En avant, route ! – Alix de Saint-André

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Gallimard – avril 2010 – 307 pages

Folio – juin 2011 – 351 pages

Écoute et Lire – juin 2015 – 7h25 – Lu par l’auteur

Quatrième de couverture :
Pèlerine multirécidiviste, peu douée pour la marche et accrochée à ses cigarettes, Alix de Saint-André a pris trois fois la route de Compostelle. D’abord, depuis Saint-Jean-Pied-de-Port, sur le « chemin français », où s’envolèrent ses idées de méditation solitaire dans des refuges surpeuplés ; puis, de La Corogne jusqu’à Finisterre, sur le « chemin anglais » ; et enfin depuis les bords de Loire, pour accomplir ce que les Espagnols appellent « le vrai chemin », celui qu’on doit faire en partant de chez soi…
De paysages sublimes en banlieues pittoresques, elle a rejoint ce peuple de marcheurs de tous pays, réunis moins par la foi que par les ampoules aux pieds, qui se retrouvent pour vivre à quatre kilomètres-heure une aventure humaine sur laquelle elle porte un regard à la fois affectueux et espiègle.

Auteur : Née en 1957 à Neuilly sur Seine, fille de l’écuyer en chef du Cadre Noir, Alix grandit dans la région de Saumur avant de devenir grand reporter et journaliste, travaillant pour le magazine ELLE. En 1994, elle publie son seul polar, le farfelu L’ange et le réservoir à liquide à freins et poursuit dans le domaine de l’angéologie avec son livre Archives des anges (1998) dans lequel elle enquête sur l’existence de ces créatures aériennes aussi bien dans la Bible, le Talmud que le Coran. De Saint André revient à la fiction avec Papa est au panthéon (2001), avant de publier Ma Nanie (2003), Prix Terre de France, où Alix, dans un monologue affectueux adressé à cette femme, revisite son enfance et sa relation privilégiée avec cette Nanie, décédée en 2001. En 2007, paraît Il n’y a pas de grandes personnes, livre entièrement consacré à sa passion pour André Malraux et où elle nous raconte sa rencontre avec la fille de ce dernier, Florence Malraux.

Mon avis : (écouté en janvier 2019)
J’avais gardé un très bon souvenir de la lecture de ce livre en version papier et cette relecture audio a été un vrai plaisir. Le récit est drôle et très fort, et Alix de Saint-André nous racontant, elle-même, ses trois Chemins vers Saint-Jacques de Compostelle, est un vrai bonheur.
Son premier Chemin a commencé à Saint-Jean-Pied-de-Port, sans aucune préparation et avec beaucoup d’à priori, elle découvre les Pyrénées où le « paysage n’arrête pas de monter et de descendre. » Les fins d’étapes sont difficiles « Les derniers kilomètres sont interminables. » et elle fera ses premières rencontres. Pour son deuxième voyage, Alix emprunte le « Chemin anglais » en Catalogne lors d’une année sainte. Enfin le troisième voyage est le plus vrai, Alix commence son Chemin de Compostelle à la porte de sa maison d’enfance en bord de Loire.
Dans un récit haut en couleur et avec beaucoup d’humour, Alix nous raconte le Chemin de Compostelle avec ses traditions, son folklore, elle décrit ses compagnons et compagnes de pèlerinage, les paysages qu’elle croise, ses bobos, ses étapes… Elle nous donne également les petits trucs des pèlerins pour charger et porter son sac, pour soigner ses pieds…
Il se dégage de ce livre un vrai sentiment d’humanité et de partage, la marche transforme aussi le rapport au temps « J’étais sûre de n’avoir marché que pour cela, pour cette surprise qui nous attendait, après tant et tant de terres traversées, pour ces joyeuses retrouvailles, ce souffle, cette libération, cette respiration, ce vrai bonheur »

Extrait : (début du livre)

