Blanc autour – Lupano et Fert

 Dargaud – janvier 2021 – 144 pages

Quatrième de couverture :
1832, Canterbury. Dans cette petite ville du Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall s’occupe d’une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah.
La population blanche locale voit immédiatement cette « exception » comme une menace. Même si l’esclavage n’est plus pratiqué dans la plupart des États du Nord, l’Amérique blanche reste hantée par le spectre de Nat Turner : un an plus tôt, en Virginie, cet esclave noir qui savait lire et écrire a pris la tête d’une révolte sanglante. Pour les habitants de Canterbury, instruction rime désormais avec insurrection. Ils menacent de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste admise.
Prudence Crandall les prend au mot et l’école devient la première école pour jeunes filles noires des États-Unis, trente ans avant l’abolition de l’esclavage. Nassées au coeur d’une communauté ultra-hostile, quelques jeunes filles noires venues d’un peu partout pour étudier vont prendre conscience malgré elles du danger qu’elles incarnent et de la haine qu’elles suscitent dès lors qu’elles ont le culot de vouloir s’élever au-dessus de leur condition. La contre-attaque de la bonne société sera menée par le juge Judson, qui portera l’affaire devant les tribunaux du Connecticut. Prudence Crandall, accusée d’avoir violé la loi, sera emprisonnée…
La douceur du trait et des couleurs de Stéphane Fert sert à merveille ce scénario de Wilfrid Lupano (Les Vieux Fourneaux), qui s’est inspiré de faits réels pour raconter cette histoire de solidarité et de sororité du point de vue des élèves noires.

Auteurs : Wilfrid Lupano est né à Nantes en 1971, mais c’est à Pau qu’il passe la plus grande partie de son enfance. Une enfance entourée des BD de ses parents, même si c’est surtout à une pratique assidue du jeu de rôle qu’il doit son imaginaire débridé et son goût pour l’écriture. Plus tard, il travaille dans les bars pour financer ses études – un peu de philo et une licence d’anglais –, il y rencontre deux futurs amis et associés, Roland Pignault et Fred Campoy. Ensemble, ils réalisent un western humoristique, Little Big Joe (Delcourt), dont le premier tome paraît en 2001. Il récidive avec Virginie Augustin et Alim le tanneur, un récit fantastique en quatre tomes, qu’il termine en 2009. Entre-temps, sa carrière est lancée, et il enchaîne les titres : L’assassin qu’elle mérite, L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, Le Singe de Hartlepool, Azimut… En 2014, Wilfrid Lupano obtient le Fauve du meilleur polar avec Ma Révérence.
Après de nombreuses heures de jeux de rôle, de gribouillage en marge de cahiers de classe, un passage par les beaux-arts et quelques années d’études dans l’animation, Stéphane Fert choisit de travailler dans l’illustration et la bande dessinée. Il publie d’abord au sein de collectifs comme Jukebox ou Café salé. En 2016, il dessine et écrit, avec Simon Kansara, « Morgane », qui se propose de renverser la Table ronde en abordant le cycle arthurien du point de vue de la fée Morgane. En 2017, il met en images « Quand le cirque est venu », un conte de Wilfrid Lupano sur la liberté d’expression. Il se lance ensuite en solo, en 2019, avec un « conte de sorcières » : « Peau de Mille Bêtes » questionnant la représentation des genres dans le conte de fées. En 2020, il retrouve Wilfrid Lupano pour « Blanc autour », un one-shot tiré d’une histoire vraie qui aborde l’afro-féminisme au XIXe siècle. Au nombre de ses influences, Stéphane cite Mary Blair, Mike Mignola, Lorenzo Mattotti, ou encore Alberto Breccia. La peinture a également une place très importante dans ses inspirations.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Cette BD s’inspire de faits historiques. En 1832, à l’école de Canterbury au Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall accepte Sarah, une jeune fille noire parmi ses élèves. Mais la population blanche de la ville n’est pas d’accord, éduquer les Noirs est pour eux un danger… En effet, ils font référence à ce qui s’est passé l’année précédente avec Nat Turner, un Noir sachant lire et écrire, qui a mené une action contre les propriétaires d’esclaves. Les parents menacent donc de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste. Bien décidée à ne pas se laisser faire, Prudence Crandall décide l’année suivante de créer la première école pour jeunes filles noires du pays. Évidemment cela fait scandale.
C’est à la fois un témoignage historique, politique et social autour du droit des femmes et des noirs. C’est non seulement le portrait de la courageuse Prudence Crandall, mais également une lutte pour la cause abolitionniste.
Un sujet d’actualité, qui met en avant l’enthousiasme et l’envie de ces jeunes filles pour apprendre. Elles sont pleines d’espoir pour la construction d’un avenir meilleur pour tous.
Le dessin au style illustration livre d’enfant, aux tons pastel accentue par opposition la violence de l’histoire.
En bonus, à la fin de la BD est complétée par un dossier historique passionnant.

