Et mes yeux se sont fermés – Patrick Bard

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Syros – aout 2016 – 208 pages

PJK – septembre 2018 – 208 pages

Quatrième  de couverture :
L’histoire d’une adolescente française revenue de Syrie.
A priori, Maëlle n’est pas différente des autres filles de seize ans. Cette année-là, elle passe de plus en plus de temps sur Facebook, abandonne le sport, modifie sa façon de s’habiller, quitte son petit ami… Sans hésitation ni compromis, elle prend un virage à 180 degrés. C’est pour, croit-elle, sauver le monde, qu’elle rejoint l’organisation Daech. Un an plus tard, Maëlle revient pourtant de Syrie.

Auteur : Patrick Bard est romancier, écrivain-voyageur et photojournaliste. Les frontières et la question des femmes sont au centre de son travail. Son premier roman, La frontière, a reçu le prix Michel Lebrun (2002), le prix Brigada 21 (Espagne, 2005) et le Prix Ancres Noires 2006. Il est l’auteur de six romans : Orphelins de sang, sur le trafic d’enfants en Amérique latine, a été récompensé par le Prix Sang d’encre des lycéens 2010 et le Prix Lion noir 2011. En 2015, il a publié Poussières d’exil, couronné par le prix 1001 feuilles noires, et Mon neveu Jeanne, un essai documentaire sur la question du genre. Et mes yeux se sont fermés, paru en 2016, est son premier roman pour les adolescents, dans lequel il raconte l’embrigadement d’une jeune fille partie faire le djihad en Syrie, puis son retour en France.

Mon avis : (lu en juillet 2020)
L’auteur s’est inspiré d’une histoire vraie pour écrire ce livre instructif et très documenté.
Maëlle, 16 ans, est une lycéenne française qui poursuit une scolarité normale. Jeune fille sensible, intelligente, douée pour les études, elle est pourtant révoltée par l’injustice du monde, par la dégradation de l’environnement, par le sort des enfants dans les pays en guerre… Elle a envie d’aider. Mais influencée par Internet et les réseaux sociaux, elle découvre un monde inconnu pour elle et y plonge les yeux fermés, sans discernement et se retrouve quelques mois plus tard… en Syrie ! Et son entourage n’avait rien vu venir…
L’embrigadement de Maëlle, son départ en Syrie et son retour sont racontés par elle-même et par plusieurs personnes de son entourage: Céline, sa mère, Hugo, son premier petit ami, Jeanne, sa sœur, Souad, une camarade de classe, son professeur de français, Redouane, son « mari », Amina, une amie embrigadée en même temps que Maëlle, Aïcha, celle qui aide Maëlle, qui se fait appeler Ayat, dans le lourd et long travail de désembrigadement.
Ce livre est édité dans une collection jeunesse et il est plutôt délicat d’aborder cette thématique sans un accompagnement parental. Une lecture qui fait réfléchir, à partager avec ses jeunes !

Extrait : (début du livre)
Parfois je me demande si je ne suis pas morte. Mais non, je suis vivante, et le bébé qui bouge dans mon ventre est là pour me le rappeler. Je suis vivante, et Redouane est mort. Par la fenêtre, j’aperçois le jardin de notre pavillon, avec ses géraniums, sa pelouse tondue bien ras, son parterre de rosiers fanés. Notre maison ressemble à s’y méprendre à celle de nos voisins de droite et à celle de nos voisins de gauche. Heureusement qu’il y a des numéros sur les portes pour s’y retrouver.
Je contemple cette chambre irréelle. La zone plus claire sur les murs, à l’emplacement des posters de Beyoncé qu’une adolescente que je ne reconnais plus a arrachés.
J’ai envie de sortir. Je n’ai pas le droit. Pas encore. Sauf pour pointer. Matin, midi et soir.
Je longe l’avenue des Tilleuls, je passe devant le marchand de motoculteurs, le gymnase, le magasin de bricolage, la boulangerie, le Café des sports. La gendarmerie, enfin, où je signe ma feuille de présence, matin, midi et soir, soir et matin et midi.
Après ça, je refais le chemin en sens inverse et je rentre. 
L’idée que j’ai été manipulée, c’est ça le plus dur à avaler. Des fois, j’ai envie d’aller sur Facebook, de parler avec mes sœurs pour me rassurer. On faisait ça tout le temps, elles m’entouraient vraiment beaucoup. Mais Maman a coupé ma connexion Internet et je n’ai même plus droit au portable. Confisqué. Je ne me suis jamais sentie aussi seule. Elle ne comprend pas que Maëlle ne reviendra jamais, que je demeurerai Ayat, que c’est pour toujours, à présent.

L’odyssée d’Hakim tome 3 : de la Macédoine à la France – Fabien Toulmé

l'odyssée.d'Hakim Delcourt – juin 2020 – 280 pages

Quatrième de couverture :
– Je suis Syrien et j’arrive de Turquie.
– Wouaaah ! C’est un long voyage, ça.
– Oui, on peut le dire. Je suis parti de chez moi il y a presque 3 ans.
Après leur sauvetage en mer Méditerranée, Hakim et son fils arrivent sur le territoire européen avec beaucoup d’espoir. Pourtant, pour rejoindre la France, le tandem va devoir affronter une nouvelle série d’épreuves faite de centres de rétention, de police frontalière et de xénophobie. Leur courage et la solidarité d’inconnus providentiels suffiront-ils à leur permettre d’atteindre leur destination pour enfin retrouver les leurs ?
Suite et fin de la trilogie de L’Odyssée d’Hakim acclamée par les lecteurs et par la critique qui la décrit comme « captivante », « bouleversante », « intelligente » et même « salutaire ». Fabien Toulmé raconte l’histoire vraie du parcours d’un homme, un réfugié, et de sa famille, arrivés jusqu’à nous parce que la guerre leur avait tout pris.

