C’est lundi, que lisez-vous ? [180]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Les enfants de la Liberté – Alain Grand, Marc Levy
Ör – Auður Ava Ólafsdóttir

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Sous protection – Viveca Sten
Une maternité rouge – Christian Lax (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Kermesse au paradis – Birgit Weyhe (BD)
Seul le silence – Fabrice Colin, Richard Guérineau, RJ Ellory (BD)
Ouagadougou pressé – Roukiata Ouedraogo (BD)

Bonnes lectures, bonne semaine !

Ör – Auður Ava Ólafsdóttir

516j19nSWIL Zulma – octobre 2017 – 240 pages

traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson

Prix Médicis étranger 2019

Titre original : Ör, 2016

Quatrième de couverture :
Se décrivant lui-même comme un « homme de quarante-neuf ans, divorcé, hétérosexuel, sans envergure, qui n’a pas tenu dans ses bras de corps féminin nu – en tout cas pas délibérément – depuis huit ans et cinq mois », Jónas Ebeneser n’a qu’une passion : restaurer, retaper, réparer. Mais le bricoleur est en crise et la crise est profonde. Et guère de réconfort à attendre des trois Guðrún de sa vie – son ex-femme, un joli accident de jeunesse, sa fille, spécialiste volage de l’écosystème des océans, et sa propre mère, ancienne prof de maths à l’esprit égaré, collectionneuse des données chiffrées de toutes les guerres du monde… Doit-il se faire tatouer une aile de rapace sur l’omoplate ou carrément emprunter le fusil de chasse de son voisin pour en finir à la date de son choix ? Autant se mettre en route pour un voyage sans retour à destination d’un pays abîmé par la guerre, avec sa caisse à outils pour tout bagage et sa perceuse en bandoulière. Ör (« Cicatrices ») est le roman poétique et profond, drôle, délicat, d’un homme qui s’en va – en quête de réparation.

Auteure : Explorant avec grâce les troublantes drôleries de l’inconstance humaine, Auður Ava Ólafsdóttir poursuit, d’un roman à l’autre, une œuvre d’une grande finesse. Ör, encensé par la presse lors de sa parution en novembre 2016, lauréat du Prix des Libraires islandais, est un tourbillon de charme, d’humour et d’humanité, qui a également valu à son auteur l’Íslensku bókmenntaverðlaunin, le plus prestigieux prix littéraire d’Islande. Auður Ava Ólafsdóttir vit à Reykjavík.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Jonas, 49 ans, est un homme silencieux, très grand bricoleur. Divorcé, il vient de découvrir que sa fille n’est pas tout à fait sa fille, sa mère, ancienne professeur de maths, n’a plus tout à fait sa tête séjourne dans une maison de retraite. Jonas
se sent très seul et ne voit plus aucune raison de vivre… Il essaye d’emprunter le fusil de son voisin pour en finir, mais ne voulant pas traumatiser le proche qui le retrouverai, il change de plan. Il décide de quitter l’Islande pour un pays détruit par la guerre, il fait la réservation d’une chambre d’hôtel pour une semaine pour disparaître là-bas. Il part donc avec presque rien comme bagage emportant malgré tout sa caisse à outils pour pouvoir éventuellement installer un crochet solide…
Mais rien ne va se passer comme Jonas l’a imaginé. Là-bas, il réalise que son désespoir est dérisoire et ridicule face aux blessures visibles et invisibles des survivants de ce pays ravagé… Ses talents de bricoleur sont précieux là où tout est en ruines et où tout manque. Entre bricolage et rencontres, Jonas va peu à peu se rendre utile, trouver sa place et se remettre à vivre.
Un roman touchant, plein de poésie et de sensibilité.

L’auteure de Rosa Candida contemple avec poésie et sensibilité la difficulté d’être un homme aujourd’hui, remettant en question la souffrance et le sens du bonheur dans des sociétés où, en théorie, on ne manque de rien d’autre qu’un peu d’amour quelquefois.
Un merveilleux roman où chaque phrase engage la réflexion.

