L’enfant étoile – Katrine Engberg

Lu en partenariat avec Masse Critique

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71hDTc2NBQL Fleuve noir – janvier 2021 – 416 pages

traduit du danois par Catherine Renaud

Titre original : Krokodillevogteren, 2016

Quatrième de couverture :
En plein centre-ville de Copenhague, une jeune étudiante est retrouvée dans son appartement sauvagement assassinée, le visage marqué par d’étranges entailles. L’inspecteur Jeppe Korner et son équipière Anette Werner, chargés de l’affaire, découvrent rapidement que le passé de la victime contient de lourds secrets. Quant à la propriétaire de l’immeuble et également voisine, Esther, elle est en train d’écrire un roman qui relate dans les moindres détails le déroulement du meurtre.
Simple coïncidence ou plan machiavélique?
Commence alors pour Jeppe et Annette une plongée au cœur d’une ville dans laquelle les apparences sont mortelles.

Auteur : Katrine Engberg est née en 1975 à Copenhague. Elle travaille pour la télévision et le théâtre. Son premier roman a connu un succès international et l’a installée comme l’une des nouvelles stars du polar scandinave.

Mon avis : (lu en avril 2021)
Voilà une nouvelle auteure de polar scandinave qui est à la hauteur du commentaire de Camilla Läckberg mis en couverture « Quel fantastique premier roman ! »… Le mot « fantastique » est peut-être exagéré mais l’enquête tient ses promesses, l’intrigue est bien construite avec de nombreuses pistes, des retournements… Les personnages sont très intéressants et bien décrits, le lecteur a envie d’en savoir plus…
Cette histoire se déroule à Copenhague, tout commence avec un meurtre et une crise cardiaque… En descendant ses poubelles, Gregers Hermansen, un vieux monsieur, découvre le corps sauvagement assassiné de Julie Stender, la jolie étudiante du deuxième étage, il tombe frappé par une crise cardiaque. Bizarrement, le mode opératoire du criminel est le même que celui décrit dans le roman en court d’écriture d’Esther de Laurenti, la propriétaire et également occupante de l’immeuble…
L’enquête est confiée à l’équipe d’inspecteurs Jeppe Korner et Anette Werner, un duo original et pleins de surprises… Ils ont des personnalités opposées mais dans le travail, ils sont parfaitement complémentaire. Anette est en couple, c’est une fonceuse, Jeppe se remet difficilement de son divorce, il est plus posé, plus silencieux.

Cette enquête est la première pour notre duo de choc… Un deuxième épisode est déjà sortie au Danemark et le troisième est prévu en juin prochain. J’espère avoir l’occasion de retrouver Jeppe et Anette pour de prochaines enquêtes lors d’une traduction française.

Merci Babelio et les éditions Fleuve Noir pour cette découverte haletante

Extrait : (début du livre)
La poussière des lourds rideaux tourbillonnait dans la lumière matinale. Gregers Hermansen s’assit dans son fauteuil inclinable et contempla la danse des particules dans le salon. Il lui fallait désormais tant de temps pour se réveiller que cela ne valait presque pas la peine de se lever. Il posa les mains sur les accoudoirs usés, laissa aller sa tête vers l’arrière et, la mâchoire tombante, ferma les yeux sur le scintillement de la lumière, jusqu’à ce qu’il entende le gargouillis de la cafetière dans la cuisine.
Après un bref compte à rebours, il se hissa hors du fauteuil, enfila ses pantoufles et s’avança à petits pas vers le linoléum de la cuisine. Toujours le même chemin, le long du buffet en acajou, devant le fauteuil vert et enfin vers cette satanée poignée que l’aide à domicile avait fixée au mur l’année précédente. « Je me débrouille très bien sans, merci », avait-il insisté, en vain.
Il enleva le filtre à café usagé et le jeta dans la poubelle sous l’évier. Pleine, une fois de plus. Gregers dégagea le sac-poubelle du bac puis, s’appuyant sur le bord de la table, atteignit la porte de service qu’il ouvrit de sa main libre. Au moins, il pouvait encore descendre ses propres poubelles. Il lorgna en direction de la collection de bouteilles de la voisine, sur le palier du dessus. Esther de Laurenti, la reine des pochtronnes. Elle organisait pour ses amis artistes des dîners hystériques qui se prolongeaient jusqu’au petit matin. Mais c’était son immeuble, il était donc inutile de se plaindre.
Les marches tanguaient sous ses pas. Il s’agrippa encore plus fermement à la rampe. Il serait peut-être plus sage de déménager pour un endroit mieux adapté, mais il avait vécu toute sa vie au centre de Copenhague et préférait prendre des risques avec ces marches tordues que d’aller moisir dans une maison de retraite en périphérie. Une fois arrivé au premier, il posa le sac et s’adossa au cadre de la porte des voisines du dessous. Les deux jeunes étudiantes qui partageaient l’étage étaient pour lui source d’un perpétuel agacement, mais aussi d’un étrange désir secret. Leurs sourires insouciants éveillaient en lui des souvenirs de nuits d’été au bord du canal et de baisers amoureux. L’époque où tout était possible, où la vie n’était pas encore sur le point de se terminer.

Petit Bac 2021
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Danemark

Les fantômes de Reykjavik – Arnaldur Indridason

 

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Anne-Marie Métailié – février 2020 – 320 pages

