{ Je chemine avec… } Nancy Huston

Lu en partenariat avec les éditions Seuil et Babelio

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Entretiens menés par Sophie Lhuillier

146127_couverture_Hres_0 Seuil – septembre 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
« Je pourrais naturellement dire “je suis écrivaine”, ou “canadienne”, ou “française” ou “femme”, ou “vieille femme”, “du XXe siècle”, “athée”, je peux dégoter plein d’adjectifs ou de substantifs qui correspondent à ce que les gens considèrent comme une “identité”, mais je suis quelqu’un de très circonspect à l’égard de l’Identité. Alors j’aime répondre : “je suis mon chemin”, à la fois suivre et être, bien sûr. En fait nous sommes tous notre chemin, bien plus que nous ne le croyons ! Il se trouve que le mien a été multiple, avec des bifurcations, des tournants, des zigzags et des imprévus ; il m’a menée dans des endroits très différents. Par conséquent je suis plusieurs, et quand on est plusieurs ça ajoute un “mais” à toutes les identités. »
Nancy Huston ne serait peut-être jamais devenue l’écrivaine prolifique que nous connaissons si elle n’avait pas vécu ce « cadeau en mal » de la vie, à 6 ans, lorsque sa mère a quitté le foyer en laissant derrière elle ses trois enfants. À dater de cette rupture, la petite Nancy s’est réfugiée dans la compagnie de voix que l’on retrouve dans les personnages de ses romans. Née au Canada, elle s’installe en France à l’âge de 20 ans, côtoie de grands intellectuels et publie ses premiers textes dans les revues féministes des années 1970, avant de s’ouvrir à toutes formes d’écriture : romans et essais, théâtre et livres jeunesse. Régulièrement primés, ses livres explorent avec finesse l’exil, la famille, le nihilisme, l’identité multiple et, surtout, les liens complexes qui unissent drames intimes et grande histoire.

Auteur : Née à Calgary au Canada, elle s’installe en France lors de ses études, où elle côtoie rapidement les intellectuels, dont Roland Barthes (qui supervise son mémoire sur les jurons à l’EHESS) et Tzvetan Todorov (à qui elle sera mariée pendant plus de trente ans). Elle collabore avec bonheur et frénésie aux revues féministes des années 1970, publie un premier essai avant-gardiste, Jouer au papa et à l’amant, en 1979, avant de devenir romancière. Régulièrement primés, ses romans explorent les liens unissant histoires individuelles et grande histoire, notamment les drames transmis entre générations.

Mon avis : (lu en septembre 2021)
Fin août, j’ai accepté de recevoir 3 livres de la nouvelle collection { Je chemine avec… }, c’est l’occasion de découvrir des parcours de vie de personnalités très variées afin d’inspirer au plus grand nombre de jeunes ou de moins jeunes l’envie de croire à son avenir.
Voici le premier livre autour de la femme de lettre franco-canadienne Nancy Huston. J’ai eu l’occasion de la rencontrer lors d’un salon du livre et de lire son roman
Lignes de faille et L’empreinte de l’ange.
Ce livre m’a permis de mieux connaître Nancy Huston et de comprendre pourquoi elle est devenue écrivain. Elle revient sur son enfance à Calgary au Canada, avec le départ de sa maman alors que Nancy avait six ans. Ensuite, le lecteur découvre son « parcours sinueux » avec ses études aux États-Unis, puis son année d’études en France et finalement son installation à Paris. Elle est très tôt
féministe puis poussée par ses enfants elle s’intéresse à l’écologie. Durant toute sa vie, Nancy Huston aura été une humaniste.
Pour ses romans, elle utilise la technique de double écriture : elle écrit en français ou en anglais puis traduit son manuscrit dans l’autre langue pour corriger l’original. Ses essais et articles sont écrits uniquement en français.
Un petit livre très intéressant et plutôt facile à lire.
Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour cette découverte (multipliée par 3, car j’ai encore à lire 2 autres livres de la même collection…)

Extrait : (début du livre)
Chère Nancy, qui es-tu ?

