Bienvenue au Motel des Pins perdus – Katarina Bivald

babelio_mcjanv2019

Lu en partenariat avec Babelio et Denoël

81YHN7-CCtL Denoël – février 2017 – 576 pages

traduit du suédois par Lucas Messmer

Titre original : En dag ska jag lämna allt det här, 2018

Quatrième de couverture :
On meurt tous un jour… pas forcément dès le premier chapitre ! C’est pourtant ce qui arrive à Henny. Mais elle se refuse à quitter notre monde sans avoir accompli une dernière tâche : retrouver, réconcilier et rendre heureux ses anciens amis. Drôle, farfelue et émouvante, Henny est l’amie qu’on rêve d’avoir à ses côtés… vivante de préférence !

Auteur : Katarina Bivald a grandi en travaillant à mi-temps dans une librairie. Aujourd’hui, elle vit près de Stockholm, en Suède, avec sa sœur et autant d’étagères à livres que possible. Bienvenue au Motel des Pins perdus est son troisième roman, après La Bibliothèque des cœurs cabossés et Le Jour où Anita envoya tout balader.

Mon avis : (lu en février 2019)
J’ai lu ce livre sans déplaisir, mais sans plus.
Tout commence avec la mort brutale d’Henny Broek, renversée par un camion devant le Motel des Pins Perdus, qu’elle tient avec son amie d’enfance MacKenzie. Henny ne disparaît pas vraiment, au moins pour le lecteur, car elle devient le narrateur de cette histoire.
Quelques jours avant sa mort, Henny avait vu le retour de son amour de jeunesse, Michael, géologue, parti arpenter le monde. Avec sa mort, c’est également le retour à Pine Creek, du dernier membre du quatuor d’enfance, Camilla. 
Après avoir découvert, à travers le regard de ses amis, qui était vraiment Henny et le quotidien de Pine Creek aujourd’hui et autrefois. MacKenzie, Camilla et Michael décident de tout faire pour sauver le Motel qu’une partie de la ville voudrait voir disparaître…
C’est une histoire d’amitié et d’amour, avec de l’humour, de la solidarité et surtout de la réconciliation. Il est question de lutte contre les esprits étroits et les nombreux personnages sont attachants, en particulier, pour ma part, MacKenzie.

J’ai trouvé cependant le livre trop long et le personnage d’Henny sans relief. Et je me demande également pourquoi Katarina Bivald, auteure suédoise, a-t-elle voulu raconter une histoire qui se passe aux États-Unis ? 

Extrait : (début du livre)
De mon vivant, ma dernière pensée se tourna vers le corps de Michael.
Je me répète en boucle « le corps de Michael, le corps de Michael, le corps de Michael », comme s’il s’agissait d’un miracle devant lequel je doutais encore.
C’est alors que j’aperçois la forme au milieu de la route.
Cette route, je la connais dans ses moindres détails : l’asphalte qui prend un air encore plus craquelé sous le soleil de l’après-midi, le gravier le long du bas-côté, le parfum douceâtre des aiguilles de pin. Pour l’instant, je ne ressens qu’un léger étonnement. Je ne percute pas immédiatement que j’observe un corps, et la possibilité qu’il s’agisse d’un être humain ne m’effleure même pas l’esprit.
On dirait tout simplement un sac que quelqu’un a jeté là. Mais c’est sacrément gros, quand même. Je finis par avancer dans sa direction, tout en me demandant ce que je vais faire.
En tout cas, c’est trop gros pour être l’un des habituels animaux écrasés. Peut-être une biche, complètement immobile, et non en proie aux derniers soubresauts frénétiques qui précèdent généralement la mort. J’ai horreur de voir des animaux sur le point de mourir. Ils savent toujours que leur fin est proche, alors même que leur corps se débat mécaniquement, par instinct.
Ce n’est qu’en approchant que je distingue une jambe droite, indéniablement humaine, mais tordue dans un angle impossible. Encore sous le choc, je reconnais mon plus beau jean et ce qui reste de mon chemisier favori.
Les pois rouge pâle ressortent clairement, mais je n’arriverai jamais à nettoyer entièrement les parties blanches du tissu.
Je ne reconnais pas mes cheveux. Ma couleur châtain clair est tachée de gravier, d’huile de moteur et d’un liquide que je soupçonne être du sang. Le bras gauche forme un angle droit avec le torse, et le bras droit… a disparu.
D’instinct, je vérifie mon flanc droit. Mon bras est pourtant toujours là.
À vingt mètres de moi, un camion est immobilisé en travers de la route. Un homme âgé d’une quarantaine d’années se tient au capot, le regard rivé au sol. On dirait que ses jambes ne vont pas tarder à lâcher.
Il parvient néanmoins à avancer de deux pas chancelants en direction du bas-côté, avant de se pencher au-dessus des fougères. Je détourne les yeux, tandis qu’il hoquette, puis vomit.
Malgré tout, il trouve la force de retourner à son véhicule sans s’effondrer. Il est plutôt maigrelet et flotte un peu dans sa chemise. Les mains tremblantes, il sort son téléphone portable pour prévenir la police. Accident. Pine Creek. Près du motel. Après la sortie. Une… blessée.
Nous avons l’air bien isolés, au milieu des pins. Il vacille d’avant en arrière tout en marmonnant dans sa barbe. Je ne sais vraiment pas quoi faire pour lui. J’essaie maladroitement de lui tapoter l’épaule, comme pour m’excuser, mais c’est inutile.
C’est alors que j’entends ce qu’il murmure :
— Pas morte, pas morte, pas morte.
Un mantra. Une prière qu’il répète, encore et encore.

Déjà lu du même auteur :

102696527 (1) La Bibliothèque des cœurs cabossés

111148641 Le jour où Anita envoya tout balader

 

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