L’Écart – Amy Liptrot

Lu en partenariat avec les Éditions Globe

Liptrot_Amy-LECART Éditions Globe – août 2018 – 336 pages

traduit de l’anglais par Karine Reignier-Guerre

Titre original : The Outrun, 2016

Quatrième de couverture :
Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins : se laisser emporter vers le sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque.
Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur.
Elle l’ignore encore mais il existe une troisième voie : écouter résonner l’appel qui la hante, qui vient toucher cette part d’elle assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté. Non pas rester mais revenir. Choisir.
Troquer la bouteille assassine contre une thermos de café fort, troquer l’observation narquoise et éperdue de la faune des nuits de fêtes tristes pour la contemplation des étoiles et des nuages, et l’inventaire des derniers spécimens de râle des genêts, un oiseau nocturne comme elle, menacé comme elle, farouche comme elle.
Sa voie s’appelle l’Écart. C’est l’humble nom d’une bande côtière où les animaux sauvages et domestiques peuvent se côtoyer loin des regards, où folâtrent des elfes ivres d’embruns.
C’est le nom fier de son premier roman.

Auteur : Surnommée « la femme du Roi caille » par les soixante-dix autres résidents de la petite île de Papay, Amy Liptrot est retournée à Orkney pour travailler avec la Société Royale de protection des oiseaux. Elle y enregistre et documente des informations sur le Roi caille – un oiseau rare et secret qui construit son nid dans les hautes herbes et fait le bruit d’une cuillère traînée contre un égouttoir à vaisselle. Elle est la lauréate du PEN Ackerley Prize 2017 et du Wainwright Prize 2016. L’Écart est son premier roman.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est à la fois la superbe couverture du livre et la destination annoncée « l’archipel des Orcades » par la quatrième de couverture qui m’ont encouragé à découvrir ce premier roman. Des îles que je ne connaissais pas et qui se trouvent tout au Nord-Est de l’Écosse.
Amy a grandi dans l’archipel des Orcades, et dès l’adolescence elle souhaite en partir. A 18 ans, elle quitte ces îles rudes, battus par la mer et les vents et part à Londres, trouver la foule et la ville. Elle se trouve du travail, fait des rencontres et surtout beaucoup de fêtes… Et petit à petit, elle se perd dans l’alcool, la drogue et c’est la descente aux enfers, plus de travail, plus de logement, plus d’amis… Elle a perdu le fil de sa vie.
Dix ans plus tard, lorsqu’elle se rend compte de tout ce qu’elle a perdu, elle décide pour de bon de se reprendre en main et de faire une cure de désintoxication à Londres puis après ses premières victoires de sobriété, elle choisit de revenir dans les Orcades.
Elle a maintenant trente ans et tout à reprendre à zéro. Pour ne pas replonger, elle commence par travailler dans la ferme de son père, à réparer les murs de pierre, à l’aider lors des agnelages… Puis elle obtient un job d’été pour recenser « le roi caille », un oiseau migrateur rare et secret qui construit son nid dans les hautes herbes. Elle se sent bien dans les Iles et l’hiver suivant, elle s’installe sur la petite île de Papay. Pour canaliser son envie de boire, Amy marche et arpente de long en large l’Ile, elle se baigne également en toutes saisons.  Ce livre est l’histoire d’une renaissance et un regard magnifique sur la nature, la mer, les tempêtes, les oiseaux, le ciel…
J’ai beaucoup aimé, en particulier la partie du retour sur les Îles Orcades.
Merci Anne et les Éditions Globe pour ce livre témoignage touchant et dépaysant.

