Agatha Raisin, tome 10 : Panique au manoir – M.C. Beaton

71noJFQhAiL Albin Michel – mars 2018 – 288 pages

traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the Fairies of Fryfam, 2000

Quatrième de couverture :
Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk. Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où  elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir. Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent tout naturellement sur Agatha, dont le conte de fées vire au cauchemar…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
Parce que dans le tome 9, une voyante qui lui avait prédit de rencontrer le grand amour dans le Norfolk, Agatha décide d’aller faire un séjour à Fryfam pour tenter d’oublier James. Pour s’occuper, Agatha décide de se lancer dans l’écriture d’un roman policier mais elle est témoin de drôles de phénomènes comme des objets qui disparaissent ou des lumières qui dansent dans le ciel… Évidemment, Agatha va plutôt mener son enquête et bien sûr, s’attirer de multiples ennuis…
L’enquête est prenante et l’intrigue plutôt bien menée !

Extrait : (début du livre)
Agatha Raisin vendait sa maison et quittait Carsely pour de bon.
Ou plutôt, tel avait été son projet.
Elle avait déjà loué un cottage dans un village du Norfolk : Fryfam. Elle l’avait choisi à l’aveugle, ne connaissant ni le village, ni le Norfolk. Mais c’est là qu’une voyante lui avait prédit que son destin s’accomplirait. Son voisin immédiat, le grand amour de sa vie, James Lacey, avait déserté Carsely sans lui dire au revoir, aussi avait-elle décidé de s’installer là-bas et choisi un village en piquant une aiguille au hasard sur la carte. Un coup de téléphone au poste de police de la ville lui avait permis d’obtenir les coordonnées d’un agent immobilier, elle avait trouvé un cottage à louer, et il ne lui restait plus qu’à vendre le sien et à quitter les lieux.
Mais les acheteurs potentiels ne lui plaisaient pas. Soit les femmes étaient trop jolies – et Agatha ne voulait pas qu’une séduisante créature habite à côté de chez James –, soit elles étaient revêches et désagréables, et elle ne tenait pas à infliger leur présence aux villageois.
Elle devait emménager dans sa maison du Norfolk au début du mois d’octobre, et la fin septembre approchait. Les feuilles aux couleurs bigarrées de l’automne tourbillonnaient sur les petites routes des Cotswolds. C’était un été indien aux journées moelleuses et ensoleillées et aux soirées brumeuses. Jamais Carsely n’avait été aussi beau. Mais Agatha était bien décidée à se débarrasser de son obsession pour James Lacey. Fryfam était sans doute très beau également.
Elle s’efforçait de consolider sa détermination chancelante quand elle entendit sonner. Elle découvrit un petit couple rondouillard sur le pas de sa porte. « Bonjour », lança allègrement la femme. « Nous sommes Mr et Mrs Baxter-Semper. Nous souhaiterions visiter la maison.
– Il fallait prendre rendez-vous avec l’agent immobilier, grommela Agatha.
– Mais on a vu l’écriteau À VENDRE en passant.
– Entrez. Vous pouvez faire le tour de la maison. Vous me trouverez dans la cuisine si vous avez des questions à me poser. »
Agatha but une tasse de café noir debout et alluma une cigarette. Par la fenêtre, elle apercevait ses chats, Hodge et Boswell, en train de jouer dans le jardin. Ce que ça devait être chouette d’être un chat, se dit-elle amèrement. Pas d’amours malheureuses, pas de responsabilités, pas de factures à payer, et rien d’autre à faire que se prélasser au soleil et attendre qu’on vous donne à manger.
Le couple circulait à l’étage. Un bruit de tiroirs qu’on ouvrait et fermait lui parvint aux oreilles. Elle alla se poster en bas de l’escalier et cria : « Vous êtes censés regarder la maison, pas fouiller dans mes culottes. » Un silence scandalisé lui répondit. Puis le couple redescendit.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

voisinsvoisines2019_2Écosse

 

Hamish Macbeth, tome 2 : Qui va à la chasse – M.C. Beaton

81UeE6xHi-L Albin Michel – avril 2019 – 252 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Death of a Cad, 1987

Quatrième de couverture :
Lorsque Priscilla Halburton-Smythe ramène à Lochdubh son nouveau fiancé, un dramaturge londonien, tout le monde est enchanté… sauf Hamish Macbeth, amoureux transi de la jeune femme. Mais ses affaires de cœur devront attendre un peu : un des invités aux fiançailles de Priscilla, l’affreux goujat Peter Bartlett, est retrouvé assassiné pendant une partie de chasse à la grouse.
Chargé des premières investigations, Hamish Macbeth fait face à une brochette de suspects huppés, qui avaient tous une bonne raison d’attenter à la vie de l’ignoble capitaine Bartlett.

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton, après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir auteur à succès figurant parmi les plus lus de Grande Bretagne. Elle a notamment écrit deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.  

Mon avis : (lu en juin 2019)
Voici le deuxième tome des aventures d’Hamish MacBeth, le policier écossais. Après l’univers de la pêche dans le tome 1, c’est dans l’univers de la chasse que le lecteur va découvrir.
Priscilla Halburton-Smythe revient à à Lochdubh avec son nouveau fiancé, Henry Withering, un dramaturge londonien en vue. Lors d’une partie de chasse organisée lors des fiançailles de Priscilla, un invité, Peter Bartlett, est retrouvé assassiné. La victime n’est pas vraiment sympathique, et Hamish MacBeth va devoir mener l’enquête même s’il n’est pas le bienvenu chez les parents de Priscilla qui le trouve trop rustre… Hamish est également au supplice car il est toujours secrètement amoureux de Priscilla, son amie d’enfance. C’est difficile pour lui de la voir fiancée
C’est un vrai plaisir de retrouver Hamish dans cette nouvelle enquête, c’est un personnage attachant et plein de gentillesse, il est perspicace et de son sens d’observation et d’analyse lui seront bien utile pour découvrir le ou la coupable.
L’intrigue assez classique mais les descriptions des paysages et de la campagne des Highlands sont toujours très évocatrices et fait voyager le lecteur.

