Une femme en contre-jour – Gaëlle Josse

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Les Éditions Noir Sur Blanc – mars 2019 – 153 pages

J’ai Lu – août 2020 – 160 pages

Quatrième de couverture :
« Raconter Vivian Maier, c’est raconter la vie d’une invisible, d’une effacée. Une nurse, une bonne d’enfants. Une photographe de génie qui n’a pas vu la plupart de ses propres photos. Une Américaine d’origine française, arpenteuse inlassable des rues de New York et de Chicago, nostalgique de ses années d’enfance heureuse dans la verte vallée des Hautes-Alpes où elle a rêvé de s’ancrer et de trouver une famille. Son œuvre, pleine d’humanité et d’attention envers les démunis, les perdants du rêve américain, a été retrouvée par hasard – une histoire digne des meilleurs romans – dans des cartons oubliés au fond d’un garde-meubles de la banlieue de Chicago. Vivian Maier venait alors de décéder, à quatre-vingt-trois ans, dans le plus grand anonymat. Elle n’aura pas connu la célébrité, ni l’engouement planétaire qui accompagne aujourd’hui son travail d’artiste. Une vie de solitude, de pauvreté, de lourds secrets familiaux et d’épreuves ; une personnalité complexe et parfois déroutante, un destin qui s’écrit entre la France et l’Amérique. L’histoire d’une femme libre, d’une perdante magnifique, qui a choisi de vivre les yeux grands ouverts. Je vais vous dire cette vie-là, et aussi tout ce qui me relie à elle, dans une troublante correspondance ressentie avec mon travail d’écrivain. »

Auteure : Gaëlle Josse est l’auteure des Heures silencieuses, Nos vies désaccordées (prix Alain-Fournier 2013), Noces de neige et Le dernier gardien d’Ellis Island, qui a reçu le prix de littérature de l’Union européenne en 2015 et qui a été traduit dans une dizaine de langues.

Mon avis : (lu en mai 2022)
Cela fait longtemps que je voulais lire ce livre racontant l’histoire de Vivian Maier, cette artiste découverte par hasard… J’avais entendu parler de cette « photographe de rues » autodidacte découverte après sa mort mais je m’y suis vraiment intéressée après avoir vu sur Arte, le film documentaire « À la recherche de Vivian Maier ».
Dans ce récit chronologique, Gaëlle Josse rend hommage à cette artiste pleine de mystère. Elle fait revivre Vivian Maier dans une biographie fidèle mais sobre. Elle revient sur sa jeunesse, ses origines françaises, ses allers-retours entre l’Europe et l’Amérique, sa famille défaillante… Puis ne quittant jamais son appareil-photo, Vivian devient bonne d’enfants. Elle a laissé des milliers de photographies, essentiellement en noir et blanc, dont beaucoup n’avaient jamais été développées. Des clichés pris sur le vif dans les rues de Chicago et New York qui témoignent de l’Amérique d’après-guerre.
Sa personnalité est déroutante, complexe, elle a mené une vie de solitude et de pauvreté. Elle a toujours voulu rester discrète, invisible et n’a jamais cherché à montrer son travail à quiconque et pourtant elle a réalisé une multitude d’autoportraits.
Dans un style sensible et élégant, l’auteure réussit à faire revivre cette femme et son histoire de manière vivante et crédible. Il restera pourtant à jamais de nombreuses interrogations sur cette artiste unique.
En bonus, je vous encourage à aller voir le site des photographies originales de Vivian Maier et mon billet sur la BD de Paulina Spucches, Vivian Maier à la surface d’un miroir.

Extrait : (début du livre)

