Jane – Aline Brosh McKenna et Ramon K. Pérez

81SST-hk7AL Glénat – février 2019 – 224 pages

Quatrième de couverture :
Ayant connu une enfance malheureuse dans une petite ville de la Nouvelle Angleterre, Jane décide de partir vivre à New York pour se lancer dans des études d’Art. Bien obligée de se trouver un job pour payer son école, elle est embauchée comme nounou pour le compte d’un puissant et mystérieux homme d’affaires, Rochester. Veuf, constamment en déplacement pour son travail, il laisse à la jeune femme les clés d’un immense appartement, visiblement hanté de secrets, et la charge de son adorable fille, Adèle, une enfant solitaire, comme elle, dont elle se lie très vite d’amitié. Mais alors qu’elle prend ses marques et s’adapte à sa nouvelle vie, Jane se retrouve prise dans une spirale romantique, faite d’intrigues et de dangers… Au-delà de ses rêves d’enfance les plus fous.

Auteurs : Aline Brosh McKenna, scénariste et réalisatrice, est surtout connue pour l’adaptation du roman Le Diable s’habille en Prada, avec Meryl Streep, pour laquelle elle a reçu de nombreux prix et nominations. En 2014, elle se lance dans la télévision, devenant showrunner, scénariste en chef et productrice exécutive de la série Crazy Ex-Girlfriend, dont elle a réalisé plusieurs épisodes.
Ramon K. Pérez

Mon avis : (lu en avril 2019)
Cette BD est une adaptation moderne de Jane Eyre de Charlotte Brontë. Jane est une jeune dessinatrice, orpheline depuis son jeune âge. Elle arrive à New-York pour suivre des cours d’art et pour payer ses études, elle trouve un emploi de nounou auprès d’Adèle,  la fille d’un grand de la finance. Cette petite fille a perdue sa maman et Jane se reconnaît dans la fillette qui manque de l’amour de ses parents, sa mère n’étant plus là et son père trop occupé par ses affaires et ne sachant pas aimer simplement sa fille…
L’adaptation librement inspirée du classique de Charlotte Brontë est vraiment réussie, l’intrigue tient la route et la modernité est là, sans oublier le dessin que j’ai trouvé très beau, réaliste avec un soin particulier dans les détails. Une très belle découverte !

Extrait : (début de la BD)

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Mon classement des dix livres Audiolib 2019

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Après l’écoute des 10 livres audio sélectionnés depuis mi-février,
il est l’heure de donner son classement.
Voici le mien :

1

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My Absolute Darling – Gabriel Tallent

2

9782367628363-001-tUn Gentleman à Moscou – Amor Towles

3

9782367626789-001-t
La Daronne – Hannelore Cayre

4

9782367628424-001-t
Avec toutes mes sympathies – Olivia de Lamberterie

5

9782367628516-001-T
Frère d’âme – David Diop

6 MartinEdenMartin Eden – Jack London

7 9782367628301-001-tFief – David Lopez

8 9782367628318-001-t
L’Art de la joie – Goliarda Sapienza

99782367628257-001-tLa Toile du monde – Antonin Varenne

10 9782367628400-001-TÇa raconte Sarah – Pauline Delabroy-Allard

Prochaine étape : 13 JUIN 2019

Pour découvrir la Sélection Finale des Blogueurs de 5 Audiolib

Vous pourrez alors voter pour votre préféré !

