, de Carson McCullers, ou Les Corrections, de Jonathan Franzen.

Auteure : Elizabeth Strout est née en 1956 à Portland, dans le Maine. Après des études de droit, elle s’installe à New York et publie des nouvelles dans différentes revues littéraires. Elle met sept ans à rédiger son premier roman, Amy et Isabelle (2000). En 2009, elle reçoit le prix Pulitzer pour Olive Kitteridge, publié dans 26 pays. 

Mon avis : (lu en juin 2021)
Ce livre m’avait déjà fait de l’œil depuis sa parution et je n’avais jamais eu l’occasion de le lire… Mais ces dernières semaines où j’ai eu l’occasion de voir la série télévisée adaptée du livre avec l’excellente Frances McDormand dans le rôle d’Olive Kitteridge. Je n’ai donc pas résisté à enfin découvrir le roman. 
Ce roman est construite sous forme de tranches de vie de Crosby, une petite ville côtière du Maine avec en fil rouge Olive Kitteridge. Dans certains chapitres, elle est très présente et dans d’autres elle est juste évoquée.
Olive est professeur de mathématiques, mariée à Henry, le pharmacien et ensemble ils ont un fils Christopher. Olive est une héroïne atypique, avec un physique peu avenant, brute de décoffrage, bougon, cassante, elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense… Et pourtant, au fil des différentes nouvelles, le lecteur découvre ses failles, car sous son caractère entier se cache une grande sensibilité et beaucoup d’humanité et j’ai trouvé Olive plus attachante que pénible…
J’ai beaucoup aimé la série et le roman qui m’ont fait passer par de multiples émotions : l’agacement, les sourires, le cœur serré, le rire et même quelques larmes…

Extrait : (début du livre)
Pendant plusieurs années, Henry Kitteridge travailla comme pharmacien dans la ville voisine, parcourant chaque matin les routes enneigées, ou les routes balayées par la pluie, ou les routes estivales, quand les nouvelles pousses de fraises sauvages surgissaient dans les ronces avant l’embranchement menant à la pharmacie. Aujourd’hui, il est à la retraite mais il se réveille toujours de bonne heure et se rappelle comme il aimait les matins, quand le monde entier semblait lui révéler, à lui seul, son secret. Les roues de la voiture vibraient doucement sous ses pieds, la lumière filtrait à travers les brumes de l’aube, sur sa droite apparaissaient brièvement la baie puis les pins hauts et sveltes. Il roulait presque toujours vitres baissées car il adorait l’odeur des pins, l’air chargé de sel et, l’hiver, l’odeur du froid.

La pharmacie était un petit bâtiment d’un étage accolé à un autre édifice abritant une quincaillerie et une épicerie. Chaque matin, Henry se garait près des grandes poubelles métalliques puis entrait dans la pharmacie par la porte de derrière et allumait les lumières, réglait le chauffage ou, si c’était l’été, actionnait les ventilateurs. Il ouvrait le coffre-fort, plaçait l’argent dans le tiroir-caisse, déverrouillait la porte d’entrée, se lavait les mains, enfilait sa blouse blanche de laborantin. C’était un rituel agréable, comme si la vieille boutique – avec ses étagères garnies de dentifrices, de vitamines, de produits de beauté, de soins pour les cheveux et même d’aiguilles à coudre, de cartes de vœux, de bouillottes en caoutchouc rouge et de poires à lavement – était un être vivant, robuste et en bonne santé. Alors, tandis qu’Henry allait et venait dans le refuge paisible de sa pharmacie, les tracasseries qui avaient pu se produire chez lui, l’état de malaise où le laissait parfois sa femme quand elle quittait leur lit pour errer dans la maison aux heures sombres de la nuit, tout cela refluait comme les vagues le long du rivage. Posté au fond du magasin, près des tiroirs et des rangées de pilules, il se sentait heureux lorsque le téléphone se mettait à sonner, heureux lorsque Mme Merriman venait chercher son médicament contre l’hypertension ou lorsque le vieux Cliff Mott passait prendre sa digitaline, heureux en préparant le Valium pour Rachel Jones dont le mari s’était enfui la nuit où leur bébé était né. Henry avait un don pour écouter les autres et, à plusieurs reprises chaque semaine, on pouvait l’entendre dire : « Eh bien, vous m’en voyez désolé » ou : « Tss, tss, si ce n’est pas malheureux. »

Petit Bac 2021
(4) Couleur

 

Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges – Léonie Bischoff

71obyfaCCyL Casterman – août 2020 – 192 pages

Fauve Prix du public du Festival d’Angoulême 2021

Quatrième de couverture :
Début des années 30. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l’angoisse de sa vie d’épouse de banquier. Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s’est inventé, depuis l’enfance, une échappatoire : son journal. Il est sa drogue, son compagnon, son double, celui qui lui permet d’explorer la complexité de ses sentiments et de percevoir la sensualité qui couve en elle. C’est alors qu’elle rencontre Henry Miller, une révélation qui s’avère la 1ère étape vers de grands bouleversements.

