A la télé…

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Ce soir et jeudi prochain, « Dérapages », par Ziad Doueiri (« Baron Noir »)
série écrite par Pierre Lemaître d’après son roman « Cadres noirs »,
Diffusion : les jeudis 23 et 30 avril, à 20h55 sur Arte
L’intégralité de la série est en ligne du 16 avril au 13 mai

avec Éric Cantona, Suzanne Clément, Alex Lutz, Gustave Kervern, Alice de Lencquesaing, Louise Coldefy, Nicolas Martinez, Xavier Robic, Cyril Couton, Carlos Chahine

Un homme anéanti par le chômage, prêt à tout pour retrouver un emploi. Procès contre le système et le management déshumanisé, « Dérapages » est un thriller social haletant

 

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Victime 2117 – Jussi Adler-Olsen

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib – février 2020 – 14h45 – Lu par Julien Chatelet

Albin Michel – janvier 2020 – 576 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Offer 2117, 2019

Quatrième de couverture :
Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.
Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs.
Il est temps pour lui d’en finir avec les secrets et de révéler à Carl Mørck et à son équipe d’où il vient et qui il est. Au risque d’entraîner le Département V dans l’œil du cyclone.
Qui est Assad ?
Victime 2117 est la réponse.
Cette enquête est son histoire.

Auteur : Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du Ripper Award en 2015 (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l’ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d’or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance.

Lecteur : De formation théâtrale – il a fréquenté le cours de Jean-Laurent Cochet – Julien Chatelet a incarné le rôle de l’inspecteur Portal dans Les Cordier, juge et flic. Artiste complet, il tourne dans de nombreux courts-métrages, est réalisateur et chanteur de rhythm’n blues.

Mon avis : (écouté en mars 2020)
Tout commence au sud-est de l’Île de Chypre où Joan Aiguader, journaliste pigiste espagnol, est témoin de l’arrivée de réfugiés sur la plage d’Ayia Napa et de la découverte du corps flottant en deux eaux de la 2117ème victime ayant péri en Méditerranée depuis le début de l’année. Il s’agit de Lely Kabaki, une  Syrienne âgée d’environ 70 ans. Les photos et l’article de Joan feront le tour du monde.
Au Danemark, le jeune Alexander de 22 ans, ne quitte plus sa chambre depuis longtemps, il passe ses journées à jouer devant l’écran de son ordinateur. Depuis quelques temps, il appelle anonymement l’inspecteur Gordon du Département V et lui annonce que dès qu’il atteindra le score de 2117 points, il tuera ses parents et d’autres personnes…
Enfin, Assad, l’un des membres du Département V dirigé par Carl Mørck, est le personnage principal de cette intrigue, car dans son ancienne vie, il connaissait la victime 2117 et il va se plonger dans son passé douloureux avec l’aide ses collègues…
Je ne vais pas en raconter plus sur cette intrigue à multiples visages qui dévoile la vie passé d’Assad, le membre le plus mystérieux du Département V et qui est l’occasion de traiter des sujets d’actualité comme la guerre en Irak, la crise des réfugiés, terrorisme islamiste…
Cette 8ème enquête du Département V nous fait voyager au delà de Copenhague, de Chypre en Espagne, en passant par Moyen-Orient pour finir en Allemagne. L’enquête est rythmée, captivante et les personnages de l’équipe toujours attachants. Je ne suis pas une fidèle de cette série, mais j’ai toujours du plaisir à la retrouver.
Le lecteur est très agréable à écouter, rendant le livre toujours plus palpitant !

Merci Pauline et Audiolib pour cette enquête danoise pleine de surprises…

Extrait : (début du livre)
Une semaine avant que la famille d’Assad ne quitte Sab Abar, son père l’avait emmené se promener dans le capharnaüm du souk. Les échoppes regorgeaient de pois chiches, de grenades, de boulgour, d’épices aux couleurs criardes et de volailles caquetantes attendant le fil de la hache. Il s’était arrêté, avait posé les mains sur les épaules maigres de son fils et l’avait scruté longuement de son regard noir et profond.
« Écoute-moi bien, mon fils, lui avait-il dit. Longtemps, tu rêveras de ce moment et il se passera de nombreuses nuits avant que le désir de retrouver tout cela ne s’estompe de ta mémoire.
Mais je t’en conjure, regarde bien autour de toi pendant que tu le peux encore, et emporte tout ceci pour le conserver éternellement dans ton cœur. Est-ce que tu comprends ? »
Assad avait serré plus fort la main de son père et avait hoché la tête pour lui faire croire qu’il comprenait.
Mais ce jour-là, Assad n’avait pas compris ce que son père avait voulu lui dire.

Déjà lu du même auteur :

Miseracorde_audio Miséricorde l'effet papillon L’effet papillon

9782367624150-001-T Promesse

parlement-europeen2020_600Danemark

Petit bac 2020a(3) Crime et Justice

L’usurpateur – Jørn Lier Horst

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – février 2020 – 448 pages

Gallimard – mars 2019 – 448 pages

traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier

Titre original : Hulemannen, 2013

Quatrième de couverture :
Un homme mort depuis quatre mois retrouvé devant sa télé allumée ; un autre dans une forêt de sapins avec, dans la poche, un prospectus sur lequel la police retrouve les empreintes d’un tueur en série américain, c’est bien plus qu’il n’en faut pour lancer Line Wisting, journaliste à VG, et son père William, inspecteur de la police de Larvik, dans des enquêtes dont ils ne peuvent mesurer les conséquences. À quelques jours de Noël, par moins quinze et sous la neige, va s’engager une des plus incroyables chasses à l’homme que la Norvège ait connues.

Auteur : Ancien inspecteur de la police, Jørn Lier Horst figure parmi les auteurs les plus vendus en Norvège. L’usurpateur est le troisième tome des enquêtes de William Wisting publié après Fermé pour l’hiver (2017) et Les chiens de chasse (2018). 270 000 exemplaires ont déjà été vendus dans dix-huit pays.

