L’évangile des anguilles – Patrik Svensson

Lu en partenariat avec Babelio et Le Seuil

61Kj8pO7iaL Le Seuil – janvier 2021 – 288 pages

traduit du suédois par Anne Gibson

Titre original : Ålevangeliet, 2019

Quatrième de couverture :
 » Quiconque cherche l’origine de quelque chose est aussi à la recherche de sa propre origine. « 
C’est l’une des créatures les plus énigmatiques du règne animal. Omniprésente depuis la nuit des temps (dans toutes les mers du globe, dans la mythologie, la Bible, l’Égypte ancienne, la littérature et d’innombrables cultures de par le monde, du Japon à la Scandinavie en passant par le pays basque), l’anguille ne cesse pourtant de se dérober à notre compréhension. Comment se reproduit-elle ? Pourquoi retourne-t-elle à la fin de son existence à son lieu d’origine, la mer des Sargasses, au large des Bermudes – où nul être humain cependant n’a jamais réussi à la voir ? Aristote croyait qu’elle naissait spontanément de la vase ; Sigmund Freud commença sa carrière en disséquant des centaines d’anguilles afin de dénicher leurs organes reproducteurs – en vain. Et aujourd’hui encore,  » la question de l’anguille  » demeure en grande partie irrésolue.
Patrik Svensson a passé son enfance à pêcher l’anguille, avec son père. La nuit, en silence, pendant des heures, ils attendaient de sentir vibrer le mystère au bout de leur ligne plongée dans les profondeurs des rivières et des lacs. Au point que cet animal, source de fascination autant que d’effroi, est devenu pour lui un totem – le symbole de tout ce qui demeure hors de notre portée, et à quoi pourtant nous accordons notre foi.
En mêlant la grande aventure scientifique, écologique, et le récit intime, L’Évangile des anguilles dévoile un pan de cet autre mystère, que chacun porte en soi : celui de nos propres origines et du sens même de la vie.

Auteur : Patrik Svensson, né en 1972, a grandi dans une petite ville du nord-ouest de la Scanie, dans le sud de la Suède, non loin de ce qu’on appelle souvent  » la côte des anguilles « . Passionné dès son enfance par le monde naturel et animal, il a fait des études de littérature puis est devenu journaliste, spécialisé dans les arts, la culture mais aussi la recherche scientifique. Best-seller traduit dans plus de 30 pays et lauréat du prix August, le  » Goncourt  » suédois, L’Évangile des anguilles est son premier livre.

Mon avis : (lu en janvier 2021)
Ce livre m’a été proposée comme un « roman » et c’est également ce que sous-entend le sous-titre « Histoire d’un père, d’un fils et de la créature la plus mystérieuse du monde animal ». Dans les faits, c’est à la fois un document scientifique, historique et en parallèle un récit intime. En effet, l’auteur raconte ses parties de pêche à l’anguille avec son père, leurs expérimentations et observations mais surtout nous informe sur le mystère qu’a toujours été cet animal. Entre poisson et serpent, l’anguille naît quelque part dans la mer des Sargasses sous forme de larves qui sont transportées par les courants du Gulf Stream et de la dérive nord-atlantique vers les eaux européennes. Elles deviennent alors civelles le long du littoral et dans les estuaires en Europe, ensuite après avoir remonté les rivières elles passent au stade d’anguille jaune pendant de longues années vivant dans les milieux humides, cours d’eaux, mares, fossés. Elle est capable de contourner de nombreux obstacles, et même s’il le faut, de sortir de l’eau. Enfin, c’est le dernier stade avec celui de l’anguille argentée et le moment de faire le chemin inverse, quitter les zones d’eau douce, retrouver la mer et reprendre le long voyage vers les Sargasses…
La vie d’une anguille n’est pas un long fleuve tranquille et il a fallu des siècles et de nombreux chercheurs ou chercheuses pour la comprendre et encore aujourd’hui, il reste des questions en suspens…
M’attendant à lire un roman, j’ai eu un peu de mal à entrer dans ma lecture puis l’intérêt du sujet qui mélange, science, géographie, histoire, philosophie, etc… m’a passionné. Mais en comparaison, les interludes souvenirs d’enfance et de pêches m’ont paru trop courts… car touchants et plus personnels.
Merci à Babelio et Le Seuil pour cette découverte instructive et palpitante.