Bécassine chez les pèlerins

Le 14 juillet 2003, ma cousine Cricri et moi-même étions dans le très typique village de Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, attablées devant une nappe à carreaux rouges et blancs typique, en train d’avaler du fromage et du jambon typiques avec un coup de rouge typique aussi, en fin d’après-midi, sous la menace d’un orage de montagne, bien noir mais presque tiède. J’étais au pied du mur. D’un grand mur appelé : Pyrénées. Cricri connaissait très bien le chemin de Compostelle ; elle avait fait beaucoup de reportages dessus. Moi, je ne connaissais même pas l’itinéraire. Je fumais trois paquets de cigarettes par jour depuis vingt-cinq ans, et, selon l’expression de Florence, j’entrais dans les restaurants avec ma voiture. Je n’avais rien préparé. Aucun entraînement. Ni sportif ni géographique. Aucune inquiétude non plus : le chemin était fléché et il y avait plein de monde. Je n’aurais qu’à suivre les autres. À mon rythme. Ce n’était pas bien compliqué. Fatigant, peut-être ; dur, mais pas difficile. Cricri m’offrit un couteau ; je lui rendis une pièce de monnaie (pour ne pas couper l’amitié), et elle partit. J’achetai un bâton ferré – appelé un bourdon. Il fallait qu’il soit léger, m’avait-elle dit. Celui-ci était léger, l’air, droit, avec une courroie de cuir. En haut, un edelweiss pyrogravé couronné de l’inscription « Pays Basque » faisait plus touriste que pèlerin, pas très professionnel. Mais le vendeur m’assura que ça irait.

PREMIER JOUR

Tout de suite, ça grimpe. Il est plus tôt que tôt, l’air est chaud et humide comme à Bombay pendant la mousson, et ça monte. Sur une route asphaltée, pour voitures automobiles, dure sous les pieds ! Grise et moche. On peut juste espérer que la campagne est belle. Dès qu’on sera dégagés du gros nuage qui nous enveloppe, on verra. Pour le moment, bain de vapeur. J’ai suivi les autres, comme prévu. Je me suis levée en pleine nuit, pour faire mon sac à tâtons au dortoir. On sonne le réveil à six heures dans les refuges, mais tout le monde se lève avant l’aube. Pourquoi ? Mystère. D’ores et déjà je sais une chose : dans le noir, j’ai perdu mes sandales en caoutchouc, genre surf des mers, pour mettre le soir. Je sais aussi une autre chose : je ne ferai pas demi-tour pour les récupérer !

Je marche derrière un jeune couple de fiancés catholiques. Des vrais. Au-delà de l’imaginable. Courts sur pattes musclées sous les shorts en coton. Très scouts des années cinquante. Ils sont venus à pied de Bordeaux. Il doit y avoir une réserve là-bas. Gentils, polis, souriants : je hais les catholiques, surtout le matin. Ils me vouvoient et ne savent pas encore quand ils vont se marier. Pour le moment, la situation leur convient : un long voyage de non-noces dans des lits superposés ! Devant marche un curé rouquin. Je l’ai vu au petit déjeuner. En clergyman avec un col romain, le tout synthétique et bien luisant, armé d’un bourdon d’antiquaire, énorme, sculpté, digne des Compagnons du Tour de France sous le second Empire. Une semaine par an, il quitte sa paroisse de banlieue pour le chemin de Saint- Jacques. Respirer, dit-il. Suer, c’est sûr. Il a les joues rose bonbon. Le nuage s’évapore, et des vaches apparaissent. Bien rectangulaires, avec de beaux yeux sombres et mélancoliques sous leurs longs cils. Un peintre m’a expliqué un jour pourquoi les juments avaient l’œil si joyeux, alors que celui des vaches était si triste : pas des choses à raconter à des fiancés catholiques.

Très vite, ça fait mal. Dans les jambes, les épaules et le dos. Ça grimpe et ça fait mal. Je n’y arriverai pas seule. N’ayant aucune forme physique, je dois m’en remettre aux seules forces de l’Esprit. Comme au Moyen Âge. Je pique mon bâton dans le sol à coups d’Ave Maria, comme des mantras. Une pour papa, une pour maman, une cuiller de prières, une dizaine par personne, et en avant ! Ça passe ou ça casse. À la grâce de Dieu ! Comme on dit. Mais pour de vrai. En trois dimensions. Mine de rien, ça rythme, ça concentre. Ça aide. Ça marche. J’ai l’impression de traîner toute une tribu derrière moi, des vivants et des morts, leurs visages épinglés sur une longue cape flottant aux bretelles de mon sac à dos. Un monde fou.

