Comment ne rien faire – Guy Delisle

41ybzkL6qGL Pastèque – août 2007 – 142 pages

Quatrième de couverture :
Comment ne Rien Faire regroupe les courts travaux de l’auteur québécois parus dans diverses revues comme Lapin ou Spoutnik. A travers ses courtes histoires, l’auteur trace une œuvre empreinte de finesse, d’humour et pose un regard incroyablement lucide sur ses contemporains et leurs défauts.

Auteur : Guy Delisle est né en 1966 à Québec. Il suit des études d’arts plastiques et d’animation et embarque pour l’Europe en 1988. Il entame alors une carrière d’animateur, métier qu’il exercera pendant dix ans, avant de réaliser son propre court-métrage, Trois Petits Chats. Il publie ses premiers albums à l’Association : outre Shenzhen, un récit de voyage lié à son métier d’animateur, citons Aline et les autres, remarquable exercice de style, proche de son travail en animation, suivi en 2001 par Albert et les autres. Par ailleurs, Guy Delisle n’hésite pas à s’aventurer dans d’autres univers avec la série humoristique Inspecteur Moroni ou Louis à la plage et Louis au ski, deux récits autobiographiques pleins de charme et sans parole. Par son regard, à la fois acéré et bienveillant, sur une culture étrangère, Chroniques birmanes constitue le prolongement de la démarche initiée avec Shenzhen et Pyongyang et poursuit la série d’ouvrages que Guy Delisle a consacrés à ses voyages en Asie.

Mon avis : (lu en novembre 2019)
J’ai trouvé cette BD à la Bibliothèque, à l’époque où l’on pouvait fouiller…
Cette BD regroupe 24 histoires courtes parues dans plusieurs revues comme Lapin et datant de la période de 1995 à 2006.
Le style du dessin et celui du fond est très différent suivant les histoires. Il y a de la poésie, de l’absurde, du vécu, du surréalisme, du léger, du profond, de l’humour, de l’émouvant…

Je regrette que les histoires n’ont pas été mises dans l’ordre chronologique pour pouvoir facilement se rendre compte de l’évolution du dessinateur…
Je n’ai pas été convaincu par cette BD un peu « fourre tout »…

Extrait :

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Déjà lu du même auteur : 

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pyongyang Pyongyang  le_guide_du_mauvais_p_re Le Guide du Mauvais Père tome 1 71bYqARivUL Chroniques Birmanes 

louis au ski Louis au ski guide du mauvais père_t2 Le Guide du mauvais père tome 2

113165080 S’enfuir, récit d’un otage

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Tit-Cul – Les cowboys fringants
Un roman ou un album ou une BD jeunesse

« Si je reviens un jour » – Les Lettres retrouvées de Louise Pikovsky – Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert

81ayShwIBzL Ronds dans L’O – mars 2020 – 112 pages

Quatrième de couverture :
En 2010, lors d’un déménagement au sein du lycée Jean de La Fontaine, dans le 16e arrondissement de Paris, des lettres et des photographies ont été trouvées dans une vieille armoire. Enfouis là depuis des dizaines d’années, ces documents appartenaient à une ancienne élève, Louise Pikovsky. Plusieurs mois durant, cette jeune lycéenne juive a correspondu avec sa professeure de lettres. Son dernier courrier date du 22 janvier 1944, jour où elle est arrêtée avec sa famille.

Auteurs : Stéphanie Trouillard, journaliste de France 24, a réalisé en 2017 un webdocumentaire en partenariat avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, sur l’histoire de Louise Pikovsky. À partir des documents de Louise, elle a pu retrouver des témoins, des cousins éloignés et des anciens élèves. Ce travail a rencontré un vif succès et a obtenu de nombreux prix en France et à l’étranger. Il est lauréat 2018 du prix Philippe Chaffanjon. En 2020, elle scénarise et réalise avec Thibaut Lambert aux dessins une adaptation en bande dessinée, « Si je reviens un jour… Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky ».
Influencé par son pays natal la Belgique, Thibaut Lambert est comme né dans une bulle. Tout l’inspire, l’amour, les voyages, la maladie, les rencontres, … Après un passage à l’atelier BD de l’institut-Saint Luc à Bruxelles, il enchaine les petits boulots et réalise son premièr album BD : Al Zimmeur, un album pour enfant sur la maladie d’Alzheimer. Début 2008, lassé par la vie en ville, il lâche boulot et logement pour partir, avec sa compagne, un an sur les routes d’Amérique du Sud. Après de nombreuses péripéties, ils reviennent en Europe et posent leurs sacs à dos en Poitou-Charentes. Depuis, Thibaut participe à différents fanzines tout en continuant des projets plus personnels comme un carnet de voyage qu’il publie via le site Bibliocratie. Avec « Au coin d’une ride », il revient à la maladie d’Alzheimer dans une histoire pour adulte mettant en avant le rôle de l’aidant, membre de la famille ou proche, accompagnant un malade.