Extrait : (début du livre)
Or la naissance de l’anguille arrive en cette manière: elle voit le jour dans une partie du nord‑ouest de l’Atlantique appelée mer des Sargasses, qui semble comme faite pour elle, à tout point de vue. Car la mer des Sargasses est moins une entité maritime propre qu’une sorte de mer dans la mer. Difficile de dire où elle commence et où elle finit; elle ne se laisse pas mesurer avec les instruments du monde ordinaire. Située un peu au nord de Cuba et des Bahamas, au large de la côte Est des États‑Unis, elle constitue un espace mouvant. Il en va de la mer des Sargasses comme du rêve, on ne peut pas affirmer avec précision à quel moment on y entre, à quel moment on en sort; on sait seulement qu’on y a été.Cette évanescence tient au fait qu’elle ne possède aucune frontière terrestre; seuls quatre grands courants océaniques la délimitent. À l’ouest, le Gulf Stream nourricier ; au nord, la branche qu’on appelle la dérive nord‑atlantique; à l’est, le courant des Canaries et au sud, le courant nord‑équatorial. Vaste de cinq millions de kilomètres carrés, la mer des Sargasses se déplace tel un tourbillon lent et chaud à l’intérieur du cercle fermé de ces courants. Ce qui entre ici n’en sort pas si facilement.
L’eau y est limpide, d’un bleu profond. Elle atteint par endroits sept mille mètres de profondeur. La surface est couverte de gigantesques nappes d’algues brunes et collantes appelées Sargassum, ou algues sargasses, d’où son nom. Leurs sarments épais forment des tapisseries longues de plusieurs kilomètres qui couvrent la surface de l’eau et protègent une infinité de créatures: petits invertébrés, pois‑sons, méduses, tortues, crevettes et crabes. Les profondeurs abritent d’autres formes de végétation. Une vie grouillante dans le noir, comme une forêt la nuit.C’est ici l’origine de Anguilla anguilla, l’anguille européenne. Ici que les femelles et les mâles ayant atteint la maturité sexuelle viennent frayer au printemps. Ici que prend forme, à l’abri de l’obscurité profonde, une larve à la tête ridiculement petite et aux yeux mal développés. On l’appelle larve leptocéphale; son corps est long de quelques millimètres à peine et présente la forme d’une minuscule feuille de saule. Tel est le premier stade de l’anguille.
La feuille de saule translucide commence aussitôt son voyage. Portée par le Gulf Stream, elle dérive sur des milliers de kilomètres à travers l’Atlantique en direction des côtes européennes. Cette pérégrination peut prendre jusqu’à trois ans; pendant ce temps, la larve enfle comme une bulle, millimètre par millimètre, et lorsqu’enfin elle atteint les rivages de l’Europe, elle subit sa première métamorphose, se transforme en alevin ou «civelle». Tel est le deuxième stade de l’anguille.À l’image de leur précédente incarnation en forme de feuille, ces civelles sont minces, sinueuses et translucides, comme si la couleur pas plus que le péché n’avait encore trouvé place dans leur corps pâle. Longues de six ou sept centimètres, elles ressemblent, écrivait l’auteure et biologiste marine Rachel Carson, à « de minces tiges de verre, moins longues qu’un doigt ». En anglais on les appelle d’ailleurs glass eels, « anguilles de verre ». Elles sont fragiles, sans défense, et passent pour un mets délicat, notamment au Pays basque.

Petit Bac 2021
(1) Objet

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Suède

Challenge Voisins Voisines 2021 – Billet récapitulatif

C’est parti !

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Présentation dans le billet Bientôt Challenge Voisins Voisines 2021 (inscription) !

Quelques précisions supplémentaires :

Voici une liste des pays d’Europe (cf. Wikipedia) moins la France :

Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, 
Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, RoumanieRoyaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Vatican.

Participants inscrits pour 2021 :

Aproposdelivres , Eimelle , Eve-Yeshé , LydiaB , Manika , Noctenbule , Passion Culture , PatiVore , Pipelette liseuse , Sharon, Ungraindesableoudese

C’est en commentaire de ce billet que vous pouvez déposer
les liens de vos lectures en précisant le PAYS, TITRE et AUTEUR.

Pour s’inscrire, il est préférable de le faire sur le billet
Bientôt Challenge Voisins Voisines 2021 (inscription) !

Merci et bonnes lectures européennes à tous !

***

Billet récapitulatif 2021

(mise à jour du 16/01/2021)

Espagne

Derrière les portes du café des chats de Anna Solyom, Eimelle

Roumanie

Igor Bergler – La bible perdue, Eve-Yeshé

Royaume-Uni

Le Proscrit – Sadie Jones, LydiaB

Suède

Les nouveaux prophètes – Asa Larsson, Pipelette liseuse
L’évangile des anguilles – Patrik Svensson, Aproposdelivres

Un amour infaillible – Anne B. Ragde

Fleuve éditions – novembre 2018 – 360 pages
10×18 – juin 2020 – 408 pages

traduit du norvégien par Hélène Hervieu

Titre original : Liebhaberne, 2017

Quatrième de couverture :
Après une vie mouvementée, Tormod Neshov, le patriarche de la famille, coule enfin des jours paisibles dans sa maison de retraite. Plus rien ne l’empêche désormais de baigner dans les souvenirs de son premier amour, une histoire qu’il a dû nier toute sa vie et que pourtant il n’a jamais oubliée. Pour rien au monde il ne souhaite donc retourner à la ferme où règne dorénavant sa petite-fille Torunn. Bien décidée à honorer désormais son héritage et à remettre l’exploitation en état, elle s’investit aussi dans l’entreprise de son oncle Margido, lequel, après des années de solitude, commence enfin à s’ouvrir au monde. Erlend, de son côté, a pris un congé à son travail pour garder un oeil sur la rénovation de la villa de Klampenborg. Tout pourrait être parfait… si son compagnon Krumme n’était pas d’une humeur de chien à cause de son nouveau régime. Comme souvent, c’est lorsqu’on pense que la vie est un long fleuve tranquille que de nouveaux événements viennent tout faire basculer.