Extrait : (début du livre)
31 MAI
Je sais bien que j’ai l’air ridicule, tout nu, mais je me déshabille quand même. J’enlève d’abord mon pantalon et mes chaussettes, puis je déboutonne ma chemise, laissant apparaître un nymphéa d’un blanc éclatant sur ma chair rose, sur le côté gauche de la cage thoracique, à une demi-lame de couteau du muscle qui pompe huit mille litres de sang par jour, je termine par mon caleçon. Dans cet ordre. Ça ne prend pas longtemps. Me voilà nu, debout sur le parquet, devant la femme, tel que Dieu m’a fait, avec quarante-neuf ans et six jours de plus. Non que mes pensées aillent vers Dieu en cet instant précis. Il y a encore trois lattes de parquet entre elle et moi, du pin rouge de la forêt environnante, laquelle est parsemée de mines explosives. Chaque planche mesure dans les trente centimètres de large, sans compter les interstices, je tends la main, tâtonnant dans sa direction comme un aveugle qui cherche des points de repère, j’approche le bout des doigts de l’enveloppe extérieure de son corps, la peau. Un rai de lune caresse son dos par la fente des rideaux. Elle fait un pas vers moi, j’avance sur une latte qui grince, tandis qu’elle aussi tend la main, ajuste sa paume contre ma paume, ligne de vie contre ligne de vie ; je sens aussitôt un afflux tumultueux dans ma carotide, une pulsation dans mes genoux et mes bras ; je sens le flot sanguin se répandre dans mes organes. Il y a du papier peint à motif de feuillage sur le mur au-dessus du lit de la chambre numéro onze de l’Hôtel Silence et je me dis que demain je poncerai le parquet avant de le cirer.

Déjà lu du même auteur : 

Rosa_candida Rosa Candida  l_embellie L’Embellie

71vRrWamYxL Miss Islande

voisinsvoisines2021_new50
Islande

 

Les enfants de la Liberté – Alain Grand, Marc Levy

002768142 Casterman – septembre 2013 – 162 pages

Quatrième de couverture :
Ils s’appelaient Raymond, Claude, Charles, Emile, Boris, Jan, Catherine, Damira, Sophie ou Osna. C’est l’histoire vraie de ces enfants de l’Occupation devenus trop vite adultes. C’est l’histoire de leur engagement dans la résistance toulousaine.

Auteurs : Né en 1955 à Saint-Gaudens, Alain Grand se passionne pour le cinéma d’animation. Après un bac scientifique, c’est à l’occasion d’un prix bd amateur que Jijé lui remet son trophée, en 1974 (un bon souvenir, forcément). En 1981, il obtient une thèse de doctorat en chirurgie dentaire, tout en publiant diverses couvertures, planches de bande dessinée et illustrations, en particulier pour les éditions Milan et le journal Mikado. En 1991, son premier album, Opération Comics, est publié, et sélectionné pour le prix du public au festival d’Angoulême qui suit. En 2001, c’est avec Gérard Moncomble au scénario qu’il sort cette fois Un ange passe. En 2007, toujours avec le même scénariste, et l’amiénois David François à la couleur, il signe le premier tome de Vilaine, non sans avoir auparavant, en 2006, mis un terme à son activité dans la chirurgie dentaire… 
Né en 1961 à Boulogne dans les Hauts-de-Seine, Marc Levy quitte la France pour les États-Unis à 23 ans et fonde une société spécialisée dans l’image de synthèse. Il reste en Amérique du Nord, sa seconde patrie, pendant sept ans et revient à Paris avec le projet de créer un cabinet d’architecture avec deux de ses amis. Il en est directeur pendant près de dix ans. Aimant raconter des histoires, Marc Levy se met à l’écriture en amateur. Finalement, il décide d’envoyer son manuscrit à plusieurs éditeurs et ce sont les éditions Robert Laffont qui le contacteront. Son premier roman ‘Et si c’était vrai …’ est très bien accueilli par le public et adapté au cinéma en 2005. Depuis, il se consacre à l’écriture et emmène le lecteur dans son univers où tout est possible. ‘La Prochaine Fois’ paraît en février 2005. En janvier 2006, les ventes de ses cinq livres, toutes éditions et langues confondues, ont dépassé les dix millions d’exemplaires. Ses romans, ‘Mes amis, mes amours’ et ‘Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites’ sont venus confirmer l’engouement pour cet auteur. Marc Levy vit à Londres.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
Les enfants de la liberté est le septième roman de Marc Levy, il est très différent des histoires habituelles de l’auteur. Il rend hommage aux étrangers qui se sont battus pour la France lors de la Seconde Guerre Mondiale.
L’auteur raconte ici l’histoire de son père et de son oncle, deux jeunes Juifs qui rentrent dans la Résistance, ils combattent, ils ont peur, ils tuent, des camarades se font tuer ou se font arrêter, ils passeront quelques temps dans la prison Saint-Michel de Toulouse, puis se feront déporter après un périple long et pénible en train… Malgré les trahisons, les arrestations et la mort, l’espoir, le courage et la liberté sont toujours présents pour les faire avancer et espérer à un avenir meilleur.
« Les Enfants de la liberté » est une bande-dessinée touchante, forte et passionnante. Les dessins, sobres mais soignés, dépeignent avec justesse l’atmosphère de l’époque et les actions des résistants, ils donnent encore plus de force et d’humanité aux personnages.
En bonus, à la fin de cet album un dossier avec des documents authentiques appartenant au père de Marc Levy. 
Une belle lecture pour découvrir ou redécouvrir ce roman témoignage.

