Rotterdam, un séjour à fleur d’eau – Emmanuel Lemaire

  Delcourt – mars 2016 – 128 pages

Quatrième de couverture :
Échoué à Rotterdam pour un an. Emmanuel Lemaire prend son mal en patience et sa bicyclette pour découvrir cette ville en perpétuelle extension.

Auteur : Emmanuel Lemaire vit à Rouen, où il est bibliothécaire le jour et dessinateur la nuit. Il a écrit un premier album autobiographique, Rotterdam, une ville au fil de l’eau ainsi que des œuvres consacrées à la Normandie et Si j’avais rencontré les Frères Lumières.

Mon avis : (lu en juin 2021)
Après avoir découvert Emmanuel Lemaire avec sa BD : Ma voisine est indonésienne, j’ai voulu lire une de ses BD précédente : Rotterdam, un séjour à fleur d’eau. L’auteur est venu habiter à Rotterdam pour quelques mois, pour rejoindre sa « chérie » en mission de huit mois dans un projet d’extension d’une raffinerie.
Dans un carnet de voyage, Emmanuel Lemaire nous raconte son quotidien et la découverte de cette ville ultramoderne, en perpétuelle extension à l’occasion de ses escapades en vélo.
Le couple habite un appartement dans un quartier neuf de Rotterdam, au pied de l’immeuble, une école et sa cour de récréation très bruyante rythme ses journées de travail à sa table de dessin… Nous découvrons le Jour de la Reine, Keukenhof ou le royaume de la tulipe, le vélo hollandais, le port avec ses grues et ses conteneurs, les frites avec double couche de mayonnaise, le Carnaval caribéen, la ville géométrique, toute plate avec ses canaux, ses ponts et ses buildings…

Même si cette ville est ultra-moderne et froide, cette balade au bord de l’eau est instructive, pleine de poésie et d’humour…

Extrait : (début de la BD)

 

Déjà lu du même auteur :

Ma voisine est indonésienne

Petit Bac 2021
(5) Lieu

La recomposition des mondes – Alessandro Pignocchi

71QN3iX+IuL Seuil – avril 2019 – 128 pages

Quatrième de couverture :
Que se trame-t-il exactement sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes ?
Notre anthropologue dessinateur mène l’enquête : s’agit-il d’un kyste peuplé de hippies violents ? Trop drogués pour comprendre qu’il faut partir puisque le projet d’aéroport est abandonné ? Ou de l’avant-poste, en Occident, d’un nouveau rapport au monde, affranchi de la distinction entre Nature et Culture ?
L’enquête emprunte des chemins imprévisibles sur ce bocage qui, d’emblée, nous absorbe, nous transforme et recompose les liens que nous entretenons avec les plantes, les animaux et le territoire.

Auteur : Ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie, Alessandro Pignocchi s’est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique, Anent. Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis), raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l’anthropologue Philippe Descola. Dans les deux suivants, Petit traité d’écologie sauvage et La Cosmologie du futur, il décrit un monde où l’animisme des Indiens d’Amazonie est devenu la pensée dominante, et où un anthropologue jivaro tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale.

Mon avis : (lu en mai 2021)
Cette BD est comme un reportage complet sur la ZAD de Notre-Dame des Landes vu de l’intérieur. Nous découvrons que la ZAD n’est pas seulement un combat entre les pour et les opposants au nouvel aéroport, mais également une zone d’intérêt écologique et des militants qui essayent d’inventer un nouveau monde et un avenir meilleur. L’auteur donne la parole à chacun des protagonistes : zadistes, policiers, paysans…
C’est bien documenté, complet et très intéressant.
C’est très différent de ce que les médias ont voulu montrer.
Le dessin est également très réussi avec de très belles aquarelles.