Extrait :

   

Petit Bac 2021
(3) Couleur

C’est lundi, que lisez-vous ? [147]

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Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Valentine, tome 3 – Vanyda
Baddawi, une enfance palestinienne – Leila Abdelrazaq
La dernière tempête – Ragnar Jónasson

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?
Les fantômes de Reykjavik – Arnaldur Indridason

Blanc autour – Lupano et Fert (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Cent mille ans. Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires – Pierre Bonneau, Gaspard D’Allens et Cécile Guillard (BD)

Valentine, tome 4 – Vanyda (BD)

Valentine, tome 5 – Vanyda (BD)

Valentine, tome 6 – Vanyda (BD)

L’enfant étoile – Katrine Engberg (partenariat Masse Critique Babelio)

Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

La dernière tempête – Ragnar Jónasson

 

61vr1ntPaLL La Martinière – février 2021 – 336 pages

traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün

Titre original : Mistur, 2017

Quatrième de couverture :
A Reykjavík, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir, la quarantaine, fuit sa famille dysfonctionnelle en se jetant à corps perdu dans le travail. Sa fille Dimma est en perpétuelle crise, et les relations avec son mari, Jón, se sont terriblement dégradées. A l’autre bout du pays, dans une ferme d’une vallée reculée de l’est de l’Islande, un couple est l’otage d’une terrible tempête de neige quand un homme vient frapper à leur porte et réclame l’asile pour la nuit. Son discours est décousu, son regard, indéchiffrable. Les rafales reprennent de plus belle, l’électricité est soudain coupée : le couple se retrouve coincé avec l’inconnu. Pour tous, à Reykjavík ou dans la vallée perdue, ces quelques jours avant Noël vont tout faire basculer. La famille de Hulda explose. Et dans la petite ferme, deux mois après les faits, on a retrouvé deux cadavres. Un double meurtre sur lequel Hulda va se jeter pour tenter d’oublier son chagrin et sa colère.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavík en 1976. Grand lecteur d’Agatha Christie, il entreprend, à dix-sept ans, la traduction de ses romans en islandais. Découvert par l’agent d’Henning Mankell, Ragnar a accédé en quelques années au rang des plus grands auteurs de polars internationaux. La Dernière Tempête clôt la trilogie  » La Dame de Reykjavík « , mettant en scène l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir à plusieurs âges de sa vie, en remontant le temps. Ce dernier volet se déroule 25 ans avant La Dame de Reykjavík et 10 ans avant L’Île au secret. Les œuvres de Ragnar sont traduites dans une trentaine de pays.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Au début ce livre devait être un partenariat promis en janvier… début février je préviens l’agence de presse que je n’ai pas reçu le livre, on me répond que c’est normal car il n’est pas encore arrivé chez eux et que je devrais le recevoir d’ici une semaine. Trois semaines plus tard, je n’ai toujours rien reçu et je le signale une nouvelle fois… les envois ne sont plus gérés par l’agence mais par la maison d’édition qui est en copie de la réponse à mon mail… Depuis aucune nouvelle du livre ou de la maison d’édition… J’ai malgré tout pu le lire…
Ce roman, dernier volet de la trilogie « La Dame de Reykjavik », relate des évènements survenus dix ans avant « L’Île au secret », le second volet de la trilogie, et vingt-cinq ans avant « La Dame de Reykjavík », le premier volet.
Dans ce livre, l’enquêtrice Hulda Hermannsdóttir a quarante ans.
C’est une série de Ragnar Jónasson que je n’ai pas encore lu, et finalement chronologiquement, ce tome là est le premier…
Février 1988, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir a repris le travail après quelques semaines d’arrêt. Elle n’a pas le cœur à travailler mais c’est toujours mieux que broyer du noir chez elle… Elle est envoyée sur une scène de crime ou un couple, dans une ferme isolée, vient d’être retrouvé assassiné.
Puis c’est un flashback quelques jours avant Noël, l’enquêtrice Hulda Hermansdóttir enquête sur la disparition d’une jeune fille. L’ambiance dans le cercle familiale d’Helda est tendue, Dimma, sa fille est une adolescente en crise qui s’isole et refuse le dialogue… Au même moment, dans une ferme d’une vallée reculée de l’est de l’Islande, Erla et Einar se prépare à leur isolement annuel pour l’hiver : approvisionnement en vivres, en livres de la bibliothèque pour passer les longues journées sombres, les tempêtes de neige… La veille de Noël, Leó un homme perdu dans la tempête de neige se présente chez eux. Il a perdu son groupe d’amis avec qui il était à la chasse. Einar et Erla vont l’héberger pour la nuit. Dans la soirée, l’électricité est coupée, de même que le téléphone. La ferme est isolée plus que jamais… Erla n’est pas tranquille, elle ressent la présence de Leó comme une menace…
Comme c’est le premier livre de la trilogie que je découvre, le suspens a été total pour moi. Aussi bien concernant l’enquête que pour la vie privée de l’enquêtrice. Mais ce roman policier est surtout un roman psychologique dont l’ambiance tendue monte peu à peu… L’isolement, la mauvaise météo et l’obscurité amplifie ce sentiment de malaise…
Cette première lecture m’a donné envie de retrouver Hulda Hermansdóttir dans les autres épisodes de la trilogie. Et moi qui reprochait aux éditeurs français de nous publier la série Dark Iceland dans le désordre, je compte lire cette trilogie dans l’ordre chronologique et donc dans l’ordre inverse de publication…

