Le Rocher aux corbeaux – Peter Robinson

PeterRobinson2 Livre de Poche – avril 2006 – 352 pages

traduit de l’anglais par Henri Yvinec

Titre original : A Dedicated Man, 1988

Quatrième de couverture :
Tout le monde aimait et appréciait Harry Steadman. Tout le monde respectait et admirait ce professeur d’université, spécialiste d’archéologie industrielle, qui vivait à Swainsdale et en était devenu l’historien local. Pourtant, quelqu’un lui a fracassé le crâne et a abandonné son corps dans cette campagne du Yorkshire qu’il aimait tant: exactement le genre de crime qui bouleverse une petite ville. Si quelqu’un d’aussi populaire peut être assassiné de sang-froid et avec une telle barbarie, chaque citoyen est potentiellement une victime… ou un meurtrier.
Et pour l’inspecteur divisionnaire Banks, qui a quitté Londres pour échapper à son climat de violence, les suspects ne manquent pas. Reste à savoir qui a été tué: le mari, l’ancien amant d’une chanteuse de pop, l’archéologue, l’historien ou – pourquoi pas ? – l’habitué du pub ?

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Deuxième enquête de l’inspecteur divisionnaire Banks dans la campagne des Yorkshire Dales, une région qu’il ne connaît pas encore très bien, ayant lui-même longtemps travaillé à Londres.
Un éminent professeur universitaire a été retrouvé avec le crâne fracassé. Et pourtant, c’est un homme que tout le monde considère comme chaleureux et sans histoire… Banks va s’intéresser au passé de la victime et à ses proches.
Un polar très anglais où tout est dans l’atmosphère des lieux, dans l’analyse minutieuse des personnages… L’intrigue est menée plutôt classiquement, l’inspecteur et son équipe explorent de nombreuses pistes et peu à peu toutes les pièces du puzzle s’assemblent jusqu’à la résolution…
Une série que je vais peu à peu continuer à découvrir.

Extrait : (début du livre)
Quand le soleil fut assez haut pour répandre sa lumière sur les toits d’ardoises situés de l’autre côté de la rue, il s’infiltra par une fente à travers les rideaux de la chambre de Sally Lumb et darda ses rayons sur une mèche d’un blond doré, qui s’enroulait sur sa joue. La jeune fille rêvait. Minotaures, employés de bureau, gazelles et trolls s’ébattaient dans les granges, les appartements en duplex et les palais de style gothique qui peuplaient son sommeil. Mais quand elle se réveilla quelques heures plus tard, tout ce qui lui resta en mémoire, ce fut l’image troublante d’un chat qui marchait sur un grand mur hérissé de morceaux de verre brisé. Ah ! les rêves ! La plupart d’entre eux, elle les ignorait. Ils étaient totalement étrangers à ceux d’un autre genre, les plus importants, qu’elle faisait sans avoir besoin de s’endormir. Au cours de ceux-ci, elle était reçue à ses examens, elle était admise à la Marion Boyars Academy of Theater Arts. Sally y étudiait l’art dramatique, le travail de mannequin, les techniques du maquillage car elle était suffisamment réaliste pour se rendre compte que si elle n’avait pas le talent d’actrice d’une Kate Winslet ou d’une Gwyneth Paltrow, elle pourrait au moins travailler en marge de ce monde prestigieux.
Quand elle finit par se réveiller, le rai de lumière s’était déplacé et venait frapper le sol à proximité de son lit, barrant le tas de vêtements en désordre qu’elle y avait posé la veille au soir. Elle entendit le bruit des assiettes et des couverts dans la cuisine au rez-de-chaussée et le fumet du rosbif montait jusqu’à sa chambre. Elle se leva. C’était une bonne tactique, se dit-elle, que de descendre le plus vite possible et d’aider à préparer les légumes avant que sa mère l’appelle. « Le repas est servi ! » criait celle-ci de sa voix grinçante. En tout cas, en faisant preuve de bonne volonté, elle éviterait peut-être des questions trop précises sur son retard la veille au soir.

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Angleterre

Petit bac 2020a(6) Animal

Vík – Ragnar Jónasson

71ZaB+yo38L La Martinière – octobre 2019 – 304 pages

traduit de la version anglaise, d’après l’islandais, par Ombeline Marchon

« Ce roman a été traduit depuis l’édition anglaise du livre à la demande de l’auteur qui a revu et changé des éléments de son histoire, et considère donc le texte anglais comme la version définitive de son roman »

Titre original : Andköf, 2013

Quatrième de couverture :
Des années ont passé avant qu’Ásta ne se décide à remettre les pieds à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík, en islandais), ses rares habitants. Et le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil.
Quand, quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise, l’inspecteur Ari Thór est dépêché sur les lieux. Dans cette contrée perdue, l’étau se resserre inévitablement sur une poignée de suspects. Mais la vérité est peut-être à chercher ailleurs, dans un passé aux résonances morbides, refoulé depuis près de vingt-cinq ans…

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers « Iceland Noir ».

