Bienvenue au Motel des Pins perdus – Katarina Bivald

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Lu en partenariat avec Babelio et Denoël

81YHN7-CCtL Denoël – février 2017 – 576 pages

traduit du suédois par Lucas Messmer

Titre original : En dag ska jag lämna allt det här, 2018

Quatrième de couverture :
On meurt tous un jour… pas forcément dès le premier chapitre ! C’est pourtant ce qui arrive à Henny. Mais elle se refuse à quitter notre monde sans avoir accompli une dernière tâche : retrouver, réconcilier et rendre heureux ses anciens amis. Drôle, farfelue et émouvante, Henny est l’amie qu’on rêve d’avoir à ses côtés… vivante de préférence !

Auteur : Katarina Bivald a grandi en travaillant à mi-temps dans une librairie. Aujourd’hui, elle vit près de Stockholm, en Suède, avec sa sœur et autant d’étagères à livres que possible. Bienvenue au Motel des Pins perdus est son troisième roman, après La Bibliothèque des cœurs cabossés et Le Jour où Anita envoya tout balader.

Mon avis : (lu en février 2019)
J’ai lu ce livre sans déplaisir, mais sans plus.
Tout commence avec la mort brutale d’Henny Broek, renversée par un camion devant le Motel des Pins Perdus, qu’elle tient avec son amie d’enfance MacKenzie. Henny ne disparaît pas vraiment, au moins pour le lecteur, car elle devient le narrateur de cette histoire.
Quelques jours avant sa mort, Henny avait vu le retour de son amour de jeunesse, Michael, géologue, parti arpenter le monde. Avec sa mort, c’est également le retour à Pine Creek, du dernier membre du quatuor d’enfance, Camilla. 
Après avoir découvert, à travers le regard de ses amis, qui était vraiment Henny et le quotidien de Pine Creek aujourd’hui et autrefois. MacKenzie, Camilla et Michael décident de tout faire pour sauver le Motel qu’une partie de la ville voudrait voir disparaître…
C’est une histoire d’amitié et d’amour, avec de l’humour, de la solidarité et surtout de la réconciliation. Il est question de lutte contre les esprits étroits et les nombreux personnages sont attachants, en particulier, pour ma part, MacKenzie.

J’ai trouvé cependant le livre trop long et le personnage d’Henny sans relief. Et je me demande également pourquoi Katarina Bivald, auteure suédoise, a-t-elle voulu raconter une histoire qui se passe aux États-Unis ? 

Extrait : (début du livre)
De mon vivant, ma dernière pensée se tourna vers le corps de Michael.
Je me répète en boucle « le corps de Michael, le corps de Michael, le corps de Michael », comme s’il s’agissait d’un miracle devant lequel je doutais encore.
C’est alors que j’aperçois la forme au milieu de la route.
Cette route, je la connais dans ses moindres détails : l’asphalte qui prend un air encore plus craquelé sous le soleil de l’après-midi, le gravier le long du bas-côté, le parfum douceâtre des aiguilles de pin. Pour l’instant, je ne ressens qu’un léger étonnement. Je ne percute pas immédiatement que j’observe un corps, et la possibilité qu’il s’agisse d’un être humain ne m’effleure même pas l’esprit.
On dirait tout simplement un sac que quelqu’un a jeté là. Mais c’est sacrément gros, quand même. Je finis par avancer dans sa direction, tout en me demandant ce que je vais faire.
En tout cas, c’est trop gros pour être l’un des habituels animaux écrasés. Peut-être une biche, complètement immobile, et non en proie aux derniers soubresauts frénétiques qui précèdent généralement la mort. J’ai horreur de voir des animaux sur le point de mourir. Ils savent toujours que leur fin est proche, alors même que leur corps se débat mécaniquement, par instinct.
Ce n’est qu’en approchant que je distingue une jambe droite, indéniablement humaine, mais tordue dans un angle impossible. Encore sous le choc, je reconnais mon plus beau jean et ce qui reste de mon chemisier favori.
Les pois rouge pâle ressortent clairement, mais je n’arriverai jamais à nettoyer entièrement les parties blanches du tissu.
Je ne reconnais pas mes cheveux. Ma couleur châtain clair est tachée de gravier, d’huile de moteur et d’un liquide que je soupçonne être du sang. Le bras gauche forme un angle droit avec le torse, et le bras droit… a disparu.
D’instinct, je vérifie mon flanc droit. Mon bras est pourtant toujours là.
À vingt mètres de moi, un camion est immobilisé en travers de la route. Un homme âgé d’une quarantaine d’années se tient au capot, le regard rivé au sol. On dirait que ses jambes ne vont pas tarder à lâcher.
Il parvient néanmoins à avancer de deux pas chancelants en direction du bas-côté, avant de se pencher au-dessus des fougères. Je détourne les yeux, tandis qu’il hoquette, puis vomit.
Malgré tout, il trouve la force de retourner à son véhicule sans s’effondrer. Il est plutôt maigrelet et flotte un peu dans sa chemise. Les mains tremblantes, il sort son téléphone portable pour prévenir la police. Accident. Pine Creek. Près du motel. Après la sortie. Une… blessée.
Nous avons l’air bien isolés, au milieu des pins. Il vacille d’avant en arrière tout en marmonnant dans sa barbe. Je ne sais vraiment pas quoi faire pour lui. J’essaie maladroitement de lui tapoter l’épaule, comme pour m’excuser, mais c’est inutile.
C’est alors que j’entends ce qu’il murmure :
— Pas morte, pas morte, pas morte.
Un mantra. Une prière qu’il répète, encore et encore.

