Totem – Nicolas Wouters, Mikaël Ross

totem Sarbacane – octobre 2016 – 125 pages

Quatrième de couverture :
C’est dans une forêt sauvage que Louis, 12 ans, vient passer son premier camp scout et essayer de soigner ses bleus à l’âme. Mais son séjour ne sera pas de tout repos, entre les brimades des scouts plus âgés, les tiraillements de ses propres démons et un secret trop lourd à porter. Un récit initiatique qui bat au rythme sensuel, feutré et magique de la forêt, où les compromis de l’âge adulte et les premiers émois amoureux viennent bousculer l’innocence de l’enfance.

Auteurs : Né à Bruxelles en 1984, Nicolas Wouters est titulaire d’un Master d’écriture de scénario, obtenu à l’université de Louvain-La-Neuve. Alors qu’il est encore aux études, il coordonne des projets culturels (Théâtre, Slam, Festivals, …) et assure l’écriture ainsi que la mise en scène de plusieurs pièces de théâtre dans le circuit amateur. En 2009, il quitte son travail dans un centre culturel se consacrer pleinement à sa passion pour le neuvième art. Il intègre l’option Bande dessinée de l’institut Saint Luc à Bruxelles, où il rencontre Mikaël Ross. Une amitié qui débouchera sur un premier livre, « Les pieds dans le béton ». Il vit et travaille actuellement à Zürich.
Né à Munich en 1984, Mikaël Ross mène de front deux carrières à la fois. De 2004 à 2007, il suit une formation de tailleur à l’Opéra de Munich puis s’installe à Berlin où il commence des études de stylisme à l’école des arts de Berlin-Weißensee. Parallèlement, il écrit et dessine des histoires et autoédite Herrengedeck, son premier album de bande dessinée qui raconte l’errance de deux amis dans la nuit berlinoise. Il décide en 2010 d’interrompre ses études de stylisme pour un an afin d’intégrer le département Bande dessinée de l’institut Saint Luc à Bruxelles. Il y rencontre le scénariste Nicolas Wouters avec lequel il initie le projet À ton tour, qui relate la relation de deux personnages dont l’amitié est entachée depuis l’enfance par les rapports de domination que l’un exerce sur l’autre. Il vit et travaille aujourd’hui de nouveau à Berlin.

Mon avis : (lu en mars 2020)
Après Un été d’enfer ! encore une histoire de scout… le hasard des lectures…
Cette histoire est beaucoup plus sombre et assez déconcertante…
Alors que son petit frère est malade et doit subir une opération, Louis est envoyé dans un camp scout. A douze ans, seul et avec ses cauchemars, il se retrouve au milieu de la forêt avec des scouts plus âgés que lui. Pour devenir un vrai scout, Louis doit passer une épreuve afin d’obtenir son « totem ». Avec deux autres novices, ils doivent se cacher en forêt et ne pas être retrouvé par le reste de la troupe…
Un album vraiment étrange, mêlant le réel et l’imaginaire dans une ambiance oppressante. J’ai eu du mal à distinguer le fantastique de la réalité…
Et, pour ma part, ce n’est pas du tout le souvenir que j’ai de mes années de scoutisme…

Extrait :

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Petit bac 2020a(4) Objet

Dans le même bateau – Zelba

51vTkxhy2mL Futuropolis – novembre 2019 – 168 pages

Quatrième de couverture :
En novembre 1989, le mur de Berlin tombe. Wiebke Petersen a 16 ans et pratique l’aviron à haut niveau. En 1991, elle intègre la première équipe d’Allemagne réunifiée pour les championnats du monde et va devoir apprendre à connaître ses anciennes adversaires pour former une équipe unie malgré les bouleversements qui secouent encore leur pays. Un récit autobiographique où la petite histoire se mêle à la grande.

Auteur : Née en 1973, Zelba est une illustratrice allemande, née sous le doux nom guttural de Wiebke Petersen.

Mon avis : (lu en février 2020)
Un roman graphique autobiographique passionnant et plein d’humour.
En 1989, Wiebke a 16 ans et elle pratique, avec sa sœur, l’aviron à haut niveau en Allemagne de l’Ouest. Elle est bien occupée par ses séances intensives d’entraînement, ses études au lycée et par sa vie dans sa famille, sans oublier la découverte des garçons…
Au moment de la Chute du Mur de Berlin, elle ne réalise pas que cela va modifier son avenir… En effet, dès 1991, l’Allemagne réunifiée se présentera aux Championnats du monde junior d’aviron avec une seule équipe où seront présentes des athlètes de l’ancienne RFA et de l’ancienne RDA.
Avec beaucoup de pédagogie Zelba nous présente aussi bien son sport que le contexte géopolitique de l’époque, de même elle raconte son quotidien d’Allemagne de l’Ouest et ses rencontres avec les Ossis, ces sportifs est-allemands si proches et pourtant si différents.
Cette BD est passionnante et drôle même si on ne connaît rien à l’aviron, c’est une façon originale de se replonger dans cette époque.