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Après vingt années passées à Reykjavík, et à l’approche des fêtes de fin d’année, Ásta décide de partir quelques jours dans la région du nord, revoir la maison de son enfance et profiter du calme et de la nature. A la pointe nord-ouest de l’Islande, à Kálfshamarsvik, un ancien village de pêcheurs situé au pied d’une falaise surplombant une large baie, C’est là qu’Ásta a grandi avec sa famille mais également l’endroit où sa mère et sa jeune sœur sont brutalement décédées.
Elle y retrouve déjà présent vingt ans plus tôt lors de la mort de sa mère et de sa sœur, Thóra, la gouvernante et son frère Óskar âgés de presque soixante-dix ans et deux amis d’enfance, Reynir, personnage public et propriétaire des lieux et Arnór qui s’occupe du phare et des chevaux de Reynir et vit dans la ferme voisine. Deux jours après son arrivée, le corps de la jeune femme est retrouvé au pied d’une des falaises.
Ari Thór va faire équipe avec son ancien chef Tómas pour élucider cette mort dont les circonstances rappellent tellement celles survenues plus de vingt ans plus tôt… Pourquoi Ásta est-elle revenue après tant d’années ?
En cette saison, la neige est là, il fait un froid polaire, cette enquête est donc un huis-clos dans une ambiance glaciale, avec seulement quatre suspects présents, des taiseux qui ne sont pas près de dévoiler tous leurs secrets…

Extrait : (début du livre)
Prologue

La petite fille leva les mains devant elle, puis tout se passa très vite : la gravité l’emporta et elle tomba. Elle n’eut même pas le temps de pousser un cri.
Pour l’accueillir, la mer et les rochers.
Elle était trop jeune pour sentir la mort approcher.
La pointe, la plage, le phare, le paysage – c’était son terrain de jeu.
Jusqu’à ce qu’elle heurte la pierre.

C’est une image qu’Ásta Káradóttir n’oublierait jamais, même si elle n’était qu’une enfant à l’époque – ou peut-être pour cette raison précise.
Elle se trouvait dans sa chambre, au grenier, quand c’est arrivé. Porte et fenêtres closes, la pièce sentait le renfermé. Assise sur son lit dont les ressorts grinçaient quand elle se retournait la nuit, elle regardait par la fenêtre. Il était possible, et même probable, que des détails empruntés à d’autres moments de son enfance se soient mêlés au souvenir qu’elle gardait de cette journée bien particulière. Dans tous les cas, jamais elle n’oublierait le terrible événement auquel elle avait assisté.
Elle n’en avait jamais parlé à personne.
Et voilà qu’elle revenait, après des années d’exil.

En ce mois de décembre, la fine couche de neige qui recouvrait le paysage témoignait de l’approche de Noël. Les températures restaient cependant clémentes. Elle avait fait le trajet en voiture depuis le Sud sous la bruine. Le chauffage, activé pour désembuer le pare-brise, avait transformé la voiture en fournaise.
Ásta n’avait pas eu de problème à quitter le centre de Reykjavík : elle avait suivi l’Ártúnsbrekka. Elle n’était pas fâchée de partir d’une ville dont on pouvait dire, comme d’un mauvais amant, que c’était toujours mieux que rien, mais à peine. Elle n’allait pas changer radicalement de vie, non, juste dire adieu à son existence monotone et à son triste soixante-quatre mètres carrés en sous-sol, où elle étouffait. Parfois elle ouvrait les rideaux pour faire entrer un peu de lumière, mais alors les passants de cette rue très fréquentée pouvaient la regarder de haut et espionner ses allées et venues. Elle faisait une croix sur son intimité…

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Phare et falaise de Kálfshamarsvík

Déjà lu du même auteur :

131349_couverture_Hres_0 Snjór 114926779 Mörk 51JJg1VQLwL Nátt 71+z3uzsa7l Sótt

Ordre de publication original de la série Dark Iceland :
Fölsk nóta (2009)*

Snjóblinda (Snowblind) – 2010, publié en français sous le titre Snjór en 2016
Myrknætti (Blackout) – 2011, publié en français sous le titre Nátt en 2018
Rof (Rupture) – 2012, publié en français sous le titre Sótt en 2018
Andköf (Whiteout) – 2013, publié en français sous le titre Vík en 2019
Náttblinda (Nightblind) – 2014, publié en français sous le titre Mörk en 2017

* C’est le premier roman mettant en vedette Ari Thór Arason, en tant que jeune étudiant en théologie à la recherche de son père disparu. Il ne se passe pas à Siglufjördur.
Il n’a pas été traduit en anglais.

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Islande

Petit bac 2020a(8) Lieu

Le Voyeur du Yorkshire – Peter Robinson

81-pkeXoGWL Livre de Poche – mars 2007 – 352 pages

traduit de l’anglais par Jean Esch

Titre original : Gallows View, 1987

Quatrième de couverture :
Eastvale, paisible petite ville du Yorkshire, au cadre idyllique. C’est là que vient d’être muté l’inspecteur Banks, qui a quitté sans regret Londres et son cortège de violences.
Mais, sous ce décor de carte postale, se cache une réalité beaucoup plus sombre, beaucoup plus dangereuse, incarnée
par un voyeur qui espionne les femmes la nuit dans leur chambre…
Le pervers ne choisit pas ses victimes au hasard : celles-ci semblent toutes avoir un point commun.
La tension monte d‘un cran dans la cité lorsqu’une vieille dame est retrouvée sauvagement assassinée.
Les deux affaires sont-elles liées ?
Et que penser de ces deux adolescents, petits délinquants passés du vol aux agressions ?
Banks va devoir faire preuve de perspicacité pour débusquer la vérité, au-delà des apparences.