Auteure : Après l’obtention d’un diplôme en bande dessinée de l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, Léonie Bischoff est libraire et travaille pour Manolosanctis : en 2010 sort Princesse Suplex, l’histoire d’une femme employée de bureau la semaine et catcheuse le week-end. Léonie Bischoff publie ensuite Hoodoo Darlin’ ainsi que trois adaptations de polars suédois de Camilla Läckberg, cosignées avec Olivier Bocquet. En 2018, elle signe, avec Thomas Römer, le numéro de « La petite Bédéthèque des Savoirs » consacré à la Bible. En 2020 paraît un one-shot inspiré de la vie de la diariste et romancière Anaïs Nin.

Mon avis : (lu en mai 2021)
C’est parce que cet album a eu le Fauve Prix du public du Festival d’Angoulême 2021 que j’ai eu envie de découvrir cette BD. Auparavant, je n’avais jamais entendu parler d’Anaïs Nin, une écrivaine et diariste en avance sur son temps.
Anaïs Nin est une femme complexe des années trente, à la fois une femme libre, épicurienne, féministe, avant-gardiste, écrivaine de génie et une épouse trop sage, dépendante, immature, névrosée…
J’ai trouvé cette BD très dérangeante, j’ai beaucoup aimé le dessin, magnifique, élégant, poétique, inventif mais je n’ai pas du tout adhéré au personnage d’Anaïs Nin, je l’ai trouvé trop excessive, et vite cette lecture m’a d’abord dérangée puis assez vite ennuyée… Je suis passée à côté de cette BD.

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(5) Prénom

Agatha Raisin, tome 14 : Gare aux fantômes – M.C. Beaton

Albin Michel – octobre 2018 – 342 pages

traduit de l’anglais par Clarisse Laurent

Titre original : Agatha Raisin and the haunted house, 2003

Quatrième de couverture :
Croyez-vous aux fantômes ? Mrs Witherspoon, une vieille mégère détestée de ses voisins et de ses propres enfants, se plaint de visites spectrales. Chuchotements, bruits de pas, brouillard suspect… sa maison serait hantée ! Les blagues vont bon train au village : mensonges ou hallucinations ?
Lorsque la vieille dame meurt dans des circonstances suspectes, plus personne ne rit : s’agit-il d’une farce qui a mal tourné ou d’un règlement de compte ? Mrs. Whiterspoon avait-elle de féroces ennemis ? Quels dangereux secrets abrite sa demeure ?
Agatha Raisin n’a plus l’âge de jouer aux fantômes mais bel et bien celui de traquer des meurtriers. Avec l’aide de son voisin, le charmant Paul Chatterton, elle compte bien démasquer ces « revenants » qui ont déjà fait beaucoup trop de mal.

Auteur : Née à Glasgow, M.C. Beaton (1936-2019), après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir auteur à succès figurant parmi les plus lus de Grande Bretagne. Elle a notamment écrit deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.  Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en mai 2021)
C’est toujours un vrai plaisir de retrouver les aventures d’Agatha Raisin, avec son énergie, ses gaffes, ses chats et ses surgelés… et le pittoresque village de Carsley typiquement british
Avec son nouveau voisin Paul Chatterton, Agatha s’intéresse à la manifestation de fantômes dans la maison de Mrs Witherspoon, une vieille dame qui terrorise son entourage. Quelques jours plus tard, celle-ci est retrouvée morte au pied de son escalier. Agatha est persuadée que la mort n’est pas naturelle et commence par soupçonner le fils de la victime… Et voilà, Paul et Agatha se lancent dans une enquête autour de cette vieille maison convoitée par plusieurs personnes… En cherchant le « fantôme », ils espèrent découvrir qui est le meurtrier.
Le schéma narratif de l’intrigue est assez classique mais les personnages de cette série, et en premier lieu Agatha elle-même, sont savoureux.
C’est toujours pour moi, une lecture facile, distrayante dans une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
La fièvre aphteuse s’était abattue sur toute la région. Des mesures de restriction limitaient l’accès aux petits chemins et les portails des fermes étaient cadenassés. Le printemps était humide et froid, les corolles dorées des premières jonquilles se courbaient piteusement sous des torrents de pluie.