Chicago, Rogers Park, décembre 2008

Sous le ciel blanc de ces derniers jours de décembre, les goélands argentés et les canards cisaillent l’air en piaillant au-dessus du lac Michigan gelé. Une femme âgée, très âgée, les suit du regard. Elle est sortie malgré le froid, malgré la neige qui enserre la ville dans son emprise depuis de longues semaines. Elle est venue s’asseoir, comme chaque jour, sur ce banc, son banc, face au lac. Pas trop longtemps, impossible de rester immobile par un tel froid. Ses pensées sont emmêlées, agitées comme le vol des oiseaux au-dessus du lac gelé qui cherchent des eaux encore libres de glace. Ce lac, comme une mer. On ne voit pas l’autre rive. Et si c’était la mer ? Peut-être le souvenir de quelques bateaux lui revient-il fugitivement en mémoire. Mais comment savoir, car tout vacille.
La scène ressemble à une photo qu’elle aurait pu prendre. Composition parfaite. Le banc, avec ces deux arbres nus, de chaque côté, au garde-à-vous, figés dans l’engourdissement de l’hiver. Les lignes de fuite du lac en arrière-plan. Et cette vieille femme sur ce banc, dans son manteau informe, avec ses chaussures au cuir râpé, ce chapeau de feutre abîmé par trop de pluies, trop de saisons. À côté d’elle, une boîte de conserve, ouverte. La scène semble avoir été créée pour elle, en noir et blanc.
Cette photo-là, elle ne la prendra pas. Elle n’en prend plus depuis longtemps. Où sont-ils, que sont-ils devenus, d’ailleurs, tous ces clichés pris chaque jour pendant ces dizaines d’années, par milliers, par dizaines de milliers ? Elle n’en a pas vu beaucoup. Tout dort dans des boîtes, des cartons, des valises, au fond d’un garde-meuble qu’elle ne peut plus payer depuis des années, dont elle a oublié l’adresse. Tout a-t-il été jeté, vendu ? C’est sans importance, maintenant. C’est le passé. Un temps d’avant dont quelques fragments épars surnagent peut-être dans l’océan enténébré d’une mémoire oscillante, fugitivement embrasés, par instants, comme sous le faisceau d’un phare à éclats. Ses doigts raides, engourdis, ne presseront plus jamais le déclencheur, ses yeux fatigués ne feront plus la mise au point, il ne chercheront plus le cadrage, la composition, l’éclairage, le sujet, le détail, l’instant parfait qu’il faut saisir avant qu’il ne disparaisse.
Elle est lasse, transie, malgré cette envie qu’elle garde intacte d’être dehors, toujours, et d’aller devant elle. Plus de cinquante ans qu’elle vit ici. Avant, ce fut New York. Bien avant. Le froid, l’hiver, la neige, la glace, les ciels blancs, et les étés brûlants, dans leur éternel retour.

Petit bac 2022
(5) Famille

Déjà lu du même auteure :

Nos_vies_d_saccord_es Nos vies désaccordées

Seul le silence – Fabrice Colin, Richard Guérineau, RJ Ellory

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Quatrième de couverture :
Joseph Vaughan, devenu écrivain à succès, revient sur des événements qui ont bouleversé son enfance et qui vont le hanter, le poursuivre toute sa vie d’adulte : des meurtres de jeunes filles perpétrés sur plusieurs décennies, dont il a été le témoin involontaire.
Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps horriblement mutilé d’une fillette assassinée. La première victime d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante. Des années plus tard, lorsque l’affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Lorsqu’il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre, il n’a d’autre solution pour échapper à ses démons, alors que les cadavres d’enfants se multiplient, que de reprendre une enquête qui le hante afin de démasquer le vrai coupable…
Joseph Vaughan, devenu écrivain à succès, tient en joue le tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis bientôt trente ans.
Plus encore qu’un récit de serial killer à la mécanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence a marqué une date dans l’histoire du thriller. Avec ce roman crépusculaire à la noirceur absolue, sans concession aucune, R. J. Ellory révèle la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

