Le dictionnaire de ma vie – Charlotte de Turckheim

202040183_10158450337695678_2646955830957349465_n

71G7fgXRu5S Kero – mai 2021 – 216 pages

Quatrième de couverture :
Afghanistan Bricolage Coluche Drogue Équitation Féminisme Gourmande Mes Hommes Inquiétudes J’adore les Alpilles Kilos… en trop ! Libre ? Multipotentiel Nos tabous Oser le rire Mes Philippines Qu’ils m’inspirent ! Rebelle
Sexualité Thérapie(s) Ushuaia Voyages Wow, mes filles X-clusion Y’a de la joie ! Zaman

Charlotte de Turckheim est une femme aux multiples facettes, sensible, proche des autres, curieuse de tout. Mais il existe aussi une Charlotte de Turckheim méconnue, indépendante, rebelle, engagée. L’actrice raconte des aspects de sa vie et de sa personnalité dont elle a peu parlé jusqu’à présent : les hommes, ses multiples thérapies, son combat entre gourmandise et minceur, l’orphelinat qu’elle a créé aux Philippines, ses rencontres déterminantes avec Coluche ou avec Zaman, son mari.

Auteure : Charlotte de Turckheim, est une actrice, réalisatrice et humoriste française.
Issue d’une famille de nobles alsaciens protestants, elle se rebelle vite et refuse après son bac de suivre des études de droit pour faire du théâtre et entame des études de théâtre qui lui permettent de connaitre une carrière cinématographique. En 1981, elle joue dans « Le Maitre d’école » grâce à Coluche. Très vite, l’actrice se spécialise dans le comique et interprète des rôles cocasses dans « Les Sous-doués en vacances » ou « Chouans ». En 1999, Charlotte de Turckheim passe derrière la caméra et dirige Victoria Abril et Alain Bashung pour le film « Mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs » qui remporte un franc succès. Humaine et sensible, elle est très impliquée dans la cause pour soutenir les soldats français déployés sur le sol afghan.

Mon avis : (lu en juillet 2021)
Un dictionnaire que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et qui m’a permis de mieux découvrir Charlotte de Turckheim. Je connaissais bien sûr l’actrice, l’humoriste et la réalisatrice et j’ai toujours aimé son tempérament de bonne vivante, son autodérision, ses mots pour rire… Elle s’était déjà un peu dévoilée lors de l’émission « Rendez-vous en Terre Inconnue » chez les Nénetses en Sibérie. Malgré des conditions extrêmes, elle avait su garder son sourire et sa bonne humeur et sa soif de découvrir la vie de ses hôtes n’était pas feinte.
Avec ce dictionnaire, et ses entrées originales et parfois inattendues (Afghanistan Bricolage Coluche Drogue Équitation Féminisme Gourmande Mes Hommes Inquiétudes J’adore les Alpilles Kilos… en trop ! Libre ? Multipotentiel Nos tabous Oser le rire Mes Philippines Qu’ils m’inspirent ! Rebelle
Sexualité Thérapie(s) Ushuaia Voyages Wow, mes filles X-clusion Y’a de la joie ! Zaman
) Charlotte raconte le personnage multiple qu’elle est : son féminisme, sa générosité, ses engagements, son avidité à apprendre et à comprendre, ses complexes… Elle n’a jamais caché ses origines nobles mais elle raconte que sa famille était totalement fauchée, qu’après avoir éduqué ses enfants avec de grands principes, son père était parti du jour au lendemain avec sa maîtresse, laissant sans ressources son épouse et ses enfants. Le lecteur découvre son goût pour le bricolage, la couture et plus récemment la permaculture. Elle raconte sa rencontre avec Coluche et comment celui-ci l’a aidé à se faire connaître comme actrice. Lors du film « Les Chouans » de Philippe de Broca, Charlotte découvre l’équitation qui est devenue une passion, elle aime voyager. Elle parle de ses régimes, de ses multiples thérapies, de ses peurs… J’ai découvert son engagement humanitaire aux Philippines, son érudition sur les Alakalufs, un peuple autochtone qui vivait autrefois près d’Ushuaia, dans les canaux de Patagonie… Et bien sûr, elle parle de ses trois filles et de Zaman, son mari.
Charlotte de Turckheim est une femme d’action, généreuse, pleine d’enthousiasme qui se raconte avec humour, humilité et beaucoup de sensibilité. J’ai vraiment beaucoup aimé cette belle et touchante rencontre !

Extrait : (début du livre)
« Et si j’écrivais un livre sur toi ?
— Sur moi ? Mais pourquoi ?
— Parce que tu es inspirante. Parce que la femme que je connais est tellement plus complexe que la femme publique. Parce que tu es puissante, généreuse, courageuse et en même temps fragile, délicate, émotive. Parce que tu es curieuse de tout, entrepreneuse autant qu’artiste, grande gueule autant que pudique, bulldozer autant que sensible. Parce que tu te positionnes toujours là où on ne t’attend pas. Tellement discrète que le public est loin d’imaginer qui se cache derrière la façade de l’aristo mère de famille rigolote et bonne vivante.
— Mais tu crois vraiment que c’est intéressant ?
— Je n’ai aucun doute. »
Convaincre Charlotte n’a pas été facile. Artiste populaire, elle aime donner à son public ce qu’il recherche en allant voir ses spectacles ou ses films : de l’humour, du rire, du divertissement. Comme beaucoup d’humoristes, Charlotte a l’art de transformer des blessures personnelles ou des sujets graves en sketches capables de faire rire une salle entière. Elle n’est pas du genre à aborder les difficultés de la vie avec sérieux, mais plutôt à en prendre le contre-pied en affirmant : « Je ne “pléonasme” pas ! »
Dans les vingt-six chapitres qui constituent ce livre, Charlotte ne cherche pas à faire rire. Elle se montre telle qu’elle est : pudique, modeste, sincère.

Nous nous sommes connues à l’âge de 9 ans. Nos parents étaient amis avant que nous ne le devenions et habitaient dans le 16e, à Paris. Quand nous nous sommes retrouvées toutes les deux dans la petite école chic du quartier, nous nous sommes tout de suite rapprochées. Deux vilains petits canards perdus dans un océan de jupes plissées bleu marine, de cols Claudine, de socquettes blanches, de sages serre-tête, le tout pétri d’une éducation ultra conventionnelle.
Pourtant, de l’extérieur, nos deux familles s’intégraient parfaitement dans le décor. Hôtel particulier avec jardin pour Charlotte, grand appartement bourgeois près de la porte Dauphine pour moi. Mais une fois la porte franchie, la jolie façade s’effritait et dévoilait la réalité de notre quotidien. Du côté de Charlotte, une famille nombreuse et fauchée, où elle grandissait livrée à elle-même ; du mien, une enfance solitaire de fille unique, entre un père journaliste, écrivain et séducteur et une mère artiste qui vivait à fond les Swinging Sixties aidée par toutes les substances qu’elle prodiguait généreusement à son entourage.
Charlotte adorait venir chez moi, où débarquaient sans cesse des artistes venus des quatre coins de la planète, et se nourrissait de ce qu’elle voyait et entendait. Moi, je découvrais chez elle l’ambiance chaleureuse d’une famille réunie quotidiennement autour de vrais repas, moments merveilleusement exotiques pour la petite fille esseulée que j’étais.

Petit Bac 2021
(6) Objet