Je pourrais naturellement répondre « je suis écrivaine », ou « canadienne », ou « française » ou « femme », ou « vieille femme », etc., « du XXe siècle », « athée », je peux dégoter plein d’adjectifs ou de substantifs qui correspondent à ce que les gens considèrent comme une « identité », mais je suis quelqu’un de très circonspect à l’égard de l’Identité.
Alors j’aime répondre : « je suis mon chemin », à la fois suivre etêtre, bien sûr. En fait nous sommes tous notre chemin, bien plus que nous ne le croyons ! Il se trouve que le mien a été multiple, avec des bifurcations, des tournants, des zigzags et des imprévus ; il m’a amenée dans des endroits très différents. Par conséquent je suis plusieurs, et quand on est plusieurs ça ajoute un « mais » à toutes les identités.
Par mes origines je suis une cow-girl. Je suis à l’aise dans les santiags et dans cette attitude d’insolence à la Calamity Jane, le genre de fille qui saute a cru sur un mustang en poussant un grand cri [elle crie] Yip-yip-yippee ! avant de partir galoper à travers champs. Le « mais », c’est que je suis allergique aux chevaux. Mais il est certain que j’ai un côté westerneuse, un côté « pas peur, pas froid aux yeux » qui me vient, sans aucun doute possible, de mes origines dans l’ouest du Canada. Les femmes des pionniers se retroussaient les manches ; elles ne rechignaient pas à faire des travaux durs. Je suis très musclée ! J’ai peut-être l’air frêle, comme ça, mais c’est une illusion : en fait je suis forte.
On ne sait pas forcément que les chansons country sont proches des chants irlandais ; je me sens profondément irlandaise aussi. Le nom Huston vient de la côte ouest de l’Irlande du Sud, c’est de là qu’a immigré mon arrière-grand-père paternel au milieu du XIXe siècle. Je raffole de la musique et de la poésie irlandaises, et revendique volontiers l’identité culturelle de ce pays… Le « mais » : c’est largement reconstruit par mon imaginaire.
Dernière identité forte, très importante pour moi, la Berrichonne – nous en parlerons sûrement : je me sens berrichonne. Le « mais », c’est que c’est un pays que j’ai découvert à l’âge de 20 ans, et où je n’ai jamais réellement habité.
Les gens ont besoin de fierté. Ils disent : « Être français (ou américain, ou catholique, ou juif, ou musulman, etc.), c’est bien, or il se trouve que c’est ce que je suis ! » C’est d’une naïveté touchante. « Je suis française, et c’est bien d’être français ! » Moi je n’ai jamais pu construire ce type de fierté car, depuis l’enfance, mes différentes identités ont toutes été remises en doute ou fracassées. Pas toujours de façon violente ni désagréable, d’ailleurs, mais cela explique ma circonspection à l’égard de l’Identité ! C’est une des raisons pour lesquelles je suis romancière. Écrire des romans me permet de me glisser dans la peau des autres. Je crois que c’est ce qui me caractérise le plus profondément : je suis désireuse (et capable) de voir le monde de plusieurs points de vue, et de relativiser l’un par l’autre.
Pour commencer, je suis née dans un pays neuf. Le Canada n’a que quelques petits siècles d’âge. Au début du XXe siècle, mon Alberta natal n’était même pas encore une province, il faisait partie des Territoires du Nord-Ouest. Ayant vécu en Europe, ce « Vieux Monde » qui se perçoit comme un ensemble depuis mille ans, ayant voyagé en Inde ou en Chine, dont la culture remonte à plus de trois millénaires, je suis consciente de l’identité canadienne comme d’une fiction récemment concoctée, qui s’est « durcie » en identité à travers des actes de violence coloniale.

Déjà lu du même auteur :

37294559_p  Lignes de faille

Oyana – Eric Plamondon

oyana Quidam éditeur – mars 2019 – 150 pages

Quatrième de couverture :
Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.

Auteur : Eric Plamondon est né à Québec en 1969 et vit dans la région de Bordeaux depuis une vingtaine d’années. Taqawan, son roman précédent, a reçu les éloges tant de la presse que des libraires et obtenu le Prix France-Québec 2018.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
Une histoire percutante fait de chapitres courts entre le Québec et le Pays Basque.
Oyana vit à Montréal avec Xavier son conjoint depuis vingt-trois ans. Elle a laissé son passé derrière elle. Née au Pays Basque le 20 décembre 1973, le jour de l’attentat le plus spectaculaire organisé par ETA (Euskadi Ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté), contre Carrero Blanco, le bras droit de Franco. Lorsque le 3 mai 2018, Oyana lit dans le journal l’annonce de la disparition de l’ETA, elle n’a qu’une envie, rentrer et revoir ses parents et son pays d’enfance…
Elle écrit donc une longue lettre à Xavier pour lui raconter la vérité et lui dévoiler sa véritable histoire. Elle n’est pas Nahia Sanchez (nouvelle identité qu’elle a prise) mais Oyana Etchebaster. Avec cette confession, le lecteur va découvrir les liens qui relient Oyana au Pays Basque, à l’ETA et comment elle est arrivée au Québec…
L’auteur québécois vit dans les environs de Bordeaux, donc très proche du Pays Basque. Avec ce roman, nous découvrons que le Québec et le Pays Basque se rejoignent sur plusieurs points, la pêche à la baleine et la lutte indépendantiste…
Un roman très bien documenté sur une région que j’ai la chance de connaître.

