Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – septembre 2019 – 9h09 – Lu par Cachou Kirsch et Simon Duprez

La Manufacture de livres – janvier 2019 – 334 pages

Quatrième de couverture :
Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l’asile voisin, sous la jupe d’une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C’est ainsi que sortent de l’ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Auteur : Franck Bouysse, né en 1965 à Brive-la-Gaillarde, a été enseignant en biologie et se lance dans l’écriture en 2004. Ses romans Grossir le ciel en 2014, puis Plateau en 2016 et Glaise en 2017 rencontrent un large succès public et remportent de nombreux prix littéraires. Son roman Né d’aucune femme achève d’imposer Franck Bouysse comme un auteur français de premier plan. Il partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

Lecteurs : Comédienne et musicienne bruxelloise, sociologue de formation, Cachou Kirsch jongle depuis 2003, avec un plaisir non dissimulé, entre grosses productions théâtrales et « petits » projets passionnants, entre la vivacité du jeune public et les studios d’enregistrement.
Après avoir étudié à l’École Nationale Supérieur d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, Simon Duprez débute sa carrière de comédien sur les planches. Il rencontre Isabelle Pousseur en 2000 pour la création de Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès et la retrouvera en 2006 pour Electre au Théâtre National de Bruxelles. Depuis, il poursuit sa carrière en Belgique en collaborant avec Rémi Pons, Judith Ribardière, Guillemette Laurent ou encore Sarah Siré.

Mon avis : (écouté en septembre 2019)
J’avais beaucoup aimé le livre « Grossir le ciel », mais la couverture de ce nouveau livre ne me donnait pas spécialement envie de le découvrir… Après de nombreux billets admiratifs, de nombreux Prix gagnés et une présentation enthousiaste au Café Lecture, j’ai fini par m’y intéresser et accepter d’écouter la version audio. 
Le père Gabriel est appelé pour bénir le corps d’une femme décédée à l’asile voisin. Il a pour mission de récupérer les cahiers où cette femme a raconté sa terrible vie. Elle s’appelait Rose, aînée de quatre filles d’un couple de paysans pauvres. A 14 ans, elle est vendue par son père au maître des Forges. Ainsi commence ce roman chorale autour du père Gabriel, de Rose, d’Onésime, son père, d’Elle, sa mère, d’Edmond, le palefrenier, de l’Enfant qui brosse le portrait bouleversant de Rose, une jeune femme réduite au rôle d’esclave.
Mon avis est mitigé, car cette histoire est très sombre, violente, cruelle et même perverse. J’ai vite été mal à l’aise par ce trop plein de scènes dérangeantes et insupportables.

Merci Pauline et Audiolib pour cette histoire de femme.

Extrait : (début du livre)
Il se trouvait quelque part plus loin que les aiguilles de ma montre.
Cela n’a pas encore eu lieu. Il ne sait rien du trouble. Ce sont des odeurs de printemps suspendues dans l’air frais du matin, des odeurs d’abord, toujours, des odeurs maculées de couleurs, en dégradé de vert, en anarchie florale confinant à l’explosion. Puis il y a les sons, les bruits, les cris, qui expriment, divulguent, agitent, déglinguent. Il y a du bleu dans le ciel et des ombres au sol, qui étirent la forêt et étendent l’horizon. Et ce n’est pas grand-chose, parce qu’il y a aussi tout ce qui ne peut se nommer, s’exprimer, sans risquer de laisser en route la substance d’une émotion, la grâce d’un sentiment. Les mots ne sont rien face à cela ils sont des habits de tous les jours, qui s’endimanchent parfois, afin de masquer la géographie profonde et intime des peaux ; les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde.
À l’époque, je m’attendais à plus rien dans ma vie.
Taire les mots. Laisser venir. Il ne resterait alors rien que la peau nue, les odeurs, les couleurs, les bruits et les silences.
Ça faisait longtemps que je me racontais plus d’histoires.
Les histoires qu’on raconte, celles qu’on se raconte. Les histoires sont des maisons aux murs de papier, et le loup rôde.
J’avais renoncé à partir… Pour aller où, d’abord ?
Les retours ne sont jamais sereins, toujours nourris des causes du départ. Que l’on s’en aille ou que l’on revienne, de gré ou bien de force, on est lourd des deux.
Le soleil était en train de chasser la gelée blanche.
Le soleil-monstre suinte, duplique les formes qu’il frappe en traître, traçant les contours de grandes cathédrales d’ombre sans matière. C’est la saison qui veut ça.
Je le voyais pas. Comment j’aurais pu deviner ?
Il connaît cet endroit autrement qu’en souvenir. Quelque chose parle dans sa chair, une langue qu’il ne comprend pas encore.
Comment j’aurais pu imaginer qui il était ?
Il est grand temps que les ombres passent aux aveux.

Déjà lu du même auteur :

81LN3r3XCrL Grossir le ciel

 

4 réflexions sur “Né d’aucune femme – Franck Bouysse

  1. C’est vrai que le destin de l’héroïne n’est pas rose….
    Perso, j’ai trouvé jolie et bien adaptée au texte la photo de couverture 🙂

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  2. a voir, si l’occasion se présente. Les nombreux avis positifs lu m’ont donné envie mais je suis sensible à tes arguments. Je n’aime pas les lectures trop dérangeantes

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