Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu – Mathieu Sapin

91CA1O3-dJL Dargaud – mars 2017 – 160 pages

Quatrième de couverture :
Mathieu Sapin rencontre Gérard Depardieu en 2012. Il l’accompagne en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule, que ce soit lors de tournages, au Portugal ou aux quatre coins de l’Europe, d’un voyage exceptionnel en Russie ou, tout simplement, d’un repas dans la cuisine de son hôtel particulier parisien.

Auteur : Mathieu Sapin est un auteur-dessinateur de bande dessinée. Il a suivi l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, section illustration en 1992. De 1996 à 1998, il illustre 8 mensuels jeunesse « Je Bouquine », et travaille également au musée de la BD d’Angoulême. Il est l’auteur de Supermurgeman. Il sera nominé à Angoulême et pour le prix René Goscinny. En 2000, il contribuera à l’anthologie Comix 2000 et publiera L’Oreille Gauche. Illustrateur pour la jeunesse, il travaille pour Bayard, Nathan, Bréal.
En 2012, il publie Campagne présidentielle, dans laquelle il raconte la campagne de François Hollande à la suite de son investiture aux primaires socialistes. Un an après l’élection, Mathieu Sapin obtient une accréditation à l’Élysée pour dessiner les coulisses du palais présidentiel. De juillet 2013 à juillet 2014, il passe donc régulièrement dans les services de l’Élysée pour l’album Le Château. Ce livre se termine sur quelques pages en épilogue suite aux attentats de janvier 2015.
En 2017, il publie l’album « Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu ».
Il est fait Chevalier des arts et des lettres en 2016.

Mon avis : (lu en mars 2020)
Un reportage en immersion au côté de Gérard Depardieu. En 2012, Mathieu Sapin rencontre Gérard Depardieu à l’occasion d’un voyage en Azerbaïdjan pour un projet documentaire d’Arte, sur les traces d’Alexandre Dumas.
Le courant passe si bien entre les deux hommes que Mathieu prolonge l’expérience en le suivant dans ses voyages en Russie, en Espagne ou au Portugal.
Le dessinateur discret, fluet, timide et naïf surnommé « Tintin » par l’acteur est l’opposé de ce dernier qui en impose avec sa carcasse de colosse et son verbe fleuri…
Toutes les portes lui sont ouvertes et Mathieu Sapin dresse un portrait de Depardieu le plus fidèle possible, avec ses qualités et ses défauts...
De nombreuses colères, des bonnes bouffes avec des amis, une séance de selfies avec ses fans, une séance de sauna épique… Depardieu est un homme libre.
C’est tour à tour, drôle, touchant et bien souvent surréaliste.

Extrait :

p3p4p5p6  p9p10_p11  P12depardieu-P14 PL_GERARD.indd

Petit bac 2020a(3) Personnage Célèbre

C’est lundi, que lisez-vous ? [109]

cestlundi
C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

71HYWpDG0OL Né d'aucune femme 91b1a+RPHbL

Comme des frères – Claudine Desmarteau
Né d’aucune femme – Franck Bouysse
Couleurs de l’incendie – Christian de Metter

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Girl – Edna O’Brien (Prix Audiolib 2020)
Le discours – Fabrice Caro

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Couleurs de l’incendie – Christian de Metter (BD)
La Guerre des Lulus, Tome 6 : Lucien – Régis Hautière & Hardoc (BD)
Dans les forêt de Sibérie – Virgile Dureuil (BD)
Un été d’enfer – Vera Brosgol (BD)
Irena, tome 5 : La vie, après –
Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël, Walter (BD)
Resurrection Bay – Emma Viskic (Masse Critique)

Bonnes lectures, bon courage pour tous, restez à la maison et protégez-vous !

Couleurs de l’incendie – Christian de Metter

91b1a+RPHbL Rue de Sèvres – décembre 2019 – 164 pages

Quatrième de couverture :
Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie.