Déjà lu du même auteur :

102696527 (1) La Bibliothèque des cœurs cabossés

111148641 Le jour où Anita envoya tout balader

 

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petit bac 2019(2) Végétal

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Millénium saga – tome 3 – La fille qui ne lâchait jamais prise – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega

81P6OxK5S4L Dupuis – octobre 2018 – 64 pages

Quatrième de couverture :
Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander ont remonté la piste des kidnappeurs de Plague, Trinity et Bob the Dog. De leur surnom « Sparta », ces extrémistes patriotiques pro-Blancs ont pour intention de pirater les données du gouvernement suédois en s’infiltrant dans les serveurs des services secrets. Et si les trois hackeurs ne coopèrent pas, c’est la mort qui les attend. Les indices mènent le journaliste de « Millénium » et sa complice droit vers Mark Borrow, écrivain d’un best-seller vantant la supériorité masculine et homme politique associé aux mouvements radicaux d’extrême-droite. Alors que celui-ci dirige un séminaire de coaching, le duo le prend en otage afin de savoir où ses collègues séquestrent les pirates informatiques. Et quand la situation dégénère en fusillade ouverte, Lisbeth et Mikael n’imaginent pas qu’ils seront soutenus par une ancienne connaissance…

Auteurs : Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l’économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d’Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.
Né en 1971 à Tournai d’une mère Belge et d’un père Français, ayant grandi dans le sud de la France, c’est en compagnie des Astérix, Batman et autres Spirou que Sylvain Runberg étanche sa soif de bulles, le tout entrecoupé de récits historiques et de romans divers, manière de titiller son imaginaire en devenir. Il passe son bac d’Arts Plastiques dans le Vaucluse avant d’obtenir une Maîtrise d’Histoire contemporaine à la faculté d’Aix en Provence, années étudiantes ponctuées de nombreux voyages en Europe et d’organisation de soirées musicales, du rock indépendant à la musique électronique. Sylvain Runberg évolue ensuite plusieurs années en librairie avant de rejoindre le monde de l’édition. Il déménage alors à Paris pour rejoindre les Humanoïdes Associés. Mais un fâcheux accident l’immobilise plusieurs mois durant l’année 2001. Il s’essaye alors à l’écriture durant sa convalescence et s’aperçoit que ça lui plait plus que de raison et décide de continuer. En 2004, Sylvain sort son premier album, « Astrid » avec Karim Friha. Suivent ensuite des projets aux univers variés : les « Colocataires » avec Christopher, série inspirée par ses années étudiantes aixoises, « Hammerfall », avec Boris Talijancic, saga médiévale fantastique ayant pour cadre la Scandinavie du VIIIe siècle et la série de science fiction « Orbital », réalisée avec Serge Pellé. 

Belén Ortega (1986) est diplômée des Beaux-Arts de l’université de Grenade (Espagne) et a poursuivi sa formation à l’université d’Osaka (Japon) durant plus d’un an. Son premier travail professionnel, « Himawari », publié en 2011, a reçu le prix du meilleur manga espagnol par Ficomic Barcelona. En 2010, Expomanga Madrid lui décerne le prix de la meilleure illustratrice espagnole. Sa première bande dessinée, « Pajaro Indiano », est publiée en 2015 et sera aussi exportée en Italie par le magazine BD « Lanciostory ». La même année, Ominiky Ediciones compile l’ensemble de son travail dans un artbook. En 2016, Norma Editorial publie « Marc Márquez, la historia de un sueño », sa biographie du double vainqueur du Championnat du monde de MotoGP. Actuellement, Belén Ortega collabore avec Sylvain Runberg sur une nouvelle série issue de l’univers de « Millénium » de Stieg Larsson pour les Éditions Dupuis : « Millénium Saga ». En parallèle, elle est illustratrice freelance. Elle réalise des couvertures de livres, travaille à divers projets indépendants et crée des personnages pour des jeux vidéo ainsi que pour de courts métrages animés. Elle est également professeur de manga à temps partiel.

Mon avis : (lu en décembre 2018)
C’est le dénouement de cette série « Saga », une aventure inédite de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, tout à fait dans l’esprit de Stieg Larsson. Un thriller politique sombre où il est question de sujets d’actuels comme l’espionnage numérique, les lanceurs d’alerte, la montée des courants nationalistes et identitaires, le terrorisme… Sans oublier les thèmes chers à l’auteur comme l’indépendance de la presse et la lutte pour la liberté et l’égalité des citoyens. Une intrigue haletante et bien ficelée qui s’achève avec sa dose de tension et de scènes de poursuite…

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu dans la même série :

88596558_p Millenium – tome 1 106030485 Millenium – tome 2

millenium3 Millenium – tome 3  millenium4 Millenium – tome 4

millenium_5_1_75 Millenium – tome 5 107056902 Millenium – tome 6

114103759 Millénium saga – tome 1 81Vot04XJLL Millénium saga – tome 2

petit bac 2019(1) Lecture

De l’autre côté – Stefan Casta

51dhuuvbnul Thierry Magnier – avril 2017 – 385 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Titre original : På andra sidan Fågelsången, 2015

Quatrième de couverture :
Une maison isolée pleine de charme, ce sera le refuge idéal pour Elina et son père meurtris par la mort accidentelle de Vanessa. Mais la maison est aussi mystérieuse, on la dit maudite. Au fil des saisons, Elina apprivoisera le lieu, et nous racontera une année capitale de son existence. Mais qui est ce garçon brun qui semble si bien connaître la maison et s’y installe avec eux ? Et ce renard qui rôde autour de la maison a-t-il joué un rôle dans l’accident où Vanessa a trouvé la mort… Avec son écriture faussement simple, Stefan Casta parle de l’absurdité de la vie avec gravité, poésie et douceur.