Extrait : (page 15)
Les trois hommes se relaient toutes les heures dans l’étroit conduit pour creuser. Au fond du trou, Iban pense à la femme qu’il a quittée pour venir ici se battre pour la cause. La femme est enceinte. Elle accouchera avant la fin de l’année. Lui doit creuser. Il faut que le tunnel atteigne le milieu de la rue Claudio Coello pour ensuite y entasser un maximum de dynamite, deux mètres sous la chaussée. Les trois hommes procèdent avec la plus grande prudence. L’opération dure depuis des mois mais on touche au but. On connaît l’emploi du temps du Premier ministre par cœur. Il emprunte cette rue chaque matin après une visite à l’église Saint- François-di-Borgia. Il commence toujours sa journée de travail par une prière. Le détonateur est connecté. Les trois hommes ont préparé leur fuite dans les moindres détails. Ils changeront de véhicule à mi-chemin pour semer d’éventuels poursuivants. C’est bientôt Noël. Mika, déguisé en électricien, tient le détonateur. Iban guette la rue, prêt à donner le signal. Jon au volant de la Fiat laisse tourner le moteur. La luxueuse Dodge Dart approche. Au moment où elle atteint la zone fatidique, Iban donne le signal, Mika active le détonateur et la force de l’explosion fait s’envoler vers le ciel le Premier ministre, son garde du corps et son chauffeur. Le souffle est si puissant que la voiture blindée est projetée à trente mètres dans les airs au-dessus d’un immeuble et s’écrase dans la cour intérieure du couvent voisin. La poussière n’est pas encore retombée que Jon, Mika et Iban sont déjà loin. Carrero Blanco agonise, le garde et le chauffeur sont morts.
Au même moment, alors qu’ETA vient de réaliser l’attentat le plus spectaculaire de son histoire, une femme donne naissance à une petite fille. Nous sommes le 20 décembre 1973. Oyana vient de voir la lumière au bout du tunnel.

121093083_10157772631766848_3830306120905934516_oPlace de la République – Coeur de pirate 
Un roman qui a traversé l’océan

Déjà lu du même auteur :

taqawan Taqawan

Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery

 Québec Amérique – avril 2007 – 330 pages

traduit de l’anglais par Hélène Rioux

Titre original : Anna of Avonlea, 1996

Quatrième de couverture :
Quand Matthew Cuthbert, son père adoptif, meurt subitement, Anne renonce à ses études et choisit de rester aux Pignons verts, aux côtés de Marilla. C’est ainsi qu’à seize ans et demi, elle se retrouve institutrice à l’école d’Avonlea. Au cours des deux années qui suivent, Anne se dévoue corps et âme à l’enseignement, et fait partager ses connaissances aux enfants avec la fougue et la passion qui la caractérisent. Et quand les jumeaux Dora et Davy, orphelins eux aussi, arrivent aux Pignons verts, Anne et Marilla voient leur belle sérénité s’évanouir, car les deux garnements vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Anne d’Avonlea, c’est le portrait inoubliable d’une jeune fille du début du siècle, impétueuse et espiègle, d’une charmante naïveté, convaincue qu’un jour elle parviendra à changer le monde.

Auteur : Lucy Maud Montgomery est une romancière canadienne de nouvelles et romans pour la jeunesse se déroulant généralement sur l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada, dont le plus célèbre est Anne… la maison aux pignons verts.
Elle suit une formation à Charlottetown pour devenir enseignante et, de 1895 à 1896, elle étudie la littérature à l’Université Dalhousie à Halifax, Nouvelle-Écosse. À dix-sept ans, elle rédige pour les journaux locaux d’Halifax, Chronicle et Echo. Peu après, elle rejoint son père en Saskatchewan pendant un moment et retourne finalement sur l’île-du-Prince-Édouard. Elle connaît un succès international avec Anne… la maison aux pignons verts, paru en 1908, et qui a été traduit en seize langues. De ce roman qui s’adresse à toute la famille, ont été tirées plusieurs adaptations audiovisuelles. Celles-ci, très populaires dans le monde anglo-saxon, ont permis à Montgomery d’écrire d’autres livres sans soucis financiers.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
C’est le tome 2 de la série « Anne, la maison aux pignons verts ».

Après le décès Matthew Cuthbert, Anne décide de rester à Avonlea, sur l’Île-du-Prince-Édouard, pour ne pas laisser Marilla seule. A seize ans, Anne est donc devenue la maîtresse de l’école du village. Elle est toujours pétillante, pleine d’entrain et d’idées pour aider les autres. Son imagination est toujours immense et la nature autour d’elle lui évoque des sentiments pleins de poésie… Bientôt deux jumeaux orphelins arrivent aux Pignons Verts, Dora et Davy sont âgés de sept ans et leur éducation va bien occuper Marilla et Anne. Si Dora est une petite fille sage, obéissante, Davy est plein d’imagination pour faire des bêtises et il a toujours mille questions à poser…
J’ai lu avec beaucoup de plaisir ce tome 2 des aventures d’Anne où le lecteur va faire connaissance avec de nouveaux personnages comme Monsieur Harrison, Paul Irving ou Miss Lavander… L’ambiance est bienveillante et il y a également quelques situations qui m’ont bien fait rire. Et bien sûr, je continuerai à découvrir la série !