Mon avis : (lu en octobre 2020)
J’ai entendu parler de cette BD à la radio lors du printemps dernier, une BD devoir de mémoire qui raconte l’histoire de Louise, lycéenne au lycée Jean de La Fontaine de Paris pendant la Seconde Guerre Mondiale. Sa photo de classe ne le montre pas, mais elle porte l’étoile jaune sur sa veste. A partir de l’été 1942 et durant plusieurs mois, Louise échange des lettres avec sa professeure de lettres, Mademoiselle Malingrey. Elle parle de son quotidien et la précarité de sa situation, elle se questionne sur la disparition de plusieurs camarades de classe, elle raconte son père détenu à Drancy… Sa dernière lettre date du 22 janvier 1944, le jour de son arrestation avec sa famille. Mademoiselle Malingrey n’oubliera jamais son élève et gardera toute sa vie des photos et quelques lettres que Louise voulait retrouver si elle revenait… Toujours, elle continuera à évoquer la mémoire de la jeune fille auprès de ses élèves.
En 2010, c’est un peu par hasard que les lettres et photos de Louise Pikovsky sont retrouvées dans une vieille armoire du lycée.

A la fin de l’album, un dossier pédagogique avec les documents d’archives lettres et photos permet au lecteur de voir le vrai visage de Louise, de sa famille disparue et de Mademoiselle Malingrey.

La lecture de la BD pourra être complétée par le webdocumentaire :
http://webdoc.france24.com/si-je-reviens-un-jour-louise-pikovsky/

Extrait : (début du livre)

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Petit bac 2020a
(6) Objet

Meurtres aux Kerguelen – Olivier Montin et Sophie Laurent

Lu en partenariat avec Masse Critique Babelio

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9782343210520b L’Harmattan – septembre 2020 – 262 pages

Quatrième de couverture :
Maël, commissaire de police expert en criminologie, est en vacances à La Réunion lorsqu’il est soudain missionné pour se rendre sur l’île de Kerguelen – en plein cœur du sud de l’océan Indien – à la suite d’un horrible homicide. L’histoire se déroule à bord du navire La Curieuse, sur les « bases vie » des 3 îles de Kerguelen, d’Amsterdam et de Crozet ou encore sur le navire-ravitailleur des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises), le célèbre Marion-Dufresne. Sur ces terres exceptionnelles, paradis pour quantité d’animaux polaires, les morts suspectes s’accumulent. Maël parviendra-t-il à résoudre ces mystères ?

Auteurs : Olivier Montin a travaillé en début de carrière cinq années aux TAAF et y a séjourné de nombreux mois comme ingénieur géomètre-topographe. Il a beaucoup parcouru ces îles et effectué de nombreux voyages à bord du Marion-Dufresne I.
Sophie Laurent, originaire de l’île aux Moines dans le golfe du Morbihan, est issue d’une famille de marins. Expatriée quelques années à l’île Maurice, elle a eu la chance d’être reçue plusieurs fois sur le Marion-Dufresne II, de travailler pour La Curieuse et de côtoyer ces marins du bout monde.

