Les Lendemains – Mélissa Da Costa

81D2EnBA-nL Albin Michel – février 2020 – 352 pages

Quatrième de couverture :
Amande ne pensait pas que l’on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l’ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s’attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s’ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d’avenir.
Dans ce roman plein de courage et d’émotion, Mélissa da Costa nous invite à ouvrir grand nos yeux, nos sens et notre coeur. Un formidable hymne à la nature qui nous réconcilie avec la vie.

Auteure : Mélissa da Costa a vingt-neuf ans. Son premier roman, Tout le bleu du ciel (Carnets Nord, 2019), salué par la presse, a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Après le décès brutal de Benjamin, son mari, dans un accident de moto, Amande enceinte de 7 mois perd également son bébé. Sa douleur est tellement immense que pour fuir sa vie d’avant et tous ce qui peut lui rappeler Ben ou Manon, Amande part se réfugier en Auvergne, et s’enferme dans une vieille maison isolée… Après de nombreuses journées sans rien faire, ni penser, vivant comme une recluse et n’ouvrant à personne, Armande découvre de vieux agendas de Madame Hugues, l’ancienne propriétaire de la maison, où celle-ci notait la météo du jour, ses plantations de fleurs ou légumes dans son jardin, ses recettes, ses astuces en tout genre… Par curiosité, Amande va commencer à les lire et peu à peu sortir de sa torpeur en s’occupant du jardin en suivant les conseils de la vieille dame et au fil des mois et des saisons la jeune femme va reprendre pied dans sa vie, recontacter Anne et Richard, les parents de Benjamin, Yann, son frère, et à sa femme Cassandra, les jeunes dont Ben s’occupait, accepter que sa mère vienne passer quelques jours avec elle…
C’est un livre très touchant sur le deuil, la résilience et la renaissance mais également un hymne à la nature, au jardin, aux saisons.
J’avais beaucoup aimé le premier roman de Mélissa Da Costa et j’ai autant aimé celui-ci.

Extrait : (début du livre)
La serrure rouillée cède difficilement. L’homme est obligé de forcer, de retirer la clé, d’essayer encore. Ici aussi il fait terriblement chaud. Pas aussi chaud qu’en ville ou qu’en plaine, mais tout de même. La température avoisine les trente degrés. L’homme souffle, semble réfléchir une seconde, puis donne un léger coup d’épaule contre le bois de la porte, en même temps que la clé tourne. Un déclic : le lourd panneau de bois à la peinture écaillée cède et bascule vers l’intérieur, vers l’obscurité, la fraîcheur.
La maison n’a pas dû être ouverte depuis des mois. Une légère odeur rance y flotte, mais l’impression désagréable est balayée par la fraîcheur qui y règne. Vingt-deux degrés : j’ai le temps d’estimer la température intérieure. Pas plus. Parfait. J’entends l’homme qui s’active à côté de moi, pose sur le sol sa pochette professionnelle en similicuir. Des clés tintent. Il les range dans sa poche de pantalon.
« Je cherche l’interrupteur », précise-t-il.
J’attends sagement, debout dans l’entrée sombre. Je n’ai rien de mieux à faire. Attendre est devenu ma seconde nature depuis ce soir du 21 juin. Mon unique occupation. Il souffle. La chaleur ? La difficulté de chercher à tâtons ? Je ne l’aide pas. Je n’y pense pas. J’attends.
Un temps indéterminé s’écoule entre les murs épais de la vieille maison. Je note l’absence de voisinage et le silence. Ça aussi, c’est une bonne chose.
« Et voilà, excusez-moi. »
Soudainement la lumière éclaire l’entrée. L’agent immobilier essuie son front, m’adresse un sourire désolé. Il est persuadé que je vais m’enfuir en courant. La faible luminosité de l’ampoule, l’odeur rance de l’intérieur, la porte qui peine à s’ouvrir – le bois a gonflé sans doute… Pourtant je ne me sauve pas en courant. J’observe le couloir où je me tiens. Un couloir sombre sans fenêtre. Un carrelage d’un marron cuivré. Des murs blancs. Des plinthes en bois foncé. Un tableau représentant une église en pierre.
Des bruits de feuilles qu’on extrait. Il relit ses notes. Il n’est pas au point. Il essuie encore son front moite. Je ne bouge pas. Je ne demande rien. Il va y venir. Ou pas. Peu importe.

Déjà lu du même auteur :

811KDesYKfL Tout le bleu du ciel – Mélissa Da Costa

 

3 réflexions sur “Les Lendemains – Mélissa Da Costa

  1. J’hésite, pour la part je n’ai pas décollé avec Tout le bleu du ciel. J’ai eu du mal avec sa narration et son écriture. Peut être que je me laisserai prendre plus volontiers par celui-ci. Dans tous les cas, je vais attendre de le trouver à la bibliothèque.

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