Extrait :

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Petit Bac 2021(4) Lieu

Palais Bourbon – Kokopello

 Dargaud – janvier 2021 – 136 pages

Quatrième de couverture :
L’Assemblée Nationale, comment ça marche ? C’est à cette question que répond Kokopello après une vaste enquête au Palais Bourbon, qui consista aussi à suivre des députés dans leur réalité quotidienne. L’auteur décrypte et montre le fonctionnement de l’institution que tout le monde pense connaître. Travail en commission, en circonscription, débat, coulisses, organisation, équipements, rien n’a échappé à l’œil et au crayon acérés de Kokopello.

Auteur : Né le 2 décembre 1991, Kokopello entreprend des études de cinéma à l’université Paris VIII avant d’entrer comme éditeur vidéo chez Lobster films, une société de restauration de films anciens. Éditeur de films le jour, il devient dessinateur politique de nuit. Durant la campagne présidentielle, il se fait passer pour un militant lambda et parvient à infiltrer les cinq principales équipes de campagne. Pendant plusieurs mois, il croque la course à l’Élysée vue du côté des militants et dessine pour la presse. La campagne terminée, Kokopello se lance un nouveau défi : infiltrer l’Assemblée nationale. Il se rend aux séances publiques le soir et caricature les députés. Son travail est remarqué par quelques élus et après de nombreuses semaines sur les bancs de l’hémicycle, il obtient un badge qui lui permet de circuler librement dans le palais Bourbon. Une nouvelle aventure est née. 

Mon avis : (lu en mai 2021)
Dans cette BD, l’auteur a voulu nous faire découvrir les coulisses de l’Assemblée nationale ou du Palais Bourbon, avec ses codes, ses traditions, le travail des députés… L’auteur se met en scène lors de son enquête aussi bien au Palais Bourbon qu’aux côtés de plusieurs députés dans leurs différents travaux et déplacements.
Clémentine Autain posant la première pierre symbolique d’un pôle universitaire à Sevran, puis parcourant sa circonscription de Seine-Saint-Denis où elle est à l’écoute des problèmes du quotidien de ses administrés.
Cédric Villani recevant dans sa permanence parlementaire à Orsay dans l’Essonne.
François Rufin recevant une association d’agriculteurs dans son bureau de l’Assemblée, et quelques jours plus tard rencontrant des gilets jaunes entre Amiens et Abbeville.
Charles de Courson, député expert, élu depuis 26 ans siégeant à la commission des finances.
La permanence de Jean Lassalle à Oloron-Sainte-Marie est presque un musée dédié au député le plus fantasque… Avant de le rencontrer sur sa terre natale, notre reporter va rencontrer sa mère qui est également un sacré personnage ! Bien nourri, Kokopello va aider à rentrer les poules puis Marie l’envoie chercher les brebis… Ensuite il accompagnera

Jean Lassalle dans sa circonscription qui compte 219 communes auxquelles on accède par des petites routes de montagnes. Il lui faut compter 2h30 en voiture, pieds nus, pour aller d’un bout à l’autre de sa circonscription…
Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire, raconte l’invitation de Greta Thunberg à l’Assemblée et son intervention devant les députés français.

Nous découvrons également les commissions, les groupes d’étude, les rencontres avec les lobbys et les associations, missions d’information, le travail parlementaire dans tout son ensemble. Nous comprenons également le fonctionnement d’un ensemble complexe, et les conditions de travail des collaborateurs, des agents de l’Assemblée.
Avec Kokopello, nous visitons également l’envers du décor de l’Assemblée nationale, avec sa salle de sport, la cafétéria, le salon de coiffure, la buvette, en passant par les chambres à coucher, la bibliothèque, le bureau de poste mais aussi la buvette des journalistes
Une BD très intéressante, très complète et également très amusante qui m’a permis de vraiment découvrir les coulisses du Palais Bourbon.