Extrait :

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Petit bac 2022
(2) Famille

Déjà lu l’original :

les enfants de la liberté Les enfants de la liberté – Marc Levy

C’est lundi, que lisez-vous ? [179]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Ça ne pouvait pas tourner autrement ! – Eliane Saliba Garillon
Celle qui nous colle aux bottes – Marine de Francqueville
L’adoption, cycle 2 – tome 1 : Wajdi – Zidrou et Monin

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Ör – Auður Ava Ólafsdóttir
Une maternité rouge – Christian Lax (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Kermesse au paradis – Birgit Weyhe (BD)
Les enfants de la Liberté – Alain Grand, Marc Levy (BD)
Seul le silence – Fabrice Colin, Richard Guérineau, RJ Ellory (BD)


Meilleurs vœux pour 2022
Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

L’adoption, cycle 2 – tome 1 : Wajdi – Zidrou et Monin

81ciQ7T2MbL Bamboo – septembre 2021 – 72 pages

Quatrième de couverture :
Originaire du Yémen, Wajdi a grandi dans l’horreur de la guerre. Une enfance brisée par les combats, les privations, les souffrances. Après de longs mois d’attente, Gaëlle et Romain accueillent enfin Wajdi chez eux. Méfiant, endurci par la force des choses et ne parlant pas un mot de français, l’enfant de 10 ans s’effraie des moindres bruits du quotidien et interprète mal les gestes les plus simples.
Les heureux parents adoptifs vont être très vite confrontés aux premiers « non », aux premiers troubles de l’adolescence et aux premières rébellions. Wajdi a connu le pire, il va lui falloir du temps avant d’en accepter le meilleur.

Auteurs : Né en 1962 à Bruxelles, Zidrou est d’abord instituteur, puis en 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L’Élève Ducobu. Il signe alors de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, puis imagine des histoires pour adultes comme ProTECTO, Lydie, ou encore Tourne Disque. En février 2012, il signe Boule à Zéro et en octobre 2014, Merci. En 2017 il sort L’adoption avec Arno Monin.
Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l’art, Arno Monin intègre une école d’arts appliqués qui proposait la formation dessin, animation, bande dessinée. En cours de formation, un projet BD commence à le démanger. Il s’y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs. Il signe les dessins du très remarqué L’Envolée sauvage, suivi de L’Enfant maudit.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
Dans cette série de BD autour de l’adoption, voici un nouveau cycle avec Wajdi, un petit garçon de 10 ans, originaire du Yémen qui a grandi dans un pays en guerre. Gaëlle et Romain accueillent Wajdi avec plein de bonne volonté dans leur belle maison. La communication est difficile entre le jeune garçon et sa famille adoptive : ils ne parlent pas la même langue, tout est étranger dans cette maison, les coutumes, la nourriture, la salle de bain… Wajdi est craintif, il refuse tout contact tactile, les bruits inconnus le terrifient. La nuit, seul dans cette grande chambre est souvent cauchemardesque pour cet enfant brisé par son passé. Et la famille ? Elle ne fait rien pour chercher à comprendre les réactions de Wajdi. Elle est déstabilisée par « l’ingratitude » du jeune garçon… Aucun n’est vraiment à l’écoute de Wajdi qui a besoin d’être apprivoisé. Personne ne comprend qu’après avoir connu les horreurs de la guerre, se retrouver sans aucun repère, dans un pays inconnu, sans comprendre la langue est un choc pour ce petit garçon qui n’a rien oublié de sa vie au Yémen.
Ce premier tome de cette histoire a une conclusion poignante et terrible, il nous fait réfléchir sur le sujet de l’adoption. Le dessin de cette bande dessinée est doux et coloré.
J’attends avec impatience la suite et fin de l’histoire de Wajdi.

