{ Je chemine avec… } Angélique Kidjo

Lu en partenariat avec les éditions Seuil et Babelio

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Entretiens menés par Sophie Lhuillier

71yKImGBuHL Seuil – avril 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
 » Avant d’être femme, avant d’être noire, je suis un être humain. Née dans une famille de dix enfants, au Bénin, j’ai reçu une éducation atypique. Mes parents étaient féministes : filles comme garçons, nous allions tous à l’école et participions équitablement aux tâches ménagères. Ils ne nous dictaient jamais notre conduite mais nous incitaient à nous remettre en question. Nous avons appris à associer la tête et le cœur à nos réflexions. Cela me définit bien : je suis cette personne à qui on a enseigné la tolérance. Et la musique, bien sûr, est inscrite au cœur de ma personnalité. Mon père jouait du banjo, ma mère chantait. C’est elle qui m’a appris à chanter.  »

Auteur : Angélique Kidjo est l’une des plus grandes voix venue d’Afrique. Décrétée « première diva africaine » par le Time Magazine, couronnée de quatre Grammy Awards, elle associe avec brio la beauté des musiques traditionnelles de son Bénin natal à l’énergie d’autres genres : pop, jazz, reggae… Chacun de ses albums est intimement lié à l’histoire de l’Afrique et à la défense des droits humains : esclavage, apartheid, égalité des sexes. Elle considère l’éducation comme un impératif visant à garantir justice et paix dans le monde. Ambassadrice de bonne volonté à l’Unicef depuis 2002, elle a créé sa propre fondation, Batonga, en 2006. Sa musique touche, rapproche et fédère: une main toujours tendue vers l’autre.

Mon avis : (lu en septembre 2021)
Fin août, j’ai accepté de recevoir 3 livres de la nouvelle collection { Je chemine avec… }, c’est l’occasion de découvrir des parcours de vie de personnalités très variées afin d’inspirer au plus grand nombre de jeunes ou de moins jeunes l’envie de croire à son avenir.
Voici le troisième et dernier livre du partenariat, qui est consacré à Angélique Kidjo, chanteuse béninoise, reine incontestée de la musique africaine, elle a également de nombreux engagements en faveur des droits des femmes et des enfants, elle est  ambassadrice internationale de l’Unicef.
Dans cet entretien, elle revient sur son enfance au Bénin avec des parents féministes qui ont élevé leurs enfants filles et garçons de la même façon, dont l’environnement était la musique et dont les valeurs prônaient la tolérance… Puis nous découvrons son cheminement dans le monde de la musique, ses rencontres, ses inspirations, sa façon de travailler… Enfin Angélique Kidjo nous raconte ses engagements multiples autour des droits des femmes et des enfants avec en 2006, la création de sa Fondation Batonga.
Je connaissais le nom d’Angélique Kidjo sans vraiment lui associer spécialement un titre… Mais je me souvenais très bien d’un moment très fort évoqué dans le livre, avec la superbe interprétation de « Blewu » par Angélique Kidjo lors de la commémoration des 100 ans de l’Armistice de la Première Guerre mondiale à l’Arc de Triomphe à Paris devant près de 70 chefs d’État ou de gouvernement. Quelle émotion !
Le chemin de vie d’Angélique Kidjo est passionnant et inspirant.

Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Chère Angélique, qui es-tu ?