Extrait :

     

 

Petit Bac 2021
(4) Aliment/Boisson

Prends bien soin de toi ! – Rudo

Masse Critique Babelio

71N8vtCMwzL Bamboo – mai 2021 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Après vingt ans de carrière dans le dessin et l’illustration, Geoffroy doit changer de profession. Sans argent, au bord de la séparation, pour vivre, on lui conseille de trouver un « vrai » métier. Mais quoi faire quand on a 42 ans et qu’on a tenu un crayon toute sa vie ? De déconvenue en refus pur et simple, Geoffroy saisit la chance qui se présente quand on lui propose un remplacement dans un EHPAD. Lui qui passait ses journées seul à sa table à dessin, se retrouve à faire la toilette à des malades d’Alzheimer, à aider des employés débordés et à faire face à une direction qui n’a pour objectif que de réaliser des profits pour le bien-être des actionnaires aux dépens de celui des pensionnaires.

Auteur : Dessinateur et illustrateur de presse depuis la fin de années 90, c’est à Fluide Glacial qu’il fait ses premiers pas. Son trait humoristique l’amène à collaborer avec différents magazines ( Spirou, Le Journal de Mickey, Science et vie Junior…). C’est en 2005, aux éditions Bamboo, qu’il publie Wesh Wesh Crew ,sa première série sur le graffiti, qu’il pratique en parallèle du dessin. Depuis, il a publié 15 albums d’humour chez différents éditeurs (Soleil, Delcourt, Vents d’Ouest, Jungle). Depuis 2017, Geoffroy n’avait pas retouché un crayon pour se réorienter vers le métier d’aide-soignant. Prends soin de toi  est donc un retour aux sources à la bande dessinée et le témoignage de cette période de silence.

Mon avis : (lu en mai 2021)
Le narrateur, Geoffroy est dessinateur et illustrateur depuis une vingtaine d’années lorsqu’il doit trouver un « vrai métier »… En effet, à cours de contrat et ayant expressément besoin d’argent, à 42 ans, il doit se résoudre à trouver un nouvel emploi… Durant deux années, il va travailler dans un EHPAD comme adjoint de soins. Dans un premier temps, il est affecté dans une unité spécialisée pour les malades d’Alzheimer, le travail est ingrat, mais Geoffroy se sent utile, il est là pour chouchouter les patients. Ensuite, il est employé dans un service classique où les conditions de travail sont très différentes, c’est la rentabilité de l’établissement exigée par les actionnaires, au détriment du temps passé et la qualité du service auprès de chaque résident.
En racontant une expérience très personnelle, Geoffroy montre l’humanité, l’engagement et la générosité des équipes soignantes qui, tant bien que mal, tentent d’assurer des soins de qualité et d’être attentif aux plus faibles. Il livre un témoignage juste et sensible sur la situation des pensionnaires comme du personnel de cet EHPAD.
En filigrane, Geoffroy évoque également la précarité du métier de dessinateur et illustrateur. Un métier de passion qui ne permet pas toujours de faire vivre correctement une famille…

Merci à Babelio pour ce Masse Critique spéciale qui m’a permis de découvrir cette bande dessinée.

Extrait : (début de la BD)

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Vent mauvais – Cati Baur

912lx+ktfuL Rue de Sèvres – juin 2020 – 185 pages

Quatrième de couverture :
« Je m’appelle Béranger, parisien,
quarante-quatre ans, huit kilos en trop
et deux filles en garde alternée.
Je suis scénariste. J’ai écrit une grosse
comédie il y a quinze ans, qui repasse
presque chaque Noël.
J’ai aussi une maîtresse
et une ex-femme qui me fait chier.
Pour les kilos, je cours.
Pour l’ex-femme, je ne sais pas,
la seule solution est de partir loin…
Midlife crisis. Ça passe, il paraît… »

Auteur : Cati Baur est née en 1973 à Genève. Elle a exercé de nombreux métiers : libraire, « blonde de l’accueil », assistante d’édition en bande dessinée… Elle a également tenu un blog de dessin et publié en plus de l’adaptation des Quatre sœurs, deux autres bandes dessinées à ce jour : J’arrête de fumer et Vacances. 

