Olive, enfin – Elizabeth Strout

71u5lWZ-3KL Fayard – août 2021 – 368 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Brévignon

Titre original : Olive, Again, 2019

Quatrième de couverture :
Dans la petite ville côtière de Crosby, dans le Maine, Olive Kitteridge est connue – et redoutée – pour son caractère bien trempé et son franc-parler détonant. Professeure de maths retraitée, veuve depuis peu, elle apprend à négocier les épreuves mais aussi à apprécier les joies que lui réserve cette nouvelle période de sa vie : bientôt, Olive se remarie, renoue avec son fils, essaie d’apprivoiser ces créatures étonnantes que sont ses petits enfants, et, surtout, le temps qui passe. Au fil des années, elle croise sur son chemin nombre de connaissances, amis ou anciens élèves : une jeune femme sur le point d’accoucher au moment le plus incongru, une autre qui vit recroquevillée depuis qu’elle a un cancer, ou encore une fille confrontée à l’effroi de ses parents lorsqu’elle leur révèle exercer la profession de maîtresse SM. Dans le sillage d’Olive, on pousse des portes et découvre les histoires, les drames et les destinées singulières des habitants de Crosby.
Une fois encore, Elizabeth Strout met brillamment à nu la vie des gens ordinaires et livre un roman superbe, tendre, mélancolique et plein d’humour sur le couple, l’amour, la vieillesse et la solitude, en déroulant le fil de l’histoire de son irrésistible Olive à l’automne de sa vie.

Auteure : Elizabeth Strout est née en 1956 à Portland, dans le Maine. Après des études de droit, elle s’installe à New York et publie des nouvelles dans différentes revues littéraires. Elle met sept ans à rédiger son premier roman, Amy et Isabelle (2000). En 2009, elle reçoit le prix Pulitzer pour Olive Kitteridge, publié dans 26 pays. 

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Quelle plaisir de retrouver Olive Kitteridge, cette professeur de mathématiques en retraite devenue veuve.
Comme pour le roman précédent, il est construit sous forme de tranches de vie de Crosby, une petite ville côtière du Maine avec en fil rouge Olive Kitteridge. Dans certains chapitres, elle est très présente et dans d’autres elle est juste évoquée. C’est la suite de la vie d’Olive de 70 à plus de 80 ans. Cette femme haute en couleurs, au caractère bien trempé est vraiment très attachante. Elle a son franc parlé mais également un grand cœur.
Toutes ces tranches de vie sont touchantes ou humoristiques, inattendues ou décalées, parfois tragiques… Elles sont décrites sans complaisance mais avec beaucoup d’humanité.
J’avais eu un vrai coup de cœur pour Olive Kitteridge et c’est également un grand coup de cœur pour Olive, enfin !

Extrait : (début du livre)
Un samedi de juin, en début d’après-midi, Jack Kennison mit ses lunettes de soleil, prit place dans sa voiture de sport après avoir baissé la capote, passa la ceinture de sécurité sur son épaule et son ventre proéminent, puis mit le cap sur Portland – à près d’une heure de route – pour acheter un gallon de whisky sans risquer de tomber sur Olive Kitteridge à la supérette de Crosby, dans le Maine. Ou sur cette autre femme qu’il avait croisée à deux reprises dans le magasin, lui, sa bouteille de whisky à la main, elle, monologuant sur la météo. La météo ! Cette femme – son nom lui échappait – était veuve, elle aussi.
Pendant qu’il roulait, une sensation proche du calme monta en lui. Une fois arrivé à Portland, il se gara et marcha vers le fleuve. L’été avait éclos. S’il faisait encore frais en cette mi-juin, le ciel était bleu et les mouettes volaient au-dessus des docks. Il y avait du monde sur les quais, beaucoup de jeunes gens avec des poussettes et des enfants, et tous paraissaient se parler. Ce détail l’impressionna. Comme cela leur semblait naturel d’être ensemble, de se parler ! Personne ne lui adressait le moindre regard, et il prit conscience d’une chose qu’il avait déjà remarquée, mais différemment cette fois : il n’était qu’un vieil homme bedonnant, peu susceptible d’attirer l’attention. C’était presque libérateur. Pendant de nombreuses années, il avait été grand, plutôt bel homme, sans embonpoint, et il attirait les regards quand il flânait sur le campus de Harvard. Pendant toutes ces années, il avait vu les étudiants l’observer avec déférence, et les femmes aussi le regardaient. Aux réunions du département, il intimidait ses collègues. Certains le lui avaient avoué, et il sentait qu’ils disaient vrai, car c’était l’effet qu’il recherchait. Et voilà qu’il se promenait le long d’un quai bordé de résidences en construction, se demandant s’il ne ferait pas mieux de venir s’installer ici pour vivre entouré d’eau – et de gens. Il sortit son portable de sa poche, le consulta, puis le rangea. Il avait envie de parler à sa fille.
Un couple apparut à la porte d’un appartement. Ils avaient son âge, l’homme avait lui aussi du ventre, mais pas autant que Jack, et la femme paraissait contrariée. À leur attitude l’un envers l’autre, Jack se dit qu’ils devaient être mariés depuis des années. Il entendit la femme dire : « Ça suffit, maintenant. » L’homme répondit quelque chose, et elle répéta : « Non, ça suffit. » Ils le croisèrent (sans le remarquer) et quand, un instant plus tard, il se retourna pour jeter un coup d’œil vers eux, il fut – vaguement – surpris de constater que la femme avait passé son bras sous celui de l’homme tandis qu’ils remontaient le quai en direction de la petite ville.
Parvenu à l’extrémité du quai, Jack contempla l’océan. Il regarda d’un côté, puis de l’autre. Un vent qu’il sentit subitement soulevait de petites franges écumeuses à la crête des vagues. 

