Les Mafieuses – Pascale Dietrich

41ZXkEHBzpL Liana Levi – février 2019 – 160 pages

Quatrième de couverture :
Il y a toujours moyen de s’arranger avec la réalité chez les gangsters. A condition de respecter le code d’honneur, on peut même mener une vie formidable ! C’est en tout cas ce que Leone Acampora, vieux mafioso grenoblois, a enseigné à sa famille. Michèle et ses deux filles ont donc appris à fermer les yeux lorsqu’elles trébuchaient sur un cadavre ou une valise de cocaïne dans leur joli salon en marbre. Et si, aujourd’hui, Dina a parfois mauvaise conscience, elle espère se racheter en travaillant dans l’humanitaire. Quant à Alessia, pharmacienne inspirée, elle a pas mal d’idées pour moderniser le business paternel. Ainsi va la vie chez les femmes Acampora, entre coups de fusil à pompe et séances de tai-chi. Jusqu’à ce que le vieux Leone perde les pédales. Car avant de mourir, il a laissé une dernière instruction : lancer un tueur à gages aux trousses de sa femme… L’occasion pour les mafieuses de déboulonner un vieux monde machiste et ringard.

Auteur : Pascale Dietrich est née à Tours en 1980. Sociologue à l’Ined à Paris, ses travaux portent sur les populations précaires et les inégalités. Côté écriture, elle est l’auteur de nouvelles et de courts romans flirtant avec le polar, dont Le Homard (2013) et Une île bien tranquille (2016).

Mon avis : (lu en mai 2019)
Ce roman policier, où les femmes prennent le pouvoir, est inattendu et plein d’humour…
Leone Acampora est un vieux mafioso grenoblois, dont la fin est proche et qui se trouve à l’hôpital dans le coma. Il a deux filles très différentes, Dina, qui travaille dans l’humanitaire et Alessia, qui est pharmacienne, parfaite couverture pour s’adonner au trafic de drogues…
Avant de mourir, Leone a laissé une lettre à sa femme avec ces mots : « Michèle, nous sommes inséparables, dans la vie comme dans la mort. J’ai décidé que nous partirions ensemble. J’ai trouvé quelqu’un qui va s’occuper de tout. J’ai l’assurance que tu ne souffriras pas. »
Michèle est bien décidée à ne pas se laisser tuer et avec ses filles, elle va tenter de retrouver celui qui doit l’exécuter avant qu’il soit trop tard…
Un roman noir rythmé, très amusant et original où les femmes malignes et subtiles prennent les meilleurs rôles !

Extrait : (début du livre)
La sonnerie du téléphone l’arracha brutalement à ses rêves. Les trois bips résonnaient dans le silence, marquaient une pause, puis reprenaient. Michèle resta quelques secondes immobile, une joue enfoncée dans l’oreiller. Le reflet clair du miroir se détachait dans l’obscurité et, sur la table de nuit, les chiffres lumineux du réveil indiquaient six heures cinquante-trois. Elle tâta la place vide à côté d’elle et son estomac se noua. Qui pouvait appeler si tôt, en dehors des médecins ? Saisie d’un mauvais pressentiment, elle se leva, tremblante dans sa chemise de nuit. Elle avait un furieux mal de crâne à cause du vin de la veille. Lorsqu’elle aperçut le téléphone sur la commode au bout du couloir, elle eut tout à coup la certitude que la personne à l’autre bout du fil allait lui annoncer la mort de son mari. Elle s’avança vers le combiné et, retenant son souffle, le porta à son oreille.
– Allô ?
– Madame Acampora, ici le docteur Samuel. J’espère que je ne vous réveille pas.
– Non, mentit-elle.
– J’ai pensé que vous voudriez être tenue au courant sans tarder. Votre mari est tombé dans le coma.
Le cœur de Michèle se serra dans sa poitrine. Pas mort, mais presque.
– Vu sa maladie, c’est ce qui pouvait lui arriver de mieux, enchaîna le médecin. Il partira sans souffrir.
Pour qui se prenait-il pour juger de ce qui était bien ou mal pour Leone ? Ses doigts se crispèrent autour du plastique chaud. Elle avait la sensation étrange que ses jambes se réduisaient à deux bâtons osseux aussi secs que des pattes de flamant rose.
– Je peux le voir ? murmura-t-elle.
– Bien entendu. Il a été placé en soins intensifs.
Michèle raccrocha, puis, tel un automate, s’avança vers la cuisine et se laissa tomber sur la première chaise venue. Dehors, le jour commençait à se lever, perçant une lueur rosâtre derrière les Alpes. On entendait au loin le discret roulis d’un train de marchandises qui passait sur la voie ferrée, le premier de la journée.
Elle vida dans un verre le fond de vin qui restait dans la bouteille. Depuis l’hospitalisation de Leone, elle s’était mise à boire, se promettant d’arrêter s’il revenait à la maison.

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