Mon avis : (lu en avril 2021)
Juste avant mon départ pour aller me confiner au bord de la mer, j’ai pris cette BD pour ces éoliennes… Là-bas, le sujet est très sensible et j’imaginais que cette BD était documentaire… Il n’en est rien, il s’agit plutôt de l’histoire de Béranger, 44 ans, scénariste, qui a décidé de quitter la ville pour s’installer à la campagne. N’ayant pas beaucoup d’argent, il a trouvé une petite maison pas chère car étant installée devant un champ d’éoliennes… Pour la plupart des gens du village, ces éoliennes sont une plaie, elles rendent fou, malade… mais Béranger les aime, il les trouve majestueuses, il ne se lasse pas de les regarder tourner, le mouvement et le rythme l’aide à se concentrer dans son travail… Béranger est divorcé, père de deux adolescentes Lison et Violette.
L’autre personnage de cette histoire, c’est Marjolaine, elle a 34 ans, elle est nature et originale, elle conduit le bibliobus du village, elle s’occupe de ses vieux parents, anciens agriculteurs qui ont loué leurs terres à la compagnie d’électricité coupable d’avoir installé les éoliennes… Elle aime jouer au Scrabble et rêve d’ouvrir sa librairie. Très attachante, elle va sympathiser avec Béranger et très bien s’entendre avec sa fille Lison…
Béranger fréquente également les habitants du village qui sont en froid avec Marjolaine la tenant responsable de la présence et des maux des éoliennes…
Une année face aux éoliennes où nos personnages naviguent entre le quotidien, la poésie de la nature et pour finir une conclusion brutale, inattendue et surprenante…
Une belle découverte.

Extrait :

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Petit Bac 2021
(4) Météo

La force de l’ordre – Frédéric Debomy, Didier Fassin, Jack Raynal

 Delcourt – octobre 2020 – 104 pages

Quatrième de couverture :
Une saisissante enquête anthropologique auprès de policiers en banlieue parisienne. L’engrenage terrible de l’ennui, de la pression du chiffre et des éruptions de violence… adapté d’un essai qui fit date.
D. Fassin a partagé pendant deux ans le quotidien d’une brigade anti-criminalité. Loin des imaginaires du cinéma ou des séries, il raconte l’ennui des patrouilles, la pression du chiffre, les formes invisibles de violence et les discriminations. Cette enquête « ethno-graphique » montre à quel point les habitants de ces quartiers restent soumis à une forme d’exception sécuritaire.

Auteurs : Frédéric Debomy est né en 1975. Il réside à Montpellier. Membre fondateur de l’association Khiasma (un projet initié par Olivier Marboeuf), il est également le responsable de l’association Info Birmanie et le directeur artistique du festival international du film des droits de l’homme de Paris. Scénariste de bande-dessinée, il marie avec sensibilité et intelligence son travail d’auteur et son engagement pour le respect de la personne humaine. Après deux ouvrages avec le dessinateur belge Louis Joos, Suite bleue (2001) puis Une vie silencieuse (2016), il signe avec Olivier Bramanti un bouleversant carnet dessiné sur le génocide rwandais intitulé Turquoise (2012).
Didier Fassin est né en 1955 et réside à Paris. C’est un anthropologue, sociologue et médecin français. Il est professeur de sciences sociales à l’Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Fin 2019, il est élu au Collège de France sur une chaire annuelle consacrée à la santé publique. Didier Fassin est l’auteur de l’enquête originelle La Force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, paru au Seuil en 2011. Il a consacré nombres de travaux aux inégalités sociales, raciales, sanitaires, ainsi que celles liées la justice. 
Jake Raynal Réside en Ile-de-France. Il publie dans le magazine Fluide Glacial depuis 1994, dans un premier temps des histoires courtes indépendantes. Ces planches qu’il scénarise et dessine se caractérisent par des thèmes souvent fantastiques, et un humour absurde qui contraste avec l’apparence très sombre et sérieuse des dessins. Ces histoires ont été réunies dans deux albums aux éditions Fluide Glacial et Les Rêveurs. En 2003, il lance dans le magazine la série Melody Bondage qu’il scénarise, le dessin étant assuré par Claire Bouilhac. Il réalise également avec cette dessinatrice la série de comic strip Francis. Aujourd’hui, il s’illustre dans un tout autre genre, en réalisant le dessin de La Force de l’ordre (2020).