Déjà lu du même auteur :

71lfdrHxd2L Olive Kitteridge

Petit bac 2022
(1) Prénom

Challenge Voisins Voisines 2022 – Billet récapitulatif

C’est parti !

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Présentation dans le billet Bientôt Challenge Voisins Voisines 2022 (inscription) !

Quelques précisions supplémentaires :

Voici une liste des pays d’Europe (cf. Wikipedia) moins la France :

Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, 
Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Vatican.

Participants inscrits pour 2022 :

 Aproposdelivreslesvapeursdelest, Manika, Passage à l’Est!, Passion Culture ,

C’est en commentaire de ce billet que vous pouvez déposer
les liens de vos lectures en précisant le PAYS, TITRE et AUTEUR.

Pour s’inscrire, il est préférable de le faire sur le billet
Bientôt Challenge Voisins Voisines 2022 (inscription) !

Merci et bonnes lectures européennes à tous !

***

Billet récapitulatif 2022

(mise à jour du 01/01/2022)

 

Au fin fond de la petite Sibérie – Antti Tuomainen

714odScDuoS Fleuve Éditions – septembre 2021 – 320 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Titre original : Pikku Siperia, 2018

Quatrième de couverture :
Ce qui tombe du ciel n’est pas toujours providentiel… Le pilote de rallye Tarvainen parcourt les friches enneigées du nord de la Finlande avec trop d’alcool dans le sang et des pensées suicidaires dans la tête, lorsque soudain le ciel explose et quelque chose s’écrase sur le siège passager.
Ce quelque chose se révèle une météorite extrêmement précieuse, en tout cas selon les habitants du village de Hurmevaara.
Le trésor est temporairement exposé au musée de la ville, sous la garde du pasteur Joel, qui en tant qu’ancien militaire n’est pas complètement inexpérimenté au combat. Chose utile, car le crime organisé a déjà eu vent de ce nouveau  » bijou  » qui vaudrait quelques millions…
Sauf que Joel a bien d’autres problèmes. Sa femme est enceinte, malheureusement pas de lui. Et pendant qu’il se bat contre des criminels professionnels et autres chasseurs de trésors, il se demande surtout ce que le Tout-Puissant a prévu pour son humble serviteur…

Auteur : Après une incursion réussie dans le genre de la comédie noire décalée avec Derniers mètres jusqu’au cimetière et Sous le soleil éternel de Finlande, Antti Tuomainen, auteur finnois renommé et traduit dans plus de vingt-cinq langues, revient aujourd’hui avec son sixième roman publié chez Fleuve Éditions, une nouvelle comédie tout aussi hilarante.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
Joel Huhta, pasteur, et sa femme Krista se sont installés depuis quelques années à Hurmevaara, un village de 1400 habitants du nord-est de la Finlande à proximité du cercle polaire où le temps est glacial et le soleil rare, mais ils y sont heureux.
Tarvainen, ancien coureur de rallye alcoolique, prêt à se suicider, est stoppé dans son élan par une météorite qui atterrit dans sa voiture, à la place du mort. Il s’avère que la météorite vaut beaucoup d’argent et qu’elle va attiser les convoitises… Aussi bien, de certains habitants du village, que de malfrats russes ayant passé la frontière.
Le pasteur, ancien militaire, incorruptible se propose pour surveiller le musée où est gardé la météorite. Pendant quelques nuits, en attente du transfert du caillou précieux, Joel Huhta va devoir déjouer plusieurs tentatives d’intrusion et de vol…
Une histoire rocambolesque comme celles de d’Arto Paasilinna, entre comédie et thriller dans un rythme soutenu qui tient le lecteur en haleine et dont certaines situations sont hilarantes… Dans le village d’Hurmevaara vit une galerie de personnages hauts en couleurs !

