Cultivons-nous : Bien manger avec les paysans d’aujourd’hui – Édouard Bergeon

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41FhbrgT4GL Arènes – novembre 2021 – 326 pages

Quatrième de couverture :
 » Fils et petit-fils de paysan, j’ai grandi dans une ferme. Vivant entre ville et campagne aujourd’hui, je veux œuvrer à réconcilier les mondes agricole et urbain autour de cette terre qui m’a tant donné.  »
Raconter la chaîne humaine qui relie la terre à notre assiette quotidienne.
Donner à rencontrer celles et ceux qui nous nourrissent.
En texte, en illustration, en photo, en BD.

Auteur : Édouard Bergeon est journaliste et réalisateur. Il est l’auteur du film Au nom de la terre avec Guillaume Canet (2019, 2 millions d’entrées) ; du documentaire Les Fils de la terre (2012) qui traite du suicide des agriculteurs. Il a été journaliste à France 3 Poitou-Charentes puis au
service Société de France 2, avant de créer sa propre chaîne digitale, CultivonsNous.fr, dédiée au monde paysan au sens large et à tous ceux qui nous nourrissent.
Il a grandi dans une ferme près de Poitiers où son père, agriculteur, s’est suicidé quand il avait 16 ans.

Mon avis : (lu en mars 2022)
Un livre que l’on ne lit pas linéairement mais dans lequel on pioche les articles qui peuvent nous intéresser. Il raconte ce qui relie l’agriculture à l’assiette du consommateur.
L’ouvrage est construit en trois grandes partie :
– Le lecteur redécouvre la France avec son agriculture et le monde paysan dans sa diversité, ses contraintes, ses envies et des solutions avec des témoignages très variés. Il est question d’aquaponie, de village potager, du combat d’une vie de Paul François, de la web-série Les Résistants née du 1er confinement, du Festival de Lussas (Ardèche), de planter des arbres avec les enfants…
– Puis c’est le passage de la Terre à l’assiette avec les circuits, les enjeux de l’alimentation et la découverte des initiatives et de ceux qui les portent. Il est question de cantines, de restaurants différents…
– Enfin, c’est la partie cahier pratique autour des quatre saisons et de onze produits.
Le printemps avec l’asperge, le poireau et la fève.
L’été avec la rhubarbe, l’artichaut et la framboise.
L’automne avec l’oseille, le haricot coco et le kiwi.
Et l’hiver avec le potiron et le céleri-rave.
Pour chaque produit, une fiche d’identité, une recette originale très détaillée, un conseil du chef sur le légume ou le fruit, une rubrique « Cultivez-le » pour ceux qui ont un jardin… et « Bien acheter » pour tous.
Les articles sont variés : présentation des chiffres clés, enquêtes illustrées, témoignages, interviews, photos, cartes, bandes dessinées…
Voilà 15 jours que je feuillète, j’explore ce beau livre et j’ai encore pleins de découvertes à y faire et toutes les recettes à tester !

Merci à Babelio et les éditions Les Arènes pour cette plongée dans la France paysanne, ses métiers, ses produits.

Extrait :

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Petit bac 2022
(3) Verbe

Les pantoufles – Luc-Michel Fouassier

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – mars 2022 – 128 pages

L’arbre vengeur – septembre 2020 – 113 pages

Quatrième de couverture :
« Étonnamment, Justine ne fit aucune remarque concernant mes pantoufles. Elle se contenta de les regarder, avec, chaque fois, un air désolé. Elle estimait certainement que j’étais au fond du gouffre et devait se dire que ça allait de pair, cette paire, avec mon état mental du moment. »Un homme sort de chez lui en pantoufles en oubliant les clés à l’intérieur de son appartement. Contraint d’affronter une journée sans chaussures, il s’engage dans cette aventure à pas feutrés. Mais face à ses collègues de travail, à sa famille et même aux forces de l’ordre, chaussé de ses confortables charentaises, il provoque de surprenantes réactions d’hostilité ou d’engouement.Et le voilà lancé dans un combat contre la tyrannie du conformisme. Dans un monde trop pressé, il impose doucement sa si tranquille façon de marcher.

Auteur : Luc-Michet Fouassier est né en mai 1968, en région parisienne, non loin des pavés. Il a publié plusieurs recueils de nouvelles et romans aux éditions Quadrature et Luce Wilquin. Son dernier ouvrage a été préfacé par Jean-Philippe Toussaint.