Le toit de chaume du cottage d’Agatha ruisselait tristement. Assise à même le sol de sa cuisine en compagnie de ses deux chats, elle se demandait par quel moyen combattre ce sentiment familier d’ennui qui la gagnait peu à peu. Et l’ennui, elle ne le savait que trop bien, ouvrait la voie à la dépression nerveuse.
Un nouveau voisin, qui ne semblait pas inintéressant, venait de s’installer dans le cottage d’à côté, naguère propriété de son ex-mari James, mais Agatha n’éprouvait plus la moindre étincelle d’intérêt pour la gent masculine. Elle ne s’était pas jointe à la procession de dames du village qui venaient présenter leurs offrandes de gâteaux et de confitures maison. D’ailleurs, elle ignorait tout des derniers cancans locaux, car elle arrivait tout juste de Londres, où elle avait participé, comme chargée de communication, au lancement d’une ligne de prêt-à-porter pour les jeunes, baptisée Mr Harry. Tout ce qu’elle y avait récolté, c’était l’impression d’avoir fait son temps, elle qui était bien engagée dans la cinquantaine. Devant quelques-uns des mannequins étiques – le style héroïne chic était encore à la mode –, elle s’était sentie grosse et vieille. Par-dessus le marché, elle avait mauvaise conscience, car elle savait que les coutures de ces vêtements, fabriqués à Taïwan avec des étoffes de piètre qualité, n’allaient pas tenir longtemps.
Elle se remit debout, monta dans sa chambre et se planta devant sa psyché. Une femme trapue avec de jolies jambes et une soyeuse chevelure châtain la scruta de ses petits yeux d’ourse.
« Secoue-toi ! » s’exhorta-t-elle.
Elle décida de se maquiller et d’aller rendre visite à son amie, Mrs Bloxby, la femme du pasteur, histoire de faire le point sur les potins du village et de rattraper son retard. Tout en appliquant une couche de fond de teint clair, Agatha songea que, peu de temps auparavant, le bronzage faisait fureur. Mais maintenant que le premier venu pouvait s’offrir des vacances à l’étranger en plein hiver, cela ne valait plus la peine d’arborer une mine hâlée ou même un maquillage cuivré. Elle tirailla nerveusement la peau sous son menton : commençait-elle à se relâcher ? Les soixante petites tapes qu’elle se donna ne produisirent dans l’immédiat que des rougeurs sur son cou, ce qui la contraria.
Elle se débarrassa du vieux pantalon et du chandail qu’elle avait enfilés le matin et les remplaça par une blouse de soie dorée et un ensemble de lin beige. Ce soudain désir d’élégance n’avait strictement aucun lien avec le nouveau locataire du cottage voisin, bien sûr. Certes, comme on le dit toujours, le temps guérit les blessures. Elle avait d’ailleurs presque cessé de penser à James et avait renoncé à tout espoir de le revoir.

Petit Bac 2021(4) Voyage

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Écosse

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir 

51Vi5M8c4FL._SL500_ tome 11 : L’enfer de l’amour 81cUoHp2mUL tome 12 : Crime et déluge

814juHnbJ6L tome 13 : Chantage au presbytère

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

81gvCw2nhKL tome 3 : Qui s’y frotte s’y pique

Je serai là ! : Comment je suis devenu l’Homme étoilé – L’Homme étoilé

Avec la participation d’Alma

 Calmann Lévy – janvier 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
En remontant le fil de ses souvenirs professionnels et personnels, l’Homme étoilé raconte la naissance de sa vocation de soignant.
Ce nouvel opus bouleversant confirme son talent et sa profonde humanité : il achève de nous convaincre qu’on peut aussi soigner avec ses mots et sa présence.

Auteur : Infirmier en soins palliatifs et auteur-dessinateur, l’Homme étoilé s’est fait connaître sur Instagram, où il raconte dans des dessins poignants son quotidien et celui de ses patients à ses abonnés toujours plus nombreux. Son premier roman graphique A la vie ! a connu un véritable succès. 