Extrait : (début du livre)
Henry Withering, dramaturge de son état, se tassa sur le siège passager après un nouveau regard maussade au paysage menaçant. D’un ton plaintif, il demanda à la conductrice du break :
– Dis-moi, ma chérie, on est encore loin ?
– Il nous reste pas mal de chemin, lui répliqua gaiement sa fiancée, Priscilla Halburton-Smythe, mais on devrait quand même arriver avant la nuit.
Henry n’osa pas répondre qu’après leur interminable et fastidieux périple, ils auraient déjà dû atteindre le pôle Nord, et qu’il désespérait de les voir parvenir à destination. Soudain, il se sentit accablé par le paysage, et si déprimé par le changement qu’il semblait produire sur Priscilla qu’il ne trouva plus rien à dire et préféra somnoler un moment. Pourtant, il eut beau fermer les yeux, attentif au bruissement hypnotique des essuie-glaces, il ne réussit pas à s’endormir. L’Écosse avait assassiné le sommeil.
Henry, anglais de souche, avait déjà visité l’Écosse, mais jamais encore il ne s’était aventuré aussi loin dans le Nord.
– Le temps se dégage, fit sa compagne d’un ton détaché et amusé. Tu devrais regarder, le panorama est splendide.
Henry rouvrit les yeux à contrecœur. Un soleil pâle baignait les parois abruptes et austères des gigantesques montagnes qui se dressaient de chaque côté de la voie. Les nuages se retirèrent et lui révélèrent des sommets imposants, et, plus près de lui, la lande désolée et ses troupeaux de moutons détrempés.
Le vent se leva tandis que le soleil gagnait en force. Au bord de la route courait une rivière sinueuse dont la surface scintillante se moirait de lueurs pourpres et argentées. Lorsque la voiture bifurqua sur une route encaissée, la perspective se déroba d’un seul coup, ne laissant que le fracas d’une cascade qui dégringolait sans repos à quelques pas de la vitre, assourdissant Henry au passage.

 

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre 

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

51SoADXo3OL._SX342_ tome 9 : Sale temps pour les sorcières

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche

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Agatha Raisin, tome 9 : Sale temps pour les sorcières – M.C. Beaton

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Audible – avril 2018 – 6h06 – Lu par Françoise Carrière

Albin Michel – mars 2018 – 288 pages

traduit de l’anglais par Amélie Juste-Thomas

Titre original : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham, 1999

Quatrième de couverture :
Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse. N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée… Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Après sa mésaventure finale avec une coiffeuse lors de l’enquête précédente, et sa chevelure « massacrée », Agatha Raisin décide de fuir Carsely et se réfugier à Wyckhadden, une petite ville de bord de mer pour attendre la repousse de ses cheveux. Elle loge dans un hôtel vieillot où résident également de vieux habitués friands de nombreuses parties de scrabble… Pour accélérer la repousse de ses cheveux, on lui conseille d’aller voir la « Sorcière » du coin, qui concocte des potions nombreuses et variées, qui tire les cartes et entre en contact avec l’au-delà. Peu de temps après la visite d’Agatha, la Sorcière est retrouvée assassinée…
Evidemment Agatha décide de mener son enquête et fait la connaissance de l’inspecteur Jimmy Jessop, le policier du village, et elle n’est pas insensible à son charme…  Va-t-elle oublier James Lacey ?
Un épisode très amusant, Agatha se retrouve toujours dans des situations cocasses… L’intrigue est rythmée et les résidents du Garden Hotel sont hauts en couleurs.
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante et une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
Quoi de plus déprimant, pour une femme d’âge mûr à moitié chauve qui se languit d’amour, que de se retrouver dans une station balnéaire anglaise hors saison ? Le vent soufflait en rafales le long de la promenade, faisant claquer des lambeaux d’affiches vantant les réjouissances estivales, et d’énormes vagues projetaient des embruns haut dans le ciel.

Agatha avait perdu ses cheveux lorsqu’une coiffeuse rancunière l’avait shampouinée à la crème dépilatoire. Ils repoussaient par touffes, laissant le cuir chevelu désespérément nu par endroits. Afin d’éviter que James Lacey, l’amour de sa vie, ne la voie dans cet état lorsqu’il rentrerait de voyage, Agatha avait fui Carsely pour se réfugier à Wyckhadden, petite ville de bord de mer, en attendant qu’ils repoussent.
Elle était descendue au Garden Hotel, « petit mais luxueux », selon la brochure. Elle regrettait maintenant de ne pas avoir choisi un lieu plus design, moderne et clair. Le Garden Hotel ne semblait pas avoir tellement changé depuis l’époque victorienne. De hauts plafonds, une moquette épaisse et des murs très solides : le lieu était aussi silencieux qu’une tombe. Les autres résidents n’étaient plus tout jeunes. Rien de plus pénible pour une femme d’âge mûr, consciente du temps qui passe et de l’inexorabilité de sa propre vieillesse. Agatha avait brusquement compris pourquoi les hommes d’une cinquantaine d’années s’épanouissaient en jean, boots et blouson de cuir à la recherche d’une minette à exhiber. Elle marchait beaucoup, bien décidée à perdre du poids et à rester en forme.
Dans la salle à manger du Garden, il lui avait suffi d’un regard sur les autres clients pour envisager un lifting.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