Auteurs : R.J. Ellory est né en 1965. Après avoir connu l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Seul le silence est son premier roman publié en France.
Fabrice Colin : Quatre fois lauréat du Grand prix de l’Imaginaire, Fabrice Colin s’est d’abord fait connaître par ses textes relevant des littératures de l’imaginaire, fantasy et science-fiction, avant de se tourner vers le polar et la littérature générale.
Il est l’auteur de nombreux romans pour adultes, pour la jeunesse, nouvelles et scénarios de BD, ainsi que de dramatiques radiophoniques pour Radio France.
Il collabore au Canard enchaîné et au Nouveau Magazine littéraire.
Richard Guérineau rencontre Eric Corbeyran en 1991 : le duo crée, en 1994, L’As de Pique, puis, en 1997, Le Chant des Stryges. Pour cette série, il adapte son style graphique : son trait nerveux et ses cadrages serrés servent brillamment ce récit mené tambour battant. En 2008, il s’associe avec Henri Meunier pour le western Après la nuit, puis en 2010 sur le deuxième tome de la série Le Casse, Le Troisième jour. En 2012, il réalise un opus de la série XIII Mystery  avec Fabien Nury. Il enchaine l’adaptation du roman de Jean Teulé, Charly 9, où il est à la fois scénariste, dessinateur et coloriste, suivi de Henriquet, l’homme reine, puis Croke Park qui aborde la lutte sans merci que se livrent espions anglais et révolutionnaires irlandais à Dublin, dans les années de guerre civile irlandaise.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Cette BD est une adaptation très réussie du thriller « Seul le silence de RJ Ellory ».
C’est l’histoire de la vie de Joseph Vaughan, il perd son père à l’âge de 12 ans, il est donc élevé seul par sa mère à Augusta Falls, une petite ville de Géorgie. Son institutrice, Alexandra Webber, décèle chez lui le potentiel d’un futur écrivain. Tout bascule le jour où une petite fille est sauvagement assassinée. C’est la première victime d’une série de meurtres de petites filles. Avec ses copains, Joseph crée le groupe des Anges gardiens, ils se promettent de toujours veiller sur leurs petites voisines. Mais les meurtres continuent à se perpétuer.

Des années plus tard, Joseph est devenu écrivain et il vit à New York, il va malheureusement croiser à nouveau la route de l’assassin. Il va vouloir alors venger les petites filles qu’il n’a pas su protéger et retrouver cet assassin insaisissable depuis trente ans…
Tout est dans l’ambiance et l’atmosphère de cette histoire, et le dessin met en valeur l’Amérique rurale, mais également New York.
L’intrigue efficace nous incite à garder le livre en mains et l’on découvre seulement à la fin qui est ce terrible meurtrier. L’essentiel n’est pas l’intrigue policière, mais l’histoire de Joseph, ce jeune héros, écrivain en devenir, meurtri par la vie et bouleversé par les morts de ces petites filles. Aussi bien enfant qu’adulte, Joseph est terriblement attachant.
Avec cette bande dessinée, j’ai aimé me souvenir de la très belle découverte de ce grand roman.

Extrait : (début de la BD)

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Rencontre avec Stephen Markley et Michael Christie

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Rencontre entre Stephen Markley et Michael Christie, autour de leurs livres Ohio et Lorsque le dernier arbre, publiés aux éditions Albin Michel. Deux immenses talents de la littérature nord-américaine, le premier ayant été récompensé par le Grand Prix de la Littérature Américaine et le second par le Prix Millepages.
Une double rencontre très sympathique qui m’a donné l’occasion de découvrir deux romans nord-américains, grâce à la traduction de Dominique Chevallier.

Pour visionner la rencontre à la Librairie Millepages de Vincennes du 29 mars 2022

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Jours de sable – Aimée de Jongh

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Quatrième de couverture :
États-Unis, 1937. John Clark, journaliste photo-reporter de 22 ans, est engagé par la Farm Security Administration, un organisme gouvernemental chargé d’aider les fermiers victimes de la Grande Dépression. Sa mission : témoigner, grâce à la puissance d’évocation de la photographie, de la situation dramatique des agriculteurs du Dust Bowl. Située à cheval sur l’Oklahoma, le Kansas et le Texas, cette région est frappée par la sécheresse et par des tempêtes de sable spectaculaires qui plongent les habitants dans la misère, poussant bon nombre d’entre eux à migrer vers la Californie. Mais au fil du temps, John comprend que, pour accomplir sa tâche, il devra surmonter un obstacle bien plus grand qu’un climat hostile…

Autrice : Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l’âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d’édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd’hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d’animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d’animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc’ en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l’ont fait connaître.  En 2014, Aimée s’est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l’international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l’écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L’obsolescence programmée de nos sentiments. En 2020, elle publie un nouveau roman graphique en solo chez Dargaud, Jours de sable, qui est salué par la critique et qui remporte notamment le Prix des Libraires de BD.