L’Art de la joie – Goliarda Sapienza

logo prix audiolib 2019

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Audiolib – février 2019 – 23h10 – Lu par Valérie Muzzi

Le Tripode – octobre 2016 – 800 pages

traduit Nathalie Castagné

Titre original : L’Arte della gioia, 1998

Quatrième de couverture :
« Comment pouvais-je le savoir si la vie ne me le disait pas ? Comment pouvais-je savoir que le bonheur le plus grand était caché dans les années apparemment les plus sombres de mon existence ? S’abandonner à la vie sans peur, toujours… Et maintenant encore, entre sifflements de trains et portes claquées, la vie m’appelle et je dois y aller. »
L’Art de la joie est le roman d’une vie, celle de Modesta. Née le 1er janvier 1900 dans une famille miséreuse de Sicile, farouche et insoumise, la jeune femme nous entraîne sur le chemin d’une liberté qui gagne irrésistiblement le lecteur.
L’édition définitive de ce texte, devenu un classique de la littérature italienne, a été établie par Angelo Maria Pellegrino, qui fut le dernier compagnon de l’autrice et sauva ce roman culte de l’oubli.

Auteur : Goliarda Sapienza (1924-1996) est née à Catane (Sicile) dans une famille anarcho-socialiste. Elle connaît le succès au théâtre avant de se consacrer à l’écriture. Son œuvre flamboyante laisse les éditeurs italiens perplexes. Elle meurt dans l’anonymat en 1996. Elle sera reconnue grâce notamment, en 2005, à la traduction en France de L’Art de la joie. Les Éditions Le Tripode entreprennent la publication de ses œuvres complètes.

Lecteur : Diplômée de l’Insas et de la section cinéma de l’université de Bruxelles, Valérie Muzzi partage son temps entre les studios, les tournages, l’écriture et la réalisation.

Mon avis : (écouté partiellement en mai 2019)
Je n’ai pas réussi à terminer dans les temps ce dernier livre audio de la sélection du Prix Audiolib 2019. J’ai sous-estimé la durée du livre audio et mes capacités d’écoute… J’écris donc ce billet après seulement 50% de lecture.
La narratrice, Modesta, est née, en Italie, le 1er janvier 1900. Elle nous raconte l’histoire extraordinaire de sa vie, celle d’une femme libre et indépendante. Petite fille pauvre élevée avec une sœur handicapée par une mère seule, après une agression, Modesta est recueillit dans un monastère, où elle a l’occasion d’apprendre à lire, à écrire… Sa curiosité est sans limite, mais pour les sœurs sont avenir est tout tracé, elle sera des leurs. Mais Modesta ambitionne autre chose ! Elle a un caractère hors du commun, qui lui permettre de résister au pire. Grâce à son esprit curieux et son envie de connaissances, elle développe son intelligence et sa réflexion.
Dans cette histoire, il est question de la vie, de la mort, de l’amour, d’être femme, de sensualité, de sexualité féminine, de sentiments, de liberté…
C’est un roman exigeant, dense avec également des longueurs… Pour l’instant, je vais le laisser de côté, mais je compte le terminer lorsque j’aurais plus de temps, sans doute lors de prochaines vacances.

Extrait : (début du livre)
Et voyez, me voici à quatre, cinq ans traînant un bout de bois immense dans un terrain boueux. Il n’y a pas d’arbres ni de maisons autour, il n’y a que la sueur due à l’effort de traîner ce corps dur et la brûlure aiguë des paumes blessées par le bois. Je m’enfonce dans la boue jusqu’aux chevilles, mais je dois tirer, je ne sais pas pourquoi, mais je dois le faire. Laissons ce premier souvenir tel qu’il est : ça ne me convient pas de faire des suppositions ou d’inventer. Je veux vous dire ce qui a été sans rien altérer.
Donc, je traînais ce bout de bois ; et après l’avoir caché ou abandonné, j’entrai dans le grand trou du mur, que ne fermait qu’un voile noir couvert de mouches. Je me trouve à présent dans l’obscurité de la chambre où l’on dormait, où l’on mangeait pain et olives, pain et oignon. On ne cuisinait que le dimanche. Ma mère, les yeux dilatés par le silence, coud dans un coin. Elle ne parle jamais, ma mère. Ou elle hurle, ou elle se tait. Ses cheveux de lourd voile noir sont couverts de mouches. Ma sœur assise par terre la fixe de deux fentes sombres ensevelies dans la graisse. Toute la vie, du moins ce que dura leur vie, elle la suivit toujours en la fixant de cette façon. Et si ma mère – chose rare – sortait, il fallait l’enfermer dans les cabinets, parce qu’elle refusait de se détacher d’elle. Et dans ces cabinets elle hurlait, elle s’arrachait les cheveux, elle se tapait la tête contre les murs jusqu’à ce qu’elle, ma mère, revienne, la prenne dans ses bras et la caresse sans rien dire.
Pendant des années je l’avais entendue hurler ainsi sans y faire attention, jusqu’au jour où, fatiguée de traîner ce bois, m’étant jetée par terre, je ressentis à l’entendre crier comme une douceur dans tout le corps. Douceur qui bientôt se transforma en frissons de plaisir, si bien que peu à peu, tous les jours je commençai à espérer que ma mère sorte pour pouvoir écouter, l’oreille à la porte des cabinets, et jouir de ces hurlements.