Auteur : Fabien Toulmé voit le jour en 1980 à Orléans. Passionné de bande dessinée, il décide de suivre de longues et pénibles études d’ingénieur Civil et d’urbanisme afin d’acquérir les bases essentielles de la construction d’une BD. En 2001, il part pour plusieurs mois sous les tropiques (Bénin, Guyane, Brésil, Guadeloupe). Enfin, lassé par l’eau bleue cocotiers, il revient s’installer en France en 2009 à Aix-en-Provence. Depuis il publie castrations et BD dans divers magazines (Lanfeust Mag, Psikopat, Spirou…) ou dans ouvrages collectifs (Alimentation générale, Editions Vide Cocagne, Vivre dessous, Editions Monolosanctis, Les autres gens…). Avec Ce n’est pas toi que j’attendais, il réalise son premier album.

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Voilà la fin de cette formidable trilogie en BD sur l’histoire d’Hakim obligé de fuir son pays, la Syrie, pour garder sa liberté.
Dernière étape du voyage pour Hakim, nous le retrouvons en Macédoine avec son jeune fils Hadi et son périple est loin d’être terminé. Il va devoir traverser la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et la Suisse avant de pouvoir rejoindre sa femme en France. A chaque étape, les obstacles seront nombreux et éprouvants, la faim, le froid, le camp de réfugiés en Hongrie, et toujours la difficulté de trouver de l’eau et des couches pour Hadi, il y a également des rencontres, des belles et des plus difficiles…
Une histoire captivante, émouvante et pleine d’humanité racontée avec honnêteté et simplicité qui nous interpelle et nous donne un autre regard sur les migrants. Un vrai coup de cœur !

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

9782756035505_1_75 Ce n’est pas toi que j’attendais

81qDioikdmL L’Odyssée d’Hakim tome 1 : De la Syrie à la Turquie

71XWBwljfuL L’Odyssée d’Hakim tome 2 : De la Turquie à la Grèce

Petit bac 2020a
(7) Lieu

Jules César – Anne-Dauphine Julliand

71TlwGJJSNL Les Arènes – octobre 2019 – 368 pages

Quatrième de couverture :
Jules-César a presque 7 ans. Il aime sa mère, son frère, sa vie au Sénégal et le baby-foot. Mais son quotidien est compliqué car ses reins ne fonctionnent plus. Seule une greffe pourrait le sauver.
Augustin est fier de sa réussite professionnelle et de sa famille. Tout serait parfait s’il n’y avait ce fils malade, dans lequel il ne se reconnaît pas. Or, il est le seul à pouvoir lui donner un rein. Par devoir et par amour pour sa femme, il accepte de l’emmener en France.
Chapitre après chapitre, alternant les points de vue de Jules-César et d’Augustin, Anne-Dauphine Julliand dévoile l’entrelacs délicat d’une relation entre un père et son fils. Chacun des deux doit vaincre ses peurs et repousser les limites du courage.

Auteur : Anne-Dauphine Julliand est journaliste et vit à Paris.

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Jules-César est un petit garçon de six ans et demi qui vit à Ziguinchor au Sénégal avec ses parents, son frère Simon et sa famille. Ce n’est pas un petit garçon comme les autres : ses reins ne fonctionnent plus et malgré les dialyses hebdomadaires, sa seule chance de retrouver une vie normale, c’est une greffe ! Augustin, son père, est donneur compatible, et pourrait le sauver ! Mais l’opération n’est pas possible au Sénégal et donc pour sauver son enfant, Augustin partira avec Jules-César en France… Le visa touristique de 9 jours qu’ils ont obtenu ne sera pas suffisant pour avoir tous les soins nécessaires… Augustin va se retrouver sans papiers en règle…
Ils seront hébergés chez Tata Rosie à Gentilly, veuve, elle vit seule et travaillant comme aide à la personne.
Cette histoire est avant tout celle d’un père et d’un fils. Loin de sa femme sur le point d’accoucher, déraciné, Augustin va devoir affronter ses peurs, ses doutes, ses angoisses et se battre pour la survie de Jules-César. Derrière une attitude rude et distante, il cache tout l’amour et la générosité qu’il a vis à vis de son fils si courageux.
Autour de tous les deux gravitent une galerie de personnages importants pendant ce séjour parisien : Monsieur Jeanjean, le voisin grincheux de tata Rosie qui va se laisser attendrir par l’énergie positive, la force et l’optimisme du petit garçon, Souleymane le copain de dialyse, Valérie Vallée l’assistante sociale et Nolwenn, l’institutrice hypocondriaque, que Jules-César va finir par réussir à apprivoiser…
Une lecture poignante, pleine d’humanité, de solidarité, d’amitié, de partages et d’amour qui m’a fait passer des larmes au rire. Une vraie leçon de bonheur et de tendresse !