Auteur : Anne B. Ragde a tout d’abord été professeur de communication à l’université de Trondheim. Ses débuts en littérature datent de 1986 avec un livre pour enfants intitulé Hallo! Her er Jo (Bonjour, voici Jo !). Depuis lors, elle a écrit plusieurs livres pour enfants et adolescents, et parmi eux une biographie de Sigrid Undset, pour laquelle elle a reçu le Prix Brage. Son premier roman destiné aux adultes, En tiger for en engel (Un tigre pour un ange), a été publié en 1990. Elle a écrit plusieurs romans, des thrillers et des recueils de nouvelles. Son roman La Terre des mensonges a reçu un accueil très chaleureux des lecteurs et des critiques, en Norvège comme en France ; le livre a par ailleurs été traduit en plus de 20 langues. Avec La Ferme des Neshov (prix des libraires de Norvège en 2005) et L’Héritage impossible, cette trilogie a rencontré un vif succès et a fait l’objet d’une adaptation télévisuelle, suivie par plus d’un million de téléspectateurs norvégiens.

Mon avis : (lu en décembre 2020)
C’est le cinquième roman de la série de la famille Neshov. Margido est toujours à la tête de son entreprise de pompes funèbres et sa nièce Torunn l’aide maintenant. Cette dernière a entrepris la rénovation de la ferme dont elle est devenue la seule propriétaire. Torunn y vit seule avec Anna, sa jeune chienne husky pleine de vie et pleine de poils…
Tormod, le patriarche, est maintenant heureux dans la maison de retraite, le personnel est aux petits soins avec lui et Torunn et Margido viennent souvent le voir et sont attentifs à son confort. Erlend vit toujours exilés au Danemark avec Krumme, ils ont maintenant trois enfants, Ellen, Leon et Nora, dont ils partagent la garde avec les mamans. Erlend s’occupe des travaux de rénovations de la villa où ils pourront tous vivre ensemble.
Un roman au rythme lent, plein d’humanité et de nostalgie avec une conclusion inattendue qui annonce une suite à cette saga.

Extrait : (début du livre)
Au moment où la musique commença à résonner dans la pièce, Margido releva la tête et son regard s’échappa vers la fenêtre de son bureau. La mélodie et le texte étaient d’une telle beauté que cela le prit tout à fait au dépourvu. Un long moment, pendant qu’il relisait le programme du déroulement des obsèques et vérifiait une troisième fois les dates au cas où il aurait laissé passer une erreur, il n’avait prêté qu’une oreille distraite à ce que disaient de jeunes hommes dans un studio de radio en parlant tous en même temps de la manière dont ils avaient travaillé pour sortir leur premier album.
En dehors de la nef de l’église ou de la salle de cérémonie, la musique n’occupait pas une grande place dans sa vie, il n’avait même pas de chaîne hifi chez lui. Mais la radio était souvent allumée avec le son assez bas quand il était seul au bureau. Il adorait les beaux psaumes et il était presque toujours ému par la musique que les proches choisissaient pour les funérailles. Il y était question de perte, de chagrin, de la vie telle qu’elle avait été vécue jusqu’à l’instant où la mort avait pris le relais.
Il fut frappé par la pensée qu’il n’y avait pas au fond une énorme distance entre la grande beauté et le chagrin. Car la musique qu’il écoutait maintenant, alors qu’il s’était attendu à de la musique de jeunes qui cassait les oreilles, était d’une beauté indicible, et elle lui procura une grande joie parce qu’il était joyeux au départ. Tandis qu’il y avait peut-être une autre personne quelque part qui écoutait la même musique, une personne plongée dans une si grande douleur que la mélodie et les mots étaient trop difficiles à supporter. Il pouvait rester ici à regarder par la fenêtre et s’adresser un petit sourire de connivence, cependant que l’autre personne voyait sa plaie se rouvrir en grand et était malheureusement obligée d’éteindre la radio pour ne pas en entendre davantage. Étrange, pensa-t-il, à l’image de la vie elle-même, tout aussi imprévisible.

Déjà lu du même auteur :

la_terre_des_mensonges La Terre des mensonges   la_ferme_des_Neshov La Ferme des Neshov
l_h_ritage_impossible L’héritage impossible  zona_frigida  Zona frigida
un_jour_glac_ Un jour glacé en enfer la_Tour_d_arsenic La Tour d’arsenic
117480780 L’Espoir des Neshov

Petit bac 2020a
(8) Amour

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Norvège

Speak – Emily Carroll, Laurie Halse Anderson

81xuBk6iznL Rue de Sèvres – janvier 2019 – 376 pages

Quatrième de couverture :
« J’aimerais faire un vœux mais je ne sais pas lequel… J’essaie de ravaler la boule que j’ai dans la gorge. Je pourrais leur raconter ce qui est arrivé. Comment réagiraient-ils ?  » Melinda a 15 ans. Ce soir d’été, au beau milieu d’une fête, la jeune fille est victime d’un drame. Elle appelle la police. Personne ne saura jamais pourquoi elle a lancé cet appel, ni ce qu’il lui est arrivé cette nuit-là. Tout simplement parce que Melinda, murée dans son silence, ne parvient pas l’exprimer…