Auteurs : Né en 1968, Christian de Metter est auteur de bandes dessinées. Il a notamment reçu, en 2004, le Prix du public au Festival d’Angoulême pour l’album Le Sang des Valentines, dessiné avec Catel, puis, en 2009, le Prix des Libraires de Bande Dessinée pour Shutter Island.
Né à Paris, Pierre Lemaitre a longtemps enseigné la littérature avant d’embrasser la carrière littéraire. Ses trois premiers romans, Travail soigné (prix du Premier roman de Cognac 2006), Robe de marié (prix du Meilleur polar francophone 2009) et Cadres Noirs (prix du Polar européen du Point 2010), lui ont valu un succès critique et public exceptionnel et l’ont révélé comme un maître du roman noir et du thriller. Ses romans sont traduits dans une quinzaine de langues et plusieurs sont en cours d’adaptation cinématographique.

Mon avis : (lu en mars 2020)
Quel plaisir de découvrir en BD la suite de la très belle adaptation du livre de Pierre Lemaitre « Au revoir là-haut ».
Madeleine Péricourt est le personnage principale de cette histoire qui commence en février 1927, lors des obsèques de Marcel Péricourt avec le geste spectaculaire de Paul, le fils de Madeleine âgé de sept ans… Madeleine se retrouve seule à la tête des affaires de son père, mais en tant que femme, elle n’a même pas le droit de signer un chèque. Elle est doit faire confiance aux banquiers proche de son père. Malheureusement, ceux-ci vont profiter de sa naïveté et rapidement elle sera trahie et perdra toute sa fortune. Lorsqu’elle va comprendre comment et par qui elle a été bernée, elle n’aura plus qu’une idée, se venger…
Une galerie de personnages des plus originaux et variés comme Joubert, le fondé de pouvoir et directeur de la banque, Léonce, l’employée de maison proche de Madeleine,  oncle Charles, le frère de Monsieur Péricourt, Vlady, la nurse polonaise, Solange, la diva italienne gravite autour de Madeleine et Paul.
Sur fond de krach boursier, de montée du fascisme, des débuts de l’aviation, d’évasion fiscale, de la condition de la femme dans les années 30, cette BD se lit comme un suspens avec des histoires parallèles et des rebondissements…

Les dessins et les couleurs sont très réussis, la BD restitue très bien l’atmosphère du roman.
J’ai beaucoup aimé me replonger dans cette histoire, juste après avoir découvert Miroir de nos peines, le nouveau roman de Pierre Lemaitre et conclusion de la trilogie.

Extrait :

A1g6FFAqbSL 91ywwFJTGNL 91ZEjV5DZHL A1PWf77g5AL

Déjà lu du même auteur :
107646979 Au revoir là-haut
81CwwZlg2xL Couleurs de l’incendie

Petit bac 2020a(3) Couleur

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Né d'aucune femme

 91e2vLH31IL

Audiolib – septembre 2019 – 9h09 – Lu par Cachou Kirsch et Simon Duprez

La Manufacture de livres – janvier 2019 – 334 pages

Quatrième de couverture :
Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l’asile voisin, sous la jupe d’une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C’est ainsi que sortent de l’ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Auteur : Franck Bouysse, né en 1965 à Brive-la-Gaillarde, a été enseignant en biologie et se lance dans l’écriture en 2004. Ses romans Grossir le ciel en 2014, puis Plateau en 2016 et Glaise en 2017 rencontrent un large succès public et remportent de nombreux prix littéraires. Son roman Né d’aucune femme achève d’imposer Franck Bouysse comme un auteur français de premier plan. Il partage aujourd’hui sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

Lecteurs : Comédienne et musicienne bruxelloise, sociologue de formation, Cachou Kirsch jongle depuis 2003, avec un plaisir non dissimulé, entre grosses productions théâtrales et « petits » projets passionnants, entre la vivacité du jeune public et les studios d’enregistrement.
Après avoir étudié à l’École Nationale Supérieur d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, Simon Duprez débute sa carrière de comédien sur les planches. Il rencontre Isabelle Pousseur en 2000 pour la création de Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès et la retrouvera en 2006 pour Electre au Théâtre National de Bruxelles. Depuis, il poursuit sa carrière en Belgique en collaborant avec Rémi Pons, Judith Ribardière, Guillemette Laurent ou encore Sarah Siré.