Extrait : (début du livre)
Par un chaud après-midi du mois d’août, une grande et mince jeune fille de seize ans et demi, aux yeux gris sérieux et aux cheveux que ses amis qualifiaient d’auburn, était assise sur le large seuil de grès rouge d’une ferme de l’Île-du-Prince-Édouard, déterminée à analyser un passage d’un livre de Virgile.
Mais un après-midi du mois d’août, alors que des vapeurs bleues serpentent dans les champs en pente, que des brises chuchotent comme des elfes dans les peupliers et que, dans un coin de la cerisaie, des coquelicots improvisent un ballet flamboyant contre un taillis sombre de jeunes sapins, n’est-il pas plus propice à la rêverie qu’à l’étude des langues mortes ? Le Virgile glissa bientôt sur le sol sans qu’Anne y prête attention ; le menton posé sur ses mains jointes et le regard fixé sur la masse de floconneux nuages s’amoncelant en une montagne blanche juste au-dessus de la maison de M. Harrison, elle était rendue très loin, dans un monde délicieux où une certaine institutrice accomplissait un travail magnifique, formant la destinée de futurs hommes d’État et insufflant dans le cœur et l’esprit des jeunes des idéaux nobles et élevés.
Bien sûr, si on regardait les choses en face et, il faut bien l’avouer, Anne ne s’y résolvait que lorsqu’elle y était contrainte, il semblait peu probable que beaucoup de célébrités émergent de l’école d’Avonlea ; mais on ne sait jamais ce qui peut se produire lorsqu’une institutrice exerce une influence salutaire. Anne était convaincue qu’un professeur peut accomplir de grandes choses à condition de prendre les bons moyens pour y parvenir ; elle se trouvait donc au beau milieu d’une scène idyllique, quarante années plus tard, avec un personnage célèbre – Anne ne savait pas encore exactement ce qui ferait sa renommée, mais elle se disait qu’un recteur d’université ou un premier ministre du Canada serait tout à fait approprié – s’inclinant sur sa main ridée et l’assurant que c’était à elle, en premier lieu, qu’il devait son ambition et que toute la réussite de sa vie reposait sur les leçons qu’elle lui avait inculquées jadis, à l’école d’Avonlea. Cette vision enchanteresse fut soudain interrompue de façon très désagréable.

Déjà lu du même auteur :
anne-la-maison-aux-pignons-verts-lucy-maud-montgomery Anne… La Maison aux pignons verts

 

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Balade à Toronto – Jean Leloup 
Un livre d’un auteur canadien, mais pas québécois

 


Comment ne rien faire – Guy Delisle

41ybzkL6qGL Pastèque – août 2007 – 142 pages

Quatrième de couverture :
Comment ne Rien Faire regroupe les courts travaux de l’auteur québécois parus dans diverses revues comme Lapin ou Spoutnik. A travers ses courtes histoires, l’auteur trace une œuvre empreinte de finesse, d’humour et pose un regard incroyablement lucide sur ses contemporains et leurs défauts.

Auteur : Guy Delisle est né en 1966 à Québec. Il suit des études d’arts plastiques et d’animation et embarque pour l’Europe en 1988. Il entame alors une carrière d’animateur, métier qu’il exercera pendant dix ans, avant de réaliser son propre court-métrage, Trois Petits Chats. Il publie ses premiers albums à l’Association : outre Shenzhen, un récit de voyage lié à son métier d’animateur, citons Aline et les autres, remarquable exercice de style, proche de son travail en animation, suivi en 2001 par Albert et les autres. Par ailleurs, Guy Delisle n’hésite pas à s’aventurer dans d’autres univers avec la série humoristique Inspecteur Moroni ou Louis à la plage et Louis au ski, deux récits autobiographiques pleins de charme et sans parole. Par son regard, à la fois acéré et bienveillant, sur une culture étrangère, Chroniques birmanes constitue le prolongement de la démarche initiée avec Shenzhen et Pyongyang et poursuit la série d’ouvrages que Guy Delisle a consacrés à ses voyages en Asie.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
J’ai trouvé cette BD à la Bibliothèque, à l’époque où l’on pouvait fouiller…
Cette BD regroupe 24 histoires courtes parues dans plusieurs revues comme Lapin et datant de la période de 1995 à 2006.
Le style du dessin et celui du fond est très différent suivant les histoires. Il y a de la poésie, de l’absurde, du vécu, du surréalisme, du léger, du profond, de l’humour, de l’émouvant…

Je regrette que les histoires n’ont pas été mises dans l’ordre chronologique pour pouvoir facilement se rendre compte de l’évolution du dessinateur…
Je n’ai pas été convaincu par cette BD un peu « fourre tout »…

Extrait :

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Déjà lu du même auteur : 

chroniques_de_J_rusalem Chroniques de Jérusalem shenzhen  Shenzhen

pyongyang Pyongyang  le_guide_du_mauvais_p_re Le Guide du Mauvais Père tome 1 71bYqARivUL Chroniques Birmanes 

louis au ski Louis au ski guide du mauvais père_t2 Le Guide du mauvais père tome 2

113165080 S’enfuir, récit d’un otage

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Tit-Cul – Les cowboys fringants
Un roman ou un album ou une BD jeunesse

Les fous de Bassan – Anne Hébert

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Points – mars 1998 – 248 pages

Points – mars 1984 – 248 pages

Seuil – novembre 1982 – 248 pages

Seuil – décembre 1982 – 248 pages

Prix Femina 1982

Quatrième de couverture :
Le vent, la pluie, la rumeur de la mer et la pesanteur du passé font de Griffin Creek, petit village du Québec, un lieu étrange et presque hors du monde. Un soir de l’été 1936, deux adolescentes vives et lumineuses, enviées ou désirées pour leur beauté par toute la petite communauté protestante du village, disparaissent près du rivage. À travers la voix ou les lettres de différents personnages, on assiste à la tragédie qui commence à se jouer, bouleversant ce village figé dans la tradition et le respect des Commandements.

