Irena – tome 4 : Je suis fier de toi – Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël

81zW7nPj1WL Glénat – mars 2019 – 72 pages

Présentation :
Nous sommes en 1983 à Yad Vashem, au mémorial de la Shoah à Jérusalem. Irena a enfin été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l’allée des Justes parmi les nations. 18 ans après avoir été honorée. C’est ici qu’elle rencontre une jeune femme qu’elle a sauvée, et sa petite fille. Irena leur raconte son histoire, son retour de l’enfer de la torture en 1944, à Varsovie, la fin de la guerre… et le début d’un autre combat.

Auteur :  Né  en 1969, Jean-David Morvan est l’un des scénaristes de BD les plus prolifiques de sa génération. Il s’est d’abord essayé au dessin mais abandonne les études pour devenir scénariste. Il publie ses premiers textes dans un fanzine où il rencontre Yann Le Gall avec qui il écrira en 2001 la série Zorn et Dirna. En 1994, il publie Nomad avec Sylvain Savoia. La série Sillage, commencée en 1998 avec Buchet au dessin, remporte un succès immédiat. Il est également l’auteur des séries Troll, HK, Al Togo, Reality Show et Je suis morte. En 2009 il remporte un Silver Award au Prix international du manga pour l’album Zaya.
En 2013, chez Glénat, il donne une suite à la série Nomad avec un second cycle qu’il intitule Nomad 2.0 avec, cette fois-ci, Julien Carette au dessin. L’année suivante, toujours chez Glénat, il scénarise : Sherlock Fox (dessin de Du Yu), SpyGames (dessin de Jung-Gi Kim) et l’album de la collection « Ils ont fait l’Histoire » consacré à Jaurès.

Mon avis : (lu en mai 2019)
En 1983, au mémorial de la Shoah à Jérusalem, Irena a été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l’allée des Justes parmi les nations. A cette occasion, Irena raconte son histoire : comment elle a pu s’en sortir après son arrestation et après avoir été torturée en 1944, son retour à Varsovie jusqu’à la fin de la fin de la guerre où elle est obligée de se cacher et le début d’un nouveau combat.
Une BD toujours aussi poignante qui nous fait découvrir le destin hors-norme de cette grande héroïne polonaise de la Seconde Guerre mondiale.
Une suite (et fin ?) est prévue avec cinquième tome « La vie, après ».

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

91sYNAhtwWL Irena – tome 1 : Le ghetto  91dLnOPDZ-L Irena – tome 2 : Les justes

51RBT9XNMpL  Irena – tome 3 : Varso-Vie

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La ballade de l’enfant gris – Baptiste Beaulieu

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Fayard/Mazarine – septembre 2016 – 416 pages

Livre de Poche – février 2018 – 384 pages

Quatrième de couverture :
C’est l’histoire de Jo’, un jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C’est l’histoire de No’, un garçon de sept ans, attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas le voir plus souvent à l’hôpital.
C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin survient un drame qui lie pour toujours le destin de ces trois êtres.
Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur nous offre un troisième roman poignant qui nous entraîne dans une quête initiatique bouleversante.

Auteur : Jeune médecin généraliste, Baptiste Beaulieu est l’auteur d’un premier livre remarqué, Alors voilà, les 1001 vies des Urgences. Son blog « Alors voilà » compte plus de 5 millions de visiteurs.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Jo est un jeune interne au service pédiatrique de l’hôpital, il fait la connaissance de No, un petit malade de 7 ans, solitaire, il attend patiemment les visites trop rare de sa maman… Jo se rapproche de No, pour le distraire et le sortir de cette attente…
Cette histoire est touchante et pleine d’amour et de tendresse, mais je suis vraiment passée à côté de ce roman… C’est certainement dû à la forme, l’histoire commence par le jour de la déchirure puis ensuite la lecture alterne entre le passé par un compte à rebours et le présent, soit l’après déchirure, avec la quête de Jo pour retrouver Maria et comprendre son attitude. Cette alternance m’a complètement embrouillée et j’ai fini le livre en lisant dans la continuité d’une part les chapitres « passé » et de l’autre les chapitres « présent » pour tenter de comprendre le fond de l’histoire…