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juin 2020)
Après avoir découvert la série DCI Banks à la télévision, j’ai voulu retrouver l’inspecteur Alan Banks dans les romans policiers de Peter Robinson (il y en a environ 20 traduits en français). C’est donc premier tome d’une longue série sur l’inspecteur Banks, et le premier que je lis. L’intrigue se situe bien avant le début de la série télévisée qui commence avec le douzième roman, les intrigues 6, 7, 8 et 11 ayant été adaptées ultérieurement.
Policier londonien, l’inspecteur Alan Banks est arrivé depuis six mois dans la petite ville d’Eastvale dans le Nord du Yorkshire. Un voyeur sévit dans la ville, il épie les femmes le soir dans leur chambre, de nombreux cambriolages ont également lieu et plus grave, une vieille dame est assassinée… L’inspecteur Banks et son équipe ont de quoi faire, et ils ont également l’aide du Pr Jenny Fuller, de l’université de York, une psychologue engagée par la police pour construire l’ébauche d’un portrait du voyeur…
J’ai bien aimé l’atmosphère de ce roman anglais et le personnage de Banks, policier attachant. Je poursuivrais ma lecture de cette série avec plaisir.

Extrait : (début du livre)
La femme pénétra dans le cercle de lumière et commença à se déshabiller. Elle portait un chemisier argenté fermé par des dizaines de minuscules boutons nacrés. Elle le sortit de sa jupe noire mi-longue et commença à le déboutonner, par le bas, très lentement, en regardant dans le vide comme si elle se remémorait un souvenir lointain. D’un haussement d’épaules, elle se débarrassa du chemisier, en tirant sur la manche gauche restée collée à son poignet sous l’effet de l’électricité statique. Elle baissa ensuite la tête et tendit les bras dans le dos, comme deux ailes, pour détacher son soutien-gorge, en levant une épaule puis l’autre pour faire glisser les fines bretelles. Elle avait des seins épais et lourds aux pointes brunes dressées.
Elle abaissa la fermeture Éclair de sa jupe sur le côté gauche et la laissa glisser jusqu’au sol. Elle l’enjamba et, pliée en deux, elle la ramassa pour la déposer soigneusement sur le dossier d’une chaise. Elle fit rouler son collant sur ses hanches, ses fesses et ses cuisses, puis s’assit au bord du lit pour l’ôter, en prenant soin de ne pas filer la maille. Quand elle se pencha en avant, la peau ferme de son ventre forma un pli sombre, ses seins pendirent et les deux mamelons vinrent frôler ses genoux, tour à tour.
Se relevant, elle glissa les pouces sous l’élastique de sa culotte noire et se pencha de nouveau pour l’ôter, en douceur. Elle enjamba le petit bout de tissu et, avec la pointe de son pied gauche, elle attrapa l’élastique de la culotte et la lança dans le coin de la chambre, près de la penderie.
Totalement nue, elle rejeta eh arrière ses cheveux blonds ondulés et se dirigea vers la commode.
C’est à cet instant qu’elle jeta un regard en direction des rideaux entrebâillés. Tout le corps de l’homme fut parcouru de frissons lorsqu’il vit la stupeur s’imprimer dans le regard de la femme.

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Angleterre

Petit bac 2020a(7) Lieu

 

 

Nuit – Bernard Minier

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XO – février 2017 – 525 pages

Pocket – février 2018 – 608 pages

Pocket – novembre 2019 – 608 pages

Quatrième de couverture :
Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l’hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base offshore. Un homme manque à l’appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. L’absent s’appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d’un enfant. Au dos, juste un prénom : Gustav.
Pour Kirsten et Martin, c’est le début d’un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.

Auteur : Bernard Minier, né en 1960, originaire de Béziers, a grandi au pied des Pyrénées. Contrôleur principal des douanes, marié et père de deux enfants, il vit aujourd’hui en région parisienne. Son premier roman, Glacé (2011), a reçu le prix du meilleur roman français du Festival Polar de Cognac. Le succès de ses romans suivants, Le Cercle (2012, prix 2013 des bibliothèques et médiathèques de Cognac) et N’éteins pas la lumière (2014), qui mettent à nouveau en scène Martin Servaz, fait de lui un auteur incontournable du polar français. En 2015, il accorde un peu de répit à son héros et publie un thriller indépendant, Une putain d’histoire, qui reçoit le Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac 2015. En 2017, Martin Servaz reprend du service avec l’angoissant Nuit, suivi en 2018 par Sœurs, « un cauchemar écrit à l’encre noire ».