Mon avis : (lu en novembre 2020)
J’ai choisi de découvrir ce roman policier surtout pour sa destination mythique : les îles Kerguelen et je n’ai pas été déçue.
Ce livre est plus un livre documentaire sur les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) qu’un roman policier… Il y a bien une intrigue plutôt bien construite mais même s’il y a un mort assez rapidement et que Maël, commissaire de police expert en criminologie, en vacances à La Réunion est réquisitionné pour mener l’enquête, rejoindre la scène de crime va prendre presque la moitié du roman !
Moi qui suis fascinée par ces terres lointaines du  bout du monde, ce roman est très bien documenté. Les auteurs ont eux l’occasion de faire des séjours là-bas aux Îles Kerguelen, îles Crozet, île Amsterdam, île Saint-Paul et d’embarquer sur le Marion-Dufresne et/ou sur La Curieuse.
Le Marion Dufresne, surnommé aussi Le MARDUF, est le navire océanique français qui  assure le ravitaillement mensuel des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien. La Curieuse est un navire océanique français attaché à l’archipel des Kerguelen. Les TAAF sont la plus grande réserve naturelle de France et l’une des plus grandes aires marines protégées du monde.
C’est passionnant de découvrir la vie à bord des navires océaniques et celle des différents scientifiques et militaires dans les îles pour étudier et surveiller le paradis des oiseaux et des animaux marins en tout genre : albatros, sternes, manchots, éléphants de mer…
Côté négatif du livre, la relecture a été un peu rapide car il reste quelques fautes d’orthographe, en particulier d’accent et parfois des phrases aux tournures un peu compliquées obligeant le lecteur à s’y reprendre à plusieurs fois…
Dans le livre quelques cartes en noir et blanc sont présentes, mais peu lisibles…
Pour ma part, j’ai complété ma lecture avec les cartes en ligne présentes sur le Géoportail
(cliquer sur l’image pour accéder directement à la Carte-Géoportail en ligne)

Iles Kerguelen :
Kerguelen

Iles Crozet :
Iles.Crozet

Ile Amsterdam :

Amsterdam

Ile Saint-Paul :
Saint-Paul

Petit bac 2020a(8) Lieu

C’est lundi, que lisez-vous ? [129]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Les fous de Bassan – Anne Hébert
Open Bar 2 – Fabcaro

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?
Meurtres aux Kerguelen – Olivier Montin et Sophie Laurent (Masse Critique Babelio)
L’Inconnu de la forêt – Harlan Coben (Masse Critique Babelio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
« Si je reviens un jour » – Les Lettres retrouvées de Louise Pikovsky – Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert (BD)
Zap Collège – Tehem (BD)
Simone Veil ou la force d’une femme – Annick Cojean, Xavier Bétaucourt et Étienne Oburie (BD)
Le jour où la nuit s’est levée – Beka, Marko et Maëla (BD)

Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Open Bar 2 – Fabcaro

Delcourt – juin 2020 – 56 pages

Quatrième de couverture :
Eddy Mitchell et la raclette sont-ils compatibles avec une vie intime amoureuse ? Peut-on assumer le fait d’avoir un père manager conseil ? Comment s’assurer que les parents resteront bien jusqu’à la fin de la kermesse de l’école ? Qui gagnera la compétition d’enfilage de housse de couette ? Des questions fondamentales auxquelles Fabcaro apporte une réponse implacable, surprenante et finalement évidente.

Auteur : Fabrice Caro, dit Fabcaro, dessine depuis l’enfance et décide de s’y consacrer pleinement à partir de 1996. Il travaille pour la presse ou l’édition, pour différentes revues de bande dessinée telles : Fluide Glacial, FLBLB, Psikopat, Jade, Tchô !, L’Echo des Savanes, Zoo, Mauvais esprit et CQFD. Il a publié chez des petits éditeurs (comme La Cafetière ou 6 Pieds sous terre) comme chez des gros (Audie, Lombard avec la reprise d’Achille Talon). Fabcaro multiplie les collaborations où il officie en tant que scénariste, avec James, Boris Mirroir (Amour, Passion et CX diesel) ou encore Fabrice Erre (Z comme Don Diego, Mars). Son dernier ouvrage chez 6 Pieds sous terre, Carnet du Pérou fut l’un des livres d’humour marquant de 2013, sélectionné pour les prix d’Angoulême en 2014.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
Une deuxième tournée dans le monde de l’absurde, de l’humour décalé, noir et percutant de Fabcaro. C’est toujours aussi jouissif et inattendu…
Des situations banales du quotidien ou de l’actualité qui dégénèrent : un dîner à deux, une discussion en mère et fille à propos d’une soirée chez une amie, un championnat d’enfilage de couette dans sa housse, des documents improbables à fournir pour un dossier de location d’appartement, une conférence de presse après l’accident d’une usine chimique… Des embarcations de migrants qui sont partout, l’histoire du soir traumatisante… Une peine inattendue donnée lors d’un procès, un cadeau de Noël un peu spécial, un devoir d’arithmétique, un éloge funèbre 2.0, un dialogue mère-fils au retour d’une manif…
Le sens de l’observation et les bons mots de Fabcaro sont implacables et j’en redemande !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

Capture-d’cran-2015-06-23-11 Zaï Zaï Zaï Zaï  71Uaq7bWeCL Open BAR, 1ère tournée

61985PN5lJL Formica : Une tragédie en trois actes 

 91LoZIUwWRL Le discours – Fabrice Caro

Petit bac 2020a(7) Animal

 

