Les Discrètes paroles de Bretonnes… – Anne Lecourt

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Ouest-France – septembre 2019 – 285 pages

Ouest-France – 22 septembre 2017 – 256 pages

Quatrième de couverture :
Des histoires de femmes. Un recueil de confidences. Quinze voix sorties de l’ombre que l’auteure s’est efforcée d’accompagner le mieux possible. Des voix précieuses et chères, celles de nos mères, de nos grands-mères. Une parole silencieuse, qui se livre pour la première fois, et qui, entre rires et larmes, raconte la vie ordinaire des femmes dans cette Bretagne d’alors. Du côté de Loudéac, de Rennes, de Lorient, de Gourin, de Brest, de Quimper, de Tréguier et de Nantes. Il y a celle qui conduit le camion, celle qui travaille à la chaîne, celle qui s’embarque pour le Maroc, celle qui baragouine à New York. Il y a l’étrangère – la Normande -, la femme de marin, la danseuse du dimanche, la syndicaliste, la petite vendeuse du Bon Marché, la cheftaine et la patronne de bistro. Aucune ne se résigne à une place choisie par d’autres, toutes, sans jamais rompre avec la tradition, inventent leur vie, contournent les obstacles, bousculent les conventions. Et les hommes.

Auteure : Anne Lecourt vit et travaille à Pleumeleuc. Traductrice de métier, elle s’intéresse tout spécialement aux question de patrimoine et d’identité bretonne et participe activement à la vie associative, littéraire et musicale de la communauté de Montfort-sur-Meu depuis une dizaine d’années. Elle a publié un premier ouvrage local intitulé « Elles qui disent », dont les contenus pour l’essentiel sont repris ici.

Mon avis : (lu en janvier 2021)
Anne Lecourt, l’auteure, est allée à la rencontre de 15 femmes pour qu’elles témoignent sur leur condition de femmes. Elle nous fait donc une série de portraits de quinze femmes de conditions modestes, avec des vies ordinaires, qui sont originaires essentiellement d’Ille-et-Vilaine mais également du Trégor, de Cornouaille, du Léon, de Nantes… Élevées à la dure, elles ont entre quinze et vingt ans à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, elles n’ont pas choisi leur avenir, elles ont souvent été obligées d’arrêter les études pour travailler, pour s’occuper de leur famille, leurs destins ont été dictés par la tradition, les circonstances familiales, économiques…
Albertine, Françoise, Clémentine, Suzanne, Madeleine, Anne, Marie, Paule, Monique, Agnès, Marcelle, Yvette, Janet, Elisa et Roberte se sont forgées de solide personnalité, elles se racontent dans leur vie, en famille, dans le travail de la terre, de la mer ou à l’usine, leur rapport avec le syndicalisme, l’école et l’église et parfois leur exil hors de la Bretagne…
C’est instructif et très intéressant de découvrir une époque et la condition de la femme, à travers ses parcours de vie et les combats menés pour faire évoluer les choses pour les générations futures. Même si elles n’avaient pas choisi leur destin, ces femmes ont su le prendre en main et s’affirmer chacune à leur façon.

Extrait : (début du livre)
Guetter le tout premier frémissement. Apprendre la patience, saisir l’instant, encourager d’un regard. Observer, retenir. Laisser venir. Un voile dans la voix, la crispation d’une lèvre, l’irritation d’une tasse vite reposée, une bouche qui se cache pour sourire, l’ébauche d’un geste, une main, qui corrige, qui écarte, ou qui retombe, sans rien livrer. Je me suis beaucoup attachée aux mains. Parce que le regard ne tient pas en place et qu’il sait aussi promener son monde là où il veut, tandis qu’une main s’abandonne, se laisse déchiffrer plus volontiers. Elles n’étaient plus de première jeunesse ces mains, toutes pareillement polies et tavelées, où les veines saillantes comme des chemins de vie m’évoquaient à l’envers nos chemins de terre creux, reliques d’un monde ancien et cloisonné, tout en force et en mots empesés, décliné à contretemps du temps aujourd’hui à l’œuvre. Des mains emportées et volubiles, des mains habituées à se faire obéir ou, au contraire, depuis toujours résignées à se taire, des mains sages comme des images, croisées, enfantines, sur la toile cirée, dociles comme le vieux chien sous la table, des mains agacées d’un rien, passant et repassant là où le propos démange. Soudain une ombre. Celle du souvenir, de la perte, du regret.

Petit Bac 2021
(1) Adjectif

Dans les geôles de Sibérie – Yoann Barbereau

81PotSM0qqL Stock – février 2020 – 323 pages

Quatrième de couverture :
« La scène se joue non loin du lac Baïkal, où je vis, où j’aime, où j’ai la chance d’être aimé, à Irkoutsk, capitale de la Sibérie orientale. Des hommes cagoulés surgissent, c’est le matin. Ma fille crie. Elle a cinq ans. Je suis arrêté sous ses yeux, frappé ensuite avec science, interrogé, mais surtout frappé de ce mot ignominieux qu’il m’est pénible d’écrire : pédophilie. Sous les cagoules et dans l’ombre, des hommes veulent ma peau. Ils ont enclenché une mécanique de destruction, grossière et implacable, elle porte un nom, je le connais, le mot a été inventé par le KGB : Kompromat.
Dans les geôles de Sibérie, je tente de comprendre. Dans l’hôpital psychiatrique où je suis plus tard enfermé, je tente de comprendre. On me promet quinze années de camp à régime sévère. L’histoire de mes évasions peut commencer.
Nommer les personnages et les lieux importe peu. Je n’ai rien inventé. C’est un film, et ce n’en est pas un. C’est un roman, et ce n’en est pas un. Ce qui importe, c’est le moment de beauté où la littérature rend la vie plus intéressante que la littérature, ce qu’il faut, c’est l’attraper comme on attrape un poignard. La meute lancée à mes trousses craignait que tout finisse dans un livre. Le voilà. »

Auteur :Yoann Barbereau est né en 1978. Après des études de philosophie, il enseigne à Paris. Il a travaillé près de dix ans en Russie, où il a notamment dirigé l’Alliance française d’Irkoutsk. Il a publié des textes en revue (artpress, Revue d’esthétique…) et une traduction du Journal de prison du poète russe Igor Gouberman (Joca Seria, 2020).