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117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

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91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche

voisinsvoisines2019_2Écosse

petit bac 2019(5) Végétal

Hamish Macbeth, tome 1 : Qui prend la mouche – M.C. Beaton

81OT4JnMMqL Albin Michel – avril 2019 – 252 pages

traduit de l’anglais par Karine Guerre

Titre original : Death of a Gossip, 1985

Quatrième de couverture :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes. Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.
Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton, après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir auteur à succès figurant parmi les plus lus de Grande Bretagne. Elle a notamment écrit deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.  

Mon avis : (lu en juin 2019)
Une nouvelle série de M.C. Beaton avec Hamish MacBeth, une série antérieure à la série Agatha Raisin. Hamish Macbeth est l’unique policier du petit village de Lochdubh situé à l’extrême nord-ouest de l’Écosse, dans les Highlands. Un policier qui n’a pas beaucoup de travail, en général, le braconnage et les beuveries du week-end. Et avec diplomatie, Hamish règle la plupart des conflits à l’amiable. Physiquement Hamish MacBeth est grand, maigre, son uniforme est trop court et ses cheveux roux flamboyant dépassent de son képi… C’est l’aîné d’une fratrie de sept enfants, et Hamish était devenu policier non pas par vocation, mais pour aider financièrement ses parents agriculteurs.
Ce premier tome nous fait découvrir la pêche à la mouche lors du stage organisé John Cartwright et son épouse Heather. Pour cette cession les participants sont très variés, un couple de New-Yorkais, Mr et Mrs Roth, une jeune fille londonienne, Alice Wilson, lady Winters, veuve, Charlie Baxter, un garçon de douze ans, hébergé chez sa tante pendant la durée du stage, Jeremy Blyth venant de Londres, Daphné Gore d’Oxford et un commandant à la retraite, le major Peter Frame. Nous allons suivre avec eux les différents apprentissages et les relations qui se nouent entre les stagiaires… En particulier, le caractère fort et désagréable de lady Winters avec à peu près tout le monde… Chacun à ses petits secrets et lorsqu’un beau matin, le corps sans vie de Lady Jane Winters est découvert dans un étang, de nombreux présumés coupables sont possibles…
Hamish n’est pas dépourvu d’intuition et son sens de l’observation va l’aider à découvrir le coupable.
Cette nouvelle série est très amusante, Hamish MacBeth est un personnage attachant et j’ai très envie de continuer à le découvrir un peu plus dans les futurs tomes de la série…

Extrait : (début du livre)
« Je déteste les lundis, déclara John Cartwright d’un ton plaintif. Accueillir un nouveau groupe de stagiaires me fait l’effet de monter sur scène. Et puis, j’ai toujours l’impression de devoir m’excuser d’être anglais. Les gens qui viennent jusqu’au fin fond des Highlands s’attendent forcément à ce que l’animateur du stage de pêche à la mouche soit un grand roux en kilt avec un accent écossais à couper au couteau et des formules poétiques plein la bouche, tu ne crois pas ?
– Calme-toi, répliqua Heather, son épouse, avec placidité. Tout se passe toujours à merveille. Depuis trois ans que nous dirigeons cette école, aucun client n’a jamais été déçu. »
Elle couva son mari d’un regard affectueux. Petit, sec et nerveux, John Cartwright avait de grands yeux bleu pâle assez proéminents, et des cheveux fins d’un blond tirant sur le roux. Avant de l’épouser, Heather avait été l’une de ses premières stagiaires à la Lochdubh School of Casting, l’école de pêche à la truite et au saumon qu’il avait fondée à Lochdubh, au nord de l’Écosse.
Séduit par la beauté de son lancer arrière, John avait néanmoins dû attendre qu’ils soient mariés pour profiter des autres attraits de son anatomie.
Sensiblement plus douée que lui, Heather dissimulait avec tact ses compétences sous des manières affables et maternelles. En dépit d’un tempérament très différent, ils se vouaient tous deux à l’art de la pêche à la mouche avec une égale ferveur. C’était leur hobby, leur métier, leur obsession.
Durant la saison estivale, un nouveau groupe de stagiaires arrivait chaque lundi au Lochdubh Hotel. Il était rare que le groupe soit uniquement constitué de débutants : l’école attirait également des moucheurs expérimentés, ravis de pouvoir pêcher dans d’excellentes eaux à des tarifs raisonnables. John s’occupait des experts, Heather maternait les amateurs.
Les groupes n’excédaient jamais dix participants. Cette semaine-là, suite à deux annulations de dernière minute, John et Heather n’en attendaient que huit.
« Voyons voir, murmura John en se penchant sur la liste des stagiaires. J’imagine qu’ils sont tous à l’hôtel depuis hier soir. Nous avons Mr et Mrs Roth, un couple de New-Yorkais ; une certaine lady Winters, veuve d’un pair du parti travailliste ; un Londonien du nom de Jeremy Blythe ; Alice Wilson, de Londres, également ; Charlie Baxter, un gamin de douze ans, originaire de Manchester, hébergé chez sa tante pendant la durée du stage ; un commandant à la retraite, le major Peter Frame… Oh, non ! Il a déjà fait un stage chez nous, celui-là. Incontrôlable, si je me souviens bien. Ces types qui s’accrochent à leurs titres militaires semblent incapables de s’adapter à la vie civile. La dernière de la liste s’appelle Daphné Gore et nous arrive d’Oxford. Je tâcherai de me débarrasser du major au plus vite : il est parfaitement capable d’aller pêcher tout seul. Le gamin, en revanche, aura sans doute besoin d’attention. Tu voudras bien t’en charger ? »