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C’est lundi, que lisez-vous ? [70]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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La croisade des innocents – Chloé Cruchaudet
Les gratitudes – Delphine de Vigand

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

L’art de la joie – Goliarda Sapienza (Prix Audiolib 2019)
Intelligences Artificielles: Miroirs de nos vies – FibreTigre, Arnold Zéphir, Héloïse Chochois (BD)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Comment je ne suis pas devenu moine – Jean-Sébastien Bérubé (BD)
Jane – Aline Brosh McKenna et Ramon K. Pérez (BD)
Les Cahiers d’Esther : Histoires de mes 13 ans – Riad Sattouf (Masse Critique Babelio)
Égarer la tristesse – Marion McGuinness (Rencontre Babelio)

Bonnes lectures et bonne semaine !

Les gratitudes – Delphine de Vigand

71WrSQMY2WL JC Lattès – mars 2019 – 192 pages

Quatrième de couverture :
«  Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui resurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.
Et la peur de mourir.
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas.  »

Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent  : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé  de la suivre.

Auteur : Delphine de Vigan est notamment l’auteure de No et moi des Heures souterraines, de Rien ne s’oppose à la nuit, de D’après une histoire vraie (Prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens 2015 et la version audio, lue par Mariane Épin, a été récompensée par le Prix Audiolib 2016) et des Loyautés. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Mon avis : (lu en mai 2019)
Voilà une très jolie histoire qui met en scène trois personnages, Michka une vieille dame qui perd peu à peu son autonomie, Marie, une jeune femme qui connaît Michka depuis son enfance et Jérôme, jeune orthophoniste. Le sujet est lourd mais Delphine de Vigan sait nous parler de la vieillesse et de la perte d’autonomie avec justesse, délicatesse et réalisme.
Du jour au lendemain, Michka se sent perdue, désorientée. Elle ne peut plus vivre seule et doit songer à trouver une place dans un EPAD. Marie connait Michka depuis son enfance et est très proche d’elle. Elle est troublée par les pertes de mémoires et les mots qui se mélangent chez Michka. Régulièrement, elle va lui rendre visite, lui parler et être présente. Jérôme vient aider Michka à retrouver ses mots qui peu à peu s’en vont…
Une histoire émouvante et tendre qui ne laisse pas indifférent. Pour ma part, un joli coup de cœur. 

Extrait : (début du livre)
Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois par jour vous disiez merci ? Merci pour le sel, pour la porte, pour le renseignement.
Merci pour la monnaie, pour la baguette, pour le paquet de cigarettes.
Des merci de politesse, de convenance sociale, automatiques, mécaniques. Presque vides.
Parfois omis.
Parfois exagérément soulignés : Merci à toi. Merci pour tout. Merci infiniment.
Grand merci.
Des merci de profession : Merci pour votre réponse, votre attention, votre collaboration.
 
Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L’expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.
À qui ?
Au professeur qui vous a guidé vers les livres ? Au jeune homme qui est intervenu le jour où vous avez été agressé dans la rue ? Au médecin qui vous a sauvé la vie ?
À la vie elle-même ?
 
Aujourd’hui, une vieille dame que j’aimais est morte.
Je disais souvent : « Je lui dois énormément. » Ou : « Peut-être que sans elle, je ne serais plus là. »
Je disais : « Elle compte beaucoup pour moi. »
 
Compter, devoir, est-ce ainsi que se mesure la gratitude ?
Mais l’ai-je assez remerciée ? Ai-je suffisamment montré ma reconnaissance ? Ai-je été assez proche, assez présente, assez constante ?
 
Alors je pense aux derniers mois, aux dernières heures. Nos conversations, nos sourires, nos silences.
Me reviennent les instants partagés. D’autres ont disparu. Et s’inventent ceux que j’ai manqués.
J’essaie de retrouver ce jour où j’ai compris que quelque chose avait basculé et que le temps dorénavant nous serait compté.

Déjà lu du même auteur :

La croisade des innocents – Chloé Cruchaudet

81ldkIQCv7L Edition Soleil – octobre 2018 – 184 pages

Quatrième de couverture :
Début du XIIIe siècle. Colas, douze ans, vit dans un climat de pauvreté et de terreur. Un jour où il craint la violence paternelle, il décide de s’enfuir et trouve refuge dans une brasserie parmi d’autres enfants exploités. Un soir d’hiver, Colas a une vision : Jésus lui apparaît, et lui ordonne d’aller délivrer son tombeau à Jérusalem. Avec l’aide de son ami Camille, il réussit à convaincre les autres enfants de constituer une croisade : sans adultes, sans puissant chevalier, ils arpentent les routes, persuadés que, grâce à leurs cœurs purs, rien ne pourra leur arriver…

Auteur : Chloé Cruchaudet est née le 2 novembre 1976 à Lyon. Après l’école d’art appliqués Emile Cohl, Chloé entame des études aux Gobelins à Paris en section dessin-animé. Diplômée en 2000, elle collabore à plusieurs séries pour la télé comme « L’âne tro-tro », « Atomic Betty »,des courts métrages et différents pilotes. Parallèlement elle travaille pour l’édition jeunesse, la presse (chez Milan) et aussi pour des collectifs de bandes-dessinées (les fables de La Fontaine aux éditions Delcourt et un album sur Louise Attaque pour les éditions Petit à Petit).

Mon avis : (lu en mai 2019)
Librement inspirée par un fait historique réel, Chloé Cruchaudet met en scène l’histoire de Colas, douze ans, qui fuit le foyer familial et la violence de son père. Il trouve refuge dans une brasserie où il va être exploité comme de nombreux autres enfants. Mais un soir d’hiver, alors qu’ils patinent sur un lac gelé, Colas tombe et aperçoit un homme, les bras en croix, prisonnier sous la glace. Camille, l’un de ses amis, est convaincu que c’est Jésus et que cette apparition donne à Colas la mission de délivrer le tombeau de Jésus à Jérusalem. Ainsi une croisade d’enfants s’organise et prend la route…
Cette histoire noire et inquiétante est bien servi  par un graphisme sobre, centrés sur les enfants et par des aquarelles au jeu de couleurs sombres : nuances de marron, gris, bleu et violet qui renforcent cette ambiance sinistre et obscure.
J’ai un avis mitigé sur cette BD. J’ai aimé le début de l’histoire et le graphisme, j’ai trouvé quelques longueurs et j’ai été déçue par la conclusion de l’histoire.

Extrait : (début de la BD)

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Déjà lu du même auteur :

2013-12-11_155651 Mauvais Genre

C’est lundi, que lisez-vous ? [69]

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C’est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé maintenant par Camille

Qu’est-ce que j’ai mis en ligne cette semaine ?