Mon avis : (lu en février 2020)
Ce livre est le 9ème tome de la série William Wisting, dont seulement les 7ème, 8ème et 9ème enquêtes ont déjà été traduites en français. Pour ma part, c’est le premier roman policier de cet auteur que je lisais et c’est une bonne découverte.
Un homme est retrouvé, chez lui, devant sa télévision allumée, mort depuis 4 mois. C’est un voisin de l’inspecteur William Wisting, et la police conclue à une mort naturelle.

Line Wisting, journaliste à VG, et fille de l’inspecteur, décide de faire un article sur Viggo Hansen, ce voisin solitaire et dont personne s’est inquiété pendant plus de 4 mois. 
Quelques jours plus tard, un autre cadavre est retrouvé dans une plantation de sapins, vu son habillement et l’état du corps, il semble être là depuis l’été précédent. Il s’agit d’un meurtre et la police retrouve dans l’une de ses poches, un prospectus sur lequel il y a les empreintes d’un tueur en série américain… 
Les enquêtes de la fille et du père avancent parallèlement avec leurs surprises et rebondissements… Une lecture agréable et rythmée malgré les conditions météorologiques hivernales et glaciales.
Merci les éditions
Folio pour cette enquête norvégienne bien menée.

Extrait : (début du livre)
Assis dans son fauteuil, l’homme mort était totalement desséché. Il avait les lèvres lacérées. Ses dents découvertes étaient jaunies, noircies, son crâne parsemé çà et là de touffes de cheveux poussiéreux, sans vie. Des os pâles luisaient sous la peau de son visage. Ses doigts étaient rabougris, noirs, gercés.

William Wisting passa en revue les autres photos qu’avait prises l’agent de la police technique et scientifique. L’homme n’avait pas été très grand de son vivant, mais la rétractation des tissus et la putréfaction aidant, son corps paraissait encore plus petit.
Le dossier était intitulé Viggo Hansen. Les photos présentaient l’homme sous différents angles. Il examina les diverses images de ce corps presque momifié. D’ordinaire, les dossiers photographiques le laissaient de marbre. Accoutumé à la mort, il avait développé une capacité à se distancier des impressions visuelles. Plus de trente années dans la police lui avaient fait voir tant de cadavres qu’il ne les comptait plus. Mais ce cas-ci était différent. Non seulement parce qu’il n’avait jamais rien vu de semblable, mais parce qu’il connaissait l’homme dans le fauteuil. Ils étaient quasiment voisins. Viggo Hansen habitait dans le virage, trois maisons plus loin, où il était resté mort pendant quatre mois, sans que Wisting ou un quelconque voisin ne s’inquiète pour lui.
Il s’arrêta sur une vue générale du salon, prise de la cuisine. Dos tourné au photographe, l’homme était devant sa télé. Le poste était allumé, car il l’était toujours quand la patrouille de police avait forcé la porte d’entrée.

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Norvège

Hamish Macbeth, tome 3 : Qui s’y frotte s’y pique – M. C. Beaton

81gvCw2nhKL Albin Michel – octobre 2019 – 252 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Death of a Cad, 1987

Quatrième de couverture :
Obligé de remplacer un policier local dans les confins inhospitaliers de Cnothan, Hamish a le mal du pays et de sa chère Priscilla… mais, il est à peine arrivé que l’homme le plus détesté du village est assassiné et jeté en pâture à un élevage de homards qui n’en font qu’une bouchée avant d’être expédiés vers les restaurants les plus chics de Londres. Pour retrouver son village, Hamish Macbeth devra affronter l’horrible inspecteur-chef Blair et sa charmante voisine (l’un bien décidé à couvrir l’affaire, l’autre à le séduire !)… et débusquer l’assassin.

Auteur : Née à Glasgow, M.C. Beaton (1936-2019), après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir auteur à succès figurant parmi les plus lus de Grande Bretagne. Elle a notamment écrit deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.  

Mon avis : (lu en février 2020)
Pour remplacer un policier local, Hamish Macbeth a été envoyé avec son fidèle chien, Towser, loin de son village et de ses moutons, dans les confins inhospitaliers de Cnothan. L’accueil de la population est assez froid… Avec sa nature flegmatique, Hamish prend peu à peu ses marques et fait la rencontre des différents habitants, qui sont plus ou moins accueillants. Ainsi,
Hamish fait la connaissance de Mainwaring, un anglais antipathique qui cherche les conflits avec tous. Ce dernier est venu porter plainte, Mrs Mainwaring, aurait été attaquée près du cimetière par trois sorcières…
Quelques jours plus tard, un squelette est retrouvé en pleine nature, au milieu un cercle de pierres. Dans le même temps, Mr Mainwaring a disparu.
Hamish Macbeth va mener son enquête jusqu’à l’arrivée du toujours horrible inspecteur-chef Blair qui cherche toujours à se valoriser et à mettre Hamish sur la touche…

Pour se sortir de sa solitude, Hamish va se lier avec sa belle voisine Jenny, une artiste canadienne tellement aimable !
Une série
pleine d’humour, facile à lire et toujours distrayante !

Extrait : (début du livre)
L’agent Hamish Macbeth se trouvait à bord de l’autocar de campagne qui l’emportait loin de Lochdubh – loin des côtes ouest du Sutherland et du petit poste de police qui était aussi son foyer. Son chien Towser, un énorme corniaud au poil jaunâtre, posa sa grosse patte sur son genou, mais il ne le remarqua même pas. Avec un soupir, Towser se hissa sur le siège à côté de son maître et se mit lui aussi à contempler le paysage.

