Mille soleils – Nicolas Delesalle

81ZRVZdmMhL Prélude – janvier 2018 – 256 pages

Quatrième de couverture :
Ils sont quatre, réunis en Argentine par le travail et des passions communes. Vadim le taiseux aime la physique des particules, et le bel Alexandre a installé des panneaux solaires sur les 1 600 cuves de l’observatoire astronomique de Malargüe. Avec ses yeux clairs, Wolfgang est un astrophysicien rêveur, spécialiste des rayons cosmiques d’ultra haute énergie. Quant au jeune Simon (qui consulte toujours Clint Eastwood avant de se décider), il doit écrire un article sur ces rayons pour le CNRS. Ils ont quelques heures pour parcourir 200 kilomètres de piste et prendre leur avion à Mendoza. Pourtant, en une seconde, leur existence va basculer.
Que faire quand le drame survient et que, du haut d’un volcan, seul le ciel immense de la pampa vous contemple ?
Avec ce huis clos à ciel ouvert, Nicolas Delesalle signe une histoire d’une intense émotion parcourue de paysages sublimes, d’instants tragiques mais aussi d’humour et de poésie. Un roman envoûtant, qui reste longtemps en tête une fois le livre refermé.

Auteur : Né en 1972, grand reporter à Télérama pendant quinze ans, directeur de l’ouvrage Télérama 60 ans publié aux Arènes, Nicolas Delesalle est l’auteur d’Un parfum d’herbe coupée et du Goût du largeMille soleils est son troisième roman. 

Mon avis : (lu en juin 2018)
Ils sont quatre hommes dans une voiture, parcourant une piste en direction de Mendoza pour aller prendre leur avion de retour après quelques jours en Argentine en mission pour des travaux d’astrophysique.
Ils vont croiser une femme qui voyage seule sur une bicyclette.
Vadim, chercheur en physique des particules, le conducteur de la voiture est un taiseux.
Wolfgang, un astrophysicien, « spécialiste des noyaux actifs des galaxies et des rayons cosmiques », c’est un malchanceux de naissance, il a l’habitude et finalement prend ses coups durs avec philosophie…
Alexandre est le beau gosse, il y a un an, il est tombé amoureux, pour la première fois, de Léna, une jolie Russe. Mais six mois plus tard, elle est partie avec un autre homme. Alexandre ne s’en ai pas remis.
Simon, journaliste, est chargé de rédiger un article sur les rayons cosmiques pour le CNRS. C’est un hypocondriaque, pour se donner du courage, il prend pour modèle Clint Eastwood.

A 59 ans, sur un coup de tête, Mathilda a quitté l’Afrique du Sud et sa famille pour partir traverser l’Amérique du nord au sud à vélo.
9h 23 min 58 s, c’est l’accident au cœur de l’immensité désertique de l’Argentine.
Le lecteur va découvrir cette journée particulière (entre 7h35 et 22h10), pour chacun de nos cinq personnages. 
Confrontés à l’immensité de la nature, à la solitude, à l’adversité, à l’urgence chacun des protagonistes réagira différemment… Tout est décuplé, le lecteur est confronté au ressentie des personnages, à leurs émotions, à leurs pensées, à leurs angoisses, à leurs histoires, à leurs vies…
Le lecteur s’émerveille, pleure, rit, voyage, s’interroge… 

Extrait : (début du livre)
7h35
Réveil, douche, serviette, caleçon, jean, tee-shirt, chaussures, lacets, petit déjeuner. Une tartine, un café. Quelques mots échangés du bout des lèvres. Il est trop tôt. L’homme est une esquisse au réveil, un brouillon. Brossage de dents face au miroir. Observation de la mise. Se regarder sans se voir. La valise est prête : trois chemises sales, deux tee-shirts sales, cinq caleçons et paires de chaussettes sales, un jean louche, un pull propre, deux bouteilles de vin argentin, une trousse de toilette, un rasoir mécanique, de la mousse fraîcheur mentholée, une brosse à dents souple, profilée comme la coque d’un voilier de course, un tube de dentifrice, un flacon de parfum, un déodorant, un coupe-ongles. Les draps sont froissés, roulés en boule. Laisser la chambre d’hôtel sans espoir de la revoir. Oublier un livre dans les toilettes. Un dernier regard pour dire mentalement adieu aux objets, le lit deux places en bois sombre, la lampe de chevet à l’abat-jour jaunâtre, le parquet qui craque, le faux tapis persan bon marché, la grande armoire massive en bois de peuplier, le plafond bleu indigo. Sortir. Un couloir, deux bibelots : un vase en laiton et une statuette de femme accroupie et lasse. La porte blanche de la maison est déjà entrouverte. Le chemin est dallé. Les sacs sont lourds. Chargement dans le coffre, en bon ordre. Monter en voiture. S’asseoir confortablement. Étendre ses jambes. Le voyage sera long. Les portières claquent. Une clé s’enfonce dans la fente prévue à cet effet. Compression, essence, étincelle, explosion. Le moteur démarre. Des gens dehors disent au revoir. Ils sourient. Les mains se dandinent de gauche à droite, de droite à gauche. La voiture s’ébroue, tousse comme un fumeur à l’aube, puis trouve sa voix et traverse la ville endormie. Ici ou là, une insomnie éclaire la fenêtre d’une maison basse sans toit. Grande ligne droite, vieil asphalte des années 1960 ou 1970, granuleux, couvert de rustines de bitume plus foncé. De moins en moins de maisons et de lampadaires. Ça y est. La ville est loin derrière, petit éclat qui s’estompe peu à peu. Les phares fendent la nuit en deux blocs d’encre noire. Dans le ciel, les galaxies des Nuages de Magellan ont disparu depuis longtemps. La route tire de longs segments au milieu d’un désert de terre craquelée, de crottin de cheval et de broussailles. Lentement, une lueur pâle et violacée se hisse à l’est, elle gonfle, elle gomme les étoiles une par une, et elle embrase l’horizon. Et puis, après quelques minutes de vide, il se passe quelque chose. La journée change de nature. À partir de cet instant-là, chaque seconde compte, celle d’avant, celle d’après et toutes les autres.

Petit bac 2018Objet (4)

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