Auteur : Anne Hébert est née à Sainte-Catherine-de-Fossambault, près de Québec, où elle a fait ses études. Après un premier recueil de poésie, elle a publié en 1958 Les Chambres de bois, roman qui fut aussitôt chaleureusement accueilli par la critique et qui lui valut le prix France-Canada. Elle montre dans son oeuvre qu’elle reste tout entière habitée pas l’Amérique de son enfance. Son roman Kamouraska, prix des Libraires 1971, a été traduit en plusieurs langues et est considéré par beaucoup comme l’un des plus importants de la littérature de langue française du XXè siècle. Suivront entre autre, Les Fous de Bassan (prix Femina en 1982) et L’Enfant chargé de songes (prix du Gouverneur général en 1992). Elle a récemment publié Clara, Mademoiselle et le lieutenant anglais et Est-ce que je te dérange ?

Mon avis : (lu en novembre 2019)
1936, dans un petit village fictif québécois, Griffin Creek, deux cousines adolescentes, Olivia et Nora, disparaissent. Cinq narrateurs à des moments différents vont nous raconter les évènements. Cela commence avec le Livre du Révérend Nicolas Jones, le pasteur de la communauté écrit en 1982. Puis ce sont les lettres de Stevens Brown, le mauvais garçon du village, écrites à un ami américain pendant l’été 1936. Nous poursuivons avec le journal de Nora, l’une des victimes âgée de 15 ans, datant de la même époque. Ensuite, très peu de temps après la disparition, il y a les témoignages de Perceval, l’idiot du village mais également le frère de Stevens, et de quelques autres. Non daté, ce sont les écrits d’Olivia, l’autre victime, âgée de 17 ans…
Ils vont à tour de rôle raconter à haute voix les événements qui ont changé le cours du destin de Griffin Creek donnant au lecteur indice après indice dans ce huis clos…
L’écriture est poétique, les phrases sont courtes évoquant parfaitement l’ambiance du village avec la nature, la mer, le vent, les tempêtes et ses marées toujours présentes.
Un roman marquant à la fois original, beau et à la fois noir, très violent.

Ce livre a été adapté au cinéma en 1987, film réalisé par Yves Simoneau avec Charlotte Valandrey, Steve Banner, Laure Marsac.

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Extrait : (début du livre)
La barre étale de la mer, blanche, à perte de vue, sur le ciel gris, la masse noire des arbres, en ligne parallèle derrière nous.
Au loin une rumeur de fête, du côté du nouveau village. En étirant le cou on pourrait voir leurs bicoques peinturlurées en rouge, vert, jaune, bleu, comme si c’était un plaisir de barbouiller des maisons et d’afficher des couleurs voyantes. Ces gens-là sont des parvenus. Inutile de tourner la tête dans leur direction. Je sais qu’ils sont là.
Leur fanfare se mêle au vent. M’atteint par rafales. Me perce le tympan. M’emplit les yeux de lueurs fauves stridentes. Ils ont racheté nos terres à mesure qu’elles tombaient en déshérence. Des papistes. Voici qu’aujourd’hui, à grand renfort de cuivre et de majorettes, ils osent célébrer le bicentenaire du pays, comme si c’étaient eux les fondateurs, les bâtisseurs, les premiers dans la forêt, les premiers sur la mer, les premiers ouvrant la terre vierge sous le soc.
Il a suffi d’un seul été pour que se disperse le peuple élu de Griffin Creek. Quelques survivants persistent encore, traînent leurs pieds de l’église à la maison, de la maison aux bâtiments. De robustes générations de loyalistes prolifiques devaient aboutir, finir et se dissoudre dans le néant avec quelques vieux rejetons sans postérité. Nos maisons se délabrent sur pied et moi, Nicolas Jones, pasteur sans troupeau, je m’étiole dans ce presbytère aux colonnes grises vermoulues.

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Grand champion – Les trois accords
Un livre ayant gagné un prix littéraire
Petit bac 2020a
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Québec en novembre !

C’est la troisième année, que je participe au rendez-vous « Québec en novembre »
organisé  par Karine et Yueyin.

Cette année, je n’ai pas été prévoyante en profitant de l’été pour lire québécois (c’était prévu, mais pas fait)… J’ai déjà deux lectures datant de l’année dernière que je n’avais pas finit à temps pour participer à la saison 2019…

Les fous de bassan – Anne Hébert
Comment ne rien faire – Guy Delisle (BD)

J’ai prévu de lire durant le mois :

Oyanna – Eric Plamondon
Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery
Ghetto X – Martin Michaud

J’ai une PAL spéciale Québec dans lequel je pourrai piocher si besoin !

