Baddawi, une enfance palestinienne – Leila Abdelrazaq

816Bw7W5iDL Steinkis – janvier 2018 – 115 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Giudicelli

Titre original : Baddawi, 2015

Quatrième de couverture :
Ahmed est un jeune garçon palestinien qui grandit à Baddawi, un camp de réfugiés dans le nord du Liban.
Baddawi est bondé, dynamique, solidaire, mais la tension politique est palpable et les exactions monnaie courante. Aussi quand les parents d’Ahmad ont l’occasion de déménager à Beyrouth, ils n’hésitent pas ! C’est sans compter sur la guerre civile qui les rattrape bientôt…

Auteur : Leila Abdelrazaq est américaine, d’origine palestinienne. Dans ce premier roman graphique, elle explore conflit israélo-palestinien dans les années 1960 et 1970 en se mettant, avec une infinie tendresse, à la hauteur de ce petit garçon qui voit le monde s’effondrer autour de lui et tente d’avancer en traçant son propre chemin.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Ce roman graphique raconte l’histoire d’Ahmed, un jeune Palestinien de 1959 à 1980. Leila Abdelrazaq, l’auteure de cette BD, est la fille d’Ahmed. A travers l’histoire de ce jeune garçon, elle évoque aussi l’Histoire avec un grand H des Palestiniens qui ont été contraints à l’exode à partir de 1947.
La terre natale de sa famille était le village de Safsaf, dans le nord de la Palestine. Le 29 octobre 1948, c’est l’opération Hiram, les troupes israéliennes massacrent à Safsaf et sa grand-mère (alors âgée de 17 ans) et son grand-père en réchappent et craignant une nouvelle attaque, ils sont contraints de fuir… Ils marchèrent jusqu’à un camp de réfugiés situé au nord du Liban « Baddawi ». Et jamais, ils ne purent retourner en Palestine…
Ahmed vit le jour dans le camp de « Baddawi » et il y grandit avec ses neuf frères et sœurs. Sa vie quotidienne est celle d’un jeune garçon qui va à l’école, joue aux billes ou chasse les oiseaux avec ses copains… Mais la guerre n’est jamais loin… Dans le camp la tension politique avec l’armée libanaise est palpable, aussi lorsque l’occasion se présente de déménager toute la famille à Beyrouth, les parents d’Ahmed n’hésitent pas. Mais la guerre civile au Liban commence et la vie d’Ahmed et de sa famille reste difficile et l’espoir de retourner un jour en Palestine devient de plus en plus mince…
Ahmed est un jeune garçon attachant, intelligent et débrouillard. A travers ses yeux, nous découvrons la culture, les traditions et l’identité de ce peuple et l’Histoire de cette époque. Un témoignage instructif et très intéressant, l’humour et l’émotion sont également présents…
Le dessin en noir et blanc rappelle le style de Zeina Abirached ( Prendre refuge , Je me souviens Beyrouth , Le piano oriental ) ou celui de Marjane Satrapi (Persepolis)
A la fin de la BD, il y a également un glossaire très complet. Sont également présents dans le dessin des motifs typiques de la broderie traditionnelle palestinienne.

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(2) Lieu

L’Odyssée d’Hakim tome 1 : De la Syrie à la Turquie – Fabien Toulmé

81qDioikdmL Delcourt – août 2018 – 272 pages

Quatrième de couverture :
L’histoire vraie d’un homme qui a dû tout quitter : sa famille, ses amis, sa propre entreprise… parce que la guerre éclatait, parce qu’on l’avait torturé, parce que le pays voisin semblait pouvoir lui offrir un avenir et la sécurité. Un récit du réel, entre espoir et violence, qui raconte comment la guerre vous force à abandonner votre terre, ceux que vous aimez et fait de vous un réfugié.