Avant d’être femme, avant d’être noire, je suis un être humain. Née dans une famille de dix enfants, sept garçons et trois filles, je suis la dernière fille, gâtée pourrie par son papa, ses frères et sœurs, sa maman aussi, sa grand-mère…
J’étais souvent le pitre à la maison et j’étais très curieuse. Je posais tellement de questions qu’on m’avait surnommée « Quand-quoi-comment-pourquoi ». J’avais besoin de comprendre. Toujours.
J’ai grandi au Bénin, en Afrique de l’Ouest, et – je m’en rends compte aujourd’hui – j’ai reçu une éducation atypique. Le fait que mes deux parents soient allés à l’école y est pour beaucoup. Mon père disait toujours : « Votre cerveau est votre arme absolue. Réfléchissez. Ce n’est pas un plat de spaghettis sous votre crâne. Il faut bien l’utiliser. » Il revendiquait le fait que nous allions tous à l’école, filles comme garçons. La seule richesse qu’il pouvait nous donner, c’était l’éducation, et il était plus féministe que les féministes. Le mariage devait venir plus tard, une fois notre indépendance acquise. Il avait pour doctrine de ne jamais dicter de conduite. Il me répétait : « Pourquoi veux-tu que je trouve une solution à tes problèmes ? Pourquoi ne réfléchis-tu pas par toi-même ? Si je réponds à ta place, tu n’apprendras jamais à te débrouiller seule. Je peux t’aider à reconnaître tes erreurs, pour que tu apprennes à les corriger et à avancer. Mais l’essentiel est que tu saches te remettre en question. Blâmer l’autre, c’est facile, se remettre en question est beaucoup plus compliqué. Il faut réfléchir. » J’ai été éduqué dans cette logique d’associer la tête et le cœur à toute réflexion. Cela me définit bien : je suis cette personne qui a appris à être tolérante. Chez moi, on dit que les mots sont comme les œufs : quand ils tombent, on ne peut pas les recoller. Cela m’est resté, je fais très attention.
Quant à ma mère, elle aussi était féministe. Elle a élevé ses garçons de la même manière que ses filles : mes frères vont au marché, savent cuisiner, coudre, faire la vaisselle, la lessive. Ma mère leur répétait : « Je veux que vous soyez indépendants, votre femme n’est pas votre domestique ni votre esclave. Quand j’ai épousé votre père, il ne savait même pas faire chauffer de l’eau, no way man, au boulot ! » Les voisins reprochaient à ma mère de transformer ses garçons en filles. Ça la faisait rire.
Elle dirigeait une compagnie de théâtre, que j’ai intégrée à l’âge de six ans. La personne que je suis a commencé à se construire là aussi, quand je me suis rendu compte que, sur scène, je pouvais justement être qui je voulais. Je pouvais changer de tête, porter des talons, une perruque, mettre du rouge à lèvres, parler avec une voix différente, etc. Le théâtre me permettait d’endosser des personnalités multiples tout en restant moi-même.
J’étais un tourbillon, dès le réveil. Je donnais le tournis à ma mère. Je m’intéressais à tout. Mes parents n’avaient pas besoin de sortir de la maison pour savoir ce qui se passait dans la rue où j’ai grandi, je leur rapportais les nouvelles.

Petit Bac 2021
(7) Aliment/Boisson

Déjà lu de la même collection :

146127_couverture_Hres_0 { Je chemine avec… } Nancy Huston

71nZlPCM5zL { Je chemine avec… } Gilles Clément

C’est lundi, que lisez-vous ? [168]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Janvier 2015 : Le procès – Yannick Haenel et François Boucq
Enfant de salaud – Sorj Chalandon
J’ai vu les soucoupes – Sandrine Kerion

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Chez toi Athènes 2016 – Sandrine Martin (BD)
{ Je chemine avec… } Angélique Kidjo (Masse Critique Babelio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Nomadland – Jessica Bruder
Miracle à la Combe aux Aspics – Ante Tomic
Ghetto X – Martin Michaud (Masse Critique Babelio)
Réfugiés climatiques & castagnettes, tome 1 – David Ratte (BD)
Ne m’oublie pas – Alix Garin (BD)

Bonnes lectures et bonne semaine !