Mon avis : (lu en mars 2022)
Distrait et pressé lorsqu’il sort de chez lui, le narrateur de ce court roman claque la porte en laissant ses clés à l’intérieur… et alors il s’aperçoit qu’il a oublié de mettre ses chaussures et qu’il est donc resté en pantoufles ! Étant déjà en retard, il n’hésite pas très longtemps et malgré tout il part travailler ainsi en costume et en charentaises. Les regards de ceux qui le remarquent sont surpris, amusés, choqués mais notre narrateur assume et à aucun moment il ne se laisse déstabiliser. Il va vite se rendre compte qu’avant cette mésaventure, il était plutôt transparent pour les autres et que depuis qu’il assume de vivre en pantoufles en toutes circonstances, il suscite de l’intérêt positif ou hostile…

Merci les éditions Folio pour cette lecture rapide, amusante, pleines de surprises !

#lucmichelfouassier  #lespantoufles

Extrait : (début du livre)
On regarde sa montre, on constate qu’on est déjà en retard, on cherche le parapluie pliable, on vérifie que le portefeuille se trouve bien dans la poche intérieure de la veste, on dégotte le parapluie posé à même la moquette du couloir, on remarque un vilain petit duvet de poussière sur le dessus du meuble Ikea, on se demande s’il en est de même pour tous les autres meubles, on se dit qu’il serait peut-être souhaitable de changer de femme de ménage, on claque la porte de l’appartement. Puis, ayant snobé l’ascenseur, à l’instant où l’on quitte la moquette du palier pour le carrelage de l’escalier, au bruit étouffé de ses pas, on se rend compte qu’on a oublié de chausser ses mocassins.
On fixe un instant les pantoufles.
On leur trouve un air un peu con, subitement, à ces deux pantoufles. On cherche en vain ses clefs dans la poche droite de la veste (leur place habituelle). On porte un ultime espoir sur la poche gauche. Là aussi, rien. Force est de constater qu’on a aussi oublié les clefs. On maudit alors la femme de ménage qui, par le fait  d’avoir délaissé le dessus du meuble à chaussures, a dérouté l’attention. On s’imagine en train de l’étrangler. On est en retard. On file comme ça.

Petit bac 2022
(3) Objet

Une maternité rouge – Christian Lax

81f9cIULldL Futuropolis – janvier 2019 – 144 pages

Quatrième de couverture :
Au Mali, une Maternité rouge, sculpture datant du XIVᵉ siècle, est sauvée de la folie destructrice des islamistes par Alou, un jeune chasseur de miel. En compagnie d’autres migrants, sœurs et frères d’infortune, Alou prend tous les risques pour rejoindre l’Europe. Son but et son obsession : confier la précieuse statuette au musée du Louvre…

Auteur : Christian Lacroix dit Lax est né en 1949. Il vit près de Lyon. Il intègre alors L’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne et en 1975 se lance dans l’aventure professionnelle. Il faudra attendre 1981 pour que soit publié son premier album, Ennui Mortel. En 1987, avec Des Maux pour le dire, il raconte l’histoire magnifique, tout en pudeur, d’un handicapé, inspirée de la vie de son propre frère. En 1999, il crée la série Le Choucas, dont il signe scénario et dessin. C’est dans la collection Aire Libre qu’il livre, seul ou avec Frank Giroud, quelques-uns des fleurons de la bande dessinée contemporaine : Les Oubliés d’Annam (1990 et 1991), La Fille aux Ibis (1993), Azrayen’ (1998 et 1999) ou encore L’Aigle sans orteils (2005). Christian Lax est nommé Grand Boum 2011 au festival de bande dessinée de Blois. Il arrive en 2009 chez Futuropolis avec Pain d’alouette puis L’Écureuil du Vel’d’Hiv qui conclue sa trilogie sur le vélo.
Il intègre en 2019 la collection Louvre avec Une maternité rouge.

Mon avis : (lu en février 2022)
En septembre 1960, des colons s’apprêtent à quitter le le Soudan français avec un camion chargé d’œuvres d’art volés aux locaux. Et parmi elles, une Maternité rouge (petite statuette représentant une femme enceinte) arrivera au Louvre. A cette époque, un jeune garçon récupérera l’une des statuettes et ira la cacher.
La statuette cachée est retrouvée au printemps 2014 par Alou, un chasseur de miel. Mais le Mali est occupé par les islamistes et ceux-ci interdisent l’art et la Maternité rouge est menacée. Hogan, un sage érudit de son village, ne voit qu’une solution pour protéger la statuette, la confier au Louvre à Paris.
Pour sauver son patrimoine et l’art Dogon, Alou va devoir entreprendre le voyage des migrants et affronter tous les dangers.
Un magnifique album en bichromie, où le lecteur découvre le Mali et l’art Dogon, un peuple persécuté de tous les temps, le long voyage semé d’embûches des migrants et bien sûr Le Louvre et son Pavillon des Sessions.
Cette bande dessinée offre un récit engagé, superbement illustré qui fait réfléchir.