Mon avis : (lu en avril 2021)
Cette BD est l’adaptation d’un livre de sciences sociales paru en 2011, une anthropologie de la police des quartiers. Entre 2005 et 2007, Didier Fassin a partagé le quotidien d’une brigade anti-criminalité (BAC). La “BAC”, c’est une police banalisée, spécialisée dans le flagrant délit, mais qui est surtout connue pour ses méthodes musclées…
Faire de longues rondes en voiture pour espérer tomber sur un flagrant délit est loin d’être aussi palpitant que ce que l’on voit dans les séries policières. C’est surtout pour les patrouilles des heures d’ennui pour peu de résultat…
La frustration et l’ennui engendrent des déviances multiples. Ainsi lorsqu’il y a enfin de l’action, les policiers font souvent preuve d’excès de zèle et d’abus de pouvoir.
Pour ajouter à la banalité du quotidien, la politique du chiffre instaurée dès le début par le Ministère pousse les policiers à provoquer eux-mêmes les problèmes pour se créer des motifs d’interpellations. Ils utilisent le harcèlement, l’humiliation et la violence… Les comportements agressifs des policiers la BAC en banlieue sont également dus au recrutement : ce sont de jeunes policiers blancs venant de la province loin de la mixité sociale du milieu dans lequel ils doivent intervenir. Les policiers ont peur des gens de la banlieue comme les habitants de la cité ont peur de la BAC. Ainsi, au lieu d’apprendre à se connaître en bonne intelligence et à se respecter, ils finissent par s’opposer et s’affronter. Finis les gardiens de la paix, la BAC est crainte et elle fait la loi ! Le racisme ordinaire est très présent et les policiers affichent ouvertement leur sympathie pour l’Extrême Droite. Les différentes représentations des écussons des diverses BACs sont également édifiantes quant à la violence et les clichés que cela symbolise…
Une BD d’actualité qui décrit les comportements excessifs de certains policiers et qui, sans les excuser, tente d’expliquer pourquoi et comment la police en est arrivée là. Cette BD permet de diffuser largement ce travail d’enquête anthropologique très intéressant et facile à lire.

Extrait :

Petit Bac 2021
(4) Météo

Valentine, tome 6 – Vanyda

 Dargaud – octobre 2014 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Sixième et dernier tome de Valentine : Vanyda nous mène au bout de l’adolescence de son personnage. Après de grands moments de solitude et de grandes interrogations, Valentine parvient enfin à être vraiment elle-même. Elle a grandi et décide de choisir à présent la société dans laquelle elle évolue : ses amis, ses activités, ses choix politiques, le rapport à sa famille. Le retour de Charles, ce beau garçon très attentionné, n’est pas pour rien dans ce passage à l’âge adulte ! Le retour de Charles, le beau garçon attentionné, n’est pas pour rien dans ce passage à l’âge adulte !