Points – mars 2021 – 384 pages

traduit de l’islandais par Eric Boury

Titre original : Stúlkan hjá brúnni, 2018

Quatrième de couverture :
Inquiets pour leur petite-fille dont ils savent qu’elle fait du trafic de drogue, un couple fait appel à Konrad, un policier à la retraite, car la jeune fille a disparu. Dans le même temps une amie de Konrad lui parle d’une petite fille retrouvée noyée dans l’étang devant le Parlement en 1947. Elle lui demande de l’aider car l’enfant hante ses rêves. Il découvre que l’enquête sur la mort de la petite fille a été menée en dépit du bon sens. Lorsqu’on trouve le cadavre de la jeune trafiquante, il met encore en doute les méthodes de la police.
Konrad mène les deux enquêtes de front. Il nous apparaît comme un personnage solide, têtu, coléreux et rompu, par son enfance auprès de son père, à toutes les ruses des voyous. Toujours aux prises avec son enquête sur l’assassinat de son propre père, il avance vers la vérité.
Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspens et des attentes sur des plans différents et surprenants. Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. On peut dans ce volume saluer la naissance d’un nouvel enquêteur attachant, sensible mais violent, n’hésitant pas à faire le coup de poing. Par ailleurs l’auteur nous introduit au merveilleux islandais très insolite et terre à terre.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavík en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, traduits dans 40 langues et vendus à plus de 13 millions d’exemplaires.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Après « Ce que savait la nuit », c’est la deuxième enquête de Konrad, le nouveau personnage d’Arnaldur Indridason. Konrad est un policier à la retraite ayant perdu son épouse Erna depuis quelques mois. Il est sollicité par un couple de grands-parents dont Danni, leur petite fille, a disparu. Konrad va assez vite la retrouver, malheureusement morte d’une overdose… La police, en la personne de Marta va mener l’enquête mais Konrad va également s’y intéresser…
En parallèle, Eyglo, une amie de Konrad un peu médium est bouleversée par la vision d’une fillette à la recherche de sa poupée… Konrad est peu sensible à ces histoires mais pour tranquilliser son amie, il se met à enquêter sur cette fillette qui s’était noyée dans les années soixante et dont l’enquête avait été bâclée… Ces enquêtes vont l’amener à se replonger également dans son propre passé, en particulier sur les activités sombres de son père.
Même si le héros est nouveau, lire du Arnaldur Indridason est toujours aussi plaisant pour découvrir l’Islande à travers des sujets malheureusement toujours actuels.

 

Extrait : (début du livre)
Le jeune homme avait descendu la rue Skothusvegur, s’était arrêté sur le pont qui enjambait le lac de Tjörnin et, penché par-dessus le garde-corps métallique, il avait aperçu la poupée dans l’eau.

Ce pont dessinait un arc élégant là où le lac rétrécissait avant de continuer vers le sud, jusqu’à Hljomskalagardur, le Parc du kiosque à musique. Le jeune homme se tenait au sommet de l’ouvrage. C’était le soir. Dans la rue pour ainsi dire déserte, une voiture passa au ralenti. Bientôt, les ronflements de son moteur venus troubler la quiétude vespérale s’évanouirent. Le flâneur crut apercevoir un homme rue Soleyjargata. Un autre, vêtu d’un chapeau et d’un imperméable, le dépassa en marchant d’un pas résolu, sans regarder à gauche ni à droite. Accoudé à la rambarde, le jeune homme contemplait le lac, la Maison de l’Industrie en arrière-plan, les bâtiments du centre et, à l’horizon, le mont Esja, rassurant et immuable dans le crépuscule. La lune flottait en surplomb, comme un conte de fées issu d’un monde lointain. C’est en baissant les yeux qu’il vit la poupée dans l’eau.
Cette vision éminemment poétique toucha la sensibilité du jeune écrivain. Il sortit de sa poche son petit calepin et le stylo-plume qu’il avait toujours sur lui et griffonna quelques mots sur la perte de l’innocence, la fragilité de l’enfance et l’eau, à la fois source de vie et force destructrice. Ce joli calepin recouvert de cuir noir et portant l’inscription 1961 en lettres dorées contenait les méditations d’un jeune homme qui souhaitait devenir poète et y mettait toute son âme. Ses tiroirs renfermaient déjà largement de quoi publier un recueil, mais il n’avait jusque-là pas eu le courage de montrer ses textes à un éditeur. Craignant surtout qu’on le juge trop durement et qu’on lui oppose un refus, il passait son temps à les peaufiner, y ajoutant toujours un petit quelque chose, comme il le faisait en ce moment-même pour ces lignes sur la vanité de la vie.
Il était persuadé qu’une petite fille avait laissé tomber sa poupée dans le lac et n’avait pas réussi à la récupérer. Cela aussi, il l’écrivit dans son calepin. Il s’efforçait de saisir la quiétude du soir, de mettre en mots les lumières qui se reflétaient sur le Tjörnin. Il regarda vers l’îlot pris d’assaut par les sternes arctiques. Elles étaient aussi silencieuses que le voile de nuit recouvrant la ville, griffonna-t-il. Il remplaça le mot nuit par soir, raya ce dernier mot, biffa le voile, essaya d’y substituer le mot rideau, ce vers ne lui convenait pas.
Il rangea son stylo-plume et son calepin dans la poche de sa veste et s’apprêta à reprendre sa route, mais il se ravisa et se dit qu’il allait tenter d’attraper la poupée pour la déposer sur le pont au cas où la pauvre gamine reviendrait chercher sa compagne de jeu. Il descendit jusqu’à la rive, tendit le bras, mais le jouet était trop loin du bord pour qu’il puisse l’atteindre. Il remonta sur le pont, fouilla du regard les environs en quête d’un objet qui pourrait lui servir de crochet, un bâton ou une branche, mais ne trouva rien.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert

la_voix La Voix l_homme_du_lac L’Homme du lac hiver_arctique Hiver Arctique

hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire betty Bettý

la_muraille_de_lave La muraille de lave etranges_rivages Étranges rivages

91768788 La cité des jarres 95359847 Le Duel

105501958 Les nuits de Reykjavik 110108840 Le lagon noir

9782367623085-001-X Opération Napoléon 9782367627595-001-T Passage des ombres

71UbDwTos8L Ce que savait la nuit 61YQz30gvAL Les roses de la nuit

Petit Bac 2021(3) Lieu

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Islande

Agatha Raisin, tome 13 : Chantage au presbytère – M.C. Beaton

814juHnbJ6L Albin Michel – octobre 2018 – 306 pages

traduit de l’anglais par Françoise Du Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the case of the curious curate, 2003

Quatrième de couverture :
Larguée (une fois de plus) par James Lacey, délaissée par son voisin en qui elle mettait ses derniers espoirs, Agatha Raisin déclare la guerre aux hommes en faisant vœu de chasteté… Jusqu’à sa rencontre avec le tout nouveau et très sexy vicaire de Carsely, qui fait l’effet d’une bombe au village : les femmes se bousculent à l’église. Quant à notre Agatha, elle retrouve aussitôt la foi… Mais, damned !, voilà que le corps sans vie du vicaire est découvert dans le bureau de l’église. Qui a pu commettre ce geste sacrilège ? Le clergyman était-il trop beau pour être honnête ? C’est ce que découvrira peut-être Agatha qui, sans le savoir, vient d’ouvrir une véritable boîte de Pandore…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en janvier 2021)
« Chantage au presbytère » est la treizième enquête d’Agatha Raisin.
L’histoire débute avec l’arrivé à Carsely d’un nouveau vicaire, venu suppléer Alf Bloxby, le pasteur. Tristan Delon, le nouvel arrivant est beau et jeune et voilà que toutes les dames du village se bousculent à l’église… y compris Agatha Raisin !