Mon avis : (lu en janvier 2021)
Ce livre n’est pas un roman, mais le témoignage de Yoann Barbereau, directeur de l’Alliance Française à Irkoutsk qui a été piégé et arrêté par le FSB (les services de renseignement russes). C’est une histoire incroyable, un vrai roman d’espionnage : en février 2015, il est brutalement arrêté pour des accusations de pédophilie montées de toutes pièces. Il est d’abord emprisonné pendant 71 jours dans la prison d’Irkoutsk, puis sera interné dans un hôpital psychiatrique 3 semaines pour subir des tests psychologiques. Il est ensuite assigné à résidence avec un bracelet électronique en attendant un hypothétique procès… Voyant que cela s’éternise et que les autorités françaises ne lui viennent pas en aide, Yoann Barbereau prépare lui-même son départ et réussi à tromper la surveillance pour s’évader de Sibérie jusqu’à l’ambassade de France à Moscou. Il pense alors que bientôt il pourra retourner en France et revoir les siens… Mais l’aventure se poursuit, en effet pendant 14 mois, il se retrouve prisonnier de l’Ambassade de France, cloîtré dans une chambre de 15 m². Trop préoccupés par leur plan de carrière les autorités de l’ambassade, ceux ne font rien. Considéré comme un « colis encombrant », il ne faut pas que l’on sache qu’il est réfugié à l’ambassade. Lorsque Yoann apprend sa condamnation par contumace à 15 ans de camp de travail, il décide de nouveau, de s’enfuir pour gagner l’Europe et réussit enfin à rejoindre la France en novembre 2017.
Un témoignage palpitant, très bien écrit. Victime d’un kompromat, Yoann n’a rien inventé et puisque ses accusateurs n’avaient qu’une crainte que son histoire se termine dans un livre…  Nous devenons également des témoins de ce qui s’est passé en Sibérie…

Extrait : (début du livre)
Tiens, des mots bruissent dans ma tête de taulard.
Une voix dit :
« Il l’ignore, pourtant, celui qui n’a pas senti le gel prendre sur sa peau n’est que l’ébauche d’un homme. »
La formule est un peu sèche, un peu raide, sentencieuse. Sortie de la bouche d’Alexandre, ce jour-là, elle était juste. Elle sonnait. Nous étions au bord du lac, dans une cabane qui aurait pu être un décor de cinéma. Température extérieure : – 41 °C. Le poêle réchauffait les corps à l’excès. J’étais en nage.
J’étais en forme. Viktor me servit une goutte de vodka dans un gobelet en argent dont il était très fier. Alexandre fit l’impasse. Il y avait la cabane, les bûches sagement empilées près du poêle, quelques flammèches, l’odeur du bois, du poisson, les petits gobelets et la fenêtre qui nous happait. Pris entre les falaises, la forêt et le lac glacés, nous goûtions une forme de félicité au milieu de nulle part – aucune route et pas âme qui vive à moins de dix heures de marche. Le gel est entré dans la conversation, je m’en souviens. Alexandre était cramoisi, mais des phrases limpides sortaient de sa barbe poivre et sel. Je les entends du fond de ma geôle.
« L’expérience du gel est une mise en question. C’est la mise à l’épreuve de ce qu’un homme sait du fait d’être. »
Nous étions prêts. Nous avons avalé les derniers morceaux de poisson fumé et pris la direction du lac. Trois moujiks déterminés sur la glace du Baïkal. Le ciel était d’un bleu catégorique, la lumière finement ajustée. Tout concourait à rendre notre expédition théâtrale. Les petits gobelets d’argent avaient leur part, sans doute.
Il y avait surtout le lac.

Petit Bac 2021
(1) Lieu

Boza ! – Ulrich Cabrel & Étienne Longueville

boza Philippe Rey – février 2020 – 378 pages

Quatrième de couverture :
Le périple bouleversant d’un adolescent migrant à la conquête de sa liberté.
 » Tu veux savoir ce qui m’a conduit à prendre la route de l’exil à quinze ans ? D’accord, je vais tout te confier et tu vas être renversé. Tu es prévenu ! Mes mots seront durs, car la réalité est brutale. Mais je vais aussi te faire rire, je suis beau gosse et j’ai la tchatche. Je te demande une seule chose : ne me juge pas, ça n’a pas de sens d’appliquer ta morale à ma vie.  »
Né dans un bidonville de la banlieue de Douala au Cameroun, Petit Wat est un adolescent haut en couleurs qui fait les quatre cents coups avec ses copains. Mais, sans avenir chez lui, il prend la douloureuse décision de partir pour accomplir son rêve : faire un boza, passer en Europe.
Avec un sac à dos troué et une immense foi en lui-même, Petit Wat découvre de nombreux dangers. Abandonné par un passeur aux portes du Niger, il doit affronter ghettos et déserts. Arrivé au Maroc, il rejoint des centaines de jeunes déshérités qui s’organisent pour affronter le  » Monstre-à-Trois-Têtes  » : des barrières massives séparant l’Afrique de l’Europe. Pourront-ils vraiment passer de l’autre côté ?
Dans Boza !, Ulrich Cabrel et Étienne Longueville proposent un regard inédit sur les réalités migratoires. La verve des personnages et l’humour du narrateur contrastent avec les enfers qu’ils traversent, offrant à ce roman d’aventures une tonalité et un rythme captivants.

