La boîte à magie – Camilla Läckberg, Henrik Fexeus

51vlZj8gPQL Actes Sud – juin 2022 – 672 pages

traduit du suédois par Susanne Juul

Titre original : Box, 2021

Quatrième de couverture :
Gröna Lund, parc d’attraction incontournable de Stockholm. Entre manèges à l’arrêt et obscurité angoissante, une boîte transpercée d’épées contenant un corps de femme est retrouvée. Pour la nouvelle enquêtrice Mina Dahbiri, l’affaire dépasse les compétences de la police. Vincent Walder, expert en mentalisme et en communication non verbale, accepte de lui prêter main-forte.
S’agit-il d’un tour de magie qui a mal tourné ou d’un tueur machiavélique ? En complément de leurs talents, une visite dans les archives policières devrait aider le duo à trouver des réponses…

Auteurs : Née en 1974 à Fjällbacka, Camilla Läckberg est la reine incontestée du polar scandinave. Elle a rencontré un grand succès international grâce à son héroïne Erica Falck ; ses livres se sont vendus à plus de vingt-six millions d’exemplaires dans le monde. Elle est également l’une des fondatrices d’Invest in Her, une société d’investissement qui s’engage auprès de femmes entrepreneuses.
Henrik Fexeus est un mentaliste, auteur et présentateur suédois. Né en 1971, Henrik a étudié la philosophie pour finalement se spécialiser dans la psychologie. Louant ses livres et interventions publiques, plusieurs prix lui sont décernés et il est reconnu dans le monde entier pour ses recherches sur la communication non verbale. Il se lance dans la fiction en 2017 avec «Le Perdu», premier tome d’une trilogie pour jeunes adultes salué par la critique.

Mon avis : (lu en juillet 2022)
Voici le premier tome d’une nouvelle trilogie de Camilla Läckberg associée avec le mentaliste suédois à succès Henrik Fexeus. Les deux héros de cette série sont la détective Mina Dahbiri et l’expert en magie Vincent Walder.
Tout commence avec une scène de crime assez spectaculaire : le corps nu d’une femme transpercé d’épées dans une boîte à magie… Cela semble être un tour de magie qui aurait raté… L’enquêtrice Mina Dahbiri, nouvellement arrivée dans la brigade criminelle de Stockholm, décide de faire appel à Vincent Walder, grand mentaliste médiatiquement connu, pour l’assister sur cette étrange enquête.
Le duo Mina et Vincent est très sympathique, le mentaliste est claustrophobe et il a aussi des TOC et la policière est phobique et hypocondriaque. L’un et l’autre arrivent à surmonter leurs failles pour mener à bien leur travail respectif.
La construction du livre qui alterne des événements passés et présents tient en haleine le lecteur du début à la fin du roman policier.
L’intrigue est originale, bien menée et les personnages sont attachants, je me réjouis de les retrouver dans de futurs enquêtes.

Extrait : (début du livre)
Tuva tambourine nerveusement des doigts sur le comptoir. Elle aurait dû débaucher depuis un bon moment déjà, mais elle est toujours là, sur son lieu de travail, un café dans le quartier de Hornstull. Un client vient de s’installer à la table du coin. Il la fixe, irrité. Elle lui retourne un regard assassin. Elle mémorise son visage et se dit que ce client-là n’aura pas droit à un cœur sur la mousse de son cappuccino. Un doigt dressé, plutôt.

Être en retard la met de mauvais poil. Elle ramène machinalement une mèche blonde derrière son oreille. Elle aurait dû récupérer Linus depuis une demi-heure déjà. Elle est immunisée contre les remarques acerbes du personnel de la crèche, elle y a eu droit si souvent que ça ne lui fait plus ni chaud ni froid. Mais son petit garçon de deux ans doit être triste. Et Tuva n’est pas du genre à vouloir chagriner un enfant. Surtout pas Linus. Elle n’arrête pas de dire qu’elle serait prête à mourir pour lui. Mais ce n’est pas si simple. Dieu seul sait tous les efforts qu’elle fait. Elle ouvre la penderie, retire son tablier et le balance sur la montagne de linge sale. Elle ne peut pas partir avant l’arrivée de son remplaçant. Qu’est-ce qu’il fabrique, bon sang ?
Martin, le père de Linus, avait brillé par son absence le jour de la naissance de son fils, deux semaines avant terme. Tuva ne lui en avait pas voulu, elle était partie à la maternité en ambulance. Elle avait en revanche trouvé bizarre qu’il ne vienne pas la voir pendant les quelques jours qu’elle avait passés là-bas. L’accouchement avait été difficile. Elle ne se souvenait que vaguement des médecins qui les examinaient sans arrêt, elle et son bébé, en lui disant que tout irait bien. Exactement comme Martin dans les brefs SMS qu’il lui envoyait. Il allait venir, disait-il, il avait juste un ou deux trucs à régler. Si son séjour à la maternité se perdait dans le brouillard, le souvenir de son arrivée avec Linus dans l’appartement vide était autrement vif. Pendant qu’elle en bavait pour mettre au monde leur fils, Martin avait rassemblé ses affaires et s’était tiré. C’était ça qu’il avait à “régler”. Elle n’avait plus jamais eu la moindre nouvelle de cet enfoiré. Tant mieux, probablement. Elle l’aurait tué s’il s’était remanifesté.

Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L’Oiseau de mauvais augure

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9782330018962  Le gardien de phare  la faiseuse d'ange La faiseuse d’anges

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Suède

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Challenge Pavé de l’été

Sous protection – Viveca Sten

71CdOHXBb5S Albin Michel – juin 2021 – 528 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I fel sällskap, 2018

Quatrième de couverture :
Andreis Kova est un homme puissant. Enfant réfugié de la guerre de Bosnie, il est devenu baron de la drogue à Stockholm. À défaut de pouvoir le faire tomber pour trafics de stupéfiants, la justice tente de le coincer pour fraude fiscale. Mais Kova peut s’offrir les meilleurs avocats : il sait qu’il s’en sortira, une fois de plus.
Une femme fait pourtant le pari contraire : la procureure Nora Linde. Pour l’atteindre, elle compte sur la jeune épouse du trafiquant, Mina, en fuite après avoir été battue par son mari. C’est un témoin clé qui pourrait faire basculer le procès.
Placée sous protection avec son bébé dans une villa de l’archipel, Mina devient l’enjeu d’une guerre sans merci. Andreis Kova ne reculera devant rien pour les récupérer, elle et son fils. L’inspecteur Thomas Andreasson saura-t-il protéger Nora Linde de sa brutalité sans bornes ?