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Tous, sauf moi – Francesca Melandri
Boréal – Sonja Delzongle
Martin Eden – Jack London

Qu’est-ce que je lis en ce moment ?

L’art de la joie – Goliarda Sapienza (Prix Audiolib 2019)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Comment je ne suis pas devenu moine – Jean-Sébastien Bérubé (BD)
La croisade des innocents – Chloé Cruchaudet (BD)

Bonnes lectures et bonne semaine !

Martin Eden – Jack London

logo prix audiolib 2019

MartinEden

Audiolib – avril 2019 – 13h21 – Lu par Denis Podalydès

traduit de l’américain par Francis Kerline

Titre original : Martin Eden, 1909

Quatrième de couverture :
Martin Eden, le plus autobiographique des romans de Jack London, est le récit d’un écrivain né dans les bas-fonds, homme de rien basculé dans la bourgeoisie qui croit tenir sa revanche sur la vie… C’est aussi la rencontre d’un homme et d’une femme ; l’occasion enfin de découvrir le vrai visage de Jack London, une personnalité rare à la source de notre modernité. Son œuvre, dont Martin Eden est le point d’orgue, a fasciné des millions de lecteurs.

Auteur : John Griffith Chaney, dit Jack London, est né en 1876 à San Francisco et connaît une enfance misérable qui le mène, dès quinze ans, à une vie d’errance. Marin, blanchisseur, ouvrier dans une conserverie de saumon, pilleur d’huîtres, chasseur de phoques avant de devenir vagabond et de connaître la prison, il accumule les expériences et adhère au Socialist Labor Party en avril 1896. La ruée vers l’or du Klondike en 1897 le compte parmi les aventuriers. C’est dans le Grand Nord canadien qu’il trouve ses premières sources d’inspiration et que, la mémoire pleine de souvenirs épiques, il se lance dans l’écriture. Le Fils du loup paraît en 1900. Le véritable succès arrive pourtant avec L’Appel sauvage (aussi appelé L’Appel de la forêt) en 1903. Croc-Blanc sort en 1906 et sera de nouveau un énorme succès d’édition. Atteint de maladies multiples, buvant trop, sa santé déclinant, il séjourne plusieurs mois à Hawaï et décède le 22 novembre 1916 à l’âge de 40 ans.

Lecteur : Comédien reconnu, formé par Michel Bouquet au Conservatoire, Sociétaire de la Comédie-Française, Denis Podalydès est aussi écrivain et fervent amateur de lecture à voix haute. Le succès de son livre Voix Off (Mercure de France), et chaque nouvel enregistrement sont une nouvelle preuve de son immense talent.

Mon avis : (écouté en mai 2019)
Adolescente,  j’avais déjà lu Croc Blanc et L’appel de la forêt de Jack London. Je ne connaissais pas du tout Martin Eden et en voyant la couverture du livre, j’imaginais me plonger dans un récit d’aventure sur les mers, puisque que Martin Eden est un marin… En fait pas du tout, Martin ayant sauvé Arthur, un jeune homme de bonne famille, d’une agression, il est invité par celui-ci à déjeuner dans sa famille. À cette occasion, Martin rencontre Ruth Morse, la sœur d’Arthur, une jeune fille délicate dont il tombe amoureux. Étant issu d’un milieu très modeste, sans instruction et au vocabulaire souvent vulgaire, il décide de s’instruire pour s’élever à sa hauteur et la conquérir. Il découvre les bibliothèques et les livres et peu à peu il prend goût à étudier, il compare la découverte du savoir à l’exploration de nouveaux territoires. Il acquiert une culture encyclopédique puis s’efforce de devenir un écrivain célèbre. Il écrit beaucoup mais trouve difficilement à être publié. Il est déterminé à percer dans cette profession et persiste malgré ses difficultés d’argent…
Martin Eden est un personnage étonnant, attachant, têtu, très déterminé à devenir un jour un grand écrivain !
La lecture faite par Denis Podalidès nous embarque tout au long de ce récit inspiré par la vie de l’auteur et qui raconte également une société et une époque.