Extrait : (début du livre)
L’enfant ne joue pas. Il regarde seulement. Accroupi sur son ombre, le corps tendu et les mains jointes, il fixe le ballon. « Allez, Simon, allez ! » Dans une supplication muette, il encourage son frère qui s’apprête à tirer un penalty.
La pluie n’est pas encore tombée en cette fin de matinée. Les toits de tôle semblent vibrer sous la chaleur. Dans la rue principale de Ziguinchor, les femmes sortent les poêles et les casseroles et préparent, en éventant le feu, le riz et les pastels frits qu’elles vendront pour le déjeuner. Les enfants du quartier se tiennent à l’écart, au bout d’une impasse, pour jouer au foot. Le sol en terre rouge est grevé de cailloux et de racines, mais ici au moins personne ne vient les déranger. Seules les chèvres s’aventurent là parfois. Il suffit de faire des moulinets avec les bras pour qu’elles s’écartent en bêlant.
Simon et ses copains portent les couleurs du Casa Sports de Ziguinchor. Les autres en face, avec leur tee-shirt du Dakar SC, mènent au score, d’un but. Le penalty de Simon pourrait ramener les équipes à égalité. Juste avant de frapper, il suspend son geste :
« Pause, je vais boire.
– Ça se fait pas ! C’est de la tactique », crient les autres.
Simon n’écoute pas, il rejoint son petit frère sur le bord du terrain et saisit le bidon tiède.
L’enfant lève un regard envieux vers l’eau qui dégouline sur le menton de Simon. Il passe sa langue sur ses lèvres sèches. Il ne doit pas boire, il le sait. Il chasse d’un revers de main un moustique qui l’agace, remonte ses lunettes épaisses et plisse les yeux pour mieux voir quand Simon se positionne devant le point de penalty. À l’instant où son frère frappe le ballon, bruit mat et geste sûr, des cris retentissent au bout de l’impasse. Leur mère accourt, en gesticulant, comme possédée.
« Jules-César, Jules-César, viens ! Vite, rentre à la maison ! Jules-César, tu pars ! Tu pars à Paris ! »
Suzanne attrape l’enfant par la main et le relève. Le stress raidit ses gestes, précipite ses pas.
Sur le chemin de la maison, elle parle à haute voix, pour avertir ceux qu’elle connaît et les autres aussi. « Il part. Ça y est, il part. Le petit va en France. » Chacun peut entendre dans ses mots son angoisse et sa joie. Son ventre lourd de six mois de vie roule à la cadence de ses pas. Elle appelle Amina devant son étal de fruits et tata Albertine qui discute avec d’autres femmes assises sur leur natte décolorée. Toutes deux lui emboîtent le pas.
Simon ferme la marche, en traînant un peu, le ballon sous le bras.

Petit bac 2020a
(5) Personnage célèbre

Quatre filles et quatre garçons – Florence Hinckel

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Talents Hauts Editions – mai 2014 – 570 pages

PJK – mai 2019 – 744 pages

Quatrième de couverture :
Ils sont huit, quatre filles et quatre garçons, amis depuis le début du collège. Pour ne rien oublier de ce qui les unit, ils décident de tenir à tour de rôle le carnet de bord de leurs quinze ans. En vidéo, audio, ou par écrit dans un journal intime, ils vont faire le récit d’une tranche de leur vie, partageant leurs doutes, leurs drames et leurs petites victoires, jusqu’à esquisser ensemble le portrait de leur adolescence.

Auteur : Florence Hinckel est l’autrice de nombreux romans pour enfants et adolescents, qui totalisent 35 prix littéraires (Prix des Incorruptibles, Prix Imaginales collégiens, Prix Futuriales lycéens, Prix RTS de Genève, Prix Ados en colère, Prix Frissons du Vercors, Prix Livre mon ami de Nouvelle-Calédonie…). Son roman le plus récompensé est #Bleue, l’un de ses récits d’anticipation ; son plus grand succès public est Yannis de la série U4, projet collectif original. Ses sagas contemporaines Le Grand Saut et Quatre filles et quatre garçons dressent un portrait sensible de l’adolescence, tandis qu’elle explore l’Histoire au fil d’une aventure loufoque et enlevée avec Les faits et gestes de la famille Papillon, illustré par des photos authentiques.

Mon avis : (lu en juillet 2020)
Voilà un livre pris par hasard à la Bibliothèque pour cet été, c’est l’occasion de découvrir des portraits d’adolescents de 14 à 15 ans qui abordent des problématiques de cet âge comme l’amitié, l’amour, le harcèlement, les rapports aux parents, l’orientation professionnelle et sexuelle, les changements de son corps…
Ils sont huit amis, 4 filles et 4 garçons, depuis la 6ème, ils ont pris l’habitude d’emprunter le bus n°15 pour se rendre au collège et de se retrouver également en dehors. A la veille de leur rentrée en 3ème, ils décident de tenir à tour de rôle un carnet de bord pour raconter leur année scolaire, la dernière avant le lycée !
Ces récits ne seront pas dévoilés aux autres avant quelques années, ainsi chacun est libre de raconter ce qu’il souhaite en utilisant la forme de son choix (journal intime, carnet, lettre, enregistrement, blog…). Les adolescents dévoilent leurs faiblesses, leurs secrets et leurs relations les uns avec les autres.
Joséphine, Benoît, Sarah, Dorian, Justine, Medhi, Clotilde et Corentin ont chacun leur personnalité, leur caractère et c’est très amusant et instructif de suivre leurs aventures à travers le regard de l’un d’entre eux chaque mois de l’année scolaire…
Comme un fil rouge, un neuvième personnage très touchant apparaît d’abord en filigrane, puis de plus en plus…
Une belle découverte.