Auteure : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture.
Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans plus de 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les 5 premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
C’est la neuvième enquête où l’on retrouve Nora et Thomas. Contrairement aux enquêtes précédentes, il n’y a pas de cadavre ou de disparition au début cette histoire, mais une femme battue… Mina n’est pas n’importe qui, c’est l’épouse de Andreis Kova, un homme puissant d’origine bosniaque, trafiquant de drogue dont la justice s’intéresse à lui. Nora en tant que procureure chargée des affaires financières est également sur son dossier, elle tenterait bien de l’inculper pour fraude fiscale. Et si Mina pouvait porter plainte contre son mari pour violence conjugale ? Nora et Thomas doivent alors protéger Mina.
Très rapidement dans ma lecture, j’ai eu l’impression de déjà connaître cette histoire, en effet j’avais déjà vu cette épisode dans la série Meurtres à Sandhamn… Je ne me souvenais de pas de toute l’histoire mais cela gâche un peu le suspens… Cette enquête est plutôt sombre et angoissante avec l’homme très violent qu’est Andreis Kova.

Extrait : (début du livre)
Mina Kovač examina le plan de travail. Il avait beau briller, elle passa encore quelques coups de torchon, pour être sûre. Elle avait récuré tous les sols et passé l’aspirateur de fond en comble, en utilisant tous les embouts pour accéder aux moindres recoins et qu’il ne reste plus un grain de poussière. La salle de bain sentait le citron.

Le petit avait dormi tard, Dieu merci, ce qui lui avait permis de faire le ménage bien tranquillement. Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre. Dino ne ramenait jamais Andreis avant dix-neuf heures, mais elle voulait en avoir le cœur net.
Le repas devait être prêt quand il ouvrait la porte. Elle avait préparé l’essentiel, deux beaux biftecks et de grosses pommes de terre au four. De la sauce béarnaise, une salade verte.
Son menu préféré.
Ces derniers temps, Andreis avait été plus imprévisible qu’à l’ordinaire. Elle s’efforçait de ne pas l’énerver, parfois elle ne savait même pas pourquoi il se fâchait. Elle restait en retrait, essayant de prendre le moins de place possible. Quand Lukas se réveillait, elle le prenait dans ses bras pour que ses cris ne dérangent pas son père.
Il y avait beaucoup de réunions et de coups de téléphone tard le soir, parfois Andreis filait en pleine nuit avec Dino, sans donner d’explication.
Elle n’osait pas demander ce qui se passait.
Mina gagna le séjour et se pencha sur le vieux berceau que son père avait descendu du grenier et rafraîchi. Lukas ronronnait sur le dos comme elle avait dû le faire elle-même jadis. Ses mains incroyablement petites reposaient sur le drap, les doigts écartés, avec leurs ongles translucides. Son nouveau doudou, un lapin en peluche bleu clair, attendait dans un coin.
Elle aurait aimé avoir le temps de prendre son fils, de poser ses lèvres sur sa tête duveteuse et de s’installer à l’aise dans le fauteuil pour le nourrir. Mais il valait mieux le laisser dormir, pour avoir le temps de s’occuper des toilettes des invités avant le retour d’Andreis.
Un bruit à la porte d’entrée fit sursauter Mina. Déjà ? Il n’était que dix-huit heures. Elle se dépêcha d’aller ouvrir. Soulagement : c’était son père.
« Qu’est-ce que tu fais là ?
– J’avais une course dans le coin. Je peux entrer ? »
Mina hésita.
« Il est à la maison ? »
Elle n’avait pas besoin de s’expliquer, pas avec lui. Mais elle avait honte que ce soit si évident.
« Il sera là d’ici une heure, répondit-elle sans le regarder dans les yeux.
– Je voulais juste voir Lukas, ça fait longtemps. Je ne reste que quelques minutes, je serai reparti avant le retour d’Andreis. »

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81ff9zlGX-L Dans l’ombre du Paradis  Au nom de la vérité

 

Au nom de la vérité – Viveca Sten

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Albin Michel – juin 2020 – 496 pages

Livre de Poche – avril 2021 – 608 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I sanningens namn, 2015

Quatrième de couverture :
La Saint-Jean approche. A Lökholmen, une petite île en face de Sandhamn, une soixantaine d’enfants est rassemblée pour un camp de voile. Faute de surveillance, certains jeux dégénèrent en harcèlement. Et lorsqu’un enfant disparaît, la panique s’empare du camp.
Accident ? Kidnapping ? Ou… un jeu qui aurait mal tourné ?
Dépêché sur les lieux, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues explorent toutes les pistes. Pendant ce temps, Nora Linde fait face au plus grand défi de sa carrière de juriste : un procès contre un PDG ayant escroqué plusieurs millions à son entreprise. Et dont le fils, Benjamin, n’est autre que l’enfant porté disparu….

Auteure : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture.
Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans plus de 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les 5 premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2021)
Deux histoires se mêlent dans ce roman policier rythmé, aux multiples rebondissements.
D’un côté l’histoire de Benjamin, 11 ans, parti pour un stage de voile d’une semaine sur l’île de Sandhamm. Il n’est pas trop enthousiaste et pour faire plaisir à son père, il accepte d’y aller. Mais là-bas, il est harcelé par plusieurs garçons sans que l’encadrement s’en aperçoive et voilà qu’un beau jour Benjamin disparaît… Est-ce un accident, une fugue, un enlèvement… Thomas Andreasson est appelé pour enquêter…
D’autre part, Nora est stressée par son futur mariage et par un procès où elle joue sa carrière et un futur poste de procureur. Il s’agit d’une escroquerie entre deux associés qui a fini par ruiner l’entreprise. Alors qu’elle pensait avoir toutes les cartes en main pour prouver l’escroquerie, son principal témoin change au dernier moment le contenu de son témoignage… Le lecteur finira par découvrir le lien entre ses deux histoires.
J’ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver l’île de Sandhamm et nos deux héros Nora et Thomas.