Auteurs : Ulrich Cabrel est un Camerounais de dix-huit ans. Ayant lui-même dû quitter son pays, seul, il a vécu de l’intérieur cette redoutable traversée.
Étienne Longueville est bénévole dans une association qui accueille et accompagne les jeunes réfugiés. Il a été l’un des hébergeurs solidaires d’Ulrich Cabrel lors de son arrivée en Bretagne.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
J’ai découvert ce livre grâce à une vidéo Brut sur facebook .
C’est une histoire vraie qui se lit comme un roman d’aventure. A 15 ans, Ulrich alias, Petit Wat, vit avec sa famille dans un bidonville de la banlieue de Douala au Cameroun mais même s’il est le seul de chez à avoir eu le privilège de poursuivre l’école jusqu’au collège, ses parents ne peuvent plus payer ses études. Il décide donc de partir pour l’Europe avec comme rêve de voir la tour Eiffel, reprendre le lycée et passer son baccalauréat !
Poussé par ce rêve et l’envie de s’en sortir, partir semble facile… Mais Petit Wat va vite prendre conscience de la réalité de l’exil, il perd ses repères, se retrouve confronté à la violence et surtout au manque d’argent… Sa progression et sa vie est à la merci des passeurs et des marchands d’esclaves, il doit tout monnayer, sa nourriture, un lit, les véhicules pour avancer, la police pour traverser les frontières… Petit Wat est déterminé et malgré les obstacles, il continuera à avancer…
Avec un langage coloré, et son vocabulaire d’argot local, Petit Wat nous raconte les péripéties de son voyage à travers l’Afrique : Niger, Nigeria, Algérie, Maroc, enclave espagnole de Melilla puis l’Europe : Espagne puis la France. Avec toute sa vérité, sa sincérité et son humour pour mieux supporter toutes les épreuves qu’il a traversé durant 15 mois. Ulrich raconte également comment il a été accueilli en France, les premières nuits dehors puis l’accueil dans plusieurs familles bretonnes
et sa rencontre avec Étienne Longueville.
On ne peut être que touché et admiratif devant le récit de cet adolescent tchatcheur et déterminé. L’écouter et le voir dans les deux vidéos est un plus !

Extrait : (début du livre)
Tu veux savoir pourquoi je suis parti ? Comprendre ce qui m’a conduit à quitter mon pays et prendre la route de l’exil à quinze ans ? Mieux connaître le jeune que tu accueilles chez toi, histoire de te rassurer ?
D’accord, je te raconte ; mais crois-moi, je ne fais jamais les choses à moitié. Je vais tout te confier et tu vas être renversé. Tu es prévenu ! N’oublie jamais que ce ne sont pas mes mots qui sont durs, c’est la réalité qui est brutale. Promis, je vais aussi te faire rire, je suis beau gosse et j’ai la tchatche. Je te demande une seule chose : ne me juge pas, ça n’a pas de sens d’appliquer ta morale à ma vie. Déjà, arrête de me parler de choix, je n’ai rien décidé, il n’y avait pas d’alternative. Toi-même, peux-tu affirmer avec certitude que tu aurais agi différemment si tu avais été à ma place ? Une fois que je t’aurai tout dit, tu me répondras.
D’abord, tu dois comprendre d’où je viens. Je te présente Bonaloka, un des bidonvilles les plus paumés, crades et dangereux d’Afrique, à quelques kilomètres du centre de Douala au Cameroun. Près de dix mille familles sans le sou y vivent, entassées dans des vieilles baraques dont les toits s’arrachent à la première pluie. Les maisons mal emboîtées tombent les unes sur les autres. Tout le monde s’épie et se contrôle. Les gens vivent à dix dans deux pièces. Le son des bars et des soûlards pénètre à travers les planches dans chaque taudis. Les « sanitaires » sont dehors, et on va puiser l’eau tous les matins au puits, à la force des bras. Bienvenue chez moi.
Ici, tu trouves de tout : des drogués, des paumés, des accros au jeu, des dealers, des filles de joie, des bandes organisées ou des passeurs. Le quartier est contrôlé par les « Russes », des petites frappes armées de couteaux, qui agressent la population en pleine rue et en plein jour, sans pitié ni scrupule. La police est réfugiée dans son commissariat. Si tu veux porter plainte, tu devras payer pour qu’on prenne ta déposition, et prier pour qu’on ne te livre pas aux Russes.
Mon pote, un conseil : ne t’aventure jamais seul dans ce labyrinthe, tu te retrouverais à poil en quelques secondes.

Cartoville New York 2020 – Collectif

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61OV1x5p8CL Gallimard – janvier 2020 –

Quatrième de couverture :
Statue de la Liberté, Empire State Building, Met et MoMA, Central Park, High Line, comédies musicales à Broadway, rooftops vertigineux, friperies et boutiques de créateurs, bagels et burgers, balade au fil de l’eau à Brooklyn ou échappée à Coney Island: suivez le guide !
• Un concept unique : des cartes grand format dépliables par quartier
• Les incontournables, visites, sorties et shopping localisés sur les cartes
• Des parcours et des balades hors des sentiers battus.