Extrait :

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Marlene – Hanni Münzler

Lu en partenariat avec Masse Critique

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61f9SwHNxFL L’Archipel – février 2020 – 464 pages

traduit de l’allemand par Anne-Judith Descombey

Titre original : Marlene, 2016

Quatrième de couverture :
Munich, juillet 1944. L’une des femmes les plus recherchées du IIIe Reich se tient face à la maison bombardée de Deborah et de son frère, qu’elle croit enfouis sous les décombres. Si elle était arrivée la veille, Marlene aurait pu les sauver.
Mais qui est au juste cette femme ? La veuve d’un notable connu pour ses sympathies nazies ? Une actrice en devenir ? Une résistante ?
Marlene va devoir prendre l’une des décisions les plus difficiles de sa vie : épargner la vie de millions de personnes… ou sacrifier l’homme qu’elle aime.
Dans le sillage d’ Au nom de ma mère, ce roman s’attache au destin d’une femme courageuse, confrontée aux soubresauts de l’Histoire.

Auteure : Née en Allemagne en 1965, Hanni Münzer conquiert le public dès 2013 avec son premier roman. Au nom de ma mère (l’Archipel, 2017), s’est vendu à plus de 250 000 exemplaires en Allemagne et a été traduit en douze langues.

Mon avis : (lu en février 2020)
Ce livre est la suite du premier roman d’Hanni Münzer, Au nom de ma mère. Pour ma part, je n’ai pas lu ce roman et je n’ai pas été gênée pour la lecture de Marlene.
Tout commence alors qu’âgée de 97 ans, Marlène décide d’écrire sa biographie pour raconter les événements qui se sont passés en 1944. Elle demande que l’œuvre ne soit publié qu’après sa mort, elle va cependant réunir ses proches autour d’elle pour leur raconter.
Le lecteur se retrouve donc en 1944 à Munich, sous les bombardements. Marlene est une jeune femme allemande, forte et courageuse engagée dans la Résistance contre l’Allemagne nazie. Elle se cache sous une fausse identité et tente de rejoindre Varsovie et la résistance. Évidement, le périple ne va pas être simple et plusieurs fois Marlene va se retrouver dans situations difficiles et même critiques… 
L’auteure décrit avec beaucoup de réalisme l’enfer du camp d’Auschwitz, c’est une partie du livre difficile à lire, mais c’est important pour l’Histoire d’être plongé dans la réalité du quotidien dans ce terrible camp.
J’ai aimé le côté historique de ce roman, mais je mettrais un bémol sur le côté sentimental de l’intrigue qui dilue parfois le message de ce livre.

Merci Masse Critique Babelio et les éditions de L’Archipel pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
Prologue
C’était un merveilleux été enveloppé de parfums et de souvenirs qui se gravèrent à jamais dans sa mémoire.
Elle se tenait dans le champ pendant les foins, le chant des grillons dans les oreilles, la poussière de la terre desséchée sur la langue, dans la lumière irisée du soleil de midi dont elle sentait la brûlure sur la nuque. Le soir, la grand-mère oindrait sa nuque d’une pommade à l’odeur forte qu’elle utilisait pour ses chevaux.
Elle avait seize ans, l’air embaumait les fleurs sauvages, le foin, et une langueur inconnue s’emparait d’elle quand elle échangeait des regards à la dérobée avec le fils de l’intendant. Elle notait chacune de leurs rencontres dans son journal intime. Une sensation neuve s’éveillait en elle et faisait chanter son sang.
C’était le jour de son anniversaire et, bien que son grand-père vît d’un mauvais œil qu’elle passât la journée dehors avec les valets, elle aidait ce jour-là à rentrer les foins. Elle adorait l’activité physique. Quand elle travaillait ainsi, elle se sentait vivante et proche de la nature et des hommes. Ses mains jeunes et vigoureuses savaient refréner les chevaux les plus fougueux. Leurs cals la remplissaient de fierté. Elle plaisantait avec les hommes, des journaliers du pays et des Polonais qui se louaient pour les récoltes en Allemagne. Elle était acceptée de tous non parce qu’elle était la petite-fille du propriétaire, mais parce qu’elle travaillait presque aussi dur qu’eux.
Elle n’entendit pas aussitôt le moteur de la voiture parce que les hommes avaient entonné un chant de récoltes. Ce furent des appels qui attirèrent son attention sur les nouveaux arrivants. La main en visière pour abriter ses yeux du soleil, elle regarda deux silhouettes surgir dans la lumière aveuglante et s’approcher d’eux. Elle connaissait ces deux hommes : c’était le Gauleiter local Mettmann et son fils Herbert. Ce dernier avait le même âge qu’elle et tous deux avaient fréquenté l’école du village.
— Je n’ai pas voulu croire mon fils quand il me l’a raconté, mademoiselle von Dürkheim ! s’échauffa Mettmann avant même de l’avoir rejointe. Mais maintenant, vous voilà avec cette clique de Juifs polonais !
Elle ne comprenait pas son indignation.
— Nous travaillons : quel mal y a-t-il à cela ? répondit-elle.
Elle observait ce gros homme dans son uniforme disgracieux qu’elle connaissait depuis son enfance. Paul Mettmann était l’épicier du village et quand elle était petite, lui et sa femme lui donnaient des bonbons à chacune de ses visites. Autrefois, il aimait plaisanter, il lui pinçait la joue dès qu’il la croisait et il était connu pour ne jamais rater une occasion de faire la fête.