Extrait : (début du livre)
Les enfants dormaient. Le soleil ne s’était pas encore levé sur la prairie devant les baraques rouges, les coques des voiliers remontés sur la rampe en bois étaient encore luisantes de rosée.
Chaque bâtiment abritait deux chambrées de huit. Huit filles et huit garçons, certains encore fluets, aux joues rondes, d’autres avec le premier duvet ou les seins en bourgeon de la puberté.
Il avait attendu un moment caché derrière un tronc. Il rabattit son bonnet et regarda alentour. Le jour se levait vite, les oiseaux gazouillaient de plus en plus fort.
Il s’approcha.
La fenêtre de la baraque la plus proche était entrebâillée. Dedans, on devinait des silhouettes endormies, cheveux ébouriffés et visages bronzés. Les fronts humides de chaleur, les bras pendant hors des lits.
Il observa soigneusement la porte. Elle ne semblait pas fermée à clé, on n’apercevait pas de verrou dans l’interstice entre battant et chambranle.
Il tourna la tête et embrassa la zone du regard. À quelques centaines de mètres de là logeaient les moniteurs, mais la vue était bouchée par des pins. Ils avaient veillé tard, les lumières s’étaient éteintes à minuit passé.
Un léger clapotis rompit le silence. Une sterne venait de plonger vers un banc de poissons. Quelques éclaboussures à peine visibles, puis la surface lisse de l’eau se referma.
Ce serait l’affaire d’un instant, il savait exactement comment il allait s’y prendre.

 

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Suède 

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Pavé de l’été

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Millenium, tome 6 : La fille qui devait mourir – David Lagercrantz

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traduit du suédois par Esther Sermage

Titre original : Hon som måste dö, 2019

Quatrième de couverture :
À Stockholm, un SDF est retrouvé mort dans un parc du centre-ville – certains de ses doigts et orteils amputés. Dans les semaines précédant sa mort, on l’avait entendu divaguer au sujet de Johannes Forsell, le ministre de la Défense suédois. S’agissait-il des délires d’un déséquilibré ou y avait-il un véritable lien entre ces deux hommes ? Michael Blomqvist a besoin de l’aide de Lisbeth Salander. Mais cette dernière se trouve à Moscou, où elle a l’intention de régler ses comptes avec sa sœur Camilla.
La fille qui devait mourir – le grand finale de David Lagercrantz dans la série Millénium – est un cocktail redoutable de scandales politiques, jeux de pouvoir à l’échelle internationale, technologies génétiques, expéditions en Himalaya et incitations à la haine sur Internet qui trouvent leurs origines dans des usines à trolls en Russie.

Auteur : David Lagercrantz, né en 1962, est journaliste et auteur de plusieurs livres. C’est avec Indécence manifeste (2009) qu’il affirme véritablement sa notoriété sur la scène littéraire suédoise. Sont déjà parus en France : Moi, Zlatan Ibrahimović (2011), Millénium 4, Ce qui ne me tue pas (2015) et Millénium 5, La fille qui rendait coup pour coup (2017). 

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Tout commence avec l’assassinat d’un sans abri sans identité connue et qui portait sur lui le numéro de téléphone de Blomkvist. Fredrika Nyman, la médecin légiste, contacte donc le fameux journaliste peu motivé pour travailler sur son reportage lié au krach boursier. Il est également inquiet pour Lisbeth Salander, qui a quitté son appartement de Stockholm et ne donne aucun signe de vie… Cette dernière a décidé de neutraliser sa sœur Camilla, son ennemie mortelle mais qui a quelques soutiens au sein de la mafia russe… De son côté, Lisbeth est paralysée par les souvenirs de son enfance, de son père, Alexander Zalachenko, cela ne l’aide vraiment pas pour réussir sa mission.
Un dernier tome palpitant où le lecteur découvre des Fake news fabriquées par des usines de trolls russes, des oligarques liés aux assassinats d’homosexuels en Tchétchénie, le récit d’une expédition dramatique sur l’Everest… Un dernier tome
où les communications sont cryptées, les caméras de surveillance contrôlées à distance…
L’attachement qui existe entre Mikael et Lisbeth est toujours présents et même si elle semble absente, Lisbeth suit Mikael et le protège par ordinateur interposé et lui s’inquiète pour elle lorsque son silence est trop long…
Un dernier tome où Lisbeth va affronter ses démons et Mikael va encore s’efforcer de dénoncer des scandales politiques…
Difficile pour ma part de quitter ces deux personnages devenus familiers au cours de toutes ses années…

Extrait : (début du livre)
CET ÉTÉ-LÀ, UN NOUVEAU MENDIANT était apparu dans le quartier. Personne ne connaissait son nom, et puis tout le monde s’en fichait pas mal. Cela dit, un jeune couple qui passait devant lui tous les matins l’appelait le “nain fou”, ce qui était assez injuste, en tout cas pour moitié. Car il n’était pas de petite taille au sens médical du terme. Il mesurait un mètre cinquante-quatre et avait une corpulence proportionnée. En revanche, il souffrait de réels troubles mentaux. De temps en temps, il bondissait sur les gens, les attrapait et leur tenait des discours incohérents.
Il passait le plus clair de son temps à Mariatorget, sur un morceau de carton près de la statue de Thor. Ainsi assis au pied de la fontaine, tête haute, dos droit, il arrivait qu’il provoque l’admiration, évoquant un chef de tribu tombé dans la déchéance. En matière de capital social, cette vague association était d’ailleurs tout ce qui lui restait et justifiait qu’on lui jette encore parfois une pièce ou un billet. Les gens devinaient en lui une grandeur passée – et ils n’avaient pas tort. Car il fut un temps où l’on s’inclinait devant lui.
Mais il avait tout perdu depuis longtemps, et la tache noire sur sa joue n’améliorait pas les choses. On l’eût dit marqué par la mort, ni plus ni moins.
Détail insolite : il portait un anorak bleu en duvet de la marque Marmot Parka, un objet en principe coûteux. Le vêtement avait beau être couvert de crasse et de restes de nourriture, son allure décidément arctique dénotait dans l’été stockholmois. Une chaleur étouffante régnait sur la ville. En constatant les coulées de sueur sur les joues de l’homme, les passants regardaient son anorak, embarrassés, comme si la simple vue de cette grosse doudoune leur rendait la température ambiante encore plus insupportable. Il ne l’enlevait jamais.