Le chauffeur, nouveau dans le métier, ne voulait surtout pas se laisser intimider par l’uniforme d’Hamish. Aussi grommela-t-il par-dessus son épaule :
— Les chiens montent pas sur les banquettes, ici.
Mais Hamish se borna à lui retourner un regard si vide, si hébété, que le conducteur, un Écossais des Lowlands qui tenait tous les Highlanders pour des demeurés consanguins, jugea inutile de polémiquer.
Il faut avouer que, dans les moments de déprime, Hamish n’avait rien qui puisse démentir cette réputation. Du jour au lendemain, les ordres de sa hiérarchie l’avaient arraché au bonheur de sa douillette existence à Lochdubh pour l’expédier à Cnothan, un village rural dans le centre du Sutherland, où il devrait remplacer quelque temps le sergent MacGregor. Il avait eu beau prétexter une vague de criminalité à Lochdubh, le bobard n’avait convaincu personne : protéger ici ou là une femme battue, et coffrer un ivrogne tous les deux mois ne passerait jamais pour un pic de délinquance. Il fut donc obligé de fermer momentanément le poste de son village et de prendre le bus pour se rendre à Cnothan, car le sergent MacGregor avait exigé qu’il entretienne son véhicule.
Hamish détestait le changement presque autant que le travail. À Lochdubh, il élevait un modeste troupeau de moutons à deux pas du poste de police, sur une parcelle en fermage qu’il avait confiée à un voisin pendant son absence. Entre les revenus de l’élevage, le braconnage et les prix qu’il remportait lors des compétitions estivales de cross, il arrondissait confortablement ses fins de mois. Tout ce qu’il pouvait mettre de côté, il l’envoyait à ses parents et à ses frères et sœurs, qui vivaient dans le Cromarty. Une fois installé à Cnothan, il se doutait bien que les affaires ne seraient pas aussi florissantes.
Dans ces régions, les petits fermiers exerçaient toujours une deuxième activité, le produit de leurs terres ne leur permettant pas de subvenir à leurs besoins. Ils travaillaient donc en parallèle comme postier, forestier ou commerçant, voire, dans des cas plus rares, comme agent de police.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre 

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine 

A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

51SoADXo3OL._SX342_ tome 9 : Sale temps pour les sorcières

71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir

51Vi5M8c4FL._SL500_ tome 11 : L’enfer de l’amour

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche  81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

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Écosse

Petit bac 2020a(2) Personnage célèbre

Ne te perds pas en chemin – Margaret Mizushima

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

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Belfond – janvier 2020 – 352 pages

France Loisirs – octobre 2017 – 336 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Chloé Royer

Titre original : Stalking Ground, 2016

Quatrième de couverture :
Agent de police dans l’unité cynophile de Denver, Mattie Cobb est appelée en urgence dans sa ville natale de Timber Creek : Adrienne Howard, la petite amie du shérif adjoint, a disparu. La jeune femme travaille dans le luxueux spa local, mais aussi dans les ranchs alentour, où elle prodigue des soins aux chevaux de course.
Accompagnée de son fidèle berger allemand, Robo, Mattie peut compter sur l’aide de Cole Walker, un ami vétérinaire fraîchement divorcé. Mais l’enquête est plus périlleuse qu’elle n’y paraît et, en plongeant dans le passé d’Adrienne, Mattie réalise bientôt que ce sont ses propres démons qu’elle va devoir affronter.
Les épaisses forêts enneigées du Colorado n’ont pas fini de livrer leurs secrets. Et le danger guette ceux qui s’aventurent trop près de la vérité…

Auteure : Autrefois orthophoniste, Margaret Mizushima a poursuivi son exploration des mots sous un angle plus artistique grâce à l’écriture. Passionnée de nature et d’animaux, elle vit dans le Colorado entourée de chats et de chiens et vient souvent en aide à son mari, à la tête d’un cabinet vétérinaire. Après Les Sentiers de l’oubli (2019), Ne te perds pas en chemin est son deuxième roman publié en France.

Mon avis : (lu en janvier 2020)
L’originalité de ce roman policier c’est que l’héroïne Mattie Cobb est lieutenant de police dans une unité cynophile. Elle enquête donc avec l’aide de Robo, son fidèle berger allemand. Tout en suivant l’enquête de Mattie Cobb, le lecteur de découvre les dessous de ce métier et la complicité qui unit le chien policier et son maître.
L’intrigue se situe à Timber Creek, une petite ville du Colorado. Adrienne Howard, la compagne de Brody, shérif adjoint de la ville a disparu. Ce dernier va faire parti des premiers suspects et va devoir s’éloigner de l’enquête…
Une intrigue assez classique, assez simple, l’auteure s’est plus attachée à développer la psychologie de ses personnages principaux et secondaires, Mattie Cobb et Robo, Brody, mais aussi Cole Walker, un ami vétérinaire, qui élève seul ses deux filles… Les forêts enneigées du Colorado et la nature font également parties de l’histoire.
C’est la deuxième enquête de cette série, et si l’occasion se présente, je n’hésiterai pas à lire la première « Les Sentiers de l’oubli » publié en mars 2019.

J’ai passé un bon moment en compagnie de Mattie et Robo.

Merci Claire et les éditions Belfond pour cette découverte très plaisante.