Mon avis : (lu en février 2022)
Entre fiction et récit historique, Jours de sable est une BD magnifique et émouvante qui raconte durant les années trente, les difficiles conditions de vie des habitants du Dust Bowl (bassin de poussières), situé entre Oklahoma et Texas, subissant de terribles tempêtes de poussière.
L’organisme gouvernemental américain Farm Security Administration chargé d’aider les fermiers durant la Grande Dépression, décide d’embaucher John Clark, un jeune photo-reporter pour photographier les terribles conditions de vie des agriculteurs du Dust Bowl. Son arrivée dans ses territoires de misère et inhospitaliers ne passe pas inaperçue et il va lui falloir l’aide précieuse de Betty, une jeune fille téméraire et pleine de vie, pour se faire accepter et comprendre l’ampleur de cette catastrophe qui pousse de nombreux fermiers à l’exode en direction de la Californie.
Le lecteur découvre que ces tempêtes de poussière et de sable sont la conséquence de l’hyper-exploitation agricole de la région lors de l’arrivée de nombreux migrants. Les terres ont été défrichées et labourées avec une telle intensité que cela a favorisé des phénomènes venteux extraordinaires sur des parcelles devenues dénudées. Les terres fertiles sont parties aux quatre vents laissant derrière elles, poussière et sable…
L’autrice de la BD, nous invite également à réfléchir sur le pouvoir de la photographie : photo spontanée ou photo posée, angle de prise de vue, gros plan, grand angle…
A la fin de l’album, le lecteur découvre un dossier explicatif très intéressant sur la genèse du programme de la Farm Security Administration et son projet photographique destiné à présenter « l’Amérique aux Américains ».
Une BD coup de cœur qui inclut quelques photos de l’époque aux scènes dessinées.

Extrait :

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Petit bac 2022
(3) Couleur

Vivian Maier à la surface d’un miroir – Paulina Spucches

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Quatrième de couverture :
Plongez dans l’œil même du photographe !
New York, 1953. Joanna et Lawrence Ward engagent une nouvelle nourrice pour leur fille Gwen.
Très secrète, un peu étrange et parfois sévère, Vivian Maier trouve pourtant les faveurs de la petite fille qui la suit dans ses pérégrinations urbaines et l’observe capturer le monde qui l’entoure à travers l’objectif de son Rolleiflex.
À mi-chemin entre fiction et biographie, Paulina Spucches nous entraîne de Brooklyn au Champsaur, imaginant le contexte que pourrait renfermer chaque cliché de Vivian Maier, génie de la photographie de rue.

Auteur : Autrice et illustratrice Franco-Argentine, Paulina Spucches publie un premier roman graphique dédié à la figure de Vivian Maier, photographe découverte après sa mort.

Mon avis : (lu en février 2022)
J’ai vraiment découvert Vivian Maier assez récemment en voyant le film documentaire « À la recherche de Vivian Maier ». J’avais déjà entendu parler de cette « photographe de rues » autodidacte découverte après sa mort mais je ne m’y étais pas spécialement intéressée.
Dans cette BD, l’autrice est partie d’une vingtaine de  photographies noir et blanc réalisées par Vivian Maier, pour raconter sa vie de 1952 à 1960, Paulina les a dessinée dans un style très coloré et elle a imaginé les circonstances de la photo. Sa démarche est très originale.
Vivian Maier est un vrai mystère puisqu’elle est toujours restée dans l’ombre, très secrète. Nourrice, elle emmenait les enfants en promenade tout en exerçant son art de la photographie. De son vivant, elle n’a jamais montré ou exposé ses clichés. Des dizaines de milliers de photographies ont été retrouvées après sa mort, dont une majorité de négatifs non développés et parmi eux, de très nombreux autoportraits de l’artiste.
Cette bande dessinée est un hommage à l’œuvre de Vivian Maier à la portée de tous et cela donne envie au lecteur de mieux la découvrir.
Je vous encourage à aller voir le site des photographies originales de Vivian Maier et à la fin de ce billet, je me suis amusée à mettre en parallèle la quatrième de couverture de la BD et quelques uns des clichés de Vivian Maier correspondant.

Ça ne pouvait pas tourner autrement ! – Eliane Saliba Garillon

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Quatrième de couverture :
Leurs problèmes conjugaux respectifs contraignent deux amis d’enfance à cohabiter, malgré « une incompatibilité presque parfaite »… Leurs chamailleries continuelles mais aussi des rencontres inattendues, comme celle d’une migrante syrienne, vont faire renoncer à ses préjugés machistes l’animateur de radio divorcé, et à sa peur des étrangers le comptable pantouflard. Satire ironique et affectueuse, où rôdent l’amour et l’humour, ce délicieux roman dans la lignée de Robert Benchley et Woody Allen fait à la fois beaucoup rire et beaucoup songer.