Déjà lu du même auteur :

millenium4_ac Millenium 4 – Ce qui ne me tue pas

Millenium 5 – La fille qui rendait coup pour coup

Les trois premiers tomes par Stieg Larsson :

Millenium_1 Millénium 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

mill_nium2 Millénium 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette
mill_nium3 Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d’air

Déjà écouté :

CD_LARSSON_MILLENIUM_1 Millénium 1 millenium2_audio Millénium 2  millenium3_audio Millenium 3

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Suède


(8) Crime et Justice

Dans l’ombre du paradis – Viveca Sten

81ff9zlGX-L Albin Michel – mai 2019 – 432 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I maktens skugga, 2014

Quatrième de couverture :
Nora Linde, désormais en poste à l’Agence de Lutte contre la Criminalité Financière,  profite de ses vacances à Sandhamn avec son compagnon Jonas et leur fille de quatre ans Julia. Mais l’idylle estivale est vite troublée par l’arrivée de Carsten Larsson, un requin de la finance engagé dans des affaires troubles en Russie. Larsson a acheté la belle et grande plage au sud de l’île, et la villa de luxe qu’il y a fait bâtir éveille les rancœurs des insulaires. Le soir de la pendaison de crémaillère, une partie de la villa prend feu et on découvre un cadavre dans les décombres. Nora Linde n’a d’autre choix que de solliciter son meilleur ami et collaborateur,  Thomas Andreasson, pourtant en plein doute après vingt ans de métier. Incapable de lui refuser son aide, Thomas s’attaque à une nouvelle affaire…

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture. Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans une douzaine de langues à travers 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
J’ai toujours plaisir à retrouver l’île de Sandhamn, et le duo formé par Nora Linde et l’inspecteur Thomas Andreasson. Pour « cet épisode », contrairement à d’habitude, j’ai vu sa version télévisée début avril sur Arte avant de me plonger dans le livre…
Carsten Jonsson, homme d’affaires suédois vivant à l’étranger, vient de construire une magnifique maison au bord de l’eau, sans respecter les règles ancestrales de l’île de Sandhamn et ses voisins. Riche et sans scrupule, il organise une grosse fête bien arrosée pour la pendaison de crémaillère et il invite plus de 150 personnes, ceux qui comptent sur Sandham. Dans la nuit suivant la fête, une dépendance de la villa part en fumée et l’on découvre sur les lieux du sinistre un corps carbonisé… Thomas Andreasson et Aram sont appelés pour l’enquête. Nora qui a participé à la fête avec Jonas, son compagnon, va être d’une grande aide pour faire avancer l’enquête. Mais après vingt ans de métier, Thomas est en plein doute qu’en à son avenir dans la police.
L’arrogance de Carsten Jonsson n’est pas du goût de tout le monde, certains voisins souhaiteraient vraiment qu’il quitte l’Île avec sa famille… Sans compter les affaires, Carsten Jonsson n’a-t-il pas été imprudent de faire appel à des Russes ?
L’enquête bien construite va permettre au lecteur de découvrir les différents protagonistes et d’avancer vers sa résolution. L’ambiance insulaire est toujours très plaisante, je suis devenue une inconditionnelle de cette série !

Extrait : (début du livre)
Maria Svedin attendait dans le spacieux vestibule, tandis que Celia Jonsson aidait Oliver à enfiler la veste de l’uniforme bleu marine de l’école. Maria dansait d’un pied sur l’autre, inquiète. Fallait-il aller chercher le cartable d’Oliver, resté dans sa chambre ? Difficile de savoir ce que voulait Celia.
Celia vint à bout du dernier bouton luisant de la veste d’Oliver et chassa une mèche sombre de son visage avant de se redresser.
« Maria, dit-elle avec son fort accent. Tu conduiras Oliver à l’école ? J’ai autre chose à faire aujourd’hui. Tu peux prendre la voiture de Carsten, il est allé à pied au bureau. »
Cette demande surprit Maria. D’habitude, Celia déposait toujours son fils à l’école le matin, mais on voyait qu’elle était tendue, des poches sombres cernaient ses yeux et sa bouche était crispée.
Hier soir, Maria avait entendu des éclats de voix. L’appartement avait beau être vaste et sa chambre à l’opposé de celles de la famille, elle n’avait pas pu éviter d’entendre leur colère à travers les cloisons. La dispute semblait porter sur le projet de Carsten d’avoir une maison de vacances en Suède.
« Maria ? » fit à nouveau Celia.
La jeune fille hocha la tête et se dirigea vers l’entrée de l’appartement. L’ascenseur montait jusqu’à l’étage de la famille. Elle appuya plusieurs fois sur le bouton pour montrer à Celia qu’elle s’activait.
Elle aurait préféré être dispensée de conduire Oliver, pas encore très à l’aise avec la conduite à gauche dans Londres. Et les ronds-points la rendaient nerveuse.
Celia ne remarqua pas ses hésitations. Ou ne s’en soucia pas.
« Si tu vas chercher la voiture au garage, je descends avec Oliver d’ici quelques minutes, continua-t-elle. Je veux chercher ses nouveaux gants. »
On dit : « Je vais chercher », pas : « Je veux chercher », pensa Maria, sans rien faire pour la corriger.
Elle enfila son blouson et se tourna vers l’entrée.