Extrait :

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Petit bac 2022
(1) Famille

 

Déjà lu des mêmes auteurs :

l'adoption L’adoption cycle 1 – Qinaya

117523615 L’adoption cycle 1 – tome 2 – La Garùa

Celle qui nous colle aux bottes – Marine de Francqueville

Masse Critique
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71Y-jCdQBnL Rue de l’échiquier – avril 2021 – 200 pages

Quatrième de couverture :
– J’aimerais bien que tu me racontes ton histoire, pourquoi t’es devenu agriculture et tout ça… !
– Oh là là… mais c’est l’agriculture ton sujet, pas moi !
– Oui… enfin, c’est un peu les deux !

Auteur : Marine de Francqueville est une jeune illustratrice fraîchement diplômée de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (EnsAD), section cinéma d’animation. Elle réalise des courts-métrages, des clips, des scénographies, des sculptures en argile ou en céramique, et prépare un festival artistique dans le village de son enfance, Trigny. Celle qui nous colle aux bottes est sa première bande dessinée publiée.

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Une bande dessinée très documentée et très instructive sur l’agriculture d’aujourd’hui.
Marine est étudiante aux Arts Déco à Paris, son père est agriculteur dans la Marne. Pour son mémoire de fin d’études, elle décide de parler de l’agriculture et de l’environnement. Ainsi commence un dialogue entre le père et la fille. Elle a des convictions écologiques, elle vit maintenant à Paris, donc à la ville… Son père défend l’agriculture conventionnelle même s’il en connaît les défauts… Les échanges sont riches, parfois passionnés mais toujours affectueux… Marine et son père s’interrogent mutuellement, ils restent ouverts aux arguments de l’un et de l’autre, ils font progresser leur réflexion. Ce débat très actuel met en lumière les enjeux décisifs de l’agriculture de demain.
Au cours de son enquête, Marine rencontre de nombreux agriculteurs ayant des manières différentes de produire. Les mentalités changent avec la nouvelle génération. Il est question de bio, d’agroforesterie, d’ogm…  Avec elle, le lecteur découvre l’évolution de l’agriculture depuis ses origines et surtout depuis l’après Seconde Guerre Mondiale avec le remembrement du territoire, le productivisme… Les contraintes imposés aux agriculteurs pour voir toujours plus gros et les conséquences sur l’environnement.
Comme le montre la couverture, « Celle qui nous colle aux bottes » est aussi bien la boue que Marine !
Avec un dessin noir et blanc assez simple, cette bande dessinée, très complète sur le fond, nous fait nous interroger sur le futur de notre planète.

Extrait :

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Petit bac 2022
(1) Objet

Ça ne pouvait pas tourner autrement ! – Eliane Saliba Garillon

913As73PDDL L’Escampette – mars 2021 – 186 pages

Quatrième de couverture :
Leurs problèmes conjugaux respectifs contraignent deux amis d’enfance à cohabiter, malgré « une incompatibilité presque parfaite »… Leurs chamailleries continuelles mais aussi des rencontres inattendues, comme celle d’une migrante syrienne, vont faire renoncer à ses préjugés machistes l’animateur de radio divorcé, et à sa peur des étrangers le comptable pantouflard. Satire ironique et affectueuse, où rôdent l’amour et l’humour, ce délicieux roman dans la lignée de Robert Benchley et Woody Allen fait à la fois beaucoup rire et beaucoup songer.