 

C’est lundi, que lisez-vous ? [55]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Mentine Tome 5 – On divorce ! – Jo Witek
Sótt – Ragnar Jónasson
De l’autre côté – Stefan Casta

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Valentine – Anne-Laure Bondoux (Rencontre Babelio à venir)
S’inventer un île – Alain Gillot (Babelio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Les vestiges du jour – Kazuo Ishiguro
Millénium saga – tome 3 – La fille qui ne lâchait jamais prise – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega (BD)
Bienvenue au motel des Pins perdus – Katarina Bivald (Babelio – Denoël)

Bonne Année 2019, bonnes lectures et bonne semaine !

 

De l’autre côté – Stefan Casta

51dhuuvbnul Thierry Magnier – avril 2017 – 385 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Titre original : På andra sidan Fågelsången, 2015

Quatrième de couverture :
Une maison isolée pleine de charme, ce sera le refuge idéal pour Elina et son père meurtris par la mort accidentelle de Vanessa. Mais la maison est aussi mystérieuse, on la dit maudite. Au fil des saisons, Elina apprivoisera le lieu, et nous racontera une année capitale de son existence. Mais qui est ce garçon brun qui semble si bien connaître la maison et s’y installe avec eux ? Et ce renard qui rôde autour de la maison a-t-il joué un rôle dans l’accident où Vanessa a trouvé la mort… Avec son écriture faussement simple, Stefan Casta parle de l’absurdité de la vie avec gravité, poésie et douceur.

Auteur : Stefan Casta écrit des livres pour la jeunesse et pour les adultes. Il a été producteur à la radio et à la télévision ainsi que journaliste. Il a reçu le prestigieux prix August en 1999 ainsi que le prix Astrid Lindgren en 2002 pour l’ensemble de son oeuvre. Née en Suède, Agneta Ségol vit depuis de nombreuses années en Normandie. Longtemps enseignante en Français langue étrangère, elle se consacre maintenant à la traduction de romans.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Voilà un roman « ados » que j’ai pris un peu par hasard à la Bibliothèque.
Cela commence par un accident de voiture qui n’a comme seul témoin, un renard. Il est décrit au ralenti de l’intérieur de la voiture par Elina, la narratrice. Son père, Jurgen, est le conducteur et elle et Vanessa, sa belle-mère, sont à ses côtés.
La première phrase du livre est : « Quelqu’un meurt », ce quelqu’un c’est Vanessa, une belle-mère avec qui Elina a une relation bien plus forte qu’avec sa mère biologique.
Au fil des quatre saisons, le lecteur suit le deuil et la reconstruction de Jurgen et Elina.
Jurgen se lance dans de nombreux projets farfelus pour gagner sa vie, jusqu’à que par hasard, la découverte d’une vieille maison isolée, en pleine nature, leurs redonne un sens à la vie. Et peu à peu, la nouvelle maison devient un personnage, à propre parler, de cette histoire. Elle se transforme comme la nature autour d’elle.
Le souvenir de la morte est très présent, ainsi, souvent, Elina sent sa présence et la voit à ses côtés.
J’ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire qui mêle le réel et l’imaginaire, où la nature est très présente. Il y a de la poésie, du mystère et beaucoup d’humanité. Le côté suédois transparaît essentiellement, dans la présence importante de la nature et dans « l’exotisme » des menus avalés par nos personnages… comme par exemple, un petit-déjeuner composé d’une tartine fromage-poisson !

