Victor Kessler n’a pas tout dit – Cathy Bonidan

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

61uINTW9uSL La Martinière – juin 2020 – 400 pages

Quatrième de couverture :
LA VÉRITÉ N’EST JAMAIS LÀ OÙ ON L’ATTEND.
La brume des Vosges cache bien des secrets. Bertille le sait : elle les a fuis. Retranchée à Paris dans une vie solitaire, la jeune femme a enterré ses souvenirs. Jusqu’au jour où sa vie bascule. Quelques pages trouvées dans le cabas d’un vieil homme la réveillent d’un coup : il s’agit d’une confession, écrite par un certain Victor Kessler. Car le 17 novembre 1973, quarante-cinq ans plus tôt, le corps d’un enfant de dix ans a été repêché dans un lac près de Saintes-Fosses. L’instituteur du village est le coupable idéal : Victor Kessler, lui-même.
Fascinée par l’affaire, poussée par Victor, Bertille part en quête de la vérité. Mais, à la recherche des démons du vieil homme, ne finira-t-elle pas par croiser les siens, enfouis dans les forêts vosgiennes ? Et toujours cette même question : parler ou se taire ?

Auteure : Cathy Bonidan écrit depuis l’âge de quatorze ans. Elle est institutrice à Vannes. Son premier roman, Le Parfum de l’hellébore (2017), a reçu onze prix littéraires. Les droits de son second roman, Chambre 128 (2019), ont été vendus dans sept pays, dont les États-Unis.

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai eu la belle surprise de recevoir le troisième roman de Cathy Bonidan mi-juin. J’avais beaucoup aimé ces deux premiers et celui est également très réussi. Écrit comme un polar, j’ai lu ce roman presque d’une traite.
Victor et Bertille sont des personnages attachants et un peu malmenés par la vie. Ils vont se rencontrer dans un supermarché…
Enquêtrice pour un institut de sondages, Bertille tente de remplir des questionnaires sans grand intérêt dans les supermarchés. Alors qu’elle aborde un vieux monsieur avec un cabas, celui-ci fait un malaise et doit être amené à l’hôpital. Bertille a gardé le cabas et découvre dans la doublure une cinquantaine de pages griffonnées. Il s’agit d’une confession manuscrite inachevée d’un certain Victor Kessler. En 1973, dans un petit village des Vosges, le meurtre d’un enfant a été commis. Instituteur débutant de l’école communale, le jeune Victor Kessler est le coupable idéal. Il est jugé en assises, il ne se défend pas et Victor Kessler a choisi de se taire…
Bertille est une jeune femme blessée et fragile, touchée par l’histoire de Victor, elle décide de retourner dans le petit village des Vosges, tout près du lieu où elle-même a grandi pour y mener sa propre enquête. C’est l’occasion pour Bertille de faire quelques rencontres et d’affronter les souvenirs douloureux de son enfance…
Entre passé et présent, le lecteur est happé par un roman plein de rebondissements qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page !

Merci aux éditions de La Martinière pour cet envoi surprise !

Extrait : (début du livre)
La tranquillité est un don du ciel. Il ne faut pas croire qu’elle va de soi. Je n’aurais pas imaginé, à vingt ans, que je regret­terais un jour les ruelles de mon village, le paysage monotone des forêts dans la brume et la répétition inlassable des jours sans aspérités. Je pense à tout ce qu’on a écrit sur moi depuis le début de cette histoire. Les journalistes se sont régalés. C’est leur métier. Mais jamais, non jamais, je n’ai lu un résumé limpide des événements. L’exercice est périlleux, car les faits sont troublés par le filtre des souvenirs. Les sentiments eux aussi ont pollué le terrain. Au fil des interrogatoires, les visages d’autrefois ont revêtu un masque que je dois leur ôter pour retrou­ver l’innocence des premiers jours. Quand personne ne s’intéressait à la couleur d’une voiture, à la fraîcheur de l’eau, au rire de Céline. Je dois oublier les remords et la souffrance pour me rappeler le jeune homme que j’étais alors. Me revoir, si jeune et si confiant, anonyme et pourtant certain qu’un destin extraordinaire m’attendait. J’avais raison. En quelque sorte.

Dimanche 3 décembre 2017
Le supermarché tremble sous les pas des clients. La tête dans les préparatifs des fêtes de Noël, le consommateur est du genre pressé. Dans la galerie marchande, une femme blonde avance à contre‑courant. Son cou long et obstiné brave le flot des clients, mais chaque mouvement est hésitant et ressemble à une excuse. Impossible de distinguer la couleur des yeux qu’elle garde baissés sur ses notes. Comme toutes les personnes que l’on croise dans la vraie vie, elle est insipide. Si on la catapultait dans un feuilleton télévisé diffusé à l’heure du dîner, elle serait maquillée, habillée avec des vêtements colorés qui relèveraient son teint pâle. Alors elle serait belle, sans doute, et les téléspectateurs envieraient son aisance et sa simplicité. Mais, sous l’éclairage cru des néons qui accentuent ses cernes, l’enfant qu’elle était transparaît en filigrane. Une petite fille sage, en apparence attentive, épaules rentrées pour limiter la place qu’elle occupe au troisième rang de la classe.Pour l’instant, sa poitrine se soulève à un rythme trop rapide tandis qu’elle relit avec application les différents points du questionnaire :
– Caractéristiques du consommateur : niveau social, sexe, âge
– Motifs de fréquentation : proximité, prix, équipements de la galerie
– Rythmes de fréquentation
– Pratiques du consommateur : chariots pleins ou courses d’appoint (moins de 10 articles), seul ou en famille
– Utilisation des divers équipements de la galerie : coiffeur, Photomaton, café…
– Circulation dans le magasin : liste définie ou promenade aléatoire
– Appréciation globale des consommateurs notée de 1 à 10

Déjà lu du même auteur :

114130196 Le parfum de l’hellébore

chambre128 Chambre 128

Petit bac 2020a
(7) Prénom

Une réflexion sur “Victor Kessler n’a pas tout dit – Cathy Bonidan

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