Auteur : Eliane Saliba Garillon, qui écrit en français, est libanaise. Elle assure, archives à l’appui, que sa famille s’est implantée au Pays du Cèdre vers 60 après J-C, et qu’elle a pour ancêtre un roi de Sparte ! Après des études à l’université Saint-Joseph de Beyrouth, elle a beaucoup voyagé, en particulier aux États-Unis et en France, mais elle a passé les années de guerre civile au Liban, où elle vit actuellement. 

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Comme on le voit sur la couverture très réussie de ce livre, cette histoire se passe à San Francisco sur Lombard Street. Mel et Martin sont deux hommes d’âge mûr, amis d’enfance et pourtant si différents : Martin est comptable, un peu radin, tatillon, ronchon et qui continue à parler à Fleur, sa femme décédée depuis 9 mois, Mel est un bon vivant, animateur de de radio, très bavard, un optimiste à tout épreuve, dépensier plus que de raison… La veille de Noël, Mel est mis à la porte de chez lui par sa femme et il trouve donc naturellement refuge chez Martin.
Entre ces deux êtres dissemblables, la cohabitation s’annonce haute en couleurs… Au bout de quelques semaines, il devient urgent de faire appel à une femme de ménage et Nesrine, une migrante syrienne, va entrer dans leurs vies et bousculer leurs préjugés. Mel se réfugie souvent à Faye Park, un jardin bien caché proche de chez Martin, où il a son banc préféré… Il va y rencontrer Rita, une femme ayant la soixantaine, cultivée mais assez mystérieuse sur sa vie. Mel et Rita vont se retrouver régulièrement à Faye Park pour de nombreuses conversations…
Voilà un roman qui fait du bien, qui nous fait rire, sourire et réfléchir. J’ai beaucoup aimé !

Extrait : (page )
― Je te dérange ?
― Bien sûr que non ! Il fait glacial, j’attendais les résultats de la loterie avant d’entrer dans mon bain et j’ai mal à la tête.
― Tu vas quand même mieux que moi, lui ai-je fait remarquer en montrant ma valise.
― Seulement si tu penses qu’avoir une femme qui divorce est mieux que d’avoir une femme qui est morte. C’est vrai que Fleur était décédée d’un cancer neuf mois plus tôt. J’en avais eu beaucoup de peine et je savais que Birdy vivait très mal sa nouvelle solitude, d’autant plus que le couple n’avait pas eu d’enfants. C’était d’ailleurs pour cela que j’avais pensé à me réfugier chez lui au lieu de me jeter avec ma Camaro dans la baie de San Francisco.
― Elle t’a fichu dehors, n’est-ce pas ? a-t-il délicatement enchaîné.
― C’est moi qui suis parti.
― Tout à fait ton style de quitter ton fauteuil et ton verre de whisky par ce temps, une avant-veille de Noël et probablement sans un dollar en poche !
― Disons que c’était une décision commune.
― Et qu’est-ce qui a finalement déclenché cette séparation annoncée ?
― Trois moulins à poivre.
― Ça ne pouvait pas tourner autrement !

Petit bac 2022
(1) Ponctuation

C’est lundi, que lisez-vous ? [178]

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Moon river – Fabcaro
Olive, enfin – Elizabeth Strout

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Ça ne pouvait pas tourner autrement ! – Eliane Saliba Garillon
Celle qui nous colle aux bottes – Marine de Francqueville (Masse Critique)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Ör – Auður Ava Ólafsdóttir
L’adoption, cycle 2 – tome 1 : Wajdi – Zidrou et Monin (BD)
Kermesse au paradis – Birgit Weyhe (BD)
Les enfants de la Liberté – Alain Grand, Marc Levy (BD)
Seul le silence – Fabrice Colin, Richard Guérineau, RJ Ellory (BD)
Une maternité rouge – Christian Lax (BD)

Meilleurs vœux pour 2022
Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Olive, enfin – Elizabeth Strout

71u5lWZ-3KL Fayard – août 2021 – 368 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Brévignon