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Déjà lu du même auteur :

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116631134 Au cœur de l’été 51zvmU31TnL Retour sur l’île

 

La cage dorée – Camilla Läckberg

81I8cUUwywL Actes Sud – avril 2019 – 343 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : En bur av guld, 2019

Quatrième de couverture :
Un mari parfait, une fille adorable et un appartement de luxe dans l’un des quartiers les plus chics de Stockholm, Faye semble tout avoir. Mais de sombres souvenirs de son enfance à Fjällbacka la hantent et elle se sent chaque jour un peu plus prisonnière d’une cage dorée. La femme forte et ambitieuse qu’elle était autrefois a tout abandonné pour Jack. Lorsqu’il la trahit, son univers s’effondre. Du jour au lendemain, elle se retrouve sans rien. D’abord complètement anéantie, elle décide de rendre coup pour coup et se met à échafauder une vengeance impitoyable. Retraçant le destin poignant d’une femme trompée et exploitée qui prend sa vie en main, La Cage dorée est un cocktail palpitant de trahison, de rédemption et de vengeance.

Auteur : Camilla Läckberg est l’une des auteures les plus lues au monde. Les dix livres de la série Fjällbacka se sont vendus à plus de vingt-trois millions d’exemplaires dans soixante pays. C’est également une femme d’affaires et l’une des fondatrices de la société d’investissement Invest in Her qui lutte contre les écarts de salaires entre hommes et femmes et s’engage auprès de femmes entrepreneuses. Avec La Cage dorée, Camilla Läckberg franchit un nouveau palier dans sa carrière d’écrivaine en menant en scène une protagoniste inoubliable et en délivrant un message ouvertement féministe.

Mon avis : (lu en juin 2019)
J’ai été déçue par cette lecture car j’avais l’impression d’avoir déjà lu cette histoire ou d’autres très proches…
Faye vit avec Jack, un mari parfait et son adorable petite fille à Stockholm dans l’un des quartiers les plus chics. Jeune femme intelligente et ambitieuse, elle s’est sacrifiée pour Jack, elle a abandonné ses études pour travailler et permettre à son mari de créer son entreprise, elle s’y ait également investie. Puis, à la naissance de leur fille, elle s’est totalement consacrée à élever son enfant et à tenir son foyer. Faye commence à se sentir à l’étroit dans sa « cage dorée », totalement dépendante de son mari…  Et voilà, que Faye découvre que Jack la trompe et Jack demande alors le divorce et abandonne son épouse sans aucune ressource. Après une profonde dépression, Faye réagit et reprend sa vie en main, bien décidée à  se venger… 
Cette lecture n’a pas été désagréable, mais je n’ai pas été surprise par cette intrigue caricaturale et le personnage de Faye ne m’a pas touché… Je regrette Erica Falk et Fjällbacka. 

Extrait : (début du livre)
Julienne dormait enfin. Ses cheveux étalés sur l’oreiller rose. La respiration calme. Faye lui caressa la joue doucement pour ne pas la réveiller.
Jack devait rentrer ce soir de son voyage d’affaires à Londres. Ou Hambourg ? Faye ne se souvenait plus. Il rentrerait fatigué et stressé, mais elle veillerait à ce qu’il se détende comme il faut.
Elle referma précautionneusement la porte de la chambre de Julienne, se glissa dans l’entrée pour vérifier si la porte était verrouillée. Dans la cuisine, elle passa la main sur la surface du plan de travail. Trois mètres de marbre veiné de vert. Carrare, bien sûr. Malheureusement très peu pratique : la surface poreuse du marbre absorbait tout comme une éponge, et présentait déjà quelques vilaines taches. Mais pour Jack, il n’avait pas été question de choisir plus fonctionnel. La cuisine de l’appartement de Narvavägen avait coûté presque un million, et on n’avait mégoté sur rien.
Faye attrapa une bouteille d’amarone et posa un verre sur le plan de travail. Bruit du verre sur le marbre, glouglou du vin – un concentré de ses soirées à la maison, quand Jack n’était pas là. Elle versa le vin précautionneusement, pour qu’il n’y ait pas de nouvelles taches à la surface blanche du marbre, et ferma les yeux en portant le verre à sa bouche.
Elle baissa la lumière et gagna l’entrée, où trônaient les portraits en noir et blanc de Jack, Julienne et elle. Pris par Kate Gabor, la photographe officieuse de la cour, qui, chaque année, faisait de fabuleuses images des enfants de la famille royale jouant dans les feuilles mortes en habits blancs amidonnés. Jack et elle avaient choisi des photos estivales. Ils étaient gais et détendus, au bord de l’eau. Julienne entre eux, ses cheveux blonds au vent. Vêtements blancs, bien sûr. Elle une simple robe en coton Armani, Jack chemise et pantalon retroussé Hugo Boss, Julienne une robe en dentelle de la collection enfants de Stella McCartney. Ils s’étaient disputés juste avant de prendre ces photos. Elle ne se rappelait pas à quel sujet, juste que c’était sa faute. Mais rien de leur mésentente ne transparaissait sur le portrait.
Faye monta l’escalier. Hésita devant la porte du bureau de Jack, puis l’ouvrit. La pièce était située dans une tour, avec vue panoramique. Un agencement unique pour un bien unique, comme l’avait dit l’agent immobilier en leur faisant visiter l’appartement, cinq ans plus tôt. Elle avait alors Julienne dans le ventre et la tête pleine d’espoirs lumineux pour l’avenir.

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petit bac 2019(5) Couleur

Déjà lu du même auteur :

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9782330018962  Le gardien de phare  la faiseuse d'ange La faiseuse d’anges

le dompteur des lions Le dompteur de lions  La_sorciere La sorcière

Bienvenue au Motel des Pins perdus – Katarina Bivald

babelio_mcjanv2019

Lu en partenariat avec Babelio et Denoël

81YHN7-CCtL Denoël – février 2017 – 576 pages

traduit du suédois par Lucas Messmer

Titre original : En dag ska jag lämna allt det här, 2018

Quatrième de couverture :
On meurt tous un jour… pas forcément dès le premier chapitre ! C’est pourtant ce qui arrive à Henny. Mais elle se refuse à quitter notre monde sans avoir accompli une dernière tâche : retrouver, réconcilier et rendre heureux ses anciens amis. Drôle, farfelue et émouvante, Henny est l’amie qu’on rêve d’avoir à ses côtés… vivante de préférence !