Auteur : Stefan Casta écrit des livres pour la jeunesse et pour les adultes. Il a été producteur à la radio et à la télévision ainsi que journaliste. Il a reçu le prestigieux prix August en 1999 ainsi que le prix Astrid Lindgren en 2002 pour l’ensemble de son oeuvre. Née en Suède, Agneta Ségol vit depuis de nombreuses années en Normandie. Longtemps enseignante en Français langue étrangère, elle se consacre maintenant à la traduction de romans.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Voilà un roman « ados » que j’ai pris un peu par hasard à la Bibliothèque.
Cela commence par un accident de voiture qui n’a comme seul témoin, un renard. Il est décrit au ralenti de l’intérieur de la voiture par Elina, la narratrice. Son père, Jurgen, est le conducteur et elle et Vanessa, sa belle-mère, sont à ses côtés.
La première phrase du livre est : « Quelqu’un meurt », ce quelqu’un c’est Vanessa, une belle-mère avec qui Elina a une relation bien plus forte qu’avec sa mère biologique.
Au fil des quatre saisons, le lecteur suit le deuil et la reconstruction de Jurgen et Elina.
Jurgen se lance dans de nombreux projets farfelus pour gagner sa vie, jusqu’à que par hasard, la découverte d’une vieille maison isolée, en pleine nature, leurs redonne un sens à la vie. Et peu à peu, la nouvelle maison devient un personnage, à propre parler, de cette histoire. Elle se transforme comme la nature autour d’elle.
Le souvenir de la morte est très présent, ainsi, souvent, Elina sent sa présence et la voit à ses côtés.
J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire qui mêle le réel et l’imaginaire, où la nature est très présente. Il y a de la poésie, du mystère et beaucoup d’humanité. Le côté suédois transparaît essentiellement, dans la présence importante de la nature et dans « l’exotisme » des menus avalés par nos personnages… comme par exemple, un petit-déjeuner composé d’une tartine fromage-poisson !

Extrait : (début du livre)
Quelqu’un meurt. C’est comme ça que cette histoire commence. Quelqu’un meurt et quelqu’un gagne à un jeu de grattage. Ça va changer beaucoup de choses. Tout, en fait.
C’est un vendredi.
Le 21 juin. Une date que je n’oublierai jamais. Pas parce que c’est la Saint-Jean, mais à cause de ce qui arrive.
C’est donc l’été.
Enfin… l’été si on veut. Le temps est tellement pourri qu’il faut une bonne dose d’optimisme pour déceler le moindre signe de son arrivée. En somme, il faut être comme Jörgen qui, lui, en voit partout. Des signes, je veux dire.
Jörgen c’est mon père. Un fait qu’il a souvent tendance à oublier. En ce moment il est au volant. Il fait de grands discours en conduisant. Personne ne l’écoute. On a déjà tout entendu. Ce qui ne l’empêche pas de débiter imperturbablement son monologue enthousiaste et interminable. De temps en temps, il souligne ses propos par de grands gestes emphatiques qui l’obligent à lâcher le volant. Les voitures autour de nous klaxonnent et nous font des appels de phares mais Jörgen s’en fiche royalement. Rien ne peut arrêter le flot de paroles qui se déverse de sa bouche. Il parle comme s’il se trouvait en face d’un public. Et le public c’est nous, Vanessa et moi.

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petit bac 2019(1) Partie du corps

Retour sur l’île – Viveca Sten

51zvmU31TnL Albin Michel – mai 2018 – 448 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I farans riktning, 2013

Quatrième de couverture :
C’est l’hiver sur l’île de Sandhamn. La tempête de neige qui fait rage contraint les habitants à rester chez eux. Un matin, on découvre le cadavre d’une femme sur la plage : la célèbre correspondante de guerre Jeanette Thiels était connue pour son franc-parler avec certaines personnalités influentes, issues notamment du parti xénophobe Nouvelle Suède.
Crime politique ou vengeance personnelle masquée ? L’inspecteur Thomas Andreasson n’a pas le temps de répondre qu’un nouveau meurtre a lieu.

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture. Sa série mettant en scène l’inspecteur Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans une douzaine de pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les deux premières saisons diffusées sur Arte ont réuni plus d’un million et demi de spectateurs.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est la sixième enquête de la série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn. C’est la période de Noël, la tempête de neige fait rage et au petit matin, la célèbre correspondante de guerre Jeanette Thiels est retrouvée morte sur la plage, devant l’hôtel où elle est arrivée la veille. Il s’avère que cette journaliste était en train d’enquêter sur l’extrême droite suédoise… Les pistes sont nombreuses et beaucoup n’aboutissent à rien de concret… Et voilà qu’un nouveau meurtre à lieu…

Thomas a comme nouveau collègue, Aram, un policier d’origine assyrienne qui a immigré en Suède lorsqu’il était enfant. C’est un personnage humain et touchant par son histoire qui tient une place importante dans cette enquête… et que j’espère retrouver dans les prochaines.
J’ai toujours du plaisir à retrouver l’île de Sandham et ses habitants, dans cet épisode, j’ai regretté la très faible présence de Nora Linde…

Extrait : (début du livre)
Pourvu qu’elle arrive à Sandhamn, tout irait bien. Nulle part elle ne se sentait plus en sécurité.