Titre original : Olive, Again, 2019

Quatrième de couverture :
Dans la petite ville côtière de Crosby, dans le Maine, Olive Kitteridge est connue – et redoutée – pour son caractère bien trempé et son franc-parler détonant. Professeure de maths retraitée, veuve depuis peu, elle apprend à négocier les épreuves mais aussi à apprécier les joies que lui réserve cette nouvelle période de sa vie : bientôt, Olive se remarie, renoue avec son fils, essaie d’apprivoiser ces créatures étonnantes que sont ses petits enfants, et, surtout, le temps qui passe. Au fil des années, elle croise sur son chemin nombre de connaissances, amis ou anciens élèves : une jeune femme sur le point d’accoucher au moment le plus incongru, une autre qui vit recroquevillée depuis qu’elle a un cancer, ou encore une fille confrontée à l’effroi de ses parents lorsqu’elle leur révèle exercer la profession de maîtresse SM. Dans le sillage d’Olive, on pousse des portes et découvre les histoires, les drames et les destinées singulières des habitants de Crosby.
Une fois encore, Elizabeth Strout met brillamment à nu la vie des gens ordinaires et livre un roman superbe, tendre, mélancolique et plein d’humour sur le couple, l’amour, la vieillesse et la solitude, en déroulant le fil de l’histoire de son irrésistible Olive à l’automne de sa vie.

Auteure : Elizabeth Strout est née en 1956 à Portland, dans le Maine. Après des études de droit, elle s’installe à New York et publie des nouvelles dans différentes revues littéraires. Elle met sept ans à rédiger son premier roman, Amy et Isabelle (2000). En 2009, elle reçoit le prix Pulitzer pour Olive Kitteridge, publié dans 26 pays. 

Mon avis : (lu en janvier 2022)
Quelle plaisir de retrouver Olive Kitteridge, cette professeur de mathématiques en retraite devenue veuve.
Comme pour le roman précédent, il est construit sous forme de tranches de vie de Crosby, une petite ville côtière du Maine avec en fil rouge Olive Kitteridge. Dans certains chapitres, elle est très présente et dans d’autres elle est juste évoquée. C’est la suite de la vie d’Olive de 70 à plus de 80 ans. Cette femme haute en couleurs, au caractère bien trempé est vraiment très attachante. Elle a son franc parlé mais également un grand cœur.
Toutes ces tranches de vie sont touchantes ou humoristiques, inattendues ou décalées, parfois tragiques… Elles sont décrites sans complaisance mais avec beaucoup d’humanité.
J’avais eu un vrai coup de cœur pour Olive Kitteridge et c’est également un grand coup de cœur pour Olive, enfin !

Extrait : (début du livre)
Un samedi de juin, en début d’après-midi, Jack Kennison mit ses lunettes de soleil, prit place dans sa voiture de sport après avoir baissé la capote, passa la ceinture de sécurité sur son épaule et son ventre proéminent, puis mit le cap sur Portland – à près d’une heure de route – pour acheter un gallon de whisky sans risquer de tomber sur Olive Kitteridge à la supérette de Crosby, dans le Maine. Ou sur cette autre femme qu’il avait croisée à deux reprises dans le magasin, lui, sa bouteille de whisky à la main, elle, monologuant sur la météo. La météo ! Cette femme – son nom lui échappait – était veuve, elle aussi.
Pendant qu’il roulait, une sensation proche du calme monta en lui. Une fois arrivé à Portland, il se gara et marcha vers le fleuve. L’été avait éclos. S’il faisait encore frais en cette mi-juin, le ciel était bleu et les mouettes volaient au-dessus des docks. Il y avait du monde sur les quais, beaucoup de jeunes gens avec des poussettes et des enfants, et tous paraissaient se parler. Ce détail l’impressionna. Comme cela leur semblait naturel d’être ensemble, de se parler ! Personne ne lui adressait le moindre regard, et il prit conscience d’une chose qu’il avait déjà remarquée, mais différemment cette fois : il n’était qu’un vieil homme bedonnant, peu susceptible d’attirer l’attention. C’était presque libérateur. Pendant de nombreuses années, il avait été grand, plutôt bel homme, sans embonpoint, et il attirait les regards quand il flânait sur le campus de Harvard. Pendant toutes ces années, il avait vu les étudiants l’observer avec déférence, et les femmes aussi le regardaient. Aux réunions du département, il intimidait ses collègues. Certains le lui avaient avoué, et il sentait qu’ils disaient vrai, car c’était l’effet qu’il recherchait. Et voilà qu’il se promenait le long d’un quai bordé de résidences en construction, se demandant s’il ne ferait pas mieux de venir s’installer ici pour vivre entouré d’eau – et de gens. Il sortit son portable de sa poche, le consulta, puis le rangea. Il avait envie de parler à sa fille.
Un couple apparut à la porte d’un appartement. Ils avaient son âge, l’homme avait lui aussi du ventre, mais pas autant que Jack, et la femme paraissait contrariée. À leur attitude l’un envers l’autre, Jack se dit qu’ils devaient être mariés depuis des années. Il entendit la femme dire : « Ça suffit, maintenant. » L’homme répondit quelque chose, et elle répéta : « Non, ça suffit. » Ils le croisèrent (sans le remarquer) et quand, un instant plus tard, il se retourna pour jeter un coup d’œil vers eux, il fut – vaguement – surpris de constater que la femme avait passé son bras sous celui de l’homme tandis qu’ils remontaient le quai en direction de la petite ville.
Parvenu à l’extrémité du quai, Jack contempla l’océan. Il regarda d’un côté, puis de l’autre. Un vent qu’il sentit subitement soulevait de petites franges écumeuses à la crête des vagues. 