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre 

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

voisinsvoisines2019_2Écosse

petit bac 2019(5) Animal

Agatha Raisin, tome 8 : Coiffeur pour dames – M.C. Beaton

A1pFloaMoOL Albin Michel – novembre 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham, 1999

Quatrième de couverture :
Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent ! Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective. Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juin 2019)
Je continue toujours avec plaisir à suivre les aventures et enquêtes rocambolesques d’Agatha Raisin, au rythme de 2 à 3 par an…
Les relations entre Agatha et James Lacey sont toujours au point mort. Dans cet épisode, James a quitté Carsely pour une destination qu’Agatha ignore…
Parce qu’Agatha Raisin découvre avec horreur ses premiers cheveux blancs, sur les conseils de Mrs Blobxy, elle se rend à Evesham chez Mr John, un jeune coiffeur à la mode. Elle tombe sous le charme de ce magicien des ciseaux… et accepte même de dîner avec lui. Mais quelques jours plus tard, Mr John meurt empoisonné dans son salon de coiffure, sous les yeux d’Agatha… Il est victime d’un empoisonnement à la ricine. Il n’en fallait pas plus pour qu’Agatha se lance dans une enquête ! Elle aura l’appui de Sir Charles…
Et comme le résumait assez bien James  : Agatha « résolvait une affaire en faisant boulette sur boulette, jusqu’au jour où le coupable se trahissait tout seul. » Ignorant le danger, Agatha n’hésite pas à donner de sa personne… Elle est toujours autant imprévisible et gaffeuse malgré elle !
Le hasard fait, que ce dimanche 23 juin, à la télévision, France 3, diffuse le 1er épisode de la saison 2 de la série Agatha Raisin : « le magicien des ciseaux », l’adaptation de ce tome 8 !

Extrait : (début du livre)
On se serait cru sous les Tropiques. Pourtant ce n’était qu’Evesham en Angleterre, dans la région des Cotswolds. Agatha Raisin alla se garer sur le parking de Merstow Green, éteignit la climatisation et se prépara à affronter l’épais rempart de chaleur moite qui ne manquerait pas de l’accueillir dès qu’elle descendrait de voiture.

Agatha, à l’instar de beaucoup d’autres, avait décrété que l’effet de serre et son cortège de menaces n’étaient qu’un tissu de mensonges propagé par les écolo-terroristes. Pourtant, les journées étouffantes et poisseuses s’étaient succédé pendant ce mois d’août, ponctuées de violents orages nocturnes qui ressemblaient à un temps de mousson. C’était décidément bizarre.
Agatha s’éloigna de la voiture en maugréant pour prendre un ticket à la machine. Franchement, elle avait bien choisi son jour pour aller se faire faire une couleur !
En allant coller son ticket sur le pare-brise, elle se pencha pour inspecter rapidement son reflet dans le rétroviseur. Ses cheveux avaient toujours une teinte sombre, mais il s’y mêlait des mèches violettes.
Suite à sa dernière « affaire », Agatha avait plongé dans une légère dépression. Mrs Agatha Raisin caressait le rêve de rivaliser avec les plus fameux détectives de roman, de l’envergure d’Hercule Poirot et de lord Peter Wimsey. C’était une femme entre deux âges, avec une silhouette trapue mais de jolies jambes, un visage rond et de petits yeux d’ourse qui posaient sur le monde un regard soupçonneux. Jusque-là, elle avait tiré une grande fierté de sa chevelure châtain foncé, épaisse et brillante.
Malheureusement, elle y avait repéré au cours de la semaine de vilains fils gris qui s’installaient un peu partout. Elle avait aussitôt acheté une teinture, mais le produit n’avait réussi qu’à changer le gris en violet. « Allez donc chez Mr John », lui conseilla alors Mrs Bloxby, l’épouse du pasteur. « Son salon se trouve à Evesham, dans la grand-rue. Il passe pour un vrai magicien de la coloration. »

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voisinsvoisines2019_2Écosse

petit bac 2019(4) Métier

Agatha Raisin, tome 7 : A la claire fontaine – M.C. Beaton

91fUANd3KcL Albin Michel – novembre 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Jacques Bosser