J’ai vu les soucoupes – Sandrine Kerion

81qpXcBE-wL La Boîte à Bulles – juin 2021 – 96 pages

Quatrième de couverture :
« La bande dessinée que vous tenez dans vos mains n’aurait jamais dû exister, car l’histoire qu’elle raconte, je ne voulais pas la dévoiler.
Et puis, comme souvent avec les secrets bien gardés, ceux-ci finissent inévitablement par se rappeler à nous.
Si j’ai décidé de la raconter maintenant , c’est pour qu’elle soit utile à d’autres. Car je vois resurgir depuis quelques années des théories qui ont bousillé une partie de ma vie. »

Auteur : Née en 1979, et résidant en Bretagne, Sandrine Kerion est dessinatrice et scénariste de bande dessinée
autodidacte. Ces dernières années, elle s’est orientée vers la BD documentaire et de reportage, avec une sensibilité particulière pour les sujets liés à l’actualité sociale. En 2020, elle a élaboré une BD reportage sur l’accès à l’IVG durant le confinement, en collaboration avec la journaliste Isabelle Halliez, parue dans la revue rennaise La Vilaine.
En 2021, paraîtront ses deux premiers ouvrages édités : J’ai Vu les Soucoupes et Mon rond-point dans ta gueule, un portrait de militants gilets jaunes, qu’elle réalise depuis 2018 et publié dans un premier temps via un blog sur le site de Mediapart.

Mon avis : (lu en septembre 2021)
Voilà une BD très intéressante sur la problématique du complotisme chez les adolescents.
Dans les années 90, Sandrine Kerion était une adolescente solitaire qui pensait avoir vu des soucoupes volantes. Sans soutien familiale et laissée à elle, Sandrine sombre peu à peu dans les théories du complot autour de l’ufologie… Elle est persuadée être une « élue » chargée d’une mission envers l’humanité…
Trente ans plus tard, après s’être beaucoup documentée, elle revient sur cette époque et décrypte les circonstances et comment elle a pu croire à n’importe quoi, puis comment elle a réussi à s’en sortir.
Une BD dans l’actualité, pour prévenir les dangers et les dérives d’internet. Pour être alerté et savoir reconnaître les fausses informations présentes sur la toile. À lire sans modération et à faire lire à nos adolescents…

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(7) Voyage

Enfant de salaud – Sorj Chalandon

61LiadrsLWS Grasset – août 2018 – 336 pages

Quatrième de couverture :
Depuis l’enfance, une question torture le narrateur :
– Qu’as-tu fait sous l’occupation ?
Mais il n’a jamais osé la poser à son père.
Parce qu’il est imprévisible, ce père. Violent, fantasque. Certains même, le disent fou. Longtemps, il a bercé son fils de ses exploits de Résistant, jusqu’au jour où le grand-père de l’enfant s’est emporté  : «Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud !  »
En mai 1987, alors que s’ouvre à Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives départementales du Nord. Trois ans de la vie d’un «  collabo  », racontée par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation.
Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d’un «  Lacombe Lucien  » mais il se retrouve face à l’épopée d’un Zelig. L’aventure rocambolesque d’un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a porté cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois déserteur de quatre armées différentes. Traître un jour, portant le brassard à croix gammée, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.
En décembre 1944, recherché par tous les camps, il a continué de berner la terre entière.
Mais aussi son propre fils, devenu journaliste.
Lorsque Klaus Barbie entre dans le box, ce fils est assis dans les rangs de la presse et son père, attentif au milieu du public.
Ce n’est pas un procès qui vient de s’ouvrir, mais deux. Barbie va devoir répondre de ses crimes. Le père va devoir s’expliquer sur ses mensonges.
Ce roman raconte ces guerres en parallèle.
L’une rapportée par le journaliste, l’autre débusquée par l’enfant de salaud.

Auteur : Après trente-quatre ans à Libération, Sorj Chalandon est aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est l’auteur de neuf romans et Enfant de salaud sera le dixième, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006, prix Médicis), Mon traître (2008), La Légende de nos pères (2009), Retour à Killybegs (2011, Grand Prix du roman de l’Académie française), Le Quatrième Mur (2013, prix Goncourt des lycéens), Profession du père (2015), Le Jour d’avant (2017) et Une joie féroce (2019).