Les fous de Bassan – Anne Hébert

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Points – mars 1998 – 248 pages

Points – mars 1984 – 248 pages

Seuil – novembre 1982 – 248 pages

Seuil – décembre 1982 – 248 pages

Prix Femina 1982

Quatrième de couverture :
Le vent, la pluie, la rumeur de la mer et la pesanteur du passé font de Griffin Creek, petit village du Québec, un lieu étrange et presque hors du monde. Un soir de l’été 1936, deux adolescentes vives et lumineuses, enviées ou désirées pour leur beauté par toute la petite communauté protestante du village, disparaissent près du rivage. À travers la voix ou les lettres de différents personnages, on assiste à la tragédie qui commence à se jouer, bouleversant ce village figé dans la tradition et le respect des Commandements.

Auteur : Anne Hébert est née à Sainte-Catherine-de-Fossambault, près de Québec, où elle a fait ses études. Après un premier recueil de poésie, elle a publié en 1958 Les Chambres de bois, roman qui fut aussitôt chaleureusement accueilli par la critique et qui lui valut le prix France-Canada. Elle montre dans son oeuvre qu’elle reste tout entière habitée pas l’Amérique de son enfance. Son roman Kamouraska, prix des Libraires 1971, a été traduit en plusieurs langues et est considéré par beaucoup comme l’un des plus importants de la littérature de langue française du XXè siècle. Suivront entre autre, Les Fous de Bassan (prix Femina en 1982) et L’Enfant chargé de songes (prix du Gouverneur général en 1992). Elle a récemment publié Clara, Mademoiselle et le lieutenant anglais et Est-ce que je te dérange ?

Mon avis : (lu en novembre 2019)
1936, dans un petit village fictif québécois, Griffin Creek, deux cousines adolescentes, Olivia et Nora, disparaissent. Cinq narrateurs à des moments différents vont nous raconter les évènements. Cela commence avec le Livre du Révérend Nicolas Jones, le pasteur de la communauté écrit en 1982. Puis ce sont les lettres de Stevens Brown, le mauvais garçon du village, écrites à un ami américain pendant l’été 1936. Nous poursuivons avec le journal de Nora, l’une des victimes âgée de 15 ans, datant de la même époque. Ensuite, très peu de temps après la disparition, il y a les témoignages de Perceval, l’idiot du village mais également le frère de Stevens, et de quelques autres. Non daté, ce sont les écrits d’Olivia, l’autre victime, âgée de 17 ans…
Ils vont à tour de rôle raconter à haute voix les événements qui ont changé le cours du destin de Griffin Creek donnant au lecteur indice après indice dans ce huis clos…
L’écriture est poétique, les phrases sont courtes évoquant parfaitement l’ambiance du village avec la nature, la mer, le vent, les tempêtes et ses marées toujours présentes.
Un roman marquant à la fois original, beau et à la fois noir, très violent.

Ce livre a été adapté au cinéma en 1987, film réalisé par Yves Simoneau avec Charlotte Valandrey, Steve Banner, Laure Marsac.

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Extrait : (début du livre)
La barre étale de la mer, blanche, à perte de vue, sur le ciel gris, la masse noire des arbres, en ligne parallèle derrière nous.
Au loin une rumeur de fête, du côté du nouveau village. En étirant le cou on pourrait voir leurs bicoques peinturlurées en rouge, vert, jaune, bleu, comme si c’était un plaisir de barbouiller des maisons et d’afficher des couleurs voyantes. Ces gens-là sont des parvenus. Inutile de tourner la tête dans leur direction. Je sais qu’ils sont là.
Leur fanfare se mêle au vent. M’atteint par rafales. Me perce le tympan. M’emplit les yeux de lueurs fauves stridentes. Ils ont racheté nos terres à mesure qu’elles tombaient en déshérence. Des papistes. Voici qu’aujourd’hui, à grand renfort de cuivre et de majorettes, ils osent célébrer le bicentenaire du pays, comme si c’étaient eux les fondateurs, les bâtisseurs, les premiers dans la forêt, les premiers sur la mer, les premiers ouvrant la terre vierge sous le soc.
Il a suffi d’un seul été pour que se disperse le peuple élu de Griffin Creek. Quelques survivants persistent encore, traînent leurs pieds de l’église à la maison, de la maison aux bâtiments. De robustes générations de loyalistes prolifiques devaient aboutir, finir et se dissoudre dans le néant avec quelques vieux rejetons sans postérité. Nos maisons se délabrent sur pied et moi, Nicolas Jones, pasteur sans troupeau, je m’étiole dans ce presbytère aux colonnes grises vermoulues.