Titre original : Agatha Raisin and the Wellspring of Death, 1998

Quatrième de couverture :
Ancombe, paisible petit village, possède une source d’eau douce réputée pour ses bienfaits. Mais l’arrivée d’une société qui veut l’exploiter échauffe les esprits et divise les habitants : s’enrichir ou renoncer à la paix ? Lorsque Robert Struthers, le président du conseil municipal, est retrouvé assassiné, l’affaire prend une sale tournure. Pour y voir plus clair, Agatha Raisin décide d’aller à la source et se fait embaucher par la société…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en février 2019)
Une lecture facile… je prends toujours autant de plaisir à suivre les aventures et enquêtes rocambolesques d’Agatha Raisin, au rythme de 2 à 3 par an…
Les relations entre Agatha et James Lacey sont au point mort. Le voyage à Chypre d’Agatha n’a pas eu le résultat escompté et tous les deux font routes séparées.
Retour en Angleterre, dans un village voisin de Carsely, à Ancombe, où une source naturelle divise la population. Et alors que le conseil municipal s’apprête à voter pour ou contre l’exploitation de sa source par une compagnie privée, son président est assassiné. Agatha avait accepté de s’occuper de la communication pour lancement de l’évènement. Elle donc va sauter sur l’occasion pour faire sa propre enquête… Quelques jours plus tard, c’est la propriétaire du terrain où se trouve la source qui est assassinée.
Comment Agatha va-t-elle pouvoir vanter les mérites d’une source saine alors que la mort rôde  ? Agatha Raisin semble également plaire à Guy Freemont, l’un des directeurs de la société… Rien de tel pour rendre James Lacey jaloux…
L’intrigue n’est pas inoubliable, mais c’est toujours sympathique de retrouver les personnages récurrents comme Roy, l’ancien employé londonien d’Agatha, la gentille Mrs Blomsby, la femme du pasteur, et Bill Wong, le policier, à la recherche de l’âme sœur.

Extrait : (début du livre)
Agatha Raisin broyait du noir. James Lacey avait enfin regagné le cottage voisin du sien à Carsely, village des Cotswolds. Elle essayait de se convaincre : non, elle n’était plus amoureuse de lui et se moquait de sa froideur.
Elle avait failli l’épouser, mais son mari, encore bien vivant à l’époque, avait surgi lors de la cérémonie et James ne lui avait jamais vraiment pardonné de lui avoir menti.
Un beau soir de printemps où les couleurs éclatantes des jonquilles, forsythias, magnolias et crocus explosaient dans le village, Agatha se rendit mollement au presbytère pour une réunion de la Société des dames de Carsely, avec l’espoir d’y apprendre quelque potin qui romprait la monotonie de son existence.
Mais les dernières nouvelles ne l’intéressèrent guère : car elles concernaient une source située dans le village voisin d’Ancombe.
Agatha la connaissait, cette source. Au XVIIIe siècle, une certaine miss Jakes l’avait captée et déviée à l’aide d’un tuyau passant à travers le mur du fond de son jardin pour en faire une fontaine à usage public. L’eau coulait par la bouche d’une tête de mort – une fantaisie qui, malgré certains goûts morbides de l’époque, avait provoqué alors d’innombrables critiques – et était recueillie dans une vasque peu profonde encastrée dans le sol. Elle en débordait pour se déverser sur une grille, passait sous la route et finissait par se transformer en un petit ruisseau qui serpentait à travers d’autres jardins avant de se jeter dans l’Ancombe, la rivière arrosant Carsely.
Quelques vers d’un poème composé par miss Jakes avaient été gravés au-dessus de la tête de mort :
               Voyageur fatigué, arrête-toi et vois
               La source vivifiante qui jaillit sur ta voie.
               Oublions que la vie est une vallée de larmes :
               Quiconque boit cette eau se porte comme un charme.
Deux siècles plus tôt, l’eau était réputée pour ses propriétés magiques et revigorantes, mais aujourd’hui, seuls les randonneurs s’arrêtaient à la fontaine pour y remplir leur gourde, et à l’occasion, des gens du coin tels qu’Agatha y venaient avec une bouteille qu’ils remportaient chez eux pour préparer le thé, l’eau de la source étant plus douce que celle du robinet.

Déjà lu du même auteur :

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

voisinsvoisines2019_2Écosse

L’Écart – Amy Liptrot

Lu en partenariat avec les Éditions Globe

Liptrot_Amy-LECART Éditions Globe – août 2018 – 336 pages

traduit de l’anglais par Karine Reignier-Guerre

Titre original : The Outrun, 2016

Quatrième de couverture :
Grande, fine, intrépide et avide de passion, elle vacille, tel un petit navire dans la tempête, elle hésite entre deux destins : se laisser emporter vers le sud, vers ce Londres qui brille, dans la nuit violente qui fait oublier le jour où l’on est trop seul, où tout est trop cher, où le travail manque.
Ou se fracasser contre les falaises de l’île natale, dans cet archipel des Orcades battu des vents dont la vie rude lui semble vide et lui fait peur.
Elle l’ignore encore mais il existe une troisième voie : écouter résonner l’appel qui la hante, qui vient toucher cette part d’elle assoiffée de grand large, de grand air, de grande beauté. Non pas rester mais revenir. Choisir.
Troquer la bouteille assassine contre une thermos de café fort, troquer l’observation narquoise et éperdue de la faune des nuits de fêtes tristes pour la contemplation des étoiles et des nuages, et l’inventaire des derniers spécimens de râle des genêts, un oiseau nocturne comme elle, menacé comme elle, farouche comme elle.
Sa voie s’appelle l’Écart. C’est l’humble nom d’une bande côtière où les animaux sauvages et domestiques peuvent se côtoyer loin des regards, où folâtrent des elfes ivres d’embruns.
C’est le nom fier de son premier roman.