Auteur : Eliane Saliba Garillon, qui écrit en français, est libanaise. Elle assure, archives à l’appui, que sa famille s’est implantée au Pays du Cèdre vers 60 après J-C, et qu’elle a pour ancêtre un roi de Sparte ! Après des études à l’université Saint-Joseph de Beyrouth, elle a beaucoup voyagé, en particulier aux États-Unis et en France, mais elle a passé les années de guerre civile au Liban, où elle vit actuellement. 

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Comme on le voit sur la couverture très réussie de ce livre, cette histoire se passe à San Francisco sur Lombard Street. Mel et Martin sont deux hommes d’âge mûr, amis d’enfance et pourtant si différents : Martin est comptable, un peu radin, tatillon, ronchon et qui continue à parler à Fleur, sa femme décédée depuis 9 mois, Mel est un bon vivant, animateur de de radio, très bavard, un optimiste à tout épreuve, dépensier plus que de raison… La veille de Noël, Mel est mis à la porte de chez lui par sa femme et il trouve donc naturellement refuge chez Martin.
Entre ces deux êtres dissemblables, la cohabitation s’annonce haute en couleurs… Au bout de quelques semaines, il devient urgent de faire appel à une femme de ménage et Nesrine, une migrante syrienne, va entrer dans leurs vies et bousculer leurs préjugés. Mel se réfugie souvent à Faye Park, un jardin bien caché proche de chez Martin, où il a son banc préféré… Il va y rencontrer Rita, une femme ayant la soixantaine, cultivée mais assez mystérieuse sur sa vie. Mel et Rita vont se retrouver régulièrement à Faye Park pour de nombreuses conversations…
Voilà un roman qui fait du bien, qui nous fait rire, sourire et réfléchir. J’ai beaucoup aimé !

Extrait : (page )
― Je te dérange ?
― Bien sûr que non ! Il fait glacial, j’attendais les résultats de la loterie avant d’entrer dans mon bain et j’ai mal à la tête.
― Tu vas quand même mieux que moi, lui ai-je fait remarquer en montrant ma valise.
― Seulement si tu penses qu’avoir une femme qui divorce est mieux que d’avoir une femme qui est morte. C’est vrai que Fleur était décédée d’un cancer neuf mois plus tôt. J’en avais eu beaucoup de peine et je savais que Birdy vivait très mal sa nouvelle solitude, d’autant plus que le couple n’avait pas eu d’enfants. C’était d’ailleurs pour cela que j’avais pensé à me réfugier chez lui au lieu de me jeter avec ma Camaro dans la baie de San Francisco.
― Elle t’a fichu dehors, n’est-ce pas ? a-t-il délicatement enchaîné.
― C’est moi qui suis parti.
― Tout à fait ton style de quitter ton fauteuil et ton verre de whisky par ce temps, une avant-veille de Noël et probablement sans un dollar en poche !
― Disons que c’était une décision commune.
― Et qu’est-ce qui a finalement déclenché cette séparation annoncée ?
― Trois moulins à poivre.
― Ça ne pouvait pas tourner autrement !

Petit bac 2022
(1) Ponctuation

Sur la route de West – Tillie Walden

81O5CSlAXBL Gallimard – janvier 2020 – 312 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Alice Marchand

Titre original : Are you listening ? 2019

Quatrième de couverture :
Béa et Lou se rencontrent dans une station-service texane et décident de faire route ensemble. Une dizaine d’années les séparent, mais les deux jeunes femmes se ressemblent : chacune tente, à sa manière, d’échapper à un passé douloureux. Alors qu’elles roulent vers West, une ville mystérieuse qui ne figure sur aucune carte, d’étranges individus semblent les prendre en chasse…

Auteur : Tillie Walden naît en 1996 à Austin, au Texas. Elle suit des études d’arts plastiques au Center for Cartoon Studies, dans le Vermont, dont elle sort diplômée avec un master option bande dessinée. Très jeune, elle remporte un prix Ignatz avec J’adore ce passage- également nommé pour les prix Eisner – et attire l’attention avec Spinning, une autobiographie sous forme de roman graphique, qui reçoit en 2018 le prix Eisner de la Meilleure œuvre inspirée de la réalité. Par la suite, elle publie Dans un rayon de soleil, space opera onirique à l’originalité absolue, et confirme sa voix d’autrice virtuose avec Sur la route de West, récompensé par le prix Eisner du Meilleur Roman graphique en 2020. Dans ses récits à l’élégance fascinante, Tillie Walden dit comme personne les doutes adolescents et les cheminements intimes, abordant avec une grande finesse le sentiment amoureux, la quête d’identité ou l’homosexualité…