Extrait : (page 20)
Il a fallu trouver un ordre de passage.Allongés sur la plage, une de celles du milieu de la corniche, à se dorer au soleil, on a réfléchi. On avait étendu nos serviettes colorées en cercle, nos pieds au centre. Autour de nous, le monde constitué d’enfants munis de pelles et de seaux, de vieilles personnes rougies, de gros ventres et de seins nus n’existait pas. Seul comptait le ciel bleu où un petit nuage isolé se prenait pour un grand voyageur courageux.
– Faut le jouer à la courte paille ! a lancé Corentin. […] Résultat des courses : c’est moi qui ai tiré la plus petite. Voilà pourquoi je commence.
Dans l’ordre, suivront Benoît, Sarah, Dorian, Justine, Mehdi, Clotilde, puis Corentin.
– C’est drôle, quand même, a constaté Sarah, ça fait une fille, un garçon, une fille, un garçon…
Je trouvais que c’était bon signe. Signe que notre projet de journal à huit mains avait reçu la bénédiction du hasard. Je sais, j’ai souvent des idées bizarres de ce style.
Deux heures plus tard, le bus s’est arrêté devant nous. Nos cheveux étaient encore mouillés et notre peau salée. Je m’amusais à lécher mon avant-bras : j’adore le goût d’iode. J’ai regardé le gros 15 inscrit sur l’écran lumineux qui surmontait le pare-brise de l’autobus. Je me suis aperçue que c’était dans cette direction que nous allions tous les huit. Fifteen. Vers nos quinze ans.
Le soir même, j’ai acheté avec mon argent de poche un journal intime comme j’en ai eu des dizaines depuis que je sais tenir un stylo. Celui-ci est magnifique, avec une couverture rouge à la texture comme du velours.
Et un petit cadenas doré.

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Petit bac 2020a
(6) Pluriel

 

Nuit – Bernard Minier

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XO – février 2017 – 525 pages

Pocket – février 2018 – 608 pages

Pocket – novembre 2019 – 608 pages

Quatrième de couverture :
Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l’hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur la plate-forme pétrolière. L’inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d’une technicienne de la base offshore. Un homme manque à l’appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz. L’absent s’appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier poursuit depuis des années. Étrangement, sur plusieurs clichés, Martin Servaz apparaît. Kirsten lui tend alors une autre photo. Celle d’un enfant. Au dos, juste un prénom : Gustav.
Pour Kirsten et Martin, c’est le début d’un voyage terrifiant. Avec, au bout de la nuit, le plus redoutable des ennemis.

Auteur : Bernard Minier, né en 1960, originaire de Béziers, a grandi au pied des Pyrénées. Contrôleur principal des douanes, marié et père de deux enfants, il vit aujourd’hui en région parisienne. Son premier roman, Glacé (2011), a reçu le prix du meilleur roman français du Festival Polar de Cognac. Le succès de ses romans suivants, Le Cercle (2012, prix 2013 des bibliothèques et médiathèques de Cognac) et N’éteins pas la lumière (2014), qui mettent à nouveau en scène Martin Servaz, fait de lui un auteur incontournable du polar français. En 2015, il accorde un peu de répit à son héros et publie un thriller indépendant, Une putain d’histoire, qui reçoit le Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac 2015. En 2017, Martin Servaz reprend du service avec l’angoissant Nuit, suivi en 2018 par Sœurs, « un cauchemar écrit à l’encre noire ».

Mon avis : (lu en juin 2020)
Voilà une valeur sûre pour participer (en version de poche) au Challenge Pavé de l’été, devenu cette année 2020 le Challenge Pavévasion…
C’est le quatrième tome de la série « Martin Servaz »
Et cette fois-ci, Martin Servaz fait équipe avec une inspectrice norvégienne, Kirsten Nigaard. Chargée d’enquêter sur le meurtre d’une technicienne sur la plate-forme pétrolière en mer du Nord, au large des côtes de Norvège, elle découvre qu’un homme manque à l’appel : Julian Hirtmann, le tueur en série psychopathe insaisissable que Martin Servaz tente d’attraper depuis des années.
En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos où sur plusieurs d’entre elles, Servaz apparaît et sur une autre un enfant appelé Gustav est présent…
Retour à Saint-Martin-de-Comminges, cette ville fictive au cœur des Pyrénées dans ce thriller efficace et haletant. Hirtmann est toujours extrêmement noir et inquiétant, il apparaît, disparaît semant des indices, des fausses pistes… Et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises !

Extrait : (début du livre)
Elle regarde sa montre. Bientôt minuit.
Train de nuit. Les trains de nuit sont comme des failles dans l’espace-temps, des univers parallèles : la vie tout à coup suspendue, le silence, l’immobilité. Les corps engourdis ; somnolences, rêves, ronflements… Et puis le galop régulier des roues sur les rails, la vitesse qui emporte les corps – ces existences, ces passés et ces avenirs – vers un ailleurs encore dissimulé dans les ténèbres.
Car qui sait ce qui peut advenir entre le point A et le point B ?
Un arbre tombé sur la voie, un voyageur malintentionné, un conducteur somnolent… Elle y songe sans vraiment s’appesantir, plus par désœuvrement que par crainte. Elle est seule dans le wagon depuis Geilo et – pour autant qu’elle a pu en juger – personne n’est monté entre-temps. Ce train s’arrête partout. Asker. Drammen. Hønefoss. Gol. Ål. Parfois dans des gares dont les quais auront bientôt disparu sous la neige, réduites à un ou deux baraquements symboliques, comme à Ustaoset, où est descendue une seule personne. Elle aperçoit des lumières, au loin, dérisoires dans l’immense nuit norvégienne. Quelques maisons isolées qui laissent leurs lampes de seuil allumées toute la nuit.
Personne dans le wagon : on est mercredi. Du jeudi au lundi, l’hiver venu, le train est presque bondé, essentiellement des jeunes et des touristes asiatiques, car il dessert les stations de ski. L’été, les quatre cent quatre-vingt-quatre kilomètres de la ligne Oslo-Bergen ont même la réputation d’être un des chemins de fer les plus spectaculaires au monde, avec ses cent quatre-vingt-deux tunnels, ses viaducs, ses lacs et ses fjords. Mais au cœur de l’automne nordique, par une nuit glaciale comme celle-ci, en milieu de semaine, il n’y a pas âme qui vive. Le silence qui règne d’un bout à l’autre de l’allée centrale, entre les rangées de sièges, est certes un poil oppressant. Comme si un signal d’alarme avait vidé le train à son insu.