Mon avis : (lu en avril 2021)
L’Homme étoilé, c’est Xavier, un infirmier en soins palliatifs dans un hôpital de l’Est de la France. Je l’ai découvert en mai dernier dans sa BD « A là vie » pleine de sensibilité, d’humour, de joie et d’humanité.
Cette nouvelle bande dessinée est plus personnel, L’Homme étoilé revient sur les débuts de sa vocation. Il raconte des souvenirs d’enfance avec son grand-père, avec sa mère, ses premiers stages d’infirmier d’abord en hématologie, puis en psychiatrie. Il revient sur son cheminement qui lui a fait découvrir puis choisir les soins palliatifs.
Il apprend à écouter ses patients, la patience, la vie et la mort. Il prend conscience que les patients dont il a la charge ne se réduisent pas à leur maladie. L’Homme Étoilé est plein d’empathie, d’humanité mais aussi d’humour.
Un dessin simple, épuré, aux formes tout en rondeur en bleu et blanc ou en noir et blanc.
L’épilogue est un dialogue à deux mains entre l’Homme Étoilé et Alma. Ils se partagent les dessins et les bulles avec chacun son style et ses couleurs.

Cette phrase résume bien ce qu’est son métier : « Tu sais, mon rôle, ce n’est pas de les empêcher de partir, mais de veiller à ce qu’ils partent bien. »

Extrait :

Déjà lu du même auteur :

71O+5b52GiL A la vie !

La dernière tempête – Ragnar Jónasson

 

61vr1ntPaLL La Martinière – février 2021 – 336 pages

traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün

Titre original : Mistur, 2017

Quatrième de couverture :
A Reykjavík, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir, la quarantaine, fuit sa famille dysfonctionnelle en se jetant à corps perdu dans le travail. Sa fille Dimma est en perpétuelle crise, et les relations avec son mari, Jón, se sont terriblement dégradées. A l’autre bout du pays, dans une ferme d’une vallée reculée de l’est de l’Islande, un couple est l’otage d’une terrible tempête de neige quand un homme vient frapper à leur porte et réclame l’asile pour la nuit. Son discours est décousu, son regard, indéchiffrable. Les rafales reprennent de plus belle, l’électricité est soudain coupée : le couple se retrouve coincé avec l’inconnu. Pour tous, à Reykjavík ou dans la vallée perdue, ces quelques jours avant Noël vont tout faire basculer. La famille de Hulda explose. Et dans la petite ferme, deux mois après les faits, on a retrouvé deux cadavres. Un double meurtre sur lequel Hulda va se jeter pour tenter d’oublier son chagrin et sa colère.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavík en 1976. Grand lecteur d’Agatha Christie, il entreprend, à dix-sept ans, la traduction de ses romans en islandais. Découvert par l’agent d’Henning Mankell, Ragnar a accédé en quelques années au rang des plus grands auteurs de polars internationaux. La Dernière Tempête clôt la trilogie  » La Dame de Reykjavík « , mettant en scène l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir à plusieurs âges de sa vie, en remontant le temps. Ce dernier volet se déroule 25 ans avant La Dame de Reykjavík et 10 ans avant L’Île au secret. Les œuvres de Ragnar sont traduites dans une trentaine de pays.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Au début ce livre devait être un partenariat promis en janvier… début février je préviens l’agence de presse que je n’ai pas reçu le livre, on me répond que c’est normal car il n’est pas encore arrivé chez eux et que je devrais le recevoir d’ici une semaine. Trois semaines plus tard, je n’ai toujours rien reçu et je le signale une nouvelle fois… les envois ne sont plus gérés par l’agence mais par la maison d’édition qui est en copie de la réponse à mon mail… Depuis aucune nouvelle du livre ou de la maison d’édition… J’ai malgré tout pu le lire…
Ce roman, dernier volet de la trilogie « La Dame de Reykjavik », relate des évènements survenus dix ans avant « L’Île au secret », le second volet de la trilogie, et vingt-cinq ans avant « La Dame de Reykjavík », le premier volet.
Dans ce livre, l’enquêtrice Hulda Hermannsdóttir a quarante ans.
C’est une série de Ragnar Jónasson que je n’ai pas encore lu, et finalement chronologiquement, ce tome là est le premier…
Février 1988, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir a repris le travail après quelques semaines d’arrêt. Elle n’a pas le cœur à travailler mais c’est toujours mieux que broyer du noir chez elle… Elle est envoyée sur une scène de crime ou un couple, dans une ferme isolée, vient d’être retrouvé assassiné.
Puis c’est un flashback quelques jours avant Noël, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir enquête sur la disparition d’une jeune fille. L’ambiance dans le cercle familiale d’Helda est tendue, Dimma, sa fille est une adolescente en crise qui s’isole et refuse le dialogue… Au même moment, dans une ferme d’une vallée reculée de l’est de l’Islande, Erla et Einar se prépare à leur isolement annuel pour l’hiver : approvisionnement en vivres, en livres de la bibliothèque pour passer les longues journées sombres, les tempêtes de neige… La veille de Noël, Leó un homme perdu dans la tempête de neige se présente chez eux. Il a perdu son groupe d’amis avec qui il était à la chasse. Einar et Erla vont l’héberger pour la nuit. Dans la soirée, l’électricité est coupée, de même que le téléphone. La ferme est isolée plus que jamais… Erla n’est pas tranquille, elle ressent la présence de Leó comme une menace…
Comme c’est le premier livre de la trilogie que je découvre, le suspens a été total pour moi. Aussi bien concernant l’enquête que pour la vie privée de l’enquêtrice. Mais ce roman policier est surtout un roman psychologique dont l’ambiance tendue monte peu à peu… L’isolement, la mauvaise météo et l’obscurité amplifie ce sentiment de malaise…
Cette première lecture m’a donné envie de retrouver Hulda Hermansdóttir dans les autres épisodes de la trilogie. Et moi qui reprochait aux éditeurs français de nous publier la série Dark Iceland dans le désordre, je compte lire cette trilogie dans l’ordre chronologique et donc dans l’ordre inverse de publication…