Extrait : (début du livre)
Le nombre total d’étoiles dans l’univers tombe-t-il pair ou impair ? Jonas ne savait pas, mais la question lui paraissait importante.
Dimanche, 9 h 54, grande banlieue de Paris. Le brillant étudiant en médecine de vingt-quatre ans observait le ciel nocturne peint dans la cabine d’ascenseur quand une secousse le sortit de sa rêverie. Il y était. Septième étage. Pédiatrie. Ça sentait toujours pareil, ici : antiseptique répandu sur le sol et urine froide. Il aimait ça, Jo’, c’était comme si l’odeur avait une vieille voix – une de ces voix à mâchonner des clopes plutôt qu’à les fumer – et qu’elle lui chuchotait : « Hey, hey, gamin ! Ici on sauve des vies ! »
À 9 h 58, Jo’ poussa mollement la porte du service quand son téléphone vibra. Sa mère lui annonça la nouvelle qui le fit vaciller. Il promit d’arriver au plus tôt, puis raccrocha. Il tremblait.
Il était alors 10 h 02. À quelques mètres de la chambre 33, il se baissa pour boire à la fontaine à eau dans le couloir, heurta le robinet.
« Fais pas ta chochotte ! » se gronda-t-il, une main posée sur son front qui saignait, l’autre sur la poignée de porte.
Chambre 33…
Aurait-il su ce qui l’attendait dans cette pièce que Jo’ aurait immédiatement fait demi-tour et pris ses jambes à son cou. Car le destin avait décidé qu’il n’arriverait pas à temps pour soutenir sa mère : il resterait dans cet hôpital toute une journée et toute une nuit, et ne le quitterait que le lendemain matin, deux heures avant les lueurs de l’aube, éreinté, l’âme vieillie.
À 10 h 04, Jo’ entra dans la chambre 33, vit Maria Tulith et son enfant de sept ans, allongé sur le lit.
À 10 h 10, il se produisit entre eux ce que Jonas appellerait la « Déchirure ». Toute sa vie, il y aurait un avant et un après cette Déchirure.
À cause d’elle, il partit en voyage, par-dessus les montagnes puis au-delà des mers, jusqu’au bout du monde, pour réinventer sa vie et trouver la vérité.
Avec le fantôme de l’enfant.

Petit bac 2018Couleur (6)

Carton jaune – Didier Daenincks, Asaf Hanuka

51N1eKgfarL Emmanuel Proust Éditions – octobre 2004 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Coupe du Monde de football, 1938. Avec l’équipe de France, Jacques Benzara passe de la misère des rues de Tunis à la gloire. Courtisé par le Tout-Paris, l’attaquant vedette du mythique  » Red Star  » voit pourtant son ascension menacée par les déflagrations de l’Histoire. Dans la période troublée de la montée du nazisme, sauvera-t-il son unique amour ? Cette chronique d’une destinée hors du commun est inspirée d’un personnage réel ; un boxeur tunisien dont la gloire fut éclipsée par celle de Marcel Cerdan.

Auteurs : Didier Daenincks, né en 1949, à Saint-Denis. Écrivain, journaliste, il est l’auteur des quelques uns des plus célèbres polars français : Meurtres pour mémoire, Le Der des Der… Il a aussi scénarisé les bandes dessinées Cannibale, Le Retour d’Ataï, Texas Exil et Le Train des oubliés.
Asaf Hanuka vit à Tel-Aviv. Israélien, il a appris la bande dessinée à l’école Émile Cohl de Lyon en même temps qu’il réalisait Carton Jaune.

Mon avis : (lu en mai 2018)
Pour écrire le scénario de cette bande dessinée, Didier Daenincks s’est inspiré de la vie du boxeur, tunisien et juif, Victor Young Perez tué par les nazis lors de la « Marche de la Mort » en 1945. Toutes ces précisions nous sont données dans la préface.
Dans la bande dessinée, Jacques Bebzara est un gamin de Tunis, il est particulièrement doué lorsqu’il a la balle au pied et qu’il joue au football. Remarqué, il part à Paris où devient le joueur vedette du « Red Star ». En 1938, il participe à la Coupe du Monde avec l’équipe de France et le public l’acclame et l’admire, tout lui réussit !
Mais la montée du nazisme est là et toute l’admiration du public ne fera pas le poids pour le sauver… En effet, Jacques Bebzara est juif…
J’ai pris cette BD au hasard à la bibliothèque, pour Didier Daenincks  et pour le mot JAUNE du titre (pour mon challenge Petit Bac). Je ne m’attendais pas à une histoire aussi émouvante.
C’est surprenant de vouloir rendre hommage à un boxeur en racontant une histoire de footballeur… Sans doute pour l’auteur une façon de s’autoriser plus de liberté autour du personnage de Jacques…

Extrait : (début de la BD) (cliquer sur les planches pour les agrandir)

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Petit bac 2018Couleur (3)