Jeanette se le répétait comme un mantra tandis qu’elle roulait dans la neige fondue sur l’autoroute. Plusieurs fois, elle dut chasser ses larmes en clignant des yeux pour voir la route. Sur le pont de Skurubron, elle faillit déraper.
Elle dépassa le golf au niveau du pont de Fågelbro sur le canal Strömma. Le ferry partait dans quelques minutes, à trois heures moins le quart. Il fallait qu’elle arrive à temps, c’était le dernier de la journée.
Au bout d’une éternité, le port de Stavsnäs s’ouvrit devant elle. Elle s’engagea sur le parking à moitié plein. Elle dut s’y reprendre à plusieurs fois, mais finit par réussir à fermer la porte de sa Ford.
Le vent lui mordit les joues, la température avait fortement chuté, il devait bien faire moins dix, voire plus froid. Un peu plus loin claquaient les filins d’un mât sans drapeau et, dans la baie, des crêtes d’écume couronnaient les vagues.
Une légère aigreur lui montait dans la gorge, mais elle n’avait pas le temps de s’en inquiéter.
Tête baissée, elle se précipita vers le quai où le gros bateau attendait dans la pénombre grise. Elle était la dernière à embarquer : on remonta la passerelle après elle et, quelques secondes plus tard seulement, le ferry appareilla. Elle ne put s’empêcher de se retourner pour voir s’il y avait quelqu’un derrière elle.
Jeanette se blottit dans un coin à l’arrière du ferry, et rabattit sa capuche, cachant presque totalement son visage. Elle aurait dû manger quelque chose, mais était trop fatiguée pour monter à la cafétéria, au pont supérieur : elle s’abandonna à une sorte de somnolence dans le grondement du moteur. Ce son régulier l’apaisait.
Son portable vibra dans sa poche. Elle y plongea machinalement la main, mais l’ôta aussitôt : elle ne voulait pas savoir qui cherchait à la joindre.
« Prochain arrêt Sandhamn, entendit-on grésiller dans un haut-parleur, le capitaine et l’équipage en profitent pour vous souhaiter un joyeux Noël. »

 

Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l’île
116631134 Au cœur de l’été

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Stockholm (3/3)

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Troisième jour, à Stockholm : nous commençons par prendre la ligne bleue du métro à T-Centralen, et nous découvrons l’une des stations décorées de Stockholm :

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Nous arrivons à la station Kungsträdgården, également décorée.

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Nous partons vers les deux petites  îles de Skeepholmen et Kastellholmen, nous en faisons le tour et nous visitons également la collection permanente du Moderna Museet.

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Il abrite des œuvres de l’Époque moderne comprenant Georges Braque, Sonia Delaunay, Siri Derkert, Henri Matisse, Edvard Munch, Wassily Kandinsky, Ernst Ludwig Kirchner, Pablo Picasso, Alexander Calder…. Mais aussi les œuvres des nouveaux réalistes, notamment La Chèvre de Robert Rauschenberg et des œuvres de Jasper Johns.

Pontus Hultén a fait une grande donation au musée en 2005. Elle comprenait plus de 700 œuvres parmi lesquelles on compte : Constantin Brâncuși, Salvador Dalí, Walter De Maria, Marcel Duchamp, Max Ernst, Sam Francis, Jasper Johns, Roy Lichtenstein, Kasimir Malevitch, Claes Oldenburg, Francis Picabia, Robert Rauschenberg, Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Andy Warhol

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Nous reprenons le métro pour la station Thorildsplan sur l’île de Kungsholmen,

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nous partons déjeuner dans l’un des parcs, puis nous passons le pont pour faire le tour de l’île Lilla Essingen, il fait très beau et les suédois en profite pour prendre le soleil au bord de l’eau…

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A Stockholm, en cette saison, le soleil se lève à 4h30 et se couche à 21h. Aussi, mon conjoint décide de partir faire un footing dès 5h autour des îles de Kungsholmen et de Lilla Essingen. Pour ma part, j’en profiterai pour finir ma nuit…

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Dernier jour de visite à Stockhölm, nous prenons le ferry pour rejoindre l’île de Djurgården et l’impressionnant Vasamuseet. Ce musée a été construit autour d’un vaisseau de guerre suédois du 17e siècle, qui sombra lors de son voyage inaugural le 10 août 1628 et qui fut renfloué en 1961.

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Le Vasa, baptisé ainsi parce qu’il portait le blason de la dynastie régnante, devait être le bateau le plus puissant jamais construit.  Des centaines de sculptures ciselées, les biens de l’équipage, les voiles et plus de 14.000 objets en bois ont été remontés avec le navire qui reste aujourd’hui encore, le seul vaisseau du XVIIe siècle à avoir été conservé.
Il fait assez sombre dans le musée, mais cela est nécessaire pour la conservation du vaisseau. Le bâtiment a par ailleurs été construit spécialement pour accueillir l’épave, aujourd’hui reconstituée. A ce jour, les équipes du musée mènent encore des recherches sur la préservation à long terme de ce précieux vaisseau de guerre.
Enfin, le musée abrite plusieurs expositions connexes qui nous en apprennent plus sur la vie à bord, les passagers, la navigation au XVIIe siècle…
Avant la visite, j’avais pu télécharger,  sur le site du musée, un audio-guide en français très intéressant.