Mais un matin, il est retrouvé assassiné dans le presbytère et Mr Bloxby suspecté.
Évidement, pour aider son amie, Mrs Bloxby, à innocenter son mari, Agatha va s’intéresser à l’enquête. Elle fait donc équipe avec son nouveau voisin, John Armitage, auteur de romans policiers. Ils vont vite découvrir que derrière son visage angélique, ce vicaire à quelques affaires à se faire pardonner et donc plusieurs personnes pourraient bien s’en prendre à lui…
Comme d’habitude, c’est une lecture distrayante et facile dans une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
Agatha Raisin commençait à se dire que jamais plus rien ne l’intéresserait. Elle avait adressé à un monastère en France une lettre à l’intention de son ex-mari, James Lacey, qui devait entrer dans les ordres, croyait-elle. Un mois plus tard, elle avait reçu une réponse : la communauté était sans nouvelles de Mr Lacey. Certes, il était parti en promettant de revenir, mais n’avait plus donné signe de vie depuis.

Et voilà, pensa-t-elle avec amertume. James en avait tout simplement eu assez d’elle et il avait utilisé le monastère pour s’affranchir de son mariage. Plus jamais, au grand jamais, elle ne tomberait sous le charme d’un homme, et cela valait notamment pour son voisin, John Armitage. Il lui avait fait des avances et elle l’avait éconduit, vexée qu’il ne professe ni admiration ni amour pour elle. Ils se parlaient de temps en temps, quand ils se rencontraient au village, mais Agatha avait décliné toutes ses invitations à dîner, si bien qu’il avait fini par renoncer.
Quand on apprit qu’Alf Bloxby, le pasteur, allait être assisté par un vicaire, les commentaires se déchaînèrent au village, mais la nouvelle laissa Agatha de marbre. Elle allait régulièrement à l’église par amitié pour la femme du pasteur, considérant cela plus comme un devoir que comme une source d’élévation morale. Et toujours par amitié pour Mrs Bloxby, elle se sentait obligée d’assister aux réunions de la Société des dames de Carsely, où les femmes du village discutaient des derniers projets de levées de fonds. Par une chaude soirée d’août, Agatha prit le chemin du presbytère avec des pieds de plomb. Une Agatha bien changée : aucun maquillage, de confortables sandales plates et une robe ample en coton.
La réunion se tenait dans le jardin des Bloxby. Miss Simms, la secrétaire de la Société, lut le procès-verbal de la réunion précédente. Agatha écoutait d’une oreille distraite, l’œil rivé sur les talons aiguilles de la secrétaire qui s’enfonçaient dangereusement dans l’herbe.

Petit Bac 2021(1) Prénom

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Écosse

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir 

51Vi5M8c4FL._SL500_ tome 11 : L’enfer de l’amour 81cUoHp2mUL tome 12 : Crime et déluge

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

81gvCw2nhKL tome 3 : Qui s’y frotte s’y pique

Meurtres aux Kerguelen – Olivier Montin et Sophie Laurent

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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9782343210520b L’Harmattan – septembre 2020 – 262 pages

Quatrième de couverture :
Maël, commissaire de police expert en criminologie, est en vacances à La Réunion lorsqu’il est soudain missionné pour se rendre sur l’île de Kerguelen – en plein cœur du sud de l’océan Indien – à la suite d’un horrible homicide. L’histoire se déroule à bord du navire La Curieuse, sur les « bases vie » des 3 îles de Kerguelen, d’Amsterdam et de Crozet ou encore sur le navire-ravitailleur des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises), le célèbre Marion-Dufresne. Sur ces terres exceptionnelles, paradis pour quantité d’animaux polaires, les morts suspectes s’accumulent. Maël parviendra-t-il à résoudre ces mystères ?

Auteurs : Olivier Montin a travaillé en début de carrière cinq années aux TAAF et y a séjourné de nombreux mois comme ingénieur géomètre-topographe. Il a beaucoup parcouru ces îles et effectué de nombreux voyages à bord du Marion-Dufresne I.
Sophie Laurent, originaire de l’île aux Moines dans le golfe du Morbihan, est issue d’une famille de marins. Expatriée quelques années à l’île Maurice, elle a eu la chance d’être reçue plusieurs fois sur le Marion-Dufresne II, de travailler pour La Curieuse et de côtoyer ces marins du bout monde.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
J’ai choisi de découvrir ce roman policier surtout pour sa destination mythique : les îles Kerguelen et je n’ai pas été déçue.
Ce livre est plus un livre documentaire sur les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qu’un roman policier… Il y a bien une intrigue plutôt bien construite mais même s’il y a un mort assez rapidement et que Maël, commissaire de police expert en criminologie, en vacances à La Réunion est réquisitionné pour mener l’enquête, rejoindre la scène de crime va prendre presque la moitié du roman !
Moi qui suis fascinée par ces terres lointaines du  bout du monde, ce roman est très bien documenté. Les auteurs ont eux l’occasion de faire des séjours là-bas aux Îles Kerguelen, îles Crozet, île Amsterdam, île Saint-Paul et d’embarquer sur le Marion-Dufresne et/ou sur La Curieuse.
Le Marion Dufresne, surnommé aussi Le MARDUF, est le navire océanique français qui  assure le ravitaillement mensuel des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien. La Curieuse est un navire océanique français attaché à l’archipel des Kerguelen. Les TAAF sont la plus grande réserve naturelle de France et l’une des plus grandes aires marines protégées du monde.
C’est passionnant de découvrir la vie à bord des navires océaniques et celle des différents scientifiques et militaires dans les îles pour étudier et surveiller le paradis des oiseaux et des animaux marins en tout genre : albatros, sternes, manchots, éléphants de mer…
Côté négatif du livre, la relecture a été un peu rapide car il reste quelques fautes d’orthographe, en particulier d’accent et parfois des phrases aux tournures un peu compliquées obligeant le lecteur à s’y reprendre à plusieurs fois…
Dans le livre quelques cartes en noir et blanc sont présentes, mais peu lisibles…
Pour ma part, j’ai complété ma lecture avec les cartes en ligne présentes sur le Géoportail
(cliquer sur l’image pour accéder directement à la Carte-Géoportail en ligne)