Extrait : (début du livre)
Arthur ouvrit la porte avec son passe-partout et entra, suivi d’un jeune homme qui se découvrit d’un geste gauche. Il portait de grossiers vêtements de marin qui détonnaient singulièrement dans ce hall grandiose. Sa casquette l’embarrassant beaucoup, il allait la glisser dans sa poche, quand Arthur la lui enleva des mains. Ce geste fut si naturel, que le jeune homme intimidé en apprécia l’intention. « Il comprend !… se dit-il, il va m’aider à m’en tirer ! »
Il marchait sur les talons de l’autre, en roulant des épaules et ses jambes s’arc-boutaient malgré lui sur le parquet, comme pour résister à un roulis imaginaire. Les grands appartements semblaient trop étroits pour sa démarche et il mourait de peur que ses larges épaules n’entrent en collision avec l’encadrement des portes ou avec les bibelots des étagères. Il s’écartait brusquement d’un objet pour en fuir un autre et s’exagérait les périls qui en réalité n’existaient que dans son imagination. Entre le piano à queue et la grande table centrale sur laquelle d’innombrables livres s’empilaient, une demi-douzaine de personnes auraient pu marcher de front ; cependant, il ne s’y risqua qu’avec angoisse. Il ne savait que faire de ses mains, ni de ses bras qui pendaient lourdement à ses côtés et, quand son esprit terrifié lui suggéra la possibilité de frôler du coude les livres de la table, il fit un brusque écart qui faillit lui faire renverser le tabouret du piano. L’allure aisée d’Arthur le frappa et, pour la première fois, il se rendit compte que la sienne différait de celle des autres hommes. Une petite honte le mordit au cœur – il s’arrêta pour éponger son front où la sueur perlait.
– Un instant, Arthur, mon vieux ! dit-il, en essayant de masquer son angoisse. Vrai ! c’est trop à la fois pour moi !… Donnez-moi le temps de me remettre. Vous savez que je ne voulais pas venir… et je suppose que votre famille ne mourait pas d’envie de me voir !…
– Ça va bien ! répondit Arthur d’une voix rassurante. N’ayez pas peur : nous sommes de braves gens tout simples… Tiens ! une lettre pour moi.

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Boréal – Sonja Delzongle

Lu en partenariat avec Folio

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Folio – avril 2019 – 512 pages

Denoël – mars 2018 – 448 pages

Quatrième de couverture : Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que six scientifiques en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à une spécialiste, Luv Svendsen. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant sept hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

Auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

Mon avis : (lu en 2019)
Six scientifiques sont rassemblés dans la base Arctica, près de Thulé au Groenland pour une mission de veille sur les conséquences du réchauffement climatique et de la pollution sur l’inlandsis. Par moins 35 degrés, les conditions de vie y sont extrêmes.
Il y a deux femmes Anita Whale, britannique et Atsuko Murata, japonaise, et quatre hommes Dick Malte, canadien, Akash Mouni, le cuisinier Réunionnais de la mission, Roger Ferguson, le chef de mission danois et Mathieu Desjours, stagiaire français, et son chien-loup Lupin. Lors d’une sortie sur l’islandis, ils découvrent un cimetière de bœufs musqués prisonniers des glaces éternelles. Une hécatombe animale inexpliquée. Ferguson va donc faire appel à une spécialiste, Luv Svenden, norvégienne, qui répertorie et étudie les hécatombes inexpliquées d’animaux dans le monde entier. Malgré quelques soucis personnels, celle-ci accepte de rejoindre la mission en compagnie de Niels un ami journaliste. Et voilà que ce huis clos devient de plus en plus oppressant, l’équipe va devoir faire face à différents événements inquiétants, mort, disparitions… La nature est hostile, l’ambiance est glacée et un ennemi invisible rode dans l’obscurité polaire.
Ce roman est prenant, exaltant et donne également envie de mieux connaître l’histoire de ce désert blanc et de ses habitants…

Merci Folio pour cette lecture glaçante et pleine de surprises…

Extrait : (début du livre)
Base ARCTICA, région de Thulé, Groenland, janvier 2017, jour 3
— Aujourd’hui, on a des esquimaux en dessert ! Ça vous va, les filles ? claironne Malte en servant le café.