 

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Petit bac 2020a(2) Prénom

La goûteuse d’Hitler – Rosella Postorino

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – mai 2019 – 9h36 – Lu par Audrey Sourdive

Albin Michel – janvier 2019 – 400 pages

traduit de l’italien par Dominique Vittoz

Titre original : Le assaggiatrici, 2018

Quatrième de couverture :
1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa.
Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire.
Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.
Couronné en Italie par le prestigieux prix Campiello, ce roman saisissant est inspiré de l’histoire vraie de Margot Wölk. Rosella Postorino signe un texte envoûtant qui, en explorant l’ambiguïté des relations, interroge ce que signifie être et rester humain.

Auteur : Née à Reggio de Calabre en 1978, Rosella Postorino vit à Rome. Elle est éditrice chez Einaudi et journaliste. Ses trois premiers romans, La stanza di sopra, L’estate che perdemmo Dio et Il corpo docile, ont été couronnés par plusieurs prix. Elle écrit également des essais, des pièces de théâtre, et contribue à des anthologies. La goûteuse d’Hitler est son premier roman traduit en français. Il vient d’être récompensé par le prestigieux prix Campiello.

Lecteur : Audrey Sourdive commence le théâtre à 5 ans. Depuis elle interprète de grands rôles classiques comme Elvire ou Lady MacBeth et s’intéresse aussi au théâtre contemporain ainsi qu’au théâtre pour enfants. Également metteur en scène, elle a récemment monté Ninon, une pièce sur le handicap, et le Circuit Ordinaire de Jean-Claude Carrière. Elle est également doubleuse (Millenium, Grey’s Anatomy, Spiderman…).

Mon avis : (écouté en juin 2019)
L’auteur s’est inspirée de l’histoire vraie de Margot Wölk, la dernière goûteuse d’Hitler pour écrire ce roman. C’est seulement en 2012, à l’âge de 95 ans que Margot Wölk a révélé son histoire, elles étaient 15 goûteuses et les 14 autres ont été tuées fin 1944, lors de l’arrivée des troupes soviétiques. Margot Wölk avait pu fuir par un train destination Berlin.
Son mari s’étant engagé dans l’armée, son appartement détruit et sa mère morte dans un bombardement à Berlin, Rosa est venue habiter à  Gross-Partsch, chez ses beaux-parents. Elle est alors réquisitionnée avec neuf autres jeunes femmes pour goûter les repas d’Hitler, ce dernier craignant d’être un jour empoisonné… Elles se retrouvent trois fois par jours pour ces « repas du hasard », puis devant attendre au moins une heure après chaque repas. Petit à petit, des liens vont se nouer entre les différentes goûteuses.
C’est la guerre, et même en Allemagne le ravitaillement pour la population est difficile.  La faim est bien présente et les goûteuses sont partagées entre l’opportunité de pouvoir manger des mets introuvables (fruits, légumes, desserts… Hitler étant végétarien) et la terrible angoisse de risquer d’être malade ou de mourir empoisonnée.
J’ai trouvé ce roman, basé sur des faits historiques, passionnant et captivant. Le rôle des goûteuses est bien décrit, leurs vies quotidiennes pendant la guerre également.
Rosa et ses camarades d’infortune sont très émouvantes et attachantes.
Ce livre qui m’avait été conseillé au Café Lecture de la Bibliothèque est une belle découverte !

Extrait : (début du livre)
Nous sommes entrées une par une. Après plusieurs heures d’attente debout dans le couloir, nous avions besoin de nous asseoir. La pièce était grande avec des murs blancs. Au centre, une longue table en bois déjà dressée pour nous. Ils nous ont fait signe de nous y installer.
Je me suis assise et j’ai croisé les mains sur mon ventre. Devant moi, une assiette en porcelaine blanche. J’avais faim.
Les autres femmes avaient pris place sans bruit. Nous étions dix. Certaines se tenaient droites, l’air compassé, les cheveux tirés en chignon. D’autres regardaient à la ronde. La jeune fille en face de moi mordillait ses peaux mortes et les déchiquetait entre ses incisives. Ses joues tendres étaient marquées de couperose. Elle avait faim.
À onze heures du matin, nous étions déjà affamées. Mais cela ne tenait pas à l’air de la campagne, au voyage en autocar. Ce trou dans l’estomac, c’était de la peur. Depuis des années nous avions faim et peur. Et quand les effluves de nourriture sont montés à nos narines,notre sang s’est mis à cogner à nos tempes, notre bouche à saliver. J’ai regardé la fille couperosée. Il y avait la même envie chez elle et chez moi.
Mes haricots verts étaient agrémentés d’une noix de beurre. Du beurre, je n’en avais pas mangé depuis mon mariage. L’odeur des poivrons grillés me chatouillait le nez, mon assiette débordait, je ne la lâchais pas des yeux. Celle de ma voisine d’en face contenait du riz et des petits pois.
« Mangez », ont-ils dit d’un angle de la salle, c’était à peine plus qu’une invitation et pas tout à fait un ordre. Ils lisaient l’appétit dans nos yeux. Bouches entrouvertes, respirations précipitées. Nous avons hésité. Personne ne nous avait souhaité bon appétit, alors je pouvais peut-être encore me lever et dire merci, les poules ont été généreuses ce matin, un œuf me suffira pour aujourd’hui.
J’ai recompté les convives. On était dix, ce n’était pas la cène.
« Mangez ! » ont-ils répété dans l’angle de la salle, mais j’avais déjà sucé un haricot et senti mon sang affluer à la racine de mes cheveux, à l’extrémité de mes orteils, senti mon cœur ralentir. Devant moi Tu dresses une table face à mes adversaires – ces poivrons sont si onctueux –, Tu dresses une table sur le bois nu, pas même une nappe, de la vaisselle blanche, dix femmes : voilées, nous aurions eu tout de religieuses, un réfectoire de religieuses tenues au vœu de silence.