Extrait : (début du livre)
Hulda Hermannsdóttir ouvrit les yeux.
La fichue torpeur qui l’enveloppait refusait de se dissiper. Elle aurait voulu dormir toute la journée, même ici, au commissariat, sur cette chaise inconfortable. Heureusement, elle avait son propre bureau où elle pouvait s’isoler, se perdre dans ses pensées ou fermer les paupières un instant. Les dossiers s’empilaient ; elle n’était pas parvenue à se replonger dans une seule affaire depuis son retour de congé, deux semaines auparavant.
Snorri, son supérieur, avait bien remarqué son changement d’attitude, mais il se montrait compréhensif. Elle avait tenu à revenir au travail, ne supportant plus de rester enfermée à la maison avec Jón. Même le paysage extraordinaire de la péninsule d’Álftanes, où ils habitaient, n’avait plus d’effet sur elle. Elle n’entendait plus le murmure du ressac, ne distinguait plus les étoiles ou les aurores boréales qui illuminaient le ciel. Et c’est à peine si Jón et elle s’adressaient encore la parole. Elle répondait à ses questions occasionnelles mais avait cessé d’amorcer le moindre échange.
Évidemment, les ténèbres hivernales n’arrangeaient rien. C’était la saison la plus froide, la plus sombre. Chaque jour semblait plus sinistre que le précédent et la neige n’avait cessé de tomber durant tout le mois de février. À intervalles réguliers, on apercevait sur la route des voitures abandonnées, et Hulda devait faire preuve d’une prudence accrue pour rejoindre Kópavogur au volant de sa Skoda, malgré les solides pneus cloutés dont le véhicule était équipé.
Pendant quelque temps, elle avait douté de retourner un jour au travail. De sortir à nouveau de la maison, quitter son lit, quitter sa couette. Mais dans la situation actuelle les choix étaient limités : c’était soit rester chez elle avec Jón, soit travailler du matin au soir, malgré ses difficultés à se concentrer.
Elle passait donc ses journées dans son bureau à ranger documents et rapports, à prétendre les consulter sans réussir à s’en convaincre. La situation s’arrangerait, tôt ou tard. Certes, elle ne surmonterait jamais complètement la culpabilité qui la rongeait, mais avec un peu de chance, celle-ci finirait par diminuer. En revanche, sa colère ne faisait que s’intensifier. Jour après jour, elle sentait la fureur et la haine grandir en elle et la dévorer de l’intérieur, sans parvenir à lutter contre. Il fallait qu’elle trouve un moyen d’expulser ces émotions négatives, d’une manière ou d’une autre…