Auteur : Surnommée « la femme du Roi caille » par les soixante-dix autres résidents de la petite île de Papay, Amy Liptrot est retournée à Orkney pour travailler avec la Société Royale de protection des oiseaux. Elle y enregistre et documente des informations sur le Roi caille – un oiseau rare et secret qui construit son nid dans les hautes herbes et fait le bruit d’une cuillère traînée contre un égouttoir à vaisselle. Elle est la lauréate du PEN Ackerley Prize 2017 et du Wainwright Prize 2016. L’Écart est son premier roman.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est à la fois la superbe couverture du livre et la destination annoncée « l’archipel des Orcades » par la quatrième de couverture qui m’ont encouragé à découvrir ce premier roman. Des îles que je ne connaissais pas et qui se trouvent tout au Nord-Est de l’Écosse.
Amy a grandi dans l’archipel des Orcades, et dès l’adolescence elle souhaite en partir. A 18 ans, elle quitte ces îles rudes, battus par la mer et les vents et part à Londres, trouver la foule et la ville. Elle se trouve du travail, fait des rencontres et surtout beaucoup de fêtes… Et petit à petit, elle se perd dans l’alcool, la drogue et c’est la descente aux enfers, plus de travail, plus de logement, plus d’amis… Elle a perdu le fil de sa vie.
Dix ans plus tard, lorsqu’elle se rend compte de tout ce qu’elle a perdu, elle décide pour de bon de se reprendre en main et de faire une cure de désintoxication à Londres puis après ses premières victoires de sobriété, elle choisit de revenir dans les Orcades.
Elle a maintenant trente ans et tout à reprendre à zéro. Pour ne pas replonger, elle commence par travailler dans la ferme de son père, à réparer les murs de pierre, à l’aider lors des agnelages… Puis elle obtient un job d’été pour recenser « le roi caille », un oiseau migrateur rare et secret qui construit son nid dans les hautes herbes. Elle se sent bien dans les Iles et l’hiver suivant, elle s’installe sur la petite île de Papay. Pour canaliser son envie de boire, Amy marche et arpente de long en large l’Ile, elle se baigne également en toutes saisons.  Ce livre est l’histoire d’une renaissance et un regard magnifique sur la nature, la mer, les tempêtes, les oiseaux, le ciel…
J’ai beaucoup aimé, en particulier la partie du retour sur les Îles Orcades.
Merci Anne et les Éditions Globe pour ce livre témoignage touchant et dépaysant.

Extrait : (début du livre)
Sous les pales vrombissantes d’un hélicoptère prêt à décoller, une jeune femme en chaise roulante serre son nouveau-né dans ses bras tandis qu’un infirmier la conduit vers un homme également en fauteuil, entravé dans une camisole de force, qui arrive en sens inverse sur l’unique piste de l’aéroport.
Tous deux âgés de vingt-huit ans, ils sortent du petit hôpital local, le seul de l’archipel, où ils ont été pris en charge quelques heures auparavant. La femme vient de donner naissance à son premier enfant. L’homme, qui criait et gesticulait de manière incontrôlable, a dû être ligoté et mis sous calmants.
Situées au nord de l’Écosse, entre la mer du Nord et l’océan Atlantique, les îles Orcades sont constamment battues par les vents et frappées par les flots. Quoique très isolées, elles sont dotées de bonnes infrastructures : on y trouve un hôpital, un aéroport, un cinéma, deux établissements d’enseignement secondaire, un supermarché. On n’y trouve pas, en revanche, d’unité psychiatrique spécialisée dans l’accueil des patients atteints de lourdes pathologies mentales et susceptibles de représenter un danger pour autrui et pour eux-mêmes. Conformément à la loi sur la santé mentale des citoyens britanniques, tout résident des îles Orcades nécessitant une prise en charge de ce type doit être transféré à l’hôpital d’Aberdeen, en Écosse continentale.
Vue d’avion, qu’il s’agisse d’un appareil transportant les employés d’une plate-forme pétrolière ou d’une navette postale arrivant de l’île principale, la piste d’atterrissage apparaît comme une longue ligne droite coupant une vaste étendue plate et dénuée d’arbres. Lorsqu’elle n’est pas fermée des jours durant pour cause de brouillard ou de vents violents, c’est sur cette piste que se joue l’éternelle cérémonie des arrivées et des départs, menus drames humains se jouant sous le regard des contrôleurs aériens, parmi l’immensité des cieux et des mers.
Ce soir de mai, tandis que les marguerites referment leurs pétales pour la nuit, tandis que les guillemots et les mouettes tridactyles ramènent des lançons à leurs petits nichés sur les hauteurs des falaises, tandis que les brebis se blottissent contre les murets de pierre sèche pour se protéger du vent, mon histoire commence. Car le bébé sur le tarmac, c’est moi. Ma naissance, trois semaines avant terme, a déclenché chez mon père un épisode maniaque.
Ma mère se charge des présentations. Elle me pose brièvement sur ses genoux avant qu’il soit emmené dans l’hélicoptère. Nous ne saurons pas ce qu’elle lui dit : ses propos sont couverts par le vrombissement des pales et le mugissement du vent.

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Capture d_écran 2018-04-30 à 11.32.48Carte du Royaume-Uni et des Orcades (ou Orkney)

Agatha Raisin tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre – M.C. Beaton

51Pj39OW2mL Albin Michel – mai 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Jacques Bosser

Titre original : Agatha Raisin and the terrible tourist, 1997

Quatrième de couverture :
God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d’Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis.
C’est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l’élu de son cœur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l’a-t-elle retrouvé, pas le temps de s’expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l’enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en juillet 2018)
A la fin du dernier tome, le mariage d’Agatha et James Lacey ayant été annulé. Ce dernier est parti seul à Chypre, le lieu où ils devaient passer leur voyage de noce. Agatha, ne voulant pas rester sans rien faire, décide de rejoindre James pour tenter de le reconquérir… A peine, Agatha a-t-elle sympathisé avec un groupe de touristes britanniques que l’une d’elles est assassinée devant ses yeux. Agatha décide donc de mener son enquête, mais elle est menacée elle-même… James joue avec Agatha le chaud et le froid.
Cette épisode est également l’occasion de découvrir l’Île de Chypre.
Mais pour ma part, je regrette le village de Carsely et ses habitants hauts en couleurs…

