Où es-tu Mari ? – Kristel Peterson

619pdkVMIFL Les Éditions du 38 – février 2022 – 228 pages

Quatrième de couverture :
Maja vit à Forsøl, petit village norvégien à quelques kilomètres de la ville de Hammerfest, au nord du cercle polaire. Elle raconte dans son journal sa lutte quotidienne pour vivre malgré le chagrin qu’elle éprouve depuis la mystérieuse disparition de sa fille Mari. Elle essaie d’endormir sa douleur avec l’aquavit du placard de la cuisine et s’accroche à l’idée que Mari est encore vivante quelque part. Maja est prête à tout pour la retrouver, même à boire les tisanes hallucinogènes d’un vieux shaman sami. En s’isolant régulièrement dans sa cuisine avec des brioches et du thé pour écrire son journal et pour réfléchir, elle avance lentement dans la recherche de la vérité, mais plus elle progresse sur ce chemin, plus le danger, irrémédiablement, resserre son étau…

Auteur : Kristel Petersen, franco-norvégienne née en 1969, a grandi entre le sud-ouest de la France et la Norvège. Enfant curieuse et précoce, elle recopie frénétiquement des hiéroglyphes et devient ensuite une lectrice avide et forcenée qui cherche dans les livres des réponses impossibles à trouver. Géographe, elle poursuit sa quête à travers de nombreux voyages sur plusieurs continents et en explorant des cultures très différentes. Dans son premier roman policier, Où es-tu Mari ? , elle évoque la nature hostile du Finnmark, au nord de la Norvège, où elle a passé une partie de son enfance.

Mon avis : (lu en avril 2022)
C’est l’histoire de la disparition d’une enfant de six ans, Mari, dans le nord de la Norvège. Le prologue, nous raconte les circonstances de la disparition : Mari jouait dans le jardin avec le chien en lui lançant une balle et petit à petit ils se sont éloignés, un vieux renne habitué à venir à proximité s’est approché de la clôture, la fillette a ouvert la barrière pour le faire entrer dans la jardin. Mais le chien, jaloux, a détalé vers le plateau et Mari est partie à sa suite, marchant difficilement dans la neige…
Le roman commence près de trois ans après la disparition de Mari. Sa mère, Maja est toujours dévastée par la disparition de sa fille et n’arriva pas à croire qu’elle soit morte contrairement à son entourage ou presque. Maja vit à Forsøl, petit village de pêcheurs au nord du cercle polaire avec Bjarne son mari et Kristian, leur fils de 8 ans. Elle est institutrice.
Maja est norvégienne, mais son père était russe et sa mère est Sami. Maja est tombé follement amoureux d’un Sami, mais ce dernier l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte de Mari. Maja a donc épousé Bjarne un norvégien avec une bonne situation.
Pour tenir le coup après le drame de la disparition de Mari, Maja boit en cachette et se confie dans un journal intime. Le lecteur va donc petit à petit découvrir la vie passée et actuelle de Maja et pouvoir répondre à la question « Où es-tu Mari ? »
J’ai aimé en apprendre un peu plus sur la culture et les croyances des Samis.
L’intrigue est plutôt bien construite avec quelques rebondissements… j’ai pourtant eu assez vite une idée sur l’identité d’un coupable…
Merci à Masse Critique Babelio pour cette lecture dépaysante

Extrait : (début du livre)
Prologue :
Mari jouait avec le chien dans le jardin. Elle lançait la balle dans la neige et Thor partait à toute vitesse pour la rattraper. Le rire innocent et cristallin de la petite fille se mêlait aux jappements du chien qui secouait joyeusement ses longs poils noirs pour se débarrasser de la neige. Dans son petit manteau de laine rouge, Mari s’élançait à la rencontre de Thor qui lui rapportait fièrement la balle, à bout de souffle. Elle lui caressait le dos en le regardant tendrement, puis reprenait la balle pour la lancer à nouveau très loin. Ravi, l’animal redressait les oreilles et aboyait avant de partir comme une flèche pour aller la chercher. Mari le poursuivait en riant aux éclats, dévoilant ses petites dents blanches et fines qui tranchaient avec ses lèvres rouges et sa peau dorée. Des dents de petite fille coquine, aux joues rondes et douces, aux cheveux noirs dont les mèches rebelles dépassaient toujours du bonnet.
Débordant d’énergie, Thor fit volte-face pour revenir une nouvelle fois avec la balle alors que Mari courait vers lui. Ils se télescopèrent et tombèrent l’un sur l’autre, Mari roulant dans la neige avec le chien. Ses éclats de rire se mêlaient aux aboiements de l’animal qui s’était remis sur ses pattes et lui donnait de grands coups de langue affectueux.
Soudain, Mari leva la tête et aperçut le vieux renne qui venait d’arriver derrière la clôture en planches contre laquelle il avait l’habitude de frotter ses bois. Il les avait sans doute entendus jouer et espérait recevoir lui aussi sa part de caresses, et peut-être une friandise à grignoter. Mari abandonna Thor pour se précipiter vers le renne en poussant des cris de ravissement. Elle lui ouvrit la petite barrière blanche et attendit qu’il entre dans le jardin. Il se gratta une dernière fois contre la clôture, puis s’avança lentement dans l’allée. La petite fille s’approcha doucement, elle savait qu’il ne fallait plus s’agiter ni faire de bruit si elle voulait pouvoir le caresser. Le gros animal se pencha vers un jeune arbuste d’ornement qui avait encore quelques feuilles tendres. Mari en profita pour frotter son dos couvert de poils blancs. L’animal délaissa un instant la plante pour relever la tête et poser sur elle ses grands yeux noirs. Mari lui chatouilla le museau. Son haleine fumait dans l’air froid de l’après-midi et dégageait des relents de mousse moisie et de lichen.
Thor se dressa sur ses pattes et détala en direction du plateau. Mari eut peur qu’il soit jaloux du renne et franchit la limite du jardin pour partir à sa poursuite en l’appelant et en avançant difficilement dans la neige épaisse où s’enfonçaient ses petites jambes. Le renne la suivit en trottant dans le petit bois de bouleaux nains. Il s’arrêta un instant pour humer l’air de la toundra avant de reprendre sa course. Il était sans doute le seul à percevoir les signes annonçant la tempête de neige toute proche. Une tempête d’automne violente et soudaine, comme elles l’étaient souvent ici, dans ces solitudes gelées de bout du monde : des vents glacés qui se déchaînaient en apportant une grande quantité de neige humide et lourde.

Petit bac 2022
(4) Ponctuation

voisinsvoisines2021_new50
Norvège

Sur l’autre rive – Emmanuel Grand

71eQRIQ6ZHL 813149DpxgL

Albin Michel – mars 2021 – 528 pages

Livre de Poche – avril 2022 – 512 pages (à paraître)

Quatrième de couverture :
Saint-Nazaire, ses chantiers navals, une forêt de silos et de grues, les marais et l’océan à perte de vue, un pont entre deux rives.
Pour Franck Rivière, 21 ans, jeune espoir du football local, des rêves plein la tête, c’est aussi la fin du voyage : une chute de 68 mètres et son corps glacé repêché au petit matin.
Tandis que le capitaine Marc Ferré doute de ce suicide, Julia, la sœur de Franck, brillante avocate « montée » à Paris, se heurte aux vérités d’une ville qui cache mal sa misère, ses magouilles et son pouvoir secret : que le bizness paie peut-être plus que le ballon rond, que Saint-Nazaire ne l’a jamais quittée, et qu’on n’enterre pas aussi facilement un amour d’adolescence.
Roman d’atmosphère, peinture sociale saisissante d’une région déchirée, Sur l’autre rive est un récit aussi noir que sensible où se déploient la puissance romanesque et le style percutant d’Emmanuel Grand, l’auteur de Terminus Belz et des Salauds devront payer.

Auteur : Emmanuel Grand, a passé son enfance en Vendée et vit aujourd’hui en région parisienne. Il est l’auteur de trois polars très remarqués : Terminus Belz (prix PolarLens, Tenebris et prix du polar SNCF), Les salauds devront payer (prix Interpol’Art 2016) et Kisanga qui a reçu le Prix Landerneau Polar 2018. 

Mon avis : (lu en mars 2022)
Ce roman policier se déroule dans la région de Saint-Nazaire. Franck Rivière, 21 ans, est un espoir du football local. Il est retrouvé au petit matin, sur la rive de la Loire après une chute de 68 mètres depuis le pont de Saint-Nazaire. Un suicide ? Tout l’indique, mais le capitaine Marc Ferré a comme une intuition que ce n’est pas un suicide… Sa sœur, Julia, brillante avocate partie faire carrière à Paris, revient au pays avertie de la mort de son frère. Elle est également convaincue que Franck n’a pas mis fin à ses jours et va également chercher à comprendre.
La construction du livre est assez spéciale puisque l’on commence par le drame et le début de l’enquête, puis l’auteur renvoie le lecteur un an avant, puis retour au présent, puis nouveau flashback un mois auparavant avant la conclusion.
L’intrigue est bien construite, les personnages sont attachants et les deux rives du pont sont parfaitement décrites. Il est question d’appât du gain, de petites magouilles et d’amours contrariés…
J’y ai trouvé quelques longueurs, en particulier le fait que Marc et Julia étaient camarades de lycée, n’apporte rien de plus à ce roman noir.

J’ai beaucoup aimé la description de la traversée du pont en voiture du point de vue du capitaine Marc Ferré, étant sujet au vertige. Les sensations y sont !

Extrait : (début du livre)
Agrippé à la rambarde, Franck embrassait la ville entière d’un seul coup d’œil. En contrebas, il apercevait les alvéoles des chantiers tandis qu’au loin, de longues traînées phosphorescentes couraient jusqu’au bout de la rade. Un peu plus à droite, au milieu d’une forêt d’étincelles dans la nuit noire, il devinait la soucoupe et la route bleue qui filait vers la côte. Qu’elle était belle, cette cité laborieuse, hérissée de silos, d’entrepôts, de grues, de quatre-voies éclairées comme en plein jour. Tous ces points lumineux, ces maisons éclairées, ces voitures, ces lampadaires de rue, réduits comme des têtes d’épingle, agglutinés en grappes ou disséminés au hasard, abritant chacun un échantillon de vie nocturne, une famille, un quartier, quelques cœurs battants ou endormis. Telle une sentinelle dans les ténèbres, sa ville ne dormait jamais que d’un œil, toujours vigilante dans sa lutte contre l’océan, toujours alerte dans ce combat au corps à corps qui la recouvrait en permanence d’une mince pellicule de bave grasse et salée, un combat qui semblait encore plus terrible de nuit quand les lumières de la ville étaient prises entre les mâchoires sombres de l’immensité.
D’où il se trouvait, toute la baie semblait à portée de main, depuis les darses jusqu’au bout de la plage et au marais de Brière qu’on devinait à l’ouest perdu dans l’ombre. Il lui aurait presque suffi d’allonger le bras pour ramasser une pleine poignée de lucioles. Il y aurait trouvé des gamins recroquevillés comme des bigorneaux, des vieillards aux yeux ouverts, des travailleurs exténués, des poivrots hagards, des amoureux emmêlés… Toute cette vie sommeillante, si proche et si lointaine, insaisissable du fait de cette obscurité qui s’interposait. Le gouffre sous ses pieds. Le vent glacé sifflant entre les lames d’acier.
Franck était au bout de ses forces, frappé de convulsions qui refluaient depuis ses jambes jusqu’à la racine de ses cheveux. Il grelottait des épaules et avait des fourmis dans les bras. Le peu d’énergie qui lui restait était concentré dans ses deux mains, livides tant elles étaient serrées. Son souffle était court et son pouls battait à toute allure. La brise mouillait le coin de ses yeux. Il ne réalisait pas ce qui était en train d’arriver. Trop d’images défilaient dans sa tête.

Déjà lu du même auteur :

9782367622897-001-X Les salauds devront payer

Petit bac 2022
(3) Lieu

Sous protection – Viveca Sten

71CdOHXBb5S Albin Michel – juin 2021 – 528 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I fel sällskap, 2018

Quatrième de couverture :
Andreis Kova est un homme puissant. Enfant réfugié de la guerre de Bosnie, il est devenu baron de la drogue à Stockholm. À défaut de pouvoir le faire tomber pour trafics de stupéfiants, la justice tente de le coincer pour fraude fiscale. Mais Kova peut s’offrir les meilleurs avocats : il sait qu’il s’en sortira, une fois de plus.
Une femme fait pourtant le pari contraire : la procureure Nora Linde. Pour l’atteindre, elle compte sur la jeune épouse du trafiquant, Mina, en fuite après avoir été battue par son mari. C’est un témoin clé qui pourrait faire basculer le procès.
Placée sous protection avec son bébé dans une villa de l’archipel, Mina devient l’enjeu d’une guerre sans merci. Andreis Kova ne reculera devant rien pour les récupérer, elle et son fils. L’inspecteur Thomas Andreasson saura-t-il protéger Nora Linde de sa brutalité sans bornes ?

Auteure : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture.
Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans plus de 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les 5 premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
C’est la neuvième enquête où l’on retrouve Nora et Thomas. Contrairement aux enquêtes précédentes, il n’y a pas de cadavre ou de disparition au début cette histoire, mais une femme battue… Mina n’est pas n’importe qui, c’est l’épouse de Andreis Kova, un homme puissant d’origine bosniaque, trafiquant de drogue dont la justice s’intéresse à lui. Nora en tant que procureure chargée des affaires financières est également sur son dossier, elle tenterait bien de l’inculper pour fraude fiscale. Et si Mina pouvait porter plainte contre son mari pour violence conjugale ? Nora et Thomas doivent alors protéger Mina.
Très rapidement dans ma lecture, j’ai eu l’impression de déjà connaître cette histoire, en effet j’avais déjà vu cette épisode dans la série Meurtres à Sandhamn… Je ne me souvenais de pas de toute l’histoire mais cela gâche un peu le suspens… Cette enquête est plutôt sombre et angoissante avec l’homme très violent qu’est Andreis Kova.

Extrait : (début du livre)
Mina Kovač examina le plan de travail. Il avait beau briller, elle passa encore quelques coups de torchon, pour être sûre. Elle avait récuré tous les sols et passé l’aspirateur de fond en comble, en utilisant tous les embouts pour accéder aux moindres recoins et qu’il ne reste plus un grain de poussière. La salle de bain sentait le citron.

Le petit avait dormi tard, Dieu merci, ce qui lui avait permis de faire le ménage bien tranquillement. Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre. Dino ne ramenait jamais Andreis avant dix-neuf heures, mais elle voulait en avoir le cœur net.
Le repas devait être prêt quand il ouvrait la porte. Elle avait préparé l’essentiel, deux beaux biftecks et de grosses pommes de terre au four. De la sauce béarnaise, une salade verte.
Son menu préféré.
Ces derniers temps, Andreis avait été plus imprévisible qu’à l’ordinaire. Elle s’efforçait de ne pas l’énerver, parfois elle ne savait même pas pourquoi il se fâchait. Elle restait en retrait, essayant de prendre le moins de place possible. Quand Lukas se réveillait, elle le prenait dans ses bras pour que ses cris ne dérangent pas son père.
Il y avait beaucoup de réunions et de coups de téléphone tard le soir, parfois Andreis filait en pleine nuit avec Dino, sans donner d’explication.
Elle n’osait pas demander ce qui se passait.
Mina gagna le séjour et se pencha sur le vieux berceau que son père avait descendu du grenier et rafraîchi. Lukas ronronnait sur le dos comme elle avait dû le faire elle-même jadis. Ses mains incroyablement petites reposaient sur le drap, les doigts écartés, avec leurs ongles translucides. Son nouveau doudou, un lapin en peluche bleu clair, attendait dans un coin.
Elle aurait aimé avoir le temps de prendre son fils, de poser ses lèvres sur sa tête duveteuse et de s’installer à l’aise dans le fauteuil pour le nourrir. Mais il valait mieux le laisser dormir, pour avoir le temps de s’occuper des toilettes des invités avant le retour d’Andreis.
Un bruit à la porte d’entrée fit sursauter Mina. Déjà ? Il n’était que dix-huit heures. Elle se dépêcha d’aller ouvrir. Soulagement : c’était son père.
« Qu’est-ce que tu fais là ?
– J’avais une course dans le coin. Je peux entrer ? »
Mina hésita.
« Il est à la maison ? »
Elle n’avait pas besoin de s’expliquer, pas avec lui. Mais elle avait honte que ce soit si évident.
« Il sera là d’ici une heure, répondit-elle sans le regarder dans les yeux.
– Je voulais juste voir Lukas, ça fait longtemps. Je ne reste que quelques minutes, je serai reparti avant le retour d’Andreis. »

voisinsvoisines2021_new50
Suède

 

Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l’île
116631134 Au cœur de l’été 51zvmU31TnL Retour sur l’île 

81ff9zlGX-L Dans l’ombre du Paradis  Au nom de la vérité

 

Ghetto X – Martin Michaud

244587565_10158655591515678_1080343774914858784_nLu en partenariat avec Kennes éditions et Babelio

819g+kgPE1L 91I8vW7A62L

Kennes – novembre 2019 – 522 pages

Libre Expression – août 2019 – 522 pages

Quatrième de couverture :
Ayant démissionné des crimes majeurs, Victor Lessard accepte de donner ses impressions à son ancienne partenaire, Jacinthe Taillon, sur la scène du meurtre d’un journaliste d’enquête. En parallèle, son mentor, Ted Rutherford, lui fait une révélation troublante à propos du passé de son père, Henri Lessard. Pris pour cible dans un attentat, Victor doit bientôt disparaître pour assurer sa sécurité et celle de ses proches. Jacinthe le rejoint en catimini et, ensemble, ils remontent une piste jusqu’à un obscur groupe armé d’extrême droite, lequel semble avoir été dans la mire du journaliste assassiné. Au péril de leur vie, ils tenteront de freiner les desseins meurtriers de ces extrémistes et ceux de l’homme mystérieux qu’ils protègent. Mais, pour Victor, un enjeu plus terrifiant se dessine : une descente au coeur de la faille qui a modifié la trajectoire de son existence afin de comprendre ce qui s’est réellement joué le jour du drame qui a causé la mort de sa mère et de ses frères.

Auteur : « Le maitre du polar québecois ». Né en 1970, établi à Montréal depuis plus de vingt ans, Martin Michaud a longuement pratiqué le métier d’avocat d’affaires avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Reconnu par la critique comme le chef de file des écrivains de romans policiers québécois, il a obtenu un succès sans cesse grandissant avec ses sept thrillers, qui lui ont valu la reconnaissance du public et de nombreux prix littéraires. Il scénarise en outre d’après son œuvre une série télé intitulée Victor Lessard qui connaît un succès retentissant au Québec.

Mon avis : (lu en novembre 2021)
Ghetto X est le 5ème tome de la série Victor Lessard et contrairement à ce que je croyais, ce n’est pas une nouveauté puisque le livre date de novembre 2019… Une nouvelle enquête est bien parue au Québec en octobre 2021 sous le nom de « Jusqu’au dernier cri ». Étant partie en congés avant que le livre arrive dans ma boîte aux lettres, j’ai pu me procurer une version numérique québécoise. J’ai donc pu constater que l’édition de Ghetto X, reçue, est une version « française », un peu retouchée par rapport à la version québécoise, les tournures de phrases propre au québécois ont été gommées, cependant quelques expressions fleuries de Jacinthe Taillon, la « partner » de Victor Lessard ont été gardées.
Après l’enquête précédente, Victor Lessard a quitté le SPVM (Service de Police de la Ville de Montréal) et travaille maintenant dans un casino. Mais lorsque Jacinthe appelle son ex-partenaire à venir sur une scène de crime, Victor accepte. Un journaliste a été abattu dans son appartement du 44e étage, depuis l’extérieur, seul un tireur d’élite peut avoir fait cela. En parallèle, Victor a des soucis personnels, son mentor est mourant et celui-ci lui communique des détails sur le drame de son enfance et Victor se décide enfin de mener son enquête sur la mort de toute sa famille, le laissant seul rescapé. Et voilà que Victor échappe à un attentat, il décide de disparaître pour sa sécurité. Ces deux affaires ont-elles un lien ? En marge de la police, Victor et Jacinthe vont suivre la piste de tueurs extrémistes… L’intrigue est rythmée, les pistes multiples et l’histoire dévoile enfin un peu du passé de Victor. Je suis devenue une inconditionnelle de ce duos atypiques qui se mettent dans des situations souvent périlleuses.

Merci à Babelio et aux éditions Kennes pour cette lecture palpitante.

Extrait : (début du livre)
Trente-cinq minutes après l’assaut des Forces spéciales contre Ghetto X

Une pièce rectangulaire sans fenêtre, aux murs lambrissés de bois, avec une table, une chaise droite et un fauteuil sur roulettes. La porte s’ouvre, livrant le passage à une femme dans la quarantaine. Grande, mince, peau foncée, elle est vêtue d’un tailleur marine ajusté, et ses cheveux noirs sont remontés en chignon. L’homme qui la suit s’arrête dans l’encadrement, où des mains retirent, dans son dos, les menottes qui l’entravent.
L’interrogatrice lui désigne la chaise.
— Je vous demanderais de vous asseoir.
L’homme s’exécute et, tandis qu’elle prend place dans le fauteuil, il masse ses poignets endoloris et passe ses paumes sur son visage.
La femme attend un instant avant de reprendre.
— Quelque chose à boire, à manger?
Elle pose ses mains devant elle. Il détaille ses longs doigts entrelacés, ses ongles vernis avec soin. Il examine ensuite ses mains à lui, couvertes de coupures et d’ecchymoses, et note que de la crasse s’est incrustée sous ses ongles.
L’homme relève la tête.
— Je prendrais un café. Et mes cigarettes.
Elle esquisse un sourire crispé.
— On va aussi vous apporter de quoi vous débarbouiller et vous changer.
Il acquiesce. La femme désigne une caméra sur trépied dans un coin, braquée sur eux. Il remarque un point lumineux vert sur l’appareil, comme un cyclope qui l’observe.
— J’attire votre attention sur le fait que notre conversation est enregistrée et filmée.
L’homme hoche la tête et pousse un soupir. La femme le dévisage.
— Pour les fins de l’enregistrement, je suis Claire Sondos, agente du Service canadien du renseignement de sécurité. Maintenant, je vais vous demander de vous identifier.
Il se carre dans sa chaise et la fixe droit dans les yeux.
— Je m’appelle Victor Lessard.

Déjà lu du même auteur :

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur Il ne faut pas parler dans l’ascenseur

La-chorale-du-diable La chorale du diable 41XmwAq16zL Je me souviens

56786_aj_m_2455 Violence à l’origine

QEN2017_600-300x200-300x200

Au nom de la vérité – Viveca Sten

814ZHI1ZoQL 81HS-jkU6rL

Albin Michel – juin 2020 – 496 pages

Livre de Poche – avril 2021 – 608 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I sanningens namn, 2015

Quatrième de couverture :
La Saint-Jean approche. A Lökholmen, une petite île en face de Sandhamn, une soixantaine d’enfants est rassemblée pour un camp de voile. Faute de surveillance, certains jeux dégénèrent en harcèlement. Et lorsqu’un enfant disparaît, la panique s’empare du camp.
Accident ? Kidnapping ? Ou… un jeu qui aurait mal tourné ?
Dépêché sur les lieux, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues explorent toutes les pistes. Pendant ce temps, Nora Linde fait face au plus grand défi de sa carrière de juriste : un procès contre un PDG ayant escroqué plusieurs millions à son entreprise. Et dont le fils, Benjamin, n’est autre que l’enfant porté disparu….

Auteure : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture.
Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans plus de 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les 5 premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2021)
Deux histoires se mêlent dans ce roman policier rythmé, aux multiples rebondissements.
D’un côté l’histoire de Benjamin, 11 ans, parti pour un stage de voile d’une semaine sur l’île de Sandhamm. Il n’est pas trop enthousiaste et pour faire plaisir à son père, il accepte d’y aller. Mais là-bas, il est harcelé par plusieurs garçons sans que l’encadrement s’en aperçoive et voilà qu’un beau jour Benjamin disparaît… Est-ce un accident, une fugue, un enlèvement… Thomas Andreasson est appelé pour enquêter…
D’autre part, Nora est stressée par son futur mariage et par un procès où elle joue sa carrière et un futur poste de procureur. Il s’agit d’une escroquerie entre deux associés qui a fini par ruiner l’entreprise. Alors qu’elle pensait avoir toutes les cartes en main pour prouver l’escroquerie, son principal témoin change au dernier moment le contenu de son témoignage… Le lecteur finira par découvrir le lien entre ses deux histoires.
J’ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver l’île de Sandhamm et nos deux héros Nora et Thomas.

Extrait : (début du livre)
Les enfants dormaient. Le soleil ne s’était pas encore levé sur la prairie devant les baraques rouges, les coques des voiliers remontés sur la rampe en bois étaient encore luisantes de rosée.
Chaque bâtiment abritait deux chambrées de huit. Huit filles et huit garçons, certains encore fluets, aux joues rondes, d’autres avec le premier duvet ou les seins en bourgeon de la puberté.
Il avait attendu un moment caché derrière un tronc. Il rabattit son bonnet et regarda alentour. Le jour se levait vite, les oiseaux gazouillaient de plus en plus fort.
Il s’approcha.
La fenêtre de la baraque la plus proche était entrebâillée. Dedans, on devinait des silhouettes endormies, cheveux ébouriffés et visages bronzés. Les fronts humides de chaleur, les bras pendant hors des lits.
Il observa soigneusement la porte. Elle ne semblait pas fermée à clé, on n’apercevait pas de verrou dans l’interstice entre battant et chambranle.
Il tourna la tête et embrassa la zone du regard. À quelques centaines de mètres de là logeaient les moniteurs, mais la vue était bouchée par des pins. Ils avaient veillé tard, les lumières s’étaient éteintes à minuit passé.
Un léger clapotis rompit le silence. Une sterne venait de plonger vers un banc de poissons. Quelques éclaboussures à peine visibles, puis la surface lisse de l’eau se referma.
Ce serait l’affaire d’un instant, il savait exactement comment il allait s’y prendre.

 

voisinsvoisines2021_1
Suède 

pave-2021-b-moy
Pavé de l’été

Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l’île
116631134 Au cœur de l’été 51zvmU31TnL Retour sur l’île 

81ff9zlGX-L Dans l’ombre du Paradis

 

L’enfant étoile – Katrine Engberg

Lu en partenariat avec Masse Critique

MCmars2021_o

71hDTc2NBQL Fleuve noir – janvier 2021 – 416 pages

traduit du danois par Catherine Renaud

Titre original : Krokodillevogteren, 2016

Quatrième de couverture :
En plein centre-ville de Copenhague, une jeune étudiante est retrouvée dans son appartement sauvagement assassinée, le visage marqué par d’étranges entailles. L’inspecteur Jeppe Korner et son équipière Anette Werner, chargés de l’affaire, découvrent rapidement que le passé de la victime contient de lourds secrets. Quant à la propriétaire de l’immeuble et également voisine, Esther, elle est en train d’écrire un roman qui relate dans les moindres détails le déroulement du meurtre.
Simple coïncidence ou plan machiavélique?
Commence alors pour Jeppe et Annette une plongée au cœur d’une ville dans laquelle les apparences sont mortelles.

Auteur : Katrine Engberg est née en 1975 à Copenhague. Elle travaille pour la télévision et le théâtre. Son premier roman a connu un succès international et l’a installée comme l’une des nouvelles stars du polar scandinave.

Mon avis : (lu en avril 2021)
Voilà une nouvelle auteure de polar scandinave qui est à la hauteur du commentaire de Camilla Läckberg mis en couverture « Quel fantastique premier roman ! »… Le mot « fantastique » est peut-être exagéré mais l’enquête tient ses promesses, l’intrigue est bien construite avec de nombreuses pistes, des retournements… Les personnages sont très intéressants et bien décrits, le lecteur a envie d’en savoir plus…
Cette histoire se déroule à Copenhague, tout commence avec un meurtre et une crise cardiaque… En descendant ses poubelles, Gregers Hermansen, un vieux monsieur, découvre le corps sauvagement assassiné de Julie Stender, la jolie étudiante du deuxième étage, il tombe frappé par une crise cardiaque. Bizarrement, le mode opératoire du criminel est le même que celui décrit dans le roman en court d’écriture d’Esther de Laurenti, la propriétaire et également occupante de l’immeuble…
L’enquête est confiée à l’équipe d’inspecteurs Jeppe Korner et Anette Werner, un duo original et pleins de surprises… Ils ont des personnalités opposées mais dans le travail, ils sont parfaitement complémentaire. Anette est en couple, c’est une fonceuse, Jeppe se remet difficilement de son divorce, il est plus posé, plus silencieux.

Cette enquête est la première pour notre duo de choc… Un deuxième épisode est déjà sortie au Danemark et le troisième est prévu en juin prochain. J’espère avoir l’occasion de retrouver Jeppe et Anette pour de prochaines enquêtes lors d’une traduction française.

Merci Babelio et les éditions Fleuve Noir pour cette découverte haletante

Extrait : (début du livre)
La poussière des lourds rideaux tourbillonnait dans la lumière matinale. Gregers Hermansen s’assit dans son fauteuil inclinable et contempla la danse des particules dans le salon. Il lui fallait désormais tant de temps pour se réveiller que cela ne valait presque pas la peine de se lever. Il posa les mains sur les accoudoirs usés, laissa aller sa tête vers l’arrière et, la mâchoire tombante, ferma les yeux sur le scintillement de la lumière, jusqu’à ce qu’il entende le gargouillis de la cafetière dans la cuisine.
Après un bref compte à rebours, il se hissa hors du fauteuil, enfila ses pantoufles et s’avança à petits pas vers le linoléum de la cuisine. Toujours le même chemin, le long du buffet en acajou, devant le fauteuil vert et enfin vers cette satanée poignée que l’aide à domicile avait fixée au mur l’année précédente. « Je me débrouille très bien sans, merci », avait-il insisté, en vain.
Il enleva le filtre à café usagé et le jeta dans la poubelle sous l’évier. Pleine, une fois de plus. Gregers dégagea le sac-poubelle du bac puis, s’appuyant sur le bord de la table, atteignit la porte de service qu’il ouvrit de sa main libre. Au moins, il pouvait encore descendre ses propres poubelles. Il lorgna en direction de la collection de bouteilles de la voisine, sur le palier du dessus. Esther de Laurenti, la reine des pochtronnes. Elle organisait pour ses amis artistes des dîners hystériques qui se prolongeaient jusqu’au petit matin. Mais c’était son immeuble, il était donc inutile de se plaindre.
Les marches tanguaient sous ses pas. Il s’agrippa encore plus fermement à la rampe. Il serait peut-être plus sage de déménager pour un endroit mieux adapté, mais il avait vécu toute sa vie au centre de Copenhague et préférait prendre des risques avec ces marches tordues que d’aller moisir dans une maison de retraite en périphérie. Une fois arrivé au premier, il posa le sac et s’adossa au cadre de la porte des voisines du dessous. Les deux jeunes étudiantes qui partageaient l’étage étaient pour lui source d’un perpétuel agacement, mais aussi d’un étrange désir secret. Leurs sourires insouciants éveillaient en lui des souvenirs de nuits d’été au bord du canal et de baisers amoureux. L’époque où tout était possible, où la vie n’était pas encore sur le point de se terminer.

Petit Bac 2021
(4) Animal

voisinsvoisines2021_1
Danemark

Les fantômes de Reykjavik – Arnaldur Indridason

 

71jODTCphJL 71q1QvyCE-L

Anne-Marie Métailié – février 2020 – 320 pages

Points – mars 2021 – 384 pages

traduit de l’islandais par Eric Boury

Titre original : Stúlkan hjá brúnni, 2018

Quatrième de couverture :
Inquiets pour leur petite-fille dont ils savent qu’elle fait du trafic de drogue, un couple fait appel à Konrad, un policier à la retraite, car la jeune fille a disparu. Dans le même temps une amie de Konrad lui parle d’une petite fille retrouvée noyée dans l’étang devant le Parlement en 1947. Elle lui demande de l’aider car l’enfant hante ses rêves. Il découvre que l’enquête sur la mort de la petite fille a été menée en dépit du bon sens. Lorsqu’on trouve le cadavre de la jeune trafiquante, il met encore en doute les méthodes de la police.
Konrad mène les deux enquêtes de front. Il nous apparaît comme un personnage solide, têtu, coléreux et rompu, par son enfance auprès de son père, à toutes les ruses des voyous. Toujours aux prises avec son enquête sur l’assassinat de son propre père, il avance vers la vérité.
Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspens et des attentes sur des plans différents et surprenants. Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. On peut dans ce volume saluer la naissance d’un nouvel enquêteur attachant, sensible mais violent, n’hésitant pas à faire le coup de poing. Par ailleurs l’auteur nous introduit au merveilleux islandais très insolite et terre à terre.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavík en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, traduits dans 40 langues et vendus à plus de 13 millions d’exemplaires.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Après « Ce que savait la nuit », c’est la deuxième enquête de Konrad, le nouveau personnage d’Arnaldur Indridason. Konrad est un policier à la retraite ayant perdu son épouse Erna depuis quelques mois. Il est sollicité par un couple de grands-parents dont Danni, leur petite fille, a disparu. Konrad va assez vite la retrouver, malheureusement morte d’une overdose… La police, en la personne de Marta va mener l’enquête mais Konrad va également s’y intéresser…
En parallèle, Eyglo, une amie de Konrad un peu médium est bouleversée par la vision d’une fillette à la recherche de sa poupée… Konrad est peu sensible à ces histoires mais pour tranquilliser son amie, il se met à enquêter sur cette fillette qui s’était noyée dans les années soixante et dont l’enquête avait été bâclée… Ces enquêtes vont l’amener à se replonger également dans son propre passé, en particulier sur les activités sombres de son père.
Même si le héros est nouveau, lire du Arnaldur Indridason est toujours aussi plaisant pour découvrir l’Islande à travers des sujets malheureusement toujours actuels.

 

Extrait : (début du livre)
Le jeune homme avait descendu la rue Skothusvegur, s’était arrêté sur le pont qui enjambait le lac de Tjörnin et, penché par-dessus le garde-corps métallique, il avait aperçu la poupée dans l’eau.

Ce pont dessinait un arc élégant là où le lac rétrécissait avant de continuer vers le sud, jusqu’à Hljomskalagardur, le Parc du kiosque à musique. Le jeune homme se tenait au sommet de l’ouvrage. C’était le soir. Dans la rue pour ainsi dire déserte, une voiture passa au ralenti. Bientôt, les ronflements de son moteur venus troubler la quiétude vespérale s’évanouirent. Le flâneur crut apercevoir un homme rue Soleyjargata. Un autre, vêtu d’un chapeau et d’un imperméable, le dépassa en marchant d’un pas résolu, sans regarder à gauche ni à droite. Accoudé à la rambarde, le jeune homme contemplait le lac, la Maison de l’Industrie en arrière-plan, les bâtiments du centre et, à l’horizon, le mont Esja, rassurant et immuable dans le crépuscule. La lune flottait en surplomb, comme un conte de fées issu d’un monde lointain. C’est en baissant les yeux qu’il vit la poupée dans l’eau.
Cette vision éminemment poétique toucha la sensibilité du jeune écrivain. Il sortit de sa poche son petit calepin et le stylo-plume qu’il avait toujours sur lui et griffonna quelques mots sur la perte de l’innocence, la fragilité de l’enfance et l’eau, à la fois source de vie et force destructrice. Ce joli calepin recouvert de cuir noir et portant l’inscription 1961 en lettres dorées contenait les méditations d’un jeune homme qui souhaitait devenir poète et y mettait toute son âme. Ses tiroirs renfermaient déjà largement de quoi publier un recueil, mais il n’avait jusque-là pas eu le courage de montrer ses textes à un éditeur. Craignant surtout qu’on le juge trop durement et qu’on lui oppose un refus, il passait son temps à les peaufiner, y ajoutant toujours un petit quelque chose, comme il le faisait en ce moment-même pour ces lignes sur la vanité de la vie.
Il était persuadé qu’une petite fille avait laissé tomber sa poupée dans le lac et n’avait pas réussi à la récupérer. Cela aussi, il l’écrivit dans son calepin. Il s’efforçait de saisir la quiétude du soir, de mettre en mots les lumières qui se reflétaient sur le Tjörnin. Il regarda vers l’îlot pris d’assaut par les sternes arctiques. Elles étaient aussi silencieuses que le voile de nuit recouvrant la ville, griffonna-t-il. Il remplaça le mot nuit par soir, raya ce dernier mot, biffa le voile, essaya d’y substituer le mot rideau, ce vers ne lui convenait pas.
Il rangea son stylo-plume et son calepin dans la poche de sa veste et s’apprêta à reprendre sa route, mais il se ravisa et se dit qu’il allait tenter d’attraper la poupée pour la déposer sur le pont au cas où la pauvre gamine reviendrait chercher sa compagne de jeu. Il descendit jusqu’à la rive, tendit le bras, mais le jouet était trop loin du bord pour qu’il puisse l’atteindre. Il remonta sur le pont, fouilla du regard les environs en quête d’un objet qui pourrait lui servir de crochet, un bâton ou une branche, mais ne trouva rien.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert

la_voix La Voix l_homme_du_lac L’Homme du lac hiver_arctique Hiver Arctique

hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire betty Bettý

la_muraille_de_lave La muraille de lave etranges_rivages Étranges rivages

91768788 La cité des jarres 95359847 Le Duel

105501958 Les nuits de Reykjavik 110108840 Le lagon noir

9782367623085-001-X Opération Napoléon 9782367627595-001-T Passage des ombres

71UbDwTos8L Ce que savait la nuit 61YQz30gvAL Les roses de la nuit

Petit Bac 2021(3) Lieu

voisinsvoisines2021_1
Islande

Agatha Raisin, tome 13 : Chantage au presbytère – M.C. Beaton

814juHnbJ6L Albin Michel – octobre 2018 – 306 pages

traduit de l’anglais par Françoise Du Sorbier

Titre original : Agatha Raisin and the case of the curious curate, 2003

Quatrième de couverture :
Larguée (une fois de plus) par James Lacey, délaissée par son voisin en qui elle mettait ses derniers espoirs, Agatha Raisin déclare la guerre aux hommes en faisant vœu de chasteté… Jusqu’à sa rencontre avec le tout nouveau et très sexy vicaire de Carsely, qui fait l’effet d’une bombe au village : les femmes se bousculent à l’église. Quant à notre Agatha, elle retrouve aussitôt la foi… Mais, damned !, voilà que le corps sans vie du vicaire est découvert dans le bureau de l’église. Qui a pu commettre ce geste sacrilège ? Le clergyman était-il trop beau pour être honnête ? C’est ce que découvrira peut-être Agatha qui, sans le savoir, vient d’ouvrir une véritable boîte de Pandore…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en janvier 2021)
« Chantage au presbytère » est la treizième enquête d’Agatha Raisin.
L’histoire débute avec l’arrivé à Carsely d’un nouveau vicaire, venu suppléer Alf Bloxby, le pasteur. Tristan Delon, le nouvel arrivant est beau et jeune et voilà que toutes les dames du village se bousculent à l’église… y compris Agatha Raisin !

Mais un matin, il est retrouvé assassiné dans le presbytère et Mr Bloxby suspecté.
Évidement, pour aider son amie, Mrs Bloxby, à innocenter son mari, Agatha va s’intéresser à l’enquête. Elle fait donc équipe avec son nouveau voisin, John Armitage, auteur de romans policiers. Ils vont vite découvrir que derrière son visage angélique, ce vicaire à quelques affaires à se faire pardonner et donc plusieurs personnes pourraient bien s’en prendre à lui…
Comme d’habitude, c’est une lecture distrayante et facile dans une ambiance toute britannique !

Extrait : (début du livre)
Agatha Raisin commençait à se dire que jamais plus rien ne l’intéresserait. Elle avait adressé à un monastère en France une lettre à l’intention de son ex-mari, James Lacey, qui devait entrer dans les ordres, croyait-elle. Un mois plus tard, elle avait reçu une réponse : la communauté était sans nouvelles de Mr Lacey. Certes, il était parti en promettant de revenir, mais n’avait plus donné signe de vie depuis.

Et voilà, pensa-t-elle avec amertume. James en avait tout simplement eu assez d’elle et il avait utilisé le monastère pour s’affranchir de son mariage. Plus jamais, au grand jamais, elle ne tomberait sous le charme d’un homme, et cela valait notamment pour son voisin, John Armitage. Il lui avait fait des avances et elle l’avait éconduit, vexée qu’il ne professe ni admiration ni amour pour elle. Ils se parlaient de temps en temps, quand ils se rencontraient au village, mais Agatha avait décliné toutes ses invitations à dîner, si bien qu’il avait fini par renoncer.
Quand on apprit qu’Alf Bloxby, le pasteur, allait être assisté par un vicaire, les commentaires se déchaînèrent au village, mais la nouvelle laissa Agatha de marbre. Elle allait régulièrement à l’église par amitié pour la femme du pasteur, considérant cela plus comme un devoir que comme une source d’élévation morale. Et toujours par amitié pour Mrs Bloxby, elle se sentait obligée d’assister aux réunions de la Société des dames de Carsely, où les femmes du village discutaient des derniers projets de levées de fonds. Par une chaude soirée d’août, Agatha prit le chemin du presbytère avec des pieds de plomb. Une Agatha bien changée : aucun maquillage, de confortables sandales plates et une robe ample en coton.
La réunion se tenait dans le jardin des Bloxby. Miss Simms, la secrétaire de la Société, lut le procès-verbal de la réunion précédente. Agatha écoutait d’une oreille distraite, l’œil rivé sur les talons aiguilles de la secrétaire qui s’enfonçaient dangereusement dans l’herbe.

Petit Bac 2021(1) Prénom

voisinsvoisines2021_1
Écosse

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir 

51Vi5M8c4FL._SL500_ tome 11 : L’enfer de l’amour 81cUoHp2mUL tome 12 : Crime et déluge

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

81gvCw2nhKL tome 3 : Qui s’y frotte s’y pique

Meurtres aux Kerguelen – Olivier Montin et Sophie Laurent

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

Masse-Critique-Mauvais-Genres_octobre-

9782343210520b L’Harmattan – septembre 2020 – 262 pages

Quatrième de couverture :
Maël, commissaire de police expert en criminologie, est en vacances à La Réunion lorsqu’il est soudain missionné pour se rendre sur l’île de Kerguelen – en plein cœur du sud de l’océan Indien – à la suite d’un horrible homicide. L’histoire se déroule à bord du navire La Curieuse, sur les « bases vie » des 3 îles de Kerguelen, d’Amsterdam et de Crozet ou encore sur le navire-ravitailleur des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises), le célèbre Marion-Dufresne. Sur ces terres exceptionnelles, paradis pour quantité d’animaux polaires, les morts suspectes s’accumulent. Maël parviendra-t-il à résoudre ces mystères ?

Auteurs : Olivier Montin a travaillé en début de carrière cinq années aux TAAF et y a séjourné de nombreux mois comme ingénieur géomètre-topographe. Il a beaucoup parcouru ces îles et effectué de nombreux voyages à bord du Marion-Dufresne I.
Sophie Laurent, originaire de l’île aux Moines dans le golfe du Morbihan, est issue d’une famille de marins. Expatriée quelques années à l’île Maurice, elle a eu la chance d’être reçue plusieurs fois sur le Marion-Dufresne II, de travailler pour La Curieuse et de côtoyer ces marins du bout monde.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
J’ai choisi de découvrir ce roman policier surtout pour sa destination mythique : les îles Kerguelen et je n’ai pas été déçue.
Ce livre est plus un livre documentaire sur les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qu’un roman policier… Il y a bien une intrigue plutôt bien construite mais même s’il y a un mort assez rapidement et que Maël, commissaire de police expert en criminologie, en vacances à La Réunion est réquisitionné pour mener l’enquête, rejoindre la scène de crime va prendre presque la moitié du roman !
Moi qui suis fascinée par ces terres lointaines du  bout du monde, ce roman est très bien documenté. Les auteurs ont eux l’occasion de faire des séjours là-bas aux Îles Kerguelen, îles Crozet, île Amsterdam, île Saint-Paul et d’embarquer sur le Marion-Dufresne et/ou sur La Curieuse.
Le Marion Dufresne, surnommé aussi Le MARDUF, est le navire océanique français qui  assure le ravitaillement mensuel des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien. La Curieuse est un navire océanique français attaché à l’archipel des Kerguelen. Les TAAF sont la plus grande réserve naturelle de France et l’une des plus grandes aires marines protégées du monde.
C’est passionnant de découvrir la vie à bord des navires océaniques et celle des différents scientifiques et militaires dans les îles pour étudier et surveiller le paradis des oiseaux et des animaux marins en tout genre : albatros, sternes, manchots, éléphants de mer…
Côté négatif du livre, la relecture a été un peu rapide car il reste quelques fautes d’orthographe, en particulier d’accent et parfois des phrases aux tournures un peu compliquées obligeant le lecteur à s’y reprendre à plusieurs fois…
Dans le livre quelques cartes en noir et blanc sont présentes, mais peu lisibles…
Pour ma part, j’ai complété ma lecture avec les cartes en ligne présentes sur le Géoportail
(cliquer sur l’image pour accéder directement à la Carte-Géoportail en ligne)

Iles Kerguelen :
Kerguelen

Iles Crozet :
Iles.Crozet

Ile Amsterdam :

Amsterdam

Ile Saint-Paul :
Saint-Paul

Petit bac 2020a(8) Lieu

Sigló – Ragnar Jónasson

118718545_10157762886815678_642579250690625746_o

61SOhjLqcBL La Martinière – septembre 2020 – 272 pages

traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün

Titre original : Vetrarmein, 2020

Quatrième de couverture :
À Siglufjördur,  » Sigló  » pour les plus connaisseurs, petit port de pêche au nord de l’Islande, les ténèbres hivernales se sont dissipées. La vie y est paisible. Mais quelques jours avant Pâques, Ari Thór, l’inspecteur de la police locale, est appelé au beau milieu de la nuit : le corps d’une adolescente a été retrouvé gisant dans la rue principale.
Un meurtre paraît peu plausible dans une bourgade aussi calme. Pourtant, non loin de là, dans une maison de retraite, un vieil homme sénile a écrit sur les murs de sa chambre : Elle a été tuée. Et s’il disait la vérité ?
Après plusieurs années passées à Sigló, l’inspecteur Ari Thór s’y sent toujours comme un étranger. Jongler avec son travail et sa vie de famille est un casse-tête. Mais l’enquête se complique, et le temps presse : une nouvelle tempête de neige pourrait bien paralyser toute la ville.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Grand lecteur d’Agatha Christie, il entreprend, à dix-sept ans, la traduction de ses romans en islandais. Découvert par l’agent d’Henning Mankell, Ragnar a accédé en quelques années ans seulement au rang des plus grands auteurs de polars internationaux. Avec plus d’un million de lecteurs, la France occupe la première place parmi les trente pays où est Ragnar est traduit. En remerciement, l’auteur a écrit ce roman policier en avant-première mondiale pour son public français.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
Pour remercier ces très nombreux lectrices et lecteurs français (plus d’un million), Ragnar Jónasson dédie ce nouveau roman policier de la série Ari Thór « A mes lecteurs français » et il est publié en avant-première mondiale en France… (deux mois avant sa sortie en Islande). Et pour la première fois, nous avons directement une traduction depuis l’islandais et non depuis la version anglaise… Et les anglophones auront cette fois-ci, une traduction de la version française !
« Sigló », c’est le petit nom ou l’abréviation de Siglufjördur, le petit port de pêche du nord de l’Islande où l’inspecteur Ari Thór est en poste depuis 7 années.
C’est lui qui a maintenant la responsabilité du poste de police, il est secondé par Ögmunður, un jeune policier.
Trois jours avant Pâques, le corps d’une jeune fille tombée d’un balcon est découvert  dans la rue principale. Tout semble penser qu’il s’agisse d’un accident ou un suicide, mais pour en être convaincu, Ari Thór ouvre une enquête et tente de mieux connaître la vie de la jeune fille pour comprendre la raison de ce geste ultime. D’autre part, le lendemain, Ari est appelé à la maison de retraite où l’un des pensionnaires, en apprenant l’accident de la jeune fille, a écrit sur le mur la phrase « Elle a été assassinée ». Le vieil homme n’a plus toute sa tête, mais sais-t-il vraiment quelque chose ? Ou c’est souvenir d’une tragédie plus ancienne qui le hante ? Beaucoup de questions auxqu’elles Ari Thór va devoir trouver des réponses…
Côté personnel, Ari Thór est séparé de sa femme, Kristín, qui vit maintenant en Suède avec leur petit garçon, Stefnir. A l’approche des fêtes de Pâques, tous deux viennent quelques jours à Siglufjörður. Ari serait bien tenté de réunir sa famille et pourquoi pas de reprendre une vie à trois… Mais durant l’enquête, il a repris contact avec Ugla, rencontrée et aimée lors de Snjór (premier livre de la série publié en France)… Des retrouvailles qui m’ont fait plaisir, Ugla étant un personnage que j’avais à l’époque beaucoup aimé.
Une enquête bien menée et plaisante à suivre.

Merci Babelio et les éditions de La Martinière pour cet épisode en avant-première mondiale !

Extrait : (début du livre)
– Police. Ari Thór Arason.
À l’autre bout du fil, un opérateur de la ligne d’urgence.
– On vient tout juste de nous appeler de Siglufjördur, vous êtes de garde ?

 L’été, la nuit se confondait avec le jour à Siglufjördur, les journées n’avaient ni début ni fin. C’était dans ces moments qu’Ari se sentait le mieux, comme si rien ne pouvait l’arrêter.
Puis venaient les ténèbres hivernales et la neige.
Ari avait tout tenté pour s’endormir, rien ne fonctionnait. Il occupait encore la grande chambre dans sa maison de la rue Eyrargata. Cette même chambre qu’il avait partagée avec Kristín et le petit Stefnir avant leur départ pour la Suède.
Les abondantes chutes de neige qui touchaient la région en cette saison l’avaient lourdement affecté à une époque, mais il avait fini par s’y faire, et désormais il ne se sentait plus que rarement atteint de claustrophobie. De même, Reykjavík ne lui manquait presque plus. La capitale jouissait d’une prospérité nouvelle, mais à vrai dire, Siglufjördur en bénéficiait aussi. Chaque été, des touristes venus du monde entier affluaient dans la petite ville, et l’hiver, de nombreux voyageurs, majoritairement islandais, venaient faire du ski. Les vacances de Pâques étaient particulièrement populaires et le week-end s’annonçait chargé sur les pistes.
La trentaine passée, Ari avait la sensation d’être revenu au point de départ. Il vivait seul, ne voyait presque jamais son fils, et n’imaginait pas parvenir à sauver un jour sa relation avec Kristín ; tous les recours avaient pour ainsi dire été épuisés.
En vérité, il s’était constitué une routine plutôt agréable et n’était pas sûr de vouloir menacer cet équilibre. Devenu inspecteur, il dirigeait aujourd’hui le poste de police, et à présent qu’il avait atteint cet objectif de longue date, il lui fallait déterminer s’il comptait s’arrêter là ou tenter de poursuivre sa progression. Difficile toutefois d’envisager d’évoluer à Siglufjördur – il aurait beau donner le meilleur de lui-même, personne ne serait là pour en être témoin.

Déjà lu du même auteur :

131349_couverture_Hres_0 Snjór 114926779 Mörk 51JJg1VQLwL Nátt 71+z3uzsa7l Sótt

Vík

Ordre de publication original de la série Dark Iceland :
Fölsk nóta (2009)*

Snjóblinda (Snowblind) – 2010, publié en français sous le titre Snjór en 2016
Myrknætti (Blackout) – 2011, publié en français sous le titre Nátt en 2018
Rof (Rupture) – 2012, publié en français sous le titre Sótt en 2018
Andköf (Whiteout) – 2013, publié en français sous le titre Vík en 2019
Náttblinda (Nightblind) – 2014, publié en français sous le titre Mörk en 2017
Vetrarmein  – 2020, publié en français sous le titre Sigló en 2020

* C’est le premier roman mettant en vedette Ari Thór Arason, en tant que jeune étudiant en théologie à la recherche de son père disparu. Il ne se passe pas à Siglufjördur.
Il n’a pas été traduit en anglais.

parlement-europeen2020_600
Islande

Petit bac 2020a(8) Lieu