Mon avis : (réécouté en partie en mars 2020)
Mon premier avis sur ce livre était mitigé, car j’ai trouvé cette histoire très sombre, violente, cruelle et même perverse. J’ai vite été mal à l’aise par ce trop plein de scènes dérangeantes et insupportables. M’y replonger a été difficile… J’ai retardé le moment et finalement j’y suis allée sans envie, par honnêteté vis à vis du Prix Audiolib 2020.
Le père Gabriel est appelé pour bénir le corps d’une femme décédée à l’asile voisin.
Il a pour mission de récupérer les cahiers où cette femme a raconté sa terrible vie.
Elle s’appelait Rose, aînée de quatre filles d’un couple de paysans pauvres.
A 14 ans, elle est vendue par son père au maître des Forges.
C’est ainsi que commence ce roman chorale où chaque personnage nous livre son point de vue : le père Gabriel, Rose, Onésime, son père, Elle, sa mère, Edmond, le palefrenier, et l’Enfant. Tous brossent le portrait bouleversant de Rose, une jeune femme réduite au rôle d’esclave.
Je reconnais être admirative devant la force et la résistance de Rose face à tant de souffrances et d’horreurs.

Je reconnais que le style de l’auteur est juste et ciselé, que l’intrigue est bien mené, que les voix des deux lecteurs sont agréables à écouter
Mais tout cela ne suffit pas, mon avis n’a pas changé : trop c’est trop, ici tout est trop violent, trop noir.

Extrait : (début du livre)
Il se trouvait quelque part plus loin que les aiguilles de ma montre.
Cela n’a pas encore eu lieu. Il ne sait rien du trouble. Ce sont des odeurs de printemps suspendues dans l’air frais du matin, des odeurs d’abord, toujours, des odeurs maculées de couleurs, en dégradé de vert, en anarchie florale confinant à l’explosion. Puis il y a les sons, les bruits, les cris, qui expriment, divulguent, agitent, déglinguent. Il y a du bleu dans le ciel et des ombres au sol, qui étirent la forêt et étendent l’horizon. Et ce n’est pas grand-chose, parce qu’il y a aussi tout ce qui ne peut se nommer, s’exprimer, sans risquer de laisser en route la substance d’une émotion, la grâce d’un sentiment. Les mots ne sont rien face à cela ils sont des habits de tous les jours, qui s’endimanchent parfois, afin de masquer la géographie profonde et intime des peaux ; les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde.
À l’époque, je m’attendais à plus rien dans ma vie.
Taire les mots. Laisser venir. Il ne resterait alors rien que la peau nue, les odeurs, les couleurs, les bruits et les silences.
Ça faisait longtemps que je me racontais plus d’histoires.
Les histoires qu’on raconte, celles qu’on se raconte. Les histoires sont des maisons aux murs de papier, et le loup rôde.
J’avais renoncé à partir… Pour aller où, d’abord ?
Les retours ne sont jamais sereins, toujours nourris des causes du départ. Que l’on s’en aille ou que l’on revienne, de gré ou bien de force, on est lourd des deux.
Le soleil était en train de chasser la gelée blanche.
Le soleil-monstre suinte, duplique les formes qu’il frappe en traître, traçant les contours de grandes cathédrales d’ombre sans matière. C’est la saison qui veut ça.
Je le voyais pas. Comment j’aurais pu deviner ?
Il connaît cet endroit autrement qu’en souvenir. Quelque chose parle dans sa chair, une langue qu’il ne comprend pas encore.
Comment j’aurais pu imaginer qui il était ?
Il est grand temps que les ombres passent aux aveux.