Mon avis : (lu en septembre 2021)
Dans Profession du père, Sorj Chalandon racontait les mensonges de son père à travers son regard d’un enfant de 12 ans qui croyait tout ce que ce père lui disait… Dans ce livre, il revient sur son père et sa mythomanie maladive, alors que lui-même est adulte.
Toute sa vie, le narrateur (double de l’auteur) a été hanté par quelques phrases de son grand-père :
« … Ton père pendant la guerre, il était du mauvais côté. »,  «  je l’ai vu habillé en Allemand, place Bellecour », « tu es un enfant de salaud »…
En 2020, alors que son père est déjà mort, Sorj Chalandon retrouve
un extrait de casier judiciaire mentionnant son emprisonnement à Lille en 1945, alors que son père lui avait toujours raconté être à Berlin… Il obtient alors aux archives départementales du Nord le dossier complet de son père.
Dans ce roman, l’auteur imagine la confrontation de son père avec la vérité.

Il décide de situer cette confrontation tant espérée en 1987 à Lyon, alors qu’il est lui-même envoyé comme journaliste pour suivre le procès de Klaus Barbie…
Le roman commence par un moment très fort, lorsque le journaliste visite seul la Maison des enfants d’Izieu un dimanche matin de printemps, quelques semaines avant le début du procès.
Dans son récit,
Sorj Chalandon raconte avec beaucoup de détails le déroulement du procès Barbie qu’il a lui-même suivi en tant chroniqueur judiciaire, les terribles témoignages des survivants, les provocations de l’avocat de l’accusé et le refus de ce dernier  à assister au procès… En parallèle, il y a ce père, menteur pathologique, qui évite toute vraie discussion avec son fils, encore sous le choc après avoir lu le dossier judiciaire de son parent.
Un récit plein d’émotion que j’ai beaucoup aimé et qui se lit comme une enquête.

Extrait :
Dimanche 5 avril 1987
— C’est là.
Je me suis surpris à le murmurer.
Là, au bout de cette route.
Une départementale en lacet qui traverse les vignes et les champs paisibles de l’Ain, puis grimpe à l’assaut d’une colline, entre les murets de rocaille et les premiers arbres de la forêt. Lyon est loin, à l’ouest, derrière les montagnes. Et Chambéry, de l’autre côté. Mais là, il n’y a rien. Quelques fermes de grosses pierres mal taillées, calfeutrées au pied des premiers contreforts rocheux du Jura.

Je me suis assis sur un talus. J’ai eu du mal à sortir mon stylo. Je n’avais rien à faire ici. J’ai ouvert mon carnet sans quitter la route des yeux.
« C’était là », il y a quarante-trois ans moins un jour.
Cette même route au loin, sous la lumière froide d’un même printemps.
Le jeudi 6 avril 1944, à l’aube, c’est de ce tournant qu’ils ont surgi. Une traction de la Gestapo, suivie par deux camions civils conduits par des gars du coin. L’un d’eux s’appelait Godani. De retour à Brens, chez son employeur, il dira :
— J’ai fait un sale boulot.

Mais ce matin, seulement le bruit du vent. Un tracteur qui peine au milieu de son champ.

Je me suis mis en marche lentement, pour retarder l’instant où la Maison apparaîtrait.
Un chemin sur la gauche, une longue grille de fer forgé noir, le frôlement d’un bourdon, l’humeur mauvaise d’un chien derrière une grange. Et puis la bâtisse. Massive, trapue, coiffée d’un toit de tuiles rondes et d’une lucarne. Deux étages aux volets verts qui dominent la vallée, des grappes de lilas blancs au-dessus de la haie, du pissenlit dans le vallon et la grande fontaine asséchée, ses gargouilles assoupies au milieu d’une cour de pauvres herbes.

C’est là.

Madame Thibaudet m’attendait, au pied des trois marches qui mènent au perron.
— Vous êtes le journaliste ?
Oui, c’est ça. Le journaliste. Je n’ai eu pour lui répondre qu’un sourire et ma main tendue.
La femme est passée devant. Elle a ouvert la porte de la salle à manger, s’est figée dans un coin de la pièce, les bras le long du corps. Et puis elle a baissé les yeux. Elle semblait gênée. Son regard longeait les murs pour éviter ma présence.
Je dérangeais sa journée paisible.