— Très drôle, grogne Anita Whale en touillant sa tasse après y avoir balancé une sucrette.
— Et quoi ? Sucer un esquimau ne peut que faire du bien !
Quand Dick Malte sourit, on ne voit plus que ses dents, aussi blanches que la banquise, et la couleur de ses mains se fond avec la teinte brune du breuvage. L’harmonie de ses traits fins est rompue par une cicatrice sur tout le côté gauche du visage, souvenir d’une expédition polaire durant laquelle une mauvaise chute face la première l’a laissé inconscient, assez longtemps pour que la glace lui brûle la joue. Lorsqu’il évoque l’incident, Malte l’appelle le « baiser de glace ».
— On dirait que t’es en manque, Black Dick…
La voix d’Akash, le cuisinier de la mission, est en partie couverte par la tempête qui souffle depuis leur arrivée, il y a trois jours, contraignant les membres de l’expédition à rester à l’intérieur du baraquement. Ici, les vents peuvent atteindre trois cent vingt kilomètres/heure.
Bâtie en bois résistant et isolant avec une charpente en poutrelles de titane et acier inoxydable, l’unité centrale d’Arctica est constituée d’une partie cuisine, d’une chambre froide, d’une pièce principale servant de salle de repas, de deux laboratoires, d’une cellule de repos et de trois chambres doubles. Anita Whale et Atsuko Murata, les deux femmes de la mission, partagent la même et les hommes se sont répartis dans les deux autres, Roger Ferguson avec Dick Malte, et Akash Mouni avec Mathieu Desjours et son chien Lupin, un loup tchèque dont les gènes inspirent une certaine méfiance au reste du groupe. Une petite salle de musculation et un sauna sont les seuls loisirs qui leur seront proposés pendant les quelques mois de la mission, avec la lecture et les parties d’échecs sur PC. La température ambiante dans toute la base, sauf dans le sauna et la chambre froide, est de 19 °C.
— Au lieu de mettre ton grain de sel partout, si tu retournais à ton curry, Bollywood ? Ça sent le brûlé… C’est sûr qu’avec ta cuisine, tu ne risques pas de les faire grimper aux rideaux, les nanas !
— Du calme, les enfants, un peu de tenue, nous avons deux dames, ici, au cas où vous l’auriez oublié ! gronde Roger Ferguson de retour du labo 1, la barbe hirsute qui couvre un ancien bec-de-lièvre et les cheveux grisonnants en bataille. Qu’est-ce qu’on mange de bon ?
— Des esquimaux…, siffle Malte. Pour le déjeuner, tu arrives un peu tard.
— Vous auriez besoin de sortir prendre l’air, les enfants…, dit Ferguson en attrapant l’assiette de restes que lui tend Akash. Ça tombe bien, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Demain, on a une excellente fenêtre météo, on va en profiter pour récupérer des échantillons sur l’inlandsis et faire une reconnaissance. Il faut vérifier les motoneiges et mettre de l’essence. Sans oublier les pulkas. L’inlandsis est par endroits presque impraticable à motoneige. Donc chacun va tirer sa luge, tel un brave chien de traîneau. Akash, tu veux bien t’en occuper ?
— Je suis là aussi pour ça, Fergus.

Déjà lu du même auteur :
A1RsQgNXnrL Dust

petit bac 2019(5) Adjectif

 

 

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