Auteur : Fabien Toulmé voit le jour en 1980 à Orléans. Passionné de bande dessinée, il décide de suivre de longues et pénibles études d’ingénieur Civil et d’urbanisme afin d’acquérir les bases essentielles de la construction d’une BD. En 2001, il part pour plusieurs mois sous les tropiques (Bénin, Guyane, Brésil, Guadeloupe). Enfin, lassé par l’eau bleue cocotiers, il revient s’installer en France en 2009 à Aix-en-Provence. Depuis il publie castrations et BD dans divers magazines (Lanfeust Mag, Psikopat, Spirou…) ou dans ouvrages collectifs (Alimentation générale, Editions Vide Cocagne, Vivre dessous, Editions Monolosanctis, Les autres gens…). Avec Ce n’est pas toi que j’attendais, il réalise son premier album.

Mon avis : (lu en août 2019)
En prologue, Fabien Toulmé raconte la genèse de cette BD. Bizarrement, cela commence par le crash d’un avion en mars 2015 qui devient le sujet principal des journaux TV et radio pendant de nombreux jours et la brève en fin de journal du présentateur « drame de l’immigration toujours, 400 migrants décèdent noyés lors de leur traversée de la Méditerranée ». Rien de plus… C’est choquant de réaliser que nous sommes plus émus pour un drame aérien que pour la mort de ces très nombreux migrants obligés de fuir. Mais il est vrai que l’on s’imagine plus facilement partir en vacances dans un avion que de fuir son propre pays et d’embarquer dans un rafiot pour traverser la mer…
Fabien Toulmé part donc à la recherche d’un réfugié acceptant de témoigner, et décide de raconter qui il est, pourquoi il a dû quitter son pays, la Syrie, et son long et dangereux périple pour arriver jusqu’en France.
Dans ce premier tome (il y en aura 3), l’auteur raconte comment la vie d’Hakim bascule en 2011 lorsque la guerre éclate en Syrie. A l’époque, c’était un jardinier sans histoire et il se fait exproprier, il fait un séjour en prison où il sera torturé… Il est alors obligé de quitter son pays et ses parents, il passe au Liban puis en Jordanie et enfin en Turquie. C’est au cours de cet exil forcé qu’il va rencontrer Najmeh, qui deviendra sa femme.
Avec cette BD, le lecteur découvre l’histoire proche de la Syrie à travers le parcours d’un homme ordinaire, simple. C’est important de savoir et de comprendre ce que ces hommes et ses femmes ont vécu. Pourquoi ils ont été obligés de tout quitter, pays, entreprise, famille et les toutes difficultés qu’ils ont rencontré…
Hakim et sa famille sont attachants et j’ai hâte de connaître la suite de son parcours.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

9782756035505_1_75 Ce n’est pas toi que j’attendais

petit bac 2019(7) Prénom

L’extraordinaire voyage du fakir qui etait resté coincé dans une armoire Ikéa – Zidrou, Falzar, KyungEun

d’après le roman de Romain Puertolas

51biYcblr1L Jungle – octobre 2017 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye post-Kadhafiste.
Une histoire d’amour plus pétillante que le champagne, un éclat de rire à chaque page mais aussi le reflet d’une terrible réalité, le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle, sur le chemin des pays libres.
Les tribulations d’un fakir devenu culte.

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D’abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l’écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l’auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l’ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l’Australie, « Crime qui est le tien ». Pour 2016, l’auteur continue d’écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans « Les Beaux Étés » et proclame la fin de Venise dans « Marina ».
Kyung Eun Park
est un auteur coréen de bandes dessinées. Après des études universitaires d’arts plastiques, il travaille un temps comme animateur dans un studio de dessin animé. Il décide ensuite de venir en France pour suivre la formation d’illustrateur à Lyon, qu’il complète par un cursus aux Arts déco de Strasbourg.
Falzar
est scénariste coloriste. Né 15 avril 1961 à Mons, François d’Hont, pseudonyme Falzar a une double formation d’instituteur et de criminologue, mais il exerce deux professions assez éloignées de cette base. Il est à la fois animateur dans le cadre d’un hôpital psychiatrique et scénariste de bandes dessinées humoristiques. 