Déjà lu du même auteur :

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Petit Bac 2021(2) Météo

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Islande

Baddawi, une enfance palestinienne – Leila Abdelrazaq

816Bw7W5iDL Steinkis – janvier 2018 – 115 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Giudicelli

Titre original : Baddawi, 2015

Quatrième de couverture :
Ahmed est un jeune garçon palestinien qui grandit à Baddawi, un camp de réfugiés dans le nord du Liban.
Baddawi est bondé, dynamique, solidaire, mais la tension politique est palpable et les exactions monnaie courante. Aussi quand les parents d’Ahmad ont l’occasion de déménager à Beyrouth, ils n’hésitent pas ! C’est sans compter sur la guerre civile qui les rattrape bientôt…

Auteur : Leila Abdelrazaq est américaine, d’origine palestinienne. Dans ce premier roman graphique, elle explore conflit israélo-palestinien dans les années 1960 et 1970 en se mettant, avec une infinie tendresse, à la hauteur de ce petit garçon qui voit le monde s’effondrer autour de lui et tente d’avancer en traçant son propre chemin.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Ce roman graphique raconte l’histoire d’Ahmed, un jeune Palestinien de 1959 à 1980. Leila Abdelrazaq, l’auteure de cette BD, est la fille d’Ahmed. A travers l’histoire de ce jeune garçon, elle évoque aussi l’Histoire avec un grand H des Palestiniens qui ont été contraints à l’exode à partir de 1947.
La terre natale de sa famille était le village de Safsaf, dans le nord de la Palestine. Le 29 octobre 1948, c’est l’opération Hiram, les troupes israéliennes massacrent à Safsaf et sa grand-mère (alors âgée de 17 ans) et son grand-père en réchappent et craignant une nouvelle attaque, ils sont contraints de fuir… Ils marchèrent jusqu’à un camp de réfugiés situé au nord du Liban « Baddawi ». Et jamais, ils ne purent retourner en Palestine…
Ahmed vit le jour dans le camp de « Baddawi » et il y grandit avec ses neuf frères et sœurs. Sa vie quotidienne est celle d’un jeune garçon qui va à l’école, joue aux billes ou chasse les oiseaux avec ses copains… Mais la guerre n’est jamais loin… Dans le camp la tension politique avec l’armée libanaise est palpable, aussi lorsque l’occasion se présente de déménager toute la famille à Beyrouth, les parents d’Ahmed n’hésitent pas. Mais la guerre civile au Liban commence et la vie d’Ahmed et de sa famille reste difficile et l’espoir de retourner un jour en Palestine devient de plus en plus mince…
Ahmed est un jeune garçon attachant, intelligent et débrouillard. A travers ses yeux, nous découvrons la culture, les traditions et l’identité de ce peuple et l’Histoire de cette époque. Un témoignage instructif et très intéressant, l’humour et l’émotion sont également présents…
Le dessin en noir et blanc rappelle le style de Zeina Abirached ( Prendre refuge , Je me souviens Beyrouth , Le piano oriental ) ou celui de Marjane Satrapi (Persepolis)
A la fin de la BD, il y a également un glossaire très complet. Sont également présents dans le dessin des motifs typiques de la broderie traditionnelle palestinienne.

Extrait : (début de la BD)

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Petit Bac 2021
(2) Lieu

Valentine, tome 3 – Vanyda

81GAYCfhIzL Dargaud – juillet 2013 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Dans ce troisième tome de Valentine, Vanyda expose sa jeune héroïne à l’une des plus grandes épreuves de l’adolescence : l’entrée au lycée ! La bande des quatre filles se retrouve éparpillée. Valentine n’est pas la plus chanceuse, quand on voit les boulets de sa classe ! Mais peut-être serait-il temps de ne plus s’arrêter aux apparences ? Juliette, une jeune fille cool, ouverte aux autres et curieuse, pourrait lui montrer que ce n’est pas si compliqué.

