Au fin fond de la petite Sibérie – Antti Tuomainen

714odScDuoS Fleuve Éditions – septembre 2021 – 320 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Titre original : Pikku Siperia, 2018

Quatrième de couverture :
Ce qui tombe du ciel n’est pas toujours providentiel… Le pilote de rallye Tarvainen parcourt les friches enneigées du nord de la Finlande avec trop d’alcool dans le sang et des pensées suicidaires dans la tête, lorsque soudain le ciel explose et quelque chose s’écrase sur le siège passager.
Ce quelque chose se révèle une météorite extrêmement précieuse, en tout cas selon les habitants du village de Hurmevaara.
Le trésor est temporairement exposé au musée de la ville, sous la garde du pasteur Joel, qui en tant qu’ancien militaire n’est pas complètement inexpérimenté au combat. Chose utile, car le crime organisé a déjà eu vent de ce nouveau  » bijou  » qui vaudrait quelques millions…
Sauf que Joel a bien d’autres problèmes. Sa femme est enceinte, malheureusement pas de lui. Et pendant qu’il se bat contre des criminels professionnels et autres chasseurs de trésors, il se demande surtout ce que le Tout-Puissant a prévu pour son humble serviteur…

Auteur : Après une incursion réussie dans le genre de la comédie noire décalée avec Derniers mètres jusqu’au cimetière et Sous le soleil éternel de Finlande, Antti Tuomainen, auteur finnois renommé et traduit dans plus de vingt-cinq langues, revient aujourd’hui avec son sixième roman publié chez Fleuve Éditions, une nouvelle comédie tout aussi hilarante.

Mon avis : (lu en décembre 2021)
Joel Huhta, pasteur, et sa femme Krista se sont installés depuis quelques années à Hurmevaara, un village de 1400 habitants du nord-est de la Finlande à proximité du cercle polaire où le temps est glacial et le soleil rare, mais ils y sont heureux.
Tarvainen, ancien coureur de rallye alcoolique, prêt à se suicider, est stoppé dans son élan par une météorite qui atterrit dans sa voiture, à la place du mort. Il s’avère que la météorite vaut beaucoup d’argent et qu’elle va attiser les convoitises… Aussi bien, de certains habitants du village, que de malfrats russes ayant passé la frontière.
Le pasteur, ancien militaire, incorruptible se propose pour surveiller le musée où est gardé la météorite. Pendant quelques nuits, en attente du transfert du caillou précieux, Joel Huhta va devoir déjouer plusieurs tentatives d’intrusion et de vol…
Une histoire rocambolesque comme celles de d’Arto Paasilinna, entre comédie et thriller dans un rythme soutenu qui tient le lecteur en haleine et dont certaines situations sont hilarantes… Dans le village d’Hurmevaara vit une galerie de personnages hauts en couleurs !

Extrait : (début du livre)
La vodka tiède lui arrache la bouche, lui enflamme la gorge. Le dérapage reste malgré tout contrôlé et la voiture sort du virage à peu près à l’allure à laquelle elle y est entrée.
L’homme ôte sa main droite du volant, passe la vitesse supérieure, jette un coup d’œil au compteur. Un poil au-dessus de cent trente. C’est excellent, surtout en conditions hivernales, avec un tel gel et sur cette route sinueuse, à l’est du mont Hurmevaara. Sans parler du fait que la visibilité est limitée de nuit, malgré la clarté des étoiles.
Son pied gauche joue de nouveau sur la pédale d’embrayage, le droit enfonce l’accélérateur. Il lève encore une fois la main droite, prend une lichette au goulot de la bouteille.
C’est ainsi qu’on boit la vodka. D’abord une grande lampée qui emplit la bouche, emporte les dents et brûle comme un incendie. Puis un léger voile aérien qui humecte à peine le palais, éteint le feu et aide à avaler la vraie gorgée, la première.
Et c’est ainsi qu’on conduit une voiture.
Une longue descente en pente douce se profile. Elle tourne paresseusement vers la droite, traîtresse dans son apparente facilité. On croirait à première vue qu’il suffit de maintenir la voiture sur sa trajectoire et le pied au plancher. Mais non. La route penche vers la gauche et plus on roule vite, plus elle cherche à vous envoyer dans le décor. L’homme serre le volant, il sait que sa vitesse est d’environ cent soixante-cinq kilomètres à l’heure. C’est digne d’un championnat du monde. Il le sait aussi. Et il en souffre.
À droite apparaît fugitivement l’étendue gelée du lac Hurmejärvi. Sur la glace se dressent des fanions signalant les ouvertures entretenues par les pêcheurs et l’emplacement de leurs filets à corégones. Il leur jette parfois un regard au passage, car vus du coin de l’œil, ils rappellent les drapeaux agités par le public. Cette nuit, il n’en a pas besoin.
Il tient son volant tourné d’un millimètre vers la droite afin de corriger l’inclinaison de la route. Et alors qu’un nouveau virage se dessine, il enclenche le frein moteur. La manœuvre exige une coordination parfaite, une collaboration sans faille du pied sur l’embrayage et de la main sur le levier de vitesse. L’homme coince sa bouteille entre ses cuisses, plaque sa main gauche sur le volant, la droite sur le pommeau du levier, débraye, embraye et donne raisonnablement des gaz. La voiture décélère d’elle-même. La pédale de frein est pour les amateurs. Comme celui à qui il a emprunté cette Audi.
Au bout d’une courte et plane ligne droite, le voilà au pied d’une double colline. Il ressent une brûlure au fond de l’estomac.
Ce n’est pas la vodka. C’est le destin.

Petit Bac 2021
(9) Adjectif

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Finlande

Déjà lu du même auteur :

71Sg3yS3UVL Derniers mètres jusqu’au cimetière

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