Extrait : (début du livre)
Une goutte de sueur perla sur le front du lieutenant Mattie Lu Cobb, derrière la visière de son casque. Elle inclina légèrement la tête en arrière pour l’empêcher de couler dans son œil, et constata qu’il n’y avait pas un nuage à l’horizon. Il faisait très chaud à Denver pour un mois d’octobre – beaucoup plus chaud qu’à Timber Creek, où les forêts et les prairies absorbaient en partie les ardeurs du soleil. Ici, en ville, les rayons qui se réverbéraient sur le bitume transformaient les rues en véritables étuves.
Elle dirigeait une équipe chargée d’arrêter les cambrioleurs d’une bijouterie de Cherry Creek Mall qui avaient été repérés dans ce parc industriel du sud de Denver. D’après
les rapports qu’elle avait lus, ils étaient au moins deux, peut-être trois, et armés. Ils avaient abandonné leur véhicule, une Dodge Intrepid, sur le parking avant de disparaître dans le dédale des entrepôts. Mattie comptait sur le flair de son chien de détection, Robo, pour les retrouver.
Ses trois coéquipiers, qu’elle avait rencontrés le jour même, se déployèrent en éventail derrière elle. Armés de fusils d’assaut M-16, ils avaient pour noms de code Red, Blue et Green. Mattie, quant à elle, disposait d’un Glock 17. Elle leur fit signe de s’approcher.
« Il y a quatre rangées de trois bâtiments chacune, disposées en rectangle. On n’a qu’à les appeler rangée 1, 2, 3 et 4, en partant de la gauche. Ensuite, on numérote les bâtiments en commençant par la rangée un : bâtiment 1, 2, 3… »
Elle désigna les bâtiments un par un en comptant jusqu’à douze.
« Pour le moment, on se contente de suivre Robo. Des questions ? »
Elle attendit un instant, puis alluma l’émetteur radio accroché sur son épaule et s’adressa au sergent qui les supervisait.
« Brigade canine au rapport. On est prêts.
— Bien reçu, brigade canine. Allez-y. »
Mattie joua des épaules pour disperser la tension accumulée dans ses muscles. Sous son gilet en Kevlar, elle suait à grosses gouttes.
Concentre-toi. Ne te laisse pas distraire. Et surtout, observe ton chien.
Robo, un berger allemand de quarante kilos en gilet pare-balles et harnais de recherche bleu, se tenait debout à côté d’elle.
« On va travailler ? » lui lança-t‑elle d’une voix aiguë afin de stimuler son instinct de chasseur.
Il se dressa sur les pattes arrière, surexcité. Elle détacha la laisse de son harnais et la fixa à la ceinture qu’elle portait à la taille : elle savait que son chien lui obéirait, mais aussi
qu’il préférait être libre de ses mouvements pour mieux traquer sa proie. L’instinct de Robo était parfois la seule chose qui préservait Mattie d’une mort certaine, et elle se
le rappelait chaque jour qu’ils passaient ensemble.
Elle leva la main pour lancer les opérations.
« Allez, Robo. Au travail. »
Le chien sur les talons, elle ouvrit la portière passager de la Dodge et désigna le siège.

Agatha Raisin, tome 11 : L’enfer de l’amour – M.C. Beaton

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Audible – juillet 2018 – 6h48 – Lu par Françoise Carrière

Albin Michel – juin 2018 – 360 pages

traduit de l’anglais par Marina Boraso

Titre original : Agatha Raisin and the Love from Hell, 2001

Quatrième de couverture :
Qui a dit que l’amour c’était le paradis ? Plutôt l’enfer, même pavé de bonnes intentions ! À peine mariés, Agatha et James Lacey font cottage à part et s’accusent mutuellement d’infidélités. Jusqu’à ce que James disparaisse pour de bon, laissant derrière lui sa maison saccagée… Les soupçons se portent aussitôt sur l’épouse du disparu : Agatha. Décidée à se défendre et à remettre la main sur son mari, notre détective part à sa recherche, à ses risques et périls…

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et a été diffusée en France en 2017.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
Depuis le début de la série, le lecteur attend le mariage d’Agatha et James… Et voilà,

Agatha Raisin est enfin mariée à James Lacey, mais tout n’est pas rose… célibataire endurci, James a du mal à se faire à la vie à deux. Ils continuent donc à faire maison à part. Et voilà que subitement, James disparaît et l’on retrouve sa maison saccagée. Dans le même temps, Melissa Sheppard, une voisine et ancienne maîtresse de James est assassinée… Agatha est suspectée, tout comme James, très vite, avec l’aide de son vieil ami sir Charles, elle décide de partir à la recherche de James et de mener l’enquête pour trouver le vrai coupable !
C’est toujours pour moi, une lecture distrayante dans une ambiance toute britannique !

81939829_763003267542662_6978963471043919872_oM.C Beaton est décédée le 30 décembre 2019.

Extrait : (début du livre)
Le mariage idéal – comme un rêve devenu réalité. Agatha Raisin avait enfin convolé avec l’objet de tous ses fantasmes, son voisin James Lacey, et pourtant le bonheur n’était pas au rendez-vous.
La première ombre au tableau était apparue deux semaines après leur retour de voyage de noces, qui les avait menés à Vienne et à Prague. Leur séjour s’étant partagé entre visites touristiques et ébats sexuels, ils avaient été dispensés d’affronter les écueils du quotidien. De retour à Carsely, dans les Cotswolds, ils habitaient toujours leurs deux cottages voisins, bien décidés à se conduire en couple moderne et à se ménager un espace privé.
Tout en sirotant un café dans sa cuisine, Agatha revint sur l’incident qui avait tout fait dérailler. Tout à son désir de jouer les épouses modèles, elle avait embarqué pêle-mêle leur linge sale pour le passer à la machine, alors que James avait sa propre corbeille et préférait se charger lui-même de sa lessive. C’était une fraîche journée de la fin du printemps, et des nuages cotonneux voguaient dans le ciel comme de majestueux vaisseaux, poussés par un vent vif. Pendant qu’elle remplissait en fredonnant gaiement son volumineux lave-linge, une petite sonnette d’alarme, dans un coin de sa tête, lui signala que les bonnes ménagères prenaient soin de séparer le blanc et la couleur. Elle versa de la poudre et de l’assouplissant dans les bacs, puis alla s’asseoir au jardin et regarda batifoler ses deux chats pendant que la machine tournait. Lorsqu’un grondement annonça la fin du cycle, elle rentra décharger le tambour et fourra le tas de vêtements dans une grande corbeille pour aller l’étendre à l’extérieur. Las, le linge qu’elle avait sous les yeux était devenu intégralement rose – pas un discret pastel mais un fuchsia éclatant. Consternée, elle chercha dans la pile le responsable du gâchis : un pull rose qu’elle avait acheté sur un marché de Prague. Résultat, toutes les affaires de James, chemises et sous-vêtements, avaient viré au rose vif.
Agatha, qui flottait encore dans sa bulle de bonheur post-nuptial, était bien convaincue qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle pensait même qu’ils en riraient ensemble.
Grossière erreur. James, en réalité, piqua une colère carabinée. Comment avait-elle osé toucher à ses affaires ? Elle n’était qu’une idiote et une incapable. L’ancienne Agatha lui aurait sans nul doute asséné une réplique bien sentie, mais la nouvelle jugea bon de lui présenter de plates excuses, le moral au plus bas. En plus, elle ne lui en garda même pas rancune, persuadée qu’un long célibat favorisait les petites manies.