Petit Bac 2021
(7) Adjectif

Déjà lu du même auteur :

Retour___Killybegs  Retour à Killybegs  mon_traitre_p Mon traître  le_petit_bonzi_p Le petit Bonzi  

la_l_gende_de_nos_p_res_p La légende de nos pères  71gOO8QLaCL Le quatrième mur 

95082944 Le quatrième mur (audio) profession du père Profession du père

71vO6XPK27L Le jour d’avant (version papier) 9782367624631-001-T Le jour d’avant (audio)

Janvier 2015 : Le procès – Yannick Haenel et François Boucq

 Charlie Hebdo / Les Échappés – janvier 2021 – 216 pages

Quatrième de couverture :
Pour rendre compte de ce procès unique, l’écrivain Yannick Haenel et le dessinateur François Boucq ont été les oreilles et les yeux de Charlie Hebdo.
Le procès des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, une policière municipale de Montrouge et le magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, s’est ouvert le 2 septembre et aura duré près de deux mois et demi.
Historique par son ampleur, ce procès, qui juge des présumés complices d’attentats islamistes, aura rouvert la question de l’islamisme et de son imprégnation dans la société française.

Auteurs : Né en à Rennes, Yannick Haenel est un écrivain français, cofondateur de la revue Ligne de risque. Professeur de français jusqu’en 2005, il a publié plusieurs romans, dont « Introduction à la mort française » (2001) et « Évoluer parmi les avalanches » (2003), un essai sur les tapisseries de La Dame à la licorne : « À mon seul désir » (2005). En 2007, Yannick Haenel publie « Cercle », roman qui a reçoit le prix Décembre et le prix Roger Nimier. En 2009, il reçoit le prix Interallié et le prix du roman Fnac pour « Jan Karski ».
Boucq, de son vrai nom François Boucq, est un auteur de bande dessinée français né à Lille en 1954. Il a reçu en 1998 le grand prix de la ville d’Angoulême, qui récompense l’ensemble de sa carrière. 

Mon avis : (lu en août 2021)
Entre septembre et novembre 2015, l’écrivain Yannick Haenel et le dessinateur François Boucq ont suivi pour Charlie Hebdo chaque instant du procès des attentats de Janvier 2015. Durant plus de deux mois et demi, soit 54 jours d’audience parfois chaotiques mais nécessaires pour tenter de comprendre et de raconter un traumatisme toujours présent cinq ans après.
Ce récit graphique, qui rassemble mots et dessins, nous parle de justice, d’art et de liberté d’expression. Ce hors­ série de Charlie Hebdo compile la cinquantaine de chroniques publiées chaque matin sur le site de l’hebdo­madaire.
D’un côté ce procès donne la parole
aux victimes et à leurs familles, des témoignages bouleversants et plein de dignité. De l’autre côté, des accusés, souvent des petits trafiquants arrogants, bêtes qui ne cherchent qu’à minimiser leurs rôles… Un témoignage très fort pour ne pas oublier.

Extrait :

   

 

 

C’est lundi, que lisez-vous ? [167]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Millina

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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L’enfant, la taupe, le renard et le cheval – Charlie Mackesy
{ Je chemine avec… } Gilles Clément

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Chez toi Athènes 2016 – Sandrine Martin (BD)
{ Je chemine avec… } Angélique Kidjo (Masse Critique Babelio)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Nomadland – Jessica Bruder
Miracle à la Combe aux Aspics – Ante Tomic
Ghetto X – Martin Michaud (Masse Critique Babelio)
Réfugiés climatiques & castagnettes, tome 1 – David Ratte (BD)
Ne m’oublie pas – Alix Garin (BD)

Bonnes lectures et bonne semaine !