Extrait : (début du livre)
La vodka tiède lui arrache la bouche, lui enflamme la gorge. Le dérapage reste malgré tout contrôlé et la voiture sort du virage à peu près à l’allure à laquelle elle y est entrée.
L’homme ôte sa main droite du volant, passe la vitesse supérieure, jette un coup d’œil au compteur. Un poil au-dessus de cent trente. C’est excellent, surtout en conditions hivernales, avec un tel gel et sur cette route sinueuse, à l’est du mont Hurmevaara. Sans parler du fait que la visibilité est limitée de nuit, malgré la clarté des étoiles.
Son pied gauche joue de nouveau sur la pédale d’embrayage, le droit enfonce l’accélérateur. Il lève encore une fois la main droite, prend une lichette au goulot de la bouteille.
C’est ainsi qu’on boit la vodka. D’abord une grande lampée qui emplit la bouche, emporte les dents et brûle comme un incendie. Puis un léger voile aérien qui humecte à peine le palais, éteint le feu et aide à avaler la vraie gorgée, la première.
Et c’est ainsi qu’on conduit une voiture.
Une longue descente en pente douce se profile. Elle tourne paresseusement vers la droite, traîtresse dans son apparente facilité. On croirait à première vue qu’il suffit de maintenir la voiture sur sa trajectoire et le pied au plancher. Mais non. La route penche vers la gauche et plus on roule vite, plus elle cherche à vous envoyer dans le décor. L’homme serre le volant, il sait que sa vitesse est d’environ cent soixante-cinq kilomètres à l’heure. C’est digne d’un championnat du monde. Il le sait aussi. Et il en souffre.
À droite apparaît fugitivement l’étendue gelée du lac Hurmejärvi. Sur la glace se dressent des fanions signalant les ouvertures entretenues par les pêcheurs et l’emplacement de leurs filets à corégones. Il leur jette parfois un regard au passage, car vus du coin de l’œil, ils rappellent les drapeaux agités par le public. Cette nuit, il n’en a pas besoin.
Il tient son volant tourné d’un millimètre vers la droite afin de corriger l’inclinaison de la route. Et alors qu’un nouveau virage se dessine, il enclenche le frein moteur. La manœuvre exige une coordination parfaite, une collaboration sans faille du pied sur l’embrayage et de la main sur le levier de vitesse. L’homme coince sa bouteille entre ses cuisses, plaque sa main gauche sur le volant, la droite sur le pommeau du levier, débraye, embraye et donne raisonnablement des gaz. La voiture décélère d’elle-même. La pédale de frein est pour les amateurs. Comme celui à qui il a emprunté cette Audi.
Au bout d’une courte et plane ligne droite, le voilà au pied d’une double colline. Il ressent une brûlure au fond de l’estomac.
Ce n’est pas la vodka. C’est le destin.

Petit Bac 2021
(9) Adjectif

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Finlande

Déjà lu du même auteur :

71Sg3yS3UVL Derniers mètres jusqu’au cimetière

Miracle à la Combe aux Aspics – Ante Tomić

41eefX4ViTL Éditions Noir et Blanc – mars 2021 – 208 pages

traduit du croate par Marko Despot

Titre original : Čudo u Poskokovoj Dragi, 2009

Quatrième de couverture :
À sept kilomètres de Smiljevo, haut dans les montagnes, dans un hameau à l’abandon, vivent Jozo Aspic et ses quatre fils. Leur petite communauté aux habitudes sanitaires, alimentaires et sociologiques discutables n’admet ni l’État ni les fondements de la civilisation jusqu’à ce que le fils aîné, Krešimir, en vienne à l’idée saugrenue de se trouver une femme. Bientôt, il devient clair que la recherche d’une épouse est encore plus difficile et hasardeuse que la lutte quotidienne des Aspic pour la sauvegarde de leur autarcie. La quête amoureuse du fils aîné des Aspic fait de ce road-movie littéraire une comédie hilarante, où les coups de théâtre s’associent pour accomplir un miracle à la Combe aux Aspics.

Auteur : Originaire d’un petit village de Croatie, Ante Tomić, né en 1970, a obtenu un diplôme en philosophie et sociologie de l’université de Zadar. Devenu journaliste pour le quotidien Slobodna Dalmacija, il démontre un rare talent littéraire qui se confirme en 2000 dans son premier roman Što je muškarac bez brkova (Qu’est-ce qu’un homme sans moustache). Trois ans plus tard, il publie Ništa nas ne smije iznenaditi (Rien ne doit nous surprendre) qui décrit la vie des recrues dans l’Armée populaire yougoslave. Ces deux romans ont été adaptés à l’écran. En 2009 sort son roman le plus connu, Miracle à la Combe aux Aspics. Il est actuellement chroniqueur pour le journal Slobodna Dalmacija.

Mon avis : (lu en novembre 2021)
J’ai découvert ce livre grâce au Café Lecture de la Bibliothèque, il nous a été présenté avec un tel enthousiasme et comme l’auteur est Croate, impossible de ne pas le lire !
C’est un roman fantasque, rocambolesque, drôle et détonnant !
Au fin fond de la Dalmatie, dans un hameau à l’abandon, vivent Jozo Aspic et ses quatre fils en autarcie. Le père est assez insupportable, haineux, misogyne, il a la gâchette facile… Un beau jour, le fils aîné, Kresimir, décide d’aller en ville pour se marier. Il n’a pas quitté le hameau depuis quinze ans et espère bien retrouver une femme qu’il avait rencontré lors de son service militaire et dont il ne connaît que le prénom… Et c’en est fini de la tranquillité !
Ce roman est à la fois une comédie, un road-movie, un thriller…
L’intrigue est foutraque, les rebondissements sont présents presque à chaque page, tout comme l’humour…
Ce roman m’a fait pensé à certains romans du finlandais Arto Paasilinna…
Une lecture incroyable, vraiment divertissante !

Extrait : Chapitre Un

Consacré aux dizaines de manières de préparer la polenta, aux choses à ne pas faire lorsqu’on lave des vêtements de couleur, et à la soupe servie dans un cendrier. Deux hommes manquent de se faire assassiner, un autre désire se marier, et l’on ne sait pas qui est le plus à plaindre.