Déjà lu du même auteur :

81LN3r3XCrL Grossir le ciel

9791035401030-001-T Né d’aucune femme – Franck Bouysse (1ère lecture)

PRIX AUDIOLIB 2020_logo (2)

Petit bac 2020a(3) Amour

Comme des frères – Claudine Desmarteau

71HYWpDG0OL L’Iconoclaste – mars 2020 –

Quatrième de couverture :
Ça s’est passé un samedi, il y a six ans. Comment Raphaël pourrait-il l’oublier ? Ils étaient comme des frères : Kevin, Ryan, Idriss, Thomas, Lucas, Saïd et lui. Et Quentin, dit « Queue de rat », le dernier arrivé dans la bande. Quentin, le frère jumeau d’Iris…
Les journées étaient longues, dans cette petite ville.
Fallait bien tuer le temps. Zoner, toujours dans le même décor, regarder des vidéos sur YouTube, fumer des joints et boire des bières dans le cabanon d’un jardin ouvrier. Ils se lançaient des défis, testaient leurs limites… jusqu’à ce jour maudit.
Dans une langue à la fois crue et tendre, Claudine Desmarteau livre un roman au scénario implacable sur la violence de l’adolescence. Une grande histoire de culpabilité et de résilience.

Auteur : Claudine Desmarteau est romancière et illustratrice. Elle a publié plus d’une vingtaine de livres pour la jeunesse. Elle signe ici son premier roman pour les adultes.

Mon avis : (lu en mars 2020)
Dans ce premier roman adulte, Claudine Desmarteau raconte l’adolescence, avec son insouciance et sa violence.
« On se sentait libres, vivants, invincibles… »
Raphaël, le narrateur, se souvient du jour où son adolescence à basculé…
Six ans auparavant, il faisait partie d’une bande avec Kevin, Ryan, Idriss, Thomas, Lucas, Saïd. Ils se connaissaient tous depuis la maternelle et ensemble dans cette petite ville, ils passaient le temps en zonant, le cabanon d’un jardin ouvrier était leur QG et ils se vannaient, se testaient, se lançaient des défis… Le dernier arrivé dans la bande était Quentin, il a d’abord été le bouc émissaire de la bande, victime de quolibets, de bizutage… jusqu’à ce faire accepter. Quentin a une sœur jumelle, Iris qui a du caractère et qui ne laisse pas insensible Raphaël…
Dès les premières pages de ce roman le lecteur comprend qu’il va y avoir un drame… mais celui-ci ne va être révélé que dans les toutes dernières pages et tout est possible.

L’auteure a su parfaitement décrire ce qu’est l’adolescence, une période de la vie intense et contrastée, une période de grand bouleversements physique, émotionnel, c’est le moment où les jeunes expérimentent, c’est la fin de l’enfance et pas encore le début de l’âge adulte, une période qui peut être merveilleuse mais aussi douloureuse…
Merci Babelio pour cette découverte et cette belle rencontre !

Extrait : (début du livre)
La tristesse a une couleur – pour moi gris serpillière.
La couleur du ciel après la pluie.
La peur a une odeur. Les chiens la reniflent, on m’a appris ça quand j’étais môme. Il faut éviter de transpirer la trouille quand on croise un chien. À l’école et au collège c’est pareil. On est comme des chiens. La peur on la renifle. Elle rend agressif. Elle excite la meute.
Tu sues des mains
Tu pues des mains
Tu sues du cul
Tu pues du cul
Le dégoût de soi, il n’a ni goût ni odeur. Il serre la
gorge. Il dessèche les mains et la bouche.

En Bretagne. J’avais six ou sept ans, j’étais allé pêcher la crevette avec mon grand-père. Il donnait des coups de filet énergiques, soulevant des gros paquets d’algues. De temps à autre, il poussait un cri de joie en chopant deux ou trois crevettes frétillantes dans son filet. Je m’étais éloigné de lui, et lui de moi. J’avais péché quelques grosses crevettes, je ne voyais pas le temps passer. Quand j’ai levé la tête, je me suis aperçu que j’étais cerné par la mer. Je me rappelle du ciel, très bleu. De la lumière. Très dure en ce milieu d’après-midi. Le vent s’était levé et la mer, plus agitée, avait changé de couleur.
Un bleu presque noir. Je cherchais des yeux la casquette blanche de mon grand-père. Personne à l’horizon, à part les mouettes qui gueulaient plus fort que moi – ma petite voix ne portait pas bien loin, quand j’appelais mon grand-père en chialant à moitié. Dingue comment elle monte vite, la mer, par gros coefficient. 104, ce jour-là. Mon grand-père avait paniqué. Il était venu me chercher en trébuchant sur ses vieilles guiboles dans les rochers et il s’était vautré en glissant sur les algues brunes, plates, larges et luisantes. Il m’avait pris sur ses épaules. Je m’agrippais à son cou en l’étranglant presque. Au retour il avait de l’eau jusqu’à la taille et on sentait la force du courant. Je me rappelle ce qui m’avait le plus terrifié : ne plus reconnaître ce paysage familier.