Auteur : Katarina Bivald a grandi en travaillant à mi-temps dans une librairie. Aujourd’hui, elle vit près de Stockholm, en Suède, avec sa sœur et autant d’étagères à livres que possible. Bienvenue au Motel des Pins perdus est son troisième roman, après La Bibliothèque des cœurs cabossés et Le Jour où Anita envoya tout balader.

Mon avis : (lu en février 2019)
J’ai lu ce livre sans déplaisir, mais sans plus.
Tout commence avec la mort brutale d’Henny Broek, renversée par un camion devant le Motel des Pins Perdus, qu’elle tient avec son amie d’enfance MacKenzie. Henny ne disparaît pas vraiment, au moins pour le lecteur, car elle devient le narrateur de cette histoire.
Quelques jours avant sa mort, Henny avait vu le retour de son amour de jeunesse, Michael, géologue, parti arpenter le monde. Avec sa mort, c’est également le retour à Pine Creek, du dernier membre du quatuor d’enfance, Camilla. 
Après avoir découvert, à travers le regard de ses amis, qui était vraiment Henny et le quotidien de Pine Creek aujourd’hui et autrefois. MacKenzie, Camilla et Michael décident de tout faire pour sauver le Motel qu’une partie de la ville voudrait voir disparaître…
C’est une histoire d’amitié et d’amour, avec de l’humour, de la solidarité et surtout de la réconciliation. Il est question de lutte contre les esprits étroits et les nombreux personnages sont attachants, en particulier, pour ma part, MacKenzie.

J’ai trouvé cependant le livre trop long et le personnage d’Henny sans relief. Et je me demande également pourquoi Katarina Bivald, auteure suédoise, a-t-elle voulu raconter une histoire qui se passe aux États-Unis ? 

Extrait : (début du livre)
De mon vivant, ma dernière pensée se tourna vers le corps de Michael.
Je me répète en boucle « le corps de Michael, le corps de Michael, le corps de Michael », comme s’il s’agissait d’un miracle devant lequel je doutais encore.
C’est alors que j’aperçois la forme au milieu de la route.
Cette route, je la connais dans ses moindres détails : l’asphalte qui prend un air encore plus craquelé sous le soleil de l’après-midi, le gravier le long du bas-côté, le parfum douceâtre des aiguilles de pin. Pour l’instant, je ne ressens qu’un léger étonnement. Je ne percute pas immédiatement que j’observe un corps, et la possibilité qu’il s’agisse d’un être humain ne m’effleure même pas l’esprit.
On dirait tout simplement un sac que quelqu’un a jeté là. Mais c’est sacrément gros, quand même. Je finis par avancer dans sa direction, tout en me demandant ce que je vais faire.
En tout cas, c’est trop gros pour être l’un des habituels animaux écrasés. Peut-être une biche, complètement immobile, et non en proie aux derniers soubresauts frénétiques qui précèdent généralement la mort. J’ai horreur de voir des animaux sur le point de mourir. Ils savent toujours que leur fin est proche, alors même que leur corps se débat mécaniquement, par instinct.
Ce n’est qu’en approchant que je distingue une jambe droite, indéniablement humaine, mais tordue dans un angle impossible. Encore sous le choc, je reconnais mon plus beau jean et ce qui reste de mon chemisier favori.
Les pois rouge pâle ressortent clairement, mais je n’arriverai jamais à nettoyer entièrement les parties blanches du tissu.
Je ne reconnais pas mes cheveux. Ma couleur châtain clair est tachée de gravier, d’huile de moteur et d’un liquide que je soupçonne être du sang. Le bras gauche forme un angle droit avec le torse, et le bras droit… a disparu.
D’instinct, je vérifie mon flanc droit. Mon bras est pourtant toujours là.
À vingt mètres de moi, un camion est immobilisé en travers de la route. Un homme âgé d’une quarantaine d’années se tient au capot, le regard rivé au sol. On dirait que ses jambes ne vont pas tarder à lâcher.
Il parvient néanmoins à avancer de deux pas chancelants en direction du bas-côté, avant de se pencher au-dessus des fougères. Je détourne les yeux, tandis qu’il hoquette, puis vomit.
Malgré tout, il trouve la force de retourner à son véhicule sans s’effondrer. Il est plutôt maigrelet et flotte un peu dans sa chemise. Les mains tremblantes, il sort son téléphone portable pour prévenir la police. Accident. Pine Creek. Près du motel. Après la sortie. Une… blessée.
Nous avons l’air bien isolés, au milieu des pins. Il vacille d’avant en arrière tout en marmonnant dans sa barbe. Je ne sais vraiment pas quoi faire pour lui. J’essaie maladroitement de lui tapoter l’épaule, comme pour m’excuser, mais c’est inutile.
C’est alors que j’entends ce qu’il murmure :
— Pas morte, pas morte, pas morte.
Un mantra. Une prière qu’il répète, encore et encore.

Déjà lu du même auteur :

102696527 (1) La Bibliothèque des cœurs cabossés

111148641 Le jour où Anita envoya tout balader

 

voisinsvoisines2019_2Suède

petit bac 2019(2) Végétal

Millénium saga – tome 3 – La fille qui ne lâchait jamais prise – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega

81P6OxK5S4L Dupuis – octobre 2018 – 64 pages

Quatrième de couverture :
Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander ont remonté la piste des kidnappeurs de Plague, Trinity et Bob the Dog. De leur surnom « Sparta », ces extrémistes patriotiques pro-Blancs ont pour intention de pirater les données du gouvernement suédois en s’infiltrant dans les serveurs des services secrets. Et si les trois hackeurs ne coopèrent pas, c’est la mort qui les attend. Les indices mènent le journaliste de « Millénium » et sa complice droit vers Mark Borrow, écrivain d’un best-seller vantant la supériorité masculine et homme politique associé aux mouvements radicaux d’extrême-droite. Alors que celui-ci dirige un séminaire de coaching, le duo le prend en otage afin de savoir où ses collègues séquestrent les pirates informatiques. Et quand la situation dégénère en fusillade ouverte, Lisbeth et Mikael n’imaginent pas qu’ils seront soutenus par une ancienne connaissance…