Mon avis : (lu en juin 2020)
Voilà une valeur sûre pour participer (en version de poche) au Challenge Pavé de l’été, devenu cette année 2020 le Challenge Pavévasion…
C’est le quatrième tome de la série « Martin Servaz »
Et cette fois-ci, Martin Servaz fait équipe avec une inspectrice norvégienne, Kirsten Nigaard. Chargée d’enquêter sur le meurtre d’une technicienne sur la plate-forme pétrolière en mer du Nord, au large des côtes de Norvège, elle découvre qu’un homme manque à l’appel : Julian Hirtmann, le tueur en série psychopathe insaisissable que Martin Servaz tente d’attraper depuis des années.
En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos où sur plusieurs d’entre elles, Servaz apparaît et sur une autre un enfant appelé Gustav est présent…
Retour à Saint-Martin-de-Comminges, cette ville fictive au cœur des Pyrénées dans ce thriller efficace et haletant. Hirtmann est toujours extrêmement noir et inquiétant, il apparaît, disparaît semant des indices, des fausses pistes… Et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises !

Extrait : (début du livre)
Elle regarde sa montre. Bientôt minuit.
Train de nuit. Les trains de nuit sont comme des failles dans l’espace-temps, des univers parallèles : la vie tout à coup suspendue, le silence, l’immobilité. Les corps engourdis ; somnolences, rêves, ronflements… Et puis le galop régulier des roues sur les rails, la vitesse qui emporte les corps – ces existences, ces passés et ces avenirs – vers un ailleurs encore dissimulé dans les ténèbres.
Car qui sait ce qui peut advenir entre le point A et le point B ?
Un arbre tombé sur la voie, un voyageur malintentionné, un conducteur somnolent… Elle y songe sans vraiment s’appesantir, plus par désœuvrement que par crainte. Elle est seule dans le wagon depuis Geilo et – pour autant qu’elle a pu en juger – personne n’est monté entre-temps. Ce train s’arrête partout. Asker. Drammen. Hønefoss. Gol. Ål. Parfois dans des gares dont les quais auront bientôt disparu sous la neige, réduites à un ou deux baraquements symboliques, comme à Ustaoset, où est descendue une seule personne. Elle aperçoit des lumières, au loin, dérisoires dans l’immense nuit norvégienne. Quelques maisons isolées qui laissent leurs lampes de seuil allumées toute la nuit.
Personne dans le wagon : on est mercredi. Du jeudi au lundi, l’hiver venu, le train est presque bondé, essentiellement des jeunes et des touristes asiatiques, car il dessert les stations de ski. L’été, les quatre cent quatre-vingt-quatre kilomètres de la ligne Oslo-Bergen ont même la réputation d’être un des chemins de fer les plus spectaculaires au monde, avec ses cent quatre-vingt-deux tunnels, ses viaducs, ses lacs et ses fjords. Mais au cœur de l’automne nordique, par une nuit glaciale comme celle-ci, en milieu de semaine, il n’y a pas âme qui vive. Le silence qui règne d’un bout à l’autre de l’allée centrale, entre les rangées de sièges, est certes un poil oppressant. Comme si un signal d’alarme avait vidé le train à son insu.

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Déjà lu du même auteur :

glac_  Glacé  le_cercle Le cercle neteintpaslalumiere N’éteins pas la lumière

Petit bac 2020a
(6) Couleur

Resurrection Bay – Emma Viskic

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51dBT-NlJ0L Seuil – février 2020 – 320 pages

traduit de l’anglais (Australie) par Charles Bonnot

Titre original : Resurrection Bay, 2015

Quatrième de couverture :
Caleb Zelic, détective privé à Melbourne, est bien décidé à retrouver le meurtrier de son meilleur ami Gary, un flic intègre, retrouvé égorgé chez lui. Mais Caleb est sourd depuis l’enfance et lire sur les lèvres peut parfois porter à confusion… Il sait toutefois parfaitement lire les expressions et le moindre geste de ses interlocuteurs. De plus, Caleb n’oublie jamais un visage. Avec l’aide de son associée Frankie, ex flic alcoolo, il mène son enquête mais se fait brutalement agresser. Et Frankie disparaît. Blessé, aux abois, il se réfugie chez son ex-femme à Resurrection Bay, sa ville natale.
Alors qu’il commence à remonter le fil des derniers événements menant à la mort de Gary, il réalise que tous autour de lui ont quelque chose à cacher…

Auteure : Emma Viskic, clarinettiste professionnelle et professeure de musique, est désormais une auteure australienne de renom. Resurrection Bay l’a propulsée en tête des ventes dans son pays puis en Angleterre après qu’il a remporté le Ned Kelly Award en 2016 ainsi que le Davitt Award dans trois catégories.
Elle a étudié la langue des signes australienne (Auslan) pour concevoir son personnage principal, Caleb, que l’on retrouvera dans deux autres volumes.