Mon avis : (lu en août 2021)
Lou, 27 ans, traverse le Texas avec sa petite caravane. Dans une station service, elle rencontre Béa, 18 ans, qui est la fille de voisins. Béa est en fugue et Léa l’embarque avec elle. Nous voilà partis dans un
road movie avec ces deux femmes qui vont peu à peu se dévoiler. Elles n’ont pas vraiment de but de voyage… Elles roulent vers West, ville mystérieuse qui ne figure sur aucune carte… Sur le bord de la route, elles vont recueillir un chat perdu, cette fuite va devenir un voyage initiatique puis évoluer vers du fantastique…
Il est question de l’homosexualité féminine, de l’adolescence, de féminisme. Le dessin dans les tons roses, violets, le trait épuré, simple, contrasté donne une ambiance sombre et dramatique.
J’ai aimé le début de l’histoire mais peu à peu la complexité des propos et le côté fantastique m’a un peu perdu et j’ai finalement trouvé l’histoire trop longue et brouillonne…

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(7) Voyage

Blanc autour – Lupano et Fert

 Dargaud – janvier 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
1832, Canterbury. Dans cette petite ville du Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall s’occupe d’une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah.
La population blanche locale voit immédiatement cette « exception » comme une menace. Même si l’esclavage n’est plus pratiqué dans la plupart des États du Nord, l’Amérique blanche reste hantée par le spectre de Nat Turner : un an plus tôt, en Virginie, cet esclave noir qui savait lire et écrire a pris la tête d’une révolte sanglante. Pour les habitants de Canterbury, instruction rime désormais avec insurrection. Ils menacent de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste admise.
Prudence Crandall les prend au mot et l’école devient la première école pour jeunes filles noires des États-Unis, trente ans avant l’abolition de l’esclavage. Nassées au coeur d’une communauté ultra-hostile, quelques jeunes filles noires venues d’un peu partout pour étudier vont prendre conscience malgré elles du danger qu’elles incarnent et de la haine qu’elles suscitent dès lors qu’elles ont le culot de vouloir s’élever au-dessus de leur condition. La contre-attaque de la bonne société sera menée par le juge Judson, qui portera l’affaire devant les tribunaux du Connecticut. Prudence Crandall, accusée d’avoir violé la loi, sera emprisonnée…
La douceur du trait et des couleurs de Stéphane Fert sert à merveille ce scénario de Wilfrid Lupano (Les Vieux Fourneaux), qui s’est inspiré de faits réels pour raconter cette histoire de solidarité et de sororité du point de vue des élèves noires.