Auteurs : Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l’économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d’Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d’une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.
Né en 1971 à Tournai d’une mère Belge et d’un père Français, ayant grandi dans le sud de la France, c’est en compagnie des Astérix, Batman et autres Spirou que Sylvain Runberg étanche sa soif de bulles, le tout entrecoupé de récits historiques et de romans divers, manière de titiller son imaginaire en devenir. Il passe son bac d’Arts Plastiques dans le Vaucluse avant d’obtenir une Maîtrise d’Histoire contemporaine à la faculté d’Aix en Provence, années étudiantes ponctuées de nombreux voyages en Europe et d’organisation de soirées musicales, du rock indépendant à la musique électronique. Sylvain Runberg évolue ensuite plusieurs années en librairie avant de rejoindre le monde de l’édition. Il déménage alors à Paris pour rejoindre les Humanoïdes Associés. Mais un fâcheux accident l’immobilise plusieurs mois durant l’année 2001. Il s’essaye alors à l’écriture durant sa convalescence et s’aperçoit que ça lui plait plus que de raison et décide de continuer. En 2004, Sylvain sort son premier album, « Astrid » avec Karim Friha. Suivent ensuite des projets aux univers variés : les « Colocataires » avec Christopher, série inspirée par ses années étudiantes aixoises, « Hammerfall », avec Boris Talijancic, saga médiévale fantastique ayant pour cadre la Scandinavie du VIIIe siècle et la série de science fiction « Orbital », réalisée avec Serge Pellé. 

Belén Ortega (1986) est diplômée des Beaux-Arts de l’université de Grenade (Espagne) et a poursuivi sa formation à l’université d’Osaka (Japon) durant plus d’un an. Son premier travail professionnel, « Himawari », publié en 2011, a reçu le prix du meilleur manga espagnol par Ficomic Barcelona. En 2010, Expomanga Madrid lui décerne le prix de la meilleure illustratrice espagnole. Sa première bande dessinée, « Pajaro Indiano », est publiée en 2015 et sera aussi exportée en Italie par le magazine BD « Lanciostory ». La même année, Ominiky Ediciones compile l’ensemble de son travail dans un artbook. En 2016, Norma Editorial publie « Marc Márquez, la historia de un sueño », sa biographie du double vainqueur du Championnat du monde de MotoGP. Actuellement, Belén Ortega collabore avec Sylvain Runberg sur une nouvelle série issue de l’univers de « Millénium » de Stieg Larsson pour les Éditions Dupuis : « Millénium Saga ». En parallèle, elle est illustratrice freelance. Elle réalise des couvertures de livres, travaille à divers projets indépendants et crée des personnages pour des jeux vidéo ainsi que pour de courts métrages animés. Elle est également professeur de manga à temps partiel.

Mon avis : (lu en décembre 2018)
C’est le dénouement de cette série « Saga », une aventure inédite de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, tout à fait dans l’esprit de Stieg Larsson. Un thriller politique sombre où il est question de sujets d’actuels comme l’espionnage numérique, les lanceurs d’alerte, la montée des courants nationalistes et identitaires, le terrorisme… Sans oublier les thèmes chers à l’auteur comme l’indépendance de la presse et la lutte pour la liberté et l’égalité des citoyens. Une intrigue haletante et bien ficelée qui s’achève avec sa dose de tension et de scènes de poursuite…

Extrait : (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Déjà lu dans la même série :

88596558_p Millenium – tome 1 106030485 Millenium – tome 2

millenium3 Millenium – tome 3  millenium4 Millenium – tome 4

millenium_5_1_75 Millenium – tome 5 107056902 Millenium – tome 6

114103759 Millénium saga – tome 1 81Vot04XJLL Millénium saga – tome 2

petit bac 2019(1) Lecture

De l’autre côté – Stefan Casta

51dhuuvbnul Thierry Magnier – avril 2017 – 385 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Titre original : På andra sidan Fågelsången, 2015

Quatrième de couverture :
Une maison isolée pleine de charme, ce sera le refuge idéal pour Elina et son père meurtris par la mort accidentelle de Vanessa. Mais la maison est aussi mystérieuse, on la dit maudite. Au fil des saisons, Elina apprivoisera le lieu, et nous racontera une année capitale de son existence. Mais qui est ce garçon brun qui semble si bien connaître la maison et s’y installe avec eux ? Et ce renard qui rôde autour de la maison a-t-il joué un rôle dans l’accident où Vanessa a trouvé la mort… Avec son écriture faussement simple, Stefan Casta parle de l’absurdité de la vie avec gravité, poésie et douceur.

Auteur : Stefan Casta écrit des livres pour la jeunesse et pour les adultes. Il a été producteur à la radio et à la télévision ainsi que journaliste. Il a reçu le prestigieux prix August en 1999 ainsi que le prix Astrid Lindgren en 2002 pour l’ensemble de son oeuvre. Née en Suède, Agneta Ségol vit depuis de nombreuses années en Normandie. Longtemps enseignante en Français langue étrangère, elle se consacre maintenant à la traduction de romans.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Voilà un roman « ados » que j’ai pris un peu par hasard à la Bibliothèque.
Cela commence par un accident de voiture qui n’a comme seul témoin, un renard. Il est décrit au ralenti de l’intérieur de la voiture par Elina, la narratrice. Son père, Jurgen, est le conducteur et elle et Vanessa, sa belle-mère, sont à ses côtés.
La première phrase du livre est : « Quelqu’un meurt », ce quelqu’un c’est Vanessa, une belle-mère avec qui Elina a une relation bien plus forte qu’avec sa mère biologique.
Au fil des quatre saisons, le lecteur suit le deuil et la reconstruction de Jurgen et Elina.
Jurgen se lance dans de nombreux projets farfelus pour gagner sa vie, jusqu’à que par hasard, la découverte d’une vieille maison isolée, en pleine nature, leurs redonne un sens à la vie. Et peu à peu, la nouvelle maison devient un personnage, à propre parler, de cette histoire. Elle se transforme comme la nature autour d’elle.
Le souvenir de la morte est très présent, ainsi, souvent, Elina sent sa présence et la voit à ses côtés.
J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire qui mêle le réel et l’imaginaire, où la nature est très présente. Il y a de la poésie, du mystère et beaucoup d’humanité. Le côté suédois transparaît essentiellement, dans la présence importante de la nature et dans « l’exotisme » des menus avalés par nos personnages… comme par exemple, un petit-déjeuner composé d’une tartine fromage-poisson !