Auteur : Vanyda Savatier (plus connue sous son seul prénom) est une auteur d’origine franco-laotienne de bande dessinée apparentée à La Nouvelle Manga. Élève des Beaux Arts de Tournai (Belgique). Elle forge son style grâce à l’influence des dessins animés japonais. Elle fusionne ainsi le style mangas – BD franco-belge. Elle vit actuellement à Lille. Son blog: http://vanyda.fr/
Elle est l’auteure de deux autres trilogies : « L’immeuble d’en face » (La Boîte à bulles) et « Celle que… » (Dargaud). Cette dernière série paraît en intégrale en 2015 ; elle a également été reprise, en couleurs et en six volumes cartonnés, sous le titre de « Valentine » (Dargaud) entre 2012 et 2014. En janvier 2014, Vanyda crée le magnifique « Un petit goût de noisette » (Dargaud), roman graphique en noir et blanc, relevé par quelques touches de couleur, qui met en scène des histoires d’amour… Deux ans plus tard, Vanyda revient avec un nouveau one shot, « Entre ici et ailleurs » (Dargaud). Toujours chez le même éditeur, elle publie avec Nicolas Hitori De le premier tome de « Mia & Co » en 2016. Primée dans de très nombreux festivals de BD et plusieurs fois sélectionnée à Angoulême, Vanyda a été récompensée par le très sérieux ?Publishers Weekly’ pour la version anglaise de « L’immeuble d’en face », sacré manga de l’année. En 2019, elle revient avec « Un petit goût de noisette et de fruits rouges », proposant des nouveaux fragments d’histoires de cœur.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Voilà le sixième et dernier album de la série Valentine (six tomes) , l’équivalent de la deuxième moitié du tome « Celle que je suis » dans la série « Celle que… ».
C’est un album autour du sentiment amoureux, Valentine a mûri, elle s’est affirmé, elle fait ses propres choix dans ses amitiés. Elle est plus sereine par rapport à son passé et elle est prête pour construire son avenir !
Valentine découvre son premier amour, c’est raconté avec sensibilité, tendresse et pudeur.

Cette série est une très belle manière de raconter l’adolescence, cet âge entre collège et lycée, entre l’insouciance et les premiers questionnements sur son avenir… 
J’aime beaucoup le style du dessin épuré dans l’esprit manga, comme la construction des planches, avec une même scène vue sous plusieurs angles, avec des zooms, de nombreuses planches muettes…

Extrait : (début de la BD)

      

 

Déjà lu du même auteur :

un-petit-gout-de-noisette-tome-1-sans-titre Un petit goût de noisette 1 un-petit-gout-de-noisette-tome-2-sans-titre Un petit goût de noisette 2

91qgXNmpNsL Valentine, tome 1   Valentine, tome 2

81GAYCfhIzL Valentine, tome 3  Valentine, tome 4

Valentine, tome 5 

 

 

Ama : Le souffle des femmes – Franck Manguin, Cécile Becq

 Sarbacane – mai 2020 – 112 pages

Quatrième de couverture :
Japon, fin des années 1960. Nagisa, jeune citadine tokyoïte aux manières policées et pudiques, débarque avec son paquetage sur Hegura, petite île de pêcheurs reculée. Là, elle est adoptée par Isoé, la cheffe de la communauté des « Ama » qui gouverne l’île. Les Ama, ces « femmes de la mer » brutes, fortes et sauvages qui plongent en apnée, nues, pour pêcher des coquillages…

Auteurs : Après une enfance entre la Méditerranée et les Alpes. Franck Manguin entreprend des études de Japonais après avoir lu « pays de neige » de Yasunari Kawabata. Diplôme de langues, littérature et civilisations Japonaises en poche, il s’exile durant trois ans au pays du soleil levant. Il y écrit un mémoire sur l’art traditionnel d’Okinawa, fabrique des animations pour machines « pachinko » et enseigne l’anglais. Franck est actuellement bibliothécaire et traducteur/interprète de japonais dans le milieu culturel.
Après une licence d’arts plastiques, Cécile Becq sort diplômée de l’école Emile Cohl à Lyon. Son univers est tendre, sensible, poétique et coloré. Dans son travail, elle aime aussi bien réaliser des illustrations numériques que des illustrations peintes à la gouache ou à l’acrylique. Avec Ama, elle dessine ici sa première BD.