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Nous quittons Djurgården avec le tramway et après avoir pique-niqué dans un parc, nous partons flâner dans le quartier de Ostermal : avec un petit tour au marché couvert où il y a presque autant de vendeurs que de bistrots…

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Nous passons également par la Kungl. Biblioteket (Bibliothèque Royale), et par hasard, nous empruntons une rue tunnel (Brunkeberg Tunnel)

P1040431_20la sortie du tunnel

Le tunnel est souterrain pour les piétons et les bicyclettes sous Regeringsgatan et Malmskillnadsgatan, environ 15-20 mètres de profondeur. Le roi Oscar II a ouvert le tunnel le 9 juin 1886.

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Nous terminons notre journée sur les hauteurs de Stockholm, dans le Parc Observatorielunden.

Nous profitons des dernières heures de notre long w-e vraiment dépaysant dans la capitale suédoise où la vie doit être bien agréable. L’accueil y est vraiment sympathique. La ville côtoie la nature avec les nombreux espaces verts, la mer avec les nombreuses îles. Dès qu’il fait beau, et cela a été le cas ces quatre jours, les Suédois vivent dehors, sur les terrasses des cafés, allongés sur l’herbe des parcs ou sur les bords de l’eau. Il y a de nombreux joggeurs, de nombreux cyclistes, les transports en communs nombreux et variés : bus, métro, tramway, bateau…

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Stockholm (2/3)

Le deuxième jour de notre séjour, nous avons commencé par nous acheter un pass de transport en commun pour 72 heures, et nous sommes partis explorer le sud de la ville avec l’île de Södermalm.
Nous avions pour jeu de retrouver les lieux des livres « Millénium » de Stieg Larsson.

A la suite du succès du livre puis des films, la ville organise des visites guidées « Millénium ». Comme les visites sont en suédois ou en anglais, j’avais préparé à l’avance mon guide, avec carte et adresses intéressantes ou pas à retrouver…

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Je n’avais pas pris le temps de relire ou de réécouter Millenium avant de partir à Stockholm… Au retour, j’ai donc emprunté la série des 6 BDs Millenium à la bibliothèque et j’ai pu retrouver les planches illustrant Stockholm et les lieux que nous avions visité…

Nous avons commencé notre balade à la station de métro Slussen : le quartier est en travaux et nous avons cherché sans trouver « Milton security » (là où travaille Lisbeth Salander).

millenium_bredNous avons arpenté la Götgatan et repéré « Le journal Millenium »
(où travaille Mikael Blomkvist),

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le 7-eleven (épicerie où Lisbeth Salander a l’habitude de faire ses courses)

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et le restaurant Kvarben que Mikael et Lisbeth fréquentent.

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Ensuite nous quittons la rue commerçante pour gagner les hauteurs vers la maison de Lisbeth Salander. Le quartier est vraiment agréable et vert avec de nombreux petits espaces verts.

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Puis direction, l’appartement du journaliste Mikael Blomkvist en empruntant escaliers
et rues escarpées…

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P1040336_20  Immeuble où se trouve l’appartement de Mikael Blomkvist

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Retour dans des quartiers moins pittoresques pour retrouver le café Mellqvist, le quartier général de Stieg Larsson et de son héros Mikael Blomkvist.

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Nous terminons par l’ancien appartement de Lisbeth

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 à suivre…

Stockholm (1/3)

Au mois de mai dernier, je suis partie quatre jours découvrir la capitale de la Suède, je partage ici avec vous et en 3 épisodes mon voyage !

Il faisait très beau sur Paris et sur l’Europe et nous avons vraiment pu profiter de la vue du ciel tout au long du voyage. Nous avons survolé la France, la Belgique, les côtes des Pays-Bas, un petit bout de côtes d’Allemagne, le Danemark et enfin la Suède avec ses nombreux lacs et ses forêts. Après 2h30 de vol en A370 sur la compagnie suédoise SAS nous avons atterri à Arlanda (au nord de Stockholm) à 13h.

Nous avons pris un bus durant 45 min pour rejoindre la Gare Centrale qui était toute proche de notre hôtel dans le quartier de Normalm.

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Notre chambre a vu sur l’immeuble d’à côté, mais aux extrémités du bâtiment la vue est impressionnante !

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Pour la première après-midi, nous sommes partis à pieds visiter la vieille ville, c’est-à-dire Gamla Stan.

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Nous nous sommes perdus dans les petites rues étroites et pavées de l’Île de Gamla Stan à la recherche d’une part de la rue la plus étroite de la ville (non trouvée ce premier jour) et du monument le plus petit de Stockholm…

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Une minuscule statue de 15 cm, Järnpokje. Caché sur une petite place derrière l’église finlandaise, ce petit garçon qui regarde la lune.

Nous avons apprécié les jolis maisons colorées de la place Stortorget

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Pour terminer, nous nous sommes offerts quelques « Bullar » brioche typique à la cannelle, un délice…

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Le matin du deuxième jour, nous partons visiter l’île de Södermalm
(voir billet Stockholm (2/3) )

Dans l’après-midi du deuxième jour, nous retournerons à Gamla Stan pour finir d’explorer l’est de l’île et enfin trouver la rue la plus étroite de Stockholm (Marten Trotzigs Gränd) qui se termine par un escalier…

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Marten Trotzigs Gränd

Après un dîner rapide et tôt à Max (fast food suédois), nous allons faire un petit tour digestif sur l’île de Kungsholmen, voir l’Hôtel de Ville (Stadshuset) de Stockholm.