Déjà lu du même auteur :

Série Agatha Raisin

111279972  tome 1 : La quiche fatale  112115556 tome 2 : Remède de cheval

511YgPvGkHL tome 4 : Randonnée mortelle 

117060981 tome 3 : Pas de pot pour la jardinière 

Agatha_5 tome 5 : Pour le meilleur et pour le pire

51Pj39OW2mL tome 6 : Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

91fUANd3KcL tome 7 : A la claire fontaine  A1pFloaMoOL tome 8 : Coiffeur pour dames

91rBp5anMML tome 9 : Sale temps pour les sorcières 

71noJFQhAiL  tome 10 : Panique au manoir

Série Hamish MacBeth 

81OT4JnMMqL tome 1 : Qui prend la mouche 81UeE6xHi-L tome 2 : Qui va à la chasse

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Écosse

Petit bac 2020a
(1) Prénom

Sang de Sein – Patrick Weber et Nicoby

81qhPPJgnnL Vents d’Ouest – mai 2018 – 136 pages

Quatrième de couverture :
« Qui voit Sein, voit sa fin ! »
Le très médiatique écrivain Brieg Mahé décide d’écrire le roman policier ultime. Une énigme à huis clos à faire trembler Agatha Christie ! Et quel plus beau décor que le mythique phare d’Ar-Men, au large de l’île de Sein en Bretagne, pour lancer sa mécanique infernale ?
Au cœur des flots, la réalité va engloutir la fiction…

Auteurs : Patrick Weber est né le 10 mars 1966 à Bruxelles. Il vit aujourd’hui entre Bruxelles, Paris et Rome. Après des études d’histoires de l’art et d’archéologie, il se dirige vers une carrière de journaliste. Il collabore à nombre de magazines et de journaux pendant plusieurs années. Il se tourne ensuite vers la télévision avant de revenir à la presse écrite mais cette fois en tant que rédacteur en chef. Il dirige successivement « Média Marketing », « Flair », « Télé Moustique » et « Télé Pocket ». Il quitte ses fonctions pour devenir consultant éditorial pour le groupe Sanoma Magazines Belgium. Il crée sa société baptisée Mandala Productions. Parallèlement, il publie des romans historiques et scénarise des films et des bandes dessinées. Passionné depuis toujours par l’histoire royale, il devient chroniqueur royal. À ce titre, il publie des ouvrages, donne des conférences et des cours à l’université. Depuis 2011, il est le chroniqueur royal de RTL Belgium, en télé, en radio et sur le net. Il y présente notamment chaque jour l’émission « On refait le monde ».
Pur produit des années 1970, Nicoby a vite compris qu’il ne serait jamais avant-centre du Stade Rennais. Qu’à cela ne tienne, il décide de devenir auteur de bande dessinées. En quelques années, il a déjà publié une vingtaine de livres, multipliant les genres, les styles et les formats. Abordant aussi bien l’humour avec Chronique Layette (6 Pieds sous Terre) et Poète à Djibouti (Vide Cocagne), l’intimisme avec Vacances (Drugstore), l’aventure dans La Voix (Vents d’Ouest) ou la chronique sociale à travers 20 ans ferme (Futuropolis). En 2013, il signe chez Vents d’Ouest un touchant roman graphique sur un scénario de Patrick Weber : Ouessantines. Parallèlement, il entreprend de raconter la vie d’auteurs de BD en bande dessinées dans l’atelier de Fournier (Dupuis) et participe à l’innovante Revue dessinée. Il vit à la campagne retiré du monde et y organise des barbecues qui font la joie de ses amis.

Mon avis : (lu en décembre 2019)
Voilà une BD polar… Un huis clos hommage à Agatha Christie dans le lieu mythique du phare d’Ar-Men, situé au large de l’Île de Sein. C’est un peu grâce au dessin du phare d’Ar-Men de la couverture que j’ai eu envie de lire cette BD ! Brieg Mahé est un écrivain très aimé par le grand public et que l’on voit sur tous les plateaux des médias. Afin d’écrire le roman policier ultime, ce dernier invite quatre spécialistes du crime pour un séjour de trois jours à l’intérieur du phare d’Ar-men. Il y a Amélie Williams, grande réalisatrice, François Dulac, grand spécialiste d’Agatha Christie, Nathan Martel maître du suspens et le commissaire Gérard Morteau. Ils seront accompagnés de Yann le Ménec qui a été gardien de phare. Le séjour s’annonce mortel !
Une intrigue réussie, pleine de suspens, un dessin mettant parfaitement en scène les paysages bretons et son phare inquiétant. Je suis moins fan du dessin des personnages.

Extrait : (début de la BD)

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Les roses de la nuit – Arnaldur Indridason