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Déjà lu du même auteur :

glac_  Glacé  le_cercle Le cercle neteintpaslalumiere N’éteins pas la lumière

Petit bac 2020a
(6) Couleur

Le Droit chemin tome 1 : Les Enfants terribles – Lupano, Tanco, Lorien

71l7KxlvqpL Delcourt – mai 2011 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Dans un lycée agricole de l’entredeux- guerres qui abrite de la mauvaise graine, quatre ados, orphelins, vivent leurs derniers moments d’insouciance. Peu passionnés par les travaux aux champs, ils rêvent de devenir pilote d’avion ou d’épouser la fougueuse Jeanne, fille de Monsieur le Comte. Il n’en sera rien. Leur goût de la transgression les mènera sur d’autres chemins…

Auteurs : Wilfrid Lupano est né en 1971 à Nantes. Il réside à Pau.
Titulaire d’une licence d’anglais, Wilfrid Lupano a travaillé quinze ans dans le milieu des bars et des boites de nuit avant de se lancer dans l’écriture. Il signe son premier album en 2000 chez Delcourt et développe d’année en année ses qualités de scénariste de BD, au point de délaisser son premier métier. En 2012, il publie son premier roman graphique, Le Singe de Hartlepool, dessiné par Jérémie Moreau, qui obtient le prix des Libraires de bande dessinée et le prix du Château de Cheverny de la bande dessinée historique. C’est avec un polar, Ma révérence, dessiné par Rodguen, qu’il remporte en 2014 le Fauve Polar SNCF au festival d’Angoulême. Suivent la série des Vieux Fourneaux, Un océan d’amour, prix Fnac de la Meilleure Bande Dessinée 2015 et Traquemage, une bande dessinée de rural fantasy (2015). La qualité du travail de Wilfrid Lupano ne cesse de s’imposer dans le monde de la bande dessinée et chacune de ses histoires est attendue avec impatience par les lecteurs.
Né un 14 septembre 1982 à Toulouse dans une famille d’artistes, Morgann Tanco décide de devenir dessinateur de BD en lisant Astérix, Tintin, Spirou et autres Rahan. En 1999, il rencontre Wilfrid Lupano, qui lui donne de précieux conseils pour devenir auteur et, quatre ans plus tard, il lui propose une collaboration qui ne portera ses fruits que l’année suivante, où tous deux signent chez Delcourt. Morgann réside désormais à Nantes, ville qui a inspiré, en très grande partie, les décors de « L’Ivresse des Fantômes ».

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai pris cette BD et sa suite un peu par hasard à la Bibliothèque lors de la phase « juste après confinement » de celle-ci. Je devais réserver mes livres par internet, un peu à l’aveugle car le site ne donnait pas une liste exhaustive du catalogue des livres en rayons et donc à partir d’un moteur de recherche un peu bancale, j’ai emprunté cette série (de 2 bandes dessinées) à partir du tag « Lupano »…
Juin 1929, au cœur de la campagne bordelaise, quatre orphelins se retrouvent dans un lycée agricole mais ils n’ont aucunement la vocation pour le travail des champs et ils rêvent d’un autre avenir, l’un sera pilote d’avion, l’autre se mariera avec Jeanne, la fille du Comte, celle-là même qui les distrait en installant son chevalet à proximité du champ où ils travaillent… Marcel, Jules, Félix et Camille, sont insouciants, liés par une amitié sans faille, intrépides et inventifs ils ne sont pas les derniers à faire tourner en bourrique les éducateurs… Autour d’eux quelques personnages hauts en couleurs comme La Goule, le surveillant, Violette Norris, la grande athlète, et la mystérieuse Jeanne…
Une BD rythmée qui donne envie de découvrir la suite…

Extrait : (début de la BD)

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Petit bac 2020a
(6) Son
Les Enfants terribles est un groupe de chansons créé en 1966

D’un trait de fusain – Cathy Ytak

d-un-trait-de-fusain Talents Hauts – septembre 2017 – 256 pages

Quatrième de couverture :
1992. Mary, Monelle, Julien et Sami sont lycéens dans une école d’art. En cours de dessin, leur modèle préféré s’appelle Joos. Il est jeune, libre et beau. À l’âge des premières expériences amoureuses, l’épidémie de sida s’immisce brutalement dans leurs vies. La plupart des adultes se taisent et semblent ignorer la tragédie. Mary décide de briser le silence, d’affronter le regard de ses parents, de la société, et de s’engager.

Auteure : Après des études de graphisme et de reliure artisanale à l’École Estienne et à tout juste dix-huit ans, Cathy Ytak part au Brésil participer à l’élaboration de matériel pédagogique graphique pour une école rurale.
De retour en France, elle multiplie les petits boulots avant de se diriger vers le journalisme et la traduction. Aujourd’hui, elle écrit des romans, des guides pratiques, et traduit de la littérature contemporaine catalane.