Extrait : (début du livre)
Agatha Raisin se sentait complètement perdue et très malheureuse. Son projet de mariage avec son voisin James Lacey avait brusquement pris fin à la réapparition au dernier moment d’un mari qu’elle avait cru mort et enterré. En fait, il était en excellente santé, du moins jusqu’à son assassinat. Elle avait espéré que trouver le coupable de ce meurtre ressouderait le couple qu’elle formait avec James, mais il avait préféré fuir à Chypre.
Même si vivre à Carsely, un petit village des Cotswolds, avait quelque peu adouci les aspects rugueux de sa personnalité, Agatha restait fondamentalement la femme d’affaires sûre d’elle-même qu’elle avait été. Elle avait créé et pris la présidence d’une agence de relations publiques à Mayfair, avant de la vendre, de prendre une retraite anticipée et de s’installer à la campagne. Et c’est ainsi qu’elle avait fait de James l’unique objet de ses désirs.
Sa connaissance de Chypre se résumait à la division de l’île en deux parties : les Turcs chypriotes au nord et les Grecs chypriotes au sud. James avait choisi le Nord et elle était décidée à le retrouver et à faire en sorte qu’il tombe de nouveau amoureux d’elle.
La République turque du nord de Chypre était justement le lieu qu’ils avaient choisi pour leur voyage de noces et, dans ses moments de plus grande amertume, Agatha pensait qu’il était quand même assez violent et même carrément moche que James ait décidé de s’y rendre seul.
Lorsque Mrs Bloxby, la femme du pasteur, vint lui rendre visite, elle trouva Agatha plongée dans une pile de vêtements d’été de couleurs vives.
« Vous allez vraiment emporter tout ça ? demanda-t-elle, chassant une mèche de cheveux gris devant ses yeux.
– Je ne sais pas combien de temps je vais rester là-bas, répondit Agatha. Donc je prends mes précautions. »
Mrs Bloxby lui jeta un regard interrogateur, puis se lança : « Pensez-vous vraiment avoir pris la bonne décision ? Je veux dire, les hommes n’aiment pas beaucoup qu’on les traque.
– Et comment fait-on alors pour en trouver un ? » répondit Agatha, prête à se mettre en colère.
Elle prit un maillot de bain une pièce, noir et or, entre ses mains et le considéra d’un air critique.
« J’ai des doutes sur James Lacey, continua Mrs Bloxby de sa voix si douce. J’ai toujours vu en lui un homme assez froid, replié sur lui-même.
– Vous ne le connaissez pas ! » répondit Agatha sur la défensive, pensant aux nuits passées au lit avec James, des nuits certes tumultueuses, mais aussi de grand silence, au cours desquelles il n’avait jamais prononcé le moindre mot d’amour. « De toute façon, j’ai besoin de vacances !
– Ne partez pas trop longtemps. On va vous manquer.
– Il n’y a pas grand-chose à regretter à Carsely. La Société des dames, les fêtes de l’église, il y a plus excitant, non ?
– C’est un peu cruel, Agatha. Je pensais que vous les appréciiez. »

 

Déjà lu du même auteur :

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

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Petit bac 2018Déplacement (5)

L’Écossais – Anna Briac

91XXaskjbpL Editions Charleston – novembre 2017 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Alicia a vingt-six ans, un enfant (Samuel), des diplômes par-dessus la tête, pas de mec, un joli minois et une vie d’octogénaire. Elle travaille pour Lexitrad, une agence de traduction. Sur un coup de tête, elle décide de partir avec son fils en Écosse pour quelque temps. Mais l’aventure risque fort de tourner au vinaigre, entre pannes de voitures, client insupportable, Écossais à la tête dure et voisins qui décident de se mêler de ses affaires…
Une romance sur fond de cornemuse et de pluie fine !

Auteur : Anna Briac est professeur de français. Elle vit dans une région sans cesse enneigée avec amoureux, enfants, chien et chat ! L’Écossais est sa première romance.

Mon avis : (lu en mai 2018)
J’ai emprunté ce roman à la Bibliothèque en pensant étoffer mon Challenge Voisins Voisines avec une lecture écossaise ou britannique… mais finalement l’auteur est française… Je ne regrette pas cette lecture qui m’a permis de découvrir l’Écosse avec l’Île de Skye battu par les vents, son petit village et ses habitants charmants et haut en couleurs comme l’a découvert Alicia, mère célibataire d’un petit Samuel de 4 ans…
Engluée dans un quotidien sans saveur en France, Alicia décide, sur un coup de tête et avec la bénédiction d’Emilie sa meilleure amie, de partir quelques jours en Ecosse pour changer d’air. Mais à peine arrivée, elle regrette presque ce voyage : sous la pluie battante, elle tombe en panne d’essuies glace et le bel Écossais qui tente de la dépanner est maladroit et inquiétant… Mais au fil des jours, elle va de plus en plus apprécier le charmant cottage où elle habite, les habitants de ce petit village très accueillant et le bel Écossais attendrissant…
Une lecture sans prétention, agréable et qui fait du bien !