Iles Kerguelen :
Kerguelen

Iles Crozet :
Iles.Crozet

Ile Amsterdam :

Amsterdam

Ile Saint-Paul :
Saint-Paul

Petit bac 2020a(8) Lieu

Sigló – Ragnar Jónasson

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61SOhjLqcBL La Martinière – septembre 2020 – 272 pages

traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün

Titre original : Vetrarmein, 2020

Quatrième de couverture :
À Siglufjördur,  » Sigló  » pour les plus connaisseurs, petit port de pêche au nord de l’Islande, les ténèbres hivernales se sont dissipées. La vie y est paisible. Mais quelques jours avant Pâques, Ari Thór, l’inspecteur de la police locale, est appelé au beau milieu de la nuit : le corps d’une adolescente a été retrouvé gisant dans la rue principale.
Un meurtre paraît peu plausible dans une bourgade aussi calme. Pourtant, non loin de là, dans une maison de retraite, un vieil homme sénile a écrit sur les murs de sa chambre : Elle a été tuée. Et s’il disait la vérité ?
Après plusieurs années passées à Sigló, l’inspecteur Ari Thór s’y sent toujours comme un étranger. Jongler avec son travail et sa vie de famille est un casse-tête. Mais l’enquête se complique, et le temps presse : une nouvelle tempête de neige pourrait bien paralyser toute la ville.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Grand lecteur d’Agatha Christie, il entreprend, à dix-sept ans, la traduction de ses romans en islandais. Découvert par l’agent d’Henning Mankell, Ragnar a accédé en quelques années ans seulement au rang des plus grands auteurs de polars internationaux. Avec plus d’un million de lecteurs, la France occupe la première place parmi les trente pays où est Ragnar est traduit. En remerciement, l’auteur a écrit ce roman policier en avant-première mondiale pour son public français.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
Pour remercier ces très nombreux lectrices et lecteurs français (plus d’un million), Ragnar Jónasson dédie ce nouveau roman policier de la série Ari Thór « A mes lecteurs français » et il est publié en avant-première mondiale en France… (deux mois avant sa sortie en Islande). Et pour la première fois, nous avons directement une traduction depuis l’islandais et non depuis la version anglaise… Et les anglophones auront cette fois-ci, une traduction de la version française !
« Sigló », c’est le petit nom ou l’abréviation de Siglufjördur, le petit port de pêche du nord de l’Islande où l’inspecteur Ari Thór est en poste depuis 7 années.
C’est lui qui a maintenant la responsabilité du poste de police, il est secondé par Ögmunður, un jeune policier.
Trois jours avant Pâques, le corps d’une jeune fille tombée d’un balcon est découvert  dans la rue principale. Tout semble penser qu’il s’agisse d’un accident ou un suicide, mais pour en être convaincu, Ari Thór ouvre une enquête et tente de mieux connaître la vie de la jeune fille pour comprendre la raison de ce geste ultime. D’autre part, le lendemain, Ari est appelé à la maison de retraite où l’un des pensionnaires, en apprenant l’accident de la jeune fille, a écrit sur le mur la phrase « Elle a été assassinée ». Le vieil homme n’a plus toute sa tête, mais sais-t-il vraiment quelque chose ? Ou c’est souvenir d’une tragédie plus ancienne qui le hante ? Beaucoup de questions auxqu’elles Ari Thór va devoir trouver des réponses…
Côté personnel, Ari Thór est séparé de sa femme, Kristín, qui vit maintenant en Suède avec leur petit garçon, Stefnir. A l’approche des fêtes de Pâques, tous deux viennent quelques jours à Siglufjörður. Ari serait bien tenté de réunir sa famille et pourquoi pas de reprendre une vie à trois… Mais durant l’enquête, il a repris contact avec Ugla, rencontrée et aimée lors de Snjór (premier livre de la série publié en France)… Des retrouvailles qui m’ont fait plaisir, Ugla étant un personnage que j’avais à l’époque beaucoup aimé.
Une enquête bien menée et plaisante à suivre.

Merci Babelio et les éditions de La Martinière pour cet épisode en avant-première mondiale !

Extrait : (début du livre)
– Police. Ari Thór Arason.
À l’autre bout du fil, un opérateur de la ligne d’urgence.
– On vient tout juste de nous appeler de Siglufjördur, vous êtes de garde ?