Auteurs : Emily Carroll, auteur et illustratrice de bande dessinée, elle est également créatrice de plusieurs web comics à succès. Elle a reçu deux prix Eisner en 2015 et vit à Stratford dans l’Ontario.
Laurie Halse Anderson, son roman Speak, vendu à plusieurs millions d’exemplaires, est traduit dans trente pays. Elle a reçu le Margaret Edwards Award en 2009, attribué par ]’American Library Association. Elle vit aujourd’hui en Pennsylvanie.

Mon avis : (lu en octobre 2020)
Ce roman graphique est l’ada
ptation du roman de Laurie Halse Anderson. Cela raconte une année scolaire au lycée vue à travers les yeux d’une élève de seconde. Tout y est décrit avec beaucoup d’intelligence et une grande justesse.
L’entrée scolaire en seconde est difficile pour Mélinda, elle est mise de côté par ses anciennes amies, harcelée par d’autres élèves. Petit à petit, elle se mure dans le silence et s’isole, à l’école comme chez elle. Ses parents ne comprennent ni son attitude, ni ses mauvaises notes… Au fil des pages, le lecteur devient comme un confident pour Mélinda, il découvre le drame qu’elle a subit, le malaise et traumatisme dans lesquels elle est plongée…
Un récit profondément humain, crédible et bouleversant.

Extrait : (début de la BD)

 

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L’Aube à Birkenau – Simone Veil et David Teboul

71ZOkOsTjVL Les Arènes – novembre 2019 – 281 pages

Quatrième de couverture :
« La guerre avait fauché une génération. Nous étions effondrés. Mon oncle et ma tante avaient beau être médecins, ils ne possédaient plus rien. Leur clientèle avait disparu. Leur maison avait été pillée. Leurs économies avaient fondu. Le lendemain de mon arrivée à Paris, comme ils n’avaient ni argent ni vêtements à m’offrir, c’est une voisine qui m’a secourue avec une robe et des sous-vêtements. Il régnait dans la maison une atmosphère de désolation.
Il n’y avait plus le moindre meuble. Les miroirs avaient été volés, à part ceux qui étaient scellés aux murs et que les pillards n’avaient pas pu emporter.
Je faisais ma toilette matinale devant un miroir brisé par une balle. Mon image y apparaissait fissurée, fragmentée. J’y voyais un symbole.
Nous n’avions rien à quoi nous raccrocher. Ma sœur Milou était gravement malade, mon oncle et ma tante avaient perdu le goût de vivre.
Nous faisions semblant de vouloir continuer. »

Auteurs : David Teboul est cinéaste, photographe et vidéaste. Il a réalisé des installations, plusieurs documentaires dont Yves Saint Laurent 5, avenue Marceau 75116 Paris, devenu également un livre en 2002, et Mon amour, tourné en Sibérie, qui sortira au cinéma en 2020
Simone Veil est née en 1927 à Nice. Elle a seize ans en mars 1944 quand elle est arrêtée et déportée à Auschwitz-Birkenau. Magistrate, elle devient, en 1974, ministre de la Santé et fait voter « la loi Veil » qui libéralise l’avortement. En 1979, elle devient la première femme Président du Parlement européen. En 2004, présidente de la fondation pour la Mémoire de la Shoah, elle publie son autobiographie Une vie. Membre du Conseil constitutionnel, elle est élue à l’Académie française en 2008. En 2010, elle est « la personnalité préférée des Français », selon un sondage IFOP. En 2017, elle meurt à quatre-vingt-dix ans et reçoit un hommage solennel aux Invalides. Elle entre en Panthéon avec son mari en 2018, un an après sa mort. C’est la quatrième femme à recevoir cet « honneur solennel de la nation ». Plusieurs dizaines d’écoles portent son nom.

Mon avis : (lu en octobre 2020)
David Teboul avait 12 ans lorsqu’il a vu Simone Veil pour la première fois à la télévision, le 06/01/1979, aux « Dossiers de l’écran ». Le petit garçon, qu’il était et qui devait cacher aux autres qu’il était Juif, comprend ce jour là qu’il est pleinement français. David a la conviction que quand il sera grand, il rencontrera Simone Veil pour de vrai.
A trente ans, David, devenu  cinéaste et photographe, tente, non sans difficulté, de rencontrer Simone Veil. Il finit par obtenir un rendez-vous de 10 minutes. La rencontre durera près de 3 heures et Simone Veil lui accordera d’autres longs entretiens. David accompagnera aussi Simone Veil lors d’un voyage à Auschwitz.
Ce très beau livre a été conçu à partir des conversations enregistrées et filmées par David Treboul.
David a été également le témoin de conversations, entre Simone et Denise, sa grande sœur, entre Simone et Marceline Loridan-Ivens, sa copine de déportation, entre Simone et Paul Schaffer, compagnon du kommando de Bobrek.
De nombreuses photos sont présentes de ce bel ouvrage, des photos de famille, des photos prises par David lors de leur voyage à Birkenau.
Un livre touchant, des entretiens pleins de sincérité, de simplicité