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Grand champion – Les trois accords
Un livre ayant gagné un prix littéraire
Petit bac 2020a
(7) Animal

C’est lundi, que lisez-vous ? [128]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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La séquence exacte des gestes – Fabio Geda
Le discours – Fabrice Caro
Le Monde au balcon : Carnet dessiné d’un printemps confiné – Sophie Lambda

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?
L’Aube à Birkenau – Simone Veil et David Teboul

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Open Bar 2 – Fabcaro (BD)
« Si je reviens un jour » – Les Lettres retrouvées de Louise Pikovsky – Stéphanie Trouillard et Thibaut Lambert (BD)
Zap Collège – Tehem (BD)
Simone Veil ou la force d’une femme – Annick Cojean, Xavier Bétaucourt et Étienne Oburie (BD)
Le jour où la nuit s’est levée – Beka, Marko et Maëla (BD)

Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous !

Québec en novembre !

C’est la troisième année, que je participe au rendez-vous « Québec en novembre »
organisé  par Karine et Yueyin.

Cette année, je n’ai pas été prévoyante en profitant de l’été pour lire québécois (c’était prévu, mais pas fait)… J’ai déjà deux lectures datant de l’année dernière que je n’avais pas finit à temps pour participer à la saison 2019…

Les fous de bassan – Anne Hébert
Comment ne rien faire – Guy Delisle (BD)

J’ai prévu de lire durant le mois :

Oyanna – Eric Plamondon
Anne d’Avonlea – Lucy Maud Montgomery
Ghetto X – Martin Michaud

J’ai une PAL spéciale Québec dans lequel je pourrai piocher si besoin !

Karine et Yueyin nous invitent à travers la chanson à découvrir les différents thèmes proposés :

On jase de toi – Noir silence   Un livre sorti en 2020.
L’amérique pleure – Les cowboys fringants   Un roman engagé.
Grand champion – Les trois accords   Un livre ayant gagné un prix littéraire.
Arnaq – Elisapie  Un roman d’un auteur autochtone.
Tu m’aimes-tu – Richard Desjardins  Un roman où il y a de l’amour.
Martin d’la chasse galerie – La bottine souriante   Un roman SFFF
Fracture du crâne – Ariane Moffat  Un roman issu de la diversité ou dans lequel on parle de la diversité.
Plus tôt – Alexandra Stréliski Un classique québécois ou un futur classique selon vous.
Place de la République – Coeur de pirate  Un roman qui a traversé l’océan.
Nos joies répétitives – Pierre Lapointe   Un roman qui fait partie d’une série.
J’aurais voulu être un artiste   Un roman dans lequel il y a de l’art.
Dans la nuit qui tombe – Karim Ouellet  Un polar/thriller/roman d’horreur/roman noir.
Tit-Cul – Les cowboys fringants  Un roman ou un album ou une BD jeunesse.
Balade à Toronto – Jean Leloup  Un livre d’un auteur canadien, mais pas québécois.
N’importe quoi – Éric Lapointe  Le titre dit tout.

Je me réjouie d’avance de découvrir de nouveaux livres et de futures nouvelles lectures !

Le Monde au balcon : Carnet dessiné d’un printemps confiné – Sophie Lambda

 Albin Michel – septembre 2020 – 144 pages

Quatrième de couverture :
J’ai commencé ce carnet en janvier 2020, je voulais dessiner mon quotidien avec légèreté, sans objectif précis… Qui aurait pu prévoir que ce petit projet insouciant allait se changer en journal de bord de l’événement mondial le plus inédit du 21e siècle ?

Auteur : Dessinatrice vedette d’instagram, Sophie Lambda est l’autrice de la remarquable BD tant pis pour l’amour, parue en 2019. Dans le monde au balcon, elle donne aux petites histoires personnelles et grandes réalités collectives un coup de crayon libérateur.