Lu en partenariat avec Babelio

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Anne-Marie Métailié – octobre 2019 – 236 pages

traduit de l’islandais par Eric Boury

Titre original : Dauðarósir, 1998

Quatrième de couverture :
A la sortie d’un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s’éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d’un grand homme politique originaire des fjords de l’Ouest.
La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s’intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l’Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d’immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s’intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.
Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. Pendant ce temps, contre toute déontologie, Sigurdur Oli tombe amoureux de son témoin.
Avec son duo d’enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l’Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux États-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l’originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l’intrigue exceptionnelle.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavík en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, traduits dans 40 langues et vendus à plus de 13 millions d’exemplaires.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
Chronologiquement, c’est la deuxième enquête d’Erlendur. Elle se situe entre « Les fils de la poussière »(premier livre de l’auteur, traduit seulement en 2018), que je n’ai pas encore lu, et « La cité des jarres ». C’est également, le deuxième roman policier écrit par Arnaldur Indridason et n’avait toujours pas été traduit en français.
J’ai toujours beaucoup de plaisir à retrouver Erlendur, déjà ombrageux et au prise à des problèmes avec ses enfants jeunes adultes. Avec l’inspectrice Elinborg et le jeune et ambitieux Sigurdur Oli, ils forment une équipe efficace.
Le corps d’une jeune fille est découvert dans un cimetière, sur la tombe du président Jon Sigurdsson, chef du mouvement pour la paix et l’indépendance de l’Islande au XIXème siècle. La victime, Birta, est une jeune fille paumée, droguée, trop seule qui se prostitue également. L’enquête s’oriente vers la région d’origine de la victime qui est également celle de Jon Sigurdsson, celle des Fjords de l’Ouest.
Les pistes sont nombreuses et l’enquête piétine.
L’enquête mène le lecteur vers les milieux de la drogue et de la prostitution, sur fond de trafic de quotas de pêche dans les fjords de l’ouest. C’est aussi l’occasion de découvrir la spéculation immobilière autour de Reykjavik et la crise qui pousse les pêcheurs des fjords de l’ouest à quitter leurs villages.
En parallèle à l’enquête, le lecteur en apprend un peu plus sur les relations d’Erlendur avec ses deux enfants, Sindri Snaer, le fils, est alcoolique multipliant les cures de désintoxication, Eva Lind, la fille, est droguée, elle fréquente des lieux plus ou moins sordides. Tout deux lui reprochent de les avoir abandonnés trop jeunes, en divorçant avec leur mère.
Une enquête parfois un peu brouillonne, mais très intéressante pour ceux qui veulent découvrir l’histoire et les paysages de l’Islande, et pour moi qui suis une inconditionnelle  d’Erlendur j’aime le découvrir un peu plus.

Extrait : (début du livre)
Ils avaient découvert le corps sur la tombe de Jon Sigurdsson, le héraut de l’Indépendance, dans le vieux cimetière de la rue Sudurgata. Assise à califourchon sur le jeune homme, c’était elle qui l’avait vu en premier.
Ils avaient remonté Sudurgata en se tenant par la main après avoir quitté l’hôtel Borg. Il l’avait prise dans ses bras et l’avait embrassée. Elle lui avait rendu son baiser, d’abord tendrement, puis en y mettant plus de passion et en se laissant emporter par sa fougue. Ils étaient partis de l’hôtel Borg vers trois heures du matin et avaient traversé la foule qui envahissait le centre. Il faisait beau, c’était peu après le solstice d’été.
Il l’avait invitée à dîner. Ils ne se connaissaient pas encore très bien, ce n’était que leur troisième rendez-vous. Elle possédait des parts dans une société de conception de logiciels dont il était également actionnaire. Génies de l’informatique depuis leur plus jeune âge, ils s’étaient bien entendu dès leur première rencontre. Au bout de quelques semaines, il avait pris l’initiative de l’inviter au restaurant de l’hôtel Borg. Ils avaient répété l’expérience deux fois. Quelque chose dans l’air indiquait que cette soirée ne se terminerait pas de la même manière que les deux autres où il l’avait reconduite chez elle. Ce soir-là, ni elle ni lui n’avaient pris leur voiture. Elle lui avait proposé au téléphone qu’il la raccompagne chez elle à pied et qu’ils prennent un café. Un café ! s’était-il dit avec un sourire entendu.
Ils s’étaient échauffés en dansant à l’hôtel Borg. Blonde, les cheveux courts, svelte mais le visage poupin, elle était vêtue d’une jolie veste beige et d’un legging assorti. Le foulard de soie qu’il avait au cou était selon elle le signe d’une certaine vanité. Il portait le costume Armani qu’il avait acheté récemment dans une boutique de mode pour la séduire. C’était réussi.
Il avait été surpris quand, ayant quitté le centre, elle lui avait proposé de prendre un raccourci par le vieux cimetière pour rentrer chez elle. Il s’était senti plutôt gêné quand il l’avait embrassée et que son sexe avait durci dans son caleçon, il avait eu peur qu’elle s’en aperçoive. Et elle n’avait pas manqué de le remarquer. Ça lui avait rappelé son adolescence et les bals du lycée où elle dansait avec des garçons constamment en érection. Les pauvres, il leur en fallait bien peu, se disait-elle alors, et là, cette pensée lui revenait. Il n’y avait pratiquement pas de circulation dans la rue. Ils avaient enjambé le mur du cimetière à l’angle nord-est où repose la respectable famille Thoroddsen. Puis ils avaient longé les tombes, lui en prenant garde à ne pas salir son costume.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert

la_voix La Voix l_homme_du_lac L’Homme du lac hiver_arctique Hiver Arctique

hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire betty Bettý

la_muraille_de_lave La muraille de lave etranges_rivages Etranges rivages

91768788 La cité des jarres 95359847 Le Duel

105501958 Les nuits de Reykjavik 110108840 Le lagon noir

9782367623085-001-X Opération Napoléon 9782367627595-001-T Passage des ombres

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Violence à l’origine – Martin Michaud

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Kennes Éditions – – 456 pages

Coup d’œil Édition – juin 2016 –

Goélette Édition – août 2019 – 400 pages

Quatrième de couverture :
Responsable de la section des crimes majeurs en l’absence de son supérieur, le sergent-détective Victor Lessard se voit confier la mission d’enquêter sur la mort d’un haut gradé du SPVM dont on a retrouvé la tête dans un conteneur à déchets. Formé du jeune Loïc Blouin-Dubois, de l’inimitable Jacinthe Taillon et de Nadja Fernandez, avec qui Victor partage sa vie, le groupe d’enquête qu’il dirige doit faire vite, car l’assassin a laissé un message qui annonce de nouvelles victimes. Confronté à un tueur particulièrement retors, qui peint de lugubres graffitis sur le lieu de ses meurtres et évoque un curieux personnage surnommé le « père Noël », pressé d’obtenir des résultats rapides par sa hiérarchie sans pour autant recevoir l’appui nécessaire, Victor Lessard s’entête envers et contre tout à ­résoudre « l’affaire du Graffiteur », dédale inextricable d’une noirceur absolue qui ravivera les meurtrissures de son âme, ébranlera ses convictions les plus profondes et le mènera au bord du gouffre.