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petit bac 2019(5) Métier

 

Le voyage de Marcel Grob – Philippe Collin et Sébastien Goethals

9782754822480 Futuropolis – octobre 2018 – 192 pages

Quatrième de couverture :
Le destin tragique de Marcel Grob, jeune Alsacien de 18 ans, enrôlé de force en juin 1944, dans la Waffen SS. Philippe Collin et Sébastien Goethals se basent sur l’histoire vraie d’un de ces « malgré nous » pour raconter comment et dans quelles conditions ces jeunes Alsaciens furent incorporés et durent combattre dans la SS.

Auteurs : Philippe Collin est un producteur de radio, auteur et journaliste, né à Brest le 6 avril 1975. Il effectue des études d’histoire à l’Université de Bretagne occidentale, à Brest. Il est titulaire d’une maîtrise d’histoire contemporaine consacrée à l’épuration des collaborateurs à la Libération.  En 2018, il est l’auteur avec Sébastien Goethals de la bande dessinée « Le voyage de Marcel Grob ». Il raconte l’histoire de Marcel Grob, un malgré-nous, un jeune alsacien de 17 ans qui doit intégrer la Waffen-SS en 1944. La bande dessinée est inspirée d’une histoire vraie, celle du grand oncle de Philippe Collin.
Né en 1970, Sébastien Goethals est un spécialiste du thriller en bande dessinée. De 2000 à 2002, il met en images les trois albums de Tower sur un scénario de l’écrivain bicéphale Ange. En 2004 et 2005, il met son sens de l’action et de l’efficacité graphique au service du premier épisode d’Angeline écrit par la comédienne Adeline Blondieau et le réalisateur Éric Summer. Il prend alors un certain recul par rapport à la bande dessinée. Par ailleurs il a réalisé les couleurs du premier épisode de Spoon & White, polar humoristique signé Yann et Jean Léturgie. Mais l’autre domaine de prédilection de Sébastien est l’animation et notamment la création de personnage. Il a ainsi travaillé sur le long métrage Kong et les séries Lost Continent, Stargate et Les Copains de la forêt. C’est avec grand plaisir qu’on le voit de retour en BD avec Ceci est mon corps.

Mon avis : (lu en février 2019)
Cette BD raconte l’histoire peu connue des « Malgré-nous », à travers le destin tragique de Marcel Grob, jeune Alsacien de 18 ans, enrôlé de force dans la Waffen SS, en juin 1944 .
En octobre 2009, Marcel Grob est un vieil homme de 83 ans qui se retrouve devant un juge qui l’interroge sur sa vie. Plus particulièrement sur le 28 juin 1944, jour où ce jeune Alsacien est intégré dans la 16e division Reichsführer, de la Waffen SS.
Pour le juge qui instruit son affaire, il va falloir convaincre le tribunal qu’il n’a pas été un criminel nazi. Marcel Grob doit se replonger dans ses douloureux souvenirs d’un « Malgré-nous », forcé d’aller combattre en Italie dans l’une des plus sinistres divisions SS.
Il n’est pas facile de différencier les jeunes Alsaciens enrôlés de force et les Volontaires venus combattre de leur plein gré…
Cette BD est l’occasion de découvrir un pan de l’Histoire, de la Seconde Guerre Mondiale et de l’Alsace à cette époque.
A la fin de l’album, il y a un cahier historique intéressant et rappelle l’horreur absolue des massacres systématiques de villages entiers durant tout le conflit aussi bien par les SS que par l’armée allemande.

Extrait :

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Le Lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux – Martha Hall Kelly

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Charleston éditions – janvier 2018 – 576 pages

Pocket – janvier 2019 – 672 pages

traduit de l’américain par Géraldine d’Amicot

Titre original : Lilac girls, 2016

Quatrième de couverture :
Septembre 1939 : les hordes nazies déferlent sur la Pologne. Commence alors, pour trois femmes que tout oppose, un terrible et rigoureux hiver…
Il y a Caroline, d’abord. L’ancienne actrice américaine vit dans l’opulence, mais la guerre en Europe va bouleverser tout son quotidien… Kasia ensuite, cette jeune Polonaise qui rentre en Résistance, au péril de sa vie et de celles des siens. Herta, enfin, que son ambition dévorante jettera parmi les monstres – au point de s’y conformer.
Toutes trois l’ignorent encore mais elles ont rendez-vous, au plus noir de l’hiver : au camp de Ravensbrück…
Un premier roman remarquable sur le pouvoir méconnu des femmes à changer l’Histoire à travers la quête de l’amour, de la liberté et des deuxièmes chances.