Mon avis : (lu en avril 2021)
Ce roman graphique rend hommage à un métier et à une communauté très surprenante et pourtant en voie de disparition, « les Amas » (les femmes de la mer).
C’est l’histoire d’une femme, d’une famille et d’une communauté. Nagisa, une jeune tokyoïte, arrive sur l’île d’Hegura, à l’Ouest du Japon, auprès d’Isoé, sa tante, pour apprendre le métier d’Ama. Chitosé, la mère de Nagisa, est partie de son île vingt ans auparavant sans jamais donner de nouvelles à ses proches.
Chaque jours les « Amas » plongent en apnée à la recherche d’ormeaux pour les vendre ensuite au marché. « L’isobué » (souffle des femmes) est une méthode de respiration pratiquée par les pêcheuses : en hyperventilant elles arrivent à plonger sans risquer l’accident respiratoire. En même temps que Nagisa, le lecteur découvre les us et coutumes de cette communauté de femmes, leur tenue presque nue, un petit pagne appelé « fundoshi » et un bandana blanc « le tenugui ». Elles sont attachées à une simple corde autour de la taille, reliées à leur « tomaé » (mari, frère ou ami de confiance) qui attend dans une barque, prêt à les remonter au moindre signal.
Ces femmes sont à la fois fortes et natures, elles n’ont pas leur langue dans leurs poches et à la criée, elle savent défendre leurs pêches face au revendeur qui voudrait les voler. Ce sont elles qui choisissent leurs partenaires pour un soir ou pour la vie et elles en parlent librement entre elles…
La citadine Nagisa va devoir faire ses preuves et s’intégrer dans cette communauté si particulière si elle rester sur l’île…
Le dessin de la couverture est particulièrement beau et j’ai beaucoup aimé le côté documentaire de l’histoire. C’est très intéressant et passionnant. Le côté roman de cette BD m’a moins touchée.
C’est cependant une belle découverte.

 

Extrait :

Petit Bac 2021
(3) Météo

Cent mille ans. Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires – Pierre Bonneau, Gaspard D’Allens et Cécile Guillard

 Le Seuil – octobre 2020 – 152 pages

Quatrième de couverture :
C’est l’un de ces petits villages qui n’a jamais eu droit à sa carte postale. Et pourtant… L’endroit fait parler de lui jusqu’au sommet de l’État, la zone est quadrillée, ses 80 habitants surveillés. À Bure, 85 000 mètres cubes de déchets radioactifs doivent être enfouis à 500 mètres sous terre et y passer les cent mille ans à venir. Pour l’État français, l’enjeu est colossal : il en va de la survie de l’industrie nucléaire. De gré ou de force, ce projet titanesque doit aboutir.
Face à ce rouleau compresseur, la Meuse n’était pas censée résister. Les millions d’euros déversés sur le territoire devaient faire taire la contestation. En vain. À mesure que celle-ci s’intensifiait, Bure est devenu le théâtre d’une sidérante répression. Entre clientélisme et autoritarisme, le plus grand projet industriel d’Europe avance au mépris de la démocratie.

Auteurs : Gaspard d’Allens est journaliste pour le site Reporterre, il est l’auteur de plusieurs livres traitant d’écologie. Le dernier en date : Main basse sur nos forêts, a paru au Seuil en 2019.
Pierre Bonneau est journaliste indépendant, il travaille sur les mouvements sociaux et la criminalisation des luttes. Il contribue notamment à Reporterre, Bastamag ou l’Humanité.
Après avoir étudié l’illustration et le cinéma d’animation, Cécile Guillard se consacre à la bande dessinée. Cent mille ans est son deuxième album après Une vie de moche, avec François Bégaudeau, paru chez Marabulle en 2019.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Bure est un village rural de 80 habitants dans la Meuse qui a été choisi malgré lui pour accueillir le projet Cigeo destiné à créer un site d’enfouissement de déchets nucléaires.
Cette BD est une enquête qui raconte comment l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) a réussi à s’imposer à Bure en subventionnant largement les collectivités et en implantant dans ce même territoire des entreprises liées à la filière déchets radioactifs. Aucune concertation publique, études et recherches opaques tout est fait pour la mise en place de ce projet Cigeo et lorsqu’un début de contestation s’amorce, la répression est disproportionnée : 80 gendarmes mobiles sont présents pour contrôler quotidiennement le village ( soit 1 gendarme mobile par habitant !), des perquisitions, des écoutes et 27 interdictions de territoire !
Depuis près de trente ans, des habitants, élus et agriculteurs se battent contre ce projet titanesque qui prévoit de stocker à 500 mètres sous terre nos déchets nucléaires. Et l’État reste sourd aux arguments des opposants, une épreuve de force s’est engagée avec d’un côté la création d’une Zone A Défendre et de l’autre le dépôt d’un dossier de déclaration d’utilité publique par l’ANDRA pour pouvoir enfin lancer les travaux…
Un enquête complète et très intéressante sur un grand projet qui s’impose au mépris des avis négatifs des populations locales et des risques futurs au nom de l’utilité publique et des intérêts politiques…