Extrait : (début du livre)
Hulda Hermannsdóttir ouvrit les yeux.
La fichue torpeur qui l’enveloppait refusait de se dissiper. Elle aurait voulu dormir toute la journée, même ici, au commissariat, sur cette chaise inconfortable. Heureusement, elle avait son propre bureau où elle pouvait s’isoler, se perdre dans ses pensées ou fermer les paupières un instant. Les dossiers s’empilaient ; elle n’était pas parvenue à se replonger dans une seule affaire depuis son retour de congé, deux semaines auparavant.
Snorri, son supérieur, avait bien remarqué son changement d’attitude, mais il se montrait compréhensif. Elle avait tenu à revenir au travail, ne supportant plus de rester enfermée à la maison avec Jón. Même le paysage extraordinaire de la péninsule d’Álftanes, où ils habitaient, n’avait plus d’effet sur elle. Elle n’entendait plus le murmure du ressac, ne distinguait plus les étoiles ou les aurores boréales qui illuminaient le ciel. Et c’est à peine si Jón et elle s’adressaient encore la parole. Elle répondait à ses questions occasionnelles mais avait cessé d’amorcer le moindre échange.
Évidemment, les ténèbres hivernales n’arrangeaient rien. C’était la saison la plus froide, la plus sombre. Chaque jour semblait plus sinistre que le précédent et la neige n’avait cessé de tomber durant tout le mois de février. À intervalles réguliers, on apercevait sur la route des voitures abandonnées, et Hulda devait faire preuve d’une prudence accrue pour rejoindre Kópavogur au volant de sa Skoda, malgré les solides pneus cloutés dont le véhicule était équipé.
Pendant quelque temps, elle avait douté de retourner un jour au travail. De sortir à nouveau de la maison, quitter son lit, quitter sa couette. Mais dans la situation actuelle les choix étaient limités : c’était soit rester chez elle avec Jón, soit travailler du matin au soir, malgré ses difficultés à se concentrer.
Elle passait donc ses journées dans son bureau à ranger documents et rapports, à prétendre les consulter sans réussir à s’en convaincre. La situation s’arrangerait, tôt ou tard. Certes, elle ne surmonterait jamais complètement la culpabilité qui la rongeait, mais avec un peu de chance, celle-ci finirait par diminuer. En revanche, sa colère ne faisait que s’intensifier. Jour après jour, elle sentait la fureur et la haine grandir en elle et la dévorer de l’intérieur, sans parvenir à lutter contre. Il fallait qu’elle trouve un moyen d’expulser ces émotions négatives, d’une manière ou d’une autre…

Déjà lu du même auteur :

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