Petit bac 2020a(4) Pluriel

C’est lundi, que lisez-vous ? [108]

cestlundi
C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne ces dernières semaines ?

Le bal des folles 81WqFu7IYlL

Le Bal des folles – Victoria Mas
Fortune de mer – Clément Belin et Costès

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

Victime 2117 – Jussi Adler Olsen (partenariat Audiolib)
Le discours – Fabrice Caro

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Couleurs de l’incendie – Christian de Metter (BD)
La Guerre des Lulus, Tome 6 : Lucien – Régis Hautière & Hardoc (BD)
Girl – Edna O’Brien (Prix Audiolib 2020)
Dans les forêt de Sibérie – Virgile Dureuil (BD)
Un été d’enfer – Vera Brosgol (BD)
Irena, tome 5 : La vie, après –
Jean-David Morvan, David Evrard, Séverine Tréfouël, Walter (BD)
Resurrection Bay – Emma Viskic (Masse Critique)

Bonnes lectures, bon courage pour tous, restez à la maison et protégez-vous !

Prix Audiolib : dernier livre audio est arrivé !

PRIX AUDIOLIB 2020_logo (2)

Le dernier Audiolib de la sélection 2020 est arrivé, pas dans ma boîte aux lettres comme d’habitude, mais Covid-19 oblige, virtuellement dans ma boîte mail !

La femme révelée

Dans la forêt – Jean Hegland (10h02)
Né d’aucune femme – Franck Bouysse
(9h09)
Ici n’est plus ici – Tommy Orange
(8h44) (billet à venir)
Miroir de nos peines – Pierre Lemaitre
(14h01)
L’homme qui savait la langue des serpents – Andrus Kiviräkh
(13h57)
Le Bal des folles  Victoria Mas (6h45)
Girl – Edna O’Brien (5h52)
Beloved – Toni Morrison (12h38)
Vie de Gérard Fulmard – Jean Echenoz (4h28)
La femme révélée – Gaëlle Nohant (9h45)

 

C’est parti !

 

Fortune de mer – Clément Belin et Costès

81WqFu7IYlL Futuropolis – avril 2018 – 120 pages

Quatrième de couverture :
Sur la route des grands ports de l’Europe du nord, où sont échangées les trois quarts des marchandises mondiales, se dressent les écueils féroces de la pointe Finistère. Ses tempêtes proverbiales tourmentent les navires de commerce, aux équipages bigarrés et battant pavillons exotiques. Pour assurer la sécurité et veiller à l’intégrité de ce littoral très exposé, l’État a missionné un des plus puissants remorqueurs de haute mer, l’unité «Bourdon». Son équipage, lui, héritier d’une longue tradition d’écumeurs de mer, ne navigue que dans un seul but : tenir au bout de la remorque un de ces géants des mers désemparé, que l’océan viendrait à refouler vers la côte… C’est à l’occasion de l’arrivée d’un nouveau lieutenant marseillais que les auteurs nous embarquent à bord de la «Bourdon». Tous deux issus de la profession, Clément Belin et Costès nous livrent ici une chronique, inspirée de leurs navigations, sur le quotidien de ces hommes vivant de l’autre côté de l’horizon.