Mon avis : (lu en octobre 2020)
Carnet de confinement (saison 1 : printemps), très amusant à lire mais c’était avant le confinement (saison 2 : automne)…
Début 2020, comme une résolution de début d’année, Sophie Lambda avait décidé de tenir un carnet personnel sur sa vie de tous les jours en utilisant feutres et papier et voilà qu’à partir du choc de l’annonce du président de la république du lundi 16 mars, elle décide de partager sur Instagram un dessin par jour…
Un témoignage du confinement au jour le jour, plein d’humour d’autodérision et d’humeurs qui nous rappellent les tenues de télétravail très décontractées, la ruée sur le papier toilette, les applaudissements de 20 heures, les coups de cafard, la nature qui reprend ses droits, la frénésie de rangements et de ménage, les attestations oubliées, les soignants et le coronavirus, les apéros virtuels…
L’auteure a très bien su rendre l’ambiance du moment et finalement cela dédramatise plutôt bien les 55 jours du confinement printanier…

Extrait :

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Petit bac 2020a

(7) Objet

Le discours – Fabrice Caro

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Gallimard – octobre 2018 – 208 pages

Folio – février 2020 – 224 pages

Quatrième de couverture :
« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques. Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion.

Auteur : Fabrice Caro est né en 1973. Il a écrit et dessiné une trentaine de bandes dessinées, dont le fameux Zaï Zaï Zaï Zaï. Il est aussi l’auteur d’un roman paru chez Gallimard en 2006, Figurec.

Mon avis : (lu en septembre 2020)
Ce livre m’a été fortement conseillé par mon fils, grand fan de Fabcaro !

Lors d’un dîner de famille chez ses parents, Adrien est sollicité par son beau-frère pour faire un discours lors de leur futur mariage… Adrien n’a jamais osé froisser ses congénères et encore une fois, il n’ose pas refuser et pourtant il n’a pas la tête à faire un discours de mariage pour sa sœur et son beau-frère !
A quarante ans, Adrien a l’impression que sa vie est ratée, il est en « pause » avec Sonia depuis plus d’un mois, et voilà qu’il vient de lui envoyer un petit texto dont il attend désespérément une réponse, un signe de vie de sa part…
C’est un roman doux-amer qui plonge le lecteur dans une ambiance à la fois drôle et mélancolique… Tout au long de ce repas de famille, aux discussions lisses, au menu toujours identique : gratin dauphinois et son gâteau au yaourt, Adrien va imaginer différents discours et surtout se poser de nombreuses questions sur Sonia qui ne répond toujours pas à son texto…
Un regard décalé et grinçant sur l’amour et sur la famille.
J’ai beaucoup aimé le début, en particulier la description du « chef-d’œuvre d’ébénisterie », réalisé en 6ème par Adrien et offert à ses parents pour Noël, qui trente ans plus tard est toujours présent dans le cuisine familiale. Au fil des pages, j’ai trouvé quelques passages redondants et même si j’ai globalement aimé ce roman atypique, je commençai à trouver que ce repas de famille traînait un peu trop en longueur…

Extrait : (début du livre)
Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. Il laisse tomber ces quelques mots, comme ça, sans plus d’ornements, sans même me regarder, appliqué à se servir un verre de vin rouge qu’il vide dans la foulée. Le détachement, l’absence totale de solennité qu’il imprime à cette phrase empêchent toute négociation. Débattre d’une telle proposition relève du superflu, voire du grotesque. J’ai beau chercher, je n’y décèle pas l’ombre d’une intonation interrogative. Son autorité naturelle ne s’encombre d’aucune question, de volume sonore, de regard droit. Rien de très élaboré, hein, quelques mots, ça la toucherait beaucoup. Oui oui, bien sûr, avec plaisir. C’est tout ce que je trouve à répondre.
Ma sœur et ma mère reviennent de la cuisine à ce moment-là, il ne manquait plus que ça pour me pourrir la soirée, un discours.
De ma place, je peux apercevoir le porte-serviettes au mur de la cuisine et m’étonne d’être encore traumatisé, trente ans après, par ce chef-d’œuvre d’ébénisterie initié par notre professeur de technologie de sixième en guise de cadeau de Noël pour nos parents. Il s’agissait d’élaborer un porte-serviettes en forme de sapin à partir d’une planchette rectangulaire, l’exercice avait pour but de nous familiariser avec le tour, la meuleuse, la fraiseuse et autres outils aux noms barbares dont l’utilité nous échappait et m’échappe encore aujourd’hui pour tout dire.

Déjà lu du même auteur :

Capture-d’cran-2015-06-23-11 Zaï Zaï Zaï Zaï  71Uaq7bWeCL Open BAR, 1ère tournée

61985PN5lJL Formica – Une tragédie en trois actes

 Petit bac 2020a
(8) Son