Extrait : (début du livre)
Quelqu’un meurt. C’est comme ça que cette histoire commence. Quelqu’un meurt et quelqu’un gagne à un jeu de grattage. Ça va changer beaucoup de choses. Tout, en fait.
C’est un vendredi.
Le 21 juin. Une date que je n’oublierai jamais. Pas parce que c’est la Saint-Jean, mais à cause de ce qui arrive.
C’est donc l’été.
Enfin… l’été si on veut. Le temps est tellement pourri qu’il faut une bonne dose d’optimisme pour déceler le moindre signe de son arrivée. En somme, il faut être comme Jörgen qui, lui, en voit partout. Des signes, je veux dire.
Jörgen c’est mon père. Un fait qu’il a souvent tendance à oublier. En ce moment il est au volant. Il fait de grands discours en conduisant. Personne ne l’écoute. On a déjà tout entendu. Ce qui ne l’empêche pas de débiter imperturbablement son monologue enthousiaste et interminable. De temps en temps, il souligne ses propos par de grands gestes emphatiques qui l’obligent à lâcher le volant. Les voitures autour de nous klaxonnent et nous font des appels de phares mais Jörgen s’en fiche royalement. Rien ne peut arrêter le flot de paroles qui se déverse de sa bouche. Il parle comme s’il se trouvait en face d’un public. Et le public c’est nous, Vanessa et moi.

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petit bac 2019(1) Partie du corps

Sótt – Ragnar Jónasson

71+z3uzsa7l La Martinière – septembre 2018 – 352 pages

traduit de l’anglais par Ombeline Marchon

« Ce roman a été traduit depuis l’édition anglaise du livre à la demande de l’auteur qui a revu et changé des éléments de son histoire, et considère donc le texte anglais comme la version définitive de son roman »

Titre original : Rof, 2012

Quatrième de couverture :
Mais que se passe-t-il encore à Siglufjördur ? L’inspecteur Ari Thór n’est pas venu à bout des secrets de ce village en apparence si tranquille. Lui qui avait fini par se faire à la rudesse du climat et aux hivers trop longs se sent de nouveau pris à la gorge par un terrible sentiment de claustrophobie. La ville est mise sous quarantaine car on suspecte une épidémie de fièvre hémorragique (sótt, en islandais). Les premières victimes succombent tandis qu’un crime vieux de cinquante ans remonte à la surface… Le huis clos se referme sur les habitants de Siglufjördur.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers « Iceland Noir ».

Mon avis : (lu en janvier 2019)
Chronologiquement, c’est la troisième enquête de l’inspecteur Ari Thor et le quatrième livre traduit en français (la cinquième enquête est paru en France juste après la première enquête… voir le détail à la fin de cet article).
Tout commence alors que Siglufjördur est en quarantaine à cause d’un cas suspect de fièvre hémorragique (Sótt). La vie du village s’est arrêtée, les magasins et restaurants sont fermés, la population s’est cloîtrée chez elle.
Plusieurs intrigues s’offrent au lecteur en parallèle, quelqu’un s’est introduit chez un couple avec enfant, un homme a été renversé par une voiture, il s’avère qu’il a un passé de toxicomane et qu’est le fils d’un ancien homme politique…
Ari Thor s’intéresse également à une histoire vieille de cinquante ans : un suicide qui a eu lieu dans une ferme dans un fjord  isolé. Il y a plusieurs ombres à cette histoire et à partir de photos, de témoignages, Ari Thor va tenter de découvrir des secrets du passé.

Sans possibilité de sortir de la ville, Ari Thor se trouve en Isrún , une journaliste de Reykjavík, une alliée précieuse.
J’ai bien aimé ce huis clos, riche en péripéties, en personnages complexes et qui me permet de découvrir un nouveau visage de l’Islande. Le personnage d’Isrún m’a beaucoup plu et j’espère le retrouver dans une future enquête…
L’intrigue est efficace et prenante. J’attends la suite…