Mon avis : (lu en juin 2020)
Voilà un polar venu d’Australie que j’ai accepté de recevoir grâce à Masse Critique Babelio.
C’est le premier tome d’une série de trois, mettant en scène le personnage de l’enquêteur Caleb Zelic, détective privé. L’originalité de cette série c’est que Caleb est malentendant et qu’il communique grâce à la langue des signes ou en lisant sur les lèvres. Il sait utiliser son apparente faiblesse comme un atout et son raisonnement est alors perspicace et clairvoyant car il a un sens de l’observation et du détail particulièrement développé.
Dans « Resurrection Bay, » Caleb enquête sur le meurtre de son ami d’enfance, Gary, un policier qui aidait Caleb, dans une enquête sur un cambriolage. Cet ami meurt dans ses bras, et la police commence à soupçonner Caleb. Avec l’aide de sa partenaire, Frankie, ancienne policière et ex-alcoolique, Caleb va partir sur les traces du tueur…
L’intrigue est assez classique, du rythme, des rebondissements, de la complexité qui est à la limite de donner quelques longueurs dans le milieu du livre mais heureusement le dénouement est convaincant.
Au cours de cette histoire, Caleb évolue vis à vis de sa surdité, car au début il refuse de l’assumer ouvertement, ce qui implique qu’il ne comprend pas toujours bien ce qu’on lui dit et son comportement peut prêter à confusion. Vers la fin, Caleb ose enfin demander à ses interlocuteurs de le regarder en face et d’articuler et à révéler le fait qu’il est malentendant.
Une enquête prenante et un enquêteur atypique et attachant que j’ai bien aimé suivre, lorsque les prochaines enquêtes de Caleb Zelic seront traduites, je les lirai avec plaisir.

Merci Babelio et les éditions Seuil pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
Caleb le serrait encore dans ses bras quand les secours arrivèrent. Complètement débile d’avoir appelé une ambulance : Gary était mort. Forcément. Difficile de respirer avec la gorge tranchée. Les urgentistes étaient apparemment de cet avis. Ils s’arrêtèrent net en voyant le carrelage de la cuisine inondé de sang, les yeux rivés sur le corps inerte de Gary qu’il tenait dans ses bras. Un homme et une femme. Ils arboraient un uniforme bleu et un air suspicieux. La femme parlait mais ses mots, trop informes pour qu’il puisse les saisir, lui échappaient.
– C’est trop tard, lui lança-t-il.
Elle fit un pas en arrière.
– Dites, mon vieux, vous avez un couteau ? Un objet tranchant ?
Elle parlait maintenant lentement et donnait à chaque syllabe une forme distincte.
– Non. Voyant que la tension ne quittait pas son visage, il ajouta : Ce n’est pas moi qui l’ai tué.
– Il y a quelqu’un d’autre dans la maison ?
– Non, mais les enfants de Gary vont bientôt rentrer de l’école. Il ne faut pas qu’ils voient ça.
Elle jeta un regard vers son collègue.
– Ok, est-ce que vous pourriez nous laisser examiner Gary maintenant ?
Il acquiesça mais il était incapable de bouger. Les ambulanciers échangèrent quelques mots avant d’approcher. Ils desserrèrent doucement son étreinte et déposèrent Gary sur le sol, cherchant du bout des doigts un pouls qu’ils ne pourraient jamais trouver. Du sang sur leurs gants. Il en avait sur lui aussi : ses mains et ses bras en étaient recouverts, son tee-shirt était trempé. Le tissu, encore chaud, lui collait au torse. Des mains le saisirent pour le relever et il parvint à marcher. Il traversa le salon, passa devant le meuble à tiroirs renversé, les coussins éventrés, le verre brisé, quittant l’effroyable vision de ce qui avait autrefois été Gary.

Agatha Raisin, tome 12 : Crime et déluge – M.C. Beaton

81cUoHp2mUL Albin Michel – juin 2018 – 324 pages

traduit de l’anglais par Sophie Alibert

Titre original : Agatha Raisin and the day the floods came, 2002

Quatrième de couverture :
Le bonheur conjugal est de courte durée pour Agatha, une fois de plus délaissée par son mari. Punition divine, un véritable déluge s’abat sur la région, plongeant le petit village de Carsley sous les eaux. C’est le moral dans les chaussettes et sous une pluie torrentielle qu’Agatha aperçoit le corps sans vie d’une jeune femme en robe de mariée, un bouquet à la main, flottant dans la rivière. Pour noyer son chagrin, Agatha n’a qu’une solution : se jeter à corps perdu dans une nouvelle enquête…
Avec plus de 450 000 exemplaires vendus, Agatha Raisin, l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock, a imposé sa personnalité loufoque et irrésistible. Vous reprendrez bien un peu de Worcestershire sauce dans votre thé ?

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en mai 2020)
Pour tourner la page avec son mariage avec James Lacey, ce dernier parti dans un monastère en France, Agatha part se ressourcer à l’autre bout du monde au Chili, sur l’île Robinson Crusoé.
A son retour, un déluge s’abat sur la région, et le village de Carsley est inondé. Agatha est témoin d’une scène irréelle, celle d’un corps sans vie d’une mariée, un bouquet à la main, flottant dans la rivière… Évidemment, Agatha va se lancer dans une enquête à sa façon… Ni James, ni Charles ne sont là pour la seconder. Elle pourra compter sur l’aide de Roy, son ami londonien, puis celle de son nouveau voisin, John Armitage, auteur de romans policiers à succès, venu chercher le calme dans ce pittoresque village anglais. Les pistes sont nombreuses tout comme les potentiel.le.s coupables…
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante dans une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
C’était l’une de ces journées de grisaille où la bruine colle aux pare-brise et où l’eau, comme autant de larmes versées sur l’été enfui, ruisselle tristement sur les branches des arbres dénudés par l’hiver pour finir en flaques sur la route.