Loin dans les montagnes se niche la Combe aux Aspics. Difficile à trouver, cachée, protégée comme une forteresse, avec une unique route praticable à travers un défilé sinueux qui, après un dernier contour, s’élargit soudainement sur un plateau karstique, pour buter, à peine deux cents mètres plus loin, sur une falaise à pic. Là, sur cette terre rocailleuse, rarement ensoleillée, s’étalent quelques champs de trèfle, deux ou trois rangs de patates et de pois chiches, deux insignifiants lopins d’oignons arrachés à grand-peine à l’enchevêtrement de ronces, de frênes et de charmes. Les fleurs orange des citrouilles rôtissent sur une minuscule parcelle défrichée ceinte d’un muret de pierres sèches.

Un village fantôme se recroqueville sur les bords du plateau, au pied de la falaise : une dizaine de maisons de pierre et d’étables basses aux tuiles fendues – abandonnées, en ruine, envahies par la végétation. Et, au milieu de ces décombres, s’élève la blanche et pimpante maison de Jozo Aspic, le seul à être demeuré là avec ses fils, sur la terre de sa tribu éparpillée. Cela fait longtemps que les autres Aspic sont partis s’installer dans des villes lointaines, trouver du travail, éduquer leurs enfants, et qu’ils ont oublié leur pays et leur long passé séditieux.

C’étaient des hommes fiers et insoumis, des brigands et des contrebandiers : dissimulés sous des peaux de mouton, ils bondissaient hors du troupeau et, de leurs lames courtes et recourbées, tranchaient la gorge tour à tour aux percepteurs ottomans, aux géomètres autrichiens, aux gendarmes, policiers et facteurs yougoslaves. Les chroniques ecclésiales rapportent bon nombre d’accidents où quelque fonctionnaire, ayant surestimé sa propre autorité, s’était aventuré dans la Combe aux Aspics. Longtemps, très longtemps, personne n’en entendait plus parler. Et puis des bergers le retrouvaient dans un fossé, rongé par les bêtes. Ils le reconnaissaient à son uniforme brodé d’or, que le pauvre avait fièrement porté de son vivant.

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Croatie

Petit Bac 2021
(8) Aliment/Boisson

La brodeuse de Winchester – Tracy Chevalier

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – novembre 2021 – 400 pages

La Table Ronde – juin 2020 – 352 pages

Libra Diffusio – janvier 2021 – 441 pages (Grands Caractères)

Quatrième de couverture :
« Jane Austen était morte à l’âge de quarante et un ans sans mari ni enfants, seulement une sœur dévouée. Violet n’avait même pas cela, et elle n’avait certes pas plusieurs romans à son actif. Il ne lui restait que trois ans pour rattraper Miss Austen en termes de créativité. »Winchester, 1932. Violet Speedwell, trente-huit ans, fait partie de ces millions de femmes restées célibataires depuis la pénurie d’hommes d’après-guerre. Pour échapper à une mère acariâtre, elle décide de prendre son envol. Mais son célibat lui attire plus de mépris que d’amitié. C’est au sein du cercle des brodeuses de la cathédrale qu’elle trouvera le soutien qui lui manque pour affronter les préjugés de son époque. Grâce à Arthur, le sonneur de cloches, elle découvre aussi un tout autre cercle, masculin cette fois. Au même moment, la radio annonce l’arrivée d’un certain Hitler à la tête de l’Allemagne.

Auteur :  Tracy Chevalier est américaine et vit à Londres depuis 1984 avec son mari et son fils. Spécialiste des romans historiques et des portraits de femmes, elle est l’auteur du Récital des anges (2002), de La Dame à la Licorne (2003), de La Vierge en bleu (2004), de L’Innocence (2007), de Prodigieuses créatures (2010), La dernière fugitive (2013) et de La Jeune Fille à la perle (2000) adapté au cinéma par Peter Webber en 2002, et interprété par Scarlett Johansson.

Mon avis : (lu en novembre 2021)
Je n’avais pas eu l’occasion de lire ce livre de Tracy Chevalier lors de sa sortie, j’ai donc accepté avec grand plaisir de le découvrir lors de sa sortie en format poche. 
Cette histoire se passe en 1932, en Angleterre, à Winchester. Violet a 38 ans, elle est dactylo. Après la guerre et la mort de son fiancé, Violet est restée célibataire, elle fait partie des « femmes excédentaires » vouée à rester vieille fille… Pour fuir une mère autoritaire, Violet a décidé de prendre son indépendance et de quitter Southampton pour Winchester. Elle veut prendre en main sa vie pour se sentir libre.
En allant à la cathédrale de Winchester, elle pousse la porte et va alors découvrir le « Cercle des brodeuses » et ses bénévoles qui œuvrent pour la cathédrale en réalisant  de superbes coussins et tapis pour les sièges, bancs et agenouilloirs. Violet va entrer dans le Cercle et apprendre les secrets de la broderie. Elle va également rencontrer les membres d’un autre cercle de la cathédrale, celui des sonneurs de cloches.
Un roman que j’ai dévoré d’une traite, plein d’émotion, d’humanité et d’information sur la condition des femmes à cette époque.
J’ai découvert les secrets des brodeuses et des sonneurs de cloches.
Merci les éditions Folio pour cette lecture passionnante et émouvante.