Auteur : « Le maitre du polar québecois ». Né en 1970, établi à Montréal depuis plus de vingt ans, Martin Michaud a longuement pratiqué le métier d’avocat d’affaires avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Reconnu par la critique comme le chef de file des écrivains de romans policiers québécois, il a obtenu un succès sans cesse grandissant avec ses sept thrillers, qui lui ont valu la reconnaissance du public et de nombreux prix littéraires. Il scénarise en outre d’après son oeuvre une série télé intitulée Victor Lessard qui connaît un succès retentissant au Québec.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
« Violence à ‘origine » est le quatrième volet des enquêtes de Victor Lessard,
J’ai retrouvé avec plaisir le sergent détective Victor Lessard, un policier au profil atypique ainsi que son équipe avec Jacinthe Taillon, sa fidèle coéquipière haute en couleur et au langage fleuri (en québécois), Loïc et Nadja.
Le livre s’ouvre avec les chapitres 48 et 49, au début, j’ai cru qu’il y avait une erreur dans mon livre numérique mais après vérification sur une version papier de la bibliothèque, j’ai compris que c’était normal et que l’auteur nous plongeait au cœur de l’enquête avant des flashbacks et différents points de vue…
La tête d’un commandant de police est découvert dans un conteneur à ordures, un vieil homme recherche désespérément sa fille Myriam, âgée de 20 ans, disparue depuis plusieurs mois, un petit garçon est enlevé puis séquestré par un homme qui se fait passer pour le Père Noël…
En l’absence de son supérieur, Victor Lessart est responsable de la section des crimes majeurs par intérim. Il enquête sur la mort violente du policier haut gradé du SPVM, puis sur une succession de meurtres tous plus horribles les uns que les autres, et sur chaque scène de crimes, un graffiti du meurtrier annonce son prochain crime.
Une construction originale d’une intrigue complexe et truffée de fausses pistes.
Je ne suis pas fan des thrillers sanglants, mais cette série québécoise fait partie des exceptions, les expressions québécoises et les traits d’humour des personnages atténuent efficacement le côté sombre de cette histoire.

Extrait : (début du livre)
La neige tombait dru depuis le milieu de l’après-midi. Marchant sur le trottoir enneigé de la rue Rachel, Maxime Rousseau rentrait chez lui. Il n’avait que deux cents mètres à franchir entre la porte de l’école et celle de la maison. Pour lui faire comprendre qu’il ne fallait jamais parler aux étrangers, sa maman lui avait raconté plusieurs fois une histoire effrayante : celle d’un petit garçon qui avait aperçu le visage du diable en montant dans la voiture d’un inconnu. Pourtant, lorsque l’homme en costume rouge et à la longue barbe blanche l’interpella, l’expression du garçon s’illumina. Le père Noël ! Il saisit la main qui lui était tendue sans se douter un seul instant qu’il venait d’apercevoir le visage du diable. Happées par la bourrasque, les deux silhouettes disparurent au bout du trottoir. On était le 18 décembre 1981. Maxime avait six ans. Sa maman ne le revit jamais.

CHAPITRE 48
Sous terre

Pistolet au poing, Victor Lessard braqua sa lampe de poche dans l’obscurité et se mit à avancer avec prudence dans la canalisation. Devant lui, le faisceau lumineux lécha la paroi de béton couverte de sédiments, puis éclaira l’eau boueuse qui coulait dans le conduit. Une odeur nauséabonde le prit aux narines ; il mordit en grimaçant dans le quartier de citron qu’il tenait coincé entre ses dents. C’était la première fois qu’il descendait dans les égouts et il redoutait d’y croiser des rats.
La voix bourrue de Jacinthe Taillon crépita dans son oreillette.
– Pis ? Vois-tu quelque chose ?
Il entendit le tonnerre gronder en arrière-fond et ne put s’empêcher d’y voir un mauvais présage. Le ciel s’était couvert et un orage se préparait.
Victor recracha le morceau de citron avant de répondre :
– Pas pour l’instant.
Là-haut, Jacinthe supervisait l’opération en attendant l’arrivée des renforts ainsi que des cols bleus chargés de l’entretien des égouts.
– Eille, Lessard… fais attention de pas salir tes runnings neufs. Si y avait juste une crotte dans le désert, tu trouverais le moyen de piler dedans.
Le rire crispé de sa coéquipière vrilla dans son oreillette. Pour détendre l’atmosphère, elle faisait allusion à la paire de Converse de cuir rouge qu’il avait reçue en cadeau pour son anniversaire, dix jours plus tôt. Victor n’eut pas besoin de regarder ses chaussures : l’eau souillée lui montait aux chevilles.
Dès le moment où il avait armé son pistolet, son pouls s’était accéléré, une boule avait grossi dans le creux de son estomac. Il éprouvait le même sentiment chaque fois qu’il dégainait son arme. Et il en connaissait la raison. La peur. Une peur qui, combinée à l’adrénaline giclant dans ses veines, risquait de devenir un cocktail explosif. Il éclaira le haut de la paroi : des concrétions calcaires avaient formé des stalactites. Au fur et à mesure qu’il avançait, la même vision défilait dans le halo de lumière : outre le liquide brunâtre qui s’écoulait dans le cylindre de béton, Victor ne voyait que du vide. Il s’arrêta, prit une grande goulée d’air et bloqua sa respiration. Il savait que l’on finit toujours par extraire quelque chose du vide. Et que lorsqu’on ferme les paupières et que les images se mettent à défiler, des ombres peuvent surgir des ténèbres, se matérialiser. Il réalisait surtout que si on leur ouvrait la porte, ces illusions devenaient des gouffres capables de nous avaler.