Auteur : Martha Hall Kelly vit à Atlanta, en Géorgie. Son premier roman, Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, a paru en 2018. Comparé à Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay, inspiré de faits réels, ce roman est devenu dès sa parution un best-seller du New York Times.  

Mon avis : (lu en décembre 2018)
C’est grâce au Café Lecture de la Bibliothèque que j’ai découvert ce livre. Martha Hall Kelly s’est inspirée de faits réels pour raconter l’histoire de trois femmes durant la Seconde Guerre mondiale : l’américaine Caroline Ferriday , l’allemande Herta Oberheuser et l’adolescente polonaise Kasia Kuzmerick. Les deux premières ont réellement existé, la dernière est un personnage de fiction inspiré de personnes réelles. 
Caroline Ferriday est une philanthrope américaine qui travaille bénévolement au consulat de France de New-York  avec l’Association des Déportés et Internées Résistantes (ADIR) afin de venir en aide aux orphelins français.
Kasia est une jeune résistante Polonaise envoyée à Ravensbruck, camp de concentration pour femmes, où elle croisera la route de l’ambitieuse médecin allemand Herta Oberheuser qui lui fera subir de cruelles expérimentations médicales.
Cette histoire dénonce la lâcheté et la cruauté de ces années mais montre également le courage et la force de Kasia et Caroline pour que l’Histoire n’oublie jamais.

Extrait : (début du livre)
Caroline
Si j’avais su que j’allais rencontrer l’homme qui me fracasserait comme le pot de terre contre le pot de fer, j’aurais fait la grasse matinée plutôt que de tirer de son lit notre fleuriste, M. Sitwell, pour qu’il me prépare une boutonnière. C’était mon premier gala au consulat et je n’allais pas me gêner.
Je me fondis dans la marée humaine qui remontait la cinquième avenue. Des hommes coiffés de feutre gris me dépassaient. Les journaux du matin, fichés dans leurs mallettes, arboraient les derniers titres anodins de la décennie. Aucun orage ne menaçait à l’est ce jour-là, aucun mauvais présage de ce qui nous attendait. Rien de mauvais ne nous venait de l’Europe, si ce n’est l’odeur d’eau stagnante qui montait de l’East River.
À l’approche de notre immeuble, au coin de la cinquième avenue et de la 49e rue, je sentis le regard de Roger qui me guettait de sa fenêtre à l’étage. Il avait licencié des employés pour bien moins que vingt minutes de retard. Mais je n’allais quand même pas me contenter d’une boutonnière minable, le seul jour de l’année où l’élite new-yorkaise ouvrait son portefeuille et prétendait se soucier de la France.
Je passai le coin et vis les lettres d’or gravées sur la pierre angulaire briller au soleil : LA MAISON FRANÇAISE. Le bâtiment français où se trouvait le consulat de France se dressait à côté de celui de l’Empire britannique. Tous les deux donnaient sur la cinquième avenue et faisaient partie du Rockefeller Center, le nouvel ensemble de granit et de calcaire construit par Rockefeller Junior. De nombreux consulats étrangers y avaient leurs bureaux, ce qui favorisait les échanges diplomatiques internationaux.
— Avancez jusqu’au fond et tournez-vous vers la porte, ordonna Cuddy, notre garçon d’ascenseur.
M. Rockefeller avait lui-même trié tous ses employés sur le volet, selon des critères esthétiques et en fonction de leurs bonnes manières. Cuddy était particulièrement beau même si ses cheveux étaient déjà poivre et sel, comme si son corps se hâtait de vieillir.
Cuddy fixa les chiffres illuminés au-dessus des portes.
— Il y a foule dans vos bureaux aujourd’hui, mademoiselle Ferriday. Pia a dit que deux nouveaux bateaux étaient arrivés.
— Merveilleux.
Cuddy épousseta une poussière invisible sur la manche de sa veste d’uniforme bleu marine.
— Est-ce que vous finirez encore tard ce soir ?
Si nos ascenseurs étaient censés être les plus rapides du monde, ils prenaient quand même une éternité.
— Je partirai à cinq heures ce soir. Nous avons un gala.
J’adorais mon travail. C’était ma grand-mère Woolsey qui avait instauré la tradition du bénévolat dans ma famille en soignant des soldats sur le champ de bataille de Gettysburg. J’étais responsable de l’aide aux familles pour le consulat de France, mais ce n’était pas vraiment du travail à mes yeux, plutôt une passion héréditaire pour tout ce qui était français. Mon père avait beau être à demi irlandais, son cœur battait pour la France. De plus, Mère avait hérité d’un appartement à Paris, où nous passions tous les mois d’août, aussi m’y sentais-je chez moi.
L’ascenseur s’arrêta. La terrible cacophonie qui me parvint, même à travers les portes fermées, me fit trembler.
— Troisième étage, annonça Cuddy. Consulat de France. Attention à…

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Orphelins 88 – Sarah Cohen Scali

orphelins88 R jeunes adultes – septembre 2018 – 432 pages

Quatrième de couverture :
Munich, juillet 1945.
Un garçon erre parmi les décombres…
Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D’où vient-il ? Il n’en sait rien. Il a oublié jusqu’à son nom. Les Alliés le baptisent  » Josh  » et l’envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l’aider à lever le voile de son amnésie.
Dans une Europe libérée mais toujours à feu et à sang, Josh et les nombreux autres orphelins de la guerre devront panser leurs blessures tout en empruntant le douloureux chemin des migrants.
Si ces adolescents sont des survivants, ils sont avant tout vivants, animés d’un espoir farouche et d’une intense rage de vivre.
Un roman saisissant qui éclaire un pan méconnu de l’après- Seconde Guerre mondiale et les drames liés au programme eugéniste des nazis, le Lebensborn.