Mon avis : (lu en mai 2019)
Je n’ai pas lu le livre original de Romain Puertolas avant d’emprunter cette BD à la Bibliothèque mais je connaissais déjà le début de l’histoire… Le héros Ajatashatru Lavash Patel ou Aja est un fakir un peu escroc et très débrouillard qui vient d’arriver à Paris pour y acheter un lit à clous repéré en soldes sur le catalogue Ikea. Malheureusement, le produit n’est plus en stock et Aja va devoir revenir le lendemain. N’ayant nulle part où dormir, il décide de se cacher dans le magasin pour y passer la nuit. Il s’enferme dans une armoire mais celle-ci fait partie d’un lot à déstocker et Aja se retrouve, malgré lui, en route vers l’Angleterre… C’est le début d’une aventure rocambolesque à travers l’Europe et au-delà… le fakir va découvrir le quotidien des migrants, renvoyés de frontières en frontières. Il sera poursuivi par les polices des frontières mais aussi par le taxi qu’il a entourloupé lors de son arrivée à Paris…
Une lecture sympathique mais l’intrigue pas toujours facile à suivre, cette adaptation ne m’a pas spécialement donnée envie de lire le roman.

Extrait : (début de la BD)

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petit bac 2019(5) Objet

Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard

Prendrerefuge Casterman – septembre 2018 – 344 pages

Quatrième de couverture :
1939, Afghanistan. Autour d’un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse d’une archéologue. Cette nuit là, les deux femmes l’apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate. 2016, Berlin. Karsten, jeune allemand qui se passionne pour l’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s’éprend, malgré leurs différences. A travers ces deux récits entremêlés, deux histoires d’amour atypiques, comme un écho à deux époques complexes, se tissent au fil des pages. Alliant les contraires, rapprochant des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser, l’album propose une réflexion sur la difficulté d aimer aujourd’hui comme hier. Entre Kaboul et Berlin, hier et aujourd’hui, l’amour comme la plus belle des aventures.

Auteurs : Née à Beyrouth en 1981, Zeina Abirached a fait des études de graphisme au Liban puis à Paris, aux Arts Décoratifs. Après Beyrouth Catharsis et 38 rue Youssef Semaani, son roman graphique Mourir Partir Revenir, Le jeu des hirondelles connaît un large succès public et critique (sélection Angoulême 2008, traduction dans une dizaine de pays).
Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié La Perfection du tir (2003), Remonter l’Orénoque (2005) et Zone (2008). Ses romans ont reçu de nombreux prix – notamment le prix Goncourt 2015 pour Boussole.

Mon avis : (lu en novembre 2018)
Ayant beaucoup aimé les précédentes BDs de Zeina Abirached, je me réjouissais de découvrir ce nouvel ouvrage.
A travers deux histoires qui se répondent, le lecteur découvre deux histoires d’amour, à deux époques différentes.
En 2016, à Berlin, Karsten, un jeune Allemand, passionné d’Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne. Tous deux sympathisent puis s’aiment malgré leurs différences.
En 1939, en Afghanistan. Au pied des Bouddhas de Bâmiyân, c’est la nuit où l’on apprend par la radio que la Seconde Guerre mondiale vient d’éclater. Anne-Marie Schwarzenbach, une voyageuse européenne, tombe amoureuse de Ria, une archéologue française.
La présence des Bouddhas de Bâmiyân, classés au patrimoine de l’Unesco et détruits par les Talibans en 2001 est un symbole fort.
C’est beau, c’est mélancolique, il est question d’amour et de guerre… C’est une BD à lire plusieurs fois, ma première lecture ne m’a pas convaincue, il m’a fallu le lire plusieurs fois pour apprécier cet ouvrage. J’aime beaucoup le style du dessin en noir et blanc de Zeina, qui remplie toute la page avec ces motifs géométriques.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

109131079 Je me souviens Beyrouth – Zeina Abirached

109657358 Le piano oriental – Zeina Abirached

Parle_leur_des_batailles Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard