Bleu amer – Sylvère Denné et Sophie Ladame

91nqk6HuqvL La boîte à bulles – janvier 2018 – 112 pages

Quatrième de couverture :
Printemps 44, îles Chausey, Suzanne profite des grandes marées pour pêcher à pied. Ses marches contemplatives constituent pour elle une évasion dans une existence morne, marquée par des rapports distants avec son mari Pierre. Lui, de son côté, s’oublie à bord de son bateau et dans le café de l’île avec l’alcool pour échappatoire. Un jour de pêche, il trouve un soldat américain gisant sur la grève, et décide, contre l’avis de certains îliens, de le cacher aux allemands. Le convalescent se lie avec Pierre et Suzanne Suzanne soulagés de voir ainsi rompue la monotonie de leur vie. À l’approche du navire de ravitaillement allemand, ce nouvel équilibre perd de sa légèreté et la tension monte…

Auteurs : Sylvère Denné a un parcours atypique, négociateur immobilier, barman, libraire, scénographe d’exposition. Sylvère est surtout un grand amateur et lecteur de bande dessinée. Avec Bleu Amer, il signe son premier scénario de bande dessinée. L’auteur vit et travaille à Saint-Malo.
De son enfance en Nouvelles Calédonie et à Tahiti, Sophie Ladame garde un cœur d’îlienne, une passion pour les voiliers traditionnels et la mer. Artiste peintre, elle collabore à plusieurs revues de beaux-arts et publie plusieurs carnets de voyage comme La Réunion (Gallimard, 2001), Dialogue avec la mer (Toucan éditions, 2007) et Grisée de mer (Moea éditions, 2010). Elle est également dessinatrice pour des films documentaires dont Maori réalisé par Michel Viotte et Ankor réalisé par Mike Horn. 
L’illustratrice Sophie Ladame vit et travaille à Saint-Malo où elle s’est associée au Malouin Sylvère Denné pour réaliser et publier en 2018 la bande dessinée Bleu Amer.

Mon avis : (lu en octobre 2018)
L’histoire se situe au printemps 1944, au large de la côte normande, dans l’archipel des Îles Chausey. Les Allemands surveillent la Grande Île. Un jour, un pêcheur, Pierre, revient de la pêche avec un parachutiste américain retrouvé dans des rochers à proximité du rivage. Malgré le danger, il décide de lui venir en aide et l’accueille sous son toit et Suzanne, sa femme, est chargée de le soigner et de le cacher. L’arrivée de l’Américain va créer quelques tensions dans le village…
J’aime beaucoup le dessin de cette bande dessinée. Le papier n’est pas blanc, c’est du papier kraft ou de vieilles cartes marines, la trame participe au rendu du dessin. Aquarelle et craies noir, blanche et bleu expriment la mer, les vagues,les homards, les bateaux sous forme de croquis, de carnets de voyages… Les textes sont minimalistes, le lecteur est invité à imaginer…
Un coup de cœur pour moi !

Extrait :

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Petit bac 2018Couleur (7)

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C’est lundi, que lisez-vous ? [43]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Marx et la poupée – Maryam Madjidi
Les Grands Peintres : Van Gogh – Michel Durand
Didier, la 5ème roue du tracteur – Pascal Rabaté et François Ravard

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal (#MRL18)
Bleu amer – Sylvère Denné et Sophie Ladame
Je me souviens – Martin Michaud

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Dancers – Jean-Philippe Blondel
Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard (BD)
Dent d’ours – tome 6 – Silbervogel – Yann et Henriet (BD)
Le jour où elle n’a pas fait Compostelle – Marko et Beka (BD)
600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster

Bonnes lectures et bonne semaine

Didier, la 5ème roue du tracteur – Pascal Rabaté et François Ravard

la_5_roue_du_tracteur Futuropolis – août 2018 – 80 pages

Quatrième de couverture :
Didier vit avec sa sœur Soazig dans une petite ferme bretonne. Il est très malheureux : à 45 ans, ce passionné du tour de France, n’a toujours pas connu le grand amour. Alors qu’il doit acheter une moissonneuse à la vente aux enchères du matériel agricole de Régis, copain de beuverie et fermier en faillite, il revient sans matériel mais avec son copain.
Soazig est furieuse, mais consciente des malheurs de son frère, elle l’inscrit sur un site de rencontres. Rapidement, le profil de Didier fait une touche…

Auteurs : Pascal Rabaté est né en 1961. Il vit à Angers. En 1989 et 1990, il publie ses premiers albums (Exode, Les Amants de Lucie et Vacances, vacances) aux Éditions Futuropolis. Entre 1992 et 1995, il entame Les Pieds dedans aux Éditions Vents d’Ouest (3 volumes parus). En 1997, il publie Un ver dans le fruit, et il s’associe avec Zamparutti le temps d’un album sur la Première Guerre mondiale, Ex voto, toujours aux Éditions Vents d’Ouest. À la lecture du roman Ibycus d’Alexei Tolstoï, il décide de l’adapter. Ce sera Ibicus, quatre volumes, totalisant quelques 500 planches qui paraîtront entre 1998 et 2001. Cette adaptation sera récompensée de nombreux prix dont l’Alph’Art du meilleur album à Angoulême et le prix Canal BD des libraires de bande dessinée. Il scénarise en parallèle des histoires pour Bibeur-Lu, Virginie Broquet et collabore avec David Prudhomme. En 2006, il revient chez Futuropolis avec Les Petits Ruisseaux et écrit La Marie en plastique avec David Prudhomme au dessin (2 volumes parus en 2006 et 2007, éditions Futuropolis). 2007 : il adapte Harry est fou de D. King Smith aux éditions Gallimard Jeunesse.
Né dans le bocage normand en 1981, François Ravard effectue à Rennes un cycle scolaire finalisé par un Bac Scientifique. Il rentre ensuite en école d’ infographie en 2001. Quatre années passent et pour son projet de fin d’ études, il réalise une petite bande dessinée. C’ est par ce biais qu’il rencontre Loïc Dauvillier en 2004, avec qui il réalise son premier album, « Le Portrait », aux éditions Carabas en 2006.

Mon avis : (lu en octobre 2018)
Didier est un agriculteur de 45 ans, éleveur de vaches laitières, célibataire endurci qui vit avec sa sœur. Et pourtant il a très envie de trouver une compagne. Son médecin lui conseille de s’inscrire sur un site de rencontre. Soizig, sa sœur, va l’aider à rédiger son annonce…
Régis, son copain, est dans une mauvaise passe. Sa ferme a fait faillite et tout a été vendu aux enchères. Didier devait acheter sa moissonneuse mais ayant trop bu, il revient avec son copain qu’il installe à la ferme.
Avec cette histoire réaliste, l’auteur décrit, avec légèreté et gravité, la condition des agriculteurs, leurs problèmes économiques, la solitude mais aussi l’entraide et la solidarité.
C’est drôle, touchant, plein de surprises et toujours bienveillant.

Extrait :

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Petit bac 2018Déplacement (6)

Marx et la poupée – Maryam Madjidi

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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Audiolib – octobre 2018 – 4h46 – Lu par l’auteure

J’ai Lu – septembre 2018 – 220 pages

Le nouvel Attila – janvier 2017 – 202 pages

Quatrième de couverture : 
Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes, l’effacement progressif du persan au profit du français, qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale. Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

Auteur : Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l’Iran à l’âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd’hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l’avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

Mon avis : (écouté en octobre 2018)
Déjà dans le ventre de sa mère, Maryam, vit en direct les troubles de la Révolution Iranienne… Puis à peine née, elle sert d’alibi à ses parents et à leurs amis communistes, pour transporter les tracts… Jusqu’à six ans, elle grandit dans une belle maison à Téhéran avec tout l’amour de ses parents et de sa grand-mère qui lui offre de nombreuses poupées. Opposants au nouveau régime politique de l’ayatollah Khomeyni, ses parents sont contraints à l’exil. Avant le départ, Maryam va devoir donner ses jouets et ses poupées aux enfants du quartier… Maryam préfère les enterrer dans le jardin pour pouvoir les retrouver à son retour… 
A six ans, Maryam découvre une nouvelle vie à Paris, dans un nouveau pays dont elle ne connaît ni la langue, ni les coutumes… Avec ses parents, elle vit dans une chambre de bonne avec les WC sur le palier, la nourriture est différente de celle de l’Iran, sa grand-mère lui manque. Maryam va aller à l’école et apprendre le français. 
A travers de souvenirs d’enfance, de contes persans, d’anecdotes et de moments de poésie, nous voilà avec un très beau roman sur l’exil. Maryam Madjidi s’interroge sur sa double culture, car enfant, elle a d’abord rejeté la langue persane de ses parents avant de renouer avec ses origines lorsqu’elle est devenue adulte.
La version audio de ce livre est un plus puisqu’elle est lue par l’auteur elle-même. 
Il y a même en bonus, à la fin du roman, un entretien avec l’auteur toujours très intéressant !
Merci Babelio et Masse Critique pour cette belle découverte !

Extrait : (début du livre)
La pierre
Un homme est assis, seul, dans une cellule.
Il tient dans une main une pierre, dans l’autre une aiguille à coudre.
Il creuse la pierre avec la pointe de l’aiguille.
Il grave un nom.

Chaque jour, il taille, il sculpte ce nom dans la pierre. Ça lui évite de perdre la raison dans sa prison.
Ce nom, c’est Maryam. Elle vient de naître et pour tenter de combler son absence auprès d’elle, il lui fabrique un cadeau qu’il espère lui donner un jour.
Il a trouvé cette pierre dans la cour de la prison et en cachette, il a réussi à dérober une petite aiguille à coudre.
Une manière de dire qu’il pense à elle, à ce bébé qui n’a que quelques jours et la vie devant soi.

Il était une fois le ventre de la mère
Une fille pousse dans le ventre d’une femme.
— Non, tu n’iras pas manifester, t’es une femme et c’est dangereux.

Son frère aîné vient de lui flanquer une grosse gifle. Elle ne dit rien mais elle plante son regard noir de femme obstinée dans ses yeux et elle part lever fièrement le poing dans la rue et mêler sa voix à la voix de la foule en colère. Elle recevra bien des gifles encore et des insultes aussi mais rien ne peut l’arrêter à vingt ans, ni les gifles du frère ni sa grossesse ni même la peur d’être tuée.

1980 – Université de Téhéran

Un nuage de fumée au loin, des coups de feu, des cris.
J’ai peur, je sens le danger et je me recroqueville un peu plus au fond du ventre mais ce ventre va vers la mort, poussé par une force irrépressible.
La jeune mère court dans les couloirs d’une université. Elle manque de tomber: elle a failli glisser sur une flaque de sang dont la trace mène jusqu’à une salle de cours d’où sortent des hurlements déchirants.
Elle s’approche et regarde. À travers la porte entrouverte, elle voit une jeune fille allongée sur une table, un homme tente de la violer. À côté d’elle, par terre, un jeune homme à qui on brise le crâne à coups de bâton. Elle met la main sur sa bouche pour étouffer un cri d’épouvanté.
Elle est affolée et ses jambes tremblent.
Des feuilles volent partout, des feuilles de cours, des fiches d’inscription, des dossiers. Les pages des livres sont déchirées ; des étagères entières sont renversées ; des mains fouillent dans les tiroirs; des bouches hurlent. Les voiles des femmes sont piétinés ; des mains arrachent leurs cheveux. Les femmes sont traînées par terre, elles se débattent comme elles peuvent et les hommes qui les traînent les traitent de sales putes. Ces hommes ont les yeux injectés de sang et brandissent des bâtons plantés de clous. Ils hurlent « Allah Akbar ».
Le bruit d’un crâne qu’on brise.
Elle court toujours mais ne parvient pas à trouver la sortie. Elle voit des jeunes tomber par terre ; elle entend des cris, ses oreilles saignent ; elle voudrait disparaître – devenir aussi petite qu’une fourmi – et se faufiler dans un coin avec son bébé.
Son bébé. Soudain, elle prend conscience qu’elle est enceinte.
Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant, le dos courbé ; ses longs bras squelettiques veulent lui arracher son enfant ; sa bouche édentée s’approche de la jeune femme enceinte pour l’engloutir.
Deux hommes l’ont vue, au bout de leurs bras pendent des bâtons cloutés, ils avancent vers elle. Une fenêtre est ouverte.
Enceinte d’un bébé de sept mois, elle doit sauter du second étage, hésite, se retourne et son regard se fixe sur ces bâtons ; elle sent déjà les clous s’enfoncer dans sa chair.
Elle saute.

Petit bac 2018Objet (7)

Les Grands Peintres : Van Gogh – Michel Durand

VanGogh Glénat – janvier 2016 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Van Gogh est déjà installé à Auvers-sur-Oise depuis plusieurs mois quand Johanna, la femme de son frère Théo, atteint de la syphilis à un stade très avancé, s’apprête à venir le rejoindre. Avant son départ, elle s’entretient avec le célèbre peintre Gauguin, qui revient sur sa cohabitation avec Van Gogh à Arles : ses crises d’épilepsie, ses tentatives de suicide, l’épisode de l’oreille tranchée, sa folie présumée… tout cela ne serait que supercherie, mise en scène…

Auteur : Michel Durand a dessiné Opération Chisteras en 1985 sur un scénario de René Durand, Cliff Burton sur un scénario de Rodolphe, Polar Extrême, une BD scénarisée par Jodorowsky, mais aussi la série Cuervos scénarisée par Marazano. De 2005 à 2007, il signe sous le pseudonyme Durandur trois albums éponymes aux éditions Carabas. En 2009, il dessine en tant que Michelle Génial chez 12bis (sur un scénario de Jean-Paul Krassinsky). En 2010, c’est lui qui ouvre la série Destins au dessin en compagnie de Frank Giroud, et c’est également lui qui la clôturera en 2012 avec le tome 13. Il a depuis signé Ambre Gris, un audacieux diptyque à la dimension littéraire et tragique, inspiré par l’oeuvre d’Herman Melville. Réside dans le Languedoc-Roussillon.

Mon avis : (lu en octobre 2018)
Attirée par la couverture représentant une multitude de tournesols, j’ai eu envie de découvrir cette bande-dessinée. Il ne s’agit pas d’une biographie de Van Gogh, mais d’une fiction imaginée par l’auteur.
1890. Vincent Van Gogh est installé à Auvers-sur-Oise depuis plusieurs mois et sa belle sœur, la femme de Théo, vient le rejoindre. Le lecteur est confronté à la folie de Vincent Van Gogh dont les répercussions sont dévastatrices sur lui-même et sur ses proches. L’auteur suppose que Van Gogh est un simulateur et que sa folie est feinte…
Je n’ai pas été convaincu par cette BD, j’ai aimé les couleurs vives et multiples qui représentent parfaitement les teintes de l’œuvre de Vincent Van Gogh. Par contre je n’ai aimé le dessin des personnages déformés et l’intrigue mélangeant fiction et faits réels m’a dérangée…

Extrait : (début du livre)

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Petit bac 2018Art (6)

C’est lundi, que lisez-vous ? [42]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne la semaine dernière ?

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L’Écart – Amy Liptrot
Un sac de billes – Kris et Vincent Bailly
La ballade de l’enfant gris – Baptiste Beaulieu

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Orphelins 88 – Sarah Cohen Scali
Didier, la 5ème roue du tracteur – Pascal Rabaté et François Ravard
Bleu amer – Sylvère Denné et Sophie Ladame

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal (#MRL18)
Taqawan – Eric Plamondon
La femme qui fuit – Anaïs Barbeau-Lavalette
Le pensionnat – Michel Noël
Les Grands Peintres : Van Gogh – Michel Durand (BD)
Dancers – Jean-Philippe Blondel
Prendre refuge – Zeina Abirached et Mathias Enard (BD)
Silex and the city – tome 7 : Poulpe Fiction – Jul (BD)
Dent d’ours – tome 6 – Silbervogel – Yann et Henriet (BD)
Le jour… où elle n’a pas fait Compostelle – Marko et Beka (BD)
600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster

Bonnes lectures et bonne semaine

La ballade de l’enfant gris – Baptiste Beaulieu

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Fayard/Mazarine – septembre 2016 – 416 pages

Livre de Poche – février 2018 – 384 pages

Quatrième de couverture :
C’est l’histoire de Jo’, un jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C’est l’histoire de No’, un garçon de sept ans, attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas le voir plus souvent à l’hôpital.
C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin survient un drame qui lie pour toujours le destin de ces trois êtres.
Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur nous offre un troisième roman poignant qui nous entraîne dans une quête initiatique bouleversante.

Auteur : Jeune médecin généraliste, Baptiste Beaulieu est l’auteur d’un premier livre remarqué, Alors voilà, les 1001 vies des Urgences. Son blog « Alors voilà » compte plus de 5 millions de visiteurs.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
Jo est un jeune interne au service pédiatrique de l’hôpital, il fait la connaissance de No, un petit malade de 7 ans, solitaire, il attend patiemment les visites trop rare de sa maman… Jo se rapproche de No, pour le distraire et le sortir de cette attente…
Cette histoire est touchante et pleine d’amour et de tendresse, mais je suis vraiment passée à côté de ce roman… C’est certainement dû à la forme, l’histoire commence par le jour de la déchirure puis ensuite la lecture alterne entre le passé par un compte à rebours et le présent, soit l’après déchirure, avec la quête de Jo pour retrouver Maria et comprendre son attitude. Cette alternance m’a complètement embrouillée et j’ai fini le livre en lisant dans la continuité d’une part les chapitres « passé » et de l’autre les chapitres « présent » pour tenter de comprendre le fond de l’histoire…

Extrait : (début du livre)
Le nombre total d’étoiles dans l’univers tombe-t-il pair ou impair ? Jonas ne savait pas, mais la question lui paraissait importante.
Dimanche, 9 h 54, grande banlieue de Paris. Le brillant étudiant en médecine de vingt-quatre ans observait le ciel nocturne peint dans la cabine d’ascenseur quand une secousse le sortit de sa rêverie. Il y était. Septième étage. Pédiatrie. Ça sentait toujours pareil, ici : antiseptique répandu sur le sol et urine froide. Il aimait ça, Jo’, c’était comme si l’odeur avait une vieille voix – une de ces voix à mâchonner des clopes plutôt qu’à les fumer – et qu’elle lui chuchotait : « Hey, hey, gamin ! Ici on sauve des vies ! »
À 9 h 58, Jo’ poussa mollement la porte du service quand son téléphone vibra. Sa mère lui annonça la nouvelle qui le fit vaciller. Il promit d’arriver au plus tôt, puis raccrocha. Il tremblait.
Il était alors 10 h 02. À quelques mètres de la chambre 33, il se baissa pour boire à la fontaine à eau dans le couloir, heurta le robinet.
« Fais pas ta chochotte ! » se gronda-t-il, une main posée sur son front qui saignait, l’autre sur la poignée de porte.
Chambre 33…
Aurait-il su ce qui l’attendait dans cette pièce que Jo’ aurait immédiatement fait demi-tour et pris ses jambes à son cou. Car le destin avait décidé qu’il n’arriverait pas à temps pour soutenir sa mère : il resterait dans cet hôpital toute une journée et toute une nuit, et ne le quitterait que le lendemain matin, deux heures avant les lueurs de l’aube, éreinté, l’âme vieillie.
À 10 h 04, Jo’ entra dans la chambre 33, vit Maria Tulith et son enfant de sept ans, allongé sur le lit.
À 10 h 10, il se produisit entre eux ce que Jonas appellerait la « Déchirure ». Toute sa vie, il y aurait un avant et un après cette Déchirure.
À cause d’elle, il partit en voyage, par-dessus les montagnes puis au-delà des mers, jusqu’au bout du monde, pour réinventer sa vie et trouver la vérité.
Avec le fantôme de l’enfant.

Petit bac 2018Couleur (6)

Un sac de billes – Kris et Vincent Bailly

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Futuropolis – février 2017 – 128 pages

Futuropolis – avril 2011 – 64 pages  (tome 1 : Partie 1)

Futuropolis – novembre 2012 – 64 pages  (tome 2 : Partie 2)

Quatrième de couverture :
Traduit dans le monde entier, dont récemment en Chine, avec quelque 25 millions d’exemplaires vendus, Un Sac de billes est devenu un classique de la littérature. Joffo y raconte ses souvenirs de jeune Juif durant l’Occupation allemande. La force de son récit réside en la candeur et le pragmatisme du regard d’enfant, qu’il porte, à l’époque, sur les faits quotidiens de cette étrange et terrible période.

Auteurs : Kris est né en 1972, vit en Bretagne.
Il se lance dans la BD en 2002: Toussaint 66, puis Le Déserteur.
2006: Un Homme est mort et Le Monde de Lucie.
2008: Coupures Irlandaises et Les Ensembles contraires.
2009: Les Ensembles contraires, tome 2 et Notre Mère la Guerre.
Vincent Bailly, qui naît à Nancy en 1967 et fait ses études à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg, réside à présent à Chalons-en-Champagne avec sa famille. Ses deux premières années professionnelles sont consacrées aux dessins de presse et à l’illustration de livres pour enfants, mais c’est une période difficile car son trait est plutôt dur, rêche et brut. Il rencontre Roger Seiter et Isabelle Mercier, tous deux scénaristes de bandes dessinées, qui lui proposent une collaboration. À la veille d’une signature de contrat pour son premier album, un poste de professeur de dessin lui est proposé, mais il décline l’offre, délaissant la perspective d’un travail plus stable au profit d’une aventure, celle de Coeur de Sang. Amateur de bandes dessinées depuis longtemps, il aime beaucoup Druillet, Corben et Loisel, qu’il compte d’ailleurs dans ses principales influences, tout comme Miller, Mignola et Thierry Robin.

Mon avis : (lu en septembre 2018)
C’est l’adaptation en BD du roman « Un sac de billes» de Joseph Joffo, un classique de la littérature jeunesse. En septembre 1941, Jo a 10 ans, c’est un gamin parisien, joyeux, farceur et dégourdi du 18e arrondissement. C’est le petit dernier d’une fratrie de six, complice de Maurice est son aîné de deux ans. Les Allemands occupent Paris et le port de l’étoile jaune devient obligatoire pour tous les Juifs. Leurs parents décident que leurs deux cadets doivent fuir et gagner la zone libre pour rejoindre leurs frères aînés installés à Menton. Avec un peu d’argent et l’importante consigne : « Ne dis jamais que tu es juif ! », Joseph et Maurice partent pour un long voyage vers la liberté. Grâce à leur débrouillardise, à leur bon sens, à leur courage, à l’aide d’hommes justes et à la chance, ils vont réussir cette entreprise un peu folle…
Cette bande dessinée fidèle au récit d’origine est un bon moyen de découvrir le témoignage autobiographique de l’auteur du haut de ses dix ans.

Extrait :

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