Extrait :

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Petit bac 2022
(3) Famille

Rencontre avec Véronique Olmi

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Rencontre avec Véronique Olmi, autrice de renommée internationale après le retentissant Bhakita,
à l’occasion de la parution de son nouveau roman, Le Gosse, aux éditions Albin Michel.
Cette échange a été très sympathique et ayant ce roman en cours, la mise en situation de cette histoire m’aidera beaucoup pour terminer cette lecture très émouvante.

Pour visionner la rencontre à la Librairie Millepages de Vincennes du 8 mars 2022

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Déjà lu de la même auteure :

9782367625751-001-T  Bakhita

 

C’est lundi, que lisez-vous ? [184]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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La traversée du Louvre – David Prudhomme
Sous protection – Viveca Sten
Les mille et une vies des urgences – Dominique Mermoux, Baptiste Beaulieu

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Les pantoufles – Luc-Michel Fouassier (partenariat Folio)
Sur l’autre rive – Emmanuel Grand

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Seul le silence – Fabrice Colin, Richard Guérineau, RJ Ellory (BD)
Le droit du sol – Étienne Davodeau (BD)
La cosmologie du futur – Alessandro Pignocchi (BD)
Jours de sable – Aimée de Jongh (BD)
Cultivons-nous : Bien manger avec les paysans d’aujourd’hui – Édouard Bergeon (Masse Critique)
Le gosse – Véronique Olmi

Bonnes lectures, bonne semaine !

Les mille et une vies des urgences – Dominique Mermoux, Baptiste Beaulieu

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Quatrième de couverture :
L’humanité à bras-le-corps. Baptiste est interne dans un service d’urgences. Celle qu’il surnomme la femme oiseau de feu voit ses jours comptés alors que son fils est coincé en Islande par un volcan au nom imprononçable. Baptiste n’a plus qu’un but, aider sa protégée à tenir jusqu’au retour de son fils. Pendant 7 sept jours, les journées du jeune interne sont rythmées par les moments qu’il passe à son chevet, à lui raconter toutes les vies de l’hôpital : les joies et peines des patients, les farfelus, les plus touchants, mais aussi la vie des internes et des infirmiers, leurs routines, leurs découragements, leurs amours parfois. Un témoignage rare et incroyablement touchant sur la terre méconnue mais essentielle que sont les urgences. Incontournable.

Auteurs : Ancien interne à l’hôpital d’Auch, Baptiste Beaulieu est aujourd’hui médecin généraliste et romancier. En novembre 2012, il lance son blog « Alors voilà », qui décrit avec humour, ironie et humanité, mais aussi parfois avec dépit, le quotidien des internes aux urgences. Devant le succès de son blog (6 millions de visiteurs), la plupart des anecdotes des urgences d’Auch paraissent en 2013 dans le récit Alors voilà, les 1001 vies des urgences (Fayard), adapté en bande dessinée chez Rue de Sèvres.
Né en 1980 en Haute-Savoie, Dominique Mermoux se lance dans la bande dessinée après des études aux arts décoratifs de Strasbourg, un BTS en communication visuelle et un diplôme en illustration aux Arts décoratifs de Strasbourg. Récompensé à plusieurs reprises par des prix « Jeunes talents » (Angoulême, Lausanne, Sierre), il débute sa carrière dans la presse, puis décide de travailler sur des albums en collaboration avec des scénaristes. Il travaille principalement en tant que dessinateur BD, et continue d’affuter son stylo-bille dans les carnets de croquis qu’il réalise. Les Mille et une vies des Urgences est son premier titre chez Rue de Sèvres.