Agatha Raisin activa le désembuage de la vitre avant de sa voiture. Cette lugubre journée comptait un allié de poids : le gouffre noir qui emplissait son âme. Tandis qu’elle filait sur la route droit vers l’agence de voyages d’Evesham, une idée fixe tournoyait dans son esprit : ficher le camp… ficher le camp… ficher le camp.
La pauvre Agatha se sentait rejetée par la terre entière. Son époux l’avait laissée tomber, et pas pour une autre femme, mais pour Dieu. Résolu à entrer dans les ordres, James Lacey était en effet parti en France, dans un monastère, pour se préparer à sa nouvelle existence. Sir Charles Fraith, le fidèle ami qui l’avait aidée lorsque James avait disparu, venait tout juste de se marier à Paris, et il ne l’avait même pas conviée. Il avait fallu qu’elle tombe sur une brève dans le magazine Hello pour apprendre la nouvelle. Cerise sur le gâteau : une photo accompagnait l’article, montrant Charles avec sa nouvelle épouse, une Française du nom d’Anne-Marie Duchenne, petite, menue et jeune. L’air sombre, Agatha la quinquagénaire dévala à toute allure Fish Hill en direction d’Evesham, déterminée à laisser derrière elle à la fois l’hiver, les Cotswolds, le village de Carsely où elle vivait, cet insupportable sentiment de rejet et son cœur brisé. Non, pas son cœur. Car c’était aux tripes que la douleur s’attaquait, et non au cœur contrairement au cliché.


Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 

71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir 

51Vi5M8c4FL._SL500_ tome 11 : L’enfer de l’amour

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

81gvCw2nhKL tome 3 : Qui s’y frotte s’y pique

parlement-europeen2020_600
Écosse

Petit bac 2020a
(4) Crime et justice

A la télé…

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Ce soir et jeudi prochain, « Dérapages », par Ziad Doueiri (« Baron Noir »)
série écrite par Pierre Lemaître d’après son roman « Cadres noirs »,
Diffusion : les jeudis 23 et 30 avril, à 20h55 sur Arte
L’intégralité de la série est en ligne du 16 avril au 13 mai

avec Éric Cantona, Suzanne Clément, Alex Lutz, Gustave Kervern, Alice de Lencquesaing, Louise Coldefy, Nicolas Martinez, Xavier Robic, Cyril Couton, Carlos Chahine

Un homme anéanti par le chômage, prêt à tout pour retrouver un emploi. Procès contre le système et le management déshumanisé, « Dérapages » est un thriller social haletant

 

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Victime 2117 – Jussi Adler-Olsen

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – février 2020 – 14h45 – Lu par Julien Chatelet

Albin Michel – janvier 2020 – 576 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Offer 2117, 2019

Quatrième de couverture :
Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.
Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs.
Il est temps pour lui d’en finir avec les secrets et de révéler à Carl Mørck et à son équipe d’où il vient et qui il est. Au risque d’entraîner le Département V dans l’œil du cyclone.
Qui est Assad ?
Victime 2117 est la réponse.
Cette enquête est son histoire.

Auteur : Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du Ripper Award en 2015 (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l’ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d’or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance.

Lecteur : De formation théâtrale – il a fréquenté le cours de Jean-Laurent Cochet – Julien Chatelet a incarné le rôle de l’inspecteur Portal dans Les Cordier, juge et flic. Artiste complet, il tourne dans de nombreux courts-métrages, est réalisateur et chanteur de rhythm’n blues.

Mon avis : (écouté en mars 2020)
Tout commence au sud-est de l’Île de Chypre où Joan Aiguader, journaliste pigiste espagnol, est témoin de l’arrivée de réfugiés sur la plage d’Ayia Napa et de la découverte du corps flottant en deux eaux de la 2117ème victime ayant péri en Méditerranée depuis le début de l’année. Il s’agit de Lely Kabaki, une  Syrienne âgée d’environ 70 ans. Les photos et l’article de Joan feront le tour du monde.
Au Danemark, le jeune Alexander de 22 ans, ne quitte plus sa chambre depuis longtemps, il passe ses journées à jouer devant l’écran de son ordinateur. Depuis quelques temps, il appelle anonymement l’inspecteur Gordon du Département V et lui annonce que dès qu’il atteindra le score de 2117 points, il tuera ses parents et d’autres personnes…
Enfin, Assad, l’un des membres du Département V dirigé par Carl Mørck, est le personnage principal de cette intrigue, car dans son ancienne vie, il connaissait la victime 2117 et il va se plonger dans son passé douloureux avec l’aide ses collègues…
Je ne vais pas en raconter plus sur cette intrigue à multiples visages qui dévoile la vie passé d’Assad, le membre le plus mystérieux du Département V et qui est l’occasion de traiter des sujets d’actualité comme la guerre en Irak, la crise des réfugiés, terrorisme islamiste…
Cette 8ème enquête du Département V nous fait voyager au delà de Copenhague, de Chypre en Espagne, en passant par Moyen-Orient pour finir en Allemagne. L’enquête est rythmée, captivante et les personnages de l’équipe toujours attachants. Je ne suis pas une fidèle de cette série, mais j’ai toujours du plaisir à la retrouver.
Le lecteur est très agréable à écouter, rendant le livre toujours plus palpitant !