Mon avis : (lu en juillet 2020)
J’ai emprunté ce livre à la Bibliothèque en lisant la quatrième de couverture en diagonale… et les mots suivants « Mary, Monelle, Julien et Sami sont lycéens dans une école d’art. En cours de dessin, » m’ont incité à choisir ce roman qui raconte bien plus que cela !
Marie-Ange, Monelle, Julien et Sami sont quatre copains « lycéens artistes »
plein d’insouciance, ils sont jeunes, ils sont libres, ils aiment se retrouver pour rire aux éclats, jouer au flipper et dessiner ! En cours de nus, ils font la connaissance de Joos, le modèle, un jeune hollandais, très beau, libre dans son corps et dans sa tête… Monelle et Julien se sont déjà rapprochés et très vite Sami et Joos sont attirés l’un par l’autre. Marie-Ange est également troublée par le jeune hollandais mais elle ne le dévoile pas trop préoccupée par des parents trop strictes à l’esprit étriqué. Marie-Ange compte surtout les jours avant sa majorité pour pouvoir quitter le foyer familiale qui l’étouffe !
Les premiers mois sont heureux et l’avenir s’annonce plein de promesses… Mais nous sommes en 1992 et le mot « séropositif » s’invite dans l’histoire, la sexualité devient dangereuse, les amis sont face à l’inconnu, à la peur, à la maladie, à la mort…
Les quatre amis et Joos vont réagir chacun différemment, l’un va s’éloigner, des liens d’amitié vont se renforcer, certains vont s’engager et s’investir auprès de l’association Act Up…
Ce roman d’un réalisme fort est à la fois beau, triste et touchant.
Une très belle découverte pour ne pas oublier que le Sida fait toujours trop de morts…

Extrait : (début du livre)
Le fond de l’estrade est tapissé de noir. Encadré d’un côté par un radiateur à roulettes peint de couleur sombre, et de l’autre par un mince couloir de toile faisant office de loge ou de coulisse.
La femme s’y est glissée, le temps de s’y déshabiller à l’abri des regards.
Elle réapparaît quelques instants plus tard dans un peignoir bleu délavé, serré à la taille. Chaussons d’hôtel un peu crasseux. Tête baissée, les yeux fixant le sol.
Les élèves se sont tus. Mme Pontevin s’impatiente et frappe dans ses mains.
– On y va !
Le peignoir tombe sans grâce sur un silence tendu. Fin du strip-tease.
Marie-Ange empoigne son crayon, arrête son geste un instant, dévie son regard. Attirée, aimantée, comme vingt-cinq paires d’yeux adolescents par ce triangle noir entre des cuisses maigres.
Ce qu’on ne connaît pas des femmes. Ce qu’on ne connaît pas des autres.
En vrai. A quelques mètres.
Marie-Ange pense : trop nue, puis se cabre à cette idée d’indécence.
Derrière elle, un garçon ricane pour mieux masquer sa gêne :
– Si c’est pas la femme de ma vie, ça…
Julien enchaîne :
– T’aurais pu la choisir plus sexy !
Mme Pontevin montre quelques signes d’énervement. C’est chaque fois la même chose. Mais la nudité n’est jamais anodine lorsqu’elle se dévoile, et c’est la première fois pour un certain nombre de ses élèves, qu’ils aient seize ou dix-sept ans.
Sami opte pour une concentration extrême qui l’isole des commentaires et des rires étouffés.

Petit bac 2020a
(5) Objet

Victor Kessler n’a pas tout dit – Cathy Bonidan

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

61uINTW9uSL La Martinière – juin 2020 – 400 pages

Quatrième de couverture :
LA VÉRITÉ N’EST JAMAIS LÀ OÙ ON L’ATTEND.
La brume des Vosges cache bien des secrets. Bertille le sait : elle les a fuis. Retranchée à Paris dans une vie solitaire, la jeune femme a enterré ses souvenirs. Jusqu’au jour où sa vie bascule. Quelques pages trouvées dans le cabas d’un vieil homme la réveillent d’un coup : il s’agit d’une confession, écrite par un certain Victor Kessler. Car le 17 novembre 1973, quarante-cinq ans plus tôt, le corps d’un enfant de dix ans a été repêché dans un lac près de Saintes-Fosses. L’instituteur du village est le coupable idéal : Victor Kessler, lui-même.
Fascinée par l’affaire, poussée par Victor, Bertille part en quête de la vérité. Mais, à la recherche des démons du vieil homme, ne finira-t-elle pas par croiser les siens, enfouis dans les forêts vosgiennes ? Et toujours cette même question : parler ou se taire ?

Auteure : Cathy Bonidan écrit depuis l’âge de quatorze ans. Elle est institutrice à Vannes. Son premier roman, Le Parfum de l’hellébore (2017), a reçu onze prix littéraires. Les droits de son second roman, Chambre 128 (2019), ont été vendus dans sept pays, dont les États-Unis.

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai eu la belle surprise de recevoir le troisième roman de Cathy Bonidan mi-juin. J’avais beaucoup aimé ces deux premiers et celui est également très réussi. Écrit comme un polar, j’ai lu ce roman presque d’une traite.
Victor et Bertille sont des personnages attachants et un peu malmenés par la vie. Ils vont se rencontrer dans un supermarché…
Enquêtrice pour un institut de sondages, Bertille tente de remplir des questionnaires sans grand intérêt dans les supermarchés. Alors qu’elle aborde un vieux monsieur avec un cabas, celui-ci fait un malaise et doit être amené à l’hôpital. Bertille a gardé le cabas et découvre dans la doublure une cinquantaine de pages griffonnées. Il s’agit d’une confession manuscrite inachevée d’un certain Victor Kessler. En 1973, dans un petit village des Vosges, le meurtre d’un enfant a été commis. Instituteur débutant de l’école communale, le jeune Victor Kessler est le coupable idéal. Il est jugé en assises, il ne se défend pas et Victor Kessler a choisi de se taire…
Bertille est une jeune femme blessée et fragile, touchée par l’histoire de Victor, elle décide de retourner dans le petit village des Vosges, tout près du lieu où elle-même a grandi pour y mener sa propre enquête. C’est l’occasion pour Bertille de faire quelques rencontres et d’affronter les souvenirs douloureux de son enfance…
Entre passé et présent, le lecteur est happé par un roman plein de rebondissements qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page !