Auteurs : Sarah Cohen-Scali est née en 1958 à Fès, au Maroc. Licenciée en philosophie, elle a aussi suivi des études d’art dramatique. Elle écrit des romans policiers et fantastiques pour les petits, les adolescents et les adultes, ainsi que des romans noirs. Elle a publié une cinquantaine de livres.

Mon avis : (lu en octobre 2018)
Après Max dont l’histoire se terminait dans les ruines de Berlin et dans un orphelinat… Sarah Cohen-Scali poursuit la découverte du sujet avec, en juillet 1945, la découverte de Josh dans les ruines de Munich par les Alliées. Il a entre 10 et 12 ans et il a tout oublié. Il est confié à un orphelinat où Ida, la directrice très dévouée, va l’aider à sortir de son amnésie.
Le titre « Orphelins 88 » évoque la réalité historique du code 88 : un code de reconnaissance pour les nazis se reconnaissent entre eux. Il correspond à l’abréviation HH (la 8ème lettre de l’alphabet, pour « Heil Hitler »). Ce code reste aujourd’hui un signe de reconnaissance néonazi…
Pour écrire cette histoire, Sarah Cohen-Scali s’est beaucoup documentée sur la guerre et l’après-guerre. Ida a réellement existé, elle s’appelait Greta Fisher. Pour créer son héros, Josh, elle s’est inspirée de deux enfants qui ont existé et d’un personnage de fiction. Un enfant de 10 ans recueilli par Greta Fisher, il est arrivé complètement amnésique, il était bourré de réflexes conditionnés, il ne pouvait pas s’empêcher de tendre le bras et crier « heil hitler », il chantait des chants nazis, il récitait des poèmes à la gloire d’hitler. Cet enfant avait été détenu dans un camp de concentration et était devenu la mascotte d’un nazi. Un enfant qui apparaît dans le livre de Primo Levy « La trêve » et qui lui aussi donnait des ordres en allemand, et qui voulait devenir Kapo, il avait été lui-même l’esclave d’un Kapo du camp. Et le personnage de fiction est issu du le livre « Le Choix de Sophie » de William Styron, c’est le fils de Sophie, pour le sauver, elle va supplier le commandant allemand d’intégrer son petit garçon dans un Lebensborn.
Sarah Cohen-Scali évoque également un sujet méconnu de cette période : celui du racisme. Ainsi, les soldats Noirs Américains se sont sentis mieux accueillis en Allemagne qu’aux États-Unis où le racisme était omniprésent. L’auteure a trouvé beaucoup de témoignages sur la ségrégation raciale au sein de l’armée, les Noirs étaient relégués aux postes inférieurs, à ceux les plus pénibles : cuisine, transports, déminage…
Cette histoire a également une grande résonance avec notre époque : de nombreux enfants se retrouvent sur les routes ou dans des camps de réfugiés, ils recherchent des pays d’accueil. Mais ils font peur, qu’ils soient enfants issus des Lebensborn ou survivants des camps, vont-ils pourvoir s’adapter dans un nouveau pays ? Ne risquent-ils pas, plus tard, de poser des problèmes ?
J’ai beaucoup aimé ce roman, ses personnages attachants et émouvants et j’ai également
historiquement beaucoup appris.

Extrait : (début du livre)
« You ! ARE NOW ENTERING Germany DON’T FRATERNIZE »
Ces panneaux, dans les zones frontalières. Plantés au milieu des ruines comme des épouvantails. Certains se tiennent bien droit, fiers, arrogants, d’autres sont de guingois et semblent vous regarder d’un œil torve, comme des bonhommes ivres, l’air de dire essaie un peu de me déraciner ! La première fois que j’en ai vu un, j’ai été pris de panique. Je me suis caché, terré au fond d’une cave pendant toute une journée.
Mes yeux, affolés, aveuglés, n’avaient enregistré qu’une partie du message.
You ! … German ! … Don’t ! …
Toi ! L’Allemand ! Interdiction !
J’ai cru voir un doigt accusateur pointé sur moi. Qui me désignait, me dénonçait, moi et moi seul. Puis je me suis efforcé de réfléchir, de me rappeler les cours d’anglais de la Napola (1). J’étais bon en anglais, c’était une de mes matières préférées, j’avais le meilleur accent de la classe, ce qui n’était pas toujours bien vu. Certains instructeurs me disaient que j’en faisais trop, qu’il ne fallait pas à ce point s’assimiler à l’ennemi, d’autres au contraire m’encourageaient. « Continue ! Tu ferais un bon espion ! »

(1) École d’élite du Reich

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Rencontre Babelio avec Sarah Cohen Scali

Déjà lu du même auteur :

Max_gallimard Max

 

Max – Sarah Cohen-Scali

Max_gallimard Max_poche

Gallimard jeunesse – mai 2012 – 480 pages

Gallimard jeunesse – avril 2015 – 480 pages

Quatrième de couverture :
« 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l’enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d’autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d’aimer. Heil Hitler ! »
Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l’Allemagne puis l’Europe occupée par le Reich.