Extrait : (début du livre)
Sous les pales vrombissantes d’un hélicoptère prêt à décoller, une jeune femme en chaise roulante serre son nouveau-né dans ses bras tandis qu’un infirmier la conduit vers un homme également en fauteuil, entravé dans une camisole de force, qui arrive en sens inverse sur l’unique piste de l’aéroport.
Tous deux âgés de vingt-huit ans, ils sortent du petit hôpital local, le seul de l’archipel, où ils ont été pris en charge quelques heures auparavant. La femme vient de donner naissance à son premier enfant. L’homme, qui criait et gesticulait de manière incontrôlable, a dû être ligoté et mis sous calmants.
Situées au nord de l’Écosse, entre la mer du Nord et l’océan Atlantique, les îles Orcades sont constamment battues par les vents et frappées par les flots. Quoique très isolées, elles sont dotées de bonnes infrastructures : on y trouve un hôpital, un aéroport, un cinéma, deux établissements d’enseignement secondaire, un supermarché. On n’y trouve pas, en revanche, d’unité psychiatrique spécialisée dans l’accueil des patients atteints de lourdes pathologies mentales et susceptibles de représenter un danger pour autrui et pour eux-mêmes. Conformément à la loi sur la santé mentale des citoyens britanniques, tout résident des îles Orcades nécessitant une prise en charge de ce type doit être transféré à l’hôpital d’Aberdeen, en Écosse continentale.
Vue d’avion, qu’il s’agisse d’un appareil transportant les employés d’une plate-forme pétrolière ou d’une navette postale arrivant de l’île principale, la piste d’atterrissage apparaît comme une longue ligne droite coupant une vaste étendue plate et dénuée d’arbres. Lorsqu’elle n’est pas fermée des jours durant pour cause de brouillard ou de vents violents, c’est sur cette piste que se joue l’éternelle cérémonie des arrivées et des départs, menus drames humains se jouant sous le regard des contrôleurs aériens, parmi l’immensité des cieux et des mers.
Ce soir de mai, tandis que les marguerites referment leurs pétales pour la nuit, tandis que les guillemots et les mouettes tridactyles ramènent des lançons à leurs petits nichés sur les hauteurs des falaises, tandis que les brebis se blottissent contre les murets de pierre sèche pour se protéger du vent, mon histoire commence. Car le bébé sur le tarmac, c’est moi. Ma naissance, trois semaines avant terme, a déclenché chez mon père un épisode maniaque.
Ma mère se charge des présentations. Elle me pose brièvement sur ses genoux avant qu’il soit emmené dans l’hélicoptère. Nous ne saurons pas ce qu’elle lui dit : ses propos sont couverts par le vrombissement des pales et le mugissement du vent.

voisinsvoisines2_2018Écosse

Capture d_écran 2018-04-30 à 11.32.48Carte du Royaume-Uni et des Orcades (ou Orkney)

Publicités

L’Écossais – Anna Briac

91XXaskjbpL Editions Charleston – novembre 2017 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Alicia a vingt-six ans, un enfant (Samuel), des diplômes par-dessus la tête, pas de mec, un joli minois et une vie d’octogénaire. Elle travaille pour Lexitrad, une agence de traduction. Sur un coup de tête, elle décide de partir avec son fils en Écosse pour quelque temps. Mais l’aventure risque fort de tourner au vinaigre, entre pannes de voitures, client insupportable, Écossais à la tête dure et voisins qui décident de se mêler de ses affaires…
Une romance sur fond de cornemuse et de pluie fine !

Auteur : Anna Briac est professeur de français. Elle vit dans une région sans cesse enneigée avec amoureux, enfants, chien et chat ! L’Écossais est sa première romance.

Mon avis : (lu en mai 2018)
J’ai emprunté ce roman à la Bibliothèque en pensant étoffer mon Challenge Voisins Voisines avec une lecture écossaise ou britannique… mais finalement l’auteur est française… Je ne regrette pas cette lecture qui m’a permis de découvrir l’Écosse avec l’Île de Skye battu par les vents, son petit village et ses habitants charmants et haut en couleurs comme l’a découvert Alicia, mère célibataire d’un petit Samuel de 4 ans…
Engluée dans un quotidien sans saveur en France, Alicia décide, sur un coup de tête et avec la bénédiction d’Emilie sa meilleure amie, de partir quelques jours en Ecosse pour changer d’air. Mais à peine arrivée, elle regrette presque ce voyage : sous la pluie battante, elle tombe en panne d’essuies glace et le bel Écossais qui tente de la dépanner est maladroit et inquiétant… Mais au fil des jours, elle va de plus en plus apprécier le charmant cottage où elle habite, les habitants de ce petit village très accueillant et le bel Écossais attendrissant…
Une lecture sans prétention, agréable et qui fait du bien !