Merci Pauline et Audiolib pour cette enquête danoise pleine de surprises…

Extrait : (début du livre)
Une semaine avant que la famille d’Assad ne quitte Sab Abar, son père l’avait emmené se promener dans le capharnaüm du souk. Les échoppes regorgeaient de pois chiches, de grenades, de boulgour, d’épices aux couleurs criardes et de volailles caquetantes attendant le fil de la hache. Il s’était arrêté, avait posé les mains sur les épaules maigres de son fils et l’avait scruté longuement de son regard noir et profond.
« Écoute-moi bien, mon fils, lui avait-il dit. Longtemps, tu rêveras de ce moment et il se passera de nombreuses nuits avant que le désir de retrouver tout cela ne s’estompe de ta mémoire.
Mais je t’en conjure, regarde bien autour de toi pendant que tu le peux encore, et emporte tout ceci pour le conserver éternellement dans ton cœur. Est-ce que tu comprends ? »
Assad avait serré plus fort la main de son père et avait hoché la tête pour lui faire croire qu’il comprenait.
Mais ce jour-là, Assad n’avait pas compris ce que son père avait voulu lui dire.

Déjà lu du même auteur :

Miseracorde_audio Miséricorde l'effet papillon L’effet papillon

9782367624150-001-T Promesse

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Petit bac 2020a(3) Crime et Justice

L’usurpateur – Jørn Lier Horst

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – février 2020 – 448 pages

Gallimard – mars 2019 – 448 pages

traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier

Titre original : Hulemannen, 2013

Quatrième de couverture :
Un homme mort depuis quatre mois retrouvé devant sa télé allumée ; un autre dans une forêt de sapins avec, dans la poche, un prospectus sur lequel la police retrouve les empreintes d’un tueur en série américain, c’est bien plus qu’il n’en faut pour lancer Line Wisting, journaliste à VG, et son père William, inspecteur de la police de Larvik, dans des enquêtes dont ils ne peuvent mesurer les conséquences. À quelques jours de Noël, par moins quinze et sous la neige, va s’engager une des plus incroyables chasses à l’homme que la Norvège ait connues.

Auteur : Ancien inspecteur de la police, Jørn Lier Horst figure parmi les auteurs les plus vendus en Norvège. L’usurpateur est le troisième tome des enquêtes de William Wisting publié après Fermé pour l’hiver (2017) et Les chiens de chasse (2018). 270 000 exemplaires ont déjà été vendus dans dix-huit pays.

Mon avis : (lu en février 2020)
Ce livre est le 9ème tome de la série William Wisting, dont seulement les 7ème, 8ème et 9ème enquêtes ont déjà été traduites en français. Pour ma part, c’est le premier roman policier de cet auteur que je lisais et c’est une bonne découverte.
Un homme est retrouvé, chez lui, devant sa télévision allumée, mort depuis 4 mois. C’est un voisin de l’inspecteur William Wisting, et la police conclue à une mort naturelle.

Line Wisting, journaliste à VG, et fille de l’inspecteur, décide de faire un article sur Viggo Hansen, ce voisin solitaire et dont personne s’est inquiété pendant plus de 4 mois. 
Quelques jours plus tard, un autre cadavre est retrouvé dans une plantation de sapins, vu son habillement et l’état du corps, il semble être là depuis l’été précédent. Il s’agit d’un meurtre et la police retrouve dans l’une de ses poches, un prospectus sur lequel il y a les empreintes d’un tueur en série américain… 
Les enquêtes de la fille et du père avancent parallèlement avec leurs surprises et rebondissements… Une lecture agréable et rythmée malgré les conditions météorologiques hivernales et glaciales.
Merci les éditions
Folio pour cette enquête norvégienne bien menée.

Extrait : (début du livre)
Assis dans son fauteuil, l’homme mort était totalement desséché. Il avait les lèvres lacérées. Ses dents découvertes étaient jaunies, noircies, son crâne parsemé çà et là de touffes de cheveux poussiéreux, sans vie. Des os pâles luisaient sous la peau de son visage. Ses doigts étaient rabougris, noirs, gercés.

William Wisting passa en revue les autres photos qu’avait prises l’agent de la police technique et scientifique. L’homme n’avait pas été très grand de son vivant, mais la rétractation des tissus et la putréfaction aidant, son corps paraissait encore plus petit.
Le dossier était intitulé Viggo Hansen. Les photos présentaient l’homme sous différents angles. Il examina les diverses images de ce corps presque momifié. D’ordinaire, les dossiers photographiques le laissaient de marbre. Accoutumé à la mort, il avait développé une capacité à se distancier des impressions visuelles. Plus de trente années dans la police lui avaient fait voir tant de cadavres qu’il ne les comptait plus. Mais ce cas-ci était différent. Non seulement parce qu’il n’avait jamais rien vu de semblable, mais parce qu’il connaissait l’homme dans le fauteuil. Ils étaient quasiment voisins. Viggo Hansen habitait dans le virage, trois maisons plus loin, où il était resté mort pendant quatre mois, sans que Wisting ou un quelconque voisin ne s’inquiète pour lui.
Il s’arrêta sur une vue générale du salon, prise de la cuisine. Dos tourné au photographe, l’homme était devant sa télé. Le poste était allumé, car il l’était toujours quand la patrouille de police avait forcé la porte d’entrée.