 L’été, la nuit se confondait avec le jour à Siglufjördur, les journées n’avaient ni début ni fin. C’était dans ces moments qu’Ari se sentait le mieux, comme si rien ne pouvait l’arrêter.
Puis venaient les ténèbres hivernales et la neige.
Ari avait tout tenté pour s’endormir, rien ne fonctionnait. Il occupait encore la grande chambre dans sa maison de la rue Eyrargata. Cette même chambre qu’il avait partagée avec Kristín et le petit Stefnir avant leur départ pour la Suède.
Les abondantes chutes de neige qui touchaient la région en cette saison l’avaient lourdement affecté à une époque, mais il avait fini par s’y faire, et désormais il ne se sentait plus que rarement atteint de claustrophobie. De même, Reykjavík ne lui manquait presque plus. La capitale jouissait d’une prospérité nouvelle, mais à vrai dire, Siglufjördur en bénéficiait aussi. Chaque été, des touristes venus du monde entier affluaient dans la petite ville, et l’hiver, de nombreux voyageurs, majoritairement islandais, venaient faire du ski. Les vacances de Pâques étaient particulièrement populaires et le week-end s’annonçait chargé sur les pistes.
La trentaine passée, Ari avait la sensation d’être revenu au point de départ. Il vivait seul, ne voyait presque jamais son fils, et n’imaginait pas parvenir à sauver un jour sa relation avec Kristín ; tous les recours avaient pour ainsi dire été épuisés.
En vérité, il s’était constitué une routine plutôt agréable et n’était pas sûr de vouloir menacer cet équilibre. Devenu inspecteur, il dirigeait aujourd’hui le poste de police, et à présent qu’il avait atteint cet objectif de longue date, il lui fallait déterminer s’il comptait s’arrêter là ou tenter de poursuivre sa progression. Difficile toutefois d’envisager d’évoluer à Siglufjördur – il aurait beau donner le meilleur de lui-même, personne ne serait là pour en être témoin.

Déjà lu du même auteur :

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Ordre de publication original de la série Dark Iceland :
Fölsk nóta (2009)*

Snjóblinda (Snowblind) – 2010, publié en français sous le titre Snjór en 2016
Myrknætti (Blackout) – 2011, publié en français sous le titre Nátt en 2018
Rof (Rupture) – 2012, publié en français sous le titre Sótt en 2018
Andköf (Whiteout) – 2013, publié en français sous le titre Vík en 2019
Náttblinda (Nightblind) – 2014, publié en français sous le titre Mörk en 2017
Vetrarmein  – 2020, publié en français sous le titre Sigló en 2020

* C’est le premier roman mettant en vedette Ari Thór Arason, en tant que jeune étudiant en théologie à la recherche de son père disparu. Il ne se passe pas à Siglufjördur.
Il n’a pas été traduit en anglais.

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Islande

Petit bac 2020a(8) Lieu

Matricule 1139 – Peter Robinson

81wkUXPfcDL Livre de Poche – octobre 2007 – 480 pages

traduit de l’anglais par Henri Yvinec

Titre original : A Necessary End, 1989

Quatrième de couverture :
Eastvale, Yorkshire. Lors d’une manifestation antinucléaire, la police charge violemment la foule, faisant plusieurs blessés. Mais, à l’issue des échauffourées, on découvre le corps de l’agent Gill, poignardé. Les suspects ne manquent pas et la tâche de l’inspecteur Banks s’avère particulièrement délicate. D’autant que débarque de Londres un collègue réputé pour son racisme, son machisme et sa brutalité. « Dirty Dick » Burgess va obliger Banks à suivre une voie qui pourrait bien lui coûter sa carrière… ou pire. Et, comme on s’en doute, une mort n’arrive jamais seule…

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Troisième enquête de l’inspecteur divisionnaire Banks dans la campagne des Yorkshire Dales. Une manifestation antinucléaire et pacifique désorganisée par une charge violente de la police et le corps sans vie de l’agent Gill (Matricule 1139) est retrouvé sur le pavé… Les suspects sont nombreux et l’enquête s’annonce difficile pour Banks et son équipe. Et voilà qu’on lui envoie de Londres un collègue, « Dirty Dick » Burgess, pour diriger l’enquête. Une ambiance très « british », des litres de bière bus, des personnages haut en couleurs et des échanges savoureux entre Banks et son supérieur Burgess à la réputation difficile… Une lecture sympathique.

Extrait : (début du livre)
Les manifestants se pressaient sous la bruine de mars devant le Centre culturel d’Eastvale. Certains brandissaient des pancartes de fortune, mais les slogans antinucléaires s’étaient brouillés sous la pluie, telles les lettres rouges que l’on voit dégouliner sur l’écran au début des films d’horreur. Il était difficile à présent d’y lire quoi que ce soit. À huit heures et demie, tous étaient trempés jusqu’aux os et en avaient assez. Aucune caméra de télévision ne filmait la scène et pas un seul reporter ne se mêlait à la foule. Les protestations n’étaient plus à la mode et les médias ne s’intéressaient qu’à ce qui se déroulait à l’intérieur du Centre. D’autant que le temps était froid et humide et que dehors il faisait noir.

Malgré leur déception, les gens s’étaient jusque-là montrés patients. En dépit de la pluie qui leur plaquait les cheveux sur le crâne et leur coulait dans le cou, ils brandissaient leurs panneaux illisibles et dansaient d’un pied sur l’autre depuis une heure. Mais maintenant plusieurs d’entre eux commençaient à éprouver une sensation de claustrophobie. La North Market Street était étroite et seuls des réverbères à gaz à l’ancienne l’éclairaient. La foule était cernée de tous côtés par les forces de l’ordre, qui s’étaient tellement rapprochées qu’elle n’avait plus d’espace pour s’étaler. Un cordon supplémentaire de policiers montait la garde au sommet des marches, près des lourdes portes de chêne et, en face de la grande bâtisse, d’autres agents bloquaient les venelles qui menaient aux ruelles tortueuses et à la rase campagne, au-delà de Cardigan Drive.

 

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Angleterre

Petit bac 2020a(6) Objet

Millenium, tome 6 : La fille qui devait mourir – David Lagercrantz

719d8UMYGkL Actes Sud – août 2019 – 320 pages

traduit du suédois par Esther Sermage

Titre original : Hon som måste dö, 2019

Quatrième de couverture :
À Stockholm, un SDF est retrouvé mort dans un parc du centre-ville – certains de ses doigts et orteils amputés. Dans les semaines précédant sa mort, on l’avait entendu divaguer au sujet de Johannes Forsell, le ministre de la Défense suédois. S’agissait-il des délires d’un déséquilibré ou y avait-il un véritable lien entre ces deux hommes ? Michael Blomqvist a besoin de l’aide de Lisbeth Salander. Mais cette dernière se trouve à Moscou, où elle a l’intention de régler ses comptes avec sa sœur Camilla.
La fille qui devait mourir – le grand finale de David Lagercrantz dans la série Millénium – est un cocktail redoutable de scandales politiques, jeux de pouvoir à l’échelle internationale, technologies génétiques, expéditions en Himalaya et incitations à la haine sur Internet qui trouvent leurs origines dans des usines à trolls en Russie.