Extrait : (début du livre)
Quelqu’un meurt. C’est comme ça que cette histoire commence. Quelqu’un meurt et quelqu’un gagne à un jeu de grattage. Ça va changer beaucoup de choses. Tout, en fait.
C’est un vendredi.
Le 21 juin. Une date que je n’oublierai jamais. Pas parce que c’est la Saint-Jean, mais à cause de ce qui arrive.
C’est donc l’été.
Enfin… l’été si on veut. Le temps est tellement pourri qu’il faut une bonne dose d’optimisme pour déceler le moindre signe de son arrivée. En somme, il faut être comme Jörgen qui, lui, en voit partout. Des signes, je veux dire.
Jörgen c’est mon père. Un fait qu’il a souvent tendance à oublier. En ce moment il est au volant. Il fait de grands discours en conduisant. Personne ne l’écoute. On a déjà tout entendu. Ce qui ne l’empêche pas de débiter imperturbablement son monologue enthousiaste et interminable. De temps en temps, il souligne ses propos par de grands gestes emphatiques qui l’obligent à lâcher le volant. Les voitures autour de nous klaxonnent et nous font des appels de phares mais Jörgen s’en fiche royalement. Rien ne peut arrêter le flot de paroles qui se déverse de sa bouche. Il parle comme s’il se trouvait en face d’un public. Et le public c’est nous, Vanessa et moi.

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petit bac 2019(1) Partie du corps

Retour sur l’île – Viveca Sten

51zvmU31TnL Albin Michel – mai 2018 – 448 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I farans riktning, 2013

Quatrième de couverture :
C’est l’hiver sur l’île de Sandhamn. La tempête de neige qui fait rage contraint les habitants à rester chez eux. Un matin, on découvre le cadavre d’une femme sur la plage : la célèbre correspondante de guerre Jeanette Thiels était connue pour son franc-parler avec certaines personnalités influentes, issues notamment du parti xénophobe Nouvelle Suède.
Crime politique ou vengeance personnelle masquée ? L’inspecteur Thomas Andreasson n’a pas le temps de répondre qu’un nouveau meurtre a lieu.

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture. Sa série mettant en scène l’inspecteur Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans une douzaine de pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les deux premières saisons diffusées sur Arte ont réuni plus d’un million et demi de spectateurs.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est la sixième enquête de la série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn. C’est la période de Noël, la tempête de neige fait rage et au petit matin, la célèbre correspondante de guerre Jeanette Thiels est retrouvée morte sur la plage, devant l’hôtel où elle est arrivée la veille. Il s’avère que cette journaliste était en train d’enquêter sur l’extrême droite suédoise… Les pistes sont nombreuses et beaucoup n’aboutissent à rien de concret… Et voilà qu’un nouveau meurtre à lieu…

Thomas a comme nouveau collègue, Aram, un policier d’origine assyrienne qui a immigré en Suède lorsqu’il était enfant. C’est un personnage humain et touchant par son histoire qui tient une place importante dans cette enquête… et que j’espère retrouver dans les prochaines.
J’ai toujours du plaisir à retrouver l’île de Sandham et ses habitants, dans cet épisode, j’ai regretté la très faible présence de Nora Linde…

Extrait : (début du livre)
Pourvu qu’elle arrive à Sandhamn, tout irait bien. Nulle part elle ne se sentait plus en sécurité.

Jeanette se le répétait comme un mantra tandis qu’elle roulait dans la neige fondue sur l’autoroute. Plusieurs fois, elle dut chasser ses larmes en clignant des yeux pour voir la route. Sur le pont de Skurubron, elle faillit déraper.
Elle dépassa le golf au niveau du pont de Fågelbro sur le canal Strömma. Le ferry partait dans quelques minutes, à trois heures moins le quart. Il fallait qu’elle arrive à temps, c’était le dernier de la journée.
Au bout d’une éternité, le port de Stavsnäs s’ouvrit devant elle. Elle s’engagea sur le parking à moitié plein. Elle dut s’y reprendre à plusieurs fois, mais finit par réussir à fermer la porte de sa Ford.
Le vent lui mordit les joues, la température avait fortement chuté, il devait bien faire moins dix, voire plus froid. Un peu plus loin claquaient les filins d’un mât sans drapeau et, dans la baie, des crêtes d’écume couronnaient les vagues.
Une légère aigreur lui montait dans la gorge, mais elle n’avait pas le temps de s’en inquiéter.
Tête baissée, elle se précipita vers le quai où le gros bateau attendait dans la pénombre grise. Elle était la dernière à embarquer : on remonta la passerelle après elle et, quelques secondes plus tard seulement, le ferry appareilla. Elle ne put s’empêcher de se retourner pour voir s’il y avait quelqu’un derrière elle.
Jeanette se blottit dans un coin à l’arrière du ferry, et rabattit sa capuche, cachant presque totalement son visage. Elle aurait dû manger quelque chose, mais était trop fatiguée pour monter à la cafétéria, au pont supérieur : elle s’abandonna à une sorte de somnolence dans le grondement du moteur. Ce son régulier l’apaisait.
Son portable vibra dans sa poche. Elle y plongea machinalement la main, mais l’ôta aussitôt : elle ne voulait pas savoir qui cherchait à la joindre.
« Prochain arrêt Sandhamn, entendit-on grésiller dans un haut-parleur, le capitaine et l’équipage en profitent pour vous souhaiter un joyeux Noël. »

 

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