Karine et Yueyin nous invitent à travers la chanson à découvrir les différents thèmes proposés :

On jase de toi – Noir silence   Un livre sorti en 2020.
L’amérique pleure – Les cowboys fringants   Un roman engagé.
Grand champion – Les trois accords   Un livre ayant gagné un prix littéraire.
Arnaq – Elisapie  Un roman d’un auteur autochtone.
Tu m’aimes-tu – Richard Desjardins  Un roman où il y a de l’amour.
Martin d’la chasse galerie – La bottine souriante   Un roman SFFF
Fracture du crâne – Ariane Moffat  Un roman issu de la diversité ou dans lequel on parle de la diversité.
Plus tôt – Alexandra Stréliski Un classique québécois ou un futur classique selon vous.
Place de la République – Coeur de pirate  Un roman qui a traversé l’océan.
Nos joies répétitives – Pierre Lapointe   Un roman qui fait partie d’une série.
J’aurais voulu être un artiste   Un roman dans lequel il y a de l’art.
Dans la nuit qui tombe – Karim Ouellet  Un polar/thriller/roman d’horreur/roman noir.
Tit-Cul – Les cowboys fringants  Un roman ou un album ou une BD jeunesse.
Balade à Toronto – Jean Leloup  Un livre d’un auteur canadien, mais pas québécois.
N’importe quoi – Éric Lapointe  Le titre dit tout.

Je me réjouie d’avance de découvrir de nouveaux livres et de futures nouvelles lectures !

Matricule 1139 – Peter Robinson

81wkUXPfcDL Livre de Poche – octobre 2007 – 480 pages

traduit de l’anglais par Henri Yvinec

Titre original : A Necessary End, 1989

Quatrième de couverture :
Eastvale, Yorkshire. Lors d’une manifestation antinucléaire, la police charge violemment la foule, faisant plusieurs blessés. Mais, à l’issue des échauffourées, on découvre le corps de l’agent Gill, poignardé. Les suspects ne manquent pas et la tâche de l’inspecteur Banks s’avère particulièrement délicate. D’autant que débarque de Londres un collègue réputé pour son racisme, son machisme et sa brutalité. « Dirty Dick » Burgess va obliger Banks à suivre une voie qui pourrait bien lui coûter sa carrière… ou pire. Et, comme on s’en doute, une mort n’arrive jamais seule…

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Troisième enquête de l’inspecteur divisionnaire Banks dans la campagne des Yorkshire Dales. Une manifestation antinucléaire et pacifique désorganisée par une charge violente de la police et le corps sans vie de l’agent Gill (Matricule 1139) est retrouvé sur le pavé… Les suspects sont nombreux et l’enquête s’annonce difficile pour Banks et son équipe. Et voilà qu’on lui envoie de Londres un collègue, « Dirty Dick » Burgess, pour diriger l’enquête. Une ambiance très « british », des litres de bière bus, des personnages haut en couleurs et des échanges savoureux entre Banks et son supérieur Burgess à la réputation difficile… Une lecture sympathique.

Extrait : (début du livre)
Les manifestants se pressaient sous la bruine de mars devant le Centre culturel d’Eastvale. Certains brandissaient des pancartes de fortune, mais les slogans antinucléaires s’étaient brouillés sous la pluie, telles les lettres rouges que l’on voit dégouliner sur l’écran au début des films d’horreur. Il était difficile à présent d’y lire quoi que ce soit. À huit heures et demie, tous étaient trempés jusqu’aux os et en avaient assez. Aucune caméra de télévision ne filmait la scène et pas un seul reporter ne se mêlait à la foule. Les protestations n’étaient plus à la mode et les médias ne s’intéressaient qu’à ce qui se déroulait à l’intérieur du Centre. D’autant que le temps était froid et humide et que dehors il faisait noir.

Malgré leur déception, les gens s’étaient jusque-là montrés patients. En dépit de la pluie qui leur plaquait les cheveux sur le crâne et leur coulait dans le cou, ils brandissaient leurs panneaux illisibles et dansaient d’un pied sur l’autre depuis une heure. Mais maintenant plusieurs d’entre eux commençaient à éprouver une sensation de claustrophobie. La North Market Street était étroite et seuls des réverbères à gaz à l’ancienne l’éclairaient. La foule était cernée de tous côtés par les forces de l’ordre, qui s’étaient tellement rapprochées qu’elle n’avait plus d’espace pour s’étaler. Un cordon supplémentaire de policiers montait la garde au sommet des marches, près des lourdes portes de chêne et, en face de la grande bâtisse, d’autres agents bloquaient les venelles qui menaient aux ruelles tortueuses et à la rase campagne, au-delà de Cardigan Drive.