Auteurs : Clément Belin est né en 1977 à Lens et vit à Marseille depuis 2001. Après une terminale scientifique à Crest dans la Drôme, option arts plastique, Claude Belin rejoint la marine marchande. Il parcourt le monde sur de nombreux bateaux, pétroliers ou navires de soutage. De son propre aveu, sa plus belle expérience reste le cabotage de vrac sur la côte ouest africaine où il était capitaine (par dérogation de brevet car il n’est encore que second) d’un tout petit cargo dédié au transport de riz. Passionné de bande dessinée, il se lance en 2003 dans l’adaptation du roman d’Izzo, Les marins perdus, son premier livre. En 2011, sur un scénario de Serge Perrotin, Clément Belin réalise le dessin d’Au Nom du fils.
Costès, Bruno Costes-Beau, lieutenant de Marine, est l’auteur de la bande-dessinée « Fortune de mer ». Un docu-fiction qui met en scène le quotidien des hommes de La Bourdon, un remorqueur d’assistance et de sauvetage en haute-mer. C’est, avec Clément Belin, un ancien élève de l’ENSM (Nantes et Le Havre). Tous deux internes, habitant loin, férus de dessin et de BD, ils ont scellé durant ces années d’étude les bases d’une solide amitié. Depuis, ils ont gardé contact de loin en loin, se repassant les postes sur différents navires aux (presque) quatre coins des océans.

Mon avis : (lu en décembre 2019)
Voilà une BD documentaire sur un sujet inédit, elle raconte la vie à bord d’un très puissant remorqueur de haute mer, basé à Brest, la « Bourdon ».
Jonathan est un jeune lieutenant venu de Marseille, il arrive à Brest pour prendre son poste sur la Bourdon.
En dehors des opérations de remorquage des navires en difficultés, le quotidien est assez monotone. Le lecteur est plongé au cœur d’un équipage de professionnel et découvre les rapports humains assez rudes entre les officiers et le reste de l’équipage, le fonctionnement des sauvetages et sa monétisation… En effet, lorsqu’un bateau est à la dérive, il y a négociations entre le capitaine du cargo et le commandant de la Bourbon pour être secouru, parfois plusieurs remorqueurs sont sur les rangs et le mieux disant aura la mission…
Cette BD est passionnante à découvrir et très instructive révélant beaucoup de secrets de ce remorqueur,
dernier espoir des navires en perdition au large de la pointe bretonne.
Très utile, en fin d’album, un glossaire où sont expliqués
les nombreux termes techniques utilisés dans ce récit.

Extrait : (début de la BD)

9782754821452_p_49782754821452_p_59782754821452_p_69782754821452_p_79782754821452_p_89782754821452_p_9

Le Bal des folles – Victoria Mas

Le bal des folles 71mB4bXHpuL

Audiolib – février 2020 – 6h45 – Lu par Audrey Sourdive

Albin Michel – août 2019 – 256 pages

Prix Renaudot des Lycéens 2019

Quatrième de couverture :
Chaque année, à la mi-carême, se tient, à la Salpêtrière, le très mondain Bal des folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Ce bal « costumé et dansant » n’est rien d’autre qu’une des dernières expérimentations du docteur Charcot, adepte de l’exposition des fous.
Dans ce livre terrible et puissant, Victoria Mas choisit de suivre le destin de ces femmes victimes d’une société masculine qui leur interdit tout écart et les emprisonne. Parmi elles, Geneviève, intendante dévouée corps et âme au célèbre neurologue ; Louise, une jeune fille « abusée » par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand cœur ; Eugénie enfin qui, parce qu’elle dialogue avec les morts, est internée par son père.
Un hymne à la liberté pour toutes les femmes que le XIXe siècle a tenté de contraindre au silence.

Auteure : Victoria Mas a travaillé dans le cinéma. Elle a été assistante de production, scripte et photographe de plateau. Elle signe avec Le Bal des folles son premier roman.

Lectrice : Audrey Sourdive commence le théâtre à 5 ans. Depuis elle interprète de grands rôles classiques comme Elvire ou Lady MacBeth et s’intéresse aussi au théâtre contemporain ainsi qu’au théâtre pour enfants. Elle a mis en scène Ninon, une pièce sur le handicap, et le Circuit Ordinaire de Jean-Claude Carrière. Elle est également comédienne de doublage (Millenium, Grey’s Anatomy, Spiderman…).