Merci aux éditions de La Martinière pour cet envoi surprise !

Extrait : (début du livre)
La tranquillité est un don du ciel. Il ne faut pas croire qu’elle va de soi. Je n’aurais pas imaginé, à vingt ans, que je regret­terais un jour les ruelles de mon village, le paysage monotone des forêts dans la brume et la répétition inlassable des jours sans aspérités. Je pense à tout ce qu’on a écrit sur moi depuis le début de cette histoire. Les journalistes se sont régalés. C’est leur métier. Mais jamais, non jamais, je n’ai lu un résumé limpide des événements. L’exercice est périlleux, car les faits sont troublés par le filtre des souvenirs. Les sentiments eux aussi ont pollué le terrain. Au fil des interrogatoires, les visages d’autrefois ont revêtu un masque que je dois leur ôter pour retrou­ver l’innocence des premiers jours. Quand personne ne s’intéressait à la couleur d’une voiture, à la fraîcheur de l’eau, au rire de Céline. Je dois oublier les remords et la souffrance pour me rappeler le jeune homme que j’étais alors. Me revoir, si jeune et si confiant, anonyme et pourtant certain qu’un destin extraordinaire m’attendait. J’avais raison. En quelque sorte.

Dimanche 3 décembre 2017
Le supermarché tremble sous les pas des clients. La tête dans les préparatifs des fêtes de Noël, le consommateur est du genre pressé. Dans la galerie marchande, une femme blonde avance à contre‑courant. Son cou long et obstiné brave le flot des clients, mais chaque mouvement est hésitant et ressemble à une excuse. Impossible de distinguer la couleur des yeux qu’elle garde baissés sur ses notes. Comme toutes les personnes que l’on croise dans la vraie vie, elle est insipide. Si on la catapultait dans un feuilleton télévisé diffusé à l’heure du dîner, elle serait maquillée, habillée avec des vêtements colorés qui relèveraient son teint pâle. Alors elle serait belle, sans doute, et les téléspectateurs envieraient son aisance et sa simplicité. Mais, sous l’éclairage cru des néons qui accentuent ses cernes, l’enfant qu’elle était transparaît en filigrane. Une petite fille sage, en apparence attentive, épaules rentrées pour limiter la place qu’elle occupe au troisième rang de la classe.Pour l’instant, sa poitrine se soulève à un rythme trop rapide tandis qu’elle relit avec application les différents points du questionnaire :
– Caractéristiques du consommateur : niveau social, sexe, âge
– Motifs de fréquentation : proximité, prix, équipements de la galerie
– Rythmes de fréquentation
– Pratiques du consommateur : chariots pleins ou courses d’appoint (moins de 10 articles), seul ou en famille
– Utilisation des divers équipements de la galerie : coiffeur, Photomaton, café…
– Circulation dans le magasin : liste définie ou promenade aléatoire
– Appréciation globale des consommateurs notée de 1 à 10

Déjà lu du même auteur :

114130196 Le parfum de l’hellébore

chambre128 Chambre 128

Petit bac 2020a
(7) Prénom

Sauveur & Fils saison 5 – Marie-Aude Murail

91id2wkWgOL École des Loisirs – septembre 2019 – 320 pages

Quatrième de couverture :
« Chacun de nos actes a trois motivations, celle qu’on avoue aux autres, celle qu’on n’avoue qu’à soi, celle qu’on ne s’avoue même pas. » Marie-Aude Murail, dans cette saison 5, va nous le prouver ! Deux années ont passé depuis la saison 4, et pendant ce temps, que sont devenus Blandine et Margaux Carré, Samuel Cahen, Lionel et Maïlys, Ella-Elliot, Frédérique Jovanovic ? Et la famille recomposée de Sauveur ? Et puis, comme à chaque saison, de nouveaux personnages vont faire leur entrée, Louane et ses animaux de soutien émotionnel, Madame Tapin qui, à 81 ans découvre le féminisme… Une nouvelle fois, le cabinet de consultation de monsieur Saint-Yves nous ouvre ses portes.

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s’est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l’émotion et de l’amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t’aime (2013).

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai toujours autant de plaisir à suivre les différents épisodes de la série « Sauveur & Fils », nous voilà à la 5ème saison.
Sauveur est psychologue clinicien à Orléans, d’origine martiniquaise, veuf, après avoir élevé seul son fils Lazare, il a créé une famille recomposée avec Louise, son amoureuse, et ses deux enfants : Paul, copain inséparable de Lazare, et Alice, sa grande sœur. Sans oublier, Gabin, l’adolescent dont la mère est malade et Jovo, l’ancien légionnaire SDF, qui fait office de grand-père… Louise et Sauveur songent à avoir un bébé.
Côté professionnel, le lecteur découvre les différents patients du psychologue et leurs questionnements, problèmes et évolutions… Des adultes, des enfants, ils sont souvent très attachants et qui nous fait réfléchir sur des sujets très actuels et variés. Nous retrouvons la petite Maïlys et son père, les sœurs Margaux et Blandine, Samuel, Solo le gardien prison, Elliot et bien sûr de nouveaux patients… Les hamsters sont toujours présents dans la maison et dans le cabinet de Sauveur auprès de ses patients.
Une série qui fait du bien, avec beaucoup d’humanité, d’empathie, de bienveillance et également de l’humour !
Un tome 6 est prévu pour août 2020.

Extrait : (début du livre)
Semaine du 4 au 10 janvier 2016
– Pourquoi on est là, au fait ?