 

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Angleterre

Petit bac 2020a(6) Objet

Le Rocher aux corbeaux – Peter Robinson

PeterRobinson2 Livre de Poche – avril 2006 – 352 pages

traduit de l’anglais par Henri Yvinec

Titre original : A Dedicated Man, 1988

Quatrième de couverture :
Tout le monde aimait et appréciait Harry Steadman. Tout le monde respectait et admirait ce professeur d’université, spécialiste d’archéologie industrielle, qui vivait à Swainsdale et en était devenu l’historien local. Pourtant, quelqu’un lui a fracassé le crâne et a abandonné son corps dans cette campagne du Yorkshire qu’il aimait tant: exactement le genre de crime qui bouleverse une petite ville. Si quelqu’un d’aussi populaire peut être assassiné de sang-froid et avec une telle barbarie, chaque citoyen est potentiellement une victime… ou un meurtrier.
Et pour l’inspecteur divisionnaire Banks, qui a quitté Londres pour échapper à son climat de violence, les suspects ne manquent pas. Reste à savoir qui a été tué: le mari, l’ancien amant d’une chanteuse de pop, l’archéologue, l’historien ou – pourquoi pas ? – l’habitué du pub ?

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Deuxième enquête de l’inspecteur divisionnaire Banks dans la campagne des Yorkshire Dales, une région qu’il ne connaît pas encore très bien, ayant lui-même longtemps travaillé à Londres.
Un éminent professeur universitaire a été retrouvé avec le crâne fracassé. Et pourtant, c’est un homme que tout le monde considère comme chaleureux et sans histoire… Banks va s’intéresser au passé de la victime et à ses proches.
Un polar très anglais où tout est dans l’atmosphère des lieux, dans l’analyse minutieuse des personnages… L’intrigue est menée plutôt classiquement, l’inspecteur et son équipe explorent de nombreuses pistes et peu à peu toutes les pièces du puzzle s’assemblent jusqu’à la résolution…
Une série que je vais peu à peu continuer à découvrir.

Extrait : (début du livre)
Quand le soleil fut assez haut pour répandre sa lumière sur les toits d’ardoises situés de l’autre côté de la rue, il s’infiltra par une fente à travers les rideaux de la chambre de Sally Lumb et darda ses rayons sur une mèche d’un blond doré, qui s’enroulait sur sa joue. La jeune fille rêvait. Minotaures, employés de bureau, gazelles et trolls s’ébattaient dans les granges, les appartements en duplex et les palais de style gothique qui peuplaient son sommeil. Mais quand elle se réveilla quelques heures plus tard, tout ce qui lui resta en mémoire, ce fut l’image troublante d’un chat qui marchait sur un grand mur hérissé de morceaux de verre brisé. Ah ! les rêves ! La plupart d’entre eux, elle les ignorait. Ils étaient totalement étrangers à ceux d’un autre genre, les plus importants, qu’elle faisait sans avoir besoin de s’endormir. Au cours de ceux-ci, elle était reçue à ses examens, elle était admise à la Marion Boyars Academy of Theater Arts. Sally y étudiait l’art dramatique, le travail de mannequin, les techniques du maquillage car elle était suffisamment réaliste pour se rendre compte que si elle n’avait pas le talent d’actrice d’une Kate Winslet ou d’une Gwyneth Paltrow, elle pourrait au moins travailler en marge de ce monde prestigieux.
Quand elle finit par se réveiller, le rai de lumière s’était déplacé et venait frapper le sol à proximité de son lit, barrant le tas de vêtements en désordre qu’elle y avait posé la veille au soir. Elle entendit le bruit des assiettes et des couverts dans la cuisine au rez-de-chaussée et le fumet du rosbif montait jusqu’à sa chambre. Elle se leva. C’était une bonne tactique, se dit-elle, que de descendre le plus vite possible et d’aider à préparer les légumes avant que sa mère l’appelle. « Le repas est servi ! » criait celle-ci de sa voix grinçante. En tout cas, en faisant preuve de bonne volonté, elle éviterait peut-être des questions trop précises sur son retard la veille au soir.

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Angleterre

Petit bac 2020a(6) Animal

Le Voyeur du Yorkshire – Peter Robinson

81-pkeXoGWL Livre de Poche – mars 2007 – 352 pages

traduit de l’anglais par Jean Esch

Titre original : Gallows View, 1987

Quatrième de couverture :
Eastvale, paisible petite ville du Yorkshire, au cadre idyllique. C’est là que vient d’être muté l’inspecteur Banks, qui a quitté sans regret Londres et son cortège de violences.
Mais, sous ce décor de carte postale, se cache une réalité beaucoup plus sombre, beaucoup plus dangereuse, incarnée
par un voyeur qui espionne les femmes la nuit dans leur chambre…
Le pervers ne choisit pas ses victimes au hasard : celles-ci semblent toutes avoir un point commun.
La tension monte d‘un cran dans la cité lorsqu’une vieille dame est retrouvée sauvagement assassinée.
Les deux affaires sont-elles liées ?
Et que penser de ces deux adolescents, petits délinquants passés du vol aux agressions ?
Banks va devoir faire preuve de perspicacité pour débusquer la vérité, au-delà des apparences.