Extrait : (début du livre)
Ils avaient passé la soirée à paresser sur le canapé, comme d’habitude.
Ils vivaient dans un petit appartement au rez-de-chaussée d’une bâtisse mitoyenne à deux autres maisons vieillottes, datant des années 1930, rue Ljósvallagata, à l’extrême ouest de Reykjavík. Róbert se redressa, se frotta les yeux et contempla le petit jardin par la fenêtre. La nuit tombait. En mars, la météo n’en faisait qu’à sa tête – pour l’instant, il pleuvait. Le dessin régulier des gouttes sur la vitre avait quelque chose d’apaisant.
Les études, ça allait. Il attaquait à vingt-huit ans sa première année en école d’ingénieurs. Il avait toujours adoré les chiffres. Ses parents, tous deux comptables, habitaient Árbaer, plus près du centre-ville. Ils ne s’étaient jamais bien entendus, et il avait fini par rompre complètement toute relation avec eux : son style de vie semblait incompatible avec leur idée de la réussite. Ils avaient fait de leur mieux pour l’orienter vers la comptabilité lui aussi, mais en vain – il avait choisi une autre voie.
Il n’avait même pas jugé nécessaire d’aviser ses parents qu’il était enfin entré à l’université. Il tentait de se concentrer sur ses études, même si en ce moment ses pensées s’échappaient du côté des Westfjords. Il partageait là-bas un petit bateau avec des amis et attendait les beaux jours avec impatience. Il était si facile de tout oublier en mer, les bonheurs comme les soucis. Le bercement des flots apaisait son stress et le calme parfait des eaux libérait son esprit. Dès la fin du mois, il prendrait la route vers l’ouest pour préparer le bateau. Pour ses amis, ce voyage au milieu des fjords s’apparentait à une immense beuverie. Pas pour Róbert. Voilà deux ans qu’il était sobre – il était devenu vital pour lui de mettre un terme à la période d’abus qui avait commencé ce fameux jour, il y a huit ans.
C’était une belle journée. Pas un souffle de vent par cette chaleur d’été, et le public était venu en nombre. Ils s’orientaient vers une victoire sur l’équipe adverse, moins convaincante. Róbert pourrait bientôt s’entraîner avec l’équipe nationale junior, et, pourquoi pas, intégrer à l’essai une équipe norvégienne de haut niveau quelques mois plus tard. Selon son agent, certains clubs anglais s’intéressaient de près à lui. Son père n’était pas peu fier. Malgré un niveau correct, il n’avait jamais lui-même accédé au statut de footballeur professionnel. Mais les temps avaient changé, de nouvelles chances s’ouvraient désormais.
Il ne restait plus que cinq minutes à jouer au moment où Róbert prit la passe. Il traversa la ligne de défense et arriva devant la cage. Une fois de plus, le gardien de but n’en menait pas large. Ils allaient remporter le match cinq à zéro.
Le tacle le prit par surprise. Sa jambe se brisa en trois endroits. Il entendit le craquement de l’os et sentit une douleur intense l’envahir. Tétanisé, il constata qu’il avait une fracture ouverte.

Déjà lu du même auteur :

131349_couverture_Hres_0 Snjór 114926779 Mörk 51JJg1VQLwL Nátt

Ordre de publication original de la série Dark Iceland :
Fölsk nóta (2009)*

Snjóblinda (Snowblind) – 2010, publié en français sous le titre Snjór en 2016
Myrknætti (Blackout) – 2011, publié en français sous le titre Nátt en 2018
Rof (Rupture) – 2012, publié en français sous le titre Sótt en 2018
Andköf (Whiteout) – 2013
Náttblinda (Nightblind) – 2014, publié en français sous le titre Mörk en 2017

* C’est le premier roman mettant en vedette Ari Thór Arason, en tant que jeune étudiant en théologie à la recherche de son père disparu. Il ne se passe pas à Siglufjördur.
Il n’a pas été traduit en anglais.

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Prix Audiolib : les trois premiers livres audios sont arrivés !

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Quelques jours après après avoir découvert la liste de présélection, je viens de recevoir
les trois premiers livres audio sélectionnés pour le Prix Audiolib 2019

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La Daronne d’Hannelore Cayre lu par Isabelle de Botton (4h43)
My Absolute Darling – Gabriel Tallent lu par Marie Bouvet (12h52)
Un Gentleman à Moscou – Amor Towles lu par Thibault de Montalembert (16h58)

C’est parti !