Auteur : David Lagercrantz, né en 1962, est journaliste et auteur de plusieurs livres. C’est avec Indécence manifeste (2009) qu’il affirme véritablement sa notoriété sur la scène littéraire suédoise. Sont déjà parus en France : Moi, Zlatan Ibrahimović (2011), Millénium 4, Ce qui ne me tue pas (2015) et Millénium 5, La fille qui rendait coup pour coup (2017). 

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Tout commence avec l’assassinat d’un sans abri sans identité connue et qui portait sur lui le numéro de téléphone de Blomkvist. Fredrika Nyman, la médecin légiste, contacte donc le fameux journaliste peu motivé pour travailler sur son reportage lié au krach boursier. Il est également inquiet pour Lisbeth Salander, qui a quitté son appartement de Stockholm et ne donne aucun signe de vie… Cette dernière a décidé de neutraliser sa sœur Camilla, son ennemie mortelle mais qui a quelques soutiens au sein de la mafia russe… De son côté, Lisbeth est paralysée par les souvenirs de son enfance, de son père, Alexander Zalachenko, cela ne l’aide vraiment pas pour réussir sa mission.
Un dernier tome palpitant où le lecteur découvre des Fake news fabriquées par des usines de trolls russes, des oligarques liés aux assassinats d’homosexuels en Tchétchénie, le récit d’une expédition dramatique sur l’Everest… Un dernier tome
où les communications sont cryptées, les caméras de surveillance contrôlées à distance…
L’attachement qui existe entre Mikael et Lisbeth est toujours présents et même si elle semble absente, Lisbeth suit Mikael et le protège par ordinateur interposé et lui s’inquiète pour elle lorsque son silence est trop long…
Un dernier tome où Lisbeth va affronter ses démons et Mikael va encore s’efforcer de dénoncer des scandales politiques…
Difficile pour ma part de quitter ces deux personnages devenus familiers au cours de toutes ses années…

Extrait : (début du livre)
CET ÉTÉ-LÀ, UN NOUVEAU MENDIANT était apparu dans le quartier. Personne ne connaissait son nom, et puis tout le monde s’en fichait pas mal. Cela dit, un jeune couple qui passait devant lui tous les matins l’appelait le “nain fou”, ce qui était assez injuste, en tout cas pour moitié. Car il n’était pas de petite taille au sens médical du terme. Il mesurait un mètre cinquante-quatre et avait une corpulence proportionnée. En revanche, il souffrait de réels troubles mentaux. De temps en temps, il bondissait sur les gens, les attrapait et leur tenait des discours incohérents.
Il passait le plus clair de son temps à Mariatorget, sur un morceau de carton près de la statue de Thor. Ainsi assis au pied de la fontaine, tête haute, dos droit, il arrivait qu’il provoque l’admiration, évoquant un chef de tribu tombé dans la déchéance. En matière de capital social, cette vague association était d’ailleurs tout ce qui lui restait et justifiait qu’on lui jette encore parfois une pièce ou un billet. Les gens devinaient en lui une grandeur passée – et ils n’avaient pas tort. Car il fut un temps où l’on s’inclinait devant lui.
Mais il avait tout perdu depuis longtemps, et la tache noire sur sa joue n’améliorait pas les choses. On l’eût dit marqué par la mort, ni plus ni moins.
Détail insolite : il portait un anorak bleu en duvet de la marque Marmot Parka, un objet en principe coûteux. Le vêtement avait beau être couvert de crasse et de restes de nourriture, son allure décidément arctique dénotait dans l’été stockholmois. Une chaleur étouffante régnait sur la ville. En constatant les coulées de sueur sur les joues de l’homme, les passants regardaient son anorak, embarrassés, comme si la simple vue de cette grosse doudoune leur rendait la température ambiante encore plus insupportable. Il ne l’enlevait jamais.

Déjà lu du même auteur :

millenium4_ac Millenium 4 – Ce qui ne me tue pas

Millenium 5 – La fille qui rendait coup pour coup

Les trois premiers tomes par Stieg Larsson :

Millenium_1 Millénium 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

mill_nium2 Millénium 2 : La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette
mill_nium3 Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d’air

Déjà écouté :

CD_LARSSON_MILLENIUM_1 Millénium 1 millenium2_audio Millénium 2  millenium3_audio Millenium 3

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Suède


(8) Crime et Justice

Le Rocher aux corbeaux – Peter Robinson

PeterRobinson2 Livre de Poche – avril 2006 – 352 pages

traduit de l’anglais par Henri Yvinec

Titre original : A Dedicated Man, 1988

Quatrième de couverture :
Tout le monde aimait et appréciait Harry Steadman. Tout le monde respectait et admirait ce professeur d’université, spécialiste d’archéologie industrielle, qui vivait à Swainsdale et en était devenu l’historien local. Pourtant, quelqu’un lui a fracassé le crâne et a abandonné son corps dans cette campagne du Yorkshire qu’il aimait tant: exactement le genre de crime qui bouleverse une petite ville. Si quelqu’un d’aussi populaire peut être assassiné de sang-froid et avec une telle barbarie, chaque citoyen est potentiellement une victime… ou un meurtrier.
Et pour l’inspecteur divisionnaire Banks, qui a quitté Londres pour échapper à son climat de violence, les suspects ne manquent pas. Reste à savoir qui a été tué: le mari, l’ancien amant d’une chanteuse de pop, l’archéologue, l’historien ou – pourquoi pas ? – l’habitué du pub ?

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Deuxième enquête de l’inspecteur divisionnaire Banks dans la campagne des Yorkshire Dales, une région qu’il ne connaît pas encore très bien, ayant lui-même longtemps travaillé à Londres.
Un éminent professeur universitaire a été retrouvé avec le crâne fracassé. Et pourtant, c’est un homme que tout le monde considère comme chaleureux et sans histoire… Banks va s’intéresser au passé de la victime et à ses proches.
Un polar très anglais où tout est dans l’atmosphère des lieux, dans l’analyse minutieuse des personnages… L’intrigue est menée plutôt classiquement, l’inspecteur et son équipe explorent de nombreuses pistes et peu à peu toutes les pièces du puzzle s’assemblent jusqu’à la résolution…
Une série que je vais peu à peu continuer à découvrir.