Auteurs : Collectif

Mon avis : (exploré en mars 2020)
Voilà un guide avec cartes et plans en un.
Tout commence avec Les incontournables (Statue of Liberty / Ellis Island, Worl Trade Center, Empire State  Building, The High Line, Firth Avenue, Museum of Modern Art (MoMA), Central Park, Metropolitan Museum of Art (Met), Guggenheim Museum, Brooklyn).
Puis New York en 3 jours, un programme pour découvrir l’essentiel de la ville pendant un grand week-end.
Puis 10 idées pour découvrir New York autrement, des idées tendances, découvrir du street art, balades, idées pour se nourrir, pour voir un spectacle, passer une soirée…
Quelques bons plans pour découvrir New York, gratuitement ou à petits prix.
Puis c’est une présentation générale des différents quartiers (ils sont 10), et pour chacun d’eux, des adresses de restaurants, cafés, bars, pour faire du shopping et en dépliant la page, on dévoile un plan détaillé avec les curiosités à visiter.
Ensuite il y a la proposition de 3 balades : Downtown art tour, Manhattan fait son cinéma et Brooklyn au fil de l’eau puis quelques échappées à 1 ou 2 heures de New York, Flushing Meadows-Corona Park, Bronx Park, Coney Island, Long Beach…
A la fin du guide, on trouve un carnet pratique avec l’essentielle des infos pour un séjour à New York : calendrier, transports, hébergement, lexique français – anglais…
Enfin, un index des adresses et lieux de visite présents sur les plans.
Pratique et facile à mettre dans une poche grâce à son format (12 cm x 17 cm), mais en contrepartie, la police d’écriture est vraiment très petite… et certains plans (métro et de bus à Manhattan, dernière page du guide) totalement illisibles, une loupe n’étant pas fournie !

Remarque :
J’ai trouvé une incohérence (à propos de l’échelle) sur le plan « Se repérer à New York »(cf. extrait 1), qui est plutôt un tableau d’assemblage des différents plans plus précis des quartiers de New York.

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L’échelle graphique : 1 cm = 750 m et le texte en dessous, « 1/70 000 – 1 cm = 700 m » sont incohérents…
L’erreur n’est pas grave puisqu’il s’agit d’un tableau d’assemblage et que l’on mesure rarement une distance sur ce genre de plan…

Extrait : (cliquez sur chaque image pour agrandir)

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Petit bac 2020a(x) Lieu

 

Les vrais chiffres de la start-up nation – DataYolo

Lu en partenariat avec Les Liens qui Libèrent

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Les Liens qui Libèrent – novembre 2019 – 109 pages

Quatrième de couverture :
Du dessin de presse qui aurait mangé un rapport de l’Insee (ou l’inverse). Quel meilleur format pourrait-on imaginer pour analyser la naissance de la start-up nation ? La Macronie regorge depuis ses débuts de déclarations et situations sur lesquelles les meilleurs analystes de DataYolo se sont penchés avec gourmandise. Mais les graphiques présentés dans ce livre, dont les ingrédients sont avant tout l’ironie et les jeux de mots, ambitionnent aussi de pointer une certaine part de vérité…

Auteur : Journaliste depuis plus de 10 ans, Sophie Gindensperger, alias DataYolo, a notamment travaillé pour Arrêt sur images et Libération. Passionnée par le dessin et l’illustration, elle a lancé DataYolo comme un défi amusant, et s’est rapidement prise au jeu, encouragée par son addiction à l’actualité et aux réseaux sociaux.

Mon avis : (lu en décembre 2019)
En mars 2016, Sophie Gindensperger lançait DataYolo sur les réseaux sociaux. L’idée était de commenter l’actualité avec un dessin de presse représentant une courbe, un camembert ou un histogramme illustrant des statistiques plus ou moins sérieuses…
Ce livre, sur le même modèle, analyse avec humour ou pas, l’avènement de la Macronie à travers ses actions et ses petites phrases…
Ce livre est en cinq parties, aux titres plutôt évocateurs…
– Et en même temps
– Des gaulois réfractaires au changement
– Au lieu de foutre le bordel
– Les gens qui réussissent
– Make our planet great again

Sur la page de gauche, une déclaration du Président ou d’un homme politique ou une citation de presse et sur la page de droite, celle-ci est traduite en un graphique expressif et efficace.
« 
Mieux vaut un bon dessin qu’un long discours » !

Merci Anne et les éditions Les Liens qui Libèrent pour cette découverte qui donne à réfléchir tout en nous amusant !

Extrait :

«Whirlpool à Amiens : itinéraire d’un sauvetage devenu fiasco», Libération, 31 mai 2019.

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« C’est quoi ce “président jupitérien” que Macron entend incarner ? »,
Ouest-France, 18 mai 2017.

jupiterslate

« Ce que vous proposez, comme d’habitude, c’est de la poudre de perlimpinpin », Emmanuel Macron lors du débat d’entre-deux-tours face à Marine Le Pen, 3 mai 2017.

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« Gilets jaunes : les irréductibles des ronds-points », France Info, 16 décembre 2018.

slatesignalisation

« Nous rebâtirons la cathédrale Notre-Dame plus belle encore, d’ici cinq années », Emmanuel Macron, 16 avril 2019.

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20 histoires pour vivre ensemble – Pierre Gemme

Lu en partenariat avec Flammarion Jeunesse

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Père Castor / Flammarion Jeunesse – septembre 2019 – 144 pages

Illustrations Jules

Quatrième de couverture :
Dans la classe de Madame Angèle, ils sont vingt. Vingt enfants aux origines et caractères divers.
Racisme, harcèlement, handicap, égalité filles-garçons, défense de l’environnement… Vingt thèmes sont abordés et encouragent la tolérance, la solidarité, l’empathie… pour grandir heureux, ensemble  !