Mon avis : (lu en février 2022)
Cette bande dessinée est l’adaptation du roman « Alors voilà : les 1001 vies des urgences » de Baptiste Beaulieu. C’est la vie des urgences racontée avec humanité et poésie… Le lecteur découvre le quotidien de l’hôpital du côté des patients et de celui des soignants. Pendant 7 jours, nous passons d’un box de consultation à un l’autre, d’une chambre à l’autre avec le jeune interne Baptiste et ses collègues Léa alias Frottis, Amélie, Poussin, Blanche, Chef Pocahontas ou Chef Viking… En fil rouge, il y a une patiente surnommée Oiseau-de-feu par Baptiste qu’il visite tous les jours… elle est en phase terminale et attend la visite de son fils qui bloqué à Reykjavík par le volcan Eyjafjallajökull. Afin de la garder en vie le plus longtemps possible, Baptiste lui raconte de nombreuses petites anecdotes rencontrées aux Urgences, elles sont parfois drôles, tristes ou juste émouvantes…
Une lecture émouvante, pleine d’humanité avec de l’humour, de l’intelligence et de la sensibilité !

Extrait : (début de la bande dessinée)

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Petit bac 2022
(2) Chiffre

Sous protection – Viveca Sten

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traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I fel sällskap, 2018

Quatrième de couverture :
Andreis Kova est un homme puissant. Enfant réfugié de la guerre de Bosnie, il est devenu baron de la drogue à Stockholm. À défaut de pouvoir le faire tomber pour trafics de stupéfiants, la justice tente de le coincer pour fraude fiscale. Mais Kova peut s’offrir les meilleurs avocats : il sait qu’il s’en sortira, une fois de plus.
Une femme fait pourtant le pari contraire : la procureure Nora Linde. Pour l’atteindre, elle compte sur la jeune épouse du trafiquant, Mina, en fuite après avoir été battue par son mari. C’est un témoin clé qui pourrait faire basculer le procès.
Placée sous protection avec son bébé dans une villa de l’archipel, Mina devient l’enjeu d’une guerre sans merci. Andreis Kova ne reculera devant rien pour les récupérer, elle et son fils. L’inspecteur Thomas Andreasson saura-t-il protéger Nora Linde de sa brutalité sans bornes ?

Auteure : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture.
Sa série mettant en scène l’inspecteur Thomas Andreasson et Nora Linde sur l’île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans plus de 25 pays. L’adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d’audience en Suède, et les 5 premières saisons diffusées sur Arte ont réuni des millions de téléspectateurs.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
C’est la neuvième enquête où l’on retrouve Nora et Thomas. Contrairement aux enquêtes précédentes, il n’y a pas de cadavre ou de disparition au début cette histoire, mais une femme battue… Mina n’est pas n’importe qui, c’est l’épouse de Andreis Kova, un homme puissant d’origine bosniaque, trafiquant de drogue dont la justice s’intéresse à lui. Nora en tant que procureure chargée des affaires financières est également sur son dossier, elle tenterait bien de l’inculper pour fraude fiscale. Et si Mina pouvait porter plainte contre son mari pour violence conjugale ? Nora et Thomas doivent alors protéger Mina.
Très rapidement dans ma lecture, j’ai eu l’impression de déjà connaître cette histoire, en effet j’avais déjà vu cette épisode dans la série Meurtres à Sandhamn… Je ne me souvenais de pas de toute l’histoire mais cela gâche un peu le suspens… Cette enquête est plutôt sombre et angoissante avec l’homme très violent qu’est Andreis Kova.

Extrait : (début du livre)
Mina Kovač examina le plan de travail. Il avait beau briller, elle passa encore quelques coups de torchon, pour être sûre. Elle avait récuré tous les sols et passé l’aspirateur de fond en comble, en utilisant tous les embouts pour accéder aux moindres recoins et qu’il ne reste plus un grain de poussière. La salle de bain sentait le citron.