Auteur : Vanyda Savatier (plus connue sous son seul prénom) est une auteur d’origine franco-laotienne de bande dessinée apparentée à La Nouvelle Manga. Élève des Beaux Arts de Tournai (Belgique). Elle forge son style grâce à l’influence des dessins animés japonais. Elle fusionne ainsi le style mangas – BD franco-belge. Elle vit actuellement à Lille. Son blog: http://vanyda.fr/
Elle est l’auteure de deux autres trilogies : « L’immeuble d’en face » (La Boîte à bulles) et « Celle que… » (Dargaud). Cette dernière série paraît en intégrale en 2015 ; elle a également été reprise, en couleurs et en six volumes cartonnés, sous le titre de « Valentine » (Dargaud) entre 2012 et 2014. En janvier 2014, Vanyda crée le magnifique « Un petit goût de noisette » (Dargaud), roman graphique en noir et blanc, relevé par quelques touches de couleur, qui met en scène des histoires d’amour… Deux ans plus tard, Vanyda revient avec un nouveau one shot, « Entre ici et ailleurs » (Dargaud). Toujours chez le même éditeur, elle publie avec Nicolas Hitori De le premier tome de « Mia & Co » en 2016. Primée dans de très nombreux festivals de BD et plusieurs fois sélectionnée à Angoulême, Vanyda a été récompensée par le très sérieux Publishers Weekly pour la version anglaise de « L’immeuble d’en face », sacré manga de l’année. En 2019, elle revient avec « Un petit goût de noisette et de fruits rouges », proposant des nouveaux fragments d’histoires de cœur.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Voilà le tome 3 de la série Valentine (six tomes) , l’équivalent de la première partie du tome « Celle que je voudrais être » dans la série « Celle que… ».
Cette année, les copines sont au lycée, sauf Julie redoublant sa 3ème. Les copines se retrouvent dans des classes différentes. Elles vont se retrouver le long du grillage mitoyen lycée-collège ou pour déjeuner si les emplois du temps sont compatibles… Dans sa classe, Valentine retrouve la très sérieuse Gaëlle et Juliette, fille plutôt cool qui, l’année dernière, avait invité la bande de copine à sa fête d’anniversaire. Yamina qui a pris Japonais comme option, organise avec des camarades de sa classe un club manga auquel Valentine se joint. Ne plus être tout le temps en compagnie de ses bonnes copines, est pour Valentine l’occasion d’agrandir son cercle de connaissances, comme Melvin ou Baptiste…
J’aime beaucoup le style du dessin épuré dans l’esprit manga, comme la construction des planches, avec une même scène vue sous plusieurs angles, avec des zooms, de nombreuses planches muettes…

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

un-petit-gout-de-noisette-tome-1-sans-titre Un petit goût de noisette 1 un-petit-gout-de-noisette-tome-2-sans-titre Un petit goût de noisette 2

91qgXNmpNsL Valentine, tome 1   Valentine, tome 2

C’est lundi, que lisez-vous ? [146]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

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Yellow cab – Chabouté et Benoît Cohen
Bande de poètes – Alexandre Chardin

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?
Les fantômes de Reykjavik – Arnaldur Indridason

Blanc autour – Lupano et Fert (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

La dernière tempête – Ragnar Jónasson (partenariat toujours pas reçu, je vais l’emprunter à la bibli !)

Cent mille ans. Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires – Pierre Bonneau, Gaspard D’Allens et Cécile Guillard (BD)

Valentine, tome 4 – Vanyda (BD)

Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Bande de poètes – Alexandre Chardin

Lu en partenariat avec Babelio et Casterman

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Quatrième de couverture :
Julien craint le pire pour la rentrée. Son père l’a inscrit au collège Rostand où vont les jeunes les plus défavorisés de la cité. Premier défi pour Julien : s’intégrer en étant le fils du maire, le blanc-bec de service qui préfère le groove d’une trompette au flow du rap. Deuxième défi : briller aux yeux de la fière Nour, et survivre au regard-mitraillette de son frère. Les choses semblent mal parties et pourtant…
il se pourrait que Julien rencontre ses meilleurs alliés durant cette année, et même qu’ils montent ensemble un projet musical unique (rap, piano et trompette) pour faire entendre leurs voix !