Extrait : (début du livre)
Quand le soleil fut assez haut pour répandre sa lumière sur les toits d’ardoises situés de l’autre côté de la rue, il s’infiltra par une fente à travers les rideaux de la chambre de Sally Lumb et darda ses rayons sur une mèche d’un blond doré, qui s’enroulait sur sa joue. La jeune fille rêvait. Minotaures, employés de bureau, gazelles et trolls s’ébattaient dans les granges, les appartements en duplex et les palais de style gothique qui peuplaient son sommeil. Mais quand elle se réveilla quelques heures plus tard, tout ce qui lui resta en mémoire, ce fut l’image troublante d’un chat qui marchait sur un grand mur hérissé de morceaux de verre brisé. Ah ! les rêves ! La plupart d’entre eux, elle les ignorait. Ils étaient totalement étrangers à ceux d’un autre genre, les plus importants, qu’elle faisait sans avoir besoin de s’endormir. Au cours de ceux-ci, elle était reçue à ses examens, elle était admise à la Marion Boyars Academy of Theater Arts. Sally y étudiait l’art dramatique, le travail de mannequin, les techniques du maquillage car elle était suffisamment réaliste pour se rendre compte que si elle n’avait pas le talent d’actrice d’une Kate Winslet ou d’une Gwyneth Paltrow, elle pourrait au moins travailler en marge de ce monde prestigieux.
Quand elle finit par se réveiller, le rai de lumière s’était déplacé et venait frapper le sol à proximité de son lit, barrant le tas de vêtements en désordre qu’elle y avait posé la veille au soir. Elle entendit le bruit des assiettes et des couverts dans la cuisine au rez-de-chaussée et le fumet du rosbif montait jusqu’à sa chambre. Elle se leva. C’était une bonne tactique, se dit-elle, que de descendre le plus vite possible et d’aider à préparer les légumes avant que sa mère l’appelle. « Le repas est servi ! » criait celle-ci de sa voix grinçante. En tout cas, en faisant preuve de bonne volonté, elle éviterait peut-être des questions trop précises sur son retard la veille au soir.

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Angleterre

Petit bac 2020a(6) Animal

Vík – Ragnar Jónasson

71ZaB+yo38L La Martinière – octobre 2019 – 304 pages

traduit de la version anglaise, d’après l’islandais, par Ombeline Marchon

« Ce roman a été traduit depuis l’édition anglaise du livre à la demande de l’auteur qui a revu et changé des éléments de son histoire, et considère donc le texte anglais comme la version définitive de son roman »

Titre original : Andköf, 2013

Quatrième de couverture :
Des années ont passé avant qu’Ásta ne se décide à remettre les pieds à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík, en islandais), ses rares habitants. Et le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil.
Quand, quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise, l’inspecteur Ari Thór est dépêché sur les lieux. Dans cette contrée perdue, l’étau se resserre inévitablement sur une poignée de suspects. Mais la vérité est peut-être à chercher ailleurs, dans un passé aux résonances morbides, refoulé depuis près de vingt-cinq ans…

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers « Iceland Noir ».

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Après vingt années passées à Reykjavík, et à l’approche des fêtes de fin d’année, Ásta décide de partir quelques jours dans la région du nord, revoir la maison de son enfance et profiter du calme et de la nature. A la pointe nord-ouest de l’Islande, à Kálfshamarsvik, un ancien village de pêcheurs situé au pied d’une falaise surplombant une large baie, C’est là qu’Ásta a grandi avec sa famille mais également l’endroit où sa mère et sa jeune sœur sont brutalement décédées.
Elle y retrouve déjà présent vingt ans plus tôt lors de la mort de sa mère et de sa sœur, Thóra, la gouvernante et son frère Óskar âgés de presque soixante-dix ans et deux amis d’enfance, Reynir, personnage public et propriétaire des lieux et Arnór qui s’occupe du phare et des chevaux de Reynir et vit dans la ferme voisine. Deux jours après son arrivée, le corps de la jeune femme est retrouvé au pied d’une des falaises.
Ari Thór va faire équipe avec son ancien chef Tómas pour élucider cette mort dont les circonstances rappellent tellement celles survenues plus de vingt ans plus tôt… Pourquoi Ásta est-elle revenue après tant d’années ?
En cette saison, la neige est là, il fait un froid polaire, cette enquête est donc un huis-clos dans une ambiance glaciale, avec seulement quatre suspects présents, des taiseux qui ne sont pas près de dévoiler tous leurs secrets…

Extrait : (début du livre)
Prologue

La petite fille leva les mains devant elle, puis tout se passa très vite : la gravité l’emporta et elle tomba. Elle n’eut même pas le temps de pousser un cri.
Pour l’accueillir, la mer et les rochers.
Elle était trop jeune pour sentir la mort approcher.
La pointe, la plage, le phare, le paysage – c’était son terrain de jeu.
Jusqu’à ce qu’elle heurte la pierre.

C’est une image qu’Ásta Káradóttir n’oublierait jamais, même si elle n’était qu’une enfant à l’époque – ou peut-être pour cette raison précise.
Elle se trouvait dans sa chambre, au grenier, quand c’est arrivé. Porte et fenêtres closes, la pièce sentait le renfermé. Assise sur son lit dont les ressorts grinçaient quand elle se retournait la nuit, elle regardait par la fenêtre. Il était possible, et même probable, que des détails empruntés à d’autres moments de son enfance se soient mêlés au souvenir qu’elle gardait de cette journée bien particulière. Dans tous les cas, jamais elle n’oublierait le terrible événement auquel elle avait assisté.
Elle n’en avait jamais parlé à personne.
Et voilà qu’elle revenait, après des années d’exil.