Extrait : (début du livre)
Dans ma famille, nous étions juifs, patriotes, républicains et laïques. Les deux branches, celle des Jacob, du côté de mon père, et celle des Steinmetz, du côté de ma mère, vivaient dans cet esprit depuis plusieurs générations.
La famille de mon père venait d’Alsace et de Lorraine.
Du côté alsacien, elle appartenait à une bourgeoisie instruite et aisée où l’on trouvait notamment des médecins. Sur l’histoire de cette branche paternelle, peu de choses me sont parvenues. Elle faisait partie de la communauté juive de Strasbourg tout en étant, depuis plusieurs générations, détachée de la pratique religieuse. Son arbre généalogique ne s’étend que sur un siècle et demi. J’ai cependant conservé deux miniatures de qualité qui viennent de cette famille Netter. Ces portraits témoignent d’un certain statut social.
L’autre branche de la famille paternelle était issue de Lorraine, plus précisément des environs de Metz. Son histoire nous est mieux connue. Il y a quelques années, mon mari, mes enfants et moi avons retrouvé une tombe de famille qui remonte à 1760 ou 1770. Un seul membre de l’ancienne communauté juive, un centenaire en pleine forme, subsistait dans ce village. Il veillait sur ces belles tombes anciennes. Le cimetière était intact et bien entretenu. La disparition de cette communauté m’a semblé d’autant plus triste.
Les deux branches paternelles ont commencé à quitter l’Alsace et la Lorraine au moment de la guerre de 1870, peut-être avant. Dès 1900, mon grand-père paternel travaillait à Paris, comme comptable à la Compagnie du gaz. Il semble qu’il ait eu d’autres ambitions. Il vivait avenue Trudaine, dans le IXe arrondissement. Mon père y est né. Le hasard a voulu qu’à dix ans d’intervalle ma mère y naisse aussi.
Pour les Jacob, la laïcité était la règle depuis des générations. Dans son testament, mon grand-père paternel avait précisé qu’il ne souhaitait pas d’enterrement religieux. Mon père était farouchement attaché à ces principes. La pratique religieuse ne tenait aucune place dans sa vie. Un jour, une cousine italienne m’a emmenée à la synagogue, ce fut d’ailleurs ma seule visite à la synagogue avant la guerre. Mon père a manifesté son mécontentement. Il a demandé à cette cousine de ne pas chercher à influencer ses enfants. Seuls comptaient à ses yeux l’humanisme, les valeurs morales, l’art et la littérature. Il avait étudié aux Beaux-Arts avant la Première Guerre mondiale, en section d’architecture, et y avait obtenu la deuxième place au grand prix de Rome. À ses yeux, l’architecture relevait des Beaux-Arts, c’était une profession noble.

Zap Collège, tome 1 : Premières Classes – Tehem

Glénat – janvier 2002 – 48 pages

Quatrième de couverture :
A l’âge de l’adolescence, tout est permis, tout est possible, tous les rêves sont encore à réaliser. Les « années collège » sont celles où l’on forge son caractère, où l’on va à la rencontre des autres et où l’on essaie doucement de devenir adulte.Les ados sont à l’écoute du monde, ont soif de découverte, et c’est parce qu’ils font leur apprentissage de la vie qu’ils sont si attentifs à ce qui les entoure.C’est le cas des quatre héros de Zap Collège, Ecoline, Hayat, Jean-Eudes et Victor, tous aussi différents que complémentaires, chacun avec leur personnalité bien à eux.Zap Collège parvient, avec beaucoup d’humour, à saisir la richesse et la complexité de l’adolescence, en accompagnant ces quatre ados dans les coup s durs comme dans les fous rires.

Auteur : Tehem, né en 1969 dans la région parisienne de parents réunionnais, rejoint l’île de la Réunion à l’âge de cinq ans. Revenu en France, il suit des études artistiques, puis devient professeur d’Arts Plastiques en France, puis à la Réunion. Il collabore au magazine de BD local, Le Cri du Margouillat, où il campe Tiburce, dont les albums sont édités avec succès par le Centre du Monde. En 1998, il crée Malika Secouss dans Tchô!, puis Zap Collège  (Alph-Art du Meilleur Album Jeunesse 9-12 ans en 2003) dans Okapi, deux séries qui font rapidement l’unanimité auprès de leurs lecteurs. Il aborde le scénario en 2007 avec le lancement de Root, dessiné par Xavier, publié de nouveau dans Tchô!. Renouant avec ses racines réunionnaises, il publie en 2010 aux éditions Des Bulles dans l’Océan un roman graphique aux accents autobiographiques: Quartier Western.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
J’ai emprunté cette BD jeunesse à la Bibliothèque en souvenir de la série Malika Secouss du même auteur et lu avant d’avoir un blog…
Les principaux personnages de la série sont Jean-Eudes, Ecoline, Hayat et Victor, quatre collégiens très différents avec une personnalité bien à eux.
Imaginatifs, inventifs, ils ne sont pas les derniers pour faire des bêtises et mettre l’ambiance dans le collège…
Sympathique à lire mais j’ai un meilleur souvenir de Malika Secouss qu’il faudrait que je relise…