Extrait :

 

Petit Bac 2021(4) Lieu

Valentine, tome 5 – Vanyda

81+JXWDCMTL Dargaud – juillet 2014 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Vanyda poursuit le récit de la scolarité de Valentine avec ce 5e tome, toujours aussi juste. La voici en 1re, dans une classe où elle ne connaît personne. Mais la vie ne s’arrête pas aux cours : le club manga, les entraînements de hip-hop et les pauses lui permettent de retrouver Julie, Yamina – quand elle lâche « son » Michel -, Mathys, Juliette et sa bande ainsi que le beau Charles qui a bien grandi depuis le collège ! Valentine a bientôt 17 ans, mais elle rougit toujours autant dès que Félix s’approche.

Auteur : Vanyda Savatier (plus connue sous son seul prénom) est une auteur d’origine franco-laotienne de bande dessinée apparentée à La Nouvelle Manga. Élève des Beaux Arts de Tournai (Belgique). Elle forge son style grâce à l’influence des dessins animés japonais. Elle fusionne ainsi le style mangas – BD franco-belge. Elle vit actuellement à Lille. Son blog: http://vanyda.fr/
Elle est l’auteure de deux autres trilogies : « L’immeuble d’en face » (La Boîte à bulles) et « Celle que… » (Dargaud). Cette dernière série paraît en intégrale en 2015 ; elle a également été reprise, en couleurs et en six volumes cartonnés, sous le titre de « Valentine » (Dargaud) entre 2012 et 2014. En janvier 2014, Vanyda crée le magnifique « Un petit goût de noisette » (Dargaud), roman graphique en noir et blanc, relevé par quelques touches de couleur, qui met en scène des histoires d’amour… Deux ans plus tard, Vanyda revient avec un nouveau one shot, « Entre ici et ailleurs » (Dargaud). Toujours chez le même éditeur, elle publie avec Nicolas Hitori De le premier tome de « Mia & Co » en 2016. Primée dans de très nombreux festivals de BD et plusieurs fois sélectionnée à Angoulême, Vanyda a été récompensée par le très sérieux ‘Publishers Weekly’ pour la version anglaise de « L’immeuble d’en face », sacré manga de l’année. En 2019, elle revient avec « Un petit goût de noisette et de fruits rouges », proposant des nouveaux fragments d’histoires de cœur.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Voilà le tome 5 de la série Valentine (six tomes) , l’équivalent de la première moitié du tome « Celle que je suis » dans la série « Celle que… ».
C’est la rentrée en classe de 1ère et Valentine se retrouve encore seule dans sa classe sans aucune ou aucun ami qu’elle connaît.
Elle commence à se faire de vrais amis sans vouloir plaire à tout prix. Sa personnalité s’affirme, elle n’hésite pas à avoir sa propre opinion et des convictions. Elle continue à s’investir au club de manga et participe aux entraînements de hip-hop. Elle retrouve Charles, camarade du collège qui était parti en 2de dans un lycée plus prestigieux mais où il n’a pas trouvé sa place.
J’aime beaucoup le style du dessin épuré dans l’esprit manga, comme la construction des planches, avec une même scène vue sous plusieurs angles, avec des zooms, de nombreuses planches muettes…

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(4) Prénom

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