Auteur : Sarah Cohen-Scali est née en 1958. Après des études de lettres, de philosophie et d’art dramatique, elle s’est finalement consacrée à la littérature, sa grande passion. Elle a écrit une quarantaine de romans et nouvelles, son domaine de prédilection étant le roman noir. Sarah vit à Paris avec sa famille.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Début septembre, j’ai été retenue par Babelio pour la rencontre avec Sarah Cohen-Scali pour son nouveau livre « Orphelins 88 ». En attendant la réception du livre, c’était la bonne occasion  de lire « Max » le premier livre de l’auteur sur la même thématique. 
1936, en Bavière, le roman commence dans dans le premier foyer du programme « Lebensborn » organisé par Himmler. Il s’agit de sélectionner des femmes aryennes qui seront accouplées à des officiers SS pour donner naissance à des bébés parfaitement aryens afin de créer une jeunesse parfaite.
Le narrateur, Max, est un bébé prêt à naître, déjà empreint de l’idéologie nazi depuis le ventre de sa mère, il veut absolument à voir le jour le 20 avril, date anniversaire du Führer. Il sera le premier à naître de ce terrifiant programme eugénique, il passera l’ épreuve de sélection. Max est le prénom que lui a donné secrètement sa mère, dont il sera rapidement séparé. Il est rebaptisé Konrad et grandit, sans maman, sans tendresse, éduqué dans la doctrine nazie. Il devient rapidement la mascotte du foyer et échappe à l’adoption. Max nous raconte tout ce qui se passe dans le foyer, ce qu’il voit, ce qu’il comprend par lui-même… Dès l’âge de quatre ans, il est utilisé pour kidnapper des enfants polonais ayant les caractéristiques aryennes… Max est de plus en plus un petit « robot » nazi, sans cœur et sans scrupule. C’est sa rencontre avec Lukas, un jeune polonais, qui va le faire évoluer. Pour la première fois de sa vie, il ressent un sentiment envers quelqu’un, Max voudrait que Lukas devienne son ami… Le lecteur va suivre le duo évoluer jusqu’en 1945…

Évidement, c’est un roman, mais tout ce qui est arrivé dans le traitement des futurs mères, des bébés, des enfants est historiquement vrai. Sarah Cohen-Scali a fait un immense travail de documentation autour des Lebensborn et programmes nazis autour de la jeunesse. C’est incroyable, terrifiant, et immensément dérangeant. 
Roman coup de poing et inoubliable !
Cependant, je suis très surprise que ce livre ait été édité dans une collection jeunesse… A ne pas lire avant 14 ans !

Extrait : (début du livre)
Je ne sais pas encore comment je vais m’appeler. Dehors, ils hésitent entre Max et Heinrich. Max, comme Max Sollmann, le directeur administratif du foyer qui va bientôt m’accueillir. Ou Heinrich, en hommage à Heinrich Himmler qui, le premier, a eu l’idée de ma conception et celle de mes camarades à venir.
Personnellement, j’aurais une préférence pour Heinrich. J’ai beaucoup de respect pour Herr Sollmann, mais il faut toujours viser haut dans la hiérarchie. Herr Himmler est plus important que Herr Sollmann. Il n’est ni plus ni moins que le bras droit du Führer.
Peu importe de toute façon, on ne me demandera pas mon avis.
Nous sommes le 19 avril 1936. Bientôt minuit.
J’aurais dû naître hier déjà, mais je n’ai pas voulu. La date ne me convenait pas. Alors je suis resté en place. Immobile. Figé. Oh ! Ça fait souffrir ma mère, bien sûr, mais c’est une femme courageuse et elle supporte ce retard sans se plaindre. D’ailleurs, je suis certain qu’elle m’approuve.
Mon vœu, le premier de ma vie à venir, est de voir le jour le 20 avril. Parce que c’est la date anniversaire de notre Führer. Si je nais le 20 avril, je serai béni des dieux germaniques et l’on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde.
À l’heure où je vous parle, je suis donc dans le ventre de ma mère et ma naissance est imminente. Plus que quelques minutes à tenir. Mais en attendant, vous n’avez pas idée du trac qui me noue les tripes ! Je suis si inquiet ! Bien que je n’aie aucune raison d’en douter, je crains que le duvet de mon petit crâne de bébé, et plus tard lorsqu’ils pousseront, mes cheveux, ne soient pas assez blonds. Or il faut absolument qu’ils soient blonds ! Un blond platine. Le plus clair possible, sans la moindre nuance de châtain qui pourrait les ternir. Mes yeux, je les veux bleus. Un bleu transparent, comme une eau pure qu’on ne pourrait contempler sans avoir l’impression de s’y noyer. Je veux être grand et fort…