Auteur : Je suis né trop tard pour être Rahan, le fils des âges farouches, Davy Crocket ou même Charles Bronson. J’aurais dû naître en Alaska, vaincre mon premier grizzly au canif à 4 ans, devenir éleveur de colibris en Islande et surfeur de vagues géantes pour épater les otaries. Mais je suis né à Strasbourg, ce qui n’est déjà pas si mal. J’ai élevé des chenilles urticantes, des orvets, des larves de moustiques et des têtards sous l’œil confiant de mes parents. A 8 ans, j’ai voulu sauter du grand tremplin de saut à ski en Autriche, papa a hésité, maman a dit non, je lui en veux encore. Et puis un jour mon cœur fait boum car je découvre le Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline. Et hop, ce sera la fac de lettres de Strasbourg. J’ai beaucoup appris, voyagé et j’ai rencontré la femme de ma vie à la « cafet » de la fac de lettres, romantisme absolu ! J’ai eu une 2CV qui avait 16 trous dans le toit, une moquette rose au sol et une moumoute assortie sur le volant. J’ai ensuite déménagé à Mulhouse dans un immeuble plein de yorkshires et de sorciers. Mais aujourd’hui, la gloire est proche car j’ai une petite fille merveilleuse, un petit garçon-soleil et une voiture dans laquelle ma 2CV aurait pu rentrer. Pour les 243 prochaines années, je compte apprendre à jouer de la batterie, pulvériser le record d’Usain Bolt sur 200 m, retourner au Kirghistan, relire l’Histoire de Tönle de Mario Rigoni Stern, construire 14 cabanes dans les arbres dans la forêt de mon papa, voir une aurore boréale, manger un waterzoi, écrire un roman traduit en estonien et assister à la disparition de la bêtise arrogante. Mais je suis confiant, il y a de beaux enfants, curieux aux yeux rieurs qui me donnent toujours envie d’enseigner.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Lorsque j’ai accepté de recevoir ce livre dans le cadre d’un Masse Critique spécial, je ne m’attendais pas à recevoir un livre écrit en vers ! C’est surprenant mais finalement la lecture se fait très bien. En avant-propos, l’auteur nous conseille d’entendre ce texte plutôt que de le lire…
Le père de Julien est le Maire de la ville, il a inscrit son fils au collège où vont les adolescents les plus défavorisés de la ville… Non seulement Julien se retrouve sans ses copains, mais il va devoir s’intégrer dans une classe qui ne lui ressemble pas du tout. En arrivant au collège, il a une bonne surprise en découvrant Nour, une splendide fille qu’il a vraiment envie de mieux connaître…
Nour a un frère plutôt protecteur, Amir, qui dès le début prend en grippe Julien… Abou se tient dans l’ombre d’Amir, c’est garçon assez mystérieux qui préfère discuter avec Julien que de l’affronter comme Amir… Je n’en raconterai pas plus mais tout ce petit groupe, en se fréquentant et en échangeant va se trouver des points communs et construire ensemble un beau projet.
Une très belle histoire que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.
Merci Babelio etles éditions Casterman pour cette lecture positive.

Extrait : (début du livre)
Cher lecteur, permets-moi, avant de commencer,
De t’expliquer dans quoi tu viens de te lancer.
Tu reconnais des rimes et des vers… « Oh, misère ! »
Tu te dis: « Non, pitié ! Je vais vivre l’enfer !

Il est fou cet auteur ? Il nous fait un caprice,
C’est pas pour moi, ce truc ! Non merci, le supplice ! »
Sans doute connais-tu le beau récit d’Homère,
Ulysse aux mille ruses méritait des vers…

Dix ans de guerre à Troie, puis monstres et tempêtes,
Cyclopes, dieux, sirènes, une terrible quête.
Si j’ai choisi les vers, c’est que mes personnages
Sont des aventuriers : écoute leur courage.