Déjà lu du même auteur :

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur Il ne faut pas parler dans l’ascenseur

La-chorale-du-diable La chorale du diable 41XmwAq16zL Je me souviens

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Bondrée – Andrée-A. Michaud

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Éditions Rivages – septembre 2016 – 362 pages

Éditions Rivages – octobre 2017 – 379 pages

Quatrième de couverture :
A l’été 1967, une jeune fille nommée Zaza Mulligan disparaît dans les bois entourant Boundary Pond, un lac situé à la frontière entre le Québec et le Maine, rebaptisé « Bondrée » par un trappeur qui y avait vécu une tragique histoire d’amour. Les recherches s’organisent et Zaza est bientôt retrouvée morte, la jambe prise dans un piège à ours rouillé. L’enquête conclut à un accident. Mais lorsqu’une deuxième jeune fille disparaît à son tour, l’inspecteur Michaud se dit que les profondeurs silencieuses de la forêt recèlent d’autres pièges…

Auteur : Andrée A. Michaud, romancière québécoise de premier plan, est l’auteure de dix ouvrages, dont Le Ravissement (2001, Prix du Gouverneur général du Canada) et Mirror Lake (2007, Prix Ringuet).

Mon avis : (lu en août 2019)
Été 1967, à la frontière entre les États-Unis et le Canada, le lac Boundary, ou Bondrée, fait le bonheur des vacanciers. Un lac entouré d’une forêt profonde où les familles profitent du soleil, de la nature, de la chasse, de la pêche, des apéros et des barbecues…
Parmi eux, il y a Zaza et Sissy, deux jeunes filles insouciantes et libres qui fascinent les plus jeunes comme Andrée et ne laissent pas indifférents les garçons…
Un soir, Zaza disparaît avant d’être retrouvée morte. La victime est américaine et l’enquête est confiée à la police du Maine, en la personne de Stanley Michaud et de Jim Cusack son adjoint. Ils vont vite conclure à une mort accidentelle. Mais l’ambiance a changée autour du lac, angoisse, soupçons, rumeurs, de vieilles histoires ressortent… Et voilà que trois semaines plus tard, une deuxième jeune fille disparaît, le doute n’est plus permis, il s’agit de meurtres…
C’est un roman à plusieurs voix, celle de la petite Andrée, jeune fille de 12 ans qui laisse traîner partout ses yeux et ses oreilles et qui pose des questions naïves qui dérangent, mais aussi celle de l’enquêteur bien décidé à percer le mystère et même celles des victimes et du meurtrier…
Au fil des pages, l’ambiance devient de plus en plus lourde, l’air devient irrespirable dans cet été caniculaire, une sourde anxiété fait place à l’angoisse, l’atmosphère est envoûtante, hypnotique autour du lac, tout est hostile et oppressant.
Le style d’Andrée A. Michaud est particulier, il mêle le français, l’anglais et le québécois, au début, c’est déstabilisant puis je me suis habituée et j’ai beaucoup apprécié.
Les descriptions sont très évocatrices et le personnage d’Andrée tellement attachante !
Une très belle découverte !

Extrait : (début du livre)
Bondrée est un territoire où les ombres résistent aux lumières les plus crues, une enclave dont l’abondante végétation conserve le souvenir des forêts intouchées qui couvraient le continent nord-américain il y a de cela trois ou quatre siècles. Son nom provient d’une déformation de « boundary », frontière. Aucune ligne de démarcation, pourtant, ne signale l’appartenance de ce lieu à un pays autre que celui des forêts tempérées s’étalant du Maine, aux États-Unis, jusqu’au sud-est de la Beauce, au Québec. Boundary est une terre apatride, un no man’s land englobant un lac, Boundary Pond, et une montagne que les chasseurs ont rebaptisée Moose Trap, le Piège de l’orignal, après avoir constaté que les orignaux s’aventurant sur la rive ouest du lac étaient vite piégés au flanc de cette masse de roc escarpée avalant avec la même indifférence les soleils couchants. Bondrée comprend aussi plusieurs hectares de forêt appelés Peter’s Woods, du nom de Pierre Landry, un trappeur canuck installé dans la région au début des années 40 pour fuir la guerre, pour fuir la mort en la donnant. C’est dans cet éden qu’une dizaine d’années plus tard, quelques citadins en mal de silence ont choisi d’ériger des chalets, forçant Landry à se réfugier au fond des bois, jusqu’à ce que la beauté d’une femme nommée Maggie Harrison l’incite à revenir rôder près du lac et que l’engrenage qui allait transformer son paradis en enfer se mette en branle.

Les enfants étaient depuis longtemps couchés quand Zaza Mulligan, le vendredi 21 juillet, s’était engagée dans l’allée menant au chalet de ses parents en fredonnant A Whiter Shade of Pale, propulsé par Procol Harum aux côtés de Lucy in the Sky with Diamonds dans les feux étincelants de l’été 67. Elle avait trop bu, mais elle s’en fichait. Elle aimait voir les objets danser avec elle et les arbres onduler dans la nuit. Elle aimait la langueur de l’alcool, les étranges inclinaisons du sol instable, qui l’obligeaient à lever les bras comme un oiseau déploie ses ailes pour suivre les vents ascendants. Bird, bird, sweet bird, chantait-elle sur un air qui n’avait aucun sens, un air de jeune fille soûle, ses longs bras mimant l’albatros, les oiseaux d’autres cieux tanguant au-dessus des mers déferlantes. Tout bougeait autour d’elle, tout s’animait d’une vie molle, jusqu’à la serrure de la porte d’entrée, dans laquelle elle ne parvenait pas à introduire sa clé. Never mind, car elle n’avait pas vraiment envie de rentrer. La nuit était trop belle, les étoiles trop lumineuses. Elle avait donc rebroussé chemin, retraversé l’allée bordée de cèdres, puis elle avait marché sans autre but que de s’enivrer de son ivresse.

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