Petit bac 2018Mot Unique (7)

La vie secrète des arbres – Peter Wohlleben

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Audiolib – novembre 2017 – 7h06 – Lu par Thibault de Montalembert

Les Arènes – mars 2017 – 260 pages

Les Arènes – octobre 2017 – 366 pages (édition illustrée)

Quatrième de couverture :
Dans ce livre plein de grâce, acclamé dans le monde entier, le forestier Peter Wohlleben nous apprend comment s’organise la société des arbres. Les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les parents vivent avec leurs enfants, et les aident à grandir. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Et leurs racines peuvent perdurer plus de dix mille ans… Prodigieux conteur, Wohlleben s’appuie sur les dernières connaissances scientifiques et multiplie les anecdotes fascinantes pour nous faire partager sa passion des arbres.
Après avoir découvert les secrets de ces géants terrestres, par bien des côtés plus résistants et plus inventifs que les humains, votre promenade dans les bois ne sera plus jamais la même.

Auteur : Peter Wohlleben a passé plus de vingt ans comme forestier en Allemagne. Il dirige maintenant une forêt écologique. Son livre a été numéro un des ventes en Allemagne avec plus de 650 000 exemplaires vendus et est devenu un étonnant best-seller aux États-Unis, et maintenant en France. Il est traduit en 32 langues.

Lecteur : L’acteur Thibault de Montalembert, s’est illustré au cinéma dans des réalisations de B. Bonello, A. Desplechin, R. Bouchareb ou R. Warnier, au théâtre sous la direction de metteurs en scène tels que P. Chereau, L. Bondy et R. Planchon, ainsi qu’à la télévision, notamment dans la série Dix pour cent. Grand lecteur il a enregistré de nombreux titres pour Audiolib, dont Le Meilleur des mondes, Canada, Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants (Grand Prix du livre audio Plume de Paon 2012) ou encore La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, Prix Audiolib 2013, Le Livre des Baltimore et Le Meurtre de Roger Ackroyd.

Mon avis : (écouté de février à mars 2018)
J’ai vraiment eu du mal à écouter dans la continuité ce livre audio. Les premières tentatives dans le train le matin ou dans mon lit le week-end ont eu pour résultats de me plonger dans le sommeil assez rapidement…
J’ai voulu persévérer car j’étais convaincue que le sujet du livre était intéressant. J’ai donc décidé de l’écouter de temps en temps pendant de courtes périodes, car si je ne suis pas dans les bonnes conditions (avec une attention maximum), je décroche très rapidement…
L’auteur nous transmet avec passion toutes ses connaissances sur la forêt et les arbres. Un monde très surprenant, on apprend que les arbres communiquent entre eux par les racines, ils s’entraident, ils se défendent contre les prédateurs en émettant des substances désagréables ou toxiques… « Les forêts ressemblent à des communautés humaines ».
Le contenu de ce livre est très intéressant, mais je ne conseillerai pas la version audio pour le découvrir…
J’aurai voulu faire tester ce livre audio à mon fils aîné passionné de nature, mais à ce jour, il n’a pas encore eu le temps de l’écouter…

 

 

Extrait : (début du livre)
Il y a longtemps de cela, alors que je parcourais l’une des anciennes réserves de hêtres de ma forêt, de curieuses pierres moussues ont attiré mon attention. J’étais assurément passé maintes fois à côté sans les remarquer, jusqu’à ce jour où je me suis arrêté et accroupi. Leur forme, en léger arc de cercle, était peu ordinaire. En soulevant un peu la mousse, je mis au jour de l’écorce. Ce que je croyais être des pierres était en fait du vieux bois. Le bois de hêtre pourrissant habituellement en l’espace de quelques années sur un sol humide, la dureté du morceau que j’examinais m’étonna. Surtout, je ne pouvais pas le soulever, il était solidement ancré dans le sol. Je grattai alors un petit morceau de cette écorce avec un canif et découvris une couche verte. Verte ? Cette couleur n’apparaît que lorsqu’il y a présence de chlorophylle, soit dans les feuilles fraîches, soit stockée sous forme de réserve dans les troncs des arbres vivants. Une seule explication était possible : ce morceau de bois n’était pas mort ! À y regarder de plus près, les autres « pierres » n’étaient pas disposées au hasard, mais formaient un cercle de 1,50 mètre de diamètre. Je me trouvais en présence des très anciens vestiges d’une immense souche d’arbre. Il ne subsistait que quelques fragments de ce qui avait jadis été l’écorce tandis que l’intérieur s’était depuis longtemps décomposé et transformé en humus, deux indices qui permettaient de conclure que l’arbre avait dû être coupé entre 400 et 500 ans auparavant. Mais comment était-il possible que des vestiges survivent aussi longtemps ? Les cellules se nourrissent de sucres, elles doivent respirer, se développer, ne serait-ce qu’un minimum. Or, sans feuilles, donc sans photosynthèse, c’est impossible. Aucun des êtres vivants de notre planète ne résiste à une privation de nourriture de plusieurs centaines d’années, et cela vaut aussi pour les vestiges d’arbres, du moins pour les souches qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes. À l’évidence, ce n’était pas le cas de celle-ci.

Petit bac 2018Passage du Temps (2)