 

Mentine Tome 5 – On divorce ! – Jo Witek

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

9782081449398 Flammarion Jeunesse – janvier 2019 – 315 pages

Quatrième de couverture :
Mentine adore dépasser les limites, surtout celles de ses parents !
Cette fois ce sont les parents qui font n’importe quoi ! Et impossible de les arrêter. Jeudi, 17 h 45, la nouvelle tombe. Froide, sèche, définitive : à la poubelle, la famille unie! Heureusement quand les parents nous lâchent, « l’ union des filles » fait la force !
« Ménage partagé, courses collectives, apérocoloc… Les amies de ma mère étaient intarissables sur la colocation. J’allais passer un casting pour habiter chez des inconnus! Pas banal. Même en pleine crise, ma famille demeurait telle qu’elle avait toujours été : complètement foldingue. »

Auteur : Au départ comédienne et conteuse, Jo Witek se dirige assez vite vers l’écriture. D’abord pour le cinéma, en tant que scénariste et lectrice, puis pour la presse écrite et la littérature. Depuis 2009 elle écrit particulièrement pour les ados, des documentaires et des romans – En un tour de main et Récit intégral (ou presque) d’une coupe de cheveux ratée. Elle est l’auteur de Peur ExpressRêves en noirUn hiver en enferMa vie en chantier et Un jour j’irai chercher mon prince en skate. Elle réside aujourd’hui à Pézenas.

Mon avis : (lu en janvier 2019)
C’est le cinquième tome de la série et ma deuxième pour moi.
Pour Mentine, c’est la catastrophe, ses parents ont décidé de divorcer ! Sa mère est dévastée car son père est parti avec une autre femme. Mentine en veut à son père d’avoir cassé l’harmonie de la famille et refuse de le voir. Elle se voit obligée de s’occuper de sa mère qui déprime, puis qui se comporte comme une vraie adolescente… Mentine ne sait plus quoi faire… Pour une fois, elle n’est plus celle, au centre de toutes les attentions. Elle va même réussir à sécher les cours pendant près de 15 jours sans que ces parents s’en aperçoive… Heureusement elle et sa mère peuvent compter sur le soutien de leurs amies respectives.

La mère de Mentine va finir par réagir et reprendre sa vie en main en décidant de quitter l’appartement familial, devenu trop cher, pour une colocation. La recherche de cette colocation puis la vie en colocation seront hautes en couleurs… Pour ma part, c’est la partie de l’histoire qui m’a plu le plus.
Mentine, cette adolescente un peu hors norme est toujours aussi attachante et l’auteure arrive à traiter le sujet difficile du divorce des parents avec un ton léger et humoristique.

Merci Brigitte et Flammarion Jeunesse pour le plaisir d’avoir retrouvé Mentine et son univers.

Extrait : (début du livre)
Ils avaient tout pour réussir. Tout le monde avait parié sur eux, même moi. Comment ont-ils pu flancher à deux petites années de la ligne d’arrivée ? Attention, je vous parle de grands champions. Je vous parle de deux personnes super entraînées et bien au-dessus de la norme au niveau de l’amour. Ils avaient tout pour réussir. Une histoire qui avait commencé par un coup de foudre, des parents sympas, compréhensifs, des copains fidèles, des emplois stables, un chouette appartement duplex situé dans un quartier dynamique de Paris, à deux pas du parc des Buttes-Chaumont. En pleine santé, ils avaient passé la quarantaine avec brio, sachant prendre tous les deux des décisions drastiques pour vivre vieux et en pleine forme. Monsieur s’était mis au jogging, madame pratiquait le yoga deux fois par semaine. Ils ne fumaient pas, buvaient de l’alcool uniquement lorsqu’ils faisaient la fête, mangeaient six fruits et légumes bio chaque jour et n’hésitaient pas à s’hydrater tout au long de la journée, voire à s’octroyer des petits week-ends de jeûne avec des tisanes infectes pour prendre soin de ce qu’ils nommaient leur « capital santé ». De vrais champions, je vous dis. Seize ans qu’ils tenaient bon, ces deux-là. Et presque quinze ans qu’ils jouaient des coudes pour offrir un foyer stable et une éducation solide à leur fille diagnostiquée intellectuellement précoce.

Déjà lu du même auteur :

un jour j'irai chercher Un jour j’irai chercher mon prince en skate

106555489 Mentine T 02 : Cette fois c’est l’internat !

petit bac 2019(2) Prénom

C’est lundi, que lisez-vous ? [54]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Ueno Park – Antoine Dole
Simone Veil : L’Immortelle – Pascal Besson et Hervé Duphot

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Valentine – Anne-Laure Bondoux (Rencontre Babelio à venir)
Mentine tome 5 : On divorce ! – Jo Witek (partenariat Flammarion Jeunesse)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

De l’autre côté – Stefan Casta
Millénium saga – tome 3 – La fille qui ne lâchait jamais prise – Sylvain Runberg, Stieg Larsson et Ortega (BD)

Bonne Année 2019, bonnes lectures et bonne semaine !