Le petit avait dormi tard, Dieu merci, ce qui lui avait permis de faire le ménage bien tranquillement. Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre. Dino ne ramenait jamais Andreis avant dix-neuf heures, mais elle voulait en avoir le cœur net.
Le repas devait être prêt quand il ouvrait la porte. Elle avait préparé l’essentiel, deux beaux biftecks et de grosses pommes de terre au four. De la sauce béarnaise, une salade verte.
Son menu préféré.
Ces derniers temps, Andreis avait été plus imprévisible qu’à l’ordinaire. Elle s’efforçait de ne pas l’énerver, parfois elle ne savait même pas pourquoi il se fâchait. Elle restait en retrait, essayant de prendre le moins de place possible. Quand Lukas se réveillait, elle le prenait dans ses bras pour que ses cris ne dérangent pas son père.
Il y avait beaucoup de réunions et de coups de téléphone tard le soir, parfois Andreis filait en pleine nuit avec Dino, sans donner d’explication.
Elle n’osait pas demander ce qui se passait.
Mina gagna le séjour et se pencha sur le vieux berceau que son père avait descendu du grenier et rafraîchi. Lukas ronronnait sur le dos comme elle avait dû le faire elle-même jadis. Ses mains incroyablement petites reposaient sur le drap, les doigts écartés, avec leurs ongles translucides. Son nouveau doudou, un lapin en peluche bleu clair, attendait dans un coin.
Elle aurait aimé avoir le temps de prendre son fils, de poser ses lèvres sur sa tête duveteuse et de s’installer à l’aise dans le fauteuil pour le nourrir. Mais il valait mieux le laisser dormir, pour avoir le temps de s’occuper des toilettes des invités avant le retour d’Andreis.
Un bruit à la porte d’entrée fit sursauter Mina. Déjà ? Il n’était que dix-huit heures. Elle se dépêcha d’aller ouvrir. Soulagement : c’était son père.
« Qu’est-ce que tu fais là ?
– J’avais une course dans le coin. Je peux entrer ? »
Mina hésita.
« Il est à la maison ? »
Elle n’avait pas besoin de s’expliquer, pas avec lui. Mais elle avait honte que ce soit si évident.
« Il sera là d’ici une heure, répondit-elle sans le regarder dans les yeux.
– Je voulais juste voir Lukas, ça fait longtemps. Je ne reste que quelques minutes, je serai reparti avant le retour d’Andreis. »

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Suède

 

Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l’île
116631134 Au cœur de l’été 51zvmU31TnL Retour sur l’île 

81ff9zlGX-L Dans l’ombre du Paradis  Au nom de la vérité

 

La traversée du Louvre – David Prudhomme

81oVQiESGIL Futuropolis – juin 2012 – 80 pages

Quatrième de couverture :
Au Louvre, c’est 7 000 visiteurs et 35 000 œuvres qui se côtoient par jour, dans 210 000 m2, dont 60 000 m2 de galeries. 5 000 ans d’histoire de l’art, qui suscitent autant de comportements, de situations amusantes, touchantes ou tendres, que David Prudhomme croque avec légèreté et brio. C’est le regard humoristique d’un artiste sur l’Art.

Auteur : David Prudhomme est né en 1969. Alors qu’il est encore étudiant à la section bande dessinée de l’école d’Angoulême, David Prudhomme démarre Ninon secrète en 1992 sur un scénario de Patrick Cothias. Il poursuit cette série jusqu’en 2004, le temps de six albums. Il réalise avec Etienne Davodeau en 2003, l’adaptation du roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. En 2006, il publie également la première partie de La Marie en Plastique avec Pascal Rabaté. A sa sortie en 2010, Rebetiko remporte un succès critique et public immédiat et récolte de nombreux prix :  Prix Regards sur le monde au festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2010, Prix Lire 2010 de la meilleure bande dessinée de l’année Prix Ouest-France/Quai des Bulles au festival de la bande dessinée et de l’image projetée de Saint-Malo 2010. En 2011, sous sa direction paraît Rupestres!, un ouvrage collectif sur l’art pariétal, en collaboration avec Etienne Davodeau, Emmanuel Guibert, Pascal Rabaté, Marc-Antoine Mathieu et Troub’s. En 2012, David Prudhomme est récompensé par le Prix International de la ville de Genève, pour son ouvrage La Traversée du Louvre (publié en coédition avec le musée du Louvre).

Mon avis : (lu en février 2022)
Dans cette bande-dessinée consacrée au musée du Louvre, David Prudhomme s’intéresse au comportement des visiteurs… Il se met lui-même en scène, déambulant dans les couloirs du Musée du Louvre avec son amie Jeanne. Il est là pour préparer une bande dessinée sur ce mythique musée. Lors de son cheminement, distrait par les coups de téléphone de ses éditeurs, absorbé par les œuvres, il perd son amie. Il continue donc sa promenade, partagé entre l’envie de poursuivre sa découverte du musée et celle de retrouver Jeanne… C’est l’occasion pour David Prudhomme de dessiner aussi bien les œuvres que les gens : amateurs d’art, touristes, badauds, gardiens… Rapprochant les modèles et les paysages de ceux qui les observent. Montrant une expression, une posture qui se répondent entre un visiteur et une statue ou un tableau. Mais qui regarde qui ? Finalement, ce musée du Louvre semble terriblement vivant !
Le dessin et les techniques utilisés sont très variés : crayons de couleur, graphite, fusain, mines de plomb, crayons à la cire…
J’ai bien aimé cette traversée du Louvre, humoristique et si bien observée.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

107460560 Vive la marée 81dUSNPkahL Du bruit dans le ciel

Petit bac 2022
(3) Art