Nos espérances – Anna Hope

818CJ4hsjTL Gallimard – mars 2020 – 368 pages

traduit de l’anglais par Élodie Leplat

Titre original : Expectation, 2020

Quatrième de couverture :
Hannah, Cate et Lissa sont jeunes, impétueuses, inséparables. Dans le Londres des années 1990 en pleine mutation, elles vivent ensemble et partagent leurs points de vue sur l’art, l’activisme, l’amour et leur avenir, qu’elles envisagent avec gourmandise. Le vent de rébellion qui souffle sur le monde les inspire. Leur vie est électrique et pleine de promesses, leur amitié franche et généreuse. Les années passent, et à trente-cinq ans, entre des carrières plus ou moins épanouissantes et des mariages chancelants, toutes trois sont insatisfaites et chacune convoite ce que les deux autres semblent posséder. Qu’est-il arrivé aux femmes qu’elles étaient supposées devenir ? Dans ce roman tout en nuances sur les différentes facettes de l’amitié au fil du temps, Anna Hope tisse avec élégance et délicatesse la vie de ces trois héroïnes contemporaines. Elle sonde les différentes façons de trouver son identité de femme, mais aussi de mère, de fille, d’épouse ou d’éternelle rebelle, et explore cet interstice entre les espérances et la réalité, cet espace si singulier fait de rêves, de désirs et de douleurs où se joue toute vie.

Auteur : Anna Hope est née à Manchester. Elle a étudié à Oxford et à Londres. Après Le chagrin des vivants et La salle de bal (prix des lectrices de Elle 2018), Nos espérances est son troisième roman.

Mon avis : (lu en août 2020)
Première lecture de cette auteure que je voulais découvrir depuis quelques temps.
C’est l’histoire d’Hannah, Cate et Lissa, trois jeunes femmes,  nées dans les années 1970. Au début des années 2000, elles vivent en colocation dans une maison de ville victorienne à trois étages, en bordure du London Fields Park, le plus beau parc de la capitale dont elles se sentent propriétaires.  Elles sont pleines d’espérance, et ne doutent pas qu’elles réussiront leur vie. Le lecteur va découvrir nos trois héroïnes jusqu’à 2018, avec quelques flashbacks depuis 1987, époque de leur rencontre. Elles ont chacune des aspiration différentes :  l’une est en mal d’enfant, la deuxième est devenue maman avant de l’avoir souhaité et a des difficultés à assumer son rôle, et la troisième veut travailler comme actrice. C’est une histoire sur l’amitié avec toutes ses nuances, les joies, les plaisirs partagés, les déceptions, les trahisons, les réconciliations…
Même si j’ai été parfois un peu perdue par les allers-retours chronologiques, j’ai trouvé ces femmes touchantes et ce roman très intéressant.

Extrait : (début du livre)
London Fields
2004
C’est samedi, samedi c’est le jour du marché. C’est la fin du printemps, ou le début de l’été. C’est la mi-mai, les églantiers sont en fleur dans le jardin broussailleux devant la maison. C’est encore tôt, du moins tôt pour le week-end – il n’est pas encore neuf heures, pourtant Hannah et Cate sont déjà levées. Elles ne se parlent pas beaucoup en se relayant devant la bouilloire, pour faire du thé et griller du pain. Le soleil zèbre la pièce, éclaire les étagères avec leurs casseroles dépareillées, les livres de recettes, les murs mal peints. Quand elles ont emménagé ici il y a deux ans, elles se sont juré de repeindre l’atroce couleur saumon de la cuisine, mais elles ne s’y sont jamais attelées. Et maintenant elles l’aiment bien. Comme l’ensemble de cette sympathique maison délabrée, elle est chaleureuse.
À l’étage, Lissa dort. Le week-end elle se lève rarement avant midi. Elle travaille dans un pub du quartier et sort souvent après son service : une fête dans un appartement à Dalston, un des rades de Kingsland Road, ou plus loin, dans les studios d’artistes de Hackney Wick.
Elles finissent leurs tartines et, sans réveiller Lissa, décrochent leurs vieux sacs de courses en toile du portemanteau derrière la porte et sortent dans le matin lumineux. Elles tournent à gauche, puis prennent à droite sur Broadway Market, où l’on commence tout juste à monter les étals. C’est le moment qu’elles préfèrent : avant l’arrivée de la foule. Elles achètent des croissants aux amandes à la boulangerie au bout de la rue. Elles achètent du cheddar corsé et un fromage de chèvre cendré. Elles achètent de bonnes tomates et du pain. Elles achètent un journal sur la gigantesque pile devant l’épicerie turque. Elles achètent deux bouteilles de vin pour plus tard. (Du rioja. Toujours du rioja. Elles n’y connaissent rien en vin, mais elles savent qu’elles aiment le rioja.) Elles continuent tranquillement leur chemin vers les autres étals, en regardant les babioles et les vêtements d’occasion. À la terrasse des pubs, comme toujours sur les marchés londoniens, des gens sont déjà agrippés à leur pinte à neuf heures du matin.

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Angleterre

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