Auteur : Pierre Gemme est écrivain, membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse, et membre de la Société des Gens de Lettres. Auteur chez Flammarion jeunesse de la collection «L’école des dinos», il anime des ateliers d’écriture et participe à de nombreux salons. 

Illustratrice : Jules a été graphiste dans l’édition jeunesse avant de devenir illustratrice. Son dernier ouvrage publié « Les Princesses ont les cheveux jusqu’aux fesses ».

Mon avis : (lu en septembre 2019)
Voilà un livre qui raconte 20 histoires pour apprendre à bien vivre ensemble, à l’école et dans la vie. Ils sont 20 élèves dans la classe de Madame Angèle, vingt enfants d’origines différentes, garçons et filles, de caractères divers… Louane a un fauteuil roulant, Fatou est originaire du Cameroun, Brenda aime commander, Eric est en surpoids…
Les enfants se disputent, discutent et s’interrogent sur beaucoup de sujets : le sexisme, environnement, le racisme, le handicap, la solidarité, le harcèlement, la religion, les préjugés…
Les 20 histoires sont l’occasion d’aborder 20 thématiques, sans stigmatiser ou dramatiser une situation. Elles encouragent plutôt à la solidarité, à la tolérance et à l’empathie.
C’est tellement mieux d’apprendre à vivre et à grandir ensemble !
Cet ouvrage est à lire comme un grand roman ou alors en piochant histoire par histoire pour aborder un sujet particulier avec des enfants à partir de 8 ans.
En bonus, à la fin de chacune des histoires, il y a des informations documentaires, des quizz, des questions pour encourager réflexions et débats…

Merci Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour ce roman documentaire pédagogique et positif autour du vivre ensemble.

Extrait : (quelques pages)

 

Le Monde selon Guirec et Monique – Guirec Soudée

Lu dans le cadre de Masse Critique Babelio

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Quatrième de couverture :
Jeune Breton qui n’a jamais connu d’autre terrain de jeux que l’océan, Guirec Soudée écume les mers du globe avec pour seule compagnie une poule, Monique. Ensemble, ils ont traversé l’Atlantique, rallié le Groenland, affronté 130 jours emprisonnés au coeur de la banquise, franchi le périlleux passage du Nord-Ouest, mis les voiles pour le Grand Sud, essuyé des tempêtes dans les plus extrêmes latitudes, passé le cap Horn, rejoint l’Antarctique avant d’amorcer un long retour jusqu’en Bretagne. L’histoire incroyable d’un garçon opiniâtre, qui n’attend pas que ses rêves se dessinent à l’horizon, et d’une poule, concentré de fantaisie et de courage, qui offre un œuf par jour à l’aventurier.

Auteur : Guirec Soudée est originaire de la petite île d’Yvinec dans les Côtes-d’Armor. À 21 ans, convaincu qu’il vaut mieux vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie, il quitte tout pour faire le tour du monde en solitaire, à bord d’un voilier de 10 mètres, fort de beaucoup d’humour et de ténacité.

Mon avis : (lu en juillet 2019)
J’ai dévoré avec plaisir le récit de voyage de ce jeune Breton qui avait décidé de quitter sa petite île bretonne, Yvinec (Côtes-d’Amor) avec son voilier pour aller explorer le Monde.
Depuis tout petit, il connaît la mer autour de son île ou de sa chère Bretagne… mais il est néophyte pour partir bien plus loin… Guidec a des rêves d’aventures, et il va les réaliser en prenant son temps… En décembre 2012, il met toutes ses économies pour acheter son petit voilier en Méditerranée, avec l’aide de deux copains il va le remonter chez lui, ce premier voyage et la préparation de son grand départ seront plus difficiles que prévu. Guidec doit alterner des petits boulots pour renflouer ses finances et la préparation de son bateau qui n’était pas en si bon état que cela… Mi-novembre 2013, il quitte Yvinec pour les Antilles, il y aura quelques haltes techniques dans le sud Finistère, puis en Espagne et au Portugal avant Madère en mars 2013… puis Les Canaries avec l’arrivée d’une coéquipière à bord, Monique (ou Momo) une poule rousse qui lui tiendra compagnie pendant son périple en solitaire et lui offrira un œuf presque tout les jours !   
Après la traversée de l’Atlantique et quelques mois passés sous les tropiques, Guidec fait route vers le Grand Nord et le Groenland, il rêve d’hiverner là-bas, le voilier pris dans la banquise… Il longera ensuite la côte arctique canadienne et franchira le périlleux passage du Nord-Ouest. Puis direction le Grand Sud, avec les pires tempêtes, Guidec et Monique passeront le cap Horn, avant de rejoindre l’Antarctique, puis un petit tour vers le Cap de Bonne Espérance avant le long retour jusqu’en Bretagne en repassant par les Antilles. En décembre 2018, Guidec et Monique mettent pieds (ou pattes) à terre à Yvinec après un long voyage de 5 ans !
Entre rêves et réalités, Guidec et Monique vont vivre des moments intenses, dangereux, cocasses, faire de nombreuses rencontres…
Entre l’insouciance, le courage et la détermination de Guidec, la fantaisie et la capacité d’adaptation de Momo,  merci de nous faire partager ce fabuleux voyage, ces paysages incroyables, ces conditions météorologiques difficiles ou splendides.

Merci Babelio, pour ce voyage par procuration !