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à suivre…

En sacrifice à Moloch – Åsa Larsson

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Audiolib – avril 2018 – 10h58 – Lu par Odile Cohen

Albin Michel – août 2017 – 448 pages

traduit du suédois par Caroline Berg

Titre original : Till offer åt Moloch, 2012

Quatrième de couverture :
Au terme d’une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d’un homme…
Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l’assassinat d’une femme à coups de fourche. Chargée de l’enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille…
Åsa Larsson, star du polar scandinave, part sur les traces d’un terrible et lointain secret, dans les paysages crépusculaires et inquiétants du Grand Nord suédois.

Auteur : Åsa Larsson a grandi à Kiruna, au-dessus du cercle polaire arctique, où se déroulent tous ses romans. Avocate comme son héroïne Rebecka Martinsson, elle se consacre désormais à l’écriture. Devenue l’auteure de romans policiers la plus aimée des Scandinaves, elle compte désormais des millions de lecteurs à travers le monde. Déjà publiés en France : En sacrifice à Moloch, Le sang versé, La piste noire et Tant que dure ta colère.

Lecteur : Odile Cohen a commencé sa carrière au théâtre sous la direction de Robert Hossein et Daniel Mesguich. Elle est la voix française attitrée de Renée Zellweger, qui a incarné Bridget Jones au cinéma.

Mon avis : (écouté en mai 2018)
C’est le cinquième roman de la série avec la procureur Rebecka Martinsson qui se situe dans le Grand Nord suédois dans la région de Kiruna en Laponie. C’est une série que je suis depuis quelques années (j’ai déjà lu les tomes 2 à 4), donc j’étais ravie de découvrir ce nouvel épisode. Tout commence par une chasse à l’ours et la découverte des restes d’un homme dans sa panse… Quelques mois après, une femme, Sol-Britt, est sauvagement assassinée à coups de fourche. Ces deux morts ont un lien de parenté, ils sont père et fille… Rebecka Martinsson va vite découvrir qu’ils ne sont pas les seuls victimes d’une malédiction familiale. En effet, trois ans plus tôt, le fils de Sol-Britt a été renversé par une voiture avec un délit de fuite et le coupable n’a jamais été retrouvé. Et à travers un récit parallèle à l’enquête, le lecteur va découvrir l’histoire d’Elena, la grand-mère de Sol-Britt, Elena, qui a été elle aussi assassinée, presque un siècle plus tôt…
Le meurtre de Sol-Britt ayant lieu dans le village où habite Rebecka Martinsson, elle va être dessaisie de l’affaire au profit de l’affreux magistrat von Post, un collègue envieux et incompétent… Rebecka mènera cependant sa propre enquête avec l’aide de Krister, le maître chien, et leurs chiens à tous deux : Vera, le Morveux, Tintin ou Roy…
Une enquête passionnante et rythmée que j’ai beaucoup aimé découvrir.

Avec ce livre audio, s’achève mes écoutes pour le Prix Audiolib 2018 et dès la fin du mois, je publierai mon classement pour cette sélection qui m’a beaucoup plu.

Extrait : (début du livre)
Qu’est-ce qui peut bien faire hurler un chien de la sorte ? Samuel Johansson n’a encore jamais entendu son chien donner de la voix de cette façon.
Il est là, dans sa cuisine, en train de beurrer tranquillement une tartine. Son chien d’élan norvégien est attaché à sa chaîne dans la cour. Le calme règne alentour.
Le chien se met à aboyer. Un aboiement sonore et furieux, pour commencer.
Qu’est-ce qui le fait aboyer comme ça ? Pas un écureuil, en tout cas. Le fermier connaît sa manière d’aboyer quand il voit un écureuil. Un élan ? Non, sa voix est plus grave et plus pleine quand il a senti la piste d’un élan.
Soudain, il doit se passer quelque chose parce que le chien pousse un hurlement. Il hurle comme si les portes de l’Enfer venaient de s’ouvrir sous son nez. Le bruit réveille chez Samuel Johansson une terreur ancestrale.
Puis c’est le silence.
Samuel sort de chez lui en courant. Sans veste. Sans souliers. Sans réfléchir.
Il trébuche dans l’obscurité de l’automne vers le garage et le chenil.
L’ours est là, debout dans le halo de l’éclairage extérieur. Il tire sur le chien pour l’emporter, mais le corps sans vie de l’animal est toujours accroché à la chaîne. L’ours tourne sa gueule ensanglantée vers Samuel et rugit.
Samuel recule, manque de tomber. Mais tout à coup, il sent grandir en lui une force surnaturelle et il court, plus vite qu’il n’a jamais couru, retournant vers la maison pour aller chercher la carabine. L’ours ne le suit pas et pourtant Johansson a l’impression de sentir sur sa nuque le souffle chaud de l’énorme bête.
Il charge l’arme, les mains moites, avant de rouvrir sa porte avec précaution. Il doit garder son calme et viser juste. S’il le manque, tout peut aller très vite. L’ours blessé pourrait bondir sur lui en quelques secondes.
Il avance dans le noir. Un pas à la fois. Les poils dressés sur sa nuque comme de petites épingles.
L’ours est toujours là. Occupé à dévorer ce qui reste du chien. Il lève la tête quand Samuel retire la sécurité de la carabine.
Samuel n’a jamais autant tremblé qu’à présent. Il faut faire vite. Il essaye de garder son calme sans y parvenir.
L’ours balance la tête, menaçant. Grogne. Respire comme un soufflet de forge. Il fait démonstrativement un pas en avant. Samuel tire. Touche. L’ours tombe. Mais il se relève aussitôt. Et disparaît dans l’obscurité de la forêt.