Extrait : (début du livre)
« CHUT ! »
Violet Speedwell plissa le front. On n’avait pas à lui faire chut ; elle n’avait rien dit.
L’auteur du « chut ! », une femme autoritaire arborant un casque de cheveux gris, était plantée sous la voûte qui conduisait au chœur, partie de la cathédrale de Winchester que préférait Violet. Le chœur se trouvait au milieu du bâtiment, la nef se déployant dans un sens, le sanctuaire et l’arrière-chœur dans l’autre, les bras courts des transepts nord et sud s’étirant de chaque côté pour compléter la croix formée par l’ensemble de la structure. Les autres parties de la cathédrale présentaient des inconvénients : la nef était immense, les bas-côtés balayés de courants d’air, les transepts sombres, les chapelles trop majestueuses, l’arrière-chœur isolé. Mais le chœur avait un plafond plus bas et des stalles en bois sculpté qui donnaient au lieu une dimension plus humaine. Il était luxueux sans être trop grandiose.
Violet jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule de la femme. Elle avait seulement voulu entrer un instant pour regarder. Les stalles du chœur et les sièges de l’avant-chœur adjacent semblaient occupés en majorité par des femmes, étonnamment nombreuses pour un jeudi après-midi. Il devait y avoir un office spécial. Nous étions le 19 mai 1932, la Saint-Dunstan. Saint patron des orfèvres, Dunstan était connu pour avoir repoussé le diable avec une paire de pincettes, mais il y avait peu de chance qu’une cérémonie en son honneur attire autant de paroissiennes.
Elle étudia les fidèles qu’elle apercevait. Les femmes étudiaient toujours les autres femmes, et d’un œil bien plus critique que ne le faisaient les hommes. Les hommes ne remarquaient pas les bas filés, le rouge à lèvres sur les dents, la coupe de cheveux démodée, la jupe tendue de manière peu flatteuse sur les hanches, les boucles d’oreilles en strass un peu clinquantes. Violet remarquait chaque défaut, et connaissait chaque défaut que les autres repéraient chez elle. Elle pouvait en fournir la liste elle-même : des cheveux trop plats d’une couleur indéfinissable ; des épaules tombantes comme à l’époque victorienne ; des yeux si enfoncés qu’on en distinguait à peine le bleu ; un nez qui avait tendance à rougir quand elle avait trop chaud ou bu ne serait-ce qu’une goutte de sherry. Elle n’avait besoin de personne, homme ou femme, pour lui signaler ses points faibles.

Petit Bac 2021
(9) Objet

Déjà lu du même auteur : 

prodigieuses_cr_atures  Prodigieuses créatures la_jeune_fille___la_perle La jeune fille à la perle

la_vierge_bleu La Vierge en bleu la derniere fugitive_folio La dernière fugitive

110718549 À l’orée du verger

Mon 1er Atlas Monde

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Masse Critique Babelio

71HCtNx4tzL Quelle Histoire Éditions – octobre 2021 – 234 pages

Quatrième de couverture :
Tu connais sûrement de nombreux pays à travers le monde… Mais sais-tu qu’il en existe 197, qui sont tous plus étonnants les uns que les autres ? Viens, nous t’emmenons en balade aux quatre coins du globe ! De l’Inde au Brésil, en passant par le Togo, l’Espagne et l’Australie, nous allons découvrir des villes et des villages chargés d’histoires, des plats nationaux savoureux, des traditions surprenantes et des personnages emblématiques !

Auteurs : Margot Boutges, Noémie Arnaud, Marine Breuil-Salles et Bruno Wennagel pour les illustrations.

Mon avis : (lu en novembre 2021)
J’ai toujours beaucoup aimé les Atlas et les cartes géographiques ou topographiques. J’ai donc eu la curiosité de découvrir ce « Mon 1er Atlas Monde » que j’aurais adoré avoir lorsque j’étais une petite fille…

Un 1er atlas, très complet et joliment illustré, recensant les 197 pays reconnus par l’ONU. Mieux qu’un simple planisphère, il consacre au moins un page par pays. Les pays sont regroupés par continent.
Pour chaque pays, une carte avec la capitale et les villes principales ainsi que le dessin de monuments, dans l’angle nord-est de la page, un plan de situation du pays sur son continent et dans un cartouche, le drapeau, la population, la superficie et le nom de la capitale du pays. Il y a également des bulles avec des informations supplémentaires spécifiques au pays : de
s dates, des personnages célèbres, des anecdotes locales, des traditions culturels, culinaires…
Un Atlas très agréable à feuilleter pour faire un tour du monde immobile et découvrir toute la richesse de notre planète. Même s’il est destiné aux enfants à partir de 7 ans, cet atlas est également très intéressant pour les adultes… J’ai ainsi découvert en Afrique, que le Swaziland était devenu l’Eswatini (depuis 2018).
Je regrette qu’il n’y ait pas d’échelle graphique pour chaque carte, je trouve cela plus parlant que d’être obligé d’aller regarder la superficie du pays… (voir exemple : Pays-Bas et Allemagne)
D’autre part, je n’ai pas compris la logique de la mise en page, en particulier lorsque sur une même double page, l’Espagne est à gauche et le Portugal à droite (alors que géographiquement, le Portugal est à l’ouest de l’Espagne). C’est la même chose pour le Royaume-Unie et l’Irlande ainsi que pour l’Azerbaïdjan et l’Arménie…
Sinon, j’ai détecté une grossière erreur de drapeau… page 108.
Merci à Quelle Histoire Éditions
et à Babelio pour cette Atlas complet.