{ Je chemine avec… } Gilles Clément

Lu en partenariat avec les éditions Seuil et Babelio

MasseCritique_JeChemineAvec

Entretiens menés par Sophie Lhuillier

71nZlPCM5zL Seuil –  mars 2020 – 144 pages

Quatrième de couverture :
Qui suis-je ? Si je le savais, cela réglerait un certain nombre de questions que je continue à me poser ! Mais heureusement, j’ai commencé par refuser d’être celui que l’on voulait que je sois. J’ai renoncé très jeune à rentrer dans une catégorie, case, obligation, ou bienséance. Finalement, j’ai exploré deux pistes : l’émerveillement, lorsqu’on observe les insectes on est dans l’étonnement, et le faire, parce que fabriquer de ses mains m’a toujours paru très important. »
Gilles Clément a vécu son enfance entre la Creuse et Oran, où s’est ancré son goût du voyage et de l’observation. Jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, enseignant et écrivain, il n’a qu’une passion : le vivant ! Il est à l’origine de nombreux sites (privés et publics, en France et dans le monde) : le jardin de l’Arche de la Défense (Paris), le parc Matisse (Lille), le Domaine du Rayol (Var). Il en a dégagé certains concepts florissants (le Jardin en Mouvement, le Jardin Planétaire et le Tiers-Paysage) sur un principe de base : « Faire le plus possible avec, le moins possible contre » la nature, les énergies, la vie.

Auteur : Gilles Clément est né en 1943. Il a vécu son enfance entre la Creuse et Oran où s’est ancré son goût du voyage. Jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, enseignant et écrivain, il n’a qu’une passion : le vivant ! Au cours de sa pratique des jardins – il est à l’origine de nombreux sites (privés et publics) : parc André Citoën, avec A. Provost (Paris), parc Matisse (Lille), Domaine du Rayol (Var), etc. –, il a dégagé certains concepts florissants (le Jardin en mouvement, le Jardin planétaire et le Tiers paysage) sur un principe de base :  » Faire le plus possible avec, le moins possible contre [la nature, les énergies, la vie] « .

Mon avis : (lu en septembre 2021)
Fin août, j’ai accepté de recevoir 3 livres de la nouvelle collection { Je chemine avec… }, c’est l’occasion de découvrir des parcours de vie de personnalités très variées afin d’inspirer au plus grand nombre de jeunes ou de moins jeunes l’envie de croire à son avenir.
Voici le deuxième livre, interview de Gilles Clément, jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, enseignant et écrivain, que je ne connaissais pas du tout… Passionné par le vivant, son parcours et son expérience m’ont beaucoup intéressée. Il a beaucoup voyagé, observé et dessiné le vivant : plantes, animaux, insectes sans oublier l’homme… Très tôt il a compris l’interaction entre tous ses acteurs dans la nature. Il a toujours eu l’envie d’apprendre et de transmettre, d’expérimenter… Il a développé plusieurs concepts de jardins comme le Jardin en mouvement, le Jardin planétaire et le Tiers paysage.
Un livre tout à fait dans l’actualité et plutôt facile à lire, les passages plus scientifiques ne sont pas nombreux et ne m’ont pas dérangée.
Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour cette découverte et me reste à découvrir dans la même collection { Je chemine avec… } Angélique Kidjo.

Extrait : (début du livre)
Cher Gilles, qui estu ?