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Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery

 Québec Amérique – avril 2007 – 330 pages

traduit de l’anglais par Hélène Rioux

Titre original : Anna of Avonlea, 1996

Quatrième de couverture :
Quand Matthew Cuthbert, son père adoptif, meurt subitement, Anne renonce à ses études et choisit de rester aux Pignons verts, aux côtés de Marilla. C’est ainsi qu’à seize ans et demi, elle se retrouve institutrice à l’école d’Avonlea. Au cours des deux années qui suivent, Anne se dévoue corps et âme à l’enseignement, et fait partager ses connaissances aux enfants avec la fougue et la passion qui la caractérisent. Et quand les jumeaux Dora et Davy, orphelins eux aussi, arrivent aux Pignons verts, Anne et Marilla voient leur belle sérénité s’évanouir, car les deux garnements vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Anne d’Avonlea, c’est le portrait inoubliable d’une jeune fille du début du siècle, impétueuse et espiègle, d’une charmante naïveté, convaincue qu’un jour elle parviendra à changer le monde.

Auteur : Lucy Maud Montgomery est une romancière canadienne de nouvelles et romans pour la jeunesse se déroulant généralement sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada, dont le plus célèbre est Anne… la maison aux pignons verts.
Elle suit une formation à Charlottetown pour devenir enseignante et, de 1895 à 1896, elle étudie la littérature à l’Université Dalhousie à Halifax, Nouvelle-Écosse. À dix-sept ans, elle rédige pour les journaux locaux d’Halifax, Chronicle et Echo. Peu après, elle rejoint son père en Saskatchewan pendant un moment et retourne finalement sur l’île-du-Prince-Édouard. Elle connaît un succès international avec Anne… la maison aux pignons verts, paru en 1908, et qui a été traduit en seize langues. De ce roman qui s’adresse à toute la famille, ont été tirées plusieurs adaptations audiovisuelles. Celles-ci, très populaires dans le monde anglo-saxon, ont permis à Montgomery d’écrire d’autres livres sans soucis financiers.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
C’est le tome 2 de la série « Anne, la maison aux pignons verts ».

Après le décès Matthew Cuthbert, Anne décide de rester à Avonlea, sur l’Île-du-Prince-Édouard, pour ne pas laisser Marilla seule. A seize ans, Anne est donc devenue la maîtresse de l’école du village. Elle est toujours pétillante, pleine d’entrain et d’idées pour aider les autres. Son imagination est toujours immense et la nature autour d’elle lui évoque des sentiments pleins de poésie… Bientôt deux jumeaux orphelins arrivent aux Pignons Verts, Dora et Davy sont âgés de sept ans et leur éducation va bien occuper Marilla et Anne. Si Dora est une petite fille sage, obéissante, Davy est plein d’imagination pour faire des bêtises et il a toujours mille questions à poser…
J’ai lu avec beaucoup de plaisir ce tome 2 des aventures d’Anne où le lecteur va faire connaissance avec de nouveaux personnages comme Monsieur Harrison, Paul Irving ou Miss Lavander… L’ambiance est bienveillante et il y a également quelques situations qui m’ont bien fait rire. Et bien sûr, je continuerai à découvrir la série !

Extrait : (début du livre)
Par un chaud après-midi du mois d’août, une grande et mince jeune fille de seize ans et demi, aux yeux gris sérieux et aux cheveux que ses amis qualifiaient d’auburn, était assise sur le large seuil de grès rouge d’une ferme de l’Île-du-Prince-Édouard, déterminée à analyser un passage d’un livre de Virgile.
Mais un après-midi du mois d’août, alors que des vapeurs bleues serpentent dans les champs en pente, que des brises chuchotent comme des elfes dans les peupliers et que, dans un coin de la cerisaie, des coquelicots improvisent un ballet flamboyant contre un taillis sombre de jeunes sapins, n’est-il pas plus propice à la rêverie qu’à l’étude des langues mortes ? Le Virgile glissa bientôt sur le sol sans qu’Anne y prête attention ; le menton posé sur ses mains jointes et le regard fixé sur la masse de floconneux nuages s’amoncelant en une montagne blanche juste au-dessus de la maison de M. Harrison, elle était rendue très loin, dans un monde délicieux où une certaine institutrice accomplissait un travail magnifique, formant la destinée de futurs hommes d’État et insufflant dans le cœur et l’esprit des jeunes des idéaux nobles et élevés.
Bien sûr, si on regardait les choses en face et, il faut bien l’avouer, Anne ne s’y résolvait que lorsqu’elle y était contrainte, il semblait peu probable que beaucoup de célébrités émergent de l’école d’Avonlea ; mais on ne sait jamais ce qui peut se produire lorsqu’une institutrice exerce une influence salutaire. Anne était convaincue qu’un professeur peut accomplir de grandes choses à condition de prendre les bons moyens pour y parvenir ; elle se trouvait donc au beau milieu d’une scène idyllique, quarante années plus tard, avec un personnage célèbre – Anne ne savait pas encore exactement ce qui ferait sa renommée, mais elle se disait qu’un recteur d’université ou un premier ministre du Canada serait tout à fait approprié – s’inclinant sur sa main ridée et l’assurant que c’était à elle, en premier lieu, qu’il devait son ambition et que toute la réussite de sa vie reposait sur les leçons qu’elle lui avait inculquées jadis, à l’école d’Avonlea. Cette vision enchanteresse fut soudain interrompue de façon très désagréable.