Et pour en savoir plus sur Guidec et Monique et admirer de nombreuses photos de ce beau voyage…

Extrait : (début du livre)
Regarde bien, Monique, nous on est là. Ça s’appelle l’île de Vancouver. C’est beau, hein ? Et tout en haut ? C’est le Groenland ! La baie de Disko, qu’est-ce qu’on a pu rigoler là-bas tous les deux… Même si on s’est gelé les plumes, on peut dire qu’on a eu de sacrés coups de chaud ! Tu te souviens ? Alors maintenant, Momo, suis bien mon doigt. Voilà. Tu vois tout ce bleu ? C’est l’océan Pacifique. Et tous ces petits points au milieu du bleu ? Des îles. Arrête de gigoter, Momo, écoute-moi. Donc ça, c’est la Polynésie. Un endroit où les colliers sont faits de fleurs, où ça sent bon la vanille et la noix de coco. On y va. Ce sera un long voyage, Monique, un long voyage. Mais au bout, on trouvera de l’eau turquoise et du sable blanc très doux, comme chez moi à Yvinec, mon île bretonne. Je t’y emmènerai un jour. La Polynésie, ça nous fera du bien après la glace. Tu verras, c’est un peu comme chez toi, à Tenerife, ton île des Canaries. Dans ce paradis, tu pourras attraper tous les poissons que tu voudras. Et puis on fera de la planche, du paddle et même du kite et, promis, on ne s’envolera pas trop haut ! Alors, qu’est-ce que tu en dis ?

*

Nous ne sommes pas allés au paradis. Là-bas, ils n’ont pas voulu de nous. Enfin, c’est de toi qu’ils ne voulaient pas. Et moi, je n’irai nulle part sans toi.
Mais ce n’est pas grave, on en trouvera un autre de paradis.

carte_guidecCarte du voyage de Guidec et Monique

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Tous dehors ! En bord de mer – Patrick Luneau

Lu dans le cadre de Masse Critique Babelio

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Editions de la Salamandre – mai 2019 – 140 pages

Quatrième de couverture :
Tous Dehors ! C’est une multitude de bonnes raisons à donner aux enfants pour sortir et profiter du grand air. Tous dehors ! en bord de mer rassemble de nombreuses activités
récréatives pour chaque âge à faire sur les plages, parmi les rochers et les dunes, les pieds dans le sable ou dans l’eau salée.

Construisez votre sous-marin, produisez votre sel, cherchez les larmes
de sirène, interrogez le sable, sculptez la seiche, consultez météo
algue… Le bord de mer est le lieu idéal pour transformer vos balades
avec les enfants en aventures.
Tous dehors ! en bord de mer est là pour aider parents, grands- parents mais aussi animateurs et éducateurs. Il s’agit alors de donner de bonnes raisons aux enfants pour sortir et profiter
du grand air. Chaque ouvrage est conçu comme un guide d’activités expliquées pas
à pas au moyen de photos authentiques et d’explications simples.
Découvrir l’escargot des dunes, distinguer la mouette du goéland…Déguster la laitue de mer, faire du beurre de crevette… Fabriquer un sablier, dessaler l’eau de mer… Jouer au golf des sables… Pratiquer le recycl-art, sauver les dunes… Autant d’activités qui saurontt séduire toute la famille et les éducateurs !

Auteur : A la fois cinéaste animalier, animateur nature, formateur et auteur, Patrick  Luneau a eu l’occasion d’imaginer et de tester durant 20 ans des centaines d’activités nature avec des enfants. Son ambition ? Sortir des sentiers battus, nous ouvrir des pistes inédites, créatives et ludiques qui amuseront autant les enfants que les adultes. 

Mon avis : (lu en juin 2019)
Le titre « Tous dehors ! En bord de mer » et le sous titre « 60 activités nature en famille » résument parfaitement le but de ce livre.
Le bord de la mer est un vrai terrain d’aventure et ce livre propose des activités pour les tranches d’âge « jusqu’à 3 ans », « de 4 à 7 ans » et « de 8 à 12 ans », avec 7 grandes directions pour partir à la découverte et s’amuser :
– Explorer : découvrez l’escargot des dunes, distinguez la mouette du goéland…
– Savourer : dégustez la laitue de mer, faites du beurre de crevette…
– Inventer : dessalez l’eau de mer, fabriquez un sablier…
– Se bidonner : faites carnavalgue, jouez au golf des sables…
– Aider la nature : pratiquez le recycl-art, sauvez les dunes…
– Se poser : réalisez un alguier, mariez l’eau et le sable…
– Tous dedans : créez une tortue de mer, faites danser le sel…

Que le bord de mer soit la plage, les rochers, le rivage, des dunes, du sable, des galets, il y a de nombreuses possibilités de s’amuser en famille et en plein air tout en découvrant un monde fabuleux…
A la fin du livre, se trouvent deux index bien pratiques : l’un avec les activités classées par tranche d’âges et le second avec les activités classées par saison.

Extrait :

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petit bac 2019(5) Lieu

Geneviève de Gaulle, Les yeux ouverts – Bernadette Pécassou

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Lu en partenariat avec Babelio et Calmann Lévy

71hC2zqyH-L Calmann Lévy – mars 2019 – 320 pages

Quatrième de couverture :
Nièce du général, bien moins connue que cet oncle qui l’aimait beaucoup, Geneviève de Gaulle-Anthonioz a pourtant tracé un chemin exemplaire.
À 20 ans, résistante déportée à Ravensbrück, elle fait l’expérience de la fraternité, de la solidarité qui sauve. De ces heures noires et d’un inébranlable sens du devoir et de la justice, elle tire la force de dédier sa vie à la défense des plus pauvres. Engagée pendant trente ans auprès d’eux à travers ATD Quart Monde, elle est aussi, ce qu’on ignore, à l’origine de la loi anti-exclusion adoptée par le Parlement en 1998.
Voici donc le portrait intime d’une Française courageuse, d’une « petite dame » à la volonté d’acier, d’une épouse amoureuse et mère attentive, d’une femme entière qui, face aux injustices, a toujours refusé de détourner le regard.