 

Simone Veil : L’Immortelle – Pascal Bresson et Hervé Duphot

9782501117821_1_75_1 Marabulles – juin 2018 – 184 pages

Quatrième de couverture :
Cet album est un vibrant hommage à Simone Veil, figure féministe populaire et discrète. Le récit s’attache aux temps forts de sa vie, de la loi pour l’IVG défendue à l’assemblée nationale, à son enfance à Nice avant d’être déportée avec sa famille.
Simone Jacob est née en 1927 à Nice. À 17 ans elle est déportée à Auschwitz, avec toute sa famille. Ses sœurs et elle reviendront du camp de concentration. Cette période l’a marquée à jamais. En 1946, elle épouse Antoine Veil. Magistrat, elle devient en 1974, ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing, chargée de défendre la loi sur l’IVG. En 1993, elle occupe à nouveau la fonction de ministre des Affaires sociales et de la Santé dans le gouvernement d’Édouard Balladur. Simone Veil a également été députée européenne et membre du Conseil constitutionnel. Elle était présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Cette femme de conviction s’est très peu confiée. Le grand public ne connaissait que sommairement son parcours de déportée. Elle a attendu d’avoir 80 ans pour écrire ses mémoires (Une Vie, Ed. Stock). Elle raconte que c’est une kapo, sans doute une prostituée Polonaise, qui lui a sauvé la vie en lui disant : «Tu es trop belle pour mourir ici…».
Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort

Auteurs : Hervé Duphot est né à Créteil en 1972. Après des études en communication visuelle, il travaille comme graphiste dans la publicité. Aujourd’hui, il partage son temps entre l’enseignement des arts graphiques et la bande dessinée. Il vit à Paris, mais conserve des attaches creusoises.
Pascal Bresson, dessinateur et scénariste, est né à Reims en 1969. Depuis 25 ans, il habite à Saint-Malo. Pascal a appris le métier dès l’âge de 12 ans auprès de deux maîtres du 9e art : Tibet et René Follet. Il a publié plus de 40 bandes dessinées et livres pour la jeunesse et a été récompensé pour son travail par plus de 15 prix, dont le « Grand Prix Public BD Européenne des médias 2015 » pour Plus fort que la haine (Glénat). Sa citation préférée : « Un stylo peut transformer une tragédie en espoir et victoire. » Nelson Mandela

Mon avis : (lu en décembre 2018)
Cette BD est un bel hommage à Simone Veil. Elle retrace des moments importants de la vie de cette grande Dame.
La BD s’ouvre sur le 26 novembre 1974, Simone Veil est Ministre de la Santé, c’est la veille du jour où elle doit présenter à l’Assemblée Nationale la loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse. La tâche ne sera pas facile, d’abord car les députés sont en majorité des hommes, mais il y a également des oppositions religieuses…
En flashback, nous découvrons l’enfance de Simone à Nice, sa déportation et celle de sa famille à Auschwitz, son retour, ses études de magistrate, rencontre avec Antoine Veil… Son combat pour l’Europe, pour la mémoire de la Shoah, son entrée à l’Académie Française sont également évoqués…
La lecture de cette BD est fluide, et l’idée d’utiliser différentes couleurs pour illustrer les différentes périodes de sa vie est originale et très bonne. Le bleu concerne les années de politique, le jaune sa vie joyeuse, son enfance, sa vie privée, le brun pour son passage dans les camps.
Une bonne entrée en matière pour découvrir Simone Veil, la vie d’une femme d’exception, altruiste, dont le courage et la détermination étaient exceptionnels.
Simone Veil est Immortelle à plusieurs titres, d’abord comme Académicienne Française, mais également dans nos mémoires et enfin en entrant le 3 juillet dernier en compagnie de son mari, Antoine Veil, au Panthéon.
Il faut absolument que je prenne le temps de lire son autobiographie « Une Vie ».

Extrait : (début de la BD)

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petit bac 2019(1) Prénom

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