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Norvège

Hamish Macbeth, tome 3 : Qui s’y frotte s’y pique – M. C. Beaton

81gvCw2nhKL Albin Michel – octobre 2019 – 252 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Death of a Cad, 1987

Quatrième de couverture :
Obligé de remplacer un policier local dans les confins inhospitaliers de Cnothan, Hamish a le mal du pays et de sa chère Priscilla… mais, il est à peine arrivé que l’homme le plus détesté du village est assassiné et jeté en pâture à un élevage de homards qui n’en font qu’une bouchée avant d’être expédiés vers les restaurants les plus chics de Londres. Pour retrouver son village, Hamish Macbeth devra affronter l’horrible inspecteur-chef Blair et sa charmante voisine (l’un bien décidé à couvrir l’affaire, l’autre à le séduire !)… et débusquer l’assassin.

Auteur : Née à Glasgow, M.C. Beaton (1936-2019), après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir auteur à succès figurant parmi les plus lus de Grande Bretagne. Elle a notamment écrit deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.  

Mon avis : (lu en février 2020)
Pour remplacer un policier local, Hamish Macbeth a été envoyé avec son fidèle chien, Towser, loin de son village et de ses moutons, dans les confins inhospitaliers de Cnothan. L’accueil de la population est assez froid… Avec sa nature flegmatique, Hamish prend peu à peu ses marques et fait la rencontre des différents habitants, qui sont plus ou moins accueillants. Ainsi,
Hamish fait la connaissance de Mainwaring, un anglais antipathique qui cherche les conflits avec tous. Ce dernier est venu porter plainte, Mrs Mainwaring, aurait été attaquée près du cimetière par trois sorcières…
Quelques jours plus tard, un squelette est retrouvé en pleine nature, au milieu un cercle de pierres. Dans le même temps, Mr Mainwaring a disparu.
Hamish Macbeth va mener son enquête jusqu’à l’arrivée du toujours horrible inspecteur-chef Blair qui cherche toujours à se valoriser et à mettre Hamish sur la touche…

Pour se sortir de sa solitude, Hamish va se lier avec sa belle voisine Jenny, une artiste canadienne tellement aimable !
Une série
pleine d’humour, facile à lire et toujours distrayante !

Extrait : (début du livre)
L’agent Hamish Macbeth se trouvait à bord de l’autocar de campagne qui l’emportait loin de Lochdubh – loin des côtes ouest du Sutherland et du petit poste de police qui était aussi son foyer. Son chien Towser, un énorme corniaud au poil jaunâtre, posa sa grosse patte sur son genou, mais il ne le remarqua même pas. Avec un soupir, Towser se hissa sur le siège à côté de son maître et se mit lui aussi à contempler le paysage.

Le chauffeur, nouveau dans le métier, ne voulait surtout pas se laisser intimider par l’uniforme d’Hamish. Aussi grommela-t-il par-dessus son épaule :
— Les chiens montent pas sur les banquettes, ici.
Mais Hamish se borna à lui retourner un regard si vide, si hébété, que le conducteur, un Écossais des Lowlands qui tenait tous les Highlanders pour des demeurés consanguins, jugea inutile de polémiquer.
Il faut avouer que, dans les moments de déprime, Hamish n’avait rien qui puisse démentir cette réputation. Du jour au lendemain, les ordres de sa hiérarchie l’avaient arraché au bonheur de sa douillette existence à Lochdubh pour l’expédier à Cnothan, un village rural dans le centre du Sutherland, où il devrait remplacer quelque temps le sergent MacGregor. Il avait eu beau prétexter une vague de criminalité à Lochdubh, le bobard n’avait convaincu personne : protéger ici ou là une femme battue, et coffrer un ivrogne tous les deux mois ne passerait jamais pour un pic de délinquance. Il fut donc obligé de fermer momentanément le poste de son village et de prendre le bus pour se rendre à Cnothan, car le sergent MacGregor avait exigé qu’il entretienne son véhicule.
Hamish détestait le changement presque autant que le travail. À Lochdubh, il élevait un modeste troupeau de moutons à deux pas du poste de police, sur une parcelle en fermage qu’il avait confiée à un voisin pendant son absence. Entre les revenus de l’élevage, le braconnage et les prix qu’il remportait lors des compétitions estivales de cross, il arrondissait confortablement ses fins de mois. Tout ce qu’il pouvait mettre de côté, il l’envoyait à ses parents et à ses frères et sœurs, qui vivaient dans le Cromarty. Une fois installé à Cnothan, il se doutait bien que les affaires ne seraient pas aussi florissantes.
Dans ces régions, les petits fermiers exerçaient toujours une deuxième activité, le produit de leurs terres ne leur permettant pas de subvenir à leurs besoins. Ils travaillaient donc en parallèle comme postier, forestier ou commerçant, voire, dans des cas plus rares, comme agent de police.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre 

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

51SoADXo3OL._SX342_ tome 9 : Sale temps pour les sorcières

71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir

51Vi5M8c4FL._SL500_ tome 11 : L’enfer de l’amour

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche  81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

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Écosse

Petit bac 2020a(2) Personnage célèbre