Extrait :

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L’enfant, la taupe, le renard et le cheval – Charlie Mackesy

 Les Arènes – septembre 2020 – 126 pages

traduit de l’anglais par

Titre original : The Boy, The Mole, The Fox and The Horse, 2019

Quatrième de couverture :
Cette fable universelle et bienfaisante s’adresse à toutes les générations.
Elle raconte une histoire d’amitié entre un enfant, une taupe gourmande et pleine de vie, un renard que les épreuves ont rendu méfiant et un cheval sage et serein. Tous les quatre explorent le vaste monde. Ils se posent des questions. Ils traversent des tempêtes. Ils apprennent à s’aimer.
Cette ode à l’innocence et à la bienveillance transmet des leçons de vie qui ont touché le cœur de plus d’un million de lecteurs.

Auteur : Charlie Mackesy est un artiste, auteur et illustrateur. Il a été dessinateur pour The Spectator et illustrateur pour Oxford University Press avant d’exposer ses œuvres dans la Park Walk Gallery à Londres, puis dans des galeries à New York, à Londres et à Édimbourg. Il a vécu et peint en Afrique du Sud, en Afrique australe et en Amérique. Son livre L’enfant, la taupe, le renard et le cheval (The Boy, The Mole, The Fox and The Horse, 2019) a eu un succès fracassant dès sa parution. il a commencé à dessiner les aventures de ses quatre personnages à l’âge de 50 ans, depuis sa maison proche de Londres où il vit avec sa mère et son chien, Dill.

Mon avis : (lu en août 2021)
Entre l’album jeunesse et le roman graphique, cet ouvrage est très beau.
C’est l’histoire d’un enfant qui rencontre une taupe, puis un renard et enfin un cheval. La taupe est plutôt sociable, gourmande et pétillante, le renard est silencieux, craintif mais très élégant, enfin le cheval est sage, imposant et imposant… Tous les trois font route ensemble et conversent autour de l’amitié, du sens de la vie, de la souffrance, du bonheur.
Plutôt qu’une histoire, il s’agit plutôt de conversations ou de petites scènes de vie.
C’est un peu dans l’esprit du Petit Prince, illustré magnifiquement par des dessins à l’encre de chine et de l’aquarelle.
Une véritable ode à la vie, à l’amour et à l’amitié.

Extrait : (début du livre)
 

Petit Bac 2021
(7) Animal

L’arbre à pain – Célestine Hitiura Vaitée

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10/18 – mai 2021 – 402 pages

Au Vent des Iles – juin 2020 – 334 pages

Au vent des iles – avril 2006 – 442 pages

Au Vent des Iles – janvier 2004 – 344 pages

traduit de l’anglais par Henri Theureau

Titre original : Breadfruit, 2002

Quatrième de couverture :
Vivez le quotidien d’une famille tahitienne drôle, attachante et haute en couleurs.
Chronique d’une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti, L’Arbre à pain nous plonge dans le quotidien de Materena, mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, au franc-parler  » local  » et aux rêves simples. Dans ce premier volet de la trilogie, la succession des récits, authentiques et tendrement drôles, est cousue de fil blanc… celui de la robe de mariée de Materena qui rêve d’une bague au doigt et d’un certificat de mariage encadré au mur. Son tane, Pito, en mâle primaire, entre bière et copains, ne veut rien entendre et résiste. Au risque de se voir réclamer à tout moment de rentrer chez sa mère… Un roman truculent, délicieux de vérité et d’émotion, qui décrit l’art de vivre au fenua et l’amour à la tahitienne dans un style vif et plein d’humour.

Auteur : Célestine Hitiura Vaite, originaire de Tahiti, vit actuellement en Australie. Depuis le succès international de la trilogie – dont la version originale anglaise a été traduite et publiée dans dix-sept pays –, l’auteure pour qui  » les histoires sont universelles ; comme les poèmes  » continue d’œuvrer dans le domaine  » libérateur  » de l’écriture. Enseignante, Célestine travaille particulièrement avec un public jeune du Pacifique (australien, français, polynésien ou aborigène) et a collaboré à plusieurs productions littéraires (pièce de théâtre, livres pour enfants). À la redécouverte de sa langue, elle s’est lancée dans une étude du premier Dictionnaire tahitien-anglais (1851) de John Davies. Elle contribue par ailleurs à l’écriture d’un opéra sur Tupaia, Purea et le capitaine Cook, Star Navigator, en collaboration avec Tim Finn.

Mon avis : (lu en août 2021)
Voilà un livre dépaysant qui nous envoie découvrir le quotidien de la famille de Materena dans un quartier populaire de Papeete à Tahiti. L’auteure est une Tahitienne qui vit en Australie et donc elle a écrit ce livre en anglais, le traducteur a fait un très beau travail en traduisant ce texte en français avec les expressions tahitiennes. En lisant, j’avais vraiment l’impression d’entendre parler local. (Un glossaire avec tout ce vocabulaire autochtone est présent au début du livre)
Materena est mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, elle rêve que Pito, son compagnon, lui propose le mariage… Dans un style vif et plein d’humour, le lecteur découvre l’art de vivre à la tahitienne.
Je compte bien me procurer les deux autres livres de cette trilogie : Frangipanier et Tiare