Si je le savais, cela réglerait un certain nombre de questions que je continue à me poser !
Heureusement, j’ai commencé par refuser d’être celui que l’on voulait que je sois. J’ai renoncé très jeune à rentrer dans une catégorie, case, obligation, ou bienséance. J’ai été élevé dans une famille bourgeoise – à l’époque, je ne savais même pas ce que cela voulait dire. On attendait de moi que je sois médecin ou avocat, ou chirurgien, ou banquier peut-être… Pourtant, chaque fois qu’il m’arrivait de croiser quelqu’un de plus âgé qui faisait l’un de ces métiers, je trouvais qu’il n’avait pas l’air heureux. Je ne voulais pas lui ressembler, ça ne me disait rien !
Mais je n’arrivais pas à savoir ce que je voulais. Un beau jour, je suis tombé sur la phrase de Socrate qui disait : « Connais-toi toi-même. » Ça m’a beaucoup plu. Sauf que « connais-toi toi-même », ce n’est pas si simple ! Si jeune, on ne se connaît pas, on n’a pas l’expérience, enfin surtout les garçons. Les filles, c’est ce que j’ai découvert plus tard en tant que professeur, semblent plus rapides pour accéder à une certaine autonomie, à une possibilité de prendre des décisions. Elles trouvent probablement plus vite que les garçons le métier ou le rôle qu’elles veulent jouer dans la société. Elles accèdent en général plus rapidement à cette « prise de conscience de qui l’on est ».
Donc, j’ai pédalé dans la semoule pendant un bon moment. Je menais mes expériences en solitaire. Je ramassais des bouts de cuir dans les poubelles des rues de Paris pour faire de la reliure. Et je récoltais énormément d’insectes : c’est ce qui m’intéressait le plus. Avec le peu d’argent de poche que me donnaient mes parents chaque semaine, j’ai acheté une boîte de peinture à l’huile et des livres d’entomologie. Les adultes me regardaient comme un ovni, mais ils me laissaient faire.
Finalement, j’ai exploré deux pistes : l’émerveillement, lorsqu’on observe les insectes on est dans l’étonnement, et le faire, parce que fabriquer de ses mains m’a toujours paru très important. Aujourd’hui, je peux dire ce que j’ai réalisé. Mais dire exactement qui je suis, je trouve que ce n’est pas facile.

Petit Bac 2021
(7) Adjectif

 

L’enfant, la taupe, le renard et le cheval – Charlie Mackesy

 Les Arènes – septembre 2020 – 126 pages

traduit de l’anglais par

Titre original : The Boy, The Mole, The Fox and The Horse, 2019

Quatrième de couverture :
Cette fable universelle et bienfaisante s’adresse à toutes les générations.
Elle raconte une histoire d’amitié entre un enfant, une taupe gourmande et pleine de vie, un renard que les épreuves ont rendu méfiant et un cheval sage et serein. Tous les quatre explorent le vaste monde. Ils se posent des questions. Ils traversent des tempêtes. Ils apprennent à s’aimer.
Cette ode à l’innocence et à la bienveillance transmet des leçons de vie qui ont touché le cœur de plus d’un million de lecteurs.

Auteur : Charlie Mackesy est un artiste, auteur et illustrateur. Il a été dessinateur pour The Spectator et illustrateur pour Oxford University Press avant d’exposer ses œuvres dans la Park Walk Gallery à Londres, puis dans des galeries à New York, à Londres et à Édimbourg. Il a vécu et peint en Afrique du Sud, en Afrique australe et en Amérique. Son livre L’enfant, la taupe, le renard et le cheval (The Boy, The Mole, The Fox and The Horse, 2019) a eu un succès fracassant dès sa parution. il a commencé à dessiner les aventures de ses quatre personnages à l’âge de 50 ans, depuis sa maison proche de Londres où il vit avec sa mère et son chien, Dill.

Mon avis : (lu en août 2021)
Entre l’album jeunesse et le roman graphique, cet ouvrage est très beau.
C’est l’histoire d’un enfant qui rencontre une taupe, puis un renard et enfin un cheval. La taupe est plutôt sociable, gourmande et pétillante, le renard est silencieux, craintif mais très élégant, enfin le cheval est sage, imposant et imposant… Tous les trois font route ensemble et conversent autour de l’amitié, du sens de la vie, de la souffrance, du bonheur.
Plutôt qu’une histoire, il s’agit plutôt de conversations ou de petites scènes de vie.
C’est un peu dans l’esprit du Petit Prince, illustré magnifiquement par des dessins à l’encre de chine et de l’aquarelle.
Une véritable ode à la vie, à l’amour et à l’amitié.

Extrait : (début du livre)
 

Petit Bac 2021
(7) Animal

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