Boréal – Sonja Delzongle

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – avril 2019 – 512 pages

Denoël – mars 2018 – 448 pages

Quatrième de couverture : Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que six scientifiques en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à une spécialiste, Luv Svendsen. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant sept hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

Auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

Mon avis : (lu en 2019)
Six scientifiques sont rassemblés dans la base Arctica, près de Thulé au Groenland pour une mission de veille sur les conséquences du réchauffement climatique et de la pollution sur l’inlandsis. Par moins 35 degrés, les conditions de vie y sont extrêmes.
Il y a deux femmes Anita Whale, britannique et Atsuko Murata, japonaise, et quatre hommes Dick Malte, canadien, Akash Mouni, le cuisinier Réunionnais de la mission, Roger Ferguson, le chef de mission danois et Mathieu Desjours, stagiaire français, et son chien-loup Lupin. Lors d’une sortie sur l’islandis, ils découvrent un cimetière de bœufs musqués prisonniers des glaces éternelles. Une hécatombe animale inexpliquée. Ferguson va donc faire appel à une spécialiste, Luv Svenden, norvégienne, qui répertorie et étudie les hécatombes inexpliquées d’animaux dans le monde entier. Malgré quelques soucis personnels, celle-ci accepte de rejoindre la mission en compagnie de Niels un ami journaliste. Et voilà que ce huis clos devient de plus en plus oppressant, l’équipe va devoir faire face à différents événements inquiétants, mort, disparitions… La nature est hostile, l’ambiance est glacée et un ennemi invisible rode dans l’obscurité polaire.
Ce roman est prenant, exaltant et donne également envie de mieux connaître l’histoire de ce désert blanc et de ses habitants…

Merci Folio pour cette lecture glaçante et pleine de surprises…

Extrait : (début du livre)
Base ARCTICA, région de Thulé, Groenland, janvier 2017, jour 3
— Aujourd’hui, on a des esquimaux en dessert ! Ça vous va, les filles ? claironne Malte en servant le café.

— Très drôle, grogne Anita Whale en touillant sa tasse après y avoir balancé une sucrette.
— Et quoi ? Sucer un esquimau ne peut que faire du bien !
Quand Dick Malte sourit, on ne voit plus que ses dents, aussi blanches que la banquise, et la couleur de ses mains se fond avec la teinte brune du breuvage. L’harmonie de ses traits fins est rompue par une cicatrice sur tout le côté gauche du visage, souvenir d’une expédition polaire durant laquelle une mauvaise chute face la première l’a laissé inconscient, assez longtemps pour que la glace lui brûle la joue. Lorsqu’il évoque l’incident, Malte l’appelle le « baiser de glace ».
— On dirait que t’es en manque, Black Dick…
La voix d’Akash, le cuisinier de la mission, est en partie couverte par la tempête qui souffle depuis leur arrivée, il y a trois jours, contraignant les membres de l’expédition à rester à l’intérieur du baraquement. Ici, les vents peuvent atteindre trois cent vingt kilomètres/heure.
Bâtie en bois résistant et isolant avec une charpente en poutrelles de titane et acier inoxydable, l’unité centrale d’Arctica est constituée d’une partie cuisine, d’une chambre froide, d’une pièce principale servant de salle de repas, de deux laboratoires, d’une cellule de repos et de trois chambres doubles. Anita Whale et Atsuko Murata, les deux femmes de la mission, partagent la même et les hommes se sont répartis dans les deux autres, Roger Ferguson avec Dick Malte, et Akash Mouni avec Mathieu Desjours et son chien Lupin, un loup tchèque dont les gènes inspirent une certaine méfiance au reste du groupe. Une petite salle de musculation et un sauna sont les seuls loisirs qui leur seront proposés pendant les quelques mois de la mission, avec la lecture et les parties d’échecs sur PC. La température ambiante dans toute la base, sauf dans le sauna et la chambre froide, est de 19 °C.
— Au lieu de mettre ton grain de sel partout, si tu retournais à ton curry, Bollywood ? Ça sent le brûlé… C’est sûr qu’avec ta cuisine, tu ne risques pas de les faire grimper aux rideaux, les nanas !
— Du calme, les enfants, un peu de tenue, nous avons deux dames, ici, au cas où vous l’auriez oublié ! gronde Roger Ferguson de retour du labo 1, la barbe hirsute qui couvre un ancien bec-de-lièvre et les cheveux grisonnants en bataille. Qu’est-ce qu’on mange de bon ?
— Des esquimaux…, siffle Malte. Pour le déjeuner, tu arrives un peu tard.
— Vous auriez besoin de sortir prendre l’air, les enfants…, dit Ferguson en attrapant l’assiette de restes que lui tend Akash. Ça tombe bien, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Demain, on a une excellente fenêtre météo, on va en profiter pour récupérer des échantillons sur l’inlandsis et faire une reconnaissance. Il faut vérifier les motoneiges et mettre de l’essence. Sans oublier les pulkas. L’inlandsis est par endroits presque impraticable à motoneige. Donc chacun va tirer sa luge, tel un brave chien de traîneau. Akash, tu veux bien t’en occuper ?
— Je suis là aussi pour ça, Fergus.

Déjà lu du même auteur :
A1RsQgNXnrL Dust

petit bac 2019(5) Adjectif

 

 

2 réflexions sur “Boréal – Sonja Delzongle

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