Auteur : Journaliste, réalisatrice et romancière, Bernadette Pécassou-Camebrac a réuni documentation, rencontres et souffle romanesque pour écrire cette biographie. Elle est aussi l’auteure de nombreux romans à succès dont La Belle Chocolatière, La Dernière Bagnarde et, tout dernièrement, L‘Hôtelière du Gallia-Londres.

Mon avis : (lu en mars 2019)
Avant de lire cette biographie, je connaissais un peu Geneviève de Gaulle-Anthonioz, comme nièce du Général de Gaulle, comme résistante ayant été déportée et surtout pour son engagement à ATD Quart Monde.
J’ai le souvenir de quelques interventions à la télévision de cette petite dame d’une grande classe, avec ses petites lunettes, d’une voix douce mais ferme.
J’ai vraiment lu, comme un roman, cette biographie passionnante et instructive et découvert avec bonheur cette femme de volonté et d’engagement.
Les mots en exergue sur la couverture de ce livre : « Résister, s’engager, lutter, s’entraider, croire, servir, aimer » définissent parfaitement Geneviève de Gaulle-Anthonioz.
Elle a 20 ans, en 1940, lorsqu’elle s’engage dans la Résistance. En 1944, Geneviève de Gaulle est déportée à Ravensbrück où elle rencontrera Germaine Tillion et la fraternité des camps en tissant des liens de solidarités entre les détenues. Au retour, avec ses sœurs de captivité, Geneviève de Gaulle est membre actif de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR) qui organise l’accueil  et le suivi des déportées au retour des camps.
Le principal combat de Geneviève Anthonioz-de Gaulle sera surtout son engagement contre la misère et la pauvreté. En octobre 1958, elle rencontre le Père Joseph Wresinski, il est l’aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand, là-bas, elle est choquée par « l’odeur de la misère », tout comme au camp de Ravensbrück. Son engagement à ATD-Quart Monde est alors une évidence et lorsque Geneviève de Gaulle-Anthonioz sera nommée en 1988 au Conseil économique et social, elle mènera pendant 10 ans un combat acharné pour l’adoption d’une loi d’orientation contre la grande pauvreté.
Infatigable pour mener de nombreux combats justes pour autrui, effacée et modeste, à travers cette biographie passionnante, Geneviève de Gaulle-Anthonioz mérite vraiment à être mieux connue.
Merci Babelio et Calmann Lévy pour cette très belle découverte.

 

Extrait : (début du livre)
— Voulez-vous m’épouser ?
Geneviève vient de le demander en mariage en plongeant son regard dans le sien, et Bernard Anthonioz accuse le coup. Il se demande s’il a bien entendu, bien compris.
« L’honneur, c’est comme l’amour, disait-on dans la famille de Gaulle en citant Bernanos, c’est un instinct. »

Comme le matin où, jeune étudiante à Rennes, elle a arraché le drapeau allemand sur le pont Saint-Georges parce qu’il était inacceptable de le voir flotter au vent de France, son instinct a dit à Geneviève de Gaulle que ce jeune homme au regard intense et aux doux yeux bruns était celui qu’elle aimerait toujours. Alors sans hésitation ni calcul elle a fait sa demande. Maintenant, une inquiétude voile son regard fier. Que va-t-il répondre. Et s’il refusait ? Car le jeune homme reste muet.
Troublée, elle ne voit pas à quel point elle l’a déstabilisé. Ils se connaissent depuis peu, et s’il éprouve déjà des sentiments à son égard, il est moins rapide qu’elle sur ce genre de question. Les mots ne viennent pas. Un vent glacial siffle à leurs oreilles et les passants pressent le pas sur ce pont du Mont-Blanc au beau milieu duquel ils se sont arrêtés. Les voitures filent à vive allure. Il voudrait qu’elle parle pour sortir de cette situation. Mais Geneviève ne bouge pas, ne baisse pas les yeux. Elle attend. Garder une telle fermeté en pareille situation n’est pas donné à tout le monde. Bernard Anthonioz savait que Geneviève de Gaulle n’était pas n’importe qui, mais il découvre à quel point sa personnalité est forte. Il s’interroge. Par son parcours, par la façon dont elle a traversé les nombreux drames de sa jeune vie sans perdre confiance en l’humanité, par ce tempérament hors normes dont elle vient à l’instant de lui donner une preuve qui le laisse sans voix, elle le déstabilise et le bouleverse. Mais ce n’est pas pour autant qu’il va dire « oui » tout de suite. Ce genre de décision ne se prend pas sous le coup d’un moment d’émotion. Sur ses épaules pèse une lourde charge. Orphelin de père, il est l’unique soutien de sa mère et de sa petite sœur. Il a un petit salaire et ne voit pas comment il pourrait subvenir aux besoins d’une deuxième famille. Et il y a autre chose, une autre raison qui le retient… Il ne comprend pas pourquoi Geneviève l’a choisi, lui, sans grade et sans fortune, alors que les plus grandes familles françaises se pressent autour de cette jolie nièce du général Charles de Gaulle, honneur de la France résistante. Il sait qu’elle a refusé deux partis prestigieux que sa tante Yvonne de Gaulle lui a déjà présentés. Un officier et un historien, tous deux issus de grandes familles. « Elle n’en a pas voulu pour une raison simple, elle n’était pas amoureuse. Tel que tu es, tu peux comprendre ça, non ? » lui a répondu Germaine Tillion, leur amie commune, quand il s’en est inquiété auprès d’elle.