Les rimes et les vers pour des actes héroïques,
Une histoire d’enfants passionnés de musique.
Amir, Abou, Julien, la valeureuse Nour,
N’attendent que ta voix pour voir vraiment le jour.

Car ce texte, lecteur, ne doit pas qu’être lu !
N’hésite pas, dis-le ! Il veut être entendu.
Mais tu t’impatientes: « Quel bavard, on enrage !
Raconte-nous l’histoire, on voudrait des images ! »

Voici donc, mon ami, le début du récit,
Personnages et lecteur, un dernier mot : merci !

Petit Bac 2021
(3) Objet

Yellow cab – Chabouté et Benoît Cohen

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Quatrième de couverture :
Après avoir réalisé des films et des séries pendant 20 ans, Benoit Cohen sent qu’il a besoin de prendre un nouveau départ. En 2014, il déménage pour New-York et décide de devenir chauffeur de taxi pour les besoins de l’écriture d’un scénario. En plongeant au cœur de la ville, en se nourrissant de la richesse de la métropole, il espère retrouver l’inspiration. Dans une école du Queens, il apprend les ficelles du métier, fait la rencontre de ses futurs collègues, migrants de tous pays à la recherche du « rêve américain », et affronte le labyrinthe administratif qui mène à la licence de taxi driver. Au volant de l’emblématique yellow cab, il arpente les rues de Big Apple, observe les visages de milliers de passagers et emmagasine les histoires.
Benoit Cohen pensait tirer un film de cette aventure mais le projet se transforme finalement en un récit publié chez Flammarion. Cet ouvrage traversé de souvenirs personnels, de références cinématographiques et de réflexions sur le processus créatif, prend dorénavant la forme d’une bande dessinée grâce au talent de Chabouté. Une aventure sensible, profondément humaine, devenue un album au graphisme époustouflant qui rend un vibrant hommage à la plus célèbre des cités américaines.

Auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté suit les cours des Beaux-Arts d’Angoulême, puis de Strasbourg. Vents d’Ouest publie ses premières planches en 1993 dans « les Récits », un album collectif sur Arthur Rimbaud. Mais il faut attendre 1998 pour que ce graphiste free-lance se fasse un nom dans la bande dessinée en publiant coup sur coup « Sorcières » aux Editions du Téméraire et « Quelques jours d’été » aux Editions Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au Festival d’Illzach, le second à Angoulême où Christophe Chabouté décroche l’Alph’Art Coup de Coeur. Avec « Zoé » paru en 1999, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité, ce qu’il démontre avec encore plus d’évidence dans « Pleine Lune ». « Tout seul« (2008), « Terres Neuvas« (2009), « Un peu de bois et d’acier« (2012). 

Mon avis : (lu en mars 2021)
Cette BD est l’adaptation du livre de Benoît Cohen. En juin 2015, à New-York,
pour l’écriture d’un scénario, le réalisateur français décide de devenir chauffeur de taxi comme le sera son héroïne.
Il commence par tenter d’obtenir
sa licence dans une école au fin fond du Queens, il se retrouve Français parmi des migrants de tous pays. Les démarches administratives seront nombreuses et difficiles avant de pouvoir obtenir la licence de taxi driver tant désiré. Ensuite, pendant plusieurs mois, il va sillonner les rues et les quartiers de New-York au volant d’un taxi loué chaque matin, prenant des notes et enregistrant les échanges avec ses clients.
Chabouté dessine ici la ville de New-York vue par le chauffeur de taxi, les rues, les immeubles et surtout, en quelques plans, une série de portraits de New-Yorkais.
Plus que l’histoire d’un français qui devient chauffeur de taxi, cette BD est une déambulation dans New-York. Et c’est une belle réussite !