Extrait : (début du livre)
La pluie s’abattait si fort sur le pare-brise de la voiture de location, qu’Alicia crut que jamais les essuie-glaces ne parviendraient à contenir le déluge. Ils luttaient en braves
petits soldats, mais les trombes d’eau risquaient d’avoir bientôt raison de leur détermination. Un long frisson glacé remonta le long de l’épine dorsale de la jeune femme, qui rajusta sa grosse écharpe de laine pour tenter de conserver un peu de chaleur. Évidemment, le chauffage fonctionnait mal, ne soufflant qu’un air tiède qui peinait à chasser la buée des vitres et accentuait la sensation de froid dans le véhicule. Alicia se retourna pour vérifier que Sam dormait toujours, bien sanglé dans son siège auto. Une bouffée d’amour inconditionnel la submergea. Bert, le doudou-ours polaire aux oreilles grises à force d’être mâchouillées, pressé contre sa poitrine, son fils dormait.
— Petit veinard, songea Alicia en souriant, toujours émerveillée de cet abandon confiant qui s’emparait des enfants dans leur sommeil.
Qu’est-ce qu’elle aurait aimé sombrer dans l’oubli total, elle aussi… Quelques jours sans rien ressentir. L’anéantissement des émotions. Plus de remords, de tristesse, de colère, de peur. Le bonheur !
Un violent coup de klaxon la ramena au réel et la fit sursauter. Elle donna un brusque coup de volant à gauche pour rajuster sa trajectoire tandis que l’automobiliste agacé la doublait en faisant de grands signes du bras. Pas aimables, les signes.
— Ça va, calme-toi, mon grand ! Je me suis juste décalée un peu à droite.
Un peu à droite… Elle se trouvait au milieu de la chaussée, oui ! Ceci dit, elle n’était pas totalement coupable : les Écossais auraient dû faire preuve de bon sens et choisir le bon côté de la route au lieu de s’aligner sans réfléchir sur le modèle anglais.
D’ailleurs, la route… Un ruban gris qui serpentait entre des collines d’un vert aveuglant et rejoignait plus loin l’horizon ardoise. Un désert détrempé et déprimant. Alicia soupira, jeta un œil à Samuel, hésitant pendant quinze longues secondes à effectuer un savant demi-tour pour foncer vers l’avion qui les ramènerait chez eux, au sec et au chaud. 
— Un peu de courage, Al’ ! s’exhorta-t-elle à mi-voix. Il te reste au moins quelques lambeaux de dignité, non ? 

Agatha Raisin enquête, Tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M. C. Beaton

Agatha_5 Albin Michel – mai 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Françoise Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the murderous marriage, 1996

Quatrième de couverture :
Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin !
Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire « oui », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.
Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en avril 2018)
Le mariage d’Agatha Raisin et de James Lacey doit avoir lieu.
Le mariage n’aura pas à l’église du village, mais seulement à la mairie de Mircester.
En effet, Agatha est la seule à savoir qu’elle n’a jamais divorcé de son premier mari qu’elle pense mort. Mais elle n’a aucune preuve… Et bien sûr Jimmy, l’ex-mari, débarque en cours de cérémonie et James se sentant trahi abandonne Agatha. Et quelques heures plus tard Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé…
Agatha et James sont considérés comme les suspects numéro 1 et ils vont devoir s’unir pour mener l’enquête et se disculper…
Cette série est toujours aussi amusante, facile à lire, pleine d’humour et son côté british est savoureux et distrayant. 

Extrait : (début du livre)
Le mariage d’Agatha Raisin et de James Lacey devait avoir lieu dans une semaine. Les habitants de Carsely, village des Cotswolds, étaient déçus qu’Agatha ne se marie pas à l’église du village, mais à la mairie de Mircester, et Mrs Bloxby, la femme du pasteur, était perplexe et meurtrie.
Agatha était seule à savoir qu’elle n’avait aucune preuve de la mort de son premier mari. Seule à savoir aussi qu’elle s’apprêtait peut-être à devenir bigame. Mais elle était follement amoureuse de son séduisant voisin, le beau James Lacey, et terrifiée à l’idée de le perdre si elle remettait le mariage à plus tard pour trouver la preuve désirée. Elle n’avait pas vu son ivrogne de mari, Jimmy Raisin, depuis des années. Il avait bien dû finir par mourir.
Elle avait choisi la mairie de Mircester parce que le préposé au bureau de l’état civil y était vieux, sourd et totalement dépourvu de curiosité. Les seules démarches exigées étaient des déclarations à faire et des formulaires à remplir, mais on ne lui demandait de fournir aucune preuve à l’appui, hormis son passeport, qui était toujours à son nom de jeune fille, Agatha Styles. La réception du mariage devait avoir lieu dans la salle des fêtes et presque tout le village y avait été invité.
Mais à l’insu d’Agatha, des forces hostiles conspiraient déjà contre elle. Dans un moment de rancœur vindicative, son ex-ami, le jeune Roy Silver, estimant qu’elle lui avait coupé l’herbe sous le pied lors d’une occasion en or de se mettre en avant, avait engagé un détective privé pour tenter de retrouver le mari de son ex-patronne. Roy avait jadis travaillé pour l’agence de relations publiques d’Agatha et était passé dans la société qui en avait racheté les parts quand elle avait pris une retraite anticipée. Roy aimait sans doute autant Agatha qu’il lui était possible d’aimer quelqu’un, mais quand elle avait résolu sa dernière affaire criminelle, il espérait en retirer une certaine publicité – après tout, il y avait été associé. Or elle l’avait ignoré ; les gens comme Roy éprouvent toujours le besoin de se venger.

Déjà lu du même auteur :

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière

voisinsvoisines2_2018Écosse

Petit bac 2018Mot positif (4)