petit bac 2019(2) Partie du corps

Sur la route des Invisibles : Femmes dans la rue – Claire Lajeunie

9782841868025r  Michalon – septembre 2015 – 208 pages

Quatrième de couverture :
« Aujourd’hui, je vois des femmes SDF partout, à chaque coin de rue… Ces invisibles, je les ai pourtant longtemps cherchées pour évaluer et valider cette incroyable donnée : en France, 40% des SDF sont des femmes, deux sur cinq ! Au premier regard, elles n’ont pas l’air de sans-abri, sont correctement habillées, semblent prendre soin d’elles tout en essayant de gommer leur féminité afin de se protéger.
Pour rendre visible cette réalité sociale méconnue, je suis partie à leur recherche. J’ai passé cinq mois avec ces oubliées, sur les trottoirs parisiens, dans les gares, les bus, les parkings souterrains, les associations. En plein hiver, pour tenter de comprendre comment elles ont basculé et comment elles survivent. Elles s’appellent Catherine, Julie, Anna, Sophie… Certaines ont vingt ans,d ‘autres approchent la soixantaine… Autant de parcours singuliers, qui m’ont particulièrement touchée. »
Une « immersion » dans le quotidien de ces invisibles, un livre de rencontres et d’impressions, né d’un documentaire réalisé pour France 5 et aujourd’hui adapté au cinéma.

Auteur : Claire Lajeunie est réalisatrice et productrice. Elle vit à Paris. La question des marginaux, des laissés-pour-compte est l’un de ses thèmes de prédilection. Elle a notamment réalisé « Les bébés secoués » pour France 2, « Que faire de nos fous ? » et « Enfants martyrs » pour France 3. Son dernier documentaire pour France 5, intitulé « Pauvres de nous », dévoile, de l’adolescence à la retraite, le visage sans compromis de la pauvreté. 
Elle a collaboré à l’écriture du scénario du film « Les Invisibles ».

Mon avis : (lu en février 2019)
C’est grâce à la promotion du film « Les Invisibles » que j’ai découvert ce livre.
La journaliste-réalisatrice Claire Lajeunie a voulu rencontrer ces « Invisibles », ces femmes sans-domicile fixe qui se cachent pour survivre. Elle a passé cinq mois avec ces oubliées, Julie, Anna, Catherine, Sophie… Elle les a approché dans les gares, sur les trottoirs parisiens, dans le métro, les bus, les parkings souterrains ou dans des associations. Elle voulait essayer de comprendre comment elles ont basculé et comment elles arrivent à survivre. Elles sont très jeunes ou approchent la soixantaine…Ce livre nous raconte la vie quotidienne difficile de ces femmes qui n’ont plus rien et qui tentent de lutter pour garder dignité et espoir de s’en sortir. C’est la réalité et l’on voit également tout le travail de bénévoles et d’associations qui chaque jour, sans se résigner, tentent d’apporter du réconfort à celles et ceux devenus invisibles. Leurs histoires sont très différentes et l’on peut pas ne pas être touché. L’écriture est simple, directe, sans pathos.

Claire Lajeunie donne un visage à celles que l’on voit sans regarder à travers son livre mais également son documentaire diffusé sur France 5 en septembre 2015.

Extrait : (début du livre)
Avant propos
Depuis quinze ans, au fil de nombreux documentaires, je raconte le monde à ma façon : l’adoption, les bébés secoués, la violence routière, la psychiatrie, la maltraitance infantile… Ces sujets me passionnent et me permettent de plonger dans des univers interdits. On me dit souvent que ce sont des thèmes durs et graves, mais je sais qu’ils m’ont aussi beaucoup apporté. J’ai appris à relativiser mes petits problèmes et me suis construite grâce à toutes les personnes que j’ai rencontrées. Je pense souvent à elles. Ce sont leurs paroles et la force de leurs témoignages qui sont ma source d’énergie. J’ai été une des premières à parler du syndrome des bébés secoués. Dix ans après, j’ai retrouvé des enfants qui allaient mieux. Ce premier documentaire, que j’ai réalisé à l’hôpital Necker, a développé chez moi l’envie d’infiltrer des milieux un peu hors normes, d’aborder des sujets tabous, souvent douloureux. Un métier riche en émotions, qui me pousse à chercher toujours un peu plus loin pour raconter des histoires fortes et donner la parole à ceux qui souffrent en silence.
A chaque fois, je change de peau, j’usurpe une identité; je suis devenue presque «schizophrène». Un jour, je suis infirmière à l’hôpital Necker de Paris, un autre, policière à la Brigade des mineurs de Lille. Ce dédoublement de personnalité me fait avancer. Il n’est pas question de réparer des douleurs passées, enfouies, une enfance difficile. J’ai beau creuser, aucun traumatisme qui l’expliquerait. Je crois qu’on peut être attiré vers la souffrance sans l’avoir forcément vécue personnellement. J’aime les gens avec des failles et des faiblesses. Je veux dénoncer l’injustice. J’aurais pu être «psy», j’ai choisi d’être réalisatrice. À 13 ans, je savais déjà que je voulais faire ce métier.
Il y a trois ans, j’ai enquêté sur les familles monoparentales, du côté de ces femmes qui élèvent seules leurs enfants et qui vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 000 euros par mois, des mères courages. J’ai vu des femmes qui étaient sur le «fil», prêtes à basculer à la moindre embûche. Des histoires de vies qui nous parlent.
J’ai eu alors envie d’aller plus loin, de trouver celles qui avaient perdu pied. Avec une obsession : tordre le cou aux idées reçues et montrer qu’on peut vivre dans la rue sans être dans la caricature de l’alcool et de la folie, même si ça existe. On peut «tomber dans la rue» et avoir eu une vie avant, parler plusieurs langues ou avoir fait des études.
Et si un jour, c’était moi ?