En ce mois de décembre, la fine couche de neige qui recouvrait le paysage témoignait de l’approche de Noël. Les températures restaient cependant clémentes. Elle avait fait le trajet en voiture depuis le Sud sous la bruine. Le chauffage, activé pour désembuer le pare-brise, avait transformé la voiture en fournaise.
Ásta n’avait pas eu de problème à quitter le centre de Reykjavík : elle avait suivi l’Ártúnsbrekka. Elle n’était pas fâchée de partir d’une ville dont on pouvait dire, comme d’un mauvais amant, que c’était toujours mieux que rien, mais à peine. Elle n’allait pas changer radicalement de vie, non, juste dire adieu à son existence monotone et à son triste soixante-quatre mètres carrés en sous-sol, où elle étouffait. Parfois elle ouvrait les rideaux pour faire entrer un peu de lumière, mais alors les passants de cette rue très fréquentée pouvaient la regarder de haut et espionner ses allées et venues. Elle faisait une croix sur son intimité…

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Phare et falaise de Kálfshamarsvík

Déjà lu du même auteur :

131349_couverture_Hres_0 Snjór 114926779 Mörk 51JJg1VQLwL Nátt 71+z3uzsa7l Sótt

Ordre de publication original de la série Dark Iceland :
Fölsk nóta (2009)*

Snjóblinda (Snowblind) – 2010, publié en français sous le titre Snjór en 2016
Myrknætti (Blackout) – 2011, publié en français sous le titre Nátt en 2018
Rof (Rupture) – 2012, publié en français sous le titre Sótt en 2018
Andköf (Whiteout) – 2013, publié en français sous le titre Vík en 2019
Náttblinda (Nightblind) – 2014, publié en français sous le titre Mörk en 2017

* C’est le premier roman mettant en vedette Ari Thór Arason, en tant que jeune étudiant en théologie à la recherche de son père disparu. Il ne se passe pas à Siglufjördur.
Il n’a pas été traduit en anglais.

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Islande

Petit bac 2020a(8) Lieu

Le Voyeur du Yorkshire – Peter Robinson

81-pkeXoGWL Livre de Poche – mars 2007 – 352 pages

traduit de l’anglais par Jean Esch

Titre original : Gallows View, 1987

Quatrième de couverture :
Eastvale, paisible petite ville du Yorkshire, au cadre idyllique. C’est là que vient d’être muté l’inspecteur Banks, qui a quitté sans regret Londres et son cortège de violences.
Mais, sous ce décor de carte postale, se cache une réalité beaucoup plus sombre, beaucoup plus dangereuse, incarnée
par un voyeur qui espionne les femmes la nuit dans leur chambre…
Le pervers ne choisit pas ses victimes au hasard : celles-ci semblent toutes avoir un point commun.
La tension monte d‘un cran dans la cité lorsqu’une vieille dame est retrouvée sauvagement assassinée.
Les deux affaires sont-elles liées ?
Et que penser de ces deux adolescents, petits délinquants passés du vol aux agressions ?
Banks va devoir faire preuve de perspicacité pour débusquer la vérité, au-delà des apparences.

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juin 2020)
Après avoir découvert la série DCI Banks à la télévision, j’ai voulu retrouver l’inspecteur Alan Banks dans les romans policiers de Peter Robinson (il y en a environ 20 traduits en français). C’est donc premier tome d’une longue série sur l’inspecteur Banks, et le premier que je lis. L’intrigue se situe bien avant le début de la série télévisée qui commence avec le douzième roman, les intrigues 6, 7, 8 et 11 ayant été adaptées ultérieurement.
Policier londonien, l’inspecteur Alan Banks est arrivé depuis six mois dans la petite ville d’Eastvale dans le Nord du Yorkshire. Un voyeur sévit dans la ville, il épie les femmes le soir dans leur chambre, de nombreux cambriolages ont également lieu et plus grave, une vieille dame est assassinée… L’inspecteur Banks et son équipe ont de quoi faire, et ils ont également l’aide du Pr Jenny Fuller, de l’université de York, une psychologue engagée par la police pour construire l’ébauche d’un portrait du voyeur…
J’ai bien aimé l’atmosphère de ce roman anglais et le personnage de Banks, policier attachant. Je poursuivrais ma lecture de cette série avec plaisir.

Extrait : (début du livre)
La femme pénétra dans le cercle de lumière et commença à se déshabiller. Elle portait un chemisier argenté fermé par des dizaines de minuscules boutons nacrés. Elle le sortit de sa jupe noire mi-longue et commença à le déboutonner, par le bas, très lentement, en regardant dans le vide comme si elle se remémorait un souvenir lointain. D’un haussement d’épaules, elle se débarrassa du chemisier, en tirant sur la manche gauche restée collée à son poignet sous l’effet de l’électricité statique. Elle baissa ensuite la tête et tendit les bras dans le dos, comme deux ailes, pour détacher son soutien-gorge, en levant une épaule puis l’autre pour faire glisser les fines bretelles. Elle avait des seins épais et lourds aux pointes brunes dressées.
Elle abaissa la fermeture Éclair de sa jupe sur le côté gauche et la laissa glisser jusqu’au sol. Elle l’enjamba et, pliée en deux, elle la ramassa pour la déposer soigneusement sur le dossier d’une chaise. Elle fit rouler son collant sur ses hanches, ses fesses et ses cuisses, puis s’assit au bord du lit pour l’ôter, en prenant soin de ne pas filer la maille. Quand elle se pencha en avant, la peau ferme de son ventre forma un pli sombre, ses seins pendirent et les deux mamelons vinrent frôler ses genoux, tour à tour.
Se relevant, elle glissa les pouces sous l’élastique de sa culotte noire et se pencha de nouveau pour l’ôter, en douceur. Elle enjamba le petit bout de tissu et, avec la pointe de son pied gauche, elle attrapa l’élastique de la culotte et la lança dans le coin de la chambre, près de la penderie.
Totalement nue, elle rejeta eh arrière ses cheveux blonds ondulés et se dirigea vers la commode.
C’est à cet instant qu’elle jeta un regard en direction des rideaux entrebâillés. Tout le corps de l’homme fut parcouru de frissons lorsqu’il vit la stupeur s’imprimer dans le regard de la femme.

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Angleterre

Petit bac 2020a(7) Lieu