Déjà lu du même auteur :

71lfdrHxd2L Olive Kitteridge

Petit bac 2022
(1) Prénom

Moon river – Fabcaro

41JolfSf+sL 6 pieds sous terre – septembre 2021 – 80 pages

Quatrième de couverture :
J’en ai vu d’autres, et des bien pires…
L’affaire de la coupe mulet ?
Je préfère ne pas en reparler si ça ne vous dérange pas…

Auteur : Fabrice Caro, dit Fabcaro, dessine depuis l’enfance et décide de s’y consacrer pleinement à partir de 1996. Il travaille pour la presse ou l’édition, pour différentes revues de bande dessinée telles : Fluide Glacial, FLBLB, Psikopat, Jade, Tchô !, L’Echo des Savanes, Zoo, Mauvais esprit et CQFD. Il a publié chez des petits éditeurs (comme La Cafetière ou 6 Pieds sous terre) comme chez des gros (Audie, Lombard avec la reprise d’Achille Talon). Fabcaro multiplie les collaborations où il officie en tant que scénariste, avec James, Boris Mirroir (Amour, Passion et CX diesel) ou encore Fabrice Erre (Z comme Don Diego, Mars). Son dernier ouvrage chez 6 Pieds sous terre, Carnet du Pérou fut l’un des livres d’humour marquant de 2013, sélectionné pour les prix d’Angoulême en 2014.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
La nouvelle BD de Fabcaro est arrivé ! Un album avec une couverture noire très chic,
présenté sous film plastique… parce qu’il n’est pas à mettre entre toute les mains ?
Comme d’habitude, Fabcaro a imaginé une intrigue saugrenue dans le genre du polar : 
Hollywood, années 50, l’immense actrice Betty Pennyway est victime d’un crime sans précédent et particulièrement abominable. L’Amérique entière est en émoi. L’événement fait la une de la presse.
L’affaire est prise très au sérieux et c’est le lieutenant Baxter qui mène cette délicate enquête
: interrogation de l’équipe de tournage, de la rivale de la victime, de ses anciens amants… La police investigue dans les moindres détails pour tenter de percer ce sombre mystère.
En parallèle à cette intrigue policière, nous suivons Fabcaro dans sa vie quotidienne, à sa table à dessin dans la cuisine familiale, au café avec un ami ou en face à face avec son éditeur, il doit répondre à cette interrogation récurrente : « Tu vas vraiment faire tout un album sur cette histoire ? »
Deux histoires en parallèle, donc deux styles de dessins :

La partie Hollywood est dessinée avec un trait réaliste en noir et blanc plus des aplats de bleu.
Dans la partie autobiographique le trait
est plus brouillon, les visages très expressifs et les teintes plus ternes.
Comme d’habitude, Fabcaro part d’une intrigue simple et banale et avec l’idée d’un crime improbable (qui n’emballe pas vraiment ses proches), l’histoire vrille vers de l’inattendu… Et le lecteur se laisse surprendre !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

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