Mon avis : (écouté en février 2020)
Le Bal des folles, nous entraîne dans les coulisses de l’hôpital de la Salpêtrière où Charcot organisait un bal chaque année à la mi-carême. A l’occasion, ses patientes se mélangeaient à des invités chics et mondains ceux-ci espérant assister à des scènes d’hystérie de la part des « folles »…
Dans ce roman, Victoria Mas s’attache, un peu, aux préparatifs de cette soirée mais surtout au quotidien de ces femmes enfermées dans cet hôpital pour diverses raisons. Elle met en scène quatre personnages féminins : Louise, 16 ans, souffrant de crises d’hystérie sévère. Elle est l’une des patientes favorites du professeur Charcot qui l’exhibe toutes les semaines lors de cours d’hypnose en public.  Thérèse, la plus ancienne des aliénées, infatigable tricoteuse, elle s’est plutôt bien adaptée aux conditions d’enfermement de l’hôpital et ne souhaite pas en sortir. Eugénie Cléry, une jeune parisienne de bonne famille, conduite de force à la Salpêtrière par son propre père car elle a des dons de voyance et communique avec les défunts. Aucunement malade, elle cherche à le prouver pour quitter ce lieu où elle n’a rien à y faire. Enfin, Geneviève, l’infirmière en chef, sévère, qui veille, avec autorité, sur le bien-être de toutes ces patientes.
Cette histoire est à la fois passionnante et glaçante sur la condition féminine de l’époque car dans cet hôpital se mélangeaient d’authentiques malades, mais étaient également abusivement internées des épouses volages, des jeunes filles violées, des prostituées, des femmes gênantes pour un héritage, des femmes « coupables d’avoir une opinion »
La lectrice est très agréable à écouter, plein de nuances et de rythme donnant toute sa force à ce texte puissant.
L’entretien bonus avec Victoria Mas est comme toujours très intéressant et complète bien la lecture de ce premier roman.

Extrait : (début du livre)
Le 3 mars 1885
– Louise. Il est l’heure.
D’une main, Geneviève retire la couverture qui cache le corps endormi de l’adolescente recroquevillée sur le matelas étroit ; ses cheveux sombres et épais couvrent la surface de l’oreiller et une partie de son visage. La bouche entrouverte, Louise ronfle doucement. Elle n’entend pas autour d’elle, dans le dortoir, les autres femmes déjà debout. Entre les rangées de lits en fer, les silhouettes féminines s’étirent, remontent leurs cheveux en chignon, boutonnent leurs robes ébène par-dessus leurs chemises de nuit transparentes, puis marchent d’un pas monotone vers le réfectoire, sous l’œil attentif des infirmières. De timides rayons de soleil pénètrent par les fenêtres embuées.
Louise est la dernière levée. Chaque matin, une interne ou une aliénée vient la tirer de son sommeil. L’adolescente accueille le crépuscule avec soulagement et se laisse tomber dans des nuits si profondes qu’elle ne rêve pas. Dormir permet de ne plus se préoccuper de ce qu’il s’est passé, et de ne pas s’inquiéter de ce qui est à venir. Dormir est son seul moment de répit depuis les événements d’il y a trois ans qui l’ont conduite ici.
– Debout, Louise. On t’attend.
Geneviève secoue le bras de la jeune fille, qui finit par ouvrir un œil. Elle s’étonne d’abord de voir celle que les aliénées ont surnommée l’Ancienne attendre au pied de son lit, puis elle s’exclame :
– J’ai cours !
– Prépare-toi, tu as assez dormi.
– Oui !
La jeune fille saute à pieds joints du lit et saisit sur une chaise sa robe en lainage noir. Geneviève fait un pas de côté et l’observe. Son œil s’attarde sur les gestes hâtifs, les mouvements de tête incertains, la respiration rapide. Louise a fait une nouvelle crise hier : il n’est pas question qu’elle en fasse une autre avant le cours d’aujourd’hui.

PRIX AUDIOLIB 2020_logo (2)

Petit bac 2020a(4) Son