– Mais tu sais bien, c’est le docteur qui t’a dit de voir ce psy.
– Mais j’ai rien à lui dire. Comment il s’appelle déjà ?
– Sauveur Saint-Yves.
Le jeune homme passa la main sur la barbe mousseuse et clairsemée qui lui envahissait les joues et le cou comme de la mauvaise herbe.
– Je lui dis quoi ?
– Mais tu sais bien, dit sa mère. Que tu dors pas. Que tu sors pas. Que tu es toujours sur tes jeux.
– Il va me répondre : achète-toi une vie.
Tous les deux parlaient à voix basse, avec les précautions qu’on prend dans la chambre d’un grand malade qui s’est endormi malgré la souffrance.
– Monsieur Luciani ?
Le jeune homme tressaillit. Comme il ne sortait plus de sa chambre, personne ne l’interpellait de cette façon. Il tourna la tête vers la porte qui venait de s’ouvrir et eut un regard d’ébahissement qui le fit paraître très enfantin, très démuni. Il s’attendait à voir un docteur dans le style de Dubois-Guérin, son médecin généraliste, un petit moustachu ratatiné derrière son bureau. Mais ce psychologue de quartier était un grand Noir décontracté dans un costard avec chemise blanche au col ouvert.
– Si vous voulez bien me suivre ? dit-il avec un discret signe de tête pour saluer la femme.
Il leur fit traverser le couloir qui séparait la salle d’attente de son cabinet de consultation. D’ordinaire, les nouveaux patients jetaient autour d’eux un bref regard d’inspection. Mais le jeune homme se tint immobile près d’un fauteuil, les yeux dans le vide.
– Asseyez-vous, l’invita Sauveur. Vous aussi, madame.
Madame Luciani posa son sac et son manteau sur le canapé et s’assit. C’était une petite femme au teint olivâtre, des cernes noirs lui creusant les yeux. Ses cheveux mal coupés, qui avaient été d’un noir de jais, grisonnaient à la racine.
– C’est moi qui vous ai appelé la semaine dernière pour prendre un rendez-vous pour mon fils.
– Mm, mm.
– Sur le conseil de mon généraliste.
– D’accord.
Silence. Lourde respiration du jeune homme. Il déplaça son corps dans le fauteuil comme un dormeur se retourne sur son matelas.
– Et vous, monsieur ? le sollicita Sauveur.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin

92806891 3000 façons de dire je t’aime 

114911377 Sauveur et fils – saison 1 117081217 Sauveur & Fils – saison 2 

51dQo72i0DL Sauveur et Fils saison 3 41mFka+jzUL Sauveur & Fils saison 4

Petit bac 2020a
(5) Mot au pluriel

 

Tyler Cross – tome 3 : Miami – Fabien Nury et Brüno

61ptfbgS8eL Dargaud – mars 2018 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Nous avions quitté un Tyler Cross fatigué mais libre après son évasion du centre pénitentiaire d’Angola. Nous le retrouvons fringuant et en chemisette à fleurs sous le soleil de Floride. Entraîné malgré lui par son avocat véreux, Tyler s’immerge dans le monde poisseux de la promotion immobilière. Et se concentre sur un objectif alléchant : un braquage de 700 000 dollars. Dans cette nouvelle affaire criminelle, Tyler Cross rencontre une alliée surprenante en la personne de Shirley Axelrod, apparemment normale, mais qui apprend vite. Très vite.

Auteurs : Né en 1975, Brüno commence ses études à l’école Estienne, à Paris, avant d’obtenir une maîtrise d’arts plastiques à Rennes. En 2001, il publie le premier tome de Nemo, libre adaptation de vingt mille lieux sous les mers. À partir de 2003, il publie avec Fatima Ammari-B une série policière, Inner City Blues, puis anime sur Internet de 2003 à 2006 avec Pascal Jousselin un feuilleton à quatre mains, les aventures de Michel Swing. En 2007, il publie avec Appollo chez Dargaud biotope et la série commando colonial, puis en 2011 avec Fabien Nury Atar Cull ou le destin d’un esclave modèle.
Fabien Nury est né en 1976. Il se lance dans la bande dessinée en 2003, encouragé par le scénariste Xavier Dorison, avec lequel il travaille sur w.e.s.t. De 2004 à 2007, il signe la série fantastique je suis légion, avec le dessinateur John Cassaday, avant d’écrire le scénario d’il était une fois en France, dessiné par Sylvain Vallée (prix de la meilleure série à Angoulême en 2011). Chez Dargaud, il publie deux séries, le maître de Benson Gate (avec Renaud Carreta) et la mort de Staline (avec Thierry Robin), avant de travailler avec le dessinateur Brüno sur Atar Cull.

Mon avis : (lu en juin 2020)
J’ai un peu oublié les deux précédents tomes de la série, mais cela n’a aucune importance pour découvrir ce troisième tome.
Tyler Cross est recherché dans cinq États américains et la mafia a mis sa tête à prix… Le voilà sous le soleil de Floride, à Miami, venu rechercher la somme de 720000 dollars qu’il avait confié à son avocat. Ce dernier, Sid Kabikoff, ex-bagnard devenu un avocat véreux, pensant son client mort dans un incendie, a investi la somme dans un projet immobilier. Tyler Cross est bien décidé à récupérer son dû… Une ambiance de polar des années 50, un style cinématographique, une sombre affaire immobilière, des assassinats, de la mafia cubaine, des trahisons, des magouilles financières… Une intrigue rythmée, efficace avec des rebondissements. J’ai passé un très bon moment en compagnie de cette BD.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

tyler-cross-tome-1-tyler-cross Tyler Cross Couv_251488 Tyler Cross – tome 2 : Angola