Auteurs : Wilfrid Lupano est né à Nantes en 1971, mais c’est à Pau qu’il passe la plus grande partie de son enfance. Une enfance entourée des BD de ses parents, même si c’est surtout à une pratique assidue du jeu de rôle qu’il doit son imaginaire débridé et son goût pour l’écriture. Plus tard, il travaille dans les bars pour financer ses études – un peu de philo et une licence d’anglais –, il y rencontre deux futurs amis et associés, Roland Pignault et Fred Campoy. Ensemble, ils réalisent un western humoristique, Little Big Joe (Delcourt), dont le premier tome paraît en 2001. Il récidive avec Virginie Augustin et Alim le tanneur, un récit fantastique en quatre tomes, qu’il termine en 2009. Entre-temps, sa carrière est lancée, et il enchaîne les titres : L’assassin qu’elle mérite, L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, Le Singe de Hartlepool, Azimut… En 2014, Wilfrid Lupano obtient le Fauve du meilleur polar avec Ma Révérence.
Après de nombreuses heures de jeux de rôle, de gribouillage en marge de cahiers de classe, un passage par les beaux-arts et quelques années d’études dans l’animation, Stéphane Fert choisit de travailler dans l’illustration et la bande dessinée. Il publie d’abord au sein de collectifs comme Jukebox ou Café salé. En 2016, il dessine et écrit, avec Simon Kansara, « Morgane », qui se propose de renverser la Table ronde en abordant le cycle arthurien du point de vue de la fée Morgane. En 2017, il met en images « Quand le cirque est venu », un conte de Wilfrid Lupano sur la liberté d’expression. Il se lance ensuite en solo, en 2019, avec un « conte de sorcières » : « Peau de Mille Bêtes » questionnant la représentation des genres dans le conte de fées. En 2020, il retrouve Wilfrid Lupano pour « Blanc autour », un one-shot tiré d’une histoire vraie qui aborde l’afro-féminisme au XIXe siècle. Au nombre de ses influences, Stéphane cite Mary Blair, Mike Mignola, Lorenzo Mattotti, ou encore Alberto Breccia. La peinture a également une place très importante dans ses inspirations.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Cette BD s’inspire de faits historiques. En 1832, à l’école de Canterbury au Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall accepte Sarah, une jeune fille noire parmi ses élèves. Mais la population blanche de la ville n’est pas d’accord, éduquer les Noirs est pour eux un danger… En effet, ils font référence à ce qui s’est passé l’année précédente avec Nat Turner, un Noir sachant lire et écrire, qui a mené une action contre les propriétaires d’esclaves. Les parents menacent donc de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste. Bien décidée à ne pas se laisser faire, Prudence Crandall décide l’année suivante de créer la première école pour jeunes filles noires du pays. Évidemment cela fait scandale.
C’est à la fois un témoignage historique, politique et social autour du droit des femmes et des noirs. C’est non seulement le portrait de la courageuse Prudence Crandall, mais également une lutte pour la cause abolitionniste.
Un sujet d’actualité, qui met en avant l’enthousiasme et l’envie de ces jeunes filles pour apprendre. Elles sont pleines d’espoir pour la construction d’un avenir meilleur pour tous.
Le dessin au style illustration livre d’enfant, aux tons pastel accentue par opposition la violence de l’histoire.
En bonus, à la fin de la BD est complétée par un dossier historique passionnant.

Extrait :

   

Petit Bac 2021
(3) Couleur

Baddawi, une enfance palestinienne – Leila Abdelrazaq

816Bw7W5iDL Steinkis – janvier 2018 – 115 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Giudicelli

Titre original : Baddawi, 2015

Quatrième de couverture :
Ahmed est un jeune garçon palestinien qui grandit à Baddawi, un camp de réfugiés dans le nord du Liban.
Baddawi est bondé, dynamique, solidaire, mais la tension politique est palpable et les exactions monnaie courante. Aussi quand les parents d’Ahmad ont l’occasion de déménager à Beyrouth, ils n’hésitent pas ! C’est sans compter sur la guerre civile qui les rattrape bientôt…

Auteur : Leila Abdelrazaq est américaine, d’origine palestinienne. Dans ce premier roman graphique, elle explore conflit israélo-palestinien dans les années 1960 et 1970 en se mettant, avec une infinie tendresse, à la hauteur de ce petit garçon qui voit le monde s’effondrer autour de lui et tente d’avancer en traçant son propre chemin.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Ce roman graphique raconte l’histoire d’Ahmed, un jeune Palestinien de 1959 à 1980. Leila Abdelrazaq, l’auteure de cette BD, est la fille d’Ahmed. A travers l’histoire de ce jeune garçon, elle évoque aussi l’Histoire avec un grand H des Palestiniens qui ont été contraints à l’exode à partir de 1947.
La terre natale de sa famille était le village de Safsaf, dans le nord de la Palestine. Le 29 octobre 1948, c’est l’opération Hiram, les troupes israéliennes massacrent à Safsaf et sa grand-mère (alors âgée de 17 ans) et son grand-père en réchappent et craignant une nouvelle attaque, ils sont contraints de fuir… Ils marchèrent jusqu’à un camp de réfugiés situé au nord du Liban « Baddawi ». Et jamais, ils ne purent retourner en Palestine…
Ahmed vit le jour dans le camp de « Baddawi » et il y grandit avec ses neuf frères et sœurs. Sa vie quotidienne est celle d’un jeune garçon qui va à l’école, joue aux billes ou chasse les oiseaux avec ses copains… Mais la guerre n’est jamais loin… Dans le camp la tension politique avec l’armée libanaise est palpable, aussi lorsque l’occasion se présente de déménager toute la famille à Beyrouth, les parents d’Ahmed n’hésitent pas. Mais la guerre civile au Liban commence et la vie d’Ahmed et de sa famille reste difficile et l’espoir de retourner un jour en Palestine devient de plus en plus mince…
Ahmed est un jeune garçon attachant, intelligent et débrouillard. A travers ses yeux, nous découvrons la culture, les traditions et l’identité de ce peuple et l’Histoire de cette époque. Un témoignage instructif et très intéressant, l’humour et l’émotion sont également présents…
Le dessin en noir et blanc rappelle le style de Zeina Abirached ( Prendre refuge , Je me souviens Beyrouth , Le piano oriental ) ou celui de Marjane Satrapi (Persepolis)
A la fin de la BD, il y a également un glossaire très complet. Sont également présents dans le dessin des motifs typiques de la broderie traditionnelle palestinienne.