Extrait : (début du livre)
La pluie s’abattait si fort sur le pare-brise de la voiture de location, qu’Alicia crut que jamais les essuie-glaces ne parviendraient à contenir le déluge. Ils luttaient en braves
petits soldats, mais les trombes d’eau risquaient d’avoir bientôt raison de leur détermination. Un long frisson glacé remonta le long de l’épine dorsale de la jeune femme, qui rajusta sa grosse écharpe de laine pour tenter de conserver un peu de chaleur. Évidemment, le chauffage fonctionnait mal, ne soufflant qu’un air tiède qui peinait à chasser la buée des vitres et accentuait la sensation de froid dans le véhicule. Alicia se retourna pour vérifier que Sam dormait toujours, bien sanglé dans son siège auto. Une bouffée d’amour inconditionnel la submergea. Bert, le doudou-ours polaire aux oreilles grises à force d’être mâchouillées, pressé contre sa poitrine, son fils dormait.
— Petit veinard, songea Alicia en souriant, toujours émerveillée de cet abandon confiant qui s’emparait des enfants dans leur sommeil.
Qu’est-ce qu’elle aurait aimé sombrer dans l’oubli total, elle aussi… Quelques jours sans rien ressentir. L’anéantissement des émotions. Plus de remords, de tristesse, de colère, de peur. Le bonheur !
Un violent coup de klaxon la ramena au réel et la fit sursauter. Elle donna un brusque coup de volant à gauche pour rajuster sa trajectoire tandis que l’automobiliste agacé la doublait en faisant de grands signes du bras. Pas aimables, les signes.
— Ça va, calme-toi, mon grand ! Je me suis juste décalée un peu à droite.
Un peu à droite… Elle se trouvait au milieu de la chaussée, oui ! Ceci dit, elle n’était pas totalement coupable : les Écossais auraient dû faire preuve de bon sens et choisir le bon côté de la route au lieu de s’aligner sans réfléchir sur le modèle anglais.
D’ailleurs, la route… Un ruban gris qui serpentait entre des collines d’un vert aveuglant et rejoignait plus loin l’horizon ardoise. Un désert détrempé et déprimant. Alicia soupira, jeta un œil à Samuel, hésitant pendant quinze longues secondes à effectuer un savant demi-tour pour foncer vers l’avion qui les ramènerait chez eux, au sec et au chaud. 
— Un peu de courage, Al’ ! s’exhorta-t-elle à mi-voix. Il te reste au moins quelques lambeaux de dignité, non ? 

Agatha Raisin enquête, Tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M. C. Beaton

Agatha_5 Albin Michel – mai 2017 – 288 pages

traduit de l’anglais par Françoise Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the murderous marriage, 1996

Quatrième de couverture :
Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin !
Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s’apprêtent à dire « oui », Jimmy, l’ex-mari d’Agatha, surgit en pleine cérémonie… Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l’autel.
Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d’une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en avril 2018)
Le mariage d’Agatha Raisin et de James Lacey doit avoir lieu.
Le mariage n’aura pas à l’église du village, mais seulement à la mairie de Mircester.
En effet, Agatha est la seule à savoir qu’elle n’a jamais divorcé de son premier mari qu’elle pense mort. Mais elle n’a aucune preuve… Et bien sûr Jimmy, l’ex-mari, débarque en cours de cérémonie et James se sentant trahi abandonne Agatha. Et quelques heures plus tard Jimmy est retrouvé mort au fond d’un fossé…
Agatha et James sont considérés comme les suspects numéro 1 et ils vont devoir s’unir pour mener l’enquête et se disculper…
Cette série est toujours aussi amusante, facile à lire, pleine d’humour et son côté british est savoureux et distrayant. 

Extrait : (début du livre)
Le mariage d’Agatha Raisin et de James Lacey devait avoir lieu dans une semaine. Les habitants de Carsely, village des Cotswolds, étaient déçus qu’Agatha ne se marie pas à l’église du village, mais à la mairie de Mircester, et Mrs Bloxby, la femme du pasteur, était perplexe et meurtrie.
Agatha était seule à savoir qu’elle n’avait aucune preuve de la mort de son premier mari. Seule à savoir aussi qu’elle s’apprêtait peut-être à devenir bigame. Mais elle était follement amoureuse de son séduisant voisin, le beau James Lacey, et terrifiée à l’idée de le perdre si elle remettait le mariage à plus tard pour trouver la preuve désirée. Elle n’avait pas vu son ivrogne de mari, Jimmy Raisin, depuis des années. Il avait bien dû finir par mourir.
Elle avait choisi la mairie de Mircester parce que le préposé au bureau de l’état civil y était vieux, sourd et totalement dépourvu de curiosité. Les seules démarches exigées étaient des déclarations à faire et des formulaires à remplir, mais on ne lui demandait de fournir aucune preuve à l’appui, hormis son passeport, qui était toujours à son nom de jeune fille, Agatha Styles. La réception du mariage devait avoir lieu dans la salle des fêtes et presque tout le village y avait été invité.
Mais à l’insu d’Agatha, des forces hostiles conspiraient déjà contre elle. Dans un moment de rancœur vindicative, son ex-ami, le jeune Roy Silver, estimant qu’elle lui avait coupé l’herbe sous le pied lors d’une occasion en or de se mettre en avant, avait engagé un détective privé pour tenter de retrouver le mari de son ex-patronne. Roy avait jadis travaillé pour l’agence de relations publiques d’Agatha et était passé dans la société qui en avait racheté les parts quand elle avait pris une retraite anticipée. Roy aimait sans doute autant Agatha qu’il lui était possible d’aimer quelqu’un, mais quand elle avait résolu sa dernière affaire criminelle, il espérait en retirer une certaine publicité – après tout, il y avait été associé. Or elle l’avait ignoré ; les gens comme Roy éprouvent toujours le besoin de se venger.

Déjà lu du même auteur :

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière

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Petit bac 2018Mot positif (4)