Noir comme neige – Peter Robinson

71CAVRYo2aL Livre de Poche – février 2008 – 480 pages

traduit de l’anglais par Jean Esch

Titre original : Past Reason Hated,1991

Quatrième de couverture :
La petite ville d’Eastvale, dans le Yorkshire, s’apprête à fêter Noël dans une ambiance et un décor de carte postale. D’autant que la neige est au rendez-vous. Hélas, cette atmosphère idyllique est endeuillée par le meurtre sauvage d’une jeune femme, Caroline Hartley, retrouvée nue au pied de son sapin, poignardée. Les soupçons sont nombreux – et se portent d’abord sur la compagne homosexuelle de Caroline – , mais les indices sont rares et ils mènent tous à des impasses car Caroline Hartley avait fait du secret son mode de vie… jusque dans sa mort. C’est le début d’une nouvelle enquête pour l’inspecteur divisionnaire Banks, secondé par le sergent Richmond et la détective Susan Gray, nouvellement promue, et, comme souvent chez Peter Robinson, sous le vernis des apparences, tout le monde a quelque chose à cacher…

Auteur : Auteur canadien d’origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950 dans le Yorkshire. Il commence une carrière d’enseignant puis écrit, à partir de 1987, les premières enquêtes de l’inspecteur Alan Banks. En 2000, Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et, en France, le Grand Prix de littérature policière. Peter Robinson a également reçu à six reprises le Arthur Ellis Award, prix du meilleur roman policier canadien. 

Mon avis : (lu en juillet 2022)
C’est la cinquième enquête de l’inspecteur Banks. Quelques jours avant Noël, Caroline Hartley est retrouvée poignardée à son domicile. Une jeune femme magnifique dont la vie personnelle était plutôt mystérieuse. Elle vivait avec une femme et jouait dans la troupe de théâtre amateur d’Eastvale dans le Yorkshire. L’inspecteur divisionnaire Banks et son équipe constituée par le sergent Richmond et la nouvelle détective Susan Gray vont mener cette enquête en explorant de nombreuses pistes, il est question de musique, de théâtre, de relations sexuelles… Une intrigue bien construite, des personnages intéressants ou attachants et une écriture agréable. Je passe toujours un moment de lecture plaisant avec cette série au rythme lent et au charme anglais…

Extrait : (début du livre)
La neige tomba sur Swainsdale pour la première fois de l’année quelques jours avant Noël. Là-bas dans la vallée, dans les fermes et les hameaux les plus éloignés, les gens du coin allaient pester. Une abondante chute de neige pouvait être synonyme de moutons égarés et de routes bloquées. Par le passé, certains endroits étaient restés isolés pendant cinq semaines. Mais à Eastvale, la plupart des personnes qui traversaient la place du marché en ce soir du 22 décembre se réjouissaient de voir ces gros flocons scintiller dans la lueur des lampadaires et former un tapis blanc grumeleux sur les pavés.

L’inspectrice Susan Gay, qui revenait du kiosque à journaux, s’arrêta sur le chemin du poste de police. Devant l’église romane se dressait un immense sapin, cadeau de la ville norvégienne avec laquelle Eastvale était jumelée. Les guirlandes clignotaient et ses branches effilées ployaient sous le poids d’un centimètre de neige. Au pied du sapin, un groupe d’enfants en tuniques rouges de choristes chantait : « Once in Royal David’s City ». Leurs voix d’alto, fragiles, mais claires, semblaient particulièrement adaptées à cette belle soirée d’hiver.
Susan renversa la tête en arrière et laissa les flocons fondre sur ses paupières. Quinze jours plus tôt, jamais elle ne se serait permis un geste aussi spontané et frivole. Mais maintenant qu’elle était l’inspectrice Gay, elle pouvait se permettre de se détendre un peu. Elle en avait terminé avec les cours et les examens, du moins jusqu’à ce qu’elle postule au grade de sergent. Finies les disputes avec David Craig pour savoir qui ferait le café. Finies également les patrouilles et la régulation de la circulation les jours de marché.
La musique l’accompagna, tandis qu’elle repartait vers le poste de police :
Et Il conduit Ses enfants
Là où Il s’en est allé.

Droit devant elle, la nouvelle lampe bleue était suspendue telle une enseigne de magasin au-dessus de l’entrée du poste de police à la façade de style Tudor. Pour tenter d’améliorer l’image de la police aux yeux de la population, ternie par des émeutes raciales, des scandales sexuels et des accusations de corruption à haut niveau, le gouvernement s’était tourné vers le passé ; plus précisément vers les années 1950. Ainsi, cette lampe sortait tout droit d’un vieux feuilleton télé en noir et blanc. L’image du vieux flic débonnaire qui patrouille dans son quartier avait fait beaucoup rire au siège de la police régionale d’Eastvale. Ah, si la vie était aussi simple que ça, avaient-ils soupiré.

Déjà lu du même auteur :

81-pkeXoGWL Le Voyeur du Yorkshire PeterRobinson2 Le Rocher aux corbeaux

Matricule 1139  La Vallée des ténèbres

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