À présent, il est introuvable. La lumière du garage n’éclaire pas assez loin.
Samuel rentre chez lui à reculons, pointant la carabine ici et là. L’oreille tendue vers les arbres. Il s’attend à chaque instant à voir l’ours revenir pour l’attaquer. Il n’y voit qu’à quelques mètres.
Encore vingt pas pour atteindre la porte. Son cœur bat fort. Cinq mètres. Trois. Ouf !
Il tremble à présent de tous ses membres. Il doit poser le téléphone portable sur la table et le tenir fermement de la main gauche pour pouvoir taper le numéro. Le président de la chasse décroche à la première sonnerie. Ils conviennent de lancer une battue dès le lever du jour. Ils ne peuvent rien faire dans le noir.

Déjà lu du même auteur :

9782226256096g Le sang versé 9782226318176m La piste noire

tant que dure ta colère Tant que dure ta colère

voisinsvoisines2_2018Suède

 

Millénium saga – tome 2 – Les Nouveaux Spartiates – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega

81Vot04XJLL Dupuis – octobre 2017 – 60 pages

Quatrième de couverture :
Livrée à elle-même après les enlèvements ayant touché les membres de son groupe de hackeurs, Lisbeth Salander se lance sur les traces des responsables, un obscur groupuscule aux méthodes radicales nommé « Sparta ». Cependant, elle n’est pas seule : Mickael Blomkvist, journaliste controversé de « Millénium », est déterminé à lui venir en aide en échange d’informations sur un candidat électoral aux dangereuses influences. Alors que leurs mystérieux ennemis se déchaînent contre eux, le duo de choc prendra bien vite conscience que leur volonté de révéler ces sombres machinations pourrait bien leur coûter la vie.

Auteurs : Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l’économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d’Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.
Né en 1971 à Tournai d’une mère Belge et d’un père Français, ayant grandi dans le sud de la France, c’est en compagnie des Astérix, Batman et autres Spirou que Sylvain Runberg étanche sa soif de bulles, le tout entrecoupé de récits historiques et de romans divers, manière de titiller son imaginaire en devenir. Il passe son bac d’Arts Plastiques dans le Vaucluse avant d’obtenir une Maîtrise d’Histoire contemporaine à la faculté d’Aix en Provence, années étudiantes ponctuées de nombreux voyages en Europe et d’organisation de soirées musicales, du rock indépendant à la musique électronique. Sylvain Runberg évolue ensuite plusieurs années en librairie avant de rejoindre le monde de l’édition. Il déménage alors à Paris pour rejoindre les Humanoïdes Associés. Mais un fâcheux accident l’immobilise plusieurs mois durant l’année 2001. Il s’essaye alors à l’écriture durant sa convalescence et s’aperçoit que ça lui plait plus que de raison et décide de continuer. En 2004, Sylvain sort son premier album, « Astrid » avec Karim Friha. Suivent ensuite des projets aux univers variés : les « Colocataires » avec Christopher, série inspirée par ses années étudiantes aixoises, « Hammerfall », avec Boris Talijancic, saga médiévale fantastique ayant pour cadre la Scandinavie du VIIIe siècle et la série de science fiction « Orbital », réalisée avec Serge Pellé. 

Belén Ortega (1986) est diplômée des Beaux-Arts de l’université de Grenade (Espagne) et a poursuivi sa formation à l’université d’Osaka (Japon) durant plus d’un an. Son premier travail professionnel, « Himawari », publié en 2011, a reçu le prix du meilleur manga espagnol par Ficomic Barcelona. En 2010, Expomanga Madrid lui décerne le prix de la meilleure illustratrice espagnole. Sa première bande dessinée, « Pajaro Indiano », est publiée en 2015 et sera aussi exportée en Italie par le magazine BD « Lanciostory ». La même année, Ominiky Ediciones compile l’ensemble de son travail dans un artbook. En 2016, Norma Editorial publie « Marc Márquez, la historia de un sueño », sa biographie du double vainqueur du Championnat du monde de MotoGP. Actuellement, Belén Ortega collabore avec Sylvain Runberg sur une nouvelle série issue de l’univers de « Millénium » de Stieg Larsson pour les Éditions Dupuis : « Millénium Saga ». En parallèle, elle est illustratrice freelance. Elle réalise des couvertures de livres, travaille à divers projets indépendants et crée des personnages pour des jeux vidéo ainsi que pour de courts métrages animés. Elle est également professeur de manga à temps partiel.

