Les narcisses blancs – Sylvie Wojcik

 Arléa – septembre 2021 – 101 pages

Quatrième de couverture :
Jeanne et Gaëlle se rencontrent par hasard, un soir d’orage et de tempête, dans un gîte d’étape sur les sentiers de Compostelle. Spontanément, elles prennent la route ensemble. Très vite, elles quitteront ce chemin de randonnée bien tracé pour un autre chemin, au cœur de l’Aubrac, de ses pâturages et de ses champs de narcisses. Ce chemin dans un milieu à la fois dur et enchanteur les ramènera chacune à son histoire, son passé, sa raison de vivre. Elles ne sont pas là pour les mêmes raisons, mais au bout de leur quête, c’est pourtant le même besoin de lumière et de paix qui les fait avancer. Tout semble les opposer, une différence d’âge, d’éducation, de milieu social, mais, de ces différences, naîtront une grande proximité, une force qui les nourrira l’une et l’autre.
Roman sur le dépassement de soi, sur la puissance des rencontres et sur le grandiose d’une nature sublimée, Les Narcisses blancs nous embarque avec grâce au cœur de cette région magnifique et sauvage qu’est l’Aubrac.

Auteure : Sylvie Wojcik vit à Strasbourg où elle est traductrice. Son premier roman, Le Chemin de Santa Lucia, a été publié en 2020.

Mon avis : (lu en août 2022)
Un soir d’orage, Gaëlle et Jeanne se rencontrent par hasard dans un gîte d’étape sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Tout semble les opposer, Gaëlle est jeune, elle vient d’un squat et elle se méfie de tout comme un petit animal sauvage. Jeanne est âgée, ancienne infirmière, elle est sociable mais garde une part de mystère.  La rencontre est belle et après la soirée au gîte, elles décident de continuer la route ensemble même si elles ne marchent pas au même rythme, elles se retrouvent en soirée. Elles vont même décider de quitter le chemin officiel pour une nouvelle direction et marcher à travers l’Aubrac.
Les deux femmes cheminent, en quête d’elles-mêmes, et au fil du livre, nous découvrons la personnalité de chacune, leur parcours personnel.
Voilà un petit livre plein d’émotion, de pudeur, de vérité avec deux personnages extrêmement attachants.

Extrait : (début du livre)
Depuis qu’elle avait trouvé ce magazine un soir d’errance dans le dernier tram, Gaëlle élaborait son plan. Elle quitterait Ludo, leur squat de la ruelle aux pinsons et leurs rêves qui s’épuisaient sur un bout de trottoir, pour suivre le tracé rouge de la carte, de point en point. Des noms qui ne lui disaient rien mais qu’elle récitait tout bas comme un poème prenant peu à peu corps avec elle.

Elle gardait précieusement sur elle quelques billets de banque qu’elle s’était juré de ne pas partager. De quoi acheter un aller simple en seconde classe et un peu plus encore. C’était l’argent volé l’hiver dernier à la petite vieille de la maison d’en face, sans remords parce qu’elle la trouvait laide, parce qu’elle la trouvait vieille et parce que les vieux, de toute façon, elle ne les aimait pas.
À l’aube d’un matin d’avril, dans la villa abandonnée, Gaëlle ouvrit son duvet et enjamba les corps endormis à même le sol. Dehors, le nez au vent, les cheveux ramenés en boule sous sa casquette, elle zigzaguait dans les herbes folles le long de la voie ferrée. Elle avait accroché, sur le rabat de son sac à dos, une coquille trouvée dans une poubelle et lavée dans l’eau du canal. Sur le quai, l’autorail de six heures, emmitouflé dans la brume, attendait.

Petit bac 2022
(6) Couleur

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s