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juin 2020)
Après avoir découvert la série DCI Banks à la télévision, j’ai voulu retrouver l’inspecteur Alan Banks dans les romans policiers de Peter Robinson (il y en a environ 20 traduits en français). C’est donc premier tome d’une longue série sur l’inspecteur Banks, et le premier que je lis. L’intrigue se situe bien avant le début de la série télévisée qui commence avec le douzième roman, les intrigues 6, 7, 8 et 11 ayant été adaptées ultérieurement.
Policier londonien, l’inspecteur Alan Banks est arrivé depuis six mois dans la petite ville d’Eastvale dans le Nord du Yorkshire. Un voyeur sévit dans la ville, il épie les femmes le soir dans leur chambre, de nombreux cambriolages ont également lieu et plus grave, une vieille dame est assassinée… L’inspecteur Banks et son équipe ont de quoi faire, et ils ont également l’aide du Pr Jenny Fuller, de l’université de York, une psychologue engagée par la police pour construire l’ébauche d’un portrait du voyeur…
J’ai bien aimé l’atmosphère de ce roman anglais et le personnage de Banks, policier attachant. Je poursuivrais ma lecture de cette série avec plaisir.

Extrait : (début du livre)
La femme pénétra dans le cercle de lumière et commença à se déshabiller. Elle portait un chemisier argenté fermé par des dizaines de minuscules boutons nacrés. Elle le sortit de sa jupe noire mi-longue et commença à le déboutonner, par le bas, très lentement, en regardant dans le vide comme si elle se remémorait un souvenir lointain. D’un haussement d’épaules, elle se débarrassa du chemisier, en tirant sur la manche gauche restée collée à son poignet sous l’effet de l’électricité statique. Elle baissa ensuite la tête et tendit les bras dans le dos, comme deux ailes, pour détacher son soutien-gorge, en levant une épaule puis l’autre pour faire glisser les fines bretelles. Elle avait des seins épais et lourds aux pointes brunes dressées.
Elle abaissa la fermeture Éclair de sa jupe sur le côté gauche et la laissa glisser jusqu’au sol. Elle l’enjamba et, pliée en deux, elle la ramassa pour la déposer soigneusement sur le dossier d’une chaise. Elle fit rouler son collant sur ses hanches, ses fesses et ses cuisses, puis s’assit au bord du lit pour l’ôter, en prenant soin de ne pas filer la maille. Quand elle se pencha en avant, la peau ferme de son ventre forma un pli sombre, ses seins pendirent et les deux mamelons vinrent frôler ses genoux, tour à tour.
Se relevant, elle glissa les pouces sous l’élastique de sa culotte noire et se pencha de nouveau pour l’ôter, en douceur. Elle enjamba le petit bout de tissu et, avec la pointe de son pied gauche, elle attrapa l’élastique de la culotte et la lança dans le coin de la chambre, près de la penderie.
Totalement nue, elle rejeta eh arrière ses cheveux blonds ondulés et se dirigea vers la commode.
C’est à cet instant qu’elle jeta un regard en direction des rideaux entrebâillés. Tout le corps de l’homme fut parcouru de frissons lorsqu’il vit la stupeur s’imprimer dans le regard de la femme.

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Angleterre

Petit bac 2020a(7) Lieu

 

 

Paul à la maison – Michel Rabagliati

2363cd_408e53f0a7654f8e9bc3d1c31adb5d4d~mv2 La Pastèque – janvier 2020 – pages

Quatrième de couverture :
Paul à la maison est le 9e tome de la série. Cette fois-ci, l’action de déroule en 2012, Paul est auteur de bande dessinée à temps plein et lance un nouvel ouvrage au Salon du livre de Montréal. Entretemps, sa fille part travailler en Angleterre, Lucie n’habite plus avec lui et sa mère ne va pas bien… Paul à la maison traite du deuil, sous de multiples formes. Un album émouvant.

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s’être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l’illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l’auteur s’est vu décerner une Mention spéciale pour l’ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d’Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en février 2020)
Paul à la maison est le tome 9 de la série.
Paul vit avec son petit chien dans un petit pavillon de banlieue, avec un jardin.
Lucie est partie, Rose vit chez sa mère et ne vient pas voir souvent son père. Et elle veut partir vivre en Angleterre.

Régulièrement Paul rend visite à sa mère qui vit dans une résidence pour personnes âgés, vieillissante elle n’est pas au mieux de sa forme.
A l’image de la couverture grise de cet album, tout cela n’est pas très gai… Solitude, dépression, le lecteur se trouve plongé au cœur de la détresse urbaine…
Malgré ce quotidien peu engageant, l’humour est toujours présent dans cet album !
Il y a Tonio l’agricoltore, le voisin italien de Paul, qui ne parle qu’anglais et dont le jardin, dont il s’occupe à longueur d’année, est sa raison de vivre. Depuis 50 ans, sa vie est immuablement synchronisée sur le calendrier agricole. En comparaison le jardin de Paul est une forêt vierge, son pommier est à moitié mort et l’eau de la piscine n’arrive pas à rester claire…
Paul ne supporte plus les gens hypnotisés par les téléphones portables et s’imagine les leur confisquer…
Il y a quelques pages sur Paul au Salon du Livre de Montréal ou sur Paul, ancien typographe, qui s’agace sur le changement de la police de caractère (Highway en Clearview) sur les panneaux de signalisation de l’autoroute…
Je suis une inconditionnelle des aventures de Paul, cet album émouvant est celui du temps qui passe et cela parle à tous !

Extrait :

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Petit bac 2020a(3) Son

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