Mon avis : (lu en février 2018)
Dans le tome 1 de la trilogie Millénium saga, nous avions quitté Lisbeth Salander alors qu’elle s’apprêtait à pirater un important centre de données, et que plusieurs de ses complices étaient kidnappés par une mystérieuse organisation. Elle avait donc demandé de l’aide au journaliste Mikael Blomkvist. Ce dernier étant en train d’enquêter sur le leader d’un parti d’extrême droite suédois.
Les trois amis de Lisbeth, Plague, Trinity et Bob the Dog, sont retenus prisonniers par l’organisation « Sparta », aux idées fascistes, et qui les oblige à cracker les serveurs ultra-sécurisés de la Säpo (les services secrets), afin de récupérer un maximum d’informations pour mener un coup d’état populiste. Lisbeth et Mikael découvrent que leurs deux affaires se recoupent et vont unir leurs forces pour que la justice triomphe.
Cette BD se lit d’une traite, c’est un vrai thriller rythmé et haletant parfaitement dans l’esprit de Stieg Larsson. C’est également un vrai plaisir de retrouver le duo Lisbeth Mikael. Les auteurs évoquent des sujets très actuels comme l’extrémisme politique, le piratage informatique…
Évidemment, j’ai très envie de connaître le dénouement de Millénium Saga avec le prochain et dernier tome !

 

 

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu dans la même série :

88596558_p Millenium – tome 1 106030485 Millenium – tome 2

millenium3 Millenium – tome 3  millenium4 Millenium – tome 4

millenium_5_1_75 Millenium – tome 5 107056902 Millenium – tome 6

114103759 Millénium saga – tome 1

Dans la brume du Darjeeling – Mikael Bergstrand

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Gaïa – mai 2015 – 448 pages

Babel – juin 2017 – 440 pages

traduit du suédois par Emmanuel Curtil

Titre original : Dimma över Darjeeling, 2013

Quatrième de couverture :
Neuf mois après un voyage en Inde dont il avait cru revenir transformé à jamais, le Suédois Gorän Borg a déjà repris ses mauvaises habitudes : il s’empiffre à nouveau de glace Ben & Jerry’s en pestant contre ses collègues et en s’apitoyant sur son sort. Seule bouée de sauvetage psychologique : le mariage imminent de son ami indien Yogi, prétexte qui le mènera bientôt, au gré d’une série d’aventures plus rocambolesques les unes que les autres, jusqu’aux plantations brumeuses du Darjeeling et dans l’État du Sikkim. Dépaysement et bonne humeur garantis.

Auteur : Mikael Bergstrand est né à Malmö. Journaliste et écrivain, il a vécu et travaillé à New Delhi entre 2007 et 2011. Depuis, il vit en Suède. Après Les plus belles mains de Delhi, Dans la brume du Darjeeling est son second roman.

Mon avis : (lu en janvier 2018)
J’ai découvert ce lire grâce au Café Lecture de la Bibliothèque.
Ce livre est la suite du premier roman de Mikael Bergstrand, « Les plus belles mains de Delhi », que je n’ai pas lu.
Cela fait neuf mois que Gorän Borg est rentré de son voyage en Inde. C’est un suédois quinquagénaire, divorcé, père de deux enfants, un peu dépressif. Il voit régulièrement une psychologue qui lui conseille de se faire des amis. Après une rencontre qu’il pensait intéressante et sympathique, Gorän décide d’anticiper son voyage en Inde, prévu pour assister au mariage de son ami Yogi.
Arrivé à New Delhi, Gôran découvre que le mariage a dû être repoussé… Le lecteur va alors, suivre les aventures épiques et rocambolesques de Gôran et Yogi, de la Capitale jusqu’au cœur de plantations de thé au Darjeeling. Gôran a vite fait d’oublier sa dépression, son ami étant toujours positif, même dans les difficultés, il garde toujours le sourire. C’est l’occasion de découvrir la société indienne, ses us et coutumes et l’ambiance du pays. Les deux amis sont très attachants et leurs péripéties pleines d’humour et d’amitié, les descriptions des paysages sont magnifiques. Une très belle découverte !

 

Extrait : (début du livre)
« Imaginez que vous êtes un petit lac de montagne. Que vos pensées sont des nuages qui passent au-dessus de vous. Laissez leur reflet glisser sur vous, ils ne laisseront aucune trace. »
J’adorais l’écouter parler. Elle avait une voix posée, apaisante quoique légèrement nasale.
« Puis arrêtez-vous et regardez les personnes qui vous entourent, sans aucun jugement de valeur. »
S’était-elle entraînée ou était-ce tout à fait naturel ?
« Imprégnez-vous des sons et des odeurs. »
Ah, les sons et les odeurs. Oui, les sons et les odeurs me manquaient terriblement. Les chants et leur musique entraînante, les effluves de nourriture et de cuisine. Parfois, il m’arrivait même de regretter la cacophonie assourdissante des klaxons et ces relents si caractéristiques d’égout et d’œuf pourri.
« C’est une question de présence, Göran. Vous devez être présent à la situation et aux gens qui vous entourent, votre esprit cessera alors de se perdre dans de lointaines errances. Entraînez-vous à cet exercice, et vous verrez que votre relation aux autres n’en sera que meilleure, plus profonde. Je ne vous demande pas de tout contrôler, bien sûr. Mais plutôt de… Göran ?
– Euh… Oui ?
– Est-ce que vous m’écoutez ?
– Euh, oui…
– Vous êtes où, là ?
– Euh… ici.
– Oui, je le vois bien. Mais votre esprit ?
– Euh… »
Lorsque l’on répète « euh » un certain nombre de fois, le borborygme finit par se transformer en un mot porteur de sens. Et dans la situation présente, tandis que j’étais mentalement absent de cette séance de méditation en pleine conscience menée par ma thérapeute cognitivo-comportementale au sourire désolé, je me rendis compte à quel point ce « euh » résumait remarquablement bien mon état d’esprit du moment : vague et froid. Comme un plat surgelé Findus.
« Vous êtes en Inde, c’est ça ? »

Petit bac 2018Lieu (2)

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