Rencontre avec Rithy Panh et Christophe Bataille

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Ce soir, j’étais à la Rencontre avec Rithy Panh et Christophe Bataille
organisée par la Librairie Millepages de Vincennes (94).

Le célèbre cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh et l’éditeur et écrivain Christophe Bataille publient « La paix avec les morts » aux Editions Grasset et Fasquelle. Il s’agit d’une rencontre inédite avec ce réalisateur connu dans le monde entier pour ses films et ses documentaires. Ce livre est un véritable uppercut, un récit époustouflant sur les traces du génocide cambodgien, alliant l’histoire intime et personnelle du cinéaste à l’universalité propre aux grandes œuvres.

Le livre :

Une petite fille nous aborde : Qu’est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c’était un hôpital, et j’ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l’eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J’insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n’a pas peur, on les connaît. »
C’est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L’élimination – un voyage vers l’enfance et vers les rizières où furent tués, par l’idéologie, la faim et la violence, 1,8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses sœurs. Mais aussi le grand banyan où il s’abrita, désespéré, à treize ans, avec ses bœufs – sur cette colline, les khmers rouges n’osaient pas s’aventurer.

Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s’arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L’oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu’il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d’hommes.Retour ligne automatique
D’une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d’un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d’une méditation sur l’idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.