Extrait : (début du livre)
Materena aime bien les films d’amour.
Quand il y a un film d’amour à la télévision, Materena s’installe sur le canapé, croise les mains, et ne quitte pas l’écran des yeux. Elle ne balaye pas, elle ne repasse pas, elle ne coupe pas les ongles de ses pieds, elle ne range pas ses linges. Elle ne fait rien d’autre : elle regarde son film.
Les films d’amour chavirent le cœur de Materena et il lui arrive même d’imaginer qu’elle est l’héroïne.
Le film d’amour de ce soir raconte l’histoire d’une femme qui aime un homme passionnément mais, malheureusement, elle doit en épouser un autre — c’est ses parents qui ont décidé comme ça. Son futur mari n’est pas affreux, et il n’est pas méchant, mais elle n’éprouve rien pour lui. Quand elle le regarde, c’est comme si elle regarde un arbre — alors que quand elle regarde l’homme qu’elle aime, son cœur fait boum, boum, elle a envie de l’embrasser, elle a envie de le serrer fort contre elle.
La femme, dans le film, rencontre l’homme qu’elle aime une dernière fois — ça se passe la veille de son mariage, un grand mariage — et lui, il s’en va dans un pays lointain, pour ne jamais revenir, parce qu’il ne peut pas supporter de rester dans le quartier. Il pense comme ça que c’est plus facile pour lui de disparaître définitivement.
Les amoureux se retrouvent derrière une haie touffue. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, ils s’embrassent, et puis l’homme tombe à genoux et déclare : « Je t’aimerai jusqu’à ma mort, jusqu’à ma mort je le jure devant Dieu, tu es le centre de mon univers, tu es ma lumière dans la nuit, tu seras toujours la seule. »
La femme cache son visage dans ses mains gantées et éclate en sanglots. Il y a des violons, et une larme roule au coin de l’œil de Materena. Elle a pitié de la femme. Elle souffre pour elle.
« La pauvre » soupire Materena.
« C’est nul, ce film ! C’est que des conneries ! » Ça, c’est le commentaire de Pito. À son avis à lui, il y a trop de larmes dans ce film, trop de blabla, pas d’action. Et l’acteur, quel māhū  — regarde-le un peu !
« Eh ben, va lire ton Akim dans la cuisine » lui dit Materena en s’essuyant les yeux avec son pāreu.

Petit Bac 2021
(6) Aliment / Boisson

Facteur pour femmes, livre 2 – Didier Quella-Guyot, Manu Cassier

 Bamboo – mars 2021 – 112 pages

Quatrième de couverture :
À son retour d’Australie, en 1958, Linette est loin d’avoir tout appris… et tout compris ! Elle sait désormais qui est son vrai père et ce qu’il a obtenu des femmes jusqu’à sa mort « accidentelle ». Mais ce qui s’est passé sur l’île après la guerre et ce que sont devenues les « femmes du facteur » présentes au cimetière, évidemment elle l’ignore ! Pourtant, peu après la guerre, un autre drame, encore plus inavouable, a « plombé » la vie de ces iliennes, un drame cruel dont il vaudrait mieux qu’il ne revienne jamais à la surface…

Auteur : Didier Quella-Guyot est né le 7 juillet 1955 à Rochefort-sur-Mer. Il habite désormais Saint-Julien L’Ars. Ses différentes activités : professeur de lettres au lycée professionnel, critique littéraire spécialisé en bande dessinée et littérature pour jeunesse, directeur de la collection « La BD de case en Classe », formateur BD depuis 1990, il anime des stages pour enseignants. Il est aussi scénariste et organisateur d’expositions sur la BD et auteur de nombreux romans et articles biographiques.
Né à Paris en 1972, Manu Cassier grandit en Seine Saint Denis, le temps de devenir titulaire d’un baccalauréat A3 et d’un Deug d’Arts plastiques. En 2000, il devient facteur et, deux ans plus tard, peu après la naissance de sa première fille, une mutation permet à la petite famille d’emménager dans le Lot, à  Figeac. Ce changement de vie géographique s’accompagne d’une remise en question personnelle, et marque un retour au dessin. Depuis, après avoir multiplié les expériences, tant au niveau créations graphiques (affiches, logos, storyboard…) que lors de divers ateliers en milieu scolaire ou avec des adultes, « le » Manu voit son rêve de devenir auteur de BD se réaliser.. En 2007 il dessine Le Disparu de Saint Cirq Lapopie, puis en 2012 Gueules cassées T1, en 2016 il sort L’héritage du chaos. Sa 1ère collaboration avec Didier Quella Guyot est Esclaves de l’île de Pâques. Ils sortent en 2021 ensemble le T2 de la série Facteur pour femmes.