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

tout_seul Tout Seul  Terres_neuvas Terres Neuvas 
construireunfeu Construire un feu

quelques_jours_d_ete  Quelques jours d’été / Un îlot de bonheur
landru Henri Désiré Landru un_peu_de_bois_et_d_acier Un peu de bois et d’acier

purgatoire1 Purgatoire, livre 1 purgatoire2 Purgatoire, livre 2
purgatoire3 Purgatoire, livre 3 92198484 Fables amères : De tout petits riens

pleine lune Pleine lune 91abQsNrVBL Les Princesses aussi vont au petit coin

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Petit Bac 2021
(2) Voyage

C’est lundi, que lisez-vous ? [145]

cestlundi


C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

La légende des filles rouges – Kazuki Sakuraba
Valentine, tome 2 – Vanyda

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?
Yellow cab – Chabouté
Bande de poètes – Alexandre Chardin (partenariat Masse Critique)

Que lirai-je les semaines prochaines ?
Les fantômes de Reykjavik – Arnaldur Indridason
La dernière tempête – Ragnar Jónasson (partenariat ? livre promis en janvier et toujours pas reçu)
Cent mille ans. Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires – Pierre Bonneau, Gaspard D’Allens et Cécile Guillard (BD)

Bonnes lectures, protégez vous et évadez-vous en lisant !

Valentine, tome 2 – Vanyda

91FivMuBITL Dargaud – juin 2012 – 96 pages

Quatrième de couverture :
Dans ce deuxième tome de Valentine, Vanyda poursuit la chronique d’une adolescence, toujours avec autant de justesse. En classe de 3e, les nouvelles expériences se succèdent : le brevet approche, on sèche les cours, on flirte… pas forcément avec celui qu’on préfère… Le beau Félix est toujours inaccessible. Dans ce tourbillon de la vie, Valentine a bien du mal à trouver sa place. Une série en 6 albums cartonnés, en couleurs.

Auteur : Vanyda Savatier (plus connue sous son seul prénom) est une auteur d’origine franco-laotienne de bande dessinée apparentée à La Nouvelle Manga. Élève des Beaux Arts de Tournai (Belgique). Elle forge son style grâce à l’influence des dessins animés japonais. Elle fusionne ainsi le style mangas – BD franco-belge. Elle vit actuellement à Lille. Son blog : http://vanyda.fr/
Elle est l’auteure de deux autres trilogies : « L’immeuble d’en face » (La Boîte à bulles) et « Celle que… » (Dargaud). Cette dernière série paraît en intégrale en 2015 ; elle a également été reprise, en couleurs et en six volumes cartonnés, sous le titre de « Valentine » (Dargaud) entre 2012 et 2014. En janvier 2014, Vanyda crée le magnifique « Un petit goût de noisette » (Dargaud), roman graphique en noir et blanc, relevé par quelques touches de couleur, qui met en scène des histoires d’amour… Deux ans plus tard, Vanyda revient avec un nouveau one shot, « Entre ici et ailleurs » (Dargaud). Toujours chez le même éditeur, elle publie avec Nicolas Hitori De le premier tome de « Mia & Co » en 2016. Primée dans de très nombreux festivals de BD et plusieurs fois sélectionnée à Angoulême, Vanyda a été récompensée par le très sérieux ?Publishers Weekly’ pour la version anglaise de « L’immeuble d’en face », sacré manga de l’année. En 2019, elle revient avec « Un petit goût de noisette et de fruits rouges », proposant des nouveaux fragments d’histoires de cœur.

Mon avis : (lu en mars 2021)
Voilà le deuxième tome de la série Valentine qui est « en couleur » l’équivalent de la deuxième partie de « Celle que je ne suis pas ». C’est la fin de l’année de troisième et l’envie pour Valentine et ses copines de devenir grandes en expérimentant… C’est la réunion parents-professeurs, la boom de fin d’année et les résultats du conseil de classe…
Elles vont sécher un cours, boire de l’alcool, donner leur premier baiser… Valentine est toujours aussi discrète, elle excelle en sport, sa vie personnelle est assez monotone, sa mère l’élève seule et prise par son travail est peu présente pour l’adolescente. Le père est complètement absent.
Cette BD se lit très facilement et les personnages sont très attachants, le lecteur revit ses années collèges.
J’aime beaucoup le style du dessin épuré dans l’esprit manga, comme la construction des planches, avec une même scène vue sous plusieurs angles, avec des zooms, de nombreuses planches muettes…

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

un-petit-gout-de-noisette-tome-1-sans-titre Un petit goût de noisette 1 un-petit-gout-de-noisette-tome-2-sans-titre Un petit goût de noisette 2

91qgXNmpNsL Valentine, tome 1