Déjà lu du même auteur :
anne-la-maison-aux-pignons-verts-lucy-maud-montgomery Anne… La Maison aux pignons verts

 

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Balade à Toronto – Jean Leloup 
Un livre d’un auteur canadien, mais pas québécois

 


L’Inconnu de la forêt – Harlan Coben

Lu dans le cadre d’une opération Masse Critique privilégiée

71xmbEVC4sL Belfond – octobre 2020 – 432 pages

Quatrième de couverture :
WILDE.
SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.
Il a grandi dans les bois. Seul.
Aujourd’hui, c’est un enquêteur aux méthodes très spéciales.
VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.
Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu.
Le seul à pouvoir les délivrer d’un chantage cruel. D’un piège aux ramifications inimaginables.
Mais ne le perdez pas de vue.
CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

Auteur : Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants. Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public. Il est le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États- Unis. Après Ne le dis à personne… (2002) – Prix des lectrices de Elle et adapté au cinéma par Guillaume Canet

Mon avis : (lu en novembre 2020)
J’ai reçu ce nouveau roman dans le cadre d’une opération Masse Critique privilégiée autour de Harlan Coben. En échange de ce livre, je dois faire ma critique sous la forme d’une lettre adressée à un.e ami.e ou un.e proche à qui le roman pourrait plaire et ainsi participer à un concours. Qui choisir ? Mes amies du Café Lecture de la Bibliothèque avec qui nous avions l’habitude de nous réunir chaque mois depuis de nombreuses années… Mais c’était avant !

Bonjour à toutes,
J’espère que vous allez toutes bien pour vous et vos proches. Je m’adresse à vous dans le cadre d’un concours pour vous parler du dernier livre d’Harlan Coben, L’inconnu de la forêt dont je trouve la couverture très réussie.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Harlan Coben.
Tout commence en 1986, avec un enfant sauvage trouvé dans la forêt. Personne ne sait d’où il vient, ni comment, ni combien de temps il a survécu seul dans la forêt livré à lui même. C’est lui « L’inconnu de la forêt » qui sera nommé Wilde.
Puis le lecteur se retrouve au printemps 2020 (un printemps sans virus qui menace la planète, sans confinement…) Au lycée, Naomi est harcelée par une bande d’adolescents. La disparition soudaine de la jeune fille inquiète l’un de ses camarades, Matthew. Ce dernier demande à sa grand-mère, Hester Crimstein, avocate pénaliste médiatique de soixante-dix ans, de faire quelque chose. Hester fait donc appel à Wilde. Car devenu adulte, ce dernier a fait une carrière dans les services secrets de l’armée puis il est devenu détective privé.
L’intrigue est construite avec du rythme, de nombreux rebondissements, de multiples pistes pour maintenir le lecteur en haleine. Pourtant, l’enquête va aussi dans tous les sens avec une adolescente harcelée qui fugue, un candidat controversé à la présidence des États-Unis, l’enlèvement d’un enfant pour faire chanter sa famille, un ancien meurtre, un innocent en prison… Et pour ma part, j’ai été perturbée par ce tourbillon d’intrigues.
Sinon, j’ai particulièrement aimé deux personnages de cette histoire.
Tout d’abord, Wilde est le plus intéressant de ce thriller. Il est resté un peu sauvage, vit toujours en forêt, dans une écocapsule hyperconnectée qu’il déplace régulièrement pour garder sa tranquillité… Son passé dans l’armée, sa connaissance de la forêt et ses talents de pisteur font de lui quelqu’un de fascinant.
Hester Crimstein est également un personnage attachant, elle a son franc-parler, professionnellement, elle est déterminée mais personnellement elle dévoile quelques fragilités…
S’il y a une suite, je me laisserai tenter à la lire rien que pour retrouver ces deux là !
Voilà ma présentation assez succincte pour ne rien divulgâcher et qui vous aura peut-être donné envie de découvrir ce roman policier.
En vous souhaitant le meilleur pour les jours à venir et en espérant pouvoir rapidement nous retrouver lors d’un Café Lecture.