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(2) Lieu

Lucky Luke : Un cow-boy dans le coton – Achdé et Jul d’après Morris

812OEh+7WNL Lucky Comics – octobre 2020 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Lucky Luke se retrouve bien malgré lui propriétaire d’une immense plantation de coton en Louisiane. Accueilli par les grands planteurs blancs comme l’un des leurs, Lucky Luke va devoir se battre pour redistribuer cet héritage aux fermiers noirs. Le héros du far-west réussira-t-il à rétablir la justice dans les terrains mouvants des marais de Louisiane ? Dans cette lutte, il sera contre toute attente épaulé par les Dalton venus pour l’éliminer, par les Cajuns du bayou, ces blancs laissés-pour-compte de la prospérité du Sud, et par Bass Reeves, premier marshall noir des États-Unis

Auteurs :  Achdé, de son vrai nom Hervé Darmenton, né le 30 juillet 1961 à Lyon, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français. Son pseudonyme vient de ses initiales, H-D. Depuis le décès de Morris en 2001, il dessine la série Lucky Luke.
Jul (de son vrai nom Julien Berjeaut) est né en 1974. Après Normale sup et une agrégation, il devient professeur d’histoire chinoise à l’université avant de s’orienter vers le dessin de presse. Il entre au Nouvel Observateur en 1998, puis dessine à la Dépêche du midi, à Marianne et à partir de 2000 pour Charlie Hebdo. Depuis, il collabore également à Lire, à Philosophie Magazine, à l’Huma, aux Echos ou encore à Fluide Glacial. En 2005, il publie son premier album Il faut tuer José Bové, une plongée délirante dans la jungle altermondialiste. L’ouvrage est plébiscité par les lecteurs. En 2006, son deuxième album La croisade s’amuse parodie le choc des civilisations.En 2007, le Guide du Moutard pour survivre à 9 mois de grossesse reçoit le Prix Goscinny. La planète des sages, encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies écrite avec Charles Pépin, a marqué l’année BD 2011. En 2009, il publie chez Dargaud sa première série Silex and the City. 4 tomes et une première saison animée plus tard, plus de 300 000 exemplaires ont été vendus et la série vue par des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
Bloquée par le confinement, je n’ai pas pu aller récupérer cet album à la Bibliothèque, je me le suis donc offert auprès de la Maison de Presse – Librairie proche de mon domicile… (qui avait le droit d’être ouverte).
Après un héritage inattendu, Lucky Luke se retrouve à la tête d’une importante plantation de coton du sud des États Unis.
La guerre de sécession est finie depuis cinq années, l’esclavage a été aboli et les Noirs sont libres… Officiellement libres, mais sous la menace du Ku-klux-klan, de leurs persécutions et des lynchages.
Mais Lucky Luke, qui n’a pas prévu de se fixer en Louisiane, est bien décidé à céder la propriété aux 1200 employés de celle-ci… Ce qui n’est pas vraiment du goût de tous les riches propriétaires « blancs » des plantations voisines…
Lucky Luke aura l’appui précieux de Bass Reeves, le premier Marshall noir américain, qui connait bien la sud et le bayou. Les Dalton sont également présents et pour une fois, ils ne seront pas les méchants de l’histoire !
Même si cet album était en gestation depuis plusieurs années, il est tout à fait dans l’actualité.
Jul s’est beaucoup documenté pour écrire cet album autant distrayant qu’instructif.

Extrait : (début de la BD)

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113734884 Lucky Luke : La Terre promise

cavalier_seul Cavalier seul – Achdé , Daniel Pennac, Tonino Benacquista

luckyluke Lucky Luke : Un cow-boy à Paris

 

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