Mon avis : (lu en juillet 2021)
Au départ, Facteur pour femmes devait être un album unique et puis six ans après le scénariste décide de raconter ce que sont devenues les « femmes du facteur »… Le dessinateur initial étant déjà occupé par d’autres projets, c’est un nouveau dessinateur dans cet album : le dessin est assez proche, mais les couleurs sont, à mon regret, moins lumineuses, il est vrai également que l’histoire est plus sombre.
Quelques femmes rassemblées devant la tombe de Maël, le facteur et c’est bientôt la fin de la Guerre et le retour des hommes sur l’île… Après quatre années à gérer la vie de l’île entre femmes, ce n’est pas facile pour celles-ci de rentrer dans le rang et de laisser les hommes reprendre les rênes… Sans oublier les grands et petits secrets qui les lient plus ou moins toutes… Germaine est devenue la garde-champêtre et après avoir récupéré le vélo accidenté de Maël et l’avoir réparé, vêtue d’un pantalon d’homme, elle l’utilise malgré la désapprobation de certains…
Rose est partie travailler à Concarneau, dans une conserverie de sardines. Gaud se heurte à Konan, son bon-à-rien de fils, qui est l’héritier de la ferme et qui voudrait donc la diriger. Marie et Nolwenn sont toutes à leur chagrin et Solange préfère ne plus fréquenter les autres « filles du facteur » et éviter les commérages…
Un deuxième tome plus sombre et moins enjoué que le premier, malgré tout j’ai pris du plaisir à retrouver l’île et ses secrets.

Extrait :

Déjà lu du même auteur :

9782818934135_1_75 Facteur pour femmes

Petit Bac 2021
(6) Être Humain

La Vallée des ténèbres – Peter Robinson

81QIoEgB1SL Livre de Poche – juin 2005 – 448 pages

traduit de l’anglais par Henri Yvinec

Titre original : The Hanging Valley, 1989

Quatrième de couverture :
« Comme il s’approchait de la fleur – un sabot de Vénus, à n’en pas douter -, Neil Fellowes perçut une odeur écoeurante et faillit suffoquer. Des branches obstruaient le passage. Il commença à les dégager mais n’avança pas davantage. Là, sous un camouflage improvisé, se trouvait l’origine de l’odeur : un corps humain… Neil remarqua deux choses : il semblait animé, la chair ondulait littéralement – et il n’avait pas de visage. »
Pour les habitants de Swainshead, un paisible village du Yorkshire, cette macabre découverte ressemblait étrangement au meurtre, jamais élucidé, qui avait, cinq ans plus tôt, plongé la région dans la terreur.
Pour l’inspecteur Banks, les suspects ne manquaient pas – avec une prédilection, toutefois, pour l’amie d’un notable local, qui s’était évanouie dans la nature après le premier meurtre, puis avait refait surface au Canada où elle avait fréquenté la nouvelle victime.
Quelqu’un, dans l’ombre, faisait tout pour brouiller les pistes et ralentir l’enquête.
Crimes passionnels ? Affaire de chantage ? Suicide assisté ?… Cette fois-ci, l’inspecteur Banks n’est pas près de sortir du labyrinthe.
Peter Robinson a créé, avec l’inspecteur Alan Banks, un personnage que l’on a justement comparé à Maigret et qui lui a valu de prestigieuses distinctions, comme l’Anthony Award et le Grand Prix de littérature policière.

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2021)
C’est la quatrième enquête de l’inspecteur Banks. Et tout commence
dans le petit village très rural de Swainshead, avec la découverte d’un cadavre par un randonneur… Or dans ce même petit village, il y a quelques années, un meurtre et une disparition ont déjà eu lieu… Une enquête typiquement anglaise avec, en bonus, un petit tour à Toronto, au Canada.
Une intrigue plutôt bien pensée avec de nombreux rebondissements, de belles descriptions de paysages, des personnages très bien décrits, aux caractères précis et intéressants… Mais également, beaucoup de bières et de cigarettes…

Extrait : (début du livre)
Il éprouvait le sentiment le plus exaltant qui soit. Ses cuisses lui faisaient mal, ses mollets étaient parcourus de tremblements et il respirait à petits coups brefs et saccadés, mais il y était parvenu. Neil Fellowes, petit employé au maigre salaire, originaire de Pontefract, se tenait au sommet de Swainshead Fell.
Non pas que ce fût un exploit comparable à celui de Sir Hilary ; après tout, le mont ne s’élevait qu’à 497 mètres. Mais Neil ne se faisait pas jeune et les collègues de la fabrique de machines-outils Baxwell où il travaillait s’étaient moqués de lui méchamment quand il leur avait dit qu’il partait en vacances dans les Yorkshire Dales pour faire de la randonnée pédestre.
— De la randonnée dans les Fells ? avait interrogé d’un ton railleur Dick Blatchley, l’un des farceurs du service courrier. Tu vas tomber à la renverse avant même de commencer, Neil.
Et là-dessus ils s’étaient tous mis à rire.
Mais à présent, alors qu’il se tenait là, le souffle court, le cœur battant, tels les pistons de son usine actionnés par la vapeur, c’était à son tour de rire. Il remonta ses lunettes cerclées de métal sur l’arête de son nez et essuya la sueur qui les avait fait glisser. Puis il rajusta les sangles de son sac à dos, qui lui sciaient les épaules.
Il gravissait la pente depuis une bonne heure. Rien de bien dangereux. Point de hauteurs abruptes. Rien qui nécessitât un équipement spécial. La randonnée en moyenne montagne était un passe-temps à la portée de tous – un effort exigeant, rien de plus. Et c’était une journée idéale pour la marche. Le soleil apparaissait et disparaissait, dansant entre de gros nuages blancs, et une brise fraîche empêchait la température de monter. Un temps parfait de mois de mai finissant.

Déjà lu du même auteur :

81-pkeXoGWL Le Voyeur du Yorkshire PeterRobinson2 Le Rocher aux corbeaux

Matricule 1139

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