Extrait : (début du livre)
Extrait de la North Jersey Gazette
18 avril 1986


UN « ENFANT SAUVAGE » À L’ABANDON
TROUVÉ DANS LA FORÊT
Immense mystère autour de la découverte d’un « Mowgli vivant »

Westville, New Jersey. Voici l’une des affaires les plus étranges de l’histoire récente de notre petite ville : un jeune garçon dépenaillé, d’environ six à huit ans, a été découvert vivant seul dans la forêt domaniale des monts Ramapo, près de l’agglomération de Westville. Plus étrange encore, les autorités ignorent qui est ce garçon et depuis combien de temps il vivait ici.
« On dirait Mowgli du Livre de la jungle », a déclaré Oren Carmichael, chef adjoint de la police de Westville.
L’enfant – qui comprend et parle notre langue, même s’il ne connaît pas son nom – a d’abord été aperçu par Don et Leslie Katz, deux randonneurs de Clifton, New Jersey. « On était en train de ranger notre pique-nique quand on a entendu un bruissement dans les fourrés, raconte M. Katz. J’ai eu peur que ce ne soit un ours, puis nous l’avons vu détaler, aussi clairement que je vous vois. »
Les gardes forestiers accompagnés de la police municipale ont retrouvé le garçon, maigre et vêtu de guenilles, dans un abri improvisé trois heures plus tard. « Pour l’instant, nous ne savons pas combien de temps il a passé dans la forêt ni même comment il est arrivé là, explique le chef du district forestier de New Jersey, Tony Aurigemma. Il ne se souvient ni de ses parents ni d’aucune figure adulte. Nous avons contacté d’autres représentants des forces de l’ordre mais, jusqu’ici, il n’y a eu aucune disparition d’enfant correspondant à son âge et à son signalement. »

Déjà lu du même auteur :

Ne_le_dis___personne_ Ne le dis à personne sans_un_mot Sans un mot 
sans_laisser_d_adresse Sans laisser d’adresse innocent Innocent
sans_un_adieu Sans un adieu faute_de_preuves Faute de preuves
rem_de_mortel
 
Remède mortel a_decouvert A découvert 

ne_t_eloigne Ne t’éloigne pas 99722410 Six ans déjà

Simone Veil ou la force d’une femme – Annick Cojean, Xavier Bétaucourt et Étienne Oburie

61dg4g+G-kL Steinkis – mai 2020 – 112 pages

Quatrième de couverture :
Annick Cojean est grand reporter au Monde.
Au fil de sa carrière, elle a croisé Simone Veil à plusieurs reprises. Au fil de leurs rencontres, une relation singulière s’est installée entre Simone Veil et la journaliste.
Une relation de femmes au-delà des fonctions.
Un portrait subjectif, délicat et parfois surprenant de la femme au-delà de l’héroïne.

Auteurs : Annick Cojean est une journaliste française, grand reporter au journal Le Monde où elle est entrée en octobre 1981, auteur de plusieurs livres (Les proies, Je ne serais pas arrivée là si… 27 femmes racontent), directrice et présentatrice des collections Empreintes et Duels sur France 5. Elle a reçu le Prix Albert-Londres, en 1996, pour un ensemble de cinq reportages consacrés aux Mémoires de la Shoah
Elle préside le jury du prix Albert-Londres depuis 2010. Elle réside à Paris.
Xavier Bétaucourt commence sa carrière en tant que journaliste. C’est dans ce cadre qu’il découvre le conflit de Métaleurop, un enjeu qui le touche particulièrement et qui l’amènera à la bande dessinée avec Noir métal (2006). Il publiera par la suite de nombreuses autres BD : Le chineur (2010), Firewall 2012), Le grand A (2016), Trop vieux pour toi (2016), Quelques jours à vivre (2017), One, two, three, four Ramones (2017), Pyrmadie de Ponzi (2018). Il réside à coté de Bourges.
Diplômé des Beaux-Arts d’Épinal puis d’Angoulême, Étienne Oburie travaille à l’atelier du Marquis à Angoulême. Il a participé à l’album collectif Les Années noires, ainsi que carnet d’artistes Sur le vif. En 2018, il signe avec La Mort aux yeux de cristal son premier album de bande dessinée. Il réside à Angoulême.

Mon avis : (lu en octobre 2020)
La journaliste et grand reporter Annick Cojean a eu le privilège de rencontrer à plusieurs reprises Simone Veil et surtout, au cours de ces différentes rencontres, de nouer un lien de confiance particulier. Elle l’a notamment accompagnée en 1995 pour le 50ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.
C’est donc au travers du regard d’Annick Cojean plein de pudeur et de délicatesse que le lecteur découvre la vie de Simone Veil : son enfance, son adoration pour sa mère, sa déportation dans les camps avec sa mère et sa sœur Milou, son engagement pour la cause des femmes, sa vie de famille, son combat pour la loi sur l’IVG,  son parcours politique en France et en Europe…
Le lecteur découvre une Simone Veil plus intimiste, elle se révèle une femme sensible, sympathique, pleine d’humanité et d’humour qui se ressource au sein de sa famille, mari, enfants, petits-enfants…
Les illustrations de cette bande dessinée, faites par Étienne Oburie, sont très réussies. Des teintes délicates : couleur sépia pour le présent et en noir et blanc quand Simone Veil et Annick Cojean évoquent le passé.
Une bande dessinée  passionnante et instructive qui rend un bel hommage à cette grande dame qu’est Simone Veil.

Extrait :

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